Bandidos – Diego Martín 03 : Marc Fernandez

Titre : Bandidos – Diego Martín 03

Auteur : Marc Fernandez
Édition : Préludes (2018)

Résumé :
Le corps calciné d’une femme menottée, une balle dans la nuque, est retrouvé dans un parc de Madrid (🇪🇸). Diego Martin, journaliste radio d’investigation, connait la victime, rencontrée vingt ans auparavant… En Argentine.

Jeune reporter à l’époque, il avait couvert l’assassinat du frère de la victime : Alex Rodrigo, photographe pour un grand hebdomadaire, tué selon le même mode opératoire.

Un meurtre identique à des milliers de kilomètres de distance, à deux décennies d’écart. Il n’en faut pas plus au présentateur d' »Ondes confidentielles » pour se lancer dans une enquête qui le mènera à Buenos Aires (🇦🇷), où il retrouvera une femme qu’il n’a jamais pu oublier…

Entre corruption politique, flics ripoux et groupes mafieux, ce voyage va faire ressurgir les fantômes du passé. Car parfois, ceux qu’on croyait morts reviennent hanter ceux qui sont restés.

L’auteur de l’acclamé Mala Vida, finaliste du Prix des lectrices de Elle, et de Guerilla Social Club, revient avec un nouveau polar aussi trépidant que furieusement engagé, à l’arrière-plan historique fascinant.

Critique :
Dernier volet de la trilogie consacrée aux enquêtes de Diego Martín. Cette fois-ci, nous ferons le grand écart entre l’Espagne et l’Argentine, où ont eu lieu deux crimes similaires, à 20 ans d’intervalle.

Les romans de Marc Fernandez n’hésitent pas à sortir les cadavres des malles de l’Histoire, les squelettes des placards des dictatures sud-américaine ou espagnole.

C’était un véritable plaisir de retrouver les personnages avec lesquels j’ai déjà partagé des aventures dangereuses, mais des plus instructives, notamment avec les bébés volés sous les dictatures.

Ici, on parlera plutôt de liberté de presse, d’assassinats de journalistes, de censure, d’intimidations et de politiciens qui font la pluie et le beau temps. Puisque nous irons en Argentine, l’auteur nous fera repasser par les locaux de l’Asociación Madres de la Plaza de Mayo (Les Mères de la place de Mai). Il ne faut pas les oublier non plus !

Dans les romans de Marc Fernandez, il est toujours question de corruption, de pouvoir absolu, de dictatures, qu’elles soient anciennes ou d’époque.

N’allez pas croire que ses bouquins sont les mêmes, bien qu’ils se ressemblent, qu’il y ait des leitmotiv qui reviennent, qu’ils possèdent des sujets communs, ils ont tous un ADN différent, bien qu’issu de la même origine : les exactions des dictatures. Et on aura toujours à dire sur le sujet.

Diego va devoir fouiller dans un passé sordide que certains ne veulent pas voir remonter à la surface et qui feront tout pour le laisser dormir. D’ailleurs, ce roman réserve quelques surprises de taille. J’en avais vu une venir de loin, par contre, la suivante, elle m’a pris par surprise.

Diego est un journaliste pugnace, il ne lâche jamais rien, il est intrépide, un peu fou, il aime la vérité par-dessus tout et surtout, recouper ses infos !

Dans un monde où il faut aller de plus en plus vite afin d’être la premier et de faire le buzz, se permettre le luxe de vérifier et de recouper ses infos, c’est presque se tirer une balle dans le pied. Heureusement que Diego fait encore son travail, qu’il est libre dans sa tête (♫).

Mon seul léger bémol sera pour la manière dont sont présentés une partie des dialogues… Au lieu de faire parler ses différents personnages, l’auteur a choisi de garder la forme de la narration neutre avec « Il lui demanda » et « elle lui répondit », ce qui casse un peu le rythme et donne l’impression d’avoir des dialogues aseptisés.

Hormis cette petite critique, j’ai apprécié le roman qui s’en va fouiller dans les poubelles pour déterrer les cadavres bien planqués des dictatures.

Dans le roman, rien n’est tout à fait noir, rien n’est tout à fait blanc, c’est nuancé et on sent bien que tout le monde ne fait pas toujours ce qu’il aimerait faire, que les libertés sont contrôlées en Amérique du Sud, obligeant certains à manger à la table du Diable, où la longue fourchette ne sert à rien.

Un roman dont le récit alterne entre l’Espagne et l’Argentine, une enquête dangereuse, un méchant mégalo qui racontera tout à Diego à la fin (un peu cliché, mais bon), des amis qu’il fait bon d’avoir auprès de soi, de la corruption politique (oxymore), des squelettes dans les placards et des personnages que l’on n’a pas envie de quitter à la fin de sa lecture.

