Calvin et Hobbes – Tome 01 – Adieu, monde cruel ! : Bill Watterson

Titre : Calvin et Hobbes – Tome 01 – Adieu, monde cruel !

Scénariste : Bill Watterson
Dessinateur : Bill Watterson

Édition : Presses De La Cite Hors Collection BD (17/11/1999)

Résumé :
Calvin est un petit garçon comme les autres qui adorent se raconter des histoires. Il imagine des aventures extraordinaires avec tigre en peluche, Hobbes,doué de parole.

Une création originale de Bill Watterson, qui a su séduire un large public par son inventivité, son humour et son intelligence.

Critique :
Calvin & Hobbes, je connaissais, mais c’était comme avec Alain : de loin !

Tellement de loin que je pensais que le tigre qui l’accompagnait était un véritable animal…

Avant de comprendre un peu après que non, c’était juste son tigre en peluche avec qui il vivait des histoires extraordinaires. C’était son ami imaginaire.

Ou alors le tigre ne prend vie que lorsqu’ils sont seuls tous les deux ? Ah, super, j’adore ce concept qui ferait de la peluche un être vivant uniquement devant Calvin.

Comme je sais que si t’as pas lu Calvin & Hobbes avant tes 40 ans, t’as raté ta vie, il était temps que je passe du côté des affranchis.

Mais pourquoi ne l’aie-je pas fait plus tôt, nom d’un Tigroo en peluche ?? L’avantage c’est que j’ai maintenant la chance de découvrir toute la collection d’un coup, si je veux.

Les dessins de Watterson sont épurés et en noir et blanc, mais ils vont comme un gant à cette bédé qui n’a pas besoin de plus, puisque le plus important se trouve dans les mimiques du sale gosse blond, dans celles des autres personnages et surtout, dans les dialogues qui sont bourrés  de petites réflexions sur la vie et sur les adultes.

Calvin est un petit garçon espiègle et terriblement attachant. Ses petites phrases sont pertinentes et ça m’a donné l’impression de manger des bonbons, quand on se dit qu’après on va arrêter et bosser un peu et qu’on ne peut s’empêcher d’en prendre un dernier… Jusqu’à ce que le paquet de bonbons soit terminé.

Pas grave, j’ai encore quelques albums à déguster !

Calvin & Hobbes, c’est pour les petits et les grands, de 7 à 77 ans (et même plus), à déguster sans modération et si addiction il y a, ce n’est pas grave, c’est de la bonne came littéraire pour les yeux et l’esprit.

— Quelle belle journée ! C’est pas super d’être en vacances ? D’apprécier tout ça sans école ni devoirs ? ..Ahhhhhhh… Mais d’un autre côté, il y a que des redifs à la télé !

Preacher (Urban) – Tome 1 : Garth Ennis et Steve Dillon

Titre : Preacher (Urban) – Tome 1

Scénariste : Garth Ennis
Dessinateur : Steve Dillon

Édition : Urban Comics Vertigo Essentiels (2015)
Édition Originale : Preacher, book 1 (2009)
Traduction : Jérémy Manesse

Résumé :
Au premier abord, le révérend Jesse Custer ne semble pas différent des autres petits pasteurs de province des États-Unis. Isolé dans une petite ville du Texas, le temps s’y dilue sans agitation, et avec lui, l’ardeur de sa foi.

Jusqu’au jour où un terrible accident vient anéantir son église et décimer l’ensemble de ses fidèles. Depuis lors, Jesse développe d’étranges pouvoirs émanant d’une force spirituelle appelée Genesis.

En proie au doute et à de multiples interrogations, l’homme se lance alors à la recherche de Dieu et, chemin faisant, croise la route de Tulip, son ex-fiancée, et de Cassidy, un vampire irlandais.

Un pèlerinage au coeur de l’Amérique, où le Bien et le Mal ne font qu’un.

(Contient Preacher #1-12)

Critique :
Bon, il est temps que j’écrive ma chronique au lieu de me taper la main sur la cuisse tellement j’ai apprécié ce comics.

De l’audace, il ne fallait que ça pour arriver à mettre en scène une histoire déjantée, sombre, noire, folle, aux dialogues extras.

