Gil Jourdan – Tome 1 – Libellule s’évade : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 1 – Libellule s’évade

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1959)

Résumé :
Gil Jourdan, tout jeune licencié en droit et travaillant pour son propre compte se donne six mois pour mettre la main sur une bande de trafiquants de popaïne.

Pour cela, il organise l’évasion d’André Papignolles dit « Libellule » dont il souhaite s’adjoindre les talents de serrurier. Mais la tâche ne s’annonce pas pas facile avec l’inspecteur Crouton qui ne les lâchera pas d’une semelle…

Critique :
Les enquêtes de Gil Jourdan sont, pour moi, un régal à lire ! Un plaisir de fin gourmet pour qui aime les ambiances à la Maigret, le tout avec des dialogues n’ayant rien à envier à Audiard, sans oublier une sacrée dose d’humour.

Gil Jourdan est un détective assez froid, méticuleux, précis, n’hésitant pas à se rendre complice de l’évasion du cambrioleur aux doigts de fée surnommé Libellule et, pour cela, à défier l’inspecteur Croûton, le flic le plus bête de France, mais aussi tenace qu’une tique sur le dos d’un chien.

— A la moindre velléité de fuite, je tire !
— Si c’est moi que vous visez, je ne risque rien !

Ayant toujours apprécié ce détective découvert dans des vieux Spirou, je m’étais offerte, il y a de ça un certain temps, les intégrales de ses aventures. Il n’y a jamais de mal à se faire du bien, je trouve, et donc, pour me continuer à éprouver du plaisir, je me  les relis toutes les 6 régulièrement.

Dans cette première intégrale intitulée « Premières aventures », juste avant l’album de « Libellule s’évade », nous avons « La poursuite » qui, en quelques pages, nous met déjà en présence de l’inspecteur à la grosse moustache rousse, ainsi qu’au talentueux Libellule, ouvreur de coffre-fort de son état.

— Dites, inspecteur ? Il y a un taxi qui nous suit depuis un petit moment… Si vos pieds ont un cœur, ils auront pitié des miens.

L’ambiance est donné d’entrée de jeu, niveau scénario, Tillieux n’est pas un manche et niveau dialogues percutants, il sait y faire, un peu à la manière d’un Goscinny, il dégaine les répliques et truffe ses dialogues de bons mots, sans oublier de parsemer le tout du rire horrible de Libellule.

(L’inspecteur Crouton remercie chaleureusement le détective du « Splendid Hotel » qui vient de le renseigner sur le cambrioleur nommé Libellule) :
— Merci, mon vieux ! Payez-vous un verre à ma santé, vous l’avez mérité ! Et vous ne le boirez pas seul… Antoine, deux calvas sur le compte de monsieur, et le téléphone.
(Le détective, estomaqué que l’inspecteur lui offre un verre sur son compte et s’en offre un lui-même) :
— Prends un aussi, Antoine, comme ça nous serons deux à subir la générosité de monsieur !!!

Des bons mots, donc, une enquête, une évasion, un jeune licencié en droit qui se donne 6 mois pour se faire un nom et qui commence déjà sa carrière par une folie en faisant évader Libellule, au nez à la grosse moustache de l’inspecteur Croûton.

— Et cette moustache ! On devrait faire des lois qui interdisent des moustaches pareilles ! 

Lire un Gil Jourdan, c’est plonger dans des ambiances rétros, qui fleurent bon les vieux polars de papa, le tout avec des dialogues savoureux, drôles, hilarants, et des situations cocasses, le tout sans violence, puisqu’à cette époque, l’éditeur Charles Dupuis veillait et la censure aussi.

Ce qui donne une secrétaire avec les cheveux courts, pas féminine pour un sous, sans poitrine et sans sex-appeal. De plus, jamais l’auteur ne pourra pas parler de trafiquant de « cocaïne », et devra donc inventer un autre mot et voilà pourquoi nos deux amis, le détective et le cambrioleur, se mettront sur les traces de trafiquants de popaïne dans l’album suivant.

Moi, Gil Jourdan, j’adore ! En plus, son auteur est Belge, une fois.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).

 

Les étrangers dans la maison – Inspecteur Charles Resnick 2 : John Harvey

Titre : Les étrangers dans la maison – Inspecteur Charles Resnick 2

Auteur : John Harvey
Édition : Payot et Rivages (janvier 1995)
Édition Originale : Rough Treatment (1990)
Traducteur : Olivier Schwengler

Résumé :
Maria Roy a menti en décrivant les cambrioleurs qu’elle a surpris chez elle, comme deux petits noirs en blousons. Harold, son mari, n’a pas tout dit sur ce que contenait son coffre-fort.

