Lucky Luke – Tome 35 – Jesse James : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 35 – Jesse James

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1969)

Résumé :
Deux détectives, Cosmo Smith et Fletcher Jones, de la fameuse agence Pinkerton (réputée pour passer incognito) viennent quémander de l’aide auprès de ce redoutable cow-boy habile aux armes, cavalier accompli, toujours prêt à secourir le plus faible, la veuve, l’orphelin ou l’opprimé, qui ignore la peur, ce serviteur de la justice aux nerfs d’acier plus connu sous le nom de Lucky Luke (sans oublier son fidèle compagnon sans qui toutes ces aventures ne seraient rien, son cheval Jolly Jumper).

Sa mission est de réussir à expulser du Texas le fameux gang des frères James. Après avoir écumé le Missouri, Jesse James et ses compagnons sont signalés au Texas.

Lucky Luke accepte de s’y rendre et permettre l’arrestation de la bande James.

Critique :
Il y a des tas d’incompréhension dans ma vie et on peut d’or et déjà ajouter le début de cet album où les auteurs nous exposent, en détail, toutes les qualités de Lucky Luke et de Jolly Jumper…

Qu’ils les ajoutent sur la page de garde, comme pour Astérix, ce serait bien pour ceux qui découvriraient la série sans la connaître, mais nous balancer deux pages de ce genre d’intro, je n’en vois pas la raison, si ce n’est que pour meubler.

Autant où les personnages de Billy The Kid, de Calamity Jane ou des Dalton, les vrais ou les cousins, étaient des portraits réussis, autant où celui de Jesse James est mince et ne provoque aucune empathie.

Monsieur voulait jouer à Robin des Bois, voler les pauvres pour donner aux riches, mais dès qu’il donnait l’argent au pauvre, celui-ci devenait riche et donc, Jesse James le braquait à son tour.

De toute façon, la réalité historique est que Jesse James était un voleur, point barre et la légende qui dit qu’il aurait donné de l’argent à une femme pour qu’elle sauve sa ferme de la banque, revolant ensuite cet argent au banquier, est fausse.

Il y avait du potentiel dans ce desperado et son frère qui nous cite Shakespeare à tous ses dialogues, même s’il ne dit que oui ou non. Il y avait du potentiel dans leur cousin, un gros balourd au cerveau léger. Mais on a loupé tout ça et le résultat donne un album mitigé où rien n’arrive à décoller vraiment.

Jesse James et sa bande vont jouer aux honnêtes gens comme le firent une fois les Dalton, mais en moins drôle, les gens de cette petite ville du Texas sont des couards, comme toujours, comme ceux de la ville où sévissait Billy The Kid, mais eux aussi en moins drôle et, comme tous les autres, ils auront un regain de fierté et trouveront leur courage, planqué aux fonds de leurs bottes.

Un album de Lucky Luke qui n’est guère brillant, où le potentiel de Jesse James est galvaudé et où les auteurs donnent l’impression de meubler des pages juste pour dire qu’ils ont rempli le quota nécessaire pour faire un album.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°59, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Le fantôme de Canterville et autres contes : Oscar Wilde

Titre : Le fantôme de Canterville

Auteur : Oscar Wilde
Édition : Larousse Petits classiques (2011) / Folio Junior (2007)
Édition Originale : The Canterville Ghost (1887)
Traducteur : Marie-Hélène Christensen

Résumé :
Bombardé de boulettes de papier et d’oreillers, jamais, durant les trois siècles de sa brillante carrière, le fantôme de Canterville n’a été à ce point ridiculisé !

Mais pour qui se prennent-ils, ces Américains qui s’apprêtent et acheter le manoir de Canterville ?

Rien ne les effraie, ni les squelettes, ni les chaînes, ni les éclats de rire sataniques… De quoi devenir fou, quand on tient, comme tout fantôme qui se respecte, à sa réputation !

Une histoire de fantômes avec frissons, situations extravagantes et éclats de rire ! Tout le talent de conteur et l’humour d’Oscar Wilde…

Dans le registre du rire grinçant, le deuxième conte, « Le Crime de Lord Arthur Savile », narre les mésaventures d’un homme à qui l’on a prédit, en lisant dans les lignes de sa main, qu’il allait commettre un crime.

Du coup, il se sent obligé de tuer quelqu’un, pour se délivrer de cette malédiction. Et l’on termine avec une courte histoire mettant en scène un millionnaire modèle.

Ces trois contes très drôles, écrits à la fin du XIXe siècle, comportent donc quelques expressions ou références obscures pour le lecteur d’aujourd’hui, qui sont expliquées en fin d’ouvrage.

Critique :
Un château hanté par un fantôme qui a sur la conscience bon nombre d’arrêts cardiaques, de frayeurs, de personnes rendues folles, muettes et j’en passe.

Mais au pays de l’Oncle Sam, on n’a pas peur des fantômes et ce n’est pas celui de ce manoir qui va enlever le flegme de ces américains que tous les anglais leur envieraient presque.

Pauvre fantôme, il se retrouve face à des gens qui n’ont pas peur de lui, pire, les jumeaux lui lancent des boulettes de papier ou leurs oreillers.

La première nouvelle m’a fait passer de la frayeur au rire, puis à la gorge nouée. Tout ça en peu de pages car Oscar Wilde est le maître des émotions qu’il fait naître chez son lecteur.

Dommage que cette nouvelle n’ait pas été plus longue car elle avait assurément un potentiel énorme. Si le fantôme avait prêté à rire plus tôt, on n’a plus du tout envie de rire de lui à la fin et malgré ses fautes, on est prêt à lui donner l’absolution.

