Le mort sur un cheval noir : Ray Hogan

Titre : Le mort sur un cheval noir

Auteur : Ray Hogan
Édition : Gallimard Série noire (1967)
Édition Originale : Dead man on a black horse (1966)
Traducteur : Simone Hilling

Résumé :
C’était de la folie de s’en-foncer dans la Jordana, le désert le plus infernal de tout, l’Ouest, mais Jim Shay n’avait pas le choix. II lui fallait échapper aux Vengeurs qui avaient déjà préparé la corde pour le pendre, et retrouver le muletier qui seul pouvait le disculper d’un meurtre odieux.

Mais bien d’autres dangers guettaient Jim sur sa route solitaire : bandits de tout poil et Indiens féroces, sans compter Stella, la belle, la cupide Stella qui, elle, n’avait pas plus de conscience qu’un coyote.

Critique :
Pourquoi lui et pas un autre ? L’avantage, lorsqu’on range ses biblios (parce qu’on en ajoute des supplémentaires), c’est que l’on tombe toujours sur des livres oubliés dans des caisses depuis des lustres.

Comme ce fut le cas avec ce vieux Série Noire Western.

Le Mois Américain arrivant à grand pas, je l’ai posé sur un coin de bureau dans le but de le lire, si j’avais le temps.

Mon achat avait été d’abord motivé par le titre qui parlait d’un cheval noir et ce sont mes préférés, les black horses (ma jument est noire ébène).

Lire un western, ça change de la littérature habituelle. Celui-ci ne déroge pas à la règle et tous les clichés sont dans ces pages : un homme accusé à tort de deux meurtres horribles, un policier buté, un shérif correct, un adjoint aimable, une population qui a déjà la corde en main pour le pendre, une fuite et la recherche des coupables afin de prouver son innocence.

On dégaine les Colt, on tire, on chevauche bride abattue, on se bat, on crève avec du sang partout, les déserts sont torrides, les Indiens assoiffés de violence, la vie est une chienne, les témoins meurent avant l’heure et on a même un amoureux transit qui n’a jamais voulu voir sa copine pour ce qu’elle était vraiment : une pute assoiffée d’or et plus vicieuse qu’un coyote.

Bref, ça sent le déjà-lu à plein nez mais ça donne une bouffée d’air frais à sa journée et en plus, ça se lit très vite.

De l’action, peu de temps mort, une enquête qui ne brillera pas par la recherche d’indices puisqu’un des tueurs parlera à voix haute de leur crime, et malgré ça, une fois le roman terminé, on se dit qu’un peu de rab aurait été agréable.

Encore un peu, emportée par mon élan et cette folle chevauchée sous un soleil implacable, j’aurais bien été rechercher ma vieille caisse de romans western pour relire des Louis L’Amour ou autres auteurs.

Certes, rien ne casse la baraque dans cette histoire ô combien conventionnelle, mais que voulez-vous, quand le plaisir est là, on n’a pas toujours envie de chercher le pourquoi du comment il est arrivé, on le prend, on le déguste et on se le garde dans un petit coin pour les jours où un roman ne nous emballera pas du tout.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°29, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Gil Jourdan – Tome 9 – Le gant à trois doigts : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 9 – Le gant à trois doigts

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1966)

Résumé :
Quand Gil joue les espions, il se retrouve au Gomen, et plus précisément à Goménorhabad la capitale.

Il a pour mission de retrouver un célèbre physicien français, spécialiste de l’atome et empêcher l’émir Ben el Mehmed de créer une bombe nucléaire.

Malheureusement Gil est attendu par l’émir et sa police.

Critique :
Ce que j’apprécie le plus, dans les enquêtes de Gil Jourdan, ce ne sont pas ses capacités à résoudre des affaires, ni son sang-froid en toute circonstance mais les pitreries de son associé, Libellule ainsi que celles de l’inspecteur Crouton.

Débarquant dans l’état du Gomen qui a tout d’un pays du Moyen-Orient dirigé par un dictateur, Gil Jourdan doit retrouver un scientifique détenu par l’émir Ben el Mehmed, sorte de dictateur tout puissant dont la police est entièrement à ses ordres.

Sauf que ici, le dictateur est plus burlesque que méchant, amateur de bons mots et au niveau de la casse des voitures, il est champion du monde. Enfin, pas lui, le pauvre est juste entouré d’incapables.

— Une question simple : qu’avez vous en main ?
— ?
— D’homme à homme.
— Une mitraillette ?
— Bravo ! Et à quoi cela sert-il ?
— ?
— Parlez-moi comme à un père… une mitraillette c’est pour ? C’est pour ?
— Pour tirer ?
— ALORS TIREZ, AHURI ! VOUS VOYEZ BIEN QU’IL SE SAUVE !

On pourra trouver fort de café le fait que Jourdan, poursuivit par les flics, monte dans le taxi où se trouvent ses amis, qui étaient censés être en France, mais ce petit arrangement nous offrira encore plus d’humour et de situations cocasses, malgré le fait que nous avions déjà dépassé tous les quotas dans le burlesque.

Non, on ne lit pas cette bédé pour faire sérieux mais pour se marrer un bon coup, pour découvrir un serpent se plaignant de tous ces motards qui empiètent sur son espace, pour rire aux dépens d’un dictateur (c’est pas souvent que ça arrive) et de son chef de la police et voir, une fois de plus, les Bons triompher des Méchants qui étaient plus bêtes que malfaisants.

Gil Jourdan est un enquêteur qui reste souvent de marbre, qui ne montre pas ses émotions (tiens, un air de déjà-vu) et qui, pour contrebalancer son sérieux légendaire, est entouré d’un acolyte au rire tonitruant et d’un inspecteur pas toujours des plus éveillé.

Cette aventure fait partie des plus drôles et c’est un vrai bonheur pour les zygomatiques de la relire une fois de plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Gil Jourdan – Tome 5 – L’enfer de Xique-Xique : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 5 – L’enfer de Xique-Xique

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1962)

Résumé :
René Cambon se présente à l’agence Gil Jourdan, persuadé que son frère Jean, chercheur dans l’armement aurait été enlevé par la république sud-américaine de Massacara pour le forcer à mettre au point une arme nouvelle.

