Liquidations à la grecque [Trilogie de la crise 1] : Pétros Márkaris

Titre : Liquidations à la grecque [Trilogie de la crise 1]

Auteur : Pétros Márkaris
Édition : Points Policier (03/10/2013)
Édition Originale : Ληξιπρόθεσμα Δάνεια – Līxipróthesma dáneia (2010)
Traducteur : Michel Volkovitch

Résumé :
À Athènes, plusieurs membres de l’élite financière sont décapités. L’assassin couvre la ville de tracts exhortant les Grecs à ne pas payer leur dette aux banques.

Le pays s’enfonce dans la crise: les salaires fondent, les commerçants ruinés se défenestrent…

Le commissaire Charitos doit au plus vite confondre ce « Robin des banques » que la population exaspérée commence à prendre en sympathie.

« Nous sommes au bord de la folie. »

Critique :
Un ancien banquier très habile mais retraité, un certain Gigilamoroso, vient de se faire décapiter à l’épée, tel Anne Boleyn.

Pardon, c’est pas le bon nom… Comment tu dis ? Zizimenculos ? Non plus… Ces noms grecs, je ne m’y ferai jamais, moi…

Ah, voilà ! Zissimopoulos, Nikitas de son prénom. Et le premier qui me chante ♫ Nikitas Jolie fleur de Java ♪ s’en prendra une dans la figure ! Par contre, je n’ai rien contre Sir Elton John…

♫ Oh Nikita You will never know anything about my home ♪

Si je chante, c’est parce que j’ai le coeur léger ! Imaginez que dans ce polar grec, on décapite des banquiers… Pour une fois que les victimes ne me sont pas sympathiques mais le criminel oui… Des envies folles de l’embrasser, cet assassin même si ce n’est politiquement pas correct et que de toute façon, le mal est déjà fait, la crise est là.

Première incursion dans le petit monde de la police athénienne menée par le commissaire Kostas Charitos et pour une première, c’est plus que réussi.

Non seulement j’apprécie le commissaire (qui n’est pas un alcoolique bourré de blessures secrètes) mais aussi sa petite famille, dont son épouse Adriani, qui, malgré le fait qu’elle n’intervienne pas souvent, laisse un souvenir impérissable à la lectrice que je suis.

Si les membres de son équipe ont des noms assez difficiles à retenir pour la belge que je suis, leurs portraits sont esquissés en peu de mots, mais comme il y a des romans qui précèdent celui-ci, je suppose qu’ils sont plus détaillés dans ceux-là. Malgré tout, ils m’ont fait bonne impression, les inspecteurs Dermitestivale et… Pardon… Dermitzakis et Vlassopoulos (seuls les cavaliers comprendront mon jeu de mot).

Autre personnage dans cette enquête sur les banquiers qui perdent la tête, c’est la Grèce, ses embouteillages, sa chaleur, ses manifestations, sa grogne, ses emprunts et, personnage tout aussi important qui gravite dans ces pages, c’est cette bonne vieille crise financière de 2008 ! Oui, celle-là même qui a mis les banques à genoux (pas longtemps) et a vidé les poches de certains.

Intégrant à son enquête des explications sur certaines opérations banquières, l’auteur n’en fait pas trop et jamais cela ne devient indigeste, tout comme les revendications des grecs, leurs ras-le-bol, leurs râleries, le tout est incorporé au récit de manière naturelle et le lecteur se rend compte alors de ce que certains ont enduré puisque nous nous trouvons de l’autre côté du miroir.

Véritable coup de projecteur, la crise est mise en lumière par un grec, sans pour autant exonérer son pays et ses compatriotes de leurs fautes. Avec un certain cynisme et un cynisme certains, il n’a pas peur de mettre des nez dans leur caca.

Pour cette enquête, un personnage comme le commissaire Kostas Charitos était celui qui nous fallait : comme nous, il n’y connait pas grand-chose à cette crise financière et aux noms barbares de certains produits, tout comme les autres, il tire le diable par la queue, peste sur les supérieurs et leurs conneries, en a marre des magouilles politiciennes et voudrait faire son job de la meilleure manière qui soit.

— Écoute Kostas, il y a dans le pays deux sortes de fouteurs de merde : ceux qui cassent et ceux qui gouvernent. Toi le flic, avec lequel es-tu ?
— Avec ceux qui gouvernent dis-je à contrecœur.

Un roman noir éclairant la lanterne sur la crise financière, une enquête captivante, des assassinés peu sympathiques et une foultitude de personnages désabusés, bougons, fâchés, râleurs et qui paient les conneries de leurs gouvernements et les leurs aussi.

Un roman noir que j’ai eu du mal à lâcher et maintenant, je compte bien retrouver un autre jour le commissaire Kostas pour la suite de ses aventures, et le prologue aussi.