Merci à toi, Diego Martín, de m’avoir fait découvrir ton univers de journaliste d’investigation, tes amis fidèles et le petit café où vous vous réunissez tous et toutes. N’oublie pas de rester prudent, mon cher Diego et d’embrasser ton père littéraire qui a fait en sorte que j’aille me coucher moins bête après avoir lu 4 de ses romans.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°211] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°30).

Batman – Année 100 : Paul Pope et Jose Villarrubia

Titre : Batman – Année 100

Scénariste : Paul Pope
Dessinateur : Jose Villarrubia 🇪🇸
Traduction : Thomas Davier

Édition : Urban Comics – DC Classiques (2016)

Résumé :
Gotham City, 2039. Batman, une icône oubliée du passé, est recherché pour meurtre. Lancés à la poursuite d’une légende, le commissaire Gordon, petit fils de l’original, prend rapidement conscience des ramifications de l’affaire lorsque ses hommes se trouvent secondés sur le terrain par une unité d’élite, débarquée de Washington.

Critique :
Je ne vais pas y aller par quatre chemins : les dessins sont moches !

Batman est trapu, avec une bouche proéminente (toutes les bouches étaient horribles à voir), pas sexy pour deux sous et les coloris étaient fort sombres, tendant les détails plus difficiles à discerner.

Ce n’est pas un Batman en pleine forme que nous retrouvons, mais un Batman essoufflé après la course, blessé, grimaçant sous l’effort.

Nous sommes en 2039, dans un Gotham qui a bien changé… Ça pue le fascisme et le totalitarisme, ainsi que la mort des libertés individuelles.

Pour ceux qui le poursuive, Batman était une légende urbaine, il n’a jamais existé, ils ne savent donc pas après qui ils courent. Juste une sorte de terroriste, sans doute. Le genre de chose qu’il faut éliminer du système bien huilé de la dictature totalitaire, comme on expulserait un déchet.

L’homme Chauve-Souris est accusé de meurtre, mais ce que les flics ne savent pas, c’est qu’il en fut le témoin et que le policier a été assassiné par un autre policier.

Votre mission, si vous l’acceptez, bien entendu : trouver l’identité d’une mystérieuse entité et un désamorcer un complot. Le scénario était des plus correct et des plus intéressants. La criminalité existe toujours à Gotham et le justicier masqué aussi.

L’action est omniprésente, dès le départ, mais les dessins ont freinés ma lecture, ainsi que les tons sombres… Franchement, je n’ai absolument pas aimé cette vision alternative de l’univers Batman.

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°24).

La vierge du mal : Edmundo Paz Soldan

Titre : La vierge du mal

Auteur : Edmundo Paz Soldan 🇧🇴
Édition : Gallimard – Du monde entier (15/10/2020)
Édition Originale : Los días de la peste (2017)
Traduction : Robert Amutio

Résumé :
La Casona n’est pas une simple prison sud-américaine. Véritable cour des miracles, elle est à la fois dortoir, bureau, centre commercial, dispensaire et église, et mêle, outre les détenus, des enfants abandonnés, des prostituées, des politiciens, des illuminés, des médecins et de riches barons de la pègre.

Cette galerie de personnages hauts en couleur va progressivement nous dévoiler la vie quotidienne d’un lieu unique, ainsi que les farouches luttes de pouvoir auxquelles s’adonnent les partisans d’une déesse nouvelle, « l’Innommable », dont les attributs rappellent ceux des divinités précolombiennes.

Comme elles — et aux antipodes de la Vierge chrétienne —, l’Innommable n’appelle pas à la paix mais à la guerre. Son culte secret fait résonner un cri de justice dans toute la Casona, alors que parmi les prisonniers commence à circuler un virus inconnu.

S’inscrivant dans la tradition de la littérature pénitentiaire, mais également du récit d’horreur et du roman de dictateur, La Vierge du Mal est une vaste fiction chorale dotée d’une forte dimension symbolique.

Elle offre la radiographie d’une société en décomposition, gangrenée par la violence et rongée par la peur, mais percée aussi, çà et là, comme la nôtre, par une lueur d’espoir.

Critique :
♫ Les portes du pénitencier ♪ Bientôt vont se refermer ♪ Et c’est là que je finirai ma vie ♫ Comme d’autres gars l’ont finie ♪

Voilà une critique qui va être difficile à faire tant cette lecture fut laborieuse.

Déjà, la plongée dans ce milieu donne l’impression de nager dans de la vase, tant la misère est prégnante. Et pourtant, de la misère, j’en ai lu plus que je n’en ai vu.

La Casona est un pénitencier horrible. Éloigné de tout, il est composé d’une faune bigarrée, allant de prisonniers qui peuvent vivre avec leur famille à des violeurs dangereux, des assassins… Et tout ce petit monde peut se croiser.

