Élévation : Stephen King

Titre : Élévation

Auteur : Stephen King
Édition : Le Livre de Poche (03/04/2019)
Édition Originale : Elevation
Traducteur : Michel Pagel

Résumé :
À Castle Rock, Scott Carey est affecté par un mal étrange. Il perd rapidement du poids tout en conservant extérieurement la même masse corporelle.

Avec l’aide du docteur Bob Ellis, il tente de comprendre cet inquiétant phénomène.

Parallèlement à cela, Carey a un litige avec ses voisines concernant le chien de celles-ci. Si l’une de ces voisines, Missy, est très amicale, l’autre, Deirdre, est glaciale.

Toutes deux essaient de lancer un restaurant mais le fait qu’elles soient ouvertement mariées provoque l’hostilité d’une bonne partie des habitants de la ville.

Apprenant leur problème et confronté au sien, Carey décide de les aider à vaincre les préjugés de la population locale.

Critique :
À Castral Roc, un homme perdu du poids de manière incompréhensible… Oups, c’est à Castle Rock, mes excuses pour avoir confondu.

Mais attendez un peu, là… Le coup du type qui maigrit à vue d’oeil, le King nous l’avait déjà faite !

Souvenez-vous, cet homme qui était au volant de sa voiture pendant que sa femme lui faisait une clintonnerie et qui avait renversé une vieille gitane (sans filtre ?) qui, en représailles, lui avait jeté un sort d’amaigrissement (cf « La peau sur les os »).

Oui, le King nous l’a déjà fait, mais ici, si le fond reste le même (un homme qui perd du poids), le fond n’est pas le même car sa silhouette ne change pas d’un iota !

Son bidou qui déborde est toujours là, sa masse corporelle ressemble à celle d’un homme d’une nonantaine de kilos (90) et il se passe un truc encore plus chelou lorsqu’il monte sur la balance habillé ou à poil… Mais je ne vous dirai rien, na !

Non, ce court roman ou cette longue nouvelle du King ne fout pas la trouille, même si on est dans le fantastique en plein, par contre, il donne froid dans le dos au niveau du comportement de certaines personnes envers des autres qui sont différents, notamment au niveau de la sexualité.

Il ne fait pas bon être lesbiennes ET mariées dans les petites bourgades car les gens sont mauvaises langues et prompt à juger, à médire, à éviter, sous le prétexte qu’ils n’aiment pas trop les…

J’éviterai l’expression imagée utilisée par un bas de plafond qui se trouve dans l’histoire (on comprenait de suite son mépris), mais disons que les braves gens n’aiment pas trop qu’on suive une autre route qu’eux (merci Brassens).

Grâce à ses personnages bien campés que sont le perdeur de poids Scott Carey et ses voisines lesbiennes, Missy la gentille et Deirdre la glaciale, dont les chiens défèquent sur sa pelouse, notre King adresse une claque à son président du moment, le très viril peroxydé et pas très malin Donald car la ville de Castle Rock est une mini Amérique à elle toute seule, avec ceux qui s’en moquent, ceux qui n’ont rien contre l’homosexualité mais fallait pas se marier et ceux très bigot qui n’en veulent pas dans leur entourage.

Non, niveau fantastique, l’histoire ne fait pas peur, elle donne des frissons autrement, avec son histoire de rejet d’une partie de l’Humanité pour cause d’homosexualité (ou de couleur, de religion, mais pas le sujet ici), avec son histoire d’amitié et ses personnages qui évoluent, se dévoilent, se fendent et montrent ensuite un autre visage.

Non, tout ne sera pas résolu à la fin, l’Homme aura toujours le rejet ancré en lui, mais l’auteur nous démontre que la sexualité est une affaire privée (tant que tout le monde est majeur et consentant) et qu’elle ne devrait pas agir sur la manière que nous avons de voir les autres.

Ma foi, on a le droit d’être contre l’homosexualité, de ne pas être d’accord, on est démocratie, merde, mais on n’a pas le droit d’attaquer, de mépriser, d’insulter, de tabasser QUI que ce soit autrement que pour se défendre d’une agression physique ou parce que l’on appartient à un club sado-maso (les gens font ce qu’ils veulent, après tout).