Sachant que son frère refusera de collaborer, René craint qu’il ne soit en grand danger. Gil accepte de l’aider.

Ils se rendent dans ce pays, mais espionnés depuis Paris, leur arrivée est attendue et un piège leur est tendu pour les condamner au bagne pour espionnage.

Mais Gil Jourdan est déterminé à s’évader, d’autant plus qu’au bagne, il retrouve le fameux Jean Cambon.

Critique :
Si je ne devais garder qu’un seul album de la collection, c’est celui-ci qui aurait tous les honneurs tant il est excellentissime au niveau des dialogues, des jeux de mots, des situations absurdes.

De plus, niveau dépaysement, on est servi puisque Jourdan et Libellule vont aller enquêter dans une petite république bananière d’Amérique du Sud, qui a tout de la dictature.

Évidemment, puisque nous sommes dans de la bédé et que la censure censurait, la dictature est présentée de manière drôle, à la limite de la bouffonnerie, mais si on gratte un peu sous le vernis des éclats de rire et des imbécilités de l’armée, on retrouve ce qui fait la signature d’une dictature.

Fausses preuves, prison au milieu du désert dont on ne s’évade jamais, prisonniers qui sont plus politiques que criminels, gardiens de prison bêtes et méchants, bouffe infâme, travail à la chaine dans des conditions de travail indigne et inhumaine.

Mais pas de panique, les petits enfants peuvent la lire, puisqu’ils la verront au premier degré, eux.

Moi, je ne me suis toujours pas remise du dialogue entre son excellence et son sous-fifre :

— Puisqu’ils savent que nous savons qu’ils savent que nous savons, nous pourrions…
— Ouvrir une savonnerie.
— Une savonnerie, excellence ?
— Avec tous vos savons, ça doit être facile.
— Ahaha, c’est la meilleure de la république !

À chaque relecture, je savoure une fois de plus les bons mots, je les fais rouler sur ma langue, je les déguste lentement et je me marre, une fois de plus !

Bon, les puristes diront que ce que fera Jourdan est impossible, qu’il a eu trop de veine, que tout ça était un peu trop bien goupillé pour être réaliste, mais on s’en fout ! Nous sommes dans de la bédé et les héros ne meurent pas.

Tillieux au sommet de son art niveau dialogues, mais pas de panique, il en gardera sous le coude pour les prochaines, dont « Le gant à trois doigts » et « Le Chinois à deux roues ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).

L’étoile du désert – Tomes 1 et 2 : Desberg & Marini

Titre : L’étoile du désert – L’intégrale – Tomes 1 et 2

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Enrico Marini

Édition : Dargaud (1996-2001) / Dargaud (2012)

Résumé :
Mathew Montgomery est un homme vieillissant. Il occupe un poste de haut fonctionnaire au ministère de la Défense. C’est un homme respectable qui vit de règles et de lois.

Il ne doute pas : c’est avec des hommes droits comme lui que les États-Unis se sont construits.

Il a une femme, une fille, une maîtresse…

Alors qu’il a l’impression d’être passé à côté de sa vie, sa femme et sa fille sont sauvagement assassinées. Mathew abandonne alors tout ce qui faisait son monde, pour se lancer sur les traces de leurs assassins..

letoile-du-desert-t-1-planche-21Critique :
1870, Washington. Sean Connery est un homme plus que respectable, adepte des règles et du fait que tout a une place, un ordre… Un gentleman qui occupe un poste important au ministère de la Défense.

J’ai dit « Sean Connery » ? Sorry, je voulais bien entendu dire : Matthew Montgomery !

Erreur due au fait que le personnage principal de ces albums a un air de ressemblance avec l’acteur Sean Connery… On dirait aussi un air de famille avec le Scorpion, vieillissant (normal, ce sont les mêmes auteurs).

Notre homme, habitué des salons, au confort, notre homme qui se dit que l’Amérique s’est bâtie grâce à des hommes tels que lui, respectueux des règles et de l’ordre, notre homme qui ne cause plus à sa fille, qui en a marre de sa femme, qui baise sa maîtresse en dehors des heures de travail, va voir son destin basculer, comme dans toute les bonnes histoires.

Il a la rage, il veut comprendre pourquoi on a tué sa femme et sa fille et pourquoi on leur a gravé une étoile à 8 branches sur les seins. Des désirs de vengeance sont tapis en lui, comme dans toutes les bonnes histoires.

Notre Sean Connery qui n’a rien d’un agent secret dans ce cas-ci va devoir se transformer en Sherlock Holmes avant l’heure et mener une enquête des plus poussées pour trouver les assassins de sa femme et de sa fille.

La vie est ironique : lui qui en avait marre de sa bonne femme et qui ne voulait plus voir sa fille, et bien, il a été servi !

Lui qui aimait et vivait dans le confort absolu, et bien, il va devoir voyager comme dans une diligence puante où tout le monde est serré comme des sardines dans sa boîte. Lui qui ne savait pas se battre, et bien, il va devoir apprendre !

Les dessins de Marini sont toujours aussi superbes, on reconnaît ceux de la série « Scorpion », les chevaux sont magnifiques, les couleurs aussi, dans des tons ocres ou gris, des images qu’on ne se lasse pas de regarder.

Si l’histoire est basique : la vie qui bascule et la vengeance, le reste l’est moins puisque notre Matthew Montgomery va connaître l’Ouest, le Vrai et se trouver non loin de la Frontière, là où l’ordre et la discipline ne règnent pas en maître.

Notre héros n’en est pas un, il ne connait rien de la vraie vie, celle qui est une chienne, celle qui fait de vous des tueurs, des bandits, des prostituées, des marginaux,…

Il n’a jamais mis les pieds dans des saloons enfumés et rempli de la lie de la société, il aimait les salons feutrés, il sera servi niveau saloons à éviter car sous la coupe du Méchant local qui n’a rien d’un pied-tendre. Un méchant réussi, avec juste les bonnes doses de sadisme qu’il fallait et des flash-back mystérieux sur sa jeunesse.