Lorsque je pars en vacances, je passe des péages et bien, dans cette prison, les matons en ont installé aussi et il faut s’acquitter du prix lorsque l’on passe d’une zone à l’autre.

D’ailleurs, avec du fric, la corruption est plus que possible et tout peut s’acheter : drogues, putes… Vous demandez, vous payez et on vous livre. Gaffe au racket, aussi.

Les autorités ? Elles s’en foutent royalement. La seule chose qui tracasse le Gouverneur, qui vit dans la cinquième tour (et qui est tenue secrète), c’est le culte de l’antévierge. Ben quoi, si l’antéchrist existe, pourquoi n’y aurait-il pas le contraire de la Vierge Marie ?

Ce qui gêne ce gouverneur, c’est que le pouvoir de cette entité prend le pas sur le sien. La déesse vengeresse, représentée avec un couteau entre les dents, n’incite décidément pas à la tolérance ni à l’harmonie.

Ah, ce roman avait tout pour me plaire et je me suis embourbée dans le récit, assez foutraque, ou les dialogues sont imbriqués dans le récit, rendant la lecture laborieuse et pénible.

Bref, au suivant !

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°21) et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Bolivie).

Aurel le consul – 05 – Notre otage à Acapulco : Jean-Christophe Rufin

Titre : Aurel le consul – 05 – Notre otage à Acapulco

Auteur : Jean-Christophe Rufin
Édition : Flammarion (06/04/20222)

Résumé :
La jeune Martha Laborne s’est évaporée à Acapulco. Mauvaise nouvelle pour le Quai d’Orsay : c’est la fille d’un homme politique français. La « Perle du Pacifique » était dans les années soixante le paradis des stars hollywoodiennes. Hélas, la ville aujourd’hui est livrée aux pires cartels mexicains de la drogue.

Aurel Timescu, notre calamiteux Consul, est envoyé sur place. Comme à son habitude, il est fermement décidé à ne rien faire. Son hôtel, le Los Flamingos, est hanté par les fantômes de Tarzan, d’Ava Gardner ou de Frank Sinatra. En suivant ces héros qui l’ont tant fait rêver dans son enfance, il va subir une complète métamorphose.

Un Aurel hédoniste, dandy et buveur de tequila se révèle. C’est bien malgré lui qu’il va se retrouver exposé à des intrigues meurtrières, à des dangers inconnus et au plus redoutable d’entre eux : la passion pour une femme exceptionnelle.

Critique :
Pour bien faire, j’aurais dû suivre l’ordre et lire les tomes précédents, compris entre le 2 et le 4. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, mais soudainement, j’ai eu une envie folle d’aller me dorer la pilule au soleil d’Acapulco.

Aurel Timescu, le plus calamiteux des Consuls y allait justement, alors, je me suis glissée dans la poche de sa veste en tweed. Il y faisait caliente, mais cela me permettait de voyager à moindre frais et avec un diplomate ! Même si ce n’est pas le diplomate qui fait rêver.

La mission d’Aurel est simple : ne rien faire !! Poser son cul dans un hôtel, siroter des cocktails, se baigner, mais surtout, surtout, ne rien faire pour chercher la fille de l’homme politique français qui a disparu. Coucouche panier, Aurel !

Ça tombe bien, Aurel n’est pas du genre à se fouler au boulot. Que du contraire, moins il en fait, moins on lui en demande, mieux il se porte ! J’avais la certitude que nous allions nous la couler douce, au Los Flamingos hôtel, en slash (tongs) et guayabera, à boire de la tequila ou des margarita.

Loupé, tout le monde est venu nous pourrir la vie avec des infos et des pistes sur la disparue dont nous n’avions rien à faire.

Aurel, c’est l’enquêteur improbable, le fainéant magnifique, celui qui ne fait pas de bruit, mais que tout le monde remarque. Celui qui voudrait passer sous les radars et qui n’y arrive pas. Aurel, je l’adore. Il n’est pas beau, il s’habille comme l’as de pique (et encore, en pire), mais il est tellement atypique qu’on l’aime de suite.

Les romans policiers de l’auteur semblent être avant tout là pour donner une touche d’humour, de légèreté, comme si l’on s’amusait follement, tout en enquêtant dans des pays (et des villes) où l’on n’a pas l’habitude d’aller. Ce serait réducteur de penser cela.

Sous ses airs d’amuseur local, l’auteur fait pourtant mouche et ne se prive jamais de parler de l’envers du décor, de nous montrer ce que les cartes postales ne montreront jamais : la violence, la pauvreté et autres sujets de société.