Pour la deuxième nouvelle, on se rend compte de tout le pouvoir de persuasion que possèdent les chiromanciens !

Votre Mitterand consultait une liseuse d’avenir dans les astres (Elizabeth Teissier), alors on comprend que le pauvre Lord Arthur Savile ait eu envie de connaître son avenir dans les lignes de sa main. Le pire sera qu’il ait cru qu’il allait commettre un meurtre.

Lord Savile n’a rien d’un assassin, pourtant, cette idée va le turlupiner et il va faire en sorte que la prédiction se réalise, l’imbécile ! On peut être un Lord, instruit, riche et terriblement crétin.

J’ai adoré aussi car c’est cynique, perfide et terriblement addictif !

La dernière était très courte mais bonne, comme quoi, n’écoutez pas les personnes qui vous disent que la longueur entre en ligne de compte.

Si les émotions étaient au rendez-vous pour la première et serraient la gorge, les deux autres étaient plus calmes à ce niveau-là. Malgré tout, je n’ai pas retrouvé l’écriture qui m’avait emportée pour Le Portrait de Dorian Gray.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

L’assassinat d’Hicabi Bey – Alper Kamu 01 : Alper Canigüz

Titre : L’assassinat d’Hicabi Bey – Alper Kamu 01

Auteur : Alper Canigüz
Édition : Mirobole (23/05/2014) / Livre de poche (03/06/2015)
Édition Originale : Oğullar ve Rencide Ruhlar (2004)
Traducteur : Célin Vuraler

Résumé :
Alper Kamu est un curieux petit garçon qui s’est promis de résoudre un meurtre commis dans son quartier à Istanbul.

Il a trouvé Ertan le Timbré à côté du cadavre encore chaud d’Hicabi Bey, policier à la retraite, la télévision allumée à plein volume, mais le cinglé du voisinage était plutôt là pour regarder l’équipe du Besiktas perdre en Ligue des champions.

Déjà tête à claques d’existentialiste, Alper le désormais détective va sécher la maternelle et balader son revolver en plastique Dallas Gold dans une mégapole bigarrée, pleine d’amantes fatales, d’épiciers lyriques et de directeurs sournois…

Critique :
Y’a plus d’jeunesse, ma bonne dame ! Regardez par exemple le jeune Alper Kamu… Non, je ne suis pas enrhubée et je ne suis pas en train d’ibiter un allemand qui barle, il se nomme bien Alper Kamu, le gamin !

Cinq ans, le gamin, et il te cause comme une sorte de Sheldon Cooper de 9 ans…

Son cynisme et son sens de la répartie sont toujours de sortie et il n’a pas peur de répondre aux adultes ou aux gosses plus âgés que lui.

Ma plus grande crainte, en entament ce policier où l’enquêteur a 5 ans, était de ne pas adhérer au personnage et, contrairement à ce que je pensais, je l’ai adoré, ce sale gamin plus intelligent que la moyenne.

Effectivement, ça ne fait pas très réaliste et on aurait plus l’impression de se trouver comme dans la série de « Détective Conan », avec un jeune homme coincé dans le corps d’un gamin suite à une malédiction.

Alors oui, Alper Kamu a beau être intelligent, ce n’est tout de même qu’un gosse de 5 ans qui ne va plus à la maternelle car sa place n’est pas là. Si ses amis lisent Petzi, lui, il se tape Dostoïevski, excusez- du peu. Ou Nietzche, pour se marrer.

Le summum de l’humiliation. Rendez-vous compte, on réclamait de moi, Alper Kamu, fervent admirateur de Chostakovitch, que je m’époumone sur l’air de « Il était une bergère » ! Fort heureusement, mon comportement asocial et mes récurrentes éruptions colériques ont amené la maîtresse à penser que je devais être attardé, si bien qu’elle a fini par me laisser tranquille.

On mettra le réalisme de côté pour profiter pleinement de la causticité du gamin, de son esprit éclairé, de sa vision réaliste du monde et de l’enquête qu’il va réaliser suite à l’assassinat de son voisin, le vieux grincheux Hicabi, ancien flic et entouré de bien des mystères.

Je me suis toujours étonné qu’on puisse considérer les enfants comme des êtres beaux, innocents et naïfs. Quand je regarde ces gamins, je ne vois que les aspects les plus vils et violents de l’humanité. D’ailleurs, je ne me sens pas vraiment différent. Seulement, j’ai de la chance de savoir exprimer ma laideur intérieure de manière plus raffinée

L’enquête n’est aussi qu’un prétexte pour nous parler de la société Turque, de son administration corrompue (et tout le reste aussi), de la pauvreté de certains quartiers, de la délinquance, de la police… Disons ce qui est, l’auteur ne se prive pas de tirer à boulets rouges sur tout ça et il le fait bien.

Beau pays ! Un meurtre vient d’être commis mais il faut attendre la fin d’un match de foot pour que la police et le procureur lève le petit doigt. Mais effectivement, pourquoi paniquer puisque les criminels étaient sûrement occupés à la même chose !

J’ai passé un moment jubilatoire avec ce jeune héros qui n’a pas sa langue en poche et qui était présent avec sa gamelle lors de la distribution de cervelle ! Il est fin, rusé, malin, cynique et pour que son père ne soit pas muté ailleurs, il va mettre tout en oeuvre afin de négocier avec le directeur, un triple connard.

N’allez pas croire que l’enquête soit bâclée parce que c’est un enfant qui mène l’enquête ! Moi, je n’avais rien vu venir du tout !

