La véritable histoire de la mort d’Hendry Jones : Charles Neider

Titre : La véritable histoire de la mort d’Hendry Jones

Auteur : Charles Neider
Édition : Passage du Nord-Ouest (06/05/2014)
Édition Originale : The Authentic Death of Hendry Jones (1956)
Traducteurs : Marguerite Capelle et Morgane Saysana

Résumé :
Pour Doc Baker, le shérif Longworth est un menteur et son livre une infamie. Parce qu’il fut son dernier compadre, lui connaît la vérité de la bouche même du Kid.

La « guerre du comté de Lincoln », l’évasion spectaculaire de la prison de Monterey, mais aussi la raison pour laquelle le môme reprit la piste du nord, vers son destin.

Quant à ce qui s’est vraiment passé le soir de son exécution la véritable histoire de la mort d’Hendry Jones, seul le Doc peut le raconter.

Critique :
Personne était plus rapide que lui… Ben faut croire que si puisque le Kid est mort, tué par un ancien compadre à lui, devenu shérif, Dad Longworth.

Le Kid visé ici – si je puis me permettre ce mauvais jeu de mot – n’est pas Billy The Kid, même si, en réalité, c’est une allégorie de ce bandit qui aimait voler les bonbons rouges chez l’épicier.

Oups, on me signale dans l’oreillette que je confonds avec le sale gamin dans Lucky Luke…

Anybref, le jeune desperados Hendry Jones de ce roman est bien le double fictif de Billy the Kid – même si le narrateur nous signale qu’ils n’ont rien à voir l’un avec l’autre, même si Hendry se fait appeler Le Kid – et son ancien compadre (devenu rival) Samuel « Dad » Longworth est l’allégorie de Pat Garrett, le shérif qui a tué Billy The Kid (pas celui de Lucky Luke) et rédigé « La Véritable Histoire de Billy the Kid » qui, d’après l’auteur, est un tissu de mensonges.

En tout cas une chose est sûre, c’est qu’il ne serait jamais plus vieux que demain.

L’auteur Charles Neider se confond avec le narrateur, Doc Baker, un ancien de la bande au Kid, qui était là lorsque ce dernier s’est fait descendre, le seul, quasi, qui sache tout de l’histoire, le seul capable de rétablir la vérité historique dans toutes les légendes les plus folles qui courent sur la mort du Kid et sur sa vie.

On l’aimait pour tout un tas de raisons. Certains parce qu’ils le craignaient, d’autres parce qu’ils l’admiraient, d’autres encore parce qu’ils le haïssaient. Mais je crois que la plupart étaient attirés par son incroyable bonne fortune. On ne pouvait pas s’empêcher de se demander comment c’était possible d’avoir autant de veine. J’ai entendu des gens dire que ce genre de chance ça n’arrivait qu’une fois tous les cent ans, et que quand ça arrivait, il n’y avait rien qui puisse en infléchir le cours. D’autres disaient qu’il n’y a que les enfants pour être aussi vernis, et c’était les mêmes qui plus tard diraient que le Kid n’était plus un gamin.

L’inconvénient, lorsqu’on est une Légende, c’est qu’il faut nourrir la légende et les gens aiment bien broder, inventer des faits, les exagérer, dire qu’ils étaient présent, dire qu’ils savent… Entre le fait que le Kid est toujours vivant et le fait qu’on l’ait enterré après avoir coupé son index qui pressait la gâchette, il va falloir rétablir la vérité et elle est moins belle que la légende.

De nos jours, à ce qu’on dit, les touristes parcourent des kilomètres jusqu’à la Pointe du Diable pour voir la tombe d’Hendry Jones et débattre si oui ou non ses ossements y sont ; et certains prétendent que son doigt – celui qui pressait la détente – ne s’y trouve pas, et d’autres, que c’est son crâne qui aurait disparu ; certains affirment aussi que sa tombe ne se trouve pas à cet endroit et que ce qu’ils ont sous les yeux n’est rien d’autre qu’un petit tas de coques d’ormeaux. Libre à vous de croire ce que vous voudrez.

C’est horrible à dire mais les personnages des desperados sont attachants, même si le Kid aurait mérité quelques baffes pour son comportement insolent, sa manière de se moquer de tout, de sourire et de ne jamais s’en faire.

On vivait comme si on avait l’éternité devant nous et quand l’un d’entre nous se faisait descendre, il tombait des nues.

Doc Baker a plus la tête sur les épaules, mais ce que je lui reprocherai c’est sa manière de narrer les choses parce que les dialogues m’ont hérissés les poils sur les bras avec ses inversions entre le nom du personnage et son action.

Au lieu d’écrire « Et qui est ce type ? s’est interrogé Webb », le narrateur nous balance des « Et c’est qui, ce type ? Webb s’est interrogé » ou des « Harvey French, Dad l’a renseigné » en lieu et place d’un « Harvey French, l’a renseigné Dad. »

— Et c’est qui, ce type ? Webb s’est interrogé.
— Harvey French, Dad l’a renseigné.

— J’étais persuadé que c’était le Kid, Longworth s’est justifié.
— Ça change quoi, de toute façon ? Carlyle a demandé.

Certes, un desperados de cette époque s’exprime sans doute de cette manière mais dans le roman, cela donne lieu à des dialogues qu’il faut parfois relire pour comprendre si on a affaire à la personne qui parle ou si le dialogue continue. J’ai détesté ça et c’est ce qui me fait mettre une si mauvaise cotation car cela m’a gêné dans ma lecture.

Par contre, il y a une chose que je ne pourrai pas reprocher à ce roman western : son manque de réalisme car il est réaliste ! Oui, l’histoire est remodelée, changée, puisque c’est celle du Kid sans être celle de Billy The Kid, mais autant les décors que les actions sont réalistes. On est immergé dans ce réalisme, on s’y baigne, même.

D’ailleurs, dans les notes de fin d’ouvrage, il est dit que l’auteur a marché durant des journées entières avec un colt à la hanche pour connaître les sensations lorsqu’on le retirait, il s’est entraîné à dégainer tant de fois qu’il a eu la main en sang.

Dans La Véritable Histoire de la mort d’Hendry Jones, Charles Neider avait fait vœu de réalisme, un réalisme auquel il voulait tendre par la plus extrême précision documentaire.

La cotation est sévère, mais cette manière de présenter les dialogues m’a couru sur le haricot, ce qui est dommage parce que l’histoire était bonne, on avait de l’action, mais pas trop, la vie des desperados, leurs longues chevauchées fatigantes, leur puanteur, leurs craintes, leurs états d’âmes ou leur absence…

Un western profond, ne manquant pas de réalisme, même si l’histoire est déformée et contant une superbe épopée qui fait écho à celle d’un célèbre hors-la-loi bien connu, mais bardaf, je suis passée à côté à cause de ce truc avec les dialogues.

Pour se coucher moins bête : le roman aurait dû être porté à l’écran par Sam Peckinpah, avant que Marlon Brando ne reprenne le flambeau, réalisant ainsi le seul film de sa carrière (La vengeance aux deux visages – One-eyed Jacks, 1961) qui n’a rien à voir avec le roman. J’ai vu le film et je vous jure que Brando a tout réécrit ! Il voulait Stanley Kubrick mais ce dernier est parti aussi et Brando a réalisé le film lui-même, donnant des incohérences comme un magnifique cheval noir, brossé, à la robe luisante alors que jamais un outlaw n’aurait pris autant de soin de sa monture. On ne parlera même pas du pistolet mis dans le pantalon et du risque de s’assassiner une couille en dégainant.

Le film brode abondamment – ainsi, la fille désirée par le Kid n’est plus une chica qui l’a trahi mais la propre fille de Longworth, que Brando déshonore par soif de vengeance puis finit par aimer.

