4. Gédéon Theusmanie ? [Sherlock Holmes]

Non, dites plutôt « J’ai des honteuses manies »…


Watson évoque « Holmes, en proie à une humeur bizarre ». Son comportement est déconcertant et fantasque, parfois même inquiétant.

Du point de vue « colocataire », Holmes est le genre de personne avec lequel on ne voudrait pas partager un meublé !

Holmes a ses habitudes, des habitudes strictes et rigoureuses. Du moins, dans sa vision à lui… Celle qui n’a rien à voir avec la votre.

Si au début de leur association, Watson les a considérées comme « normales et faciles à vivre », il les a ensuite vite requalifiées « d’excentriques et d’anormales« .

Holmes est un des hommes les moins ordonnés qu’il ait connu et Watson dit de lui « Qu’il aurait jeté hors de ses gonds n’importe quel compagnon d’existence ».

  • Il a une vie de bohème (pour un p’tit scandale horizontal avec Irene ?)
  • Il s’entraîne au tir au revolver dans son salon (on en reparle plus bas)
  • Il a horreur de détruire des documents
  • Il range ses cigares dans un seau à charbon
  • Son tabac est stocké au fond d’une babouche persane
  • Sa correspondance, en attente de réponse, est fichée sous la lame perforatrice d’un couteau à cran d’arrêt, en plein milieu de la tablette de la cheminée
  • Son incroyable manque de soins
  • Sa prédilection pour la musique à des heures que tout un chacun réserve au sommeil
  • Entraînement au revolver en chambre
  • Expériences scientifiques aussi étranges que malodorantes
  • Ambiance de violence et de danger qui l’entoure

Toutes ces choses font de lui le pire des locataires de Londres. Mais sans ses dossiers, ses analyses chimiques, son désordre habituel, il n’est pas à l’aise.

Oui, oui, je ne vous racontais pas des carabistouilles plus haut : Holmes s’est entraîné au tir au revolver dans son salon.

Assis dans un fauteuil avec son instrument à double détente et une centaine de cartouches, il a dessiné avec les balles les initiales royales « V. R. »  pour Victoria Regina dans le mur ! Une reine en forme de trou de balle, en quelque sorte !

Le « VR » du musée Sherlock Holmes – Baker Street – London

Comme je le disais plus haut, Holmes a aussi parfois un rapport ambigu avec la loi qu’il incarne et l’ordre établi. Il a déjà joué au juge, faisant de Watson le jury et laissé partir un criminel et un voleur, faisant carrément fait sa propre justice personnelle.

Notre détective fait des descentes régulières dans les bas fonds londoniens, dans l’East End et a fréquenté, pour les besoins d’une enquête qu’il a dit, une fumerie d’opium.

Il s’est livré à des expériences chimiques dangereuses, parfois sur lui même (ses mains sont brûlées par l’acide) et a expérimenté le tabassage en règle sur les cadavres, dans les salles de dissection.

Stamford (un infirmier que Watson avait eu sous ses ordres à Barts) et qui présenta Watson, à Holmes, le lui avait dit dans « Une étude en rouge » :

– Holmes est un peu trop scientifique pour moi, – cela frise l’insensibilité ! Il administrerait à un ami une petite pincée de l’alcaloïde le plus récent, non pas, bien entendu, par malveillance, mais simplement par esprit scientifique, pour connaître exactement les effets du poison ! Soyons juste ; il en absorberait lui-même, toujours dans l’intérêt de la science ! Voilà sa marotte : une science exacte, précise.
– Il y en a de pires, non ?
– Oui, mais la sienne lui fait parfois pousser les choses un peu loin… quand, par exemple, il bat dans les salles de dissection, les cadavres à coups de canne, vous avouerez qu’elle se manifeste d’une manière pour le moins bizarre !
– Il bat les cadavres ?
– Oui, pour vérifier si on peut leur faire des bleus ! Je l’ai vu, de mes yeux vu ».

Ces pratiques sont certes justifiées par les besoins de l’investigation, mais malgré tout, c’est assez morbide

Sherlock BBC en train de battre un cadavre

Par contre, cela prouve que dans le domaine de la science criminelle ou de la police scientifique, Holmes est à la pointe de la technologie et n’hésite pas à faire des expériences pour prouver ou infirmer ses théories.

Lorsqu’il battait des cadavres, Holmes ne faisait que tester intellectuellement et physiquement les faits, sans aucune forme d’émotion.

Dans « Une étude en rouge » (STUD), il était aussi tout content d’avoir trouvé un réactif qui ne pouvait être précipité que par l’hémoglobine, permettant, donc, de déceler une tache faite de sang.

Pour de plus amples informations, je vous renvoie à « La science de Sherlock Holmes » de E.J Wagner, dont j’avais fait la critique (ICI).

Baker Street, salon, musée de Sherlock Holmes – Londres

Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine,  « Mois anglais III » chez Titine et Lou, Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

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3. Holmes travestit… [Sherlock Holmes]

Holmes, un travestit ???

Mais non, bêtes que vous êtes !

Je voulais juste vous signifier que Sherlock Holmes excellait dans l’art du déguisement et était très doué pour se transformer physiquement grâce à du maquillage ou l’utilisation des postiches en tout genre.

Il savait adopter des postures, changer sa voix et prendre des accents.  Avec un rien, il se transformait.

Il s’est même déguisé en vieille dame, une fois, dans « La pierre de Mazarin » (MAZA).

Aujourd’hui une vieille femme. De la journée ils ne m’ont pas quitté d’une semelle.
– Vraiment, monsieur, vous me flattez ! […]
– C’était vous ? Vous-même ?
Holmes haussa les épaules.
– Vous pouvez voir dans ce coin l’ombrelle que vous m’avez si galamment tenue avant que vous ayez soupçonné quoi que ce soit.

holmes femme

Le déguisement de Holmes devait être plus convaincant et mieux réussi que celui de l’acteur Robert Downey Jr (j’apprécie l’acteur, mais pas dans le « Holmes II ».

