Blacksad – Tome 4 – L’Enfer, le silence : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 4 – L’Enfer, le silence

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (17/09/2010)

Résumé :
Années 1950, La Nouvelle-Orléans, où la fête de Mardi gras bat son plein.

Grâce à Weekly, un producteur de jazz dénommé Faust fait la connaissance de Blacksad. Faust demande à ce dernier de s’occuper d’une affaire : un de ses musiciens, le pianiste Sebastian, a disparu. Il n’a pas donné signe de vie depuis des mois, mettant en péril le label musical privé d’une star.

Faust craint que Sebastian ait, une fois de trop, sombré dans la drogue. Sa requête est d’autant plus pressante que Faust se sait atteint d’un cancer.

Blacksad accepte la mission et découvre peu à peu que Faust ne lui a pas tout dit. Il s’aperçoit qu’il est lui-même manipulé, mais décide tout de même de retrouver Sebastian pour comprendre les raisons de sa disparition. Il ne sait pas encore qu’il va connaître son enquête la plus éprouvante, à plus d’un égard.

Critique :
Quel plaisir de retrouver John Blacksad, un de mes détectives préférés (après Holmes, bien entendu), dans une nouvelle enquête.

Moi qui le découvre seulement maintenant, je me régale à chaque fois que j’ouvre un album.

La Nouvelle-Orléans… Son carnaval, ses guérisseuses, ses légendes, le jazz…

Cette fois-ci, Blacksad, aidé de la fouine Weekly, enquête dans le milieu de la musique.

Sebastian « Little Hand » Fletcher, un pianiste de talent, qui a disparu et son producteur, Faust Lachapelle, a engagé notre chat noir afin d’enquêter sur cette disparition mystérieuse.

Les dessins et les couleurs sont toujours un régal pour les yeux, à la limite de l’orgasme visuel.

Le scénario semble conventionnel au départ mais comme d’habitude, il s’éloignera du classique pour entrer dans du plus sombre et faire sortir des secrets que chacun cache. Et personne n’a envie que ses secrets remontent à la surface !

Dans ce 4ème tome, les auteurs abordent la misère qui règne dans certains quartiers, obligeant les gens à vivre d’expédient, de mendicité,… Certains sombrent dans la drogue et les puissants n’hésitent jamais à exploiter la misère des uns pour assurer leur fortune.

Heureusement que Weekly vient apporter sa petite note d’humour dans ces pages bien sombres.

Mon léger bémol sera pour le final qui arrive un peu trop vite à mon goût… Le récit est rempli de mystères, de non-dits, de rebondissements, d’action, de violence, de sombritude (néologisme offert) et puis bardaf, le final tombe brusquement et tout nous est expliqué un peu trop rapidement.

Mais ceci n’est que pinaillage comparé à l’excellence des dessins, des couleurs, des personnages, des dialogues et du scénario qui est tout de même en béton. Quelques pages de plus auraient permis de prendre un peu plus son temps dans la résolution finale.

Merde, il ne me reste plus qu’un seul album à découvrir….

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°28], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°79] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

 

Blacksad – Tome 3 – Âme rouge : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 3 – Âme rouge

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2005)

Résumé :
John Blacksad s’ennuie dans son nouveau rôle de garde du corps d’un parvenu flambeur. Heureusement, on peut toujours compter sur le destin qui vous met dans les pattes de vieilles connaissances pour vous sortir du ronronnement du quotidien et de nouvelles rencontres pour éviter de vous empâter.

En cette période de guerre froide, certains ont tendance à voir rouge et l’atome a des odeurs de soufre.

Critique :
Le nucléaire est-il une bonne affaire ? Pour nous éclairer, c’est pas si mal (hormis les déchets et les dangers des centrales qui fuitent).

Ici, on parle plus du nucléaire en tant qu’arme absolue à envoyer sur la gueule des ennemis afin qu’ils se taisent pour toujours et à jamais.

Blacksad, qui s’emmerdait à jouer le garde du corps pour un milliardaire, va mettre, une fois de plus, ses coussinets dans une affaire puante, le tout sur fond de traque aux communistes.

Comme pour les deux premiers, les dessins sont léchés (normal avec des chats et des chiens), les couleurs chaudes, vivantes, qui mettent en valeur l’excellent travail du dessinateur Guarnido.

La Guerre Froide n’est pas une guerre qui aurait lieu en Antarctique, c’est encore pire car elle a opposé deux grandes puissances et à fait frémir la Terre entière.

C’est sur ce sujet que les auteurs vont se baser pour ce troisième opus de John Blacksad, en y ajoutant la chasse aux sorcières et les fameuses listes où se trouvaient inscrits des noms d’écrivains, de cinéastes, scénaristes… Le maccarthysme était une saloperie de maladie.

