Challenge Thrillers & Polars – Chez Sharon [Du 12 Juillet 2022 au 12 Juillet 2023]

C’est en 2012 que j’avais commencé la folie des challenges littéraires, notamment avec mes deux premiers : le challenge Thrillers et Polars qui avait lieu, à l’époque, chez Liliba et le Challenge Romans Cultes (chez Métaphore), qui m’avait permis de lire des classiques, ce qui m’avait été bénéfique.

10 ans, c’est plus qu’un bail. Liliba a arrêté son challenge et c’est Sharon qui a repris le flambeau. J’avais fais sa connaissance lorsqu’un blogueur (Samlor lui avait passé l’organisation d’un Challenge Polars Historiques. Depuis, on peut dire que cela fait longtemps que je lui pourris la vie avec mes centaines et mes centaines de participations.

Non, pas de liste de lecture, ma biblio risquerait de s’y retrouver, vu le nombre de polars que je possède et vu que la moindre enquête dans une bédé peut servir de prétexte à participer au challenge.

Pour la précédente édition, j’ai fourni 260 fiches critiques, ce qui a laissé 105 jours de lectures autre que du polar/thriller. Oui, c’est flagrant, cela reste ma littérature préférée et je dis merde à ceux ou celles qui pensent que les polars & thrillers ne sont pas de la vraie littérature, comme on disait avant des romans de Stephen King… Shocking !

Moi je ne dirai qu’une seule chose : LISEZ, NOM DE DIEU !!!

Des romans, des mangas, des comics, des bédés, des romans graphiques (qui ne sont jamais que des bédés auxquels on donne un habillement plus sélect pour les autres), des polars, des thrillers, des romans noirs, de la SF, de la fantasy, du fantastique, des classiques, de la littérature blanche, rose,… Bref, lisez !

Et surtout, participez au challenge Thrillers & Polars !!!

 

Mois du Polar – Février 2022 [Chez Sharon]

En février, deux choses importantes : les crêpes de la Chandeleur et le Mois du Polar chez Sharon ! Le reste, on s’en balek, comme disent certains…

Comme d’habitude (♫), je vais puiser dans ma PAL et tenter de sortir de l’ordinaire dans mes lectures polars/thrillers, de lire aussi des polars classiques, de ceux qui font du bien au moral.

Autrement dit, je vais tenter de noircir ma carte des nationalités sur Livraddict (et du Tour du Monde en 80 Livres) et me faire plaisir en sortant des Montalbano, sa majesté qui mène l’enquête et essayez les enquêtes de Lady Hardcastle.

Pour arriver à faire des tas de fiches (sans déborder), j’ai aussi ajouté au programme lecture des bédés, des comics et essayer d’avancer un peu dans la série manga « My home hero » commencée en février 2021 (lu un tome).

Je vais tâcher de vous faire une fiche sur la série « Les chroniques de Sherlock », une série russe qui n’est pas si mal que ça (on a connu mieux, mais on a connu pire !).

Pas besoin de me casser la tête pour les titres, je vais piocher dans les romans que je voulais découvrir l’année dernière et essayer de les lire (enfin !!) en février 2022.

Romans que je vais essayer de lire (surtout essayer de ne piocher que dans cette liste) :

  1. Dressé pour tuer – Drongo 02  : Tchinguiz Abdoullaïev (Azerbaïdjan)
  2. Les Patriotes : Sana Krasikov (Ukraine)
  3. Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant : Jung Jae-han (Corée du Sud)
  4. Épilogue meurtrier – Trilogie de la crise 04 : Petros Markaris (Grèce)
  5. Un mois avec Montalbano – Montalbano 05 : Andrea Camilleri (Italie)
  6. La démission de Montalbano – Montalbano 06 : Andrea Camilleri (Italie)
  7. Si vulnérable : Simo Hiltunen (Finlande)
  8. Les planificateurs : Un-Su Kim (Corée du Sud)
  9. Le portrait de la Traviata : Jinki Do (Corée du Sud)
  10. Le jour du chien noir : Si-woo Song (Corée du Sud)
  11. Ma mémoire assassine : Young-Ha Kim (Corée du Sud)
  12. L’île des chamanes : Jay Kim (Corée du Sud)
  13. Génocide(s) : Kazuaki Takano (Japon)
  14. Crime impuni aux monts Wuyi : He Jiahong (Chine)
  15. Le dernier loup : Jiang Rong (Chine)
  16. Les princes de Sambalpur : Abir Mukherjee (Écosse)
  17. Meurtre à Tombouctou : Moussa Konaté (Mali)
  18. Sa Majesté mène l’enquête – 02 – Bain de minuit à Buckingham : S.J. Bennett (Angleterre)
  19. L’Eau rouge : Jurica Pavičić (Croatie)
  20. Le défi Holmes contre Lupin et les brigades : J-P et A Bouchon (France)
  21. Les vallées du cash : Brian Panowich (États-Unis)
  22. Le Messie du Darfour : Abdelaziz Baraka Sakin (Mali)
  23. Le serveur de Brick Lane : Ajay Chowdhury (Inde)

Au rayon Bédés, Comics, Mangas :

