Blackwell, le pirate de la Tamise : Sherlock’s story n°6

Titre : Blackwell, le pirate de la Tamise : Sherlock’s story n°6

Auteur : Inconnu
Édition : Sherlock’s Diffusion

Résumé :
Pénible spectacle, ce 7 août 1889, dans le quartier des docks à Londres : Celui donné par un malheureux, à demi-dévêtu, qui ne semble plus posséder sa raison.

Plus inquiétant encore, d’autres cas de ce genre se sont produits au cours des mois précédents.

Sherlock Holmes, qui opérait sur les lieux, ne tarde pas à découvrir la cause de ce mal étrange qui vient de frapper une nouvelle fois.

Critique : 

Misère, Sherlock Holmes qui sort une plaque métallique de Scotland Yard, comme s’il bossait pour eux, comme dans une vraie série policière américaine, là, ça coince aux jointures. Quoi ? Il bosse pour eux et possède un numéro de matricule spécial ? Et bien, il est tombé bien bas, mon détective !

S’il l’avait volée, comme son homonyme de la BBC, j’aurais applaudi des deux mains, mais apprendre qu’il bosse avec les cognes, je ne m’en remets pas…

Le pitch ? Nous sommes en 1889, dans le quartier des docks à Londres et un pénible spectacle s’offre aux passants : un homme, à demi-dévêtu, qui ne semble plus posséder sa raison, erre sans but.

Cela intrigue Holmes parce que d’autres cas de ce genre se sont produits au cours des mois précédents.

Mais qui est cet homme perturbé ? C’est une cliente, inquiète de la disparition de son mari qui lui apprendra son identité et Holmes se mettra à la recherche du fourbe qui plante une aiguille dans la tête des gens pour leur lobotomiser le cerveau (maintenant, plus besoin d’aiguille pour les lobotomies, il suffit de laisser le patient durant quelques heures devant TF1).

Holmes, après une simple filature, atterrira sur l’ile de Blackwell et, grand bête, se retrouvera prisonnier.

Oh, mais que lis-je lorsqu’il est prisonnier et que sa tortionnaire vient le tourmenter ?? Extraits : « Une seconde après, le détective s’agenouillait à côté d’elle. Ensuite, avec une adresse et une rapidité inouïes, il enleva son corsage et lui retira les lacets de corset dont il se servit pour lier les mains et les pieds ».

Et bien, Holmes qui déshabille une femme… une « banditas », certes; pour s’enfuir, d’accord, mais bon, il lui retire son corsage quand même. Il libère les saints, heu, les seins, non ?

« Sans se soucier des regards de haine qu’elle lui jetait, il lui enleva sa jupe et son jupon. ».

La femme bandit serait nue que cela ne m’étonnerais pas… A poil, la gueuze qui voulait lui crever les yeux. Un chaud lapin, le Holmes !

Et transformiste, puisque « il revêtit lui-même ces défroques qu’il attacha de façon à les faire descendre assez bas ».

Et personne ne remarque rien quand il file à l’anglaise déguisé comme la femme ?…

Le gros inconvénient, de ce tome (comme les autres), c’est que le scénario est un peu trop surréaliste, les dialogues limites, les déductions absentes, les plans dévoilés par les méchants à voix haute, les cliffhangers juste là pour le suspense et trop exagérés, bref, ça ne fera pas pousser une troisième patte au canard.

« A éviter ? » Je n’osais pas le dire, mais puisque vous le dites, je répond par l’affirmative.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

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La maîtresse de l’attorney général : Sherlock’s story n°8

Titre : La maîtresse de l’attorney général : Sherlock’s story n°8

Auteur : Illustre inconnu !
Édition : Sherlock’s Diffusion

Résumé :
Lord Dempson et son épouse sont retrouvés sans vie dans leur chambre à coucher, sauvagement assassinés. Or les fenêtres sont closes, la porte fermée de l’intérieur.

Comment le meurtrier a-t-il pu s’introduire, puis s’en aller, en ne laissant aucune trace ?

Critique : 
Sur l’air de « Allumer le feu », je chanterais bien « j’ai touché le fond » parce que celui-là, c’est Byzance point de vue de la descente de niveau. Bon, les autres ne volaient pas très haut, mais on pouvait encore leur trouver quelques circonstances atténuantes, mais ici, non.

Aucune déductions, une enquête sur un double meurtre en chambre close dont Holmes n’avait pas trouvé la solution lors de sa première enquête (pourtant, il n’y a pas 36 solutions, en chambre close), des personnages débiles ou totalement improbables et un Sherlock Holmes toujours empêtré dans des situations de fous, limite MacGyver qui va mourir dans deux secondes et pouf, solution !

Attention, MacGyver sans les gadgets ! Ma foi, il y avait même de l’Indiana Jones dans ce Holmes là, lorsqu’on voit certaines situations critiques dans lesquelles il est coincé.

Précisons que c’était de l’Indiana Jones light, sans sucre, bourré d’aspartame, de Xylitol et autres substances falsifiées ou altérées. « Indiana falsificat » aurait dit un légionnaire du camp de Babaorum.

Non, rien pour sauver cette histoire, ça voudrait ressembler à du Holmes mais ça n’a ni la couleur, ni le goût, même pas les bulles ! Rien, que dalle.

Tiens, le Canada Dry© à plus de ressemblance avec l’alcool que ce pénible pastiche n’en aura jamais avec le vrai Sherlock Holmes de Conan Doyle.

Rien que de la mauvaise contrefaçon tout cela !

Vite, une valeur sûre : « A study in terror » avec le grand et beau John Neville ! Pas de risque d’être déçue.

Il est temps que j’aille me perdre dans les vraies brumes de Londres, dans ses vraies rues sombres, que j’aille rôder du côté de Whitechapel et que je me tape quelques bières dans un pub glauque !