Le ton est toujours un peu ironique, cynique et en 56 pages, les auteurs arrivent à tout caser sans que l’on ait l’impression d’avoir été grugés ou que tout ait été scénarisé en accéléré.

Comme toujours, personne n’est tout blanc ou tout noir, certains ont des péchés horribles sur le dos et ont tenté de se racheter, de faire le bien… Faut-il leur en vouloir de leurs erreurs passées ? Les bonnes actions rachètent-elles les fautes impardonnables ? Ces erreurs, d’autres personne n’auraient-elles pas pu les faire, elles aussi ?

Ces questions, vous y répondrez vous même, en âme et conscience (ou vous n’y répondrez pas car il n’est pas facile de se prononcer définitivement) après avoir lu ce troisième album de Blacksad qui, sans atteindre l’excellence des deux premiers, n’en reste pas moins un excellent album.

En tout cas, des certitudes, je n’en ai pas, je cherche toujours la bonne réponse. Ma seul certitude c’est qu’il est plus que conseillé de lire Blacksad.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°03], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°72].

Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2003)

Résumé :
Oldsmill, le maître de la ville, est un tigre blanc.
Karup, le chef de la police, un ours blanc.
Huk, l’âme damnée de Karup, un renard blanc.

Avec les autres animaux à pelage immaculé, ils forment la société WASP (W pour White, AS pour Anglo-Saxon, P pour Protestant).

Tous les autres habitants, de la pie noire au renard brun-roux en passant par le chat tacheté et la biche châtain, ne sont que racaille.

Et si la police n’est pas capable de maintenir l’ordre des blancs, les gros bras d’Arctic-Nation, le parti raciste, cagoulés et vêtus de robes blanches, s’en chargent sans états d’âme. Ils ont les cordes et les croix enflammées qu’il faut.

Dans cette ambiance pas câline, câline, Blacksad, le chat détective privé, enquête sur la disparition d’une enfant de couleur. La mère de Kyle, Dinah, travaillait comme femme de ménage chez le même Karup et, selon quelques bonnes âmes, serait au mieux avec le fils Oldsmill.

Un vrai nœud de vipères dans lequel Blacksad plonge les pattes et joue au justicier prompt à griffer si nécessaire… Son seul appui est Weekly, le reporter d’un magazine à scandale, un fouille-merde qui sera utile à John.

Et ça vaut mieux. Coups bas et coups tordus vont pleuvoir comme à Gravelotte…

Critique :
Le premier tome de Blacksad sentait bon le polar hard-boiled à l’ancienne (nous sommes dans les années 50) et avait tout d’une grande bédé.

Le tome 2 grimpe encore plus haut et crève le plafond et explose la cotation.

Hard-boiled, il l’est toujours, mais en lieu et place d’une enquête « classique », on met les pieds dans l’auge puante (et j’insulte les cochons) du ségrégationnisme, du racisme, des encagoulés du KKK et des bas de plafond des WASP (le banc anglo saxon et protestant).

Bienvenue dans le quartier de The Line, bienvenue chez la racaille des Claws, bienvenue aussi chez les suprémacistes d’Artic Nation, ceux qui viennent du froid et qui sont plus Blancs que Blancs que même les poudres à lessiver Dash/Dixan vont leur coller un procès tellement qu’ils sont Blancs.

Si au départ on pense à une enquête classique sur la disparition d’une jeune gamine Noire, restez sur vos gardes car il n’en sera rien et le scénariste sait non seulement monter une histoire qui tient la route mais en plus, il sait comment nous trouer le cul à la fin de son album. J’adore me faire entuber de la sorte.

Le dessinateur Juanjo Guarnido me donne envie d’acheter des ex-libris de Blacksad tant ses dessins sont sublimes, magnifaïïïïks, géniaux (et faudra aussi que j’achète un dico car les superlatifs comment à manquer).

Lorsque je lis (que je dévore goulûment) Blacksad, j’ai l’impression de regarder un vieux film des années 50, un bon vieux polar à l’ancienne, avec des atmosphères à la Bogart. Les dialogues, eux, sont toujours ciselé au scalpel, rempli de cynisme et de sarcasmes. J’adore !

Surtout qu’une espèce de fouine (une belette ?) a fait son entrée aux côtés de Blacksad : le journaliste surnommé Weekly qui ne manque pas d’humour.

L’anthropomorphisme est toujours bien réalisé à tel point que l’on oublie que l’on a affaire à des animaux qui souffrent des mêmes tares que les Humains.