Mais il est fidèle à certains passages du roman, comme la façon hasardeuse dont se constitue une bande de hors-la-loi et les tensions qui naissent au sein du groupe, agacements inexpliqués, jalousies, peurs. L’arrestation du Kid, son séjour en prison, minutieusement contés par Neider, sont aussi assez fidèles, même si l’évasion de Brando est assez rocambolesque…

Au final, il serait regrettable de jeter le film au nom du livre. Il faut plutôt souligner à quel point un ouvrage remarquable et peu connu donne, peut-être involontairement, un film qui s’affranchit du matériau d’origine, comme il s’affranchit des conventions d’un genre.

Deux œuvres d’art face à face, comme un duel ; mais à la différence des lois de l’ouest – et du western traditionnel –, on s’abstiendra ici de désigner un vainqueur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°68, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Sonora – Tome 2 – Lola Montez : Jean-Pierre Pécau & Benoît Dellac

Titre : Sonora – Tome 2 – Lola Montez

Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Benoît Dellac

Édition : Delcourt Néopolis (31/01/2018)

Résumé :
Après l’assassinat d’un mineur chilien, le général de Freney pousse les mineurs à se débarrasser des Hounds et rétablir enfin la sécurité dans les placers. Mais son but est ailleurs et il est vraiment prêt à tout pour arriver à ses fins.

Devenu Alcade, et toujours assoiffé de vengeance, Max va devoir naviguer à vue entre ses intérêts et ceux de son employeur, sa vengeance… et ce que lui dictera son coeur.

Critique :
L’Histoire est un éternel recommencement et ceux qui fustigeaient les comportements des uns, s’empressent toujours de faire comme ceux qu’ils vilipendaient avant de les chasser. Un clou chasse l’autre et notre Maximilien Bonnot a tout du marteau.

1850. Nos mineurs français grognent, la Californie vient d’être nommée 31ème états des États-Unis et le mot « impôt » les fait grimper au mur.

Pourtant, ces gens creusent sur une terre qui n’est pas la leur et n’apprécieraient qu’on vienne creuser dans leur jardin… Mais ce qu’on aime pas que l’on fasse chez nous, on le fait chez les autres.

La politique et toujours la politique, c’est le maître mot de cet album, avec l’élite au pouvoir et les damnés de la terre qui, tout comme Tuco dans « Le bon, la brute et le truand », creusent car c’est une élite qui a le pouvoir (et des revolvers chargés).

N’oublions pas, dans ce tableau qui n’a rien de socialiste, la vengeance que Max (Maximilien Bonnot) voudrait assouvir sur l’homme qui lui  a fait vivre l’enfer durant la révolution française de 1848. Il connait son nom, mais pas sa gueule et un nom, ça se change.

Heureusement que la belle Lola n’a pas que des charmes de chair mais aussi un petit talent d’enquêtrice… Elle va lui trouver, le nouveau nom.

Dans ce deuxième et avant-dernier album, tout le monde évolue : Tortillard devient un porte-flingue fou, sans pitié, loin du gamin sages des premières pages, Lola nous montre ses charmes (oups, elle ne change pas), Max se rend compte que ceux qui ont chassé les Hounds qui faisaient vivre l’enfer aux placers, sont devenus comme eux, le général de Freney a des encore plus hautes ambitions qu’avant et les mineurs français pensent qu’après avoir foutu la raclée aux soldats américains, ceux-ci n’y reviendront plus.

Les dessins sont toujours dans les tons chauds, bien esquissés, sauf parfois les têtes des chevaux, on évolue dans le scénario, on change aussi de place puisque nos amis vont quitter la Californie pour le Sonora et la politique fait une entrée tonitruante dans le récit. Elle n’est jamais bien loin, elle.

On a du rythme, de l’action, de la violence, de l’Histoire, des gens qui rêvaient d’un monde meilleur, d’un monde plus juste et qui ont trouvé pire que ce qu’ils ont quitté en France.

La fameux Monde Libre n’est pas aussi libre qu’on le pense… D’ailleurs, il est né sur des vols, des spoliations, des massacres, des guerres et ses nouveaux habitants ne sont jamais que des Hommes qui ont quitté leurs pays respectifs, de gré ou forcé (Europe, Asie, Afrique).

Au final, que l’on soit miséreux aux States ou en France, on se fait toujours exploiter par les autres, ceux d’en haut et ce sont toujours les petits qui pâtissent en cas de coups durs, pas le puissant en haut de son trône, caché derrière ses sbires qui ont tout d’assassins patentés.

On veut la Liberté pour soi, pas pour les autres, en ce qui concerne l’Égalité, si on n’est pas dans les Hauts du Tiroir, on la revendique, mais si on est en Haut, l’Égalité, on s’en branle…

Pour la Fraternité, on repassera car si on veut être accueilli correctement ailleurs, nous sommes de piètres hébergeurs, tout le contraire de Nausicaa, celle qui vêtit et nourri le naufragé que fut Ulysse.

Un très bon tome que j’avais lu début d’année mais pas encore chroniqué. Le relire m’a fait du bien, cela permet toujours de se remettre les faits en place et quand la bédé est bonne, pourquoi s’en priver ?

Dommage que le tome 3 clôtura la série car il y avait encore moyen d’aller plus loin, d’explorer plus le coeur des gens, leurs rêves, leurs utopies, leurs idéalismes et de nous montrer que tout cela, c’est du vent et que les politiciens feront vite retomber le soufflé de l’espoir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°62, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

My absolute darling : Gabriel Tallent

Titre : My absolute darling

Auteur : Gabriel Tallent
Édition : Gallmeister Americana (01/03/2018)
Édition Originale : My Absolute Darling
Traducteur : Laura Derajinski

Résumé :
À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres.

Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif.

Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace.

Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois.

Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

Critique :
Si vous cherchez un roman qui vous laissera groggy durant votre lecture, celui-ci est tout trouvé !

Ce roman noir prouve ce que j’ai toujours su au fond de moi : on peut être instruit, connaître des mots de vocabulaire compliqués, être un grand lecteur (et pas de roman de gare ou à l’eau de rose), avoir une vision claire de l’état de la planète et être le dernier des salopards d’enculé de pute de fils !

Cette constatation, je l’ai surtout comprise il y a quelques années, avant, j’aurais soutenu mordicus qu’une personne instruite et grand lecteur ne pouvait pas être aussi crétin.

Pourtant, c’est vrai, je l’ai comprise avec les réseaux sociaux et les commentaires à l’emporte-pièce en provenance de gens que je pensais instruit puisque lecteurs. Mais, tel le père de Turtle, seul leur opinion, leur vérité, comptent.

Martin veut le meilleur pour sa fille qu’il élève seule, la mère étant décédée et au final, il ne lui montre que le pire, lui fait vivre le pire, la coule au lieu de l’élever vers le haut, reproche à son père son désordre dans son camping-car alors que chez lui-même, c’est une porcherie, un taudis invivable…

Ce roman prend à la gorge directement, comme un pit-bull sournois (je n’ai rien contre la race, mais ça fait plus d’effet que si je choisis un caniche) qui vous attraperait à la gorge et commencerait à vous la secouer doucement, avant de vous l’arracher.

Afin d’être moins traumatisée par cette lecture (je savais ce qu’il s’y passait), j’ai tenté le bon vieux coup de la lectrice qui regarde tout ça de haut, qui ne s’implique pas émotionnellement afin de ne pas être touchée trop fort par le récit dur comme la lame d’un couteau.

Bon sang, j’ai failli réussir !! Turtle (Julia) est un personnage assez froid qui n’appelle pas vraiment à l’empathie et j’ai réussi à ne pas trop m’attacher à elle au départ. Mais peine perdue, après, plus moyen de faire comme si je ne ressentais rien vu ce qui se déroulait sous mes yeux.

L’auteur a créé des personnages réalistes, humains ou salauds, des gens qui, comme nous, voient qu’il y a un problème dans l’entourage de Turtle mais ne savent pas trop comment faire pour le résoudre, pour l’aider, sans compter que Turtle ne donne pas l’impression de vouloir être sauvée.