Quant au grand type élégant qui s’est courageusement interposé contre un commando venu saccager le restaurant chinois où il dînait, il est autant industriel du textile que lester young était chanteur d’opéra…

Tant que ces gens-là se mentent les uns aux autres, tout le monde y trouve plus ou moins son compte. Mais lorsque chacun a leur tour, ils viennent mentir au détective-inspecteur charlie resnick, il cherche le lien entre les menteurs, un kilo de cocaïne en vadrouille et une vague de cambriolages non éclaircis.

Quitte à mettre son nez dans les affaires d’un collègue indélicat et à fréquenter l’univers impitoyable de la télévision…

Critique :
Lire une enquête de l’inspecteur Charlie Resnick, c’est comme écouter du jazz : un jazz lent, rempli de grisaille où les notes sont jouées de manière nonchalante, avec quelques pointes d’ironie qui saillent dans cette mélodie qui ne manque jamais de consistance.

Autrement dit, si vous voulez un roman qui swingue et qui twiste, passez votre chemin et changez de disquaire !

Notre inspecteur officie dans la ville de Nottingham, et, tel le Shérif de Robin des Bois, il se retrouve face à des cambriolages dont ses collègues policiers n’arrivent pas à trouver les auteurs.

Dans les romans de Harvey, on prend le temps de planter le décor, de faire opérer les cambrioleurs pendant que l’inspecteur polonais (Resnick) cherche à vendre sa maison.

On étoffe aussi un peu les personnages qui gravitent dans les pages, que ce soient les cambrioleurs, les cambriolés, les policiers, les chefs, les collègues… Personne n’est laissé pour compte, même les seconds rôles, et donc, vous comprendrez que si l’on donne une place importante aux personnages, aux décors et à leurs tranches de vie, on est incapable de proposer un rythme trépidant.

Mais lorsqu’on se plonge dans une enquête de l’inspecteur Resnick, l’amateur de sandwich, de café, de jazz, de chats et au côté bourru, c’est parce que l’on recherche l’adrénaline ailleurs que dans les courses poursuites ou les rebondissements à chaque fin de chapitres !

Au départ, quand il avait commencé à ne plus pouvoir dormir, il avait réduit sa consommation de caféine : moins pendant la journée, plus du tout le soir. Résultat, son équipe en avait fait les frais. On ne pouvait plus rien lui dire sans qu’il devienne odieux.

Nous sommes dans l’Angleterre des années 80/90, celle de la Dame de Fer, celle des inégalités sociales qui furent creusées par le Thatcherisme galopant et sa politique de libéralisme à gogo. Vous voyez, le décor et l’ambiance ont toute leur importance et sont des personnages à eux tout seul.

Ici, pas de flics brillants, pas de super héros, pas de méchants machiavélique, juste des petits trafiquants de drogue, des petits voleurs à la semaine, des magouilleurs du dimanche, bref, que du réaliste.

Ce que j’apprécie chez cet auteur, en plus de ses ambiances bien senties de l’Angleterre qui se réveille avec la gueule de bois à cause du chômage qui gonfle comme un ballon de baudruche (ou ce que vous aimez voir se gonfler, bande de coquins), c’est sa prose émaillée de petites piques, de jolies réparties, de belles saillies, bien expédiées, bien envoyées, bien utilisées.

— Robert semble avoir eu sa petite crise, apparemment ?
— Ça se produit souvent ?
— Ce type est réglé comme une horloge. Robert présente plus de symptômes pré-menstruels que moi ou n’importe quelle femme de mes relations. Sauf qu’il ne saigne pas.

Le flegme britannique mâtiné de bons mots qui font sourire.

— Alors, si j’ai bien compris, un après-midi bestial et elle boucle sa valise ? Mais qu’est-ce que t’as dans la braguette ? Un missile radioguidé ?
— C’est pas ce qu’on a dans la… commença Grabianski.
— Oui, je sais, compléta Grice. C’est l’art de s’en servir, O.K. ! tu m’épargnes la soirée thématique.

— Je t’ai dit que j’avais faim. Alors je vais manger et toi tu restes si tu veux pour t’offrir une maladie vénérienne de luxe.

— C’est pas beau, ça ? Millington qui la ramène sur la guerre des Tongs, maintenant ! Les cours par correspondance ont encore frappé !

Jack Skelton et hésita un instant à frapper à la porte pour demander ce qui n’allait pas, mais il n’en fit rien, bien sûr. Autant s’inviter à une garden-party de la Reine pour lui demander des nouvelles de son transit intestinal.

Et puis, avec lui, on a toujours le plaisir d’être surpris par l’arbre qui cache bien souvent une forêt d’autres choses.