Blacksad, c’est sobre, soigné, c’est intelligent, c’est fin, bref, je me demande pourquoi je n’ai pas lu cette série plus tôt. Avantage, je la découvre avec encore plus de plaisir et là, elle a sa place sur les plus hautes étagères de ma biblio, là où je classe le Graal de la bédé…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°261], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°58], le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022) [N°20  Une bd récompensée] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

  • 2003 : prix spécial du jury au festival de Sierre;
    • Prix Saint-Michel du meilleur album francophone pour Arctic-Nation.
  • 2004 : prix du public et Prix du dessin au Festival d’Angoulême pour Arctic-Nation ;
    • Prix Virgin du meilleur album pour Arctic Nation.
  • 2005 : Prix Harvey du meilleur album original pour Arctic-Nation;
    • prix Virgin du meilleur album pour Arctic-Nation.

Blacksad – Tome 1 – Quelque part entre les ombres : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 1 – Quelque part entre les ombre

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2000)

Résumé :
Par un moche matin couleur sépia, Blacksad, détective privé de son état – ou  »fouille-merde » selon certains – est appelé par le flic Smirnov pour reconnaître un cadavre.

Il reconnaît : c’est Natalia Wilford, une actrice avec qui il a vécu jadis la plus heureuse époque de sa vie. En bon flic, Smirnov lui conseille de garder le museau hors de cette affaire.

En bon fouille-merde, Blacksad ne suit pas ce conseil avisé : un salaud a tué une femme et, par la même occasion, ses meilleurs souvenirs. Il va payer.

Critique :
Je sais, je sais… Il m’en aura fallu du temps pour découvrir Blacksad !

Croyez-moi, j’ai honte de ne pas m’être penchée plus tôt sur cette bédé dont tout le monde avait parlé à l’époque, pour n’en dire que du bien…

C’est sur le tard que je viens de découvrir le premier tome et je me suis pris un uppercut dans la gueule pour plusieurs raisons.

La première concerne les graphismes ! Ce sont de véritables œuvres d’art, tant au niveau du coup de crayon de Juanjo Guarnido mais aussi en ce qui concerne les couleurs.

C’est bien simple, dès la première case aux tons sépia, on est subjugué et on se demande si on ne va pas rester de longues minutes à examiner la case pour apprécier le luxe de détails.

Le dessinateur a aussi réussi à rendre vivants les personnages qui ont des têtes d’animaux sur des corps humains (avec la carrure qui va avec), mais, encore plus fort, à les rendre tout à fait réaliste, poussant le vice jusqu’à leur donner la tête de l’emploi (le rat espionne, le gorille boxe, le chien commissaire).

Le chat étant curieux de nature, c’est à un élégant chat noir qu’incombe le rôle de détective privé. Oubliez votre gentil minou tout câlinou, John Blacksad n’est pas une boule de poils ronronnante !

Tout comme pour les autres personnages, ses expressions sont étudiées, soignées et parfaitement restituées.

L’enquête est classique mais ses ramifications vont plus loin que l’on aurait pu le penser au départ et elle nous fera entrer dans un monde de corruption, de violence, de meurtres gratuits… Bref, c’est glauque, poisseux et on adore ! Un détective hard-boiled comme au bon vieux temps de Dashiell Hammett et ses pairs.

Si vous n’avez pas encore découvert Blacksad, je vous conseille de vous la faire prescrire par votre libraire dealer et pas en version homéopathique mais en injection directe. L’abus de Blacksad n’est pas nuisible pour la santé (l’abus de bédés non plus).

Blacksad, une merveille graphique !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°257], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°57], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 48 pages et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

San Perdido : David Zukerman

Titre : San Perdido

Auteur : David Zukerman
Édition : Livre de Poche (11/03/2020)

Résumé :
Qu’est-ce qu’un héros, sinon un homme qui réalise un jour les rêves secrets de tout un peuple ?

Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir aux yeux bleus.

Un orphelin muet qui n’a pour seul talent apparent qu’une force singulière dans les mains. Il va pourtant survivre et devenir une légende.

Venu de nulle part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera le rôle de justicier silencieux au service des femmes et des opprimés et deviendra le héros d’une population jusque-là oubliée de Dieu.

Critique :
Ne cherchez pas la ville de San Perdido (Panama) sur une carte, vous ne la trouverez pas.

San Perdido a beau être fictive, cela ne l’empêche pas de peser de tout son poids sur ses habitants les plus pauvres et d’être d’un tel réalisme qu’on la dirait vraie.

Le récit commence en 1946, dans le bidonville, avec l’arrivée d’un jeune garçon Noir aux yeux bleus étranges que Felicia surnommera La Langosta.