A bon entendeur, salut ! Ite missa est…

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

Les dentelles de la reine : Sherlock’s story n°4

Titre : Les dentelles de la reine : Sherlock’s story n°4

Auteur : Inconnu – Obscurs auteurs
Édition : Sherlock’s Diffusion (1993)

Résumé :
Comment le profond amour qu’il porte encore à son épouse trop tôt disparue conduit-il brusquement lord Harold Dumbarton à vouloir refaire sa vie avec une chanteuse de café concert, à la consternation des siens et, plus particulièrement de son oncle et confident, lord Warwick ?

Comment Sherlock Holmes, dont on requiert les services, se convainc-t-il aussitôt que le veuf inconsolable est tombé dans un piège odieux et sacrilège ?

Critique : 

L’avantages de ces petits livres,‭ ‬c’est qu’ils sont minces et donc,‭ ‬on n’a pas le temps de bailler, le tout est vite expédié, à la manière d’une nouvelle.

Dans cette collection, ‬Sherlock Holmes n’est pas accompagné par son fidèle Watson, mais par un jeune assistant,‭ ‬Harry Taxon, qui me fait plus penser à son fils qu’à son assistant.

Je n’ai rien contre Harry, mais je le trouve sous-employé par l’auteur (ces fascicules sont écrits sous la plume d’obscurs écrivains). On ne sait rien de lui, on pourrait croire, en entendant Holmes lui parler, qu’il est son fils, mais rien ne dit qu’il est son rejeton naturel, il pourrait tout autant être son fils spirituel. Pour une explication, le lecteur repassera.

L’enquête ? Elle ne vous fera pas sursauter, elle est banale, presque. Le chantage est aussi vieux que l’humanité. Ici, c’est « magouilles.com » pour le fric et rien que le fric (non, c’est pas chez madame Bettencourt).

Attention, je vais sabrer un peu : le petit livre ne foisonne pas de déductions holmésiennes, elles sont rares, très rares. A croire qu’il ne sait pas en faire.

Énervant aussi cette propension pour les « méchants » d’expliquer à voix haute leurs projets criminels alors que les oreilles du détective trainent dans le coin. Voilà pourquoi il ne déduit pas beaucoup, il se contente d’être au bon endroit au bon moment. Frustrant pour le lecteur. Indigne de Holmes.

Non, vraiment trop facile de retrouver, au fil des aventures, ces méchants qui en disent un peu trop sur leurs agissements passés ou futurs, comme s’il était naturel que l’un d’entre eux déballe tout à son collègue qui en sait tout autant que lui. Impensable, non ?

Autres petits bémols : à force d’utiliser des termes comme « toilette » on pense que les dentelles de la reine sont un vêtement, mais parfois, le narrateur utilise le mot « parure » et dans le résumé, on parle d’un collier  ! Allez savoir ce qu’est ce truc – vêtement ou collier – vu que le livre n’est pas prodigue en descriptions.

Les dialogues, parlons-en : ils sont parfois un peu limite  ! Je sais que ce n’est pas de la haute littérature, mais bon, un p’tit effort aurait donné un air moins « écrit à la va-vite » au petit livre.

Bref, du déjà vu, rien de transcendantal, ça se lit vite, on passe un chouette petit moment à le lire et aussitôt lu, aussitôt oublié.

Si vous voulez découvrir Sherlock Holmes, ne commencez surtout pas par ces petits fascicules qu’un éditeur allemand, s’étant emparé du détective fort célèbre (n’en déplaise à Conan Doyle) pour en faire le héros d’une série de fascicules, édita au début du XXème siècle.

Le détective n’y est pas à son avantage, mais alors là, pas du tout, c’est du sous Holmes.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

 

Sherlock Holmes et associés – Tome 1 – L’affaire Zalindas : Mack & Citrin

Titre : Sherlock Holmes et associés – Tome 1 : L’affaire Zalindas

Auteurs : Tracy Mack & Michael Citrin
Édition : Hachette Jeunesse (2008)

Résumé :
Sous le grand chapiteau du cirque Barboza, les frères Zalindas, funambules, trouvent la mort dans une chute fatale. Simple accident ? Sherlock Holmes n’est pas de cet avis. Aidé par les Mouches, une bande de gamins des rues, le célèbre détective mène l’enquête.

Critique :  

Quel rapport peut-il y avoir entre Buckingham Palace et un cirque ‭ ? ‬Quoi ‭ ? ‬Parlez plus fort et pas tous en même temps ‭ ! ‬ »La monarchie,‭ ‬c’est le cirque ‭ ? » ‬Heu,‭ ‬ça,‭ ‬c’est vous qui l’avez dit,‭ ‬moi,‭ ‬je ne fais que transcrire ce que vous me criez‭. ‬*se lave les mains‭*

Bon,‭ ‬ce n’est pas la réponse que j’attendais…‭ ‬Par contre,‭ ‬c’est la question que les Mouches de Holmes -‭ ‬gamins des rues faisant partie de la bande des Irreguliers de Baker Street – se posent aussi après avoir vu la voiture du Prince de Galles emmener Holmes à Buckingham Palace.

Lorsque ce dernier fait appel à eux,‭ ‬c’est pour surveiller un cirque où un groupe de trois funambules sont morts,‭ ‬la corde sur laquelle ils marchaient, à‭ ‬20‭ ‬mètres du sol, ayant rendu son préavis sans avertir la direction.‭ ‬Sproutch,‭ ‬v’la d’la bouille de funambules au sol.

Oui,‭ ‬un peu de lecture jeunesse au menu,‭ ‬ça ne fait pas de tort et puisque j’ai un gros faible pour Sherlock Holmes‭ (‬pour le cas où certains, nouvellement arrivés, ne le sauraient pas encore‭) ‬et j’adore quand les Irreguliers font leur apparition dans un pastiche.

