Blueberry – Tome 16 – Le Hors-la-loi : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 16 – Le Hors-la-loi

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974)

Résumé :
Le Hors-la-loi est le seizième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1974, c’est le premier album du cycle du premier complot contre Grant (deux tomes).

Emprisonné depuis plusieurs mois au bagne de Francisville, Blueberry « avoue » où se trouve caché le trésor des Confédérés qu’il aurait prétendument volé. Convoyé dans un train, il profite d’une attaque armée pour s’évader.

Par la suite, il trouve refuge dans un bordel tenu par Guffie Palmer et se voit dans la quasi-obligation d’accompagner un jeune homme, « Angel Face », vers le Mexique.

Lors de la pré-publication dans Pilote, l’épisode s’intitulait « L’Outlaw ».

Critique :
Ce n’est pas courant, mais ♫ les portes du pénitencier ♪ sur Blueberry se sont refermées et c’est là qu’il devra finir sa vie, sauf, si, tel les membres de la 7ème Compagnie, il s’évade au clair de lune.

Saut il s’évade, soit il va y crever parce que le directeur est un petit sadique de la pire espèce qui va le faire trimer sans eau, sans repos afin qu’il crache le morceau au sujet du trésor des confédérés après lequel il courait dans les 3 épisodes précédents.

Je ne divulguerai rien, mais sachez juste que l’Union n’a pas touché une seule pièce d’or de ce fabuleux trésor et bien entendu, tout le monde pense que Blueberry l’a enterré quelque part.

Blueberry, jamais à court d’idées folles, va nous la jouer à la Louis Chedid et chanter ♫ Je me suis fait la belle, je me suis fait la belle ♪

Machiavélique ! C’est le mot pour résumer cet album où j’étais bien incapable de dire qui baisait qui, car non seulement on va de surprise en surprise, mais en plus, celui qui croyait baiser peut se retrouver en train de se faire prendre à sec et sans élan et cela donnera un final bourré de « nom de dieu, j’l’ai pas vue venir celle-là », sauf si vous l’avez déjà lu et que vous vous souvenez de tout. Moi j’avais la mémoire vide.

Une fois de plus, les auteurs ne mettent pas leur héros dans de l’ouate et il va encore s’en prendre plein la gueule pour pas un balle, courir comme un fou, tenter de se dépêtrer de ce sac de noeuds et, comme d’habitude, faut pas penser que on termine en happy end mais que un cliffhanger qui laisse présager moult emmerdes pour le tome suivant.

Blueberry, une valeur sûre de la bédé, toujours un plaisir à relire.

Allez, vite la suite, parce que je ne m’en souviens plus du tout !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

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Les derniers jours de Newgate : Andrew Pepper

Titre : Les derniers jours de Newgate

Auteur : Andrew Pepper
Édition : 10/18 Grands détectives (04/01/2018)
Édition Originale : The Last Days of Newgate (2008)
Traducteur : Daniel Lemoine

Résumé :
En 1829, la police londonienne n’existe pas encore. Les affaires criminelles sont confiées aux Bow Street Runners, des hommes à la moralité douteuse, à peine plus recommandables que les malfaiteurs qu’ils traquent. Pyke est l’un d’eux.

Tout autant à son aise dans les bars crasseux et infâmes de Londres que dans le salon victorien de lord Edmonton.

Ce dernier, un vieil aristocrate fortuné au-dessus de tout soupçon, lui demande de retrouver l’escroc qui a détourné les fonds de l’une de ses banques.

Alors que Pyke est sur les traces du coupable, il ne se voit pas tomber dans un redoutable piège.

Bientôt emprisonné à Newgate, son seul espoir repose sur la détermination d’Emily Blackwood à prendre parti contre son père : lord Edmonton.

Critique :
♫ There is a house in New Orleans,♫ They call the rising sun ♪ And it’s been the ruin of many a poor Boy, ♪ And God I know I’m one ♫

Non, non, non ! Coupez ! J’ai pas demandé eu D.J la V.O, moi, mais la V.F. Bon sang, le petit personnel n’est plus ce qu’il était. Bande d’Animals, va.

