Batman – Année Un : Frank Miller et David Mazzucchelli

Titre : Batman – Année Un

Scénariste : Frank Miller
Dessinateur : David Mazzucchelli

Éditions : Urban Comics DC Premium (2012) / Eaglemoss (2016) / Urban Comics DC Black Label (2020)
Édition Originale : Batman : Year One (1988)
Traduction : Doug Headline

Résumé :
Quand il avait six ans, Bruce Wayne a vu ses parents se faire assassiner sous ses yeux. Après un entrainement intensif, il revient à Gotham City pour mener une guerre sans merci contre le crime… mais ce ne sera pas facile.

Face à la corruption des autorités de la ville et leurs liens avec la pègre, Bruce, sous le déguisement du vigilant Batman, va forger une alliance avec un policier nouveau venu à Gotham : le lieutenant James Gordon.

Critique :
Me revoici une fois de plus à explorer les débuts de l’homme chauve qui sourit… Pardon, de l’homme chauve-souris !

Cette fois-ci, on reste dans le classique, dans les vrais débuts de Batman et contrairement à la saga « Terre-Un », les classiques sont respectés et rien n’est changé.

Alors que dans la saga « Terre-Un », nous étions face à un Batman qui trébuchait et qui n’était pas tout puissant, ici, les auteurs ont suivi la ligne et notre sexy chauve-souris est quasi un surhomme qui encaisse tous les coups.

Contrairement au Batman des tout débuts, celui-ci se trouve plongé dans notre monde actuel et pas dans celui des années 30/40.

L’assassinat de ses parents est montré, en souvenir, mais pas en détail. Ce n’était pas le but de réécrire la genèse de Batman, juste de le mettre au goût du jour et c’est réussi.

Mon seul bémol sera pour les dessins que de David Mazzucchelli que j’ai moins apprécié que ceux de Gary Frank, mais ceci n’a pas nuit à la qualité du récit qui nous fait suivre Batman sur une année civile, nous faisant découvrir ses premiers exploits pour lutter contre le crime.

Gotham est gangrenée par le crime, les policiers sont corrompus, sont des vendus, des enfoirés et faut chercher longtemps pour en trouver un seul qui ne l’est pas (Gordon).

Un roman graphique assez sombre, violent mais qui nous propose un scénario de qualité. On a beau connaître un peu l’histoire du mec en noir, on a pas l’impression d’une redite ou d’être face à un récit ennuyeux au possible.

Un album d’une grande qualité mais ma préférence, pour le moment, reste à « Batman – Terre-Un » qui m’avait explosé les mirettes avec ses dessins magnifiques.

Allez, je vous laisse, il me reste une légion de comics sur Batman à découvrir et je ne voudrais pas laisser de côté les autres non plus, donc, je risque d’aller m’encanailler sévère dans le monde des super héros, qu’ils soient de chez DC Comics ou de l’écurie Marvel.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°213].

Batman – Terre-Un – Tome 2 : Geoff Johns et Gary Frank

Titre : Batman – Terre-Un – Tome 2

Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Gary Frank

Édition : Urban Comics DC Deluxe (26/02/2016)
Édition Originale : Batman: Earth One, book 2 (2015)

Résumé :
Après la mort du Maire Oswald Cobblepot et l’apparition d’un certain « Batman », une nouvelle ère s’apprête à voir le jour à Gotham City.

Jessica Dent et son frère, le procureur Harvey Dent, ont rejoint les rangs de ce justicier de l’ombre pour combattre la corruption et le dictat des criminels installés en ville depuis trop longtemps.

Mais aucun ne s’attendait à devoir affronter un nouvel adversaire, un ennemi si imprévisible que chaque mauvais pas peut d’avérer fatale.

Critique :
N’étant pas une grande connaisseuse des comics et de l’univers de Batman, je ne sais pas ce que les puristes ont pensé de ce « relaunch » (une relance), mais moi, j’ai apprécié commencer mes incursions dans l’univers de la chauve-souris sexy par ce diptyque.

Sans être une fan absolue, je connais les grandes lignes de Batman et je pense qu’il en est de même pour la majorité des gens : parents assassinés à la sortie d’un ciné, rêves de vengeance, recherche du tueur(s), des commanditaire(s) et on termine par un costard hyper sexy et l’arrivée d’un justicier masqué sans pouvoirs magiques.

Comment revisiter une vieille recette ? Comment faire du neuf ou de l’original avec un truc qui est éculé ? Non, nous ne sommes pas dans la nouvelle saison de Top Chef où l’on doit revisiter la blanquette de veau, mais bien celle de la chauve-souris !

Les ingrédients qui font de Batman ce qu’il est sont tous présents, c’est assaisonné comme il faut mais malgré qu’il ressemble à l’ancien, le nouveau plat servi est différent sans pour autant que l’on regrette la recette originale.

L’auteur y a ajouté des ingrédients secrets, comme une enquête sur un espèce de petit plaisantin qui pose des questions, tel un Sphinx et qui, si vous ne répondez pas dans les délais impartis, vous transforme en substance pour hachis parmentier ou viande pour lazagnes.