Contrairement aux pastiches jeunesse de Béatrice Nicodème,‭ ‬le détective est fort présent dans l’histoire,‭ ‬guidant les gamins des rues dans leurs filatures,‭ ‬leur donnant des ordres et les utilisant pour les coups de filet finaux.

Agréable à lire,‭ ‬le livre ne fait que‭ ‬250‭ ‬pages,‭ ‬ce qui fait que le rythme reste harmonieux et qu’il n’y a pas de coups de mou.‭

‬L’enquête ne révolutionnera pas l’univers du polar,‭ ‬mais elle a le mérite d’être un peu plus complexe que d’autres et on se laisse emporter dans les rues de Londres, avec les garçons et Holmes.

Petit bémol,‭ ‬ça manque de descriptions au niveau de la ville…‭ ‬

Autre chose,‭ ‬que Ozzie – un nouvel Irrégulier – soit un bon copiste et qu’il ait un don pour l’écriture,‭ ‬je veux bien,‭ ‬mais je trouve ça un peu‭ « too much » ‬qu’en un seul regard,‭ ‬il puisse recopier une écriture directement du premier coup.‭ ‬

Léger manque de réalisme :‭ ‬l’auteur aurait pu nous expliquer qu’Ozzie fit bien des essais avant d’y parvenir.

Autre chose,‭ ‬dans l’explication d’un cambriolage,‭ ‬il y a quelques petits détails qui m’ont titillé,‭ ‬me paraissant un peu trop surréalistes‭ (‬sauf si le service de garde buckinghamien est incompétent ou endormi‭)‬.‭ ‬Il manquait quelques petits éclaircissements dans les explications de Holmes.

Hormis ces points de détails qui ne nuisent pas à l’affaire,‭ ‬le reste est un bon cru,‭ ‬ça bouge,‭ ‬ça enquête, on retrouve des têtes connues (ça, j’l’avais bien deviné, la présence de méchant là) et il est venu une chose à mon esprit au sujet d’un des gamins.‭ ‬

Je n’en dirai pas plus,‭ ‬il faudra que cela soit confirmé dans les tomes suivants,‭ ‬que je n’ai pas… Mais que je vais me procurer de ce pas.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

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Un certain docteur Watson : David Stuart Davies

Titre : Un certain docteur Watson

Auteur : David Stuart Davies
Édition : Fetjaine (2013)

Résumé :
Comment tout a commencé Médecin militaire en Afghanistan en 1880, John Walker fuit l’horreur des combats pour se réfugier dans l’alcool.

Déshonoré, il est chassé de l’armée et renvoyé en Angleterre. Lors du voyage de retour, il tombe entre les mains d’un mystérieux réseau aux activités troubles.

Il découvre bientôt que le chef en est le professeur Moriarty, qui le rebaptise Watson et lui confie la mission d’espionner un jeune détective dont la réputation ne cesse de croître à Londres, Sherlock Holmes.

Mais Watson et Holmes se lient bientôt d’amitié et le docteur s’efforce alors de se défaire de l’emprise de Moriarty. Une entreprise mortelle.

Critique : 

Hérésie ! Sacrilège ! Blasphème ! Profanation ! Outrage ! À l’assassin !  Au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdue, je suis assassinée, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent…

Pardon, je voulais dire « on m’a dérobé mon cher docteur Watson » !

Rassurez-vous, ma lecture fut des plus agréables, mais j’avoue que j’aurais pu crier tout cela en découvrant ce chouette pastiche holmésien…

Pourtant, c’était pas gagné d’avance de chambouler le canon (l’ensemble des aventures de Sherlock Holmes écrites de la main de Sir Arthur Conan Doyle – 4 romans et 56 nouvelles, publiées entre 1887 et 1927) et de faire de ce cher docteur Watson un homme à la solde du  professeur Moriarty, le Napoléon du crime !

QUOI ? Ah, j’entends que certains se sont étranglés à cette idée un peu hérétique, à cette vision pour le moins dérangeante.

L’auteur n’est pas le premier à me faire crier : Nicholas Meyer et sa « Solution à 7% » où le professeur Moriarty n’était qu’une projection de l’esprit drogué de Holmes m’avait déjà scié et Michael Dibdin m’avait tué avec son « Ultime défi de Sherlock Holmes ».

Ici, je dois dire qu’une fois la surprise passée, le scénario tient la route et m’a emballé.

Le docteur John Walker, qui n’est pas « Texas Ranger » mais médecin militaire en Afghanistan, s’est fait radier de l’armée pour avoir tutoyé jusqu’au bout une bouteille de Cognac. Hips ! Sans doute est-il parent avec le célèbre Johnnie Walker…

C’est lors de son voyage de retour qu’il tombe entre les mains du réseau criminel de Moriarty, qui le rebaptise « Watson » et lui confie la mission d’espionner Sherlock Holmes, un jeune détective dont la réputation ne cesse de croître à Londres.

Watson n’a pas trop envie, mais on ne dit pas « non » à Moriarty, sinon… Couic ! Et puis « Plouf dans la Tamise ».

Moriarty, la Némésis de Holmes… Moriarty, un homme intelligent qui a sombré du côté obscur de la Force, nous montrant ce que Holmes aurait pu devenir s’il y avait succombé, lui aussi.

Moriarty, qui, tel un marionnettiste, tire les ficelles de tous ses pantins, dont Watson. Ce Napoléon du crime, qui, tel un scénariste diabolique, écrit l’histoire qu’il veut voir jouer. Tout est prévu… Même l’adresse du 221b. Tout, je vous dis ! Ça fait froid dans le dos, croyez-moi. J’ai poussé quelques « oh » ou « Gottferdom » d’exclamation.

Tel un Dieu qui déciderait de s’inventer un monde, Moriarty le crée de toutes pièces, décidant de qui jouera quoi.

