La Ligne verte – Tome 6 – Caffey sur la ligne : Stephen King

Titre : La Ligne verte, tome 6 : Caffey sur la ligne                big_5

Auteur : Stephen King
Édition: Librio (1996)

Résumé :
– Tu dois le sortir de là, Paul. Il faut le sortir de là ! Tenter une évasion, mentir, prendre des risques…

John Caffey doit sortir de sa cellule. Janice, la femme de Paul l’a compris. Tous le savent. Cet homme est pur…

Comme l’agneau qui vient de naître, comme le Fils venu sauver les hommes. Mais la tragédies est en marche.

Au bout du corridor, l’odieuse machine attend une victime. Le sacrifice doit être consommé. Alors, quand vient son tour de remonter la ligne verte, qui sauvera John Caffey ? Qui peut le sauver ?

Paul Edgecombe voudrait oublier. Oublier que, parfois, il n’existe aucune différence entre le salut et la damnation éternelle.

Et, lorsqu’il cherche le sommeil, ce qu’il voit, ce sont les yeux toujours humides de John Caffey, l’homme miraculeux aux larmes éternelles…

Critique :

Mouchoirs !!

L’exécution de John Coffey, quand l’émotion est palpable et que la salive ne descend plus dans la gorge, que vous avez mal à votre gueule (pour parler mal) à force de crisper les mâchoires devant une injustice avec un grand « I ».

Un miracle de la nature mis à mort…

Oui, j’ai pleuré en lisant le dernier tome. Oui, ce livre a eu des conséquences sur ma manière de penser. Oui, il m’a marqué, plus que d’autres. Oui, il en reste des traces encore maintenant, dès années après ma lecture.

Oui, en y repensant, j’ai encore mal ma gueule…

Merci à Stephen King de l’avoir écrit.

Challenge « Les 100 livres à lire au moins une fois » de Bianca et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » chez Kabaret Kulturel.

La Ligne verte – Tome 5 – L’équipée nocturne : Stephen King

Titre : La Ligne verte, tome 5 : L’équipée nocturne     big_5

Auteur : Stephen King
Édition: Librio (1996)

Résumé :
« J’l’ai fait. J’l’ai fait, pas vrai ? » répète John Caffey de sa voix basse.

Oh, oui ! il l’a fait ! Il l’a fait pour Mister Jingles et pour Paul Edgecombe. Et ses larmes ont cessé de couler. C’est vrai, pour Delacroix, il n’y pouvait rien. Mais pourquoi ne le ferait-il pas pour Melinda ?

Cette idée folle a germé dans l’esprit du gardien-chef. John Caffey, le colosse étrange et doux, le meurtrier des petites Detterick, peut sauver Melinda. Il est le seul. Paul doit seulement le conduire jusqu’à elle.

Briser le règlement, immobiliser Percy, sortir le prisonnier…

L’expédition est insensée. Mais Paul est allée trop loin… Une onde de choc… Une rafale de vent… Un hurlement… Et cette nuit, cette nuit terrifiante qui n’en finit pas…

Critique :

Moi aussi j’avais compris que Caffey était innocent et qu’il avait un don dans les mains. Montagne de muscles, esprit simple, mais doux.

C’est ici que Paul va parler à ses collègues du don de Caffey et qu’ils mettront au point une folle équipée.

Suspense, lors de cette folle sortie, mon coeur s’est emballé et j’ai crains que malgré tout, Caffey soit tout de même mis à mort…

Ici aussi je suis passée par bons nombres d’émotions, mais la plus prégnante était celle qui ne me lâchait pas d’une semelle et le sentiment qu’une horrible injustice allait avoir lieu et qu’il m’y faudrait y assister, impuissante, tout autant que les gardiens.

Challenge « Les 100 livres à lire au moins une fois » de Bianca et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » chez Kabaret Kulturel.

La Ligne verte – Tome 4 – La mort affreuse d’Edouard Delacroix : Stephen King

Titre : La Ligne verte, tome 4 : La mort affreuse d’Edouard Delacroix

Auteur : Stephen King                                          big_5
Édition : Librio (1996)

Résumé :
Sur le lino vert du pénitencier, Mister Jingles gît dans son sang. Dans ses petits yeux noirs de souris, une expression d’agonie et de stupeur bien trop humaine.