  1. Gotham Central – Tome 1 : Ed Brubaker, Greg Rucka et Michael Lark [COMICS]
  2. Bad Ass – Tome 1 – Dead end : Herik Hanna, Bessadi et Georges [COMICS]
  3. My Home Hero – Tome 2 : Naoki Yamakawa et Asaki Masashi [MANGA]
  4. My Home Hero – Tome 3 : Naoki Yamakawa et Asaki Masashi [MANGA]
  5. Batman – Un Long Halloween : Jeph Loeb et Tim Sale [COMICS]
  6. Preacher (Urban) – Tome 3 : Garth Ennis et Steve Dillon [COMICS]
  7. Batman – Last Knight on Earth : Scott Snyder & Greg Capullo [COMICS]
  8. Batman vs Deathstroke : Christopher Priest [COMICS]
  9. Sara : Garth Ennis [COMICS]
  10. Deadpool Killogy – 02 – Deadpool massacre les classiques : Cullen Bunn et Matteo Lolli [COMICS]
  11. Batman – Silence : Jeph Loeb et Jim Lee [COMICS]
  12. L’art du crime – Tome 1 – Planches de sang : Olivier Berlion  [BÉDÉ]
  13. Noir burlesque – Tome 01 : Enrico Marini [BÉDÉ]
  14. Retour de flammes – T01 – Premier rendez-vous : Galandon & Grande [BÉDÉ]
  15. Psychic Detective Yakumo – Enquêteur de l’occulte 01 : Suzuka [MANGA]
  16. Crime et Châtiment : Hiromi Iwashita & Dostoïevski [MANGA]
  17. La Peau de l’autre – T01 – Pile et face : Le Tendre & Séjourné [BÉDÉ]
  18. Nouvelles aventures de Bruno Brazil – T01 – Black Program (1/2) : Bollée & Aymond [BÉDÉ]
  19. Agatha Christie – T02 – Mort sur le Nil : François Rivière & Solidor [BÉDÉ]
  20. Agatha christie – T03 – Dix petits nègres : François Rivière & Leclercq [BÉDÉ]
  21. Agatha Christie – T07 – Le crime du golf : F. Rivière & Marc Piskic [BÉDÉ]
  22. Hercule Poirot (BD) – T06 – Le crime du golf : Frédéric Brémaud, Alberto Zanon et Agatha Christie [BÉDÉ]
  23. Les nouvelles enquêtes de Ric Hochet – T01 – R.I.P. Ric ! : Zidrou et Simon Van Liemt [BÉDÉ]
  24. A fake story : Laurent Galandon et Jean-Denis Pendanx [BÉDÉ]
  25. L’assassinat du père Noël : Convard, Adam, Paul et Pierre Véry [BÉDÉ]

Ville noire, ville blanche : Richard Price

Titre : Ville noire, ville blanche                               big_4

Auteur : Richard Price
Édition:  10-18 (2009)

Résumé :
Une jeune femme blanche, en état de choc, se réfugie aux urgences d’un hôpital. Un inspecteur qui l’interroge relève très vite dans son récit et son comportement des contradictions…

Roman choc entre deux communautés – la noire et la blanche, dans une banlieue new-yorkaise -, ce livre n’est qu’en apparence un thriller et révèle une ampleur sociale et psychologique d’une intensité impressionnante.

Critique : 
620 pages pour 48h… 48h réparties sur 620 pages. Y’a pas à dire, on aura pas le temps d’aller faire pipi. Enfin, moi j’ai eu le temps parce que ça m’a pris un certain temps pour en venir à bout…

Écrit en tout petit, imprimé très haut jusque très bas de la page, et une histoire qui prend son temps de se développer : j’ai failli lâcher prise mais je me suis retenue et j’ai continué la lecture parce qu’intéressée par ce qui pouvait bien se passer dans ces pages.

Après un speech sur l’assassinat de deux habitants d’un quartier chaud dans la banlieue de New-York surnommé « Darktown », une femme Blanche arrive aux urgences après avoir traversé à pied le quartier noir. Elle est blessée aux mains et ne veux rien dire.

C’est Big Daddy (Lorenzo Council), le flic noir, qui prendra sa déposition. Lui, c’est le pilier de la cité, l’icône, celui qui peut parler aux dealers, celui que l’on écoute et que l’on respecte.

Par bribes, Brenda lui explique qu’elle s’est faite car-jacker sa voiture par un Noir et que le voleur l’a trainée à terre, ce qui explique ses mains en sang.

Dès le départ, il a compris que Brenda cache quelque chose. Qu’est-ce qu’une Blanche est venue foutre dans un quartier Noir ? Dans cette ruelle où trainent des dealers ? Pourquoi traverser la ville pour venir dans cet hôpital ? Pourquoi… ? Il y en aura des tonnes, de « pourquoi » !

Brenda et l’inspecteur Lorenzo… Ces deux là ne vont plus se quitter ! Non, pas de « chabadabada », mais en raison du caractère explosif que l’affaire va déclencher : en effet, Brenda avoue – trois heures après – que son gamin était dans la voiture !

Une Blanche, agressée par un Noir et son fils enlevé… il n’en faut pas plus pour faire chauffer les esprits des gens en ces chaleurs de l’été. Et puis, certains grognent parce qu’ils savent qu’on aurait pas fait tout ça si le gosse avait été Noir…

On n’arrête pas le spectacle pour un seul singe.
— Ben, quelquefois si. Tout dépend du singe, de la couleur de son poil.

Ce roman ne va pas vite, il prend le temps de faire monter la température entre les deux communautés : les Blancs et les Noirs. Une communauté qui vit dans les beaux quartiers et l’autre pas…

Entre les flics du quartier de Gannon qui investissent le quartier Noir d’Armstrong – le bien nommé « Darktown » – pour retrouver le fils de Brenda, sœur d’un flic Blanc, les journalistes, les arrestations arbitraires, les coups, les insultes, le ton monte et l’ambiance du livre devient plombée.