Et c’est de là que provient mon malaise… Elle aime son père, elle le défend, lui trouve des excuses, lui obéit en tout point, même lorsque l’ordre donné va à l’encontre de tout, même lorsqu’il la prend de force…

La scène avec le revolver et la pièce est insoutenable tant elle est d’une horreur absolue, d’un illogisme pur, d’un sadisme sans nom.

Martin, le père, est un personnage noir, qui aime mais qui aime mal, qui pense que sa fille lui appartient et que ce qu’il fait pour elle, c’est bien, c’est juste, c’est normal.

Je pourrais aussi vous parler du danger des armes à feu, mais je pense que je vais m’arrêter là car la lecture de ce roman était difficile, prenante, horrible et qu’il ne laisse pas intact tant on a bouffé des horreurs durant toutes ces pages, sans qu’elle soit exagérée ou gratuite.

Un roman tellement noir qu’on a envie de se mettre à lire Oui-Oui au pays des licornes gentilles et des Bisounours tant on a besoin de se libérer l’esprit après une telle lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Au loin : Hernan Diaz

Titre : Au loin

Auteur : Hernan Diaz
Édition : Delcourt (29/08/2018)
Édition Originale : In the Distance (2018)
Traducteur : Christine Barbaste

Résumé :
Le jeune suédois Håkan Söderström débarque en Californie, seul et sans le sou. Il n’a qu’un but : retrouver son frère Linus à New York.

Il va alors entreprendre la traversée du pays à pied — remontant à contre-courant le flot des migrants qui se ruent vers l’ouest. Les caravanes se succèdent et les embûches aussi.

Trop souvent, la nature et les hommes essaieront de le tuer. Håkan croise ainsi la route de personnages truculents et souvent hostile : une tenancière de saloon, un naturaliste original, des fanatiques religieux, des arnaqueurs, des criminels, des Indiens, des hommes de lois…

Håkan devient peu à peu un héros malgré lui, et sa légende de géant grandit, tandis que se joue à distance l’histoire de l’Amérique.

Håkan n’a plus d’autres choix que de se réfugier loin des hommes, au cœur du désert, pour ne plus être étranger à lui-même et aux autres.

Critique :
♫ Loin, plus loin que l’au delà ♪ Où l’horizon se noie ♪ Dans le ciel et la terre. ♫ Loin, au bout de l’espérance ♪ Trouver la délivrance ♪ Et du feu et du fer ♪

Si j’ai choisi cette chanson de Michel Sardou, c’est parce que Håkan Söderström a fait un long voyage et est allé très loin, dans les terres d’Amérique, mais aussi à l’intérieur de lui-même.

Venant de Suède avec son frère Linus, il a loupé le bateau et c’est retrouvé dans les rues de San Francisco en lieu et place de New-York ! Bon, en ce temps-là, les rues de San Francisco n’étaient pas celles que nous connaissons grâce à la série.

Pour retrouver Linus, Håkan va devoir traverser tout le continent et à cette époque des pionniers et de la Frontière, la Road 66 n’existait pas encore pour traverser le pays d’Ouest en Est.

Oui, nous sommes au 19ème siècle, et bien avant la guerre de Sécession.

Håkan n’a rien d’un héros ou d’un personnage qui en impose : il est timide, parle mal l’anglais, est renfermé et il va lui arriver des aventures, qui, sans être extraordinaires (il n’était pas coincé dans une armoire Ikea), n’en seront pas moins fondatrices de sa personnalité suite aux rencontres qu’il va faire.

On choisi ses copains, dit-on souvent, mais le pauvre Håkan ne va pas toujours ses protecteurs ou ses emmerdeurs, ce sera souvent le fruit du hasard ou d’une maladie. Certains seront enrichissantes, d’autres malveillantes.

Au travers de ses rencontres et de son périple pour tenter de rallier New-York, c’est une partie de la Fondation de l’Amérique que nous allons vivre aux côtés de différents pionniers et de tout ce que cette longue route pouvait comporter comme dangers, qu’ils proviennent de la Nature, des animaux ou du bipède appelé Homme.

Je vous disais que Håkan n’avait rien d’un héros, pourtant, il a souvent fait acte de bravoure, dont une fois pour défendre les pionniers d’un convois d’émigrants dans lequel il se trouvait. Là, Håkan, dit « Hawk » va écrire sa légende.

En ce temps là, on n’a pas Fesse de Bouc, ni Touitteure, encore moins InstaKilo ou Snapchien, pourtant, le téléphone Arabe fonctionne à plein régime et vous savez comme moi que les histoires se déforment plus vite qu’un canard sex-toy laissé en pleine canicule…

Ce pauvre Håkan qui grandit plus vite que son ombre acquiert alors une réputation de tueur impitoyable et il devra se débrouiller seul pour survivre sans les Hommes.

Voilà un roman qui mélange habillement le western au roman d’aventures, le roman noir à la quête de soi et qui pose un scénario pour le moins inhabituel puisque Håkan va traverser l’Amérique dans le sens opposé des migrants !

Avec peu de dialogues, l’auteur parvient à nous faire vivre le périple d’Håkan comme si nous y étions et sans nous donner d’autres indications du temps qui passe que les saisons qui se suivent, il nous balade durant un long moment en compagnie de ce personnage qui n’a rien d’un héros mais qui reste touchant, humain, réaliste. Un homme qui a préféré la solitude à la vie sociale.

Assurément, un grand roman porté par une plume magnifique et une traduction qui lui rend hommage.

Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (334 pages).

[Série] The Big Bang Theory : Une série qui t’active les neurones et les zygomatiques en même temps !

Pour ceux qui n’auraient pas encore découvert ce sitcom, rappelons qu’il narre l’histoire de deux jeunes hommes surdoués, sorte de petits génies de la physique quantique et des combinaisons moléculaires.

Leur passion pour la théorie de la relativité ou pour la physique quantique n’a d’égale que leur inadaptation aux relations humaines.

Leonard et Sheldon vivent ensemble, en colocation, sur le même palier que Penny (Kaley Cuoco), une jeune fille, sympa et pas bégueule, qui a échoué au bac et travaille comme serveuse.

C’est ma sœur qui regardait cette série, me poussant à la regarder aussi car elle était, selon elle « drôle et marrante ». J’étais plus que sceptique.

Un jour, nous étions chez nos parents et la série passait sur M6 en soirée. Afin de me prouver qu’elle avait raison, ma sœur m’obligea à la visionner, prétextant que l’épisode qui passait était très drôle.

Oui, j’avais souri, mais je n’avais pas été conquise à 100%. Il faut dire aussi que les conditions de visionnages n’étaient pas super : nos deux parents qui parlaient avec nos deux hommes, ça faisait un certain bruit de fond empêchant de bien écouter la série.

Pour lui faire plaisir, je pris la clé USB avec la saison 1, lui promettant de regarder au moins quelques épisodes.

Une fois que j’eus commencé, je n’ai plus su m’arrêter et la saison 1 passa comme pour rire !

J’enquillai ensuite les 6 saisons suivantes et dus me faire soigner pour des crampes aux zygomatiques.

Pourtant, qui aurait cru que j’aurais adoré une autre série après la fin de « Friends » ?? Moi-même je ne l’aurais pas juré. Et bien, ça est arrivé, même si Friends restera toujours number one pour moi.

L’avantage de cette série comique, c’est que les épisodes sont courts, 20 minutes, pas plus, avec des rires préenregistrés aussi.

Je privilégie la V.O à la française…

The Big Bang Theory est une sitcom américaine créée par Chuck Lorre et Bill Prady, diffusée simultanément depuis le 24 septembre 2007 sur CBS et sur le réseau CTV au Canada.

La série suit la vie fictive de deux scientifiques de Caltech à Pasadena en Californie, le physicien expérimental Leonard Hofstadter et le physicien théoricien Sheldon Cooper qui vivent en face d’une jolie serveuse, Penny, dont le rêve est de devenir actrice.