Retenez bien son arrivée ! Il a beau être muet, lui aussi pèsera de tout son poids dans le récit, même s’il n’aura pas le monopole car dans ces pages, tout le monde aura son importance, son rôle à jouer, une participation quelconque. La Langosta sera le fil rouge du roman, ne le perdez pas de vue et laissez-vous toucher par son don étrange.

Malgré le nombre des personnages, vous ne les confondrez pas., rassurez-vous. Ils sont travaillés, détaillés et possèdent de la profondeur : qu’ils soient issus du bidonville ou du palais d’en haut, qu’ils tirent le diable par la queue ou qu’ils vivent dans l’opulence, qu’ils tâchent de s’en sortir comme ils peuvent ou qu’ils magouillent…

Ce roman qui mélange habillement le roman noir et d’aventure, la fable et le réalisme, la politique, l’histoire, nous entraînera du San Perdido du bas à celui du haut, nous mettant face à des injustices perpétrées par les riches et les puissants, par ceux qui se trouvent au-dessus des lois, ceux qui profitent de la misère humaine pour l’exploiter encore plus, se moquant de la justice qui n’existe pas pour eux, sauf que…

Certains ont envie de rétablir la balance à leur manière et La Langosta est parfait dans le rôle de juge silencieux, à tel point qu’on aimerait qu’il existe en vrai, que cette jolie fable soit réelle et qu’un jour, quelque part, tout le monde puisse bénéficier des services de La Mano…

Sans bouger de mon canapé, j’ai voyagé loin, j’ai exploré une terre inhospitalière, une décharge dans un bidonville, mais au milieu des détritus, j’ai trouvé de belles personnes (et quelques voyous). A contrario, dans les palais où les puissants pètent dans la soie, je n’y ai trouvé que des magouilleurs, des profiteurs, des jouisseurs de la vie (et du sexe). Et pourtant, pas de manichéisme.

Porté par une belle écriture, simple sans jamais être simpliste, j’ai passé un moment de lecture qui fut enchanteur dès les premières lignes avalées et qui se termine par un coup de cœur.

Il aurait été dommageable que je ne lise pas cette belle fresque humaniste où le soleil illumine chaque page, même les plus sombres.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°250] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Lëd : Caryl Férey

Titre : Lëd

Auteur : Caryl Férey
Édition : Les arènes Equinox (14/01/2021)

Résumé :
Norilsk est la ville de Sibérie la plus au nord et la plus polluée au monde. Dans cet univers dantesque où les aurores boréales se succèdent, les températures peuvent descendre sous les 60°C.

Au lendemain d’un ouragan arctique, le cadavre d’un éleveur de rennes émerge des décombres d’un toit d’immeuble, arraché par les éléments. Boris, flic flegmatique banni d’Irkoutsk, est chargé de l’affaire.

Dans cette prison à ciel ouvert, il découvre une jeunesse qui s’épuise à la mine, s’invente des échappatoires, s’évade et aime au mépris du danger. Parce qu’à Norilsk, où la corruption est partout, chacun se surveille.

Et la menace rôde tandis que Boris s’entête…

Critique :
L’agence de voyage Caryl Férey est spécialisée dans les voyages de l’extrême.

Avec elle, c’est Voyage En Terre Inconnue et non Échappées Belles dans un joli département de France.

Comme l’agence Ian Manook, elle vous emporte à la rencontre d’autres peuples, d’autres cultures méconnues, dans des régions où vous n’irez sans doute jamais en vacances. L’auteur, lui, avant d’écrire son roman, l’a visitée avant vous, prenant les risques pour vous.

Norilsk est en Sibérie, au bout du monde, là où s’échouent les gens qu’on ne veut plus voir, que l’on veut punir, que l’on veut exiler ou bien les travailleurs de l’extrême, pénétrant dans la mine de nickel pour en extraire ce précieux métal, au mépris de toutes les règles de sécurité. Norilsk, qui avait était Norillag, un camp du Goulag…

Business is business et la main-d’œuvre est corvéable à merci, n’ayant pas plus de prix pour les patrons, les actionnaires qu’une crotte sur le trottoir. Ici, les conditions humaines sont en dessus de tout et les conditions climatiques totalement extrêmes.

Comme souvent, dans les romans de Caryl Férey, les meurtres ne sont là que pour parler d’un pays, d’une culture, de ses habitants, pour dénoncer des exactions politiques, des mafias, des gangs, des citoyens lambda…

Le système Russe n’en sort pas grandi, mais l’auteur ne fait que dénoncer ce qui est vrai, sans fioritures, décrivant ce peuple slave qui a souffert, qui souffre toujours, qui a une capacité de résilience énorme, qui a morflé durant des siècles, qui morfle encore, dont les dirigeants successifs, certains étant des dictateurs fous, ont commis des horreurs et où celui qui est assis sur le trône en commet toujours, n’ayant aucune considération pour les droits des femmes, des homosexuels, des minorités ethniques, des étrangers.

