Blackwell, le pirate de la Tamise : Sherlock’s story n°6

Titre : Blackwell, le pirate de la Tamise : Sherlock’s story n°6

Auteur : Inconnu
Édition : Sherlock’s Diffusion

Résumé :
Pénible spectacle, ce 7 août 1889, dans le quartier des docks à Londres : Celui donné par un malheureux, à demi-dévêtu, qui ne semble plus posséder sa raison.

Plus inquiétant encore, d’autres cas de ce genre se sont produits au cours des mois précédents.

Sherlock Holmes, qui opérait sur les lieux, ne tarde pas à découvrir la cause de ce mal étrange qui vient de frapper une nouvelle fois.

Critique : 

Misère, Sherlock Holmes qui sort une plaque métallique de Scotland Yard, comme s’il bossait pour eux, comme dans une vraie série policière américaine, là, ça coince aux jointures. Quoi ? Il bosse pour eux et possède un numéro de matricule spécial ? Et bien, il est tombé bien bas, mon détective !

S’il l’avait volée, comme son homonyme de la BBC, j’aurais applaudi des deux mains, mais apprendre qu’il bosse avec les cognes, je ne m’en remets pas…

Le pitch ? Nous sommes en 1889, dans le quartier des docks à Londres et un pénible spectacle s’offre aux passants : un homme, à demi-dévêtu, qui ne semble plus posséder sa raison, erre sans but.

Cela intrigue Holmes parce que d’autres cas de ce genre se sont produits au cours des mois précédents.

Mais qui est cet homme perturbé ? C’est une cliente, inquiète de la disparition de son mari qui lui apprendra son identité et Holmes se mettra à la recherche du fourbe qui plante une aiguille dans la tête des gens pour leur lobotomiser le cerveau (maintenant, plus besoin d’aiguille pour les lobotomies, il suffit de laisser le patient durant quelques heures devant TF1).

Holmes, après une simple filature, atterrira sur l’ile de Blackwell et, grand bête, se retrouvera prisonnier.

Oh, mais que lis-je lorsqu’il est prisonnier et que sa tortionnaire vient le tourmenter ?? Extraits : « Une seconde après, le détective s’agenouillait à côté d’elle. Ensuite, avec une adresse et une rapidité inouïes, il enleva son corsage et lui retira les lacets de corset dont il se servit pour lier les mains et les pieds ».

Et bien, Holmes qui déshabille une femme… une « banditas », certes; pour s’enfuir, d’accord, mais bon, il lui retire son corsage quand même. Il libère les saints, heu, les seins, non ?

« Sans se soucier des regards de haine qu’elle lui jetait, il lui enleva sa jupe et son jupon. ».

La femme bandit serait nue que cela ne m’étonnerais pas… A poil, la gueuze qui voulait lui crever les yeux. Un chaud lapin, le Holmes !

Et transformiste, puisque « il revêtit lui-même ces défroques qu’il attacha de façon à les faire descendre assez bas ».

Et personne ne remarque rien quand il file à l’anglaise déguisé comme la femme ?…

Le gros inconvénient, de ce tome (comme les autres), c’est que le scénario est un peu trop surréaliste, les dialogues limites, les déductions absentes, les plans dévoilés par les méchants à voix haute, les cliffhangers juste là pour le suspense et trop exagérés, bref, ça ne fera pas pousser une troisième patte au canard.

« A éviter ? » Je n’osais pas le dire, mais puisque vous le dites, je répond par l’affirmative.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

CHALLENGE - Faire fondre la PALCHALLENGE - DEstination la PAL

La maîtresse de l’attorney général : Sherlock’s story n°8

Titre : La maîtresse de l’attorney général : Sherlock’s story n°8

Auteur : Illustre inconnu !
Édition : Sherlock’s Diffusion

Résumé :
Lord Dempson et son épouse sont retrouvés sans vie dans leur chambre à coucher, sauvagement assassinés. Or les fenêtres sont closes, la porte fermée de l’intérieur.

Comment le meurtrier a-t-il pu s’introduire, puis s’en aller, en ne laissant aucune trace ?

Critique : 
Sur l’air de « Allumer le feu », je chanterais bien « j’ai touché le fond » parce que celui-là, c’est Byzance point de vue de la descente de niveau. Bon, les autres ne volaient pas très haut, mais on pouvait encore leur trouver quelques circonstances atténuantes, mais ici, non.

Aucune déductions, une enquête sur un double meurtre en chambre close dont Holmes n’avait pas trouvé la solution lors de sa première enquête (pourtant, il n’y a pas 36 solutions, en chambre close), des personnages débiles ou totalement improbables et un Sherlock Holmes toujours empêtré dans des situations de fous, limite MacGyver qui va mourir dans deux secondes et pouf, solution !

Attention, MacGyver sans les gadgets ! Ma foi, il y avait même de l’Indiana Jones dans ce Holmes là, lorsqu’on voit certaines situations critiques dans lesquelles il est coincé.

Précisons que c’était de l’Indiana Jones light, sans sucre, bourré d’aspartame, de Xylitol et autres substances falsifiées ou altérées. « Indiana falsificat » aurait dit un légionnaire du camp de Babaorum.

Non, rien pour sauver cette histoire, ça voudrait ressembler à du Holmes mais ça n’a ni la couleur, ni le goût, même pas les bulles ! Rien, que dalle.