En fait, les enquêtes d’Aurel sont un mélange entre « Échappées belles » (à petites doses) et de « Envoyé spécial », le tout sous le couvert d’une enquête où notre Aurel fait le minimum du minimum.

Et malgré tout, je vous garantis que l’on ne s’ennuie pas du tout. Les personnages secondaires sont soignés, détaillés, ils prennent vie, ont leur importance. Aurel gagnera en profondeur, ressentira des émotions, craindra pour sa vie et se prendra pour Sinatra ou Johnny Weissmuller. Il aurait pu être ridicule, grotesque, mais non, il ne l’est pas, bien qu’il le frôle de peu. Il est surtout touchant, sans en avoir l’air.

Aurel est comme les romans qui le mettent en scène : on dirait de la littérature faite pour l’amusement, on sent que l’auteur s’est amusé à écrire ce cinquième tome, qu’il a puisé dans sa carrière de diplomate, que les seconds rôles existent réellement, quelque part…

Mais sous le couvert de littérature amusante, l’auteur n’oublie pas d’aborder les problèmes du Mexique, les tensions sociales, les narcos, les assassinats, la violence terrible, la corruption, les flics qu’il vaut mieux éviter et le déclin de cette station balnéaire, devenue la cible des racketteurs. On est en tong, mais on n’oublie pas le principal.

Aurel, je vais revenir en arrière et je ne zapperai pas tes précédentes enquêtes. Si tu pouvais me chanter, avec ta belle voix de crooner « Strangers in the night », je serais ravie !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°206] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°12).

 

Tapas nocturnes – Diego Martín 00 : Marc Fernandez

Titre : Tapas nocturnes – Diego Martín 00

Auteur : Marc Fernandez
Édition : Livre de Poche (30/03/2022)

Résumé :
Tandis que Diego Martín, journaliste reporter police/justice, cherche à rencontrer le fameux Don Fernando, dit El Matador, chef d’un puissant cartel de la drogue au Mexique, Carolina, sa compagne, professeure de droit spécialisée dans les affaires criminelles à l’université de Madrid, reçoit des menaces de mort, de plus en plus pressantes et insistantes.

Le quotidien de la jeune femme devient un véritable cauchemar. Les narcos, dérangés dans leurs trafics, oseront-ils s’en prendre à elle ? Carolina attend avec impatience le retour de Diego…

On retrouve ici Diego, Ana, Carlos et les autres, tous ces personnages audacieux et courageux que l’on a découverts dans la trilogie « Mala vida », « Guérilla Social Club » et « Bandidos ».

Sans relâche et avec détermination, ils ont révélé des secrets d’État et lutté contre la corruption et les narcotrafiquants.

L’intrigue de « Tapas nocturnes » se situe avant Mala vida mais peut être lue indépendamment de la trilogie.

Critique :
Avant de lire le dernier tome de la trilogie, je me suis penchée sur le préquel, sorti après les autres.

Ce préquel nous présente les personnages que nous croiserons dans les romans suivants, posera les bases.

Moins drôle, il nous fera vivre l’assassinat d’un personnage, dont nous avions déjà après la disparition brutale dans les romans suivants.

Diego Martín est un journaliste comme on en fait encore peu : il ne cherche pas le scoop, croise ses données, ne s’occupe pas des potins, du menu fretin, mais adore soulever les tapis, ouvrir les placards, pour aller chercher les cadavres en dessous. Politiciens véreux, gare à vous. Dictateurs, pareil. Vous aussi, les narcos.

Ici, il vise Don Fernando, le patron d’un cartel mexicain qui se cache derrière une activité d’entrepreneur très clean. Diego est parti l’interviewer à Ciudad Juarez et il en est revenu assez vite, le numéro deux ayant montré les dents.

Ce roman est très court, mais lui aussi est percutant. Autant par son scénario qui ne laissera rien au hasard, que par ses personnages attachants (pas les narcos, hein !).

Diego est libre dans sa tête (oui, elle était facile), Ana, une amie à lui, était un homme avant et à fuit la dictature au Chili, le patron du bar a fui celle d’Argentine. Ils sont amis, se serrent les coudes, se soutiennent.

Ce roman noir, très noir, est aussi la preuve que lorsqu’on ne respecte pas les règles, quand on prend une décision sans l’aval du grand chef, on court à sa perte. Comme une pièce chutant dans un domino et entrainant les autres, lentement au départ, puis de plus en plus vite ensuite.

Ou comment on peut se tirer une balle de pied et se rendre compte, trop tard, qu’on a déconné grave et que maintenant, les cognes corrompus ne rigolent plus. Y a rire et rire, mais leur pisser dans le dos et dire qu’ils transpirent, les flics n’appellent plus ça rire.