Ce polar à lire sous une tonne de polaire vu la température (-64° durant les premières pages) ne possède pas une intrigue tarabiscotée, ni de résolution finale à la Agatha Christie, mais une ligne claire, facilement compréhensible.

Sous cette simplicité apparente, il y a du travail de documentation phénoménal, des décors grandeur nature, des personnages marquants, cassés par la vie, cherchant juste à survivre dans cette ville plus polluée que nos pays en entier.

Je me suis attachée à Boris, le flic bourru, à Sacha qui pratique le béhourd et joue au mineur la semaine, à Gleb, artificier dans la mine, homosexuel cachant sa liaison avec le beau Nikita, mineur de fond aussi. J’ai aimé Dasha, jeune fille cherchant le passé de sa babouchka…

Lëd est un polar noir, dur, violent, brut de décoffrage mais possédant une certaine poésie dans ses personnages, cabossés, vivant dans un lieu qui n’accorde aucun répit, autant la Nature que la pollution extrême qui y règne, bossant pour une société pour qui vous n’êtes rien, dans un monde où la corruption est un sport national, obligatoire pour survivre ou juste pour s’enrichir sur le dos des plus faibles que vous.

Un roman noir de l’extrême où les crimes mystérieux ne servent qu’à dénoncer les systèmes pourris du pays, la corruption, le stalinisme, le communisme, les goulags, les mines de nickel, la pollution, la minorité des Nenets qui disparaît lentement mais sûrement, le racisme, l’homophobie (là-bas, on en meurt), la virilité poussé à son paroxysme par une société qui veut des hommes, des vrais, les horreurs de l’Histoire,…

Un superbe roman, une fois de plus. J’ai peur du suivant car je me demande dans quel pays, société, culture, l’auteur va nous emmener.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°2XX] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°46].

Batman – Année Un : Frank Miller et David Mazzucchelli

Titre : Batman – Année Un

Scénariste : Frank Miller
Dessinateur : David Mazzucchelli

Éditions : Urban Comics DC Premium (2012) / Eaglemoss (2016) / Urban Comics DC Black Label (2020)
Édition Originale : Batman : Year One (1988)
Traduction : Doug Headline

Résumé :
Quand il avait six ans, Bruce Wayne a vu ses parents se faire assassiner sous ses yeux. Après un entrainement intensif, il revient à Gotham City pour mener une guerre sans merci contre le crime… mais ce ne sera pas facile.

Face à la corruption des autorités de la ville et leurs liens avec la pègre, Bruce, sous le déguisement du vigilant Batman, va forger une alliance avec un policier nouveau venu à Gotham : le lieutenant James Gordon.

Critique :
Me revoici une fois de plus à explorer les débuts de l’homme chauve qui sourit… Pardon, de l’homme chauve-souris !

Cette fois-ci, on reste dans le classique, dans les vrais débuts de Batman et contrairement à la saga « Terre-Un », les classiques sont respectés et rien n’est changé.

Alors que dans la saga « Terre-Un », nous étions face à un Batman qui trébuchait et qui n’était pas tout puissant, ici, les auteurs ont suivi la ligne et notre sexy chauve-souris est quasi un surhomme qui encaisse tous les coups.

Contrairement au Batman des tout débuts, celui-ci se trouve plongé dans notre monde actuel et pas dans celui des années 30/40.

L’assassinat de ses parents est montré, en souvenir, mais pas en détail. Ce n’était pas le but de réécrire la genèse de Batman, juste de le mettre au goût du jour et c’est réussi.

Mon seul bémol sera pour les dessins que de David Mazzucchelli que j’ai moins apprécié que ceux de Gary Frank, mais ceci n’a pas nuit à la qualité du récit qui nous fait suivre Batman sur une année civile, nous faisant découvrir ses premiers exploits pour lutter contre le crime.

Gotham est gangrenée par le crime, les policiers sont corrompus, sont des vendus, des enfoirés et faut chercher longtemps pour en trouver un seul qui ne l’est pas (Gordon).

Un roman graphique assez sombre, violent mais qui nous propose un scénario de qualité. On a beau connaître un peu l’histoire du mec en noir, on a pas l’impression d’une redite ou d’être face à un récit ennuyeux au possible.

Un album d’une grande qualité mais ma préférence, pour le moment, reste à « Batman – Terre-Un » qui m’avait explosé les mirettes avec ses dessins magnifiques.