Au-dessus de lui, Percy sourit. Et le hurlement de Delacroix n’y change rien. Le tonnerre, ce jour-là, n’avait cessé de gronder.

Le ciel était lourd de nuages, déchiré d’éclairs. Une tornade meurtrière s’était levée. Les éléments déchaînés protestaient. C’était l’exécution de Delacroix.

Autour de la chaise électrique, Percy s’affaire. Il jubile. C’est son heure. C’est lui qui pose le masque sur le visage du condamné, lui qui lève la main pour.

Mais quelque chose ne va pas! Oh! un simple détail. Les autres n’ont rien vu! Et cette fois, hélas, John Caffey, oui, John Caffey lui-même n’y peut rien.

Critique :

Là, j’ai vraiment eu envie de tuer de mes propres mains ce fils de sa mère de Percy.

La souffrance, il s’en nourrit, surtout de celle des autres. Mais là, on dépasse toutes les bornes et, bien que Delacroix ait du sang sur ses mains, il ne méritait pas une telle mort. Elle s’étale sur plusieurs pages et j’ai poussé un cri muet de terreur, imaginant ce qu’un homme pouvait ressentir.

Percy se fera taper sur les doigts par ses collègues.

Delacroix a réussi à faire naître de l’empathie chez moi. Comme quoi, même les criminels peuvent nous émouvoir de temps en temps, sous la plume de King dans ses meilleurs jours.

Challenge « Les 100 livres à lire au moins une fois » de Bianca et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » chez Kabaret Kulturel.

La Ligne verte – Tome 3 – Les Mains de Caffey : Stephen King

Titre : La Ligne verte, tome 3 : Les Mains de Caffey      big_5

Auteur : Stephen King
Édition: Librio (1996)

Résumé :
Ils sont trois à présent. John Caffey, Delacroix et Bill Wharton, le plus jeune et le plus dangereux.

Trois meurtriers du bloc E, qui n’ont plus rien à espérer de l’existence.

Au bout de la ligne verte, la chaise électrique les attend. Mais avant.

Avant, se souvient Paul Edgecombe, tout s’est mis à aller de travers. Oh! pas tout d’un coup. Non. Mais lentement, comme ça.

Des événements insignifiants qui, bout à bout, auraient permis de comprendre, de prévoir, d’éviter. Wild Bill s’en foutait. De tout.

Caffey, égaré dans son silence, demeurait une énigme. Un doute, Delacroix était de trop bonne humeur.

Et Percy. Percy, arrogant et lâche, n’avait pas sa place au bloc E. Pourtant, quand Mister Jingles traverse la ligne verte à la poursuite de son jouet, il est là.

Et Paul Edgecombe, horrifié, se souvient.

Critique :

Dans ma critique précédente, emportée par les souvenirs, j’ai sans le vouloir critiqué le tome 2 et le 3.

C’est dans ce tome ci que Caffey enlève, grâce à l’imposition de ses mains, l’infection de Paul. La partie avec la chaise électrique et la rébellion d’un condamné, ce n’était pas dans le 2.

La sensation se malaise augmente dans ce tome, crescendo. Percy cherche tout le monde et déteste Mister Jingles, bien évidemment.

Étouffant, on sent qu’il va se passer quelque chose de grave. Si ce n’était qu’une chose de grave.

Ce roman de King est vraiment à découvrir, si vous ne l’avez jamais lu. Le film est quasi le même que le livre, à un détail près.

Challenge « Les 100 livres à lire au moins une fois » de Bianca et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » chez Kabaret Kulturel.

La Ligne verte – Tome 2 – Mister Jingles : Stephen King

Titre : La Ligne verte, tome 2 : Mister Jingles                  big_5

Auteur : Stephen King
Édition: Librio (1996)

Résumé :
Dans les années 30 au pénitencier de Cold Mountain (Louisiane), le gardien-chef Paul Edgecomb responsable du Bloc E, où se trouve le couloir de la mort « la ligne verte ». Il est très attaché au règlement, mais reste très humain avec les condamnés qui lui sont confiés en attendant leur exécution.

