Jenny : Fabrice Colin

Titre : Jenny

Auteur : Fabrice Colin
Édition : Sonatine (10/11/2016)

Résumé :
Cayucos, Californie. Dans une villa au bord du Pacifique, un homme désespéré remplit un cahier noir. Dans sa cave, ligotée, une femme obèse, à peine consciente. Avant de la tuer, l’homme veut raconter son histoire.

Quelques mois plus tôt… Un an après la disparition de sa femme, le chroniqueur Bradley Hayden est détruit. Il s’étourdit dans des liaisons sans lendemain via un site de rencontres.

Un jour se présente une femme qui ne correspond en rien à la description qu’elle a faite d’elle. Jenny, 300 livres, QI redoutable, lui montre une vidéo de son épouse. April est en vie. Obéis-moi en tout, et elle le restera.

Dès lors, Bradley est contraint de suivre Jenny dans une épopée meurtrière.

Critique :
Ces derniers temps, dans mes lectures, soit c’est du très bon, soit c’est du mitigé, limite ennuyant… Et pourtant, je n’avais pas sélectionné des tocards mais des bêtes de compet.

Et bien, j’ai dû louper quelques chose d’important dans ces romans parce que celui-ci va rejoindre ma pile des « à donner » et va être oublié en deux temps trois mouvements.

Je ne suis même pas sûre d’arriver à m’en souvenir assez longtemps que pour réaliser cette petite chronique.

Ici, c’est le style assez confus du récit et le fait que je n’ai ressenti aucune empathie ou sympathie pour les différents personnages.

Comme si j’avais survolé le récit du haut de la stratosphère… Déjà, le début m’a semblé long et ennuyeux. Une fois son épouse, April, disparue, je pensais que j’allais enfin m’immiscer dans le roman, et rien n’en fut.

Après plusieurs essais désastreux, j’ai terminé le récit en le survolant, en mode pilotage automatique, ne redescendant sur terre que lorsqu’il y avait des faits importants, mais malgré cela, je me sentais perdue dans ce récit cacophonique, ne sachant plus où était le vrai du faux, soupirant devant la violence de certaines scènes et j’ai terminé ma lecture en roue libre jusqu’au final, qui ne m’a pas fait tomber de ma chaise (alors qu’il aurait dû).

Une lecture de plus à oublier, sans pour autant mettre l’auteur de côté car j’ai envie de le découvrir sur un autre roman et là, qui sait, peut-être l’étincelle tant espérée arrivera.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

 

 

Le brouillard tombe sur Deptford : Ann Granger [Lizzie Martin & Ben Ross – Tome 6] – Par Dame Ida

Titre : Le brouillard tombe sur Deptford [Lizzie Martin & Ben Ross – Tome 6]

Auteur : Ann Granger
Édition : 10-18 (04/05/2017)

Intro (par Ida): Une bourgeoise est retrouvée le crâne défoncé et accessoirement morte dans un terrain vague et forcément immonde du quartier de Deptford.

Ce n’est pas ce soir que l’inspecteur Benjamin Ross et son adjoint Moriss pourront rentrer chez eux, après une longue journée passé à Cambridge pour une autre affaire !!!

Parce que le chef de la police de Deptford soi-disant en sous-effectif avait d’autant plus besoin que quelqu’un se coltine ce boulot à sa place qu’il promettait d’être délicat et casse-gueule…

Ne croyez pas que son épouse, Lizzie Martin épouse Ross soit en reste… Ann Granger a fait ce qu’il fallait pour que l’un et l’autre courent après le même lièvre comme à l’accoutumée.

Résumé (par Ida) :
Or donc Ben Ross qui se réjouissait de pouvoir enfin rentrer dîner avec sa femme après sa longue journée de procédure à Cambridge, se voit réquisitionné au moment de partir pour aller sur les lieux de la découverte d’un cadavre, celui d’une femme bien nourrie, bien habillée gisant dans la boue d’un terrain vague.

Un peu plus tôt dans la journée Lizzie était allée prendre le thé avec son obèse tante Parry que son médecin a refilé à un confrère pour qu’il la mette au régime. Un véritable drame victorien au cours de laquelle, Lizzie va croiser la fiancée d’un neveu de Tante Parry, devenu représentant à la Chambre…

Or le frère de la dite fiancée semble s’enfoncer dans de sombres affaires de dettes de jeux qui risquent d’embarrasser la réputation de son futur époux qui doit rester sans tâche.