Tiens, le Canada Dry© à plus de ressemblance avec l’alcool que ce pénible pastiche n’en aura jamais avec le vrai Sherlock Holmes de Conan Doyle.

Rien que de la mauvaise contrefaçon tout cela !

Vite, une valeur sûre : « A study in terror » avec le grand et beau John Neville ! Pas de risque d’être déçue.

Il est temps que j’aille me perdre dans les vraies brumes de Londres, dans ses vraies rues sombres, que j’aille rôder du côté de Whitechapel et que je me tape quelques bières dans un pub glauque !

A bon entendeur, salut ! Ite missa est…

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

Les dentelles de la reine : Sherlock’s story n°4

Titre : Les dentelles de la reine : Sherlock’s story n°4

Auteur : Inconnu – Obscurs auteurs
Édition : Sherlock’s Diffusion (1993)

Résumé :
Comment le profond amour qu’il porte encore à son épouse trop tôt disparue conduit-il brusquement lord Harold Dumbarton à vouloir refaire sa vie avec une chanteuse de café concert, à la consternation des siens et, plus particulièrement de son oncle et confident, lord Warwick ?

Comment Sherlock Holmes, dont on requiert les services, se convainc-t-il aussitôt que le veuf inconsolable est tombé dans un piège odieux et sacrilège ?

Critique : 

L’avantages de ces petits livres,‭ ‬c’est qu’ils sont minces et donc,‭ ‬on n’a pas le temps de bailler, le tout est vite expédié, à la manière d’une nouvelle.

Dans cette collection, ‬Sherlock Holmes n’est pas accompagné par son fidèle Watson, mais par un jeune assistant,‭ ‬Harry Taxon, qui me fait plus penser à son fils qu’à son assistant.

Je n’ai rien contre Harry, mais je le trouve sous-employé par l’auteur (ces fascicules sont écrits sous la plume d’obscurs écrivains). On ne sait rien de lui, on pourrait croire, en entendant Holmes lui parler, qu’il est son fils, mais rien ne dit qu’il est son rejeton naturel, il pourrait tout autant être son fils spirituel. Pour une explication, le lecteur repassera.

L’enquête ? Elle ne vous fera pas sursauter, elle est banale, presque. Le chantage est aussi vieux que l’humanité. Ici, c’est « magouilles.com » pour le fric et rien que le fric (non, c’est pas chez madame Bettencourt).

Attention, je vais sabrer un peu : le petit livre ne foisonne pas de déductions holmésiennes, elles sont rares, très rares. A croire qu’il ne sait pas en faire.

Énervant aussi cette propension pour les « méchants » d’expliquer à voix haute leurs projets criminels alors que les oreilles du détective trainent dans le coin. Voilà pourquoi il ne déduit pas beaucoup, il se contente d’être au bon endroit au bon moment. Frustrant pour le lecteur. Indigne de Holmes.

Non, vraiment trop facile de retrouver, au fil des aventures, ces méchants qui en disent un peu trop sur leurs agissements passés ou futurs, comme s’il était naturel que l’un d’entre eux déballe tout à son collègue qui en sait tout autant que lui. Impensable, non ?

Autres petits bémols : à force d’utiliser des termes comme « toilette » on pense que les dentelles de la reine sont un vêtement, mais parfois, le narrateur utilise le mot « parure » et dans le résumé, on parle d’un collier  ! Allez savoir ce qu’est ce truc – vêtement ou collier – vu que le livre n’est pas prodigue en descriptions.

Les dialogues, parlons-en : ils sont parfois un peu limite  ! Je sais que ce n’est pas de la haute littérature, mais bon, un p’tit effort aurait donné un air moins « écrit à la va-vite » au petit livre.

Bref, du déjà vu, rien de transcendantal, ça se lit vite, on passe un chouette petit moment à le lire et aussitôt lu, aussitôt oublié.

Si vous voulez découvrir Sherlock Holmes, ne commencez surtout pas par ces petits fascicules qu’un éditeur allemand, s’étant emparé du détective fort célèbre (n’en déplaise à Conan Doyle) pour en faire le héros d’une série de fascicules, édita au début du XXème siècle.

Le détective n’y est pas à son avantage, mais alors là, pas du tout, c’est du sous Holmes.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

 

Sherlock Holmes et associés – Tome 1 – L’affaire Zalindas : Mack & Citrin

Titre : Sherlock Holmes et associés – Tome 1 : L’affaire Zalindas

Auteurs : Tracy Mack & Michael Citrin
Édition : Hachette Jeunesse (2008)

Résumé :
Sous le grand chapiteau du cirque Barboza, les frères Zalindas, funambules, trouvent la mort dans une chute fatale. Simple accident ? Sherlock Holmes n’est pas de cet avis. Aidé par les Mouches, une bande de gamins des rues, le célèbre détective mène l’enquête.

Critique :  

Quel rapport peut-il y avoir entre Buckingham Palace et un cirque ‭ ? ‬Quoi ‭ ? ‬Parlez plus fort et pas tous en même temps ‭ ! ‬ »La monarchie,‭ ‬c’est le cirque ‭ ? » ‬Heu,‭ ‬ça,‭ ‬c’est vous qui l’avez dit,‭ ‬moi,‭ ‬je ne fais que transcrire ce que vous me criez‭. ‬*se lave les mains‭*

Bon,‭ ‬ce n’est pas la réponse que j’attendais…‭ ‬Par contre,‭ ‬c’est la question que les Mouches de Holmes -‭ ‬gamins des rues faisant partie de la bande des Irreguliers de Baker Street – se posent aussi après avoir vu la voiture du Prince de Galles emmener Holmes à Buckingham Palace.