N’en jetez plus, même les dessins, je les ai appréciés !

Par contre, si vous êtes allergiques au fantastique, prenez une boîte d’antihistaminique car vous pourriez avoir une crise de boutons…

Imaginez un paradis où un ange aurait copulé avec un démon et qu’un enfant serait né de cette union sauvage et sensuelle. Désolée de vous l’apprendre de cette manière, mais apparemment, les anges ont un sexe (une bite) et ils peuvent l’utiliser.

Je ne vous en dirai pas plus, z’avez qu’à lire le comics, tiens ! Partez sur la route en compagnie de Jesse, le pasteur habité par l’entité Genesis (pas le groupe), suivi de Tulip, son ex-copine et de Cassidy, le vampire. Faites juste gaffe au Saint des tueurs.

Oui, c’est irrévérencieux au possible, c’est violent, sombre, les têtes explosent, les gros mots fusent, le racisme crasse colle aux basques de certains personnages, mais bon sang, qu’est-ce que c’est jouissif ! Sauf si vous êtes une grenouille de bénitier… Là, vous risquez de défaillir grave votre mère.

Certains personnages sont un peu dans la caricature, mais la majorité sont étoffés, travaillés. Les personnages secondaires sont pour la plupart des trous du cul bas de plafond.

Une fois de plus, je me dois de remercier Jean-Marc-Les-Bons-Tuyaux (Actu du Noir) pour m’avoir donné envie de lire cette saga. J’ai mis un peu de temps mais maintenant que je suis lancée, j’espère avoir le temps de la lire en entier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°95] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc [FIN DU CHALLENGE].

Fondu au noir : Ed Brubaker et Sean Phillips

Titre : Fondu au noir

Scénariste : Ed Brubaker
Dessinateur : Sean Phillips
Édition Originale : The Fade Out (2016)
Traduction : Doug Headline

Édition : Delcourt Contrebande (2017)

Résumé :
Un film noir dont les scènes doivent sans cesse être retournées… Un scénariste de cinéma traumatisé, alcoolique et détenteur d’un terrible secret… La mort suspecte d’une starlette…

Un directeur de studio hystérique prêt à tout pour boucler ses films avant l’effondrement de l’âge d’or du cinéma. Fondu au noir est un thriller hollywoodien où il est question de course à la célébrité, de sexe et de mort !

Critique :
C’est encore à cause de « Actu du noir » que j’ai découvert ce comics et une fois de plus, je dois dire merci à Jean-Marc pour le bon tuyau (je vais devoir l’appeler Jean-Marc-Les-Bons-Tuyaux maintenant).

Hollywood, 1948.

L’envers du décor, comme dans « La vallée des poupées »…

Vous imaginez bien qu’on va oublier le strass et les paillettes pour plonger dans les alcools forts, les coups de pute, le chantage et on va même ajouter la chasse aux Rouges.

Pour certains paranos, la chasse aux communistes était l’activité principale, la seule chose qui valait la peine que l’on traque.

Le cinéma et la littérature ont payé un lourd tribu à cette chasse aux sorcières, des acteurs, producteurs, auteurs,… s’étant retrouvé sur la liste noire (pour des rouges… le rouge et le noir ?), bien souvent sur dénonciation.

Ne jugeons pas trop vite les dénonciateurs, ce comics nous démontre (pour ceux qui ne le sauraient pas encore) que l’on n’a pas toujours le choix de fermer sa gueule.

Le corps sans vie d’une star de cinéma est retrouvé, elle a été assassinée mais on fait passer son meurtre pour un suicide et hop, affaire bouclée. Sauf pour Charlie Parrish qui n’y croit pas une seule seconde.

Ce comics noir, c’est une enquête brumeuse, un retour en arrière dans les souvenirs imbibés d’alcool de Charlie, scénariste incapable d’écrire une ligne depuis son retour de la guerre. Charlie, c’est le gars sympa, le copain des filles, celui qui a failli gagner un Oscar pour un de ses scénarios, celui qui est revenu de la guerre avec des horreurs plein la tête.

