[SÉRIES] Broadchurch – Saison 3 – La série qui te scotche à l’écran

La troisième et ultime saison de Broadchurch, la série policière britannique, revient au très haut niveau de la toute première.

Synopsis

Trois ans ont passé depuis la mort de Danny Latimer et le procès de XXXXXX, qui l’a vu ressortir libre. Alec Hardy et Ellie Miller ont une nouvelle affaire : Patricia Winterman a été violée lors d’une soirée et les premiers éléments indiquent qu’un prédateur sexuel est dans les environs de Broadchurch.

Distribution :

  • David Tennant : le capitaine Alec Hardy
  • Olivia Colman : le lieutenant Ellie Miller
  • Jodie Whittaker : Beth Latimer
  • Andrew Buchan : Mark Latimer
  • Adam Wilson : Tom Miller
  • Charlotte Beaumont : Chloe Latimer
  • Arthur Darvill : le révérend Paul Coates
  • Joe Sims : Nigel Carter
  • Carolyn Pickles : Maggie Radcliffe
  • Julie Hesmondhalgh : Patricia « Trish » Winterman
  • Georgina Campbel : inspecteur Katie Harford

Ce que j’en ai pensé :
Exit le meurtre d’un enfant, exit le procès du coupable (no spolier)…

Mais qu’allaient-ils donc pouvoir nous proposer, les scénaristes de l’excellente série pour cette troisième saison ??

Pas un crime banal… Pas de crime du tout, même. Je ne sais si c’est pire ou mieux, mais ce sera le viol d’une cinquantenaire, Patricia « Trish » Winterman.

Enfin, la dame affirme avoir été frappée, ligotée et violée. Mais il y a des zones d’ombre dans ce qu’elle leur raconte, d’ailleurs, il y a des tas de zones d’ombres dans beaucoup des récits des participants à la fête des 50 ans de son amie et collègue, Cath Atwood, là où Trish dit avoir été agressée.

D’entrée de jeu, on est scotché devant l’actrice qui joue le rôle (Julie Hesmondhalgh) tant elle semble le vivre. Sa détresse est palpable, ses hésitations aussi, l’actrice est criante de vérité et notre seul souhait serait de la voir surmonter cette épreuve tant on est dedans à fond.

Si en plus d’avoir le poids des dialogues et le choc des images s’explique par le fait que le créateur de la série, Chris Chibnall, a travaillé avec des associations d’aide aux victimes de violences sexuelles pour nourrir son intrigue. Il a sans doute dû bien diriger l’actrice, mais rien n’aurait été possible si Julie Hesmondhalgh/Patricia « Trish » Winterman avait été une actrice de piètre qualité.

L’actrice n’a pas un sex-appeal prégnant, ce n’est pas une bombasse, mais elle dégage quelque chose de fort, de profond et on aimerait être sa copine, l’avoir parmi nos connaissances.

Non, jamais on ne pourra reprocher à la série d’avoir engagé des acteurs de seconde zone car tous sont tout à fait à leur place dans leur rôle, que ce soit la victime, son entourage, notre duo de policiers ou les parents Latimer, ceux qui ont perdu leur gamin dans la saison et qui tentent de se reconstruire.

Le duo des détectives DS Ellie Miller/DI Alec Hardy (Olivia Colman et David Tennant) gagne en épaisseur, ils se complètent, les piques du début sont moins présentes, ils se connaissent, se font confiance.

Pour le capitaine (DI) Alec Hardy, on a même un grand changement puisqu’il a sa fille chez lui, ce qui nous donnera aussi des petites scènes d’un père qui ne comprend pas ce qui arrive à sa fille, mais qui aura un face-à-face des plus virulents en paroles avec certains.

D’un autre côté, en marge de leur enquête sur l’existence d’un violeur en série dans leur petite ville balnéaire, nous retrouvons le couple formé de Beth Latimer et de Mark Latimer, les parents du petit Danny.

Les scénaristes ont bien fait de les inclure dans la saison 3 car avoir de leur nouvelles était nécessaire, afin de voir comment ils survivaient à la perte de leur gamin. Si Beth a trouvé une manière d’oublier en aidant les victimes, son mari, Mark, est hanté par des désirs de vengeance.

Dans ces petits apartés, on a aussi gagné en intensité et niveau émotions, on s’en prendra plein la gueule.

Là, je dis bravo aux scénaristes d’avoir su développer des petites histoires dans l’enquête, orchestrant cela avec brio (avec qui ?), car tous ces destins que l’on retrouve en filigranes forment un grand récit de la vie de cette station balnéaire dont on aimerait fouler le sable.

