Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello : André Benn

Titre : Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello

Scénariste : André Benn
Dessinateur : André Benn

Édition : Dargaud (27/02/2015)

Résumé :
Londres, 1887. Jerrold Piccobello, magicien parmi les plus prestigieux du royaume britannique, se fait une nouvelle fois remballer d’une audition comme un malpropre.

Désespéré, l’homme revient sur les lieux de son enfance, là où tout a commencé et où il fera une rencontre pour le moins inattendue…

Critique :
La magie, ce n’est pas que l’affaire d’Harry Potter et consorts (ou qu’on ne sort pas).

Ici, même les Moldus peuvent être magicien. De très grands magiciens.

Hélas, d’aussi qu’on soit monté, on n’est jamais assis que sur son cul, mais la chute n’en est pas pour autant aussi douloureuse que si on avait chu de l’Empire State Bulding.

Pourtant, Jerrold Piccobello a commencé dans la bas du panier, avec une père décédée et un père qui jouait au Grec, c’est-à-dire qu’il trichait avec les dés (entre autre).

C’est après avoir été refusé pour son numéro et s’être senti devenu has been que Jerrold revient sur les terres qui l’ont vu grandir. Se remémorant sa jeunesse et tous les mauvais coups du sort, il repense aussi avec nostalgie à son mentor, Virgil Webb, Ze best magicien. Celui qui lui a tout appris.

Les dessins ne m’ont pas trop emballés, de plus, à certains moments, on a du mal à différencier Jerrold de Virgil, si on n’est pas trop attentifs.

Dommage que je n’ai pas accroché aux dessins parce que le scénario, de son côté, appelle à la curiosité, à l’envie de découvrir la jeunesse de Jerrold, les coups durs, son insouciance de jeunesse…

Son apprentissage auprès du Gérad Majax de l’époque, du Harry Houdini qui ne s’évade pas, du David Copperfield qui séduit toute les dames après leur avoir montré sa baguette magique, était bien mis en scène et je n’ai pas vu le temps passer durant ma lecture.

Malgré tout, il me manquait un truc pour me faire revenir pour le deuxième acte, pour aller chercher la suite de cette bédé dans les étagères de la biblio et ce truc qui manquait, il est arrivé en final de ce tome et là, je me suis dit que j’allais suivre cette série – au diable les dessins que je n’aime pas – afin de savoir ce qui allait se passer maintenant que notre Jerrold avait passé un contrat inhabituel.

Faudrait peut-être lui signaler qu’il devra utiliser une longue cuillère, car lorsqu’on dîne à la table de ce personnage, vaut mieux en avoir un longue (de cuillère !).

Cul entre deux chaises pour cette chronique. La curiosité est plus forte, je ne résisterai pas, faudra que je lise la suite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

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Au-delà des frontières : Andreï Makine

Titre : Au-delà des frontières

Auteur : Andreï Makine
Édition : Grasset (30/01/2019)

Résumé :
De quelles frustrations le jeune Vivien de Lynden, nouvel enfant du siècle égaré dans ses préjugés racistes et obsédé par la décadence de l’Occident, a-t-il tiré son apocalyptique manuscrit « Le grand déplacement » ?

Pour faire publier ce brulot politiquement incorrect, la mère du jeune auteur tôt disparu demande son aide à un écrivain, ami du fameux Gabriel Osmonde.

Ce dernier, que Vivien s’était choisi pour maître à penser, porte sur le monde un regard plus profondément désenchanté que le jeune néo-hussard brulé au feu de son idéalisme.

Et voilà que cette femme, revenue de toutes les utopies humanitaires les plus valorisantes, guettée par un vide existentiel dont le suicide lui semble la seule issue, comprend qu’il faut sortir du jeu, quitter la scène où tout le monde joue faux, tiraillé par la peur de manquer et la panique de la mort.

Une autre voie est possible. Une autre vie aussi. Chacun n’a-t-il pas droit à sa « troisième naissance », au-delà des frontières que l’on assigne à l’humaine condition ?

Critique :
Ceux qui lisent habituellement mes bafouilles doivent se demander comment ce roman a atterri dans ma main car il est aux antipodes de ce que je lis habituellement.

Si je m’encanaille de temps en temps avec de la SF ou de la fantasy, ce genre de roman ne fait pas partie de mon univers littéraire habituel (polars & romans noirs).

Non, on ne m’a pas payé pour le lire et on ne m’a pas offert le bouquin non plus… La faute à un zapping télé du mercredi 6 février (2019) et j’ai demandé à Chouchou de s’arrêter sur La Grande Librairie qui venait de commencer, juste par curiosité.

Ce soir là, j’étais fatiguée, mais en écoutant les différents invités, dont Joseph Ponthus et Andreï Makine, pour ne citer que ces deux-là, mon cerveau s’est réveillé et s’est gavé de leurs paroles qui volaient bien plus haut que ce que j’entends habituellement à la télé ou à la machine à café.

Nom de dieu, je voulais lire leurs livres ! Ce qui est fait.

Quelle que fût la voie empruntée par l’humanité, elle menait à l’impasse. Révolutions, contre-révolutions, mirages libéraux, tours de vis rétrogrades, activismes ou immobilismes, rien de tout cela ne promettait une vie transfigurée. La société occidentale, avant le Grand Déplacement, était une ferme d’élevage produisant des citoyens châtrés par le consentement des craintifs.

Pour faire court et simple, le roman commence sur un récit mélange de post-apocalypse et de dystopie avec un grand déplacement de ceux qui ont provoqué le cataclysme débouchant sur des attentats (les journalistes, les intellos), dont deux ex-président (Sarko et celui qui allait en pédalo), vers la Libye.

Le bannissement concerne une quantité impressionnante de personnes. La population française a diminué de moitié et ne compte plus que trente millions d’habitants. Cette contraction a déjà reçu un nom : le Grand Déplacement.

Fait amusant, si je puis dire, c’est que les exilés forcés se construisent très bien en Libye alors que ceux resté en France ont plutôt l’air de se faire chier alors qu’on pensait arriver enfin à une société idéalisée. Du rêve en poudre…

Ensuite, nous rencontrons le narrateur, éditeur de son état, qui vient de lire ce manuscrit assez court envoyé par la mère de l’auteur. Gaia, l’expéditrice, est la mère de l’auteur, Vivien de Lynden qui a tout du nazillon extrémiste, qui en a après tout le monde, que ce soit les Juifs, les Noirs, les Arabes, bref, tout ce qui n’est pas blanc et français comme lui.

