Le capital : Hiromi Iwashita et Karl Marx

Titre : Le capital

Scénariste : Hiromi Iwashita & Karl Marx
Dessinateur : Hiromi Iwashita

Édition : Kurokawa (12/09/2019)
Édition Originale : Das Kapital (2018)
Traduction : Adrien Tchou

Résumé :
Angleterre, XIXe siècle. Dans un petit village au paysage bucolique, un triangle amoureux se forme entre les jeunes Roy, Oscar et Claire.

Mais la petite fabrique créée par Roy, qui se développe en même temps que le capitalisme, provoque une véritable tempête…

Critique :
« Le capitalisme c’est l’exploitation de l’Homme par l’Homme » disait Le Luron déguisé en Georges Marchais et quand le présentateur complice lui demandait ce qu’était le socialisme, il répondait « C’est le contraire ».

Don Salluste disait lui aussi fort justement que « Les riches c’est fait pour être très riche et les pauvres pour être très pauvre ».

Et Karl Marx, que disait-il ? Si vous n’avez pas le courage de vous attaquer à son étude sur Le Capital, je vous conseille alors sa version en manga qui ne manque pas de piquant.

Cela commence tout simplement : Roy, un gentil boulanger fait sa pâte, la pétrit lui-même, la cuit et vend ses pains en échangeant d’autres biens avec les gens qui ne possèdent pas d’argent. La vie est belle, les oiseaux chante, il a une jolie fiancée, Claire, issue de la noblesse qui se donne à lui, corps et âme.

Puis surgit Oscar qui lui parle de la valeur marchande de la main-d’œuvre et les voilà en train de monter une usine pour fabriquer plus de pains, en engageant des ouvriers agricoles qui n’ont plus de boulot, en les payant une misère tout en les logeant sur place pour s’en mettre encore plus dans les couilles, heu, dans les fouilles !

Comme ils veulent renverser le seigneur de leur région, le vilain Gordon, les petites grenouilles doivent se faire aussi grosse que le vilain bœuf et c’est bien connu, pour terrasser un monstre, il faut en devenir un soi-même.

Ce manga, c’est mieux qu’un cours magistral sur le capitalisme, ses dérives, dont l’esclavage moderne et la valeur que l’on a mis sur une denrée importante : le capital travail, que l’on faire varier bien plus que la partie des frais fixes ou du prix des matières premières.

Le travail est une plus-value intéressante pour celui qui veut s’engraisser sur le dos des travailleurs en leur faisant miroiter qu’ils travaillent pour le bien commun.

Le capitalisme pousse les gens à travailler plus pour gagner moins, l’argent leur file entre les doigts, on leur crée des nouveaux besoins, on les asservi de plus en plus et ce qu’ils pensaient être une opportunité de travail intéressante pour eux se révèle en fait être de l’esclavage qui cache bien son nom.

Même Roy, qui vivait bien avant, gagnait suffisamment pour ce don il avait besoin pour vivre, passe maintenant son temps à courir après l’argent, les nouveaux projets, afin que la société qu’il a crée ne se dévore pas elle-même. De petit poisson évoluant dans une mare tranquille, il est maintenant dans une rivière aux rapides qui l’épuisent et il a beau nager, il n’avance pas.

L’enfer étant pavé de bonnes intentions, en voulant faire le bien et diminuer les temps de travail, Roy crée un supermarché et exploite la plus-value de la ville entière, sans même s’en rendre compte, puisqu’il est un philanthrope qui ne veut que le bien commun pour les gens.

Comme le supermarché lui appartient, non seulement tout le monde bosse pour lui et dépense son argent chez lui puisque les petites boutiques ont fermées. Et si en une heure de travail, les ouvriers peuvent fabriquer 10 savons, leur salaire ne leur en permet d’acheter que 5.

Le Capital est glaçant et c’est une bonne idée que de l’avoir mis en manga car il permet à tout un chacun, même aux plus jeunes, d’en prendre connaissance afin de s’instruire, d’aller se coucher moins bête.

Les grandes œuvres des écrivains font souvent peur de par leur taille ou leur difficulté, et de fait, rebute la plupart des lecteurs qui auraient envie de s’y plonger (oui, même moi), tandis qu’avec le concept de manga, c’est tentant et là, plus d’excuse pour ne pas les lire !

PS : Mon seul bémol sera toujours le même dans les mangas : les chevaux et leurs harnachements ! Bigre, on dirait que les mangakas n’en ont jamais vu ! Une horreur…

Des brides sans têtières (mais comment ça tient ??), sans rênes parfois, des tapis de selles très larges qui enserrent la totalité des flancs donnant lieu à penser qu’ils se prolongent sous le ventre, le sous-gorge qui enserre la gorge du cheval, le tout dans le prolongement du frontal (alors que c’est dans celui de la têtière !)  et je ne parlerai même pas des chevaux attelés ! Bigre, j’ai grincé des dents.

Autre soucis, un homme qui propose 30£ à une jeune fille pour coucher avec elle toute la nuit, ça fait très très cher le coup d’bite ! C’est le salaire mensuel de la fille, ouvrière, elle le dit elle-même. Là, c’est un peu poussé le montant offert en proposition !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°270], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°20]  et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Le crépuscule et l’aube – Kingsbridge 0 : Ken Follett [LC avec Bianca]

Titre : Le crépuscule et l’aube – Kingsbridge 0

Auteur : Ken Follett
Édition : Robert Laffont (17/09/2020)
Édition Originale : The Evening and the Morning (2020)
Traduction : Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert, Dominique Haas

Résumé :
En l’an 997, à la fin du haut Moyen Âge, les Anglais font face à des attaques de Vikings qui menacent d’envahir le pays. En l’absence d’un État de droit, c’est le règne du chaos.

Dans cette période tumultueuse, s’entrecroisent les destins de trois personnages. Le jeune Edgar, constructeur de bateaux, voit sa vie basculer quand sa maison est détruite au cours d’un raid viking.

Ragna, jeune noble normande insoumise, épouse par amour l’Anglais Wilwulf, mais les coutumes de son pays d’adoption sont scandaleusement différentes des siennes.

Aldred, moine idéaliste, rêve de transformer sa modeste abbaye en un centre d’érudition de renommée mondiale.

Chacun d’eux s’opposera au péril de sa vie à l’évêque Wynstan, prêt à tout pour accroître sa richesse et renforcer sa domination.

Critique :
Il y a 3 ans, pour inaugurer notre première Lecture Commune, Bianca et moi avions choisi le volume 3 des Piliers de la Terre : Une colonne de feu.

Nous revoici, toujours de concert, pour le préquel des Piliers de la Terre, celui qui placera la future ville de Kingsbridge là où elle doit être.

Disons d’emblée, Ken Follet fait du Ken Follet, comme d’habitude.

Quesaco ? Et bien, chez lui, les Gentils sont trèèès gentils, sympathiques, bons, le genre de personnes avec qui tu aurais envie d’écluser de la cervoise tiède dans une taverne anglaise… Pardon, de la bière noire, la cervoise tiède, c’est pour Jolithorax, le cousin d’Astérix.