MAIS ! Si les pantins sont sans vie quand le marionnettiste ne tire pas les ficelles, si les personnages de papier n’ont pas de vie propre en dehors de ce que le scénariste leur fait réaliser (désolé, monsieur Pierre Bayard), les créatures de Dieu possèdent une chose : le libre arbitre ! La capacité de réfléchir et d’agir en dehors de tout contrôle.

Voilà pourquoi l’exemple d’un Dieu s’imposait pour comparer Moriarty, plus qu’un scénariste ou marionnettiste…

David Stuart Davies n’est pas un novice dans le domaine de Sherlock Holmes, loin de là. Ceci n’est pas son premier livre, il maîtrise le sujet et son livre est un régal.

Ses personnages sont plausibles, canoniques et j’ai bien aimé les quelques petites confidences de Holmes sur l’amour et le sexe.

L’alternance entre le récit en lui-même (du narrateur) et les extraits du journal de John Walker ajoutaient de la clarté dans le récit, une alternance de point de vue des plus intéressantes à lire, le changement de police de caractère accentuant encore un peu plus le côté « autre récit ».

Lecture « confort » aussi en raison de l’interligne 1,5 entre deux paragraphes. Plus clair et mes yeux ne s’en portent pas plus mal.

Bien que j’ai eu droit à une resucée de « Une étude en rouge » et une partie du « Signe des quatre » que je connaissais, le fait qu’ils soient revisités fut une agréable surprise. Bien vu !

Par contre, je me pose des questions sur un personnage… En est-il vraiment ou n’en est-il pas ? Agent double ou triple ? J’espère avoir la réponse dans le tome suivant.

Alors ? Watson utilisera-t-il son libre arbitre ? Holmes est-il aveugle ? Que va faire Moriarty ? Et comment tout cela se terminera-t-il ?

Vous le saurez en lisant « Les Nouvelles enquêtes de Sherlock Holmes », en vente dans toutes les bonnes librairies.

Recommandée par une éleveuse de polars en tout genre – dont un sacré cheptel de polars holmésiens font partie du troupeau.

Mais cet avis n’engage que moi…

(1) Extrait de « L’Avare » de Molière à partir de « justice, juste ciel » et jusque fin premier paragraphe.

Titre participant aux Challenges « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict,  « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor et « I Love London » de Maggie et Titine.

L’Horreur du West End : Nicholas Meyer

Titre : L’Horreur du West End

Auteur : Nicholas Meyer
Édition: Nouvelles Éditions Oswald (1989)

Résumé :
A Londres, en mars 1895, un critique théâtral est assassiné. George-Bernard Shaw engage Sherlock Holmes pour résoudre le mystère.

L’enquête amènera le détective à croiser sur son chemin Oscar Wilde, juste avant que n’éclate le scandale qui ruineras a carrière, Bram Stoker, alors qu’il commence à écrire Dracula, et les célèbres auteurs d’opérettes, Gilbert et Sullivan.

L’Angleterre victorienne s’agite dans les coulisses d’un monde brillant et superficiel : elle serait prise de panique si elle connaissait la nature de l’horreur qui se tapit dans le West End !

Critique :

Londres, sa Tamise, son fog, son temps de chien, ses ruelles sombres et sordides de Withechapel, sa reine Victoria, son thé, Big Ben, le Strand et… Sherlock Holmes !

Diable, cette histoire, nous avons failli ne jamais la lire car Holmes estimait que le monde n’était pas préparé à cela. Ce n’est que bien plus tard qu’il accepta que Watson la rédige, mais sans la publier…

Heureusement qu’il reste les vieilles malles, vieilles caisses, consignes de banque à Charing Cross, fonds de grenier (biffer les mentions inutiles), pour retrouver tous ces récits enfouis que Watson n’a jamais publiés.

Londres, 1895, un critique théâtral est assassiné. George-Bernard Shaw engage Sherlock Holmes pour résoudre le mystère.

Mystère il y a puisque le « presque cadavre » a réussi, avant de rendre son dernier soupir, à attraper « Romeo et Juliette » et à ouvrir une page bien précise.

Mais dans quel but ?? Amour immodéré pour l’œuvre de Shakespeare ? Envie de faire un dernier jeu de mot avec « J’expire » et « Shakespeare » ?

C’est ce que Holmes devra découvrir et l’enquête ne sera pas facile, j’avais même une longueur d’avance sur le Maître, à un moment donné, ayant trouvé ce qu’il avait sur le bout de la langue. « Belette, one point « 

Bien que roman apocryphe, le livre de Nicholas Meyer tient la route, les personnages sont fidèles (avec une touche de l’auteur) et sa préface donne au livre un parfum d’authenticité qui bernerait les non-initiés.

L’enquête a un bon tempo, ni trop rapide, ni soporifique, les pages se tournent avec facilité car c’est toujours un plaisir de suivre le détective du 221b.

En prime, nous croiseront toute une pléiade de personnages connus tels que Oscar Wilde (avant que n’éclate le scandale qui ruinera a carrière), le grand Bram Stoker, (qui commence à écrire Dracula) et les célèbres auteurs d’opérettes, Maritie et Gilbert Carpentier. Oups, mille excuses, il y a confusion, je voulais parler – bien entendu – de Gilbert et Sullivan.

Tout ce petit monde (bien campé) est loin de se douter de la nature de l’horreur qui se tapit dans le West End !

Même Sherlock Holmes mettra du temps avant d’identifier « ça ». Quand à Watson, il est sur des fausses pistes à tout bout de champ, comme le lecteur. Le second meurtre ne lui donnant pas plus de grain à moudre que cela, sauf à alimenter sa machine à fiction en imaginant des tas de théories.

Quand à l’inspecteur Lestrade, c’est encore pire, il en arrivera même à arrêter un pauvre type qui a le malheur de ne pas être blanc.