Lorsque ce dernier fait appel à eux,‭ ‬c’est pour surveiller un cirque où un groupe de trois funambules sont morts,‭ ‬la corde sur laquelle ils marchaient, à‭ ‬20‭ ‬mètres du sol, ayant rendu son préavis sans avertir la direction.‭ ‬Sproutch,‭ ‬v’la d’la bouille de funambules au sol.

Oui,‭ ‬un peu de lecture jeunesse au menu,‭ ‬ça ne fait pas de tort et puisque j’ai un gros faible pour Sherlock Holmes‭ (‬pour le cas où certains, nouvellement arrivés, ne le sauraient pas encore‭) ‬et j’adore quand les Irreguliers font leur apparition dans un pastiche.

Contrairement aux pastiches jeunesse de Béatrice Nicodème,‭ ‬le détective est fort présent dans l’histoire,‭ ‬guidant les gamins des rues dans leurs filatures,‭ ‬leur donnant des ordres et les utilisant pour les coups de filet finaux.

Agréable à lire,‭ ‬le livre ne fait que‭ ‬250‭ ‬pages,‭ ‬ce qui fait que le rythme reste harmonieux et qu’il n’y a pas de coups de mou.‭

‬L’enquête ne révolutionnera pas l’univers du polar,‭ ‬mais elle a le mérite d’être un peu plus complexe que d’autres et on se laisse emporter dans les rues de Londres, avec les garçons et Holmes.

Petit bémol,‭ ‬ça manque de descriptions au niveau de la ville…‭ ‬

Autre chose,‭ ‬que Ozzie – un nouvel Irrégulier – soit un bon copiste et qu’il ait un don pour l’écriture,‭ ‬je veux bien,‭ ‬mais je trouve ça un peu‭ « too much » ‬qu’en un seul regard,‭ ‬il puisse recopier une écriture directement du premier coup.‭ ‬

Léger manque de réalisme :‭ ‬l’auteur aurait pu nous expliquer qu’Ozzie fit bien des essais avant d’y parvenir.

Autre chose,‭ ‬dans l’explication d’un cambriolage,‭ ‬il y a quelques petits détails qui m’ont titillé,‭ ‬me paraissant un peu trop surréalistes‭ (‬sauf si le service de garde buckinghamien est incompétent ou endormi‭)‬.‭ ‬Il manquait quelques petits éclaircissements dans les explications de Holmes.

Hormis ces points de détails qui ne nuisent pas à l’affaire,‭ ‬le reste est un bon cru,‭ ‬ça bouge,‭ ‬ça enquête, on retrouve des têtes connues (ça, j’l’avais bien deviné, la présence de méchant là) et il est venu une chose à mon esprit au sujet d’un des gamins.‭ ‬

Je n’en dirai pas plus,‭ ‬il faudra que cela soit confirmé dans les tomes suivants,‭ ‬que je n’ai pas… Mais que je vais me procurer de ce pas.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

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Un certain docteur Watson : David Stuart Davies

Titre : Un certain docteur Watson

Auteur : David Stuart Davies
Édition : Fetjaine (2013)

Résumé :
Comment tout a commencé Médecin militaire en Afghanistan en 1880, John Walker fuit l’horreur des combats pour se réfugier dans l’alcool.

Déshonoré, il est chassé de l’armée et renvoyé en Angleterre. Lors du voyage de retour, il tombe entre les mains d’un mystérieux réseau aux activités troubles.

Il découvre bientôt que le chef en est le professeur Moriarty, qui le rebaptise Watson et lui confie la mission d’espionner un jeune détective dont la réputation ne cesse de croître à Londres, Sherlock Holmes.

Mais Watson et Holmes se lient bientôt d’amitié et le docteur s’efforce alors de se défaire de l’emprise de Moriarty. Une entreprise mortelle.

Critique : 

Hérésie ! Sacrilège ! Blasphème ! Profanation ! Outrage ! À l’assassin !  Au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdue, je suis assassinée, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent…

Pardon, je voulais dire « on m’a dérobé mon cher docteur Watson » !

Rassurez-vous, ma lecture fut des plus agréables, mais j’avoue que j’aurais pu crier tout cela en découvrant ce chouette pastiche holmésien…

Pourtant, c’était pas gagné d’avance de chambouler le canon (l’ensemble des aventures de Sherlock Holmes écrites de la main de Sir Arthur Conan Doyle – 4 romans et 56 nouvelles, publiées entre 1887 et 1927) et de faire de ce cher docteur Watson un homme à la solde du  professeur Moriarty, le Napoléon du crime !

QUOI ? Ah, j’entends que certains se sont étranglés à cette idée un peu hérétique, à cette vision pour le moins dérangeante.

L’auteur n’est pas le premier à me faire crier : Nicholas Meyer et sa « Solution à 7% » où le professeur Moriarty n’était qu’une projection de l’esprit drogué de Holmes m’avait déjà scié et Michael Dibdin m’avait tué avec son « Ultime défi de Sherlock Holmes ».

Ici, je dois dire qu’une fois la surprise passée, le scénario tient la route et m’a emballé.

