Loveday & Ryder – Tome 2 – Un pique-nique presque parfait : Faith Martin [LC Bianca]

Titre : Loveday & Ryder – Tome 2 – Un pique-nique presque parfait

Auteur : Faith Martin
Édition : HarperCollins (17/06/2020)
Édition Originale : Ryder and Loveday, book 2: A Fatal Mistake (2018)
Traduction : Alexandra Herscovici-Schiller

Résumé :
Été 1960. Après une fête de fin d’année organisée par les étudiants de St Bede’s College sur les berges d’une rivière, le corps d’un certain Derek Chadworth est retrouvé flottant dans les eaux de Port Meadow.

Et si tous les jeunes gens présents sur les lieux affirment que la mort de Derek est accidentelle, aucun d’entre eux ne peut attester avoir bel et bien aperçu l’étudiant à la fête.

Confronté à des témoignages vagues qu’il juge peu crédibles, le Dr Clement Ryder décide d’ouvrir une enquête, assisté de la jeune policière Trudy Loveday, qui entreprend de se faire passer pour une étudiante de St Bede’s College.

Trudy arrivera-t-elle à gagner la confiance des élèves et percer le mystère qui entoure la mort du jeune homme le plus populaire de l’université ?

Car une chose est sûre : Derek Chadworth n’était pas un étudiant comme les autres…

Critique :
Pour une pique-nique réussi qui marquera les esprits, plongez un cadavre fraîchement assassiné dans une rivière composée de sédiments, laissez flotter lentement avant de le repêcher.

Effet garanti !

Pour prolonger la fête, passez tous et toutes devant le coroner Clement Ryder et faites en sorte de rester évasif dans vos témoignages sur la présence ou non du mort à votre petite sauterie en barque.

À déguster sans modération car ce roman se savoure à toutes heures du jour. Prévoir une tasse de thé.

Les duos homme/femme ne sont pas les plus faciles à réaliser, mais avec Loveday & Ryder, l’auteure a réussi le délicat équilibre et nous donne un mariage parfait entre le vieux briscard bougon et la jeune stagiaire de police qui a encore tout à apprendre.

L’époque est aussi bien choisie : 1960, quand les femmes commencèrent, timidement (et sous les regards désapprobateurs des mâles), à entrer dans la police, ce qui n’était pas toujours bien vu puisque tout le monde s’accordait à dire que la place de la femme était auprès de son mari et de ses enfants.

Une époque délicieusement rétro, surannée (restons vigilantes) et pudibonde. Une époque où les nobles avaient des pouvoirs exagérés et où l’on devait presque faire des courbettes devant eux.

Cette époque, mêlée habillement à la ville d’Oxford, donne un charme fou au récit car l’auteure n’a rien d’une branquignole qui se prendrait les pieds dans le tapis en en faisant trop ou pas assez.

Une fois de plus, c’est équilibré entre l’enquête et tout ce qui concerne les mœurs et les pensées de l’époque, à tel point que l’on croirait le roman écrit en 1960, avec la mentalité de l’époque.

Anybref, un polar historique qui sent bon la ville d’Oxford, les privilèges d’une certaines classes, la société patriarcale où la femme n’a pas trop sa place au travail, la fin des examens et l’école de prestige pour les dirigeants de demain.

Une vraie enquête, avec des pistes à remonter, des témoins à auditionner et d’autres à trouver. Si j’ai eu une révélation sur le modus operandi et l’identité du coupable, cela n’a pas entamé mon plaisir de lecture car derrière ce crime et cette enquête, c’est aussi une critique de la société qui est mise en avant et le fait que les coupables ne sont pas toujours puni pour leurs comportements déplacés.

Une LC où Bianca et moi sommes sur la même longueur d’ondes pour dire que des lectures ainsi, on en veut encore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°14].

 

Loveday & Ryder – Tome 1 – Le corbeau d’Oxford : Faith Martin

Titre : Loveday & Ryder – Tome 1 – Le corbeau d’Oxford

Auteur : Faith Martin
Édition : HarperCollins Noir (13/11/2019)
Édition Originale : Ryder and Loveday, book 1: A Fatal Obsession (2018)
Traduction : Alexandra Herscovici-Schiller

Résumé :
Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter.

Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés.

La toute jeune policière Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions.

Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clement Ryder, coroner, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford…

Critique :
Réussir un duo d’enquêteurs, ce n’est pas facile. Surtout un duo homme/femme.

Il faut un subtil équilibre entre les deux personnages et que l’on s’attache au moins à l’un des deux, sinon, c’est loupé, comme dans « Jacks – Pour qui sonne le glas à Londres ? » où je ne me suis attachée à personne.

Ouf, dans ce polar, l’auteur a réussi à équilibrer ses deux enquêteurs, à les faire atypique, opposé l’un l’autre tout en se complétant car la fraîcheur et le dynamisme de la jeunesse n’est jamais entré en concurrence avec les cheveux argentés de celui qui possède l’expérience et un esprit subtil.

En 1960, être policière n’est pas une sinécure. Les femmes ne sont pas encore nombreuses dans la police et le chef de Trudy Loveday (19 ans) ne lui donne que des petites affaires, comme s’il voulait la protéger, comme si elle était en sucre.

Gardons en mémoire qu’il y a 60 ans (ce qui n’est pas si vieux), la femme était encore dans le schéma enfant/cuisine/mari.

D’ailleurs, la mère de Trudy ne se prive pas de lui rappeler qu’il devrait se trouver un gentil mari et vite pondre des enfants, comme si c’était le rôle d’une femme, comme un animal doit se reproduire pour la survie de la race.

Heureusement que le coroner (et non le médecin légiste comme noté dans les résumés) Dr Clement Ryder a deux yeux pour voir et un cerveau dont il sait se servir.

Cet ancien chirurgien, reconverti en coroner, a du flair et remarque vite que tout compte fait, Trudy était le bon choix, car elle est intelligente, vive d’esprit et un brin rebelle.