Si on additionne un scénario aux petits oignons, des origines revisitées intelligemment, des personnages un peu différent des originaux mais gagnant en maturité et en profondeur, une enquête remplie d’action, sans temps mort, un Batman qui n’est pas le mec tout puissant, qui doute, qui a des soucis avec ses gadgets, le tout mis en scène par un dessinateur qui nous joue les Michel-Ange du comics, ma foi, des relance pareilles, on peut m’en offrir tous les jours !

Lire ce comics est un régal pour les yeux tant les dessins sont réalistes, les couleurs bien utilisées, tant les expressions des visages sont changeantes et pas toujours les mêmes, comme je l’ai déjà constaté avec certains dessinateurs.

Pour ceux qui veulent se pencher sur la chauve-souris la plus sexy des comics ou pour les fans absolus, cette saga est parfaite ! Le Chevalier Noir y est plus touchant, moins puissant, il peut chuter, faire des erreurs, lui-même cherchant sans cesse à améliorer ses techniques, ses gadgets, inventant ce qui fera plus tard sa légende.

Un véritable petit bijou de comics tant au scénario qu’au dessin qui eux, sont des cadrages de cinéma, des arrêts sur images, détaillés sans être surchargés, réalistes au possible. Moi, j’en veux encore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°208] Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°34].

Trilogie de la crise – 03 – Pain, éducation, liberté : Pétros Márkaris

Titre : Trilogie de la crise – 03 – Pain, éducation, liberté

Auteur : Pétros Márkaris
Édition : Points Policier (26/03/2015)
Édition Originale : Psōmí, paideía, eleuthería (2012)
Traduction : Michel Volkovitch

Résumé :
2014. À Athènes, la survie quotidienne est de plus en plus difficile pour les citoyens appauvris et pour les immigrés harcelés.

C’est alors qu’un tueur en série jette son dévolu sur des personnalités d’envergure issues de la génération de Polytechnique qui, après s’être rebellées contre la junte militaire, ont eu une carrière fulgurante. Le criminel reprend le célèbre slogan des insurgés de l’époque pour formuler sa revendication : « Pain, éducation, liberté».

Qui se cache derrière ces meurtres ? Un membre de l’extrême droite ou un ancien gauchiste mû par le désir de vengeance ? Le commissaire Charitos, privé de son salaire depuis trois mois, tente avec sa ténacité habituelle de comprendre les mobiles du coupable.

Pain, éducation, liberté est le troisième volet de la trilogie de la crise grecque, après Liquidations à la grecque (prix Le Point du Polar européen 2013) et Le Justicier d’Athènes.

Critique :
Dernier volet de la Trilogie de la crise où l’auteur continue d’explorer son pays, la Grèce et à nous faire vivre sa crise financière de l’intérieur, avec un réalisme bluffant, en imaginant que la Grèce aurait abandonné l’euro pour revenir à la drachme.

Comme souvent dans les romans policiers, l’enquête n’est là que pour permettre d’investiguer dans le passé pour expliquer la catastrophe qui sévit au présent car tout est lié.

Pendant que le commissaire Kostas Charitos enquête sur les meurtres de trois crapules, l’auteur en profite pour fouiller les tiroirs de la Grèce et en sortir le linge sale qu’il va laver en public.

Des tiroirs bourré de naphtaline, il extirpe dehors de la misère, de la pauvreté, des destins brisés, mais aussi de la débrouille car lorsqu’on est pauvre, on devient plus intelligent et on essaie de trouver des solutions.

Comme on ne sait pas laver plus blanc que blanc, il faut aussi s’attendre à des magouilles, de l’opportunisme, des tortures, des révolutionnaires devenus comme les colonels qu’ils ont chassé, des vestes qui se retournent, de celles qui craquent de tous les côtés à force d’avoir été retournées… À la prochaine révolution, certains retourneront leurs pantalons…

Imaginant un retour du pays à l’ancienne monnaie (la drachme), l’auteur développe son univers avec réalisme, n’épargnant rien aux lecteurs et montrant que même diplômé, il est difficile de s’en sortir quand son pays est en crise.

Il ne se prive pas non plus de taper sur ceux qui se sont engraissés durant des années, sur le clientélisme, sur les faux handicapés qui touchaient des pensions et sur le fait que lorsque l’argent arrivait, tout le monde en profitait, même si certains se sont empiffrés plus que d’autres.

L’extrême droite dans le pays fait ce qu’elle fait de mieux : elle casse, elle brûle, elle frappe sur les immigrés, leur reprochant tout, oubliant qu’ils sont dans la même merde que tout le monde et que ces derniers voudraient quitter le navire puisqu’il n’y a plus rien comme travail. Hélas, partir coûte de l’argent, ils sont bloqué et doivent subir les attaques des décérébrés.