Oui, Sherlock Holmes a du talent ! Quelques extraits du canon :

  • « Vous auriez pu devenir un acteur, et quel acteur ! » lui lance Athelney Jones dans « Le signe des quatre »(SIGN).
  • « Le théâtre a perdu un merveilleux acteur quand il s’est spécialisé dans les affaires criminelles. Son expression, son allure, son âme même semblent se modifier à chaque nouveau rôle » dans « Un scandale en Bohème » (SCAN).
  • « Je me suis déguisé avec toute la minutie d’un véritable artiste » dans « Le détective agonisant » (DYIN).
  • « Et le vieux baron Dowson a dit à mon sujet, la veille du jour ou il fut pendu, que ce que la loi avait gagné, la scène l’avait perdu. » dans « La pierre de Mazarin » (MAZA).
  • « Il possède au moins cinq refuges dans Londres ou il peut se maquiller et se transformer à sa guise » dans « Peter Le Noir ». (BLAC)

Déguisé, Holmes passe ainsi totalement inaperçu et peut enquêter en toute impunité.

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Holmes en pasteur non conformiste dans « Un scandale en Bohème »

Normal, si on veut faire parler un lad ou un valet d’écurie, vaut mieux être déguisé en un homme appartenant à son milieu et se fondre dans l’atmosphère des lieux en ramassant le crottin ou en flattant la croupe d’une jument, non ?

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Holmes en valet d’écurie, d’après un dessin de Sidney Paget, illustrateur de presse et de littérature anglais, en particulier pour le Strand Magazine. Créateur de l’image du personnage de Sherlock Holmes.

En fait, il est constamment en représentation, il aime surprendre ses clients et son ami Watson, qui lui même n’y voit que du feu et se laisse berner. Il avoue souvent être incapable de se refuser une note dramatique.

Parmi les déguisements cités par Watson, il y a :

  • Un marin (Signe des quatre)
  • Un vieil officier de marine asthmatique (Signe des quatre)
  • Un valet d’écurie ivrogne (Un scandale en Bohème)
  • Un clergyman non conformiste, aussi aimable que simplet (Un scandale en Bohème)
  • Un vieux fumeur d’opium dodelinant (L’homme à la lèvre tordue)
  • Un vulgaire vagabond (le diadème de Béryls)
  • Un homme connu dans l’East End sous le nom de Captain Basil (Peter-Le-Noir)
  • Un jeune plombier libertin nommé Escott (Charles Auguste Milverton)
  • Un vénérable prêtre italien (Le problème final)
  • Un vieux bibliophile voûté (La maison vide)
  • Un ouvrier français mal rasé (la disparition de lady Frances Carfax)
  • Un chômeur ou un vieux « sporting man » (La pierre de Mazarin)
  • Une vielle femme (La pierre de Mazarin)
  • L’espion irlando-américain Altamont (Son dernier coup d’archet)

 

Et niveau fringues??

Argh, non, Holmes ne se balade pas affublé d’un long McFarlane et coiffé d’un deerstalker !! Remisez au placard vos clichés à la con, je vous en remercie et lui aussi !

Et non, Holmes ne ressemble pas à un clodo comme l’acteur Robert Downey Jr l’a laissé penser dans les films de Ritchie.

Non, non, non, pas ce débraillé là ! Jamais en ville, s’il vous plaît !

Holmes, qui avait la propreté d’un chat, ne laissait sans aucun doute ses cheveux pousser dans tous les sens, se coiffait et s’habillait d’une certaine élégance, du genre strict : costume deux pièces (j’aurais aimé voir son autre costume deux pièces, moi), en tweed ou une redingote, de temps en temps, un ulster.

Pour la tête, un chapeau melon ou haut-de-forme, comme tous les hommes distingués de Londres.

Dans la poche du gilet, une montre à gousset avec le souverain offert par Irène Adler accroché à sa chaîne de montre.

Ceci n’est pas tout à fait sa montre… mais elle doit y ressembler !

Lorsqu’il était à Baker Street, dans l’intimité de son meublé, il pratiquait un débraillé qui ne plaisait pas toujours au docteur Watson.

Il lui arrive de vivre en robe de chambre dont il possède plusieurs modèles : une est pourpre, une bleue et une « gris souris ».

Cette robe de chambre ne l’empêche pas de recevoir ses clients, que du contraire. Il est normal d’en porter une sur ses habits. Oui, il n’était pas nu dessous ! Lorsqu’il devait sortir, il se changeait !

Si d’aventure, une enquête devait l’amener dans la campagne, il enfilera (oh oui !) un long manteau gris, un costume de tweed et une casquette de drap qui pourrait être une deerstalker.

Mais UNIQUEMENT pour les enquêtes à la campagne !! Jamais à Londres.

À suivre demain… Vous ferez la connaissance de Gédéon Theusmanie…

Book Illustration Depicting Sherlock Holmes and Dr. Watson in a Train Cabin

Sherlock Holmes par Sidney Paget

Ah, là c’est parfait ! Le costume, le cheveux bien coiffé. Un vrai gentleman !

Ôtez-moi ce ridicule déguisement qui ne vous sied point, monsieur Holmes/Rathbone ! Au moins, la pipe est bonne (oups !)

Holmes, pas cet accoutrement pour la ville de Londres, voyons ! Nous ne sommes pas à la campagne !!

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2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.4 ♫ ROCK’N ROLL ♪ [Sherlock Holmes]

ImageGen.ashx♫ Rock’n Roll ? ♪

Non, Holmes ne dansait pas le boogie-woogie (du moins, pas sans avoir dit ses prières du soir), il ne chantait pas non plus les classiques du rock dans sa salle de bain, hurlant « Irène… mourir d’amour enchainé », mais il pratiquait de la musique !

