Agatha Raisin enquête – Tome 2 – Remède de cheval : M.C Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 2 – Remède de cheval

Auteur : M.C Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (01/06/2016)

Résumé :
Après la pluie, le beau temps ! Agatha Raisin est désormais bien installée dans son cottage de Carsely en compagnie de ses deux chats.

Cerise sur le pudding, le nouveau vétérinaire du village ne semble pas insensible à ses charmes.

Quand le beau véto succombe à une injection de tranquillisant destinée à un cheval rétif, la police locale conclut à un malencontreux accident.

Mais pour Agatha, dont le flair a permis de résoudre l’affaire de La Quiche fatale, il s’agit bien d’un meurtre. A l’étonnement de tous, le séduisant colonel James Lacey partage pour une fois l’avis de son entreprenante voisine.

Et nos deux détectives-amateurs se lancent dans une enquête bien plus périlleuse qu’ils ne l’imaginaient…

Critique :
Lire Agatha Raisin, c’est comme manger un paquet de chips : on sait que ce n’est pas de la véritable nourriture, mais on ne peut s’empêcher de retourner dans le paquet….

Certes, la mère Agatha est moins mauvaise pour la santé que les chips, mais ce n’est pas avec ce genre de lecture que vous allez vous nourrir intellectuellement.

C’est gras, riche en calories, et j’adore, tout simplement car c’est une lecture parfaite pour les vacances, lorsqu’on est au bord de la piscine à se faire rôtir la couenne.

Agatha ne change pas vraiment, elle est toujours aussi râleuse, jalouse, mal élevée, elle dit tout haut ce que d’autres auraient le bon sens de penser tout bas et elle n’hésite pas à mettre les deux pieds dans le plat.

Pourtant, notre quinquagénaire a déjà fait des efforts depuis qu’elle s’est installée dans les Costwolds et dans un charmant petit village où je pense que je me ferais chier comme un rat mort. Un peu comme Agatha, sauf qu’elle s’adapte tout de même à cette vie de village et des réunions des dames de la paroisse.

Ça se lit vite, très vite, d’une traite, avec un petit sourire durant sa lecture en découvrant les péripéties de notre chère Agatha qui a la diplomatie d’un éléphant éternuant dans un petit magasin de porcelaine.

Et puis, la voir se comporter comme une collégienne en chaleur devant son beau et séduisant voisin, James Lacey, se faire des films en s’imaginant l’épouser, l’embrasser, ou plus, si affinités.

Pas de bol, le séduisant militaire retraité est plus tenté pour jouer au Sherlock Holmes qu’au Rocco Sifredi…

Alors oui, ce n’est pas de la grande littérature, ni pour autant de la littérature de gare parce que c’est tout de même bien fichu, les personnages sont plaisants, Agatha sort de l’ordinaire, elle a un caractère à la Angela Merkel un soir de discussion importante lors d’un sommet européen, elle ne lâche rien, elle fonce bille en tête et c’est  pour cela qu’on l’adore, sans aucun doute.

Une lecture fort plaisante qui rempli son rôle : faire passer au lecteur un moment de détente fort agréable, sans se prendre la tête, les doigts de pieds en éventail et un ou deux mojitos à portée de main.

 

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

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Agatha Raisin enquête – Tome 1 – La quiche fatale : M.C. Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 1 – La quiche fatale

Auteur : M.C. Beaton (pseudo de Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (01/06/2016)

Résumé :
Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme.

Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur.

Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Critique :
Il est un fait certain qu’on ne lit pas une enquête d’Agatha Raisin pour son rythme trépidant, ses multiples rebondissements, ses énigmes à tiroir et son suspense insoutenable !

Non, faut pas ouvrir un Agatha Raisin en cherchant ces ingrédients là car ils sont absent de cette délicieuse quiche qui fut fatale à celui qui en mangea un morceau.

Ne cherchez pas non plus des résolutions d’énigmes à la mère Agatha Christie où les morts, les éclopés, ainsi que les narrateurs tuent…

Ici, nous sommes dans une résolution d’enquête classique, pas besoin d’aspirines pour le final, mais pas de cris de malade poussés devant la résolution non plus.

