Hunter – Tome 2 – Crow : Roy Braverman

Titre : Hunter – Tome 2 – Crow

Auteur : Roy Braverman
Édition : Hugo & cie Thriller (14/03/2019)

Résumé :
Hunter et Crow, deux fugitifs accusés de crimes odieux, décident de se soumettre d’eux-mêmes à l’esprit de la loi en s’isolant au cœur des Brooks Range.

Mais les flics locaux et le FBI, dont l’obsession est d’appliquer la loi à la lettre, les laisseront-ils faire ?

L’obstination d’un ex-agent du FBI, devenu sérial killer pour l’occasion, déclenche une chasse à l’homme haletante et sans pitié à travers les paysages sauvages de l’Alaska.

Une terre rude et immense où tout chasseur devient un jour la proie de quelqu’un d’autre.

Tour à tour chassés ou chasseurs, Hunter et Crow vont poursuivre, croiser ou fuir une shérif amoureuse d’un orignal, une agent spéciale du FBI surnommée Fiasco suite à l’échec de sa dernière mission, une trappeur romantique qui ne craint ni les loups ni les ours, un collecteur de dettes arménien et mélomane, un gang de rednecks qui carbure à la bière locale, un pilote de brousse hippie fan de Jefferson Airplane…

Tout ça pour sauver sa peau, appliquer la loi ou mettre la main sur un butin de plus d’un million de dollars. Voire les trois à la fois !

Critique :
Si vous tenez à commencer à travailler à l’heure, évitez de commencer ce livre avant de partir bosser !

Y’en a qui l’ont fait, ils ont eu des problèmes… Parce que lorsqu’on commence ce thriller énergique, on a du mal à le déposer pour aller au boulot.

Puis, on a pas envie de travailler, mais de poursuivre sa lecture parce qu’avec ces chapitres courts et rythmés, on ne s’ennuie pas du tout.

Évitez aussi de commencer par lire le tome 2 avant le 1 parce que vous saurez le nom du coupable et ça gâcherait le plaisir, ou du moins, la surprise de taille !

Le tome 1 était emballant, rythmé, bourré de testostérone, de violence, de suspense et j’avais kiffé grave sa race. On rajoute le deuxième car lui aussi il pulse grave, sans pour autant en faire des tonnes, entrer dans la surenchère et tout en restant loin des folies  irréalistes que l’on voit souvent dans les films américains.

Mon seul regret sera pour le fait que Crow n’est pas mis assez en valeur dans le roman car il tournera autour d’autres personnages, intéressants eux aussi, pour lesquels j’ai ressenti de la sympathie (pas pour tous), mais l’indien est trop peu présent physiquement et de par son esprit. J’aurais aimé savoir ce qu’il pensait de tout cela.

On a beau être face à un roman écrit par un frenchie, dedans, ça sent le yankee à plein nez, ça sent même le bouseux pro-Trump, celui qui pense qu’une paire de couilles vous donne tous les droits, ainsi qu’une peau blanche, bien entendu.

Ça se plaint des étrangers qui envahissent l’Amérique, oubliant de fait qu’un jour, ce furent ses ancêtres qui envahirent le continent sans demander la permission aux premiers habitants et ça ne pense qu’à tuer des ours, des loups et autres prédateurs, alors que ces derniers sont sur leur territoire et que si on avait pas été les emmerder…

Ce thriller, c’est aussi un clash, un affrontement entre les femmes et les hommes limités intellectuellement (pas sexuellement), entre ces chasseurs mâles qui pensent que tout gibier, même humain, est bon à chasser.

C’est aussi un affrontement entre des policiers bas de plafond et un autre qui a un peu plus d’humanité, entre une ex-agent du FBI qui veut la justice et un homme qui sait que la justice peut se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au coude (et là, ça fait mal).