Holmes possédait un violon Stradivarius qu’il avait acheté pour 55 shillings à un brocanteur de Tottenham Court Road. Vu la somme payée, on peut dire qu’il l’a eu pour une bouchée de pain.

Le détective qui aime le violon,on l’apprend assez vite dans le canon. Avant même de connaître la profession de Holmes ! Oui, dès le premier chapitre des  aventures, dans « Une Etude en rouge » (mars 1881), il en prévient Watson, avant de partager un appartement avec lui :

 — Faites-vous entrer le violon dans la catégorie des bruits fâcheux ? demanda-t-il avec anxiété. (Holmes)
 — Cela dépend de l’exécutant, répondis-je. Un morceau bien exécuté est un régal divin, mais s’il l’est mal !… (Watson)

Mais pas de panique, Watson, Holmes sait jouer du violon !! La preuve…

Il exécutait des des lieder de Mendelssohn à la perfection et Watson nous avouera, dans « La ligue des rouquins » (REDH) :

« Mon ami était un mélomane enthousiaste ; il exécutait passablement, et il composait des œuvres qui n’étaient pas dépourvues de mérite ».

Et il ne s’agit pas d’une simple distraction. Il l’utilise pour réfléchir lors d’une enquête : « La musique allemande… est davantage à mon goût que la musique française ou italienne, elle est introspective et j’ai grand besoin de m’introspecter… » nous apprend-il dans « La ligue des rouquins »(REDH).

Parfois, Holmes semble un peu paresseux dans sa pratique de l’instrument bien qu’il puisse exécuter des morceaux compliqués, toujours selon Watson : « …sur ma prière, il m’avait fait entendre des lieder de Mendelssohn et quelques autres chefs-d’œuvre que j’aimais. Mais il faut l’en prier… il avait ensuite exécuté avec brio une série de mes airs favoris. »

Par contre, il pouvait aussi gratter son violon (connotation sexuelle) de manière anarchique quand il le voulait :

« Livré à lui-même, il faisait rarement de la musique. Pendant toute la soirée, renversé dans son fauteuil, les yeux clos, il grattait négligemment l’instrument posé sur ses genoux. Les accords qu’il en tirait ainsi, sonores ou mélancoliques, fantastiques ou gais, reflétaient avec clarté les pensées qui l’obsédaient […] »

Il aime les motets de Roland de Lassus, les œuvres de Wagner, de Chopin, la musique de chambre….

Holmes se déplace volontiers pour aller entendre un artiste : la violoniste Norman-Néruda, les frères de Reszké ou une œuvre qui lui plaît de Wagner, de Chopin…

« Il faudra faire vite. Je veux aller au concert de Hallé, cet après midi, pour entendre Norman Neruda… (…) Ses attaques et son coup d’archet sont magnifiques. Quelle est donc la petite chose de Chopin qu’elle joue si admirablement ? Tra la la lira lira lay. » dans « Une étude en rouge » (STUD)

Citons aussi « Les Huguenots » de Meyerbeer dans « Le chien des Baskerville » (HOUN) et « Tristan et Yseult » de Wagner dans « L’aventure du cercle rouge » (REDC)

Oui, en plus d’être un amateur éclairé en tant que violoniste, Sherlock Holmes aime entendre la musique de chambre (non, pas cette musique à laquelle vous pensez ! S’il a écouté une femme crier de plaisir, il s’est bien gardé de nous en parler).

Le canon holmésien regorge de musique…

Les cinéastes et les producteurs de téléfilms n’ont jamais manqué de représenter leurs Holmes muni de cet instrument.

Robert Downey Jr dans le film « Sherlock Holmes » de Ritchie

Jeremy Brett dans « Sherlock Holmes » de la Granada. Ne sachant pas jouer du violon, il faisait semblant.

À suivre avec « Holmes travestit » !

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2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.3.1 Mister Sherlock et Docteur Holmes [Sherlock Holmes]

Mister Sherlock et docteur Holmes… Détective Holmes et Mister Sherlock…

Petite digression dans les articles « Amour, drogue, sexe et rock’n roll » pour vous expliquer la dualité du détective Holmes… qui aurait fait un super cambrioleur Sherlock !

Son rapport avec le monde criminel est très ambigu et nous dévoile, en filigrane, l’autre face du héros : le Holmes criminel.

Le détective entretient un rapport particulier avec la criminalité et avoue : « J’ai toujours eu l’idée que j’aurais fait un criminel de très grande classe ».

Les allusions à sa possible criminalité sont relativement fréquentes et on se dit que si Holmes avait choisi le mauvais chemin, il aurait fait un malfrat de grande envergure.

Pensées partagées par le docteur Watson et même les inspecteurs de Scotland Yard. Ils savaient que Holmes aurait fait « un bien dangereux criminel s’il avait tourné sa sagacité et son énergie contre la loi, au lieu de les exercer pour sa défense ». (« L’interprète grec »).

Ne nous voilons pas la face, le crime fascine. Moi-même je suis attirée par lui depuis toujours, lisant des romans policiers et bavant devant Jack l’Éventreur.

Holmes ressent une sorte d’attraction et de fascination pour le crime et notre détective n’a jamais hésité à imiter, à incarner ceux qu’il traque, à se mettre dans leur peau.

Inquiétantes dispositions, n’est-il pas ? Pour ceux qui auraient encore des doutes, nous avons un faisceau de preuves qui indiquent que Holmes n’a jamais hésité à danser sur la corde raide, bien que selon lui, ce soit toujours pour la bonne cause de la résolution de l’affaire.