Par contre, si vous aimez le so british, les ambiances délicieuses et détestables des petits villages où vos ancêtres devaient être au moins présent du temps des cavernes pour prétendre être du coin, alors ce roman est fait pour vous !

Agatha n’est pas le genre de voisine dont on rêve d’avoir, elle est un peu antisociale une fois sortie de Londres, mal élevée, grossière, râleuse, arrogante, elle sait ce qu’elle veut, adore donner des ordres, jouer sur la gentillesse mâtinée de chantage et plus que tout, elle voudrait s’intégrer dans ce village où, pour les habitants, elle est une étrangère car elle n’a pas au moins 4 générations d’ancêtres originaires du village.

Pourtant, malgré son caractère ronchon, on s’attache à Agatha et on comprend aussi son envie d’être admirée par les autres, intégrée, tout en restant éloignée de tout cela, un peu comme lorsqu’elle vivait à Londres et qu’elle ne mêlait qu’avec très peu de gens.

Sachez que ici, les petites vieilles du village deviennent toutes folles excitées à l’idée de la venue de l’orchestre… Et c’est pas le genre de chose qui fera mouiller la culotte de notre chère Agatha car à l’aube de la cinquantaine, elle n’a rien d’une miss Marple !

L’enquête prendra son temps car pour tout le monde, ce fut un accident, mais quelques petits détails vont éveiller la curiosité de notre Agatha et elle va prendre le taureau par les cornes et résoudre cette enquête avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Mais à la fin de son aventure, notre Agatha aura tout de même un peu changé, glissant vers une personnalité un peu moins arrogante qu’au départ. Il y a encore du travail avant qu’elle ne soit la perfection même car elle a toujours son fichu sale caractère.

Une lecture rafraîchissante, agréable, douce, tranquille, le genre de roman qui se lit affalé dans un fauteuil de jardin, une cup of tea non loin, avec quelques scones, crumpets et autres sandwich aux concombres.

Une lecture à l’ambiance so bristish, cosy, qui, sans être le polar de l’année, ravira les lecteurs/lectrices qui veulent un peu de légèreté dans leurs lectures en se plongeant dans des romans, qui, publiés en 1992, ne comportent pas de smartphones et autres trucs de notre époque.

Je me ferai la suite des enquêtes d’Agatha Raisin avec grand plaisir !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Retour à Little Wing : Nickolas Butler [LC avec Stelphique]

Titre : Retour à Little Wing

Auteur : Nickolas Butler
Édition : Points (20/08/2015)

Résumé :
« Ces hommes qui sont tous nés dans le même hôpital, qui ont grandi ensemble, fréquenté les mêmes filles, respiré le même air. Ils ont développé une langue à eux, comme des bêtes sauvages ».

Ils étaient quatre. Inséparables, du moins le pensaient-ils. Arrivés à l’âge adulte, ils ont pris des chemins différents. Certains sont partis loin, d’autres sont restés. Ils sont devenus fermier, rock star, courtier et champion de rodéo.

Une chose les unit encore : l’attachement indéfectible à leur ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd’hui, l’heure des retrouvailles a sonné. Pour ces jeunes trentenaires, c’est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute…

Nickolas Butler signe un premier roman singulier, subtil et tendre, récit d’une magnifique amitié et véritable chant d’amour au Midwest américain.

Critique :
Quelqu’un a-t-il trouvé les émotions promises dans ce roman ? Parce que moi, je les cherche encore… Alors, soit je suis passée royalement à côté (et ma binômette de LC aussi), soit elles n’y étaient pas !

Pourtant, nom de Zeus, vu le pitch, j’aurais dû en trouver des tonnes dans ces pages, avec ces quatres garçons qui se connaissent depuis l’enfance et qui, maintenant, sont devenus adultes, chacun suivant sa route, son chemin…

Autant l’histoire d’amitié dans « Rural Noir » m’avait émotionnée, autant celle dans « Retour à Oakpine » m’avait ému, autant ici je me suis baladée dans l’histoire sans ressentir beaucoup d’émotions.