Un roman noir fort, percutant, violent, sans concessions, avec beaucoup de chagrin et qui pose les bases de ce que sera Diego dans les autres romans, qui expliquera son caractère, sa personnalité, sa ténacité.

Un préquel qui se lit tout seul et peut être lu indépendamment des trois autres. Entre nous, ne vous contentez pas que de celui-ci, lisez les autres, ils sont super bons.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°210]Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°07).

Épilogue meurtrier – Trilogie de la crise HS1 : Pétros Márkaris

Titre : Épilogue meurtrier – Trilogie de la crise HS1

Auteur : Pétros Márkaris
Édition : Points Policier (2016)
Édition Originale : Titloi telous – O epilogos (2015)
Traduction : Michel Volkovitch

Résumé :
Quatrième tome d’une trilogie devenue tétralogie sur la crise grecque.

Le commissaire Charitos continue de parcourir Athènes entre son bureau et son appartement, et nous offre à la fois une vision politico-sociologique d’un pays où la population désespérée s’en prend aux immigrés et se tourne vers le populisme de l’extrême droite violente, et une enquête policière où ressurgissent les fantômes de la guerre civile et des années 50.

Critique :
Une trilogie en 4 volumes, cela devient une tétralogie… On pourrait se demander ce que l’auteur avait encore à nous dire après trois formidables romans noirs avec, en toile de fond, la crise Grecque.

Rassurez-vous, Pétros Márkaris en avait encore sous la pédale et, une fois de plus, il entraîne ses lecteurs (et lectrices) dans la Grèce post-crise, après que l’Allemagne lui ait collée une punition à la mesure des fautes commises par les gouvernants.

Hélas, ce ne sont jamais les politiques qui paient leurs fautes et après avoir ouvert les fenêtres et balancé des tonnes de fric à tout le monde, on a tout refermé et on a puni les gens qui en avaient profité.

Une fois de plus, les meurtres ne sont là que pour nous parler de cette Grèce qui a été flagellée et de ses habitants qui tirent le diable par la queue, laissant les voitures au garage, le carburant coûtant trop cher, ou ayant carrément rendu les plaques…

Dans ce dernier tome consacré à la crise, notre commissaire Kostas Charitos va avoir bien du mal à comprendre qui est caché derrière ces meurtres, et nous aussi !

Au menu, nous aurons de la corruption de fonctionnaires, que les gens sont obligés de payer afin de faire avancer leur dossier, sans que ces mêmes fonctionnaires ne comprennent qu’avec un tel comportement, ils entravent le développement économique de leur pays.

L’auteur nous parlera aussi de ces Grecs qui en font le minimum au boulot, les yeux rivés sur la pendule, refusant de bosser une minute de plus, que l’enseignement secondaire est merdique, obligeant les parents à payer afin de donner des cours privés à leurs enfants.

Il parlera aussi des primes données par l’Europe, à tort et à travers, le racisme exacerbé des Grecs, leur haine des autres, l’arrivée au pouvoir du parti Aube Dorée, qui n’a de dorée que son nom, de la dictature des Colonels, de la guerre civile,…

Oui, c’est noir ! Heureusement qu’il y a quelques scènes familiale afin d’apporter un peu de soleil à toute cette sombritude. Hélas, pas de banquets rempli de victuailles, l’épouse du commissaire cuisine avec ce qu’elle a et elle ne manque pas de cœur et d’idées.

L’auteur a eu bien raison d’ajouter un 4ème tome à sa trilogie car il ne manque pas de piquant, Pétros Márkaris nous dressant un portrait sans concession de la Grèce, même si on sent bien qu’il aime son pays, qu’il a de la tendresse pour lui, pour ses habitants, bien que ses critiques soient acérées.

Qui aime bien, châtie bien. Jamais de manichéisme, dans les romans de Márkaris. Pire, on ressent souvent de l’empathie pour le/les coupables.

Un polar bien sombre, même sous le soleil de la Grèce. Un polar qui clôt brillamment cette trilogie devenue une tétralogie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°125], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°07] et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Grèce).

Pasakukoo : Roy Braverman

Titre : Pasakukoo

Auteur : Roy Braverman
Édition : Hugo Poche (03/06/2021)

Résumé :
LE SUSPENSE D’ÉTÉ « DICKERIEN » DE ROY BRAVERMAN

Lac Pasakukoo, dans le Maine des été indiens. Le corps noyé d’une jeune romancière prometteuse, égérie annoncée d’une nouvelle génération d’écrivains.

De chaque côté du lac, la résidence de deux auteurs à succès, meilleurs ennemis du monde. Un shérif qui ne les aime pas, et un village où aucun secret ne résiste à la douceur de vivre apparente.

Un avocat noir et théâtral qui débarque. Une secrétaire à faire pâlir Venus en personne. Un assistant littéraire appliqué et ambitieux.