Quant aux Méchants, je vous le donne en mille, ils sont foutrement méchants, avares, ladres, mesquins, mauvaise foi, dominateurs, violents, salopards, cupides, voleurs, manipulateurs, magouilleurs, mauvais perdants et j’en passe.

Anybref, je reprocherai toujours à Follet son manque de nuance dans ses personnages et ce côté manichéen. Pourtant, avec lui, je pardonne. Le seul personnage qui aura un peu plus de nuance, c’est Aldred, un jeune moine que j’ai adoré car il a des failles, des blessures, il doute, son ego peut le mener dans le ravin.

Edgard est un brave garçon, je l’ai adoré, mais son créateur littéraire l’a doté d’un peu trop de qualités, il a solution à tout, il sait tout faire (ou quasi) et Ragna, la femme forte de ses pages, possède elle aussi un peu trop de force.

Ken Follet aime les femmes fortes, les femmes de tête, les femmes qui ne se laisse pas faire, mais cela donne souvent l’impression de déjà-vu, comme s’il recyclait ses différents personnages et montait toujours ses romans sur le même squelette.

Alors que les Piliers de la Terre et la Colonne de Feu foisonnaient d’action, de rebondissements, ce tome-ci est plus calme, hormis au début avec l’attaque des Vikings et puis c’est tout… C’est furtif un viking, ça va, ça vient, ça pille et ça fout le camp en vitesse.

Ne nous y trompons pas, Ken Follet est toujours un merveilleux conteur, sa plume est un plaisir à lire, son dernier roman est rempli de détails de la vie en Angleterre en 997, de la politique de l’époque, de la condition humaine, de la place des femmes, du pouvoir des hommes, des nobles, des hommes de Dieu,…

Sans oublier les lois qui ne sont pas applicables à tout le monde de la même manière. Un homme riche, influent, avec du pouvoir aura la loi pour lui, un pauvre paysan ou une femme non. Heureusement que ça a bien changé et que ce n’est plus comme ça de nos jours… Heu, pourquoi toussez-vous tous et toutes, subitement ???

— Mais l’homme importe plus que la loi, comme vous le savez.

C’est une véritable immersion dans cette fin d’année et dans le début de l’an mille (de 997 à 1007), une immersion grandeur nature, réaliste, manquait plus que l’odeur et le sang, mais niveau action, faut pas vous attendre à des trépidations de folie, c’est assez calme. Par contre, j’aurais aimé qu’on me parle d’Histoire de la sorte, à l’école car jamais elle ne devient indigeste, avec lui.

Honnêtement, je ne me suis pas embêtée mais ça se dévore avec moins d’avidité que les autres pavés de la saga. Certains auteurs peuvent nous surprendre et d’autres pas, Ken Follet fait partie de ceux qui ne surprennent plus car son scénario se déroule souvent sur les mêmes grandes lignes directrices.

Une LC que je qualifie tout de même de réussi, avec ma copinaute Bianca, et un beau voyage dans l’Angleterre sombre, celle des âges crépusculaires où l’esclavage était normal… Ça jette toujours un froid.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°137] et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

 

Les monstres : Maud Mayeras

Titre : Les monstres

Auteur : Maud Mayeras
Édition : Anne Carrière Thriller (02/10/2020)

Résumé :
Ils vivent dans un « terrier ». Les enfants, la mère. Protégés de la lumière extérieure qu’ils redoutent. Sales et affamés, ils survivent grâce à l’amour qui les réchauffe et surtout grâce à Aleph, l’immense, le père, qui les ravitaille, les éduque et les prépare patiemment au jour où ils pourront sortir. Parce que, dehors, il y a des humains.

Parce qu’eux sont des monstres et que, tant qu’ils ne seront pas assez forts pour les affronter, ils n’ont aucune chance.

Mais un jour Aleph ne revient pas, un jour les humains prédateurs viennent cogner à leur porte. Alors, prêts ou pas, il va falloir faire front, sortir, survivre.

Pendant ce temps, dans une chambre d’hôpital, un homme reprend conscience. Une catastrophe naturelle sème la panique dans la région. La police, tous les secours, sont sur les dents. Dans ce chaos, l’homme ne connaît qu’une urgence : regagner au plus vite la maison où on l’attend.

Critique :
— Vous savez pour quelle raison le grand méchant loup ne pourra jamais vous dévorer les enfants ?
— Nous l’ignorons Aleph.
— Parce que c’est vous le grand méchant loup.

Avais-je déjà lu un tel livre ? Non, je n’en ai pas souvenir…

Avais-je déjà lu un livre aussi angoissant que terrifiant ? Oui, sans aucun doute… De plus, la réalité dépassera toujours la fiction et l’auteur n’a malheureusement rien inventée… Elle nous a juste permis de voir l’intérieur…

Avais-je déjà lu un livre terrifiant parce que les adultes font aux enfants des choses qu’ils ne doivent pas faire ? Hélas oui, mais malgré tout, ce roman est un sacré putain de bon roman qui fout les miquettes, te donnant envie de te planquer sous un plaid mais sans pour autant arriver à lâcher le livre.

Pourtant, tout est malsain dans ces pages, tout est malsain dans le fait que des enfants vivent dans un terrier avec leur mère, sans jamais voir la lumière du jour, qui les brûleraient à coup sûr. On pense aux horreurs que vécurent certaines gamines, enfermées dans des caves, à la merci de leur bourreau, seules… Sauf qu’ici, il y a leur mère…

Oui, on baignera dans le glauque tout au long du récit, sans pour autant que ce glauque soit de la surenchère juste pour en faire. L’auteure a su doser cette glauquitude afin que le lecteur ne vomisse pas son quatre heures et son midi aussi. Malgré tout, vu le pitch, on est prévenu d’avance et difficile de porter plainte parce que les Bisounours ne sont pas de la partie.

Ce roman, c’est un conte de Perrault qu’on vous fait à l’envers puisque vous vivrez avec des enfants qu’un ogre nomme « monstres », comme si les Grands Méchants Loups, c’étaient ces gosses-là… Les petits cochons ne sont pas de la partie non plus, l’ogre ayant dû les bouffer avec le Petit Poucet depuis belle lurette.

Et la mère dans tout ça ? Difficile de la juger, difficile de la condamner, une fois que l’on sait tout. L’auteure lui a donné une personnalité qui ne laissera pas indifférente, qui nous fera poser des questions, réfléchir et se dire « mais qu’aurions-nous fait à sa place ? » car cette résignation, cette soumission est tout simplement horrible, effroyable, et si vite acceptée.

Sans oser vous en dire plus, sachez juste que ce roman est sombre, noir, et que c’est du jamais lu. Des romans tels que celui-là, il n’en existe pas beaucoup, sauf à lire les récits de ceux ou celles qui ont vécu un enfermement, disparaissant de la surface de la terre pour des années.

C’est angoissant, malsain, ça serre les tripes et on sait que face à tant de sombritude de l’âme humaine, personne n’en sortira indemne, même pas le lecteur.

Malgré tout, c’est une lecture que je ne regretterai pas car elle m’a permis d’aller où je n’étais pas encore allée et quand bien même je n’ai plus envie d’aller sonder cette partie inhumaine de l’Humain, il fallait bien qu’un jour j’y descendisse dans un roman (mais j’éviterai les témoignages réels de ceux et celles qui l’ont vécu en vrai).

