Les Détectives du Yorkshire ‭–‬ 07 ‭–‬ Rendez-vous avec la menace ‭:‬ Julia Chapman

Titre : Les Détectives du Yorkshire ‭–‬ 07 ‭–‬ Rendez-vous avec la menace

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (25/11/2021)
Édition Originale : Date with betrayal
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leignie

Résumé :
Après un enlèvement qui l’a terrifiée, Delilah Metcalfe tente de retrouver ses esprits. Or les ennuis ne font que commencer : elle a découvert qu’une menace pesait aussi sur son coéquipier et prétendant Samson O’Brien.

Pour le protéger d’une mort certaine, elle va devoir prendre ses distances avec lui alors même qu’elle vient de propulser les émotions de son partenaire à des sommets étourdissants…

Et convaincre les habitants de Bruncliffe de l’aider ! Hélas, nombreux sont celles et ceux qui ont des griefs envers Samson. Car qui fait du tort à un seul en menace beaucoup..

Critique :
Au début de ce tome, on fait un retour en arrière de deux jours, puis de 24h, afin de nous remettre dans l’esprit les derniers événements et de commencer sur le Jour J.

Oups, encore deux retours en arrière, avant de repartir en avant On avance, on recule… Comment veux tu que je…

Bon, stop avec les va-et-vient, faudrait y aller maintenant. Faut conclure, sinon je vais clamser.

Le suspense était à son comble depuis la fin du tome 6 et j’aimerais connaître la suite, les derniers événements étant encore tout frais dans ma mémoire.

Se déroulant quelques heures après le final du tome 6, celui-ci se déroule de manière différente puisque les quelques petites enquêtes confiées à Samson & Delilah en début de récit ne trouveront pas leur conclusion dans celui-ci. Ils n’ont même pas eu le temps de mener l’enquête, pour certains.

Delilah, jouant au Napoléon de la stratégie, va tout mettre en œuvre pour tenter de sauver son ami Samson de ceux qui veulent lui faire prendre un ticket pour le boulevard des allongés. Problème : Samson est le mouton noir du village et personne n’a envie de lui filer un coup de main.

Cet épisode est rempli de suspense et la tension fut à son comble durant le jeu du chat et de la souris. Je me suis répétée, comme un mantra, que l’autrice ne pouvait pas tuer ses personnages fétiches, que c’était interdit par les conventions du cosy-mystery et par les fans de la saga.

Ma tension artérielle est tout de même montée de plusieurs crans et il aurait été impossible de me faire décrocher du passage avec le pull aux couleurs criardes.

Pensant regarder la lune, je me suis rendue compte, ensuite que, telle le fou, je regardais le doigt. Ah bravo, mieux entubée que par un politicien ! Dans la littérature, j’adore lorsqu’on joue avec mes convictions, mes présomptions, avec mes pieds. Rien vu venir.

Le récit est maîtrisé de bout en bout, doté d’humour pour compenser la tension. Ce n’est pas très réaliste, sachant que la première chose qui foire dans le plan de bataille, c’est le plan de bataille lui-même.

Dans la littérature des cosy-mystery, ça passe comme une lettre à la poste. Et puis, cela met en valeur le côté village de Bruncliffe où tout le monde se connait et où l’étranger à la région est vite repéré.

Les citadins débarquant dans les bleds ont souvent tendance à confondre la campagne avec la ville et ne se méfient jamais des pièges tendus par l’environnement. Faut être sur ses gardes, à la campagne, surtout dans le Yorkshire.

Une chose que j’apprécie tout particulièrement dans cette série, c’est que les personnages ne sont pas toujours ceux que l’on pense au départ : les bougons, les bourrus, les avares de tendresse, de compliments, de délicatesse, révèlent leur personnalité cachée au fil des tomes, ouvrant de temps en temps leur cœur, juste brièvement, nous laissant apercevoir l’humain sous la peau d’ours.

La mention spéciale revient à Ida Capstick, à Troy du pub et au père de Samson. Il y avait de l’émotion lorsque le père de Samson avoue devant tout le monde les raisons de sa dispute avec son fils et Ida montrera aussi son émotion lorsque tout basculera vers le mauvais côté.

Tout trouvera sa place au moment de l’explication finale, sauf encore quelques mystères qui restent et qu’il va falloir résoudre. Mais au moins, des vieux contentieux sont vidés et il était temps.

Les détectives du Yorkshire est un cosy-mystery qui vole plus haut qu’on ne le pense, qui a tout compris de l’esprit de clocher d’un village et qui met en scène des personnages attachants, qui évoluent, qui changent, qui ne dévoilent pas tout au premier rencart.

Les intrigues ne sont pas neuneu, ni simplistes, mais intelligentes, à tel point qu’il est difficile de trouver le fin mot avant leur résolution (même si j’ai parfois trouvé une partie de la solution).

Morte-couille, je vais devoir attendre avant de pouvoir me jeter sur le tome 8 ! Je suppose que Bianca me suivra dans une nouvelle LC. Celle-ci était réussie, ce n’est pas elle qui dira le contraire dans son avis que je vous invite à aller lire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°174].