Pourtant, il n’est pas facile à vivre : il est inflexible, brillant, peu avenant, cherche les détails, n’hésite pas à dire aux policiers qu’ils se trompent et cache à tout le monde sa maladie de Parkinson. Pour les flics, c’est un casse-pied et on le surnomme le vautour.

Il  y a beaucoup de dynamisme dans leur couple d’enquêteur, de la bonne humeur, de la fraîcheur et le duo se complète bien, même si au départ, le binôme a dû se chercher avant d’arriver au point d’équilibre.

L’écriture est vive, plaisante à lire, ça se dévore très vite car l’enquête est addictive et bourré de mystères, de fausses-pistes et si j’avais compris une chose (le corbeau), j’étais loin d’avoir perçu tout ce que cela impliquait, le mobile et surtout, quel mystère se cachait derrière la mort accidentelle de Gisela Fleet-Wright.

Sans révolutionner la littérature policière, ce roman se laisse lire les doigts de pied en éventail, sans se prendre la tête. Le duo d’enquêteurs marche très bien, on aimerait les retrouver dans les enquêtes suivantes afin de voir quelles affaires ils vont résoudre ensuite.

Les autres personnages ne sont pas bâclés, ils ont tous leur place dans ce récit qui fleure bon les années 60 mais où n’avions pas encore beaucoup de droits, nous les femmes.

Délicieusement rétro, frais, rythmé et agréable à lire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°283 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Son Espionne royale – Tome 1 – Son Espionne royale mène l’enquête : Rhys Bowen

Titre : Son Espionne royale – Tome 1 – Son Espionne royale mène l’enquête

Auteur : Rhys Bowen
Édition : Robert Laffont La bête noire (06/06/2019)
Édition Originale : Her Royal Spyness (2008)
Traduction : Blandine Longre

Résumé :
Sa première mission royale : espionner le prince de Galles.

Londres, 1932.

Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch, trente-quatrième héritière du trône britannique, est complètement fauchée depuis que son demi-frère lui a coupé les vivres. Et voilà qu’en plus ce dernier veut la marier à un prince roumain !

Georgie, qui refuse qu’on lui dicte sa vie, s’enfuit à Londres pour échapper à cette funeste promesse de mariage : elle va devoir apprendre à se débrouiller par elle-même.

Mais le lendemain de son arrivée dans la capitale, la reine la convoque à Buckingham pour la charger d’une mission pour le moins insolite : espionner son fils, le prince de Galles, qui fricote avec une certaine Américaine…

Critique :
Londres, 1932… Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch a non seulement un nom à rallonge, mais en plus, elle est 36ème dans l’ordre de succession au trône d’Angleterre !

Ah pardon, elle me précise qu’en fait, elle a le dossard N°34.

Ça fait une sacrée longue queue devant elle pour aller sur le trône (je ne ferai pas de jeu de mots scatologique mais je n’en pense pas moins).

À moins d’une hécatombe d’accident de chasse et de suicide à coup de couteau dans le dos, Gorgie n’ira jamais poser son fessier royal sur le trône. Et ça l’arrange farpaitement. Parfaitement.

L’inconvénient des nom à rallonge et d’être l’arrière-petite-fille de la reine Victoria, c’est que vous êtes limitée en liberté et que l’on veut vous caser avec tous les potentiels héritiers à couronne (dentaire) du monde.

Georgiana ne le voit pas comme ça, elle aimerait travailler, avoir son indépendance financière et épouser un homme qui l’aimerait, qu’elle choisirait et pas un héritier du trône de Roumanie ou du Boukistan. Lorsqu’elle va monter à Londres, les ennuis vont commencer…

Nous ne sommes pas dans de la grande littérature mais plutôt dans celle qui fait du bien, celle qui vous détend mieux qu’un bain chaud, qui vous fait sourire, qui vous fait pester sur l’héroïne parce qu’elle n’a pas encore compris ce que vous, vous soupçonnez.

C’est une intrigue gentille, même si on a un cadavre et des tentatives d’assassinats, une intrigue rythmée, amusante, qui fait souvent sourire. Georgiana est une personne attachante, qui ne manque pas d’air et de cojones dans ce monde de mâles aristos qui pensent que le Monde tourne autour de leur nombril.

D’ailleurs, les aristos qui gravitent dans ces pages le sont jusqu’au bout des doigts de pieds ! Ils se prennent pour le centre du Monde et ne voient jamais le petit personnel qui trime pour que Ses Seigneuries restent les pieds au chaud dans leur belle demeure.

Malgré le côté fictionnel de ce roman, des personnages ayant réellement existé sont inclus dans l’histoire, comme une certaine Wallis Simpson… Nous savons comment tout cela finira…

Mon seul bémol sera pour le fait que la période des années 30 ne soit pas vraiment mise en avant, à tel point que je me suis souvent surprise à me demander pourquoi elle ne consultait pas Google… Oups !

Alors que dans un Paul Doherty je me sens vraiment en 1377, ici, je ne me suis pas toujours vraiment sentie en 1932. L’auteur aurait peut-être du mettre plus l’accent sur les ambiances années 30. Mon bémol est minime, ça ne m’a pas empêché de prendre plaisir à lire cette folle aventure.

Un roman policier cosy mystery amusant, espiègle, drôle, envolé, léger. Si l’intrigue n’est pas complexe, elle est néanmoins bien présentée et nous donnera notre dose de suspense pour la journée, sans pour autant nous donner une montée d’adrénaline.

Le genre de roman à lire juste pour le plaisir de la détente, les doigts de pieds en éventail, une tasse de thé non loin et quelques crumpets ou autres scones à portée de main.

