Spirou et Fantasio – Tome 39 – À New York : Tome & Janry

Titre : Spirou et Fantasio – Tome 39 – À New York

Scénariste : Tome
Dessinateur : Janry

Édition : Dupuis (1987)

Résumé :
La mafia italienne de New York est victime d’une malchance tenace. Don Vito Cortizone, sur une idée d’Alfredo, décide de « tendre un piège à la chance ».

Critique :
J’ai toujours eu un gros faible pour le Spirou et Fantasio de l’ère Franquin et je n’aimais pas trop ceux de Fournier qui ont suivi et je n’avais jamais prêté attention à la nouvelle génération, celle de Tome & Janry, préférant de ce duo les albums du Petit Spirou…

Ce ne fut qu’il y a peu, dans un numéro de Lanfeust Mag, que je découvris cet album dans un article consacré aux livres pouvant figurer dans la Bibliothèque Ultime.

Puisqu’ils le disaient dans le Lanfeust Mag, je me suis dit que c’était sans doute l’occasion de me pencher sur les auteurs qui avaient succédé à Franquin et j’ai eu quelques belles surprises avec les albums de Fournier, mais la meilleure fut avec celui qui était consacré dans l’article de la Biblio Ultime : Spirou à New-York !

Imaginez des héros qui sont sans le sous, un frigo désespérément vide, pas de boulot, plus de sous, et en mangeant une pizza, vous voilà le gagnant d’une loterie qui vous promet 1.000.000$ !

— Enfer et désolation !
— Qu’est-ce que c’est ? Un grève des scénaristes, Cauvin est malade ?
— Pire ! Le frigo est vide…

Oui mais, nous, lecteurs, nous savons qui a manigancé cela… C’est le tout puissant Don Vito Cortizone, el padrino de la mafia new-yorkaise ! Mais pourquoi, nous ne le savons pas encore…

Mêlant astucieusement l’humour, les situations cocasses et les gros clichés sur la mafia italienne et son parrain, Don Vito Cortizone, cet album est un concentré d’action, de suspense, de mystères et de bons éclats de rire bien gras, sans jamais sombrer dans le redondant ou le lourdingue.

Se trouvant malgré eux mêlés à la guerre entre les mafias Chinoises et Italiennes, nos deux amis (Spirou, Fantasio) vont devoir se décarcasser pour récupérer leur écureuil Spip avant qu’il ne serve de hors-d’œuvre au chinois !

Sans compter que la chance qui leur sourit non stop a tout intérêt à ne pas les laisser tomber et vu que les mafiosis italiens sont touchés pas la poisse à tel point qu’il ne pleut que sur leur tête… Manquerait plus que la poisse leur tombe dessus à bras raccourci !

Don Vito Cortizone compte sur eux pour mener à bien sa guerre contre les chinois qui, non content de tout leur prendre, arrivent aussi à décimer leurs rangs, comme si la Chance n’était que pour eux.

Le mandarin, à la tête de la mafia chinoise, n’est sans doute pas étranger à toute cette poisse qui colle aux basques de nos italiens et une enquête au siège de ce fameux mandarin s’impose.

Mais pour y arriver, que de péripéties et de fusillades !

Le genre de bédé à lire lorsque le temps dehors est morose, ou à savourer au soleil, avec un bon mojito à la main, sans oublier une part de pizza…

À savourer sans modération les dialogues et les dessins sont hilarants, servis tous deux par un scénario qui ne laisse pas la place aux temps morts ou aux situations cocasses et rocambolesques.

Des albums comme celui-ci, j’en redemande !

— Don Di Pene Engelberti ?
— Présent !
— Don Gio e Dragone ?
— Prévent !
— Don Quichoto ?
— Présent !
— Don San Convictione ?
— Présent !
— Et enfin Don Toninio Retutto, notre doyen ?
— Heu… excusé ! Il est au lit avec les oreillons. J’ai un mot de sa mama…

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Publicités

Société noire : Andreu Martin

Titre : Société noire

Auteur : Andreu Martin
Édition : Asphalte (13/10/2016)

Résumé :
Les triades ne sévissent pas qu’en Chine : elles se déploient aux États-Unis et en Europe.