Ce que j’apprécie dans cette saga, c’est que les assassinés soient des salopards, des crapules, bref, des victimes que l’on n’a pas du tout envie de pleurer. Pire, on croise même les doigts que notre commissaire Kostas Charitos ne découvre jamais les coupables car ce sont bien souvent des assassins sympathiques

Oui, je devrais avoir honte de dire qu’on devrait décorer les assassins de cette trilogie, mais si j’ai honte, c’est juste un tout petit peu…

Un roman policier qui sert de support pour parler de la tragédie de la crise grecque, pour nous la montrer telle qu’elle était, telle qu’elle fut et combien certains en ont souffert. Les conneries, les exactions des uns provoquent toujours la chute des autres, mais l’auteur ne donne pas le beau rôle aux grecs et les mets aussi face à leurs fautes.

Anybref, un roman policier aux arômes de roman noir qui vole plus haut que le polar de gare et qui nous fait visiter une Grèce qui ne se trouvera jamais sur les cartes postales ou dans le guide du Routard. Mais ses personnages qui seront nos guides valent plus que tout les autres guides car ils sont devenus des amis.

Ce troisième tome aurait dû clôturer la trilogie de la crise, mais ouf, il y en a un quatrième à déguster.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°201] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°27].

 

Batman – Terre-Un – Tome 1 : Geoff Johns et Gary Frank

Titre : Batman – Terre-Un – Tome 1

Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Gary Frank

Édition : Urban Comics DC Deluxe (2013)
Édition Originale : Batman : Earth One, book 1 (2012)
Traduction :Alex Nikolavitch

Résumé :
Batman n’est pas un héros. Juste un homme. Faillible, vulnérable et en colère. Dans une Gotham City où amis et ennemis sont indiscernables, le chemin que suit Bruce Wayne pour devenir le Chevalier Noir est plus que jamais criblé d’obstacles.

Déterminé à punir les véritables assassins de ses parents ainsi que les policiers corrompus responsables de leur remise en liberté, la soif de vengeance de Bruce Wayne nourrit sa folle croisade et personne, même Alfred, ne pourra le stopper.

Ce titre se déroule dans un univers alternatif, avec un Batman plus violent que celui de l’univers classique que nous connaissons.

Critique :
Un vengeur masqué, un sombre héros (sombrero ?) qui agit dans la noirceur de la nuit noire et obscure… Oui, c’est bien lui !

Allez, on chante ♫ Un cavalier qui surgit hors de la nuit, court vers l’aventure au galop… ♪ Son nom, il le signe à la pointe de l’épée ♪

STOP ! Erreur de générique ! Nous avons une cape sombre, un masque sur le visage, ce sont deux vengeurs masqués… par contre, je ne vais pas vous parler de Zorro mais de Batman !

De Batman, je ne connais que l’essentiel : ses parents assassinés lorsqu’il était enfant, la ville de Gotham gangrené par le crime et sa quête de justice, quelques uns de ses ennemis, dont le Joker. Mais rien de plus.

Bien entendu, j’ai vu quelques films, dont la trilogie « Dark Knight » mais je ne sais pas grand-chose de son univers, et pourtant, c’est un super-héros que j’apprécie le plus avec Iron Man et Dead Pool.

Pas de bol, il n’y avait pas de comics dans mon entourage et je les découvre sur le tard (et non sur le pot… le tôt !).

Pas de chance, je ne savais pas qu’en fait je lisait une version revisitée des origines de Batman. Entre nous, si je ne l’avais pas lu en faisant le tour des chroniques, je ne l’aurais jamais su puisque mes connaissances sur Batman sont très minces !

En fait, on prend les mêmes ingrédients mais on modifie l’assaisonnement et on triture deux ou trois trucs qui, je vous le redis encore, si je ne l’avais pas appris ailleurs, je ne l’eusse pas su ! C’est vous dire ma méconnaissance (va me falloir des cours en accéléré).

Sauf pour Alfred, j’avais remarqué que ce n’était pas le même que d’habitude puisqu’au lieu du majordome habituel, on a un ancien marine royal qui a connu le père de Bruce Wayne à l’armée. Exit Michaël Cane, donc.

L’essentiel (qui n’est pas dans Lactel), c’est que j’aie pris mon panard littéraire en découvrant ce comics avec ma chauve-souris préférée ! Putain, les dessins de ouf ! (oui, j’aime parler d’jeun’s).

Pour le dire plus sobrement, on peut dire que au niveau des graphismes, ça déchire sa race ! Dès la scène d’introduction, j’étais dans le bain et je me régalais les pupilles devant le graphisme maitrisé, les couleurs, sombres mais sans que cela n’empêche de voir les détails, notamment ceux des visages qui sont très expressifs.

Le coloriage est maîtrisé aussi et il est lui aussi un régal car il oscille entre des tons sombres et de ceux plus pastels.

Et le scénario était excellent aussi ! On plonge dans l’enfance de Batman avec des flash-back, on fait des sauts temporels entre maintenant et avant, on suis sa quête de justice, son enquête pour savoir qui est derrière l’assassinat de ses parents, on le voit commencer à lutter contre le crime organisé à Gotham et on comprend que les policiers sont pieds et poings liés : soit ils sont corrompus, soit ils ne le sont pas mais on a menacé leurs familles, donc, ils ne bougent pas.