Hormis le personnage de Ronny qui m’a émotionné et dont j’ai trouvé le portrait touchant, au niveau des autres, c’est mitigé.

Hank, le fermier, est un personnage avec lequel je me suis sentie en phase, même si je l’aurais volontiers baffé quand il a fait une fixation sur une certaine chose, Lee, le chanteur célèbre avait un côté émouvant dans sa quête du bonheur familial.

Quant à Kip, le courtier, il était très bon dans son rôle de « J’ai le cul entre deux chaises », et aurait mérité un plus ample développement, je trouve, car il symbolise bien ceux qui sont « du village » sans en être vraiment. Ceux qui sont plus froids, qui ne se mélangent pas avec les autres, ceux qui auraient aimé être accepté mais qui ne font rien pour, ou tout de travers.

Le problème avec ce roman ne vient donc pas des personnages, ni de l’écriture, mais du manque d’émotions ressenties lors de ma lecture, comme si je voyais ça de haut, sans arriver à m’immerger à 100% dans ces pages, qui pourtant, étaient remplies de promesses.

L’amitié n’est pas une chose éternelle, les enfants grandissent, se marient, cherchent leur voie, leur destinée, reviennent au bled, le quittent, y restent… Et rien ne dit que l’adulte sera toujours notre copain, comme à l’époque où l’on courait dans les champs en riant, insouciants.

Cela aurait pu donner un beau roman choral sur l’amitié qui évolue avec l’âge et la destinée, on aurait pu avoir un beau récit sur nos 4 garçons devenus adultes, sur leur amitié restée inchangée, mais j’ai eu l’impression qu’on tournait en rond, que l’on parlait parfois pour ne rien dire et que les émotions étaient toutes foutues le camp ailleurs.

J’ajouterai que ce roman choral n’est pas toujours facile à suivre car les intitulés de chapitre sont, non pas avec le prénom complet du narrateur, mais juste avec la première lettre de son prénom, ce qui ne rend pas toujours les choses très claires.

Un roman qui n’a rien de mauvais, qui se laisse lire, avec des moments plaisants… Un roman qui aurait pu frapper plus fort dans les émotions, aller plus loin dans l’histoire d’amitié… Un récit qui ne m’a pas retourné, hélas !

Ça se lit, sans plus… C’est pas mauvais, mais ça aurait pu être meilleur.

Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi :
J’avais repéré ce titre au hasard de mes découvertes sur la blogosphère, et puis quand j’ai vu que ma binôme l’avait sélectionnée dans son défilé des futures lectures à lire, je me suis empressée de lui proposer cette LC! Il faut sortir les livres de notre PAL, un peu, plutôt que toujours la remplir !!!!

Synopsis :
Ils étaient quatre. Inséparables, du moins le pensaient-ils. Arrivés à l’âge adulte, ils ont pris des chemins différents. Certains sont partis loin, d’autres sont restés. Ils sont devenus fermier, rock star, courtier et champion de rodéo.

Une chose les unit encore : l’attachement indéfectible à leur ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd’hui, l’heure des retrouvailles a sonné. Pour ces jeunes trentenaires, c’est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute…

Les personnages :
Le synopsis oublie quand même tous les personnages féminins, alors qu’elles font briller ses quatre hommes. Beth, Felicia, Lucy et Chloé ne sont pas à négliger dans cette belle histoire. Nickolas Butler a soigné de très près ses personnages: il nous livre des êtres attachants, humains, sensibles. Un quatuor de personnalités d’hommes avec une pseudo « célébrité », qui ne sont finalement, qu’au plus près d’eux mêmes, que dans le regard de leurs amis…

Ce que j’ai ressenti :… Une petite douceur littéraire…
Il fait bon d’aller à Little Wing! Vous pouvez switchez le nom de cette petite ville rurale américaine, qu’il n’en reste pas moins que ce qui se dégage de ses pages, c’est le bonheur de vivre simplement dans un lieu de campagne, de connaître ce quotidien de tranquillité, d’apprécier les liens uniques qui soudent ses habitants…

Et c’est juste cette douceur teintée de nostalgie, qui fait que ce Retour à Little Wing soit si plaisant à découvrir !