Une opposition entre une femme qui exige que le Système se venge, alors que si tout le monde était resté à sa place sans penser à sa revanche, et bien, tout ceci ne serait pas arrivé…

C’est aussi l’histoire d’un autre ex-agent du FBI qui, à force de regarder dans l’abîme, ne s’est pas rendu compte que l’abîme regardait en lui et qu’il devenait pire que celui qu’il voulait traquer et appréhender (ou abattre).

Ce thriller, c’est aussi l’univers impitoyable de la Nature, de l’Alaska, de ces contrées qui n’ont rien de bucoliques car la mort peut t’attendre à chaque tournant. Ici, ce n’est pas une promenade de santé, mais un marche ou crève, un avance pour survivre et n’oublie pas de surveiller tes arrières, ton devant et sur les côtés.

Oui, ami lecteur, reste sur tes gardes parce que tu ne sais jamais ce qui pourrait surgir devant toi. C’est de la faute de l’auteur qui décrit si bien les paysages traversés à tel point que tu vérifierais presque qu’un ours brun ne se planque pas dans ta cuisine.

Un vrai thriller percutant, addictif et en effet, si ça te réveille pas, c’est soit que t’es mort ou alors que c’est pas ton genre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°5.

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Sept – Tome 19 – Sept Cannibales : Sylvain Runberg & Tirso Cons

Titre : Sept – Tome 19 – Sept Cannibales

Scénariste : Sylvain Runberg
Dessinateur : Tirso Cons

Édition : Delcourt Conquistador (2016)

Résumé :
Ils sont sept. Riches. Influents. L’élite. Des mâles dominants avides de sensations fortes. Ils se jouent des valeurs hypocrites d’une société qui les adule. Ne vivent-ils pas dans un monde où la loi du plus fort s’impose ouvertement ?

Sept prédateurs, qui assouvissent leurs pulsions lors de gigantesques fêtes privées.

Comme chaque année, Alessandro, Markus, Martin, Doron, Paul, Sebastiaan et Denis s’offrent un week-end de rêves. Les sept amis en profitent pour décompresser, loin de leurs vies remplies, stressantes et bien propres.

Après la Toscane, l’an prochain, ce sera la Provence qui leur servira de cadre, Denis a déjà tout planifié pour qu’ils puissent laisser libre cours à leurs envies et leurs vices.

Mais le rituel va être perturbé. Car cette fois-ci, leur nouvelle proie n’entend pas se laisser mener à l’abattoir…

Critique :
Ils sont 7… et ont plus des sept mercenaires que des sept nains de Disney.

Nos 7 hommes sont des mâles Alpha, ils occupent tous des postes importants, viennent de pays différents, mais ont été dans la même université et sont donc amis depuis longtemps.

Nos sept hommes sont des prédateurs, rien ne leur résiste, ils sont toujours à la recherche de nouvelles sensations pour pimenter leurs vies qu’ils pensent trop classiques.

Et puis, lorsque personne ne se rend compte que vous avez tué des gens, vous ressentez l’ivresse de l’impunité et puisque vous pensez que tout est permis, il n’y a plus de limites à votre folie.

Si je n’ai pas été fan des dessins, je l’ai été du récit car sa construction nous fait remonter dans le temps, mélangeant agréablement les derniers faits de nos prédateurs, leurs anciens (un chaque année), ainsi que leur tout premier, celui qui les fit entrer dans un autre monde : celui des meurtriers et des chasseurs de gibiers bien différent de ceux qui chassent le sanglier infesté à la peste porcine (ou pas).

Cela ménage du suspense, ces retours en arrière et augmente le rythme cardiaque lors de la traque de l’élue de l’année, une informaticienne qui n’a pas trop envie de se faire bouffer par ces Hannibal Lecter en herbe qui avant vont la chasser dans un parc fermé.

Durant le récit, voit bien la montée de la violence, leur recherche, sans cesse, des sensations fortes au mépris de toutes les règles, des vies humaines prises et où les femmes ne sont que des objets sexuels, à chasser dans le sens premier du terme ou à faire passer à la casserole, au propre comme au figuré (le figuré avant le propre, sinon, ils allaient baiser un cuissot de viande).