Paul est secondé par plusieurs personnes dont Brutus Howell « Brutal », plutôt doux, il a un physique impressionnant, et Percy Wetmore personne antipathique, qui ne travaille au Bloc E que dans l’unique but de diriger une exécution capitale.

Dans le couloir de la mort il n’y a qu’un seul condamné Edouard Delacroix meurtrier un peu simplet qui a apprivoisé une souris surdouée baptisée « Mr. Jingles ».

Puis il est rejoint par John Caffey (comme la boisson mais ça s’écrit pas pareil). C’est un colosse noir condamné pour le viol et le meurtre de deux fillettes, malgré son physique et sa condamnation il semble doux et inoffensif.

Mister Jingles

Critique :

Même après la lecture de l’accablant dossier, Paul était resté très dubitatif au sujet de la culpabilité de Caffey, et moi aussi.

Crise de démence passagère ? Erreur judiciaire ?

Percy Wetmore, lui, le salopard, jubilait de la destination des détenus du bloc E. Ses collègues le détestent, c’est une teigne, mais ce crétin sadique est parent avec le gouverneur. Et vu que la teigne veut aller ailleurs, il va magouiller.

En plus de frapper les détenus, il ne rêve que d’une chose : monter au front et griller du prisonnier. Dans ce chapitre, vous le verrez dans toute sa roublardise et vous n’aurez qu’une envie, le faire griller vous-même !!

L’arrivée extravagante de William Wharton, criminel de 19 ans qui n’avait plus rien à perdre avait dévoilé la peur qui poussait Percy à être ce qu’il était. Oui, Percy est un trouillard, un couillon, un pisseur dans son froc. Seuls les faibles profitent du fait qu’une personne ne sait pas se défendre pour s’en prendre à elle.

Le problème qui fera monter ma tension, et celles des gardiens, ce sera Wharton, qui, faisant semblant d’être sous haute dose de calmants, s’était réveillé d’un coup et avait envoyé les gardiens au tapis, manquant de peu d’étrangler Dean Stanton sous les yeux de Percy paralysé de peur. Trouillard, je vous le disais et j’avais, une fois de plus, envie d’entrer dans le livre pour le flinguer.

Le fantastique est arrivé ensuite, pendant que les collègues s’occupaient du dingue, Paul était resté seul avec Caffey et le géant noir l’avait attrapé à travers les barreaux, posant sa main sur le pubis du chef. Quelques secondes plus tard, il reculait en titubant et s’allongeait après avoir exhalé une nuée de petits insectes qui disparaissaient.

Ensuite ? Paul n’avait plus l’impression de pisser des rasoirs. Envolée l’infection urinaire qui lui pourrissait la vie.

Sans oublier Delacroix qui fait réaliser des tours à sa souris, nommé Mister Jingles.

Moi qui déteste les souris, celle là, je l’ai adorée !!

Toujours un chapitre qui se dévore, la tension monte et l’adrénaline aussi.

Challenge « Les 100 livres à lire au moins une fois » de Bianca et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » chez Kabaret Kulturel.

La Ligne verte – Tome 1 – Deux petites filles mortes : Stephen King

Titre : La Ligne verte, tome 1 : Deux petites filles mortes             big_5

Auteur : Stephen King
Édition:  Librio (1996) / J’ai Lu / Livre de Poche

Résumé :
Octobre 1932, pénitencier d’État, Cold Mountain, Louisiane. Le bloc E, celui des condamnés à mort, reçoit un nouveau pensionnaire : John Caffey rejoint ceux qui attendent de franchir la ligne verte pour rencontrer la chaise électrique, Miss Cent Mille Volts.

Mais Caffey n’est pas comme les autres. D’accord, on l’a retrouvé auprès des cadavres ensanglantés de deux petites filles, mais il est étrangement absent. Jusqu’au jour où Paul, le gardien-chef, tombe malade et alors une terrible vérité semble s’esquisser.

Qui est ce prétendu meurtrier aux pouvoirs étranges ? Qui dresse Mister Jingles, l’étrange souris, bien trop intelligente ? Quand Paul commence à répondre à ces questions, il sent que personne dans le bloc E ne sortira indemne de la rencontre avec John Caffey.