Un manuscrit dont la seule existence fait frémir les familles les plus puissantes de la région.

Des mots qui deviennent des armes, et des pages blanches des linceuls. Et soudain, une série de violences qui se déchaînent entre les rancœurs d’hier et les menaces de demain.

Critique :
Benjamin Dempsey est un auteur… Rien que son nom de famille me fait penser à celui du docteur Mamour (Grey’s Anatomy).

Bien que je n’ai jamais vu plus de 60 minutes de la série, je connais la p’tite gueule d’amour de l’acteur Patrick Dempsey. Il y a pire pour commencer une lecture que de se l’imaginer en écrivain tombeur de ces dames…

La chose qui m’avait fait peur, c’était le bandeau-titre du résumé : LE SUSPENSE D’ÉTÉ « DICKERIEN ». En instant, j’ai pensé revivre le cauchemar des platitudes lancées par le romancier Harry Quebert dans « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » (de Joël Dicker) quand il se pâmait d’amûr pour sa Nola.

Il n’en était rien ! Ouf, j’ai échappée aux platitudes de deux amoureux transits et j’ai passé un moment de folie dans ce roman où le suspense règne en maître incontesté et ou les multiples événements et personnages louches, viennent gonfler le récit, tant et si bien qu’on se demande ce qu’il va se passer quand tout va se rejoindre et exploser.

Attention, lecture jouissive, tant par le choix des personnages, travaillés sans avoir besoin d’en faire trop, par des dialogues savoureux, des passes d’armes avec des avocats bien drôles et cyniques, un cours sur la longueur du sexe masculin et une noirceur de récit qui ne se remarque pas tout de suite, tant on a un petit sourire aux lèvres.

Des polars et thrillers, j’en ai lu des tonnes et de temps en temps, il est agréable d’en lire un qui sort du lot de par sa construction et son scénario. Déjà que l’on ne sait pas quel personnage nous parle en entrée de chapitre, comme en aparté, il faudra arriver à la fin pour comprendre qui était-ce.

Il y a des faux-semblants, des fausses-vraies amitiés, des chausses-trappes et des beaux salopards, dans ces pages, sans que l’on sache tout de suite qui est vraiment le pire : Dempsey, l’écrivain besogneux, Ackerman son voisin d’en face, auteurs de best-seller qui passe sa vie à faire des fêtes ? La jeune fille que l’on retrouvera morte dans le lac ? Le frère qui baise avec sa soeur ? Le sherif qui en veut à Dempsey parce qu’il a baisé sa femme et sa fille ?

Ce thriller polar est addictif, on n’a aucune envie de le lâcher avant la fin, il fait sourire, on pourrait penser que c’est un roman drôle, mais en fait, il est comme le lac Pasakukoo : plus profond que l’on ne se l’imagine et plus sombre qu’il ne laisse paraître.

Dans le fond, si on remue la vase, on verra sortir des murènes et autres monstres des profondeurs comme la course au succès, les conditions de la femme, le racisme, l’envie, la jalousie, le pouvoir, l’argent facile, la société qui s’érige en juge, les erreurs qui vous suivent et s’ajoutent aux autres, la justice pas toujours juste, les gens qui font la pluie et le beau temps à Wall Street, les richesses qui ne sont jamais honnêtes, les coups bas des éditeurs, les émissions de télé orientées, les avocats pas toujours nets, faire le buzz pour vendre plus, les flics ripoux, l’argent qui pense acheter tout…

Pasakukoo est un roman parfait pour les vacances, sans que ce soit péjoratif de le considérer ainsi. Il est parfait parce qu’il remonte le moral, parce qu’il m’a reboostée après quelques lectures en demi-teinte ou loupées, parce qu’il a une morale et que malgré sa complexité, il ne devient jamais lourd ou incompréhensible.

Pasakukko, ou comment passer un bon moment de lecture tout en allant plus loin qu’un simple whodunit. La finesse des personnages et du scénario m’ont enchanté. Et puis, dans cette histoire, rien n’est comme on pourrait le penser. Se faire trimbaler par un auteru, c’est toujours agréable.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°59].

Blacksad – Tome 4 – L’Enfer, le silence : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 4 – L’Enfer, le silence

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (17/09/2010)

Résumé :
Années 1950, La Nouvelle-Orléans, où la fête de Mardi gras bat son plein.

Grâce à Weekly, un producteur de jazz dénommé Faust fait la connaissance de Blacksad. Faust demande à ce dernier de s’occuper d’une affaire : un de ses musiciens, le pianiste Sebastian, a disparu. Il n’a pas donné signe de vie depuis des mois, mettant en péril le label musical privé d’une star.