♫ Les portes du pénitencier, bientôt vont se fermer, Et c’est là que je finirai ma vie ♫ Comm’d’autres gars l’ont finie ♫

Cette bande-son collera mieux au corps de ce roman vu que nous serons incarcéré à Newgate et que ça a plus des airs de pénitencier que de Club Med !

Londres 1829. Victoria n’a pas encore posée ses gracieuses fesses (ou son honorable postérieur) sur le trône et en ce temps-là, c’était George IV qui l’occupait.

L’Angleterre de Victoria comptait son lot de miséreux, mais sous George, ça n’allait pas mieux non plus et l’auteur m’a fait plaisir en ajoutant une touche de descriptions sociales dans son polar historique qui, sans être trépidant, ne vous fera pas dormir non plus (sauf si vous avez passé une nuit blanche avant).

En ce temps-là, Scotland Yard n’est pas encore né, on le sent venir, ne manque plus qu’un dernier coup de rein pour évincer les Bow Street Runners, ces gars qui, comme ceux qui nous gouvernent, ont une moralité douteuse (je sors !).

Vous aimez le côté droit de Sherlock Holmes ? Vous appréciez que de temps en temps il fasse la nique à la loi ? Ou qu’ils utilise des informateurs pour avancer dans son enquête ?

Et bien, dans ce polar, l’enquêteur Pyke va vous défriser l’bazar à tel point que vous vous demanderez s’il ne se la joue pas « hôpital se foutant de la gueule de la charité » ou « Munster disant au Camembert : tu pues  » !

Certes, les putes de fils (je n’insulterai pas leurs mères) qu’il va mettre devant leurs forfaits accomplis sont des salopards de première classe, mais Pyke peut aller bouffer à leur râtelier et ses mains sont toutes aussi remplies de sang que les leurs.

La fin justifiera tous les moyens ! Même des morts innocentes.

Ok, Pyke n’a pas étranglé un bébé, mais je lui garderai tout de même un chien de ma chienne ainsi qu’a son auteur. Avec Olivier Norek, c’est une histoire de chat, dans le cas d’Andrew Pepper, ce sera une affaire de chien. Dire qu’il ose ensuite faire des reproches aux autres.

Pourtant, malgré tout, je l’ai bien apprécié, le Pyke et son côté taiseux, entêté durant une enquête, poursuivant sans relâche afin d’arriver à résoudre l’affaire. Il a un côté holmésien dans le fait qu’il ne montre jamais ses sentiments.

En 1829, ça grognait déjà et toujours entre les catho et les protestants, le moindre fait est monté en épingle et une fois la mèche allumée, yapuka laisser tout péter, les gentils habitants se chargeant eux-mêmes de s’assassiner entre eux. Machiavélique !

Toujours ces vieilles histoires… Le catho en veut au protestant de lui avoir cassé la gueule hier et le protestant rappelle au catho que la semaine dernière, il massacrait 30.000 des siens, alors que le mois dernier, c’était… ♫ Non, non, rien n’a changé ♪

Le serpent se mord la queue et les morts de maintenant ne rachèteront jamais les morts d’avant. Pourtant, chacun campe sur ses positions et cet antagonisme est bien rendu dans le récit, donnant une certaine atmosphère à ces pages bien sombres.

Les dialogues sont souvent percutants, machiavéliques même, à certains moments, et l’enquête de Pyke va l’entrainer dans une spirale de violence à faire pâlir de jalousie Jack The Ripper him self car les cadavres vont se ramasser à la pelle et Pyke ne sera pas toujours innocent dans ces affaires, comme je vous le disais plus haut (suivez !).

Un polar historique qui se lit tout seul car les personnages vous entraineront dans cette gigue infernale et la question qui se posera dans ces pages sera « Qui a fait ça et pourquoi ? ».

