Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 01 – L’Affaire des disparus des Kensington Gardens : Michel Bourdoncle

Titre : Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 01 – L’Affaire des disparus des Kensington Gardens

Auteur : Michel Bourdoncle
Édition : Librinova (09/07/2021)

Résumé :
Londres – 1895

Un an après sa miraculeuse réapparition du royaume des morts, Sherlock Holmes, escorté du docteur Watson, est appelé pour résoudre une étrange affaire de disparition dans le milieu de l’athlétisme britannique.

L’enquête, pleine de rebondissements, va les mener des terrains d’entraînement des Kensington Gardens au plus profond des sordides quartiers des docks de la Tamise où règne la loi de sinistres tueurs.

Ils croiseront au cours de cette affaire quelques-uns des plus grands athlètes britanniques, des célébrités du monde littéraire et certaines des plus jolies femmes de Londres.

Quant à la charmante, mais très énigmatique madame Hudson, toujours intime de Sherlock Holmes, celle-ci pourrait se révéler n’être pas seulement la vieille logeuse écossaise du 221B de Baker Street.

Critique :
Lorsque j’avais découvert ce roman au titre si évocateur des Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes, mes yeux avaient pétillés directement et mon petit cœur en avait frétillé de joie : Sherlock et Irene… Chabadabada ♫

Première grosse déception : le titre est foutrement mensonger ! On aurait dû le nommer « Les enquêtes de Sherlock Holmes et la toute petite intervention de Irene Adler », façon Ma Dalton…

Non, Irene Adler n’enquêtera pas vraiment aux côtés de Holmes, le docteur Watson aura un plus grand rôle dans le récit que la célèbre contralto qui, bien qu’étant présente dans le salon du 221b, n’interviendra que peu dans les enquêtes de Holmes.

Contralto qui tout d’un coup passera au registre du soprano… C’est Véronic Voices à elle toute seule…

Puisque j’ai commencé à vider mon sac, je vais continuer : le récit est truffé de répétitions, comme si les lecteurs étaient des imbéciles ou de pauvres personnes souffrant d’Alzheimer ! Purée, nous ne sommes pas des crétins au point d’oublier ce que l’auteur nous a dit deux chapitres auparavant !

Sauf si, les autres lecteurs, s’ennuyant comme des rats morts dans cette histoire, mettent deux mois à lire deux chapitres, ce qui expliquerait qu’on leur répète à tout bout de champ comment Irene et Holmes se sont revus, ce qu’il leur est arrivé durant le grand Hiatus, pour qui elle bossait et quels pays faisaient partie de la Triple-Alliance !

Si vous ne saviez pas qu’Irene Adler est une belle femme, apprêtez-vous à l’apprendre et à en bouffer à toutes les sauces. Pardon, à tous les synonymes. Tous les hommes ont fait le loup de Tex Avery face à sa flamboyance beauté et blablabla. Et comme l’auteur a peur que vous n’ayez pas bien capté combien elle est belle… Matraquage !

Idem avec son C.V et à ce qui lui est arrivée, à elle et à Holmes, durant les 3 années de la cavale de Holmes. Au cas où nous n’aurions pas compris la première fois, sans doute.

Pareil avec les menus servis au 221b par les cuisinières d’une grande cheffe : madame Hudson a veillé à ce qu’ils soient diététiques pour ne pas que ses locataires deviennent des poussas. Pas besoin de me le redire à chaque repas pris, j’avais compris dès le départ.

L’utilisation du « N’est-il pas ? » à la fin de nombreuses phrases m’ont aussi passablement énervé et tombaient même comme un cheveu dans la soupe, rendant la question bancale alors qu’un « n’est-ce pas , » eut mieux convenu. Je vous passerai l’horripilant « Hôôôôôlmes » lorsque Watson n’est pas content… Lui toujours crier ainsi.

Ces redondances plombent énormément tout le récit, le rendant lourd, lent, vaseux (je matraque aussi, des fois où vous n’auriez pas compris).

Ajoutons à cela que le docteur Watson est un crétin de la pire espèce ou alors, il souffre de myopie aiguë (limite de cataracte). Qu’il ne reconnaisse pas Holmes déguisé en pasteur, ramoneur ou autre, je comprends, il ne s’attend pas à le voir sous ce déguisement.