Et dieu sait qu’avoir un beau-frère qui a des dettes de jeux est le genre de scandale qui doit contraindre un homme politique à la démission…

La fiancée implore l’aide de Lizzie pour convaincre son frère d’aller humblement demander de l’aide à leur père afin qu’il règle ses dettes et que son frère cesse de lorgner sur son héritage…

Or, le lendemain, la bonne d’une certaine usurière de Deptford vient annoncer la disparition de celle-ci au poste de police, et reconnaît de cadavre la veille comme celui de sa patronne… et le frère de la fiancée du neveu de tante Perry comme le dernier visiteur de sa maîtresse !

Évidemment le gandin proteste de son innocence ! Et voilà, bingo la boucle est bouclée !

Voici Lizzie et Ben à nouveau réunis dans une ténébreuse affaire. L’un devant trouver le coupable d’un meurtre et l’autre veiller à protéger la fiancée du neveu de sa marraine d’un scandale qui pourrait empêcher le mariage tant attendu !

Critique (réalisée par Ida) :
J’ai eu un drôle de pré-sentiment en découvrant le volume, ou du moins le titre de celui-ci. En effet, j’étais habituée à des titres plus mystérieux et poétiques de la part de l’auteur.

Depuis « Un intérêt particulier pour les morts », et avec « La curiosité est un défaut mortel », j’avais toujours apprécié l’originalité des titres des romans de cette série.

Et là… Ce titre qui relève de la simple banalité d’un communiqué météo m’a paru tomber un peu à plat…Bof…

Je n’allais pas m’arrêter à si peu ! Les aventures de Lizzie et Ben, personnages sympathiques, dans une atmosphère victorienne par ailleurs toujours bien rendue par l’auteur devaient suffirent à mon ravissement…

La magie a presque opéré cette fois ci encore… Oui… je dis bien presque.

Parce que cette fois ci le roman me semble pécher quelque peu…

D’une part, parce qu’il peine à se mettre en route. L’intrigue n’est clairement posée qu’au terme du premier tiers du roman, ce qui dans un roman de 260 pages confine à un démarrage plutôt poussif.

Et généralement qui dit démarrage longuet dit souvent dénouement (proportionnellement) précipité…

Ensuite… Une chose m’a profondément gênée.

Ce roman a un parfum de déjà lu assez entêtant qui vous assaille dès les trente premières pages et reste là, bien tenace, jusqu’à ce l’affaire soit déjà très avancée, c’est à dire suffisamment pour que soient définitivement écartés les soupçons de plagiat que ne pouvait manquer d’avoir une lectrice de la série d’Anne Perry mettant en scène le couple Pitt, lui-même également composé d’une jeune femme de bonne famille mariée à un inspecteur de la police londonienne.

Car en effet, l’une des premières aventures du duo Pitt d’Anne Perry porte justement sur une affaire de meurtre d’usurier qui aime à faire chanter ses clients, dont un proche du couple…

Et si le fait qu’Ann Granger se soit inspirée d’Anne Perry pour créer un duo assez similaire échappait au parfum du plagiat parce que sa narration y était plus légère, je trouve extrêmement maladroit qu’Ann Granger ait également réutilisé comme intrigue de roman, une intrigue déjà utilisée par Anne Perry pour son jeune couple victorien.

Je dois avouer que cela m’a profondément perturbée et dérangée pendant toute ma lecture.

Si le Londres victorien est toujours au rendez-vous, et si Lizzie et Ben me sont toujours aussi sympathiques…

C’est leur créatrice qui l’est aujourd’hui nettement moins à mes yeux.

Si elle veut faire du couple Ross une copie du couple Pitt… le mieux serait tout de même qu’elle évite de leur écrire des aventures qui se ressemblent ne serait-ce qu’un peu ! Elle évolue avec ce couple là, sur une crête instable qui mériterait plus de prudence.

Impossible pour moi de noter les qualités intrinsèques de ce roman. Pas de cotation « sherlocks » aujourd’hui…

Juste un carton rouge. Parce que là, il y a faute… Et pas qu’un peu.