Niveau personnages, les portraits sont réussis et la plume de l’auteur envoie du lourd, sans pour autant devenir pédante ou illisible. En fait, la plume de Makine est comme son ramage à la télé : clair, riche et hautement compréhensible.

Là où le roman prend une autre dimension, c’est lorsque l’éditeur apprend que Vivien a fréquenté Gabriel Osmonde, que lui-même connait et qui n’est autre qu’un pseudo d’Andreï Makine sous lequel il publia des ouvrages. Vous me suivez toujours ?

Osmonde est un « digger », un qui creuse (pas comme Tuco dans « The Good, the Bad and the Ugly »), c’est à dire une personne qui cherche au delà des mensonges de la société. Sans compter qu’Osmonde pense aussi qu’on a trois naissances et que la 3ème est l’Alternaissance, la plus difficile à obtenir.

Godbarsky écrit que l’idée de l’Alternaissance correspond parfaitement au sens de cette allégorie prénatale… Je traduis mal, pardon. Il dit que, emprisonnés par notre Première et notre Deuxième naissance, nous ne savons pas penser au-delà de ces deux identités. Comme un enfant qui n’est pas encore né. Le vrai but, c’est d’accéder, déjà de notre vivant, à la compréhension de l’Alternaissance… Oui, ce qu’il appelle “le temps de la pérennité.

Ne me demandez pas dans quelle proportion l’auteur est en raccord avec les pensées ou les dires de son double, Gabriel Osmonde ou des autres personnages, mais en tout cas, il soulève des points qui font mal, met en avant toutes les dérives et les conneries de nos sociétés, le tout en vrac, puisque les récits de ses personnages vont et viennent, chacun s’imbriquant dans l’autre, à la manière des Matriochkas ou alors, se contredisent puisque nous sommes face des extrémistes et d’autres plus modérés.

Au final, je pense que l’auteur nous met face à un choix : dormir ou rester éveillé. Hurler avec la masse ou au contraire aller avec la minorité, celle qui analyse plus finement la société qui nous entoure, que ce soit au niveau « racial » ou religieux et qui refuse les préjugés ou les idées préconçues.

Ce soir, nous vivons ce que Godbarsky appelait « clarification ». Le chaos du monde se décante, la mascarade de l’Histoire révèle son absurdité. Et la masse humaine – magma d’ethnies, de races, de classes, de clans, d’alliances et de mille autres « catégories » – se réduit à son essence : ceux qui acceptent les limites de l’existence et ceux qui les défient. Au-delà de toute appartenance raciale, sociale ou religieuse, nous sommes définis par ce choix – s’endormir dans la masse ou bien refuser le sommeil.

Voici un roman qui se déguste avec sagesse, car brassé avec savoir et dont il me faudra plusieurs jours, si pas semaines, pour arriver à le digérer. Pas qu’il était trop lourd, juste copieux, très copieux !

Chaque année, dans le monde, plus d’un million de femmes sont violées ou assassinées – trois mille par jour. Six millions d’enfants meurent de faim – un enfant toutes les cinq secondes. Et savez-vous combien de balles sont tirées ? Huit cents milliards par an. Une centaine pour chaque habitant de la Terre ! Sans compter les bombes, les missiles…Une tuerie ininterrompue, un hurlement continu des victimes. Tout cela en simultané avec la « vie normale » : fêtes, matchs, élections, vacances, boulimie d’achats…(..) plus les hommes dévorent la nature plus ils se dévorent entre eux.

Notre corps est moins menteur que nos idées.

Watchmen – Intégrale : Alan Moore & Dave Gibbons

Titre : Watchmen – Intégrale

Scénariste : Alan Moore (Anglais)
Dessinateur : Dave Gibbons (Anglais)
Traduction : Jean-Patrick Manchette

Édition : Delcourt (1998) / Panini Comics (2009) / Urban Comics (collection DC Essentiels – 2012) avec traduction originale du romancier Jean-Patrick Manchette

Résumé :
1985. Deux inspecteurs de police tentent de comprendre ce qui a amené un sexagénaire bodybuildé à traverser la baie vitrée de son appartement et à s’écraser une dizaine d’étages plus bas. Ayant conclu à l’assassinat d’un homme ayant certaines relations haut placées, les policiers quittent la scène de crime.

Un personnage masqué arrive alors sur les lieux : Rorschach. Celui-ci, appelant la victime « Le Comédien », suppose qu’il a été assassiné non pour ce qu’il avait fait ou faisait, mais parce qu’il était un super-héros.

Rorschach fait alors le tour de ses anciens collègues afin de les tenir au courant de ses conclusions et de les mettre en garde.

Critique :
La satyre de Juvénal « Quis custodiet ipsos custodes ? » (Qui garde les gardiens eux-mêmes ?) est devenue « Who watches the watchmen ? » et symbolise bien la remise en cause de la légitimité des Super-Héros à faire régner l’ordre.

Comment vous parler de ce comics en restant simple ? Et sans rien oublier ? Impossible…

Déjà que je devrai sans doute la relire plusieurs fois avant d’arriver à appréhender tous les détails qui se cachent dans les dessins, avant de saisir la profondeur des propos et de comprendre la richesse de l’histoire, et l’histoire dans l’histoire.

Watchmen met en scène des super-héros sans pouvoirs, des super-héros comme on n’a pas l’habitude de voir.

Oui, on a affaire à des hommes ou femmes qui se déguisent comme au bal costumé, qui tentent de faire régner l’ordre mais où aucun ne s’est fait mordre par une araignée irradiée et où personne ne vient de la planète Krypton.

Le seul qui a les pouvoirs d’un dieu, c’est le Dr Manhattan (Jonathan Osterman) car cet homme a  été désintégré, mais s’est reconstitué petit à petit avant de réapparaître dans le monde réel. Il est omnipotent, omniscient, et immortel, et aux services des États-Unis.

En plus de nous proposer un univers de super-héros revisités, Alan Moore nous offre un uchronie où les États-Unis ont gagné la guerre du Vietnam et où Nixon vient d’être réélu pour la 4ème fois d’affilée (le scandale du Watergate a été évité et on a changé le XXIIème amendement de la Constitution des États-Unis).

Ironiquement, il n’y a plus de comic de super-héros, le genre préféré des lecteurs étant devenu les bandes dessinées de pirates, dont nous aurons un aperçu dans l’histoire, mais je vous en reparlerai plus bas.

Pour le reste, c’est comme dans la réalité avec la guerre froide entre les américains et les russes et des menaces de Troisième Guerre Mondiale. Bienvenue en 1985…

Si au départ les dessins ne m’ont pas vraiment attirés, j’ai vite réalisé que je devais être super attentive à tout ce qui se passait dans la case, aussi bien dans les dessins que dans les textes car ils sont tous, au niveau des détails, d’une richesse époustouflante et je sais que je pourrai reprendre la bédé d’ici quelques temps et encore y découvrir des choses.