Petits meurtres en campagne ‭– 01 – Les ‬Enquêtes de Lady Hardcastle ‭:‬ T.E Kinsey [LC avec Bianca]

Titre : Petits meurtres en campagne ‭– 01 – Les ‬Enquêtes de Lady Hardcastle

Auteur : T.E Kinsey
Éditions : City (2021) / City Poche (2022)
Édition Originale : Lady Hardcastle Mysteries, book 1: A Quiet Life in the Country (2016)
Traduction : Karine Forestier

Résumé :
Veuve excentrique au passé secret, Lady Hardcastle quitte Londres pour s’installer à la campagne. Accompagnée de Florence, sa femme de chambre qui pratique avec assiduité les arts martiaux, elle compte y trouver le repos, loin de la vie trépidante menée dans les colonies de l’empire britannique.

Mais la campagne peut vite se révéler pleine de surprises, notamment lorsque les deux compères découvrent un cadavre pendu à un arbre. Suicide ? Lady Hardcastle, curieuse de nature, n’y croit pas et elle décide de prendre les choses en main. D’autant que les policiers locaux n’ont pas l’air très futés.

Lady Hardcastle et Florence plongent dans les nombreuses rivalités et les intrigues de leur village d’adoption. Et tout se complique lorsqu’un autre meurtre est commis… Pour les deux détectives amateurs, le tea time attendra, car une chose est certaine : la vie à la campagne n’a rien d’un long fleuve tranquille !

Critique :
Le romans policiers cosy mystery ont le vent en poupe. Tant mieux pour les fans du genre.

Bien que j’apprécie en lire de temps en temps, ce que je cherche surtout dans ce genre de littérature, c’est qu’il y ait de la profondeur ou de l’humour.

« Les détectives du Yorkshire » restent en haut de l’affiche pour leur profondeur dans les scénarios et les personnages.

Quant aux « Enquêtes de Lady Hardcastle », elles se classeront dans le registre de l’humour, de la fraicheur et des bons moments de lecture.

Pas trop de manichéisme dans les personnages (comme j’ai déjà eu la blague dans un autre cozy) principaux ou les secondaires. Lady Hardcastle est une femme assez libre, veuve, qui a vécu des aventures un peu folles avec sa dame de compagnie, Florence Armstrong.

Non, non, pas des aventures sexuelles ! M’enfin ! Des aventures à la Bob Morane, mais en moins violentes ou rocambolesques. L’auteur nous divulguera un petit peu de leurs passés respectifs, sans trop nous en dire. Juste ce qu’il faut pour piquer notre curiosité et l’assouvir un peu.

En 1908, une lady, veuve, qui mange avec sa dame de compagnie, ça fait un peu grincer les dents chez certains, mais ça passe pour une excentricité.

Le socialisme commence à émerger en Angleterre et il est encore considéré comme un gros mot. Le clivage entre les aristocrates et les petites gens est toujours en cours, les domestiques révèrent notre Lady à cause de son statut et considère l’inspecteur comme un moins que rien, puisqu’il ne possède pas de titre de noblesse, lui.

Autre temps, autre mœurs. L’auteur a bien représenté ce clivage entre ceux du tiroir d’en haut et ceux des tiroirs d’en bas, bien que Lady Hardcastle ne se comporte jamais comme une peau de vache avec les domestiques. Elle sait leur parler, les flatter.

C’est une excentrique (elle aime le cinéma, oh my god, shocking !) et son personnage est une bouffée d’air frais tant ses petites réparties ne sont jamais dénuées d’humour. Sa dame de compagnie n’est pas en reste non plus.

Leur duo fonctionne très bien et si la résolution ne froissera pas trois poils de moustache à Poirot, je n’avais tout de même rien vu venir. Avec les deux enquêtes, il y avait moyen de se perdre dans les mobiles exact ou les suspects. Pourtant, nous avons eu des indices.

Anybref, voilà une lecture distrayante, amusante, remplie de fraîcheur, d’humour, de bonnes répliques. Le tout dans une époque où les clivages entre les classes sont toujours présents et où les droits des femmes sont quasi inexistants.

Je remercie Bianca de m’avoir proposé cette LC car c’est une réussite. Suivez le lien et vous saurez tout !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°161].

Les Détectives du Yorkshire – 06 – Rendez-vous avec la ruse : Julia Chapman [LC avec Bianca]

Titre : Les Détectives du Yorkshire – 06 – Rendez-vous avec la ruse

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont – La bête noire (22/10/2020)
Édition Originale : Date with Deceit (2021)
Traduction : Dominique Haas & Stéphanie Leigniel

Résumé :
La mort aime tromper son monde.
Enquêter sur un adultère ? Ce n’est pas vraiment le rêve de Samson et Delilah, les détectives de l’Agence de Recherche des Vallons.

Seulement voilà, la demande vient de Nancy Taylor, une femme charmante à laquelle on ne peut rien refuser. L’infidèle, quant à lui, est le maire, mais aussi un respectable homme d’affaires et l’ex-beau-père de Delilah. Diable ! Le duo de détectives va devoir marcher sur des œufs…

Or Samson et Delilah découvrent qu’une affaire peut en cacher une autre.

Et que ruses, fourberies ou tromperies sont bien plus présentes à Bruncliffe qu’ils ne le croyaient.

Critique :
Ne comptez pas, avec ce sixième opus, rester le cul bien au chaud à vous bâfrer des délicieux mets de la Pâtisseries des Monts !