L’Amérique était en pleine évolution, il lui restait encore des coins dans loi et remplie de hors-la-loi, le changement était en marche et pour notre ami, le changement, il était pour maintenant !

Et il a brillamment réussi son changement car notre Matthew Montgomery a évolué, a changé sa manière de voir les choses, a été confronté à des choses peu reluisantes sur l’Homme et lui-même n’était guère reluisant.

Un excellent diptyque que je compte bien poursuivre avec le 3ème tome pour savoir ce qui va arriver à notre Matthew Montgomery-Sean Connery.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

letoile-du-desert-t-2

Bienvenue à Cotton’s Warwick : Michaël Mention

bienvenue-a-cottons-warwick-michael-mention

Titre : Bienvenue à Cotton’s Warwick

Auteur : Michaël Mention
Édition : Ombres Noires (2016)

Résumé :
« Ici, il n’y a rien. Excepté quelques fantômes à la peau rougie de terre, reclus dans le trou du cul de l’Australie. Perdus au fin fond du Northern, ce néant où la bière est une religion et où les médecins se déplacent en avion. »

Australie, Territoire du Nord. Dans l’Outback, on ne vit plus depuis longtemps, on survit. Seize hommes et une femme, totalement isolés, passent leurs journées entre ennui, alcool et chasse. Routine mortifère sous l’autorité de Quinn, Ranger véreux.

Tandis que sévit une canicule sans précédent, des morts suspectes ébranlent le village, réveillant les rancœurs et les frustrations. Sueur, folie et sang.

Vous n’oublierez jamais Cotton’s Warwick.

live-australia-central-region-northern-territory-landscape-sunsetCritique :
Me voici une fois de plus dans un trou du cul !

Le trou du cul de l’Australie, pour être précise, et je dirais même plus : le trou du cul du trou du cul du Northern australien (le Southern doit avoir son propre trou du cul).

Les trous du cul du monde, j’ai ai lu. Je pensais avoir touché le fond avec les dingues de « Pottsville, 1280 habitants », j’avais déjà connu des dégénérés avec ceux de « Cul-de-sac » dans le bush australien, mais là, je viens de gagner la floche et un tour gratuit de tous les villages trous du cul du monde !

Leur créneau à tous, c’est l’instinct, pas la réflexion. Descendants de bagnards et d’aborigènes violées jusqu’au sang, les Warwickiens sont fiers de leurs origines comme de leur consanguinité.

17 habitants… 16 hommes, une femme, et oubliez la femme qui est protégée par le chef du bled ! Messieurs, il ne vous reste plus que votre poignet, un cochon ou bien un autre homme (un qui ne sait pas se défendre) pour vous vider les baudruches. Gaffe, le canal carpien menace.

Bienvenue à Cotton’s Warwick ? Tu parles ! Moi, je mettrais plutôt un « Fuyez, pauvres fous » ou un « Attention, crétins congénitaux alcoolos – DANGER », ou « Vous qui arrivez ici, oubliez toute espérance », bref, des avertissements en rouge fluo pour prévenir le pauvre connard qui voudrait aller s’échouer là, pensant trouver un coin tranquille.

Faïza et Rick observent, avec le sentiment d’avoir été téléportés au 18e siècle. Bicoques, lanternes et – « Bienvenue à Cotton’s Warwick ! » – chats cloués aux portes.

Tiens, d’ailleurs, le roman, Michaël Mention aurait pu le nommer « And Then There Were None » tant les 17 personnes vivant dans ce trou paumé du trou du cul de l’Australie vont avoir l’impression d’être dans un remake d’Agatha Christie, genre « Dix-sept petits crétins congénitaux ».

— Chef… attends…
— Vous êtes cons ou c’est la consanguinité qui vous monte au cerveau ?
— Désolé… c’est juste que…
— Ta gueule.

Et non, l’histoire n’aurait pas eu le même impact dans un trou du cul de l’Amérique car les road train sont une exclusivité de la belle Australie. Les kangourous aussi et les razorback pareils.

La plume de Michaël est fidèle à elle-même. Inimitable. Et. Toujours. Égale. Elle ne plaira pas à tout le monde, il a son style et il me plait.

… Fumer. Boire. Pisser. Faim. Fumer. Boire. Pisser. Faim. Fumer. Boire. Pisser. Faim. Fumer. Boire. Pisser. Faim. Fumer. Boire. Pisser. Faim…

Ses personnages sont bien campés, ce sont des sortes de redneck version australe, des résidus d’accouplement congénitaux, tous les hommes se retrouvant seuls car leurs femmes se sont suicidées. J’aurais fait pareil, ma foi, perdue dans ce bled tellement paumé que même Dieu à dû l’oublier.

Si je pensais entrer dans un roman noir « traditionnel » et m’en prendre plein la gueule, le pari est « raté » car si j’en ai bien pris plein la gueule, je me suis retrouvée dans un roman noir qui a quitté la piste « traditionnelle » pour s’enfoncer dans le bush et les plaines arides de l’Australie. Du hors piste !

Je ne m’attendais pas du tout à ÇA, j’ai écarquillé grand mes yeux et je n’ai plus su lâcher le roman, tant je voulais arriver à la fin, et tant pis si la dernière partie en huis-clos puait l’oppressant, la carcasse animale, le sang, le vomi, et la merde.

Je voulais de l’oppressant ? Là j’ai été plus que mieux servie ! Atmosphère garantie, âmes sensibles s’abstenir ou se blinder le cuir avant de commencer.

Bienvenue à Cotton’s Warwick, étranger… si tu es une femme, tu seras reluquée par 15 hommes (on a un aveugle, il ne compte donc pas), violée dans leur tête, ils imagineront ta chatte dégoulinante et ce qu’ils pourraient lui faire. Si tu es un mec, cavale ! Fuyez, quoi, pauvres fous et folles !