PS : La tenancière du blog rappelle à ses aimables abonnés ou autres, que l’inestimable Ida n’est pas rémunérée pour la rédaction de ses chroniques littéraires chez Cannibal Lecteur. Ni en argent, ni en nature, ni en poste de travail hautement rémunéré pour ne rien faire !!

Un homme à terre : Roger Smith

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Titre : Un homme à terre

Auteur : Roger Smith
Édition : Calmann-Lévy (2016)

Résumé :
Cela fait dix ans que l’homme d’affaires John Turner et son épouse Tanya ont quitté Johannesburg pour s’installer près de Tucson en Arizona. Ils ont une fille de neuf ans et le couple prospère grâce à un brevet d’aspirateur de piscine.

Le tableau paraît idyllique, mais ne l’est absolument pas : John, qui est tombé amoureux de son assistante, veut divorcer. Tanya, qui déteste et son mari et sa nouvelle vie américaine, refuse catégoriquement et menace de le faire chanter.

canon-revolver-156781Critique :
Un homme à terre, ce pourrait être moins grave qu’un homme à la mer, non ?

Et bien après avoir lu ce roman, je peux vous dire que John Turner a beau avoir été sur le plancher des vaches, sa vie a pris l’eau de toute part et qu’il a eu l’impression de se noyer dans sa merde, dans son passé, dans ses péchés et je pense qu’il aurait mieux aimer sombrer dans l’océan plutôt que lors de cette horrible soirée mémorable.

D’ailleurs, notre John Turner, en a vécu d’autres, de putain d’horribles journées ! Mais ici, je pense qu’il vient de décrocher le pompon ou que la Madame La Poisse l’aimait vraiment bien car si ce n’était pas la première fois qu’elle lui collait aux basques, mais là, elle lui a offert l’apothéose.

Ceci est un roman violent, à ne pas mettre entre toutes les mains, ni sous tous les yeux. Moi même j’ai trouvé que, à un moment donné, on sombrait dans la surenchère de violence, qu’elle n’était absolument pas justifiée et j’ai déconnecté lors d’un chapitre particulièrement gore.

Roger Smith ne tourne pas autour du pot quand il vous livre un récit, ce n’est pas son style, il donne même l’air d’être de mauvais poil envers ses personnages, tant il va nous en brosser un portrait peu flatteur. Et pourtant, John a beau être une belle enflure, on l’apprécie quand même et on se dit que non, il n’avait quand même pas mérité pareil traitement !

Quoique… Au fil des pages, on se demande s’il n’a pas mérité ce qui vient de lui tomber sur le râble. J’avoue que je n’ai toujours pas tranché si oui ou non il le méritait vraiment…

Deux histoires se croisent et s’entrecroisent, en alternance dans les chapitres : une qui s’est déroulée en Afrique du Sud, il y a 10 ans, quand John Turner était un alcoolique drogué, dealeur, une loque, une lavette et que sa future femme, Tanya, était une suceuse de queue (elle n’a pas changé) défoncée et maigrichonne.

Il s’est passé un truc horrible en Afrique du Sud, dans la ville de Jo’Burg (Johannesburg)… Si vous lisez ce roman, vous ne pourriez pas y échapper.. Faudra vous accrocher.

À vous de juger si John Turner est coupable ou la victime d’un flic corrompu et des ravages des différentes drogues mélangées à du Jack’s. Ou le contraire (le Jack’s mélangé à des drogues). Pour moi, il bénéficie de circonstances atténuantes. Bien que…

Mon jugement restera en balance indéfiniment car John Turner n’était certes pas tout blanc, mais pas tout noir non plus. Sa rédemption, il tentait de la faire du mieux qu’il pouvait. Et sa femme, ma foi, n’était pas une sainte non plus.

L’autre récit, c’est celui de maintenant, en Arizona, là où il vit avec Tanya et leur fille, Lucy. Sa vie et celle de sa femme vient de basculer dans l’horreur, dans l’indicible et au fur et à mesure du récit, nous serons nous aussi frappé par ce que nous apprendrons.

J’avoue avoir eu un peu de mal au départ, avec cette alternance de chapitres car elle est si bien réalisé que la fin d’un est le commencement de l’autre, une sorte de prolongement entre ce qui est arrivé au présent et ce qui est survenu au passé.