Charlie n’est pas le seul à être torturé, tout le monde a ses petits secrets, certains ont les moyens de les garder sous une chape de plomb, d’autres non et sont victime de chantage. La chasse aux Rouges se fait à n’importe quel prix et ceux qui chassent les sorcières ne regardent pas à la casse.

Les dessins sont excellents, sombres, réalistes, old school et on se surprend à faire des parallèles entre les vedettes croisées dans les pages et celles de la réalité.

Ce comics, c’est aussi de la politique avec le maccartysme et de l’intrigue avec Hollywood et mes magouilles de producteurs pour tenir leurs vedettes, faire le ménage quand ça dérape…

C’est intriguant, mystérieux et glaçant de regarder derrière le décor pour y voir les coulisses. On devrait fermer les yeux mais c’est plus fort que nous, on zieute et on les ouvre bien grand.

Hollywood ne sort pas grandi de ces pages, mais nous savions depuis longtemps que ce n’était pas le monde des Bisounours caracolant sur des arc-en-ciel, bouffant des papillons et chiant des petits poneys. Ou était-ce le contraire ?

Anybref, toi qui pousse la porte des studios de cinéma, respire un grand coup, rase les murs, ne cherche pas à devenir une vedette et si tu peux, fuis, pauvre fou (folle).

Mais avant de foutre ton camp avec tes jambes à ton cou, prends la peine d’ouvrir et de lire ce comics qui t’en donnera pour ton argent niveau enquête alambiquée où tu ne sauras plus très bien qui est coupable, qui est innocent et si les hypothèses sont bien les bonnes… Dans la vraie vie, il reste toujours des zones d’ombre, des non-dits, des mystères pas tout à fait résolus.

Un comics épais comme un café noir et lourd, mais il vaut bien une luxation du poignet !

PS : les personnages de « La vallée des poupées » sont des anges à côté de ceux qui gravitent dans ce comics…

PS 2 : Merci à Jean-Marc de m’avoir donné envie de découvrir ce comics (ce n’est pas le premier, j’ai une ardoise chez lui comme c’est pas possible !!) et il en parlait ICI.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°70] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Bloodborne – Tome 1 – La fin du cauchemar : Ales Kot, Piotr Kowalski et Brad Simpson

Titre : Bloodborne – Tome 1- La fin du cauchemar

Scénariste : Ales Kot
Dessinateur : Piotr Kowalski
Coloriste : Brad Simpson

Édition : Urban Comics Games (2018)

Résumé :
Un chasseur sans nom se réveille dans la ville antique de Yharnam, une cité en proie à la maladie et dont les rues résonnent du râle de créatures terrifiantes.

Cherchant par tous les moyens à échapper à la Nuit de Chasse, le chasseur se lance dans une quête dangereuse et violente dans l’espoir de mettre fin au mal qui ronge Yharnam.

Critique :
Si les dessins sont bien réalisés, je me pose des questions sur le scénario qui me semble un peu foireux. Moi, en tout cas, je n’ai pas compris grand-chose et je ne poursuivrai pas cette série de dark fantasy.

On comprend qu’une maladie ronge les habitants, les transformants en créatures monstrueuses, comme des loups-garous ou des espèces de zombies.

Les chasseurs les chassent…

Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? On ne le sait pas. Celle que l’on appelle chasseuse semble être une femme, mais elle ne possède pas de forme et se bat avec un masque sur le visage. Si le covid transformait les infectés en loups-garous, je pense que ça se saurait…

Il y a un monstre, immense, énorme. Des monstres… Mais on ne sait rien de plus.

L’histoire est difficile à suivre. Sommes-nous dans un jeu vidéo où quand on perd, on revient à la vie ? C’est ce qu’une scène m’a semblé suggérer. Mais est-ce le jeu d’un gamer que nous suivons ou tout simplement des êtres vivants piégés dans un jeu vidéo grandeur nature ? Je n’en saurai pas plus.

Les dessins étaient très beaux, ce sera tout ce que je retirerai de positif de cette lecture et je ne pousserai pas le vice plus loin en lisant les deux tomes suivants.

Merci et au revoir !