Sauf si vous appartenez au gang des p’tits vieux de Fellside Court… Et encore, vu les enjeux et le suspense, les dents de vos dentiers risquent de s’entrechoquer !

Avec Samson et Delilah, on commence toujours par des petites enquêtes qui semblent simples et non dangereuses. Puis on se rend ensuite compte qu’on vient de mettre les pieds dans un panier de crabes des plus dangereux.

Sur la couverture, les chasseurs ont l’air d’innocents chasseurs du coin, des types sympas qui ont envie de tirer sur des pigeons d’argile, mais croyez-moi, on n’a absolument pas envie de les croiser dans une ruelle sombre, ni même éclairée…

S’il faudra attendre un certain moment avant d’avoir un mort au dessert, n’allez pas croire que ce qui se déroulera avant sera une promenade de santé ou que le suspense ne sera pas au rendez-vous ! Tous les ingrédients sont réunis (et bien cuisinés) pour vous tenir en haleine durant tout le roman.

Le mort m’a réjoui, je sais, ce n’est pas bien, mais voilà, on apprécie plus certains personnages que d’autres et là, j’ai explosé de joie à la nouvelle de son meurtre. Par contre, impossible de trouver qui l’avait commis ! Les mobiles ne manquaient pas, mais le timing était plus que serré pour les possibles coupables.

Sans spolier quoi que ce soit, les mystères commencés dans le premier tome continue d’avancer vers la bonne direction : chaque tome apporte quelques réponses, chaque tome voit la nasse se rapprocher doucement de l’autre Méchant du récit et la question que l’on se pose, c’est : quand va-t-il tomber ?

Le final est rythmé, bourré de suspense et comme toujours, ce n’est pas parce que leurs enquêtes du roman sont terminées qu’on peut se la couler douce. Non, il arrive toujours une merde de dernière minute et là, l’autrice nous laisse sur un suspense diabolique.

Heureusement, le tome 7 est prévu pour le 25 novembre. Faudra juste pas le laisser traîner trop longtemps…

Cela fait plaisir d’avoir découvert cette série et d’en être au tome 6 sans avoir connu de déception avec les personnages, l’univers, les enquêtes… Ce sont des cosy mystery, certes, mais de très bonne qualité littéraire.

Une LC réussi avec Bianca !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°95], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°77] et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

L’Été sans retour : Giuseppe Santoliquido

Titre : L’Été sans retour

Auteur : Giuseppe Santoliquido
Édition : Gallimard Blanche (20/05/2021)

Résumé :
Italie, la Basilicate, été 2005. Alors que le village de Ravina est en fête, Chiara, quinze ans, se volatilise. Les villageois se lancent à sa recherche ; les jours passent, l’enquête piétine : l’adolescente est introuvable.

Une horde de journalistes s’installe dans une ferme voisine, filmant le calvaire de l’entourage. Le drame de ces petites gens devient le feuilleton national.

Des années après les faits, Sandro, un proche de la disparue, revient sur ces quelques mois qui ont changé à jamais le cours de son destin.

Roman au suspense implacable, L’été sans retour est l’histoire d’une famille maudite vivant aux marges du monde, confrontée à des secrets enfouis et à la cruauté obscène du cirque médiatique.

Critique :
Italie, dans un petit village au Sud, une jeune fille disparaît durant l’été 2005 et c’est toute la vie qui va être perturbée par l’enquête et surtout, par les médias, omniprésentes, tels des charognards au-dessus d’une carcasse.

Quoique, les charognards ont une place importante dans le cycle de la vie, ils sont indispensables, les médias, moins.

Dans ce roman, pas d’enquêteur à proprement parler, juste le narrateur qui va nous raconter ce qu’il s’est passé durant ces jours qui a fait basculer la vie tranquille de chacun.

Sandro était un proche de la disparue et sa vie avait déjà basculé plusieurs fois. La première avec le décès de ses parents, lorsqu’il était encore jeune et la suivante… Je n’en dirai pas plus.

C’est un récit violent, âpre, sombre, que Sandro nous livre. Qui dit petit village, dit esprit de clocher, œillères aussi, avec les gens qui sont différents. Tout le monde se connait, tout le monde connait l’arbre généalogique des autres, tout le monde cancane…

Par contre, je n’aurais jamais imaginé qu’en 2005, il y ait encore une telle violence pour ce que Sandra a fait… Bordel de dieu il n’a pas violé une femme, ni un enfant, n’a pas foutu un chat dans un micro-onde, n’a harcelé personne, n’a trucidé personne…

Et pourtant, il va être banni, conspué, on va lui cracher dessus. Pour ça ?? En 2005 ? À l’époque victorienne, c’était dans les mœurs des gens (je ne le cautionne pas, je constate, c’est tout), mais en 2005, moi, ça me laisse toujours pantoise. Ce genre de comportement ne devrait plus avoir lieu.

Le récit de Sandro était rempli d’émotions, sans pour autant qu’il en fasse des tonnes. Il nous livre une chronique concise, sans y ajouter du pathos ou du larmoyant. Les gens sont ainsi, bêtes et méchants. L’effet de meute est terrible.

Ce récit, inspiré d’un fait réel, est aussi l’occasion pour parler de l’impact des médias dans des affaires criminelles, médias qui cherchent à faire le buzz, à tenir l’antenne le plus longtemps possible, à faire dans le pathos larmoyant pour faire pleurer dans les chaumières, à parler pour ne rien dire, à foutre la merde dans les familles, avant de passer à autre chose.