Ceci n’est pas de la grande littérature policière mais si son but est de détendre le lecteur, de lui apporter une touche d’humour sans prétention aucune et des personnages amusants, alors il est atteint (Tarte Tatin ?).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°273 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Les détectives du Yorkshire – Tome 2 – Rendez-vous avec le mal : Julie Chapman

Titre : Les détectives du Yorkshire – Tome 2 – Rendez-vous avec le mal

Auteur : Julie Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (14/06/2018)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 2: Date with Malice
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leigniel

Résumé :
Quand Mme Shepherd se rend à l’Agence de recherche des Vallons, convaincue que quelqu’un cherche à la tuer, Samson O’Brien, détective privé, met cela sur le compte des divagations d’une vieille dame un peu sénile.

Pourtant, après une série de curieux incidents à la maison de retraite de Fellside Court, il en vient à se demander si, finalement, il n’aurait pas dû la prendre plus au sérieux…

Alors que les fêtes de Noël approchent, Samson se lance dans une enquête complexe, qui lui demandera de renouer avec les habitants de Bruntcliffe – les mêmes qu’il a fuis une dizaine d’années auparavant.

Et qui mieux que la tempétueuse Delilah Metcalfe, propriétaire de l’Agence de rencontre des Vallons, peut l’aider à regagner leur confiance ?

Ensemble, Samson et Delilah vont devoir coopérer pour déjouer les menaces qui planent sur les personnes âgées de la région. Avant qu’il ne soit trop tard…

Critique :
Y aurait-il un tueur dans le Yorkshire ? Des voleurs de bélier bien pourvu par la nature ? (le bélier, pas les voleurs)

Y aurait-il des personnes mal intentionnées qui voudraient tuer une paisible petite vieille ? Bref, y a-t-il quelque chose de pourri au royaume de Bruntcliffe ?

Samson en doute mais moi, je sais depuis que j’ai lu Agatha Christie, que lorsqu’une dame âgée vient de plaindre de choses étranges survenue à la maison de repos, de vols, de retour des choses, de mystères, qu’il y a anguille sous roche !

J’ai découvert cette nouvelle série de cosy mystery en juin 2019 et j’avais la ferme intention de poursuivre ma découverte car si la série possède de l’humour, on est loin des errances amoureuses et de la fainéantise d’une Agatha Raisin. Désolée pour ses fans mais on vole plus haut ici.

Samson est un détective beau et sexy. Si uniquement vêtu de son boxer, il est plus sensuel que Sherlock Holmes en robe de chambre, pour ce qui est de la science de la déduction, il ne ferait même pas de l’ombre au petit orteil de Holmes…

Notre enquêteur qui fut flic dans une vie antérieure va mettre un temps fou à percuter sur l’enquête pour le vol d’un bouc reproducteur pourvu de grosses… (enfin, disons que la Nature a été généreuse avec ce bouc) et comprendre aussi qu’a la maison de repos, il y un truc pas net !

Évidemment, si Samson s’était trouvé à la place du lecteur, il aurait eu accès à des indices plus rapidement. S’il m’avait écouté, aussi…

Dans un roman policier, il n’y a pas que l’enquête qui soit importante. Si les personnages sont fades, le scénario peut être en béton, ça marchera moins bien. Idem pour les ambiances, les atmosphères… Si l’auteur les loupe, les approfondit trop ou pas assez, l’équilibre parfait est rompu et de nouveau, on se casse la gueule.

Pas de ça ici. Nos deux personnages principaux, Samson et Delilah, sont réussis, possèdent des défauts, équilibrés avec leurs rares qualités. Mais les personnages secondaires ne sont pas négligés, ils font partie des décors et la bande de petits vieux du home sont réussis, à tel point qu’ils sont super attachants.

Qui dit petit village, dit esprit de clocher, de gens qui se connaissent, qui vous ont vu grandir, se souviennent de vos bêtises, qui ont votre arbre généalogique dans un recoin de leur tête. En un seul mot : l’enfer ! (c’est les autres). Vous avez pété de travers au petit-déjeuner ? Avant le dîner (midi), tout le monde le saura.

Et au fait, si vous êtes d’ailleurs (ça peut être de Londres, du bled paumé plus loin ou pire, de l’étranger), avant d’être accepté, il vous faudra des siècles. Ce côté anglais très attachés à leur village/ville est une touche en plus dans ce roman, lui donnant un caractère A.O.C, très réaliste.

Plusieurs enquêtes, de rythme, des tas de petites histoires qui arrivent à nos deux personnages principaux, mais aussi aux secondaires. Sans jamais étouffer le récit, leur vie privée, sentimentale et familiale sont mises en pages, ce qui donne du peps au roman et plus de profondeur aux différents personnages.

Hélas, on ne sait pas vraiment plus sur la venue de Samson dans son village d’origine. L’auteure en garde sous le pieds pour les prochains romans. Zut alors, j’aurais aimé savoir, moi ! Et ce promoteur immobilier véreux, il est louche, on aura quelques petits événements en plus le concernant, mais nous resterons dans le flou à la fin de ce deuxième tome.

Un cosy mystery rythmé, chaleureux comme une tasse de thé, copieux comme un pudding anglais, avec de morceaux de véritable humour anglais, des crimes, des meurtres, des enquêtes à la bonne franquette et des personnages attachants, profonds, sans oublier un bouc qui ne sent pas bon et un chien, Calimero, qui fait beaucoup de bêtises.

J’adore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°272, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°18] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

 

Les enquêtes d’Hamish MacBeth – T04 – Qui a une taille de guêpe : M.C. Beaton [Par Dame Ida Dé-Confinée Bénévole]

Titre : Les enquêtes d’Hamish MacBeth – T04 – Qui a une taille de guêpe

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (02/10/2019)
Édition Originale : Death of a perfect wife
Traduction : Marina Boraso

Introduction Babelio :
Hamish pensait savourer les plaisirs bien mérités d’un été dans les Highlands. Mais c’était avant que la pluie s’abatte sur les lochs et que sa chère Priscilla Halburton-Smythe débarque au bras d’un nouveau fiancé.