Un thriller haletant, violent, où les hommes sont des bêtes sauvages, des mâles Alpha se croyant tout permis et pour qui la vie des autres ne compte pas.

Se croyant les plus forts, pensant qu’ils sont les meilleurs, ils n’avaient jamais pensé qu’une proie ne voudrait pas danser sur leur musique à eux et qu’ils allaient chasser une jolie biche qui avait tout d’une panthère.

Violent, horrible, sanglant, mais addictif.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Évasion : Benjamin Whitmer

Titre : Évasion

Auteur : Benjamin Whitmer
Édition : Gallmeister Americana (06/09/2018)
Édition Originale : Old Lonesome (2018)
Traducteur : Jacques Mailhos

Résumé :
1968. Le soir du Réveillon, douze détenus s’évadent de la prison d’Old Lonesome, autour de laquelle vit toute une petite ville du Colorado encerclée par les montagnes Rocheuses.

L’évènement secoue ses habitants, et une véritable machine de guerre se met en branle afin de ramener les prisonniers… morts ou vifs.

À leurs trousses, se lancent les gardes de la prison et un traqueur hors pair, les journalistes locaux soucieux d’en tirer une bonne histoire, mais aussi une trafiquante d’herbe décidée à retrouver son cousin avant les flics…

De leur côté, les évadés, séparés, suivent des pistes différentes en pleine nuit et sous un blizzard impitoyable.

Très vite, une onde de violence incontrôlable se propage sur leur chemin.

Critique :
Si nous étions dans un Disney, nos évadés chanteraient : ♫ Libérés, délivrés ♪ On ne nous enfermera plus jamais ♪ Libéré, délivré ♫ C’est décidé, je m’en vais ♫ (1)

Les gardiens de prison chanteraient plus : ♫ Ça vaut pas la peine ♪ De niquer le système ♪ Pour aller faire l’évadé ♫ Dans la neige qui vient d’ tomber ♪  Ça fait rire les méchants ♪ Ça dure jamais longtemps ♫ Ça fait pus rire personne ♪ Quand les gardiens t’assomment ♫ (2)

Mais vu que nous sommes dans un roman de Benjamin Whitmer, les gardiens vont plutôt chanter : ♫ On va vous matraquer, à éclater vos cervelles ♪ Vous buter ♪ À coup d’manivelles ♪ Vous retrouver, vous foutrez plus l’bordel ♪ On va vous buter tellement on est cruels ♪ (3)

Benjamin Whitmer n’a pas la réputation d’écrire des romans feel good, ni des récits avec des licornes, mais des romans noirs de chez noirs, quand bien même le récit se déroule sous la neige.

En lisant ce livre, vous savez ou vous mettez les pieds. Ici, tout est brut de décoffrage et les prisonniers évadés ne sont pas les pires.

Véritable récit de chasse à l’homme, l’auteur nous expédie dans le trou du cul du Colorado, en 1968 et là-bas, tout est permis pour remettre les gens dans le droit chemin, surtout des évadés. Pas de sommation, on flingue à vue.

La force de ce récit ne tient pas que dans son scénario taillé au scalpel, mais aussi dans ses personnages qui sont de véritables paumés, des types qui n’ont jamais su aller plus loin que leur bled pourri et ceux qui ont réussi à le quitter un jour, ont dû revenir ensuite.

Une alternance de narrateurs (prisonniers, gardiens, journalistes) ajoute aussi du peps au récit car nous pourrons le suivre au travers de plusieurs regards tout en s’immisçant dans la psyché, dans la vie, les pensées, les secrets, les blessures, les liens, des différents protagonistes. Violent, parfois.