Les médias ne sont pas les seuls coupables, nous, téléspectateurs, le sommes aussi, puisque bien souvent nous sommes rivés à notre écran afin de voir le malheur des autres, de nous en repaître.

Sandro en profite aussi, tout en nous parlant de sa vie, des recherches, de l’enquête, pour dire un mot sur le chômage et la pauvreté qui règnent souvent dans les petits villages du Sud de l’Italie. Le travail se fait rare, les jeunes partent dans les villes, les villages se vident.

L’enquête est presque accessoire dans ce roman, le récit de ce fait divers sordide ne servant qu’à nous dresser un portrait, peu flatteur mais terriblement réaliste, d’un petit village et de ses habitants, des rumeurs, des secrets de famille, des médisances et de la peur des différences que l’on exprime par de la violence.

J’ai aimé mon voyage dans le petit village de Ravina, même si je n’y ai pas vu de belles choses. Pourtant, j’y ai croisé quelques belles personnes, intelligentes, empreintes de sagesse, de simplicité. Hélas, trop peu nombreuses pour sauver les autres du naufrage.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°10].

Agatha Christie – Tome 15 – Le Crime d’Halloween : Chandre et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie – Tome 15 – Le Crime d’Halloween

Scénariste : Chandre et Agatha Christie
Dessinateur : Chandre

Édition : Emmanuel Proust (18/10/2007)

Résumé :
Le 31 octobre, c’est la fête du Potiron. Pour fêter l’événement, Mrs Drake invite les adolescents du village à une soirée. Joyce, une fillette à la langue bien pendue, se vante d’avoir assisté à un meurtre. Personne ne la prend au sérieux.

Erreur fatale, car peu après, son cadavre est découvert dans la bibliothèque ! Qui a voulu éliminer un si jeune témoin ? Pour cacher quel crime encore plus épouvantable ?

Critique :
Dans mes envies de relecture de l’oeuvre d’Agatha Christie, « La fête du potiron » était dans le peloton de tête car c’est le seul roman de la reine du crime où la victime du meurtre est une enfant.

N’ayant gardé aucun autre souvenir de ma lecture, c’était, une fois de plus, la série télé « Les petits meurtres » qui m’avait rafraichi la mémoire.

Néanmoins, j’avais envie de croiser la route d’Hercule Poirot et de son amie écrivaine, Ariadne Oliver dont le slogan pourrait-être « Mangez des pomme » tant elle aime ce fruit.

Pas de bol pour moi, cette adaptation bédé a été faite par Chandre dont je n’avais pas aimé les dessins dans « Témoin indésirable » à tel point que cette intrigue d’Agatha Christie, dont j’avais adoré l’adaptation télé, ne me donnait plus envie de la lire tant les ambiances n’étaient pas bien retranscrites.

Allais-je subir les mêmes tourments avec cette adaptation ? Ben oui, en partie et ce, toujours à cause des dessins qui semblent mal esquissés à certains moment, trop figés et des couleurs que je n’ai pas vraiment appréciées. Le pompon a été gagné avec Hercule Poirot… Une horreur !

En ce qui concerne les bons points, ce sont les tons plus chauds que dans « Témoin indésirable » et par le fait que l’intrigue ne portant pas sur des ambiances psychologiques de suspicion, ma lecture n’a pas été rébarbative comme pour l’autre adaptation.

Si je n’ai pas aimé la représentation d’Hercule Poirot, j’ai apprécié cheminer avec lui en quête d’indices pour nourrir mes petites cellules grises et récolter les indices afin de trouver le nom du coupable.

Les jeunes sont souvent accusés de tous les maux, dans ce récit : ils ne pensent qu’au LSD, au sexe, il faudrait les encadrer, tous des hippies, des zazous portant la barbe…

Bref, les litanies habituelles que les adultes lancent sur les jeunes, oubliant qu’à leur âge, ils étaient eux-mêmes le sujet d’inquiétudes, subissant les remontrances des adultes, devenus des vieillards maintenant. La vie est un éternel recommencement.

Moi qui avait râlé de voir que le dessinateur Chandre était aux dessins de cette adaptation, la lecture a été moins pénible que pour « Témoin Indésirable ».

Les dessins sont moches, c’est un fait, mais l’adaptation est bien réalisée car le lecteur n’a pas un goût de trop peu lors de la résolution puisqu’il a bien suivi les pérégrinations de Hercule Poirot et donc, les révélations ne tombent pas comme un cheveu dans la soupe, comme pour « L’affaire Protheroe ».

De plus, Poirot est bien le héros de cette affaire, c’est lui qui mène l’enquête et non le vicaire du patelin ou tout autre personnage.

Anybref, si on fait abstractions des dessins que je n’ai pas appréciés du tout, cette adaptation est réussie dans son scénario. Ce dernier ne donne pas l’impression que des coupes intempestives ont été faites au mauvais endroit et Poirot prendra le temps de nous expliquer la résolution de cette affaire sordide où deux enfants perdront la vie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°304], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°57], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les Détectives du Yorkshire ‭-‬ 05 ‭- ‬Rendez-vous avec le danger ‭: ‬Julia Chapman [LC avec Bianca]

Titre : Les Détectives du Yorkshire ‭–‬ 05 ‭– ‬Rendez-vous avec le danger

Auteur : ‬Julia Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (28/11/2019)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 5: Date with danger
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leigniel

Résumé :
La mort frappe toujours deux fois.