La richesse ne se trouve pas que là car les personnages des Super-Héros sont eux aussi riches en détails qui les rendent réalistes, humains, car ils sont porteurs de tous nos défauts.

Leurs complexités fait que personne n’est ni tout blanc, ni tout noir, et que ceux qui ont l’air sympa peuvent être des brutes épaisses mais animées d’un désir de vérité, et que ceux qui ont du sang de la multitude sur les mains ne sont peut-être pas à blâmer…

Là, vous serez le seul juge, car dans ce comics, on ne définit pas qui sont les méchants et qui sont les gentils et tout dépend du point de vue duquel on se place (celui de Rorschach ou ceux de Ozymandias et du Dr Manhattan).

Divisé en douze épisodes comme autant de chiffres sur le cadran d’une montre, chaque chapitre se rapproche un peu plus de minuit et le sang descend de plus en plus sur l’horloge.

Tache de sang que l’on retrouvera en forme de symbole d’aiguille d’horloge sur le smiley tombé dans le caniveau après la chute du 10ème étage faite par Le Comédien, défenestré violemment.

Le diable se cache dans les détails et dans ce comics, c’est vérifié à chaque page, à chaque dessin, dans chaque retour vers le passé pour tenter de nous expliquer le tout et de nous faire voir l’intégralité de la trame qui est loin d’être simple.

Là où l’on atteint le summum du summum, c’est dans le chapitre 5 (Terrible symétrie) où le lecteur attentif remarquera que ce chapitre est construit comme un palindrome, la première page faisant écho à la dernière, que ce soit sur le thème, la mise en page ou les personnages mis en image. Fortiche le scénariste !

Palindrome dont la page centrale est une scène d’action qui reproduit les motifs symétriques et toujours changeants du masque de Rorschach (son nom vient du test du même nom). J’avoue que si je n’avais pas fait des recherches sur le comics, je ne l’aurais pas remarqué…

Plus haut, je vous parlais de pirates… Et c’est là que l’on applaudit aussi le soucis du détail du scénario et sa recherche car par l’entremise d’un lecteur assidu, on se retrouve même à lire deux comics en même temps, Alan Moore ayant réussi à glisser au cœur de sa narration, et parallèlement à celle-ci, une histoire de pirates !

Et les bandeaux-titres dévolus au récit de pirates s’accordent très bien avec l’autre récit consacré à nos Super-Héros et leurs interrogations car ce récit de pirates nous explique, de par les péripéties de son personnage principal, que la compréhension de la réalité dépend de la personne qui la regarde.

Ma main à couper que j’ai oublié de vous parler de tas de choses hyper importantes, que j’ai loupé des tas de choses vachement importantes aussi dans les dessins ou dans les pages de documents écrits insérés à la fin de chaque chapitre, écrits issus de l’univers des Watchmen, dans les articles de journaux, dans les longs passages du journal intime de l’un des personnages,…

Watchmen est plus qu’un comics : c’est une histoire dense, un récit complexe, profond, rempli de détails, de choses pertinentes, d’analyses cyniques de notre société et des gens qui la composent, une analyse sans concession de la société contemporaine, des personnages principaux riches et réalistes, des personnages secondaires qui auront leur importance aussi…

C’est une œuvre de philosophie, porteuse de messages, bourrée d’astuces scénaristiques qui montre, une fois de plus, le génie d’Allan Moore.

Anybref, ce n’est pas qu’une simple histoire de Super-Héros qui mettent leurs slips sur leurs collants !!

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Transmetropolitan – Année Quatre – Tome 4 : Warren Ellis & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année Quatre – Tome 4

Scénariste : Warren Ellis
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Vertigo Essentiels (2015)

Résumé :
Avoir pour adversaire les deux tiers de la Ville n’est pas chose nouvelle pour le reporter hors-la-loi Spider Jerusalem. Ceci dit, avoir pour ennemi principal le président des États-Unis est une tout autre histoire, surtout lorsque celui-ci est plus enragé qu’un serpent à sonnette sous amphet’.

Le temps est donc compté pour Spider et ses loyales (et sordides) assistantes, forcés de se cacher et de mener leur guérilla journalistique via des méthodes plus discrètes. Mais le danger est aussi là où on ne l’attend pas, et Spider risque fort d’en faire les frais.

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Quelque chose cloche. Je le sens dans mon testicule gauche, celui où un franc-maçon a planté un clou.

Mais non, il ne m’est pas poussé une paire de couilles durant la nuit ! Ce n’est pas moi qui ai dit ça, mais Spider Jerusalem, bande de moules, va !

Spider Jerusalem, notre ami journaliste totalement barré… Souvenez-vous que la fois dernière, nous l’avions laissé en bien fâcheuse posture…

Notre journaliste gonzo préféré avait été censuré lors de la parution d’un de ses articles et le journal pour lequel il travaillait l’avait licencié.

Why ? Ce salopard de nouveau président, celui que l’on surnomme le Sourire, vient juste de durcir sa politique concernant les médias et il en a tout particulièrement après Spider. Le voici sans médias pour publier ses articles.

Comment le héros va-t-il réagir ?

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Rien à redire, les auteurs sont toujours aussi barré, que ce soit aux dessins ou au scénario. Spider, quant à lui, ne déroge pas à la règle et il est véritablement déchaîné (plus que d’habitude encore).

C’est toujours aussi cynique, sarcastique, trash, cinglant et on explore toujours les sujets qui dérangent avec, cette fois-ci : le contrôle des médias par le pouvoir politique, les manipulations obscures, les assassinats commandités, la prostitution infantile, la misère, les magouilles politiques…

Bien que ce soient des sujets souvent abordés dans la saga, Warren Ellis ne sombre pas dans la redite et parvient sans problème à se renouveler, le tout sans répéter les épisodes précédents.

La guerre entre Spider et le président est déclarée et il n’est pas encore né celui qui empêchera notre journaliste de publier ses articles ! Il y a des canaux sur le côté, des pirates, et notre ami fumeur, buveur, drogué et speedé va devenir une sorte de croisement entre un blogueur et un Anonymous.

La pression est sur les épaule de Spider, ses sordides assistantes sont là pour l’épauler et on en apprend un petit peu plus sur elles, surtout sur Yelena. Et puis, notre Spider sera mis quelques fois en position dangereuse… et finira presque en enfer, là où il n’y a pas de cigarettes.