Oubliez le rêve américain, c’est une utopie qu’on vous a vendu et qu’on a avalé. Avec Whitmer, jamais tu n’avales des couleuvres car il te remet le pays de l’Oncle Sam au milieu du village et te dresse un portrait au vitriol, sans concessions, sans circonstances atténuantes. Accusé, levez-vous et vous n’aurez pas droit à un baveux.

L’auteur, après nous avoir enfoncé la tête dans une nuit noire (et obscure) sous la neige froide et immaculé, va la maculer d’hémoglobine, de violence, de coups de feu et maltraiter tous ses personnages et le lecteur aussi.

Évasion, c’est une histoire très simple, sans doute racontée des milliers de fois : le pouvoir de l’auteur est de nous la raconter encore une fois, à sa façon, avec ses mots taillé à la serpe.

Son histoire, elle est unique dans sa manière de vous attraper les tripes, dans sa manière de vous coller un pain dans la tronche et de vous laisser ensuite avec un sale goût dans la bouche.

Un roman noir de chez noir et il ne vous reste même plus l’espoir… C’est brut, c’est violent, c’est le portrait d’une ville sans foi ni loi et où ceux qui devraient la garder, ou du moins, la respecter, se torchent le cul avec.

Un roman noir qui mélange l’amour des mots avec la poudre des balles, la poésie avec la matraque. C’est sombre, ça flirte avec le glauque mais jamais il n’y sombre.

Magistral.

(1) Sur l’air bien connu et super exaspérant de « La reine des neiges » et si vous ne connaissez pas cette chanson, je vous envie cette chance ! Restez vierge…
(2) Sur l’air de « La complainte d’un phoque en Alaska » du groupe Beau Dommage ou de Robert Charlebois.
(3) Sur l’air de « On va s’aimer » de Gilbert Montagné.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Blueberry – Tome 17 – Angel Face : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 17 – Angel Face

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1975)

Résumé :
L’action se déroule à l’époque du premier mandat d’Ulysses S. Grant, vers 1870.

La première page de cet épisode est un récapitulatif du cycle débutant par « Chihuahua Pearl » jusqu’au « Hors-la-loi » et se concluant par « Le Bout de la piste », avec pour intrigue principale le sort du trésor des confédérés entremêlée avec un plan d’assassinat du Président des États-Unis.

Critique :
Faut croire que le complot visant à assassiner JFK était mieux préparé et avait une meilleure organisation que celui visant à éliminer Grant…

Ou tout simplement, pour JFK, il n’y avait pas la célèbre tenancière de bordel, Guffie Palmer, pour faire échouer le tir du flingueur d’élite.

Pas de bol, cette bonne vieille Guffie, dans les bras d’Ulysse Grant, murmure le nom de Blueberry et il n’en faut pas plus à tout le monde pour le croire coupable et se mette à le chasser.

Déjà que ce dernier vient d’échapper aux conspirateurs de l’assassinat, à ces types sans foi ni loi qui voulaient descendre le président afin afin de favoriser la création d’une « dictature militaire » aux États-Unis et en faire un parfait bouc émissaire, mort de préférence.

Je vous l’ai déjà dit, Blueberry, c’est pas pour les tits n’enfants, c’est plus violent que Lucky Luke, ça va encore plus loin qu’un Durango et les auteurs n’ont jamais eu pour habitude de ménager leur personnage.

Là, ils vont nous faire ♫ Il court il court le Blueberry, le Blueberry de Fort Navajo ♪ Il est passé par ici, il ne repassera pas par là ♫

Cache-cache… Blueberry va devoir y jouer pour semer ses poursuivants et éviter de se faire attraper car il sait qu’on le tuera d’abord et qu’on le jugera ensuite. Non seulement ils doit éviter les policiers et les soldats qui sont en nombre dans le ville de Durango, mais en prime, il lui faut éviter de se faire allumer par les hommes de Blake, un des homme de main de la conspiration « Élimine ton président ».

