Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche : M. C. Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole & Experte en Fictions Agathesques et Macbethines]

Titre : Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche

Auteur : M.C. Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (24/04/2019)
Édition Originale : Death of a Gossip (1985)
Traducteur : Karine Guerre

Introduction BABELIO :
Policier du petit village de Lochdubh situé au beau milieu des Highlands en Écosse, Hamish Macbeth manque totalement d’ambition professionnelle mais il peut cependant compter sur son intuition naturelle pour mener à bien ses enquêtes.

Ses qualités lui seront bien utiles quand le corps sans vie de Lady Jane Winters, langue de vipère notoire et participante au stage de pêche à la mouche du village, est retrouvé dans la rivière.

Secondé par la délicieuse Priscilla Halburton-Smythe, Hamish s’immerge en eaux troubles pour démasquer l’assassin.

Vous aimez Agatha Raisin ? Vous allez adorer Hamish Macbeth ! Comme sa grande soeur Agatha, cet Hercule Poirot à la sauce écossaise entraîne le lecteur dans des aventures totalement déjantées sorties tout droit de l’imagination de M.C Beaton.

Avec, en prime, le charme des lochs, des highlanders mystérieux et des châteaux hantés. Attention, fantômes !

 

Résumé :
Que les amateurs et amatrices de chasse aux fantômes refrènent leur enthousiasme ! Je ne vois pas, mais alors franchement pas du tout du tout, où la bande à Babélio est allée chercher des fantômes dans cette affaire.

En tout cas pour présenter ce livre-là.

Il n‘y a aucun esprit, aucun revenant, ni aucun poltergeist ici. Même pas une table qui tourne ou un oui-ja. On est en Ecosse, ça oui… On s’introduit brièvement dans un château, certes…  Il y a un cadavre, là encore c’est exact… Et donc… Il y a bien quelqu’un avec du sang sur ses mains criminelles… Évidemment…

Mais dans cette enquête rien de surnaturel.

John et Heather Cartwright, retraités écossais ont décidé d’occuper leurs vieux jours en organisant des stages de pêche au saumon dans les cours d’eau serpentant les merveilleux paysages des Highlands.

Pour celui-ci, ils accueillent comme stagiaires, Mr & Mrs Roth, un couple d’américains ayant réussi dans les affaires, Jeremy Blyth aristo-avocat londonien à la tronche de jeune premier, Alice Wilson secrétaire londonienne, le jeune Charlie Baxter, âgé de 12 ans en vacances chez sa tante, le Major Frame, militaire en retraite et pécheur expérimenté, Daphné Gore fille d’un lord pété de thunes, et Lady Jane Winters, veuve d’un parlementaire pair du royaume.

La petite bande est accueillie dans un hôtel douillet et tandis que John et Heather se démènent pour enseigner à nos touristes l’art de la pèche à la mouche, les uns et les autres font connaissance apprenant à s’apprécier pour certains… et à se détester pour les autres.

Et en matière de détestation il faut bien reconnaître que Milady de Winters (nan ? vous croyez qu’ils ont fait exprès ?) heu pardon, je veux dire Lady Jane Winters, parvient à faire l’unanimité contre elle.

Il faut dire qu’elle a l’air de faire beaucoup d’efforts pour ça, voire de s’entraîner très dur tous les jours ! N’ayons pas peur des mots !  Lady Jane est une immonde peste ! Toujours généreuse de remarques acides propices à mettre les autres participants au stage mal à l’aise…

Distillant pernicieusement de fines allusions laissant supposer à chacun qu’elle n’ignore rien de leurs petits secrets gênants, elle qui ne les connaissait en principe pas quarante-huit heures avant.

Lorsque le groupe ira pécher joyeusement, soulagé de ne pas l’avoir sur le dos un après-midi, il n’étonnera personne qu’on la retrouve alors raide morte et bien refroidie sous la surface des eaux poissonneuses d’Ecosse.