« La gauche, la droite, je me fiche de tout ça, c’est des foutaises. Tout ce que je demande, c’est d’être bienveillants. D’être honnêtes. De ne pas avoir les dents longues ».

On suit le parcours de vie de ses quatre personnages, qui se sont liés dans l’enfance. Chacun sa profession, mais toujours cette envie de retourner à l’essentiel : riches chacun à leurs manières, ils sont attirés comme des aimants par ce petit bout de terre.

Loin des tumultes des grandes villes, ce lieu apparaît comme un havre de paix, où l’amitié n’arrête jamais son cours, elle reprend juste, au moment des retrouvailles. Trentenaires et pourtant, ce regain de mélancolie et cet attachement envers ce parfum d’autrefois.

Pour autant, il m’a manqué un poil d’action et d’émotions pour rendre cette amitié plus vibrante: à force de non-dits et de pudeur dans les interactions avec chacun, on y perd un peu en ressentis de lecteur…

« Pour moi, c’est ça, l’Amérique : des pauvres gens qui jouent de la musique, partagent un repas et dansent, alors que leur vie entière a sombré dans le désespoir et dans une détresse telle qu’on ne penserait jamais qu’elle tolère la musique, la nourriture ou l’énergie de danser. On peut bien dire que je me trompe, que nous sommes un peuple puritain, évangélique et égoïste, mais je n’y crois pas. Je refuse d’y croire. »

J’ai beaucoup aimé l’apaisement et l’authenticité qui se dégage de ces pages, de cette petite ville. Une sorte de baume au cœur. C’est doux et serein…

Si les personnages adorent faire ses Retour à Little Wing, personnellement, j’y serai bien restée moi, dans ce bel endroit à regarder les levers et couchers de soleil, à essayer d’entendre les notes de ces couleurs…

Laisse la porte ouverte dans une grande ville et tu réveilles à poil, sans un meuble. Laisse la porte ouverte ici et un coyote vient de demander l’aumône.

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Rural Noir : Benoît Minville

Rural Noir - Benoït Minville

Titre : Rural Noir

Auteur : Benoît Minville
Édition : Gallimard – Série Noire (2016)

Résumé :
Adolescents, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables ; ils arpentaient leur campagne et formaient un « gang » insouciant.

Puis un été, tout bascule. Un drame, la fin de l »innocence.

Après dix ans d’absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.

Évoquant à la fois La guerre des boutons de Louis Pergaud et la tradition du « country noir » américain, oscillant entre souvenirs de jeunesse et plongée nerveuse dans la réalité contemporaine d’une « France périphérique » oubliée de tous, Rural noir est un roman à la fois violent et tendre ; évoquant l’amitié, la famille, la culpabilité.

rural-noirCritique : 
Rural Noir, ce pourrait être le nom donné à une nouvelle série qui explorerait le Roman Noir dans ce qu’il a de « rural ». Une collection rien que sur la cambrousse, la vraie…

Parce que si la banlieue c’est pas rose, la banlieue c’est morose, faut pas se leurrer non plus, la campagne n’est pas toujours aussi bucolique que les citadins pourraient le croire.

Ce Roman Noir explore deux périodes d’une bande de copains, sorte de Club des Cinq sans le chien et dans sa version un peu moins sage puisque nos ados de 14 ans picolent un peu, fument et ont, pour certains, déjà fourré leurs doigts là où il ne fallait pas… enfin, si, c’est là qu’il fallait les mettre… Bref, vous voyez ce que je veux dire.

La première période correspond bien entendu à une époque où Romain, Vlad, Julie avaient 14 ans et Chris, le plus jeune, 12 ans. Ils forment une bande, un « gang » et cet été là, un événement viendra foutre en l’air leurs vacances.