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J’ai apprécié aussi ce tome 4, comme tout la série jusqu’à présent. Certes, ça cause de politique, mais les auteurs le font bien, ils frappent sous la ceinture, ils sont justes, même s’ils utilisent le mode un peu punk et trash pour le dire.

La société futuriste qu’ils décrivent n’est tout compte fait pas si éloignée que ça de la nôtre, hormis pour les mélanges entre les humain et les petits gris préférés de l’agent Mulder.

Spider vit dans  un monde égoïste, où l’on se moque de la nature, des droits des minorités, des droits des gens et où le peuple ne demande qu’une chose Panem et circenses. Pour le reste, ce sont des moutons qui ne contrôlent pas les actes des gens pour lesquels ils ont voté et qui préfèrent lire les actus people que les actus réalistes.

Je me suis retrouvée frustrée quand fut venu le moment de refermer le livre : hé, attendez les mecs, vous allez pas me laisser poireauter de la sorte avec un final pareil ?? Non, mais, je fais quoi, moi, si je ne trouve pas le tome 5 tout de suite ??

Encore un tome réussi qui me fait monter mon rythme cardiaque et si ça continue, je vais terminer chez le cardiologue, moi !

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Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule. Participait aussi au RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires (296 pages).

BILAN LECTURE - Veux la suite t'excites pas

 

 

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Transmetropolitan – Année 3 : Ellis Warren & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année 3

Scénariste : Ellis Warren
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Urban Comics (2015)

Résumé :
La Ville, antre de perdition et de fourmillements perpétuels, s’avère pour certains un lieu de solitude intraitable.

Surtout pour un journaliste tel que Spider Jerusalem, vénéré autant qu’il peut être méprisé. Mais bien sûr, face à la récente élection du Sourire à la tête du pays, ses états d’âmes sont le cadet de ses soucis.

Dans une société décérébrée où tout peut être acheté, volé et produit en masse, la Vérité est une denrée rare. Spider est pourtant bien déterminé à la maintenir sur le marché, et ce quel qu’en soit le prix.

cartoon-001Critique :
Ouh, j’ai eu un peu peur au début de l’album, peur d’avoir perdu mon journaliste gonzo préféré car durant les premières pages, Spider Jerusalem nous parle de sa vision de la vie au travers de 3 décès.

Il pleut, il est dehors, il n’y a pas d’action, pas d’enquête, juste Spider qui évoque la mort. Malgré tout, vu que c’est Spider, ça reste assez trash.

Ensuite, nous revenons à ce que Spider fait de mieux : prendre des notes pour ses futurs articles car le nouveau président est entré à la Maison Blanche et il a tout l’air d’être encore pire que le précédent que Spider avait surnommé « La Bête ».

Notre Spider est pareil et égal à lui-même : il cherche, il enquête, il fouille les poubelles afin d’expliquer à ses sordides assistantes (c’est ainsi qu’il les nomme) comment arriver à la Vérité grâce à son journalisme agressif.

— Monstruer. […] C’est l’art de maltraiter les gens, de les prendre en embuscade avec des questions, de les traquer avec des questions, de les acculer avec des questions et de les enterrer sous des putains de questions. […] Monstruer, au bout du compte, c’est se sentir concerné. C’est rendre à ces enflures […] la monnaie de leur pièce. Leur faire sentir ce que c’est d’être nous. […] On leur montre qu’ils ont des comptes à rendre. […] C’est ça le journalisme affectif. C’est se soucier du monde dont on parle dans nos articles. Certains disent que c’est du mauvais journalisme, que la vision du monde dans le médias.

Si le début tenait plus de la dissertation sur le sujet de la Mort, la suite est bien une enquête de Spider Jerusalem sur les magouilles des politiciens et sur certains arrangements pris par la police.

— Ils pensent, comme beaucoup de gens, que la peur suffira. Que la peur maintiendra tout le monde à sa place. Que la peur empêchera tout le monde de se concentrer sur ce qui se passe vraiment. […] Je n’ai pas peur d’eux. C’est eux qui ont peur de moi. Ils ont peur de la vérité.

Avec son récit, l’auteur nous démontre aussi que toutes les vérités ne sont pas toujours bonnes à dire et que pour une vérité divulguée, ça peut donner lieu à des dommages collatéraux importants. Et Spider en est le principal responsable car c’est à cause de sa pratique du journalisme gonzo qu’il a déclenché ça.

Malgré tout, la conscience de Spider a dû se barrer il y a longtemps car pour lui ne compte que la vérité qu’il aime crier sur tous les toits, lui qui considère les gens comme des moutons, des crétins, des imbéciles, leur reprochant de ne pas surveiller les gens qu’ils ont élus.

Dans ces albums, il n’y a pas que les textes qui sont importants, il y a aussi les images et même si Spider se ballade seul dans la ville, il faut admirer les dessins et chercher des petits détails qui font que cette série n’est pas comme les autres (voyez dans l’illustration de la couverture : la trace blanche de sperme sur son short noir).

Si le nouveau président voulait faire taire Spider, et bien, c’est raté ! Le voici encore plus incontrôlable que d’habitude, encore plus dangereux, plus fou, plus taré et bien décidé à faire éclater des vérités.

Une saga que je ne regrette pas d’avoir découverte, une plongée dans un monde futuriste mais tout compte fait, pas si éloigné du nôtre !

La vie ça craint, et après tu meurs.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

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Transmetropolitan – Année 2 : Ellis Warren & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année 2

Scénariste : Ellis Warren
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Urban Comics (2014)

Résumé :
Meurtres. Viols. Vols d’ADN. Le journaliste hors-la-loi Spider Jerusalem a couvert les sujets les plus infâmes que La Ville ait portés.

Mais toutes ces horreurs ne sont rien à côté de ce qu’il estime être l’expression ultime de la dégradation humaine : la politique. Malheureusement pour sa santé mentale, cette année électorale risque fort d’être le clou du spectacle.

Deux candidats, deux bêtes, à la merci d’un éditorialiste enragé.

trans-3415462-18Critique :
La politique et ses manoeuvres retorses pour se faire élire…

La mission de Spider Jerusalem ? Faire en sorte que le président sortant, qu’il a surnommé « La Bête » ne se fasse pas réélire une fois de plus.

Son adversaire ? Le candidat Callahan, dit « Le sourire ».

Ici, attention, nous avons un gros fil rouge à suivre, contrairement au premier tome qui était une sérieuse mise en bouche mais avec des chapitres différents.

Les élections approchent et tous les coups sous la ceinture sont permis, surtout si c’est Spider qui les donne.