En se promenant tranquillement dans ses rues et en posant des questions, notre jeune garçon va en apprendre plus que tous les flics réunis, et, tel un Sherlock Holmes en culottes courtes, tel un Hercule Poirot en short (shocking), Alper va assembler tous les bouts de ficelles pour en sortir un écheveau dont toutes les mailles vont venir se resserrer sur le coupable.

Voilà un roman policier drôle, intelligent, subtil, inattendu, caustique, le tout servi par un personnage hors norme, limite extra-terrestre, surtout lorsqu’on se rappelle qu’il n’a que 5 ans.

— Voir que nos institutions publiques sont dirigées par des fascistes aussi subtils que vous me redonne confiance en ce pays, monsieur.

Il était né laveur de voitures. Mais la vie l’avait condamné à devenir épicier, tout comme elle avait condamné de formidables maraîchers à être députés. Le système tue les talents.

Avec un final inattendu, à cent lieues de ce que l’on aurait pu croire, voilà un roman policier qui sort des sentiers battus grâce à un très jeune enquêteur, à d’autres personnages assez hauts en couleurs et une plume acide qui n’hésite pas à piquer le pays là où ça fait le plus mal.

Un petit détail qui m’a plu, ce sont les titres des chapitres, tous ayant une référence littéraire connue. Et puis, vous avouerez que les éditions Mirobole savent soigner leurs couvertures, c’est autre chose que l’édition de poche.

Mes deux seuls bémols – ben oui, il y en a – seront pour un chapitre fort onirique, suite à la consommation de champignons louches par Alper et le délire qui en a résulté.

Ce chapitre long et lourd (« Ainsi hallucinait Zarathoustra ») a été indigeste à lire, alors que je venais de dévorer tout ce qui précédait, sans oublier le petit bémol sur le fait que ce n’est pas très réaliste d’avoir un enquêteur de 5 ans qui s’exprime de la sorte.

Quatre ans de plus, et ça passait mieux, mais alors, Alper Kamu aurait été en obligation scolaire. En tout cas, ça change de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent, et ça, ça compte énormément aussi. Comme quoi, tout est toujours possible en littérature policière.

Un roman policier qui défrise et où suivre les monologues d’Alper Kamu, ainsi que ses pensées, ses traits d’esprits, est bien plus intéressant que de savoir qui a tué Hicabi Bey, le vieux grincheux qui écoutait sa télé à fond la caisse.

Faudra que je teste la suite, si j’ai du temps devant moi, vu que ma PAL est comme Alper Kamu : hors-norme elle aussi !

Je m’appelle Alper Kamu et j’ai fêté mes cinq ans. À l’approche de mon anniversaire, j’ai passé le plus clair de mon temps posté à la fenêtre, à observer les gens au-dehors. Ils traversaient la vie tantôt accélérant, tantôt ralentissant, et émettaient toutes sortes de bruits, le regard sans cesse en mouvement. J’étais malade à l’idée qu’un jour je deviendrais l’un d’eux. Malheureusement, il n’y avait aucune autre issue possible ; le temps s’écoulait, inexorable, et je vieillissais vite.

Ce samedi était un jour de pluie ordinaire. Après un petit déjeuner tardif, mon père s’est plongé dans ses mots croisés et ma mère dans sa lessive. Comme tous les travailleurs de la classe moyenne, ils passaient leur semaine à attendre le week-end, et le week-end à s’ennuyer de leur travail. Ils ne verraient même pas arriver leur dernière heure-ou la victoire ultime du système.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Agatha Raisin enquête – Tome 12 – Crime et déluge : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 12 – Crime et déluge

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (30/05/2018)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 12: And the Day the Flood Came (2002)
Traducteur :

Résumé :
Le bonheur conjugal est de courte durée pour Agatha, une fois de plus délaissée par son mari. Punition divine, un véritable déluge s’abat sur la région, plongeant le petit village de Carsley sous les eaux.

C’est le moral dans les chaussettes et sous une pluie torrentielle qu’Agatha aperçoit le corps sans vie d’une jeune femme en robe de mariée, un bouquet à la main, flottant dans la rivière.

Pour noyer son chagrin, Agatha n’a qu’une solution : se jeter à corps perdu dans une nouvelle enquête…

Critique :
Là encore, pour éviter de vous spoiler une intrigue qui courrait en filigrane au cours des dix premiers volumes, et restant sur la lancée qui m’avait conduite à n’être qu’allusive pour vous parler du tome 11, je respecterai mes devoirs d’omerta.

Je ne voudrais tout de même pas que Dame Belette ne m’égorge et ne fasse sortir ma langue par le trou de ma trachée ! Ça ne me va pas du tout !

Je me contenterai de vous dire que… Comment dire… Agatha… C’est Agatha, et il faut bien qu’elle reste fidèle à elle-même !

Donc ce roman commence comme quelques autres : pour se consoler de son Nième fiasco sentimental, elle fait sa valise et part en voyage !

Et oui, la vie est un éternel recommencement, et en particulier la vie d’Agatha qui n’est jamais allée voir un psy pour se sortir des compulsions de répétition qui donnent à sa vie un tournant assez prévisible somme toute !

On pourrait trouver ça lassant (surtout si on était assis derrière le divan où elle serait aller raconter ses déboires), mais l’auteur sait mener l’affaire de main de maître et…

Je dois bien l’avouer avec une certaine dose de sadisme : les tourments d’Agatha ont quelque chose d’amusant !

Or donc, Agatha part en voyage où le manège étrange d’un jeune couple l’intrigue… Et à son retour à Carsely elle apprend que le jeune marié a tué sa jeune moitié pour une sinistre affaire d’héritage !

