Nous étions les hommes : Gilles Legardinier

Nous étions les hommes - Legardinier - EmpruntTitre : Nous étions les hommes                                     big_3-5

Auteur : Gilles Legardinier
Édition : Pocket (2014)

Résumé :
C’est l’une des plus fascinantes énigmes qui soit. Sur notre planète, il existe plus de 1800 espèces de bambous. Chaque fois que l’une d’elles fleurit, tous ses spécimens, où qu’ils se trouvent sur Terre, le font exactement au même moment. Ensuite, l’espèce meurt. Personne ne sait expliquer ce chant du cygne, ni l’empêcher.

Aujourd’hui, l’homme va peut-être connaître le même sort. Arrivé lui aussi à son apogée, il risque de disparaître…

Dans le plus grand hôpital d’Édimbourg, le docteur Scott Kinross travaille sur la maladie d’Alzheimer. Associé à une jeune généticienne, Jenni Cooper, il a découvert une clé de cette maladie qui progresse de plus en plus vite, frappant des sujets toujours plus nombreux, toujours plus jeunes.

Leurs conclusions sont aussi perturbantes qu’effrayantes. Si ce fléau l’emporte, tout ce qui fait de nous des êtres humains disparaîtra. Nous redeviendrons des animaux.

C’est le début d’une guerre silencieuse dont Kinross et Cooper ne sont pas les seuls à entrevoir les enjeux. Partout sur la Terre, face à ceux qui veulent contrôler le monde et les vies, l’ultime course contre la montre a commencé…

« Alzheimer est à l’esprit ce que le cancer fut longtemps au corps ».

SKULL - Game OverCritique : 
Legardinier m’avait fait rire et pleurer avec « Et soudain, tout change » et je me demandais ce qu’il pouvait valoir dans un thriller scientifique. Il ne m’a pas déçu ! Même s’il ne m’a pas fait pisser de rire…

À sa décharge, il faut préciser que le sujet traité ici ne se prêtait pas à des comiques de situations puisqu’il nous parle de la maladie d’Alzheimer…  Et si vous ne savez pas ce que c’est, je vous conseille d’aller consulter de toute urgence !

Heu… de quoi je vous parlais, moi, déjà ? D’un truc qui m’avait bien plus mais je ne me souviens plus trop bien.

Ah oui, un roman sur la maladie d’Aloïs Alzheimer ! Bon, on ne lui décernera sans doute pas le grand prix de littérature, mais le roman était plaisant et j’ai passé un bon moment de lecture. What’else ?

Les personnages principaux étaient agréables, sans prétentions aucunes, ne se prenant pas pour des barbouzes, mais avec lesquels il fait bon passer quelques 300 pages.

Le professeur Scott Kinross et la généticienne Jenni Cooper sont des gens avec qui l’on aurait envie d’aller manger un morceau à Édimbourg, leur ville. Davis Hold aussi, surtout qu’il souffle le chaud et le froid et que ne sait pas toujours de quel côté il penchera : froideur ou chaleur.

L’intrigue est bien mise en scène, on alterne les chapitres avec des protagonistes différents, on se demande comment le tout va se goupiller, le suspense monte à son aise avant que tout ne se rejoigne à un moment donné pour un final explosif.

La description des détails de la maladie qui nous fait régresser à un stade animal ne sont pas indigestes à lire et j’ai pris plaisir à en apprendre un peu plus.

« Quand je vois ces gens qui ont oublié leur nom et qui vous font des divisions à huit chiffres de tête, ou ceux qui ont perdu l’esprit et qui peuvent vous décrire avec une précision photographique un lieu où ils sont allés des années plus tôt… il y a de quoi se poser des questions sur notre cerveau ? »

Sans que l’on soit à un rythme de deux cent à l’heure, les pages se tournent assez vite parce que je n’ai jamais ressenti un ennui quelconque, même dans les phases calmes.

Quelques touches d’humour malgré tout, du suspense, du mystère, des tueries étranges, des méchants qui ont des envie de jouer à Dieu (dans sa version « Grande Faucheuse ») avec leurs théories à la mords-moi-le-zob, comme tous les grands Méchants mégalos… Bref, de multiples ingrédients pour une recette qui marche niveau divertissement.

« La masse grouillante des humains détruit tout dès qu’elle n’est pas occupée à se détruire elle-même. Les peuples pillent la nature, affament ceux qu’ils dominent en attendant de subir le même sort face à de plus puissants qu’eux. Ils veulent tout mais ne savent même plus quoi ».