Si la sueur coule dans le dos des protagonistes, elle coule aussi dans la nuque du lecteur qui « sent » venir le bordel à plein-nez.

On ne peut pas dire non plus que Brenda aide l’inspecteur Lorenzo « Big Daddy » Council dans son enquête. Tout est dit par bribes, elle se renferme comme une huître, colle ses écouteurs sur les oreilles, se comporte bizarrement et pendant ce temps, la haine raciale monte comme la température dans un four allumé.

À un moment donné, on se rend compte qu’on a posé ses fesses sur un baril de poudre et qu’une flamme se rapproche dangereusement de la mèche. Les Noirs sont mécontents, ils savent que si le gosse avait été noir, jamais on aurait déployé de moyens pour le retrouver ! Les flics Blancs ont dépassé les bornes et tout le monde sait que « les bornes ont des limites » !

Vaut mieux pas se trouver dans les parages lorsque ça explosera… Et l’inspecteur Lorenzo aura fort à faire pour essayer que sa cité garde son sang-froid. L’émeute et le bain de sang sont proches et plus les minutes passent, plus ça chauffe !

Et Brenda, dit-elle toute la vérité ? Quels secrets leur cache-t-elle ? Pourquoi est-elle aussi capricieuse ? Pourquoi ne fait-elle pas plus pour retrouver son fils ?

620 pages oppressantes, noires, sombres, dures, longues. La haine monte lentement mais sûrement, les vieilles rancœurs entre les deux communautés ressortent, l’huile est sur le feu, le lait aussi et l’auteur nous décrit cette poudrière de manière magistrale.

Les personnages sont légion, certains tordus, d’autre bizarre, bref, chacun a son caractère.

Un roman à lire lorsqu’on a du temps devant soi, afin de le lire sur quelques jours et pas sur deux semaines comme moi.

Livre adapté au cinéma « La couleur du crime » en 2005 avec Samuel L. Jackson dans le rôle.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et le « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées et le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

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Tabou : Casey Hill

Titre : Tabou

Auteur : Casey Hill
Édition: Belgique Loisirs (2012)

Résumé :
Reilly Steel, experte de la police scientifique, a quitté la Californie pour un poste à Dublin. Elle espère fuir un sombre passé familial, mais se retrouve rapidement mêlée à une série de crimes atroces, dont chaque mise en scène provoque l’effroi.

Et dans le jeu du chat et de la souris que mène le tueur, il devient bientôt évident que celui-ci en a particulièrement après Reilly…

POLAR - image_4Critique :
Non mais allo quoi ? C’est quoi ce bouquin ? Des auteurs de la maison Harlequin se seraient-ils mis en tête de nous faire une farce monumentale et d’écrire un thriller ? Le tout sans nous prévenir par le sigle « Mira » adapté à cette collection, les petits salopiauds ?

Ou alors, les auteurs, en vacances, auraient confié la rédaction des 100 premières pages à leur p’tit nièce de 12 ans ??

Pourtant, à la première analyse, ce roman de Casey Hill (deux auteurs, mari et femme), publié en avant-première chez Belgique Loisirs avait tout pour plaire : une cover ou se mêlaient une lame de rasoir sur une tache de sang, le tout imprimé en relief sur un fond beige (style « palissade ») qui avait fait saliver ma rétine et ma pupille.

Bref, ces petits détails et le fait que la romancière était décrite comme « confirmée » et classée régulièrement numéro 1 sur les listes des best-sellers en Irlande (donc, sous-entendu une bonne auteur) donnait envie de découvrir le 4ème de couverture.

Lui aussi me plaisait bien.  Ok, j’emporte ! Emballé c’est pesé.

Le début du roman s’attache à nous présenter l’héroïne, Reilly Steel, une américaine experte dans le domaine médico-légal. Elle a fait ses classes au FBI et s’est expatriée depuis peu dans le pays d’origine de ses ancêtres, la verte Erin (l’Irlande, pour si jamais Nabilla nous lisait, ce dont je doute).

Un meurtre sordide (ce ne sera pas le seul) deux corps nus, de la cervelle répandue style « je retapisse les murs avec ma matière grise » le tout sur fond d’expertise médico-légale. A priori, pour qui me connait un peu, ce genre de soupe aurait dû me ravir.

Mouais… Là où j’ai commencé à avoir l’impression de me trouver dans un livre style « Harlequinade Roucoulade », c’est quand l’auteur a insisté plus que lourdement sur le fait que l’héroïne, elle était terriblement bêêêêêllle ! Blonde aux yeux bleus et suuupppeeeer intelligente ! L’auteur ne se prive pas de nous le répèter plusieurs fois, noir sur blanc.

Super compétente aussi (en un ou deux mots, au choix) car son taux de réussite d’affaire criminelle est comme le taux de cholestérol d’un habitué du MacDo : plus de 80% !

Reilly est aussi une gentille donneuse de leçon : « Tu regardes trop les séries télés » et d’expliquer au bleu de service, « comme si elle s’adressait à un gamin de 5 ans » (oui, c’est écrit !) que « Non, non, on ne ramasse pas une arme par le canon avec un crayon, on pourrait déplacer les dépôts de poudre dans le canon ! Tu le prends avec des gants et par la crosse, mon gars ».

Diable, Horatio Caine, Gil Grissom et Mac Taylor, les grands Experts de la télé ne nous l’avaient jamais dit !

