Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 03 – La mort au tournant : T. E. Kinsey [LC avec Bianca]

Titre : Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 03 – La mort au tournant

Auteur : T. E. Kinsey
Édition : City – Policier (01/09/2021)
Édition Originale : Death Around the Bend (2017)
Traduction : Karine Xaragai

Résumé :
Septembre 1909. Lady Hardcastle et sa femme de chambre, Florence, sont invitées au domaine de Lord Riddlethorpe pour une semaine de courses automobiles et de fêtes.

Des vacances tout à fait charmantes… Jusqu’au moment où l’un des pilotes meurt dans un accident lors de la toute première course.

Simple accident ? C’est ce que pense la police locale qui n’a aucune envie de se décarcasser à chercher la petite bête !

Mais quand Lady Hardcastle découvre que la voiture a été sabotée, elle prend les choses en main et décide de mener l’enquête. Et entre les domestiques du domaine et les invités, il y a une belle brochette de suspects…

Même dans le calme de la campagne, une seule chose est certaine : la mort peut vous faucher au tournant sans prévenir…

Critique :
Le vilain adage dit « Femme au volant, mort au tournant », mais celui qui est mort dans le tournant, c’est un homme et un pilote de course, en plus ! Les femmes sont innocentes…

Lady Hardcastle était toute contente de partir passer quelques jours à la campagne, chez un ami de son frangin, en compagnie de Armstrong (pas le coureur cycliste), sa dame de compagnie et femme à tout faire. Quelle expédition ! Quel nombre impressionnants de malles a-t-il fallu prendre, vu qu’elle devait se changer trois fois par jour.

Comme toujours, dans ce cosy mystery, on commence doucement, on prend le temps de se plonger dans l’époque, dans les histoires de nos personnages principaux, qui prennent le train, qui discutent ensemble, se vannant gentiment, n’hésitant pas à se lancer quelques piques amusantes.

Il n’est pas conseillé de lire cette saga si l’on veut du trépidant, par contre, si le but est de passer un bon moment de lecture, sans se prendre la tête, tout en découvrant la vie en Angleterre dans les années 1900 (1908/1909), notamment les mœurs des riches et la vie dans les campagnes, alors, c’est parfait.

Le duo Lady Hardcastle et Armstrong (pas le chanteur) marche toujours du tonnerre et leur enquête autour de la mort durant la course du pilote, va leur causer quelques petits soucis. Difficile de trouver un coupable, ou alors, il faut suspecter le plus probant d’entre eux. Puis, tout va aller plus vite, on a un autre cadavre, un empoisonnement et une tentative de meurtre…

Dire que Lady Hardcastle et Armstrong (pas le type qui a marché sur la lune) voulaient passer des petites vacances tranquilles pénardes. Impossible, dès que vous aimer enquêter, les meurtriers et les cadavres vous collent aux basques. Hercule Poirot, Columbo et bien d’autres, le savent.

Voilà un cosy mystery qui prend le temps de vivre, de nous faire vivre, de nous amuser, de nous distraire, avec des personnages truculents, qui savent causer, répondre et mener l’enquête sans en avoir l’air. Les réparties font mouches et j’ai souri très souvent durant ma lecture.

Cette fois-ci, j’ai compris bien avant notre duo d’enquêtrices : un détail m’a fait lever la tête, j’ai réfléchi et j’étais sur la bonne piste bien avant elles. Mieux, j’avais déduit l’identité du coupable. Bien vu sur toute la ligne. Cela ne m’a pas ôté le plaisir, que du contraire !

Qu’est-ce que j’ai gagné en trouvant le coupable ? Le droit de lire le suivant !

Un cosy mystery qui ne se prend pas la tête, qui détend, qui apaise et qui n’est pas dénué d’intelligence non plus, puisque nos deux femmes ne sont pas des imbéciles et qu’en plus, elles essaient de vivre en avance sur leur temps.

Pour cette LC, Bianca et moi sommes du même avis ! Son avis est ici.

#Challenge Halloween 2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°64] et Le Challenge Halloween 2022 chez Lou & Hilde (Du 26 septembre au 31 octobre) – Pauses cosy Halloween.

 

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Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 04 – Liège en eaux troubles : Nadine Monfils [LC avec Bianca]

Titre : Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 04 – Liège en eaux troubles

Auteur : Nadine Monfils
Édition :

Résumé :
Bienvenue dans la ville la plus déjantée de Belgique !

De passage à Liège pour une exposition de ses peintures, René Magritte se promène sur les quais avec son épouse Georgette et leur chienne Loulou. Soudain, ils reconnaissent un célèbre chanteur des rues, dans son habit de scène constellé de fleurs en plastique. L’artiste est en train de pêcher.

Attention, ça mord ! Mais voilà que sort de l’eau un pied de fillette dans un soulier doré ! Fini, les flâneries, René et Georgette partent percer ce mystère dans la Cité Ardente du grand Simenon.

Critique :
Qué n’affaire, à Lidje ! Il s’y est passé un truc horrible !

Non, personne n’a raté la sauce lapin qui va avec les boulets (une tuerie culinaire), personne n’a chanté « Liège je t’aime », assis sur une gauf’ de Bruxelles (un « scandale » qui a eu lieu dans l’autre sens, moi ça m’a juste fait pisser de rire). Non, on a juste repéché une jambe tout seule, une jambe d’une gamine, à ç’qu’on dirait.

Nom di djâle, i’s’passe des trucs louches dans la Cité Ardente ! Alleï, fieu, ça va d’aller ! Oups, mon bruxellois remonte à la surface alors que je devrais prendre l’accent de Liège. Mais je suis comme Magritte, moi, une wallonne exilée en terre bruxelloise et qui manipule les patois : celui de mes origines et celui de ma nouvelle vie. Hé, la bilinguisme c’est pas pour les chiens, bande de klet !

Oufti, donc, Magritte et Georgette (ainsi que leur p’tite chienne Loulou) sont à Lidje (Liège) et bardaf, v’la déjà qu’ils tombent sur un crime. Quelqu’un a perdu sa jambe, coupée… Péchée dans le canal…

D’ailleurs, des crimes, il va en pleuvoir, je ne savais pas que la Cité Ardente était aussi dangereuse. Une fois de plus, notre couple sympathique va se piquer d’enquêter, dans le monde du cirque et des freaks, plus précisément.

L’écriture de Nadine Monfils est pétillante, remplie de verve et de choses intéressantes que l’on apprend sur Magritte ou d’autres pointures belges. Simenon sera mis à l’honneur dans ce quatrième tome et je suis tombée des nues devant ce que j’ai appris sur l’auteur. Désolée, j’ai lu Simenon, mais je n’ai jamais lu sa biographie.

Récit émaillé de bons mots, de plaisanteries, ainsi que de patois liégeois ou bruxellois, ce policier se laisse lire avec plaisir, un sourire aux lèvres, pas tellement pour la résolution de l’enquête, qui tombera assez vite, une phrase dite par un personnage qui fera tilter notre Magritte, mais plus pour le côté gouailleur de l’autrice, qui fait dire bien des choses à ses personnages, jamais dénué de bon sens ou d’humour.

