Dans la brume écarlate : Nicolas Lebel

Titre : Dans la brume écarlate – Capitaine Mehrlicht 5

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Marabout Black Lab (20/03/2019)

Résumé :
Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais…

Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour.

Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie.

Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ?

La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie…

Un roman gothique dans un Paris recouvert de brouillard à l’heure où un vampire enlève des femmes et les vide de leur sang.

Un roman choral qui laisse la parole à plusieurs protagonistes : à ceux qui perdent ou ont perdu, à ceux qui cherchent, à ceux qui trouvent ou pensent trouver.

Un roman qui est l’histoire de six hommes qui aiment ou croient aimer chacun une femme : celui qui la cherche, celui qui l’aime de loin, celui qui veut la venger, celui qui la bat, celui qui la veut éternelle, et celui qui parle à ses cendres.

Un roman parle des femmes comme premières victimes de la folie des hommes, même de ceux qui croient les aimer.

Critique :
Kermit la grenouille est de retour ! Ses Gitanes sans filtre, son franc parler, son argot, ses jurons sans fins, son caractère de dogue allemand qui viendrait de se prendre les roubignoles dans une porte est en forme.

Il tousse bien un peu, il est mis à l’amende s’il dit le mot « putain » mais pour le reste, il est resté fidèle à lui-même : exécrable.

Oui, le capitaine Daniel Mehrlicht est imbuvable mais on l’adore, surtout nous, les lecteurs, ses collègues de travail, c’est une autre paire de manches.

Si dans le dernier Norek nous avions peu de contexte social, dans le dernier Lebel, on en bouffe à toutes les sauces et si ce n’était pas aussi grave, on saucerait son morceau de pain pour ne pas en laisser une miette.

Jamais moralisateur, l’auteur nous balance des coups de pieds dans les tibias afin de nous réveiller un peu, de nous agiter les sangs avant que le vampire ne nous suce jusqu’à la moelle. Et on ne parle pas ici du Fisc ou autre organisme spécialisé dans le pompage et la tonte de la laine sur notre dos.

Tremblez, lectrices, un vampire semble arpenter les ruelles emplies de fog de Paris et, sélectionnant des jeunes filles, il les laisse exsangue. Vrai vampire sorti du roman de Bram Stoker ou vampire moderne se livrant à dieu sait quel trafic pas catholique ?

Si vous croyez que je vais vous le dire ! Lisez le dernier de Lebel et vous saurez tout.

Mélangeant l’écriture humoristique et la sérieuse pour traiter les sujets graves, le roux flamboyant qu’est Lebel nous entraine dans un Paris loin des lumières et des flonflons, loin des touristes, mais nous plonge la gueule dans la misère noire des camps de migrants, des femmes battues qui protègent leurs maris, de la France raciste et des vengeances qui ne sont pas éteintes, même des années plus tard.

Tuant au passage Michel Sardou et Alain Delon, l’auteur nous fait pénétrer dans le cimetière du Père Lachaise et de ses légendes urbaines qui font dresser les poils sur les bras (sauf si vous êtes épilée, bien entendu) et qui nous accroche un peu plus aux pages du roman qui, sombre complot, sont pourvues de colle forte pour ne pas que vous reposiez le roman.

Aidé de personnages qui sont aux antipodes des habituels de la littérature policière, Lebel nous balance une intrigue réaliste, aux relents fantastique, faisant écho aux romans de Mary Shelley, de Bram Stoker et à la phrase de Rabelais qui disait que « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Et il avait tout à fait raison.

On frôle le fantastique, mais tout le reste est réaliste, même si on se doute que l’on aura jamais pareil tueur dans les rues de Paris (faut espérer), ni pareille équipe pour enquêter (on ne souhaite Mehrlicht à personne).

Sans sombrer dans le pathos, ou la morale à deux balles qui fait fuir, Lebel nous offre un 5ème roman des plus réussi (comme les 4 autres), développe un peu plus le côté sombre de certains de ses personnages, nous démontre qu’il faut parfois manger à la table du diable sans longue cuillère pour arriver à ses fins et nous laisse dans un petit suspense insoutenable, le saligaud !

Attention, mon ami, j’ai des contentieux chat et cheval avec tes collègues écrivains, ne vient pas ajouter ton nom à ma Kill Liste ! Réfléchis bien, tes lecteurs•trices ne te le pardonneront jamais…

Un excellent thriller policier, une fois de plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – Fiche N°1.

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Amityville – La maison du diable : Jay Anson

Titre : Amityville – La maison du diable

Auteur : Jay Anson
Edition : France loisirs (1979)
Édition Originale : The amityville horror (1979)
Traducteur : Jacques de Roussan

Résumé :
Amityville, banlieue de New York, 13 novembre 1974. Dans une maison bourgeoise, un jeune homme, dans un accès de démence, tue à coups de fusil ses parents, ses frères et ses sœurs.

À son procès, il affirme avoir été possédé par une voix qui lui a ordonné de tuer.

Quelque temps plus tard, cette maison est mise en vente à un prix défiant toute concurrence.

La famille Lutz l’achète malgré la tragédie qui s’y est déroulée. Ils n’y resteront que vingt-huit jours.

Petit plus : Pour en savoir plus sur cette maison, voici quelques sites.

Critique :
Quand une connaissance m’avait demandé si j’avais déjà lu « Amityville, la maison du diable », qui parlait d’une maison hantée et que les faits étaient véridiques, j’avais éclaté de rire.

Encore un truc débile pour faire vendre des livres…m’entendais-je encore dire, alors que je tremblais en lisant le livre.

J’avais 16 ans à tout casser. Un peu plus, mais guère moins… Oui, ça fait un sacré bail, je vous en conviens.

Ah ça, on peut dire que c’était une connaissance qui ne me voulait pas que du bien, en me prêtant son livre.

Foutredieu, j’ai claqué des dents, vérifié que ma porte était bien fermée, sursauté au moindre craquement du parquet (parquet en bois dans les chambres, quand j’habitais chez mes parents),… La trouille, je vous le dis !

Surtout que, si ce truc est une arnaque, elle est bien faite puisque, en avant propos du livre (où en annexe, je sais plus) on vous explique que tout cela est vrai…

Stephen King fut responsable de quelques uns de mes tremblements… Mais ce qui ressemblait à la maladie de Parkinson, point de vue tremblement, c’est ce fichu livre qui me l’a donné !

J’aurais bien fait comme Joey, dans la série « Friends » qui avait mis un livre qui lui fichait la trouille dans le congélateur (« Shinning », de King)… Mais Friends n’existait pas encore… Sinon, j’aurais fait pareil !

Âmes sensibles, cardiaques, abstenez-vous de la lecture de ce livre. Sinon, je vous garantis que vous allez trembler et défaillir lors de votre lecture.

Même adulte, j’oserais plus le relire… ce qui est dommage, parce que c’était bien, l’histoire. Brrr… j’en frissonne encore.

 

Le Verger de Marbre : Alex Taylor

Verger de marbre - Alex Taylor

Titre : Le Verger de Marbre

Auteur : Alex Taylor
Édition : Gallmeister (2016)

Résumé :
Beam Sheetmire, dix-sept ans, vient de tuer l’homme qui l’avait agressé. Il n’y a plus qu’à se débarrasser du corps sur les berges de cette rivière du Kentucky.

Vu les circonstances, Beam devrait s’en tirer sans histoires. Mais il découvre que la victime est le fils du caïd local, Loat Duncan, à la fois puissant trafiquant et redoutable meurtrier.

La décision de son père est sans appel : Beam doit fuir, et sur-le-champ.

S’engage alors un diabolique jeu du chat et de la souris où chaque mouvement n’est qu’un pas de plus vers l’enfer.

The Marble OrchardCritique :
Peut-on rester de marbre devant ce verger de marbre ? Non. Pourtant, il n’y a pas plus calme qu’un verger de marbre, ses habitants ayant l’habitude de rester silencieux.

Malgré tout, ce verger ne m’a pas laissé de marbre et son écriture avait l’âpreté et la dureté d’une épitaphe dans un vieux cimetière perdu dans le trou du cul du Kentucky.

Le roman noir rural a le vent en poupe ces derniers temps et il faudra s’attendre un de ces quatre à mettre le pied et les mains dans une bouse, mai rassurez-vous, ce n’est pas encore le cas ici !

Une tragédie grecque à la sauce américaine, voilà ce que je viens de déguster en me reléchant les doigts. Une tragédie à la Caïn et Abel, mais je ne sais si c’est Caïn qui tue Abel ou Abel qui assassine Caïn dans ce cas-ci.

Beam est un ado de 17 ans, qui, comme tous les ados de 17 ans ne pensent pas à grand-chose dans la vie, si ce n’est tirer un coup de temps en temps…

Sa tragédie commencera lorsqu’en pilotant le ferry de ses parents qui fait la traversé sur la Gasping River, il tuera accidentellement un espèce de vagabond qui voulait lui piquer la caisse.

Bah, en temps normal, zigouiller un vagabond évadé n’aurait pas eu de conséquences trop lourdes, mais nous sommes dans une tragédie, donc, ce macchabée n’est autre que le fils du caïd local, Loat Duncan, un trafiquant de drogue, usurier, tricheur, un habitués des bars louches et psychopathe aussi.

D’accord, il n’en avait rien à foutre de son fils, en temps normal, mais là, ne rien dire et ne rien faire mettrait en péril son autorité et puis, il avait quand même un peu besoin de son fils vivant… Du moins, une partie de son fils… Un vrai salaud, je vous dis !

Si le départ de ce roman noir est conventionnel au possible, qu’il pue le déjà-lu, je vous conseille de ne pas vous laisser abuser par cet air connu parce que la suite de la partition n’a rien à voir avec la musique du début !

Si au départ on aurait envie de laisser Beam avec ses soucis tant il a le charisme d’une moule avariée ou de lui coller une baffe tant il sait être têtu au possible et se foutre encore plus dans les emmerdes, au fur et à mesure de sa cavale – qui a tout d’une cavale sans issue – on sentira naître en nous de la sympathie pour ce gamin qui a eu la malchance de naître dans une Amérique rurale minée par le chômage et soumise aux caïds locaux.

Quant à Loat Duncan, le caïd local, il est réussi car c’est un salopard de première classe, tout à l’opposé de Beam qui lui est aussi intelligent qu’un bernacle mort et à un potentiel de séduction d’un poulpe rejeté sur la plage. C’est vous dire que face à Loat, Beam ne fait absolument pas le poids !

Les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus et auront leur mot à dire dans toute cette histoire et quand bien même ils auraient un petit rôle, ce sont tous des rôles importants et ils laisseront une trace de leur passage dans les pages et dans votre vie de lecteur.

Quand à l’écriture de l’auteur, elle sait se faire poétiquement noire de temps en temps, mais pour le reste, ça clashe, c’est sec, dur, sans édulcorant pour faire passer le breuvage tiré des fruits du verger dont les personnages boiront le calice jusqu’à la lie.

Le vautour le toisait depuis son perchoir sur un des ormes malades, les ailes déployées en une croix noire, le bout des plumes lustrées formant des dièdres noirs, dans la posture de celui qui impose le silence au monde, son visage rouge noduleux s’agitant frénétiquement.

Et puis, il y a cette relecture de l’histoire tragique de Caïn et Abel… ainsi qu’Abraham prêt à sacrifier son fils, même si ici, papa Clem ne veut pas le sacrifier au couteau mais lui demande de fuir.

Un excellent roman noir rural, même si je n’ai pas retrouvé les émotions de « Rural Noir » car ici, impossible de m’identifier avec l’un ou l’autre personnage.

C’est puissant et ça ne se boit pas au petit-déjeuner car ce genre de petit noir, il arrache !

Normal, on plonge sans masque et sans tuba dans la noirceur humaine…

L’œil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit :  » Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C’est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.
(Victor Hugo – La conscience)

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le  RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires, Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - The magnificent seven

CHALLENGE - Gallmeister 10 ans

La Mouche du coche : Donald Westlake

Titre : La Mouche du coche                                      big_4

Auteur : Donald Westlake
Édition : Payot et Rivages (2004) pour la nouvelle traduction intégral
Première publication : The Busy Body (1966)
Publié en français sous : Les Cordons du poêle – Série noire n°1068 (1966)

Résumé :
Aloysius Eugene Engel est entré dans la mafia pour suivre les traces de son père et en révolte contre sa mère qui voulait lui faire faire des études.

Par accident, il est devenu le bras droit du caïd Nick Rovito. Ce qui implique des besognes souvent terre à terre, comme porter le cercueil d’un collègue nommé Charlie.

Mais la journée n’est pas finie que Nick ordonne à Aloysius d’aller déterrer Charlie. En effet, ce dernier a été enseveli avec sa veste bleue, dont les coutures regorgent… d’héroïne !

Violer un cimetière en pleine nuit n’est pas une partie de plaisir. D’autant plus que le cercueil est vide et que le cadavre s’est envolé…

Petit Plus : Publié à la Série noire sous le titre Les cordons du poêle dans une version tronquée, ce cocktail d’action et d’humour est aujourd’hui disponible dans une traduction révisée et complétée.

Critique : 
Lire un Westlake est toujours un plaisir, même si ce n’est pas un avec le cambrioleur malchanceux Dortmunder.

New-York, années 60. Nous voici dans une Organisation qui a tout de la Mafia…

Alyosius Engel est devenu le bras droit du patron de l’organisation, Nick Rovito. C’est un peu par accident qu’Al est devenu le bras droit parce qu’il a tout du bras gauche.

Voilà que notre pauvre Al est chargé par son boss d’aller déterrer le corps d’un membre de l’organisation, Charlie Brody. Pourquoi ? Parce que ce passeur a été enterré dans son complet bleu, celui dont les doublures contiennent pour 250.000$ de Blanche !

Pas de bol, le cercueil est vide ! Plus de corps, plus de complet, plus de Blanche et les emmerdes vont commencer pour ce pauvre Al qui va avoir des journées fort chargées !

Si vous aimez l’humour noir et les situations cocasses, ce roman est fait pour vous car Al Engel a tout d’un Dortmunder : il ne tue pas, il lui arrive des tas de trucs, il se retrouve dans des situations qu’il n’a pas voulu et à l’impression que tout va de travers.

Il a beau être un truand, Al est un personnage que l’on aime d’entrée de jeu. Le pauvre, il a été un peu trop étouffé par sa mère, limite castratrice et s’il a tout fait pour entrer dans l’Organisation, c’était pour faire plaisir à son père et aller contre sa mère. Maintenant, la voilà toute fière que son gamin soit un homme important de l’Organisation.

Al Engel a beau n’avoir rien d’un Sherlock Holmes lorsqu’il mène son enquête sur le cercueil vide, il arrivera tout de même à remonter la piste du cadavre et du gros soucis qui lui est tombé dessus en prime.

La plume de Westlake fait mouche, une fois de plus, nous donnant des petits traits d’humour durant le déroulement du récit et nous proposant des personnages bien campés.

De plus, c’est une version non caviardée que nous propose Payot & Rivages, au contraire de la version de la Série Noire qui était tronquée (et parue sous le titre de « Les cordons du poêle »).

Tout ça pour vous dire que c’était un pur moment de jouissance littéraire. Comme toujours avec Westlake.

La minute de culture : Autrefois, tenir les cordons du poêle, c’était tenir les cordons reliés au drap funéraire qui recouvrait le cercueil. Car le « poêle », entre autres significations, désigne aussi le drap mortuaire ou la grande pièce de tissu noir ou blanc dont on couvrait le cercueil pendant les cérémonies funèbres. Il disposait auparavant de cordons généralement cousus aux coins et sur les bords, cordons qui, alors que le cercueil était amené à l’autel pour la cérémonie funèbre, étaient tenus par des proches ou membres de la famille, ou des personnes de haut rang, selon le défunt.

Aujourd’hui, même si on ne tient plus les cordons, on dit toujours de ceux qui marchent près du cercueil qu’ils tiennent les cordons du poêle.

La mouche du coche désigne quelqu’un qui s’agite beaucoup sans rendre de réels services ou qui est empressé inutilement.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et « Le Mois Américain » chez Titine.

CHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016 CHALLENGE - Mois Américain Septembre 2014

Le Bon, la Brute et le Truand – Il buono, il brutto, il cattivo : Sergio Leone [FILMS]

wE2g8D1fzX1KaGxkc1VJrMFWMN8Vous parler de « Il était une fois dans l’Ouest » et ne pas causer du film « Le bon, la brute et le truand » (The Good, the Bad and the Ugly), ça ne se fait pas ! Puisque je suis dans ma passe western, autant dégainer le six coups et faire les chose dans les règles de l’art.

Charles Branson n’avait pas beaucoup de conversation dans « Il était une fois »… Clint Eastwood aussi ! Pour ces deux personnages, tout passe par quelques mots, quelques gestes, quelques regards. Tout est dans leur apparence et il se dégagent d’eux quelque chose de bestial mais aussi de tendre (en plus de l’odeur du bourrin qui leur colle aux frusques).

Bref, on les craint, mais on les aime.

Avec ce film, je remplirais des tas de challenge parce que Le Bon, la Brute et le Truand  est un film germano-hispano-italien (et il se passe aux États-Unis), réalisé par Sergio Leone (of course) et sorti en 1966.

Ce n’est pas n’importe quel western non plus. Il fait partie des plus célèbres westerns de l’histoire du cinéma et, excusez du peu, il est considéré comme la quintessence du style « western spaghetti » (ça t’en bouche un coin, hein !).

Si je ne l’avais pas sorti pour le Mois Américain de septembre, il aurait été parfait pour le Mois Italien d’octobre !

Avec lui, Sergio Leone va conclure (dans le foin ? Non !) sa fameuse Trilogie du dollar (également appelée Trilogie de l’homme sans nom) et, pour éviter de se répéter, notre ami va augmenter les protagonistes.

De deux personnages, habituellement, on passera à trois pour ce film : Clint Eastwood et Lee Van Cleef, qui se partageaient déjà la vedette dans « Et pour quelques dollars de plus » se voient adjoindre le truand Eli Wallach dans ce troisième film.

Je vous avoue que sans Wiki pour me dire que celui-ci est en fait le troisième opus d’une trilogie, je ne l’aurais jamais su et, ma foi, je m’en fichais un peu.

Ça ne gâche rien de  préférer « The good, the bad… » aux deux autres (« Et pour quelques dollars de plus » est mon second préféré dans la Trilogie alors que « Pour une poignée de dollars » qui est le tout premier, je ne l’aime pas du tout).

Tout cela pour vous dire qu’on ne perd rien en le regardant tout seul et puis, comble du comble, ce troisième volet est en fait une sorte de retour en arrière (sans la DeLorean), une sorte de préquelle…

Mais gardez à l’esprit que les acteurs Eastwood et Van Cleef n’ont pas les mêmes rôles dans les deux films, hormis Eastwood qui joue toujours l’Homme sans nom.

 

 

Dans ce film, une nouveauté par rapport aux deux autres : la guerre de Sécession est en toile de fond.

Voilà pourquoi il s’agit, chronologiquement parlant, d’un retour en arrière par rapport aux deux autres films de la trilogie. Vous suivez toujours ou vous avez besoin d’aspirines ??

Clint Eastwood (la constante qui lie les trois films) ne se présente pas dans sa tenue habituelle : au lieu d’un poncho, il porte un long manteau (aussi appelé cache-poussière) ; ce n’est qu’à la fin du film qu’il endosse ce vêtement, adoptant l’apparence extérieure du personnage des deux premiers films et matérialisant, selon l’idée de Leone, l’aspect cyclique de la trilogie.

Résumé : Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s’intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d’un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d’or volés à l’armée sudiste.

Tuco sait que le trésor se trouve dans un cimetière, tandis que Joe connaît le nom inscrit sur la pierre tombale qui sert de cache.

Chacun a besoin de l’autre. Mais un troisième homme entre dans la course : Sentenza, une brute qui n’hésite pas à massacrer femmes et enfants pour parvenir à ses fins.

Ce que j’en pense : C’est le genre de film que j’adore regarder à intervalles réguliers, surtout lorsque je suis fatiguée, pas en forme, que je suis rentrée tard du kiné, que la journée à été mauvaise ou que le travail m’a tuer (la faute est là exprès).

Pourquoi regarder une nouveauté alors que j’ai des valeurs sûres pour me distraire, le tout accompagné d’une bande-son qui me donne des frissons avec des acteurs magnifiques qui ne sont pas manichéens.

Le Bond (Blondin), joué par Clint Eastwood n’est pas dénué de noirceur. Il est l’homme sans nom, un chasseur de primes flegmatique, un homme arrogant mais grandiose. S’exprimant à l’aide de phrases tellement courtes qu’elles en sont laconiques. Il ne peut pas être tout à fait bon puisque c’est un as de la gâchette. Bref, voilà un personnage soigné dans les moindres détails. Et comme moi, il fume le cigare !

La présence du cigare de Blondin est un symbole très important dans le film. Blondin en a un à la bouche dans presque toutes les scènes et le rallume continuellement. Le cigare devient même un élément clé de l’action à quelques occasions (la poursuite en suivant la piste des cigares toujours plus fraîchement fumés, l’allumage de la mèche du canon et de celle des explosifs, etc.).

Eastwood incarne un personnage qui aurait fait un excellent méchant, il avait tout pour ça : des expression sombres et pensives, des yeux à demi-fermés, visage fermé, taciturne, ironique… Mais durant tout le film il est le cul entre deux chaises, oscillant sans cesse entre le chasseur de primes et le bandit.

Bref, une vraie réussite que ce personnage de Blondin et qui hisse ce western à un niveau de tragédie grecque ou shakespearienne. Non, non, les z’amis, nous ne sommes pas dans un bête film, c’est plus profond que cela.

Notre Bond Blondin est en compétition avec Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez (Tuco pour les intimes) « Le truand », un bandit comique, maladroit et volubile, recherché par les autorités. Il est joué par Eli Wallach.

Lui et Blondin n’ont rien en commun… mais malgré tout, il devront faire cause commune car Tuco a appris d’un soldat en train d’agoniser (Bill Carson) le nom du fameux cimetière où est enterré l’or, mais il ne connaît pas le nom de la tombe ; seul Blondin le sait.

Cette situation les force tous les deux à devenir compagnons de voyage. Les voilà donc contraints de travailler ensemble et de se secourir à tour de rôle. Leur relation est celle d’une amitié-haine. C’est Tuco qui lui donnera le fameux surnom « Blondin ».

Le troisième homme, la Brute, c’est Sentenza (Angel Eyes dans la version américaine), joué par Lee Van Cleef. C’est un mercenaire insensible et sans pitié. Il n’hésite pas à éliminer froidement tous ceux qu’il rencontre dans sa course au trésor.

Lui, c’est la crapule finie, loin de son rôle d’homme vengeant la mort de sa sœur dans « Et pour quelques dollars de plus ». Ça fait du bien de voir des acteurs changer de rôle… Lee a la gueule de l’emploi pour le méchant, mais le pauvre ne savait pas monter à cheval, tout comme Eli Wallach… Un comble dans un western !! mdr

Tout tourne autour de ces trois hommes, sans compter la guerre de Sécession qui s’invite dans la danse et qui nous montre tout l’imbécilité d’une guerre dans les morts envoyés au combat pour un foutu pont ou pour un endroit qui a tout de la crotte de mouche sur une carte.

— Je n’ai jamais vu tant de gens mourir… si mal [dixit Blondin en voyant les soldats mourir]

Leone disait : « la véritable histoire des États-Unis a été construite dans une violence que ni la littérature ni le cinéma n’ont su révéler comme ils l’auraient dû. Personnellement je tends toujours à mettre en contraste la version officielle des évènements – sans doute parce que j’ai grandi sous le fascisme. J’ai vu en personne comme on peut manipuler l’histoire. Pour cette raison, je doute toujours de ce qui est annoncé. Pour moi, c’est maintenant un réflexe ».

Oui, la guerre est le quatrième personnage. Elle nous est montrée furtivement dans les images de combat, lors du générique de début, qui vient insidieusement s’immiscer dans les péripéties et interagir avec elles : après la colonne de soldats dont l’arrêt démasque le bruit des éperons, c’est un boulet de canon qui fracasse la pièce où Tuco allait obliger Blondin à se pendre ; Blondin est de nouveau sauvé dans le désert par l’irruption du chariot sudiste ; enfin dans la rue de la ville abandonnée, les explosions donnent l’avantage à Blondin et Tuco dans leur duel contre la bande de Sentenza.

La convergence entre la chasse au trésor et la toile de fond guerrière est complète lorsque Blondin et Tuco sont bloqués par la bataille pour le pont de Branston.

Ici, pas de flashbacks, juste une narration qui vous entraine dans une poursuite infernale à la recherche d’un trésor enterré par des Confédérés et des personnages qui ne sont ni tout blanc, ni tout noir. Sans oublier les retournements de situations !

Il y a aussi tout les petits détails qui me font toujours sourire comme si je les découvrais pour la première fois : celle de l’officier vêtu du gris sudiste qui dévoile soudain un uniforme bleu nordiste en secouant la poussière qui le recouvre.

La méthode de construction du film est aussi un plus : il y a l’apparition d’éléments nouveaux qui étaient hors-champ, introduits subitement dans le plan en cours ou bien dévoilés par l’élargissement du cadrage et qui fait évoluer, voire basculer, le déroulement des événements.

Par exemple, dans la séquence du cimetière, on cadre sur Tuco qui creuse frénétiquement la tombe qu’il a enfin trouvée, le plan s’élargit et l’ombre de Blondin apparaît ainsi qu’une pelle tandis qu’il lance à Tuco : « Avec ça, ce serait plus facile ».

Les rapports de force basculent une seconde fois quelques instants plus tard, lorsqu’une autre pelle surgit dans le plan, lancée par Sentenza avec ces mots : « À deux, vous creuserez plus vite ». Putain, en peu de temps, tout est renversé et votre cœur fait des bons !

Votre cœur aura aussi des soucis pour la scène du duel à trois et du cimetière de Sad Hill. Une arène faite de pierres avec des tombes pour seuls spectateurs. Leone voulait un cimetière avec une sorte d’arène, ça n’existait pas, alors on l’a fait !

Le responsable espagnol des effets pyrotechniques, qui s’était occupé de la construction et de la destruction du pont, a prêté 250 soldats qui ont construit, en deux jours, le type de cimetière voulu, avec 10 000 tombes.

Un duel à trois… faut le faire ! Et on a inventé le néologisme triel (triello en italien) pour parler de cette chose peu courante.

Durant les plus longues minutes pour votre rythme cardiaque, vous verrez sur votre écran des plans fixes des trois hommes.

Ensuite, on passe au panoramiques sur fond de centaines de tombes lorsque chacun prend sa place dans l’arène. Caméras sur les mains près des révolvers, les yeux de Tuco qui bougent dans tous les sens, ceux de Sentanza qui ne bougent pas, Blondin qui mâchouille son cigare.

Puis, les plans seront de plus en plus serrés et rapides, scrutant le moindre signe des acteurs, un rictus, un mouvement des yeux ou du doigt, dans un montage qui fera école auprès de la génération suivante, le tout sur une musique d’Ennio Morricone qui vous fera couler la sueur dans le dos.

Les trois premiers gros plans sur les acteurs demandèrent une journée complète de travail, pour que le spectateur ait l’impression de regarder un ballet.

Niveau musique, celle de la course dans le cimetière est magnifique. Déjà la fuite de Tuco à cheval est contrecarrée par le cigare de Blondin et un canon…

À propos du tournage au cimetière, le scénographe et costumier Carlo Leva raconte : « Pour Le Bon, la Brute et le Truand, Carlo Simi me demanda de trouver un endroit adapté pour tourner la scène finale située dans un cimetière en temps de guerre […]. Nous étions en Espagne ».

« À proximité de Burgos, je découvris un petit plateau au milieu des pâturages pour les animaux d’un village. Je parlai au maire. Il accepta de déplacer les troupeaux et de nous laisser utiliser le terrain pour le tournage, à condition que nous remettions les lieux dans l’état où nous les avions trouvés ».

« Avec l’aide des soldats espagnols et avec une charrue, je préparai le terrain afin de pouvoir y installer 8 000 tombes, faites avec la terre trouvée sur place et mélangée à de la paille et de la sciure. Et les monticules, nous les avons élevés un par un en utilisant un cercueil vide, de la même façon que les enfants font des châteaux de sable sur la plage avec un seau vide ». Lorsqu’il vit le résultat, Sergio Leone fut enthousiasmé par notre « travail macabre ».

Bref, pour tout cela ce film reste pour moi un chef-d’œuvre dans son genre !! Loin des western gentillets pour la famille, un film que l’on regarde à différentes époques de sa vie et qui nous raconte toujours plus au fur et à mesure que l’on comprend mieux les choses.

Enfant, on le voit comme un divertissement amusant, adulte, on voit la violence de la construction des États-Unis, l’absurdité des guerres, la folie de l’or qui ne mène à rien de bon. Enfant, on voit Blondin comme un gentil, adulte, on saisit mieux les nuances. Bref, c’est à chaque fois une découverte pour moi,  comme l’est « Once upon a time in the west ».

Extasy of gold version grand orchestre… magnifique ! Et sous les fiches techniques et d’acteurs, il y a quelques anecdotes du film.

Fiche technique :

  • Titre original : Il buono, il brutto, il cattivo
  • Titre international : The Good, the Bad and the Ugly
  • Titre français : Le Bon, la Brute et le Truand
  • Réalisation : Sergio Leone
  • Scénario : Luciano Vincenzoni, Sergio Leone, Agenore Incrocci et Furio Scarpelli
  • Décors : Carlo Simi
  • Costumes : Antonelli et Carlo Simi
  • Photographie : Tonino Delli Colli
  • Montage : Eugenio Alabiso et Nino Baragli
  • Musique : Ennio Morricone
  • Budget : 1 200 000 dollars US
  • Pays d’origine :  Italie Espagne et  Allemagne de l’Ouest
  • Langue originale : italien
  • Format : Couleurs – 35 mm – 2,35:1 (Techniscope) – son Mono
  • Genre : western spaghetti
  • Durée : 161 minutes / 178 minutes (version longue, 2002)
  • Dates de sortie :
    •  Italie : 23 décembre 1966
    •  France : 8 mars 1968

Distribution :

  • Clint Eastwood (VF : Jacques Deschamps) : Blondin, « le Bon » (il Biondo dans la version italienne, Blondie dans la version américaine)
  • Lee Van Cleef (VF : Georges Atlas) : Sentenza, « la Brute » (Angel Eyes dans la version américaine)
  • Eli Wallach (VF : Claude Bertrand4) : Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez, « le Truand »
  • Aldo Giuffrè (VF : André Valmy) : le capitaine alcoolique
  • Luigi Pistilli (VF : René Bériard) : le père Pablo Ramirez
  • Rada Rassimov (VF : Anne Carrère) : Maria
  • Mario Brega : le caporal Wallace
  • Antonio Molino Rojo (VF : Roger Rudel) : le capitaine Harper
  • Antonio Casale : Bill Carson dit Jackson
  • Antonio Casas : Stevens

Anecdotes ou choses à savoir pour briller en société :

Leone est aussi inspiré par une vieille histoire à propos de la guerre : « Je voulais montrer l’imbécillité humaine picaresque de même que la réalité de la guerre. J’avais lu quelque part que 120 000 personnes moururent dans les camps sudistes comme à Andersonville, mais je ne voyais nulle part de référence aux morts dans les camps de prisonniers nordistes. On entend toujours parler des atrocités commises par les perdants, jamais de celles de gagnants ».

Il montre un camp nordiste où la musique couvre les cris des torturés… on pense aux camps de concentration nazis, avec leurs orchestres juifs. Cela ne plut pas aux Américains, pour qui la guerre civile est un sujet quasi tabou.

Mais « la véritable histoire des États-Unis a été construite dans une violence que ni la littérature ni le cinéma n’ont su révéler comme ils l’auraient dû. Personnellement je tends toujours à mettre en contraste la version officielle des évènements – sans doute parce que j’ai grandi sous le fascisme. J’ai vu en personne comme on peut manipuler l’histoire. Pour cette raison, je doute toujours de ce qui est annoncé. Pour moi, c’est maintenant un réflexe. »

Le camp de prisonniers où sont conduits Blondin et Tuco est basé sur les bas-reliefs en acier d’Andersonville, réalisés en août 1864, alors que 35 000 prisonniers s’y trouvaient.

De plus, les scènes extérieures s’inspirèrent des archives photographiques de Mathew Brady. Van Cleef raconte à ce sujet : « Le camp de prisonniers construit par Sergio était très simple : seulement quelques cabanes et des palissades. Et il était surpeuplé, mais il donnait l’impression que durant la guerre civile, les choses devaient être exactement comme cela. C’était comme les images que j’avais vu d’Andersonville… Vraiment comme une photographie de Brady. »

À propos de la documentation recherchée pour le film, Leone raconte : « Les auteurs américains dépendent trop des autres scénaristes et n’approfondissent pas suffisamment leur propre histoire.

« En préparant le film, je découvris que durant la guerre civile, il n’y eut qu’une seule bataille au Texas, visant la propriété des mines d’or de l’État. Le but de la bataille était d’empêcher le nord (ou le sud) de contrôler ces mines. Donc, pendant que j’étais à Washington, je tentais de trouver quelques informations sur cet évènement.

Le bibliothécaire de la bibliothèque du Congrès (la plus grande du monde), me répondit : « Je crois que vous vous trompez. Le Texas, dites-vous ? Il doit s’agir d’une erreur. En Amérique personne n’a jamais livré de bataille pour des mines d’or et de toute façon la guerre civile n’a jamais eu lieu au Texas. Revenez dans deux ou trois jours, je ferai quelques recherches d’ici là. Mais je suis certain que c’est une erreur ».

Eh bien, j’y suis retourné après deux ou trois jours et ce type me regardait comme s’il avait vu un fantôme.

Il me dit : « J’ai ici huit livres et ils font tous référence à cet évènement. Comment diable avez-vous fait pour le savoir ? Vous ne lisez que l’italien, comment avez-vous pu le découvrir ? Maintenant, je comprends pourquoi vous les Italiens faites des films si extraordinaires. Je travaille ici depuis vingt ans et pas un seul réalisateur américain ne s’est jamais préoccupé de venir s’informer sur l’histoire de l’Ouest ».

Leone a inséré dans le scénario son point de vue personnel : la façon dont Blondin et Tuco perçoivent la guerre est la sienne. La phrase écœurée de Blondin qui commente la bataille du pont : « Je n’ai jamais vu tant de gens mourir… si mal » synthétise ce que Leone voulait transmettre.

De plus, par la bouche du capitaine nordiste, il dénonce l’absurdité de l’enjeu de la bataille décidée en haut lieu (« une crotte de mouche sur une carte ») et prononce une diatribe cynique sur l’alcool, refuge du soldat, qui sera censurée dans la version italienne.

Enfin, Leone modifie sa mise en scène pour la bataille, et abandonne son illustration habituelle de la violence pour une prise de vue quasi documentaire, sans héroïsme, en une série de travellings cadrés de loin.

Le scénario fait l’objet d’une novélisation sous le titre éponyme par Joe Millard (Série noire N°1254).

Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année »chez Lukea Livre et « Le Mois Américain » chez Titine.

CHALLENGE - Mois Américain Septembre 2014 CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

Simetierre : Stephen King [LC avec Stelphique] – Impressions de lecture (3/3) FIN !

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Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 200) : Calme, découverte (de la famille, du cimetière des animaux), innocence. Happée directement !

Le début du roman est assez gentil, on fait la connaissance de la famille Creed, papa Louis, maman Rachel, petite Eillie et le bébé Gage. Et le chat Winston Churchill, dit Church. Le voisin, Jud, leur a fait découvrir le cimetière des animaux. J’aime bien, Jud. ♫ Hé, Jud…♪

C’est calme, comme je disais, mais on sent déjà bien que la tension est là, que le Mal n’est pas loin et le King nous a déjà donné quelques petits aperçus du fantastique et un moment de tristesse.

À la page 200, on entre dans une autre dimension. L’effroi !!!

Impressions de Stelphique (page 1 à 200) : Hypnotisée.
Je ne sais si c’est les beaux yeux verts de ce matou qui m’ensorcèlent (ma version de 1986!!!), ou si le King a encore frappé fort, mais je dévore ce livre même, à des heures indues comme 3h du matin (vive la parentalité).

D’ailleurs en parlant de ça, cette jolie famille (avec le choix du roi), risque de ne plus trop apprécier les us et coutumes du Maine racontées par cet énigmatique Jud. Il me fout la trouille, moi, le petit vieux, pas si brinquebalant que ça…… *Frisson*

Impressions du Cannibal (pages 201 à 400) : Légendes,chat, angoisses, peurs, émotions, frissons.
♫ Hé Jud, explique comment ♪ tu connaissais-hé, ces vieilles légendes-endes ♪ Le cimetière ♪ Indien-hin-hin-hin ♪ c’était pas malin, pas malin du tout ♪ (mes plus plates excuses aux Beatles et à Yvan, dont je viens d’écorcher les tympans – et ça rime encore !).

Oh putain de bordel de Zeus ! Les vieilles légendes expliquées par Jud, le voisin d’en face, c’était encore… gérable, dirais-je, pour mon petit cœur.

Mais à la page 300, je me suis pris des émotions plein ma tronche, ma gorge était nouée, mes lèvres tremblaient, mes yeux s’humectaient comme si j’épluchais des oignons et j’ai maudit le King du Maine (qui n’a rien à voir avec le King de Memphis, celui qui est mort le futal baissé sur les mollets, assis sur les chiottes) pour m’avoir donné tant d’émotions dans ce roman que j’adore (mais ÇA reste number one) et qui m’entraine encore plus fort dans la sombritude (© Royal pour l’idée).

Impressions de Stelphique (pages 201 à 400) : Estomaquée
Je me suis pris un coup dans le ventre, un de ceux qui vous coupent la respiration, et puis surtout je l’ai pas vu venir. Un choc envoyé comme ça de but en blanc, c’est hard pour les petits cœurs de lecteurs…. Je me mets à la place de Lou, et, je pense que moi aussi j’aurai entendue la tewwible voix, et à l’heure actuelle je ne sais si je me serai laissée influencer ou pas…. Elle est terriblement insidieuse cette histoire….
J’y retourne vite !!!!!

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 401 à 572) : Horreur, souffrance, dégoût.
L’horreur, selon le King, ce n’est pas un monstre sanguinaire, mais un homme éperdu de douleur et qui va aller dîner à la table du diable sans se munir d’une longue cuillère. Peine devant sa souffrance, cœur qui bat plus vite, dégoût devant la scène et heureusement, ce n’est pas en odorama.

Le fantastique est présent, mais pas à la grosse louche, c’est discret, mais d’une précision diabolique. Quand le Mal a besoin d’esclaves ou de petites mains, il fait ce qu’il faut… Poils hérissés sur mes bras, lecture superbe mais éprouvant pour les nerfs.

Impressions de Stelphique (pages 401 à 572) : Peinée.
Comment ne pas avoir la boule au ventre et les yeux tout humides ????!!!!! La tentation était trop forte, la frontière pas si éloignée que cela, et pourtant l’horreur ne nous quitte pas. C’était morbide, mais ce geste désespéré avait quelque chose d’humain.

J’ai fini cette lecture le cœur serré mais avec beaucoup de compassion pour ce père au bord de la folie douloureuse…..

Simetierre : Stephen King [LC avec Stelphique] – Intro

Stelphique m’avait proposé, comme LC de juillet, de lire « Si me tierre » et j’avais rien capté ! Comme de juste… dans ma tête, la phonétique et l’orthographe s’étaient mélangées.

Simetierre… Souligné direct par mon correcteur orthographique qui doit se dire que je ne suis plus capable d’écrire sans faire de grosses fautes d’orthographe.

Simetierre… rien que de lire le titre, j’ai déjà les poils qui se dresse sur mes bras.

Les cimetières, ça fait penser aux vampires. Mais ici, pas question d’un Bela Lugosi ou d’un Christopher Lee pour sortir de leurs tombes, non, ici, il est question d’un cimetière pour animaux.

Le pitch ? On enterre un chat dans le cimetière et le voilà qui, tel Jésus de Nazareht, ressuscite (mais plus rapidement que lui. Jésus : 0 Minou : 1).

Je me demande même si ce ne serait pas ce chat là qui aurait tiré sur Jésus afin de le tuer… Me regardez pas avec des yeux de merlans frits, c’est écrit dans la Bible « Jésus est descendu par Minou » ! Punaise, y savent rien ces jeunots !

Un chat qui revient à la vie… Alf n’a qu’à bien se tenir, surtout si c’est le chat qu’il avait mangé…

L’éditeur français fut tenté d’appeler ce roman « Le retour du minou » ou « Poupousse est revenu » ou « Mon minet ne se sent plus », mais ça avait trop une connotation « vieux films pornos de seconde zone ».

En tout cas, j’ai déjà la trouille !!

Cannibal Lecteur est déjà partie à fond, comme vous pouvez le voir…. Je la suis sur cette lecture, car le grand plaisir qu’on avait eu à lire « Ça », nous à donner des ailes (mince, non ça c’est Red Bull, mais ça peut aider aussi pour nos lectures nocturnes cauchemardesques à garder les yeux ouverts), donc nous a donné une fois de plus envie de se plonger dans un vieux King, qui parait-il, est le plus efficace….

Je suis d’autant plus émue, que je lis sur le livre de ma grand mère (c’est dire la version très ancienne que je possède!!!) et que Stephen King a écrit cette œuvre l’année de ma naissance.

Un petit frisson de plus donc pour cette lecture, dont on en attend beaucoup!!!!

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Nécrologie : Paul Cleave [Theodore Tate 1]

Nécrologie - CleaveTitre : Nécrologie                            big_2

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (2013) / Livre de Poche (2014)

Résumé :
À la suite d’un drame personnel, Theodore Tate, un ancien flic, s’est reconverti en détective privé. Alors que la police est occupée à chasser le fameux Boucher de Christchurch, le serial killer qui terrorise la ville, c’est lui qu’on mandate pour s’occuper d’une banale exhumation, celle du corps d’un directeur de banque dont la veuve est suspectée d’homicide.

Là, un glissement de terrain accidentel révèle la présence de trois cadavres immergés dans le lac qui borde le cimetière. S’agit-il de victimes du Boucher, ou bien un autre tueur en série est-il à l’œuvre ?

Lorsqu’en plus on découvre dans le cercueil, à la place du corps de l’honorable banquier, celui d’une jeune inconnue, c’est le début d’un engrenage infernal pour Theodore qui va devoir découvrir seul la vérité sur cette affaire. Avant que la police ne découvre la vérité sur lui… et sur ses terribles secrets.

Après Un employé modèle, Paul Cleave nous emmène une nouvelle fois arpenter la face obscure de Christchurch, où, en dépit des apparences si tranquilles, même les morts ne sont plus en sécurité. Noir et glaçant.

POLAR - CimetièreCritique : 
M’étant délectée avec « Un employé modèle », c’est tout naturellement que je me suis tournée vers cet autre ouvrage de Paul Cleave.

Force m’est de constater qu’il n’est pas du même niveau que le précité et que je me suis même surprise à m’ennuyer durant ma lecture…

Pourtant, tout avait bien commencé… Pensez, je me trouvais dans un cimetière (une fois de plus) en compagnie du détective privé Théodore Tate, et nous supervisions une exhumation.

Deux ans plus tôt, l’enquête avait été bouclée par Tate, alors flic, mais notre banquier, mort de manière « naturelle » aurait peut-être été empoisonné par sa femme. On était là, tranquille, à regarder les employés faire leur job et déposer le cercueil sur le pont arrière de la camionnette. Tiens, un glissement de terrain près du lac…

Bloup, bloup, à fait l’eau à côté de nous. Tate est allé voir, m’entrainant dans son sillage. Bigre, des corps qui remontent à la surface. À peine le temps de dire « ouf » que voilà le gardien du cimetière qui monte à bord de la camionnette et démarre plein gaz, perdant le cercueil par la même occasion… Oh, tiens donc, que vois-je ?? Le banquier n’as pas de bourses puisque c’est une jeune fille qui occupe le cercueil. Oups !

Si le début était prometteur (les 200 premières pages), à un moment donné, j’ai légèrement décroché. La narration au présent (que je déteste) et la profusion de nombreux « je » m’ont irrité (certains auteurs savent pourtant ne pas m’irriter avec ce style de narration).

Niveau personnages, le détective Tate est torturé, la vie ne l’a pas épargné, malgré tout, je n’ai pas ressenti de grande empathie pour lui. Alors que j’avais adoré le Boucher de Christchurch, je n’ai rien ressenti pour le détective.

Le personnage était travaillé, mais il manquait de sympathie, je trouve. Borderline – il l’est à fond – notre détective à même réussi à m’horrifier quelques fois par son comportement inconséquent et son culot certain, ayant même tendance à adopter certains des comportements qu’il reprochait aux autres (et quand il a un reproche, ma foi, ça dépote).

En tout cas, dans le roman, Tate aura son lot de situations tordues, cocasses et de case « prison ». Le plus drôle c’est qu’il se fera appréhender pour un délit dont il n’est pas coupable.

Divisé en deux parties (l’enquête en premier lieu, la seconde se déroulant un mois après la fin de la première partie avec un Tate qui a l’air de se foutre de tout), c’est un morceau du second récit qui ne m’a pas vraiment emballé.

Le rythme général est assez lent – le roman étant plus psychologique que policier, dans le fond – mais là où d’habitude le polar psychologique ne me pose pas de problème, ici, je baillais profond et j’ai parfois dû m’accrocher ou lire en diagonale…

Malgré tout, la fin est excellent et je ne l’avais pas vu venir. Les ramifications étaient profondes, tordues, bien pensés et m’ont sciées.

Une lecture en demi-teinte… À vous de vous faire votre propre avis.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

L’enfant des cimetières : Sire Cédric

Titre : L’enfant des cimetières                            big_3-5

Auteur : Sire Cédric
Éditions : Le Pré aux Clercs (2009) / France Loisirs (2009) / Pocket (2011)

Résumé :
Lorsque sa collègue Aurore l’appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d’une folie hallucinatoire vient de massacrer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort.

Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d’un hôpital et tue Kristel, la compagne de David.

Mais qui est à l’origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ? Le journaliste, qui n’a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l’enfant des cimetières, jusqu’aux confins de l’inimaginable…

Petit Plus : Thriller gothique époustouflant, L’Enfant des cimetières est servi par une écriture nerveuse terriblement évocatrice qui laisse le lecteur hypnotisé par l’horreur. Attention, si vous commencez ce livre, vous ne pourrez plus le lâcher!

Critique : 
Amis du Fantastique et de l’Irrationnel, bonjour ! Amis ayant les pieds sur terre et allergiques aux romans qui flirtent avec le fantastique, « Passez votre chemin de ce livre »… Mais pas de ma critique.

Si je n’ai rien contre les polars ou les thrillers aux effluves « fantastique » c’est parce que bien souvent, derrière ce qui nous semble démoniaque de prime abord, se cache du concret, comme dans « Le chien des Baskerville » où aucun chien de l’Enfer ne rôde vraiment sur la lande.

Dans ce roman, il n’en est rien ! Les faits étranges que je pensais être expliqué par du concret sentent en fait le souffre. Le vrai souffre… Ici, si on était sur la lande, on éviterait réellement de se promener à l’heure à laquelle les forces démoniaques s’exaltent  ! Mhouhahaha.

Bon, vu que le fantastique mélangé à notre monde ne m’a jamais dérangé et que j’aime ça, le roman est passé tout seul, avalé en deux traites assez rapide parce que c’est ce qu’on peut appeler un « page turner ».

Tout commence avec une légende urbaine sur « L’enfant des cimetières » :

« Cette histoire entre dans la catégorie des légendes urbaines, aussi appelées légendes contemporaines. On raconte qu’il arrive, lorsqu’on se promène dans l’enceinte d’un cimetière ou bien le long de sa clôture, d’apercevoir un étrange garçon, dont la seule vision vous met très mal à l’aise ».

Mon seul point négatif est que j’ai trouvé le personnage principal, David, manquait un peu d’étoffe au départ alors que sur la fin, il devenait presque un surhomme. Malgré tout, j’ai eu peur pour lui, surtout à la fin, quand l’adrénaline et le suspense sont à leur comble.

Pour ce qui est su personnage du flic Alexandre Vauvert, je l’ai apprécié et j’ai hâte de lire la suite de ses aventures.

Malgré ce petit défaut avec un personnage – qui n’en est pas vraiment un – j’ai passé un bon moment de lecture et dévoré les 580 pages en deux jours.

Une écriture qui pulse, des démons qui s’échappent des pages, des cadavres pas toujours en un seul morceau, de la cervelle qui adhère aux murs, des ombres qui vous grignotent par petits morceaux, des signes cabalistiques tracés au sol, c’était la recette qu’il me fallait pour m’évader dans un autre monde.

Les personnages, que se soit David aidé d’Aurore ou de Vauvert, le flic, ont tous bien remonté la piste du tueur, croisant les données, et bien que Vauvert soit un homme avec les pieds sur terre, il a quand même compris, tel un Fox Mulder, que « nous n’étions pas seuls ».

Un roman qui nous transporte ailleurs, une enquête bien rodée, un meurtrier bien vicieux et un joli petit coup de pied au cul sur la fin.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et challenge Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix Masterton 2010 du roman francophone).

Sleepy Hollow : Washington Irving / Peter Lerangis

Titre : Sleepy Hollow

Auteur : Peter Lerangis – Washington Irving (Antécédent bibliographique) – Kevin Yagher (Antécédent bibliographique) – Andrew Kevin Walker (Antécédent bibliographique)

Édition:  Presse Pocket (2000)

Résumé :
La Légende du cavalier sans tête, aussi connue comme « La Légende de Sleepy Hollow » ou « La Légende du Val dormant », est une nouvelle de Washington Irving contenue dans The Sketch Book of Geoffrey Crayon, Gent., écrite à Birmingham en Angleterre, publiée pour la première fois en 1819.

L’histoire se déroule aux alentours de 1787 dans l’implantation hollandaise de Tarrytown, près d’une gorge retirée nommée Sleepy Hollow, le «Vallon endormi» (en 1997, North Tarrytown a été rebaptisée Sleepy Hollow, Comté de Westchester, New York, États-Unis).

Ichabod Crane, un policier dont les théories de criminologie sont en avance sur leur temps, est envoyé à Sleepy Hollow, au nord de l’état de New-York, pour arrêter un serial killer qui a déjà décapité trois victimes. Ichabod tombe amoureux de Katrina Van Tassel, la fille de l’homme le plus riche de la ville, et perdra presque sa propre tête avant de mettre un terme aux assassinats, qui ont été commis par le fantôme d’un mercenaire allemand tombé durant la révolution américaine : le Cavalier sans tête.

Elle raconte l’histoire de Ichabod Crane, un maître d’école bégueule du Connecticut, écarté de la ville par Abraham « Brom Bones » Van Brunt, son rival en amour pour la main de Katrina Van Tassel, 18 ans, fille de Baltus Van Tassel et 5e descendante d’immigrants hollandais elle-même.

La légende que raconte cette histoire est celle du chevalier sans tête ou Hessien Gallopant de la combe, fantôme d’un soldat hessien qui perdit sa tête au contact d’un boulet de canon durant « quelque bataille sans nom » de la Guerre d’Indépendance des États-Unis, et qui rode depuis lors dans Sleepy Hollow à la recherche d’une tête de remplacement.

Le dénouement de ce conte imaginaire se déroule dans le bien réel cimetière de Sleepy Hollow.

Petit plus :
Écrit à la fin du 19e siècle par Washington Irving, ce conte est un pur classique de l’épouvante.

Il fut effectivement écrit dans la petite ville de Sleepy Hollow, situé à une simple demie-heure de New-York, ce qui la place dans cette région de Nouvelle-Angleterre qui inspira les nouvelles les plus terrifiantes de Lovecraft et même les romans les plus angoissants de Stephen King, décidément nous sommes bien dans l’épicentre de la Terreur Absolue.

La ville de Sleepy Hollow est très petite, et à l’époque où est écrit le roman ce n’était qu’un village, l’action de l’oeuvre se déroule aussi au 19e.

Si l’on devait établir un bref guide touristique de l’endroit : un cimetière effrayant, juste à côté de celui-ci une grande forêt, fort agréable au printemps et en automne et totalement terrifiante en plein hiver, etc…

Critique :
Ayant vu le film, j’avais décidé, en tombant par hasard sur ce livre, de l’acheter.

Le livre (156 pages) est comme le film puisqu’il en est la novelisation (sans oublier qu’il est suivi de la nouvelle originale de Washington Irving « la légende du Val Dormant » qui ellefait 34 pages).

Je l’ai lu en mars 2000, le ticket de caisse m’avait servi de marque-page et il est toujours au bout du livre !

Ce qui m’avait plu, dans cette histoire, c’était que au départ, j’avais pensé que le fameux cavalier sans tête n’était qu’un humain déguisé et qui camouflait ses crimes grâce à cette légende du cavalier maudit.

Ichabod Crane, personnage ô combien original car il prône pour des enquêtes scientifiques. Il avait tout du détective digne des Experts, en avance sur son temps puisque nous sommes en 1799. Imaginez à cette époque, pratiquer une autopsie… diable !

A cette époque, ça ne plaisante pas et ses supérieurs, pour le calmer, l’envoient dans la charmante bourgade de Sleepy Hollow, à deux jours de voyage de New-York en lui refourguant une affaire qui pue : élucider trois meurtres commis dans ce coin perdu du monde et habité par une communauté de Hollandais.

Ichabod enquête, interroge, autopsie et découvre la fameuse légende du Cavalier sans Tête…

Ichabod est rationnel et tout comme moi, il subodore un petit plaisantin qui a voulu jouer à la Grande Faucheuse et camoufler ses crimes…

Moi aussi j’étais rationnelle et en allant voir le film, je ne savais rien du scénario. J’avais jubilé quand un habitant avait fait semblant d’être le cavalier, toute heureuse que j’étais d’avoir tout compris.

En fait, j’avais rien pigé du tout ! Le cavalier maudit en était vraiment un ! Non, je ne spolie pas, tout le monde connaît le film… enfin, j’espère !

Pan, coup de pied au cul. J’adore ça quand je pense avoir tout compris, que nous allons aller vers le traditionnel et que l’on tombe dans le fantastique.

D’accord, en lisant le livre, ayant vu le film, plus de surprise, mais quel moment de plaisir de lire en voyant les images, de retrouver l’atmosphère du film dans cette novelisation, de frisonner et de me dire, en début de lecture « je sais qui a tué, nananinanère ».

Non, je n’avais pas perdu mon temps en lisant le livre après le visionnage du film. Le livre est comme le film, excellent !

Livre participant au challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » chez Kabaret Kulturel.