Faust craint que Sebastian ait, une fois de trop, sombré dans la drogue. Sa requête est d’autant plus pressante que Faust se sait atteint d’un cancer.

Blacksad accepte la mission et découvre peu à peu que Faust ne lui a pas tout dit. Il s’aperçoit qu’il est lui-même manipulé, mais décide tout de même de retrouver Sebastian pour comprendre les raisons de sa disparition. Il ne sait pas encore qu’il va connaître son enquête la plus éprouvante, à plus d’un égard.

Critique :
Quel plaisir de retrouver John Blacksad, un de mes détectives préférés (après Holmes, bien entendu), dans une nouvelle enquête.

Moi qui le découvre seulement maintenant, je me régale à chaque fois que j’ouvre un album.

La Nouvelle-Orléans… Son carnaval, ses guérisseuses, ses légendes, le jazz…

Cette fois-ci, Blacksad, aidé de la fouine Weekly, enquête dans le milieu de la musique.

Sebastian « Little Hand » Fletcher, un pianiste de talent, qui a disparu et son producteur, Faust Lachapelle, a engagé notre chat noir afin d’enquêter sur cette disparition mystérieuse.

Les dessins et les couleurs sont toujours un régal pour les yeux, à la limite de l’orgasme visuel.

Le scénario semble conventionnel au départ mais comme d’habitude, il s’éloignera du classique pour entrer dans du plus sombre et faire sortir des secrets que chacun cache. Et personne n’a envie que ses secrets remontent à la surface !

Dans ce 4ème tome, les auteurs abordent la misère qui règne dans certains quartiers, obligeant les gens à vivre d’expédient, de mendicité,… Certains sombrent dans la drogue et les puissants n’hésitent jamais à exploiter la misère des uns pour assurer leur fortune.

Heureusement que Weekly vient apporter sa petite note d’humour dans ces pages bien sombres.

Mon léger bémol sera pour le final qui arrive un peu trop vite à mon goût… Le récit est rempli de mystères, de non-dits, de rebondissements, d’action, de violence, de sombritude (néologisme offert) et puis bardaf, le final tombe brusquement et tout nous est expliqué un peu trop rapidement.

Mais ceci n’est que pinaillage comparé à l’excellence des dessins, des couleurs, des personnages, des dialogues et du scénario qui est tout de même en béton. Quelques pages de plus auraient permis de prendre un peu plus son temps dans la résolution finale.

Merde, il ne me reste plus qu’un seul album à découvrir….

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°28], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°79] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

 

Blacksad – Tome 3 – Âme rouge : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 3 – Âme rouge

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2005)

Résumé :
John Blacksad s’ennuie dans son nouveau rôle de garde du corps d’un parvenu flambeur. Heureusement, on peut toujours compter sur le destin qui vous met dans les pattes de vieilles connaissances pour vous sortir du ronronnement du quotidien et de nouvelles rencontres pour éviter de vous empâter.

En cette période de guerre froide, certains ont tendance à voir rouge et l’atome a des odeurs de soufre.

Critique :
Le nucléaire est-il une bonne affaire ? Pour nous éclairer, c’est pas si mal (hormis les déchets et les dangers des centrales qui fuitent).

Ici, on parle plus du nucléaire en tant qu’arme absolue à envoyer sur la gueule des ennemis afin qu’ils se taisent pour toujours et à jamais.

Blacksad, qui s’emmerdait à jouer le garde du corps pour un milliardaire, va mettre, une fois de plus, ses coussinets dans une affaire puante, le tout sur fond de traque aux communistes.

Comme pour les deux premiers, les dessins sont léchés (normal avec des chats et des chiens), les couleurs chaudes, vivantes, qui mettent en valeur l’excellent travail du dessinateur Guarnido.

La Guerre Froide n’est pas une guerre qui aurait lieu en Antarctique, c’est encore pire car elle a opposé deux grandes puissances et à fait frémir la Terre entière.

C’est sur ce sujet que les auteurs vont se baser pour ce troisième opus de John Blacksad, en y ajoutant la chasse aux sorcières et les fameuses listes où se trouvaient inscrits des noms d’écrivains, de cinéastes, scénaristes… Le maccarthysme était une saloperie de maladie.

Le ton est toujours un peu ironique, cynique et en 56 pages, les auteurs arrivent à tout caser sans que l’on ait l’impression d’avoir été grugés ou que tout ait été scénarisé en accéléré.

Comme toujours, personne n’est tout blanc ou tout noir, certains ont des péchés horribles sur le dos et ont tenté de se racheter, de faire le bien… Faut-il leur en vouloir de leurs erreurs passées ? Les bonnes actions rachètent-elles les fautes impardonnables ? Ces erreurs, d’autres personne n’auraient-elles pas pu les faire, elles aussi ?