Maud Mayeras, une fois de plus, nous a sorti un grand roman noir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°129].

La mort du petit cœur : Daniel Woodrell

Titre : La mort du petit cœur

Auteur : Daniel Woodrell
Édition : Rivages Noir (2002/2018)
Édition Originale : The Death of Sweet Mister (2001)
Traduction : Frank Reichert

Résumé :
Shuggie Atkins est un adolescent solitaire et obèse. Sa mère l’appelle son « petit cœur ». Son père le traite de « gros lard » et le force à s’introduire au domicile de grands malades pour y voler les « drogues » qui leur sont prescrites.

Shuggie accepte, pour l’amour de cette mère qui ne cesse de le provoquer sexuellement sans avoir l’air de s’en rendre compte.

Tout cela est supportable jusqu’au jour où Jimmy Vin Pearce, un grand et bel homme, surgit dans le paysage au volant d’une magnifique T-Bird…

Critique :
On pourrait renommer ce roman en « Chronique d’un anéantissement programmé d’un ado ».

Effectivement, ce roman noir est poisseux, il colle aux doigts, il est toxique, il est glauque, tout en restant assez pudique, sans sombrer dans le pathos et sans jamais porter de jugement.

La famille Atkins, ce serait du pain béni pour les services sociaux et tout ceux qui étudient les cassos car là, on est tombé chez des champions du monde !

Entre Red, le père qui traite son fils (si c’est bien son fils) Shuggi de gros lard et qui l’envoie cambrioler des maisons pour y voler des médocs et Glenda, sa mère, chargée de l’entretien du cimetière et qui ferait bander les morts tant elle joue de ses charmes avec tout le monde, même envers son fils… Quand je vous dis que c’est glauque !

Une fois de plus, les ingrédients étaient réunis pour me faire passer un bon moment avec ce roman noir bien serré, plus serré que le string de Glenda quand Red y fourre sa main.

L’Amérique profonde, l’univers particulier des Orzaks et un récit vu au travers des yeux d’un ado de 13 ans, un peu à la manière de « Un bikini de diamant » sauf que Shuggie n’est pas un innocent et qu’il a un regard cynique et sans illusions aucune sur le monde qui l’entoure.

Bardaf, encore une lecture où je suis passée à côté de tout ! Malgré le caractère ironique du récit, malgré le côté oppressant, malgré le comique de certaines situations (même elles ne prêtent pas à rire, dans le fond), je n’ai pas réussi à m’accrocher aux personnages et j’ai survolé la fin du roman, n’arrivant plus à me concentrer sur le récit.

Dommage parce que Woodrell est un auteur que je connais, dont j’apprécie les ambiances, la mise en scène des pauvres Blancs et qui m’avait fait vibrer avec ses autres romans (Un feu d’origine inconnue / Un hiver de glaceChevauchée avec le diable).

Il en fallait bien un qui au lieu de me coller aux doigts me tombe des mains.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°68] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Apocryphe : René Manzor

Titre : Apocryphe

Auteur : René Manzor
Édition : Calmann-Lévy Noir (03/10/2018)

Résumé :
Jérusalem, an 30. Sous une pluie battante, trois crucifiés bataillent pour que chaque nouvelle inspiration ne soit pas la dernière. Le déluge achève de disperser les quelques spectateurs présents.

Seule une personne reste obstinément sur le Golgotha. Un garçon de sept ans qui a échappé à la surveillance des adultes. Il ne quitte pas des yeux l’homme cloué sur la croix centrale.

Malgré la violence du spectacle auquel il assiste, l’enfant ne pleure pas. Son expression semble même trahir de la rancune envers ce rédempteur qui a tout donné aux autres et si peu à lui.

Son nom est David de Nazareth. Fils du supplicié Yeshua, dit le roi des Juifs.

Sept ans plus tard, au cœur du désert de Judée.

Le jeune David a grandi dans une ferme isolée, élevé par sa mère Mariamné. Lassé de vivre caché, il sent un vent de révolte souffler en lui, qui fait écho aux secousses qui agitent la Palestine, rendue exsangue par deux décennies d’occupation romaine.

Poussé par la volonté de s’émanciper et de prendre part aux bouleversements qui s’amorcent, David s’enfuit, dans le but de rejoindre Jérusalem.

Débute alors pour lui un chemin jalonné de secrets, de trahisons, d’intrigues politiques et de stratégies guerrières, qui le mènera à la découverte d’une vérité soigneusement dissimulée pendant des années, dans le but de le protéger.

Critique :
« Eli, Eli, lama sabachthani » furent les dernières paroles de Jésus, sur sa croix et non pas « Un clou, vite, je glisse » comme je me plais toujours à dire (oui, à une époque, j’aurais fini sur le bûcher pour hérésie blasphématoire).

Traduction de ses mots ? « Mon dieu, mon dieu, pourquoi m’as-tu abandonné », ce qui prouve bien que même Lui a douté et que la crucifixion est une mise à mort barbare et horrible.

En attendant, avec ça, vous avez de la matière culturelle pour briller pour les fêtes de fin d’années (ou à Pâques, au choix).

Il est bon de savoir que la phrase varie selon la langue utilisée et qu’en Araméen, cela donne : « Élôï, élôï, lama sabacthaneï » et que Dieu est aussi écrit « Eloï » et si avec ça vous n’êtes pas le roi de la culture, je veux bien bouffer une huître !

Mais revenons à nos moutons… Si Yeshua (dit Jésus dans nos contrées), tentait un come-back, m’est avis qu’il serait stoppé à la frontière (ou arrêté après avoir tenté de la franchir), serait enfermé et puis remballé fissa dans son pays d’origine… car il n’a rien à voir avec le style européen qu’on nous matraquait « dans le temps ».

Anybref… Ce thriller étiqueté ésotérique ou biblique, je n’y croyais pas de trop, je doutais, comme je fais souvent et puisque je m’interrogeais sur le contenu de ce roman, j’ai fait comme Thomas, l’apôtre, j’ai demandé des preuves et il m’en a été donné par la lecture de ce roman (mais je n’ai pas mis mon doigts dans le trou).

Non, soyez sans crainte, ce thriller historique n’a RIEN à voir avec une resucée (j’adore ce mot) d’un Da Vinci Code ou avec un roman qui voudrait réécrire l’Histoire, vous faire prendre des vessies pour des lanternes ou tout autre chose. On est au-delà de ça, bien au-delà… Ici, on est dans la crème, pas dans la lie !

L’auteur a étudié le sujet avant de le travailler et ce qu’il nous livre, c’est mieux qu’un voyage dans le temps, c’est une véritable plongée dans ce qui fut, après la crucifixion de Yeshua, le début de conversions à un nouveau courant religieux, de baptême et de prêches par les apôtres.

Certains pourraient reprocher que les chapitres courts donnent l’impression de lire un futur film, mais cela ne m’a dérangé aucunement.

Entre nous, j’ai trouvé que ces successions rapides donnaient une vie propre au roman, comme s’il se déroulait devant nos yeux et que nous étions les spectateurs impuissants mais entrainé par les personnages forts, dont certains étaient de vieilles connaissances.