J’ai appris à connaître Magritte au travers des romans de Nadine Monfils et c’est un portrait inattendu qui m’a été donné de voir. Si vous le pensiez sérieux comme un pape, révisez votre jugement, c’est un garnement, un gamin dans un corps d’adulte. Il est d’un réalisme saisissant, comme tous les autres personnages qui sont brossés dans le romans, réels ou de fiction.

Un roman policier où la résolution sera réduite à sa portion congrue, sans que cela n’entrave le plaisir de lecture, puisqu’il est ailleurs. Je ne suis pas une habituée de la ville de Liège, même si j’ai déjà monté ses côtes faramineuses, y laissant mon souffle et mon cardio, mais l’autrice a su rendre le charme que possède cette ville dans son récit, ainsi que le côté chaleureux et déjanté de ses habitants.

Une LC réussie avec Bianca, qui avait trouvé l’identité du/de la coupable, une parenthèse agréable dans mes lectures, un moment de fraicheur dans la canicule, bref, une lecture faite avec le sourire aux lèvres.

PS : attention, il ne faut pas confondre la gauf’ de Bruxelles (longue, rectangulaire, légère, croquante et ouske tu peux mettre des fraises, de la chantilly et du suc’ impalpable, bref, 8 ans dans les cuisses) avec la gauf’ de Lièche (oui, l’accent est important si tu veux pas passer pour un français), qui est ronde, avec du sucre perlé à l’intérieur, collante, sucrée, bref, 12 ans dans les cuisses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°23].

Lorsque l’on chante « Bruxelles je t’aime », aux victoires de la musique, assise sur une gaufre de Liège, ça fait une scandale chez nous ! PTDR

Les Thés Meurtriers d’Oxford 03 – Flagrant Délice : H.Y. Hanna [Par Dame Ida, Critique d’Afternoon Tea]

Titre : Les Thés Meurtriers d’Oxford 03 – Flagrant Délice

Auteur : H.Y. Hanna
Édition : Autoédité (07/04/2022)
Édition Originale : Oxford Tearoom Mysteries, book 3: Two down, bun to go (2016)
Traduction : Diane Garo

Introduction BABELIO :
Un coup de fil sinistre au milieu de la nuit plonge la propriétaire de salon de thé Gemma Rose au cœur d’un nouveau mystère. Cette fois, son ami Seth est considéré comme le principal suspect d’un crime !

Un meurtre macabre commis dans le cloître d’un ancien collège d’Oxford révèle des rivalités amères au sein de l’université, mais Gemma découvre des indices inattendus dans son petit village des Cotswolds.

Pendant ce temps, sa vie amoureuse ne lui laisse pas de répit. Elle peine à choisir entre l’éminent médecin Lincoln Green et le séduisant inspecteur Devlin O’Connor… tandis que son salon de thé anglais pittoresque prend l’eau alors qu’elle se démène pour trouver un nouveau chef pâtissier.

Avec sa mère exaspérante et sa petite chatte tigrée espiègle, Muesli, qui la rend complètement folle – sans oublier les vieilles chouettes qui ne la lâchent pas d’une semelle -, Gemma doit résoudre son affaire la plus difficile à ce jour si elle veut empêcher la plus cruelle des injustices.

L’avis de Dame Ida :
Or donc voici le troisième volume des enquêtes de Gemma Rose, que j’attendais au tournant.

Gemma est réveillée en pleine nuit par un coup de fil d’un ami qui se voit accusé de meurtre et lui demande de lui rendre un petit service un peu en marge de la loi.

Dans cet opus, le moins qu’on puisse dire c’est qu’on se retrouve plongé en plein milieux de l’action d’emblée et sans attendre que le décor se pose, ce qui est le cas dans la majorité des romans.

Ici le meurtre a eu lieux avant même qu’on tourne la première page.

Cet élément scénaristique et le choix de l’auteure d’écrire ce roman à la première personne vient donner un véritable dynamisme au texte.

Elle nous embarque de manière active dans le cours de ses pensées, et nous transmets les informations à mesure qu’elle les reçoit, ce qui nous plonge de manière très active dans l’intrigue et nous donne le sentiment d’enquêter avec elle.

Elle y intègre également les petits cotés triviaux du quotidiens, et ses histoires de familles qui viennent s’ajouter à son emploi du temps, donnant quelque chose d’authentique à l’histoire…

Car oui, tout enquêtrice amatrice qu’on soit, on n’en a pas moins une vie ! Des parents, des amis, un chat, un job…

Et comme par ailleurs la prose est vivante, de bonne qualité, avec ce petit côté ironique et détaché propre à la « british upper-middle class » dont l’héroïne est supposée faire partie, la lecture du roman est particulièrement agréable.

Bonne surprise ! L’intrigue est honorable et gagne en complexité par rapport aux enquêtes précédentes. Le puzzle s’assemble pièces après pièces et finit par prendre tout son sens au moment de la révélation finale.

Toutefois, si la solution s’impose comme évidente, elle n’est jamais qu’une théorie possible au moment où mue par son intuition, Gemma fonce tête baissée contre l’ennemi, entraînant tous ses alliés dans son sillage, sans que quelqu’un ne lui demande l’once d’un début de preuve pouvant permettre à la théorie de tenir.

Cette petite facilité me semblera légèrement regrettable en ce sens qu’elle manque de crédibilité, même si on prend plaisir à suivre cette héroïne sympathique et ses amis au long des pages jusqu’à une scène de dénouement qui ne manque pas de comique.

Et puis… Voilà… J’attendais ce troisième roman au tournant pour voir si nous étions partis pour tourner en rond dans les histoires de cœur compliquées de l’héroïne hésitante entre deux hommes tel l’âne de Buridan mort de faim et de soif en hésitant entre commencer par boire son seau d’eau ou manger son seau d’avoine.

Alléluia !!!! Elle a fini par choisir !!! Qui ? Nan mais ça va pas ? Je ne vais quand même pas spoiler ça !!! Vous devrez lire ! Franchement, vous me prenez pour qui ?

Cela étant, même si ce mystère concernant ses inclinations pour la gente masculine est enfin élucidé et ne débouche pas sur un « coming out asexuel », ni sur un engagement à vie dans la frigidité et la névrose obsessionnelle, je dois avouer que cette question n’avait qu’un intérêt secondaire dans l’enquête même si les messieurs qui lui faisaient du charme ont pu prendre une part active à l’action. On est loin des obsessions d’Agatha Raisin.

Comme quoi, les anglais arrivent à séparer vie privée et vie professionnelle quand il le faut ?

Un petit bémol ? Oserai-je ?

Un truc me titille depuis le premier volume : le passé professionnel de Gemma dont on nous dit qu’elle vient de rentrer à Oxford après 8 ans passés à mener une brillante carrière dans une grosse boîte Australienne.

Sauf que tome deux, je réalise qu’elle a 29 ans, et que donc elle est partie à 21 ans. Et à 21 ans, à moins d’être une surdouée avec deux ans d’avance (et un tel détail s’annonce dans un background de personnage), tu ne sors au mieux qu’avec ta licence (bachelor en anglais). Et en outre, elle aurait étudié les lettres anglaises…

Or au tome trois on nous explique qu’elle aurait été compétente pour lancer une campagne marketing internationale…

Alors, OK, on nous dit qu’elle a gravi les échelons en Australie… OK, l’Australie fut un temps le nouvel El Dorado de celles et ceux qui avaient compris que le rêve Américain n’était plus qu’une grosse blague… Mais l’Australie n’est pas un pays sous-développé incapable de produire ses propres MBA ou autres Masters destinés aux futurs cadres du marketing !