  • Il possède l’attirail complet du cambrioleur professionnel et n’hésite pas à s’en servir avec dextérité, pour entrer par effraction, forcer serrures et coffres. Attention, bien qu’il n’hésite pas à utiliser des méthodes illégales, c’est pour une juste cause, à ses yeux comme dans « Les Plans du Bruce Partington » (BRUC) et « Charles Auguste Milverton »(CHAS)
  • L’identification est également psychologique puisque notre détective a avoué lui-même « se mettre à la place du coupable en s’efforçant d’imaginer comment il aurait lui-même agi dans des circonstances analogues » dans « Le Rituel des Musgrave »(MUSG).
  • Son attirance pour le monde criminel pouvait même aller jusqu’à l’empathie totale. Watson évoque même une « force démoniaque » dans « La Deuxième tache » (SECO) et un inspecteur de Scotland Yard, ébahi par ses facultés quasi divinatoires et surnaturelles, le traite de « sorcier » ou l’interpelle « vous êtes donc le diable ! »
  • Enfin sa confrontation avec Moriarty démontre à Holmes qu’il peut être indifféremment détective ou assassin. Ne dit-on pas que Moriarty était une sorte de Holmes passé du mauvais côté de la barrière ? À les voir, on penserait que le professeur est un Jedi ayant sombré du côté obscur de la Force.
  • Holmes révèle dans sa complexité, sa conscience de se maintenir à la frontière entre légalité et illégalité, bien et mal. Et son coté obscur n’est jamais très loin…
  • Il a parfois tendance à faire sa propre justice ou assouvir une vengeance personnelle, notamment dans « Les cinq pépins d’orange » (FIVE) et « Les trois Garrideb » (3GAR).

Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, « Mois anglais III » chez Titine et Lou,  Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.3 Drogues [Sherlock Holmes]

imageEn ce qui concerne la drogue, Holmes en prenait. Une solution à 7% de cocaïne.

Vous ne me croyez pas ?? Voyez cet extrait du « Signe des Quatre » (SIGN) :

Sherlock Holmes prit la bouteille au coin de la cheminée puis sortit la seringue hypodermique de son étui de cuir. Ses longs doigts pâles et nerveux préparèrent l’aiguille avant de relever la manche gauche de sa chemise. Un instant son regard pensif s’arrêta sur le réseau veineux de l’avant-bras criblé d’innombrables traces de piqûres. Puis il y enfonça l’aiguille avec précision, injecta le liquide,et se cala dans le fauteuil de velours en poussant un long soupir de satisfaction.

Depuis plusieurs mois j’assistais à cette séance qui se renouvelait trois fois par jour, mais je ne m’y habituais toujours pas. Au contraire, ce spectacle m’irritait chaque jour davantage, et la nuit, ma conscience me reprochait de n’avoir pas eu le courage de protester. […] Cet après-midi-là, je ne pus me contenir. Était-ce la bouteille du Beaune que nous avions bue à déjeuner ? Était-ce sa manière provocante qui accentua mon exaspération ? En tout cas, il me fallut parler.

Aujourd’hui, lui demandai-je, morphine ou cocaïne ?
Cocaïne, dit-il, une solution à sept pour cent. Vous plairait-il de l’essayer ?
– Non, certainement pas ! répondis-je avec brusquerie. Je ne suis pas encore remis de la campagne d’Afghanistan. Je ne peux pas me permettre de dilapider mes forces.
Ma véhémence le fit sourire.
–  Peut-être avez-vous raison, Watson, dit-il. Peut-être cette drogue a-t-elle une influence néfaste sur mon corps. Mais je la trouve si stimulante pour la clarification de mon esprit, que les effets secondaires me paraissent d’une importance négligeable.

Bref, Holmes n’est pas un junkie, juste un détective qui doit nourrir son esprit quand il est au repos forcé !

Pourquoi ? Parce que son esprit est comme un moteur et l’inaction lui pèse plus que tout. « My mind rebels at stagnation », dira-t-il à Watson ensuite. Holmes veut des énigmes à décoder, il veut du travail, des problèmes ou des enquêtes à résoudre.

Notre détective hait la routine de l’existence.

L’excitation qu’il ressent lors d’une enquête cède ensuite la place à l’abattement lorsque le mystère est résolu.

L’équilibre de sa nature le faisait passer d’une langueur extrême à l’énergie la plus dévorante.

On nous en parlait dans « Le Rituel des Musgrave » (MUSG) :

« Les explosions d’énergie passionnée de Holmes étaient suivies de réactions léthargiques pendant lesquelles il s’allongeait n’importe où avec son violon et ses livres, ne remuait qu’à peine, consentait tout juste à venir s’asseoir à table »

Lorsque ses facultés logiques ne sont pas mobilisées, Holmes est un personnage en proie « à la plus noire des dépressions ».  D’où l’utilisation de la cocaïne.

L’oisiveté l’épuise ! Dans ces phases d’anéantissement, il peut passer des journées entières au lit, ou rester étendu sur le canapé, inerte, dans un état quasi léthargique, presque un légume.

À propos de légume, j’aurais bien aimé m’occuper de son poireau et me faire brouter la cressonnette… Hum, je m’égare !

Consumé par l’ennui, Holmes déprime. Replié sur lui-même, il n’arrive plus à communiquer et peu même rester des jours sans articuler un mot. Pôvre Watson…

Dans le Canon, les exemples de ces symptômes sont fréquents. Holmes révèle des signes de lassitude dus au surmenage.

Au printemps de 1887, sa santé se trouve ébranlée (branlé ?) par un surmenage excessif comme nous l’apprenait Watson dans « Les propriétaires de Reigate » (REIG) :

« Au printemps de 1887, la santé de mon ami, M. Sherlock Holmes, s’était trouvée ébranlée par un surmenage excessif. L’affaire de la Compagnie de Hollande et Sumatra et les projets fantastiques du baron Maupertuis sont encore trop présents à la mémoire du public et trop intimement liés à de délicats problèmes politique et de finance pour trouver place dans cette galerie de croquis ».