L’effet comique de la série joue beaucoup sur le contraste entre l’intelligence et la « geekitude » de Leonard et Sheldon et le bon sens et l’intelligence sociale de Penny.

Les deux génies sont amis avec Howard Wolowitz, un ingénieur en aérospatiale de confession juive, et Rajesh Koothrappali, un astrophysicien indien, qui sont aussi geeks qu’eux.

En août 2009, la sitcom remporte le prix TCA de la meilleure série comique et Jim Parsons le prix de la meilleure prestation dans une série comique.

En 2010, la série remporte le People’s Choice Awards de la meilleure comédie et Jim Parsons l’Emmy Award du meilleur acteur dans une série comique.

Le 16 janvier 2011, Jim Parsons obtient un Golden Globe du meilleur acteur dans une série télévisée musicale ou comique par la Hollywood Foreign Press Association, une récompense qui lui a été remise par Kaley Cuoco, également actrice dans la série.

1. Synopsis :

Leonard Hofstadter et Sheldon Cooper vivent en colocation à Pasadena, une ville de l’agglomération de Los Angeles.

Ce sont tous deux des physiciens surdoués, « geeks » de surcroît. C’est d’ailleurs autour de cela qu’est axée la majeure partie comique de la série.

Ils partagent quasiment tout leur temps libre avec leurs deux amis Howard Wolowitz et Rajesh Koothrappali pour jouer à des jeux vidéo comme Halo, organiser un marathon des films Superman, jouer à des jeux de société ou de rôles comme le Boggle klingon, Donjons et Dragons, voire discuter de théories scientifiques très complexes.

Leur univers routinier est perturbé lorsqu’une jolie jeune femme, Penny, s’installe dans l’appartement d’en face.

Leonard a immédiatement des vues sur elle, et va tout faire pour la séduire et l’intégrer au groupe et à leur univers auquel elle ne connaît rien.

2. Acteurs principaux :

  • Jim Parsons (V. F. : Fabrice Fara) : Sheldon Cooper
  • Johnny Galecki (V. F. : Fabrice Josso) : Leonard Hofstadter
  • Kaley Cuoco (V. F. : Laura Préjean) : Penny
  • Simon Helberg (V. F. : Yoann Sover) : Howard Wolowitz
  • Kunal Nayyar (V. F. : Jérôme Berthoud) : Rajesh « Raj » Koothrappali
  • Melissa Rauch (V. F. : Sophie Froissard) : Bernadette Maryann Rostenkowski (récurrent saison 3, principal à partir de la saison 4)
  • Mayim Bialik (V. F. : Vanina Pradier) : Amy Farrah Fowler (récurrent saison 3, principal à partir de la saison 4)

3. Générique d’ouverture :

Le générique de début présente la formation de l’univers à partir du Big Bang. Il est donc possible de voir se succéder la naissance de l’univers, l’évolution de l’espèce humaine puis des innovations technologiques qui conduisent jusqu’à l’appartement des jeunes surdoués, où les cinq personnages mangent ensemble (de la cuisine chinoise dans la première saison, une pizza de la deuxième à la quatrième saison, de la cuisine thaï dans la cinquième saison).

À partir de la sixième saison, Bernadette et Amy sont présentes dans le générique.

La bande son s’intitule History of Everything et est interprétée par le groupe canadien Barenaked Ladies. Le 30 octobre 2007, une version longue du morceau (1 minute et 45 secondes) est sortie.

Les prénoms des deux personnages Sheldon et Leonard viennent du producteur Sheldon Leonard, qui a produit des shows télévisés, et dont Bill Prady et Chuck Lorre sont fans.

Leurs noms sont ceux de deux lauréats du Prix Nobel, Leon Cooper et Robert Hofstadter.

Ma critique non objective (ainsi qu’une présentation des personnages :

Non, désolé, mais je ne dirai pas du mal de cette série que j’adore et qui me fait pisser de rire ! Non, les rires préenregistrés ne me hérissent pas le poil, non les personnages ne sont pas chiants, mais riches de tellement de choses que je ne sais par où commencer !

Situations comiques, dialogues à mourir de rire, une touche de science (faut bien apprendre, quand même), situations cocasses, burlesques, personnages bien travaillés et fouillés, on ne s’ennuie pas dans cette série. Les scènes sont courtes, travaillées et efficaces.

Le comique repose sur la collision de deux mondes : celui des surdoués coupés de la réalité et celui d’une petite serveuse qui nourrit l’ambition de faire carrière au cinéma.

Penny ne comprend rien à ce que raconte Sheldon, quant à Leonard, il découvre qu’il existe une vie en marge des équations à dix inconnues.

L’apparence physique des personnages joue elle aussi un rôle important. Sheldon est grand et dégingandé tandis que Leonard est petit et légèrement râblé. Une sorte de Laurel et Hardy, quoi !

Quatre garçons et une fille… Quatre manière de réagir et des scénarios à exploiter à l’envi, des dialogues à mourir de rire et bons à devenir cultes pour ma soeur et moi-même.

Avantage aussi c’est que durant un épisode, les personnages ont chacun leurs petites aventures, leur temps de passage et on suit la continuité durant les 20 minutes de l’épisode. Court, bref, intense, ça bouge dans tous les sens.

De plus, malgré le fait que les scénaristes aient formé un couple entre Leonard et Penny, on n’a pas assisté au syndrome « Clair de lune » (se dit quand une série subit une brusque chute d’audience dès lors que le couple tant attendu par les spectateurs se forme – le patient zéro était la série « Clair de lune »).

Formidable, le fait de les mettre en couple n’a rien enlevé à la série, que du contraire, cela a apporté des rebondissements et du suspense.

Bref, on passe un bon moment de rigolade avec leurs blagues à deux balles et les running gag. Ma foi, ça ne fait pas de tort après une dure journée de travail.

Niveau personnages, ils sont tous très bien travaillés et je vais vous les présenter un peu mieux :

Tout le sel de cette série vient du personnage de Sheldon Cooper… lui, c’est le mec avec lequel on n’aurait pas envie d’être amis, ni de vivre avec lui, encore moins de bosser avec lui.

Bref, il est l‘archétype du gars qu’on flinguerait si on devait passer ne fut-ce que une heure avec lui.

Il est hautain, a une haute opinion de lui-même et une toute petite des autres, il est maniaque à un point qu’on ne peut pas imaginer, invente des règles qui ne le servent que lui, et ressemble plus à un autiste atteint du syndrome d’Asperger qu’à un être humain normal. Il possède aussi un QI de 187…

Ses obsessions sont majoritairement en rapport avec l’ordre et le rangement, ou par le fait qu’il doive s’asseoir à la même place sur le canapé de l’appartement (my spot littéralement, mon endroit).

Quant à avoir une relation avec un être humain du sexe opposé, on y songe même pas, Sheldon n’aime que lui et rien que lui.

Lorsqu’il parle de sexe, il utilise le mot « Coït » avec tout le mépris possible ou le détachement total.

Il n’a que de vagues notions sur la manière de communiquer avec un autre être humain. Il ne comprend pas pourquoi, par exemple, une conversation débute généralement par « Bonjour, comment ça va ? » et interprète d’ailleurs la question dans le sens « Comment je dois me sentir, maintenant ? » au premier degré en proposant des réponses : « Fatigué ? Affamé ? ».

Sheldon prend tout ce qu’on lui dit au premier degré.

Ses repas sont aussi programmés dans des restaurants bien précis. Ainsi, il possède un restaurant pour chaque jour de la semaine, ainsi qu’une table précise dans l’établissement.

Quelques tendances aussi à porter des préjugés culturels des plus mauvais goûts.

Oui, Sheldon est exécrable, oui, on devrait le détester, mais, il est attachant et sans lui, pas de comique de situation.