Le Londres victorien est bien représenté, avec ses théâtres, son monde du spectacle, ses préjugés, sa xénophobie et ses idées toutes faites. C’est ce qui manquait parfois dans les romans canonique de Conan Doyle, un peu plus de détails sur la vie de l’époque, avec ses belles ou ses mauvaises choses.

Alors, réaliste ou pas le livre ? Pourquoi pas… ce genre d’horreur pourrait très bien grouiller et nous surprendre. Manipulée par l’homme, c’est redoutable, car on peut choisir sa cible.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », une fois de plus…

Heureusement que Sherlock Holmes était là pour dénouer ce sac de noeuds. Quel homme ! Encore un bon moment de lecture.

Titre participant au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « Thrillers et polars » de Liliba, Challenge « Polar Historique » de Samlor et  « I Love London » de Maggie et Titine.

Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 4 – Aux portes de l’enfer : Andrew Lane

Titre : Premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 4 : Aux portes de l’enfer

Auteur : Andrew Lane
Édition : Flammarion

Résumé :

Tout en enquêtant sur les manigances de l’infecte gouvernante du manoir Holmes, Sherlock doit faire face à la soudaine disparition de Crowe et Virginia.

Pour les retrouver, il parcourt les grandes plaines hostiles d’Écosse, à la merci de ses habitants les plus terrifiants.

Critique : 

« Chouette » me suis-je dit en apprenant la sortie de ce quatrième tome des premières aventures de mon futur détective préféré.

C’est donc avec plaisir que je me suis plongée directement dans la suite de ses aventures, en espérant que l’on verrait un peu plus la jolie Virginia et de son père, mentor et professeur de Sherlock, monsieur Crowe.

Ah, une bonne nouvelle : on sait ENFIN ce que cette fichue gouvernante (et je reste polie) manigançait à Holmes Manor.

C’est Sherlock qui résoudra l’affaire qui a un léger goût de l’affaire canonique de Charles Auguste Milverton.

Belle réussite, mais je m’étonne toujours de ces truands qui racontent leur vie, leurs buts, leurs projets à voix haute, discutant avec leur complice comme nous parlerions de la pluie et du beau temps.

Dans mon imagination fertile, je m’attendais à une autre « raison » que celle donnée par l’oncle de Sherlock sur le pouvoir de la gouvernante sinistre.

Mais en y repensant à tête reposée et en remplaçant le tout dans l’époque et son contexte, je comprends que cela lui ait fichu les chocottes, à tonton Holmes.

Comme dans un roman précédent, il n’y a pas qu’une seule aventure dans le roman et c’est la disparition de monsieur Crowe et de sa fille Virginia qui va entraîner Sherlock et Matthew dans les plaines hostiles de l’Écosse à la merci de ses habitants les plus terrifiants… Et à côté d’eux, Heathcliff fait petit joueur.

Sherlock se retrouve une fois de plus « seul » pour résoudre le problème de la fuite de son mentor, aidé juste par son ami Matthew puisque Stone a disparu lui aussi.

Il s’affirme, peaufine sa future méthode, apprend un peu plus sur la société et sur le manque de logique des gens.

Son sentiment pour Virginia s’affirme aussi, le rendant un peu jaloux, lui faisant découvrir des émotions et des sensations qu’il ne connaissait pas, lui faisant peur aussi parce quand on aime, on est dépendant de cette personne.

Il y a même une scène pour laquelle j’aurais vendu père et mère au diable pour la lire (mon âme ne vaut pas grand-chose) ! La belle américaine n’a pas froid aux yeux et j’avais un sourire béat en lisant le passage (non, pas de sexe ! Mais vous ne pensez qu’à ça !).

Sherlock n’étant pas infaillible, il fera des erreurs assez énorme durant son périple qui lui seront reprochées par son mentor et pour un amoureux de la logique, notre Sherlock fera aussi preuve d’un manque total de discernement…

Je m’explique : lorsqu’on a des truands aux fesses et qu’on est dans les bois, on se terre dans un terrier de lapin (oups, pardon madame Lapine) ou de renard (mes excuses, monsieur Fox) si on veut plus de place, mais en aucun cas on ne va se cacher dans une petite maison abandonnée dans les bois et on ne fait encore moins du feu !

Désolé, là, c’est digne d’un garçon sans cervelle !

On me rétorquera que s’ils s’étaient planqués tous les deux dans un terrier, l’aventure n’aurait pas pu poursuivre son cours avec ses rebondissements…

Bref, Sherlock est en période d’essai, fait des erreurs, analyse la société et l’auteur se donne la peine de nous écrire les pistes qui nous donnerons le détective que nous connaissons dans les écrits de Sir Arthur Conan Doyle.

Ce qui me chagrine un peu, c’est qu’il se sorte si vite des situations les plus difficiles. L’auteur prend parfois des raccourcis faciles. Faire durer la difficulté n’aurait pas été plus mal, cela aurait fait plus sérieux.

Mon coup de gueule ?

Le premier est une scène de torture sur mon pauvre futur détective.

Le second est pour avoir fait une fin à la « cliffhanger » qui me donne envie de fouetter l’auteur ! Et le cinquième tome va emmener Sherlock sur une certaine Gloria Scott…

Ceux qui trouvaient que les aventures de Sherlock s’enchainaient très (trop ?) vite auront une autre pierre à mettre à leur édifice !

Titre participant aux Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor et  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict.

Sherlock Holmes Crime Alleys – Tome 1 – Le premier problème : Cordurié & Nespolino

Titre : Sherlock Holmes Crime Alleys – Tome 1 : Le premier problème

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Alessandro Nespolino

Édition: Soleil (2013)

Résumé :

Mai 1876…

Le Royaume-Uni connaît une vague de disparitions inquiétantes. Les communautés intellectuelles et scientifiques en sont les premières victimes. Nulle rançon n’est demandée et les autorités n’ont pas l’ombre d’une piste sur les motivations des ravisseurs.