Là où ça ne passe plus, c’est lorsqu’une personne se déguise en une autre, bien connue du docteur et que ce dernier ne se rende pas compte de la supercherie, alors qu’il est impossible de se grimer au point de pouvoir donne le change à une personne qui vous a connue.

Certes, il est resté quelques années sans voir cette personne, mais ceci n’explique pas sa cécité face à ce subterfuge qui est impossible à réaliser  autrement qu’avec la technique du cinéma comme la Motion Capture. Même les plus grands imitateurs du monde n’arriveraient pas à donner le change autrement que de loin et sans qu’on y regarde de trop près.

De plus, soit Watson la trouve rajeunie de dix ans, s’émerveille que cette personne ait changé de caractère par rapport à avant et la phrase suivante, il pense qu’elle est sénile parce qu’elle a prononcé une phrase qu’il n’a pas comprise (mais que le lecteur, lui, a compris, puisqu’il a connaissance de la supercherie). Faudrait savoir.

Bref, le Watson de ce pastiche est horripilant en tant que personnage et en tant que narrateur, profitant de chaque occasion pour nous parler des dames qu’il a ou qu’il voudrait culbuter (pas en ces termes, mais c’est équivoque), de sa sagacité merveilleuse, de son sens de la déduction, de sa clairvoyance, alors qu’il n’a rien vu et que c’était sous son nez… Au lieu d’être drôle, c’est pitoyable.

Si le Holmes est plus au moins conforme à l’original (hormis pour certains points de détails qui ne m’ont pas trop gênée), ma préférence ira au Watson de Conan Doyle qui, sans être d’une fulgurance rare, était touchant dans son envie de bien faire ou de résoudre les enquêtes. Il était bien plus proche des lecteurs que ne l’est celui de ce pastiche.

Autre soucis, il ne s’y passe pas grand-chose dans ce roman qui fait tout de même presque 400 pages. La première disparition arrivant vers la moitié du récit et la seconde vers les trois quart…

J’avais atteint péniblement la moitié du roman (200 pages) que j’avais l’impression d’en avoir lu 400 tant je faisais du sur place ! Qu’il me faille 4 jours pour lire 400 pages et que je préfère regarder un ancien épisode d’Hercule Poirot dont je me souviens encore, c’est que le récit ne m’emballe pas.

Au rayon des bonnes choses (soyons positives), c’est que le contexte historique est très bien rendu. Moi qui reprocherai toujours à Doyle de ne pas avoir mis assez de morceaux d’époque victorienne dans ses récits, ici, j’ai été servie.

Il en est de même pour les atmosphères bien particulières des bas-fonds londoniens, de la misère, des écarts de salaire, les conditions de travail, le cross-country et des gangs de la capitale Anglaise.

Oui, c’est appréciable le fait que le côté historique soit présent, mais c’est peu, comparé à tout ce que j’ai dû ingurgiter comme redondances dans ce récit, comme si je lisais un feuilleton publié toutes les semaines et qu’il faille remettre en mémoire des lecteurs tout ce qui a été dit précédemment… Et faire de ce fait plus de pages.

L’auteur m’a donné l’impression d’applique à la lettre une des règles utilisée avec les chevaux (elle marche aussi avec les hommes) : répéter beaucoup ! Oubliant auparavant le « demander peu » et tout à la fin de « récompenser beaucoup »… Ici, je n’ai pas été récompensée du tout.

De plus, l’intrigue est faiblarde, molle du genou et ne cassera pas trois pattes à un coureur de cross-country ! Je matraque toujours, comme pour les pubs ou les élections.

Ma déception est grande et à la hauteur de mes attentes lorsque j’avais découvert ce pastiche holmésien qui me promettait, rien que par son titre, des moments d’émerveillements.

Mes yeux ont plus pleuré que pétillé et mon cœur n’a jamais battu plus vite durant ma lecture, même durant les moments d’intimité entre Holmes et Irene. Un comble !