American Vampire Legacy – Tome 2 – Le réveil du monstre : Scott Snyder et Dustin Nguyen

Titre : American Vampire Legacy – Tome 2 – Le réveil du monstre

Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Dustin Nguyen

Édition : Urban Comics Vertigo Classiques (2013)
Édition Originale : American Vampire, book 5 : Lord of Nightmares

Résumé :
1954. De retour aux États-Unis, Felicia Book tient la promesse qu’elle avait fait à son ami et coéquipier, l’agent McCogan, en élevant son fils Gus, alors délivré de la contamination vampirique.

C’était sans compter l’organisation des « Vassaux de Vénus » qui bientôt lui demande de se rendre d’urgence à Londres où leur coffre sécurisé et inviolé depuis 1888 a été ouvert.

Le plus dangereux vampire de tous les temps est de retour, prêt à reprendre le pouvoir sur son armée.

Critique :
Rien de tel que de revenir aux origines des vampires pour rendre un deuxième tome attractif.

Nous sommes en 1954 et les nazis vampires ne sont plus une menace depuis longtemps. N’espérez pas vous la couler douce, une menace encore plus grande arrive à grands pas.

Nous quittons provisoirement les États-Unis pour aller prendre l’air à Londres et à Paris.

Pas de virée shopping, faut juste cavaler, se prendre des coups, saigner et tenter de faire en sorte que le premier des carpatiques reste dans son sarcophage et ne monte pas sur son trône d’où il pourrait contrôler tous les vampires…

Changement de dessinateur, on passe dans des cases qui ressembles à des aquarelles délavées. Les tons délavés ou lumineux collaient bien aux ambiances et si le changement de dessins m’a un peu déstabilisée au départ, je m’y suis habituée assez vite.

Les créateurs de la série American Vampire avaient eu la bonne idée de revisiter le mythe du vampire, notamment en dotant la souche américaine de pouvoirs que la souche carpatique ne possédait pas et en scindant les vampires en races. On a plus de choix.

Toujours de l’action, du sang, de la violence, des combats et une course-poursuite pour éviter que le roi des carpatiques (pas besoin de vous donner son nom, vous le connaissez) ne se réveille plus qu’il ne l’est déjà.

Si l’histoire ne révolutionne pas le genre, elle est tout de même un cran au-dessus du premier tome mais n’apporte pas les surprises de la série mère (American Vampire). On est dans du classique, même si la mise en scène est bien faite et qu’on ne s’embête pas une seule seconde.

Conventionnel mais bien foutu. Classique mais efficace. Ou quand le mythe rejoint les nouveautés pour donner quelque chose de punchy qui fait passer un excellent moment, même si des pages de plus auraient permis de ne pas finir se conclure si rapidement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°20].

American Vampire Legacy – Tome 01 – Sélection naturelle : Scott Snyder et Sean Murphy

Titre : American Vampire Legacy – Tome 01 – Sélection naturelle

Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Sean Murphy

Édition : Urban Comics – Vertigo Classiques (04/2012)
Édition Originale : American Vampire, book 3 : Survival of the Fittest

Résumé :
En 1941, Cash McCoogan et Felicia Book, membres de l’organisation anti-vampires des « Vassaux de Vénus », bravent le danger et traversent les lignes ennemies dans une Roumanie occupée par les nazis, afin de trouver un remède contre le vampirisme découvert par un savant.

Mais le chercheur est entre les mains des prédateurs nocturnes ralliés au IIIe Reich…

Critique :
Les vampires, je les préfère en qualité A.O.C, c’est-à-dire que j’évite les ersatz de buveurs de sang.

Ce spin-off de la série « American Vampire » ne joue pas dans le jeu des gentils vampires buveurs de thé, mais dans ceux qui ont des canines qui rayent le plancher et qui boivent du sang à même votre gorge.

Les auteurs ont repris le mythe des vampires mais l’ont mis à leur sauce, intelligemment, qui plus est. Si vous voulez tout savoir, lisez la série mère, American Vampire.

Les Vassaux de Vénus sont des chasseurs de vampires et leur prochaine mission, s’ils l’acceptent, sera d’aller enquêter en Roumanie, au milieu des nazis pour tenter d’extrader un savant qui pense avoir trouvé un remède au vampirisme.