Après lecture, que vous soyez croyant, athée, agnostique ou autre, votre opinion ne sera pas changé car là n’est pas le but de l’auteur, lui, tout ce qu’il veut vous offrir, c’est son travail sur cette époque dont nous savons peu et qui pourtant a eu et a encore une importance énorme dans nos sociétés.

Ce thriller historico-religieux est aussi un roman noir car il nous fait découvrir la vie des Juifs sous l’occupant romain et sa fameuse Pax Romana, l’esclavage, la mendicité, les enjeux politiques, les manipulations de certains, la duplicité et les ronds de jambes des autres, autrement dit « un air de déjà-vu » puisque c’est toujours la même chose partout dans le Monde à toutes les époques.

C’était ma première fois avec René Manzor mais nom de Dieu (oui, j’ose), quelle panard je viens de prendre durant cette lecture passionnante et sans parti pris.

Un coup de cœur en plus pour cette année. J’aimerais vous en dire plus mais j’aurais peur d’en dire trop. De plus, je ne trouve pas mes mots pour vous dire combien j’ai apprécié cette lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Les portes de l’enfer : Harry Crews

Titre : Les portes de l’enfer

Auteur : Harry Crews
Édition : Sonatine (01/10/2015)
Édition Originale : This Thing Don’t Lead To Heaven (1970)

Résumé :
Cumseh est une petite ville de Géorgie où il ne se passe jamais grand-chose. Hormis à la maison de retraite. C’est en effet dans cet établissement, tenu d’une main de fer par l’imposante Axel, que semblent s’être donné rendez-vous les personnalités les plus excentriques de la région.

Un jour, trois nouveaux arrivants en ville se retrouvent à la porte du « Club des seniors », Sarah Nell Brownstein, une géante amoureuse du masseur nain de la maison de retraite, Bledsoe, représentant d’une entreprise de pompes funèbres, et Carlita Rojas Mundez, une adepte du vaudou.

Entre eux un drame va très vite se nouer et les précipiter dans une tragi-comédie aussi déchirante qu’irrésistible.

Avec ce roman, dont l’action est concentrée sur vingt-quatre heures, Harry Crews s’attaque à tous les tabous de la vieillesse : abandon, solitude, misère sexuelle, etc., et nous offre un tableau poignant et sans concessions de la condition humaine.

On y retrouve toute la noirceur et l’humour légendaire de l’auteur de La Foire aux serpents.

Critique : 
Harry Crews est un auteur qui aime plonger ses lecteurs dans des ambiances un peu spéciale et typiquement bien à lui : des marginaux et des freaks, ou des monstres de foire, si vous préférez.

Mais pas que… pour reprendre le slogan des éditons Lajouanie.

Parce que classer Crews comme auteur décrivant des freaks à longueur de romans serait réduire sa plume et ses environnements.

Harry Crews est un auteur que j’apprécie, mais il faut l’apprivoiser et ouvrir ses romans sans avoir d’attentes bien définies. Juste pour ce qu’ils sont : des romans d’Harry Crews.

Ici, pas d’homme tronc marchant sur ses mains comme dans « La malédiction du gitan », mais un nain, Jefferson Davis Munroe, travaillant en tant que masseur pour un home perdu dans la petite ville de Cumseh, en Géorgie. Il a la taille de Tyrion Lannister et les muscles de Schwarzy !

La dirigeante de ce home se prénomme Axel, n’a rien d’une Rose (jeu de mot pour les amateurs des Gun’s), culmine à plus de un mètre quatre-vingts et vit dans ce club des seniors depuis sa naissance. Elle vit avec des morts en sursis. Pas étonnant qu’aucun homme ne reste pour la courtiser.

Pourtant, la moitié de la ville, si pas plus, lui appartient. Tout le monde lui doit des hypothèques, et sans les résidents de sa maison de retraite, la ville ne serait plus que l’ombre d’elle-même puisque sans consommateurs.

Il y avait des vieux partout, à vue de nez des centaines. Ils entraient et sortaient des magasins, trimbalant des paquets de papier brillant, des bouts de ruban et des porte-monnaie noirs.

Ce qui fait que les romans d’Harry Crews soient étranges, ce sont les atmosphères qu’il décrit, les personnages qui gravitent dedans, leurs histoires personnelles.

C’est ce tout qui fait que ces romans ne soient pas comme les autres et qui pourraient en rebuter plus d’un parce qu’on ne peut pas dire qu’il se passe des choses folles dans ce home, qu’il y a du suspense à mourir, mais tout de même, je me suis faite happer par ce huis-clos à la limite du sordide, quand on y pense bien.

Tout se passait bien à l’Axel’s Senior Club avant que ne débarque du Greyhound Carlita, une cuisinière espagnole et prêtresse vaudou ; Junior Bledsoe, un vendeur de concession funéraire qui sent qu’il a touché le filon en or avec cette maison remplie de vieux prêts à casseur leur pipe ;  et une femme amoureuse du nain, et qui croit qu’il fait un mètre nonante !

Quand vous réunissez dans le même endroit un prêtre qui ne croit plus, un vendeur sans scrupules, une femme amoureuse, un nain qui voudrait grandir, une patronne qui aime être touchée, des petits vieux qui veulent revivre le grand amour, une vaudou espagnole qui trimbale des os et des poils avec elle, croyez-moi, si ça ne fait pas des étincelles, ça reste tout de même des choses intéressantes à regarder d’en haut.

C’est tragique, c’est cru, ça donne des phrases chocs entre un vendeur de concession funéraire et un prêtre qui dit que la mort n’existe pas, alors que le pavillon où finissent les mourants du home nous rappelle cruellement notre condition de mortel et de retour à ce que nous étions : poussières.

Mon seul bémol sera pour le fait qu’en aussi peu de pages, avec autant de personnages clés, avec un huis-clos et tous les ingrédients qui vont avec, Harry Crews ait parfois du mal à lier sa sauce.

Sans jamais m’embêter une seule seconde, j’ai parfois eu l’impression que ça partait dans tous les sens.

Dans tout les cas, il faut sans doute être amateur du style de Harry Crews pour l’apprécier à sa juste valeur. Et j’apprécie l’auteur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

La voix secrète : Michaël Mention

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Titre : La voix secrète

Auteur : Michaël Mention
Édition : 10-18 (01/01/2017)

Résumé :
Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe. Dans un Paris rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants, issus des quartiers miséreux. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, et son adjoint vers Lacenaire, le célèbre poète assassin.

Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et rédiger ses Mémoires.

Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide de le solliciter, au grand dam de son adjoint, dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse.

Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation. Cette collaboration les entraîne dans les coulisses d’un Paris mystérieux et malsain.

voix-secrete-la-michael-mention-la-fantascopeCritique :
La force de Michaël Mention c’est qu’il change de genre à chaque roman, qu’il surprend ses lecteurs, arrivant là où on ne l’attend pas.

Michaël Mention peut aussi se targuer de m’avoir entrainé en Angleterre, dans les traces de l’Éventreur du Yorkshire, de m’avoir fait vibrer en me retranscrivant un match de foot, de m’avoir fait hurler de joie en saquant certains médias et de m’avoir fait claquer des dents, en Australie, par 50C° à l’ombre.