Bon… Passons, me dis-je. Jusqu’à ce que je tombe sur des passages dignes des Harlequins : déjà le style d’écriture était d’une platitude abrutissante, gnangnan et neuneu sur la première centaine de pages ! Sérieux, j’ai lu des annuaires téléphoniques mieux écrit que ça !

De plus, les pensées que le narrateur accorde à Reilly sont dignes des pensées d’une série de chez AB Production ou d’une héroïne Harlequin, le champion de la banalité à bas prix !

Extrait (et j’ai pris la plus relevée…) : « Par le passé, son instinct l’avait beaucoup aidée et elle ne comptait pas l’ignorer pour la simple raison qu’un rouquin de policier irlandais trouvait ses méthodes stupides et inutiles. Pourquoi se soucier de lui ? Elle n’en faisait qu’une bouchée d’un gars comme lui, mais elle n’allait pas se rabaisser à cela ».

Oh, notre héroïne est cannibale à tendance anthropophage ! Elle bouffe ses collègues au petit déj… Une Troll sommeille dans ce joli petit corps.

Au rayon des « qualités », mademoiselle a aussi un odorat suuupppeeer développé et l’auteur nous le ressort toutes les dix pages. Odorat développé à tel point que si vous avez mangé de l’ail la veille, elle le sent. Plus terrible que le chien de race Saint-Hubert ! (belge).

Pire, sur une scène de crime dont le cadavre date de plusieurs jours, elle ne couvre pas son nez, non, elle hume et elle filtre les différentes odeurs mieux que les filtres des centrales nucléaires.

Et que sent-elle sur cette scène de crime, ami lecteur ? Accroche-toi à ton transat parce que ça va dépoter grave… Elle sent le parfum de la mort !

T’en est tombé de ta chaise, hein ? Attends, mieux encore, elle va nous filtrer une autre odeur qui va déchirer ta race : la chair faisandée ! Elle doit être la seule à la sentir, à mon avis…

Oh, au rayon des défauts, elle ronge ses ongles (pas bien !), a perdu sa soeur dans des circonstances que l’on devine tragique (on en apprend plus au fur et à mesure de cette lecture torture) et papa est devenu alcoolo. Elle est aussi accro à son boulot… C’est un défaut, non ?

Bon, à un moment donné, les auteurs ont relevé leur p’tite nièce du dur labeur de l’écriture gnangnan et heureusement pour moi, le reste du roman était « passable ». Pas transcendantal, mais comparé aux débuts laborieux, on a relevé d’un p’tit cran le niveau. Et comme je râlais d’avoir dépensé de l’argent pour ce livre, j’ai continué à lire.

Dommage qu’il souffre de ces défauts d’écriture indignes d’une  romancière « sois-disant » confirmée parce que le pitch était excellent et les crimes se référant à papa Freud étaient bien trouvés.

Au rayon des bonnes nouvelles, j’ai été étonnée de l’identité du coupable, mais j’ai trouvé que les raisons du meurtre « originel » étaient un peu légères ou trop poussées parce que pas assez développées…

Quant au duel final Reilly-Coupable, même le pire des scénaristes du plus mauvais western spaghetti en aurait fait un peu plus, plus long, ajouté plus de tension, plus de sueur dans les yeux, plus de tremblements dans les mains qui tenaient les colts,…

Happy end à la Bisounours… non, à la Harlequin ! Et les flics qui n’aimaient pas Reilly au début en sont devenu tout fiers ensuite. Bref, tout le monde l’aime, cette fille, sauf moi.

Par contre, on reste avec certaines questions sans réponses…

Non, mais allo quoi ? On a abattu des arbres pour imprimer ce truc ? Mais que foutaient les Écolos ce jour-là ? Et l’éditeur qui l’a éditée, il avait fumé la moquette ou était-il un fan du style d’écriture d’une platitude absolument abyssale de la collection Harlequin ?

On ne le saura jamais…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

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Blackwell, le pirate de la Tamise : Sherlock’s story n°6

Titre : Blackwell, le pirate de la Tamise : Sherlock’s story n°6

Auteur : Inconnu
Édition : Sherlock’s Diffusion

Résumé :
Pénible spectacle, ce 7 août 1889, dans le quartier des docks à Londres : Celui donné par un malheureux, à demi-dévêtu, qui ne semble plus posséder sa raison.

Plus inquiétant encore, d’autres cas de ce genre se sont produits au cours des mois précédents.

Sherlock Holmes, qui opérait sur les lieux, ne tarde pas à découvrir la cause de ce mal étrange qui vient de frapper une nouvelle fois.

Critique : 

Misère, Sherlock Holmes qui sort une plaque métallique de Scotland Yard, comme s’il bossait pour eux, comme dans une vraie série policière américaine, là, ça coince aux jointures. Quoi ? Il bosse pour eux et possède un numéro de matricule spécial ? Et bien, il est tombé bien bas, mon détective !

S’il l’avait volée, comme son homonyme de la BBC, j’aurais applaudi des deux mains, mais apprendre qu’il bosse avec les cognes, je ne m’en remets pas…

Le pitch ? Nous sommes en 1889, dans le quartier des docks à Londres et un pénible spectacle s’offre aux passants : un homme, à demi-dévêtu, qui ne semble plus posséder sa raison, erre sans but.

Cela intrigue Holmes parce que d’autres cas de ce genre se sont produits au cours des mois précédents.

Mais qui est cet homme perturbé ? C’est une cliente, inquiète de la disparition de son mari qui lui apprendra son identité et Holmes se mettra à la recherche du fourbe qui plante une aiguille dans la tête des gens pour leur lobotomiser le cerveau (maintenant, plus besoin d’aiguille pour les lobotomies, il suffit de laisser le patient durant quelques heures devant TF1).