Le docteur John Walker, qui n’est pas « Texas Ranger » mais médecin militaire en Afghanistan, s’est fait radier de l’armée pour avoir tutoyé jusqu’au bout une bouteille de Cognac. Hips ! Sans doute est-il parent avec le célèbre Johnnie Walker…

C’est lors de son voyage de retour qu’il tombe entre les mains du réseau criminel de Moriarty, qui le rebaptise « Watson » et lui confie la mission d’espionner Sherlock Holmes, un jeune détective dont la réputation ne cesse de croître à Londres.

Watson n’a pas trop envie, mais on ne dit pas « non » à Moriarty, sinon… Couic ! Et puis « Plouf dans la Tamise ».

Moriarty, la Némésis de Holmes… Moriarty, un homme intelligent qui a sombré du côté obscur de la Force, nous montrant ce que Holmes aurait pu devenir s’il y avait succombé, lui aussi.

Moriarty, qui, tel un marionnettiste, tire les ficelles de tous ses pantins, dont Watson. Ce Napoléon du crime, qui, tel un scénariste diabolique, écrit l’histoire qu’il veut voir jouer. Tout est prévu… Même l’adresse du 221b. Tout, je vous dis ! Ça fait froid dans le dos, croyez-moi. J’ai poussé quelques « oh » ou « Gottferdom » d’exclamation.

Tel un Dieu qui déciderait de s’inventer un monde, Moriarty le crée de toutes pièces, décidant de qui jouera quoi.

MAIS ! Si les pantins sont sans vie quand le marionnettiste ne tire pas les ficelles, si les personnages de papier n’ont pas de vie propre en dehors de ce que le scénariste leur fait réaliser (désolé, monsieur Pierre Bayard), les créatures de Dieu possèdent une chose : le libre arbitre ! La capacité de réfléchir et d’agir en dehors de tout contrôle.

Voilà pourquoi l’exemple d’un Dieu s’imposait pour comparer Moriarty, plus qu’un scénariste ou marionnettiste…

David Stuart Davies n’est pas un novice dans le domaine de Sherlock Holmes, loin de là. Ceci n’est pas son premier livre, il maîtrise le sujet et son livre est un régal.

Ses personnages sont plausibles, canoniques et j’ai bien aimé les quelques petites confidences de Holmes sur l’amour et le sexe.

L’alternance entre le récit en lui-même (du narrateur) et les extraits du journal de John Walker ajoutaient de la clarté dans le récit, une alternance de point de vue des plus intéressantes à lire, le changement de police de caractère accentuant encore un peu plus le côté « autre récit ».

Lecture « confort » aussi en raison de l’interligne 1,5 entre deux paragraphes. Plus clair et mes yeux ne s’en portent pas plus mal.

Bien que j’ai eu droit à une resucée de « Une étude en rouge » et une partie du « Signe des quatre » que je connaissais, le fait qu’ils soient revisités fut une agréable surprise. Bien vu !

Par contre, je me pose des questions sur un personnage… En est-il vraiment ou n’en est-il pas ? Agent double ou triple ? J’espère avoir la réponse dans le tome suivant.

Alors ? Watson utilisera-t-il son libre arbitre ? Holmes est-il aveugle ? Que va faire Moriarty ? Et comment tout cela se terminera-t-il ?

Vous le saurez en lisant « Les Nouvelles enquêtes de Sherlock Holmes », en vente dans toutes les bonnes librairies.

Recommandée par une éleveuse de polars en tout genre – dont un sacré cheptel de polars holmésiens font partie du troupeau.

Mais cet avis n’engage que moi…

(1) Extrait de « L’Avare » de Molière à partir de « justice, juste ciel » et jusque fin premier paragraphe.

Titre participant aux Challenges « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict,  « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor et « I Love London » de Maggie et Titine.

L’Affaire Nicolas Le Floch : Jean-François Parot [Nicolas Le Floch 4]

Titre : L’Affaire Nicolas Le Floch

Auteur : J-F Parot
Édition: 10-18 (2004)

Résumé :
En ce mois de janvier 1774, Nicolas Le Floch, le célèbre commissaire au Châtelet, est d’humeur sombre.

Sa maîtresse, la belle et capricieuse Julie de Lastérieux, est retrouvée empoisonnée et tous les indices le désignent comme coupable.

Qui cherche à compromettre le protégé du roi et du lieutenant général Sartine ?

Pour prouver son innocence et démêler les écheveaux de cette affaire qui met directement en péril la sûreté de l’Etat, Nicolas doit se cacher.

Au service du Secret du roi, il découvrira les cruelles subtilités des complots de cour.

Avec l’aide du fidèle inspecteur Bourdeau, tandis qu’entre Londres, Versailles et Paris les factions rivales s’affrontent, il devra déjouer bien des pièges.

Après « Le Fantôme de la rue Royale », c’est avec le même plaisir que nous retrouvons l’intrépide et talentueux Nicolas Le Floch dans une aventure sur fond de fin de règne, alors que la colère du peuple commence à gronder.

Critique :

Ouh, il l’a mauvaise, le Nicolas ! Colère noire, même. Jalousie ? Oui, un peu. On lui pardonne, voir sa maîtresse minauder auprès d’une espèce d’éphèbe alors qu’elle l’avait sois disant invité pour un dîner en tête à tête… ça la fou mal. Il claque la porte.

Pour les ignorants du fond de la classe, je parle de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet (Paris – nous sommes en 1774) et pas du lutin dont la femme chante à voix basse !