Bienvenue à Cotton’s Warwick où la température monte jusque 57° et est déjà à 48° à 7h du mat’. Bienvenue chez les tarés, les fous, les crétins, chez ces gens qui passent leur journée à boire, à fumer, à se branler, à causer, mais qui réfléchissent jamais.

Bienvenue en Enfer… Là, je viens d’en sortir et j’ai la gorge plus sèche que le désert australien et les tripes nouées, liquéfiées.

Bienvenue dans le dernier roman de Michaël Mention qui est sorti des sentiers habituels pour nous emmener là où j’aurais jamais osé aller.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

Les enfants de Dune – Dune III : Frank Herbert [LC avec Stelphique]

Enfants de Dune - T3 - Herbert

Titre : Le cycle de Dune, tome 3 : Les enfants de dune

Auteur : Frank Herbert
Édition : Pocket (2005)

Résumé :
Sur Dune, la planète des sables, les prophéties s’accomplissent : le désert devient jardin. Du coup, les vers géants se font rares et l’Épice de prescience vient à manquer.

Tout ce qui reste de l’épopée de Muad’Dib, c’est un empire conquis des guerriers déchus, des prêtres tentés par la théocratie. Et les jumeaux, Leto et Ghanima, qui portent en eux les souvenirs d’innombrables générations. Y compris, peut-être, l’antique

Abomination redoutée par les sœurs du Bene Gesserit et prête à revenir du passé génétique pour faire basculer l’univers dans le cauchemar. Les morts dominent les vivants.

Leto devra affronter les uns et les autres en un combat sans merci dont l’enjeu est plus que la prescience, plus que la longévité: au moins la toute-puissance, et peut-être l’immortalité.

enfants-dune-1Critique (Stelphique en bas)
Je ne sais pas si – comme le dit  Wiitoo – Franck Herbert a abusé de l’épice pour écrire ce troisième tome mais je pense qu’il m’en aurait fallu une bonne dose, à moi, pour arriver à apprécier ce volet !

Les deux cent premières pages furent une torture car composée presque exclusivement d’une succession de réflexions tellement ennuyeuses et complexes qu’il m’a fallu des Aspirines pour les digérer mentalement et des allumettes afin de tenir mes paupières ouvertes.

Enfin, cela m’a permis d’apprendre que sans les vers de sable, plus d’épice et là, c’est la catastrophe assurée vu tout ceux qui en dépendent, dont la Guilde et le Bene Geserit.

« Si les vers s’en vont, l’épice s’en va. Si l’épice s’en va, avec quelle monnaie achèterons-nous notre vie ? »

Les enfants de Paul Atréides (Muad’Dib), les jumeaux Leto et Ghanima ont maintenant 10 ans. Les enfants ? Difficile à les catégoriser lorsqu’on a un corps d’enfant mais une capacité d’adulte et la conscience de ceux qui vous ont précédés. J’ai trouvé leur personnalité bien esquissée puisque nous étions face à des gamins avec des conversations d’adultes.

« Vous n’êtes pas encore mon Duc ! Vous êtes un… un enfant ! »
« Je suis un adulte dans un corps d’enfant ! »

— J’ai largement cet âge ! Je suis le plus vieux de tous, ici ! Tu n’es qu’un bébé à côté de moi ! Mes souvenirs remontent à plus de cinquante siècles dans le temps. Oui ! Je me souviens de l’époque où les Fremen vivaient encore sur Thurgrod !

Ici, ce qui tue, c’est un certain manque d’action, trop de blablas (et même pas le zéro tracas), un récit lourd, des pensées toutes aussi complexes les unes que les autres, des considérations ennuyeuses et une pléthore de complots qui font que, à la fin, on ne sait plus qui complote sur qui ou qui ne le fait pas.

Même les morts se sont mis à comploter. Trop de complots tue le complot. Brouillard total vu combien je peinais pour tourner les pages, y perdant mon latin et mon envie de poursuivre.

Ouf, de temps en temps, des choses agréables à lire. Mais je les compte sur les doigts d’une main. Bien que le dernier cinquième du roman soit un peu plus mouvementé et moins chiant à lire.

Ce troisième tome aborde la transition de pouvoir : Paul Atréides n’est plus et ses enfants vont avoir bien du mal à sortir de tous ces complots qui tournent au-dessus de leurs têtes. Snif, mon prophète Muad’Dib n’était plus là pour agrémenter mes pages lectures. Enfin, son ombre était là, mais sans lui, ce n’est plus le même.

De plus, Dune est devenue une planète moins hostile, une partie des déserts sont devenus des jardins luxuriant et France Gall pourrait nous chanter « Quand le désert recule » tant le paysage change, faisant de ce fait changer le peuple du désert, les Fremens.

La disparition du désert c’était la disparition de quelque chose de précieux pour l’homme, une chose qu’il ne saurait décrire, pas plus qu’il ne pouvait décrire ce qui se passait en Dame Jessica.

Eux, ils ont perdu de leur superbe depuis que le désert recule ! Les Fremens n’ont pas avancé, mais reculé avec lui : certains vivent même dans des maisons et cela m’a fait mal au cœur de voir ce peuple du désert devenir aussi crétin que les habitants des villes, devenant eux aussi des con-sommateurs.

— Certains pensent qu’il est mal de prendre l’eau. Ces Fremen en chemise de dentelle font maintenant des tas de détritus dans leurs villes nouvelles ! Des tas de détritus ! Est-ce que l’on a jamais vu cela sur Dune ?

Une qui m’a déçue, c’est Alya. Son personnage a bien changé et moi qui avait un faible pour elle, et bien, je suis atterrée de voir comment elle a si mal tourné, la pauvre. La peur était une mauvaise conseillère et les voix aussi.

Quant à Dame Jessica, à la fin, je me demandais bien pour qui elle roulait.

Ce troisième tome est surtout l’analyse d’une civilisation sur le déclin, un peuple qui est en train de perdre ses racines, ses valeurs, ses repères, sa solidarité, son système clanique, surtout chez les jeunes, plus attiré par un nouveau mode de vie que celui qui était fort rude dans les sietchs.