La faute au texte insipide, à ce que l’auteur a choisi de nous raconter, laissant certaines explications dans le flou littéraire notamment comment Irene, en sauvant Holmes durant sa cavale, a fichu en l’air sa couverture et à été, de ce fait, découverte ?? Elle ne pouvait pas liquider les tueurs et s’en aller ? Comment les autres ont-ils fait pour additionner deux et deux et comprendre que Irene était le 007 que tout le monde cherchait ?? Mystère et boule de gomme.

Anybref, si les atmosphères londoniennes de ce roman sont bien rendues, tout le reste est insipide, les répétitions trop nombreuses, Watson passe pour un « crétinus débilus » de la pire espèce (ça ne lui rend pas justice), Irene est plus qu’en arrière-plan et n’enquête pas vraiment, même si elle participe aux réunions. Le titre est mensonger et survendeur !

Dame Ida avait lu le deuxième tome, j’ai lu le premier, mais croyez-moi, je laisserai tomber le suivant, même si je l’ai déjà acheté, pensant me faire une overdose de plaisir holmésien : ça a fait plus que pchiiiiiitttttttt……

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°98],Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°78].

Les enquêtes de Miss Merkel – 01 – Meurtre d’un baron allemand : David Safier

Titre : Les enquêtes de Miss Merkel – 01 – Meurtre d’un baron allemand

Auteur : David Safier
Édition : City (27/10/2021)
Édition Originale : Miss Merkel, Mord in der Uckermarck (2021)
Traduction : Jocelyne Barsse

Résumé :
Angela Merkel vient de prendre sa retraite. Avec son mari et son chien baptisé Poutine, elle a déménagé dans une région rurale d’Allemagne où l’on ne trouve que de grandes forêts et des lacs. Elle passe ses journées à faire des balades dans la nature et à faire de la pâtisserie…

Tout cela est d’un ennui absolument mortel ! Jusqu’au jour où son voisin, le baron Von Baugenwitz est retrouvé mort empoisonné et étouffé, vêtu d’une armure de chevalier, enfermé dans un donjon de son château. Enfin un problème à résoudre pour Angela !

Avec l’aide de son mari, de Poutine et surtout de Mike, son jeune et séduisant jeune garde du corps, elle se lance tête baissée dans l’enquête. Et ce ne sont pas les suspects qui manquent, car le baron assassiné collectionnait les femmes comme des trophées, au risque d’attiser les jalousies dans le voisinage.

Miss Merkel, reconvertie en détective amateur et digne héritière de Miss Marple, ne laissera rien passer. A moins que le tueur se charge d’elle avant qu’elle ait réussi à découvrir la vérité…

Critique :
Angela Merkel a pris sa pension, s’est retirée de la politique et maintenant, lorsque Poutine fait des siennes, cela veut juste dire qu’il a chié là où il ne fallait pas et qu’il faut nettoyer derrière lui… Rien n’a changé ? Si, si !

Le Poutine en question n’est pas le fameux Vladimir, mais le chien d’Angela, qui, comme son homonyme, laisse beaucoup de merde sur les tapis. Mais est moins dangereux que l’autre…

Après deux lectures émotionnelles fortes (Mon cheval de bataille / Sauver Mina), j’avais besoin de légèreté, de douceur, d’humour et surtout, de ne pas me prendre la tête.

Ce roman me semblait parfait pour remplir ses objectifs et il l’a fait, sauf pour un point : je me suis cassée la tête pour tenter de trouver l’identité du coupable et je n’ai pas réussi !

Tant mieux, cela veut donc dire que l’auteur a réussi à faire un cosy mystery léger, humoristique, sans pour autant sacrifier l’énigme sur l’autel de la facilité.

Je reproche souvent à certains cosy mystery de ne pas soigner les personnages et de nous pondre des stéréotypes facile ou de sombrer dans le manichéisme. L’auteur n’est pas tombé dans ce piège facile des Méchants et des Gentils.

Les habitants du village ont leur caractère et si la marchande de fruits est en rogne sur Angela, cela ne deviendra jamais une guerre sous la ceinture comme dans d’autres cosy où cela tourne souvent à l’exagération.