Seule Barcelone se croit encore épargnée. À tort, selon l’inspecteur Diego Cañas. Il charge son indic Liang, un Sino-Espagnol né à Hong Kong, d’infiltrer pour lui la très discrète mafia chinoise.

Un mois plus tard, on retrouve au petit matin la tête d’une femme sur un capot de voiture.

Un crime atroce qui porte la marque des maras, ces gangs ultra-violents d’Amérique centrale.

Mais Cañas est convaincu que l’affaire est liée, d’une façon ou d’une autre, à son enquête sur les triades. Reste à le prouver à ses supérieurs…

Critique :
Les triades… Vaste programme ! Et contrairement à ce que certains pourraient penser : Non, une triade ce n’est pas un acte sexuel à trois !

La légende dit que la première Triade aurait été fondée par des moines bouddhistes du célèbre monastère  de Shaolin afin de se venger du massacre des leurs perpétrés par l’empereur de la dynastie Qing.

— De l’opium ? Non. Les Chinois détestent l’opium. Les Anglais l’ont introduit en Chine pour couler l’Empire. Ils ont provoqué deux guerres de l’opium. Non, pas ça.

La société noire dont nous parle ce roman fait donc référence aux triades chinoises et à leur main mise sur une partie de la population.

— Interpol a dit un jour que les triades ressemblent à un immeuble dans lequel les habitants d’un étage ne savent pas où se trouve l’escalier pour gagner les autres, a-t-il répondu.

Tout les pays sont gangrénés par les triades chinoises ! Tous ? Non, la ville de Barcelone résiste encore et toujours à l’envahisseur… Enfin, la ville croit qu’elle y a échappé, mais les vers sont déjà dans le fruit et ce n’est plus q’une question de jours avant que leurs tentacules ne se referme sur la ville et sur son port.

Quand on se fait éponger sa dette par des capitaux chinois, on se doute qu’il n’en ressortira rien de bon puisque les créanciers tiennent le pays par les couilles. Tout le monde se doute que c’est de l’argent sale, mais aux grands maux les grands remèdes et puis, on sait que les banques ne se gênaient pas pour accepter le fric des dictateurs ou mafiosi.

— Le gouvernement chinois a racheté la dette extérieure de l’Espagne, a repris Mora Mogán en changeant de ton. Tu le sais, ça ? Dans les cinq mille millions d’euros. Tu sais ce que ça veut dire ? Eh bien, qu’ils ont acheté l’Espagne, tout simplement ; ce sont donc eux qui commandent. On va pas aller mordre la main qui nous nourrit !

Les hommes écoutent généralement avec beaucoup plus d’attention quand on leur parle en leur serrant les couilles. 

— Cañas… On traverse une crise terrible qui est à deux doigts de foutre ce pays en l’air. Si nous pouvons nous en sortir moyennant pots de vin, commissions, requalifications, magouilles et tripatouillages, tu crois qu’ils ne vont pas le faire ? Si le trafic d’armes, de drogue, de femmes et d’enfants ou de n’importe quoi d’autre peut apporter des liquidités aux banques, tu crois qu’elles vont dire : “Non, s’il vous plaît, on veut seulement de l’argent propre” ? Putain, dans quel monde est-ce que tu vis ?

Voilà un roman noir comme je les aime : une construction narrative qui fait des allers-retours entre le présent (après le braquage) et le passé (avant le braquage), en proposant plusieurs points de vue différents selon le narrateur, avec des personnages forts, très réalistes, possédant des côtés obscurs assez prononcés et pouvant y sombrer très facilement après quelques coups durs.

Entre l’inspecteur Diego Cañas, obsédé par les triades chinoises et qui se débat avec les problèmes que lui cause sa gamine de 15 ans; avec Juan Fernández Liang, jeune homme sino-catalan qui se veut plus chinois que les chinois et qui rêve de se faire le max de fric, aidé de son ami de toujours, l’escroc misogyne et raciste qu’est Pardales; la tête de dragon que pourrait être monsieur Soong, sans oublier la plongé dans l’univers obscurs des triades chinoises et des mareros (gangs latinos), pas le temps de s’embêter.