Franchement, c’est bien fichu, mais au départ, cela avait de quoi me perturber avant que la pièce ne tombe dans mon cerveau.

Au final ? Uppercut dans ta gueule, dans le plexus, K.O debout. Pas de temps mort, pas de Bisounours, pas de répit, pas de pitié.

Oui, Roger Smith est sans concession aucune pour ses personnages : ce ne sont pas des héros, John Turner encore moins et Tanya, son épouse, on aurait bien envie de la flinguer tant c’est une chieuse de première et une mère horrible envers sa fille, Lucy.

– Ramène tes fesses à l’intérieur, espèce de petite garce ! cria Tanya, sa mère.
Turner la vit empoigner Lucy par les épaules, la propulser dans la maison, refermer d’un coup sec la baie vitrée en réprimandant l’enfant, index braqué sur elle comme un pistolet tandis que la fillette gardait les yeux rivés sur la petite voiture qui avait démarré dans un râle et s’éloignait.

Un roman violent, un roman qui nous parle aussi de l’apartheid, de l’Afrique du Sud que vous ne verrez jamais dans le « Guide Du Routard », une écriture réalisée avec des flingues, trempés dans du sang et du gore, là où j’ai moins adhéré.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

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La nuit derrière moi : Giampaolo Simi

Nuit derrière moi, la - Giampaolo Simi

Titre : La nuit derrière moi

Auteur : Giampaolo Simi
Édition : Sonatine (2016)

Résumé :
« J’ai une deuxième vie : celle de Furio Guerri, le monstre ». C’est ainsi que commence la confession du héros de ce livre, commercial dans une société d’imprimerie, bien sous tous rapports. Soigner son sourire et ses chaussures, tel est le secret, selon lui, du bon vendeur.

Il a une belle maison dans la province de Pise, une femme qu’il aime, une fille pour qui il s’efforce d’être un père présent et compréhensif. Un modèle.

Mais, derrière les apparences, il y a la face obscure de Furio, qui passe certaines de ses journées sous une identité d’emprunt, rôde pour une raison obscure près d’un lycée, et épie les jeunes filles.

Quand il commence à connaître quelques soucis professionnels et qu’il découvre que sa femme, Elisa, lui cache des choses, son « vernis de respectabilité » commence peu à peu à se fissurer.

La tension monte, jusqu’à devenir insupportable. Va-t-il parvenir à se contrôler encore longtemps ?

ob_33161f45cf7094f0762c3a07cf3121cf_1600bulle-jpgCritique : 
Si je devais faire une comparaison entre ce roman et un cheval de course, je dirais que, de prime abord, en regardant son pedigree, il ne casserait pas trois jambes à un pur-sang !

Le coup de l’homme qui est un monstre, qui nous raconte sa vie, ma foi, c’est du déjà lu et la course sera vite jouée.

C’est ce que j’ai pensé en ouvrant tout de même ce roman dont mes potes blogueurs disaient le plus grand bien. Mais bon, ils avaient pu se tromper et prendre des vessies pour des lanternes ou une rossinante pour un fier destrier Espagnol. Un bon maquignon et l’affaire est faite.

Après une cinquantaine de pages de chevauchée molle, pour moi, c’était un fait entendu que tout ceci avait tout de l’outsider tocard qui ne gagnerait jamais un Grand Prix d’Amérique ou le Grand Steeple Chase, pas même une course de village !

Je suivais, sans plus, la vie de VRP de Furio Guerri, qui, tout en nous expliquant qu’il était un « monstre » nous parlait de sa petite vie pépère, de sa femme, jolie comme tout, de leur fille, un peu trop enfant gâtée et que j’aurais bien baffée.

Certes, niveau coups bas dans son boulot, Furio, c’est un salaud, mais rien de neuf sur le champ de course et pas de quoi en faire un monstre puisque, jusqu’à présent, notre Furio n’avait rien d’un Furioso et se contentait de trotter mollement.

Sorry les gars, mais je ne l’avais toujours pas vu enlever des petites filles, torturer des jeunes demoiselles ou éventrer des putes à Whitechapel ! Ah non, nous sommes en Italie (à Pise) on dira à « Cappellabianca ».