Pour couronner le tout, Trixie Thomas, épouse modèle, vient de s’installer à Lochdubh et arrive à convaincre les dames du coin de se mettre au régime, de bannir l’alcool et d’entrer en communion avec la nature… ce qui n’est pas du tout du goût de leurs maris !

Aussi quand l’épouse modèle est empoisonnée, Hamish Macbeth n’a pas le choix : il doit renoncer au repos et reprendre du service en interrogeant voisins et amis…

Vous aimez Agatha Raisin ? Vous allez adorer Hamish Macbeth !

Comme sa grande soeur Agatha, cet Hercule Poirot à la sauce écossaise entraîne le lecteur dans des aventures totalement déjantées sorties tout droit de l’imagination de M.C Beaton.

Avec, en prime, le charme des lochs, des highlanders mystérieux et des châteaux hantés.

Attention, fantômes ! [NDLR : Ce dernier paragraphe est ajouté systématiquement à TOUS les résumés Babelio de la série… Pourtant je le dis, le répète et le confirme: IL N’Y A PAS DE FANTÔMES DANS CE ROMAN !!!]

Résumé : 
Et oui, la Priscilla elle veut un homme ambitieux… Le genre de mecs capable de faire se multiplier les livres sterlings en un claquement de doigts… Un mec qui bosse… Un mâle qui n’en veut !

Alors voilà que sa dernier béguin du moment pour un trader au nom qui claque a su une fois de plus la faire chavirer et oublier qu’entre deux bellâtres lorsqu’elle oublie ses supposées très aristocratiques origines en tant que fille du hobereau local… c’est avec ce pauvre plouc d’Hamish qu’elle aime passer du temps.

Voilà qui a le don de le faire souffrir notre pauvre Hamish… et de le mettre en boule aussi… Et si il n’y avait que Priscilla ! Mais non ! Voilà qu’un nouveau couple de chômeurs londoniens vient de s’installer dans une maison bonne à retaper du coin dans l’intention d’y ouvrir des chambres d’hôtes pour touristes. Mr and Mrs THOMAS ne passent pas inaperçus…

Même si Mr Thomas, quant à lui préférerait de loin se cacher sous le tapis pour éviter de subir les humiliations déguisées que sa femme lui inflige en permanence en se fichant de sa maladresse en permanence devant témoins…

Trixie ! Appelez là Trixie s’il vous plaît et pas de manière… Mrs Thomas telle une pieuvre ou un boa sait vous saisir tout entier dans ses rets séducteurs et obtenir de vous ce dont elle a décidé de vous dépouiller mine de rien l’air de ne pas y toucher.

Prétendant aider les villageois les uns après les autres, qui pour du ménage, qui pour de la cuisine, en échange de quelques babioles pour meubler ses chambres d’hôtes, elle a le chic pour vous défaire des trésors cachés que vous aviez oublié dans un coin sous la poussière…

Et au passage, voilà qu’elle retourne la tête de toutes ces dames qui se trouvent autant séduits que les messieurs, et se mettent à épouser les nobles causes hygiénistes qu’elle leur impose comme une Vérité Absooolue…

Et il y a bien quelques messieurs que ça crispe un peu… surtout quand ils se retrouvent harcelés par leur femme pour abandonner le tabac, et se trouvent mis au régime végétalien crudiste d’autorité !!!

Evidemment, lorsque le dit médecin se trouve prêt à signer le certificat de décès de l’insupportable et aimable Trixie que l’on retrouve un beau jour raide dans sa chambre, Hamish préfère demander une autopsie… Et évidemment… C’est un crime.

Mon avis : 
Mais voilà une histoire qu’elle est bonne !

Des personnages hauts en couleur que l’auteur prend le temps de développer parallèlement à l’avancée de ses fils rouges concernant la stagnation auto entretenue de la « carrière » d’Hamish… et de la stagnation de ses relations avec Priscilla…

Un inspecteur Blair toujours aussi stupide et envieux…

Une victime qu’on est bien content de voir quitter ce monde tant elle est horripilante…

Le plaisir de suivre Hamish dans toutes les étapes de son enquêtes et de le voir agiter régulièrement les indices dans sa tête comme autant de pièces de puzzle qu’il mélangerait au shaker en espérant de les faire sortir toutes assemblées les unes aux autres dans le bon sens…

Une intrigue correcte…

Quelques jolies descriptions de la campagne écossaise qui font un peu prendre l’air quand on est confinée…

J’aurais été tentée de mettre 4 Sherlocks, mais un petit bémol m’a fait réviser mon jugement vers le bas…

Après 21 volumes d’une Agatha Raisin qui tourne en rond dans sa vie amoureuse, je vous avoue éprouver quelques appréhensions à voir MC Beaton continuer à se montrer sadique avec son nouveau héros qu’elle semble destiner à ne partager son lit qu’avec son brave chien.

Le voir s’amouracher pendant quatre livres d’une Priscilla qui semble avoir bien intériorisé le snobisme de son père, sachant que cela rend la relation impossible, ça commence à trop me rappeler l’obsession agathesque pour James Lacey et je trouve la ficelle un peu usée, pour ne pas dire un peu lassante.

D’autant qu’à chaque fois, ça contribue à rendre son personnage principal quelque peu ridicule.

Ben oui quoi… Quand j’étais ado, ça m’énervait de voir des copines blablater en boucle sur des mecs qui ne les regardaient jamais… et ça me gonflait grave sévère de voir les mecs qui m’intéressaient et que je draguais me parler d’une autre fille qui les obsédaient… alors que moi… ben j’étais là et je ne demandais que ça !

Au moins quand je les voyais fixés sur une autre fille, j’avais la fierté de ne pas insister, je les vouaient aux Gémonies et j’allais tenter ma chance ailleurs.

Non mais ! Chuis une fille pragmatique moi !