Ces questions, vous y répondrez vous même, en âme et conscience (ou vous n’y répondrez pas car il n’est pas facile de se prononcer définitivement) après avoir lu ce troisième album de Blacksad qui, sans atteindre l’excellence des deux premiers, n’en reste pas moins un excellent album.

En tout cas, des certitudes, je n’en ai pas, je cherche toujours la bonne réponse. Ma seul certitude c’est qu’il est plus que conseillé de lire Blacksad.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°03], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°72].

Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2003)

Résumé :
Oldsmill, le maître de la ville, est un tigre blanc.
Karup, le chef de la police, un ours blanc.
Huk, l’âme damnée de Karup, un renard blanc.

Avec les autres animaux à pelage immaculé, ils forment la société WASP (W pour White, AS pour Anglo-Saxon, P pour Protestant).

Tous les autres habitants, de la pie noire au renard brun-roux en passant par le chat tacheté et la biche châtain, ne sont que racaille.

Et si la police n’est pas capable de maintenir l’ordre des blancs, les gros bras d’Arctic-Nation, le parti raciste, cagoulés et vêtus de robes blanches, s’en chargent sans états d’âme. Ils ont les cordes et les croix enflammées qu’il faut.

Dans cette ambiance pas câline, câline, Blacksad, le chat détective privé, enquête sur la disparition d’une enfant de couleur. La mère de Kyle, Dinah, travaillait comme femme de ménage chez le même Karup et, selon quelques bonnes âmes, serait au mieux avec le fils Oldsmill.

Un vrai nœud de vipères dans lequel Blacksad plonge les pattes et joue au justicier prompt à griffer si nécessaire… Son seul appui est Weekly, le reporter d’un magazine à scandale, un fouille-merde qui sera utile à John.

Et ça vaut mieux. Coups bas et coups tordus vont pleuvoir comme à Gravelotte…

Critique :
Le premier tome de Blacksad sentait bon le polar hard-boiled à l’ancienne (nous sommes dans les années 50) et avait tout d’une grande bédé.

Le tome 2 grimpe encore plus haut et crève le plafond et explose la cotation.

Hard-boiled, il l’est toujours, mais en lieu et place d’une enquête « classique », on met les pieds dans l’auge puante (et j’insulte les cochons) du ségrégationnisme, du racisme, des encagoulés du KKK et des bas de plafond des WASP (le banc anglo saxon et protestant).

Bienvenue dans le quartier de The Line, bienvenue chez la racaille des Claws, bienvenue aussi chez les suprémacistes d’Artic Nation, ceux qui viennent du froid et qui sont plus Blancs que Blancs que même les poudres à lessiver Dash/Dixan vont leur coller un procès tellement qu’ils sont Blancs.

Si au départ on pense à une enquête classique sur la disparition d’une jeune gamine Noire, restez sur vos gardes car il n’en sera rien et le scénariste sait non seulement monter une histoire qui tient la route mais en plus, il sait comment nous trouer le cul à la fin de son album. J’adore me faire entuber de la sorte.

Le dessinateur Juanjo Guarnido me donne envie d’acheter des ex-libris de Blacksad tant ses dessins sont sublimes, magnifaïïïïks, géniaux (et faudra aussi que j’achète un dico car les superlatifs comment à manquer).

Lorsque je lis (que je dévore goulûment) Blacksad, j’ai l’impression de regarder un vieux film des années 50, un bon vieux polar à l’ancienne, avec des atmosphères à la Bogart. Les dialogues, eux, sont toujours ciselé au scalpel, rempli de cynisme et de sarcasmes. J’adore !

Surtout qu’une espèce de fouine (une belette ?) a fait son entrée aux côtés de Blacksad : le journaliste surnommé Weekly qui ne manque pas d’humour.

L’anthropomorphisme est toujours bien réalisé à tel point que l’on oublie que l’on a affaire à des animaux qui souffrent des mêmes tares que les Humains.

Blacksad, c’est sobre, soigné, c’est intelligent, c’est fin, bref, je me demande pourquoi je n’ai pas lu cette série plus tôt. Avantage, je la découvre avec encore plus de plaisir et là, elle a sa place sur les plus hautes étagères de ma biblio, là où je classe le Graal de la bédé…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°261], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°58], le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022) [N°20  Une bd récompensée] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

  • 2003 : prix spécial du jury au festival de Sierre;
    • Prix Saint-Michel du meilleur album francophone pour Arctic-Nation.
  • 2004 : prix du public et Prix du dessin au Festival d’Angoulême pour Arctic-Nation ;
    • Prix Virgin du meilleur album pour Arctic Nation.
  • 2005 : Prix Harvey du meilleur album original pour Arctic-Nation;
    • prix Virgin du meilleur album pour Arctic-Nation.