Non, jusque là, notre tocard se contentait d’observer des jeunes adolescentes dans une cour d’école et de jouer aux réparateurs informatique non conventionné. Ça va venir, alors ? Ben non, ça venait pas…

Et puis tout à coup, tel Ourasi le roi fainéant, voilà que notre Furio mets les gaz en grand et me prends le mors aux dents pour un galop infernal, dépassant les grands champions qui pensaient avoir course gagnée. Niké ! (c’est pas un gros mot, c’est la déesse de la victoire).

Moi qui le prenait pour un tocard, moi qui croyait la course jouée – au moins cent fois, telle de la soupe réchauffée – moi qui pensait être en face d’un bête récit de serial-killer qui ne killait pas, et bien, j’en ai pris pour mon grade et je n’ai plus qu’à aller réviser mes Galops sur un vieux cheval de carrousel.

Méfiez-vous des monstres qui se cachent sous d’innocents habits de VRP avec des chaussures cirées… Méfiez-vous du tocard sur lequel vous n’auriez pas parié un kopeck et qui avait une cote de 400 contre 1, car il pourrait vous surprendre par un galop furieux, le Furio !

286 pages que je comptais lire à un train de sénateur et qui m’a fait faire des heures supp’ tant je voulais le terminer avant d’aller au lit. Le réveil fut dur le lendemain.

Le suspense est distillé avec plus de discrétion que du produit dopant dans le moteur d’un vélo au Tour de France à l’insu de votre plein gré, le tout sans débauche de violence, sans effusion d’hémoglobine, sans cadavres empilés à tous les chapitres.

Non, la violence, elle sera psychologique, larvée, sournoise. Nous avons beau être à Pise, le récit ne s’écroulera pas et ne penchera jamais vers le n’importe quoi ou le non plausible.

Pour un canter (galop d’essai) ce ne fut pas une promenade de santé… j’ai pris un coup de pied au cul alors que je ne m’y attendais pas du tout.

Allez, Furio, on rentre à l’écurie parce que là, je suis cassée à cause de toi et de la ruade que tu viens de me faire.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

[FILMS] Le crime était presque parfait – Dial M for Murder

imageTitre : « Le crime était presque parfait » (Dial M for Murder)         big_5

« Le crime était presque parfait » (Dial M for Murder) est un film américain réalisé par Alfred Hitchcock (anglais), sorti en 1954.

Scénario : Frederick Knott, d’après sa pièce de théâtre
Réalisateur : Alfred Hitchcock
Date de sortie : 29 mai 1954 (États-Unis) / 2 février 1955 (France)

Acteurs :

  • Grace Kelly (VF : Jacqueline Ferrière) : Margot Wendice
  • Ray Milland (VF : Claude Bertrand) : Tony Wendice
  • Robert Cummings (VF : Roland Ménard) : Mark Halliday
  • John Williams (VF : Camille Guérini) : l’inspecteur Hubbard
  • Anthony Dawson (VF : Roger Rudel) : C. A. Swan alias capitaine Lesgate
  • Patrick Allen (VF : Raymond Loyer) : le détective Pearson
  • George Leigh (VF : Jean Berton) : le détective Williams
  • Leo Britt (VF : Georges Hubert) : le narrateur

Résumé :
Londres. Tony Wendice, ancien champion de tennis, craint que sa femme Margot, qui a une aventure avec l’auteur de romans policiers Mark Halliday, n’en vienne à le quitter en le laissant financièrement démuni.

Aussi échafaude-t-il un plan pour faire assassiner Margot par un comparse pendant qu’il se forge un alibi inattaquable.

Il convoque un ancien camarade de collège, Lesgate, devenu sous le nom de Swann, un petit escroc sans envergure.

Par la persuasion et le chantage, Tony oblige Swann à accomplir à sa place le meurtre de sa femme.

Tony, au moment du crime, sera vu à son club et aura ainsi un magnifique alibi. Mais les choses tournent autrement que prévu.

Mais dans toutes les mécaniques bien huilées, un grain de sable peut toujours se glisser.

C’est aussi compter sans le zèle et l’intelligence d’un inspecteur de police particulièrement perspicace.