Un roman qui complote dans tous les coins, blablate trop, endort son lecteur (en tout cas, moi, il m’a endormi) et lui donne envie d’abandonner sa lecture.

Si je dois lire le tome 4 et qu’il est du même acabit que le 3, je pense que je vais consommer de l’épice afin de pouvoir le lire et comprendre tout leur délires délirant.

Étoile 2

Le « Challenge US » chez Noctembule. et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (552 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

BILAN - Minion tasse dépité - OK

Pourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique) :
On a décidé de poursuivre notre voyage sur Arrakis avec ma binôme!

Synopsis :
Sur Dune, la planète des sables, les prophéties s’accomplissent : le désert devient jardin. Du coup, les vers géants se font rares et l’Epice de prescience vient à manquer. Tout ce qui reste l’épopée de Muad’Dib, c’est un empire conquis, des guerriers déchus, des prêtres tentés par la théocratie. Et les deux jumeaux, Leto et Ghanima, qui portent en eux les souvenirs d’innombrables générations.

Y compris, peut-être, l’antique Abomination redoutée par les sœurs du Bene Gesserit et prête à revenir du passé génétique pour faire basculer l’univers dans le cauchemar. Les morts dominent les vivants. Leto devra affronter les uns et les autres en un combat sans merci dont l’enjeu est plus que la prescience, plus que la longévité : au moins la toute-puissance, et peut-être l’immortalité.

Ce que j’ai ressenti:…Un souffle de désertion…
On peut dire que cette lecture fut laborieuse. Plus j’avançais, moins j’accrochais….Si Dune m’avait enchantée par son décor, cette nouvelle perspective de paysage manque un poil de charme, mais c’est bien les complots qui ont eu raison de mon manque d’enthousiasme.

Finalement, j’ai préféré butiner cette lecture, la prendre comme une œuvre de poésie, ouvrant au hasard d’une page, lisant un chapitre ou deux, m’imprégnant d’une autre manière de la beauté de Dune, retournant quelques fois sur des passage arrières, puis lire la fin.

J’adore l’écriture d’Herbert, elle est riche, imagée, mais j’ai complètement lâché l’histoire et ses personnages et je crois bien les laisser vivre leurs vies sur Dune sans moi.

« Tu peux croire ce que tu désires croire. « 

« C’est lorsque nous tentons de dissimuler nos plus secrètes pulsions que tout notre être hurle et nous trahit. »

« Passer une nuit éveillé c’est ajouter un jour à sa vie . »

« Mieux valait conserver cette ancienne vertu qu’il avait toujours chérie: la loyauté. Mieux valent les difficultés que l’on pense connaitre que celles qui défient la connaissance. Mieux vaut le présent que l’avenir du rêve. « 

>Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 5/10

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T3 – Le mystère de la femme araignée : Lupano & Salomone

Couv_203204

Titre : Le mystère de la femme araignée – L’homme qui n’aimait pas les armes à feu 3

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Salomone

Édition : Delcourt – Conquistador (2014)

Résumé :
Vous souvenez-vous de Tim Bishop, le petit jeune qui en pinçait pour Margot de Garine ? Le gaillard est toujours sur la piste de la belle, même si ses sentiments ont changé. Ne l’a-t-elle pas abandonné, ficelé à un rocher au milieu de nulle part ?

De leur côté, Byron Peck et Knut Hoggaard sont aussi remis sur selle et filent vers le Canyon de Chelly. D’ailleurs, tout le monde semble se diriger vers ce lieu emblématique de la culture navajo.

Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour la fortune/l’honneur/la vengeance (rayer les mentions inutiles) ?

Petit Plus : Wilfrid Lupano continue sa relecture personnelle de l’Histoire des USA dans Le secret de la femme araignée.

Comme à son habitude, le scénariste du « Singe de Hartlepool » mêle habilement, avec pas mal de poudre, farce et critique acerbe.

Couv_260974Critique : 
Toujours sous le couvert d’une bonne dose d’humour noir, l’auteur poursuit les aventures de nos deux compères, Byron Peck – l’avocat bon chic bon genre – et de Knut Hoggaard et ses pauvres borborygmes.

On va de surprises en surprises avec un certain personnage et on rit jaune devant l’imbécilité des lois et règlements : tout ce qui vit dans la réserve est Navajo (même un Noir) et tout ce qui vit hors de la réserve, est américain, même un Navajo…

— Au dernier recensement de la réserve, l’agent du bureau des affaires indiennes m’a enregistré en tant que Navajo. C’est la loi pour tout ceux qui vivent dans a réserve.
— Hein ? Mais c’est idiot !
— Ouaip. Et les Navajos qui vivent en dehors de la réserve sont considérés comme des citoyens américains. Va comprendre.

De l’humour, mais pas que… L’auteur ne se prive pas pour aborder le cas de ces charmantes religieuses si douces et si bonnes pour les petites filles navajos dont elles avaient l’éducation.

Voyez-vous, lorsque ces gamines disaient un mot de Navajo, elles étaient récompensées non pas par un Mars ou un Bounty, mais par le piquet ou le four…

Oui, liées à un piquet, en plein soleil ou enfermée toute une journée dans une petite cabane exposée en plein cagnard. Quelles braves femmes, n’est-il pas ??

Sans compter les lois qui interdisent à une personne Noire de posséder une arme à feu. Libres, oui mais pas avec les mêmes droits que l’homme Blanc.

Un retour dans l’Ouest, sur les pistes poussiéreuses, avec des attaques de trains et des chevauchées dans le soleil couchant et un final qui laisse présager encore quelques aventures épiques dans les tomes suivants.

Dommage que le tome 4 ne soit pas encore sorti.

Une saga western qu’il est extrêmement plaisant de découvrir.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, Le « Challenge US » chez Noctembule, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (48 pages – 4477 pages lues sur le Challenge).