Or tandis qu’une inondation causée par un climat plus britannique que d’habitude, provoque la crue du fleuve local, elle tombe sur le corps d’une jeune femme qui devait incessamment se marier avec un homme qu’elle avait trouvé très louche car supposé avoir demandé à sa fiancée de se faire épiler le maillot (ah oui ! c’est louche ça !).

Il n’en faut pas moins à Agatha pour se remettre à enquêter persuadée de tomber sur un drame analogue…

La traque des criminels a toujours été un bon dérivatif pour se remettre de ses propres tourments personnels entre deux leçons de pilate (oui… une nouvelle lubie!)…

Tiens… un nouveau voisin vient d’arriver… Auteur de roman policier à succès… Divorcé en sans enfant Qui fait frémir toutes les dames du cru… puisqu’en plus du reste il n’est pas mal de sa personne…

Évidemment, Agatha est bien décidée à ne pas s’intéresser à lui ! Les vraies enquêtes c’est autrement plus compliqué que les romans !

Et puis… Les hommes c’est fini ! Ne parlons plus de James même si elle ne cesse de penser à lui (une habitude aussi tenace pour Agatha que la clope visiblement !)…

Même Sir Charles n’a plus le droit de lui adresser la parole depuis qu’il a eu l’impudence de se marier sans l’inviter… et de prendre autant de kilos qu’il n’a perdu de cheveux…

Mais les circonvolutions de cette enquête complexe, que la police ne saurait évidemment résoudre sans les subterfuges et ruses d’Agatha, ne la conduiront-elle pas à se rapprocher de l’écrivain plus qu’elle ne l’aurait imaginé ou voulu?

Sacrée Agatha !

Agatha Raisin enquête – Tome 11 – L’Enfer de l’Amour : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 11 – L’Enfer de l’Amour

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (20/05/2018)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 11: And the Love from Hell (2001)
Traducteur : Marina Boraso

Résumé :
Qui a dit que l’amour c’était le paradis ? Plutôt l’enfer, même pavé de bonnes intentions ! [No spolier] Jusqu’à ce que James disparaisse pour de bon, laissant derrière lui sa maison saccagée…

Les soupçons se portent aussitôt sur l’épouse du disparu : Agatha. Décidée à se défendre et à remettre la main sur son mari, notre détective part à sa recherche, à ses risques et périls…

Critique (par Dame Ida) :
Je vous avais laissé(e)s en plan sur l’évocation d’un rebondissement aussi ébouriffant qu’inattendu (ou presque) à la fin de la précédente enquête de notre héroïne préférée.

Difficile d’introduire cette nouvelle aventure sans évoquer les détails de ce spoiler qui se prolonge et constitue un élément central de cette nouvelle intrigue…

Alors… J’essaierai d’être la plus habile possible, mais il faudra ne pas m’en vouloir de faire court.

Cela étant, comme les lecteurs et lectrices du blog de Dame Belette sont forcément des personnes de bon goût, supérieurement intelligentes (sinon ils seraient devant les émissions de télé-réalité qui font de l’audimat au lieux de lire ces lignes), et forcément dotées de capacités de déduction élevées, le titre de l’aventure ci-devant présentée pourra vous mettre sur la voie !

Et oui, il s’agit encore d’amuuuuur ! Toujours l’amuuuur ! Agatha, cette romantique aussi incorrigible que torturée pensait avoir enfin achevée sa quête du Graal et pouvoir couler des jours heureux et paisibles…

Sauf que… les choses ne sont évidemment pas si simples. Elles ne le sont jamais avec Agatha ! Et les psys diraient qu’elle sait aussi choisir les personnes qu’il faut pour que ce soit toujours compliqué histoire de n’avoir pas à regarder en face ses propres complications !

Bref, pour résumer, c’est la grosse merdasse… Et ça vire au drame quand son chéri disparaît, qu’on retrouve des traces de sang, et que la femelle perfide qui tournait autour de lui est retrouvée morte à son tour.

Pour une fois, Agatha avait un alibi et n’est pas suspectée… Mais le fait que son chéri conquis de haute lutte (ne comptez pas sur moi pour vous dire lequel – sauf sous la torture… et seulement si elle est bien faite) ait disparu est suffisant pour lui faire reprendre sa loupe, sa pipe et son deerstalker !

Heu non… Agatha a un autre costume : les jupes et talons aiguilles qui mettent ses jambes en valeur, ses teintures capillaires, ses couches de maquillages, son gin tonic et ses clopes !

Comme toujours avec Agatha, j’ai passé un très agréable moment sur ma terrasse à prendre le frais à l’ombre…

Une aventure pleine de rebondissements, avec une intrigue bien menée et rythmée où l’on retrouvera les personnages récurrents que l’on s’était habitué à fréquenter dans les Cotswolds !

PS : la proprio de ce blog hautement intellectuel remercie chaleureusement Dame Ida pour la couche de crème à reluire qu’elle vient de lui passer ! Nous aurons droit aux honneurs dans la rubrique « Brosse à reluire » du « Canard Enchaîné », le journal préféré du porteur de costumes Ar-Nys.

 

Baker Street – Tome 4 – Sherlock Holmes et l’ombre de M : Pierre Veys & Nicolas Barral

Titre : Baker Street – Tome 4 – Sherlock Holmes et l’ombre de M

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Nicolas Barral

Édition : Delcourt (27/05/2003)

Résumé :
Sherlock Holmes, Watson, Clipton et compagnie sont enfin arrivés à Ceylan.