Ce qui m’a plu aussi et ce que j’aime dans Batman, c’est qu’il n’a pas de pouvoir à proprement parler. Comme Iron Man, tout dépend de sa combinaison et dans cet album, nous sommes face à un Batman qui débute, qui se prends des beignes, des coups, qui foire, qui est encore inexpérimenté dans son costume de chauve-souris sexy.

Bref, il est d’un réalisme criant de vérité, tout comme le reste de l’album car les réactions des différents protagonistes sont elles aussi bien dans le ton réaliste. Leurs visages sont bien différenciés, pas moyen de confondre l’un avec l’autre, comme ça arrive parfois dans certaines bédés… Là aussi tout est réaliste.

Fallait avoir du talent pour réécrire une partie des origines de Batman, qui sont connues dans les grandes longueurs, en garder ce qui en fait le sel, la base, être original sans pour autant trop chambouler tout au risque que les fans se perdent (et hurlent à l’hérésie) et que les néophytes ne commencent avec des infos erronées sur le héros.

Moi, j’ai pris un réel plaisir à lire ce premier tome d’un diptyque et je vais m’empresser de lire la suite, avant de sauter sur la version Superman, juste pour voir si avec l’homme de Krypton on a réussi aussi à faire du neuf avec du vieux, à changer des détails sans tout foutre en l’air.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°200] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°27].

Get Up ! Stand Up ! : Perry Henzell

Titre : Get Up ! Stand Up !

Auteur : Perry Henzell
Édition : Sonatine (19/06/2014)
Édition Originale : Power Game (1982)
Traduction : Evelyne Trouillot

Résumé :
Un pays des Caraïbes, qui fait fortement penser à la Jamaïque. D’un côté, une caste privilégiée qui tient le gouvernement, l’armée, les médias, la justice et toutes les richesses locales, une élite corrompue, qui oscille entre volonté d’indépendance et soumission aux riches investisseurs étrangers.

De l’autre, le ghetto, les gangs, le trafic de ganja, une misère de plus en plus noire. Un mélange explosif qu’une seule étincelle suffirait à faire exploser.

Et si celle-ci venait de Zack Clay, une star du reggae de retour au pays après un triomphe international ?

Lui seul a en effet le pouvoir de rassembler les gangs et la rue pour venir à bout de l’oppression, des injustices et des inégalités. Mais entre un message prophétique de paix et le passage à la lutte armée, le fossé est grand.

Zack devra ainsi faire un choix dont pourrait dépendre le sort de l’île tout entière. Mêlant musique et politique, Perry Henzell nous offre un portrait sans concession d’une société dévorée par les inégalités et la corruption.

On reconnaîtra à travers la figure de Zack l’ombre de Bob Marley.

Critique :
« Power game » est le titre en V.O et il colle bien à ce roman Noir car il est effectivement question de jeux de pouvoir dans ce petit pays des Caraïbes.

Que ce soit dans l’armée, dans la politique, dans les ghettos, à tous les niveaux, chacun veut être le roi et s’asseoir sur le trône (qui n’est pas en fer).

Et comme dit le proverbe « Quand les éléphants se battent, les herbes en souffrent ». Il existe aussi une version avec les fourmis qui meurent…

Anybref, tout ça pour vous dire que dans cette guerre de pouvoir aux ramifications énormes, ce sont les pauvres gens qui vont en souffrir, qui vont mourir, qui vont crever la dalle pendant que quelques uns se livrent à des jeux de pouvoir pour savoir qui sera calife de l’île.

Mettant en scène plusieurs personnages différents, ce roman noir aux airs de reggae n’a rien de folichon et ne donne pas envie de se trémousser tant il est sombre. Réaliste, très réaliste, mais très sombre.

Normal, il y a de la profondeur dans le scénario, dans les personnages, dans les jeux de pouvoir qui sont plus violents que ceux dans un bac à sable.

Si au départ j’ai moins bien accroché avec certains personnages, j’ai été agréablement surprise de les voir évoluer, changer, se faire pousser des couilles et pour finir, c’est avec une pointe de regret que j’ai laissé Winston, son frère Marc le général, Eddie le businessman de la chanson et de la ganja (marijuana), Michelle la belle…

Nous ne saurons jamais avec précision dans quel pays le récit se passe, mais il ne faut pas être grand voyant pour comprendre que nous sommes en Jamaïque. N’allez pas croire que l’auteur a pioché dans les clichés des rastas qui fument et qui ne savent dire que « Yo man ».

Non, non, comme pour tout le reste du roman, il y a une vraie réflexion derrière chaque action, chaque personnage, dans le scénario et les clichés ne sont pas de mises, heureusement.

Explorant les différentes castes qui régissent l’île, allant des dirigeants aux pauvres dans les ghetto, en passant par l’armée et les gangs, l’auteur tisse une toile où chacun va devoir se sortir les doigts du cul afin de ne pas se faire broyer par la machine du pouvoir et ceux qui la pilotent.

Un roman noir aux airs de reggae joué sur la plage, dans la fumée de la ganja fumée. Un roman noir sombre, violent, profond, où rien n’est simple, où rien n’est joué, où rien n’est gagné.