Les Enquêtes d’Hamish MacBeth – Tome 03 – Qui s’y frotte s’y pique : M.C Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole Confirmée et Confinée]

Titre : Les Enquêtes d’Hamish MacBeth – Tome 03 – Qui s’y frotte s’y pique

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (02/10/2020)
Édition Originale : Death of an Outsider (1988)
Traduction : Marina Boraso

Introduction Babelio :
Obligé de remplacer un policier local dans les confins inhospitaliers de Cnothan, Hamish a le mal du pays et de sa chère Priscilla… mais, il est à peine arrivé que l’homme le plus détesté du village est assassiné et jeté en pâture à un élevage de homards qui n’en font qu’une bouchée avant d’être expédiés vers les restaurants les plus chics de Londres.

Pour retrouver son village, Hamish Macbeth devra affronter l’horrible inspecteur-chef Blair et sa charmante voisine (l’un bien décidé à couvrir l’affaire, l’autre à le séduire !)… et débusquer l’assassin.

Résumé :
C’est le cœur totalement déchiré qu’Hamish se trouve provisoirement muté à Cnothan, autre bourgade écossaise, pendant les longues vacances du policier local, qui prendra le temps de l’accueillir d’ailleurs comme un chien dans un jeu de quilles, ingratitude assez déplacée puisque tout de même c’est bien un peu grâce à Hamish qu’il pouvait prendre ses vacances…

L’accueil ne sera pas meilleur de la par des autochtones, car en Ecosse comme dans nos petits villages de campagne, celui qui vient du village d’à côté est toujours perçu comme un intrus, et celui qui vient d’encore plus loin sera un « estranger » à vie condamné à la relégation.

Les seules à lui témoigner un peu de sympathie seront sa voisine d’en face, une artiste peintre canadienne, et la femme du pasteur, un pasteur qui sermon après sermon promet les flammes de l’enfer et l’apocalypse, qui elle n’en doutons pas n’est aimable que par obligation professionnelle.

Un autre personnage haut en couleur semble retenir l’attention et faire l’unanimité du village contre lui : un certain Mr Mainwaring, riche retraité anglais installé là depuis quelques années avec son épouse qui s’est accaparé un certain nombre de terres et des maisons qu’il semble laisser tomber en ruine comme autant de trophées provocateurs à l’adresse de ceux qui auraient bien aimé les acheter à sa place.

Celui-ci ne tardera pas à se faire connaître d’Hamish à peine arrivé, pour lui demander de se lancer dans une chasse aux sorcières, son épouse ayant été agressée par trois d’entre elles. Car oui, il l’affirme, il y a bien des sorcières à Cnothan !

Le personnage est grossier, brutal dans ses manières, et semble connaître beaucoup de choses pas très avouables sur les uns et les autres…

Ce qui ne pourra que multiplier les pistes sur lesquelles il faudra enquêter lorsque l’on se rendra compte que le squelette retrouvé dans la nature après avoir que ses chairs n’aient été dévorées par des homards gloutons, n’est autre que le sien.

Évidemment l’hostilité des gens du crû et surtout l’insupportable inspecteur Blair dépêché sur les lieux et qui semble suivre Hamish comme une ombre, vont lui donner du fil à retordre, mais avec sa nonchalance naturelle, ce grand gaillard doux et ne payant pas de mine, saura se montrer plus futé que tout ce vilain monde.

Mon avis : 
Vous le savez, je suis sous le charme d’Hamish et des Highlands.

En ces temps de confinement les descriptions de la nature sauvage d’Ecosse, et la façon dont ils savent exalter l’âme de de ce grand gaillard aux cheveux de feu et à l’air si serein, ne peuvent donner à la lectrice qu’une grande bouffée d’air frais.

Pourtant, il est toujours plus ou moins obsédé par sa chèèèèrèe Priscilla, mais pas au point de ne pas se montrer sensible aux charmes de sa voisine… C’est qu’il ne me connaît pas encore, c’est tout…

Une intrigue à tiroir, un peu de culture sur les coutumes et lois locales, des personnages complexes mais pas trop, des petits coups de griffes contre les mesquineries de la société britannique et la tendance universelle des habitants de villages à cancaner ou à se méfier des nouveaux qui le resteront et dont la descendance restera étrangère jusqu’à la troisième génération, une intrigue bien emmêlée… Bref, une lecture fort agréable.

Un bémol cependant… Les passages décrivant les réflexions d’Hamish tendent un pu trop souvent à s’interrompre avant d’aboutir.

La façon dont il semble rester sur son quant à soi est évidemment là pour faire durer le suspens mais cela a quelque chose d’assez artificiel.

Soit on peut suivre le cours de la pensée du personnage puisque l’auteur nous y invite… Soit on ne peut pas…

Mais ce mélange des deux m’est un peu déconcertant, surtout quand Hamish disparaît pour revenir au bout de quelques pages avec une solutions toute ficelée qu’il est allé chercher très loin sans que le lecteur n’en soit avisé.

Mine de rien… si on aime lire des polars, c’est aussi dans l’espoir de trouver le coupable avant l’enquêteur, et là MC Beaton nous prive de ce plaisir. A quoi bon réfléchir en lisant si la solution ne peut venir que d’ailleurs ???

C’est me semble-t-il le gros point faible de ce volume, et j’espère que le volume 4 fonctionnera autrement, sans quoi, mon intérêt pour cette série pourrait s’en trouvé assez entamé…

Malgré tout l’attrait qu’Hamish et l’Ecosse exercent sur moi bien entendu.

 

Hamish Macbeth – Tome 02 – Qui va à la Chasse : M.C Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole Confinée et Confirmée]

Titre : Hamish Macbeth – Tome 02 – Qui va à la Chasse

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (24/04/2019)
Édition Originale : Death of a Cad (1987)
Traduction : Marina Boraso

Intro Babelio :
Lorsque Priscilla Halburton-Smythe ramène à Lochdubh son nouveau fiancé, un dramaturge londonien, tout le monde est enchanté… sauf Hamish Macbeth, amoureux transi de la jeune femme.