Ah, mon Nico, tu n’aurais pas dû retourner chez cette pouffiasse en pensant que tu allais te réconcilier… Tu l’as bien vu, elle faisait la fête bien que tu sois parti. Et cette bouteille de vin, cet excellent Tokay, tu aurais mieux fait de l’oublier au lieu d’aller le récupérer dans la cuisine.

Gênant lorsque, à votre réveil, on vous annonce que votre maîtresse est plus raide que la Justice et plus morte que morte. Empoisonnée, la bougresse.

Qui c’est qui est soupçonné ?? Nicolas ! Toutes les preuves convergent (un mot que j’adore) vers lui. Toutes ? Oui, toutes. Un peu louche, non ?

Nicolas sur la sellette, c’était inattendu. Sartine qui l’envoie au vert, encore plus, bien qu’il le soutienne et croit en son innocence. Quant à l’inspecteur Bourdeau, il fait en sorte de grimer Nicolas pour qu’il enquête lui-même sur son affaire.

Je m’attendais à une plus forte cabale contre Nicolas, mais elle ne prend pas beaucoup de pages sur les 393 que compte le livre.

L’enquête avance et puis, bardaf, plus haut, on leur met des bâtons dans les roues pour qu’ils arrêtent d’enquêter. Le pouvoir était aussi corrompu que celui de maintenant, pas d’Internet pour propager les rumeurs, mais malgré tout, la populace gronde de plus en plus contre son roi, le numéro XV.

Là-dessus, l’enquête est mise en veilleuse et le roman prend une autre tournure, Nicolas Le Floch se transformant en James Bond – l’Aston Martin et les gadgets en moins – et le voilà parti jouer l’espion à Londres, chevalier d’Eon et tentatives de meurtres comprises dans le prix.

A ce moment là, je ne comprenais pas très bien où l’auteur voulait en venir… La fin vous l’expliquera.

Les personnages sont fidèles, ils évoluent et on voit que les liens qui les unissent sont plus fort que lors de la première enquête. 14 ans ont passé et Le Floch a prouvé sa valeur en tant que commissaire incorruptible.

Sartine, le lieutenant général m’étonnera toujours. Derrière ses manières bourrues, on sent bien qu’il a de l’estime pour son commissaire. Il lui fera comprendre par petites touches, sans pour autant ôter sa carapace. Je l’aime bien, lui.

Le Paris de l’époque est bien rendu, le langage utilisé est d’époque, subjonctif imparfait usité (dont celui du verbe « recevoir »), tournures de phrase dont nous n’avons pas l’habitude, descriptions de recettes de cuisine, des bons mots, la vie de parisiens – avec ses petites misères – nous est décrite et on a même le droit de rentrer dans le Versailles de cette fin du XVIIIème siècle…

Tout cela vous fait voyager dans le temps plus vrai que nature.

Par contre, un passage que j’ai moins aimé, c’est la lente et looongue agonie de Louis XV, tué par la petite vérole. J’ai zappé quelques lignes et je ne lui ai pas tenu la main (risque de contagion !).

Bon, je veux bien que je suis dans un « polar historique » et que de ce fait, je sais que je vais manger de l’Histoire, mais faudrait pas oublier le côté « polar » ! Je n’ai rien contre le reste, mais l’auteur aurait pu faire agoniser le roi en moins de pages.

Ah ben tiens, l’enquête principale redémarra grâce à la mort du Roi. Surtout à cause du changement de pouvoir, parce que le roi avait Le Floch a la bonne.

Enfin, ça bouge un peu, du côté de nos policiers, ça complote, ça tend des pièges, ça fait des filatures et « fiat lux » !

Quand Nicolas explique tout, on comprend mieux…

Le livre est agréable, historiquement bien foutu, mais il souffre d’un essoufflement au moment du voyage de Nicolas à Londres et lors de la mort du roi.

Comme je vous le disait, au début de ma lecture, je pensais que Nicolas serait mit plus à mal par les accusations d’empoisonnement.

Heureusement que non, parce quand on apprend, durant notre lecture, ce que l’on faisait aux suspects et à quel genre de simulacre de procès ils avaient droit, on en frémit ! On intruisait uniquement à charge…

3 étoiles, 1 de perdue à cause des passages plus lent. Oui, je chicane, mais j’ai hâte de retrouver mon commissaire et sa nouvelle assistante féline, sans parler de son… Je sens que je ne vais pas m’embêter !

Livre participant aux Challenges « Thrillers et polars » de Liliba, « Polar Historique » de Samlor, à l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.

L’Horreur du West End : Nicholas Meyer

Titre : L’Horreur du West End

Auteur : Nicholas Meyer
Édition: Nouvelles Éditions Oswald (1989)

Résumé :
A Londres, en mars 1895, un critique théâtral est assassiné. George-Bernard Shaw engage Sherlock Holmes pour résoudre le mystère.

L’enquête amènera le détective à croiser sur son chemin Oscar Wilde, juste avant que n’éclate le scandale qui ruineras a carrière, Bram Stoker, alors qu’il commence à écrire Dracula, et les célèbres auteurs d’opérettes, Gilbert et Sullivan.

L’Angleterre victorienne s’agite dans les coulisses d’un monde brillant et superficiel : elle serait prise de panique si elle connaissait la nature de l’horreur qui se tapit dans le West End !

Critique :

Londres, sa Tamise, son fog, son temps de chien, ses ruelles sombres et sordides de Withechapel, sa reine Victoria, son thé, Big Ben, le Strand et… Sherlock Holmes !