Là, il m’a fait soupirer d’aise de ne pas avoir vécu à Paris en 1835 ! Celui-là, on aurait pas trop envie de le visiter…

Pour la peine, en lisant comment les ouvriers étaient traités, combien d’heures ils prestaient et quelles misérables sommes ils gagnaient, je me sens riche, protégée et je bénis les avancées des syndicats ! sans oublier qu’à cette époque là, les gosses travaillaient aussi. Enfin, les miséreux.

Lacenaire le mercenaire ! Je ne connaissais pas ses faits et gestes, mais j’en sais un peu plus sur le lascar en ayant suivi une enquête sur ce qu’on appellerait maintenant un Copycat, sauf que le copieur, c’est des enfants qu’il tue, et pas de manière « propre » (si tant est qu’il peut exister une manière propre de tuer des gosses).

Le style d’écriture de Mention est bien là, c’est le sien, on ne s’y trompe pas. Là aussi il a dû bosser sa copie parce que tout est réaliste dans ce Paris de 1835, en hiver. Manquerait plus que le son et l’odorama et on frôlerait la perfection.

Mais on se passera des puanteurs de la ville, de ses abattoirs, de ses Halles, l’auteur nous plongeant déjà assez comme ça dans le réalisme !

Bien entendu, l’auteur mêle ici la réalité à la fiction, mais avec un tel brio qu’on ne sait plus où est la fiction, tant on se sent immergé dans l’Histoire avec un grand H. À tel point qu’on penserait bien que le récit fictionnel se retrouvera dans Wiki tant il est criant de réalisme.

Un roman historique noir, une plongée directe dans la misère des rues de Paris, une plongée dans ses lieux non fréquentables, du moins en haut-de-forme, une immersion dans ses lieux où trimait des pauvres gens, des esclaves, une fracture immense entre les riches et les pauvres, entre ceux qui ne demandait que le nécessaire à ceux qui possédaient le superflu…

Un roman où l’enquête sur leurs meurtres sordides frôle la politique, jamais loin, n’ayant pas envie que des émeutes éclatent, voulant à tout prix se protéger du scandale, ne voulant pas perdre ses privilèges.

Un roman où tout n’est pas toujours ce que l’on pense et où le lecteur pourrait se perdre en sympathisant avec Lacenaire qui n’est pas le pire, dans cette histoire (ni dans l’Histoire) ou en ne voulant voir que ce qu’on veut lui faire voir.

Une fois de plus Michaël est reçu avec Mention en nous proposant un polar noir historique loin de ses sentiers habituels, mais toujours avec sa plume unique et ses petites piques qui font mouche.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Retenir les bêtes : Magnus Mills

Retenir les bêtes - Magnus Mills 2

Titre : Retenir les bêtes

Auteur : Magnus Mills
Édition : 10-18 (2002)

Résumé :
Entrez dans le monde de Tam et Richie, austères travailleurs écossais. Deux types bougons et paresseux, mais bien décidés à filer au pub tous les soirs contre vents et marées.

Voici que nos deux compères, avec leur nouveau contremaître, commencent à révéler au grand jour des profondeurs cachées.

Expédiés sur un chantier en Angleterre par leur patron Donald, ils vont solder définitivement le compte de leurs clients tout en restant invariablement cramponnés à leurs petites habitudes, jusqu’au jour où le Destin viendra les frapper à leur tour. Les brillants débuts d’un écrivain au talent inquiétant !

Critique :
♫ L’patron m’a dit d’monter sur la colline, de l’attendre avec toutes mes bobines de fil ♫ J’ai monté les piquets et j’ai creusé tant que j’ai pu ♪ Les fils de fer on les a tendu, tendu ♪ Aie aie aie ♫

Ne vous fiez pas à la clôture en barbelé mal fichue de l’image, nos héros sont des spécialistes de la clôture à forte tension, ce qui veut dire des piquets alignés et des fils d’acier tendus à l’extrême.

Non, ceci n’est pas un Poisson d’Avril qui viendrait en juin, je viens bien de lire un roman où des types travaillant pour une société écossaise montent des clôture, creusent des trous et tendent des fils d’acier.

Un boulot assez répétitif, en somme, le leur. On creuse un trou avec sa pelle (un beau trou), on plante le piquet, on tend un fil entre deux piquets et on aligne les autres dessus. Ensuite, on met les fils et on les tend le plus possible.

J’oubliais qu’entre deux piquets, on fait une pause clope et que nos deux zozos écossais sans kilt (Tam et Richie), vaut mieux les surveiller comme le lait sur le feu sinon le travail avancera moins bien, leur contremaître (anglais, lui) l’a bien remarqué.

Au début, Tam et Richie marchaient à la baguette, accomplissant leur besogne comme Donald l’aurait aimé, mais je savais que cette frime ne ferait pas long feu. Ils préféraient appliquer dans le travail une approche plus libérale, attaquant leurs tâches comme elles se présentaient plutôt que dans un ordre déterminé.

Hélas, on ne peut pas dire qu’il sache y faire avec eux, pas comme leur Big Boss, Donald, qui lui, d’un seul regard, fait activer nos deux Laurel et Hardy de la clôture à forte tension.

Tam et Richie, on peut dire qu’en plus d’être des loosers assoiffés et des champions de la crasse, ce sont aussi les roi de la pause clope ou pause tout court.

— Bon, dis-je. Vous voulez bien finir de trier ces machins ?
— Pas spécialement, fit Richie.
Je tentai une approche différente.
— OK. On range et après on va chez M. McCrindle.
— C’est quand la pause ?
— Vous venez de la faire.
— Quand ?
— Quand vous avez déjeuné.
— Ah bon.
— On peut s’en fumer une petite, d’abord ? dit Tam.
— Si vous voulez.

Ah, parfois on rompt la monotonie du « planté du piquet » en tuant le client, sans le faire exprès, bien entendu. Et puis, ben ensuite, on l’enterre, ni vu ni connu et terminer la clôture.

Quoi qu’il en soit, ses paroles s’estompèrent quand il tomba dans les pommes. Je m’avançai pour le rattraper et découvris combien il est difficile de maintenir sur ses jambes quelqu’un qui n’en a plus envie. Je l’appuyai à la clôture. M. McCrindle avait l’air tout surpris. Ses yeux étaient écarquillés, mais, apparemment, il était mort.

— Qu’est-ce qu’on fait de M. McCrindle ?
— Eh bien, dis-je, on n’a qu’à l’enterrer.
Ce fut ma première grande décision en tant que contremaître.

Parfois, on est même tenté d’aller manger à un autre râtelier que celui de son patron et, tout en montant la clôture pour le chef, on va en faire une autre pour un autre type, avec tous les problèmes que ça peut entrainer…

Il faut prendre ce titre avec toute son ironie. Les bêtes en question qu’il faut retenir sont nos deux jeunes loosers écossais, Tam et Richie pour lesquels l’essentiel dans la vie est de ne pas rater la fermeture du pub. Et ça ferme tôt les pub en Angleterre.