En 1897, il commence à révéler quelques symptômes de lassitude sous le travail énorme qui l’accable.

Holmes devra prendre du repos pour s’épargner une grave dépression nerveuse dans « Le pied du diable » (DEVI).

D’un naturel maniaco-dépressif, Holmes marche sur une corde raide. Il oscille constamment entre périodes d’effervescence et phases d’abattement.

Sherlock Holmes entretient un rapport privilégié avec les excitants de toute sorte : que ce soit les stimulants durant une enquête, tels le tabac et la pipe, ou les stimulants pour son esprit au repos : morphine ou cocaïne.

Attention, toutes les pages du canon ne sont pas remplies par des scènes de piquouzes ! Gardez aussi à l’esprit que Conan Doyle n’aimait pas son personnage, il a donc tout fait pour qu’on le déteste, mais ça n’a pas marché…

Et puis, à l’époque, ce genre de produits n’étaient pas interdits

N’oubliez pas non plus que l’Angleterre déclara la « guerre de l’opium » à la Chine et que les premières drogues étaient pour les gens riches ou les bourgeois, pas le petit peuple qui lui se shootaient au mauvais alcool.

Si Holmes n’est pas fait pour le quotidien de monsieur-tout-le-monde et qu’il cherche sans arrêt à s’en échapper, ne se complaisant que dans l’atmosphère du mystère et du crime, c’est qu’il possède une double personnalité.

À suivre avec « Mister Sherlock et docteur Holmes »…

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2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.2 Sexe [Sherlock Holmes]

Sherlock & Irène dans la série de la BBC (Non canonique !!!)

Et point de vue « sexe » ??

Si notre brillant logicien avait un faible pour les prostiputes ou les dames de petites vertus que l’on prend au pied levé entre deux portes cochères, Conan Doyle s’est bien gardé de nous en parler !

Si le petit gourdin du matin était satisfait de manière « manuelle », on n’en a jamais rien su…

Par contre, Holmes était un fervent amateur de la pipe ! Une bonne pipe, rien de tel pour réfléchir et se détendre. Il nous parle souvent de ça, dans ses aventures.

Pour preuve, voici un extrait de « La ligue des rouquins » :

– […] C’est le problème idéal pour trois pipes, et je vous demande de ne pas me distraire pendant cinquante minutes.

Quand je vous disais que le Holmes était un amateur de pipe

Mais vous, bande de coquins, vous aviez pensé à tout autre chose, hein, avouez !!!

Oui, Holmes fumait comme un pompier, comme un dragon… La cigarette, le cigare ou la pipe. Il avait d’ailleurs prévenu Watson dans « Une étude en rouge » (STUD) :

– J’ai l’œil sur un appartement dans Baker Street, dit-il. Cela ferait très bien notre affaire. L’odeur du tabac fort ne vous incommode pas, j’espère ?
– Je fume moi-même le « ship », répondis-je.

Tout cela fait partie des stimulants utilisés durant d’une enquête.

Mais quelle pipes pour Holmes ??

  • Pipe en terre noire dans « Le chien des Baskerville » (HOUN) : « His black clay pipe ».
  • Pipe puante, quand il réfléchit, notamment dans « La vallée de la peur » (VALL) : « The unsavory pipe which was the companion of is deepest meditations »
  • Pipe de bruyère qui est décrite comme vieille dans « Le signe des Quatre » (SIGN) : « His old briar-root pipe »

J’en profiterai au passage pour vous signaler que la fameuse pipe dite « calabash » ou « calebasse » est un anachronisme pur et dur ! Autant affubler un soldat romain d’une montre à gousset !

Pourquoi ?

Parce que cet objet n’a été ramené en Grande-Bretagne qu’après la guerre des Boers, soit à la fin de la période couvrant les aventures de Sherlock Holmes.

D’où vient ce cliché, alors ?

Selon la légende, nous le devons aux acteurs de théâtre du début du XXe siècle qui trouvaient plus facile de donner leur texte avec ce modèle.

Dans le livre de Bernard Oudin, il attribue la demande à l’acteur William Gilette, créateur du rôle de Sherlock Holmes sur scène en 1899, et qui ajouta à la panoplie holmésienne la pipe recourbée.

Il semblerait que se soit lui l’instigateur de tout cela, trouvant plus facile de dire ses répliques en ayant en bouche une pipe recourbée plutôt qu’une pipe droite. Les autres suivirent.

Pourtant, il semblerait bien que l’acteur ne fut jamais représenté avec cette fichue pipe entre les lèvres ! Le mystère reste entier !

En tout cas, niveau « SEXE », c’est au même point que l’amûûr : on n’en sait rien et on peut déduire qu’il n’en avait rien à faire, son sexe étant comme son estomac, juste un appendice de son cerveau !

Tout le monde sait que l’homme n’a pas assez de sang pour faire fonctionner son cerveau et son phallus en même temps…

Holmes nous disait d’ailleurs ceci dans « La pierre de Mazarin » (MAZA) :
« Ce que la digestion fait gagner à notre sang est autant de perdu pour notre cerveau, dit-il. Je suis un cerveau. Le reste de mon corps n’est que l’appendice de mon cerveau. Donc, c’est le cerveau que je dois servir d’abord »

Allez, une bonne pipe et on résout le problème !

 

Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, « Mois anglais III » chez Titine et Lou,  Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.1.Amour [Sherlock Holmes]

I. Amour…

Point de vue amour, j’avais espéré, lors de ma lecture de « Un scandale en Bohème » (SCAN), que Holmes fut amoureux de cette Irene Adler.