Un plaisir de fin gourmet que je ne conseillerai qu’aux amateurs de romans noirs qui cherchent les ambiances tamisées et aux notes de jazz langoureuses.

Trente-six heures s’étaient écoulées depuis le cambriolage et pourtant la trêve continuait. Elle ne l’agonissait plus d’injures et c’est à peine si elle se montrait revêche. L’autre soir, pour un peu, elle lui aurait même fait une petite pipe et il avait dû faire semblant de dormir pour la décourager.

En retroussant sa lèvre supérieure, Levin découvrit deux incisives assez impressionnantes pour casser une belette en deux d’un seul coup.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°15 – Diadème de Beryls – Vol de bijoux), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharonet Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès – Tome 2 – La lampe juive : Takashi Morita

Titre : Arsène Lupin contre Herlock Sholmès – Tome 2 – La lampe juive

Scénariste : Takashi Morita d’après l’oeuvre de Maurice Leblanc
Dessinateur : Takashi Morita

Édition : Kurokawa (10/12/2015)

Résumé :
Le détective Herlock Sholmes reçoit un jour de la part d’un baron une demande d’enquête pour résoudre une affaire de vol dont il a été victime.

En parallèle, Lupin va user de tous les stratagèmes pour tenir Sholmès à distance de l’enquête. Les deux cerveaux vont ainsi s’affronter dans l’affaire de la lampe juive !

Critique :
♫ C’est un truand ♪Un gentleman ♫Un bon vivant ♪ Étourdissant ♫Jamais perdant ♪ Toujours gagnant ♪
L’Arsène ♫

Arsène, ZE gentleman-cambrioleur, n’a jamais eu mes faveurs littéraires, bien que j’ai lu quelques unes de ses aventures dans mon jeune temps, après les Hercule Poirot et mon cher (Lock) Holmes.

Allez savoir pourquoi, je ne me suis jamais attachée à luiet je n’ai jamais lu l’intégralité de ses aventures.

Quant à celles où le détective anglais était présent sous le nom de Herlock Sholmès, elles ne m’avaient pas emballées plus que ça puisque l’Homme du 221b y était brocardé et moqué.

C’est donc avec des hésitations certaines que j’ai acheté ce manga puisqu’il y était de nouveau question d’un combat entre Arsène Lupin et celui que Maurice Leblanc dû rebaptiser Herlock Sholmès.

Niveau dessins, j’ai apprécié ceux du détective de Londres (hormis ses oreilles pointues comme celles des elfes) car les traits étaient plus anguleux que ceux habituellement réalisé par les mangakas.

Quant à Watson… oups, pardon, Wilson, il n’avait rien d’un gros balourd ventripotent, même si niveau intelligence, l’auteur aurait pu lui en accorder un peu plus, car dans ces pages, il n’est qu’un faire-valoir au tout petit rôle. Dommage, il mérite mieux car il était loin d’être un imbécile.

L’enquête de Holmes, oups, de Sholmès est correcte, même si notre homme fera peu de déductions en observant les gens, le tout se présentant comme un mystère authentique et la résolution n’étant pas aussi simple que l’on pourrait penser de prime abord.

Le véritable Holmes disait parfois qu’il pouvait faire plus de mal en arrêtant le véritable coupable plutôt qu’en le laissant gambader librement… Et il n’avait pas tort !

Et l’Arsène dans tout ça ? C’est un bon vivant, un marrant, un type qui a l’éclat de rire aux lèvres, qui a du respect pour son adversaire, un véritable gentleman avec les femmes, mais un voleur.

Ne me souvenant pas assez de l’original, je ne saurais juger de la justesse du personnage, mais il me semble plus « gamin effronté » que dans les romans de Maurice Leblanc.

Une lecture rafraichissante, agréable, avec une petite dose de mystère, de suspense, de course-poursuite, de tours pendables réalisés par le gentleman cambrioleur envers la maréchaussée et une conclusion aux antipodes de ce que j’aurais pu penser au départ.

Si il y a d’autre tomes qui mettent en scène Herlock Sholmès, je les prendrai bien volontiers, et, ma foi, je me ferai bien les autres aussi, ceux avec rien que Arsène Lupin…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict.

L’immense obscurité de la mort : Massimo Carlotto

Titre : L’immense obscurité de la mort                                     big_4

Auteur : Massimo Carlotto
Édition : Métailié (2006) / Points (2008)

Résumé :
Il s’est enfui avec le butin, sain et sauf – ça ressemble à miracle. Un miracle cher payé: il laisse derrière lui deux morts innocents et son coéquipier Raffaello, qui écope de la perpétuité.