Mais le testament de l’oncle facétieux stipule que son héritier doit retourner à Londres, se faire engager dans un cirque, et jouer un spectacle de clown en présence de la reine elle-même.
Dans le camp adverse, le bras droit de Teawings a embauché l’ignoble professeur Moriarty pour contrecarrer Holmes.

Plus qu’un simple voyage, c’est une terrible lutte, un combat titanesque, sans merci et dont l’issue du monde dépend, qui va s’engager entre les deux hommes.

Critique :
Je n’ai pas trainé pour lire la suite de ce dyptique des aventures hilarantes et burlesques du génial Docteur Watson et de Sherlock Holmes !

— Je le hais ! Oh, que je le hais !
— Réveillez-vous, honorable professeur…
— C’est pas juste : lui il a le docteur Watson, tandis que moi je dois traîner un boulet…
— Professeur !

Résultat : une lecture avec un sourire béat affiché de la première à la dernière page.

Après toutes leurs péripéties et leurs ruses pour arriver à Ceylan, les voici obligés de refaire le chemin dans l’autre sens, et le plus vite possible, sans oublier le gage que l’oncle défunté à imposé à son neveu pour que les plantations de thé lui reviennent.

Vois Holmes affalé dans un transat comme une méduse échouée sur la plage pendant que le terrible professeur Moriarty l’espionne donne de nouveau lieu à des dialogues rempli d’humour et de drôlerie.

Nous ne savions pas à ce moment, que nous étions espionnés par le plus terrible criminel d’Angleterre… heu… du Monde ! (L’étroitesse géographique peut provoquer certaines rancœurs).

Surtout que ni l’un ni l’autre ne veut prononcer le nom de son ennemi car cela donne lui à des crises ressemblant à celles de Joe Dalton lorsque l’on parle de Lucky Luke. Mais ici, contrairement au lonesome cow-boy, Holmes pique lui aussi de telles crises.

Au final, chacun parle de l’autre en disant « machin » ou « bidule », interdit à tout le monde de prononcer le nom de celui dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ou réclame une pièce dans le cochon à chaque mention du nom honni.

— On ne sait jamais sur quel pied danser avec ce Sherlock Hol… Zut, je l’ai dit… [Mettant ensuite une pièce dans une tirelire présentée par Moriarty] Vous êtes sévère…
— Chaque fois qu’on prononce son nom, on met une pièce dans le cochon, c’est la punition !
— Et « Watson », on a le droit ?

Le plan machiavélique mis au point par Holmes pour semer Moriarty, son bras-droit gourmand, ainsi que monsieur Teawings et ses sbires chinois était du grand n’importe quoi, mais on dirait que ça ne marche plutôt pas mal pour nos amis et cela nous procure quelques autres moments de sourire.

— Mais où est passé Lestrade ?
— Un gros python l’a attrapé tout à l’heure et l’a hissé dans les arbres…
— C’est maintenant que vous le dites ?
— Heu, oui… Pourquoi, c’est important ?
— Ça va le serpent a dû le relâcher… Rien d’étonnant..

Dans cette bédé, il n’y a pas que les dialogues entre Holmes et Watson qui sont déjantés et drôles, les petits apartés des autres personnages le sont aussi. Quant aux répliques des sbires chinois et de leur patron Teawings, elles sont un moment de pur bonheur.

Pas besoin d’être une fan des aventures de Sherlock Holmes pour lire et apprécié ces albums, il suffit d’aimer la parodie, le burlesque, l’humour, les répliques assassines et les situations cocasses. De plus, voir la reine Victoria jurer est un plaisir de fins gourmets…

Par contre, vaut mieux éviter la cuisine de Madame Hudson, ainsi que son thé…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Baker Street – Tome 3 – Sherlock Holmes et les hommes du Camellia : Pierre Veys & Nicolas Barral

Titre : Baker Street – Tome 3 – Sherlock Holmes et les hommes du Camellia

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Nicolas Barral

Édition : Delcourt (28/01/2002)

Résumé :
Un certain Clipton désire embaucher Holmes et Watson pour assurer sa protection lors d’un périlleux voyage. Il a six semaines pour arriver Ceylan et devenir propriétaire des plantations qu’il a héritées de son oncle.

Celles-ci lui permettront de se lancer dans la production de thé. Mais la compagnie Teawings, leader du marché, est prête à tout pour l’empêcher de parvenir à destination. Le périple s’annonce agité…

Critique :
Si vous aimez le sérieux, passez votre chemin ! Si les parodies vous filent des boutons, allez voir ailleurs, cette série n’est pas pour vous…

Ou alors, laissez-vous guider au pays de la drôlerie et du « pas sérieux » et quittez pour quelques instants cet air guindé que vous avez emprunté à Mycroft de la série Sherlock BBC !!

Ce que j’aime dans cette série parodique de l’univers du plus célèbre détective, c’est qu’en plus de ne pas se prendre au sérieux, de me faire rire, de parodier Holmes et Watson avec humour et talent, c’est qu’elle sait toujours me surprendre au fil des tomes.

« Est-ce qu’on pourrait enfin vider notre vessie en paix ? » est la question que Holmes et Watson auraient pu se poser dans cet album, s’ils n’avaient pas été des gentleman…

Voyez-vous, nos deux amis prenaient leur petit déjeuner ailleurs qu’au 221b car leur pochetronne de logeuse n’a rien d’un cordon bleu ! Mais voilà qu’en sortant du resto, après avoir fait un gros rot dans la rue, nos deux amis se font enlever par des chinois qui les abreuvent de thé.