À la suite d’un accident mortel survenu à la foire aux bestiaux de Bruncliffe, le commissaire-priseur Harry Furness engage Samson et Delilah pour mener l’enquête.

Mais ce qui semblait n’être qu’une simple vérification de routine prend vite un tour plus sombre quand les détectives découvrent que cet accident a probablement été provoqué…

Ajoutez à cela des vols de moutons, un dangereux chantage et un fermier amoureux, et vous aurez la recette parfaite pour une enquête explosive !

Critique :
C’est toujours un plaisir que de retourner dans le Yorkshire, à Bruncliffe, retrouver Sansom et Delilah, mes deux détectives adorés, même si tout le village me regardera de travers puisque je suis une offcumden (étrangère au village).

Cette fois-ci, j’ai découvert la foire aux bestiaux de Bruncliffe, qui change de celle de Libramont puisque c’est dans cette foire qu’ont lieu des ventes aux enchères de troupeaux entiers de moutons, gestantes ou suivies. Et bardaf, la mort frappe déjà, sous couvert d’un accident, aux yeux des autres, mais moi, je savais que c’était un meurtre.

Mes deux amis détectives ont été appelés afin de faire la lumière sur cet accident dont d’autres pensent qu’il n’en est pas un et comme toujours, ils vont lever un tas de nœuds de vipères et au fur et à mesure qu’ils remonteront la pelote de laine, ils vont découvrir des choses pas très catholiques !

Comme d’habitude, l’auteure nous a réservée plusieurs mystères, même si le plus gros est celui de la mort accidentelle de Ron Watson et auquel viendra se greffer des vols de moutons la nuit. Dans les plus petites enquêtes, nous aurons des vols dans la caisse et des cacas canins mystérieusement déposés devant la devanture de la boucherie (toujours irrésolu à ce jour).

Le duo fonctionne toujours autant, sans pour autant qu’il y ait eu des déclarations d’amour, chacun restant de son côté de la barrière et pour le moment, tant mieux, je ne voudrais pas qu’une fois mis ensemble, nous nous trouvions avec le syndrome « Clair de Lune » (quand les deux personnages se mettent en couple et que vous n’avez plus du tout cette tension qu’il y avait avant et qui vous faisait regarder la série) ou devant un couple planplan.

C’est frais, c’est relevé, c’est enlevé, on ne s’ennuie pas un seul instant avec toutes ces petites affaires qui se déroulent sous nos yeux, plus celles auxquelles nous avons accès mais pas les autres : la tentative de chantage et la culture de cannabis. Certains points ne sont toujours pas résolus depuis le premier tome, le méchant est toujours dans l’ombre, mais ces derniers temps, il subit des revers, chouette.

Ma connaissance du monde de l’élevage (même si ce n’est pas celui des ovins) m’a fait comprendre un des modus operandi dès que j’ai eu l’objet du délit sous les yeux, alors que nos deux détectives pataugeaient encore. C’était retors mais bien vu.

Alors que je cheminais, fière comme Artaban, de ne pas m’être laissée piéger par l’auteure (et d’avoir laissé le goudron et les plumes au garage) et persuadée que j’étais de tout savoir sur les coupables ou les innocents, je me suis faite tacler d’une manière brutale et imprévue. Joli coup de la part de l’auteure.

Anybref, cette lecture fut un régal sur tous les points, l’équilibre des goûts était maîtrisé (Top Chef, sors de mon corps) et j’ai dévoré les trois-quarts de ce roman en une journée, le terminant goulûment le lendemain matin.

Une fois de plus, j’ai ressenti un vide en finissant ce cinquième roman. Mon plaisir de lecture avait été tel que je suis restée sans avoir envie de lire autre chose pendant un petit moment tant le déchirement était grand de les quitter à nouveau, jusqu’à leur prochaine enquête, que je possède déjà.

Une LC réussie avec Bianca (voir son avis), grandement réussie, même ! J’ai tellement pris mon pied durant cette lecture jubilatoire que je n’ai aucun scrupules à lui coller 4 Sherlock !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°286], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°39], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°65] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Agatha Christie – Tome 9 – L’Affaire Protheroe : Norma et William Maury

Titre : Agatha Christie – Tome 9 – L’Affaire Protheroe

Scénariste : Norma et Agatha Christie
Dessinateur : William Maury

Édition : Proust Éditions (2005)

Résumé :
Meurtre au presbytère ! Le Pasteur à déjà sa petite idée sur l’identité du meurtrier du colonel.

Au fil de l’enquête, le portrait du militaire se dessine : un être odieux qui ne comptait que des ennemis…

À l’heure du thé, les langues se délient. Miss Marple entre en scène pour dénouer les fils de l’intrigue.

Critique :
Comme je n’ai lu qu’un seul Miss Marple de ma vie (alors que j’ai lu tous les Hercule Poirot), je ne connaissais pas du tout cette histoire, si ce n’est son adaptation dans « Les petits meurtres d’Agatha Christie » où Protheroe était un salopard de chez salopard à tel point qu’on aurait aimé le tuer nous-même.