C’était un samedi soir typique d’un bourg anglais. Les foules se déplaçaient de pub en pub comme un troupeau de gnous à la saison des pluies.

Les problèmes vont commencer dès les premières pages, quand leur Big Boss les envoie tous les trois faire une clôture en Angleterre et Tam déteste les anglais… Leur contremaitre nommé depuis peu va avoir fort à faire pour motiver ses troupes.

Ce court roman est assez répétitif dans ses actions : le planter du piquet, les pauses, le briquet qu’on cherche dans le pantalon, les réveils difficiles, les pintes au pub, mais ce qui est jubilatoire, ce sont les dialogues et l’humour noir de gris qui parsème les pages.

— Comment va-t-il ? dis-je.
— La question n’a pas de sens. Il est mort.
Il me prit le manche et l’inséra dans la tête du marteau. Il avait du jeu.
— Ça m’étonnerait, dit-il, qu’on paie cette facture-là.

Une sorte de métro-boulot-dodo à la sauce des planteurs de piquets : réveil-thé-boulot-pause-boulot-pause-boulot-pause-boulot-pub-bières-dodo.

Ils se tuent à la tâche tous les jours, même le dimanche, même le jour du réveillon de Noël et n’aspirent qu’à une chose : terminer la journée de travail, s’asseoir au pub et boire de la bière, même si pour ça il faut faire quelques kilomètres !

Et le vendredi, c’est le gros lot parce que nos deux amis se lavent les cheveux (qu’ils ont longs) ! Se raser ? Non, pourquoi ? Laver nos assiettes sales et maintenir la caravane propre ? Heu, faut pas trop en demander non plus !

Un roman qui te donne une grande bouffée d’air frais, exposé ainsi que tu es aux vents écossais et ensuite anglais, sans oublier qu’après sa lecture, tu seras un pro de la pose de clôture à forte tension !

Et un pro de la disparition des corps aussi.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Django Unchained : Quentin Tarentino [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 8/52]

Django Unchained ou Django déchaîné au Québec et au Nouveau-Brunswick est un western américain écrit et réalisé par Quentin Tarantino, sorti en 2012.

Nommé pour cinq Oscars dont celui du meilleur film en 2013, le film est récompensé à deux reprises ; meilleur acteur dans un second rôle pour Christoph Waltz et meilleur scénario original pour Quentin Tarantino.

Doté d’un budget de 100 millions de dollars, le film rapporte plus de 425 millions de dollars au box-office, ce qui en fait le meilleur succès commercial de Tarantino.

1. Synopsis :
Texas, 1858. Il raconte l’histoire de Django (Jamie Foxx), un esclave noir et du docteur Schultz (Christoph Waltz), chasseur de primes qui promet de libérer Django et de lui donner une petite récompense pécuniaire, si ce dernier l’aide à arrêter trois fugitifs recherchés.

Une fois libéré, Django part alors à la recherche de sa femme, Broomhilda, alors qu’ils ont été séparés quelques années plus tôt en tentant de fuir leur ancien lieu d’esclavage.

Il est alors accompagné de Schultz, qui s’est noué d’amitié avec Django et qui souhaite l’aider.

2. Fiche technique :

  • Titre original : Django Unchained
  • Titre québécois : Django déchaîné
  • Réalisation et scénario : Quentin Tarantino
  • Budget : 100 000 000 de dollars
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Langue originale : anglais (quelques dialogues en allemand et français)
  • Format : couleur – 35 mm – 2,35 : 1
  • Genre : western
  • Durée : 165 minutes
  • Dates de sortie :
    •  Canada États-Unis : 25 décembre 2012
    •  Belgique,  France,  Suisse romande : 16 janvier 2013

3. Distribution :

  • Jamie Foxx : Django
  • Christoph Waltz : docteur King Schultz
  • Leonardo DiCaprio : Calvin J. Candie
  • Samuel L. Jackson : Stephen
  • Kerry Washington : Broomhilda von Shaft
  • Laura Cayouette : Lara Lee Candie-Fitzwilly, la sœur veuve de Calvin
  • Dennis Christopher : Léonid « Léo » Moguy, avocat de Calvin J. Candie
  • Walton Goggins : Billy Crash
  • James Remar : Ace Speck et Butch Pooch
  • Don Johnson : Spencer Gordon « Big Daddy » Bennet

Ce que j’en ai pensé :
Putain, c’était de la balle ! Voilà un bon western de Tarantino ! Avec des dialogues extras, de l’action, de la profondeur, et des Méchants magnifiques.

Les premières images sont dures, on y voit un convoi de quelques esclaves Noirs conduits par deux cavaliers, ils sont enchaînés l’un à l’autre et marchent difficilement. Il fait froid, c’est la nuit, et ils n’ont qu’une pauvre couverture sur leur torse nu.

La scène suivante donne envie de rire car une carriole surmontée d’une molaire énorme qui tangue sur son ressort apparaît devant les deux cavaliers.

La suite sera violente… Et les répliques du docteur King Schultz, le dentiste, sont un mélange de décontraction à la Mentalist et de petits sarcasmes, le tout servi par une précision de tir à la Lucky Luke.

Schultz aux esclaves : Quant à vous, pauvres diables, si vous voulez mon sentiment au sujet de ce qu’il convient de faire maintenant, s’offre à vous messieurs deux solutions. Première solution : dès que je disparait, vous retirez la bête de la jambe du Spek survivant pour emporter celui-ci dans la ville voisine qui se trouve bien à… 60 km en rebroussant chemin. Deuxième solution, vous vous débarrassez de vos chaines, vous prenez ce fusil, vous lui mettez une balle dans le crâne, vous enterrez bien les deux cadavres et ensuite vous vous dirigez vers les régions les plus évoluées de ce pays. A vous de choisir. Oh et si d’aventure, il se trouve parmi vous des fanas d’astronomie, je vous rappelle que l’étoile polaire indique le nord. Salut !

Je ne dirais pas que le film est un film sur  l’esclavagisme, loin de là.

Certes, nous avons des scènes de racisme primaire, qui, à l’époque où nous nous trouvons (1858) était logique pour la majorité des Blancs… mais je crains bien que les propriétaires terriens n’aient jamais organisé des combats entre leurs ouvriers Noirs.

Ils avaient une valeur marchande et, financièrement parlant, c’eut été un risque trop grand que de les faire combattre tels des gladiateurs dans une arène ou une sorte de ring de boxe. Mais bon, ces combats ont leur raisons d’être dans le film.

J’ai eu un gros faible pour le Dr Schultz (Christoph Waltz, le Grand Méchant dans « 007 Spectre ») qui, ici, a un rôle dans la mesure de son talent.

Le dialoguiste n’était pas parti en vacances et j’ai souvent ricané devant les énormités qu’il sortait, l’air tout tranquille. Et le pire, c’est qu’il avait raison en tout point, le docteur chasseur de primes.

Le Dr Schultz n’est ni tout blanc, ni tout noir. Il a beau ne pas cautionner l’esclavagisme, s’il a libéré Django, ce n’était pas par grandeur d’âme, mais parce qu’il a besoin de lui.

Pourtant, au fur et à mesure de leur étroite collaboration, c’est de l’amitié qui va naître entre eux.