Je ne vous cacherai pas que je ne suis pas fan de certains dessins, surtout du visage de l’agent Cash McCoogan qui serait plus agréable à regarder sans les gribouillages noirs sur son visage.

Le scénario est de bonne facture, avec des agents infiltrés disparus et des nazis devenus vampires afin d’être la race supérieure sans contestation possible. Le premier qui discute sera sans doute mordu et servira de repas à ces atrophiés du cerveau mais super développés niveau canines.

On a de l’action et des cascades (à ne pas refaire chez vous), de la science, la Seconde Guerre Mondiale et un remède au vampirisme, le tout avec un côté ésotérique dans la recherche du savant sur les anciens vampires.

Pour le moment, ma préférence va à la série-mère, American Vampire, qui avait réussi l’équilibre parfait avec un vampire (Skinner Sweet) que l’on adorait tout en le craignant. Lui, il m’a profondément mordu !

Ici, c’est classique et rien ne ressort vraiment pour me donner un orgasme littéraire mais c’est de bonne facture et on aurait tort de s’en priver si on aime les vampires véritables, qui puent, qui sucent le sang, qui sont sans sentimentalisme aucun, sans émotions. Bref, du vampire 100% pur jus (ou pur sang).

Si en plus on a lu et apprécié American Vampire, ce spin-off est parfait pour passer une chouette soirée en compagnie de buveurs de sang, même si ceux-ci sont infréquentables, vu leur appartenance au nazisme.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°18].

Le Mois Américain arrive…

Dracula, Dracul, Vlad ?, Bah.. : Alberto Breccia

Titre : Dracula, Dracul, Vlad ?, Bah..

Scénariste : Alberto Breccia
Dessinateur : Alberto Breccia

Édition : Les Humanoïdes Associés (1993)

Résumé :
Bien plus qu’une adaptation, Dracula est une interprétation en clé grotesque du personnage créé par Bram Stocker. Breccia y développe tout son savoir aire en termes de découpage, cadrage et construction de la page : une véritable « leçon » de bande dessinée.

Cette nouvelle édition présente en appendice l’intégralité des croquis préparatoires réalisés par Breccia.

Critique :
J’ai eu du mal, au départ, d’apprécier cet ouvrage, car j’ai détesté les dessins ! Ils sont horribles, comme les couleurs…

Le personnage de Dracula est grotesque, drôle, amusant… Loin de ce que l’on connaît. Je me suis même surprise à rire à la fin des différents récits qui composent cette bédé sans paroles.

Mais ce n’est pas vraiment le vampire de Stoker qui est visé, il sert plus d’avatar à l’auteur pour parler de la dictature et des disparitions (30.000 morts) qui eurent lieu durant les heures sombres en Argentine.

Évidemment, il vaut mieux le savoir au départ, et heureusement, dans la préface, c’est expliqué, sinon, sans ces données, le lecteur ne comprendrait pas l’analogie qui est faite entre ce vampire suceur de sang (et donc, assassin) et ceux qui firent régner la terreur.

Dracula sortant de son château, suivi par sa bande de loups, a sans doute aussi sa signification et les loups ne sont pas que les mammifères, que le Canis Lupus, mais les sbires des dirigeants, ceux qui faisaient le sale boulot…

Si les dessins sont moches, ils sont, en revanche, riches de détails funèbres et macabres, notamment dans le château du vampire.

Les nouvelles intitulées « La dernière nuit du carnaval », « Latrans canis non admortet », « Un coeur doux et éploré » et « Poe ?… Puaf !? » sont burlesques, amusantes, on sourit, on pouffe.

Par contre, changement de ton dans « Je ne suis plus une légende » car là, plus de doute, les despotes sont dessinés et le sang coule car ce sont eux qui tuent les gens et Dracula qui se retrouve couvert de sang. Les rôles sont inversés…

Il y a même une scène de torture, des corps entassés, des veuves pleurant au cimetierre, une scène de pédophilie, la famine règne, le tout sous la banderole qui proclame que « Todo va mejor con Coca Cola ». On ne rigole plus.

Lorsque j’ai ouvert cette bédé et découvert ces dessins horribles et sans paroles, je pensais la lire et faire une chronique vite fait bien fait, persuadée qu’elle serait lapidaire… Ben non.