Mais avant que l’on apprenne ce qu’il s’est passé, nous aurons droit aux bêtises d’une bande d’ados, à leurs chamailleries, leurs bagarres, les petites jalousies, les premiers émois amoureux, les doigts qui vont là où…

On se retrouve dans cette bande de gamins… Surtout si l’on a grandi à la campagne et que l’on occupait ses mois de vacances à sillonner la région en pédalant ferme sur des vélos qui n’avaient rien de moderne.

L’autre période, c’est maintenant. Romain, quand il avait 19 ans, avait planté un beau matin son jeune frère, Chris, 3 mois après la mort de leurs parents et 10 ans après, il fait son grand retour dans le bled où tout à bien changé.

Beaucoup de tensions et de secrets, dans ces 245 pages qu’on ne lâche pas avant de les avoir toutes avalées.

Si les deux frères sont heureux de se retrouver, il y a de la colère dans le cadet, colère qu’il aimerait diriger vers son aîné, mais qu’il garde en lui. Il a morflé, le cadet, lorsque son aîné est parti sans un mot, sans une parole.

Quant à leur copain Vlad, le Captain du gang, il a bien changé et pas dans le bon sens.

Toute la ruralité est exprimée dans ce roman : plus aucune industries à fermer, les agriculteurs qui comment à manquer d’air, les commerces qui ont fermés, les cafés aussi et la drogue qui circule de plus en plus. Au moins une petite entreprise qui ne connait pas la crise.

Une ambiance lourde dans ce récit, oppressante, comme un soir d’été caniculaire où l’orage menace d’éclater dans le ciel. On aimerait que ça éclate, mais on sait que lorsque cela arrivera, des mots seront dit et ils feront mal à la chair, à l’âme, au coeur.

Heureusement qu’il y a les passages dans le passé pour adoucir un peu tout ça, même si on sait que l’on va au devant de révélations terribles pour que tout ait éclaté de la sorte ensuite.

Si les personnages principaux sont bien esquissés et que l’on peut se retrouver dans cette bande de gamins, leurs portraits adultes sont tout aussi réussis et les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus.

L’écriture de l’auteur est bien dosée, ni trop dure, ni trop douce, pas coupée avec de la mauvaise encre ou du marshmallow. C’est du brut noir de noir que tu avales.

Un roman noir avec une sacrée dose d’amitié, de fraternité, l’histoire d’un gars qui est parti du mauvais côté, mais que ses amis ne renient pas, même si les aléas de la vie les ont séparé.

C’est rempli de valeurs qui me sont chères, ce sont mes racines, c’est bourré de violence larvée à laquelle on lâche la bride de temps en temps. Il y a de la nostalgie, des regrets, des pardons qui ne viennent pas, des vieilles rancœurs, des vengeances…

Rural Noir, c’est à la vie, à la mort, à l’amitié, à la fraternité. C’est la cambrousse mais tu évites la bouse de vache à tes chaussures. Quoique, on marche bien dedans, mais c’est une autre merde. C’est la Blanche…

Bon sang, vous êtes encore à me lire alors qu’il faudrait plutôt allez lire ce roman !! Filez l’acheter !

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (245 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

BILAN - Coup de coeur

[Série] Grantchester – Saison 1 : Une série qui te propose du cu… ré !

Quoi t’est-ce ?
Grantchester est une série policière se déroulant au cours des années 1950, dans le village de Grantchester, voisin de Cambridge, dans le Cambridgeshire où le Révérend Sidney Chambers (pasteur anglican interprété par James Norton) développe une activité secondaire d’investigation — avec l’aide initialement réticente de l’inspecteur Geordie Keating (interprété par Robson Green).

Douçavient ? La série est tirée de la suite littéraire anglaise « Les mystères de Grantchester » (The Grantchester Mysteries) écrite par James Runcie.

La première saison de la série est fondée sur les histoires du premier livre, « Sidney Chambers et l’Ombre de la Mor »t (Sydney Chambers and the Shadow of Death).