BILAN LECTURE - Veux la suite

Mois du Polar - Février - SharonCHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T2 – Sur la piste de Madison : Lupano & Salomone

Couv_178424

Titre : Sur la piste de Madison – L’homme qui n’aimait pas les armes à feu 2

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Salomone

Édition : Delcourt – Conquistador (2013)

Résumé :
Pourquoi Margot de Garine a-t-elle quitté son époux, Maître Byron Peck? Comment le Danois Knut Hoggaard, alors encore en pleine possession de ses moyens intellectuels, est-il entré dans la vie de Margot et de Byron ?

Surtout, que contiennent ces mystérieuses lettres, pour lesquelles cet improbable trio est prêt à s’entretuer ?…

Deuxième volet de la poursuite infernale au cœur de l’Arizona.

Couv_217918Critique : 
Sur la piste, elle m’a dit « Sonne »…

Non, non, non, le Madison de cet album rien à voir la route du même nom dans le roman et le film, ici, on parle d’un Grand Homme, le père de la constitution des États-Unis, excusez du peu.

Dans le tome 2, on apprend comment notre Byron Peck, éminent avocat de Los Angeles, en est arrivé à sillonner les routes à bord d’un chariot avec son Hercule qui ne lâche plus que des borborygmes.

Dans ce tome 2, on quitte les pistes de l’Ouest profond direction Los Angeles pour nous expliquer comment tout cela a commencé et nous montrer les personnages tels qu’ils étaient avant que tout cela n’arrive.

Byron Peck est un avocat qui ne recule devant rien pour gagner un procès, Margot de Garine, son épouse, ne rêve que d’argent et de mener un encore plus grand train de vie et Knut Hoggaard n’était pas encore cet homme diminué que l’on a vu dans le premier tome.

— Désormais, son sort est entre les mains du seigneur…
— Et du diable ! Et comme à mon avis aucun des deux n’en veut chez lui, nous avons toutes les chances de le garder encore quelques temps avec nous.

— C’est d’autant plus appréciable que souvent, les bonnes nouvelles arrivent en groupe.
— LHA SoloOop !
— M. Hoggaard n’allait pas nous quitter pour quelques malheureux litres de sang.

Beaucoup de profondeur dans ce tome, avec notre Byron Peck qui va ressentir une peur atroce et dont les dessins vont nous montrer sa descente aux enfers, barricadé dans sa maison qui va commencer à sentir le puma puisque notre avocat ne se lave plus.

C’est aussi une partie de l’Histoire Américaine que nous allons explorer aussi avec son fameux deuxième amendement, celui qui permet à quiconque de porter une arme à feu.

— C’est ce pays qui est souffrant, Hamilton ! Ce pays magnifique, plein de promesses qui, d’un côté, défend la liberté, le droit, et de l’autre… qui permet à n’importe quel aliéné de se balader avec une arme à feu !

Les dialogues sont toujours aussi savoureux, Margot est toujours aussi calculatrice et, telle une araignée veuve noire, tissera sa toile afin de dévorer toutes ses proies.

— Ne le prenez pas mal, Madame de Garine, mais je crois que vous êtes la personne la plus répugnante qu’il m’ait été donner de rencontrer.

Le dessin est chaleureux grâce à ses couleurs et bien que ce tome soit un peu moins « fou » que le premier, il permet, grâce à ses flashbacks de poser les bases de l’histoire et tous les différents enjeux selon les personnages.

Il est à noter que pour certains, la situation a bien mal tourné et notre naïf Tom Bishop en fera l’amère expérience.

— Toi comprendre moi ? Toi vouloir quoi ? Argent ? Nous pas argent ! Nous vouloir papiers toi avoir volés ! Voler pas bien ! Grand manitou pas content dans le ciel ! Grand manitou Trèèèèèès Fâché !
— Je suis très triste pour lui, mais hélas, je suis Navajo, et les Navajos ne croient en aucun grand Manitou.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, Le « Challenge US » chez Noctembule, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (48 pages – 4477 pages lues sur le Challenge).

CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

Mois du Polar - Février - Sharon

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu – T1 – Chili con carnage : Lupano & Salomone

Titre : Chili con carnage – L’homme qui n’aimait pas les armes à feu 1

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Salomone

Édition : Delcourt – Conquistador (2011)

Résumé :
Début du XXe siècle, Arizona… Maître Byron Peck, citoyen britannique et avocat d’affaires, escorté de son acolyte, l’effrayant Monsieur Hoggaard, parcourt le désert de pierre aride et brûlant en quête d’un mystérieux papier qui pourrait changer le cours de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique à jamais.

Dans le même but, la dangereuse Margot de Garine s’associe à une bande de mexicains sans foi ni loi… Et ils seront sans pitié !

Critique : 
C’est dans le mensuel « Lanfeust Mag » que j’avais découvert cette série, au moment où le catalogue Delcourt était venu s’additionner à celui des Éditions Soleil (ou le contraire) et que le tome 2 avait été publié dans mon mensuel préféré.

Le fait d’avoir, à l’époque, commencé par le tome 2, m’a gâché la surprise lorsque j’eus enfin la possibilité – il y a quelques jours – de découvrir les premières images du 1…

Ben oui, je savais pourquoi ce grand échalas de maître Byron Peck – un gentleman anglais, avocat aux États-Unis – sapé comme un prince, cheveu gominé et moustache fine se promenait dans un chariot aux côtés d’un colosse norvégien et je savais aussi pourquoi cette force de la nature ne s’exprimait plus que par geignements ou borborygmes (Knut Hoggaard).

Plus de mystères pour moi en ce qui concerne les documents importants, hélas… Trop de savoir tue le mystère…

Ceci étant dit, pour le lecteur qui découvre pour la première fois ce western déjanté, tout le mystère de la chose lui sera hermétique et il découvrira au fil des pages une partie de ce qui s’est passé avant tout cela !

Byron Peck est un avocat sans scrupules… même s’il s’est un peu assagi, il ne s’embarrassera pas de balancer le cadavre d’un hors-la-loi hors du chariot. Le tout avec des dialogues bourré d’humour noir et de cynisme.