Un album jonché de cadavres, de tentative d’assassinat, de grand complot, de bandits pas manchots, d’une petite mémé qui fume le gros cigare, d’un pompier sexy et d’un président qui pense que ses hommes sont incapables de retrouver l’homme qui voulut le tuer.

Hé, mister president, je ne te chanterai pas Happy Birthday To You, mais je te dirai que Blueberry, c’est un sacré morceau et qu’il a plus d’un tour dans son sac, comme notamment se déguiser en courant d’air qui aurait pu soulever la jupe de Norma Jean.

Un album bourré d’action, une fois de plus, de suspense et toujours avec un final qui donne envie de se ruer sur la suite afin de savoir si on va réhabiliter notre grand lieutenant au nez cassé et au regard ténébreux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Durango – Tome 13 – Sans pitié : Yves Swolfs

Titre : Durango – Tome 13 – Sans pitié

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Alpen Publishers (1998) / Les Humanoïdes Associés (2006) / Soleil Productions (2008)

Résumé :
À Nortonville, Durango coule des jours heureux auprès de la belle Célia, jusqu’au jour où Louie Holledigger et sa bande de malfrats débarquent en ville. Ils s’attaquent à une ferme et massacrent les membres de la famille qui l’habite.

« Crazy Louie » est recherché, mais seul un homme de l’envergure de Durango serait en mesure de l’arrêter.

Est-ce l’appel du révolver, ou la soif de justice qui le pousse à venger cette famille ? Ignorant les implorations de Célia, Durango se lance à la poursuite du meurtrier…

Critique : 
On aurait pu arrêter la série Durango à l’album précédent, nous laissant sur l’image de notre gaucher préféré coulant des jours heureux à Nortonville dont il venait de liquider la vermine qui la gangrenait.

Et je dis bien « arrêter la série » car l’auteur aurait sans doute vite tourné en rond avec un personnage tel Durango restant dans la même ville. Les scénarios ne sont pas légions pour un homme tel que lui.

Ben pas de bol, l’auteur l’a fait sortir de se torpeur, tout en nous signalant qu’il avait continué à s’entrainer au tir, on ne sait jamais.

Pour faire sortir notre tueur blond sexy, il fallait une bonne raison et l’auteur ne s’est pas foulé à nous en pondre une : un bandit voleur de banques n’était pas assez fort, alors, il a ajouté à Louie Holledigger le fait d’être un tueur sadique d’enfant, doublé d’un pédophile.

Les dessins sont toujours superbes, les couleurs chatoyantes dans des tons jaunes ocres, mais le scénario est banal : une simple chasse à l’homme dans le plus pur style western spaghetti, sans rien de plus.

Louie Holledigger n’a rien de neuf dans le paysage, on en a déjà croisé des comme lui, dans les autres albums, des tueurs avec plus de charisme, plus de présence, plus d’épaisseur.

Ici, on a l’impression de se trouver dans un album « de plus », juste pour faire un de plus, l’album transition qui fera repartir Durango sur les routes à la poursuite d’autres salauds.

J’apprécie toujours autant de retrouver mon tueur sexy blond, mais j’aurais aimé une aventure avec plus de profondeur, en apprendre un peu plus sur ce qui a fait de Durango un tueur impitoyable envers les salauds et pas rien que les quelques cases aperçues dans cet opus.

Alors oui, on ne s’embête pas dans cet album même si le scénario n’est guère épais, on croise des salauds de toute première classe, mais sans épaisseur véritable, on prend plaisir à revoir Durango ressortir sa pétoire pour faire des cartons sur des enfoirés de leurs mères, mais, selon moi, on aurait pu aussi très bien s’arrêter à « L’Héritière ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Durango – Tome 10 – La proie des chacals : Yves Swolfs

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Titre : Durango – Tome 10 – La proie des chacals

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Alpen Publishers (1991) / Les Humanoïdes Associés (2006) / Soleil (2007)

Résumé :
Lors d’une étape à un point d’eau, Durango surprend 4 cavaliers traînant de force une jeune indienne. Profitant de l’arrêt pour s’enfuir, cette dernière lui dévoile l’intention des 4 hommes : la vendre aux mexicains.