La Chine a une frontière avec le Triangle d’Or et le Croissant d’Or. L’héroïne est là-bas, ils n’ont qu’à tendre la main. Ce serait bien la première mafia à tourner le dos au trafic de drogue alors qu’elle en a à sa portée. La mafia italienne a elle aussi commencé par résister au trafic de drogue aux États-Unis avant de finir par se lancer dedans à corps perdu. Trop d’argent en jeu, trop facile. Il suffit qu’ils se sentent un peu sûrs d’eux, forts et invulnérables…

Un roman noir qui dévoile tout un pan social peut reluisant de la cité de Barcelone, avec ses ateliers clandestins remplis de Chinois qui doivent bosser toute la sainte journée et même plus, afin de rembourser le voyage payé par les triades, leurs banques clandestines, le racket des commerçants chinois, des crimes atroces…

Un roman noir qui possède son propre rythme, ses propres codes, des personnages attachants ou du moins, déroutants, avec de l’humour noir, de l’action, un braquage qui ne sera pas à l’italienne ou à l’anglaise, des cadavres qui se ramasseront à la pelle, des têtes décapitées et déposées sur le toit d’une voiture et une atmosphère digne des meilleurs romans noirs avec ces ghettos, ces habitants désœuvrés et sa pègre.

Au petit matin, sous une pluie qui tombe sans répit depuis le dimanche, on découvre une tête de femme sur le toit d’une Lexus garée rue Joan Güell, dans le quartier de Sants. Une tête volumineuse, les chairs flasques, les joues affaissées, un double menton évoquant un goitre, des lèvres entrouvertes et épaisses, un œil ouvert et une paupière tombante, des cheveux clairsemés collés au crâne, le tout d’une couleur céruléenne, irréelle.

Un roman noir qui nous explique les codes, la manière de recruter, d’agir, les origines des sociétés, les dessous des sociétés telles que les triades ou les maras, deux groupes qui ne gagnent pas à être croisés ! La misère n’engendrant rien de bon, les maras poussent dessus comme des mauvaises herbes sur du terreau enrichi d’engrais.

— Qu’est-ce que les mareros veulent obtenir par ce comportement ?
— Implanter la terreur, pour avoir le pouvoir. La police de là-bas ne sait pas comment les en empêcher. Les flics manquent de moyens et ils sont mal payés. Si les maras gagnent la première manche, elles gagneront probablement toutes les autres.

— De la misère, dit-il comme une sentence. Des ghettos, où les pauvres n’ont aucune issue valable. Tu as dû entendre dire que, au Guatemala, au Salvador, au Honduras, les riches sont très riches et les pauvres, très pauvres ? Eh bien, dans leur cas, pauvre, c’est extrêmement pauvre. Tu n’imagines pas. La misère la plus absolue, la faim, la vie dans la rue. Ils n’ont pas accès aux études, et ils n’ont aucun espoir de travail non plus. On appelle ça des desperados, aux États-Unis. Et surtout, ils sont remplis de rancœur, ils sont chargés de haine, ils savent qu’ils n’ont rien à perdre. Qu’ils sont nés en ayant déjà tout perdu. Ils viennent de quartiers imprégnés d’un machisme sauvage, où les hommes engrossent les femmes et se désintéressent de leurs enfants, car ils ne peuvent pas s’en occuper non plus, ils n’ont pas de quoi les faire vivre.

Un roman noir profond qui n’a qu’un seul défaut : un peu court… On aurait pu encore en dire bien plus !

Tant que je suis vivant, la mort n’existe pas, et quand la mort arrivera, je ne serai plus là. 