Imaginez mon émoi lorsque je lus : « Pour Sherlock Holmes, elle est toujours la femme. Il la juge tellement supérieure à tout son sexe, qu’il ne l’appelle presque jamais par son nom ; elle est et elle restera la femme. Aurait-il donc éprouvé à l’égard d’Irène Adler un sentiment voisin de l’amour ? »

Un hurlement de loup s’échappa de ma bouche. Des hectolitres de bave s’échappaient de mes lèvres ouvertes !

Mais je la fermai bien vite en poursuivant ma lecture car ensuite, ce fut la douche froide avec : « Absolument pas ! »

Là, ça vous coupe la chique. Et pourquoi n’aurait-il pas pu éprouver de l’amour pour cette dame ?? Allez Watson, raconte nous !

« Son esprit lucide, froid, admirablement équilibré répugnait à toute émotion en général et à celle de l’amour en particulier. Je tiens Sherlock Holmes pour la machine à observer et à raisonner la plus parfaite qui ait existé sur la planète ; amoureux, il n’aurait plus été le même. »

Et voilà comment mon détective préféré va hériter du titre du misogyne de l’année ! Titre qui va lui coller à la peau, faisant dire de lui qu’il est homo refoulé, et patati et patata…

Moi je dis qu’il n’aurait pas pu aimer un autre homme puisque Watson nous dit qu’il répugnait les choses du cœur :

« Lorsqu’il parlait des choses du cœur, c’était toujours pour les assaisonner d’une pointe de raillerie ou d’un petit rire ironique. Certes, en tant qu’observateur, il les appréciait : n’est-ce pas par le cœur que s’éclairent les mobiles et les actes des créatures humaines ? Mais en tant que logicien professionnel, il les répudiait : dans un tempérament aussi délicat, aussi subtil que le sien, l’irruption d’une passion aurait introduit un élément de désordre dont aurait pu pâtir la rectitude de ses déductions ».


Le sexe étant une émotion forte, il devait donc le bannir, alors ? Qu’est-ce que tu en dis, mon cher John Watson ??

« Il s’épargnait donc les émotions fortes, et il mettait autant de soin à s’en tenir à l’écart qu’à éviter, par exemple de fêler l’une de ses loupes ou de semer des grains de poussière dans un instrument de précision. Telle était sa nature. Et pourtant une femme l’impressionna : la femme, Irène Adler, qui laissa néanmoins un souvenir douteux et discuté ».

Bref, lors de la lecture de l’intro de « Un scandale en Bohème », j’avais eu droit à la douche froide… Snif !

Cela ne m’a jamais empêché de me faire des films et de mettre Holmes avec une femme… Na ! Oui, je sais, je prêche une chose pour les uns et je fais une autre pour moi.

Que voulez-vous, on ne se refait pas !

J’avais eu aussi droit à une autre mini crise cardiaque lors de ma lecture « Charles Auguste Milverton » (CHAS) :

– Diriez-vous que je suis homme à me marier, Watson ?
– Certes non !
– Cela vous intéressera certainement d’apprendre que je suis fiancé.
– Mon cher ami ! mes félicitations…

Argh !! Il vient de se FIANCER !! Vous comprenez ma défaillance cardiaque… qui fut de courte durée en lisant la suite du dialogue :

– A la bonne de Milverton.
– Juste ciel !
– Il me fallait des renseignements, Watson.
– Vous êtes tout de même allé un peu loin, dites ?
– C’était nécessaire. Je suis un plombier, à la tête d’une maison qui commence à marcher. Je m’appelle Escott. Je suis sorti avec elle tous les soirs et on a causé. Seigneur, quelles conversations ! Quoi qu’il en soit, j’ai eu tout ce qu’il me fallait. Je connais la maison de Milverton aussi bien que le creux de ma main.
– Mais la fille, Holmes ?
– On ne peut rien, mon cher, dit-il avec un haussement d’épaules. Il faut jouer ses cartes de son mieux quand il y a sur la table un pareil enjeu. Je suis d’ailleurs heureux de dire que j’ai un rival abhorré qui me supplantera sitôt que j’aurai le dos tourné.

Merci, Sherlock ! De fausses fiançailles pour mieux entrer dans la demeure d’un maître chanteur afin de récupérer les lettres de sa cliente. « Finis coronat opus » aurait dit le vieux pirate dans Astérix (La fin justifie les moyens).

Rhôô, il a profité d’une innocente jeune fille a qui il a promis mariage et tutti quanti… Qui sait, il l’a peut-être tripoté un peu.

Le mot « conversations » veut peut-être dire « causerie à l’horizontale »… Surtout que la fille m’a l’air d’avoir déjà de quoi se consoler. Une chaudasse, quoi ! Lui aurait-il sorti le tuyau d’incendie pour éteindre son feu de broussailles ??

Nous n’en saurons pas plus, mais je peux imaginer des choses !!

Bref, Holmes peut utiliser les gens à sa guise pour une enquête, piétinant les sentiments que la jeune fille aurait pu avoir envers lui.

Par contre, on se rend compte aussi lorsqu’on lit le canon, que dans ses rapports ordinaires avec les femmes, il met beaucoup de gentillesse et de courtoisie.

Il n’a nulle confiance dans le sexe faible, mais il est toujours un adversaire chevaleresque.

Bien qu’il nous balance allégrement des :

« Le coeur et l’esprit d’une femme sont des énigmes insolubles pour un mâle« , dit-il dans « Un illustre client » (ILLU).

« Leurs actions les plus banales peuvent se rapporter à quelque chose de très grave, mais leur comportement extraordinaire dépend parfois d’une épingle à cheveux ou d’un fer à friser » nous lâche-t-il dans « La seconde tache » (SECO). 