— Décidément, ces hors-la-loi sont bien tous les mêmes. Pour dévaliser les banques et tuer des innocents, ils ont la forme. Mais dès qu’il s’agit de faire quelques kilomètres dans le désert avec une balle dans le ventre, il n’ y a plus personne.

— Oh, je sais bien ce que vous pensez, Monsieur Hoggaard. Et vous avez raison : à présent qu’il est mort, il n’y a plus qu’à espérer que ses informations étaient bonnes. De toute façon, nous ne sommes plus très loin. Nous serons bientôt fixés. Et si d’aventure l’homme a menti, nous pourrons toujours repasser par ici pour manquer de respect à son cadavre. Par principe.

Quant à son acolyte, il a tout de l’homme de Néandertal mal dégrossi et passe son temps à hurler son fameux « Lha soloop! ».

— Avant son « accident », Monsieur Hoggaard, c’était un garçon étonnant : une sorte de viking hirsute et rugueux, éructant sa joie de vivre, et qui ne dessoulait jamais… Une force de la nature ! Et un humour, avec ça ! Irrésistible ! Tiens, un jour, à Los Angeles, un passant lui demande le plus court chemin pour se rendre au cimetière. Eh bien, Monsieur Hoggaard l’a poussé aussi sec sous les roues d’un attelage !

Espionnant une hacienda remplie de bandits mexicains où Margot de Garine, une belle dame vient de débarquer, nos amis vont se retrouver dans des situations pas possibles pour notre plus grand plaisir.

Le tout sera de ne pas se faire descendre… Et de retrouver ces fichus documents hyper importants !

— Nous sommes d’incorrigibles bons vivants, monsieur Hoggaard. D’ailleurs, l’expérience a prouvé que nous faisons de mauvais morts.

Beaucoup d’humour dans cette bédé qui a tout du western classique au départ avec les ingrédients habituels : un duo improbable, un jeune premier naïf (Tom Bishop) totalement in love d’une femme fatale, une poignée de bandits mexicains, une attaque de train, un navajo un peu demeuré et un document secret dont je ne vous dirai rien de plus, juste que la nation en dépend !

Avec tous ces ingrédients classiques du western et d’une enquête privée, l’auteur y ajoute un sérieux grain de folie, d’humour, de déjanté, de fraicheur, de mystère, de bons mots, de cynisme, une belle plante et une leçon pour se pays où tout le monde a le droit d’être armé.

Je tiens à remercier la chambre des représentants de l’État du Texas qui, au moment où ce livre part à l’impression, vient d’autoriser le port d’armes à feu sur les campus universitaires.
Voilà les tueurs de campus bien attrapés : ils vont devoir se rabattre sur les écoles primaires pour faire des carnages.
On autorisera donc le port d’arme à l’école primaire. Les tueurs devront alors s’en prendre aux crèches.
Qu’à cela ne tienne, on armera les assistantes maternelles et les enfants en bas âge.
Etc etc.

Un pari osé de nous sortir un western aussi déjanté mais le pari est réussi car jamais ils n’ont sombré dans le lourd ou le grotesque, ni au niveau du scénario, ni au niveau des dessins qui ne manquent jamais de tons chauds.

C’est fin, très fin et ça se mange sans faim.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, Le « Challenge US » chez Noctembule, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (48 pages – 4477 pages lues sur le Challenge).

CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal LecteurMois du Polar - Février - Sharon

Le cycle de Dune – T1 – Dune : Franck Herbert [LC avec Stelphique]

Titre : Le cycle de Dune – Tome 1 – Dune                                   big_3-5

Auteur : Frank Herbert
Édition : Pocket (2005)

Résumé :
Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse: l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers achète à n’importe quel prix.

Richesse très convoitée : quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi mystique. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et qui, à la tête des commandos de la mort, changera le cours de l’histoire.

Cependant les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique ; elles veulent créer un homme qui concrétisera tous les dons latents de l’espèce. Tout est fécond dans ce programme, y compris ses défaillances.

Le Messie des Fremens est-il déjà né dans l’Empire ?

Critique du Cannibal Leteur : 
♫ Il y a le ciel, le soleil et… pas de mer ! ♪ Que du sable à perte de vue.

Pas de dromadaires, mais des vers de sable avec une gueule tellement grande qu’elle te boufferait un vaisseau Star Wars.

Et puis, il y a les terribles Fremens et rien à voir avec les femmes qui courent les seins nus !

Voulant m’encanailler dans la SF, je me tâtais toujours pour savoir par quel pavé de SF commencer quand ma binôme de LC me cria « Help, je suis perdue sur Dune ».

Alors, n’écoutant que mon courage, j’ai foncé droit sur la planète Arrakis (Dune pour les intimes), pensant m’y échouer aussi mais je m’en suis très bien sortie, malgré le manque cruel d’eau et de bière ! Obligée de porter un distille et de boire ma propre production de flotte…

Hormis du sable à perte de vue et de l’eau qu’il faut traquer et stocker, le monde de Dune (ainsi que l’Espace tout entier) n’est pas si éloigné du nôtre.

La Guilde est un gros Lobby qui contrôle vos déplacements, l’épice présente sur Dune a plus de vertus que nos drogues, mais se vend bien plus cher, les complots sont légions, les coups bas dans le dos aussi.

Oui, il a des similitudes avec notre monde… Malgré tout, c’est toute une civilisation que l’auteur a recréé dans l’espace infini. Les personnages sont complexes, travaillés, certains évoluent.

Mais, il y a tout de même un « mais »… c’est fort manichéen ! Les Harkonnens sont très méchants, rien pour les sauver; l’Empereur Padishah Shaddam IV est un triple lâche, assoiffé d’absolutisme, les Atréides sont vraiment vraiment très gentils, limite humanistes; les guerriers Sardaukars sont des meurtriers sanguinaires, les Fremens résistent à tout et les Révérendes Mères Bene Gesserit sont vraiment très très fortes…

Pourtant, ce manichéisme passe aussi facilement qu’un doigt dans du beurre mou (Bison, elle est pour toi) et n’entrave pas la lecture ou l’empathie pour les personnages (ou la haine pour certains).