Anybref, une putain de super série, avec des scénarios bétons, des acteurs qui savent devenir leur personnage, avec de la profondeur, des émotions, de la logique, du suspense et une étude du comportement humain tel qu’il est réellement.

Je vous le dis, on ne se croirait pas dans une série, mais dans une émission de télé-réalité qui se pencherait sur les victimes du viol et filmerait, à leur insu, leur entourage, une fois qu’ils sont au courant.

Si au départ on plaint la victime, on ne tarde jamais à murmurer que tout compte fait, elle l’avait bien cherché à force de flirter ou de boire… (je précise pour une certaine personne et les autres à venir que ce paragraphe fait référence à ce que les personnages de la série pensent, pas à ce que moi je pense ! Obligée de noter cette petite parenthèse parce qu’une bouchée du cerveau n’a pas compris !).

Le comportement humain sans fards…

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

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Broadchurch – Saison 1 : La série qui… ♫ C’est le meurtre à la plage ♪ Ahoum tcha tcha tcha ♪

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Dans le village côtier de Broadchurch, dans le Dorset, la mort d’un garçon de 11 ans, Danny Latimer, fait voler en éclats l’équilibre de la communauté du village.

L’inspecteur Alec Hardy, nouvellement nommé, et le lieutenant Ellie Miller vont devoir fouiller les secrets de chaque habitant pour trouver le coupable.

Broadchurch

Distribution :

  • David Tennant : le capitaine Alec Hardy
  • Olivia Colman : le lieutenant Ellie Miller
  • Jodie Whittaker : Beth Latimer
  • Andrew Buchan : Mark Latimer
  • Adam Wilson : Tom Miller
  • Charlotte Beaumont : Chloé Latimer
  • Jonathan Bailey : Oliver « Olly » Stevens
  • Arthur Darvill : le révérend Paul Coates
  • Matthew Gravelle : Joe Miller
  • Carolyn Pickles : Maggie Radcliff
  • Pauline Quirke : Susan Wright
  • David Bradley : Jake Marshall

AusDVDCe que j’en ai pensé :
Quand on dévore les 8 épisodes d’une série en deux jours, c’est qu’on est mûr pour l’addiction totale !

On commence en force : Ellie Miller, lieutenant, revient de vacances et s’attend à être promue capitaine.

Malheureusement pour elle, le poste a été donné à Alec Hardy, un policier qui a été muté à Broadchurch pour d’obscures raisons dont nous en saurons plus tout au long des premiers épisodes.

Dans le premier épisode, le père de Danny, Mark Latimer, traverse la ville et salue les passants à tour de bras. Ici tout le monde connait tout le monde…

Chaque personne saluée aura par la suite son importance au cours de la série.

Pendant qu’Ellie Miller enrage, le corps de Danny Latimer, un adolescent de 11 ans, est retrouvé mort sur la plage de Broadchurch, cette petite ville unie et paisible qui survit grâce au tourisme balnéaire.

Ses parents le croyaient à l’école et sa mère, inquiète d’apprendre ensuite qu’il n’y était pas, nous donnera une scène poignante sur la plage quand elle comprendra que le corps retrouvé appartient à son fils.

L’enquête sur la mort de Danny Latimer est confiée à Alec Hardy et Ellie Miller. Une enquête difficile en raison du fait que tout le monde connait tout le monde, que tout le monde suspecte tout le monde et que les deux flics s’aiment comme chien et chat !

Cela donnera lieu à quelques réparties bien senties entre Miller et Hardy ! Autant Miller est enjouée, sympathique, polie, respectueuse, autant Hardy est brillant, taciturne, n’a que peu d’empathie pour les autres, pas de politesse et traine derrière lui des casseroles.

Si Hardy ne connait personne dans la ville et est capable de mettre n’importe qui en prison, Miller a parfois du mal à enquêter car elle ne sait pas se détacher de ses émotions et des liens qu’elle possède avec les habitants de la ville.

Dans cette série, le côté « village » est prégnant : tout le monde se connait et ça ne facilite pas les choses, sans compter qu’à la fin, les parents de Danny commencent à se faire des reproches, qu’il y a des choses que le père ne dit pas, et que d’autres aussi savent aussi des choses mais se taisent…

Nous sommes dans une station balnéaire et les hôteliers se plaignent de la fermeture de la plage aux touristes pendant que la scientifique passe au peigne fin le moindre poil de cul de fourmi perdu sur le sable. Le corps n’est pas encore froid que déjà certains s’impatientent et voudraient voir la plage sans les mecs en combi intégrale blanche.

