Les Tuniques Bleues – Tome 45 – Émeutes à New York : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 45 – Émeutes à New York

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (2002)

Résumé :
Quand l’armée manque de bras et que les volontaires ont cessé de se bousculer au portillon pour finir en chair à canon, que reste-t-il pour repeupler les rangs ? La conscription !

Mais un peu partout dans le pays, la révolte gronde face à cette démarche injuste et impopulaire. Afin de ramener le calme, les Bleus sont envoyés en renfort pour superviser les opérations, à New York.

Mais quand les plus riches achètent au détriment des plus pauvres la liberté de ne pas faire la guerre, excédés, les conscrits prennent les armes. Sus aux bourgeois ! Sus à l’armée ! Il est temps pour nos deux amis de changer de camp, s’ils veulent finir cette aventure vivants…

Critique :
Pas besoin d’avoir fait West Point (célèbre académie militaire) pour savoir qu’une guerre est énergivore en argent mais surtout en vies humaines… Dont la matière première : les soldats !

Et les Américains n’ont pas envie d’aller à la souscription, pas envie de faire la guerre, pas envie de mourir et sont en colère contre le système de tirage au sort, surtout par le fait qu’avec 300$, on peut y échapper.

Autrement dit, seuls les riches peuvent échapper au carnage et y faire échapper leurs enfants.

La colère et la révolte gronde… Les gens sont mécontents, haineux…

♫ Il suffira d’une étincelle, D’un rien, d’un geste ♪ Il suffira d’une étincelle […] Allumer le feu ♫ Et faire danser les diables et les dieux […] Se libérer de nos chaînes, Lâcher le lion dans l’arène ♪

Et l’étincelle a eu lieu et le feu a pris. C’est une révolution ? Non, sergent Chesterfield, c’est une révolte… Et vaudrait pas mieux traîner en uniforme de l’armée !

Une fois de plus, le sergent Chesterfield manquera d’intelligence et d’esprit, sans le caporal Blutch, il aurait fini taillé en pièces détachées.

Les cons, ça ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait et dans cette excellente aventure, Chesterfield sera plus con que con. Heureusement que le caporal Blutch compense et qu’il a de la suite dans les idées, lui.

Beaucoup de tensions dans cet album qui quitte les champs de bataille pour nous plonger dans le New-York de la guerre de Sécession, au moment d’une conscription et qui va nous faire vivre les émeutes de l’intérieur puisque nos deux amis vont se retrouver, sans le vouloir, parmi les émeutiers et obligés de faire pareil pour ne pas se faire repérer.

L’épisode de l’incendie de l’orphelinat Noir, Michael Mention en avait parlé dans « Manhattan Chaos » mais puisque cet album ne concerne que cette émeute là, nous aurons aussi, pêle-mêle,  des exactions contre les Noirs, les journaux, les commerçants, les églises, les bourgeois, bref, tout ce qui peut être rendu responsable de cette guerre puisque les véritables responsables ne sont pas sur place pour se prendre une volée de bois vert.

On ne le dit pas dans l’album, mais ce qui pourrait être pris pour du racisme envers les Noirs n’était en fait que de la peur de perdre son job ou de ne plus en trouver. En effet, de nombreux immigrants voyaient, dans les esclaves Noirs affranchis, des concurrents pour décrocher le peu d’emploi disponible.

De plus, les émeutiers considéraient les Noirs comme les responsables de cette guerre entre le Nord et le Sud, et leur en voulaient aussi pour cette raison.

Anybref, on a des réparties cinglantes, sarcastiques, ironiques et de l’humour, mais moins burlesque que d’habitude, même si, de par son comportement débile, Chesterfield sera l’instigateur de la plupart des gags et se prendra des coups, tel un Vyle Coyote poursuivant le Road Runner.

On rit, mais dans le fond, on a les tripes qui se serrent lorsqu’on voit les journalistes du Times sortir des mitrailleuses Gatling, achetées à l’armée, on a le cœur serré en voyant des commerçants innocents se faire piller et dépouiller, des innocents se faire agresser, violenter…

De l’humour, mais dans le fond, c’est un album assez dur, assez violent et les petits gags qui le parsèment font du bien car cela évite de se trouver face à une aventure à l’atmosphère plombée et lourde suite au comportement des émeutiers qui règlent leur compte avec tout ce qui leur passe sous le nez.