Ce que j’en ai pensé : 
Quitte à se faire plaisir, autant le faire avec LE maître du suspense, j’ai nommé : Alfred Hitchcock !

Alors, au diable les derniers blockbusters américains à la mode, zieutons un bon vieux film en warnecolor et réalisé par un bon vieux britannique, mois anglais oblige.

Difficile de donner un avis impartial sur un film du Maître parce que les mots qui me viennent à l’esprit sont : magnifique, génial, bien pensé, maîtrise du suspense, pas vieilli…

Et bien oui, malgré le fait qu’il date de plus de 60 ans, l’histoire est contemporaine : un homme qui veut tuer sa femme parce qu’elle a un amant.

Le film est un huis-clos, hormis quelques paysages de Londres entr’aperçu durant quelques minutes, tout le reste du film se déroule dans l’appartement des Wendice.

Malgré le fait que la sympathie du public pourrait aller au mari cocu, la mienne est allée vers madame Monaco, enfin, Grace Kelly à ce moment là. Dans le film, elle est jolie comme un cœur.

Il faut dire qu’on aurait envie que son amant, Mark Halliday, nous chante ♫ quand tu ne te sens plus chatte ♫ et que tu deviens chienne ♪ et on aimerait voir ce qu’il se passerait à l’appel du loup : briserait-elle ses chaînes, la bougresse ?

Le mari est froid, calculateur et la manière dont il a conçu le plan pour faire passer le goût du pain à son épouse est machiavélique, bien pensé, minutieusement étudié, le plan de bataille magistral, le crime parfait, quoi !

Oui, j’ai angoissé lorsque Lestgate, le tueur, tente de zigouiller la future maman de Stéphaaanie de Monaco (on serait passé à côté du chef-d’œuvre « Ouragan »).

Bon, faut avouer que la scène de l’étranglement a un peu mal vieilli, mais n’oublions pas l’ombre des censeurs de l’époque.

Comme je dis toujours « la première chose qui foire dans un plan de bataille, c’est le plan de bataille ». Un grain de sable et bardaf, c’est l’embardée et votre crime parfait commence à comporter quelques petits détails qui risquent de clocher.

Mais Tony Wendice est un roublard, le Maître du suspense aussi, et, alors que je ne m’attendais pas du tout à cela, boum, renversement de situation et notre madame Wendice se retrouve en fort mauvaise posture (non, pas de brouette thaïlandaise).

Sincèrement, je me demandais bien comment le beau Mark Halliday allait faire pour sortir sa maîtresse de la cellule dans laquelle elle croupissait. Lui ne croit pas en sa culpabilité.

Franchement, pour l’époque (1954), ce film était révolutionnaire puisque c’était l’épouse adultère et l’amant qui reçoivent la sympathie du public.

On a beau ne pas avoir des scènes d’action, le film est serré et rempli de suspense angoissant.

Margot Wendice – Grace Kelly – est une femme digne qui ne piquera pas une crise de nerfs intempestive et j’ai bien aimé son interprétation.

Coup de chapeau aussi à son mari qui avait le plus mauvais rôle, celui de l’homme que le public va détester, mais son air froid, son machiavélisme, son sang-froid à toute épreuve, ainsi que son imagination qui lui permettra de retomber sur ses pattes, lui valent toute mon admiration. Sans lui, pas de film non plus.

Si les flics ont l’air de gros empotés ne cherchant pas plus loin que leur bout de leur nez, c’est parce qu’ils sont des empotés, et tout cela donne du crédit au récit du mari qui se rengorge de les voir avaler ses couleuvres.

Et vous, pauvre spectateur impuissant, vous avez envie de leur hurler « mais enfin, bande de moules, vous êtes cons ou cons ?? » (notez qu’il y a un indice dans la question).

Mais c’était sans compter un Columbo dans les troupes de pieds nickelés qui sait que le diable se cache dans les détails.

Le scénario est diabolique et j’ai croisé les doigts pour que le coupable soit arrêté.

J’ai entrevu la solution, j’avais la clé pour la faire innocenter, mais seul le détective Williams « Columbo – Sherlock Holmes » pouvait le faire.

Un grand moment de suspense, des battements de cœur intempestifs, un scénario béton armé et la preuve que non, le crime parfait n’existe pas !