Il est toujours aussi fou, aussi drogué, aussi foutraque, il a toujours la haine des autres et sa nouvelle assistante va en faire les frais.

Pourtant, les articles de Spider Jerusalem, même s’il sont plein de haine envers le genre humain et bourré d’insultes, n’en sont pas moins vrais et très profonds. Il a compris le Système et voudrait ouvrir les yeux de ses con-citoyens qui eux s’en foutent.

Je ne peux pas résoudre les problèmes. Je peux juste m’assurer que les gens ne fassent pas semblant de les ignorer. Faire en sorte que d’autres les résolvent. Ceux qui le peuvent.

Les dessins sont toujours aussi détaillés, avec une foultitude de petites choses qui rendent les dessins réalistes.

Les dialogues sont incisifs, on pense qu’on a gagné mais non, il faut encore poursuivre le combat car on vient de se faire baiser sur toute la lige pas cet enculé de… Pardon, fréquenter Spider Jerusalem est mauvais pour le langage…

Suivez-moi jusqu’en enfer, abrutis, allez… Suivez quiconque a le sourire, la couverture, l’image qu’il faut… Suivez quiconque dire : « Je vais m’occuper de vous, je vais prendre toutes les décisions importantes à votre place pour que vous puissiez retourner vous faire chier les uns les autres et vous foutre en l’air dans une béate ignorance… ».

C’est à coup de boulets rouges lancés au bazooka que l’auteur tire sur la politique sociale de son pays et sur ses politiciens qui sont prêts à s’allier avec le diable si ça peut les faire gagner un état important.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde.

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Transmetropolitan – Année 1 – Le come-back du siècle : Ellis Warren & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année 1 – Le come-back du siècle

Scénariste : Ellis Warren
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Urban Comics (2014)

Résumé :
Exilé depuis près de cinq ans loin du fracas de la civilisation, le journaliste Spider Jérusalem est contraint de reprendre le chemin de La Ville.

Secondé par ses deux assistantes, Channon Yarrow et Yelena Rossini, l’acide et misanthrope pamphlétaire reprend alors son combat contre les abus de pouvoir, la corruption et les injustices de cette société du 21e siècle qu’il chérit autant qu’il l’exècre.

Dans les rues étouffées par le silence médiatique, raisonne bientôt les mots amers et enivrés du plus fervent défenseur de la Vérité.

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bb-transmetropolitanCritique : 
Irrévérencieux ? Politiquement incorrect ? Jouissif ? Dingue ?

Un peu de tout ça… Voilà comment je pourrais décrire ce comics qui m’a fait l’effet d’un bonbon Kiss Cool fourré à la nitroglycérine et à l’acide.

Non, je n’exagère pas ! Ceux qui connaisse Spider Jerusalem savent que je n’exagère pas.

Spider Jerusalem est un ancien journaliste qui s’est exilé 5 ans loin du fracas d’une ville de New-York plus que futuriste. Étant obligé de revenir, il va donc reprendre son ancien métier qui était journaliste gonzo.

Quésako ? Non, Gonzo ! Et rassurez-vous, vous pouvez le nourrir après minuit.

Le journalisme gonzo, c’est un journalisme ultra-subjectif, un concept défini par Hunter S. Thompson. Pour vous éclairer, on dira que c’est une méthode d’investigation journalistique axée sur l’ultra-subjectivité : informer le plus possible le lecteur sur la nature et l’intensité des facteurs, déformant son point de vue pour recomposer une image vraisemblable de la réalité.

[…] le journalisme est un flingue. Il n’a qu’une seule balle, mais si tu vises bien, c’est suffisant. En visant bien, tu peux faire sauter un genou du monde…

Anybref, quand Spider est sur une affaire, il va jusqu’au bout car son métier est d’informer, mais aussi de gueuler sur tout le monde, d’emmerder tout le monde, de détester l’humanité toute entière, de boire, de fumer, de prendre toutes les drogues qui peuvent exister dans ce monde futuriste et il adore être détesté.

Tu as pissé sur l’économie, chié sur la loi et tu t’es torché avec la vérité. Tu mérites d’être écorché, d’être trainé dans la rue par des malades mentaux armés de planches cloutées et de servir de chiottes à des babouins en chaleur.

En fait, tous les travers qui sont dénoncés dans ce comics sont ceux de notre époque, hormis certaines choses, comme les humains qui se font télécharger (et finissent en nuage), les chats à trois yeux et deux gueules qui fument, les chiens qui parlent, les résurrection des cryogénisés ou ces concitoyens qui sont des transgenres, mi-humains, mi-aliens.

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Les dialogues sont percutants, pas de temps morts, des dessins qui offrent un panorama d’une ville de New-York qui fait peur, surchargée de panneaux publicitaires, agressifs, peuplés de personnages marginaux, trainant leur misère comme d’autres trainent leur ennui.

Le tout sur un ton irrévérencieux, ironique, sarcastique, politiquement incorrect, acide et lucide.

Spider Jerusalem n’est pas un personnage que l’on aurait envie de côtoyer, ça pas du tout ! Il est dingue, fou, rien ne l’arrête, drogué, et j’en passe et des meilleures.

Par contre, le suivre est jubilatoire et fortement conseillé car c’est un plaisir de fin gourmet.

Attention à ne pas mettre la bédé sous les yeux d’un enfant car il y a des gros mots…

— Je n’aurai de repos que quand on t’aura violé, brûlé, castré, farci de merde de chien, et qu’on aura suspendu ton cadavre au milieu de Century Square pour que les nécrophiles puissent jouer avec.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

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The end of the world – Running Club : Adrian J. Walker [WRC – Chronique d’une autopsie littéraire annoncée]

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Par THE WOMEN’S READING CLUB (WRC)

Conception et idée originale : Stelphique, Mon féérique blog littéraire !!!
Direction logistique : Belette, The Cannibal Lecteur 
Direction artistique : Nathalie, Sous les pavés la page

Chronique autopsie annoncée

Je soussigné, docteur Jack The Reader, Chef du Service de Médecine Légale; certifie avoir procédé à ce jour, en vertu de la réquisition du Cannibal Lecteur, à l’examen médico-légal du roman « The end of the world – Running Club » de Adrian J. Walker

Dossier n°2 du WRC

Madame Ia Belette Cannibal Lecteur, Suite à votre réquisitoire du 22 septembre 2016, en cause j’ai l’honneur de vous faire savoir que j’accepte la mission que vous m’avez confiée.

Je jure de remplir ma mission en honneur et conscience avec exactitude et probité.