Pas besoin d’être fan de politique pour apprécier ce cosy, même pas besoin d’être d’accord avec la politique de l’ancienne chancelière d’Allemagne pour l’adorer dans un rôle d’enquêtrice en herbe.

Angela Merkel est ce qu’elle est, elle a marqué son époque en accédant au pouvoir alors qu’elle venait de la RDA… Certaines de ses décisions furent bonnes, d’autres très dures, certaines utopiques, mais laissons-ça de côté. Ici, on sent bien que l’auteur a de la tendresse pour son personnage, pour son époux que nous ne connaissons pas et le récit est parsemé d’humour qui fait du bien.

Vous n’échapperez pas à quelques anecdotes sur la vie politique d’Angela, à ses réminiscences sur les bisous baveux d’un italien que je ne nommerai pas, d’escargots servis chez un président normal ou de ses souvenirs sur sa vie en ex-RDA. Cela ajoute des petits plus à ce récit qui, sans eux, aurait pu concerner n’importe qu’elle femme enquêtant dans un petit village allemand.

Anybref, sans en donner l’impression, ce petit cosy mystery ne manque pas de profondeur sous ses airs de ne pas y toucher et sa résolution ne sera pas si facile que ça, n’en déplaise à Miss Merkel qui adore se prendre pour Sherlock Holmes, Hercule Poirot ou miss Marple, même si ce n’est pas aussi facile qu’elle le pensait.

Un cosy mystery distrayant, avec de l’humour, de la géopolitique (pas de trop), du mystère, une pléthore de suspects, des tas de théories et un duo d’enquêteurs qui sort de l’ordinaire : Angela Merkel et son mari Achim qui m’a fait penser à un membre de ma famille qui, comme lui, ouvre la bouche lorsqu’il faut se taire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°97].

Sherlock Holmes et le démon de Noël : James Lovegrove

Titre : Sherlock Holmes et le démon de Noël

Auteur : Sherlock Holmes et le démon de Noël
Édition : James Lovegrove
Édition Originale : Sherlock Holmes and the Christmas Demon (2019)
Traduction : Arnaud Demaegd

Résumé :
1890. Peu avant Noël, Sherlock Holmes et John Watson reçoivent à Baker Street la visite d’une nouvelle cliente. Eve Allerthorpe, fille aînée d’une dynastie prestigieuse, mais quelque peu excentrique du Yorkshire, se trouve dans une profonde détresse : elle se croit possédée par un démoniaque esprit de Noël.

Eve doit hériter d’une fortune à condition d’être saine d’esprit, mais il semble que quelque chose – ou quelqu’un – menace son équilibre mental.

Holmes et Watson partent enquêter au château de Fellscar, demeure familiale des Allerthorpe, mais s’aperçoivent vite que l’affaire est plus complexe qu’il y paraît.

Un autre esprit hante la famille ; et lorsque l’on découvre le cadavre d’un membre de la maisonnée, le duo comprend que nul n’est au-dessus de tout soupçon…

Critique :
Sûr et certain, le Père Noël est une ordure ! La preuve s’il en est : Sherlock Holmes est à sa poursuite ! Pas parce que le Père Nowel n’a rien mis dans ses petits souliers, mais parce que c’est un voleur !

Ce polar historique mettant en scène Holmes & Watson commençait déjà bien, avec une petite résolution d’enquête, à quelques jours de Noël.

Cette course poursuite pour attraper le voleur va apporter à Holmes une autre affaire qui semble sentir le fantastique, puisque une jeune se dit poursuivie par la malédiction du Thurrick Noir.

Si vous vous demandez ce que c’est que cette créature, je vous rassure de suite, rien à voir avec les bestioles de Lovecraft ! C’est juste le pendant du Zwart Piet chez les Hollandais ou du Père Fouettard chez les Belges et Français du Nord. C’est celui qui vient punir les enfants pas sages du tout.

Ce que j’ai apprécié, dans ce roman, c’est que pour une fois, on se retrouve avec un Holmes et un Watson sans créatures fantastiques. Oui, ça sent le fantastique, mais y croire ne le fait pas apparaître et Holmes est un esprit terre à terre.