Il y a cinquante ans, tout le monde fumait. Et il n’y avait pas autant de gens qui mouraient du cancer. Aujourd’hui, beaucoup de monde en meurt, mais ce n’est pas seulement à cause du tabac. C’est à cause de ces saloperies qu’on mange, les colorants, les additifs, les graisses ajoutées, les OGM et toute cette merde. Et de la fumée empoisonnée qui sort des pots d’échappement. C’est ça qui provoque la plupart des cancers, mais l’industrie alimentaire est très puissante : même si on nous persuadait de manger sainement, on ne pourrait pas, et comme on ne va pas rester sans manger ni conduire nos petites voitures polluantes, ils s’entêtent à tout mettre sur le dos du tabac.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017).

 

Yeruldelgger : Ian Manook [Yeruldelgger 1]

Titre : Yeruldelgger                                                     big_4-5

Auteur : Ian Manook
Édition : Albin Michel (2013)

Résumé :
Le corps enfoui d’une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l’assassinat jamais élucidé de sa propre fille.

Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d’autres plus atroces encore, va le forcer à affronter la terrible vérité.

Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.

Petit plus : Dans ce thriller d’une maîtrise époustouflante, Ian Manook nous entraine sur un rythme effréné des déserts balayés par les vents de l’Asie Centrale jusqu’à l’enfer des bas-fonds d’Oulan-Bator.

Il y avait la Suède de Mankell, l’Islande d’Indridason, l’Écosse de Rankin, il y a désormais la Mongolie de Ian Manook !

Critique : 
De prime abord, ce roman paie tellement peut de mine qu’on hésiterait à le retourner afin de lire son résumé… Voyez vous-même sa couverture : un auteur inconnu, un personnage « hachuré » de noir, un titre imprononçable dont on ne sait trop à quel genre littéraire il pourrait appartenir…

Bref, à se demander si les gars du marketing avait une dent contre le roman ou s’ils n’étaient pas tout simplement pas partis en vacances ce jour là !

Grave erreur que cela aurait été de passer à côté !! Si à première vue sa couverture ne casse pas 5 pattes à une marmotte, une fois ouvert, ce polar noir est un véritable plaisir à lire.

Une copine de blog, Dominique, l’avait comparé à une yourte mongole : pas terrible de l’extérieur, mais magnifique à l’intérieur. L’image était bien trouvée !

Un polar noir et une action qui se déroule en Mongolie : j’étais bien servie, moi qui suis fascinée depuis toujours par ce pays.

Tout commence par un corps d’enfant enseveli sur son petit vélo, dans la steppe, juste après la découverte des trois cadavres de chinois, dans un entrepôt. Particularité ? On leur a coupé les testicules et leur membre viril aussi. Ensuite, nous aurons deux putes pendues…

Oyun cherchait les testicules du Chinois. Les testicules et le reste. Tout son bazar en fait. Pour les besoin de l’enquête, bien sûr, parce que la seule certitude à ce stade des investigations, c’était que le Chinois n’aurait plus jamais besoin de son bazar.

Point commun ? Aucun. Du moins, en apparence. Ce sera au commissaire Yeruldelgger de faire toute la lumière sur ses sinistres crimes, ce qui risque de ne pas être facile vu tous les bâtons qu’on lui glissera dans les pattes !

S’il ne m’avait pas été chaudement recommandé, je serais donc passée à côté de ce roman… J’aurais commis une grosse erreur parce que je viens de prendre mon pied durant ces quelques 540 pages. Comme quoi, on peut avoir une couverture peu attirante et être bien foutu ! (le contraire marche aussi : belle cover et contenu médiocre).

Lecture jouissive à plus d’un titre car l’auteur ne se contente pas de nous faire suivre l’enquête, non, il nous fait entrer dans les yourtes, nous abreuve de thé au beurre salé, nous plonge dans l’Histoire et les coutumes de ce pays qui a le cul entre deux chaises, écartelé que les habitants sont entre le modernisme et le respect des traditions qui se perd.