Petit plus : Renouant avec la tradition des feuilletonistes, Stephen King, le prolifique auteur de fantastique, propose un récit troublant, initialement en six volumes, entre roman noir et conte de fées, dont a été tiré un film, La Ligne verte, avec Tom Hanks.

Critique :

Roman publié aux éditions Librio en six parties (*), et, curieuse, j’avais acheté le premier volet, celui qui met en place les personnages de ce couloir de la mort, ce bloc E, cette antichambre de l’enfer, située dans le pénitentier de Cold Mountain. Miss Cent-Mille-Volt se trouve être votre dernière étape avant de passer de l’autre côté.

Fervente adepte de cette méthode barbare, le livre m’a fait changer de mentalité. Nous sommes en 1932 (dans le livre) et c’était déjà barbare, la peine de mort. Et en 2012, « non, non, rien n’a changé, tout à continué ».

Les personnages de King, que ce soit les gardiens ou les prisonniers, étaient fouillés, travaillés et certains m’ont ému au-delà de tout.

Ce premier livre nous raconte le meurtre atroce de deux petites filles et l’arrivée du meurtrier : un grand homme noir, qui tenait les petits cadavres dans ses bras. John Caffey, comme le café, mais ça s’écrit pas pareil. Montagne de muscle, mais montagne de douceur.

C’est là aussi que l’on croise l’assassin prénommé Delacroix, son étrange souris et du gardien Percy Wetmore, une sale teigne qui se repait de la souffrance des autres.

A la fin de ce premier tome, j’étais accro et je râlais de ne pas avoir acheté les cinq autres.

En un tome, j’étais déjà passé par beaucoup d’émotions : tristesse et colère pour la mort des deux enfants, empathie envers Caffey, haine de Percy,…

Challenge « Les 100 livres à lire au moins une fois » de Bianca et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » chez Kabaret Kulturel.

(*) Existe aussi aux éditions « Livre de Poche » et « Presse Pocket » en un seul et unique roman. Moi, je l’ai suivi peu de temps après sa sortie.

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Dix petits nègres : Agatha Christie

Titre : Dix petits nègres

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Masque (1939) / Livre de Poche (2004) / …

Résumé :
Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l’île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent.

Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités.

Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l’élimination minutieuse de dix petits nègres.

Après le premier repas, une voix mystérieuse s’élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes.

Un des convives s’étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît.

Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte.

Le coupable se cache-t-il dans l’île, parmi les convives ?

Petit plus : Une poignée de personnages admirablement campés, une ambiance tendue, un suspense à couper le souffle et une fin complètement inattendue…

La reine du crime nous livre ici un classique de la littérature policière !

Critique :

Peut-on être fan de romans policiers et ne pas lire la reine du crime, j’ai nommé : Agatha Christie ? Difficile…

De toute façon, on ne peut pas lire Agatha Christie sans passer par « Dix petits nègres ».

Il ne fut pas mon premier livre de cette auteur, mais une fois que j’ai entamé celui-là, j’ai eu du mal à m’en détacher, au point que, lorsque ma mère avait crié « à table » je m’étais dirigée à la cuisine et continuant de lire, comptant bien lire en mangeant (un de mes vices).

Ce dont il ne fut pas question ! Non, je ne lirais pas à table, non je ne sauterais pas le repas non plus. La mort dans l’âme, j’avais posé le livre et dévoré mon assiette pour le reprendre plus vite.

Il fait partie des livres dont j’ai eu le plus difficile de me détacher.

D’ailleurs, plus de 20 ans après, je me souviens toujours du coupable et du pourquoi.

Histoire haletante, suspense, frissons, questions, aussi, sur le pourquoi tous ces gens sont réunis et sur ce qu’ils ont fait.

Oui, ils sont tous coupables d’une chose où l’autre, on du sang sur les mains, de manière directe ou indirecte…

Par exemple, les Rogers n’ont pas assassiné Jennifer Brady, dans le sens qu’ils ne lui ont pas donné un coup de couteau. Ils se sont contentés de ne pas agir pour la sauver.

L’absence de Poirot avait failli me dissuader d’acheter ce roman, mais je m’étais dit que « oh, après tout, on verra bien ». J’avais tout à fait raison !