Dois-je rappeler ce qu’une licenciée en lettre moderne de la Sorbonne peut espérer trouver comme job en France ? Même si elle a eu une mention très bien ? Même pas un job de secrétaire ! On a de très bons BTS d’assistantes de direction, trilingues, qui préparent mieux les candidates à l’utilisation des outils informatiques et au vocabulaire spécifique du commerce dans les langues étrangères…

J’ai d’ailleurs une copine qui a un tel BTS et qui rêve depuis 15 ans de passer cadre… mais nan… les nouvelles recrues sur ce niveau doivent toutes avoir un Master… On me dira que c’est très français cette obsession du diplôme… C’est vrai que chez nous avec une licence de lettres, soit tu poursuis ta formation pour espérer faire de l’enseignement (en primaire ou à la fac si tu décroches un doctorat et que tu as de bon appuis)… Soit tu passes les concours administratifs ou tu prends ce qu’on veut bien te donner à Pôle Emploi.

Oui la carrière de haut niveau dans le marketing juste avec une licence de lettres, fût-elle obtenue à Oxford, c’est extrêmement peu crédible. Mais pas seulement en France. En Angleterre aussi. D’autant que dans ce pays on ne rigole pas avec la conscience de classe.

Ou alors c’est qu’il s’est passé un truc… Un piston d’un tonton… Une intrigue à la « Working Girl »… Une histoire d’amour avec le fils du PDG… Ou alors peut-être qu’en Australie tout est encore possible, qu’on embauche un niveau de culture générale et pas un technicien maîtrisant déjà un sujet et immédiatement rentable…

Mais même si c’est vrai… il est de bon ton d’expliciter les choses pour ne pas laisser la lectrice dans une perplexité abyssale ! Parce que là ça laisse un goût de « pas crédible » et moi j’ai une vilaine obsession : je tiens à ce que le background des héroïnes soit crédible.

Mais… Je taquine le rectum des mouches ! Je l’avoue ! Car mis à part ce (gros… mais il appartiendra à chacun d’estimer à quel point c’est gros en fonction de sa sensibilité) détail, cette enquête m’a paru bien plus engageante que les deux précédentes et le plaisir était au rendez-vous.

Évidemment, je vais lire bientôt le tome 4 pour voir si l’auteure poursuit sur sa lancée !

 

Les Thés meurtriers d’Oxford – 02 – Beau Thé Fatal : H.Y Hanna [Par Dame Ida, théïnomane invétérée]

Titre : Les Thés meurtriers d’Oxford – 02 – Beau Thé Fatal

Auteur : H.Y Hanna
Édition : City (11/05/2022)
Édition Originale : Oxford Tearoom Mysteries, book 2: Tea with Milk and Murder (2016)
Traduction : Diane Garo

Résumé Babelio :
Lors d’un cocktail à Oxford, Gemma Rose, propriétaire d’un salon de thé, entend une conversation inquiétante quelques minutes avant qu’une étudiante de l’université ne meure empoisonnée. Simple coïncidence ?

Et le nouveau conjoint de sa meilleure amie Cassie pourrait-il être impliqué ? Gemma décide de mener sa propre enquête, aidée par les vieilles commères de son village de l’Oxfordshire et par son ancien amour d’université, l’inspecteur Devlin O’Connor.

Mais sa mère fait du grabuge dans le charmant salon de thé anglais de Gemma, sa meilleure amie est furieuse de la voir fouiner… et ce mystère s’avère plus intriqué qu’un bretzel au chocolat !

Gemma réalise un peu tard qu’elle pourrait bien être la prochaine sur la liste du tueur. Sauf si sa petite chatte tigrée, Muesli, parvient à la sauver.

L’avis de Dame Ida :
Or donc, après le jeune inspecteur Morse et l’inspecteur Lewis (évoqué dans cet opus), à la télévision, c’est au tour de Gemma Rose, tenancière de salon de thé so british, de résoudre les crimes mystérieux qui semblent frapper Oxford et ses environs.

Sachant que les environs en question sont la jolie région des Costwolds, vous me direz qu’on risque même à un moment de voir Agatha Raisin débouler comme une tornade dans le salon de thé de Miss Gemma Rose pour réclamer un gin tonic et une part de lasagnes surgelées ou un curry entre deux clopes.

Mais non ! Vous qui entrez ici renoncez à tout espoir de cross-over puisque ça n’existe qu’à la télévision, et que Morse et Lewis ne se situent pas dans la même décennie que Gemma ou Agatha… Et parce qu’Agatha préfère les pubs au salon de thé ! De toute façon elle ne boit que du café.

Mais pourquoi je vous parle de la Raisin moi ? On trouvera bien un grain ou deux de raisin dans un scone que Gemma ou sa mère vous auront préparé et servi dans ce salon de thé.

Ah ben oui, parce que c’est sa mère qui œuvre en cuisine maintenant. Sans doute cela l’aidera à avoir un œil sur elle pour essayer de lui fourguer un mari puisque la trentaine approche tic-tac, tic-tac, et toussa toussa…

Anybref, sa copine et serveuse Cassie a trouvé un beau galeriste prêt à la couvrir d’attentions et à propulser sa carrière de peintre en devenir… Gemma ne devrait-elle pas se réjouir de voir sa copine casée et à la veille de se réaliser en tant qu’artiste ?

Humm… C’est bien mal connaître la mesquinerie féminine qui consiste chez certaines d’entre nous à très mal vivre que les copines se casent quand on est soi-même incapable de sauter le pas, malgré la présence de deux beaux spécimens de la gent masculine prêts à vous courtiser.

Mais… Gemma ne se rend même pas compte de ça… Jurant ses grands dieux qu’elle ne veut que le bonheur de sa copine etc… A d’autres… Si elle compte tromper ses lectrices, on ne me la fait pas à moi et je trouve ça… Nul ! Faut dire que jadis une copine m’a fait le coup et qu’elle a fini rayée de mon répertoire d’adresses (on n’avait pas encore de smartphones au précédent millénaire figurez-vous !).

Oui mais voilà… Ce séduisant galeriste en fait des tonnes et il aurait peut-être des trucs pas nets à cacherdans ses placards… En tout cas c’est ce qu’on pourrait penser quand une jeune créature sapée comme jamais et bijoutée comme Sa Majesté déboule bourrée au vernissage de Cassie en tapant un scandale, invectivant le maître des lieux avant de s’écrouler raide morte.

Et évidemment comme Gemma était là au moment des adieux définitifs de la jeune créature au music-hall au terme de sa grande scène du II, et qu’elle a aperçu des trucs étranges dans le jardin en prenant l’air ; et comme elle continue à jouer à « cache-cache » avec l’inspecteur nommé sur l’enquête qui n’est autre que son séduisant ex-petit ami, étrangement pété de thunes pour un flic, toujours célibataire ce qui ne gâche rien, la voici partie pour prendre une part active à cette enquête.