S’il arrive à Sherlock Holmes de prêter concours à Scotland Yard, il n’a pas encore choisi sa voie. Il se partage entre ses passions et mène une vie de bohème aux côtés d’un jeune musicien autrichien, violoniste virtuose promis à une grande carrière.

L’enlèvement de ce dernier conduira Holmes à se confronter au crime organisé à l’insoupçonnable noirceur, l’amènera à devenir détective et à combattre les plus grands esprits criminels de son temps dont les Moriarty, père et fils….

 

Critique :

On devrait punir de cent coups de fouet les auteurs qui terminent leurs albums par un tel cliffhanger qui m’a laissé avec le palpitant en compote et l’envie de secouer la bédé afin de m’assurer que quelques pages cachées n’allaient pas en sortir.

Peau de balle ! J’en suis quitte à me ronger les ongles avant de pouvoir découvrir la suite de cette excellente bédé qui nous conte la jeunesse du détective qui n’est pas encore au 221b et donc, sans Watson, of course.

Sherlock Holmes jeune, c’est tendance, ces derniers temps… tant mieux.

C’est avec le plaisir d’un gosse devant un paquet de bonbons que j’ai accueilli cette nouvelle ponte de Cordurié : cet oeuf est le quatrième diptyque pour la collection « 1800 », après deux tomes de « Sherlock Holmes et les vampires de Londres » et un de « Sherlock Holmes et le Nécronomicon ».

Si j’avais fait la moue avec les dessins de Laci pour les 3 précédents tomes de la collection, j’ai apprécié ceux de Nespolino.

A première vue, en feuilletant en vitesse, Holmes, bien que jeune, n’a pas une tête de gamin.

Quand aux couleurs et aux décors (même s’ils ne sont pas « de Roger Harth » et malgré le fait que les costumes ne soient pas « de Donald Cardwell ») le tout est admirable.

En profondeur, rien à redire : les planches sont de qualité, les différents personnages sont bien campés et les ambiances… Magnifico ! Une fois de plus, j’étais dans Londres.

Et qu’est-ce qu’il se passe à Londres ? Des choses graves, sans aucun doute, comme le laissent penser les premières cases de la bédé en nous plantant le décor. Et hop, je suis appâtée et intriguée. Encore des bons points.

La rencontre avec Sherlock Holmes a lieu juste après ces 5 pages d’intro intrigantes et notre futur-et-pas-encore-détective assiste au concert d’adieu d’un de ses amis, violoniste virtuose et qui se trouve être son colocataire.

Holmes a un style « jeune dandy »et ses réparties sont teintées d’ironie ou de sarcasme et cela m’a donné quelques éclats de rire tout au long de ma lecture.

« Détective » n’est pas encore un métier pour lui,  juste une activité parmi tant d’autres et bien qu’il s’adonne à des investigations policières, c’est juste pour le plaisir. Une autre de ses activité est celle qui consiste à découvrir des ouvrages aussi divers que variés.

Dolce vita…

Tout va bien, donc ? Non ! Une vague d’enlèvements laisse la police désemparée, ce qui donnera lieux à quelques railleries bien senties de la part de Holmes.

C’est une chose que j’ai aimé aussi dans cette bédé, la vie de Sherlock, ses rapports avec ses amis, le tout entrecoupé par des règlements de comptes sur les quais et des tensions entre le chef des malfrats et son fils qui ne semble pas partager les méthodes « paternelles ».

Encore un qui aimerait être calife à la place du calife… Point de vue des dessins, ils ne sont pas facile à différencier, le père et le fils.

Alors, comment Holmes va-t-il devenir ce qu’il sera ? Et bien, fallait venir l’emmerder, tiens et c’est la disparition de son ami violoniste qui va l’amener à croiser la route de ces deux chefs d’une bande non fréquentable. M’est avis qu’il aura du fil à retordre avec le fils.

Si vous reprenez le titre de l’album, je pense que vous comprendrez…

Il y a aussi un petit côté « comics » dans l’agencement de certaines cases, surtout dans la dernière page et une manière de dessiner les phylactères inhabituelle, mais que j’ai adoré.

Bref, le dessin est extra, le scénario est bien construit, l’histoire est diablement intéressante et on se demande ce qu’il nous réserve en tome 2 surtout qu’il nous laisse sur ce foutu suspense dont je vous parlais en tête de critique !!

Nondidjû, il atteint un de ces paroxysme avec Sherlock qui se trouve…

Non, vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous le dire ?

Titre participant aux challenges « Thrillers et polars » de Liliba et « Sherlock Holmes » de Lavinia.

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La Science de Sherlock Holmes – Les débuts de la science criminelle : E.J. Wagner

Titre : Science de Sherlock Holmes : Les débuts de la science criminelle

Auteur : E.J. Wagner
Édition: Le Pommier

Résumé :
Angleterre, début du XXe siècle : tandis que l’ombre de Jack l’Éventreur plane encore sur Londres, sir Arthur Conan Doyle assiste avec passion à la naissance de la science criminelle.

Le Maître en est persuadé : la science a un rôle crucial à jouer dans le système judiciaire…

Tel est le premier fondement de La science de Sherlock Holmes.

Qu’il se mêle de poison, de cendres de tabac ou de traces de pneus, le célébrissime détective fait en effet preuve d’un véritable esprit scientifique.

L’ouvrage explore cet aspect fascinant de sa carrière, en montrant combien ses enquêtes reposaient sur les dernières découvertes scientifiques de l’époque.
Le livre constitue ainsi une introduction de qualité aux différents domaines de la police scientifique, de la médecine légale à l’expertise des écritures, en passant par la balistique, l’analyse des empreintes digitales ou la toxicologie.