Diable, cette histoire, nous avons failli ne jamais la lire car Holmes estimait que le monde n’était pas préparé à cela. Ce n’est que bien plus tard qu’il accepta que Watson la rédige, mais sans la publier…

Heureusement qu’il reste les vieilles malles, vieilles caisses, consignes de banque à Charing Cross, fonds de grenier (biffer les mentions inutiles), pour retrouver tous ces récits enfouis que Watson n’a jamais publiés.

Londres, 1895, un critique théâtral est assassiné. George-Bernard Shaw engage Sherlock Holmes pour résoudre le mystère.

Mystère il y a puisque le « presque cadavre » a réussi, avant de rendre son dernier soupir, à attraper « Romeo et Juliette » et à ouvrir une page bien précise.

Mais dans quel but ?? Amour immodéré pour l’œuvre de Shakespeare ? Envie de faire un dernier jeu de mot avec « J’expire » et « Shakespeare » ?

C’est ce que Holmes devra découvrir et l’enquête ne sera pas facile, j’avais même une longueur d’avance sur le Maître, à un moment donné, ayant trouvé ce qu’il avait sur le bout de la langue. « Belette, one point « 

Bien que roman apocryphe, le livre de Nicholas Meyer tient la route, les personnages sont fidèles (avec une touche de l’auteur) et sa préface donne au livre un parfum d’authenticité qui bernerait les non-initiés.

L’enquête a un bon tempo, ni trop rapide, ni soporifique, les pages se tournent avec facilité car c’est toujours un plaisir de suivre le détective du 221b.

En prime, nous croiseront toute une pléiade de personnages connus tels que Oscar Wilde (avant que n’éclate le scandale qui ruinera a carrière), le grand Bram Stoker, (qui commence à écrire Dracula) et les célèbres auteurs d’opérettes, Maritie et Gilbert Carpentier. Oups, mille excuses, il y a confusion, je voulais parler – bien entendu – de Gilbert et Sullivan.

Tout ce petit monde (bien campé) est loin de se douter de la nature de l’horreur qui se tapit dans le West End !

Même Sherlock Holmes mettra du temps avant d’identifier « ça ». Quand à Watson, il est sur des fausses pistes à tout bout de champ, comme le lecteur. Le second meurtre ne lui donnant pas plus de grain à moudre que cela, sauf à alimenter sa machine à fiction en imaginant des tas de théories.

Quand à l’inspecteur Lestrade, c’est encore pire, il en arrivera même à arrêter un pauvre type qui a le malheur de ne pas être blanc.

Le Londres victorien est bien représenté, avec ses théâtres, son monde du spectacle, ses préjugés, sa xénophobie et ses idées toutes faites. C’est ce qui manquait parfois dans les romans canonique de Conan Doyle, un peu plus de détails sur la vie de l’époque, avec ses belles ou ses mauvaises choses.

Alors, réaliste ou pas le livre ? Pourquoi pas… ce genre d’horreur pourrait très bien grouiller et nous surprendre. Manipulée par l’homme, c’est redoutable, car on peut choisir sa cible.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », une fois de plus…

Heureusement que Sherlock Holmes était là pour dénouer ce sac de noeuds. Quel homme ! Encore un bon moment de lecture.

Titre participant au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « Thrillers et polars » de Liliba, Challenge « Polar Historique » de Samlor et  « I Love London » de Maggie et Titine.

Resurrection Row : Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 4]

Titre : Resurrection Row

Auteur : Anne Perry
Édition:  10/18
Résumé :

« Bas les masques », tel paraît être le mot d’ordre d’Anne Perry dans la série de romans où elle met en scène un couple de héros « victoriens », l’inspecteur Thomas Pitt et son épouse Charlotte, les personnages de roman policier les plus pittoresques et attachants qui nous aient été donnés à découvrir ces dernières années.

Dans le Londres de la fin du XIXe siècle qui sert de cadre à leurs exploits, c’est en effet le code hypocrite de bonne conduite de la société anglaise qui se trouve singulièrement mis à mal, sa corruption et sa fausse respectabilité. Anne Perry ou le polar au vitriol : décapant !

Critique :

Mais qu’est-ce qui leur prend, à ces cadavres en putréfaction, de sortir de leurs tombes ? La terre ne leur conviendrait-elle pas ? Ils ont oublié d’éteindre le gaz ? Le voisinage est-il à ce point trop silencieux pour que l’un d’eux ait soudain l’envie irrépressible de se faire conducteur de cab ?

Y aurait-il des Vampires à Londres ? Des zombies à Leicester Square ?

Avouez qu’il y a de quoi tomber en pâmoison devant ce conducteur plus que faisandé. L’argent n’a pas d’odeur, mais lui, oui !

Allez hop, on le refiche dans sa boi-boite, cet aristocrate cavaleur (mais sans pieu dans le cœur) et il réintègre sa demeure. Avec les asticots, l’aristo !

Mais voilà ti pas que le dimanche, notre brave Lord Augustus – qui s’était déjà retrouvé sur le cab et qui fut ré-enterré dans la boi-boite – nous rejoue la fille de l’air ! Notre brave cadavre puant est retrouvé assis à l’Eglise, ce qui fera hurler sa veuve.

Ce n’est donc pas un vampire… puisqu’il est dans un lieu saint.

STOP ! Lecteur cartésien, ne t’en va point, nous sommes dans un polar victorien, et chez Anne Perry, pas de zombies.