L’intervention de l’armée est aussi un moment fort. Non content d’être englué dans une guerre fratricide, les voilà obligés de tirer sur les leurs, sur des civils qui ont eu le tort de se rebeller contre des décisions injustes, inégales, alors qu’on dit se battre pour l’égalité de tout les citoyens, quelque soit leur couleur de peau.

Être riche a toujours été un truc en plus et cela a toujours permis aux friqués de s’en sortir… Si nous l’étions, nous ne rouspéterions pas.

Un album excellent, de la facture d’un Bull Run, avec un scénario qui ne laisse pas la place aux temps mort et des situations qui, pour une fois, ne se mordent pas la queue en tournant en rond sans savoir dans quelle direction le récit va partir.

— Vous n’allez quand même pas vous mettre à obéir aux ordres du premier imbécile venu !
—  C’est vrai, au début, c’est un peu difficile ! …et puis c’est une question de routine. Regardez, moi, depuis le temps !

Dommage qu’ils ne soient pas tous de cette facture là car on est dans du tout bon.

PS : les émeutes à New-York ont eu lieu du 13 au 16 juillet 1863.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°52 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 42 – Qui veut la peau du Général ? : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 42 – Qui veut la peau du Général ?

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1999)

Résumé :
Le général Grant est en danger !

Un traître s’est infiltré parmi les Fédérés pour l’éliminer. Tout le monde est suspecté, on ne peut se fier à personne… Sauf aux deux hommes qui ont dénoncé le complot : Blutch et Chesterfield.

Nos Tuniques préférées se transforment en Bleus à tout faire pour exaucer les moindres caprices du général Grant : goûter sa soupe, cirer ses bottes et surtout essayer de démasquer le traître avant qu’il ne parvienne à ses fins !

Critique :
Chesterfield ne brillera jamais par son intelligence et aura toujours tendance à ouvrir sa grande gueule quand il ne faut pas… Ce qui donne toujours suite à des situations cocasses, drôles, amusantes…

Blutch voulait déserter, une fois de plus, mais sa rencontre avec un soldat mourant va changer la donne car il a beau détester l’armée, apprendre qu’il y a un complot qui vise à tuer le général Grant lui fait reprendre le bon chemin afin d’en avertir le galonné.

La tête de Chesterfield lorsqu’il voit que son caporal veut absolument parler à Grant et que ce dernier finira par le recevoir ! La jalousie était dans ses yeux.

Le général Grant est un grand paranoïaque et suspectera tout le monde de vouloir le tuer, même les autres galonnés, même le général Alexander, même ce pauvre capitaine Stilman, celui qui passe sa vie à siroter du jus d’orange à la paille.

La guerre est toujours en arrière-plan, mais cette fois-ci, faut se transformer en petit Sherlock Holmes afin de savoir qui est le tueur qui doit commettre un attentat afin de tuer le général Grant, chef des armées Nordistes.

S’attaquer à la tête pensante, qu’elle pense ou pas, mais du moins, à la tête commandante, c’est un coup classique dans une guerre, même si les Alliés n’avaient jamais voulu faire assassiner le moustachu, pariant sur le fait qu’il serait remplacé et que celui-là, on ne le connaîtrait pas…

Une fois de plus l’humour de situation est au rendez-vous et il faut prendre cet album avec le second degré car les personnages iront dans le registre du burlesque.

Burlesque, c’est le mot, que ce soit le général et sa paranoïa extrême, ou Chesterfield imbu de sa mission, comprenant trop tard qu’il aurait mieux fait de fermer sa gueule, ou Blutch déguisé en enquêteur à la tête d’une troupe de militaires afin d’en apprendre un peu plus sur le complot qui vise le général…

Ici, rien n’est sérieux, même pas l’homme qui doit assassiner le général. En fait, dans cette aventure, les hommes sont des imbéciles et c’est une femme qui se taillera la part du lion car, elle, elle a du courage et une sacrée paire de couilles (au figuré, bien entendu).

Les auteurs taclerons un bon coup dans les tibias de tous ces messieurs qui pensaient que les femmes n’avaient pas leur place dans leur monde et que c’était des petites choses fragiles à protéger dans la soie et le papier bulles.

Un moment drôle et assez fin, c’est lorsqu’un des soldat demande à un autre de lui définir le rôle de l’éclaireur… Encore un qui aurait mieux fait de fermer sa gueule !