Une postface de Patrick Rouger, coordinateur de Police technique et scientifique, nous présente les outils que la police scientifique actuelle mettrait à la disposition de Sherlock Holmes s’il revenait enquêter au XXIe siècle.

Extrait :

Londres, 1887. Entrelacs d’étroites rues pavées où le fracas des fiacres pressés se mêle au vacarme des pubs enfumés. Hommes arborant barbes, capes et cannes au pommeau d’argent.

Méli-mélo de curiosités offert dans d’immenses musées aux regards de dames voilées, drapées dans des manteaux de fourrure, discrètement parfumées de lavande – des dames dont le maintien rigide suggère qu’elles savent l’étreinte de leur mari rare et révérencieuse, et celle de leur corset ferme et constante.

Filles des rues imbibées de gin, sans toit, malades, avec sur elles tous les vêtements qu’elles possèdent, démangées de vermine, se mouvant d’un pas lourd – vers le pub, l’asile, l’hôpital, le fleuve…

Le fleuve, c’est la bourbeuse Tamise, dont les forts courants remuent la vase des profondeurs, dont les eaux lentes pénètrent la ville, seule force motrice des péniches qui apportent l’indispensable charbon.

Des essaims de gamins des rues farfouillent les berges pour récupérer ce qu’ils peuvent – bois, charbon, pièces de monnaie – et récoltent bien souvent le choléra, charrié par les eaux usées qui se mêlent dans toute leur impureté à celle du fleuve.

La ville grouille de vendeurs des rues, de charretiers, de chevaux, de voleurs à la tire, de ramoneurs et de bonnes d’enfants, précieuses ou miséreuses.

On y trouve des parcs raffinés et des abattoirs bruyants, des logements ouvriers et des demeures majestueuses, tous enveloppés dans des nappes de brouillard épais, illuminés par l’éclairage au gaz.

On y trouve de grands hôpitaux, St Mary’s, Guy’s, St Bart’s, leurs amphithéâtres, leurs laboratoires aussi, où l’on mène parfois de bien macabres recherches, tous stores baissés, à l’abri des regards de la foule.

Dans la première des aventures de Sherlock Holmes, Une étude en rouge, on pénètre derrière ces stores pour voir Stamford, une vieille connaissance de Watson, conduire ce dernier vers le laboratoire où va bientôt se sceller la plus célèbre amitié de la littérature policière.

Critique :

Mon détective préféré et les débuts de la science criminelle… certains auteurs devaient connaître mes goûts pour me pondre une chose pareille, me voyant déjà saliver devant leur ouvrage.

Oui, j’aime Sherlock Holmes et oui, j’aime la science criminelle, ainsi que la médecine légale et la police scientifique (la vraie, pas celle qui à partir d’une mauvaise photo de trois pixels arrive à vous sortir une plaque d’immatriculation lisible ou la forme du plombage de la dernière molaire du suspect…).

Non, parler de cadavres à table ne me répugne pas. Mon entourage, oui…

Bref, même si vous ne connaissez pas Sherlock Holmes, vous savez qu’il était fortiche comme détective et qu’il est connu pour ses qualités de déduction, sa passion pour la chimie ainsi qu’un intérêt plus qu’intéressé pour la science.

Nous en avons la preuve dans « Une étude en rouge » où la rencontre entre Holmes et Watson se déroule dans le laboratoire de l’hôpital Saint Barts’, Holmes tout heureux car il venait de mettre au point un réactif qui n’était précipité que par l’hémoglobine.

Léger inconvénient pour l’holmésien qui voudrait retrouver son détective fétiche dans cet ouvrage, et bien, il est peu présent malgré le fait que l’auteur se soit évertuée à mettre en relation les enquêtes du fameux locataire du 221b avec les avancées scientifiques de son époque (relevant même les quelques fautes dites par Holmes sur certains faits, tel les machines à écrire ou le réactif précipité par l’hémoglobine).

Certes, les références à Holmes sont là et bien là mais n’escomptez pas qu’elles occupent la majorité des pages.

Oh, attention, je ne regrette rien ! Que du contraire, ce genre de livre, c’est du petit lait pour moi.

Les treize chapitres thématiques nous éclairent sur les grands domaines ainsi que les avancées dans la science criminelle. A la fin de chaque grand chapitre, un récapitulatif de « ce qu’il reste » de nos jours.

Non, non, la science criminelle dont on nous parle n’est pas imbuvable !

Le livre est truffé de petites anecdotes, d’expériences ou d’enquêtes criminelles réelles (menées à la fin du 19ème siècle ou au début du 20ème siècle, au Royaume-Uni, en France ou Allemagne) de la manière dont elles furent (ou pas) résolues et de ce qu’il en a découlé comme avancée…

Et tout se déroule dans le temps, hormis quelques unes qui ont eu lieu dans les années 40.

Facile à lire, agréable à découvrir, j’avais les yeux émerveillés, me goinfrant de tous les détails.

Ah, que de progrès ont été réalisés, que ce soit dans la médecine légale (autopsie réalisées dans de meilleures conditions, recours à l’entomologie, à la toxicologie), dans l’étude de la balistique, sans oublier le fameux fichage des criminels (Bertillon et surtout Locard), dans l’étude des scènes de crime, dans le recours aux experts… (qui n’étaient pas de Miami, de Las Vegas ou de Manathan).

Last but not least, le dernier chapitre sera consacré à tout ce qui concerne les croyances et superstitions de l’époque. Un régal !

D’ailleurs, j’en ai appris une bien bonne : dans le but de calmer les spasmes du gros intestin, un médecin préconisait l’usage de la nicotine, sous forme de fumée et introduite… Hé oui !