Allez, je vous laisse, il me reste une légion de comics sur Batman à découvrir et je ne voudrais pas laisser de côté les autres non plus, donc, je risque d’aller m’encanailler sévère dans le monde des super héros, qu’ils soient de chez DC Comics ou de l’écurie Marvel.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°213].

Batman – Terre-Un – Tome 2 : Geoff Johns et Gary Frank

Titre : Batman – Terre-Un – Tome 2

Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Gary Frank

Édition : Urban Comics DC Deluxe (26/02/2016)
Édition Originale : Batman: Earth One, book 2 (2015)

Résumé :
Après la mort du Maire Oswald Cobblepot et l’apparition d’un certain « Batman », une nouvelle ère s’apprête à voir le jour à Gotham City.

Jessica Dent et son frère, le procureur Harvey Dent, ont rejoint les rangs de ce justicier de l’ombre pour combattre la corruption et le dictat des criminels installés en ville depuis trop longtemps.

Mais aucun ne s’attendait à devoir affronter un nouvel adversaire, un ennemi si imprévisible que chaque mauvais pas peut d’avérer fatale.

Critique :
N’étant pas une grande connaisseuse des comics et de l’univers de Batman, je ne sais pas ce que les puristes ont pensé de ce « relaunch » (une relance), mais moi, j’ai apprécié commencer mes incursions dans l’univers de la chauve-souris sexy par ce diptyque.

Sans être une fan absolue, je connais les grandes lignes de Batman et je pense qu’il en est de même pour la majorité des gens : parents assassinés à la sortie d’un ciné, rêves de vengeance, recherche du tueur(s), des commanditaire(s) et on termine par un costard hyper sexy et l’arrivée d’un justicier masqué sans pouvoirs magiques.

Comment revisiter une vieille recette ? Comment faire du neuf ou de l’original avec un truc qui est éculé ? Non, nous ne sommes pas dans la nouvelle saison de Top Chef où l’on doit revisiter la blanquette de veau, mais bien celle de la chauve-souris !

Les ingrédients qui font de Batman ce qu’il est sont tous présents, c’est assaisonné comme il faut mais malgré qu’il ressemble à l’ancien, le nouveau plat servi est différent sans pour autant que l’on regrette la recette originale.

L’auteur y a ajouté des ingrédients secrets, comme une enquête sur un espèce de petit plaisantin qui pose des questions, tel un Sphinx et qui, si vous ne répondez pas dans les délais impartis, vous transforme en substance pour hachis parmentier ou viande pour lazagnes.

Si on additionne un scénario aux petits oignons, des origines revisitées intelligemment, des personnages un peu différent des originaux mais gagnant en maturité et en profondeur, une enquête remplie d’action, sans temps mort, un Batman qui n’est pas le mec tout puissant, qui doute, qui a des soucis avec ses gadgets, le tout mis en scène par un dessinateur qui nous joue les Michel-Ange du comics, ma foi, des relance pareilles, on peut m’en offrir tous les jours !

Lire ce comics est un régal pour les yeux tant les dessins sont réalistes, les couleurs bien utilisées, tant les expressions des visages sont changeantes et pas toujours les mêmes, comme je l’ai déjà constaté avec certains dessinateurs.

Pour ceux qui veulent se pencher sur la chauve-souris la plus sexy des comics ou pour les fans absolus, cette saga est parfaite ! Le Chevalier Noir y est plus touchant, moins puissant, il peut chuter, faire des erreurs, lui-même cherchant sans cesse à améliorer ses techniques, ses gadgets, inventant ce qui fera plus tard sa légende.

Un véritable petit bijou de comics tant au scénario qu’au dessin qui eux, sont des cadrages de cinéma, des arrêts sur images, détaillés sans être surchargés, réalistes au possible. Moi, j’en veux encore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°208] Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°34].

Trilogie de la crise – 03 – Pain, éducation, liberté : Pétros Márkaris

Titre : Trilogie de la crise – 03 – Pain, éducation, liberté

Auteur : Pétros Márkaris
Édition : Points Policier (26/03/2015)
Édition Originale : Psōmí, paideía, eleuthería (2012)
Traduction : Michel Volkovitch

Résumé :
2014. À Athènes, la survie quotidienne est de plus en plus difficile pour les citoyens appauvris et pour les immigrés harcelés.

C’est alors qu’un tueur en série jette son dévolu sur des personnalités d’envergure issues de la génération de Polytechnique qui, après s’être rebellées contre la junte militaire, ont eu une carrière fulgurante. Le criminel reprend le célèbre slogan des insurgés de l’époque pour formuler sa revendication : « Pain, éducation, liberté».