Mary Morstan du « Signe des quatre » (SIGN) le laissera indifférent, contrairement à Watson qui en pince pour elle et qui en fera sa légitime.

Il fut très prévenant envers Violet Hunter, dans « Les hêtres rouges » (COPP)…  Mais pas de bol, il cessera de lui témoigner le moindre intérêt dès qu’elle ne sera plus le pivot de l’un de ses problèmes, à la déception de Watson qui avait peut-être envie de le caser !

Prévenant aussi avec Helen Stoner dans « Le ruban moucheté » (SPEC) mais rien de plus que la prévenance d’un détective envers sa cliente qui risquait sa vie et ne le savait pas.

Le coup de grâce se trouvera pour moi dans « L’aventure du pied du diable » (DEVI) dans le recueil intitulé « Son dernier coup d’archet » où Holmes dit :

– Je n’ai jamais aimé, Watson, mais si j’aimais et si la femme que j’aimais mourrait de la sorte, je pourrais fort bien me comporter comme notre chasseur de lions. Qui sait ?

Si j’avais encore un faible espoir, je pouvais me torcher avec !

Et on rajoute une couche avec une autre de cette petite phrase assassine dans « Le signe des quatre » :

« On ne peut jamais faire totalement confiance aux femmes ; pas même aux meilleures d’entre elles ». 

Niveau « amour », on peut dire qu’avec Holmes, c’est rappé !!

Pourtant, dans « Les diadèmes de Béryls » (BERI), il nous dit tout de même ça :

– Non, il ne s’agit pas de moi. Ce que vous devez, ce sont de très humbles excuses à votre fils, ce noble garçon, qui s’est conduit en cette pénible circonstance comme je serais fier de voir mon fils le faire si j’avais le bonheur d’en avoir un.

Alors, Holmes, quelques regrets tout de même ??? On aurait eu envie d’un héritier ?

C’est ce que j’ai toujours pensé en lisant cette phrase, mais dans tout cela, tout est affaire d’interprétation !

De là à dire qu’il aurait souhaité prendre une femme (oh oui, prendre une femme, coquin !) comme poule pondeuse et se faire faire un fils… Non, je ne le dirai pas ! Par contre, il aurait sans doute voulu un héritier pour la transmission de tout ce qu’il savait… Je suppute, je suppute !

Je vous avais dit que mon approche se ferait dans la légèreté et l’humour. Allez, demain on s’attaque au SEXE !!

1. Sherlock Holmes en long et en large

1. Introduction

Sherlock Holmes est un personnage de fiction créé par Sir Arthur Conan Doyle dans le roman policier « Une étude en rouge » en 1887.

Lors de ses enquêtes, relatées dans les 4 romans et les 56 nouvelles qui forment ce qu’on appelle le canon, il est fréquemment accompagné du docteur Watson.

Watson au début de « Une étude en rouge », dressait ce portrait peu flatteur de celui avec lequel il partageait l’appartement au 221b, Baker Street.

  • En littérature : nulles.
  • En philosophie : nulles.
  • En astronomie : nulles.
  • En politique : faibles.
  • En botanique : spéciales. Est calé sur la belladone, l’opium, tous les poisons en général. Ne connaît rien au jardinage.
  • En géologie : pratiques, mais restreintes. Distingue au premier coup d’œil les différentes espèces de terrains. Après s’être promené à pied dans Londres, m’a montré des éclaboussures sur son pantalon et, d’après leur couleur et leur consistance, a déterminé dans quel quartier il les avait essuyées. En chimie : approfondies.
  • En anatomie : exactes, mais sans système.
  • En littérature à sensation : immenses. Semble posséder tous les détails de chaque crime horrible commis au cours du siècle.
  • Joue bien du violon.
  • Est adroit à la canne, à la boxe, à l’escrime.
  • A une bonne connaissance des lois anglaises.

À la décharge du docteur, il ne savait pas encore le métier qu’exerçait son curieux colocataire… Il ne savait pas non plus que Holmes ne voulait pas s’encombrer la mémoire avec des choses inutiles pour son métier.

Cela avait troué le cul de Watson que Holmes ne sache rien du système solaire…

— Qu’un être humain civilisé, au dix-neuvième siècle, ne sût pas que la terre tournait autour du soleil me parut être une chose si extraordinaire que je pouvais à peine le croire.
—Vous paraissez étonné, me dit-il, en soupirant de ma stupéfaction. Mais, maintenant que je le sais, je ferai de mon mieux pour l’oublier.
— Pour l’oublier ! »

Puisque cela ne pouvait pas servir à son métier et qu’il considérait la mémoire comme une pièce avec des murs non élastiques, il prenait garde à ne pas stocker des choses inutiles afin de ne pas encombrer sa mémoire et de l’obliger à jeter une info importante pour stocker une info inutile.

Ce qui veut dire qu’il se fiche de savoir si la terre tourne autour du soleil ou le contraire, vu que ça ne l’aidera pas pour résoudre une enquête.

Sa mémoire était phénoménale : il savait différencier les différentes boues et localiser l’endroit où vous étiez passé, reconnaître tous les sorte de tabacs, il connaissait son Londres…

Un détective se devait de tout connaître, disait-il. Il avait même écrit plusieurs monographies, dont notamment une « Sur la discrimination entre les différents tabacs ». Cent quarante variétés de cigares, cigarettes, et de tabacs y étaient énumérées avec des reproductions en couleurs qui illustraient les différents aspects des cendres.

Pour notre Consulting Detective, des cendres pouvaient constituer un indice d’une importance capitale.

Si on pouvait dire, par exemple, que tel meurtre a été commis par un homme fumant un cigare de l’Inde, cela diminuait le champ de recherches.