La solution se trouvera à la fin et oui, c’est perfide ! Mais tout à fait naturel et vieux comme le Monde.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Pardonnez nos offenses : Romain Sardou

 
 Titre : Pardonnez nos offenses

Auteur : Romain Sardou
Édition:  XO éditions (2002) / Pocket  (2003)

Résumé :
1284 : Les « froidures du diable » isole Draguan, petit diocèse du comté de Toulouse, du reste du monde. Romée de Haquin, son évêque devant le spectacle de la statue de la Vierge brisée par le froid, n’est pas loin de penser qu’une malédiction s’abat sur ses paroisses. Tout a commencé lorsque deux fillettes ont découvert les restes de corps suppliciés dans la rivière …

L’assassinat sauvage de Haquin laisse le village en proie aux peurs les plus irraisonnées. C’est alors qu’un mystérieux prêtre Henno Gui, y fait son entrée. Accompagné d’un jeune garçon et d’un homme à l’aspect monstrueux …

Une vision du Moyen Age attrayante et érudite, une mise en scène du Moyen Age qui permet au lecteur de vivre ces temps tourmentés.

Des héros portés par leur foi . la ferveur et l’intelligence aiguë de Henno Gui, la foi et la fidélité du vicaire Chuquet, la rouerie et le goût du complot des envoyés de Rome …

Critique :
Un vent de Sibérie souffle sur la Bohème… Les femmes sont en colère aux portes des moulins… STOP !

Veuillez excuser ma pitoyable erreur, je viens de confondre le père avec le fils… Michel Sardou, chanteur et son fils, Romain, auteur de ce polar historique. Au temps pour moi !

Nous sommes donc en l’an de grâce 1284… il doit y avoir un vent sibérien parce qu’il fait un froid de canard, appelé plus poétiquement : « froidures du diable ».

Draguan, petit diocèse du comté de Toulouse, est isolé du reste du monde. Oui, en ce temps là, pas de GSM ou de connexion Internet et Michel Sardou n’a pas encore rempli les salles de concerts.

Il fait tellement glacial que la statue de la Vierge s’est brisée par le froid. Cela aurait pu faire le buzz sur Internet, mais comme je vous le disait, pas d’Internet en ce temps là.

Romée de Haquin, l’évêque de ce petit trou du cul du monde pense qu’une malédiction s’est abattue sur ses paroisses.

Surtout que deux fillettes ont découvert les restes de corps suppliciés dans la rivière…

Quand Haquin se fait dégommer, il laisse le village en proie aux peurs les plus irraisonnées.

Tââdââmmm ! Non, Zorro n’est pas arrivé, juste un mystérieux prêtre répondant au nom de Henno Gui qui fait son entrée dans ce trou du cul du monde.

Ensuite, j’ai tourné les pages jusqu’au bout, dévorant ce polar « historique », les yeux pétillants.

« Une vision du Moyen Age attrayante et érudite, une mise en scène du Moyen Age qui permet au lecteur de vivre ces temps tourmentés » disait le quatrième de couverture.

Bon, lors de ma lecture, je n’ai pas écumé les sites Historiques pour démêler le vrai du faux en matière de respect de l’Histoire. J’ai lu ce roman pour ce qu’il était : un roman, point barre. De la fiction, quoi. Rien de plus.

Heureusement, parce qu’il se murmure que l’Histoire aurait été un peu arrangée, bafouée, non respectée, le langage non adapté, les fautes nombreuses et les incohérences de même.

Ne possédant pas un doctorat en Histoire ou des connaissances érudites sur l’époque concernée, je ne me suis pas posée de questions et j’ai profité de l’atmosphère du roman : sombre, avec ses croyances de l’époque, les complots sont légion et l’aura de mystère m’a passionnée jusqu’au bout.

Au final, je ne lui demandait rien de plus que de me distraire, ce qu’il a fait.

Conseillé pour passer un bon moment de lecture avec des mystères et des complots à foison et une fin qui m’a fait pousser un « Oh, punaise » (bon, ce n’était pas vraiment ce mot là…).

A déconseiller, donc, aux historiens et autres passionnés de l’Histoire, de vérité Historique ou, du moins, de sa bonne utilisation dans un roman, ils risqueraient d’avaler leur chique et je peux les comprendre.

Titre participant au challenge « Polar Historique » proposé par Samlor.