Les descriptions des paysages sont précises, bien détaillées et j’ai eu la gorge sèche plus d’une fois.

Quand à l’ascension de Paul Atréides, dit ensuite Paul Muad’Dib a tout de l’ascension d’un prophète qui devrait batailler pour offrir la liberté à son peuple.

La vie dans le désert est remplie de règles bien établies et qui pourraient parfois en faire frémir certains, mais le désert étant impitoyable, il faut résister et seuls les plus forts subsistent.

Malgré quelques passages plus lents et menés à un rythme plus pèpère, les pages se tournent toutes seules et le récit défile comme du sable tombant dans un sablier, nous emmenant à la dernière page et faisant en sorte que l’on ait juste une seule envie : lire la suite !

Conseil de lecture : allez peut-être voir l’ami Wiki pour les personnages, c’est plus facile quand on sait un peu où on va.

Le « Challenge US » chez Noctembule et Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Hugo – meilleur roman – 1966).

Pourquoi je l’ai choisi (critique de Stelphique) :
J’avais envie de me mettre à la SF « pure et dure »…Lire des Classiques du genre….Incursion donc dans Dune obligatoire 😉

Synopsis :
Sur Dune, la planète des sables, germe l’épice qui donne longévité et prescience. A cause de l’épice, tout l’empire galactique du Padishah Shaddam IV tourne autour de Dune, âprement convoitée par les nobles maisons du Landsraad et la Guilde des Navigateurs.

Leto Atreides, Duc et Cousin de l’Empereur, a reçu Dune en fief. Pour peu de temps. En 10191, il meurt assassiné. Mais son fils Paul, avec sa mère, trouve asile dans les repaires du peuple Fremen, indompté, invaincu, la lie de Dune pour certains, le sel de la terre pour d’autres. Paul grandit dans le désert et forge l’arme de sa vengeance.

Mais ne va-t-il pas dépasser son but, lancer les légions Fremen en une effroyable croisade ? Il a, dit-on, le pouvoir de connaître l’avenir. Aura-t-il celui de l’éviter ?

Les personnages :
Il n’en manque pas dans ce tome!!!!!C’est fou cette variété de personnages, mais on ne s’y perd jamais grâce a cette alternance de chapitres. Petite préférence pour ceux qui mettent en scène Paul ou Jessica, mais bon chacun tient son role, on suit avec plaisir tous ses guerriers dans l’âme !!!!!!

Ce que j’ai ressenti: …Une lecture épicée qui appelle l’Or Bleu….
Arrakis, planète inhospitalière? Sans aucun doute… Mais que ce soit les personnages ou le lecteur non averti, cette planète a les pouvoirs de vous séduire! Tel un cobra des sables, il vous envoute d’un regard, vous fait sa jolie danse, et plonge en vous pour mieux vous mordre de l’intérieur! Maladivement accro, vous n’aurez que juste le temps de finir cette saga avant de sombrer vers des contrées inconnues…..

Dune, c’est un Monde à part entière, un fantastique univers enivrant, où le vent vous assoiffe, la chaleur vous étouffe, et le sable s’insinue dans chaque partie de votre corps. Même respirer en devient difficile, mais l’Eau sera votre principal problème.

Le désert reste toujours un lieu de mystère et de danger, il continuera de nous attirer encore et encore, malgré sa fatale réputation. Rien que pour cette richesse du décor, ça vaut vraiment le détour de fouler le sol d’Arrakis. Oui, ça, et la poésie qui se dégage de ses pages…

Tout était plat.
Dans son esprit, il chercha quelque chose de vertical qu’il put greffer sur ce paysage. Mais il n’y avait rien, rien d’un horizon à l’autre sous l’air surchauffé. La brise n’agitait pas la moindre fleur, la moindre plante fragile. Les dunes…Et la falaise, là-bas, sous le ciel d’argent bleui.

A l’Est, un faisceau de lumière grise monta dans la nuit, puis ce fut une opalescence nacrée et les étoiles en furent estompées. Alors vint le long, le lent sillage de l’aube sur l’horizon brisé.

S’il est vrai que Dune est une lecture qui n’est pas des plus faciles, il n’en reste pas moins qu’elle est d’une belle qualité! Elle doit s’apprécier, se déguster avec délectation. Je me suis laissée portée par la magie environnante, la douceur des grains de mots, le spectacle de la réflexion intérieure…

La tache a été ardue au départ, car c’est non seulement tout un monde inconnu qui s’ouvre au lecteur, mais aussi tout un champ lexical assez difficile à maitriser.

Au final, on se dit que toute quête mérite ses épreuves, le trésor n’en est que plus reluisant !

Je ne connais pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon oeil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi.

Après, en ce qui me concerne, tout ce qui touche aux jeux politiques, stratégies militaires, trahisons en tout genres, ce n’est pas ma tasse de thé en règle générale. Bien qu’ici , ce soit bien raconté, avec même des phrases off ,pour ne rien perdre des intrigues, je n’ai pas trop accroché à ces tours de dupes.

Tous ses visages bavards l’écœuraient soudain. Ce n’étaient que des masques dérisoires appliqués sur des pensées infectes et les voix essayaient en vain de dominer le profond silence qui régnait dans chaque poitrine.

Il n’empêche que suivre Paul et Jessica dans leurs combats, reste ce qu’il y a de meilleur. Très sensible à tout ce qui touche à la Magie, j’ai été plus qu’enchantée de leur prescience, leurs pouvoirs… Leur enseignement quelque chose de fascinant.

J’adore contempler leurs destinées hors du commun, entre nouveau prophète ou grande prêtresse, leurs parcours entremêlés est captivant !

Je suis curieuse de voir leur évolution au contact du peuple Fremen et de toutes les péripéties futures qui jalonneront ce grand Cycle.

 Ma note plaisir de Lecture fee clochette 8/10