Il me fut difficile d’entrer dans cette version tant celle de la télé était toujours ancrée dans mon crâne. Notamment la solution du meurtre…

Alors oui, j’ai été troublée dans un premier temps par le fait que l’assassiné, le colonel Protheroe, ne soit pas montré avant son assassinat comme le salopard qu’il était, même si ensuite, les personnages avoueront qu’il était un homme détestable, mais sans jamais trop appuyer sur le fait.

Les décors étaient so british au possible : un petit village, des commères, des bigotes, des querelles de voisinage, un manoir somptueux, bref, toute la vie d’un petit village dans les années 30. Sans oublier les préjugés avec un vieux colonel qui pense que miss Marple, étant vieille fille, sera impressionnée par la police… Bonjour les clichés, mon colon !

Non, non miss Marple, au port de tête royal, sorte de reine Elizabeth II du crime, est loin d’être une vieille mamie rabougrie qui serait impressionnée par la police. Que du contraire, même.

Dommage que l’album mette plus en scène le pasteur que notre détective en jupes. Pour une enquête de miss Marple, elle n’est pas la reine de cette bédé.

Les dessins des personnages étaient bien réalisés, par contre, les couleurs étaient fort sombres lorsqu’il fallait illustrer la fin de soirée et là, il était plus difficile de restituer les visages, sauf à se concentrer. Heureusement, il y en avait peu.

Malheureusement, en 48 pages, il n’est pas possible de développer plus et la conclusion de l’intrigue arrive fort vite, presque comme un cheveu dans la soupe, sans que le lecteur ait eu le temps de rassembler tous les indices. Ah mince alors, on arrive déjà à la fin et il faut conclure.

Une adaptation qui est trop courte et ne permet pas de développer tout le génie d’Agatha Christie, tout les pièges mis en place pour les lecteurs et de ce fait, la résolution tombe rapidement puisque nous arrivons au bout du quota de pages.

Protheroe était plus marqué « salopard que l’on a envie de flinguer » dans l’adaptation télé française que dans cette bédé où son caractère de chien reste suggéré par des témoins, mais sans plus. Il me faudrait vérifier comment l’auteure le présentait dans son roman (que je n’ai pas lu, je rappelle) ainsi que pour comprendre ce qu’il a manqué aussi dans l’enquête.

Malgré tout, l’adaptation n’est pas mauvaise et donne envie de se tourner vers le roman pour combler les lacunes dues au nombre de pages imposées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°283], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°36], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les détectives du Yorkshire – Tome 4 – Rendez-vous avec le poison : Julia Chapman [LC avec Bianca]

Titre : Les détectives du Yorkshire – Tome 4 – Rendez-vous avec le poison

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (25/04/2019)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 4: Date with Poison (2019)
Traduction : Dominique Hass & Stéphanie Leigneil

Résumé :
Il y a comme un vent de printemps qui souffle sur Bruncliffe. Mais la belle saison est loin de profiter à tout le monde…

Impliqué dans une affaire de meurtre, Samson O’Brien doit faire face aux questions pressantes de la police, et Delilah Metcalfe aux critiques virulentes de sa famille et de ses amis – qui lui reprochent sa loyauté envers le détective privé.

Et quand la vérité sur le passé de Samson éclate au grand jour, tout Bruncliffe se ligue contre lui.

Seul le vétérinaire du coin s’inquiète d’une série de morts inhabituelle au sein de sa clientèle canine. Soupçonnant un acte criminel, il sollicite les services de Samson et Delilah.

Bravant les foudres des habitants, ces deux derniers vont devoir découvrir l’origine de ce poison qui menace la communauté bruncliffienne…

Critique :
Il y a dans la vie de lecteur/lectrice, des petits plaisirs qui font du bien, des retrouvailles qui réchauffent le coeur, des détectives que l’on prend plaisir à retrouver pour une enquête dans la campagne.

Mes détectives du Yorkshire en font partie et quand bien même on reste dans le gentillet (quoique), l’auteure a tout de même pris soin de travailler ses personnages, de les étoffer et d’éviter les scénarios bancals (on dit bancaux ?) ou les répétitions de situation.

Même les deux personnages qui ont le moins de dialogues car ils sont renfermés (Ida et Troy) sont étoffés et m’ont souvent surpris. Bref, je les adore.

Laissant peu de répit à ses lecteurs et encore moins à ses deux détectives, l’auteure nous entraîne dans la campagne de Bruncliffe, nous crapahutant dans ses belles collines, dans son épais brouillard et nous mettant face aux dangers de la randonnée par purée de pois.

Pas de crime de sang dans ce quatrième tome, mais plutôt un enfoiré de pute de fils qui empoisonne les animaux de compagnie avec des saucisses piégées avec on ne sait pas encore quel poison.

Léger vous pensez ? Non, non, pas si léger que ça ! Parce qu’il ne faut pas croire qu’on se la coule douce : une accusation d’être un dealer pour un personnage, une fugue, notre Samson est accusé de meurtre et les flics de Leeds, bande de crapuleux, ne se privent pas pour s’asseoir sur ses droits et la vérité sur son départ de Londres éclate dans la gazette locale.