L’enquête, sans être trop courte, évite l’écueil du trop long. C’est juste ce qu’il faut en nombre de pages pour garder du suspense, l’intérêt du lecteur et le récit évite de s’éterniser juste pour ajouter des pages. Le format des nouvelles convenant toujours mieux aux enquêtes de Holmes, si on fait trop long, généralement, on s’enlise et ça n’avance plus.

Les personnages, sans être canoniques à 100%, sont tout de même fort proches des originaux et l’auteur a bien mis en avant l’amitié qui unit Holmes et Watson. Les déductions du maître sont présentes, son caractère assez cynique aussi. Bref, c’est un véritable plaisir que de suivre le duo durant cette enquête, à quelques jours de Noël.

Le scénario est bien ficelé, l’enquête est bien menée et j’avoue n’avoir pas tout vu venir, comme quoi, le Maître dépassera toujours sa pauvre élève.

La plume est tout ce qu’il y a de plus correcte, agréable à suivre, avec des véritables passés simples et même quelques subjonctifs imparfaits ! Non, pas de bol, ce n’était pas les conjugaisons des verbes « savoir » et « recevoir »… Seuls les initiés comprendront et rigolerons un bon coup.

Anybref, c’est un excellent pastiche holmésien, qui relève le niveau de toutes les bouses que l’on a produit et que l’on produit encore. Sans être le policier de l’année, il tire bien son épingle du jeu, ou son fagot de bouleau (les enfants pas sages comprendront) pour rester dans le folklore du Thurrick.

À lire sans nécessairement écouter tomber la neige, impassible manège… Mais à lire bien au chaud sous un plaid, car dans le Yorkshire, ça caille !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°75] et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

 

Le défi Holmes contre Lupin et les brigades : Alain Bouchon [Par Dame Ida, Vieille Mégère de Plus de 50 ans]

Titre : Le défi Holmes contre Lupin et les brigades

Auteur : Alain Bouchon
Édition : Moissons Noires (17/08/2021)

Résumé :
Sherlock et Lupin réunis ! Août 1911.

À l’invitation de ses cousins Vernet qui ont loué une villa sur la côte, Sherlock Holmes remet le pied sur le sol français. Accompagné de son fidèle Watson et d’Harriett Cooper, amie et suffragette enragée, ils apprennent que Jenny Bradpick, la richissime héritière de l’empire Bradpick, portera, à sa prochaine sortie, une parure de diamants
ayant appartenu à la Du Barry.

Holmes comprend rapidement la raison de la présence de Lupin à Royan : il va voler les bijoux ! Mais cette manœuvre ne serait-elle pas destinée à masquer l’enlèvement du chimiste Mainsemet ?

Au Grand-Hôtel, plusieurs personnages attirent particulièrement l’attention de Holmes : le chef de réception, Périer, un ancien de la marine marchande ; Nob, un nain faisant fonction de groom ; les Bradpick père et fille, magnats de l’industrie américaine, etc. Il ne manquait plus que l’arrivée des Brigades du Tigre pour réaliser un sommet de la
cambriole.

Rien ne se passe décidément comme prévu sur la côte… Le cosy murder parfait à la Agatha Christie.

Mon avis [Par Dame Ida] :
Je suis assez exigeante en matière de pastiches holmésiens.

J’attends d’eux qu’ils respectent les personnages tels qu’ils furent crées par l’auteur, que l’intrigue soit digne du canon, et que le style honore la mémoire de Sir Doyle (Arthur, Ignatius Conan, le second prénom n’étant pas passé à la postérité et le troisième prénom Conan n’étant pas patronymique contrairement à ce que certains prétendent, se transmettant aux fils aînés de la lignée paternelle).

Autant le dire clairement, ce pastiche ne remplit pas ce cahier des charges.

Et pourtant… Pourtant… Il marche plutôt bien. C’est dire qu’il a forcément des qualités suffisamment appréciables pour faire oublier ses gros défauts.

Commençons par ce qui fâche : le personnage de Watson. Une très mauvaise blague.

L’auteur en fait un personnage parfaitement ridicule. Rien avoir avec le médecin pondéré soucieux de la santé de son ami, soutien indéfectible, fasciné par la puissance de déduction de Holmes.