Elle tenait à hauteur des yeux une petite coupelle qu’il savait rempli de lait de la dernière traite et, d’un geste croyant et respectueux, du bout des doigts, elle en aspergeait les quatre points cardinaux. […] Yeruldelgger ressentit une sorte de bonheur à appartenir à ce pays où on bénissait les voyageurs aux quatre vents et où on nommait les cercueils du même mot que les berceaux. Une sorte de bonheur…

La Mongolie a une Histoire riche, des voisins pas toujours « fréquentables » (Chine, Japon, Corée, Russie) qui lorgnent sur ses richesses enfouies et l’auteur nous la fait découvrir plus en profondeur. On ne survole pas, on rentre dedans !

Le commissaire Yeruldelgger est un homme torturé depuis la mort de sa petite fille, enlevée et assassinée ensuite. Sa femme s’est murée dans son monde, sa fille aînée a tourné casaque (ou « cosaque », vu le pays) et nous sommes face à un homme qui n’a plus rien perdre, ayant déjà tout perdu.

Yeruldelgger fait partie des richesses de ce roman, mais il n’est pas le seul, il est entouré d’une multitude de personnages secondaires assez fort, eux aussi. Il a beau être le pivot central du roman, sans les autres, Yeruldelgger n’est rien.

C’est aussi un homme fort, un homme qui est imprégné de la tradition, qui veut la protéger, un policier qui se bat pour son pays, malgré ses propres blessures, ses fêlures, ses démons. Un homme qui ne renonce jamais.

Un roman au scénario travaillé, servi par un écriture très agréable à lire, ni trop complexe, ni trop simpliste. On vit l’enquête et on ressent les coups durs avec les personnages, certaines scènes étant plus violentes que d’autres (âmes sensibles…). Le tout parsemé de quelques petites touches d’humour.

Chuluum se pencha sur le cadavre, à hauteur de son entrejambe, et s’approcha autant que l’horreur et la puanteur le lui permirent pour essayer de deviner ce qu’avait observé le commissaire avec tant d’attention.
– Pas la peine de lui tailler une pipe, Chuluum ! cria Yeruldelgger sans se retourner. Ça ne peut plus le ranimer et ça ne te rapportera rien !

J’ai eu un gros coup de cœur pour Gantulga, un petit garçon fort débrouillard (normal pour un gamin des rues). À lui tout seul, il vaut bien les Irregulars de Baker Street !

Mon seul bémol sera pour les « méchants » : j’ai vite compris qui était le traitre et qui tirait les ficelles. Ce qui n’a pas entamé mon ardeur à le lire, toute contente que j’étais d’avoir une longueur d’avance.

Un roman noir qui nous dépayse, qui en profite aussi pour glisser quelques réflexions sur la Mongolie, sur ses rapports avec l’Occident, sur les massacres des mongols et sur le fait que la Seconde Guerre Mondiale ne veut rien dire pour eux. La Shoah et d’Hitler non plus, car ils avaient à souffrir des massacres perpétrés par Staline ou Mao.

– Regarde. Après la guerre en France, près de vingt mille femmes ont été tondues pour avoir pactisé avec les Allemands.
– Pactisé ?
– Oui, fréquenté, couché, aimé, si tu préfères !
– Vingt mille ! Je n’avais jamais entendu parler de ça.
– Que veux-tu, philosopha-t-il, dans notre monde c’est souvent « à chacun sa misère ». D’après toi, combien de Français savent que dans les années vingt, notre Baron Fou a fait ébouillanter ou jeter dans les chaudières des locomotives des milliers d’hommes et de femmes ? Les guerres sont sales, et les victoires aussi.

Le tout sur fond d’argent sale, de magouilles, de trafics en tout genre, de crimes et de violence.

Un roman qui m’a ému aussi et entrainé dans l’immensité de la steppe.

Pour un « premier » roman, la réussite est au rendez-vous et elle totale. Mon seul regret est de l’avoir terminé…

Yeruldelgger… Un type que j’aime bien et avec lequel je suis prête à enfourcher un cheval pour repartir dans les steppes mongoles.

Yeruldelgger Khaltar Quichyguinnkhen… Quand vous parviendrez à prononcer correctement son nom, vous aurez un chocolat en récompense !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).