Il partage son appartement avec Leonard Hofstadter, qui est bien plus équilibré que lui mais qui est aussi le parfait sous-fifre pour Sheldon.

Contrairement à Sheldon qui n’a pas grandi dans une famille de scientifiques, lui oui !

Sa mère est une éminente neuropsychiatre qui l’a élevé avec distance et froideur, son père est anthropologue, sa sœur est une chirurgienne et son frère est professeur et titulaire de la chaire de droit à Harvard.

Il a un tic, lorsqu’il parle, il a toujours les doigts qui se touchent… C’est aussi lui qui comprend « mieux » les relations sociales entre les gens.

Deux autres amis se joignent à eux dans la série :

Howard Wolowitz est ingénieur au département de physique appliquée de Caltech. Sa particularité est d’être Juif et de vivre encore chez sa mère (jusqu’à la sixième saison).

Contrairement à Sheldon, il est obsédé par les femmes et le sexe.

Son style vestimentaire plus qu’excentrique est néanmoins toujours riche en surprise.

En témoignent les nombreuses boucles de ses ceintures toujours plus farfelues les unes que les autres (Batman, Pac Man,…).

Rajesh « Raj » Koothrappali dont la principale caractéristique est son incapacité à s’adresser à une femme ou de parler en présence de femmes autrement qu’en chuchotant à l’oreille de ses amis, sauf lorsqu’il a bu de l’alcool.

Ses vêtements sont toujours mal assortis et ont dû faire le bonheur sur le catalogue printemps-été de l’année 62.

C’est grâce à Leonard que Penny, la jolie voisine de palier blonde, entrera dans le cercle des quatre geeks.

Elle travaille comme serveuse dans la chaîne de restauration The Cheesecake Factory et désire devenir actrice.

Ce personnage un peu écervelé devient de plus en plus proche de ses voisins au fur et à mesure des épisodes.

Face à cette intrusion féminine, nos deux « geeks » vont réagir de manière diamétralement opposée.

Leonard va éprouver des démangeaisons de libido, tandis que Sheldon va se retrancher dans une défiance misogyne.

Pas évident pour Penny de se trouver face à des geeks doublés de scientifiques aux gros Q.I… elle qui ne sait pas grand-chose.

Quoique, pour ce qui est de comprendre le comportement social des autres gens – celui qui échappe à Sheldon – elle, elle est douée.

Durant les épisodes, il n’est pas rare que Sheldon lui rappelle qu’elle n’est qu’une serveuse sans utilité apparente et la qualifie bien souvent de fille facile insinuant qu’elle a eu des rapports avec 36 hommes ou qu’elle est très douée pour échanger des faveurs sexuelles contre des services.

Mention très bien aussi au personnage d’Amy Farrah Fowler !

Pourtant, au départ, je n’aimais pas ce personnage et je ne pensais pas qu’elle allait devenir récurente et qu’elle prendrait une telle place dans la série et dans mon estime.

Amy est neurobiologiste et a dû commander sa garde-robe dans le catalogue de La redoute de l’année 1947.

Comment elle est arrivée là ?? C’est en voulant trouver une fille pour Sheldon via un site que Rajesh et Howard l’ont rencontrée sur un site de rencontre en ligne. Nos deux comères avaient secrètement créé un compte sous le nom de Sheldon.

Sheldon et Amy ont de nombreux traits communs. Une fois qu’elle a rencontré Sheldon, elle devient – comme le dit Sheldon – une fille qui est son amie mais pas sa « petite amie ».

Jerry Spring – Tome 2 – Yucca ranch : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 2 – Yucca ranch                      big_2

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé
Édition : Dupuis (1955)

Résumé :
Martha Fenton a été enlevée et son père n’a d’autre recours que de vendre le ranch familial pour payer la rançon exigée par les ravisseurs.

Ainsi dépossédés, il ne reste donc plus pour eux d’autre choix que de partir vers la Californie.

Au cours de ce périlleux voyage, accompagnés de Jerry, ils devront traverser les territoires de tribus indiennes sur le pied de guerre. Avant peut-être de pouvoir récupérer leur bien…

Critique : 
Pancho s’emmerdait sans son copain Jerry, alors, il s’est lancé à sa poursuite. Si son cheval n’avait pas mis le pied dans un terrier, se faisant ainsi une entorse, jamais ils n’auraient vécu cette aventure !

Quoi de mieux qu’une jeune fille enlevée contre rançon ? Afin de la délivrer, le père devra se résoudre à vendre le « Yucca Ranch »…

Mais Jerry Spring est un petit Sherlock Holmes en herbe et lui, il a retrouvé la fille, la sauvant même des griffes des méchants qui ne comptaient pas le rendre !

Dommage que dès le départ nous ayons une indication sur l’instigateur de tout cela… La fille valait-elle un tel prix ? Non, mais elle avait trouvé du pétrole sur les terres du ranch…

L’auteur se trouvant sans doute à court d’histoire une fois que la belle fut délivrée et le ranch vendu, il nous entraine alors dans un récit assez mouvementé jusqu’en Californie, Pancho et Jerry étant les guides de la petite caravane composée du père, de la fille, du fils et du beau-frère.

Niveau personnages, ils sont conventionnels, à savoir que les bandits sont de vrais bandits et les bons, de vrais « bons », même pas un peu « brute » et encore moins « truands » !

Un album qui ne casse pas trois pattes à un canard mais qui est agréable à lire car on ne s’ennuie pas, on se fait poursuivre par des indiens Kiowas, ensuite des Navajos et au final, on résout toute l’affaire en arrêtant le méchant, qui, une fois de plus, se confesse en regrettant tout alors qu’il à l’article de la mort…

Comme dans l’album précédent, très moralisateur pour les jeunes lecteurs, faisant passer le message que « les bandits, c’est pas des gentils, en plus, ils se trahissent l’un l’autre ! ».

Challenge « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur, « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2014), « Polar Historique » de Sharon et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.

Les Raisins de la colère : John Steinbeck

Titre : Les Raisins de la colère

Auteur : John Steinbeck
Édition : Gallimard/Folio

Résumé :
L’histoire débute au moment où Tom Joad sort de prison. Tandis qu’il retourne chez lui, il rencontre un ancien prédicateur, Jim Casy, avec qui il partage des souvenirs d’enfance.

Les deux personnages font la route ensemble. Alors qu’ils arrivent à la ferme familiale, ils s’aperçoivent que celle-ci a été désertée. Déconcertés et un peu perdus, Tom et Jim décident d’aller chez l’Oncle John où ils retrouvent les autres membres de la famille Joad. Ces derniers sont en train de charger un camion Hudson avec ce qui leur reste de biens.

Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et la famille n’a par conséquent pas pu honorer ses dettes. Chassés de chez eux, ils espèrent que la situation s’arrangera en Californie grâce à des feuillets leur proposant du travail et qui sont distribués un peu partout dans leur état : ils pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d’argent pour vivre.

Séduits par cette publicité, la famille Joad décide d’investir tout ce qui lui reste dans ce voyage. Bien que ce projet enfreigne les termes de sa liberté conditionnelle, Tom décide de partir avec sa famille. L’ancien pasteur J. Casy se joint également à la famille.

Les Joad empruntent la Route 66 pour aller vers l’ouest.

Dans des camps de fortune dressés au bord de la route ils entendent l’histoire d’autres familles, dont certaines reviennent de Californie.

La famille Joad ne veut pas admettre que les promesses auxquelles elle croit ne seront pas tenues. Juste avant la limite d’état, Noah (l’aîné des fils Joad) quitte la famille pour rester vivre au bord du Colorado et la grand-mère de la famille meurt pendant la traversée du désert.

En arrivant en Californie, Connie (le mari de Rose of Sharon, la fille, qui est enceinte) quitte la famille. Le reste de la famille, dirigé par Man, n’a d’autre choix que de poursuivre sa route.