Sous le regard d’un indien tapis dans l’ombre d’une bâtisse isolée, Durango élimine l’un des malfrats qui le menaçait ainsi que 2 de ses compères, le dernier prenant la fuite.

Durango décide de poursuivre sa route et c’est en arrivant dans la ville la plus proche, Howland, qu’il est reconnu et emprisonné…

PlancheA_277480Critique :
♫ Chabadabada chabadabada ♪ Nos cœurs y croient ♪ Dabadabada ♫ Dabadabada ♫ Comme une chance ♪ Comme un espoir ♫

Que voilà une belle historie d’amûûr dans les plaines arides et torrides du Texas ou de l’Arizona (on ne le précise pas) !

Mais attention, les p’tits gars, nous sommes dans Durango, pas dans un Harlequin…

Alors, avec une scène de baiser final plus qu’hypothétique pour cette version de « Un indien, une squaw » (Un homme, une femme), faudra dégainer plus vite que l’ombre de Lucky Luke et viser bien pour ne pas finir l’aventure en cadavre troué, telle une passoire.

La scène d’intro n’est déjà pas pour les p’tits n’enfants : des hommes tirent une pauvre squaw indienne (pléonasme, je sais) derrière leurs chevaux et demandent à Durango de faire celui qui n’a rien vu, rien entendu…

— De passage alors ? Dans ce cas, il faut que je te mette au parfum ! Quand on croise quatre cavaliers qui trainent une peau-rouge derrière un cheval dans les environs de Howland, on ne se pose pas de question… On continue son chemin en trouvant ça tout ce qu’il y a de plus… normal !

Moi, jamais j’aurais osé dire pareille chose au beau Durango ! Bang, bang, bang… Trois hommes au tapis et un qui s’enfuit.

Tout compte fait, Durango, il a un cœur ! Il aurait pu laisser tomber l’indien qui voulait récupérer sa squaw enlevée, puisque ce dernier lui avait payé sa dette en le sortant du mauvais pas dans lequel Durango s’était foutu ensuite.

Mais non, Durango, chevauchant devant, son Mauser à la ceinture, va l’aider à mettre les pieds dans un nid de crotales tous plus vils les uns que les autres.

— C’est quoi au juste votre job, Warner ? Le trafic des squaws seulement ou de la chaire fraiche en général ? Ce n’était pas la première d’après ce que j’ai compris !

Avec des tons gris pour représenter les nuits et des tons tirant dans les jaunes pour les chaudes journées, cet album ce lit d’une traite (des indiennes ?) et est garantit sans temps mort mais avec des tas de cadavres qui, telles les feuilles mortes, vont se ramasser à la pelle.

Pas de pitié pour les trafiquants !

— Moi je ne laisserais pas ce scorpion en vie… Même blessé, un scorpion est toujours dangereux !

En plus d’avoir un excellent scénario qui met en lumière les trafics d’indiennes à destination des bordels de Mexico, des dessins de plus en plus excellents (on voit l’évolution lorsqu’on se refait toute la collection d’une traite… des squaws), des dialogues au poil et peu de temps mort.

— Mais dis donc, à part ton couteau, tu n’es pas armé ?
— C’est mieux… Un indien désarmé, ça inspire confiance… On se paie sa tête, mais il n’est pas dangereux !
— Ça se défend ! Good luck, chap !

Bref, cet album possède aussi tous les codes du western classique où un homme, qui n’a rien d’un saint, va aider un autre à retrouver sa belle, alors que l’un est Blanc et l’autre Indien.

— Tes bottes, mon frère ! Les visages pâles ne savent pas marcher en silence !
— Personne n’est parfait !