Et le thé, tout le monde le sait, c’est diurétique ! Donc, on se dépêche d’arriver le premier au W.C du 221b afin de faire pleurer fauvette le premier. Las, des hindous les détournent du lieu d’aisance et les abreuvent de thé, eux aussi…

— Moi d’abord, Watson !!!
— Non, moi !! Ça presse trop !

Non mais c’est fini oui ?? On peut aller se la vider, maintenant ? On n’est pas à une tea party, nom d’une théière !

La guerre du thé est déclarée sur un ton décalé, avec un Holmes toujours aussi de mauvaise foi, avec un caractère de cochon, une jalousie exacerbée envers un Watson au faîte de sa popularité, faisant de l’ombre au célèbre détective et ne crachant pas sur la gaudriole et la boisson alcoolisée.

Les visages sont toujours aussi expressifs, les dialogues remplis de sarcasmes ou d’humour, des situations cocasses avec un Lestrade con comme un balai et une madame Hudson qui sait se transformer en femme d’action une fois qu’elle a bu des litres de café afin de dessouler.

— Oh, permettez-moi de vous présenter son altesse le maharadjah Lahssiotah… Monsieur Sherlock Holmes.
— Sherlock Holmes ? Ça me dit quelque chose… Mais oui ! Mais alors… [se tournant vers Watson] Vous devez être le fabuleux docteur Watson !
— Ouille !
— Qu’y a-t-il, docteur Watson ?
— C’est Holmes… Il… il m’a mordu !

Tout est bien pensé, bien tourné et on passe, une fois de plus, un excellent moment en compagnie de nos deux amis qui vont nous entrainer sur les chemins des Indes pour une aventure de folie.

À noter que leur aventure ne se termine pas à la fin de cet album, mais qu’elle se poursuivra dans le tome 4 que je vais m’empresser de lire !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Baker Street – Tome 2 – Sherlock Holmes et le club des sports dangereux : Pierre Veys & Nicolas Barral

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Titre : Baker Street – Tome 2 – Sherlock Holmes et le club des sports dangereux

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Nicolas Barral

Édition : Delcourt (2004)

Résumé :
Londres, l’été, les doks de Limehouse. Des choses horribles et autres disparitions mystérieuses ont lieu. Holmes et Watson, entraînés dans un entrepôt par l’inspecteur Lestrade, à la recherche de renseignements sur « le profanateur » (appelé ainsi parce qu’il dessine des moustaches sur les portraits officiels de la reine…), échappent de justesse à un attentat à la bière.

L’enquête qui les attend n’est pas des plus aisée : un type décédé chez lui de mort naturelle dans son lit, portes fermées… et quelqu’un est persuadé que c’est un meurtre…

Ils se rendent donc au club des sports dangereux, dont faisaient partie la victime.

bakerstreet02p_8214Critique :
Allez hop, on reste dans la parodie mais cette fois-ci, au lieu de plusieurs enquêtes séparées (même si elles ont un fil rouge), on passe à 3 enquêtes faisant partie d’un tout.

Vous suivez ou vous avez abusé de la morue au whisky de madame Hudson ?

Bon, on récapitule pour ceux du fond qui ne suivent pas : Lestrade, l’empêcheur de glander en paix, demande l’aide de Holmes parce qu’il a rendez-vous avec son indic sur les quais de Limehouse.

Son indic aurait des infos sur Jack le Moustacheur, un dangereux hors-la-loi qui dessine des moustaches sur les portraits de la reine.

Nous aurons aussi la mort naturelle en chambre close d’un des membres du Club des Sports dangereux qui, selon ses dirigeants, n’est pas naturelle sinon ce serait shoking qu’un membre meure paisiblement dans son lit.

Oh, j’ai failli oublier la gerbille d’un rouquin qui se met à sauter dans tous les sens à heure fixe, des disparitions inquiétantes sur les quais de Limehouse.

Ben tiens, ça en fait 4 ça ! Même moi je ne suis plus…

Nous sommes toujours dans la dérision, dans la parodie, dans l’absurde, dans le burlesque et j’aime ça !

Holmes est un vrai mauvais perdant, toujours imbu de lui-même et persuadé qu’il est le meilleur, il utilise les cellules grises de Watson pour se faire valoir et pique des crises de nerfs quand ce dernier lui casse ses coups.

[Homes] — Haha ! Décidement, vous êtes un gros nul ! Échec et mat ! J’ai gagné !!!
[Watson] — Mais Holmes… Nous jouons aux dames…
[Holmes] — C’est bien de vous, ça ! Toujours à contester… Vous êtes un mauvais perdant !!!

Les dessins sont toujours remplis de détails, les expressions des visages suffisent à tout nous dire, les dialogues passant ensuite. Sinon, niveau répliques, ça vole bas et ça casse à tour de bras.

À noter que des personnages existants sont croqués dans ses pages… et qu’aucun membre de la Société Sherlock Holmes de France n’a été blessé durant le tournage.

Ma foi, cette série est une véritable petite pépite que je regrette de ne pas avoir acheté plus tôt…

— Il n’y a que mon collègue Pinkerton qui connaisse le nom de mon indic… Non ? Vous croyez que… ? Bon, d’accord, j’ai eu une aventure avec sa femme… Et puis, à cause d’une erreur dans un de mes rapports, il a été dégradé, mais bon… Il a perdu son argent, aussi… Je lui avais conseillé un placement… J’ai fait arrêter sa fille pour racolage, une fois, c’était pour faire une farce… Seulement elle s’est pendue ! Il y a des gens qui manquent d’humour… Et puis j’ai mis son fils en prison pour escroquerie, mais là, c’était vrai. Vous pensez que Pinkerton m’en voudrait ? Non ?