Là-dessus, le village le déclare coupable et il ne fait pas bon dire qu’il est peut-être innocent, puisque pas condamné, mais tels les réseaux sociaux criant haro sur le baudet, notre pauvre homme est recouvert d’opprobre et s’ils avaient du goudron et des plumes, il finirait dedans.

Comme je vous le disais, pas de temps morts, ni pour nous, ni pour les personnages. J’ai dévoré ce roman en une seule journée tant j’étais prise dans l’histoire et que je voulais en connaître le fin mot. Si dans le précédent tome (le 3), j’avais vu venir l’affaire, ici, je me suis plantée sur toute la ligne.

Mon seul bémol sera pour le fait que le salopard des pages ne soit pas encore révélé aux autres habitants du village alors qu’il est souvent dans l’ombre, tirant les ficelles et se livrant à des trafics et à des choses pas catholiques.

Certes, dans le temps des romans, cela ne fait que 4 mois que Samson est de retour à Bruncliffe mais pour les lecteurs, cela fait 2 ans que ça dure, qu’on se doute que l’étau va finir pas se resserrer sur ce connard mais là, ça semble long pour moi (même si les publications se s’enchainent à un rythme fou).

Faudrait pas faire traîner les choses trop longtemps, comme dans la saga du Département V, où il a fallu 8 tomes avant de connaître le secret d’Assad.

Une excellente enquête policière, un bol d’air frais, de la détente, de l’humour, des situations cocasses et des personnages attachants.

Une LC réussie avec ma copinaute Bianca et si, comme tout bons détectives, vous voulez des preuves, je vous invite à aller le vérifier sur sa chronique !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°191], Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°17] et le et le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°03].

 

Loveday & Ryder – Tome 2 – Un pique-nique presque parfait : Faith Martin [LC Bianca]

Titre : Loveday & Ryder – Tome 2 – Un pique-nique presque parfait

Auteur : Faith Martin
Édition : HarperCollins (17/06/2020)
Édition Originale : Ryder and Loveday, book 2: A Fatal Mistake (2018)
Traduction : Alexandra Herscovici-Schiller

Résumé :
Été 1960. Après une fête de fin d’année organisée par les étudiants de St Bede’s College sur les berges d’une rivière, le corps d’un certain Derek Chadworth est retrouvé flottant dans les eaux de Port Meadow.

Et si tous les jeunes gens présents sur les lieux affirment que la mort de Derek est accidentelle, aucun d’entre eux ne peut attester avoir bel et bien aperçu l’étudiant à la fête.

Confronté à des témoignages vagues qu’il juge peu crédibles, le Dr Clement Ryder décide d’ouvrir une enquête, assisté de la jeune policière Trudy Loveday, qui entreprend de se faire passer pour une étudiante de St Bede’s College.

Trudy arrivera-t-elle à gagner la confiance des élèves et percer le mystère qui entoure la mort du jeune homme le plus populaire de l’université ?

Car une chose est sûre : Derek Chadworth n’était pas un étudiant comme les autres…

Critique :
Pour une pique-nique réussi qui marquera les esprits, plongez un cadavre fraîchement assassiné dans une rivière composée de sédiments, laissez flotter lentement avant de le repêcher.

Effet garanti !

Pour prolonger la fête, passez tous et toutes devant le coroner Clement Ryder et faites en sorte de rester évasif dans vos témoignages sur la présence ou non du mort à votre petite sauterie en barque.

À déguster sans modération car ce roman se savoure à toutes heures du jour. Prévoir une tasse de thé.

Les duos homme/femme ne sont pas les plus faciles à réaliser, mais avec Loveday & Ryder, l’auteure a réussi le délicat équilibre et nous donne un mariage parfait entre le vieux briscard bougon et la jeune stagiaire de police qui a encore tout à apprendre.

L’époque est aussi bien choisie : 1960, quand les femmes commencèrent, timidement (et sous les regards désapprobateurs des mâles), à entrer dans la police, ce qui n’était pas toujours bien vu puisque tout le monde s’accordait à dire que la place de la femme était auprès de son mari et de ses enfants.

Une époque délicieusement rétro, surannée (restons vigilantes) et pudibonde. Une époque où les nobles avaient des pouvoirs exagérés et où l’on devait presque faire des courbettes devant eux.

Cette époque, mêlée habillement à la ville d’Oxford, donne un charme fou au récit car l’auteure n’a rien d’une branquignole qui se prendrait les pieds dans le tapis en en faisant trop ou pas assez.

Une fois de plus, c’est équilibré entre l’enquête et tout ce qui concerne les mœurs et les pensées de l’époque, à tel point que l’on croirait le roman écrit en 1960, avec la mentalité de l’époque.

Anybref, un polar historique qui sent bon la ville d’Oxford, les privilèges d’une certaines classes, la société patriarcale où la femme n’a pas trop sa place au travail, la fin des examens et l’école de prestige pour les dirigeants de demain.

Une vraie enquête, avec des pistes à remonter, des témoins à auditionner et d’autres à trouver. Si j’ai eu une révélation sur le modus operandi et l’identité du coupable, cela n’a pas entamé mon plaisir de lecture car derrière ce crime et cette enquête, c’est aussi une critique de la société qui est mise en avant et le fait que les coupables ne sont pas toujours puni pour leurs comportements déplacés.

Une LC où Bianca et moi sommes sur la même longueur d’ondes pour dire que des lectures ainsi, on en veut encore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°14].