Pas le meilleur, mais comparé à certains autres, on est dans du fin et on évite le lourd.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°38 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 36 – Quantrill : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 36 – Quantrill

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1994)

Résumé :
Une bande de cavaliers pro-sudistes sème la terreur à travers toute l’Amérique ! À sa tête, le terrible William Clarke Quantrill, assisté de ses deux lieutenants, les frères James : Frank et Jesse.

Au cours d’un raid mené à Lawrence, dans le Kansas, Jesse James est fait prisonnier par Blutch.

C’est l’occasion rêvée pour le général Alexander de mettre la main sur Quantrill. Il ordonne au sergent Chesterfield de partager la cellule du captif.

Sa mission : s’évader avec Jesse James en espérant que ce dernier le mènera à son chef.

Le caporal Blutch, chargé de les suivre discrètement et d’informer le camp des Bleus, risque de pimenter quelque peu cette aventure périlleuse !

Critique :
Cette mission, si vous l’acceptez, sera d’infiltrer les troupes de Quantrill, pilleur professionnel avec sa troupe de bandits portant des uniformes sudistes, sans pour autant être des soldats sudistes.

Mais soyez discret parce que Quantrill n’est pas le lapereau de l’année et ses deux lieutenants sont les frères James, dont un est le célèbre Jesse…

Décidément, le sergent Chesterfield restera un crétin toute sa vie, enfin, il sera un crétin durant toute la guerre de Sécession et il l’était déjà avant…

C’est un personnage qui n’évolue pas, qui n’évoluera pas et qui est prévisible comme ce n’est pas possible. Dans certaines aventures, ce gimmick est amusant.

Le fait qu’il soit têtu comme une mule, imbu de ses galons, imbu de sa personne, curieux, toujours prêt à se faire bien voir des officiers mais toujours prêt aussi à l’ouvrir quand il ne faut pas le met toujours dans des situations pas possibles.

À charge pour Blutch, le caporal qui n’en a rien à foutre de l’armée, de le sortir de là, prenant au passage la punition ou les emmerdes comme lui.

Dans cette aventure véridique – puisque Quantrill a existé – Chesterfield est aussi discret qu’un éléphant en tutu rose dans un magasin de porcelaine et Blutch est mieux camouflé que tous les James Bond réunis.

Malgré les situations horribles (les pillages et toutes les exécutions qui vont avec), ce tome possède de l’humour, des situations cocasses, une vérité historique et le tout est traité sérieusement mais avec une sérieuse dose de rire.

Une fois de plus, nos amis vont encore se trouver dans des situations pas possibles et se retrouveront punis parce que Chesterfield, voulant briller devant les galonnés, a été trop con pour voir le piège grossier qu’on lui tendait et parce que, une fois de plus, il n’a pas voulu écouter Blutch.

Un album nettement mieux que d’autres car au-delà du tome 27 (Bull Run), la série a perdu de son attrait, de son humour, elle est devenue poussive dans certains albums (En Avant l’Amnésique – Les Bleus en folie – Les Planqués – Requiem pour un Bleu – Puppet Blues – La Traque – Les quatre évangélistes – Carte blanche pour un bleu), d’autres, on tournait en rond comme le chien après sa queue en recyclant du vieux (La Traque).

Anybref, les exceptions ne seront pas la règle mais voilà un album qui a du bon et qui fait partie de ceux qui, après le tome 27, sont toujours un plaisir à relire (Grumbler et Fils – Émeutes à New York).

Profitons-en, ils sont peu nombreux ! Avant, nous en avions des très bons, mais ensuite…

— Dans toute histoire qui finit mal, on cherche toujours des boucs émissaires. Dans celle-ci, ils n’ont pas été loin pour les trouver.
Notez qu’on a encore eu de la chance, au départ on devait être fusillés, mais le général a trouvé que c’était encore trop beau pour nous…. 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°30 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 37 – Duel dans la Manche : Raoul Cauvin et Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 37 – Duel dans la Manche

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1995)

Résumé :
Le général Mac Clellan est un piètre stratège : il a réussi à lancer une attaque… contre son propre camp ! De mauvaise foi, il exige que deux responsables soient désignés parmi les soldats.

Et devinez quels sont les deux malchanceux choisis : le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, bien entendu ! Dégradés, ils sont forcés de quitter leur unité pour embarquer sur le Kearsarge, un navire de guerre.

Qui a dit qu’on se la coulait douce dans l’armée de mer ?