Qui se cache derrière ces meurtres ? Un membre de l’extrême droite ou un ancien gauchiste mû par le désir de vengeance ? Le commissaire Charitos, privé de son salaire depuis trois mois, tente avec sa ténacité habituelle de comprendre les mobiles du coupable.

Pain, éducation, liberté est le troisième volet de la trilogie de la crise grecque, après Liquidations à la grecque (prix Le Point du Polar européen 2013) et Le Justicier d’Athènes.

Critique :
Dernier volet de la Trilogie de la crise où l’auteur continue d’explorer son pays, la Grèce et à nous faire vivre sa crise financière de l’intérieur, avec un réalisme bluffant, en imaginant que la Grèce aurait abandonné l’euro pour revenir à la drachme.

Comme souvent dans les romans policiers, l’enquête n’est là que pour permettre d’investiguer dans le passé pour expliquer la catastrophe qui sévit au présent car tout est lié.

Pendant que le commissaire Kostas Charitos enquête sur les meurtres de trois crapules, l’auteur en profite pour fouiller les tiroirs de la Grèce et en sortir le linge sale qu’il va laver en public.

Des tiroirs bourré de naphtaline, il extirpe dehors de la misère, de la pauvreté, des destins brisés, mais aussi de la débrouille car lorsqu’on est pauvre, on devient plus intelligent et on essaie de trouver des solutions.

Comme on ne sait pas laver plus blanc que blanc, il faut aussi s’attendre à des magouilles, de l’opportunisme, des tortures, des révolutionnaires devenus comme les colonels qu’ils ont chassé, des vestes qui se retournent, de celles qui craquent de tous les côtés à force d’avoir été retournées… À la prochaine révolution, certains retourneront leurs pantalons…

Imaginant un retour du pays à l’ancienne monnaie (la drachme), l’auteur développe son univers avec réalisme, n’épargnant rien aux lecteurs et montrant que même diplômé, il est difficile de s’en sortir quand son pays est en crise.

Il ne se prive pas non plus de taper sur ceux qui se sont engraissés durant des années, sur le clientélisme, sur les faux handicapés qui touchaient des pensions et sur le fait que lorsque l’argent arrivait, tout le monde en profitait, même si certains se sont empiffrés plus que d’autres.

L’extrême droite dans le pays fait ce qu’elle fait de mieux : elle casse, elle brûle, elle frappe sur les immigrés, leur reprochant tout, oubliant qu’ils sont dans la même merde que tout le monde et que ces derniers voudraient quitter le navire puisqu’il n’y a plus rien comme travail. Hélas, partir coûte de l’argent, ils sont bloqué et doivent subir les attaques des décérébrés.

Ce que j’apprécie dans cette saga, c’est que les assassinés soient des salopards, des crapules, bref, des victimes que l’on n’a pas du tout envie de pleurer. Pire, on croise même les doigts que notre commissaire Kostas Charitos ne découvre jamais les coupables car ce sont bien souvent des assassins sympathiques

Oui, je devrais avoir honte de dire qu’on devrait décorer les assassins de cette trilogie, mais si j’ai honte, c’est juste un tout petit peu…

Un roman policier qui sert de support pour parler de la tragédie de la crise grecque, pour nous la montrer telle qu’elle était, telle qu’elle fut et combien certains en ont souffert. Les conneries, les exactions des uns provoquent toujours la chute des autres, mais l’auteur ne donne pas le beau rôle aux grecs et les mets aussi face à leurs fautes.

Anybref, un roman policier aux arômes de roman noir qui vole plus haut que le polar de gare et qui nous fait visiter une Grèce qui ne se trouvera jamais sur les cartes postales ou dans le guide du Routard. Mais ses personnages qui seront nos guides valent plus que tout les autres guides car ils sont devenus des amis.

Ce troisième tome aurait dû clôturer la trilogie de la crise, mais ouf, il y en a un quatrième à déguster.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°201] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°27].

 

Batman – Terre-Un – Tome 1 : Geoff Johns et Gary Frank

Titre : Batman – Terre-Un – Tome 1

Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Gary Frank

Édition : Urban Comics DC Deluxe (2013)
Édition Originale : Batman : Earth One, book 1 (2012)
Traduction :Alex Nikolavitch

Résumé :
Batman n’est pas un héros. Juste un homme. Faillible, vulnérable et en colère. Dans une Gotham City où amis et ennemis sont indiscernables, le chemin que suit Bruce Wayne pour devenir le Chevalier Noir est plus que jamais criblé d’obstacles.

Déterminé à punir les véritables assassins de ses parents ainsi que les policiers corrompus responsables de leur remise en liberté, la soif de vengeance de Bruce Wayne nourrit sa folle croisade et personne, même Alfred, ne pourra le stopper.