Non, c’est juste qu’un petit malin s’amuse à déterrer les cadavres et fait tourner la police en bourrique.

Pitt en est à se demander si la mort de Lord Augustus Fitzroy-Hammond ne serait pas suspecte et que quelqu’un veuille attirer l’attention dessus.

Diable, on l’a tout de même extirpé deux fois de son repos éternel ! Faut pas pousser bobonne dans les orties, tout de même, surtout lorsqu’elle est en string.

C’est bougrement louche, toutes ces « sorties » du père Augustus qui n’a même pas le droit de se transformer en humus en toute tranquillité.

Mais voilà que l’invasion des cadavres cavaleurs commence et que ça se déterre un peu partout ! Pitt en perd son latin.

Avec Anne Perry, pas besoin d’attendre la page 200 pour avoir son lot de cadavres ou de sang.

Directement, elle vous plonge dans le sujet comme on plonge un petit gâteau dans son thé : des cadavres qui puent et un plus frais ensuite.

Tous n’ont pas dépassé leur date de péremption… Un peu de fraîcheur dans les cadavres, ça fait du bien.

Dans cette enquête, l’inspecteur Pitt est plus présent et j’ai adoré retrouver cette chère tante Vespasia, qui n’a jamais sa langue en poche (et qui a dû la balader ailleurs dans sa jeunesse).

Cette chère dame adore le franc-parler de Charlotte, soeur d’Emily, sa nièce par alliance. Même notre inspecteur dégingandé, elle l’apprécie.

Ce qui a de bien avec Anne Perry c’est que, contrairement à Conan Doyle, elle nous plonge VRAIMENT dans le Londres de la reine Victoria et sans complaisance.

La misère, vous la côtoyez ! Les femmes qui travaillent comme des malades et doivent encore faire le trottoir pour payer leur loyer, elle ne vous le cache pas.

Les enfants exploités dans les hospices, elle vous en parle. Les lois mal faites et que les aristos trouvent très bien puisqu’elles privent les pauvres des droits essentiels, elle vous fiche le nez dedans.

De plus, l’auteur ne se prive pas de mêler le sexe glauque dans les enquêtes de l’inspecteur Pitt : prostitution, proxénétisme, homosexualité (consentie ou pas), pédophilie, TOUS les sujets sont abordés dans ses différents romans, y compris les débuts de la pornographie photo.

300 pages durant lesquelles on ne s’ennuie pas, découvrant tout un arrière-plan (et train) de la ville de Londres très très sombre.

Au final ? Bluffée !

Titre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titine, à l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et à « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.

Rutland Place : Anne Perry [Charlotte et Thomas Pitt 5]

Titre : Rutland place

Auteur : Anne Perry
Édition:  10/18
Résumé :

Charlotte Pitt reçoit un message de sa mère, Caroline Ellison, car un objet compromettant qu’elle possède a disparu. En se rendant à Rutland Place, elle s’aperçoit que plusieurs autres choses se sont volatilisées dans le voisinage. De plus, Caroline se sent épiée.

Quand une femme est assassinée, Thomas Pitt entre en scène. Aidé de Charlotte et d’Emily Ashworth (qui fait son grand retour), il va tenter d’établir des liens entre les faits et d’éclaicir le mystère, malgré les réticences habituelles de la haute société à dévoiler ses secrets.

Chantage, empoisonnement, idylles, tout est réuni pour une nouvelle aventure des époux Pitt…

POLAR - Big BenCritique : 

Bien que l’héroïne sa prénomme Charlotte, nous sommes loin de l’univers enchanteur du dessin animé « Charlotte Aux Fraises ».

Retrouver Charlotte et son mari, l’inspecteur Thomas Pitt est synonyme d’une plongée dans le Londres assez glauque de l’époque victorienne où la femme aristocratique avait souvent le rôle de « sois belle et par pitié, tais-toi, ne parle que de chiffons avec les autres pendant que nous, les hommes, allons au club, à la City, aux putes ».

Non, non, ce temps là n’est pas tout à fait révolu de nos jours… Ma lecture du livre « LA Banque : comment Goldman Sachs domine le monde » m’en a apporté la preuve, les épouses des dirigeants, des associés et des employés sont priées de jouer le même rôle que ces pauvres dames anglaises.

Mais revenons à notre tasse de thé. Grâce à Charlotte et à un objet appartenant à sa mère (et auquel elle tient plus que tout), nous allons nous glisser dans les salons feutrés pendant l’heure du thé et grignoter des petits biscuits.

Ce qui, au départ, avait l’air d’une banale histoire de disparition d’objet disparate, débouchera tout de même sur une mort brutale.

Ne faisant que 310 pages, l’enquête est rapide et on a terminé l’affaire avant même d’avoir pu esquisser un baîllement poli durant les visites dans le beau monde de Rutland Place.

L’auteur s’amuse à nous lancer des pistes, des hypothèses et à les résoudre au fur et à mesure de l’avancée du livre, comme d’habitude.

Une fois de plus, bien que j’ai eu une pensée mal placée au sujet de deux personnage, j’étais encore en-deçà, la preuve que mon esprit n’est pas aussi noir et tordu qu’on pourrait le penser.

Ce fut une lecture rafraîchissante après une précédente qui était éprouvante, une immersion dans les arcanes de la société « aristocrato-bourgeoise » après celles de LA banque (Goldman Sachs), mais le dégoût de cette société dite « bien pensante et en col blanc » est bel et bien présent au final.