Critique :
♫ Dans le port d’Amsterdam ♪ Y a Chesterfiel qui boude, À cause d’un baroud ♫ Qui a tué des troupes ♪ Dans le brouillard, les uniformes on loupe ♪

♪ C’est eux qui ont servi ♪ De boucs émissaires ♪ Au général pas ravi ♪ Dans cette sale guerre ♪

Dans le port d’Amsterdam ♪ Y a des marins qui meurent ♪ Pleins de bière et de drames ♪ Aux premières lueurs (1)

Il y a 25 ans, sortait ce 37ème album des Tuniques Bleues… Je ne me souvenais plus que cela faisait aussi longtemps que ces dernières étaient devenues creuses niveau scénario…

Ah, elles sont loin ces belles années où le duo sergent Chesterfield et le caporal Blutch, emmené par le tandem Cauvin/Lambil, me mettaient en joie.

Là, j’ai l’impression d’être passée d’un service entrée, plat, dessert, café et pousse-café à un croûton de pain sec qui m’a laissé avec la dent creuse. C’est vide et on a rempli cet album avec ce qu’on pouvait, en remplissant de faits qui n’ont rien à voir avec un duel dans la Manche.

Chesterfield et Blutch se retrouvent sur un bateau de la marine Nordiste et puisque tout le monde veut savoir pourquoi le sergent Chesterfield fait la gueule, Blutch explique qu’à cause d’une bourde d’un nouveau général (qui a coûté des vies nordistes), ce furent eux qui ont été désigné responsables de cette connerie monumentale.

Ce n’est pas la première fois que le scénariste nous parle des gradés plus crétins que leurs pieds, mais j’ai eu l’impression que c’était juste pour meubler un peu.

De plus, que personne ne remette ce gradé à sa place alors qu’il est le seul responsable de cette bourde et qu’on fasse nommer Chesterfield et Blutch comme responsables, je trouve cela fort de café.

Anybref, après quelques cases vides de texte où nos deux militaires explorent la ville d’Amsterdam, on a un gag assez amusant avec le vendeur de maatjes et ce n’est qu’à la page 25 qu’on largue les amarres pour aller tenter de couler un bateau Confédérés qui s’amuse à couler tous les nôtres (le CSS Alabama).

Je précise que l’album ne fait que 46 pages et non 62 comme certaines bédés au bon vieux temps. Quelques passages de plus où Chesterfield et Blutch se tapent dessus et voici enfin le combat naval qui commence à la page… 30 !

Nous avons dépassé depuis longtemps la mi-album et je n’ai rien eu à me mettre sous la dent alors que je m’attendais avoir droit à un combat naval digne de ce nom, vu le titre.

Ben pas vraiment puisqu’à la page 37 tout était plié dans ce combat naval de l’USS Kearsarge (le nôtre) contre ce bateau Confédéré blindé d’acier (le CSS Alabama)…

Un fait réel, d’accord (il s’est déroulé au large de Cherbourg en juin 1864), mais purée, le lecteur a tout de même droit à un peu plus, non ??

7 pages en tout et pour tout pour un duel dans la Manche, et il faut encore retirer les cases avec nos deux amis aux fers, puis libérés, puis qui vont se cacher… Seules les pages 35 et 36 possèdent des plans un peu plus large sur le combat…

Ensuite ? On meuble de nouveau, les combats sont terminés, on rentre au port pour réparer et en renvoie nos deux amis en Amérique pour continuer cette guerre de Sécession qui reprend de plus belle avec un nouveau gradé qui, on le sent bien, va refaire les mêmes conneries que le précédent.

Pour moi, cet album est creux et j’ai cette horrible sensation qu’après l’album 27 (Bull Run), on n’a plus rien eu de génial, comme dans les premiers albums (exception faite de l’excellent album N°33).

Heureusement que je l’ai acheté en seconde main…

(1) Mes plus plates excuses à Jacques Brel pour l’emprunt et le détournement de sa belle chanson « Amsterdam ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°16.

Lucky Luke – Tome 27 – Le 20ème de cavalerie : Morris & Goscinny

Titre : Le 20ème de cavalerie                                       big_5

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris
Édition : Dupuis (1965 pour la première édition)

Résumé :
Chien Jaune, le chef de la tribu des Cheyennes décident de rompre le traité de paix conclu avec les États-Unis. Il dit qu`on a tué des bisons sur ses terres.

Lucky Luke a pour mandat de ramener la paix et de trouver la personne qui a tué les bisons. Il se joint à la 20ième de cavalerie, qui est sous les ordres du colonel Mac Straggle, pour mener son enquête.