Oui, c’est horriblement mal dessiné (pas dans mes goûts) mais bordel de dieu, c’est profond et fallait être couillu pour réaliser cela en pleine dictature.

Une revisite du mythe Dracula avec humour car on découvre un Dracula amoureux, luttant contre un Superman, chez le dentiste, devenant chrétien… Mais sous le couvert de l’humour, il y a de la profondeur et une attaque contre tous les dictateurs, despotes, tyrans, du monde.

Le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 10].

 

 

Southern Bastards – Tome 4 – Du fond des tripes : Jason Aaron & Jason Latour


Titre : Southern Bastards – Tome 4 – Du fond des tripes

Scénariste : Jason Aaron
Dessinateur : Jason Latour

Édition : Urban Comics Indies (26/11/2018)

Résumé :
Le Coach Euless Boss règne d’une main de fer sur la petite ville de Craw County, Alabama, et même le shérif Hardy ne peut rien contre cette tyrannie.

Bien loin d’apaiser sa fureur, la défaite de son équipe face à leurs rivaux de toujours, les joueurs de Wetumka, ne fait qu’ouvrir les valves d’une violence incontrôlable.

À ses yeux, les ennemis sont désormais partout, et Roberta Tubb, de retour en ville pour obtenir des réponses sur la mort de son père Earl, risque bien d’être la première à en faire les frais.

Critique :
Me voici de retour à Craw County, petite bourgade sympathique remplie de bas de plafonds de l’Alabama qui ne vivent que pour les match de football américain que jouent leur équipe, les Runnin Reb’s.

Ici, le foot est religion et perdre est indécent. Là, pour le moment, le coach Euless Boss mange son pain noir car l’équipe des Reb’s se la fait mettre profond par les autres équipes avec des écarts de scores énormes.

Alors Euless Boss va prendre le taureau par les cornes et passer encore un peu plus du côté obscur de la Force, chose que je ne pensais pas possible tant il avait touché le fond depuis longtemps.

Durant quelques pages, j’ai pensé qu’il y avait encore un peu de morale sous sa casquette, un peu de décence derrière sa gueule et son sourire cassé, mais non. La fin justifie les moyens et il y va, déclenchant par-là une petite guerre avec la ville concurrente.

Pour les dessins, on aime ou on n’aime pas. Je ne les aime pas mais ils collent bien aux personnages qui gravitent dans ces albums. Les couleurs, dans les tons rougeâtres, illustrent bien aussi tout le sang qui coule.

Les auteurs avaient mis un peu de côté l’arc concernant la vengeance de Roberta Tubb et s’étaient attaché à nous faire découvrir les personnages secondaires, une belle bande de sans-couilles, d’excités, de limités du ciboulot bref, des électeurs qui choisiront Trump sans aucun doute.

Euless Boss est le chef, le messie, le tout-puissant, celui qui peut tuer impunément, au milieu de la rue s’il le veut, sans que personne ne moufte car ils auraient trop peur de perdre le coach qui fait gagner leur équipe…

Oui, mais tout ce que sait faire Euless Boss, c’est hurler sur ses joueurs et les traiter de tafioles. Le cerveau, c’était Coach Big, un Noir aveugle… et il est mort.

Toujours aussi violent, ce quatrième tome montre que toute personne issue du comté de Craw County a la mentalité des gens qui lui colle au basques, même si cette personne a quitté la ville, même si elle a tenté de prendre ses distances. Craw County, c’est un truc qui coule dans les veines, qui est dans les gènes.

Après, plus possible de revenir en arrière, tout le monde est allé trop loin, tout le monde a franchi la ligne de non retour, soit en tuant ou esquintant son prochain, soit en regardant les autres faire et en détournant le regard ensuite, avec le silence qui va avec.

Vivement le tome 5 pour voir quelle volée de bois vert les auteurs vont nous envoyer dans les gencives. Ça risque encore de saigner.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°169 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°14].