« Notre espèce ne mérite pas d’être sauvée à tout prix. Maintenir chaque être humain en vie, lui permettre de se reproduire sans limite va nous mener à notre perte. Les gens ont perdu le sens des choses. Pour eux, la vie est un dû et ce monde est leur parc d’attractions. Ils ne se rendent même pas compte de ce qu’ils détruisent ! « 

L’auteur en profite au passage pour nous asséner des vérités et enfoncer quelques clous, le tout servi par une écriture agréable, sans fioritures et sans chichis.

« Un homme que j’admire beaucoup m’a appris que se surestimer est le meilleur moyen de ne rien découvrir d’autre que son propre orgueil ».

« La maladie est un marché économique comme un autre. Les labos ne sont plus là pour soigner, ils sont là pour vendre ».

« À la base, les brevets ont été créés pour favoriser le progrès tout en protégeant les inventeurs. Les États garantissent la paternité de la découverte tout en la rendant obligatoirement publique afin qu’elle puisse profiter au plus grand nombre. Pourtant, cette excellente idée a été pervertie. Avec un cynisme redoutable, tout a été transformé pour faire de l’argent et rien d’autre ».

« On est immanquablement conduit à s’interroger sur ce que les hommes font de ce qu’ils découvrent.Vous pouvez leur donner les plus fabuleuses inventions, ils en font toujours des armes, des outils d’asservissement et de domination ».

Un récit bien dense, une lecture divertissante, des infos sur une maladie dont j’oublie le nom et des faits réels mélangés de fiction. Une réussite.

Par contre, je ne sais plus ce que je fais là, ni qui je suis… Oups !

« Il n’est de prodige que dans l’œil de celui qui ne sait pas ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)

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Waylander – Tome 1 : David Gemmell

Titre : Waylander, Tome 1

Auteur : David Gemmell
Edition : Bragelonne (2001)
Résumé :

Le Roi de Drenaï a été assassiné. Une armée d’envahisseurs déferle sur le pays, avec pour mot d’ordre de tuer hommes, femmes et enfants. Mais tout espoir n’est pas perdu. Il repose sur les épaules de celui que la nation surnomme Waylander.

Seul, il va s’aventurer en territoire nadir pour retrouver la célèbre Armure de Bronze, symbole de liberté.
Mais peut-on faire confiance à ce Waylander ?…
Après tout, c’est lui qui a assassiné le roi.

Petit plus :

– David Gemmell est l’auteur de Fantasy le plus connu et le plus vendu en Angleterre, juste derrière Terry Prattchet.
– Waylander est le deuxième grand succès de Gemmell après Légende. C’est avec Waylander que Gemmell s’est taillé une réputation internationale et s’est établi comme auteur majeur du genre.
– Le héros de ce roman est le personnage préféré des lecteurs de David Gemmell. Tant et si bien qu’il a écrit deux autres romans dans le même univers avec ce personnage, à la demande des fans et donc des éditeurs.

Critique :

John McClane, dans ses films, se promenait avec deux flingues en main, mais Waylander fait mieux que lui : une arbalète à deux arcs !

Plus complexe pour dézinguer et pas de chargeur ou de viseur infrarouge. John McClane peut aller se rhabiller !

C’est un mec, Waylander, un vrai, tout de noir vêtu (du cuir, huum), assassin à ses heures perdues (c’est son job, en fait, et sa petite entreprise ne connait pas la crise) usant de tous les stratagèmes possibles et imaginables pour arriver à éliminer ses victimes (des notables), désignées par contrats.

Waylander, c’est mises à mort, trahisons,  magouille et compagnie… Drenaï, ton univers impitoyable. De plus, il fait son job correctement : il est plus silencieux qu’une ombre, il ne parle pas beaucoup et est implacable. C’est du satisfait ou remboursé.

Aie, catastrophe, le Roi de Drenaï a été assassiné ! Les Vagrians, une bande d’envahisseurs, déferlent sur le pays telles des tiques sur le dos d’un chien, avec, pour ordre de pilier et envahir le pays, sans oublier de tuer hommes, femmes et enfants au passage, dans l’ordre ou le désordre, mais d’épargner quelques femmes, s’ils veulent se soulager… Charmant.

 

Et pendant que ça gerroie au loin, Waylander croise la route de Dardalion et lui sauve même la vie. Un assassin qui sauve une vie ? Peut pas être tout à fait mauvais, le bougre ! Déjà qu’il n’occis jamais des femmes et des enfants. Réglo.

Dardalion, c’est un prêtre de la Source et on peut dire que c’est lui qui sera à l’origine de tout ce qui va arriver à Waylander dans ce premier tome.

Dardalion lui colle aux basques et ils vont bien vite se retrouver empétré dans cette foutue guerre entre Drenaï et les Vagrians.