Un roman noir qui permet aussi à un Grec de dire par écrit ce que bien de ses concitoyens ont dit à voix haute ou à voix basse. Mais on n’écoute pas toujours les petites gens alors que ce sont eux les plus pénalisés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

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[Série] Sleepy Hollow : La série qui va te faire cavaler sans tête…

Sleepy Hollow est une série télévisée américaine créée par Alex Kurtzman, Roberto Orci, Phillip Iscove et Len Wiseman, une version moderne de « La Légende de Sleepy Hollow », diffusée depuis le 16 septembre 2013 sur le réseau Fox et en simultané au Canada sur le réseau Global.

Au Québec, la série est diffusée depuis le 25 août 2014 sur Ztélé3, et en France, depuis le 21 septembre 20144 sur W95. Néanmoins, elle reste inédite dans les autres pays francophones.

1. Synopsis :

Ichabod Crane, espion pour le compte de George Washington durant la guerre d’indépendance se réveille au XXI

Abbie Mills, ex-partenaire du shérif, se retrouve à faire équipe avec Crane pour résoudre les crimes et les mystères qui entourent le cavalier sans tête.

2. Distribution :                                                                                     big_3-5

Acteurs principaux

  • Tom Mison (VF : Rémi Bichet) : Ichabod Crane
  • Nicole Beharie (VF : Élisabeth Ventura) : Lieutenant Grace Abigail « Abbie » Mills
  • Orlando Jones (VF : Franck Gourlat) : Capitaine Frank Irving
  • Katia Winter (VF : Anneliese Fromont) : Katrina Crane
  • Lyndie Greenwood (VF : Géraldine Asselin) : Jenny Mills
  • John Noble : Henry Parrish / Jérémy Crane

3. Épisodes :

Première saison (2013-2014)

  1. Le Cavalier sans Tête (Pilot)
  2. Lune de Sang (Blood Moon)
  3. Le Marchand de Sable (For the Triumph of Evil)
  4. La Petite Clé de Salomon (The Lesser Key of Solomon)
  5. La Colonie Perdue (John Doe)
  6. Le Mangeur de Pêchés (The Sin Eater)
  7. La Chevauchée de Minuit (The Midnight Ride)
  8. Dialogue avec la Mort (Necromancer)
  9. Le mal en la demeure (Sanctuary)
  10. Le Golem (The Golem)
  11. Possession (Vessel)
  12. Le tombeau oublié (The Indispensable Man)
  13. Au purgatoire (Bad Blood)

Cette série, j’en avais entendu parler, mais je ne m’y étais pas attardée. Le film avec Johnny Deep fait partie de mes préférés, mais je ne voyais pas l’utilité de regarder une série qui allait transposer tout ça dans notre monde moderne… Première erreur !

C’est un blogueur dont je ne citerai pas le nom qui, il n’y a pas si longtemps que ça, m’a conseillé fortement de la regarder. Bof, toujours pas tenté malgré le fait qu’il vendait bien sa marchandise, le bougre ! Mdr. Le temps me manquait et j’avais déjà tant et tant de séries en retard !

Sentant que j’étais pas tout à fait conquise mais sur le point de l’être, il m’a alors conseillé d’en télécharger… acquérir juste quelques épisodes, afin de me faire ma propre idée.

— Hé, pas si bête que ça, l’idée de Lord Arsenik ! (oups, j’ai cité son nom !). Allons télécharger, acheter quelques épisodes.

Mais vu que je suis une fille prudente (et sans morale, je l’avoue), j’ai pompé toute la saison 1, me disant « On ne sait jamais qu’ils couperaient tout »… Hé, on m’a fait le coup avec mon regretté « M. Upload » lorsqu’ils ont arrêté le gars manu militari, comme s’ils attrapaient un redoutable terroriste… enfin, dreft ! J’avais la saison 1, me restait plus qu’à trouver du temps.

La Force fut avec moi… Non, la Chance ! Une bien nommée pharyngite ainsi qu’un mot de mon médecin : repos, au chaud, à la maison, dans le divan, pas bouger, rien faire, aérosols, antibios, sirop et beaucoup sucer !

Bref, le temps, je l’avais et j’ai donc commencé à regarder la série.

Premières impressions (vu la saison 1) :

Mon avantage fut sans nulle doute ma mémoire de poisson rouge qui, bien qu’ayant retenu que l’action se passait de nos jours, avait tout à fait occulté le fait qu’Ichabod Crane venait tout droit de la guerre d’Indépendance des États-Unis ! Oui, le gars arrive de fin des années 1780 ! Il était mort et il sort de terre, en 2013…

Pour les néophytes qui n’auraient pas révisé leurs cours, la guerre d’indépendance des États-Unis fut celle qui vit s’opposer les Treize colonies d’Amérique du Nord au Royaume de Grande-Bretagne. Le conflit eu lieu de 1775 à 1783.

Alors là, les petits enfants, va falloir réviser votre Histoire parce qu’elle est tout de même omniprésente dans la série. Avantage pour moi qui avait lu une partie de l’article sur le sujet dans « Guerre et Histoire » de Science & Vie… Ok, j’avais oublié des tas de trucs, mais pas le coup de la taxe sur le thé et de ce qui devint la « Tea Party », c’était encore frais.