Comme quoi les Costwolds et la séculaire cité universitaire d’Oxford sont bien devenues une « no-go-zone » bourgeoise, où les morts violentes sont en pleine expansion sans que ça n’empêche l’immobilier d’y flamber…

Et comme quoi nul n’est obligé de faire l’école de police pour résoudre des crimes en Angleterre depuis qu’une certaine Miss Marple s’y est mise.

Alors ? Faut-il ou non continuer à suivre cette nouvelle série de cosy mysteries ?

Je vous avais dit que je réservais mon jugement à cet égard après la lecture du premier opus et attendais de voir comment les personnages allaient évoluer et l’auteure progresser dans sa manière de construire une intrigue.

Et surtout… échapperait-on au « je t’aime moi non plus » usant que nous infligent certains auteurs, afin de nous tenir en haleine avec la vie sentimentale de leurs héros, sans se rendre compte qu’au bout d’un moment, s’ils n’ont pas conclu, c’est qu’ils sont sévèrement névrosés, impuissants, frigides ou affecté d’un complexe d’œdipe chronique incurable ?

À moins qu’ils n’aient trop lu de romans à l’eau de rose (c’est possible mais franchement moins fréquent chez les mecs tout de même)?

Mais quoi qu’il en soit au bout d’un moment ces tergiversations nous emmerdent prodigieusement à terme et il serait grand temps de passer aux choses sérieuses (comme une bonne scène de partie de jambes en l’air décrite en détail).

Or donc qu’en est-il avec ce second tome ?

Eh bien, question intrigue on est clairement en progrès. Pas de liste réduite de suspects évidents dès le départ, tout le monde pourra voir ce qu’il dit réutilisé contre lui-même.

On liste des pistes, on les explore, on les ferme, on les rouvre… et même quand on croyait l’affaire dans le sac on se retrouve face à une impasse rendant obligatoire d’explorer d’autres possibilités.

Je regretterai néanmoins un léger abus du facteur chance et d’heureuses coïncidences dans cet opus. Si ça peut marcher dans la littérature jeunesse, je suis hélas considérée comme adulte depuis trop longtemps pour encore croire que le Père Noël puisse passer plusieurs fois par an.

Mais je ne serai pas trop sévère. On a une bonne brochette de personnages récurrents attachants bien que leur psychologie mérite d’être davantage creusée.

Par exemple, le gang des « vieilles chouettes » désigne un petit groupe sympathique de dames âgées expertes es ragots et donnant volontiers un coup de main au salon de thé se voit toujours désigné sous ce terme générique…

Certes, elles ont chacune un prénom (qu’on oublie vite), l’une d’elle est un peu ronde… Mais… pour le moment nous n’avons qu’une perception assez floue ou indistincte de ce groupe dont je ne suis plus très sûre de savoir s’il est composé de trois ou de quatre retraitées.

Quant au père de Gemma qui n’est que peu présent hors de son domicile, on pourra trouver étrange qu’il ne se soit pas déplacé en une occasion que nous tairons, pour ne pas spoiler, mais pour laquelle tout parent normalement constitué bouge un peu ses fesses quand même.

Le style est assez agréable et léger. La banalité de la vie quotidienne de l’héroïne vient se nouer à la trame de l’intrigue comme pour l’ancrer dans une certaine réalité.

Et le choix d’une rédaction à la première personne présentant le roman comme un récit vivant où la narratrice semble capable de prendre ses distances vis-à-vis d’elle-même avec humour et d’alléger la charge émotionnelle des aspects les plus lourds du roman, vient renforcer cette impression d’agréable légèreté.

Et puis… Il y a la recette finale. C’est une tradition avec cette série : l’auteur nous offre à la fin du roman, la recette d’une pâtisserie servie au salon de thé et évoquée dans l’histoire.

Pour le premier volume, nous avions eu droit à la recette des scones avec lequel la victime a été étouffée… Et là, ce sera la recette secrète du cheesecake qui relance les ventes du salon de thé et que la mère de Gemma tient de sa propre mère !

Pour les hésitations sentimentales de Gemma je crains hélas que nous ne soyons pas au bout de nos aventures… Toujours deux partis intéressants en perspective… Et qui se savent en rivalité par-dessus le marché.

Gemma semble craquer davantage pour l’un des deux, et cela semble réciproque mais l’autre n’a pas l’air de vouloir lâcher l’affaire.

C’est certainement moins lourdingue qu’avec Agatha Raisin, qui, en plus tombe amoureuse du premier pantalon venu… Mais les premières indications données, quant à l’intrigue du troisième volume annoncée à la fin du livre, me laisse encore un peu sceptique et prudente. Elle n’a pas l’air d’être pressée de choisir.

Pour le moment… ça peut passer. Après tout Gemma n’a que 29 ans (les aura-t-elle indéfiniment ?), et on peut après tout comprendre qu’elle puisse encore se faire quelques illusions ou avoir quelques pudeurs l’empêchant de foncer tête baissée dans une affaire avec un mâle.

Mais… il ne faudra pas qu’elle hésite trop longtemps si elle ne veut pas lasser ses lecteurs.

Après tout Lizzie Martin s’est décidée assez vite elle… Je vous l’accorde, il n’y avait pas non-plus beaucoup de concurrence, donc ça aide… Et puis elle était pressée de se caser en bonne victorienne obligée de convoler pour coucher et ne pas se retrouver à la rue.

Alors oui effectivement, quand t’as ta propre affaire et le choix entre deux beaux mecs pleins aux as… Le truc qui n’arrive jamais au pauvres mortelles que nous sommes… ça finit vite par devenir insupportable. Elle nous nargue cette tête à claque, épicétou !

En résumé, j’ai passé un agréable moment avec ce cosy mystery léger et sans trop de prétentions, qui nous offre des personnages récurrents attachants, et dont la construction des intrigues mérite encore d’évoluer vers un peu plus de maturité.

En espérant que le personnage principal finira par faire des choix sentimentaux lui permettant également d’évoluer plutôt que de stagner dans une hésitation redondante qui a terme pourra nous faire fuir, nous continuerons à apprécier le style vivant de l’écriture et surtout, la recette finale qui ravira les gourmandes.

Mais… peut-être vaudra-t-il mieux lire cette série à un rythme espacé pour éviter l’indigestion ?

Les Thés Meurtriers d’Oxford – 01 – Chou à la Crim’ : H.Y. Hanna [Par Dame Ida meurtrière notoire de scones]

Titre : Les Thés Meurtriers d’Oxford – 01 – Chou à la Crim’

Auteur : H.Y. Hanna
Édition : Oxford Tearoom Mysteries, book 1: A scone to die for (2016)
Édition Originale : City (2022)
Traduction : Diane Garo

Résumé :
Lorsqu’un touriste américain meurt, étouffé par un scone, dans son salon de thé anglais pittoresque, Gemma se retrouve plongée au cœur d’une mystérieuse affaire.

La jeune diplômée d’Oxford se met en tête de résoudre ce crime, aidée par les vieilles commères de son village et une petite chatte espiègle prénommée Muesli.

Mais entre sa mère autoritaire qui joue les entremetteuses et le retour de son ancien amour d’université, qui n’est autre que le séduisant inspecteur chargé de l’enquête, Gemma ne sait plus où donner de la tête…

Et les choses ne s’arrangent pas lorsque son salon de thé commence à avoir mauvaise presse ! Une affaire de meurtre n’est jamais bonne pour les affaires, surtout quand les clients se mettent à penser que vos scones sont mortels. Le nombre de victimes augmente, et le salon de thé de Gemma risque bien de faire faillite.