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (48 pages).

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Baker Street – Tome 1 – Sherlock Holmes n’a peur de rien : Pierre Veys & Nicolas Barral

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Titre : Baker Street – Tome 1 – Sherlock Holmes n’a peur de rien

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Nicolas Barral

Édition : Delcourt (2004)

Résumé :
Saviez-vous que Watson doit une grande partie de sa popularité à une méduse ? Que Holmes pratique parfois le cambriolage ? Et seriez-vous capable de trouver un rapport entre un diable en boîte, un haltère, un réveil-matin, un cactus et une masse d’armes ? Non ?

Eh bien plongez-vous dans les carnets secrets du Dr Watson, miraculeusement exhumés par deux « froggies »…

bakerstreet01pCritique :
Je n’ai rien contre les parodies, tant qu’elles sont bien fichues… Sherlock Holmes avait déjà été excellemment parodié dans le film « Without a clues » (Élémentaire mon Cher Lock Holmes) et ici, il en est de même : excellent !

Oubliez ce que vous savez du plus célèbre détective de Baker Street, celui est plus burlesque et moins… grand détective qui résout tout.

Pourtant, on sent que les auteurs ont potassé leur canon et qu’ils n’ont pas fait cela à la légère puisque dans ce premier tome, ils remercient les Quincaillers de la Franco-Midland !

Ce premier tome regroupe 4 enquêtes de notre plus célèbre détective d’Angleterre et de son ami, le bon docteur Watson.

Watson dépeint comme un gros gourmand, un amateur de boisson alcoolisée, meilleurs en découverte de solution que Holmes et bourré d’humour dans ses petites pensées.

Sans oublier leur logeuse, madame Hudson, toujours bourrée et l’inspecteur Lestrade, l’emmerdeur de service.

— LESTRADE !
— Le casse-pieds !
— Planquons-nous, Watson !

Nous sommes dans une parodie, c’est drôle, amusant, on nous présente un Holmes aux antipodes du canonique puisqu’il n’est pas le roi de la déduction, est colérique, s’engueule avec Watson, est mauvais joueur, imbu de sa personne, il déteste la reine Victoria, est parfois perdu dans son enquête et pique une crise digne de Joe Dalton lorsque l’on dit « Moriarty ».

— Vous ne prenez pas de notes, Watson ? Je sens que je vais être brillant !

Les dessins sont drôles, sans être des oeuvres d’art, mais faut chercher les petits détails et les expressions faciales valent leur pesant de tabac, le scénario comporte de véritables enquêtes, leur solution, mais elle n’est pas toujours celle trouvée par Holmes…

À déguster avec une tasse de thé et  le sourire aux lèvres !

Une bédé drôle, une parodie réussi, ou : comment retrouver des personnages cultes dans des situations abracadabrantesques…

— Mais moi, j’arrête qui, alors ?
— Alors le lourdaud de service, il se tait où il rentre à pied aussi !!!
— Mais Holmes, c’est mon fiacre…
— Tac ! Ça y est ! C’est gagné ! Il est puni. Cocher, arrêtez.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (48 pages).

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Lincoln – Tomes 1 à 8 : Jérôme Jouvray & Olivier Jouvray

Titre : Lincoln – Tomes 1 à 8

    • Tome 1 : Crâne de bois
    • Tome 2 : Indian Tonic
    • Tome 3 : Playground
    • Tome 4 : Châtiment corporel
    • Tome 5 : Cul nu dans la plaine
    • Tome 6 : French Lover
    • Tome 7 : Le fou sur la montagne
    • Tome 8 : Le démon des tranchées

Scénariste : Olivier Jouvray
Dessinateur : Jérôme Jouvray
Couleurs : Anne-Claire Jouvray

Édition : Paquet (2004)

Résumé :
Pas très poli, ce Lincoln. La décence nous interdit de rapporter les premiers (gros) mots que cet apprenti cow-boy prononça, mais ce n’était pas joli-joli. Et après, ça n’a fait qu’empirer. Le genre à vouloir sans cesse bousculer l’ordre établi et à agacer les grands avec ses remarques lucides – et donc un tantinet pénibles.

Résultat : à dix-neuf ans, on l’a gentiment invité (à grands coups de pied aux fesses, pour être précis) à aller se faire pendre ailleurs.

Et voilà notre Lincoln parti sur les routes, avec sa gueule en biais, son mégot à la bouche et sa silhouette dégingandée, en train de ruminer contre le monde entier, de lancer des bâtons de dynamite dans les rivières pour faire exploser les poissons – c’est malin, tiens – et de jeter des os de poulet aux mendiants en les traitant de « feignasse ».

Bref, dans la famille cow-boy, on a vu mieux. Rien à voir avec Lucky Luke ou Blueberry, ça non.

Mais un jour, tout change : un petit bonhomme vêtu d’un poncho et d’un grand chapeau s’approche de Lincoln – lequel, toujours aussi aimable, l’accueille d’un sympathique « dégage ! »

Ce petit bonhomme, c’est Dieu en personne. Et Dieu est bien décidé à lui prouver qu’on peut prendre du plaisir à vivre sur terre. D’ailleurs, il lui propose l’immortalité. Il est comme ça, Dieu : quand il a une idée en tête, rien ne l’arrête. Évidemment, Lincoln râle un peu. Mais il se dit qu’après tout, ma foi, pourquoi pas ?