Toujours selon lui, il disait que pour un œil exercé, la différence était aussi vaste entre la cendre noire d’un « Trichinopoly » et le blanc duvet du tabac  « Bird’s Eye », qu’entre un chou et une pomme de terre.

Contrairement à ce que Watson pensait au début, Holmes avait écrit des tas de choses. Notamment un  essai sur la détection des traces de pas, avec quelques remarques concernant l’utilisation du plâtre de Paris pour préserver les empreintes…

Sans oublier un curieux petit ouvrage qui traitait de l’influence des métiers sur la forme des mains (avec gravures à l’appui) représentant des mains de couvreurs, de marins, de bûcherons, de typographes, de tisserands, et de tailleurs de diamants.

Livre d’un grand intérêt pratique pour le détective scientifique surtout pour découvrir les antécédents d’un criminel et dans les cas de corps non identifiés.

Il s’est aussi fendu d’autres ouvrages que l’on ne trouve pas en librairie, hélas !

  • Livre sur les tatouages
  • Monographie sur les variations de l’oreille humaine
  • Monographie sur les motets polyphoniques de Lassus
  • Monographie sur la datation des documents
  • Monographie sur les écritures secrètes
  • Manuel d’apiculture
  • Manuel entièrement consacrée à l’art du détective

À suivre…

Demain, je commencerai à publier le premier article intitulé « Amour, sexe, drogues et rock’n roll ».

Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, « Mois anglais III » chez Titine et Lou, Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Sherlock Holmes – The Consulting Detective : Intro

L’occasion du « Mois Anglais » était trop belle pour que je passe à côté de mon vice rédhibitoire depuis presque 25 ans : Sherlock Holmes.

Sherlock Holmes, mon vice… Celui que j’ai découvert fin 1989 avec « Le chien des Baskerville » que j’avais acheté parce qu’il y avait le mot « chien » dans le titre. J’avais 13 ans, presque 14, et j’avais envie de lire autre chose que mes « Club des Cinq » tout en gardant un côté policier.

Je choisi donc ce livre avant de le dévorer et d’acheter la suite du « canon » ensuite… et de poursuivre ensuite avec les récits apocryphes (écrits par des autres que Conan Doyle), les films, les séries… Collectionneuse compulsive je suis.

Qui est Sherlock ??

Sherlock Holmes est le personnage de fiction qui a été le plus représenté au cinéma avec plus de 260 films, le premier datant de 1900 ! Bien plus que Dracula et Frankenstein…

Dès les débuts du nouvel art cinématographique, Conan Doyle déplorait lui-même que les enquêtes de Holmes soient situées dans l’époque où le film se tournait, et non à l’époque victorienne, qui est celle des récits originaux.

De ce personnage littéraire, chacun a dans son esprit sa vision « personnelle » du détective : jeune et élancé, maniant un smartphone pour la génération « Sherlock Cumberbatch »; l’élégance télévisuelle et un brin dandy d’un Jeremy Brett pour ceux de ma génération; un côté débraillé à la Robert Downey Jr; un Peter Cushing haut en couleur gravé à jamais sur les pelicules de la Hammer; un Robert Neville dans les ruelles sombres de Whitechapel; un côté « cliché » avec Basil Rathborne; avec une tête de renard dans une version japonaise d’un dessin animé…

Peut importe le flacon, nous avons tous eu de l’ivresse avec les récits canonique, apocryphes, les séries télés, le théâtre et le grand écran.

Sherlock Holmes… peu de personnages ont excité à ce point les créateurs de tout poils, sur quelques supports que ce soit, alors que l’œuvre originale de Conan Doyle ne tient qu’en 56 nouvelles et 4 romans.

Pour le grand public et certains holmésiens, c’est un héros qui a existé puisque l’on visite son appartement à Londres, au 221b et un héros immortel puisque sa nécrologie n’a jamais été publiée dans le « Times ».

Pour les réalisateurs de films, c’est un sujet qui a engendré autant d’oeuvres que Jésus Christ ou Napoléon.

Pour les passionnés, c’est le personnage qui est à l’origine de plusieurs centaines de clubs à travers le monde, des associations où l’on dissèquent les œuvres du Maître, où l’on observe des rituels bien établis, où l’on organise des pèlerinages sur les lieux même de ses aventures.

Un engouement auquel n’eurent jamais droit des Maigret, Poirot ou Lupin, pourtant remarquables, eux aussi… Enfin, si, ils ont leurs fans, leurs club, mais ils n’arrivent pas au point d’un Holmes qui suscite un engouement jamais vu.

Conan Doyle a donc écrit 4 romans et 56 nouvelles, le tout publiés entre 1887 et 1927, en plein essor de l’âge victorien. L’ère victorienne au Royaume-Uni désigne les années de règne de la reine Victoria, de 1837 à 1901.

Je vous rassure de suite, je n’ai pas la prétention de vous pondre une étude poussée et clinique du personnage, juste envie de vous parler de mon vice avec les traits d’humours qui me sont coutumiers.

C’est pour cela que je n’aborderais pas « tout » mais juste quelques petites choses qui me tenait à cœur et qui me donnait la possibilité de m’amuser (petites choses qui sont vite devenues des tas de choses).

Que les pète-sec passent leur chemin parce que je vais parler d’un sujet de loisirs sans prétention aucune, traitant l’affaire par-dessus la jambe.

Afin de ne pas alourdir le sujet, je vais traiter le sujet en plusieurs morceaux !

Vous me connaissez, je commence avec l’intention formelle de m’en tenir au strict minimum et ensuite, je ne me sens plus et mes doigts courent sur le clavier et je pianote !

Que les organisatrices comptent tout le dossier comme elles le veulent : 1 ou le nombre exact d’articles que je vais commettre.

Mon crime est en tout cas signé !

Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, « Mois anglais III » chez Titine et Lou,  Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.