Quinze ans plus tard, Raffaello formule un recours en grâce et demande le pardon de Silvano, père et mari des victimes.

Ce dernier, fou de douleur, accepte de pardonner pour mieux se venger.

Critique : 
Deux hommes, un braquage d’une bijouterie qui tourne mal. Une femme et son enfant abattus comme des bêtes par un des braqueurs qui carburait à la poudre Blanche.

Un mari et père dévasté par la mort brutale de sa femme, Clara et d’Enrico, son fils de huit ans. Dévasté est encore un faible mot pour un homme qui n’a jamais su se relever.

« Ma vie était enfermée pour toujours dans l’immense obscurité de la mort. Mon présent et mon avenir n’étaient que du temps passé dans l’antichambre à attendre la fin, parce qu’il ne me restait rien d’autre ».

Roman à deux voix, celle de Raffaello, le braqueur qui a pris perpète car il n’a pas donné le nom de son complice et celle de Silvano, l’homme qui a tout perdu. Notre braqueur étant atteint d’un cancer incurable, il a demandé à Silvano d’accepter sa mise en liberté.

Roman 100% ♫ black is black ♪ car il ne reste plus aucun espoir à Silvano sauf la vengeance, qui, comme vous le savez, se déguste froide.

Donc, si Raffaello – qui n’a rien d’une douceur à la noix de coco – sort de cabane, non seulement Silvano pourra se venger de lui, mais aussi mettre la main sur le complice, celui qui a flingué ses deux amours.

L’auteur, qui sait ce que c’est la prison, esquisse le milieu carcéral avec réalisme, sans en faire trop, sans en faire des tonnes. La vérité dans sa nudité toute nue.

Oui, la prison est méritée pour certains, mais elle reste néanmoins inhumaine et n’a rien d’un Club Med comme on pourrait le penser parfois. Les geôliers étant de pires voleurs que ceux qu’ils surveillent.

Durant tout le récit, jamais l’auteur ne se pose comme juge ou comme avocat de la défense. Au lecteur de porter un jugement sur les deux damnés que sont Raffaello et Silvano et moi, je ne m’y risquerai plus.

Sans concession aucune pour ses deux personnages clés, l’auteur les tourmente, nous plongeant dans leurs pensées les plus obscures, secrètes, leurs désirs les plus fous et, tout d’un coup, nous renverse la vapeur en nous démontrant que dans tout homme sommeille la bestialité et que de victime, on passe facilement au statut de bourreau.

— J’ai toujours été pour la peine de mort pour les criminels. Sauf que c’est aux magistrats d’émettre la sentence et à l’État de l’exécuter. On n’est pas au Far West, ici, monsieur Contin, et personne ne vous a accroché l’étoile de shérif sur la poitrine.
— Pourtant, c’est nous autres, les victimes.

Si au départ j’avais pensé que l’histoire allait être téléphonée, je suis vite revenue sur mes pas car le roman part dans un sens totalement inattendu, plongeant même au plus profond de la noirceur humaine.

Un roman court, bref, intense, plus fort qu’un expresso dont la cuillère n’oserait pas descendre, de peur de se perdre dans ce noir 100% remplit de sombritude (néologisme).

Corsé, âpre, avec un récit taillé au scalpel, une plume acide et une autopsie de l’humain sans concession aucune pour le lecteur.

Un récit de rédemption, de folie et une vengeance qui fait froid dans le dos. Les personnages qui gravitent dans ce petit univers ne sont ni tout noir, ni tout blanc, ni tout à fait bon, ni tout à fait méchant. Ils sont gris.

Ici, en plus d’un récit noir, on a plein de nuances de gris et croyez-moi, il y en a plus que 50…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Challenge « À tous prix » (grand prix festival Cognac 2007) chez Asphodèle et le « Mois Italien » chez Eimelle.

CHALLENGE - Thrillers Polars 2015-2016CHALLENGE - Mois Italien

Le Lapin Borgne : Christoffer Carlsson

Lapin Borgne - CarlssonTitre : Le Lapin Borgne                                               big_0

Auteur : Christoffer Carlsson
Édition : Balland (2013)

Résumé :
À quelques kilomètres du village de Dalen, il existe une maison abandonnée dissimulée par une forêt épaisse et sombre. Lorsque David, étudiant à Stockholm, rentre de l’Université pour les vacances, ses amis d’enfance le convainquent de s’y installer.

Ils passent de longues journées d’été à bronzer, faire l’amour et improviser des barbecues. En quête d’argent facile, le plus marginal d’entre eux cambriole les maisons voisines dans le but de revendre sur des brocantes.