À noter une version plus récente avec Michaël Douglas et le futur Aragorn… dans « Meurtre parfait ».

Ce que vous ne saviez pas (et moi non plus) : « Le crime était presque parfait » a été originellement filmé en « 3D », c’est-à-dire en relief stéréoscopique et projection en lumière polarisée, avec lunettes polarisantes, un procédé très en vogue à l’époque.

L’effet a été parfaitement utilisé et maîtrisé pour ce film, avec des moments de bravoure, comme le très gros plan sur le doigt de Tony Wendice tournant le cadran du téléphone, l’extension de la main de Margot à la recherche de la paire de ciseaux, ou la clé tendue par l’inspecteur Hubbard à la fin du film.

De nos jours, le film est régulièrement projeté en relief lors de festivals ou manifestations spécialisées, et par certaines salles de cinéma équipées pour cette technique : cela nécessite une double projection et un écran métallisé spécial.

Les spectateurs sont munis de lunettes stéréoscopiques polarisantes.

Petites anecdotes du film :

  • C’est le premier des trois films de Hitchcock avec l’actrice Grace Kelly
  • Caméo : à la 13e minute, Alfred Hitchcock, faute de pouvoir apparaître en mouvement dans une intrigue presque entièrement en huis clos, fait tout de même une apparition statique, sur la photo que Tony Wendice montre au prétendu capitaine Lesgate, parmi les anciens élèves attablés en compagnie dudit Wendice et de C. A. Swan.
  • La pièce originale fut adaptée en France par Roger Féral sous le titre Crime parfait.
  • En 1954, ce thème est audacieux. Quelles que soient les motivations intéressées du mari trompé, c’est l’épouse adultère qui apparaît sympathique, ainsi que son amant. Une inversion des valeurs révolutionnaires pour l’époque
  • Ce film a influencé de nombreux épisodes de Columbo ainsi que Meurtre parfait qui est un quasi remake, avec Michael Douglas et Viggo Mortensen.

Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois anglais 2015 flag

Mort un dimanche de pluie : Joan Aiken

Titre : Mort un dimanche de pluie        big_3-5

Auteur : Joan Aiken
Édition : Payot et Rivages – Rivages Noir (1986)

Résumé :
…Mais il plut tous les dimanches cet été-la. D’ailleurs, il plut presque tous les jours.

Pour Jane, ce fut l’été de la peur. Un couple étrange envahit sa vie, son mari devint distant et inquiet, ses enfants tombèrent malades, le chat mourut dans un piège à lapins…

La terreur s’installa peu à peu, jusqu’à l’explosion finale.

Fille du poète anglais Conrad Aiken, Joan Aiken a commencé par écrire des livres pour enfants avant de devenir une de ces reines du suspense qui savent distiller l’angoisse avec délectation.

Mort un dimanche de pluie » frappe par sa rapidité et sa concision. »

Mort un dimanche de pluie fut adapté au cinéma et réalisé par Joël Santoni en 1986.

Critique :
Le titre de ce roman des éditions Payot‭ & ‬Rivages m’avait intriguée et vu qu’il portait le numéro‭ ‬11,‭ ‬je m’étais laissée tenter par ce petit livre de‭ ‬146‭ ‬pages,‭ ‬augurant qu’un des premiers numéros ne pouvait pas être mauvais…

146‭ ‬pages écrites en tout petit…‭ ‬Vous me direz que c’est peu.‭ ‬Je vous répondrai qu’il n’y avait pas besoin d’en écrire plus‭ !

Ces‭ ‬146‭ ‬pages sont la preuve qu’il n’est pas toujours nécessaire de lire des briques de‭ ‬600‭ ‬pages,‭ ‬écrites par les maîtres du suspense et des sueurs froides,‭ ‬pour ressentir le double effet kiss cool‭ ‬:‭ ‬angoisse‭ ‬+‭ ‬adrénaline.‭

Oui,‭ ‬on peut ressentir un lourd sentiment de malaise et d’anxiété‭ ‬avec un petit livre    ! D’ailleurs, on nous l’a toujours dit : la taille ne fait pas tout ! On peut avoir un petit roman terriblement efficace.