Excellent.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°192] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°18].

 

Nuit sans lune au Waziristan : Saqib Mausoof

Titre : Nuit sans lune au Waziristan

Auteur : Saqib Mausoof
Édition : De l’aube Noire (02/03/2017)
Édition Originale : The Warehouse (2016)
Traduction : Benoîte Dauvergne

Résumé :
Lorsqu’un entrepôt est réduit en cendres au Waziristan (entre le Pakistan et l’Afghanistan), l’inspecteur d’assurances Cash est envoyé sur place pour examiner les dégâts.

Il arrive à Tank, une ville provinciale frappée par la pauvreté, et découvre un projet de détournement de fonds qui met ses patrons et la police secrète pakistanaise dans une situation délicate.

Alors qu’il s’efforce de trouver un compromis entre deux idéologies opposées, Cash est hanté par le souvenir de sa femme décédée et par les devoirs qui lui incombent en tant que père d’une adolescente particulièrement douée.

La corruption du monde dans lequel il évolue et les soupçons unanimes finissent par triompher de lui : Cash est persécuté, menacé et finalement kidnappé par des talibans, qui réclament une rançon…

Critique :
Une nuit sans lune au Waziristan est le contraire du clair de lune à Maubeuge !

Rien à voir avec la lune, juste que c’est plus tranquille de se balader à Maubeuge qu’au Waziristan.

Ah, contrairement à la célèbre région du Boukistan, qui n’existe pas, le Waziristan Waziristan (situé entre le Pakistan et l’Afghanistan), lui, existe bel et bien.

Mais je n’ai absolument pas envie d’aller y faire tamponner mon passeport après avoir lu ce roman qui est parti dans une direction à laquelle je ne m’attendais pas.

Au Waziristan, il fait dangereux de s’y promener, les Talibans sont là, la corruption aussi et les agents d’assurance ne sont pas les bienvenus puisque dans ces pays musulmans, faire assurer ses biens et toucher une indemnisation est très mal vu.

Si on pense au départ que le personnage principal, Sayyid Qais Ali Qureshi (dit Cash), se trouve face à une mission pépère, on est vite remis sur le droit chemin par l’auteur qui nous expliquera combien il est difficile d’exercer le métier d’agent d’assurance au Pakistan et combien la région du Waziristan est foutrement dangereuse.

Rien n’est simple dans ces pays pétris de traditions où l’appartenance à une tribu est plus importante qu’au pays, presque, où l’on paye encore le prix du sang, où la religion est LA chose la plus importante (même si tout le monde s’arrange avec sa propre conscience et interprètent ce qu’ils veulent bien) et où il est bien difficile de vivre en harmonie avec son époque puisque c’est en opposition perpétuelle avec la religion et les traditions éculées.

Alors que je pensais lire un livre sur un agent d’assurance qui a bien du mal à faire accepter une grosse indemnité à un homme dont l’entrepôt à explosé, j’ai pris un cours accéléré sur les mœurs au Pakistan, sur les Talibans, sur les conflits dans cette région, sur les Américains qui y sont toujours.

Très vite j’ai compris que je n’avais pas ouvert un roman policier simpliste, mais un polar où rien n’est simple, où rien n’est tout noir ou tout blanc, où il faut marcher perpétuellement sur une corde raide et où prendre la défense d’une pute peut vous amener à des situations totalement surréalistes, folles, dangereuses.

Ce roman noir, très noir, c’est mieux qu’une immersion en programme Erasmus (en moins dangereux) car on découvre tout un pan d’une société que nous ne connaissons pas, ou très mal. Gardez à l’esprit que vous ne fréquenterez pas que du beau linge mais aussi des crapules finies, même si elles sont riches.

Voilà un polar que l’on devrait faire lire à ceux et celles qui pensent toujours que la littérature policière c’est de la littérature de gare ou que tous les polars sont des whodunit (colonel Moutarde, dans la biblio, avec le chandelier) simpliste où il faut découvrir qui a tué Untel.

La littérature policière, c’est plus que ça, ce n’est plus ça et je suis contente que les éditions de L’aube Noire publient des auteurs d’ailleurs, des auteurs aux nationalités peu lues dans nos pays, des romans où le dépaysement est assuré et où l’on ne cherche pas à nous montrer les plus beaux coins vus d’un drone… Parce que au Waziristan, les drones, ça fout la trouille et maintenant, je sais pourquoi.

À ne pas lire si vous souhaitez juste un polar divertissant, amusant, drôle, léger… Ici, c’est du lourd, du sombre, de l’épais et chez les Talibans, il ne fait pas bon y être prisonnier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°182]et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°08].

Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom – Tome 1 – Blackchurch : Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Titre : Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom – Tome 1 – Blackchurch

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Vents d’Ouest (08/01/2020)

Résumé :
Lord Harold Alaister Cunningham Talbot, douzième du nom, est l’héritier de l’une des plus grandes familles de l’Angleterre victorienne.