Holmes, après une simple filature, atterrira sur l’ile de Blackwell et, grand bête, se retrouvera prisonnier.

Oh, mais que lis-je lorsqu’il est prisonnier et que sa tortionnaire vient le tourmenter ?? Extraits : « Une seconde après, le détective s’agenouillait à côté d’elle. Ensuite, avec une adresse et une rapidité inouïes, il enleva son corsage et lui retira les lacets de corset dont il se servit pour lier les mains et les pieds ».

Et bien, Holmes qui déshabille une femme… une « banditas », certes; pour s’enfuir, d’accord, mais bon, il lui retire son corsage quand même. Il libère les saints, heu, les seins, non ?

« Sans se soucier des regards de haine qu’elle lui jetait, il lui enleva sa jupe et son jupon. ».

La femme bandit serait nue que cela ne m’étonnerais pas… A poil, la gueuze qui voulait lui crever les yeux. Un chaud lapin, le Holmes !

Et transformiste, puisque « il revêtit lui-même ces défroques qu’il attacha de façon à les faire descendre assez bas ».

Et personne ne remarque rien quand il file à l’anglaise déguisé comme la femme ?…

Le gros inconvénient, de ce tome (comme les autres), c’est que le scénario est un peu trop surréaliste, les dialogues limites, les déductions absentes, les plans dévoilés par les méchants à voix haute, les cliffhangers juste là pour le suspense et trop exagérés, bref, ça ne fera pas pousser une troisième patte au canard.

« A éviter ? » Je n’osais pas le dire, mais puisque vous le dites, je répond par l’affirmative.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

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La maîtresse de l’attorney général : Sherlock’s story n°8

Titre : La maîtresse de l’attorney général : Sherlock’s story n°8

Auteur : Illustre inconnu !
Édition : Sherlock’s Diffusion

Résumé :
Lord Dempson et son épouse sont retrouvés sans vie dans leur chambre à coucher, sauvagement assassinés. Or les fenêtres sont closes, la porte fermée de l’intérieur.

Comment le meurtrier a-t-il pu s’introduire, puis s’en aller, en ne laissant aucune trace ?

Critique : 
Sur l’air de « Allumer le feu », je chanterais bien « j’ai touché le fond » parce que celui-là, c’est Byzance point de vue de la descente de niveau. Bon, les autres ne volaient pas très haut, mais on pouvait encore leur trouver quelques circonstances atténuantes, mais ici, non.

Aucune déductions, une enquête sur un double meurtre en chambre close dont Holmes n’avait pas trouvé la solution lors de sa première enquête (pourtant, il n’y a pas 36 solutions, en chambre close), des personnages débiles ou totalement improbables et un Sherlock Holmes toujours empêtré dans des situations de fous, limite MacGyver qui va mourir dans deux secondes et pouf, solution !

Attention, MacGyver sans les gadgets ! Ma foi, il y avait même de l’Indiana Jones dans ce Holmes là, lorsqu’on voit certaines situations critiques dans lesquelles il est coincé.

Précisons que c’était de l’Indiana Jones light, sans sucre, bourré d’aspartame, de Xylitol et autres substances falsifiées ou altérées. « Indiana falsificat » aurait dit un légionnaire du camp de Babaorum.

Non, rien pour sauver cette histoire, ça voudrait ressembler à du Holmes mais ça n’a ni la couleur, ni le goût, même pas les bulles ! Rien, que dalle.

Tiens, le Canada Dry© à plus de ressemblance avec l’alcool que ce pénible pastiche n’en aura jamais avec le vrai Sherlock Holmes de Conan Doyle.

Rien que de la mauvaise contrefaçon tout cela !

Vite, une valeur sûre : « A study in terror » avec le grand et beau John Neville ! Pas de risque d’être déçue.

Il est temps que j’aille me perdre dans les vraies brumes de Londres, dans ses vraies rues sombres, que j’aille rôder du côté de Whitechapel et que je me tape quelques bières dans un pub glauque !

A bon entendeur, salut ! Ite missa est…

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

Les dentelles de la reine : Sherlock’s story n°4

Titre : Les dentelles de la reine : Sherlock’s story n°4

Auteur : Inconnu – Obscurs auteurs
Édition : Sherlock’s Diffusion (1993)

Résumé :
Comment le profond amour qu’il porte encore à son épouse trop tôt disparue conduit-il brusquement lord Harold Dumbarton à vouloir refaire sa vie avec une chanteuse de café concert, à la consternation des siens et, plus particulièrement de son oncle et confident, lord Warwick ?

Comment Sherlock Holmes, dont on requiert les services, se convainc-t-il aussitôt que le veuf inconsolable est tombé dans un piège odieux et sacrilège ?

Critique : 

L’avantages de ces petits livres,‭ ‬c’est qu’ils sont minces et donc,‭ ‬on n’a pas le temps de bailler, le tout est vite expédié, à la manière d’une nouvelle.

Dans cette collection, ‬Sherlock Holmes n’est pas accompagné par son fidèle Watson, mais par un jeune assistant,‭ ‬Harry Taxon, qui me fait plus penser à son fils qu’à son assistant.

Je n’ai rien contre Harry, mais je le trouve sous-employé par l’auteur (ces fascicules sont écrits sous la plume d’obscurs écrivains). On ne sait rien de lui, on pourrait croire, en entendant Holmes lui parler, qu’il est son fils, mais rien ne dit qu’il est son rejeton naturel, il pourrait tout autant être son fils spirituel. Pour une explication, le lecteur repassera.