Mais ses affaires de cœur devront attendre un peu : un des invités aux fiançailles de Priscilla, l’affreux goujat Peter Bartlett, est retrouvé assassiné pendant une partie de chasse à la grouse.

Chargé des premières investigations, Hamish Macbeth fait face à une brochette de suspects huppés, qui avaient tous une bonne raison d’attenter à la vie de l’ignoble capitaine Bartlett.

Vous aimez Agatha Raisin ? Vous allez adorer Hamish Macbeth !

Comme sa grande sœur Agatha, cet Hercule Poirot à la sauce écossaise entraîne le lecteur dans des aventures totalement déjantées sorties tout droit de l’imagination de M.C Beaton. Avec, en prime, le charme des lochs, des highlanders mystérieux et des châteaux hantés.

Attention, fantômes !

Résumé : 
Or, donc, lors de sa précédente enquête, Hamish Macbeth petit policier local, tenant presque plus du garde champêtre qu’autre chose, dans ce bled paumé des Highlands, avait brillamment résolu l’affaire du meurtre d’une insupportable grognasse lors d’un stage de pêche au saumon.

A cette occasion, nous découvrions que ce grand rouquin trentenaire et sympathique en pinçait pour la belle Priscilla Halbuton-Smythe, fille du Colonel et châtelain local.

Le dit Colonel très préoccupé de son statut social, apparaissait comme plein de morgue et de mépris pour notre modeste héros, fils de famille nombreuse qui vivotait grâce au système D et aux prodigalités de Dame Nature, afin d’envoyer autant d’argent que possible à ses parents qui avaient encore d’autres enfants à élever.

Or donc, cette nouvelle enquête débute par le retour au château de Priscilla, au bras d’un fiancé médiatique, auteur de pièce à succès, et passablement narcissique et insupportable.

Les parents de la fiancée devant tenir leur rang, se sentent obligés d’inviter la gentry locale et organisent une soirée qui s’annonce prometteuse… et qui nécessite d’héberger les invités au château.

Or, Priscilla commet un terrible impair : elle invite notre petit policier de proximité qui ne pourrait que détonner au milieux de cet aréopage distingué…

Le Colonel et la Colonelle posent leur veto mais la bonne devant annoncer à Hamish l’annulation de l’invitation préférant courir le guilledou, Hamish se présente à la porte dans un costume bien trop petit pour lui, prêté par un ami serveur…

Priscilla l’interceptant, au passage lui prêtera de quoi se changer en piochant dans les affaires d’un oncle absent, et Hamish pourra observer les curieux manèges de cette bande de hobereaux provinciaux infatués dont la supériorité supposé ne repose manifestement pas sur l’intelligence, les qualités humaines ou la moralité.

Deux des invités chasseurs (visiblement dans la gentry, c’est chasse obligatoire) ont fait un pari… Celui qui ramènerait le premier une paire de grouses, volatile en voie de disparition, recevrait 5000 livres de la part de l’autre.

Mais l’un des parieur soupçonne l’autre, un personnage peu sympathique et douteux de vouloir l’entourlouper… Mais c’est l’entourloupeur qui en sera pour ses frais puisqu’on le retrouvera au matin la poitrine criblée de plombs !

Hamish n’est pas dupe et ne lâche pas l’affaire malgré l’apparence accidentelle de ce décès, et l’empressement de l’inspecteur du secteur à vouloir se contenter des apparences pour ne pas froisser le Colonel qui ne peut imaginer que l’un de ses invités soit un assassin.

Mon avis :
Ne le répétez pas à Toqué… Mais je suis amoureuse d’Hamish, et je ne comprends pas du tout ce qu’il trouve à cette Priscilla qui lui sera à jamais inaccessible à en croire cette putain de conscience de classe britannique sa grand-mère !

Si Agatha c’est moi (humm… je suis tout de même encore un peu plus jeune…), Hamish c’est le mec sympa, simple, beau et proche de la nature et futé comme je les aime !

D’ailleurs… je suis certaine qu’Agatha craquerait (pour qui ne craque-t-elle pas?) si MC Beaton avait eu la bonne idée de les faire se croiser dans une aventure commune.

Hamish n’est pas un héros qui en impose… C’est un bon gars, simple, posé tranquille… qui ne se la raconte pas… Même s’il n’a pas beaucoup de pragmatisme en matière de vie amoureuse…

Mais bon… il semble que les histoires d’amour impossibles qui n’en finissent pas aient été la spécialité de MC Beaton, non ?

A part la sympathie que j’ai pour ce petit policier, j’avoue avoir beaucoup apprécié la plume de l’auteur dans ce volume.

Un style plus travaillé que dans les aventures d’Agatha, qui sait mettre en valeur les charmes bucoliques de l’Écosse, son atmosphère et son climat.

Une critique aussi subtile que cruelle du système de classe britannique et de l’imposture sur laquelle il repose, mêlé à une intrigue dynamique, voilà ce qui a su capter mon intérêt une nuit entière (enfin presque).

J’ai passé un excellent moment avec Hamish.

Un seul regret : 288 pages… c’est relativement vite lu et il semble que les traductions françaises s’en soient arrêtées au volume 4 ou 5 pour le moment… Grrrr…

NB : Les deux derniers paragraphes de l’intro Babelio semblent rajoutés de façon automatique pour présenter la série… Mais dans le volume 1 comme dans celui-ci… Aucun fantôme à l’horizon !

Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche : M. C. Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole & Experte en Fictions Agathesques et Macbethines]

Titre : Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche

Auteur : M.C. Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (24/04/2019)
Édition Originale : Death of a Gossip (1985)
Traducteur : Karine Guerre

Introduction BABELIO :
Policier du petit village de Lochdubh situé au beau milieu des Highlands en Écosse, Hamish Macbeth manque totalement d’ambition professionnelle mais il peut cependant compter sur son intuition naturelle pour mener à bien ses enquêtes.