Mais la disparition soudaine d’Emmanuel, homme seul et âgé, attise les soupçons des villageois et bouleverse le petit trafic de la bande de jeunes.

Peu à peu, la vieille maison qui leur servait de refuge se meut en théâtre des vanités, révélant la face sombre et la violence latente de chaque membre du groupe.

POLAR - paysage-de-suede-nature-paysages-2cee40T650Critique : 
Le lapin sur la couverture du livre, bien que borgne à cause de son bandeau de pirate, me faisait de l’œil… Il avait une bonne bouille. C’est donc toute contente de mon achat que j’étais sortir de la bouquinerie.

Pensez donc, avec un quatrième de couverture qui me parlait de « la disparition soudaine d’un homme seul et âgé qui attise les soupçons des villageois et bouleverse le petit trafic d’une bande de jeunes. Peu à peu, la vieille maison qui leur servait de refuge se meut en théâtre des vanités, révélant la face sombre et la violence latente de chaque membre du groupe ».

Cela ne présageait que du bon, une sorte d’Overlook miniature.

Ma joie dura jusqu’à ce que je commence la lecture ! Si le premier chapitre a réussi à éveiller ma curiosité et à me mettre l’eau à la bouche, le reste ne m’a pas rassasié et je suis restée sur ma faim avec une impression d’indigestion monumentale car entre le menu promis et ce que j’ai eu dans mon assiette, ce n’était pas la même chose !

Quatrième de couverture trompeur… Je cherche toujours désespérément ce qui m’avait été promis et que ne fut qu’effleuré de loin !

Ajoutons à cela un rythme de narration lent ET ennuyant, endormant même, pour ne pas dire chiant.

Les dialogues, rédigés à la première personne, sont d’un ennui profond et les phrases d’une platitude absolue, comme écrite pas un gamin qui se prendrait pour un auteur ou par un auteur qui se ficherait de son lectorat comme je me fiche de ma première paire de chaussette.

Pourtant, il est dit qu’il a déjà publié, qu’il a du succès et qu’il est criminologue… C’est criminel de proposer pareil roman sous l’appellation de « thriller », oui ! « Somnifère » serait plus juste.

En plus d’être ennuyants, les dialogues sont déroutants car les actions que font les personnages sont décrites dans les conversations, sans qu’il y ait de guillemets pour signaler la fin de la discussion, rendant le tout encore plus lourd. Je vous donne un exemple ici :

– Si vous échouez, je reprends les 200.000 que je vous ai déjà donné. Jack commence à chercher quelque chose dans sa veste. Ah, te voilà. Il sort un révolver noir de l’une de ses grandes poches. J’aime l’avoir à portée de main, commente-t-il en le rengainant.

Ah oui, j’oubliais de vous dire aussi que le narrateur était un des jeunes (David) et que la narration s’effectuait au présent, chose que je n’apprécie pas beaucoup, ayant un préférence pour le passé simple.

Passant des pages, j’ai eu l’impression – trompeuse –  que l’action allait enfin démarrer vers la page 130… Que nenni ! C’était juste un soubresaut !

Allez, un peu de trépidation sur la fin, mais la platitude des dialogues et de la narration ont rendu le tout insipide et retiré tout caractère de suspense ou d’angoisse. Quant aux dernières pages, elles sont à bailler d’ennui. Limite à se flinguer.

Quand aux personnages, aucune empathie ou attachement pour eux (hormis pour Kasper, un jeune garçon et son lapin, eux, ils sont bien).

Dommage, parce qu’il y avait de bonnes idées dans le livre : des ados qui commettent des cambriolages et qui tuent un vieil homme (même si un n’y prend pas part, ce qui le rend un peu dangereux pour les autres), la nécessité de tenir cela secret, un enterrement du corps dans le jardin de la maison abandonnée, deux témoins du meurtre, dont un jeune gamin avec son lapin borgne… (lapin borgne qui, bien que donnant le titre au roman a un tout petit rôle, alors qu’il aurait pu être mieux exploité).

Et puis surtout, il y avait la vieille maison dont l’état de conservation changeait selon les yeux qui la regardaient, des chuchotements entendus par certains, comme si elle était habitée par des esprits… Une maison cachée de tous qui semblait faire ressortir le meilleur ou le pire de chacun. Mais le tout fut sous-exploité ou  juste touché de loin, ce qui donne une sorte de bouillon insipide et nauséeux.

Un Overlook Jr ?? Tu parles ! De l’ersatz, oui !! Je lui accorde le titre de « roman à chier de l’année ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et le challenge « Un hiver en Suède » de Mes chroniques Littéraires.

Winter on the island IICHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)