Le syndrome [E] : Franck Thilliez [Franck Sharko et Lucie Hennebelle – Tome 1]

Titre : Le syndrome [E] – Franck Sharko et Lucie Hennebelle – Tome 1

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Fleuve Noir Thriller (2010) Pocket (2012 / 2017)

Résumé :
Méfiez-vous le Syndrome E est certainement en vous… Un film mystérieux et malsain qui rend aveugle…

Voilà de quoi gâcher les vacances de Lucie Henebelle, lieutenant de police à Lille, et de ses deux adorables jumelles. Cinq cadavres retrouvés atrocement mutilés, le crâne scié…

Il n’en fallait pas plus à la Criminelle pour rappeler le commissaire Franck Sharko en congé forcé pour soigner ses crises de schizophrénie.

Deux pistes pour une seule et même affaire qui va réunir Henebelle et Sharko, si différents et pourtant si proches dans leur conception du métier.

Des bidonvilles du Caire aux orphelinats du Canada des années cinquante, les deux nouveaux équipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu, d’une réalité effrayante et qui révèle que nous pourrions tous commettre le pire.

Car aujourd’hui, ceux qui ne connaissent pas le syndrome E, ne savent pas encore de quoi ils sont capables…

Critique publiée sur Babelio le 5 juin 2012:
Le jour où je passerai l’arme à gauche (ou à droite, pas de sectarisme), je me dirai que dans ma vie, j’ai eu la chance de lire de très bons auteurs de polars… de très bons auteurs de thrillers… de très grands auteurs…

Thilliez a cette chance unique (il ne se sent plus, l’homme, depuis qu’il le sait) de pouvoir figurer sur ma liste d’auteurs de thrillers qui ont fait vibrer mon petit coeur de lectrice, qui m’ont fait frissonner, qui m’ont donné des sueurs froides, m’ont fait ressembler à une asociale de la pire espèce parce que je grognais dès que l’on voulait m’ôter un livre des mains, tel un chien rongeant son os.

Première incursion dans le monde de Franck Thilliez, plongée directe en eaux troubles et froides et j’en suis ressortie plus groggy que si j’avais disputé dix rounds face à un champion de boxe.

C’était ma première rencontre avec ses personnages – Lucie Henebelle et Frank Sharko – et pour le prix, je les ai eu tous des deux ensemble dans le même roman.

Deux écorchés vifs, des personnages bien travaillés, pas des personnages guimauviens ou fadasse comme la soupe de ma grand-mère, quand elle oublie le sel. Non, des vrais personnages brut de décoffrage, plus écorchés qu’une bête à l’abattoir.

Deux flics plus flics que tous les flics réunis, ne vivant que pour leur boulot, que pour la traque de la bête, tels des chiens de chasse lancés sur la piste d’un cerf. Des dingues, surtout Lucie. Prête à tout. Quand au commissaire Sharko, c’est encore pire… Il est tellement écorché qu’il est atteint de schizophrénie.

Au moins, nous sommes loin des personnages tous lisses que nous avions parfois dans les romans, des gentils tout plein, sans problèmes, avec une femme aimante, des gosses polis et un chien sans puces, au poil lisse. Ici, pas de ça ! Politiquement incorrect, oui. N’hésitant pas à dézinguer des salauds, s’il le faut.

Nos amis Lucie et Franck, partant chacun de leurs côtés, séparément, vont se croiser au cours de leur enquête et la mèneront de concert, tous les deux.

Le genre de chose que j’apprécie dans un roman : deux enquêtes qui n’ont rien en commun et qui se télescopent à un moment donné, sans que vous sachiez « comment » et « pourquoi ». Faut faire durer le plaisir.

Pour ce qui est de leur enquête, je dois dire que « temps mort » n’est pas présent, mais que « morts à gogo » oui, et pas des scènes de crime toutes propres comme chez Columbo ! Gore de chez gore, j’adore!

Sur la fin, les pages tournaient toutes seules, animées d’une vie propre et je me retranchais de plus en plus dans mon monde, courant avec mes deux flics. Je voulais savoir !

Un seul défaut : le nom du commissaire Sharko… Désolé, mais parfois, dans le feu de l’action, mes yeux, ces traîtres, ou mon cerveau, ce salopard, prenait un malin plaisir à ôter le « h » ce qui donnait… je vous le donne en mille… Oui, lui, le petit nerveux.

Avouez que cela peut vous casser une ambiance quand, au lieu de visualiser le grand type costaud qu’est Sharko, vous voyez un petit excité gesticulant. Je vous jure que je ne suis pas maso, mais un truc pareil, ça vous colle deux fois plus de sueurs froides !

Tout autre chose, un bon point pour son incursion dans mon pays, avec la ville de Liège et la clinique universitaire de Saint-Luc, à Bruxelles, que je connais bien.