Synopsis :
En 1953, un jeune curé anglican, pasteur du village, fait équipe avec un inspecteur de police afin de résoudre une suite de crimes survenant dans la localité de Grantchester, située dans le comté de Cambridgeshire en Angleterre. Petit à petit, les deux hommes se lient d’amitié, constituent un duo inattendu, s’apportant mutuellement aide dans ce travail d’enquêteur.

Une télé modèle 1953…

Personnages :

  • Sidney Chambers est un prêtre anglican – et ancien combattant de la Seconde guerre mondiale où il servit comme officier au sein des Scots Guards – qui se retrouve lui-même impliqué dans la résolution de crimes, assistant le surmené inspecteur Keating. Ensemble, ils forgent un improbable partenariat, l’approche méthodique et bourrue de Keating complétant les techniques plus intuitives de récupération d’informations, parmi témoins ou suspects, du Clergyman.
  • Geordie Keating, l’inspecteur de police, a également combattu durant la seconde guerre mondiale et ne supporte pas les imbéciles. Il ne comprend pas ce qui motive les gens à tuer. Il est marié à Cathy avec laquelle il a quatre enfants, trois filles et un fils, le dernier né.
  • Amanda Kendall est la fille de Sir Edward Kendall, un homme riche. Sa mère est morte quelques années auparavant et elle a deux jeunes frères. Elle connait Sydney Chambers depuis longtemps, étant allée à l’école avec Jennifer, la sœur de celui-ci. Toujours très complices, Sidney et Amanda n’osent pas s’avouer qu’ils sont amoureux l’un de l’autre, mais quand le père de la jeune fille lui arrange son mariage avec Guy Hopkins – venant d’un parti qu’il juge digne de son rang – elle ne peut refuser. Elle travaille à la National Gallery de Londres.
  • Mrs. Maguire – plutôt versée dans la Bible et ses Commandements – est la gouvernante du pasteur de Grantchester. Elle reste fort affectée de la perte de ses trois frères au cours de la Première guerre mondiale et de la disparition de son époux au cours du conflit mondial suivant. Elle ne cherche pas à masquer son aigreur, ses sautes d’humeur et parfois sa colère.
  • Leonard Finch – que certains soupçonnent d’homosexualité – est le vicaire de Chambers. Naïf, il fut professeur dans une école de jeunes filles et étudia la théologie avant de rejoindre le service de l’Église.
  • Hildegard Staunton est une jeune Allemande, veuve d’un avocat anglais. Elle semble éprouver un sentiment amoureux pour Sidney, perturbant quelque peu ce dernier et déplaisant fort à Mrs Maguire.
  • Guy Hopkins est l’aristocratique fiancé d’Amanda, attentif et méfiant de la fort amicale relation subsistant entre celle-ci et Sidney.

Sexy en diable !

Casting :

  • James Norton : le révérend Sidney Chambers
  • Robson Green : l’inspecteur Geordie Keating
  • Morven Christie : Amanda Kendall
  • Tessa Peake-Jones : Mrs Maguire
  • Al Weaver : Leonard Finch
  • Pheline Roggan : Hildegard Staunton
  • Tom Austen : Guy Hopkins
  • Fiona Button : Jennifer Chambers
  • Kacey Ainsworth : Cathy Keating
  • Pip Torrens : Sir Edward Kendall
  • Camilla Marie Beeput : Gloria Dee

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19554927&cserie=18218.html

Épisodes : Première saison (2014)

  1. La Lettre D’adieu (Épisode 1)
  2. Macabres Fiançailles (Épisode 2)
  3. La Mort En Face (Épisode 3)
  4. Le Cœur À Ses Raisons (Épisode 4)
  5. Rien d’une opérette (Épisode 5)
  6. Les Ombres de la Guerre (Épisode 6)

Ce que j’en ai pensé :
C’est un peu par hasard que j’ai entendu parler de cette série… Mon homme zappait et j’ai vu le lancement de cette série sur un des France (FR3, je pense).