Ses qualités lui seront bien utiles quand le corps sans vie de Lady Jane Winters, langue de vipère notoire et participante au stage de pêche à la mouche du village, est retrouvé dans la rivière.

Secondé par la délicieuse Priscilla Halburton-Smythe, Hamish s’immerge en eaux troubles pour démasquer l’assassin.

Vous aimez Agatha Raisin ? Vous allez adorer Hamish Macbeth ! Comme sa grande soeur Agatha, cet Hercule Poirot à la sauce écossaise entraîne le lecteur dans des aventures totalement déjantées sorties tout droit de l’imagination de M.C Beaton.

Avec, en prime, le charme des lochs, des highlanders mystérieux et des châteaux hantés. Attention, fantômes !

 

Résumé :
Que les amateurs et amatrices de chasse aux fantômes refrènent leur enthousiasme ! Je ne vois pas, mais alors franchement pas du tout du tout, où la bande à Babélio est allée chercher des fantômes dans cette affaire.

En tout cas pour présenter ce livre-là.

Il n‘y a aucun esprit, aucun revenant, ni aucun poltergeist ici. Même pas une table qui tourne ou un oui-ja. On est en Ecosse, ça oui… On s’introduit brièvement dans un château, certes…  Il y a un cadavre, là encore c’est exact… Et donc… Il y a bien quelqu’un avec du sang sur ses mains criminelles… Évidemment…

Mais dans cette enquête rien de surnaturel.

John et Heather Cartwright, retraités écossais ont décidé d’occuper leurs vieux jours en organisant des stages de pêche au saumon dans les cours d’eau serpentant les merveilleux paysages des Highlands.

Pour celui-ci, ils accueillent comme stagiaires, Mr & Mrs Roth, un couple d’américains ayant réussi dans les affaires, Jeremy Blyth aristo-avocat londonien à la tronche de jeune premier, Alice Wilson secrétaire londonienne, le jeune Charlie Baxter, âgé de 12 ans en vacances chez sa tante, le Major Frame, militaire en retraite et pécheur expérimenté, Daphné Gore fille d’un lord pété de thunes, et Lady Jane Winters, veuve d’un parlementaire pair du royaume.

La petite bande est accueillie dans un hôtel douillet et tandis que John et Heather se démènent pour enseigner à nos touristes l’art de la pèche à la mouche, les uns et les autres font connaissance apprenant à s’apprécier pour certains… et à se détester pour les autres.

Et en matière de détestation il faut bien reconnaître que Milady de Winters (nan ? vous croyez qu’ils ont fait exprès ?) heu pardon, je veux dire Lady Jane Winters, parvient à faire l’unanimité contre elle.

Il faut dire qu’elle a l’air de faire beaucoup d’efforts pour ça, voire de s’entraîner très dur tous les jours ! N’ayons pas peur des mots !  Lady Jane est une immonde peste ! Toujours généreuse de remarques acides propices à mettre les autres participants au stage mal à l’aise…

Distillant pernicieusement de fines allusions laissant supposer à chacun qu’elle n’ignore rien de leurs petits secrets gênants, elle qui ne les connaissait en principe pas quarante-huit heures avant.

Lorsque le groupe ira pécher joyeusement, soulagé de ne pas l’avoir sur le dos un après-midi, il n’étonnera personne qu’on la retrouve alors raide morte et bien refroidie sous la surface des eaux poissonneuses d’Ecosse.

Hamish Macbeth, policier local qui tient presque plus du garde champêtre qu’autre chose vu que l’activité criminelle la plus grave du secteur se résume à quelques actes de braconnage, et qui passait de temps en temps à l’hôtel ou voir les Cartwright, va donc se lancer sur la piste du criminel qui n’a fait que rendre service à l’humanité, même si le meurtre est interdit et doit être réprimé.

Bien entendu, la mort d’une lady, aussi salope soit-elle, est affaire trop grave pour la laisser à un flic local et les grands experts de Londres vont être dépêchés sur les lieux…

Mais c’est sans compter sur la sagacité d’Hamish Macbeth qui de par son caractère simple et loin de la suffisance des flics londonniens, sait se rendre bien plus accessible aux témoins et avancer sans éveiller la méfiance de l’assassin.

Ce que j’en ai pensé :
Oui, Hamish Macbeth est une créature de MC Beaton, au même titre qu’Agatha Raisin mais ils ont assez peu en commun.

Autant Agatha se donne à lire comme un livre ouvert, rien ne nous étant épargné de ses états d’âmes et préoccupations, ni de ses raisonnements policiers (souvent foireux), autant Hamish est un taiseux qui reste sur son quant à soi, faisant davantage parler les autres qu’il ne se livre lui-même.

Roux flamboyant, amateur de la nature, menant une vie simple pour ne pas dire spartiate pour soutenir financièrement ses parents et frères et sœurs, préférant porter ses habits civils sans prétention plutôt que son uniforme lustré aux genoux et aux coudes, il est carrément la parfaite antithèse d’Agatha.

Cela ne l’empêche pas de rêver d’amour quand une jeune et belle lady passe par là et lui témoigne un peu de sympathie, mais l’espoir ne l’empêche pas de garder le sens des réalités. Bref…

Rien à voir avec Agatha. Ou alors si… MC Beaton a décidé de créer ce personnage en en faisant l’exact négatif. Plus on découvre Hamish plus cela saute aux yeux.

Et de toute façon, comme MC Beaton ne peut s’empêcher manifestement de nous délayer un peu de romance à l’eau de rose pour alléger l’ambiance, elle peut le faire avec les autres personnages secondaires de son roman sans embarquer Hamish dans les travers agathesques consistant à se monter le bourrichon et à rêver mariage.