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Nous avons accompli notre mission et consignons dans le présent rapport, les résultats de nos examens, observations et investigations.

Nous reprenons les éléments importants relevés au cours des examens externes et internes du roman.

Nous les commentons et tentons d’en tirer des hypothèses et/ou conclusions logiques.

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Lieu où le roman se trouvait : Épicerie bien connue de moi-même

Endroit exact : placé entre une boite de cassoulet et un paquet de pâtes en promotion. Sa silhouette a été délimitée par l’équipe des sciences forensics. Le cadavre était fort blanc…

Description du roman : à température ambiante et après quelques temps, il se révèle assez lourd, la prise en main n’est pas facile, la crampe survient assez vite. Sa couverture blanche est salissante mais agréable au toucher, titre en lettrage noir, comme réalisé au pochoir et sur la couverture, une ville qui a tout d’une ville américaine.

L’objet sent bon le papier frais, les pages font un beau bruit lors de la manipulation, pas de raideurs mal placées.

L’auteur de cet acte est un certain Adrian J. Walker (note pour plus tard : vérifier une quelconque patentée avec un Texas Ranger bien connu), aidé en cela par un dénommé Hugo Thriller, grand inconnu au bataillon de mes éditions.

Nous devrons l’ouvrir afin d’en savoir plus sur le sujet. Ou demander un complément d’enquête à Sherlock !

Note du Detective Consultant : Hugo est une maison d’éditeurs ! Une maison d’éditeurs avec un S… Diantre, ils sont plusieurs à réaliser leurs crimes ! Déjà que leur collection de romans porte sur des trucs un peu chaud comme « After » ou « Beautiful bastard ».

Taille du sujet étudié : 13cm de large pour 20cm de haut (mesdames, on reste calme). Le tout fait 500 pages. Un bon gabarit, en quelque sorte, d’où les crampes lorsqu’on le manipule longtemps.

Date du crime d’édition : juin  2016, le corps commence à sentir.

Coût de l’intervention du service : 22,70€ pour la Belgique, moins de 20€ pour la France. Ai rédigé une note de service pour me plaindre des coûts prohibitifs des sujets d’autopsie dans mon Royaume.

Arme du crime : Objet littéraire identifié, composé de papier blanc et de mots constitués à l’encre noire, sans oublier une numérotation des pages, en bas. L’arme utilisée semble être des météorites ou tout autre objet volant non identifié.

Traumatismes : L’épisode de la cave est fortement déconseillé aux personnes souffrant de claustrophobie aiguë !!

Suspects : Météorites… Les services de police vérifient si ce sont les mêmes qui causèrent la destruction des dinosaures, ancienne peuplade exterminée il y a un certain temps, je dirais même plus, un temps certain !!

Note du Detective Consultant : Même l’inspecteur Lestrade serait moins con !

Arme du crime probable : Une imagination potentiellement destructrice pour imaginer pareil scénario catastrophe ! Sans oublier une personne qui n’a pas foi en l’Humain puisque tout le monde devient égoïste et ne pense plus qu’à lui ou à sa petite famille.

Modus operandi du crime : Au début, était le calme avant l’arrivée du chaos…

Edgard, Homo Sapiens Sapiens spécialisé dans le zapping télé grâce à ses pouces opposables, champion toutes catégories de l’affaissement du corps dans un divan, médaille de bronze dans la vidange de bouteilles de vin le week-end va se transformer en quelques minutes en écureuil agité dans le but de sauver sa petite famille, n’hésitant pas à défoncer la porte de l’épicerie du coin, amenant de ce fait le chaos chez cet homme égoïste qui voulait garder toutes ses provisions du magasin pour lui.

MAIS, notre brave Edgard qui fut, durant quelques minutes, le roi de la cambriole, ferme vite barrières et portes à ses voisins alléchés par l’odeur d’une cave protectrice qu’eux ne possèdent pas. Là, déjà, un premier crime est commis…

Mon épicier (étranger) n’a pas le droit d’être égoïste, mais moi, oui ! ♫ Comme d’habitu…de ♪

Le cave se rebiffe (humour de légiste)…

Cet épisode en cave-close sera traumatisant pour sa fille et elle en portera des séquelles.

Quand au sujet étudié – Edgard – s’il avait été plus sportif, moins égoïste, plus papa impliqué et moins buveur, il aurait pris les devants pour la chute des météorites !

Les autres parties de l’affaire ne seront plus en huis clos, on est dehors, au grand air, on s’affronte entre Homo Sapiens Sapiens (les bons) et ce qui semble avoir régressé au stade de l’Homo Animalus Brutalicus, sorte d’humains vivant sous terre comme des lapins mais agressifs comme des Sher-Kan affamés (les méchants, donc).

Puisqu’il faut fuir et retrouver se femme et ses deux enfants, Edgard, Homo Sapiens Divan Mal Bouffe Panse À Bière n’aura d’autre choix que de marcher et… courir durant plus de 800km tout de même. ♫ Voyage, voyage ♪

Le sujet étudié montre bien une musculature bien fichue depuis qu’il a arrêté la mal-bouffe et qu’il a bougé plus pour manger moins.

Belette légiste

Verdict du médecin légiste Jack ? Jamais je n’aurais dû commencer la découpe de ce cadavre épais en plein mois de septembre alors que j’ai toujours, durant ce mois de la rentrée, un amoncellement de cadavres à analyser pour le Challenge Américain du Dr Titine.

De plus, hérésie suprême, j’ai découpé un anglais alors que je ne devais manger que de l’amerloque… faute professionnelle grave !

Obligé de faire le rush, j’ai cavalé durant la première partie de lecture avant de ralentir le rythme pour en assurer une découpe correcte avec un rythme de croisière calqué sur la course de notre Edgard et de ses collègues d’infortune.

Certains personnages avaient plus de poids, plus de matière que d’autres, et c’est bien dommage parce que la jolie sergent Grimes aurait mérité d’être plus étoffée. Au final, elle a le rôle de préparatrice de la popote et c’est assez réducteur.

Verdict du détective Cannibal ? Signes suspects : nos personnages sont avec l’armée mais celle-ci ne possède pas le système de purification d’eau que les soldats emmènent avec eux dans les conflit (tu fais pipi dedans et à la fin, tu obtiens de l’eau pure !).

De plus, alors que l’eau est rationnée (puisqu’ils ne peuvent pas en emporter des masses dans leurs sacs à dos), le sergent Grimes fait des pâtes ! Heu ?? Non mais allo quoi ?

Hormis ces choses suspectes, le reste est addictif, un vrai page turner avec des personnages attachants (Edgard, Bryce et Harvey) mais dont certains manquaient de profondeurs (Richard et le sergent Laura Grimes).