L’ambiance du livre est lourde, le climat paranoïaque, le huis clos pesant entre les protagonistes, le compte à rebours est implacable et il décompte les gens qui restent sur l’île, le suspense est présent de bout en bout, et ce, jusqu’au bout.

Ne croyez pas que tout est fini dans les dernières lignes tant que vous n’avez pas vu le mot « fin ».

Et le dénouement était à la hauteur de mes espérances, même au-delà puisqu’il me fit l’effet d’un uppercut dans la mâchoire, n’ayant rien vu venir.

Bref, la reine du crime a frappé un grand coup avec ce roman devenu culte.

Et que dire des liens entre les dix phrases qui étaient inscrites sur le tableau et les meurtres qui ont suivi ? du grand art, tout simplement.

C’est vraiment un excellent livre à lire et je trouve que c’est le meilleur de tous les livres d’Agatha Christie.

Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » chez Kabaret Kulturel et « Les 100 livres à lire au moins une fois » de Bianca.

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Des fleurs pour Algernon : Daniel Keyes

 Titre : Des fleurs pour Algernon

Auteur : Daniel Keyes
Édition: J’ai Lu

Résumé :
Algernon est une souris de laboratoire, Charlie Gordon un simplet employé aux médiocres besognes. Tous deux vont emprunter, grâce à une découverte du docteur Strauss et du professeur Nemur, le chemin vers l’intelligence.

Suivi par la psychologue Alice Kinnian dont il tombe rapidement amoureux, Charlie va faire de grands progrès sur le plan intellectuel.

Ainsi, au terme du troisième mois de traitement, il consigne dans son journal, originellement intitulé CONTE RANDU : J’ai téléphoné à Landsdoff au New Institute for Advanced Study, au sujet de l’utilisation des paires d’ions produites par effet photo-nucléaire, pour des recherches exploratoires en biophysique.

La progression est fulgurante. Mais le plus dur est à venir, et la découverte du monde qui l’entoure sera sans concession.

Puis soudain le rêve s’effondre, Algernon décline et finit par mourir.

Petit plus : A rapprocher de Quotient intellectuel à vendre de John Boyd, cette fable émouvante conviendra autant aux jeunes lecteurs avides de découvertes qu’aux amateurs qui seraient passés à côté de ce livre aujourd’hui classique.

Il obtint en effet le prix Hugo en 1960 et fut porté à l’écran par Ralph Nelson en 1968 sous le titre de Charly.

Critique : 
« Un bon livre, c’est un livre qui te fait mal quand tu le refermes. »

Cette année 2012 est un bon millésime car riche en « coups de coeur »  littéraires.

Ces coups de coeur, je les dois aux critiques sur Babelio, qui m’ont données envie d’enrichir ma bibliothèque, mais aussi à certains membres qui m’ont conseillé des livres dont ils se doutaient qu’ils me procureraient des heures de plaisir.

Et bien, ce livre, c’est aussi grâce aux bonnes critiques lues sur Babelio et surtout grâce au fait que Métaphore me l’ai recommandé comme j’hésitais avec un autre titre.

Cette oeuvre de science-fiction (que je n’aurais eu l’idée de lire), je l’ai acquise et lue dans le cadre du challenge « Romans Cultes » organisé par Métaphore.

C’est grâce à son challenge que j’ai découvert cette pépite.

« Des fleurs pour Algernon » fera, lui aussi, partie de ces romans qui me hanteront encore longtemps après avoir tourné la dernière page.

Pourtant, ma première impression, en commençant ma lecture, fut un écarquillement des yeux pas possible.

En effet, sur la première ligne, je venais de lire « Conte randu » et je me suis dit qu’il devait y avoir une grève des correcteurs, le jour où le livre fut édité.

La deuxième ligne me fit tiquer aussi sur une faute d’orthographe énorme et là je me suis dit qu’il devait y avoir une subtilité que je n’avais pas vu, étant donné que j’avais commencé ma lecture en buvant mon premier café, au réveil.

Ok, c’est Charlie Gordon, le « héros » qui nous parle et vu qu’il est arriéré mental, ces fautes d’orthographe sont normales.

Le personnage de Charlie est sympathique, on aurait presque envie de gueuler sur tous ceux qui se moquent de lui, sans que Charlie s’en rende compte.