C’est bien connu, les hommes ne rêvent pas au mariage de toute façon! C’est un truc de fille… Et MC Beaton en a trouver une à qui faire traverser les affres du fantasme nuptial.

L’auteur nous gratifie ici d’une galerie de portraits plutôt bien tournés, ce qui manquait aux derniers volets d’Agatha Raisin…

Des portraits bien campés, disais-je, même s’ils manquent un peu d’originalité tant ils sont quasiment archétypaux. Quoi qu’il en soit ils sont suffisamment variés et bien amenés pour que l’on puisse l’oublier.

Anybref, Amish Macbeth n’est assez sympathique, et cette intrigue à huis clos typiquement made in Britain même si elle a lieux en Ecosse, n’est pas sans rappeler la plume d’une autre Agatha (Christie faut-il le préciser ?).

D’ailleurs le final est une allusion claire au dénouement de la grande majorité des meilleures enquêtes d’Hercule Poirot, même si Macbeth n’a pas grand-chose à voir avec lui !

On pourra juste regretter que les indices déterminants qui permettront à Macbeth de retrouver le coupable ne soient pas directement accessibles au lecteur qui de ce fait n’aura pas les clés pour trouver le coupable lui-même, ce qui peut être un peu frustrants pour celles et ceux qui lisent les polars en position d’enquêteur. Là… il faudra se laisser porter.

Or donc pour résumer j’ai passé un agréable moment de détente avec un roman qui sans être un chef d’œuvre du genre, nous fait découvrir un nouveau personnage sympathique et une intrigue plutôt bien construite malgré quelques artifices de construction nous empêchant d’enquêter avec le héros.

Robert Carlyle dans le rôle de Hamish Macbeth

Les détectives du Yorkshire – Tome 1 – Rendez-vous avec le crime : Julia Chapman

Titre : Les détectives du Yorkshire – Tome 1 – Rendez-vous avec le crime

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (12/04/2018)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 1 : Date with Death (2017)
Traducteur :

Résumé :
Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil.

De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux.

Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !

Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Critique :
Mortecouille, on décède beaucoup plus dans le village de Bruncliffe que dans les paisibles Costwolds où Agatha Raisin s’est installée.

Pourtant, dans l’entourage de la mère Agatha, ça décédait sévère ! Ben on a trouvé encore plus mortel.

Dans notre paisible village du Yorkshire, ça assassine plus que si l’Éventreur de la même région était toujours en activité ou que dans « Dix petits nègres » d’une autre Agatha.

Pourtant, nous sommes face à des accidents ou à un suicide, pas de quoi alerter un Sherlock Holmes ou faire une enquête.

Quoique… Si une mère pense que son fils ne s’est pas suicidé et qu’un ancien du bled revient pour y monter son agence de détective, ça pourrait donner lieu à une enquête sur ce suicide qui pourrait ne pas en être un. Ou pas…

Voilà une enquête comme j’apprécie, un cosy mistery anglais tout ce qu’il y a de plus British et heureusement que le futur Brexit ne nous prive pas de ces auteurs anglais tels que je les affectionne.

Un village où tout se sait, où aucun secret ne tient bien longtemps, où dès que tu pètes, tout le monde est au courant, prêt à te juger, colporter les ragots, te ressortir ton passé que tu voudrais bien oublier, comme c’est le cas de notre Samson O’Brien, flic gradé à la MET et revenu au bled car petits soucis à la capitale.

Il y a plusieurs mystères et c’est ce qui ajoute du piment à l’enquête car nous sommes face à une montée de morts accidentelles, nous avons des personnes qui magouillent dans l’immobilier et le fait que Samson ne veuille pas nous en dire plus sur la cause de ses soucis à Londres, juste qu’il a dû se mettre au vert et qu’il compte repartir dans 6 mois.

Si vous n’aimez pas les atmosphères qui fleurent bon les collines anglaises et les petits villages charmants mais horripilants, vous attraperez des boutons dans cette enquête car tout sent l’Angleterre, des paysages aux personnages, en passant par le temps qu’il fait dehors et les mugs de thé, agrémentés d’un nuage d’humour so british.

Notre enquêteur ne court pas comme un fou, mais son enquête est originale, l’emmènera sur des sentiers non prévus, le tout avec un petit suspense, celui qui vous accroche mais ne vous colle pas des sueurs froides ou des palpitations cardiaques.

Et puis, un enquêteur qui se fait surprendre au petit matin, la tchole à l’air (je n’ai pas dit en l’air), qui fait du sauvetage uniquement vêtu de son boxer, le tout avec un corps de rêve qui donnerai envie à Dalida de chanter ♫ Samson l’amoroso ♪ Croqueur d’amour, ♪ L’œil de velours comme une caresse ♫ What’else ?

On me signale au passage que si c’est Dalida qui chantait, le premier rôle féminin du livre est tenu par Delilah… Samson et Delilah… Leurs prénoms sont biblique, mais celui de la femme est aussi le titre d’une chanson de Tom Jones ♫ My, my, my, Delilah

Sans révolutionner le crime et ses différentes résolutions, le roman se laisse lire facilement, on se pique au jeu, on sourit devant certaines répliques ou situations, on frémit lorsque le tueur passe à l’attaque, on se creuse les méninges afin de tenter de comprendre qui pourrait avoir un mobile sérieux quand soudain, tout s’éclaire.

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Hé les détectives en herbe, j’avais capté avant vous !

Une saga qui se met en place à son aise, sans pour autant lasser le lecteur, une résolution de meurtres, somme toute basique, mais qui est réaliste, des personnages attachants, qui évoluent, des secrets sur le passé de Samson pas encore dévoilés, des magouilleurs en arrière-plan pas encore mis hors d’état de nuire, ce qui laisse présager qu’il faudra lire le tome 2 pour en savoir un plus.

Ça tombe bien, j’avais l’intention de continuer avec ce couple d’enquêteurs sympathiques dont un est bourré de mystères et des secrets.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.