Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles : Gyles Brandreth [Saga Oscar Wilde 1]

Titre : Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles

Auteur : Gyles Brandreth

Édition : 10-18 (2009)

Résumé :

En cette fin de siècle trépidante, Oscar Wilde, dandy éclairé, virevolte de mondanités en rendez-vous discrets, lorsqu’un drame vient bouleverser sa vie.

Tandis qu’il s’apprête à écrire « Le Portrait de Dorian Gray », il découvre dans un meublé le corps d’un jeune garçon de sa connaissance. Tout semble indiquer un meurtre rituel.

Et en ami fidèle, Oscar Wilde s’est juré de ne pas trouver le repos tant que justice n’aura pas été faite pour Billy Wood.

Critique :

Tout simplement jouissif de découvrir Oscar Wilde mener l’enquête aux côtés de son Watson : Sherard Robert.

Nous sommes en 1889 et bien que l’enquête ne soit pas « trépidante » au sens premier du terme, je n’ai pas vu le temps passer pendant que je suivais Wilde au cours de ses investigations pour découvrir qui avait bien pu assassiner le jeune et joli Billy Wood.

Il est de ces livres qui, en peu de temps de lecture, nous font arriver à la page cent sans même qu’on le sente. Ici, pas de ça. Le roman se lit plus lentement, on s’imprègne des lieux, des personnages, de la société de l’époque que nous découvrons aux travers des yeux et du récit de Robert Sherard.

Le plat est consistant, rien à voir avec du fast-food déjà prémâché.

Non, pas de course poursuite, même si suivre Wilde est fatiguant tant il est magnifique et très prolixe. Pas à dire, avec un ami pareil, on ne s’ennuie pas.

Ce qui m’a fait jouir dans cette lecture, c’est dû au fait que Conan Doyle soit lui aussi présent. Pas beaucoup, ses apparitions étant trop peu nombreuses à mon goût, mais sa présence se fait surtout sentir parce que Wilde admire son détective…

En 1889, Conan Doyle a déjà publié « Une étude en rouge » (novembre 1887, dans « The Beeton’s Christmas Annual ») et là, il vient de se faire commander une autre aventure de Sherlock Holmes par Stoddart, l’éditeur américain. Oui, Wilde nous parle de ce fameux dîner avec monsieur Stoddart…

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Conan Doyle écrira « Le signe des quatre » (publié en février 1890 dans le « Lippincott’s ») et Wilde, de son côté, nous livrera « Le portrait de Dorian Gray ». Les amateurs de Sherlock Holmes disent merci à qui ? A monsieur Stoddart, of course !

Le récit de la naissance de leurs romans respectifs ne change pas par rapport à ce que j’ai toujours lu : Stoddart leur a commandé à chacun une histoire en insistant sur le fait qu’il voulait du Sherlock Holmes chez Conan Doyle. Le livre reste fidèle à cet épisode auquel j’aurais aimé assister…

Comme je le disais plus haut, l’enquête n’est pas trépidante, il n’y a pas trop d’empressement, Wilde va à son aise, comme Mycroft Holmes le ferait, avec indolence.

Avec indolence, oui, mais s’il donne l’impression d’aller à son aise, Wilde remarque de nombreux détails sans nous en faire part.

En fait, l’ombre de Sherlock et de son fidèle Watson planera tout au long du roman, Wilde étant fan des déductions du détective, nous gratifiant même de certaines déductions que n’aurait pas renié le locataire terrible du 221b.

De plus, les quelques apparitions de Conan Doyle nous donneront quelques dialogues jubilatoires entre lui et Wilde. Instructifs aussi.

D’accord, c’est du roman, mais suivre des personnages ayant réellement existé, c’est très enivrant et très inhabituel pour moi.

L’auteur connaît son sujet, l’a potassé, ce qui fait que tout est réaliste. On a l’impression de lire une partie de l’autobiographie deWilde. Je ne connaissais pas bien Oscar et là, j’ai fait connaissance avec lui de manière très agréable. Ma lecture fut réjouissante tout au long des 374 pages.

Bien que j’aie entrevu assez tôt l’identité du coupable, je n’avais pas aperçu la partie immergée de l’iceberg.

Moi qui me targuait d’avoir trouvé la solution, je n’avais soulevé qu’un coin du voile, ce qui me fit suffoquer lorsque je compris ma légère méprise… Ma terrible méprise et ma grande omission.

Je n’étais pas tout à fait dans le faux, mais j’aurais tout de même fait une grosse faute. Oh le joli coup de pied lorsque je compris…

Heureusement que je n’appartiens pas à la maison poulaga ! Sinon, j’aurais quelques erreurs judiciaires à mon compte…

Lu dans le cadre des challenges « I Love London » de Titine et Maggie, de « Polar Historique » de Samlor et de « Thrillers et polars » de Liliba.