Zéro pointé aux puristes qui ont pensé que la fumée était introduite par la bouche. Pour soigner le gros intestin, on attaque par le bas et la fumée était introduite dans le rectum, dirigée soit par un entonnoir ou par un soufflet, quand ce n’était pas par l’introduction d’un cigare dans le fondement, bout incandescent fiché en plein dedans… plus facile pour l’introduction de la fumée.

Dingue, non ?

Une autre ? On disait que l’onanisme provoquait, entre autre, la phtisie, le ramollissement du cerveau, la démence, la folie et la dégénérescence précoce…

Rassurez-vous, ce ne sont là que les conneries de la médecine de l’époque et je me dis que, de nos jours, rien n’a changé quand on nous vante les mérites de la carotte pour soigner des cancers.

Bref, pour ceux et celles qui ont envie de découvrir les balbutiements de la science criminelle, sans un expert qui ôte ses lunettes noires toutes les deux minutes, ce livre est fait pour vous.

Ou tout simplement par curiosité…

La postface (rédigée par un expert contemporain, excusez du peu) est consacrée aux outils (en particulier la génétique) dont notre cher Sherlock Holmes disposerait s’il œuvrait de nos jours.

Rien à redire sur l’auteur, on sent qu’elle a mis les main dans le sang et dans les tripes, plongeant dans des archives criminelles comme d’autre plongent dans les eaux turquoises, nous faisant croiser la route de personnages réels tels Vidocq, Bertillon ou Locard.

Ok, Sherlock Holmes est un peu relégué au second plan par rapport à la science criminelle, mais l’auteur ne l’oublie pas et on sent que là aussi, elle connait son sujet.

Vous l’aurez compris, j’ai trouvé ce petit livre scientifique PA-SSIO-NNANT !

Pas besoin d’avoir regardé tous les épisodes des experts pour comprendre et dans le pire des cas, il y a un glossaire pour les mots que vous n’auriez pas capté.

Titre participant aux challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia, à « Polar Historique » de Samlor et « Thrillers et polars » de Liliba.

CHALLENGE - Sherlock Holmes

CHALLENGE - 77158541_pCHALLENGE - Polar historique

Le chien des Baskerville : Sir Arthur Conan Doyle

Titre : Le chien des Baskerville                              big_5

Auteur : Sir Arthur Conan Doyle
Edition : Livre de Poche Policier – Robert Laffon (1966)

Résumé :

Sir Charles Baskerville, revenu vivre une paisible retraite dans le manoir de ses ancêtres, au coeur des landes du Devonshire, est retrouvé mort à la lisière des marécages, le visage figé dans une absolue terreur. Autour du cadavre, on relève les empreintes d’un chien gigantesque.

Ami et médecin de la victime, James Mortimer sait que son patient était troublé par une vieille malédiction : un chien viendrait de l’enfer pour réclamer les âmes des descendants des Baskerville.

Il décide de faire appel à Sherlock Holmes pour protéger Henry, l’héritier de la victime. En acceptant, le fameux détective ignore qu’il met en péril sa propre vie.

Paru en 1902, ce roman est la plus célèbre des aventures d’Holmes. Il est baigné d’éléments fantastiques qui amènent le fameux détective à douter de ses pouvoirs de déduction.

Même le docteur Watson a du mal à le suivre ! La résolution du mystère mettra fin à ses interrogations. Cette fois-ci, le maître de la logique s’en tire de justesse.
 

Critique :

Ah, lui, il a une histoire : c’est mon premier roman policier et mon premier Sherlock Holmes !

Le titre m’avait attiré parce que l’on parlait d’un chien et que j’adore les chiens.

Bon, celui-là de chien, je l’aime un peu moins car le fait de le croiser vous fait avaler votre certificat de naissance sur le champ…

Je me revois encore, les yeux rivés sur le texte, découvrant le personnage atypique de Sherlock Holmes et celui du docteur Watson, la lande et son brouillard, ses cris lugubres…

Un chien sortit des Enfers et qui continue sa triste besogne suite à la malédiction de la famille Baskerville… Magnifique mais ça me fichait des frissons.

A 13 ans, on était bien plus impressionnable, que voulez-vous…

Et quelle enquête ! J’avais adoré, même si elle possède quelques points faibles.

Par contre, pas de chance pour moi d’avoir commencé par le roman où Holmes est quasi absent, Doyle ayant même pensé à le faire avec uniquement Watson.

Pourquoi ? Parce que Doyle n’aimait pas son personnage de Holmes, lui, il voulait gagner sa vie avec des romans historiques, pas avec des romans policiers.

Pourtant, il pouvait dire merci à Holmes car son détective avait fait de lui un auteur qui gagnait sa vie avec son œuvre et lui permettait de prendre un fiacre au lieu des transports en communs.

Donc, Doyle ayant fait mourir Holmes dans les chutes de Reichenbach et ayant tenu bon sur le fait de ne pas le faire revenir, et bien, il ne tint pas tout à fait parole… « Gling gling », tiroir caisse ??

S’étant débarrassé de son encombrant détective dans « le dernier problème » paru en décembre 1893, Doyle le fait revenir en 1901 dans « le chien des Baskerville » qui se passe avant le « dernier problème » et ce, afin d’avoir à éviter de ressusciter son personnage. Pas con.

Holmes reviendra pour de bon en 1903, dix ans après que son auteur lui ait donné la mort…

Livre excellent. Même en re-re-relecture, l’émerveillement continue encore et encore.

« Le Chien des Baskerville » (The Hound of the Baskervilles) fut adapté de nombreuses fois au cinéma et à la télé. Une de ses nombreuses versions, fut, entre autre, réalisé par Terence Fisher et sorti en 1959 avec Peter Cushing dans le rôle de Sherlock Holmes et Christopher Lee dans celui de Sir Henry Baskerville.

Re-re-re-lu dans le cadre des challenges « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel, « Sherlock Holmes » de Lavinia et « I Love London » de Titine et Maggie.

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