Hamish Macbeth, policier local qui tient presque plus du garde champêtre qu’autre chose vu que l’activité criminelle la plus grave du secteur se résume à quelques actes de braconnage, et qui passait de temps en temps à l’hôtel ou voir les Cartwright, va donc se lancer sur la piste du criminel qui n’a fait que rendre service à l’humanité, même si le meurtre est interdit et doit être réprimé.

Bien entendu, la mort d’une lady, aussi salope soit-elle, est affaire trop grave pour la laisser à un flic local et les grands experts de Londres vont être dépêchés sur les lieux…

Mais c’est sans compter sur la sagacité d’Hamish Macbeth qui de par son caractère simple et loin de la suffisance des flics londonniens, sait se rendre bien plus accessible aux témoins et avancer sans éveiller la méfiance de l’assassin.

Ce que j’en ai pensé :
Oui, Hamish Macbeth est une créature de MC Beaton, au même titre qu’Agatha Raisin mais ils ont assez peu en commun.

Autant Agatha se donne à lire comme un livre ouvert, rien ne nous étant épargné de ses états d’âmes et préoccupations, ni de ses raisonnements policiers (souvent foireux), autant Hamish est un taiseux qui reste sur son quant à soi, faisant davantage parler les autres qu’il ne se livre lui-même.

Roux flamboyant, amateur de la nature, menant une vie simple pour ne pas dire spartiate pour soutenir financièrement ses parents et frères et sœurs, préférant porter ses habits civils sans prétention plutôt que son uniforme lustré aux genoux et aux coudes, il est carrément la parfaite antithèse d’Agatha.

Cela ne l’empêche pas de rêver d’amour quand une jeune et belle lady passe par là et lui témoigne un peu de sympathie, mais l’espoir ne l’empêche pas de garder le sens des réalités. Bref…

Rien à voir avec Agatha. Ou alors si… MC Beaton a décidé de créer ce personnage en en faisant l’exact négatif. Plus on découvre Hamish plus cela saute aux yeux.

Et de toute façon, comme MC Beaton ne peut s’empêcher manifestement de nous délayer un peu de romance à l’eau de rose pour alléger l’ambiance, elle peut le faire avec les autres personnages secondaires de son roman sans embarquer Hamish dans les travers agathesques consistant à se monter le bourrichon et à rêver mariage.

C’est bien connu, les hommes ne rêvent pas au mariage de toute façon! C’est un truc de fille… Et MC Beaton en a trouver une à qui faire traverser les affres du fantasme nuptial.

L’auteur nous gratifie ici d’une galerie de portraits plutôt bien tournés, ce qui manquait aux derniers volets d’Agatha Raisin…

Des portraits bien campés, disais-je, même s’ils manquent un peu d’originalité tant ils sont quasiment archétypaux. Quoi qu’il en soit ils sont suffisamment variés et bien amenés pour que l’on puisse l’oublier.

Anybref, Amish Macbeth n’est assez sympathique, et cette intrigue à huis clos typiquement made in Britain même si elle a lieux en Ecosse, n’est pas sans rappeler la plume d’une autre Agatha (Christie faut-il le préciser ?).

D’ailleurs le final est une allusion claire au dénouement de la grande majorité des meilleures enquêtes d’Hercule Poirot, même si Macbeth n’a pas grand-chose à voir avec lui !

On pourra juste regretter que les indices déterminants qui permettront à Macbeth de retrouver le coupable ne soient pas directement accessibles au lecteur qui de ce fait n’aura pas les clés pour trouver le coupable lui-même, ce qui peut être un peu frustrants pour celles et ceux qui lisent les polars en position d’enquêteur. Là… il faudra se laisser porter.

Or donc pour résumer j’ai passé un agréable moment de détente avec un roman qui sans être un chef d’œuvre du genre, nous fait découvrir un nouveau personnage sympathique et une intrigue plutôt bien construite malgré quelques artifices de construction nous empêchant d’enquêter avec le héros.

Robert Carlyle dans le rôle de Hamish Macbeth

Les détectives du Yorkshire – Tome 1 – Rendez-vous avec le crime : Julia Chapman

Titre : Les détectives du Yorkshire – Tome 1 – Rendez-vous avec le crime

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (12/04/2018)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 1 : Date with Death (2017)
Traducteur :

Résumé :
Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil.