L’enquête ? Elle ne vous fera pas sursauter, elle est banale, presque. Le chantage est aussi vieux que l’humanité. Ici, c’est « magouilles.com » pour le fric et rien que le fric (non, c’est pas chez madame Bettencourt).

Attention, je vais sabrer un peu : le petit livre ne foisonne pas de déductions holmésiennes, elles sont rares, très rares. A croire qu’il ne sait pas en faire.

Énervant aussi cette propension pour les « méchants » d’expliquer à voix haute leurs projets criminels alors que les oreilles du détective trainent dans le coin. Voilà pourquoi il ne déduit pas beaucoup, il se contente d’être au bon endroit au bon moment. Frustrant pour le lecteur. Indigne de Holmes.

Non, vraiment trop facile de retrouver, au fil des aventures, ces méchants qui en disent un peu trop sur leurs agissements passés ou futurs, comme s’il était naturel que l’un d’entre eux déballe tout à son collègue qui en sait tout autant que lui. Impensable, non ?

Autres petits bémols : à force d’utiliser des termes comme « toilette » on pense que les dentelles de la reine sont un vêtement, mais parfois, le narrateur utilise le mot « parure » et dans le résumé, on parle d’un collier  ! Allez savoir ce qu’est ce truc – vêtement ou collier – vu que le livre n’est pas prodigue en descriptions.

Les dialogues, parlons-en : ils sont parfois un peu limite  ! Je sais que ce n’est pas de la haute littérature, mais bon, un p’tit effort aurait donné un air moins « écrit à la va-vite » au petit livre.

Bref, du déjà vu, rien de transcendantal, ça se lit vite, on passe un chouette petit moment à le lire et aussitôt lu, aussitôt oublié.

Si vous voulez découvrir Sherlock Holmes, ne commencez surtout pas par ces petits fascicules qu’un éditeur allemand, s’étant emparé du détective fort célèbre (n’en déplaise à Conan Doyle) pour en faire le héros d’une série de fascicules, édita au début du XXème siècle.

Le détective n’y est pas à son avantage, mais alors là, pas du tout, c’est du sous Holmes.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

 

Sherlock Holmes et associés – Tome 1 – L’affaire Zalindas : Mack & Citrin

Titre : Sherlock Holmes et associés – Tome 1 : L’affaire Zalindas

Auteurs : Tracy Mack & Michael Citrin
Édition : Hachette Jeunesse (2008)

Résumé :
Sous le grand chapiteau du cirque Barboza, les frères Zalindas, funambules, trouvent la mort dans une chute fatale. Simple accident ? Sherlock Holmes n’est pas de cet avis. Aidé par les Mouches, une bande de gamins des rues, le célèbre détective mène l’enquête.

Critique :  

Quel rapport peut-il y avoir entre Buckingham Palace et un cirque ‭ ? ‬Quoi ‭ ? ‬Parlez plus fort et pas tous en même temps ‭ ! ‬ »La monarchie,‭ ‬c’est le cirque ‭ ? » ‬Heu,‭ ‬ça,‭ ‬c’est vous qui l’avez dit,‭ ‬moi,‭ ‬je ne fais que transcrire ce que vous me criez‭. ‬*se lave les mains‭*

Bon,‭ ‬ce n’est pas la réponse que j’attendais…‭ ‬Par contre,‭ ‬c’est la question que les Mouches de Holmes -‭ ‬gamins des rues faisant partie de la bande des Irreguliers de Baker Street – se posent aussi après avoir vu la voiture du Prince de Galles emmener Holmes à Buckingham Palace.

Lorsque ce dernier fait appel à eux,‭ ‬c’est pour surveiller un cirque où un groupe de trois funambules sont morts,‭ ‬la corde sur laquelle ils marchaient, à‭ ‬20‭ ‬mètres du sol, ayant rendu son préavis sans avertir la direction.‭ ‬Sproutch,‭ ‬v’la d’la bouille de funambules au sol.

Oui,‭ ‬un peu de lecture jeunesse au menu,‭ ‬ça ne fait pas de tort et puisque j’ai un gros faible pour Sherlock Holmes‭ (‬pour le cas où certains, nouvellement arrivés, ne le sauraient pas encore‭) ‬et j’adore quand les Irreguliers font leur apparition dans un pastiche.

Contrairement aux pastiches jeunesse de Béatrice Nicodème,‭ ‬le détective est fort présent dans l’histoire,‭ ‬guidant les gamins des rues dans leurs filatures,‭ ‬leur donnant des ordres et les utilisant pour les coups de filet finaux.

Agréable à lire,‭ ‬le livre ne fait que‭ ‬250‭ ‬pages,‭ ‬ce qui fait que le rythme reste harmonieux et qu’il n’y a pas de coups de mou.‭

‬L’enquête ne révolutionnera pas l’univers du polar,‭ ‬mais elle a le mérite d’être un peu plus complexe que d’autres et on se laisse emporter dans les rues de Londres, avec les garçons et Holmes.

Petit bémol,‭ ‬ça manque de descriptions au niveau de la ville…‭ ‬

Autre chose,‭ ‬que Ozzie – un nouvel Irrégulier – soit un bon copiste et qu’il ait un don pour l’écriture,‭ ‬je veux bien,‭ ‬mais je trouve ça un peu‭ « too much » ‬qu’en un seul regard,‭ ‬il puisse recopier une écriture directement du premier coup.‭ ‬

Léger manque de réalisme :‭ ‬l’auteur aurait pu nous expliquer qu’Ozzie fit bien des essais avant d’y parvenir.