Sans compter que la presse vient mettre son grain de sel et foutre le bordel dans une enquête déjà rendue difficile par les suspects qui se taisent, ou par les habitants dont on nous fait comprendre qu’ils ont des choses à cacher ou des comportements bizarres.

Pas de bol, les enquêteurs n’assisteront pas à tout ce dont le spectateur sera le témoin privilégié…

Nous verrons des SMS effacés, des fichiers de PC détruit, le PC massacré à coups de pierre, des discussions houleuses entre habitants de Broadchurch, des comportements bizarres, de la drogue ou de l’argent retrouvé en possession de personnes qui ne sont pas censées les avoir…

Certains faits seront découverts par les policiers, mais nous, nous pourrons regarder par le petit bout de la lorgnette afin de s’emmêler encore plus dans des théories farfelues ou pas de théories du tout.

Du mystère, dans cette première saison de 8 épisodes, mais aussi du suspense et des habitants qui s’enflamment très vite dès que l’on déterre un sombre secret chez l’un ou l’autre.

Comme toujours, les Hommes se montent les uns contre les autres, en réveillant de vieilles rancœurs et secrets.

Tiens, au fait, j’ai reconnu Jake Marshall, le vendeur de journaux, c’est le salopard de Rusard dans Harry Potter ! Puis le bougre s’est caché ensuite dans le corps de Walder Frey dans la série Game of Thrones… Dommage que Ver Gris ne lui a pas fait la peau, tiens, vu qu’il joue aussi dans la série.

Justement, parlons-en de ce curieux personnage qu’est Jake Marshall ! Il sera au centre d’un des épisodes les plus marquants quand des anciennes accusations de pédophilie à son encontre apparaitront dans la presse. Danny distribuait les journaux pour lui, le matin.

Ça va chauffer…

J’ai aimé l’interprétation des acteurs, leur jeu, tout chez eux était correct, bien joué, sans en rajouter.

De plus, ils ne sont pas manichéens, ils évoluent et si pour certains on avait de l’aversion, cela pourrait changer ensuite lorsque nous apprendrons leurs secrets, leurs fêlures, leurs blessures.

Non, tout n’est pas blanc ou noir, mais tout en nuance de gris, réaliste.

Ne vous attendez pas à des courses-poursuites ou à une résolution en deux jours ! Que nenni ! Leur enquête durera un certain temps (2 mois), de plus, chaque épisode prend le temps d’installer l’atmosphère de mystère et de soupçon propre à l’histoire.

On découvre au fur et à mesure toute la panoplie de personnages, interrogés par le capitaine Alec Hardy ou par la lieutenant Ellie Miller.

Mais le scénariste n’est pas un branquignole, il sait tenir son public en haleine et chaque épisode terminera par un cliffhanger ou un élément nouveau de l’intrigue qui vous donneront juste envie de faire « play » sur l’épisode suivant.

Si Broadchurch est une série policière, elle est aussi une série psychologique car elle s’intéresse de près à l’impact du meurtre d’un enfant sur sa famille : parents, soeur, grand-mère, voisins, amis…

L’intrigue suit ainsi les difficultés et doutes de la famille Latimer suite à l’assassinat de Danny.

Le couple formé par les parents bat de l’aile et les suspicions de la police à l’encontre du père, Mark, n’arrangeront rien.

Si la mort d’un enfant est toujours sujette à de l’émotion, elle n’arrivera pas au début mais à la fin de la série où je peux vous garantir que ma gorge s’est serrée, ma mâchoire s’est crispée et mon cœur s’est serré.

Quand Alec Hardy comprend QUI est le coupable (je venais de trouver quelques minutes avant), la scène est filmée au ralenti, le rythme cardiaque de Hardy se mêlant à la sonnerie du GPS.

Le smartphone de Danny venait d’être rallumé pour la première fois depuis la mort de l’adolescent… Et il suit le signal à la trace, faisant accélérer notre rythme cardiaque.

Oh putain, mais quelle fin ! Agatha Christie devait être dans le coin… Dieu que j’ai souffert sur le final tant il faisait mal au bide. Sadique de scénariste !

La douleur est forte surtout lorsqu’on repense à une phrase qu’avait dite Ellie Miller à une autre personne et qu’elle se reprend comme un retour de manche dans la gueule.

Il y a de l’ironie, des piques, des bons mots dans les dialogues et de l’humour so british dans cette série que j’ai dévoré.

Étoile 5

Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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