L’auteur semble aussi être au courant d’un secret d’état bien gardé chez nous : l’état déplorable de nos autoroutes qui ressemblent parfois à une piste du Paris-Dakar, mais plus Dakar que Paris… Ma foi, je lui dirais de ne pas trop se plaindre, il ne les a pas payée, lui !! L’argent de ses impôts ne sont pas passé dans la réfection de cette bande d’asphalte qui se désagrège au fur et à mesure…

Pour conclure (et pas dans le foin), je dirais que le Syndrome [E] est un livre [E]xcellent, digne d’un thriller comme ils se doivent d’être, entrainant, palpitant, bien torché et pas classique, comme scénario. On sort des sentiers battus et tant mieux.

Je me suis posée bien des questions et la fin nous laisse sur un cliffangher des plus dégueulasses pour le lecteur qui ne possède pas la suite [Gataca] sous la main.

Moi, je l’avais… et j’ai replongé avec délice dans les eaux sombres et glaciales…

Faites pareil, vous ne regretterez pas le voyage.

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Puzzle : Franck Thilliez [LC avec Bianca]

Titre : Puzzle

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Fleuve Éditions (10/10/2013) / Presse Pocket (09/10/2014)

Résumé :
Accepteriez-vous de mourir… juste pour un jeu ?
Illan et Chloé, deux jeunes gens spécialistes des chasses au trésor ont longtemps rêvé de participer à la partie ultime.

Celle d’un jeu mystérieux dont on ne connaît pas l’entrée, mais dont on connaît le nom : Paranoïa.

Lorsque les deux amis sont enfin sélectionnés, on leur remet la règle numéro 1 : « Quoi qu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu. »

Après plusieurs heures de route, ils arrivent devant un gigantesque bâtiment isolé en pleine montagne portant le nom de « Complexe psychiatrique de Swanessong » où ils sont informés de la règle numéro 2 :
« L’un d’entre vous va mourir. »

Quand les joueurs trouvent le premier cadavre, quand Illan découvre des informations liées à la disparition mystérieuse de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est plus en plus difficile à établir…

Paranoïa peut alors réellement commencer…

Critique :
Huit grands joueurs accédèrent enfin au jeu Paranoïa,
Deux d’entre eux disparurent et seulement six il resta.
Les Six continuèrent le jeu, car tout ceci n’était que fiction,
L’un manqua et les Cinq n’eurent pas de soupçons,
Ramenés à Quatre, ils étaient toujours aussi cons,
De pas remarquer que ça faisait comme dans le roman d’Agatha,
Où à la fin, il ne reste plus que toi, lecteur lambda…

Ça faisait longtemps que je n’avais plus fait un marathon lecture : le temps merdique s’y prêtait, mon jour de congé aussi et, bien entendu, le roman de monsieur Thilliez !

Sacré Franck, va ! C’est pas la première fois que je dévore un de tes romans, mais avec autant de ferveur, je n’en avais plus souvenir (mais je vieilli aussi).

Par contre, mon cher Franck (Tu permets ? Parce que je me suis permise), étant une cinéphile honnête et une grande lectrice, je ne te cacherai pas que j’ai vu venir l’affaire de très très loin ! Pour ta défense, tu ne l’avais pas trop caché non plus…

Est-ce que ça a gâché mon plaisir de savoir à l’avance ce qui m’attendait à la fin ?? Que nenni ! Je savais, je me doutais, je soupçonnais, mais je m’en foutais, je lisais comme une dératée car tu as réussi à créer une ambiance de paranoïa comme j’adore les détester !

Ben oui, on a peur, on tremble, on est dans un huis-clos, le tout se déroulant dans un ancien hôpital psychiatrique désaffecté, avec des conditions météo adaptées et, malgré le fait que je me doutais, je ne pourrai pas nier que tu as su tisser les fil d’un mystère bien sadique et tortueux.

Les descriptions des machines à lobotomiser ou électrocuter les pauvres fous qui furent soignés au Swanessong m’ont fait froid dans le dos, car hélas, ceci n’était plus de la fiction…

— Bon Dieu, la voilà enfin, s’exclama Chloé en restant immobile dans l’encadrement d’une porte. La fameuse salle dédiée à la lobotomie préfrontale. L’une des toutes premières du genre, qui a fait la sombre réputation de cet hôpital.

Conseil à celui ou celle qui voudrait commencer ce roman : vaut mieux le faire au matin et un jour de congé, car si je l’avais ouvert au soir, j’aurais passé une nuit blanche dessus ! Tout en me doutant de l’issue…

C’est vous dire comment l’auteur a réussi à me scotcher à mes pages. Un talent, il a, c’est indéniable ! Je comprends que la clinique Elfique qui s’occupe de mon autre binôme de lecture lui écrive souvent pour se plaindre de l’état de Stelphique après lecture d’une de ses œuvres.

LC réalisée avec Bianca (lien vers sa chronique ICI). Merci à elle de m’avoir donné le choc électrique nécessaire pour enfin sortir ce roman de ma PAL où il prenait la poussière depuis sa sortie (il y a 3 ans).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).