Autre chose,‭ ‬dans l’explication d’un cambriolage,‭ ‬il y a quelques petits détails qui m’ont titillé,‭ ‬me paraissant un peu trop surréalistes‭ (‬sauf si le service de garde buckinghamien est incompétent ou endormi‭)‬.‭ ‬Il manquait quelques petits éclaircissements dans les explications de Holmes.

Hormis ces points de détails qui ne nuisent pas à l’affaire,‭ ‬le reste est un bon cru,‭ ‬ça bouge,‭ ‬ça enquête, on retrouve des têtes connues (ça, j’l’avais bien deviné, la présence de méchant là) et il est venu une chose à mon esprit au sujet d’un des gamins.‭ ‬

Je n’en dirai pas plus,‭ ‬il faudra que cela soit confirmé dans les tomes suivants,‭ ‬que je n’ai pas… Mais que je vais me procurer de ce pas.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

CHALLENGE - DEstination la PAL

Zulu : Caryl Férey

Titre : Zulu                                                                big_4

Auteur : Caryl Férey
Édition : Folio Policier

Résumé :
Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait…

Aujourd’hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l’Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d’Afrique, bat tous les records.

Les choses s’enveniment lorsqu’on retrouve la fille d’un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch.

Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l’agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds…

Si l’apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale…

Critique :

Ma petite virée en Afrique du Sud avec l’agence de voyage Férey s’est soldée par une envie folle de ne jamais y mettre les pieds,‭ ‬comme en Nouvelle-Zélande,‭ ‬d’ailleurs.‭ ‬Grâce à lui,‭ ‬je raye des pays entiers de la carte.

Une fois de plus,‭ ‬grâce à cet auteur,‭ ‬je termine une lecture exsangue,‭ ‬essoufflée,‭ ‬dégoûtée‭ (‬pas de l’auteur‭) ‬et avec l’impression que je suis seule,‭ ‬tout le monde étant raide mort tout autour de moi…

Férey,‭ ‬c’est la lecture coup de poing ou coup de pied au cul;‭ ‬Férey,‭ ‬ce sont les cadavres disséminés un peu partout dans les pages;‭ ‬Férey,‭ ‬se sont les policiers un peu borderline dont les veines et tout le corps charrient la souffrance à l’état brut, Ali Neuman étant le parfait prototype, lui qui a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin.

Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait… C’est vous dire toute l’horreur !

Férey,‭ ‬c’est une entrée en matière canon,‭ ‬directement dans le bain…‭ ‬de sang.‭ ‬Violences,‭ ‬assassinats,‭ ‬tortures,‭ ‬bref,‭ ‬tout ce que l’homme peut offrir de pire,‭ ‬tout ce qu’un régime totalitaire ou des mercenaires ont à vous offrir ‭ ‬:‭ ‬la mort dans d’atroces souffrances et si vous vivez,‭ ‬c’est dans un état… infernal.

Férey,‭ ‬il nous parle des ethnies,‭ ‬des minorités,‭ ‬qu’elles soient maories ou zoulous.‭ ‬Une visite d’un pays comme vous n’en auriez jamais fait de votre vie.

Férey,‭ ‬il ne survole pas les personnages ou les lieux,‭ ‬il les pénètre et vous le suivez dans l’enfer.

Bien que j’ai une nette préférence pour‭ « ‬Haka »‬,‭ ‬j’ai passé un bon moment de lecture avec Zulu‭ (‬si on peut dire ça ainsi‭)‬. D’ailleurs, j’ai dû réviser mon Histoire de l’Afrique du Sud, sinon, j’aurais été perdue.

Quel livre,‭ ‬quelle descente en enfer.‭ ‬On a beau se dire que c’est une fiction,‭ ‬les faits ne sont pas inventés,‭ ‬les problèmes politiques, ethniques, sécuritaires,… de l’Afrique du Sud sont réels et on nous met le nez dedans.

Sueurs froides garanties…‭ « ‬Plus jamais ça ‭ ! » ‬qu’ils disaient.‭ ‬Tu parles ‭ !

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » ‬et on ne le répétera jamais assez.

Il ne me reste plus qu’à m’envoler pour l’Argentine avec lui…‭ ‬non,‭ ‬pas tout de suite,‭ ‬un peu de lecture jeunesse me fera le plus grand bien.

Si tu aimes les romans noirs très noirs‭‬,‭ ‬lis « Zulu ».‭ ‬

Si tu n’as pas peur de ce que tu pourrais découvrir sur l’être humain…‭ ‬Lis Zulu !

Si tu n’as pas peur de t’immiscer dans une Afrique du Sud post Mandala, post apartheid, post guerre des Boers, totalement corrompue et plus qu’infectée par la violence, la drogue, les meurtres, le sida, plus d’autres trucs louches… Lis Zulu !

Sinon,‭ ‬voilons-nous la face.

Critique publiée dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL

Un certain docteur Watson : David Stuart Davies

Titre : Un certain docteur Watson

Auteur : David Stuart Davies
Édition : Fetjaine (2013)

Résumé :
Comment tout a commencé Médecin militaire en Afghanistan en 1880, John Walker fuit l’horreur des combats pour se réfugier dans l’alcool.

Déshonoré, il est chassé de l’armée et renvoyé en Angleterre. Lors du voyage de retour, il tombe entre les mains d’un mystérieux réseau aux activités troubles.