 

Les détectives du Yorkshire – Tome 2 – Rendez-vous avec le mal : Julie Chapman

Titre : Les détectives du Yorkshire – Tome 2 – Rendez-vous avec le mal

Auteur : Julie Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (14/06/2018)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 2: Date with Malice
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leigniel

Résumé :
Quand Mme Shepherd se rend à l’Agence de recherche des Vallons, convaincue que quelqu’un cherche à la tuer, Samson O’Brien, détective privé, met cela sur le compte des divagations d’une vieille dame un peu sénile.

Pourtant, après une série de curieux incidents à la maison de retraite de Fellside Court, il en vient à se demander si, finalement, il n’aurait pas dû la prendre plus au sérieux…

Alors que les fêtes de Noël approchent, Samson se lance dans une enquête complexe, qui lui demandera de renouer avec les habitants de Bruntcliffe – les mêmes qu’il a fuis une dizaine d’années auparavant.

Et qui mieux que la tempétueuse Delilah Metcalfe, propriétaire de l’Agence de rencontre des Vallons, peut l’aider à regagner leur confiance ?

Ensemble, Samson et Delilah vont devoir coopérer pour déjouer les menaces qui planent sur les personnes âgées de la région. Avant qu’il ne soit trop tard…

Critique :
Y aurait-il un tueur dans le Yorkshire ? Des voleurs de bélier bien pourvu par la nature ? (le bélier, pas les voleurs)

Y aurait-il des personnes mal intentionnées qui voudraient tuer une paisible petite vieille ? Bref, y a-t-il quelque chose de pourri au royaume de Bruntcliffe ?

Samson en doute mais moi, je sais depuis que j’ai lu Agatha Christie, que lorsqu’une dame âgée vient de plaindre de choses étranges survenue à la maison de repos, de vols, de retour des choses, de mystères, qu’il y a anguille sous roche !

J’ai découvert cette nouvelle série de cosy mystery en juin 2019 et j’avais la ferme intention de poursuivre ma découverte car si la série possède de l’humour, on est loin des errances amoureuses et de la fainéantise d’une Agatha Raisin. Désolée pour ses fans mais on vole plus haut ici.

Samson est un détective beau et sexy. Si uniquement vêtu de son boxer, il est plus sensuel que Sherlock Holmes en robe de chambre, pour ce qui est de la science de la déduction, il ne ferait même pas de l’ombre au petit orteil de Holmes…

Notre enquêteur qui fut flic dans une vie antérieure va mettre un temps fou à percuter sur l’enquête pour le vol d’un bouc reproducteur pourvu de grosses… (enfin, disons que la Nature a été généreuse avec ce bouc) et comprendre aussi qu’a la maison de repos, il y un truc pas net !

Évidemment, si Samson s’était trouvé à la place du lecteur, il aurait eu accès à des indices plus rapidement. S’il m’avait écouté, aussi…

Dans un roman policier, il n’y a pas que l’enquête qui soit importante. Si les personnages sont fades, le scénario peut être en béton, ça marchera moins bien. Idem pour les ambiances, les atmosphères… Si l’auteur les loupe, les approfondit trop ou pas assez, l’équilibre parfait est rompu et de nouveau, on se casse la gueule.

Pas de ça ici. Nos deux personnages principaux, Samson et Delilah, sont réussis, possèdent des défauts, équilibrés avec leurs rares qualités. Mais les personnages secondaires ne sont pas négligés, ils font partie des décors et la bande de petits vieux du home sont réussis, à tel point qu’ils sont super attachants.

Qui dit petit village, dit esprit de clocher, de gens qui se connaissent, qui vous ont vu grandir, se souviennent de vos bêtises, qui ont votre arbre généalogique dans un recoin de leur tête. En un seul mot : l’enfer ! (c’est les autres). Vous avez pété de travers au petit-déjeuner ? Avant le dîner (midi), tout le monde le saura.

Et au fait, si vous êtes d’ailleurs (ça peut être de Londres, du bled paumé plus loin ou pire, de l’étranger), avant d’être accepté, il vous faudra des siècles. Ce côté anglais très attachés à leur village/ville est une touche en plus dans ce roman, lui donnant un caractère A.O.C, très réaliste.

Plusieurs enquêtes, de rythme, des tas de petites histoires qui arrivent à nos deux personnages principaux, mais aussi aux secondaires. Sans jamais étouffer le récit, leur vie privée, sentimentale et familiale sont mises en pages, ce qui donne du peps au roman et plus de profondeur aux différents personnages.

Hélas, on ne sait pas vraiment plus sur la venue de Samson dans son village d’origine. L’auteure en garde sous le pieds pour les prochains romans. Zut alors, j’aurais aimé savoir, moi ! Et ce promoteur immobilier véreux, il est louche, on aura quelques petits événements en plus le concernant, mais nous resterons dans le flou à la fin de ce deuxième tome.

Un cosy mystery rythmé, chaleureux comme une tasse de thé, copieux comme un pudding anglais, avec de morceaux de véritable humour anglais, des crimes, des meurtres, des enquêtes à la bonne franquette et des personnages attachants, profonds, sans oublier un bouc qui ne sent pas bon et un chien, Calimero, qui fait beaucoup de bêtises.

J’adore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°272, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°18] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).