Mais alors que ses nobles ascendances lui assureraient un train de vie confortable et sans effort, ce grand amateur de littérature romanesque décide de se plier à la dure loi du travail en mettant les fruits de sa prestigieuse éducation au service de la police.

Et pas n’importe où : le voilà propulsé inspecteur novice à Blackchurch, l’un des quartiers les plus mal famés de tout Londres !

En arrivant sur place, le candide Harold va découvrir un univers bigarré, peuplé d’escrocs et de fieffés forbans, où l’unique loi qui vaille est celle du silence.

Ses trop bonnes manières risquent de ne pas passer inaperçues… surtout auprès des trois jeunes femmes qui semblent tenir le quartier d’une main de fer.

Critique :
L’Angleterre victorienne, la ville de Londres, les bas-fonds, une enquête, ma foi, tout était réuni pour me tenter et me la faire acheter.

Le pitch de départ est intéressant : un jeune lord, qui ne doit pas travailler, décide tout de même d’entrer dans le monde du boulot.

Il n’ira pas dans une grande banque, mais chez les flics… Et à Blackchurch, un quartier très mal famé de Londres.

— Souviens-toi, Abi, son grand-père, le dixième du nom, avait un certain goût pour la fantaisie lui aussi.
— Oui ! De retour de la chasse au renard, il lui est arrivé de brosser lui-même son cheval… Un excentrique !

Tout ça pour suivre un livre qu’il a découvert… Et il va en découvrir des choses, ce jeune lord qui a toujours pété dans la soie et qui n’a jamais vu la misère, les miséreux, ceux qui crèvent la dalle et qui vivent dans des quartiers malfamés.

Un lord chez les pauvres gens des bas-fonds, c’est toujours drôle (l’inverse aussi) car leurs mondes sont tellement éloignés l’un de l’autre que cela donne des quiproquos amusants.

Notre lord Harold ne connait pas les codes de cette société, ceux de la sienne sont aux antipodes des leurs, il s’exprime bien, les autres pas… En plus, c’est un trouble-fête, notre jeune policier, car il veut faire régner l’ordre et la justice alors que ses collègues veulent juste se la couler douce et toucher des pots-de-vin. Pour qui il se prend, lui ?

On a du mystère avec trois femmes qui semblent diriger le quartier, des personnes inquiétantes et cagoulées qui voudraient éradiquer ce quartier malfamé où règne la prostitution, les bars clandestins, les gangs, les voleurs et autres margoulins. Bref, il y a du pain sur la planche…

Dans les dessins, je retrouve le trait de Xavier Fourquemin et hélas, les mimiques et visages des personnages du Train des Orphelins (qu’il dessinait aussi), ce qui est assez déstabilisant. Certains personnages ont des visages assez semblables et j’aurais apprécié un peu plus de finesse dans leurs traits afin de mieux les distinguer.

Ceci est plus un album qui s’adresse aux plus jeunes. On passe un bon moment de détente avec mais le scénario est assez léger, gentillet, presque. Harold est un grand naïf, très candide, qui ne réalise pas dans quel monde il vient de mettre les pieds, ni dans quel commissariat… C’est amusant et distrayant.

Dans son commissariat, les policiers sont corrompus, lâches, peureux et ne mouftent pas quand un meurtre est déclaré accident par la populace.

Par contre, j’en ai ma claque des commissaires (ou des divisionnaires) qui ne foutent rien, qui ne prennent aucune responsabilité, que ce soit dans les séries policières françaises ou dans les bédés. Dans l’album, le chef de police passe son temps à peindre comme un pied et rien d’autre ne l’intéresse. C’est lourd.

Une bédé qui ravira les plus jeunes, mais qui laissera sans doute un goût de trop peu dans la bouche d’adultes qui auraient aimé un peu plus de profondeur dans le scénario.

Je n’ai rien contre les univers où deux mondes se télescopent, ni pour les situations invraisemblables ou improbables, je suis même bonne cliente habituellement, mais j’espérais un peu plus que de l’humour potache et léger, dû aux maladresses d’un jeune Lord qui ne connait rien de cette vie-là.

Faudra que je lise la suite pour me faire une idée précise de cette nouvelle série car les dernières cases soulèvent un autre mystère en plus de ce qui se trame dans le pub du quartier et dans les hautes sphères.

À voir avec la suite, quand elle paraîtra.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°157].

La proie – Benny Griessel 06 : Deon Meyer

Titre : La proie – Benny Griessel 06

Auteur : Deon Meyer
Édition : Gallimard Série noire (13/08/2020)
Édition Originale : The Last Hunt (2018)
Traduction : Georges Lory

Résumé :
Au Cap, Benny Griessel et Vaughn Cupido, de la brigade des Hawks, sont confrontés à un crime déconcertant : le corps d’un ancien membre de leurs services, devenu consultant en protection personnelle, a été balancé par une fenêtre du Rovos, le train le plus luxueux du monde.

Le dossier est pourri, rien ne colle et pourtant, en haut lieu, on fait pression sur eux pour qu’ils lâchent l’enquête.