Je me suis dis « oui, tiens, pourquoi pas » et puis j’ai fait autre chose. Il a fallu que plusieurs en parle sur le Net (en autre, Syl) pour que je me penche sur cette série so british.

Dans l’impossibilité de la pomper (ça ferait descendre mon ratio et l’autre site de pompage ne la propose pas encore), je tournais en rond quand un message de Syl m’a fait tilter. Elle me demandait un tuyau pour le visionnage en différé…

Bon sang, mais c’est bien sûr : le streaming ! Là-dessus, je me suis faite les deux premiers épisodes. La qualité du streaming n’est pas top, mais la série oui !

Tout d’abord, Sydney Chambers… On le découvre facétieux, s’amusant avec une jeune fille à la balançoire, devant une rivière… Ils finiront d’ailleurs tout deux dans l’eau.

Sidney… Le genre de pasteur qui, tel Ralph de Bricassart, donne des envies soudaines de se confesser de suite et de profiter de cet endroit exigu qu’est le confessionnal pour le violer sauvagement.

Ses cheveux tirant sur le roux, coiffé à la diable tel un Sherlock (BBC), il a le sourire charmeur d’un Patrick Jane (Mentalist), les yeux qui pétillent d’un Sherlock Holmes (série Granada) lorsqu’on le tire de son sacerdoce pour enquêter, il pédale plus vite qu’un inspecteur Murdoch de la police de Toronto et bois autant qu’un Milo Milodragovitch (roman de James Crumley) ou qu’un Jack Taylor (roman de Ken Bruen).

Viens que je te console, mon joli !

Ce pasteur joli comme un cœur va enquêter à la demande de la maîtresse d’un homme qui s’est suicidé. Mais la gueuze n’y croit pas, pour elle, on l’a refroidi. C’est donc un peu par hasard qu’il va se muer en Consulting Detective pour cette affaire.

Un peu à la manière d’un Dr House, c’est quand il pense que la piste est froide comme un cadavre à la morgue et que la messe est dite (ite, missa est) qu’un petit détail vient titiller ses petites cellules grises.

Dans Soeur Thérèse.Com, c’était une femme de Dieu qui enquêtait, ici, c’est un pasteur, mais on reste toujours dans la maison du Seigneur. Bien qu’il soit plus porté sur le whisky ou la bière, faisant de lui un addict.

On les croquerait bien tous les deux !

Nous sommes dans la campagne anglaise, la campagne délicieuse, en 1953, et pas de problèmes de réseau ou de télé poubelle, ici, on entend les oiseaux qui chantent et on regarde où on met les pieds lorsqu’on traverse un pré, de peur de marcher dans une bouse fraiche.

Notre pasteur n’est pas exempt de pêchés : il boit, il fume, et a des sentiments pour une jeune fille, amie de longue date. La solitude ronge notre beau gosse et il gère comme il peut ses démons intérieurs.

Ce que j’ai aimé, ce sont les personnages, tout d’abord : agréables, joli à regarder, avec un passé, des souvenirs… Notamment ceux de la Seconde Guerre Mondiale qui sont dur à oublier pour Sidney. Il les oublie en écoutant du jazz mais aussi en buvant plus que de raison.

Sa gouvernante n’est pas un cadeau, le vicaire Leonard Finche a des casseroles au cul (on le soupçonne d’être homo), sa soeur aime un homme de couleur (nous sommes en 1953 !!), bref, les personnages secondaires sont bien campés, ajoutent de la vie à la série et mettent de l’ambiance.

Les enquêtes sont classiques mais bien fichues, il y a du suspense, de la drôlerie, des fausses-pistes, des petites entorses à la loi… et si l’inspecteur Geordie Keating regarde de travers notre homme d’Église lorsqu’il vient lu parler d’un meurtre alors que tous disent « suicide », il finira par se lier d’amitié avec lui et faire équipe ensuite.

Quand à la musique, elle est tip-top !

Bref, une série policière qui a tout d’une classique mais qui s’en démarque de par certains personnages.

« A year in England » chez Titine.

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