Ils dirigent le monde et la destinée des autres, se moquant bien au passage des petites gens qui crèvent, quelque soit l’époque ou le lieu.

Pourrait-on faire un grand trou et les foutre tous dedans autant qu’ils sont ? Non ? Dommage…

Ce titre laisse plus de place à Charlotte et à sa mère, au détriment de Pitt, ce qui est un peu dommage (juste un peu) mais c’était très plaisant à lire, une scène du livre est mémorable et en plus, je me suis laissée dupée par l’auteur avec grand plaisir.

Par contre, je ne sais pas ce que fument l’imprimeur, le traducteur ou autre parce qu’il y a une faute énorme au nom de famille du père de Charlotte : « Allison » (coquille) au lieu de « Ellison ».

Titre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titine, à l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et à « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.

Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 4 – Aux portes de l’enfer : Andrew Lane

Titre : Premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 4 : Aux portes de l’enfer

Auteur : Andrew Lane
Édition : Flammarion

Résumé :

Tout en enquêtant sur les manigances de l’infecte gouvernante du manoir Holmes, Sherlock doit faire face à la soudaine disparition de Crowe et Virginia.

Pour les retrouver, il parcourt les grandes plaines hostiles d’Écosse, à la merci de ses habitants les plus terrifiants.

Critique : 

« Chouette » me suis-je dit en apprenant la sortie de ce quatrième tome des premières aventures de mon futur détective préféré.

C’est donc avec plaisir que je me suis plongée directement dans la suite de ses aventures, en espérant que l’on verrait un peu plus la jolie Virginia et de son père, mentor et professeur de Sherlock, monsieur Crowe.

Ah, une bonne nouvelle : on sait ENFIN ce que cette fichue gouvernante (et je reste polie) manigançait à Holmes Manor.

C’est Sherlock qui résoudra l’affaire qui a un léger goût de l’affaire canonique de Charles Auguste Milverton.

Belle réussite, mais je m’étonne toujours de ces truands qui racontent leur vie, leurs buts, leurs projets à voix haute, discutant avec leur complice comme nous parlerions de la pluie et du beau temps.

Dans mon imagination fertile, je m’attendais à une autre « raison » que celle donnée par l’oncle de Sherlock sur le pouvoir de la gouvernante sinistre.

Mais en y repensant à tête reposée et en remplaçant le tout dans l’époque et son contexte, je comprends que cela lui ait fichu les chocottes, à tonton Holmes.

Comme dans un roman précédent, il n’y a pas qu’une seule aventure dans le roman et c’est la disparition de monsieur Crowe et de sa fille Virginia qui va entraîner Sherlock et Matthew dans les plaines hostiles de l’Écosse à la merci de ses habitants les plus terrifiants… Et à côté d’eux, Heathcliff fait petit joueur.

Sherlock se retrouve une fois de plus « seul » pour résoudre le problème de la fuite de son mentor, aidé juste par son ami Matthew puisque Stone a disparu lui aussi.

Il s’affirme, peaufine sa future méthode, apprend un peu plus sur la société et sur le manque de logique des gens.

Son sentiment pour Virginia s’affirme aussi, le rendant un peu jaloux, lui faisant découvrir des émotions et des sensations qu’il ne connaissait pas, lui faisant peur aussi parce quand on aime, on est dépendant de cette personne.

Il y a même une scène pour laquelle j’aurais vendu père et mère au diable pour la lire (mon âme ne vaut pas grand-chose) ! La belle américaine n’a pas froid aux yeux et j’avais un sourire béat en lisant le passage (non, pas de sexe ! Mais vous ne pensez qu’à ça !).

Sherlock n’étant pas infaillible, il fera des erreurs assez énorme durant son périple qui lui seront reprochées par son mentor et pour un amoureux de la logique, notre Sherlock fera aussi preuve d’un manque total de discernement…

Je m’explique : lorsqu’on a des truands aux fesses et qu’on est dans les bois, on se terre dans un terrier de lapin (oups, pardon madame Lapine) ou de renard (mes excuses, monsieur Fox) si on veut plus de place, mais en aucun cas on ne va se cacher dans une petite maison abandonnée dans les bois et on ne fait encore moins du feu !

Désolé, là, c’est digne d’un garçon sans cervelle !

On me rétorquera que s’ils s’étaient planqués tous les deux dans un terrier, l’aventure n’aurait pas pu poursuivre son cours avec ses rebondissements…

Bref, Sherlock est en période d’essai, fait des erreurs, analyse la société et l’auteur se donne la peine de nous écrire les pistes qui nous donnerons le détective que nous connaissons dans les écrits de Sir Arthur Conan Doyle.

Ce qui me chagrine un peu, c’est qu’il se sorte si vite des situations les plus difficiles. L’auteur prend parfois des raccourcis faciles. Faire durer la difficulté n’aurait pas été plus mal, cela aurait fait plus sérieux.

Mon coup de gueule ?

Le premier est une scène de torture sur mon pauvre futur détective.

Le second est pour avoir fait une fin à la « cliffhanger » qui me donne envie de fouetter l’auteur ! Et le cinquième tome va emmener Sherlock sur une certaine Gloria Scott…

Ceux qui trouvaient que les aventures de Sherlock s’enchainaient très (trop ?) vite auront une autre pierre à mettre à leur édifice !

Titre participant aux Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor et  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict.