Les saisons de la solitude : Joseph Boyden

Titre : Les saisons de la solitude

Auteur : Joseph Boyden
Édition : Livre de Poche (07/09/2011) / Albin Michel (14/08/2009)
Édition Originale : Through black spruce (2008)
Traducteur : Michel Lederer

Résumé :
Les saisons de la solitude reprend la trame du « Chemin des âmes », entremêlant deux voix et deux destins : Will, pilote indien Cree, plongé dans le coma après une agression ; Annie, sa nièce, revenue d’un long et pénible voyage afin de veiller sur lui.

Dans la communion silencieuse qui les unit, se lisent leurs drames et conflits les plus secrets. Prend alors forme une magnifique fresque, individuelle et familiale, qui nous entraîne de l’immensité sauvage des forêts canadiennes aux gratte-ciel de Manhattan.

Critique :
♫ La solitude ça n’existe pas ♪ comme le chantait si bien Becaud, mais moi que je te dis que tu te sens bien seule lorsque tu lis un livre dont tu attends beaucoup et qu’il ne se passe rien de ce que tu espérais ressentir.

Pourtant, dieu sait combien d’émotions pures j’avais ressenties en lisant « Le chemin des âmes » et ici, alors qu’on reprend la même trame, je n’ai ressenti aucune émotion si ce n’est de l’ennui profond.

Les échanges silencieux entre Annie et son Oncle Will, plongé dans le coma suite à une agression, ne m’ont procuré aucune agitation du cœur, aucune révolution dans les tripes, zéro émoi et nulle émeute littéraire.

Idem avec les réminiscences de Will, qui, dans le coma, se souvient de sa jeunesse, de ses amours, de ses emmerdes, de ses soirées arrosées… Pas d’excitation dans mes émotions, le calme plat niveau encéphalogramme et rythme cardiaque.

Et c’est là que je râle à mort ! Nom de Zeus, j’avais terminé « Le chemin des âmes » en larmes, le cerveau en vrac, les tripes nouées, la gorge serrée et voilà que là, je ne ressens rien.

Certes, ceci n’est pas une affaire d’état, juste une affaire personnelle, mais ça me fait mal de ne pas avoir apprécié ce roman de Joseph Boyden et d’être restée de marbre devant son récit qui, pourtant, avait tout pour me plaire même si on passait à autre chose que la dimension tragique de la Première Guerre Mondiale.

J’aurais aimé vibrer plus à l’évocation de ces indiens qui furent arrachés à leur vie, à leurs traditions ancestrales par l’irruption de l’Homme Blanc et de sa civilisation qu’il distribuait à tout de bras, en se foutant de ce que les autres pouvaient penser (vouloir) et en lui refourguant pour le même prix toutes les perversités que cette même civilisation drainait derrière elle.

Non pas que je m’en foute où que cela ne m’ait rien fait, ça me donne toujours la rage, ce genre de récit, mais je dirais que la faute est à l’écriture qui n’a pas transmis l’émotion que j’attendais d’elle.

Est-ce moi qui n’étais pas réceptive cette fois-ci à la plume de l’auteur ? Attendais-je trop de ce roman que j’avais classé dans ma Pedigree PAL (La PAL des champions) ?

Ou alors, est-ce la faute de l’auteur qui,  voulant faire passer autant d’émotions que dans « Le chemin des âmes », s’est planté royalement et a servi des artifices en lieu et place de véritables, tel le surimi remplaçant du crabe ?

Je ne le saurai jamais… Et mon coup de coeur restera sur le premier opus de cette trame.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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Cadavre 19 : Belinda Bauer

Titre : Cadavre 19                                                                           big_3-5

Auteur : Belinda Bauer
Édition : Fleuve Editions (2014)

Résumé :
Ce jour-là, Patrick Fort, un étudiant en anatomie atteint du syndrome d’Asperger, doit déterminer la cause de la mort d’un homme. Or le corps étendu sur la table de dissection s’apprête à lui livrer une histoire bien différente des conclusions officielles du légiste. Patrick est passionné, obsessionnel, il veut comprendre.

Mais tandis qu’il tente d’exhumer une vérité que certains s’évertuent à cacher, il déterre nombre de secrets et mensonges, dont certains le concernent personnellement…

Petit Plus : « Des échos évidents au Bizarre Incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon, mais avec une trame plus serrée que le nœud coulant du bourreau, Cadavre 19 mérite décidément le même succès ! » Sunday Express

Critique : 
Le bandeau « Conquis ou remboursé* » m’avait bien fait rire lors de mon achat. Je vous rassure, ce n’est pas ça qui m’avait fait choisir ce roman.

C’est la couverture, le titre énigmatique et le 4ème de couverture qui m’avaient décidé à l’incorporer à mon panier déjà chargé.

Bien que l’auteur se nomme Bauer, elle n’a aucun lien de parenté avec le Jack Bauer qui courait partout durant 24h, montre en main.

Niveau rythme, heureusement que je n’étais pas à la recherche d’un récit trépidant sinon j’aurais fait dodo.

Oui, comme on rentre dans certains détails, le rythme est assez lent, mais l’intérêt est ailleurs. Tout le sel de ce roman réside dans Patrick Fort, le personnage principal, étudiant en anatomie et atteint du syndrome d’Asperger.

Pour lui, les émotions sont terra incognita et la logique prime sur le reste. Attention, rien à voir avec Sherlock Holmes car le détective ne devait pas manger pas ses aliments dans l’ordre alphabétique comme notre Patrick !

Mêlant plusieurs récits dont les souvenirs de l’enfance de Patrick, l’accident d’un homme, les pensées d’un comateux, la dissection de corps à l’université, des tranches de la vie de Patrick et son côté inadapté au monde qui l’entoure ainsi que son enquête, ce qui donne un roman assez riche et qui se lit comme un récit plaisant.

C’est le personnage de Patrick qui fait le charme de ce roman « pas comme les autres » et que je qualifierais plus de « roman policier » que de « thriller ».

Sans le syndrome d’Asperger du personnage principal, ce récit serait banal. Grâce à lui, il ne l’est pas et ce fut une lecture des plus agréables, détendue, avec un sourire aux lèvres et de l’adrénaline après la page 300.

Un rythme lent, certes, mais de la profondeur dans les personnages, un enquêteur hors-norme en la personne de Patrick et quelques trucs fracassants auxquels on ne s’attend pas.

Un style d’écriture simple, sans pour autant vous abêtir, une touche d’humour, quelques découpes de corps légués à la science et un jeune homme qui essaye d’obtenir des réponses à ses questions, lui qui prend tout en premier degré, lui qui ne comprend pas les sentiments, lui qui veut comprendre pourquoi on a noté que le cadavre 19 était mort de cause naturelle.

Une lecture très rafraichissante.

PS : cette critique est la millième que je poste sur Babelio et je n’avais même pas regardé mon compteur ! 😉

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et « A year in England » chez Titine.

CHALLENGE - Sherlock___Running_Wallpaper_by_draft624 CorrigéCHALLENGE - Thrillers Polars 2015-2016