Parviendra-t-elle à trouver le tueur avant que les choses ne tournent sérieusement au vinaigre ? (Recette traditionnelle de scones anglais à la fin du roman !)

La vie (l’avis) de Dame Ida :
Vous savez que les scones et moi c’est une longue histoire. J’aime me comporter en ogresse quand ils sont dans une assiette, mais le véritable massacre a surtout lieux quand j’essaie d’en produire !

Et pourtant… J’en ai essayé des recettes !!! Une fois ou deux j’ai eu de beaux résultats mais… la plupart du temps je produisais des galets aussi durs que… des galets.

Or donc, j’ai trouvé dans ce livre une nouvelle recette qui m’a appris un truc : NE PAS TROP PETRIR… ah ben je comprends mieux alors l’assassinat en règle que constituait chacune de mes fournées !

Anybref… Si vous voulez la recette il vous faudra lire ce livre jusqu’au bout ! C’est comme avec PIF Gadget… Ma Tatie voulait bien me l’acheter mais je n’avais droit au gadget que quand j’avais tout lu ! Heureusement, pour le cadeau Bonux, je n’étais pas obligée de faire la lessive… J’étais trop petite !

Bon… Ce livre… Finira-t-elle par nous en parler ? C’est bien beau la vie de Dame Ida… Mais son avis sur le livre est quand même plus intéressant, non ?

Or donc, Miss Gemma Rose après avoir fait des études de lettres à Oxford, ce qui était très pratique puisqu’elle habitait un village environnant, a tenté de faire carrière en Australie.

Cependant malgré ses débuts très prometteurs dans le grand monde de l’entreprise, la voilà saisie d’un ras-le-bol monumental et reviens dans l’Oxford de sa jeunesse pour y ouvrir un salon de thé avec ses économies.

Un vrai salon de thé dans une vieille auberge d’époque Tudor rénovée, où avec l’aide de sa serveuse Cassie et de Fletcher son pâtissier adorable, talentueux mais aussi un peu « différent », elle se lance à l’assaut des estomacs les plus gourmands d’Oxford.

Purée ! Le rêve… Tenir un salon de thé… Y a pas à dire c’est une aventure qui me botterait plus que de devenir cadre sup-sup-sup dans une boîte panier de crabes ou il faut coucher et marcher sur les autres pour réussir !!!

Les gourmandes dans mon genre pourront rêver sur les quelques pages où il sera question de scones et autres spécialités du thé à l’anglaise ! Sans parler d’une petite brochette de petites vieilles qui cancanent ! Ce roman était fait pour moi…

D’autant qu’il y a des morts, et qui dit morts, dit meurtrier(s) à traquer.

Le coin est sympathique, son folklore universitaire aussi… le salon de thé me fait rêver… L’intrigue se lit agréablement sans être follement déboussolante, l’autrice nous présente des personnages à la psychologie suffisamment développée sans que ça ne soit non plus très complexe…

J’en garderai le souvenir d’une lecture agréable sans être pour autant transcendante.

Il y a en effet deux bémols qui m’ont hélas paru aller vers un peu trop de facilité à mon goût…

Déjà quand il n’y a que trois suspects, que le premier est tellement évident que ça n’en est plus crédible… Et bien il n’en reste plus que deux.

Et quand l’un d’entre eux mange la poussière à son tour, forcément… ça réduit les pistes. Alors oui… Le troisième suspect est-il vraiment coupable? Où n’y-a-t-il pas un autre suspect caché dans l’ombre qu’on fera sortir du placard, pour rebattre les cartes sur la base d’un poil de cul trouvé par hasard, au moment opportun pour relancer le Schmilblick ?

Mystère et boules de gnomes ! Mais… Je n’aime pas le coup du suspect surprise car l’auteure ne joue alors pas franc jeu avec les lecteurs qui pourraient vouloir essayer de trouver le coupable. Là… On ne vous laisse plus trop de chances.

Et puis… Le syndrome Agatha Raisin n’est plus très loin… Entre la mère de Gemma qui estime qu’ayant renoncé à faire carrière, sa fille doit abandonner son caprice de salon de thé (Ciel ! Ma fille ! Une boutiquière ! Quelle déchéance !!!) pour devenir bobonne heu… pardon, femme au foyer d’un type plein aux as, qu’elle va s’efforcer de trouver pour sa fille ; et Gemma elle-même qui laisse son imagination vagabonder lorsqu’elle croise son ancien béguin de la fac qui est opportunément devenu le flic qui enquête sur l’affaire… Évidemment ça n’augure rien d’excellent pour la suite.

Va-t-on les voir tous les deux se tourner autour, enquête après enquête sans conclure tandis qu’elle devra faire parallèlement des rencontres imposées par sa mère? J’ai prévu de lire le deuxième tome pour voir si mon intuition se confirme ou pas… Je vous dirai ! Promis ! Je crache si vous voulez !

Note de la Belette : on est priée de ne pas cracher sur/dans mon blog, merci ! mdr 

Donc en résumé, l’auteure réussit à nous distraire gentiment, et a trouvé un concept bien sympathique ainsi qu’un décor intéressant pour donner vie à ses personnages et ses intrigues, mais les uns et les autres méritent d’être davantage développés et complexifiés…

Et si elle pouvait éviter de s’enliser dans l’ornière du « Je t’aime moi non-plus » ou du « courre après moi que je t’attrape » des tergiversations amoureuses interminables qui finissent par user les nerfs des lectrices de cosy mysteries… ça serait bien.

Affaire à suivre…

 

Sa Majesté mène l’enquête – 02 – Bain de minuit à Buckingham : S.J. Bennett

Titre : Sa Majesté mène l’enquête – 02 – Bain de minuit à Buckingham

Auteur : S.J. Bennett
Édition : Presses de la cité (2022)
Édition Originale : A Three Dog Problem (2021)
Traduction : Mickey Gaboriaud

Résumé :
L’année 2016, marquée par le référendum sur le Brexit, s’annonce difficile pour Elizabeth II : l’un de ses tableaux préférés, mystérieusement disparu de sa collection privée des années plus tôt, réapparaît dans une exposition.

La reine confie à Rozie, sa secrétaire particulière adjointe, la mission de le récupérer, de préférence avec des explications. Pour couronner le tout, l’ambiance au palais de Buckingham est gangrenée par une vague de lettre anonymes.

Lorsque l’une de ses femmes de chambre est retrouvée morte, exsangue, au bord de la piscine, c’en est trop pour la souveraine, qui décide d’intervenir.

Tremblez corbeaux, meurtriers, voleurs et autres pourfendeurs de la royauté : Sa Majesté mène l’enquête !

Critique :
Sherlock Holmes parlait d’un problème à trois pipes, pour Elizabeth II, ce sera un problème à trois chiens (titre V.O : A Three Dog Problem).

Allez hop, direction Buckingham Palace pour un bain de minuit avec Sir Simon.