Ce récit est comme un bon whisky‭ ‬:‭ ‬l’angoisse et la terreur ont été distillées goutte à goutte pour nous donner un nectar à savourer dans un fauteuil profond,‭ ‬en écoutant le vent souffler aux fenêtres,‭ ‬pour mieux se sentir dans la campagne anglaise,‭ ‬sous la pluie froide et humide.

Ici,‭ ‬pas de monstres poilus avec de grandes dents pour vous coller une trouille d’enfer,‭ ‬mais un couple qui fait froid dans le dos,‭ ‬les Mc Gregor.‭ ‬Un couple‭  ‬aux manies étranges,‭ ‬dérangeantes,‭ ‬suspectes,‭ ‬terrifiantes…‭ ‬qui ont envahi la vie de Jane Drummond.

Mc gregor,‭ ‬le‭ «‬jardinier‭» ‬a été engagé par le mari de Jane,‭ ‬Graham Drummond,‭ ‬alors qu’il croule sous les dettes et les hypothèques de la maison.‭ ‬D’ailleurs,‭ ‬depuis qu’il a fait entrer le jardinier à son service,‭ ‬son mari se comporte étrangement.

Quant à l’épouse de Mc Gregor,‭ ‬elle est encore pire que son mari‭ ‬:‭ ‬engagée pour garder les deux enfants du couple Drummond,‭ ‬elle tient plus de la vipère que de la bonne d’enfant et la fillette du couple est terrorisée par sa gardienne‭ ‬:‭ ‬pipi au lit,‭ ‬cauchemars,‭ ‬somnambulisme,‭ ‬brûlures‭ «‬accidentelles‭»‬,‭ ‬tels sont une partie des symptômes de la fillette,‭ ‬son frère étant trop petit que pour comprendre quoi que ce soit.

Le malaise devient aussi épais que le fog londonien…

Jane est inquiète pour ses enfants‭ (‬le lecteur aussi,‭ ‬ses yeux ne décollent plus des pages‭)‬,‭ ‬mais elle ne peut pas rompre son contrat de travail de deux mois car son ménage a besoin de cet argent.‭

Et puisque son mari snobe les factures,‭ ‬ne ramène pas d’argent à la maison,‭ ‬n’a pas l’air de bosser beaucoup et qu’en plus,‭ ‬il prend la défense du couple de vipères,‭ ‬le nourri en son sein,‭ ‬ne prêtant même pas une oreille attentive aux récriminations légitimes de son épouse…‭ ‬Notre Jane est bien embêtée,‭ ‬Comment se débarrasser de ces parasites envahisseurs‭ ?

Notre pauvre femme va devoir prendre le taureau par les cornes…‭ ‬à moins que les événements ne la précipitent dans la gueule du loup plus vite qu’elle ne le pensait.

Au travers d’une écriture concise et d’un récit rapide,‭ ‬l’auteur nous entraîne dans ce maelström d’interrogations‭ ‬:‭ ‬qui est ce couple étrange‭ ? ‬Que veulent-ils aux Drummond‭ ? ‬Quel est le secret que cache monsieur Drummond‭ ? ‬Un secret ou plusieurs‭ ? ‬Etc…‭ ‬Les apparences sont souvent trompeuses.

Le récit ne traîne pas en route,‭ ‬tout se déglingue aux alentours de Jane et le lecteur ressent des sueurs froides à l’idée de l’explosion finale qui pourrait avoir lieu.

Je peux vous dire que je me suis accrochée aux pages,‭ ‬dévorant le récit,‭ ‬l’adrénaline courant dans mes veines,‭ ‬la bouche sèche.

L’auteur fait monter le suspense crescendo et à chaque page,‭ ‬on redoute le drame,‭ ‬on vibre avec Jane,‭ ‬un petit bout de femme qui s’interroge,‭ ‬qui ne sait pas quelle mouche a piquée son mari,‭ ‬mais qui ne veut qu’une chose ‭   ‬:‭ ‬protéger ses deux enfants.‭

C’est diabolique ce récit.‭ ‬146‭ ‬pages oppressantes.

C’est avec un plaisir certain que j’ai bouffé ce court roman,‭ ‬poussant un soupir de soulagement à la fin‭ ‬:‭ ‬ma terreur prenait fin.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014),  « I Love London 2 »  de Maggie et Titine et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.