Les bienfaits de la mort : Lee Jackson [Inspecteur Decimus Webb 3]

Titre : Les bienfaits de la mort (Enquête de Decimus Webb)

Auteur : Lee Jackson

Édition: 10/18 (2007)

Résumé :
Deux jeunes prostituées sont retrouvées sauvagement assassinées dans une maison close de Londres.

Dans la main de l’une des victimes, un morceau de papier sur lequel est inscrite une énigmatique citation biblique. Quelques jours plus tard, un cadavre est volé dans un cimetière de la capitale.

L’inspecteur Decimus Webb de Scotland Yard suspecte rapidement un lien entre ces deux macabres affaires.

Si Webb connaît par cœur les dédales crasseux et les maisons cossues de la capitale britannique, il est aussi aguerri aux turpitudes de l’âme humaine.

Ses investigations vont bientôt le mener jusqu’à un honorable homme d’affaires et bon père de famille, Jasper Woodrow.

Au cœur des faux-semblants de la société victorienne, Webb devra user de sa légendaire perspicacité s’il veut empêcher un nouveau meurtre…

L’histoire se déroule en 1874, soit 10 ans après Le cadavre du Métropolitain. C’est le second volet des enquêtes de l’inspecteur Webb.

Critique :

« Quels peuvent être les bienfaits de la mort ? », me demanderez-vous et je vous répondrai que on ne doit plus se lever pour aller gagner sa croute même si on continue, malgré tout, à engraisser une armée de rampants : les vers (ça change de l’armée qui nous gouverne).

Je plaisante, pas de ma faute si le roman porte un titre pareil…

Qu’avons nous au menu du crime ? Deux jeunes prostituées qui sont retrouvées sauvagement assassinées dans une maison close de Londres : une égorgée, l’autre étouffée (avait-elle voulu crier sa joie ?).

L’inspecteur Decimus Webb est sur l’affaire et il découvre, dans la main de l’une des victimes… Je sens que vous êtes subitement plus attentifs, bande de petits cochons…

Non, il a juste découvert, dans la main de l’une, un morceau de papier sur lequel est inscrite une énigmatique citation biblique. Ce n’était pas « Tu ne suceras point », c’est plus mystique, tiré du livre de Zob, heu, de Job.

Quelques jours plus tard, un cadavre est volé dans un cimetière de la capitale. Pas un frais, mais un vieux de 25 ans !

Moi, je n’ai pas vu quel pouvait être le rapprochement avec les meurtres, mais l’inspecteur Webb – étant plus branché que moi – a suspecté rapidement un lien entre ces deux macabres affaires (ou alors, il avait lu le quatrième de couverture, lui aussi).

Ses investigations vont bientôt le mener jusqu’à un honorable homme d’affaires et bon père de famille, Jasper Woodrow, dont nous avons – nous, lecteurs – déjà fait connaissance dès le début du roman, entrant chez lui, découvrant sa manière de vivre, sa vie, sa famille, ses amis, ses emmerdes et son commerce qui a fait sa fortune : les habits de deuil.

Il a tout du « suspect potentiel », le Jasper ! Mais Agatha Christie m’a mise à bonne école et j’ai hésité à le suspecter… Parfois, les auteurs désignent un suspect, on ne le pense pas fautif et au final, il l’est… ou pas ! Prise de tête.

Si vous voulez du trépidant, passez votre chemin, Webb va à son aise et l’auteur nous fait entrer dans la société anglaise victorienne.

Par contre, si vous avez envie de vous plonger dans le thé et les scones, de découvrir les moeurs de la société de cette époque, alors, plongez !

Le seul bémol sera pour le nom de famille d’une des protagoniste, une américaine qui vient rendre visite chez les Woodrow : mademoiselle Krout… Non, mais j’vous jure, quel nom ! Heureusement qu’elle est charmante.

Ce qui m’a fortement intrigué, dans l’histoire, ce sont les quelques interludes où le coupable à l’air de s’adresser à cette miss Krout. Intrigant. L’explication sera pour le fin.

Non, je n’avais pas vu venir le nom du coupable, bien que j’ai compris une chose importante, et assez vite.

Un bon moment passé dans la société victorienne et une résolution d’enquête dont je n’avais pas suspecté toute les ramifications, ce qui me fit une belle surprise.

Titre participant aux challenge « Polar historique » de Samlor, « Thrillers et polars » de Liliba, « I Love London » de Maggie et Titine, à « Objectif PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.