Sur le bord de la piscine, il découvre quelque chose qui n’a pas à s’y trouver, que la piscine soit chez une reine ou chez une personne lambda : un cadavre ! Shocking _

Accident ou meurtre, c’est ce que Rozie, la secrétaire d’Elizabeth II, va devoir élucider, sans oublier le problème de cette petite toile que la reine a vue dans une expo et déclaré qu’elle était à elle.

Oui, elle lui appartient bien, mais que fout-elle au ministère alors qu’elle était au mur devant la royale chambre ?

Comme pour le premier tome, celui-ci prend aussi son temps. Le temps de présenter rapidement les personnages, mais surtout, le fonctionnement de Buckingham. Alternant les points de vue afin de donner la plus grand vue d’ensemble, l’autrice nous introduira dans les pensées de la reine, de sa secrétaire, des membres du personnel.

Les enquêtes vont aussi à leur rythme, rien ne sert de courir, mais surtout, il faut rester discrète, autant pour la reine qui aime résoudre des énigmes, que pour Rozie, qui semble avoir donné un coup de pied dans une fourmilière.

Évidemment, lorsque l’autrice donne la parole à la reine, qui est limitée dans son rayon d’action et qui, en plus, a du mal à caser quelques minutes de tranquillité dans son agenda plus que surchargé, cela ralentit le rythme, qui n’était déjà pas rapide.

Vous l’aurez compris, on ne lit pas ce roman pour avoir de l’action, en aucun cas la reine de ne sautera en parachute, façon James Bond. Par contre, si vous aimez lire un cosy mystery se déroulant dans un palais royal et côtoyer Lilibeth, il sera parfait pour vous.

Nul besoin d’être plus royaliste que le roi ou la reine, pas besoin d’avoir lu l’intégrale des Points de Vue ou d’avoir participé aux petites sauteries des têtes couronnées pour apprécier les ambiances particulières du palais royal, de la fonction de reine, des potins de couloirs et des misères que tous les membres du personnel peuvent se faire, quel que soit leur employeur.

Le final est un poil tarabiscoté, mais tout compte fait, on s’en moque un peu, le plaisir étant ailleurs.

Les enquêtes de Sa Majesté sont un peu comme un gâteau que l’on apprécie : on sait que l’on ne devrait pas se resservir, que ce n’est pas sérieux que c’est juste de la gourmandise,…

Puisque c’est un plaisir qui est régressif, qu’il fait le job de nous rendre heureuse, on se dit qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien, de temps en temps et de fermer les yeux sur les imperfections.

Je ne lirais pas ça tous les jours, mais une fois par an, ça fait du bien au moral, même si les problèmes de société se retrouvent toujours partout, même à Buckingham, surtout à Buckingham…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°245] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple : Robert Thorogood

Titre : Les Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple

Auteur : Robert Thorogood
Édition : de La Martinière (06/05/2021)
Édition Originale : The Marlow Murder Club (2021)
Traduction : Sophie Brissaud

Résumé :
Dans la petite ville de Marlow, en Angleterre, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baigne toute nue dans la Tamise, et alors ? Au pays des excentriques, elle est la reine !

Un soir, elle entend, provenant de la maison de son voisin, un cri suivi d’un coup de feu. Elle en est sûre : un meurtre a été commis. Mais la police ne la croit pas. Pas d’énigme sans solution pour Judith Potts !

La vieille anglaise passionnée de mots-croisés va se lancer dans l’enquête avec, à ses côtés, Becks, la femme du vicaire, et Suzie, la promeneuse de chien et commère attitrée de Marlow.

Vous reprendrez bien un nuage de crime avec votre thé ?

Critique :
Il était dit que ce roman était un mélange entre Miss Marple et le capitaine Marleau (dixit les Editions de la Martinière).

Bien que phonétiquement parlant, le nom de la ville soit le même que le nom de notre capitaine à la chapka, bien que Judith Potts soit un peu excentrique, la ressemblance s’arrêtera là.

Jamais cette vieille dame de 77 ans n’a débarqué sur une scène de crime en criant « Salut camarades ».

Pour profiter au mieux de ce cosy mystery, il vaut mieux se dire que c’est pour se détendre l’esprit, sans rien attendre de plus, afin de ne pas tiquer sur quelques invraisemblances ou les petits arrangements scénaristique de l’auteur, afin d’aider son groupe de femmes.

Judith Potts qui devient copine tout de suite avec l’inspectrice principale, puis avec deux autres habitantes du village, qui la suivent dans son enquête, leurs magouilles pour extorquer un papier de la déchiqueteuse chez un notaire… Cette action était drôle, amusante et j’ai croisé les doigts que nos dames y arrivent, mais bon, c’était un peu capillotracté.

Voilà pourquoi, si on veut profiter de sa lecture, il faut faire abstraction de ces petits détails, c’est une lecture sans prise la tête et de temps en temps, cela fait un bien fou. Je n’en demandais pas plus.

Sans être trépidante, cette enquête avance pourtant à bonne vitesse et il est difficile de s’y ennuyer, tant les meurtres semblent insondables : à qui profite les crimes ? Oui, c’est facile à trouver, mais les meurtriers possibles avaient de très bons alibis et à ce moment-là, on se dit que seul un lieutenant Columbo arriverait à trouver la faille dans tout ce brol.

Alors que comme Judith Potts, je nageais dans la panade, je me suis souvenue d’un film, vu il y a longtemps et la lumière s’est faite dans mon esprit. J’avais peut-être la solution ! Mais il me manquait un lien et je me suis retrouvée à nager dans la Tamise, ce qui n’est peut-être pas très sain, si ? Judith, elle, elle y nage et à poil !

On a de l’humour, des personnages féminins qui sont sympathiques, dont certaines cachent des secrets (Judith), dont une à des soucis avec ses enfants (Suzie, la dogsitter) et une autre qui a épousé un banquier avant que celui-ci ne troque les costumes pour une tenue de vicaire.

Becks, la femme du vicaire, m’a fait penser à une sorte de Bree Van de Kamp (Desperates Housewives), tant elle est une maniaque de son intérieur, se veut être la mère parfaite, l’épouse parfaite, la femme au foyer parfaite et ni ses enfants, ni son mari, ne se rendent compte de tout ce qu’elle fait pour eux. Révolte-toi, ma grande !

C’est donc un petit cosy mystery sans prétention aucune, si ce n’est de divertir les lecteurs et lectrices.

Peut-être qu’en temps normal, cette lecture me serait tombée des mains, mais là, je suis dans une passe vide (elle passera, cette mauvaise passe) et j’ai envie de romans qui ne me prennent pas la tête, qui me détendent, qui me font du bien au moral et, ma foi, il tombait à pic.

Une lecture parfaite pour se vider l’esprit, tout en passant un bon moment de lecture. Un polar qui ne se prend pas au sérieux, qui propose des héroïnes décalées, amusantes, sympathiques, qui met en avant une petite ville où tout le monde connaît tout le monde.