A leur arrivée, ils s’aperçoivent qu’ils ne gagneront jamais beaucoup d’argent car il y a trop de travailleurs et les propriétaires importants de la région ne les respectent pas tandis que les plus petits font faillite. Ils profitent du grand nombre d’émigrants pour baisser les salaires et les familles émigrantes vivent dans des camps de fortune provisoires appelés Hooverville.

Les travailleurs étant exploités, des individus essayent de les faire adhérer à des syndicats ; Jim Casy, qui a fait de la prison pour couvrir Tom car il avait agressé un shérif, est l’un d’entre eux.

Critique : 
Un roman qui, malgré ses quelques longueurs, m’a pris aux tripes… Un roman porteur d’un message sur le capitalisme qui, non content d’exploiter l’homme, fait en sorte que toutes les richesses ne soient détenue que par quelques mains (la racaille en col blanc).

« Lorsque la propriété est accumulée dans un trop petit nombre de mains, elle est enlevée. Lorsqu’une majorité a faim et froid, elle prendra par la force ce dont elle a besoin. la répression n’a pour effet que d’affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s’exerce et de cimenter leur solidarité ».

 

L’industrialisation a beau être pointée du doigt dans ce roman (les tracteurs), ce n’est pas elle qui est citée à comparaître sur le banc des accusés : la machine n’est pas responsable du mal qu’elle fait.

Non, mais l’auteur dénonce la mauvaise utilisation et le fait que les banquiers – eux, une fois de plus – aient entraînés les plus pauvres à payer leurs erreurs (♫ non, non, rien n’a changé ♪).

« La banque ce n’est pas la même chose que les hommes. Il se trouve que chaque homme dans une banque hait ce que la banque fait, et cependant la banque le fait. La banque est plus que les hommes, je vous le dis. C’est LE MONSTRE. C’est les hommes qui l’ont créé, mais ils sont incapables de le diriger ».

Oklahoma, fin des années 20… 1929 pour être plus précise. Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et les agriculteurs qui avaient emprunté de l’argent aux banques après une récolte merdique, se retrouvent à ne plus savoir honorer leurs dettes puisque aucune de leurs récoltes ne fut vraiment bonne.

Et que font les banquiers lorsque vous ne savez pas payer vos dettes ? Ils vous saisissent vos biens, vos terres et vous saisissent à la gorge. Ils ont expulsé les fermiers sans aucun état d’âme (et nous savons que cela continue de nos jours)…

Le passage où les tracteurs charruent les terres des pauvres gens, massacrant au passage leurs maisons de bois est émouvant. C’est toute leur vie qu’on met à bas, leurs terres que l’on massacre, leurs terres que l’on va épuiser en plantant du coton.

À non, c’est vrai, ce ne sont plus leurs terres, ce sont celles de la banque, de la société, de on-ne-sait-pas-trop-qui, mais le responsable n’est pas « humain » en tout cas. Il est bien plus facile de dire que c’est la Société Machin.

Chassés de chez eux, ils penseront comme tous les immigrants que leur situation s’arrangera ailleurs – en Californie, ici – puisque des feuillets leur promettent monts et merveilles, notamment du travail à foison. Ces pauvres gens pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d’argent pour vivre. Pauvres fous… (pas en tant qu’insulte, mais en tant que visionnaire de leur futures emmerdes).

La famille Joad, c’est elle que nous allons suivre sur leur chemin d’exil  depuis l’Oklahoma jusqu’en Californie, sur la mythique route 66 qui ne sera pas une partie de plaisir, mais s’apparentera plus à une descente aux Enfers.

Les voitures des émigrants surgissaient en rampant des chemins de traverse, regagnaient l’autostrade et reprenaient la grande voie des migrations, la route de l’Ouest. A l’aube, elles détalaient, pareilles à des punaises ; dès la tombée du jour, surprises par l’obscurité, elles se rassemblaient et venaient grouiller autour d’un abri ou d’un point d’eau.

De fait, nous n’avons jamais vu d’immigrants voyager en Rolls. Ici, ce sera un vieux « camion ». De nos jours, ce sont des containers, des embarcations de fortune…

Mais comme Moïse, la terre promise, certains ne la verront jamais, et les autres, ils ne feront que l’avoir rêvée parce qu’on leur a vendu de belles images. Non content de les spolier de leurs terres, on les spolie de leurs rêves d’avoir une vie meilleure.

Ne laisse pas s’envoler trop tes espérances, pour n’avoir pas à ramper comme un ver de terre.

Ce livre comporte des passages assez long et j’ai parfois eu dur de continuer le voyage, mais comme les Joad, je me suis accrochée afin de lire ce chef-d’œuvre de Steinbeck, ce pamphlet qui n’épargne pas les banques et qui nous raconte ce que fut la grande dépression de 1929 au travers du voyage d’une famille.

Il vous prend aux tripes parce que vous vous retrouvez à abandonner ce que fut votre vie, vos affaires, vos amis, vous voyagez sur une route qui a tout du fleuve Styx (celui des Enfers), parce que vous vous retrouvez dans des camps de fortune dressés sur les bords des routes, parce que les promesses de travail vantées par les put**** de prospectus ne sont pas tenues, entrainant les familles déjà démunies à crever de faim parce que sans emploi et sans nourriture.

Et tout retour en arrière est impossible, c’est marche en avant ou crève en faisant marche arrière.

Si vous qui possédez les choses dont les autres manquent, si vous pouviez comprendre cela, vous pourriez peut-être échapper à votre destin. Si vous pouviez séparer les causes des effets, si vous pouviez savoir que Paine, Marx, Jefferson, Lénine furent des effets, non des causes, vous pourriez survivre. Mais cela vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en « Je » et vous sépare toujours du « Nous ».

La famille Joad, qui ne sera pas au bout de ses peines, va devoir se disloquer, elle crèvera de faim aussi, subira comme d’autres l’injustice et l’exploitation, elle devra faire face à des conditions de survie inhumaines, elle connaîtra le rejet, la discrimination, la mort, la prison,…

« Les grandes compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare la faim de la colère. Au lieu d’augmenter les salaires, elles employaient l’argent à faire l’acquisition de grenades à gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des marchands, à faire établir des listes noires, à entraîner leurs troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient comme des fourmis à le recherche de travail, de pain. Et la colère fermentait.

Comme le dit la devise de mon pays, « L’Union Fait La Force » et c’est uni que tout ces opprimés arriveront à s’en sortir. La solidarité étant souvent très forte entre eux (dans le livre).

– On en apprend tous les jours, dit t-elle, mais il y a une chose que je sais bien, à force . Quand on est dans le besoin, ou qu’on a des ennuis – ou de la misère – c’est aux pauvres gens qu’il faut s’adresser. C’ est eux qui viendrons en aide – EUX SEULS.

Autre paradoxe soulevé par le récit et qui me fait penser à ce que nous vivons toujours : les habitants de Californie ne veulent pas les immigrés mais ils en ont besoin pour le travail… « Travaille et puis casse-toi, pauv’con ».

– On est bien dans un pays libre, tout de même.

– Eh bien tâchez d’en trouver, de la liberté. Comme dit l’autre, ta liberté dépend du fric que t’as pour la payer.

Bref, un livre à lire, les personnages sont attachants, ce qui est écrit est une partie de l’histoire, malgré quelques longueurs, ça vaut la peine de l’ouvrir, de plus, le style d’écriture est implacable. Dire que depuis, rien n’a changé.

Craignez le temps où l’Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée, car cette seule qualité est le fondement de l’homme même, et cette qualité seule est l’homme, distinct dans tout l’univers.

L’auteur a reçu pour cette œuvre le prix Pulitzer en 1940.

Lu dans le cadre des Challenges « Romans Cultes » de Métaphore, de « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel, du « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées, pour Le « Challenge US » chez Noctembule et pour Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle.

[Série] The Mentalist : une série qui vous ausculte les pensées

The Mentalist est une série télévisée américaine créée par Bruno Heller et diffusée depuis le 23 septembre 2008 sur le réseau CBS.