Une lecture qui, sans être exceptionnelle m’a fait fondre de plaisir durant quelques heures et m’a élevé un peu au-dessus de la mêlée de tous ces bas de plafond que je n’apprécie pas.

Malheureusement, ni moi ni ma PAL n’avons maigri… Qu’importe les calories perdues ou prises tant que l’ivresse littéraire est là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Malefico [Saga Marcus et Sandra 2] : Donato Carrisi [LC avec Bianca]

Titre : Malefico [Saga Marcus et Sandra 2]

Auteur : Donato Carrisi
Édition : Le Livre de Poche Thriller (31/08/2016) – Calmann-Lévy (16/09/2015)
Édition Originale : Il cacciatore del buio (2015)
Traducteur : Anaïs Bouteille-Bokobza

Résumé :
Marcus est un pénitencier. Un prêtre capable de déceler le mal enfoui en nous. Mais il ne peut pas toujours lui faire barrage.

Sandra est enquêtrice pour la police. Elle photographie les scènes de crime. Et ferme parfois les yeux.

Face à la psychose qui s’empare de Rome, ils vont unir leurs talents pour traquer un monstre. Ses victimes : des couples. Une balle dans la nuque pour lui. Une longue séance de torture pour elle.

Quel est l’être maléfique qui ne tue que des jeunes amoureux ?

Critique :
Malefico et Diabolo sont dans un bois où deux amoureux se bécotent sur les sièges de le voiture avant de passer à la vitesse supérieure.

Diabolo s’en va, qui reste-t-il ? Melefico ! Et dites adieu au gentil couple d’amoureux qui voulait s’envoyer en l’air dans un petit coin tranquille. Z’avaient qu’a aller dans un hôtel, na !

Un polar avec des relents ésotériques, cela faisait longtemps…

Avant d’aller plus loin, on va mettre de côté le Da Vinci Code et son auteur car ici, nous allons voler (prier ?) bien plus haut que ça, avoir plus de profondeur et de réalisme dans les personnages et éviter de coller une filiation à Pierre, Paul, Jacques, Jésus… Ésotérique certes, mais du haut de gamme.

Tout en respectant les codes du thriller  afin de rendre ses lecteurs addict, l’auteur arrive tout de même à proposer autre chose que l’habituelle soupe, nous servant des personnages marquants, une intrigue qui tient la route, qui sent le souffre tout en restant dans notre monde à nous et en nous balançant quelques changements de plats qui ont ravi mes papilles littéraires.

Attention, c’est sombre ! Violent, aussi… Et on se pose des tas de questions sur la finalité de ces meurtres, sur leur mobile, sur l’assassin, sur son modus operandi (il est horrible), sur les complicités, et ce ne sera que petit à petit que l’auteur dévoilera son jeu, tout en se réservant quelques gros atouts dans sa manche.

Le final m’a fait poser le livre sur la table afin de mieux le digérer, afin de pouvoir y réfléchir, pour l’assimiler, l’avaler…. Parce que oui, c’est fort de café tout en restant dans une réalité banale mais horrible.

Comme quoi, on peut encore écrire des thriller sur le Mal, le Bien, le Vatican, l’Église et les tueurs en série tout en se renouvelant, tout en proposant une intrigue convaincante, basée sur certains faits réels, des lieux existants dans la Ville Éternelle, avec des meurtres un peu gore mais sans voyeurisme, avec des complicité mais sans complot international et proposer un récit addictif sans pour autant sortir les effets spéciaux et la pyrotechnie.

Allumer le feu (oui), pour faire danser les diables et les dieux (en effet), mais en restant dans le réel et sans entrer dans la science-fiction de bas étage comme il aurait été facile de faire.

Mais Carrisi n’a pas fait dans la facilité et, une fois de plus, il me subjugue, me conquiert, me séduit et prend place dans mon panthéon des auteurs que j’apprécie.

Quoique, vu ses écrits, il devrait entrer dans mon pandémonium !

Et ce n’est pas Bianca qui va me contredire !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).