Un cosy mystery avec tout de même trois meurtres, un mystère opaque et une solution qui n’était pas simple à trouver. Le petit plus, ce sont les trois grilles de mots croisés à la fin de chaque partie (solutions à la fin) parce que notre Judith est cruciverbiste et qu’elle crée des mots croisés pour les journaux.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°244] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Son espionne royale – 03 – Son espionne royale et la partie de chasse : Rhys Bowen

Titre : Son espionne royale – 03 – Son espionne royale et la partie de chasse

Auteur : Rhys Bowen 🇬🇧
Édition : Robert Laffont – La bête noire (16/01/2020)
Édition Originale : Royal Flush (2009)
Traduction : Blandine Longre

Résumé :
Londres, 1932. Les affaires de Georgie sont loin d’être au beau fixe. Afin de se faire un peu d’argent, elle a alors l’idée du siècle (selon elle) : tenir compagnie à des gentlemen de passage dans la capitale.

Une pièce de théâtre, un bon dîner, un brin de conversation et le tour est joué ! Sauf que son premier client attend visiblement une conclusion bien différente à cette soirée… Pour éviter un scandale, Georgie est renvoyée fissa en Ecosse.

Mais il ne s’agit pas seulement d’une punition. En effet, Scotland Yard lui confie une tâche de la plus haute importance : surveiller la partie de chasse royale qui se tient au château de Balmoral.

Quelqu’un vise les héritiers du trône britannique, et qui d’autre que Georgie, avec son flair légendaire, pourrait démasquer le coupable ?

Critique :
Le premier tome, sans être exceptionnel, m’avait diverti, alors, puisque je cherchais encore un peu de fraîcheur, je me suis tournée vers le deuxième tome des aventures de Son Espionne Royale et sans y prendre garde, c’est le troisième que j’ai lu…

Pas de soucis, apparemment, on peut sauter un tome et nos jeunes filles de bonne famille peuvent sauter des messieurs sans que cela prête à conséquences…

Au moins, il n’y a pas que les hommes qui s’amusent ! Je précise que nous sommes en 1932 et non en 2032.

Lady Georgiana de Rannoch, dite Georgie, est vierge (ce n’est pas son signe astrologique) et n’y connait rien dans les affaires de la bête à deux dos. La pauvre n’a pas une thune, en plus, et le type que sa famille voudrait qu’elle épouse a du fric… Mais il préfère les hommes (et non pas l’amour en mer, comme on aurait eu envie de fredonner).

L’avantage de ces romans, c’est qu’ils apportent de la fraicheur, un brin d’humour, un soupçon de mystère (je n’avais pas trouvé la personne coupable), le tout sans se prendre la tête ou finir avec le moral à zéro.

Mon bémol sera pour le fait que, tout comme dans le premier tome, il faille attendre longtemps avant que l’enquête ne commence ou que ne tombe le premier cadavre.

Oui, nous en aurons un dans un laps de temps ni trop court, ni trop long, mais un accidenté de la route… Accident ou meurtre, nous le saurons plus tard, sans pour autant que notre Georgie enquête dessus. Il faudra attendre plus longtemps pour tomber sur un véritable assassinat.

L’avantage du roman, par contre, c’est de nous emmener en Écosse, non loin de Balmoral et que nous croiserons une petite fille qui fête, cette année, son jubilé de platine !

Pas de chance, par contre,  j’ai encore dû supporter la Wallis Simpson, invitée parasite (avec d’autres américains vulgaires) au manoir de Glen Garry et Rannoch, chez le frère de Georgie et la belle-sœur de Georgie qui est d’un pingre qui me fait dire qu’elle doit être apparentée à Oncle Picsou.

Ce troisième tome n’est pas mauvais du tout, l’écriture est agréable, le roman se lit tout seul, on suit avec plaisir les déboires de cette pauvre Georgie qui a bien du mal à se trouver une activité rémunératrice et à savoir ce qu’elle veut avec Darcy.

On a un peu d’humour, de l’Histoire, on fréquente le beau linge de la Royauté (Georgie est une arrière-petite-fille de Victoria) et, sans trop se mouiller, on essaye d’enquêter sur les mystérieux accidents qui arrivent à des membres de la famille royale. Le tout sans se prendre la tête.

Par contre, si vous cherchez un thriller ou un roman policier historique où l’on enquête durant toutes les pages, va falloir aller voir ailleurs puisque plus de la moitié du récit se déroule sans qu’il y ait enquête ou/et meurtres. Juste le mystères des accidents (ou des tentatives d’élimination de têtes pas encore couronnées).

Ce que j’ai apprécié, ce sont les traditions écossaises, les années 30, mieux décrites dans ce 3ème opus et les personnages, nombreux mais bien distincts. Puisque j’avais envie de ma la couler douce, ce polar historique cosy mystery tombait parfaitement bien.

Si je ne me ruerai pas sur la suite des aventures de Georgie, j’y reviendrai avec plaisir à un moment où je cherche un peu de calme dans mes lectures.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°221b Baker Street – mdr] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 02 – Meurtres dans un village anglais : T. E. Kinsey [LC avec Bianca]

Titre : Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 02 – Meurtres dans un village anglais

Auteur : T. E. Kinsey
Édition : City (21/04/2021)
Édition Originale : In the Market for Murder (2016)
Traduction : Karine Forestier

Résumé :
En ce printemps 1909, Lady Hardcastle, aristocrate excentrique et détective amateur, profite d’un repos bien mérité dans le coin de campagne anglaise où elle s’est installée. Un calme qui est de courte durée… Spencer Caradine, un fermier local, s’effondre raide mort à la taverne, la tête dans sa tourte.

Meurtre ou accident ? Inutile de compter sur les policiers locaux pas très futés pour lever le voile sur ce mystère. Lady Hardcastle et à sa dame de compagnie, Florence, doivent prendre les choses en main et mener l’enquête. Mais la liste des suspects s’avère longue comme un jour sans pain…

Entre la femme de Caradine amoureuse d’un autre, son fils qui le haïssait et les villageois dont il prenait un malin plaisir à pourrir la vie, la victime n’avait que des ennemis. Les enquêtrices de choc vont devoir mobiliser une bonne dose d’astuces et de crochets du droit si elles veulent pouvoir savourer le brandy de la victoire !

Critique :
Dans un Agatha Raisin, une personne décédait après avoir mangé une quiche (♫ quiche me ♪)… Dans Lady Hardcastle, c’est une tourte qui tue. Oui, la tourte tue !

Imaginez le titre d’un thriller haletant « La tourte tueuse ». Bon, vu ce que les Anglais foutaient avant dans leurs tourtes, c’était déjà un crime culinaire. La police du mauvais goût est sur le coup.

Lady Hardcastle est un personnage féminin fascinant, qui ne s’en laisse pas compter, qui vit comme elle le souhaite et qui fait la nique aux bien-pensants.

Elle a eu une vie trépidante et aventureuse, avant de se retirer à la campagne, avec sa Florence, sa bonne qui n’est pas en reste non plus. La vie à la campagne est dangereuse, il y a toujours des crimes, des vols, des mystères, des fantômes, bref, pas moyen de s’emmerder !

Dans ce cosy-mystery amusant, nous avons une enquête principale, avec un empoisonnement tourté, la disparition d’objets au club de rugby local et un fantôme qui accuse un homme d’avoir commis un crime. Qui a dit osé dire que la campagne était monotone ?

Ce que j’apprécie le plus, dans cette saga, ce sont les deux personnages principaux : Lady Hardcastle et Florence Armstrong. Leurs répliques ne sont pas dénuées d’humour, de taquineries, d’amitié et de profond respect. Ni l’une, ni l’autre n’a oublié d’être bête et elles savent résoudre les enquêtes, chacune apportant ses qualités, ses connaissances, à la chose.