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Résultat : notre cow-boy se met à écumer les saloons, à piller les trains et à boire plus que de raison.

lincoln-20041006195446_t3Critique :
« Merde, putain, fait chier, dégage, fous-moi la paix » font partie des mots préférés de Lincoln, d’ailleurs, le premier mot qu’il prononça fut « Merde ».

Ou « Chier », on ne sait plus trop…

États-Unis, trou du cul perdu…

Lincoln est né à la fin du 19ème siècle dans des conditions peu enviables. Sa mère était une prostituée, son père, un client de passage…

Notre jeune ami a donc été élevé chez les prostituées et son nom était Crâne de bois…

Toujours à faire la gueule, solitaire, râleur, doté d’un esprit aiguisé, d’une propension à en vouloir à tout le monde et à d’y aller de ses petites phrases assassines, tant et si bien qu’il s’est fait foutre à la porte de son village à grands renforts de coups de pieds dans son cul.

Au fait, le m’appelle Lincoln, c’est pas mon vrai nom, d’ailleurs je l’ai jamais su car on m’a toujours appelé crâne de bois ! Si j’ai choisi Lincoln c’est parce que celui-là quand il l’ouvrait, ils devaient tous la fermer autour de lui. Ils ont même du le descendre pour le faire taire…

Alors qu’il pêchait le poisson à la dynamite (on a rien inventé de mieux), il rencontre un personnage peu commun : Dieu en personne !

— Dégage, lui grommellera Lincoln.

J’aime les bédés western, que se soit avec des cow-boys redresseurs de torts et droit dans leurs bottes comme Lucky Luke, mais aussi des moins conventionnels et plus politiquement incorrect comme Red Dust de « Comanche » ou le lieutenant Blueberry.

Ici, nous sommes face à l’opposé de tout ça avec Lincoln qui est un fainéant de première, un malpoli, un malotru, un gars qui en veut à la Terre entière et qui n’a qu’une idée en tête : amasser du fric en faisant des mauvais coups, Dieu à ses côtés ou pas !

La mission de Dieu ? Tenter de faire de Lincoln une sorte de super-héros Cow-Boy, tenter de lui faire changer d’avis sur la vie, mais il devra compter avec la personnalité tordue et manipulatrice de son protégé. Et son mauvais caractère, sa mauvaise foi, la gueule qu’il tire tout le temps..

Dieu : « Pourquoi tu fais cette gueule Lincoln ? » 
Lincoln : « T’es pas sensé tout savoir, toi ? »

— Est-ce vraiment si chiant que ça le paradis pour que tu viennes chercher des distractions ici-bas ?

Mais tiens, qui voilà qui ? Satan en personne ! Sûr qu’avec Dieu et le Diable à ses côtés, notre Lincoln va être emmerdé car ils ne vont pas lui foutre la paix, l’un voulant qu’il fasse quelque chose de bien de sa vie et l’autre pas.

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Corrosif, drôle, politiquement et catholiquement incorrect (la représentation de Dieu n’était pas admise chez nous avant), des dialogues truculents entre Lincoln et les deux êtres d’essence divine, ou entre Dieu et son ange déchu.

Je me suis marrée en découvrant Dieu représenté en petit bonhomme barbu affublé de vêtements pas très neufs et d’un chapeau, quand au Diable, sa barbichette, ses deux cornes et son sombrero lui vont comme un gant.

Certes, on ne hurle pas de rire à chaque case, mais on sourit, on rit et on pousse des « oh putain, excellent » tout en lisant ces six tomes à la suite.

Les dialogues sont soit avec de l’humour au premier degré, au second ou alors, avec de la philosophie, et pas celle de comptoir, mais en tout cas, ça vanne sévère à certains moments entre nos protagonistes et j’ai éclaté de rire avec quelques répliques ou situations improbables.

Si les deux premiers se passent dans le monde du far-west, nous monterons à New-York pour le 3ème et le 4ème tome, avant de redescendre à la frontière entre les États-Unis et du Mexique afin de franchir le Rio pour aller s’encanailler avec des révolutionnaires dont le chef est une personnalité peu habituelle (tomes 5 et 6), on distillera clandestinement de l’alcool dans le tome 7 et on ira faire la Grande Guerre dans le tome 8…

Durant tous les albums, Lincoln traine sa tête de six pieds de long, sauf lorsqu’il se saoule ou magouille, et là, on aurait tendance à voir apparaître l’ébauche d’un sourire carnassier.

Son immortalité accordée par Dieu lui conférant une assurance, il ne se prive pas pour tenter le diable (oups), mais jamais pour aider les gens, ou alors, à l’insu de son plein gré !

Je suis contente d’avoir entendu parler de cette série et d’avoir lu les 8 tomes car je suis entrée de plein pied dans une bédé mettant en scène l’anti-héros par excellence, celui que l’on devrait détester mais que l’on adore.

Que Dieu et le Diable se soient penché sur son cas et qu’ils fassent route avec lui, il s’en branle, s’en moque, s’en fout, lui, tout ce qu’il souhaite, c’est que ces deux-là lui lâchent la grappe et arrête de lui casser  les couilles. Mais ça, c’est pas gagné !

— Mon pote, j’ai rencontré pas mal de secoués ces dernières années et quand je te vois, je comprends mieux quand on raconte que tu as fait l’homme à ton image.

En tout cas, voilà une excellente série qu’il faut découvrir absolument !

PS : avec Lincoln, on dit merde à l’amour et on ne fête pas Saint-Valentin !! Mais de temps en temps, il baise…

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Mois du polar 2017 chez Sharon et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (5 albums lus lors du RAT : 48×5 = 240 pages).

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