Southern Bastards – Tome 3 – Retour au bercail : Jason Aaron & Jason Latour

Titre : Southern Bastards – Tome 3 – Retour au bercail

Scénariste : Jason Aaron
Dessinateur : Jason Latour

Édition : Urban Comics Indies (28/10/2016)

Résumé :
Pourtant, les habitants s’apprêtent à accueillir sa traditionnelle fête des anciens élèves, et avec elle, la vingtième rencontre des Runnin’ Rebs contre l’équipe de Wetumpka.

Un match dont le coach se voit déjà vainqueur. Mais comment fera-t-il sans son mentor et bras droit, le coordinateur de la défense, Ol’ Big ?

Critique :
Si j’avais trouvé des circonstance atténuantes au coach Euless Boss dans le tome 2, là, on voit encore plus son côté sombre et on commence à avoir la sueur froide qui coule entre les omoplates.

Coach Big aussi… Souvenez-vous, l’aveugle Noir du tome 2 qui aidait le jeune Boss à acquérir les tactiques et le talent pour être un bon linebacker afin d’intégrer l’équipe des Runnin’ Rebs.

Pour le coach Boss, le foot est tout ce qui compte et tous les moyens sont bons pour arriver au but, quitte à déclarer un suicide comme un meurtre et à accuser un joueur de Wetumpka, l’équipe adverse.

Vous imaginez les conséquences d’une telle accusation lorsqu’elle arrive dans les cerveaux embrumés de nos rednecks amateur de l’équipe des Runnin’ Rebs ? Wetumpka, c’est un peu les frères ennemis et on a pris plaisir ces dernières années à les écraser au ballon ovale.

Les auteurs étant Sudistes eux-mêmes, ils savent de quoi ils parlent, ils connaissent les habitants du Sud profond et s’ils les égratignent, les bousculent et ne les mettent pas sous leurs meilleurs jours, ce n’est pas pour être insultant, juste pour décrire une situation réelle et l’analyser.

L’un des deux expliquera même, en introduction de l’album, pourquoi la couverture d’un des épisodes avait un chien déchirant le drapeau confédéré.

Beaucoup de mystères dans cet album qui fait la part belle à la violence, qu’elle soit verbale, en action ou par omission (comme on dit) car laisser les crimes impunis est aussi grave que de les commettre et par leur silence, les habitants de Craw County et son shérif sont aussi coupable que Coach Boss.

Les auteurs développent un peu plus certains personnages secondaires et en introduisent de nouveau, si bien qu’on ne sait pas toujours quel fil rouge leur récit va suivre : le crime d’Earl Tubb commit dans le premier tome ou les magouilles de Boss ainsi que le portrait des différents habitants de cette petite ville d’Alabama.

Malgré les portraits sombres de quelques uns de ses représentants, les auteurs n’hésitent jamais à leur donner un soupçon de circonstances atténuantes ou de montrer leur fragilité, compensée par le roulement des mécaniques, les humiliations qu’ils font subir à d’autres et de l’utilisation de la violence à tour de bras.

Boss est devenu tel qu’il est suite à son enfance, de la violence de son père et à cause du système qui faisait qu’un jeune garçon tel que lui n’aurait jamais accès à rien, quoiqu’il fasse, même en travaillant dur pour acquérir sa place dans l’équipe.

On est dans un système basé sur la force, pas sur l’intelligence et les faibles n’ont pas leur place ici, les soumis non plus, leur seule position acceptable étant la posture de soumission et le shérif l’illustre bien, cette posture du chien soumis.

Coach Boss avait la force, il est le maître de la ville, mais le cerveau, c’était Coach Big, le Noir aveugle et il n’est plus là pour le conseiller. Boss a toujours la force, mais sans l’intelligence tactique de l’autre, il risque de tout perdre.

L’introduction d’un nouveau personnage, celui de la couverture, laisse augurer que nous allons nous diriger vers des portraits de différents habitants de Craw County et du Sud profond, celui qui regarde toujours les gens de couleurs de travers et comme notre nouvelle arrivante est Black…

On n’a pas fini d’explorer la face sombre de l’Humain sudiste, avec cette série. C’est sombre, glauque, dérangeant, les dessins sont toujours survoltés, les traits grossier pour certains, mais la toile d’araignée est tellement ramifiée qu’il y a encore possibilité de passer de belles heures avec cette saga.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Southern bastards – Tome 2 – Sang et sueur : Jason Latour & Jason Aaron

Titre : Southern bastards – Tome 2 – Sang et sueur

Scénariste : Jason Aaron
Dessinateur : Jason Latour

Édition : Urban Comics (26/06/2015)

Résumé :
La petite bourgade de Craw County a bâti sa réputation sur la qualité de sa cuisine locale, la bonhomie de ses habitants, son calme relatif et la légende d’une ascension vers le sommet : celle du coach Boss.