Django, lui, il est sexy en diable et va lui aussi devoir jouer un rôle qu’il n’aimera pas afin de tenter de sauver sa belle. Et puisque la fin justifie les moyens, il devra mordre sur sa chique et se faire cracher dessus par ses semblables (en plus des Blancs).

Mais le meilleur, ce fut sans nul doute Leonardo Di Caprio dans le rôle de Calvin J. Candie, un salopard au sourire mielleux, un gars qui peut passer du sourire au rictus le plus haineux, un rôle comme je les aime pour le beau Roméo qui m’avait fait chavirer à l’époque.

Entre lui et Django, ce ne sera pas toujours du gâteau niveau relations et nous donnera des répliques telle que celle qui énerva les hommes de main de Candie :

Calvin Candie : Je suis curieux de savoir ce qui fait de toi un si grand expert.
Django : J’suis curieux de savoir pourquoi vous êtes si curieux de savoir.

Son retour à la propriété, avec son staff, ses esclaves combattants, Django et le Dr Schultz a laissé des traces dans mes jambes tellement mes mains se sont agrippées à mes cuisses durant la scène entre Calvin Candie, D’Artagnan et les trois bergers malinois. J’avoue avoir fermé les yeux devant l’horreur.

La scène avec le crâne de l’Oncle Ben est à flipper elle aussi et j’ai reculé de peur que le beau Leo ne me postillonne dessus tant il était entré dans une colère noire.

Sérieusement, il faisait peur, sa voix était remplie de haine, mais avec un ton maitrisé, une colère froide, une colère qui vous donne envie de foutre le camp sous la table.

Quand Candie (Leo) frappe sur la table, cassant quelques morceau du crâne, et bien, le beauDiCaprio s’est réellement blessé à la main gauche.

Ce n’était pas de l’hémoglobine ketchup Heinz mais du vrai sang et notre beau Leo, imperturbable, a continué de jouer la scène malgré sa blessure.

Les autres acteurs, perplexes, ont continué de jouer. C’est son véritable sang qu’il étale sur le visage de Kerry Washington.

Un acteur que je n’avais pas reconnu, c’est Samuel L. Jackson dans le rôle du vieil esclave noir et homme de confiance de Candie, Stephen. Je le surnommerais bien « Bounty » parce que bien que Noir à l’extérieur, il était devenu Blanc à l’intérieur.

Dr Schultz : Monsieur Calvin, normalement je devrais vous dire « Auf wiedersehen ». Mais attendu qu’auf wiedersehen signifie en réalité « jusqu’au revoir », et attendu monsieur que je n’ai nul désir de vous revoir, je me contenterai de vous dire Adieu.

Bon, on ne peut pas dire que le Blanc en sortira grandi puisque, hormis le Dr Schultz – qui est d’origine Allemande et pas Américaine – dans le film, tous les Blancs sont des salauds et il n’y a pas la demi-mesure de celui qui s’en lave les mains ou qui est neutre.

Allez, je soulignerai une erreur : Alfred Nobel a inventé la dynamite en 1866, en 1867, il dépose le brevet. Nous sommes en 1858 alors faudra m’expliquer comment Django peut utiliser ce petit bâton qui fait boum-boum…

Ah, autre petit détail… C’est ultra violent et je me dis qu’il y avait moyen de faire la même chose sans cette profusion d’hémoglobine qui explose partout dès qu’une balle entre dans le corps d’une personne.

Ça gicle tant et si bien qu’à la fin du visionnage, j’ai dû essuyer l’écran du PC, le clavier, mon visage… Putain, Tarantino a repeint une baraque en rouge, quasi !

En résumé :  de l’action, des dialogues aux petits oignons, une bande-son qui mérite son nom et qui porte la marque de l’Ennio (même si tirée d’anciens films), des personnages excellents, tous bien dans leurs rôles et un film qui se regarde d’une traite, sans même voir le temps passer.

Étoile 4

« Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, le Challenge « Victorien » chez Camille, le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

L’évangile des ténèbres : Jean-Luc Bizien [LC avec Stelphique]

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Titre : L’évangile des ténèbres

Auteur : Jean-Luc Bizien
Édition : Toucan (2011)

Résumé :
Seth Ballahan, rédacteur en chef d’un quotidien américain, apprend que Michaël Wong, l’un de ses collaborateurs, est piégé en Corée du Nord.

Face à l’absence de réaction de se hiérarchie, Ballahan voit rouge. Contre vents et marées, il décide de secourir le jeune Wong.

Dans Pyongyang, la capitale fantôme où les hommes ne sont que ces ombres, il cherche de l’aide auprès de Suzan, ravissante correspondante d’une O.N.G. canadienne.

C’est alors que le Mal absolu surgit : un tueur monstrueux laisse dans son sillage une longue suite de cadavres atrocement mutilés. Paik Dong-Soo, brillant militaire nord-coréen, se lance sur ses traces. Ils se retrouveront tous, à l’issue d’un parcours halluciné, en un lieu oublié.

Celui qu’annonce l’Évangile des ténèbres…

ev_teneCritique du Cannibal Lecteur : 
Me voici de retour, saine et sauve, de ma petite virée dans le pays du Cher Leader, autrement dit Kim Jong-Il et de son rejeton, Kim Jong-un (qui n’était pas encore sur le trône au moment de l’action du roman).

Deux enquêtes : d’un côté, celle de Seth Ballahan, rédacteur en chef américain parti à la recherche de Michaël Wong, disparu en Corée du Nord et de l’autre, celle de Paik Dong-Soo, officier coréen (du Nord) qui recherche un tueur.

Ce que j’ai aimé ? La partie se déroulant en Corée du Nord (et j’en ai eu pour mon argent).

Là, rien à dire, j’en ai appris plus que si j’avais acheté un Guide du Routard. La misère des gens est grande, la famine y a fait des ravages, les habitants sont endoctrinés et tenu serré en laisse. Une horreur de vie…

Adoré frissonner avec les premiers moments passés avec le chasseur, quand il traque et éviscère ses proies. Un homme sans pitié, sans empathie, un psychopathe, un tueur froid et implacable. Mais de là à lui donner le titre de « Mal absolu » dans le 4ème de cover, il y avait un pas à ne pas franchir !

J’ai aimé aussi tous les passages avec le jeune Michaël Wong et celui qu’il nomma le monstre. On ne sait pas qui il est et le mystère était total.

Là où le bât à blessé sérieusement ?? Le personnage de Seth Ballahan m’est sorti par les trous de nez ! Lui, c’est LA caricature de l’américain, imbu de lui-même, soupe au lait, égocentrique, macho, con, tête brûlée, rempli de préjugés et persuadé de sa toute puissance. Il était en Corée du Nord et il croyait qu’il ferait bien tout seul, ce gros imbécile prétentieux !

À lui tout seul il a failli faire tout capoter au moins 36 fois, regardait tout le monde de haut et l’entendre parler ou penser me donnait envie de lui éclater la cervelle qu’il n’avait pas.

Purée, c’est sur un coup de tête (et de sang) qu’il a décidé de partir récupérer le jeune Wong en Corée. Quel imbécile ! On ne part pas en Corée du Nord comme on va à Disneyland. Bref, si l’auteur a voulu qu’on le déteste, c’est réussi.