De plus, j’ai trouvé un air de ressemblance entre l’Indien et le futur vampire Kergan…

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Au moins, dans cet album, contrairement à ce que les cinéastes américains ont dépeint durant des années dans leurs films, on montre que les indiens ne sont pas nécessairement les sauvages dans l’affaire…

J’voulais dire « Bande de chacals, vous allez crever comme des chacals ». Mais ça faisait deux fois « chacals »… Quoi, on dit des « chacaux » ? [Astérix, mission Cléopâtre]

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur,  le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - The magnificent seven

Durango – Tome 9 – L’or de Duncan : Yves Swolfs

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Titre : Durango – Tome 9 – L’or de Duncan

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Alpen Publishers (1990) / Les Humanoïdes Associés (2006) / Soleil (2007)

Résumé :
Lucy Steelgrave et Durango suivent les dernières volontés de Duncan, qui voulait mettre sa fille à l’abri du besoin. Il a indiqué la cachette d’un trésor dans la région où il était autrefois shérif.

Dans le même temps, un condamné nommé Ryan s’évade et part lui aussi à la recherche du trésor : il s’agit de l’ancien adjoint de Duncan, qui avait rassemblé le trésor en magouillant au cours de son mandat.

Arrivés à destination, Durango et Lucy se font dérober la carte par la bande de Dragon Lily, une femme desperado.

durango09pl_3690Critique :
♫ Regarder devant soi ♪ Sans jamais baisser les bras, je sais…♪ C’est pas le remède à tout, ♫ Mais ‘faut se forcer parfois… ♫ Lucy, Lucy dépêche toi, on vit, ♫ On ne meurt qu’une fois… ♪ Et on n’a le temps de rien, Que c’est déjà la fin mais… ♫

Non, non, je vous rassure de suite, Durango ne s’est pas à mis à pousser la chansonnette pour Lucy l’ex-madame Steelgrave dont il devait jouer au bodyguard lors d’une partie de chasse (voir le tome 8).

Là, ils auraient tout deux envie de chanter « Elles sont où les pépètes à Duncan ?? ».

Allez, c’est parti pour une chasse au magot, plus violente que celle de Fort Boyard, parce que à côté de Dragon Lilly, les tigres du Fort ont l’air de minous inoffensifs.

Cet album est la suite du précédent « Une raison pour mourir » et même si on pourrait lire les deux indépendamment, il est conseillé de se faire le diptyque.

Ici, tous les codes de la chasse au magot enterré sont respectés, de la carte dessinée qu’on se fait chouraver, de l’emplacement exact qu’il faut demander à une autre personne qui n’a rien trouvé de mieux que de casser sa pipe (c’est bête, hein ??), du cheminement dans la montagne, en passant par d’autres gens qui veulent le magot aussi, qui vous suivent, vous kidnappent, vous font boire la tasse…

— Toutes les tombes ne sont pas aussi muettes qu’on le dit…

Sans oublier le bon vieux cimetière et les coups de feu pour la possession du magot.

Les dialogues sont piquants, violents, avec une pointe d’humour noir que j’ai adoré.

— SALOPERIE !! ASSASSIN ! C’ÉTAIT MON DERNIER NEVEU !
— Il fallait en faire des pasteurs ou des chefs de gare, si tu y tenais tant que ça, à tes neveux !

Le scénario est maitrisé, on n’est plus dans des villes aux prises avec des bandits sans foi ni loi, même si cet album possède son lot de serpents à sonnettes, dont une femme, Dragon Lilly.

Notre tireur au Mauser et aux yeux d’émeraudes devra encore se tirer d’un sale guêpier, mais on le connait bien, l’animal, il cause pas beaucoup, mais il agit vite et bien.

— Ce voyage est interminable… surtout en compagnie d’un oiseau sinistre qui ne dit pas trois mots par jour.

Encore un album que j’ai pris plaisir à relire pour la 36ème fois au moins.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur,  le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

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CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Cow-Boys