Dans une région où seule la fine fleur des pires crapules parvient à se faire sa place au soleil, jusqu’où faut-il aller pour devenir le plus grand, le plus respecté, le plus puissant ?

Seul le coach Boss le sait…

Critique :
Dans ce tome-ci, on revient sur la mort de Earl Tubb, fils de l’ancien shérif, celui qui n’était venu que pour vider la maison de son vieil oncle et dont le crâne a rencontré un morceau de bois qui le lui a fendu (le crâne).

Pas besoin de chercher le coupable, on le connaît, toute la ville sait qui l’a fait et le lecteur aussi : le coach Boss.

D’ailleurs, l’arme du crime, cette batte de base-ball dont s’est servi le coach Boss pour tuer Earl est encore sur la table de cuisine.

Et personne ne mouftera, personne ne l’ouvrira, tout le monde fermera sa gueule car le coach est tout puissant.

— Je veux que tout le putain de comté se souvienne de ce que j’ai fait et de comment ils sont restés là à regarder sans lever le putain de petit doigt.

Nous replongeons une fois de plus dans le Sud Profond, celui qui est raciste, qui est un inculte, alcoolo et qui ne vit que pour le football américain, celui dont je n’ai jamais compris les règles non plus.

Dans cette petite ville, tout le monde ne vit que pour l’équipe et si elle gagne, alors, son coach deviendra le roi. Ce qu’il est devenu, faisant de lui le type le plus puissant de la ville.

Retournement de situation avec le coach Euless Boss, dont je pensais qu’il serait le grand méchant, vu son comportement dans l’album précédent, et bien non !

Purée, ce mec en a bavé dans sa vie : il a grandi auprès d’un père alcoolique, voleur, cambrioleur, bon à rien, magouilleur, frappeur de fils, baiseur et j’en oublie sans doute sur son C.V. plus long qu’un casier judiciaire.

Euless, lui ne vit que pour accéder à l’équipe de football au poste de linebacker mais il se mange plus souvent des baffes, des poings et des refus qu’autre chose. Ses origines ne plaident pas en sa faveur et comme il est le fils de son père, on ne lui fait aucun cadeau, comme ça, c’est lui qui paie pour les conneries de son daron.

Pourtant, il en veut, Euless (Euless pas tomber) et sans l’aide d’un vieil aveugle Noir, il serait toujours en train de bouffer de la terre. Oui, on peut ne rien voir et en savoir des choses.

Et ça marche car on s’attache à Boss, alors que son personnage a tout du grand détestable, mais en brossant son portrait, sa jeunesse, tout ce qu’il en a bavé pour accéder à un poste de linebacker au sein de l’équipe et comment on l’a remercié ensuite, on comprend un peu mieux ce qu’il est devenu.

— C’est le football, monsieur… Ça vaut le sang versé.

Véritable immersion dans tout ce que le Sud américain compte de profond, ce comics a tout pour faire un parfait roman noir avec un contexte social dépeint en arrière-plan et tout ce que cette société à comme valeurs, dont le foot et le racisme.

L’atmosphère est crue, noire, violente et les portraits des personnages sont brossés sans concession aucune, brute de décoffrage, le tout dans un climat plus tendu que le string d’une pom-pom girl qui aurait mangé trop de tarte.

Je n’aime pas trop les dessins, mais les tons rouges illustrent bien toute la violence, la haine, la rage et le sang contenu dans ces pages.

Une série que je suis contente d’avoir découverte. Le premier album claquait déjà comme la culasse d’une carabine à canon scié, mais ce tome-ci t’envoie la chevrotine dans les tripes.

Oserais-je ouvrir le suivant ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).