L’enquête de Paik Dong-Soo était haletante, le personnage agréable à souhait, tenace, prêt à tout pour faire éclater la vérité, alors que bon, dans son pays, c’est assez risqué !

Par contre, la fin était, pour moi, totalement bâclée ! Comme si l’auteur, dans les dernières lignes, s’était dit « Mon dieu, je ne leur ai pas donné l’explication »… Allez hop, viens-y que j’te ponde maximum 10 lignes pour résumer l’affaire, sans même que l’on sache QUI était le tueur. Cool… *ironie*

Autre soucis, le style de l’écriture qui avait tendance, à certains moments, à diminuer en qualité. Le petit ressort de « la voix dans la tête » revient trop souvent et des mots comme « Monstre ou démon » sont trop utilisés, ils perdent de leur force à la fin.

Et Seth, bordel de dieu, qui continuait toujours sur le même registre !!

Au fait, j’ai pas croisé d’évangile des ténèbres, moi, dans le récit ? J’aurais sauté une page ? Une ligne où on en parle ??

Bon, ceci ne m’empêchera pas de continuer à lire la trilogie pour voir ce que les autres me réservent : même soupe ou avec une pointe de crème pour relever le goût ??

Étoile 2

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016).

Pourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique) :
Avec ma chère binôme de lecture Cannibal Lecteur, nous avons suivi les bons conseils de Smadj (et son influence contagieuse), qui souhaitait nous voir disséquer Bizien et sa trilogie des ténèbres…..

Synopsis :
Seth Ballahan, rédacteur en chef d’un quotidien américain, apprend que Michaël Wong, l’un de ses collaborateurs, est piégé en Corée du Nord. Face à l’absence de réaction de se hiérarchie, Ballahan voit rouge.

Contre vents et marées, il décide de secourir le jeune Wong. Dans Pyongyang, la capitale fantôme où les hommes ne sont que ces ombres, il cherche de l’aide auprès de Suzan, ravissante correspondante d’une O.N.G. canadienne.

C’est alors que le Mal absolu surgit : un tueur monstrueux laisse dans son sillage une longue suite de cadavres atrocement mutilés. Paik Dong-Soo, billant militaire nord-coréen, se lance sur ses traces. Ils se retrouveront tous, à l’issue d’un parcours halluciné, en un lieu oublié. Celui qu’annonce l’Evangile des ténèbres….<

Les personnages :
Paik Dong-Soo, j’ai beaucoup aimé ce personnage. Même dans son regard posé sur la nature, c’est un insoumis dans l’âme, après il fait avec les moyens du bord, mais je l’ai trouvé convainquant en tant qu’enquêteur !

Seth Ballahan,  je l’aurai bien giflé à bien des reprises pour tout cet assemblement de défauts!!!!On peut même dire qu’il les collectionne!!! « -Faut croire que la connerie, c’est dans les gènes! », ben lui, il a sacré package génétique!!!!!Malgré tout, l’humain est perfectible (mmmhh, pourquoi je sens un doute là?!!! ), bon , et bien disons qu’on peut faire évoluer les personnages, et j’ai aimé son « amélioration » au fil des pages, je me dis que peut être à la fin de la trilogie, on va sans doute l’adorer….

>Le « Chasseur », chacune de ses interventions vous plongent dans des abimes de sang…..« Dans sa tête, des créatures célestes entamaient un chant révolutionnaire sublime, qu’il reprit à voix basse. « 

Ce que j’ai ressenti :… Une ballade dépaysante…

On tue un homme, on est un assassin.
On tue des milliers d’hommes, on est un conquérant.
On les tue tous, on est un dieu.

Première impression comme ça à chaud, j’ai du mal à m’expliquer le titre. Pour ce qui est des ténèbres, ouais, jusque là j’ai suivi, on peut carrément dire que ça colle, mais L’évangile ????!!!!^^…

Une trilogie, donc, des ténèbres, avec ce premier tome, on traverse déjà un long parcours effroyable et sombre, au fin fond de la pire cruauté humaine. Difficile de reprendre son souffle dans ses pages! Et ça attaque dès le prologue!!!!Il faut s’accrocher, ou plutôt avoir un cœur (à moins que ce ne soit un rein???!!!) à toute épreuve! Certains passages sont insoutenables, on sent l’horreur du régime totalitaire, et en fait, si on en apprend pas tant que ça en terme de sévices et immondices, puisque nous l’avons vécu dans l’Europe, on est juste horrifié de voir un tel calvaire se dérouler encore de nos jours sur notre planète.

Faut vraiment croire que l’Histoire continuera de se répéter encore et encore, et que ce sont, bien sur, les innocents qui en pâtiront. C’est donc avec tristesse et fatalisme que nous découvrons une Corée du Nord en proie à un dictateur impitoyable, et je peux vous dire que ça vous remue les tripes de lire que l’eugénisme, la folie des grandeurs, les camps de concentrations et autres horreurs sont encore en vigueur de nos jours…Le spectre et les ambitions de Hitler n’ont pas fini de nous hanter……

— Que savez-vous de lui ? l’interrogea-t-elle.
— Pas grand-chose, avoua Seth.
— Kim Jong était tout jeune quand il a perdu sa mère. Il n’a jamais connu l’amour maternel.
— Et alors ? intervint Seth. Si tous les mômes qu’on n’a pas dorlotés devenaient des dictateurs… Ce n’est quand même pas parce qu’on ne l’a pas suffisamment bercé qu’il a décidé d’asservir tout un peuple !

En cela, je trouve que l’auteur s’est admirablement débrouillé! Son cadre, l’ambiance lourde et pesante, la qualité de ses personnages également sont vraiment des points forts de ce roman! Il nous tient en haleine par des chapitres courts, efficaces, saisissants.Oui, mais voilà, le thriller en lui même ne m’a pas complètement convaincue. Il a tellement soigné son atmosphère, et, est parti tellement fort dans sa première partie de roman, que je reste un peu sur ma faim, à la fin…..

« Il fallait dominer la peine, l’asservir, la réduire à néant. « 

Sans spoiler, j’ai trouvé son « Chasseur » très bien mis en scène, il a une vraie carrure, (un monstre comme on les aime), mais pour ma part, j’aurai aimé une fin plus travaillée, plus d’explications sur ses réelles motivations, car s’il garde tout son mystère du fait qu’il ne soit jamais identifié, on pourrait au moins en savoir plus sur sa psychologie….

J’ai trouvé que ça se finissait sur une pirouette un peu grosse, et pour nous avoir mener aussi loin avec toute la richesse de son univers, Jean-Luc Bizien aurait pu, nous offrir un final en apothéose…

On démarre si bien, que ça nous laisse en bouche une pointe d’amertume sur le final. Bon après, c’est moi qui bloque sur les fins, elle pourra convenir à bien des lecteurs, mais pour mes attentes, ça a été un peu décevant…

Bon, ça ne m’empêchera de poursuivre avec ma binôme, cette trilogie!!!Je suis très impatiente de retrouver les acteurs des ténèbres, en espérant que les prochains tomes soient tout aussi riche en matière, et leur final plus explosif !

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

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