Mentalist… C’est quoi ce truc ? C’est « Quelqu’un utilisant l’acuité mentale, l’hypnose et/ou la suggestion… Maître dans l’art de manipuler la pensée et le comportement ».

Un mentaliste peut donc utiliser diverses méthodes telles que l’illusionnisme, la lecture à froid, l’hypnose ou encore la psychologie.


Synopsis de la série :
L’unité des crimes majeurs du California Bureau of Investigation (CBI), dirigée par Teresa Lisbon, enquête sur des crimes, avec la collaboration de Patrick Jane, consultant pour le CBI, utilisant ses facultés de mentalisme.

Patrick Jane dispose d’un sens très fin de la psychologie et de son mental (lecture froide, hypnose, etc). Il ne s’agit pas d’un pouvoir car il a aussi été prestidigitateur. Sa carrière de voyant lui a également permis d’acquérir des connaissances pointues en matière d’analyse psychomotrice. Tous ses talents rassemblés lui permettent d’être plus précisément un mentaliste, ce qui lui vaut d’être également un manipulateur très efficace pour résoudre les enquêtes.

Cependant, c’est sur le cas particulier de John le Rouge (Red John), un tueur en série qui signe toujours ses meurtres par un smiley dessiné avec le sang de ses victimes sur les murs, que se centre leur attention. John le Rouge a tué la femme et la fille de Patrick Jane, qui autrefois se faisait passer pour un médium et s’était moqué du tueur…

Acteurs principaux :
Simon Baker  : Patrick Jane (V.F : Thierry Ragueneau)
Robin Tunney  : Teresa Lisbon (V.F : Cathy Diraison)
Tim Kang : Kimball Cho (V.F : Stéphane Pouplard)
Owain Yeoman  : Wayne Rigsby (V.F : Thibaut Belfodil)
Amanda Righetti  : Grace Van Pelt (V.F : Stéphanie Lafforgue)


Pour tout vous avouer, lorsque cette série a commencé à être diffusée, je ne l’ai pas regardée. Pourquoi ? Pas envie, tout simplement… Ne me demandez pas pourquoi car le pitch était plus qu’intéressant. Manque de temps, une fois de plus et puis, on y pense plus.

Et puis, un soir, alors qu’il n’y avait rien à la télé (Comme d’habitude), je suis tombée sur un épisode de la saison 4 au cours d’un zapping. Pourquoi pas ?

C’est là que le charme a opéré. Non seulement j’ai regardé l’épisode, mais je me suis surprise à apprécier la série puisque j’ai regardé l’épisode suivant, diffusé à la suite de l’autre et que la semaine suivante, j’étais fidèle à mon poste…

Mais bon, j’avais pris le train en cours de route et il me manquait beaucoup de choses.

En parfaite petite pirate que je suis, j’ai téléch…. Heu, j’ai acquis la première saison et je l’ai visionnée avec un certain plaisir, pour ne pas dire un plaisir certain.

La Première Chaîne Belge (RTBF) diffuse en ce moment la saison 5 tous les jeudis et, bien qu’ayant raté quelques épisodes, je la visionne tout en continuant de découvrir la première saison sur mon PC.

Ici, je me contenterai de vous parler de la saison 1 en général, sans développer une critique pointue pour chaque épisode.

– Alors, docteur Belette, votre diagnostique ? Point de vue des personnages… Du héros principal, Patrick Jane ?

– Je dois vous avouer que Patrick Jane, le « mentalist », est mignon à croquer et que je commettrais bien le péché de chair avec lui. Ce joli blondinet a un sourire qui me fait fondre, je le croquerais bien tout cru en hurlant « Patriiiick » tout en arrachant son costume trois pièces avant de me ruer sur son service trois-piè…

– Heu, les lecteurs voudraient peut-être un avis plus professionnel et moins personnel…

– Oh, pardon ! Hors tout fantasmes personnels, j’avoue que le personnage est mystérieux et qu’il est intrigant. Ce bel animal est doté de facultés d’observation et de déduction exceptionnelles, il utilise notamment des techniques de lecture froide ou d’hypnose pour l’interrogatoire d’un témoin, quand ce n’est pas carrément celles du pickpocket ou du cambrioleur qui ouvre toutes les serrures… Ceci afin d’élucider des meurtres. Sous couvert de ses sourires bienveillants, il sonde tout le monde; sous couvert de vous réconforter en vous posant la main sur l’épaule, il vous analyse et vous passe à la moulinette. Ou pire, il vous hypnose afin de vous tirer les vers hors du nez.

Il n’a aucune gêne à vous dire tout haut le résultat de son analyse sur vous. Ses déductions sont parfois holmésiennes car basées sur des détails physiques (des mains de joueur de guitare, par exemple), ou souvent sur des analyses plus intuitives, comme des coups de sondes.

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Sa personnalité fait penser à d’autres personnages du petit écran :

  •  Au Dr House pour son ardeur à résoudre le problème;
  •  À l’inspecteur Murdoch (Murdoch Mysteries);
  •  Au Hercule Poirot d’Agatha Christie;
  •  Au héros de la série « Life » (Damian Lewis);
  •  À Monk (tous les deux ont le même don de déduction et leurs femmes ont été assassinées);
  •  Un peu de « Lie to Me »;
  •  Un soupçon du lieutenant Columbo (comme le lieutenant, Jane pose parfois des questions que l’on pourrait croire « à la con », hors, il n’en est rien / Pour le fait que les enquêtes se déroulent dans les milieux huppés et pour sa voiture ancienne et française, une Citroën DS);
  • À la série « Psych » : Enquêteur malgré lui » (série télévisée apparue quelques années avant Mentalist dont le personnage – Shawn Spencer – est consultant pour la police, qui a un talent d’observation très développé pour remarquer tous les détails et qui prétend être médium – une série que je n’aime pas du tout).

De plus, tous les personnages de toutes ces séries ont pour inspiration le personnage de Sherlock Holmes (le Holmes des romans d’Arthur Conan Doyle)  et même Bruno Heller, le créateur de la série, déclare qu’il considère Jane comme le nouveau Sherlock Holmes.

The Mentalist s’est aussi inspirée du célèbre ouvrage du père du roman policier français, Émile Gaboriau, intitulé « L’Affaire Lerouge » dont l’adaptation télévisée avait été diffusée par la Société Radio-Canada entre 1964 et 1965 (ces infos là viennent du Net).

De plus, Patrick Jane a de multiples talents, dont celui de pouvoir compter les cartes dans un Casino et de contrôler les dés pour faire 6/6 à chaque lancé.

Pour ce qui est des interrogatoires ou des questions à poser aux témoins ou à la famille, Patrick ne met pas de gants, il leur rentre dans le lard et est bien souvent odieux, mais au contraire du docteur House, il le fait avec le sourire.

Au sein de l’équipe, Jane est très à l’aise et apporte une aide précieuse dans chaque affaire, malgré ses excentricités. Ses collègues le suivent souvent des ses excentricités, en soupirant, mais ils le suivent.

Toujours élégant, le sourire ravageur et charmeur, rempli d’idées loufoques qui payent…

Cependant, derrière son assurance apparente, il se sent responsable de la mort de sa famille et ne poursuit qu’un but : parvenir un jour à retrouver la trace de John le Rouge pour le tuer.

Les scénaristes nous le montrent aussi parfois avec les larmes aux yeux, avant qu’il ne se reprenne très vite. On sent la faille sous la carapace.

Ce que j’apprécie aussi, c’est que les scénaristes ne jouent pas sur une relation sentimentale avec son chef, Teresa Lisbon. On ne sent pas qu’elle le regarde avec des yeux d’amoureuse transie et, ma foi,  je serais contre une relation entre eux deux.

Sans oublier que notre Mentalist est un grand buveur de thé… Il a même un charme soo british, je trouve…

Agent-Teresa-Lisbon-The-Mentalist-tv-female-characters-15317910-682-1024En ce qui concerne le personnage de la « chef » du CBI – Teresa Lisbon – il est plus que bien campé.