L’auteur n’a que peu de foi en l’être humain et hélas, je ne lui donne pas tort… Tout le monde craint tout le monde et ceci est bien amené dans le récit.

Plus de règles, plus de lois, seule la survie prime et certains ne se sont pas privés de créer LEURS lois qu’ils appliquent à tous ceux qui vivent sous leur coupe. Là encore, j’ai apprécié la manière dont ce fut amené.

Dans dans ce voyage-ci, on peut dire que nos amis ont croisé des cas plus qu’étranges, de gens ayant très vite régressé au stade de la Bête Sans Empathie.

Ce qui nous fait nous interroger sur ce que nous ferions, nous, dans cette situation là.

Si la première partie est un horrible moment à passer pour les claustrophobes, la suite pourra donner quelques frissons dans la nuque, mais pas autant que « Black-out demain il sera trop tard » de Marc Elsberg qui lui foutait vraiment la trouille car plus fouillé, plus profond, plus scientifique.

Malgré tout, pas de regrets de lecture car elle n’était pas mauvaise, mais aurait gagné en qualité avec plus de profondeur dans certains personnages importants du groupe.

Edgard n’est pas un homme parfait, mais il tente de devenir un meilleur père, un meilleur homme, et c’est une bonne chose, même si elle arrive trop tard.

Je  jure avoir rempli ma mission en honneur et conscience, avec exactitude et probité.

Jack The Reader, médecin légiste pour cette autopsie littéraire et Belette Cannibal Lecteur, consultant detective.

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Veuillez trouver ci-joint le rapport de mes autres collègues :

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LOGO-STELPHIQUE-3« Alors comme ça, c’est la fin du monde et vous autres, vous lancez un running club ? Ça mérite un toast… »

La Gazette Elfique vous invite à son cocktail The End Of the World… Les baskets seront de rigueur pour rentrer…

Et faites attention les vigiles elfiques auront les moyens de vous repousser si la tenue exigée n’est pas adéquate !

Le Running Club sera mis à l’honneur, et que les invités n’hésitent pas à se servir du cognac…

Entrez, entrez, prenez place et admirez l’exposition au parfum de fin du monde… Nous espérons que les stocks de nourriture seront suffisants, et de bons goûts….

asteroid-night-hardyL’astéroïde… Où comment des objets venus du ciel, détruisent une civilisation…

Beaucoup d’humains regardent vers le ciel, certains y voient une charmante toile illuminée, quand d’autres y voient une menace permanente… La théorie de l’Astéroïde a la côte parmi les humains, et ici, ce n’est pas un bloc qui s’abat sur le monde, mais tout un tas…

Alors L’humanité va t-elle se relever de cette grande catastrophe maintes fois, mise en scène dans l’Art ?…

En tant que journaliste elfique, j’ai eu plaisir à voir cette théorie mise en page: ces décors explosés, ses vallées réinventées, les canyons sortant de l’ombre…

Un monde de chaos, une redistribution des paysages, des édifices effacés… L’esprit s’éveille sur une planète ravagée, certaines zones interdites seront à éviter, les pièges ne seront pas où vous les pensiez…

Faites gaffe aux gouffres fraichement formés, quand vos marcherez sur cet imaginaire…

hqdefaultLa Fin du Monde… Où comment l’humanité se révèle après la catastrophe…

À son réveil, après s’être terrés comme des cafards dans des abris improbables, le monde sort de sa cachette. Malheureusement, ce n’est pas souvent le meilleur de l’humanité qui en ressort…

L’Humain est capable du pire comme du meilleur, mais dans cette situation, il est plus souvent proche de l’animalité…

Les Lapins sortent de leurs terriers, mais aussi de bons gentleman, avec un peu de chance, au détour d’un chemin…

Nous aurons donc une approche psychologique et comportementale des derniers Terriens, les derniers Survivants…

Vous toucherez sans doute du doigt, pas que les débris du genre humain, mais des êtres un peu cabossées, justes attachants dans leur faiblesse…

La cerise sur le gâteau, c’est de pas avoir de Héros, héroïquement admirable, aux actions héroïques : Juste du réel. Juste un groupe d’êtres humains vivants, survivants, jetés sur une planète dévastée…

4961545_origRunning Club…ou comment courir devient un mode de vie et de pensée…

La force de ce livre tient à son dynamisme. Il faut trouver son souffle, savoir placer ses mouvements… Ffff… Inspiration... Tout un rituel a intégrer pour appartenir à ses groupes de courses à pied qui deviennent un moteur de vie. La souffrance, comme route de conduite… Ffffff… Expiration …
Former un groupe de Running, c’est se sentir vivant ! Ouvrir un club après l’apocalypse, c’est défier la vie même…
Quand certains créent des groupes de lecture, comme notre bel WRC, d’autres créent des groupes de Running…

Le Women’s Readind Club vous conseille juste de courir…oui, courir lire ce livre ! N’oubliez pas de bien respirez entre chaque foulée…

« Les vivants couraient dans la poussière des morts, comme ils l’avaient toujours fait. »

dreamstime_xs_24739984Plaidoirie de la partie civile

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Madame le Juge, Mesdames et Messieurs les jurés,

Qui accusons-nous aujourd’hui ?

Un homme délaissant sa famille pour quelques verres de whisky, s’empâtant devant la télévision à l’aube de l’achèvement de la première moitié de sa vie… et pourtant un homme combattant, courageux et dévoué !

Comment peut-on accepter que cet homme, qui a eu le bonheur de connaître une vie si paisible soit aujourd’hui traîné devant nos tribunaux ? Et pourquoi ? Pour une horrible accusation de manquement à ses devoirs de mari et de père !

En vérité je vous le dis : cet homme ne mérite pas tant de vindicte car qui sommes-nous pour juger des interrogations qui le tourmentent? Qui sommes-nous pour jeter la première pierre alors que ces questionnements nous taraudent également ?

Je vous rappelle Monsieur le juge, que l’Homme, de par sa nature et son évolution, ne cesse de s’interroger sur son devenir et sa place dans la société. Que le bonheur n’est qu’un fil ténu qui peut céder à tout instant et que le sens de la vie qui obsède l’accusé n’est que le reflet de nos propres vicissitudes !

Qui n’a pas, un jour, pensé à tout quitter pour partir vers une autre existence ? Qui n’a pas, une nuit, rêvé à une vie différente, loin de tout ce que nous avons mis tant d’années à construire ?

La vie est une quête. Le chemin que nous suivons est jalonné d’écueils. Sommes-nous si insensibles que nous ne soyons pas à même de le comprendre ?