Il découvre bientôt que le chef en est le professeur Moriarty, qui le rebaptise Watson et lui confie la mission d’espionner un jeune détective dont la réputation ne cesse de croître à Londres, Sherlock Holmes.

Mais Watson et Holmes se lient bientôt d’amitié et le docteur s’efforce alors de se défaire de l’emprise de Moriarty. Une entreprise mortelle.

Critique : 

Hérésie ! Sacrilège ! Blasphème ! Profanation ! Outrage ! À l’assassin !  Au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! Je suis perdue, je suis assassinée, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent…

Pardon, je voulais dire « on m’a dérobé mon cher docteur Watson » !

Rassurez-vous, ma lecture fut des plus agréables, mais j’avoue que j’aurais pu crier tout cela en découvrant ce chouette pastiche holmésien…

Pourtant, c’était pas gagné d’avance de chambouler le canon (l’ensemble des aventures de Sherlock Holmes écrites de la main de Sir Arthur Conan Doyle – 4 romans et 56 nouvelles, publiées entre 1887 et 1927) et de faire de ce cher docteur Watson un homme à la solde du  professeur Moriarty, le Napoléon du crime !

QUOI ? Ah, j’entends que certains se sont étranglés à cette idée un peu hérétique, à cette vision pour le moins dérangeante.

L’auteur n’est pas le premier à me faire crier : Nicholas Meyer et sa « Solution à 7% » où le professeur Moriarty n’était qu’une projection de l’esprit drogué de Holmes m’avait déjà scié et Michael Dibdin m’avait tué avec son « Ultime défi de Sherlock Holmes ».

Ici, je dois dire qu’une fois la surprise passée, le scénario tient la route et m’a emballé.

Le docteur John Walker, qui n’est pas « Texas Ranger » mais médecin militaire en Afghanistan, s’est fait radier de l’armée pour avoir tutoyé jusqu’au bout une bouteille de Cognac. Hips ! Sans doute est-il parent avec le célèbre Johnnie Walker…

C’est lors de son voyage de retour qu’il tombe entre les mains du réseau criminel de Moriarty, qui le rebaptise « Watson » et lui confie la mission d’espionner Sherlock Holmes, un jeune détective dont la réputation ne cesse de croître à Londres.

Watson n’a pas trop envie, mais on ne dit pas « non » à Moriarty, sinon… Couic ! Et puis « Plouf dans la Tamise ».

Moriarty, la Némésis de Holmes… Moriarty, un homme intelligent qui a sombré du côté obscur de la Force, nous montrant ce que Holmes aurait pu devenir s’il y avait succombé, lui aussi.

Moriarty, qui, tel un marionnettiste, tire les ficelles de tous ses pantins, dont Watson. Ce Napoléon du crime, qui, tel un scénariste diabolique, écrit l’histoire qu’il veut voir jouer. Tout est prévu… Même l’adresse du 221b. Tout, je vous dis ! Ça fait froid dans le dos, croyez-moi. J’ai poussé quelques « oh » ou « Gottferdom » d’exclamation.

Tel un Dieu qui déciderait de s’inventer un monde, Moriarty le crée de toutes pièces, décidant de qui jouera quoi.

MAIS ! Si les pantins sont sans vie quand le marionnettiste ne tire pas les ficelles, si les personnages de papier n’ont pas de vie propre en dehors de ce que le scénariste leur fait réaliser (désolé, monsieur Pierre Bayard), les créatures de Dieu possèdent une chose : le libre arbitre ! La capacité de réfléchir et d’agir en dehors de tout contrôle.

Voilà pourquoi l’exemple d’un Dieu s’imposait pour comparer Moriarty, plus qu’un scénariste ou marionnettiste…

David Stuart Davies n’est pas un novice dans le domaine de Sherlock Holmes, loin de là. Ceci n’est pas son premier livre, il maîtrise le sujet et son livre est un régal.

Ses personnages sont plausibles, canoniques et j’ai bien aimé les quelques petites confidences de Holmes sur l’amour et le sexe.

L’alternance entre le récit en lui-même (du narrateur) et les extraits du journal de John Walker ajoutaient de la clarté dans le récit, une alternance de point de vue des plus intéressantes à lire, le changement de police de caractère accentuant encore un peu plus le côté « autre récit ».

Lecture « confort » aussi en raison de l’interligne 1,5 entre deux paragraphes. Plus clair et mes yeux ne s’en portent pas plus mal.

Bien que j’ai eu droit à une resucée de « Une étude en rouge » et une partie du « Signe des quatre » que je connaissais, le fait qu’ils soient revisités fut une agréable surprise. Bien vu !

Par contre, je me pose des questions sur un personnage… En est-il vraiment ou n’en est-il pas ? Agent double ou triple ? J’espère avoir la réponse dans le tome suivant.

Alors ? Watson utilisera-t-il son libre arbitre ? Holmes est-il aveugle ? Que va faire Moriarty ? Et comment tout cela se terminera-t-il ?

Vous le saurez en lisant « Les Nouvelles enquêtes de Sherlock Holmes », en vente dans toutes les bonnes librairies.

Recommandée par une éleveuse de polars en tout genre – dont un sacré cheptel de polars holmésiens font partie du troupeau.

Mais cet avis n’engage que moi…

(1) Extrait de « L’Avare » de Molière à partir de « justice, juste ciel » et jusque fin premier paragraphe.

Titre participant aux Challenges « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict,  « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor et « I Love London » de Maggie et Titine.