Loin d’être une cruche, c’est une jeune femme autoritaire, attachée aux règles et aux procédures, mince et athlétique, parfois agacée par le comportement de Jane et ses méthodes peu conventionnelles.

Elle respecte la loi, elle, ce qui tout le contraire de Patrick.

Cependant elle a constaté que les analyses de celui-ci étaient pertinentes et c’est à cause de cela qu’elle a pris la décision de l’emmener avec elle sur le terrain.

Elle est le garde-fou de Jane et fait de son mieux pour l’empêcher de faire des folies, mais ce n’est pas demain la veille que Patrick Jane va obéir, ce qui fait qu’elle est régulièrement obligée de le couvrir auprès de son supérieur hiérarchique.

Lisbon et Jane forment un duo de charme : c’est un duo professionnel et efficace.

Pas de roucoulades entre eux et c’est tant mieux. Lisbon est souvent caustique avec Patrick et n’hésite pas à lui envoyer des piques.

Souvent il lui fait hausser les sourcils ou soupirer d’exaspération… Tout comme le directeur du CBI, monsieur Minelli.

Lisbon a sous ses ordres trois agents : Kimball Cho, Wayne Rigsby et Grace Van Pelt.

Ce sont des personnages auxquels je me suis vite attachée. Ils ont beau avoir regardé Patrick comme une bête de foire au départ, ils ont vite compris qu’il était utile dans la résolution de leurs affaires criminelles.

Wayne Rigsby a une carrure imposante mais c’est une personne aimable et attachante.

Dès l’arrivée de la nouvelle recrue – Grace Van Pelt – il est sous le charme de cette belle grande rousse.

Mais, grand timide, il n’ose pas lui avouer ses sentiments, se montrant souvent gêné et maladroit avec elle. Un malaise qui amuse beaucoup ses coéquipiers, tout particulièrement Jane.

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Kimball Cho est l’inspecteur le plus discret de l’équipe. Derrière son calme apparent, il sait se montrer acerbe et caustique.

Fin stratège et pédagogue, c’est souvent à lui que revient la lourde tâche de mener les interrogatoires.

Il est également celui qui a le plus de recul sur le comportement de Jane et qui semble être le plus amusé par sa personnalité étonnante.

Dans la saison 2, on apprend que non seulement il a fait son curieux en lisant les dossiers de ses collègues (ce qui est interdit), et qu’il a fait partie d’un gang…

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mentalist2-grace-van-peltGrace Van Pelt est la nouvelle recrue de l’équipe de Lisbon et spécialisée en informatique, ce qui lui vaut d’être souvent « coincée » au bureau, mais elle rêve d’accompagner plus souvent ses collègues sur le terrain.

Au cours des enquêtes, elle prendra conscience de ce qu’elle ressent pour Rigsby.

Prudente, elle jouera à celle qui ne s’en rend pas compte, ne souhaitant pas être entraînée dans une histoire sentimentale avec un collègue de bureau.

C’est une jeune femme croyante et sensible au domaine du paranormal, elle s’accroche parfois avec Jane, qu’elle trouve trop rationnel et trop cynique.


Personnages récurrents :
John le Rouge (Red John dans la version originale) est un tueur en série ayant commis près de trente meurtres y compris celui de la femme et la fille de Patrick Jane cinq ans avant qu’il rejoigne le CBI. Il signe tous ses crimes avec un smiley tracé à l’aide du sang et du doigt de sa victime…

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Lors de la visualisation de la saison 1, j’ai donc appris que Patrick Jane se faisait passer autrefois pour un « médium » et profitait de la crédulité des gens pour se faire un max de fric.

Un jour, alors qu’il était interrogé sur John le Rouge, un tueur en série sanguinaire qui signe ses crimes d’un smiley ensanglanté, il le dépeint en lui prêtant de fausses caractéristiques et en se moquant de lui.

Ne jamais se moquer publiquement d’un serial-killer : celui-ci se venge des propos qu’il juge insultants en assassinant la femme et la fille de Jane.

En rentrant chez lui, Jane découvre la situation mais aussi un mot du tueur épinglé sur la porte, le prévenant qu’il n’aurait pas dû se moquer de lui et de par son acte barbare, il lui prouve le sérieux de ses actes.

Sa vie vient de basculer et c’est ce qui l’a décidé à devenir consultant pour le CBI sous la responsabilité de Teresa Lisbon afin de se servir de ses dons pour aider la police et traquer les criminels dans des affaires de meurtres.

Dans un épisode, nous apprendrons aussi que Patrick a été interné dans un hôpital psychiatrique.

Les scénarios des épisodes sont de factures classique, pas toujours de coups de pied dans les fesses au final mais ils sont plaisants et j’ai réussi à découvrir quelques coupables.

S’ils ne possèdent pas de preuves concluantes pour inculper un coupable, Jane n’hésite jamais à piéger le (la) coupable. Tout son talent se trouve dans les mises en scène des pièges. Je vous avoue que pour certains épisodes, je n’avais pas vu venir le piège et j’avais marché à fond dedans.

La série a de l’humour, pas d’éclat de rire, mais certaines réparties m’ont fait pousser des éclats de rire tant c’était bien répondu.

J’ai apprécié aussi que John Le Rouge ne soit pas cité dans tous les épisodes, mais juste de temps en temps.

Le final de la première saison est un cliffhanger pour la suivante, Patrick étant passé à peu de mètres du fameux John Le Rouge…

En bref, une série sympa et agréable à suivre, sans se prendre la tête, elle me détend bien et la personnalité de Patrick Jane y est pour beaucoup. Il est aussi hors-norme qu’un docteur House (mais en version souriante et aimable) ou qu’un Sherlock Holmes puisque s’il ne peut plus travailler au CBI et résoudre des enquêtes, il n’a plus de but dans la vie.

On se doute aussi que Patrick est surtout là pour traquer le serial-killer et le descendre s’il a la  chance de l’avoir devant lui. C’est son Moriarty à lui et John apprécie que Patrick soit à le pister, ça doit lui changer son ordinaire.

Ce fait, je l’ai surtout compris lors du visionnage d’une partie de la saison 2… Le dossier Red John avait été retiré à l’équipe de Lisbon et confié à celle de Sam Bosco. Je ne dirai rien de plus, hormis que j’avais compris le pourquoi de certaines choses arrivées au sein du CBI.

La série se laisse regarder avec plaisir.

Petits clins d’œil :
Comme je le signalais plus haut, Patrick Jane roule dans une voiture française : une Citroën DS en hommage à la série Columbo dans laquelle le lieutenant conduit une Peugeot 403.

Dans les deux premières saisons, il s’agit d’un modèle gris de type export provenant des États-Unis (avec phares avant fixes et non-protégés, grilles de climatisation à la place des clignotants avant, ceux-ci étant placés sous le pare-choc, et doubles feux arrières ronds), appartenant à la production de la série.

Dans l’épisode 16 de la Saison 1, lorsque Jane et Van Pelt se retrouvent seuls et discutent, juste après que Van Pelt prononce la phrase : « Voilà la liste de tes clients », il est possible de voir sur l’écran d’ordinateur de cette dernière, divers noms, dont ceux de : Kenny King, James Dean, Rob Johnson, Don Goodman, Allan Davis ou encore Megan Fox. Il y apparaît aussi le nom de nombreux assistants et autres « travailleurs de l’ombre » de la série non-crédités au générique de Mentalist.

Idem dans l’épisode 16 de la Saison 3 : alors que Jane demande à l’expert des empreintes digitales du CBI s’il a identifié l’empreinte qui correspondait à celle trouvée sur les lieux du crime, celui-ci lui répond que n’étant pas David Caruso (interprète de Horatio Caine dans la série Les Experts : Miami) cela devrait prendre plus de temps.