À Bordeaux, Daniel Darret, ancien combattant de la branche militaire de l’ANC, mène une vie modeste et clandestine, hanté par la crainte que son passé ne le rattrape. Vœu pieux : par une belle journée d’août, un ancien camarade vient lui demander de reprendre du service.

La situation déplorable du pays justifie un attentat. Darret, qui cède à contre cœur, est aussitôt embarqué, via Paris et Amsterdam, dans la mission la plus dangereuse qu’on lui ait jamais confiée.

Traqué par les Russes comme par les services secrets sud-africains, il ne lâchera pas sa proie pour autant…

Critique :
Lire un roman Noir, c’est plonger de plein pieds dans une atmosphère particulière et choisir un roman Noir sud africain apportera une ambiance qu’on ne retrouvera nulle part ailleurs.

Chaque « nationalité » de roman noir a sa propre saveur et ce que je trouve chez Deon Meyer, je ne le croiserai jamais dans un roman Noir américain, anglais, ni même russe.

Pas besoin d’avoir lu les précédents romans mettant en scène Benny Griessel, l’auteur nous le présente en quelques mots, son enquête achèvera le portrait que l’on se fait de l’homme et assurément, c’est un enquêteur avec ses fêlures, ses blessures, ses doutes, ses démons et s’il a laissé tomber l’alcool, les tentations sont parfois encore là.

Un meurtre a eu lieu dans un train de luxe, le Rovos. Niveau luxe, il vaut bien l’Orient-Express mais ici, point d’Hercule Poirot, ni de neige bloquant le train : Benny Grisel et son acolyte Vaughn Cupido, tous deux de la brigade des Hawks, vont avoir bien du mal à résoudre cette enquête car il semblerait que des certaines personne ne veulent pas que ce meurtre en soit un…

Bref, on aurait retrouvé le corps de Johnson Johnson (oui, des parents méritent un procès) lardé de douze coups de couteau différents dans le dos que certains déclareraient tout de même un suicide.

Cette enquête de plus de 500 pages ne se concentre pas uniquement sur la mort bizarre du gars dans le train, mais nous entraînera aussi à Bordeaux, auprès de Daniel Darret. Au départ, on ne comprend pas très bien le rapport mais on se laisse porter par l’histoire, par le personnage, sympathique, agréable, avec ses secrets bien enfouis.

Ce ne sera que sur le final que les deux histoires se suivront sans temps mort, vous faisant faire un grand écart en l’Afrique du Sud post Mandela et la France, dans un rythme endiablé qui vous interdira de respirer.

Le scénario a l’air simple, au départ, mais l’auteur est un homme qui connait son affaire, son pays, ses problèmes et sous le couvert d’une enquête policière, il en profitera pour nous en parler de son pays qui a connu l’apartheid et qui, maintenant connait les magouilles qui, comme ailleurs, minent le pays.

Un excellent roman Noir sud-africain à découvrir, si ce n’est pas encore fait !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°127].

Nains – Tome 18 – Ararun du Temple : Nicolas Jarry et Paolo Deplano

Titre : Nains – Tome 18 – Ararun du Temple

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Paolo Deplano

Édition : Soleil (26/08/2020)

Résumé :
La cité d’Ysparh est rongée par la corruption. Elle ne tient que grâce à la détermination de sa garde à maintenir l’ordre et l’équité.

Le nain Ararun et l’elfe bleue Antalya en sont les redoutés capitaines, l’un pour la finesse de son esprit, l’autre pour le fil de son épée et les deux pour leur obstination légendaire.

Alors, quand l’un des princes est assassiné avant des élections, ils sont les seuls capables de démêler cette affaire.

Critique :
Sherlock Holmes et Watson en version badass ! Et aussi en version Nain et Elfe, mais ceci est un détail…

Oups, pardon, dans ce cas de figure-ci, Watson, l’Elfe, est une femme…

Mais croyez-vous, faut pas essayer de la lui faire à l’envers ou la sous-estimer, car il vous en cuira…

N’essayez pas non plus de sous-estimer Ararun Sherlock Holmes, le nain, son tranchoir vous coupera en deux.

Nos deux enquêteurs qui bossent dans la garde de la cité d’Ysparh sont appelés pour un crime qui semble avoir eu lieu en chambre close : fenêtres fermées, grande hauteur, sortilèges de protection. L’homme était en politique et se présentait aux élections pour devenir le dirigeant de la cité.

Qui a fait le coup et comment ? Le colonel Moutarde semble innocent et il va falloir interroger tous les malfrats de la ville pour savoir où se cache l’assassin avec lequel notre Ararun Holmes a croisé le fer.

Plus qu’une enquête, c’est aussi une plongée dans la politique et ses magouilles, dans ce que l’Elfe a de plus sombre : son côté obscur. Dans tous les sens du terme.

— Je suis un courtard de terrain, Seigneur Mestre. Si je me lève chaque matin, c’est pas pour administrer les chamailleries entre puissants, c’est pour rendre la justice.

Nos deux incorruptibles forment un duo comique, sans pour autant nous donner des éclats de rire, mais leurs réparties sont amusantes et on les sent complices depuis leur rencontre inopinée quelques années plus tôt.