Critique : 
Quoi ?LuckyLuke enrôlé dans l’armée ? Mais c’est un cauchemar pour notre cow-boy solitaire, ça, lui qui ne reçoit d’ordres de personnes, le voilà obligé de défiler comme les autres soldats.

Que s’est-il passé pour que l’on en arrive à de telles extrémités ? Ah, voilà, j’ai compris ! Les Cheyennes ne sont pas contents, ils accusent l’armée américaine d’être venue tuer des bisons sur leurs terres.

Mais l’armée est innocente… alors ce bon vieux Lucky Luke va devoir retrouver le véritable massacreur des bisons, mener son enquête incognito afin de comprendre qui avait intérêt à rompre de la trêve entre indiens et armée.

L’arrivée de Lucky Luke et de son fidèle Jolly Jumper au sein du 20° de cavalerie qui défile est un grand moment d’hilarité.

Notre cow-boy libre se retrouve sous les ordres du colonel Mac Straggle, un militaire strict et droit qui va lui faire la vie dure, mais dérider les zygomatiques des lecteurs.

Le comique est présent dans toutes les cases : bons mots, jeux de mots, situations cocasses, comique de situation, comique par l’absurde, le running gag et j’en passe.

— Ming Li Foo est voué à la propreté, il vient d’essuyer des coups de feu !

Les adultes comme les enfants peuvent lire cette bande dessinée, les adultes auront juste une lecture plus aboutie, riant sous cape de l’imbécilité qui peut régner dans la grande muette.

— Ils vont nous assiéger. Avons-nous des vivres pour tenir longtemps ?
— Nous allons voir, Monsieur… Sergent ! Un état des vivres en trois exemplaires sur formulaire 1.425 U.S.C. !

Il faut dire que le colonel du fort est un sacré morceau ! La diplomatie, il ne connait pas, mais la propreté poussé à l’extrême, oui. De plus, son fils étant dans le régiment, il le brime 100 fois plus que les autres, de peur qu’on ne pense qu’il le favorise.

— Mon service est terminé, Sir! Je demande la permission de me retirer.
— Si ton service est terminé, tu peux m’appeler Papa, mon garçon… Qu’est-ce que c’est?
— C’est l’alerte, Papa.
— Je sais bien que c’est l’alerte, cavalier! Et quand c’est l’alerte, le service reprend! Vous serez puni pour avoir appelé votre colonel Papa !

On ne compte plus les kilos de patates épluchées en tant que punition, durant cet épisode. Papa colonel vérifiant la qualité des épluchures. Et quand les patates viennent à manquer, on puni le fiston et lui demandant de faire semblant de les éplucher, son père faisant semblant ensuite de les contrôler.

— Que font-ils ?
— Ils font semblant d’éplucher des patates. Ce sont les punis de corvée de patates. Ordre du colonel : patates ou pas patates, la vie du 20è de cavalerie doit continuer comme si de rien n’était.
— Et faites semblant de faire des épluchures fines, vous autres ! Le colonel fera semblant de les examiner !

Bon, l’armée n’est pas la seul à en prendre pour son grade, les dirigeants au Gouvernement aussi vu qu’ils ont l’air d’être à mille lieues des véritables problèmes. Un peu comme les nôtres qui discuterons du sexe des Anges alors que la forteresse s’écroule !

— Nous avons reçu des nouvelles préoccupantes de la frontière, Messieurs. Les Cheyennes menacent de rompre la trêve…
— Le colonel MacStraggle est un grand soldat, mais je crains que comme diplomate…
—  Je connais un homme tout indiqué pour traiter avec les Cheyennes. Je propose qu’on lui envoie immédiatement un représentant pour lui demander son aide…
—  Adopté ! Passons à la question suivante : l’uniforme des postiers…

Ici, les indiens, bien que « comiques », ne sont pas présentés comme des fous sanguinaires, mais bien comme un peuple qui essaye de ne pas se faire marcher sur les pieds une fois de plus.

Parqués dans leurs réserves, ils ont promis de laisser les voyageurs passer si on fiche la paix à leurs bisons. Si l’Homme Blanc mange sa parole, l’Homme Rouge monte sur le sentier de la guerre.

Bref, de l’humour dans cet album, mais pas que ça. Une enquête, quelques piques à l’armée, au gouvernement, un fils qui doit tuer le père (au sens figuré) et une grosse pique aux Blancs qui firent bien souvent énormément de tort aux Indiens.

À lire !

Challenge « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur, « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2014), « Polar Historique » de Sharon et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.