De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux.

Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !

Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Critique :
Mortecouille, on décède beaucoup plus dans le village de Bruncliffe que dans les paisibles Costwolds où Agatha Raisin s’est installée.

Pourtant, dans l’entourage de la mère Agatha, ça décédait sévère ! Ben on a trouvé encore plus mortel.

Dans notre paisible village du Yorkshire, ça assassine plus que si l’Éventreur de la même région était toujours en activité ou que dans « Dix petits nègres » d’une autre Agatha.

Pourtant, nous sommes face à des accidents ou à un suicide, pas de quoi alerter un Sherlock Holmes ou faire une enquête.

Quoique… Si une mère pense que son fils ne s’est pas suicidé et qu’un ancien du bled revient pour y monter son agence de détective, ça pourrait donner lieu à une enquête sur ce suicide qui pourrait ne pas en être un. Ou pas…

Voilà une enquête comme j’apprécie, un cosy mistery anglais tout ce qu’il y a de plus British et heureusement que le futur Brexit ne nous prive pas de ces auteurs anglais tels que je les affectionne.

Un village où tout se sait, où aucun secret ne tient bien longtemps, où dès que tu pètes, tout le monde est au courant, prêt à te juger, colporter les ragots, te ressortir ton passé que tu voudrais bien oublier, comme c’est le cas de notre Samson O’Brien, flic gradé à la MET et revenu au bled car petits soucis à la capitale.

Il y a plusieurs mystères et c’est ce qui ajoute du piment à l’enquête car nous sommes face à une montée de morts accidentelles, nous avons des personnes qui magouillent dans l’immobilier et le fait que Samson ne veuille pas nous en dire plus sur la cause de ses soucis à Londres, juste qu’il a dû se mettre au vert et qu’il compte repartir dans 6 mois.

Si vous n’aimez pas les atmosphères qui fleurent bon les collines anglaises et les petits villages charmants mais horripilants, vous attraperez des boutons dans cette enquête car tout sent l’Angleterre, des paysages aux personnages, en passant par le temps qu’il fait dehors et les mugs de thé, agrémentés d’un nuage d’humour so british.

Notre enquêteur ne court pas comme un fou, mais son enquête est originale, l’emmènera sur des sentiers non prévus, le tout avec un petit suspense, celui qui vous accroche mais ne vous colle pas des sueurs froides ou des palpitations cardiaques.

Et puis, un enquêteur qui se fait surprendre au petit matin, la tchole à l’air (je n’ai pas dit en l’air), qui fait du sauvetage uniquement vêtu de son boxer, le tout avec un corps de rêve qui donnerai envie à Dalida de chanter ♫ Samson l’amoroso ♪ Croqueur d’amour, ♪ L’œil de velours comme une caresse ♫ What’else ?

On me signale au passage que si c’est Dalida qui chantait, le premier rôle féminin du livre est tenu par Delilah… Samson et Delilah… Leurs prénoms sont biblique, mais celui de la femme est aussi le titre d’une chanson de Tom Jones ♫ My, my, my, Delilah

Sans révolutionner le crime et ses différentes résolutions, le roman se laisse lire facilement, on se pique au jeu, on sourit devant certaines répliques ou situations, on frémit lorsque le tueur passe à l’attaque, on se creuse les méninges afin de tenter de comprendre qui pourrait avoir un mobile sérieux quand soudain, tout s’éclaire.

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Hé les détectives en herbe, j’avais capté avant vous !

Une saga qui se met en place à son aise, sans pour autant lasser le lecteur, une résolution de meurtres, somme toute basique, mais qui est réaliste, des personnages attachants, qui évoluent, des secrets sur le passé de Samson pas encore dévoilés, des magouilleurs en arrière-plan pas encore mis hors d’état de nuire, ce qui laisse présager qu’il faudra lire le tome 2 pour en savoir un plus.

Ça tombe bien, j’avais l’intention de continuer avec ce couple d’enquêteurs sympathiques dont un est bourré de mystères et des secrets.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.