Évidemment, il est toujours plus facile de se moquer de ceux qui ne savent pas se défendre, cela nous rend plus fort…

Charlie ne veut qu’une chose, devenir « un telligent ». La science le fera, mais les rêves, une fois qu’ils sont réalisés, ne sont pas toujours agréables et Charlie va le découvrir à ses dépends.

Puisque son QI se développe, Charlie va tout doucement se rendre compte que les autres se moquaient de lui, qu’il peut éprouver de la colère, que lui aussi peut devenir condescendant envers les autres parce qu’ils n’ont pas un esprit aussi vif que le sien.

Voilà donc un roman qui m’a pris aux tripes, me laissant à la fin avec une boule dans la gorge parce que l’issue est tout tracée.

J’ai suivi l’évolution de Charlie, son retour dans son passé, dans ses souvenirs qui sont remontés à la surface durant l’augmentation de son QI, j’ai souffert avec lui en découvrant que sa mère, après avoir fait comme si son fils était « normal », a tout fait pour le rendre intelligent, préférant se dire que c’était de la paresse plutôt qu’une déficience mentale.

Le début est fort prenant, on remarque de suite l’amélioration de Charlie en lisant ses billets où les fautes s’estompent, où les phrases deviennent de plus en plus construite.

L’homme ayant toujours eu peur de ce qu’il ne connaît pas, de ce qui est différent de lui, voilà que les collègues de travail de Charlie ont peur de lui, ne veulent plus le voir, son niveau d’intelligence étant tellement élevé, qu’ils se sentent en infériorité devant lui.

Et vu qu’ils s’élevaient en écrasant un plus faible, une fois que le faible d’esprit devient un génie, ça les rabaissent.

Le pire c’est que Charlie devient comme eux, regardant les autres qui sont moins vifs d’esprit que lui, avec supériorité, changeant de personnalité, perdant même son sourire qu’il affichait tout le temps auparavant.

Si une partie du livre peut sembler moins importante, je l’ai lue avec avidité parce que elle signifiait aussi la révolte de Charlie qui en avait marre de ne pas être traîté en être humain et sa fuite, avec Algernon.

Arriéré avant, cobaye ensuite, il se révoltait contre ceux qui le considérait comme leur « propriété », comme s’ils lui avaient donné naissance. Ils traitaient Charlie comme Algernon, la souris blanche devenue intelligente, elle aussi, suite à une manipulation scientifique.

L’auteur ne s’appesantit pas non plus sur la vie de misère de Charlie, distillant plutôt tout cela dans les rapports écrits par Charlie, lorsqu’il se souvient et comprend. Je pense que c’est encore pire de cette manière. On a mal avec lui.

La fin est prenante, vous collant une boule dans la gorge lorsque Charlie se rend compte que le processus s’inverse…

Je l’ai terminé avec les larmes aux yeux, tant je m’étais attachée au personnage et tant il est déprimant de se rendre compte de sa déchéance.

C’est comme lorsqu’une personne atteinte d’Alzheimer se rend compte, dans un bref moment de lucidité, qu’elle perd les pédales… ça lui fait mal et aux autres aussi.

Ce livre a beau être de la science-fiction, il illustre de belle manière les dangers de la science ou de la médecine, lorsqu’elle utilise son savoir à mauvais escient.

Comme le disait Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Et c’est la vie et l’âme de Charlie qu’ils ont ruiné, même si le fait de devenir aussi intelligent était son rêve. Ceci dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions…

Le mal était plus fort que le bien qui fut fait et, ma foi, ils auraient mieux fait de lui ficher la paix, à Charlie !

Après un roman pareil, un de ceux qui me hantera longtemps après que la dernière page se soit tournée, il me faut lire un roman simple, un roman avec un meurtre ou un truc léger, une lecture qui ne prendra pas la tête, qui ne me nouera pas les tripes, ne me causera pas de l’humidité dans les yeux, un truc du genre…

Lire un Harlequin ? Non, j’ai dit « divertissant », pas « abrutissant » ! Oh, vite, un San-Antonio !

Lu dans le cadre des challenges « Romans Cultes » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret KulturelParticipe aussi au challenge « Les 100 livres à avoir lu au moins une fois » chez Bianca.