Ce titre se déroule dans un univers alternatif, avec un Batman plus violent que celui de l’univers classique que nous connaissons.

Critique :
Un vengeur masqué, un sombre héros (sombrero ?) qui agit dans la noirceur de la nuit noire et obscure… Oui, c’est bien lui !

Allez, on chante ♫ Un cavalier qui surgit hors de la nuit, court vers l’aventure au galop… ♪ Son nom, il le signe à la pointe de l’épée ♪

STOP ! Erreur de générique ! Nous avons une cape sombre, un masque sur le visage, ce sont deux vengeurs masqués… par contre, je ne vais pas vous parler de Zorro mais de Batman !

De Batman, je ne connais que l’essentiel : ses parents assassinés lorsqu’il était enfant, la ville de Gotham gangrené par le crime et sa quête de justice, quelques uns de ses ennemis, dont le Joker. Mais rien de plus.

Bien entendu, j’ai vu quelques films, dont la trilogie « Dark Knight » mais je ne sais pas grand-chose de son univers, et pourtant, c’est un super-héros que j’apprécie le plus avec Iron Man et Dead Pool.

Pas de bol, il n’y avait pas de comics dans mon entourage et je les découvre sur le tard (et non sur le pot… le tôt !).

Pas de chance, je ne savais pas qu’en fait je lisait une version revisitée des origines de Batman. Entre nous, si je ne l’avais pas lu en faisant le tour des chroniques, je ne l’aurais jamais su puisque mes connaissances sur Batman sont très minces !

En fait, on prend les mêmes ingrédients mais on modifie l’assaisonnement et on triture deux ou trois trucs qui, je vous le redis encore, si je ne l’avais pas appris ailleurs, je ne l’eusse pas su ! C’est vous dire ma méconnaissance (va me falloir des cours en accéléré).

Sauf pour Alfred, j’avais remarqué que ce n’était pas le même que d’habitude puisqu’au lieu du majordome habituel, on a un ancien marine royal qui a connu le père de Bruce Wayne à l’armée. Exit Michaël Cane, donc.

L’essentiel (qui n’est pas dans Lactel), c’est que j’aie pris mon panard littéraire en découvrant ce comics avec ma chauve-souris préférée ! Putain, les dessins de ouf ! (oui, j’aime parler d’jeun’s).

Pour le dire plus sobrement, on peut dire que au niveau des graphismes, ça déchire sa race ! Dès la scène d’introduction, j’étais dans le bain et je me régalais les pupilles devant le graphisme maitrisé, les couleurs, sombres mais sans que cela n’empêche de voir les détails, notamment ceux des visages qui sont très expressifs.

Le coloriage est maîtrisé aussi et il est lui aussi un régal car il oscille entre des tons sombres et de ceux plus pastels.

Et le scénario était excellent aussi ! On plonge dans l’enfance de Batman avec des flash-back, on fait des sauts temporels entre maintenant et avant, on suis sa quête de justice, son enquête pour savoir qui est derrière l’assassinat de ses parents, on le voit commencer à lutter contre le crime organisé à Gotham et on comprend que les policiers sont pieds et poings liés : soit ils sont corrompus, soit ils ne le sont pas mais on a menacé leurs familles, donc, ils ne bougent pas.

Ce qui m’a plu aussi et ce que j’aime dans Batman, c’est qu’il n’a pas de pouvoir à proprement parler. Comme Iron Man, tout dépend de sa combinaison et dans cet album, nous sommes face à un Batman qui débute, qui se prends des beignes, des coups, qui foire, qui est encore inexpérimenté dans son costume de chauve-souris sexy.

Bref, il est d’un réalisme criant de vérité, tout comme le reste de l’album car les réactions des différents protagonistes sont elles aussi bien dans le ton réaliste. Leurs visages sont bien différenciés, pas moyen de confondre l’un avec l’autre, comme ça arrive parfois dans certaines bédés… Là aussi tout est réaliste.

Fallait avoir du talent pour réécrire une partie des origines de Batman, qui sont connues dans les grandes longueurs, en garder ce qui en fait le sel, la base, être original sans pour autant trop chambouler tout au risque que les fans se perdent (et hurlent à l’hérésie) et que les néophytes ne commencent avec des infos erronées sur le héros.

Moi, j’ai pris un réel plaisir à lire ce premier tome d’un diptyque et je vais m’empresser de lire la suite, avant de sauter sur la version Superman, juste pour voir si avec l’homme de Krypton on a réussi aussi à faire du neuf avec du vieux, à changer des détails sans tout foutre en l’air.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°200] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°27].