Cet homme que vous voyez là, Mesdames et Messieurs les jurés, est un homme brisé. Brisé d’avoir tant couru. Brisé d’avoir combattu la folie humaine. Brisé par ce combat inégal perdu d’avance : Un combat contre lui-même et contre un cataclysme. Un combat que nous n’aurions su, nous non plus, remporter…

Alors, me direz-vous… qui doit être jugé aujourd’hui ? Qui devons-nous placer dans le box des accusés afin de satisfaire notre soif de justice ? Pas cet Armageddon qui n’est, somme toute, qu’un événement mineur dans l’univers.

La réponse est simple…nous la connaissons tous, elle est en nous…

C’est l’Humanité que nous devons accuser ! Je vous parle de l’Humanité et de la vacuité de ses vies. Je vous parle du prix que nous donnons à notre existence. Je vous parle de cette course perpétuelle sur une route qui nous mène inéluctablement vers une fin certaine. De cet acharnement que nous mettons à vivre, coûte que coûte. De cette volonté de remporter la bataille alors que nous ne sommes que poussière dans une équation trop complexe !

Je veux un monde qui comprenne l »importance de notre insignifiance. Je veux un monde qui soit conscient de sa fragilité et qui oublie son trop grand orgueil !

Le jour où ce vœux sera exaucé, ce jour là, Madame le Juge, Mesdames et Messieurs les jurés… l’Homme aura remporté la bataille.

Je vous laisse méditer sur ces quelques mots, Mesdames et Messieurs les jurés. J’en appelle à votre discernement… et à votre humanité.

Article de Nathalie

Article de Stelphique

Été rouge : Daniel Quiròs

Été rouge - Daniel Quiros

Titre : Été rouge

Auteur : Daniel Quiròs
Édition : Nouvelles éditions de l’Aube (2015)

Résumé :
Côte du Pacifique, Costa Rica. Un Éden où les pinèdes sont massacrées afin de permettre la construction de villas luxueuses pour des investisseurs étrangers… et des caïds de la drogue. Un Éden où il fait terriblement chaud, où l’alcool ne peut faire oublier le sable, la poussière et le vent.

C’est là, dans un tranquille village de pêcheurs, qu’est découvert sur la plage le cadavre d’une femme, surnommée l’Argentine.

Don Chepe, ancien guérillero qui a lutté aux côtés des sandinistes, décide de retrouver l’assassin de son amie. Une enquête qui le conduit à découvrir les liens obscurs entre passé et présent, utopie et désenchantement… et à revisiter l’histoire de son pays.

Entre torpeur et violence, ce livre nous colle à la peau.

Petit Plus : Été rouge a reçu le prix national de Littérature Aquileo J. Echeverría, la plus haute distinction littéraire du Costa Rica.

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Direction le Costa Rica, les p’tit gars, pour enquêter au côté de Don Chepe, ancien sandiniste et ancien de la Compagnie Nationale d’Assurances qui a décidé de se retirer dans un petit coin tranquille, Paraiso, paisible petite bourgade de pêcheurs.

Il n’entre pas grand monde dans ce bar. Il n’y a pas grand-chose à attendre d’un village de pêcheurs où vivent à peine trois cents personnes, et qu’un quelconque farceur a eu la riche idée de baptiser Paraiso (Paradis).

Don Chepe est un enquêteur du dimanche, un gars qui donne un coup de main aux policiers locaux pour résoudre des affaires de drogues, de meurtres, de vol.

Sinon, il passe son temps à siroter des bières dans le bar de Doña Eulalia, fumant ses cigarettes tout en regardant la mer, pestant sur la poussière qui lui colle à la peau moite.

La poussière. Je déteste la poussière. A cette époque de l’année, elle recouvre tout, comme une toile d’araignée omniprésente. Elle se mélange à la sueur et transforme la peau du visage en masque noirâtre.

Autre variante, il peut aussi être tranquillement à déguster dans le bar librairie de la ville voisine de Tamarindo, chez Ilana Etcheverri (surnommée l’Argentine), qui fait aussi dans le prêt de livres, ce qui occupe les looongues journées de tranquillité de notre homme.

La tranquillité s’est terminée lorsqu’on a retrouvé le corps de son amie, Ilana, une balle dans la tête et le portefeuille rempli. Ça pue le règlement de compte.

Don Chepe va enquêter et suivre le jeu de piste que Ilana a mis en place pour lui, en lui léguant des photos, une clé, une lettre.

L’enquête pourrait être accessoire, dans ce roman car la partie politique du pays est fort importante et l’auteur nous en parle au travers de son personnage atypique de Don Chepe.

Sans que cela devienne indigeste, durant sa remontée de piste au sujet du meurtre, Don Chepe se remémorera l’attentat à la bombe, commis à La Penca en 1984 et qui fit 7 morts et de nombreux blessés, dont les journalistes qui couvraient le conflit entre les sandinistes et les Contras.

Ici, bien entendu, se basant sur du vrai, le reste ne sera que fiction, notamment dans l’identité du poseur de bombe ou de ceux qui auraient pu le commanditer.

Roman assez court, mais tout est dit… L’atmosphère de chaleur moite est plantée et bien rendue, les tensions qui existent encore dans le pays sont esquissées, il nous parle aussi des autochtones qui ont du mal à s’y retrouver avec tous ces complexes hôteliers qui poussent comme des champignons le long des plages et le côté politique n’est pas indigeste, même pour ceux qui n’aiment pas. J’ai eu l’impression de me cultiver en suivant l’enquête avec Don Chepe.

Notre personnage principal oscille un peu entre flic et voyou et sans être un foudre de guerre, peut devenir dangereux quand il pète un câble car il a failli nous refaire le coup de la cuisson à la Jeanne d’Arc, à un moment donné. Le bûcher en moins, l’essence en plus.

Au final, notre enquêteur aura résolu deux affaires, une fraiche et un cold-case, tout en nous expliquant son pays, une partie de sa politique, même si nous ne savons pas encore tout du Costa Rica.

Un roman qui a le cul entre deux chaises : policier et roman noir, empruntant aux deux. Ni trop long, ni trop court, avec des personnages bien sympathiques, ni tout blanc, ni tout noir et qui nous fait découvrir un pays que nous ne connaissons que peu ou pas du tout.

Une belle découverte, je dois dire ! Et loin de l’image de la « Suisse américaine » comme le pays se dit…

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (prix national de Littérature Aquileo J. Echeverría – Costa Rica) et le Challenge « Le mois Espagnol » chez Sharon.

Mois espagnol