Avec toutes ces considérations historiques, je m’éloigne un peu – mais de peu – de ce que j’ai pensé de la série.

Jamais je n’aurais imaginé qu’elle me plairait et qu’un autre pouvait remplacer le joli Johnny Deep… Tom Mison, le Ichabod de la série, est à croquer ! Même avec les cheveux sales, il reste lovely sexy baby… Je m’égare.

Ce que j’aime, chez cet acteur, c’est son phrasé : il est issu de la noblesse anglaise, a combattu contre les américains avant de retourner sa veste et de passer du côté des yankee.

De temps en temps, avec sa belle diction (je regarde en VOSTFR), il me fait penser à Holmes ou même à Sheldon Cooper de la série The Big Bang Theory, surtout quand il s’offusque des taxes sur les beignets ou sur le fait que le lieutenant Mills est un représentant de la loi et que bon, les autres n’ont qu’a obtempérer.

Petit côté sherlockien aussi dans ses déductions. L’homme savait pister des renards, il est capable de mettre ses connaissances et ses déductions au service d’une enquête policière. L’homme manie bien les langues aussi…

Le pitch est original puisque Ichabod a décapité le cavalier (qui était du côté des Tuniques Rouges, donc, des anglais) avant d’être touché aussi, leurs sangs se mêlant entre eux, ce qui nous fait penser automatiquement à Harry Potter dont le sort, jeté par sa mère, l’avait lié à Voldemort. Bref, si l’un revient à la vie, l’autre suit automatiquement.

Et puisque Ichabod était mort mais est revenue à la vie, le cavalier, sans sa tête, est revenu aussi. CQFD.

Il y a du suspense, j’ai sursauté plusieurs fois, et chaque épisode voit un problème apocalyptique tenter d’arriver, et nos deux personnages principaux auront fort à faire afin d’éviter que notre monde ne soit perdu à tout jamais. Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, ça vous dit ? Et bien, ces fils de leur mère veulent détruire le monde, rien que ça.

Par contre, les personnages manquent peut-être de profondeur. J’aurais aimé plus de travail sur eux, qu’ils soient moins lisses, parfois.

Point de vue des effets spéciaux, ils tiennent la route.

En ce qui concerne la musique, elle a un petit air de parenté avec celle de la série « Ripper Street », qui elle même avait tout de la B.O du film « Sherlock Holmes » de Guy Ritchie et sans oublier quelques notes dont on dirait qu’elles sont sorties de la série de la BBC : Sherlock.

Niveau scénario, il est riche (vu l’apport de tous les Démons), mais j’aurais aimé qu’ils prennent plus le temps de traiter les problèmes qui surviennent. Un épisode, un problème, comme dans une série policière normale, ça va trop vite pour ce genre de série fantastique.

Bon sang, un peu moins de précipitation, les gars ! Traiter les fléaux sur deux épisodes n’aurait pas fait de tort à la qualité de la série, que du contraire.

Les flash-back sont nombreux, ils nous en apprendront plus sur le parcours d’Ichabod et sur celui de sa femme. Inconvénient, si les flash-back durent un peu trop, les scénaristes iront plus vite afin de résoudre le problème à la fin de l’épisode.

Grosse pierre d’achoppement : Ichabod ! Nous avons un gars qui est propulsé de la fin des années 1780 dans notre monde actuel, et il n’est pas plus ébahi que ça…

D’accord, il joue bien un peu avec l’interrupteur, nous refaisant – en moins hilarant – le coup du « jour, nuit, jour, nuit », mais il se débrouille très vite avec le distributeur de café, ne se pose pas de questions sur les voitures – je ne demandais pas qu’il en casse une en hurlant « un sarrasin dans une chariote du diable », mais bon – arrive à comprendre l’américain contemporain des autres, aucun ne fait d’effort pour lui parler en phrases plus courtes, il ne pose que très peu de question sur l’environnement qui l’entoure et pire, alors que le capitaine de police parle de « twilight zone », il ne relève pas…

Notre cavalier sans tête s’est lui aussi bien adapté à notre monde, passant d’une hache à une panoplie d’un combattant de jeu vidéo… la cartouchière en bandoulière, le fusil à pompe ou à répétition…  Hé, aux victimes, faut leur couper la tête, pas les déchiqueter à la manière d’un Rambo-Stallone ! En plus, il n’est pas seul, le bougre !

Bon, malgré ces petits détails – importants – la série se laisse regarder avec plaisir si on prend le pari de rire de ces petites incohérences et du fait que les scénaristes nous font le grand remake du « complot planétaire » mais à l’échelle des Démons.

Allez, je ne vais pas bouder mon plaisir, mais au moins, j’ai fait ma petite critique… ça ne va pas m’empêcher de finir la saison 1, et, de plus, j’ai déjà pompé la saison 2 !

Ben oui, la saison 1 se terminait sur un clifhanger dément !

Les 4 As au Bal Costumé ?

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