Les dessins sont un régal pour les yeux, les décors sont remplis de finesse et le scénario n’est pas resté aux abonnés absents car le scénariste a fait ce qu’il fallait pour nous proposer une enquête aux rebondissements multiples, avec de l’action, de la baston, une touche d’humour mais aussi de mélancolie.

Nos deux personnages principaux sont travaillés, nous n’en sauront pas plus pour le moment mais ce qu’il nous est donné est suffisant pour nous faire une idée et s’en faire des amis durablement.

D’ailleurs, je ne suis pas contre une nouvelle aventure de nos deux compères car il y a de la profondeur dans cette bédé et ceux ou celles qui disent que les bédés sont pour les enfants ou sont sans intérêt, passé un certain âge (celui de 12 ans), et bien, ils se fourrent le doigt dans le nez jusqu’au cul !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°126].

 

Joseph Laflamme – Tome 3 – Maria : Hervé Gagnon [LC avec Bianca]

Titre : Joseph Laflamme – Tome 3 – Maria

Auteur : Hervé Gagnon
Édition : 10/18 (2020)

Résumé :
Montréal, janvier 1836. Un livre bouleverse la ville : il relate de sordides histoires de fornication entre les Hospitalières de l’Hôtel-Dieu et les Sulpiciens, évoquant au passage profanation, assassinats et débauche.

La bonne société montréalaise est en émoi, et l’évêque de Montréal doit défendre la réputation de son diocèse.

Montréal, septembre 1892. Un charnier d’enfants est découvert fortuitement, rue Le Royer.

Puis, le corps mutilé d’un banquier est retrouvé à Griffintown et deux fillettes portant de terribles traces d’abus sexuels sont repêchées dans le fleuve, près de la rue de la Commune.

Les trois affaires ne semblent pas liées, jusqu’à ce qu’un vieux prêtre remette à Joseph Laflamme un exemplaire du livre de 1836, en lui laissant entendre que l’histoire se répète.

Pour réussir à dénouer l’intrigue, Laflamme, l’inspecteur Marcel Arcand et le reste du groupe devront pénétrer dans un univers de corruption aux ramifications insoupçonnées et déterrer un scandale enfoui depuis un demi-siècle.

Critique :
Décidément, la société est perverse et sordide. Notre Joseph Laflamme va le découvrir une fois de plus, aux côtés de l’inspecteur Marcel Arcand, en enquêtant sur des morts horribles.

Heureusement que toutes ces affaires sordides et glauques sont contrebalancées par des petites touches d’humour ou de scènes de la vie quotidienne, ce qui allège l’ambiance sombre de ce récit.

C’est avec grand plaisir que j’ai renoué avec notre petite troupe d’enquêteurs, avec ce groupe hétéroclite que je prends plaisir à suivre depuis maintenant trois romans.

Âmes sensibles, attention, ce roman est assez glauque dans ses crimes et dans les situations décrites. J’ai quelques fois fermé les yeux et respiré un grand coup. La perversion des Humains est sans limite, comme la connerie, et dans ce récit, on pourrait y aller à grands coups de #BalanceTonPervers.

Si dans ce troisième roman nous n’avons rien de neuf sous le soleil, c’est la palette des personnages qui m’a fait passer un bon moment de lecture.

Joseph, notre journaliste, commence à diminuer la boisson, il est amoureux, sa sœur est heureuse, elle sort progressivement de la misère noire et l’inspecteur Marcel Arcand est un policier dont j’apprécie la droiture.

L’auteur prend aussi le temps de nous décrire la ville de Montréal en 1892 ainsi que sa société bien pensante d’un côté et miséreuse de l’autre. L’Angleterre victorienne n’est jamais très loin tant les mentalités coincées des Canadiens ressemblent à celle des Anglais. La misère étant internationale (sans mauvais jeu de mot), elle est cousine de celle qui régnait dans les bas-fonds de Londres.

Une enquête sans temps morts, sans pour autant que l’on coure partout, mais l’auteur a monté son histoire de sorte que le lecteur (lectrice) ne s’ennuie pas durant les moments plus calmes, les tranches de vie de notre groupe d’amis venant les meubler agréablement. Ils évoluent tous, ce qui est agréable.

Les meurtres sont sordides, ce qui va en ressortir aussi et l’Humain n’en ressort jamais grandi (du moins, certains). À la fin du roman, le culot d’un personnage m’a même donné envie de le guillotiner, mais hélas, je n’ai pas pu le faire…

Si cette enquête n’amène pas de nouveauté dans le polar, elle reste néanmoins efficace, addictive et une partie du mérite en reviens aux personnages principaux qui sont les moteurs de toute cette aventure.

Une nouvelle fois, c’est une LC réussie avec Bianca. En 3 ans de LC, nous avons eu des abandons, des déceptions (parfois nous n’étions pas en symbiose), mais dans l’ensemble, si on devait tirer un bilan, il serait positif ! Un peu de vert dans tout ce rouge dû au covid, ça fait du bien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°106].