Les suspects sont assez nombreux, lorsque l’assassiné était une sorte de Grincheux qui cherchait misère à tout le monde. Pas évident de trouver le coupable et si je n’avais pas eu la solution, apportée par Lady Hardcastle, je serais toujours en train de patauger, accusant les mauvais personnes (c’est à dire tout le monde, sauf les vaches).

Ce polar n’est pas trépidant, malgré tout, pas d’ennui à craindre, pas d’endormissement à l’horizon. Sans avoir besoin de recourir aux rebondissements, l’auteur arrive à mener sa barque (ou sa Rover rouge) et à dépatouiller l’écheveau de laine, tout en faisant avancer ses pions, autrement dit, ses deux enquêtrices de choc (et chic) et en nous parlant de la vie dans un village en Angleterre, en 1909.

Je venais d’enchaîner quelques lectures foirées, qui ne m’avaient apportées que de l’ennui ou du cafouillis, cela m’a donc fait du bien de prendre une pause avec un cosy-mystery des plus agréables à lire et où je n’ai rien vu venir du modus operandi, malgré les indices disposés par l’auteur.

Oui, la victime était un chieur, oui sa mort ne fera pleurer personne, oui, elle fait même plaisir à plein de monde, mais bon, ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas chercher le coupable, ni lui décerner une médaille.

Un cosy-mystery intelligent, qui ne va pas se perdre dans des histoires d’amour compliquées (comme dans Agatha Raisin), où les femmes jouent un rôle important (même si la législation ne leur donne pas beaucoup de droits) et où le scénario est bien pensés, bien mené, avec des résolutions de crime pas si simplistes que ça.

Bref, une parenthèse très agréable entre plusieurs romans foirés et des lectures sombres.

Une fois de plus, c’est une LC réussie avec Bianca.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°220] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les folles enquêtes de Magritte et Georgette – 03 – Les fantômes de Bruges : Nadine Monfils [LC avec Bianca]

Titre : Les folles enquêtes de Magritte et Georgette – 03 – Les fantômes de Bruges

Auteur : Nadine Monfils
Édition : Robert Laffont – La bête noire (03/02/2022)

Résumé :
Le 3e tome des folles enquêtes de Magritte et Georgette : la nouvelle série de cosy mystery à succès de La Bête noire !
Bruges-la-Morte, fantôme de mariée aux dentelles déchirées

Le peintre Magritte et sa femme Georgette sont réveillés à la tombée de la nuit par Carmen, la femme de ménage. Elle est dans tous ses états. Pensez donc ! La pauvre, qui travaille aussi pour le comte Rodenbach, est tombée sur son cadavre en prenant son service. Mais, quand le trio déboule chez lui, le corps a disparu !

Leur enquête va les mener à Bruges, la « Venise du Nord », d’une étrange beauté avec ses canaux sur lesquels glissent de silencieux fantômes…

Critique :
La dernière fois que j’avais mis les pieds dans la Venise du Nord, autrement dit, la ville de Bruges, j’étais gosse et j’usais mes fonds de pantalon sur les bancs de l’école.

Les 366 putains de marches pour accéder en haut du beffroi avaient calmé toute notre classe. J’y étais retournée plus tard, avec ma mémé (pas la mémé Caricoles, je vous rassure de suite).

Y remettre les pieds en compagnie de René Magritte et de son épouse Georgette était une excellente idée. Je n’ai même pas eu besoin de mon flamand sans peine.

Un meurtre a eu lieu nos loin de chez les Magritte, mais une fois le flic arrivé sur place, la cadavre s’est carapaté ! Ou alors, on l’a enlevé… Ou alors, Carmen (leur bonne qui a découvert le corps) a eu la berlue.

Lorsqu’on lit un roman des folles enquêtes de Magritte, c’est une grosse part de belgitude que l’on dévore. Comme un cuberdon, on a du mal à arrêter et on continue, jusqu’à ce qu’on arrive à la fin du paquet.

C’est moins gras qu’un paquet de smoutebollen (croustillons), mais ça vous colle aux doigts comme un snotebol (crotte de nez).

Hé oui, Nadine Monfils, non contente de nous immerger dans la ville choisie, de nous planter de beaux décors, de nous raconter des anecdotes véridiques sur le peintre Magritte, elle émaille aussi ses dialogues, ses textes, de mots typiquement belge, typiquement Brusseleir (de Bruxelles) et même de quelques mots en flamand dans le texte.

Pas de panique, ils sont expliqués en fin de chapitre et certains n’ont pas besoin de traduction, ils se comprennent tous seuls ou sont juste des mots qui reviennent à chaque fin de phrase, comme le « zeg » flamand (dis).

Les enquêtes vont à leur rythme, notre couple enquêtant à leur aise, remontant les pistes patiemment, démêlant la plote de laine sans aller trop vite.

Pourtant, pas d’ennui pointant son nez à l’horizon, pas de bâillement, ça prend son temps, oui, mais on ne traine pas la patte pour autant. L’humour nous tient compagnie, le caractère bourru de Magritte aussi. Les personnages sont bien travaillés, ils ont une présence et la mention spéciale reviendra à Carmen, la reine de la loque à reloqueter qui n’en fout pas une !

Les enquêtes des Magritte, c’est un scénario qui tient la route, pas écrit par un schieven arkitek (architecte de guingois, la pire insulte du dialecte marollien, destinée à Joseph Poelaert), une Klet (mollasson) ou un Snul (vous comprendrez en enlevant la lettre « s »), ou pire, un Dikkenek (gros cou).

Bref, vous l’aurez compris, sans se prendre au sérieux, Nadine Monfils écrit des romans policiers plus que correct, avec des vrais morceaux de Belgique dedans.

Le Belge en profitera sans doute un peu plus que le Franskillon, mais ceux de l’hexagone comprendront tout de même et ne resterons pas comme un Keiskop (tête de fromage – pas malin) ou un Kluut (un nul ou alors, les trucs que les hommes possèdent et qui vont en paire).

Une excellente enquête où, bien que j’ai eu des soupçons et des doutes, je n’étais pas sûre de mon coup, ce qui fait que je me suis laissée prendre par le final, même si je m’en doutais un peu.

Une LC avec Bianca réussie et je vous invite à aller lire son avis.

PS 1 : L’autrice, Nadine Monfils, parle à un moment donné de viagra. Magritte est décédé en 1967 et l’autorisation de mise sur le marché du viagra  fut accordée en 1998 aux États-Unis (1999 en Europe). 20 années séparent le médicament célèbre de Pfizer et la fin de Magritte. À mon sens, le mot « viagra » dans le roman, c’est du surréalisme ! mdr

À ce sujet, Jos était rassuré, la vioque n’aurait pas fait bander un lapin piqué au Viagra.

PS 2 : Le prochain roman se passera à Lièch, si j’ai bien vu. On croisera sans doute des supporters des Rouches ou les Rôdjes, si on le dit en patois (Royal Standard Club Liégeois) et sûrement pas des Mauv, ça ferait tâche (et bagarres). Tant qu’on ne croise pas des Ratachiss (liégeois francophile) !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°195].