Ben oui, une guerre, c’est le bordel et vu que les Vagrians ont envahis les Drenaï, ça chauffe !

Pour sauver le royaume, il faudrait retrouver la mythique Armure de Bronze… (et là un type se met à chanter dans ma tête : « les chevaaaliers du Zodiaaaque, s’en vont toujours à l’attaque… » ce qui me fait dire que je suis irrécupérable).

Cette protection magique est cachée dans une grotte en territoire Nadir. Pas trop complexe. Quoi ? Elle est remplie de loups-garous ? Waylander va avoir du mal à récupérer le catalyseur de l’espoir de Drenaï.

Au fait, vous savez qui a assassiné le roi Drenaï ? Non ? J’vous l’donne en mille : Waylander ! Et c’est à lui qu’on demande de sauver l’bazar ?

Gemmel ne fait jamais ses héros irrécupérable et Waylander ne fera pas exception.

Puisqu’il a été « touché » (pour ne pas dire infecté) par la pureté de Dardalion, le prêtre de la Source qu’il a sauvé, il accepte la mission, confié par le fantôme du père de sa précédente victime.

Oui, nous sommes bien dans du Gemmel ! C’est classique chez lui : les héros sont torturés, hanté par leur passé, avec des blessures secrètes, bien souvent causées par une femme qu’ils ont perdu (partie, enlevée ou morte assassinée) et qu’ils aimaient plus que tout.

Une fois de plus, le héros, en tuant le roi, a commis un meurtre qui s’avère être le meurtre de trop, celui qui lui fait prendre conscience que tuer c’est MAL, ça le fait vomir sur son existence, il se découvre un âme et réveille sa conscience qu’il croyait avoir laissé en gage au Mont de Piété ou à la consigne d’une gare.

Chez Gemmel, l’héroïsme est magnifié, par contre, les scènes de combats sont un peu pâlottes alors que nous sommes en pleine guerre. A croire que les guerriers furent passé dans un programme informatique qui a généré une armé de clones. Ma déclaration fiscale a plus d’épaisseur qu’eux.

Pire, Gemmell ne décrit  pas son décor, du coup on doit faire le travail sois-même. Dommage. Une carte en début de roman n’aurait pas été du luxe.

Malgré ses défauts, Waylander est un personnage qui m’a bien plu.

Bien que froid et distant dès le départ, il changera au fil du roman et des deux autres tomes.

Sa rencontre avec Dardalion nous a changé l’assassin sociopathe en un homme plus ouvert aux autre et  l’on découvrira que, sous cette carapace de tueur sans pitié, se cache en fait un homme qui n’attend plus rien de la vie, ayant déjà tout perdu.

D’accord, cela ne l’excuse pas ! Le fait d’avoir tout perdu n’efface pas ses crimes, mais on comprend le cheminement : il n’avait rien d’un méchant, il a tout perdu et son premier crime de vengeance en a entrainé un autre et ainsi de suite. Après, il est trop tard. Un peu comme Druss.

Le seul bémol dans l’histoire fut sa relation avec Danyal. Trop guimauve, on aurait pu s’en passer largement ou alors, il aurait fallu changer un peu le personnage de cette femme, la creuser un peu plus, la rendre moins « roquet agressif ». Mais bon, un détail.

Dardalion, le prête de la Source, est plus travaillé. Lui aussi il a évolué, comme Waylander, mais dans le sens inverse. Si le loup s’est fait agneau, l’agneau a fait pousser ses crocs. Il est devenu un Prêtre-guerrier.

Pour résumer, malgré ses défauts, le roman est intéressante et lire du Gemmel m’a toujours fait du bien, même si à la fin, les trames restent semblables.

Ce que j’aime, c’est que son héros doit s’impliquer – un peu malgré lui – dans cette guerre où il n’a rien à faire, changeant petit à petit et devenant plus humain.

Un peu comme Stanislas Lefort (de Funès) dans le film « La grande vadrouille » qui se retrouve, lui aussi, imbriqué dans une histoire dont il n’en a que faire et bien obligé de s’impliquer alors qu’il comptait se la couler douce tout en faisant des ronds de jambe devant l’ennemi.

C’est ça que j’aime ! Le héros qui n’en est pas toujours un, avec ses faiblesses, ses défauts.

Sans compter ce que j’apprécie aussi par-dessus tout : les passages où Waylander flingue des gens plus vite que son ombre, dégainant son arbalète, lançant ses dagues… Paf, paf !

« T’es mort et tu ne le sais pas encore » (les fans auront reconnu la citation tirée de Ken – pas le mari de Barbie – mais le Survivant).

Oui, je suis une lectrice avide d’élimination de son prochain.

FANTASY - Snaga Légende - Drenaï