Il n’est même pas le rédacteur consciencieux des aventures de son colocataire illustre. Certes quelques pages du journal intime de Watson viennent ponctuer ce roman, mais rien à voir avec un récit scrupuleux des enquêtes du Maître de Baker Street. Non.

Ici Watson est un parfait crétin qui ne pense qu’à se bâfrer entre deux siestes et à loucher sur les décolletés des dames, se laissant malmener par une fiancée suffragette. C’est l’un des Watson les plus insupportable et inutile qu’il m’ait été donné de lire.

L’auteur en a fait un personnage de mauvaise comédie, pour ne pas dire de dérision dont le lecteur est invité à se moquer.

Si l’auteur voulait apporter un peu de légèreté à l’œuvre il n’était pas obligé d’aller jusque-là car d’autres personnages secondaires occupaient parfaitement cet emploi.

La fin du roman m’a un peu déconcertée. La dernière vingtaine de page qui débriefe l’enquête apporte des éléments supplémentaires que le lecteur ne pouvait qu’ignorer, ajoute certes un regard neuf sur l’intrigue.

Cependant j’ai trouvé cet exposé quelque peu trop académique, comme une vérité tombant du ciel puisque rien ne pouvait permettre à l’auteur de saisir les tenants et aboutissants de l’histoire. Certes, certaines nouvelles du canon finissent un peu pareil, et que dire des révélations finales des enquêtes de Poirot…

Peut-être qu’il aurait fallu alléger un peu et éviter le double ressort du dernier chapitre quitte à laisser le lecteur un peu sur sa faim en ayant pas les réponses à toutes les questions qu’il pouvait encore se poser. Là j’avoue avoir trouvé ça un peut too much.

Malgré l’académisme des ultimes révélations je dois tout de même avouer que l’intrigue était très bien construite, suffisamment complexe sans l’être trop ce qui pourrait décourager le lecteur de réfléchir avec Holmes et les indices distillés avec à propos.

Si j’ai détesté ce que l’auteur a osé faire de Watson, Holmes est quant à lui respecté même s’il semblera manquer parfois d’un peu de profondeur ou de consistance par rapport à l’original, l’auteur restant aussi sobre que possible dans sa présentation de son personnage principal dans un soucis d’éviter de le dénaturer et de préserver sa part de mystère.

Les personnages secondaires sont quant à eux bien campés, parfois hauts en couleur, l’auteur en développant la psychologie de manière adroite pour les rendre bien vivants.

Mais ce qui m’a scotchée c’est le souci de l’auteur à faire évoluer ses personnages dans un décor aussi authentique que possible. Je n’imagine pas le travail de recherche colossal qu’il a dû réaliser pour dépeindre avec références à l’appui le Royan de 1911 et les mœurs de la bourgeoisie française de la fin de la Belle Époque.

Et cerise sur le pompon, en plus de la recherche historique précise pour ne pas dire acharnée de l’auteur, je saluerai son style parfaitement représentatif du roman populaire de ces années là, aussi bien dans le choix du vocabulaire, de la construction des phrases et des dialogues ainsi que dans son art consommé des descriptions.

C’est sur ce point une véritable réussite si l’on excepte la tendance de Watson à parler en utilisant un mauvais mélange d’anglais et de français, de plus en plus marquée à mesure qu’on s’approche de la fin. C’était selon moi parfaitement inutile et en rajoutait une louche sur le ratage apocalyptique du Watson de ce roman.

Comme je disais plus haut, respecter le style très victorien de Doyle dans les pastiches est pour moi un incontournable dans le cahier des charges.

Pourtant, ce n’est pas du tout le cas ici puisqu’on retrouve parfaitement imité, le style des romans français du début du vingtième siècle, ce qui n’était effectivement pas celui de Doyle.

Mais c’est ici tellement réussi que je passerai volontiers l’éponge parce qu’après tout… même si Holmes est aux affaires, tout ça se passe dans la France de 1911, non ?

Anybref, avec un Watson plus canonique, un Holmes plus affirmé voire péremptoire et un débriefing final plus ramassé l’ensemble aurait été parfaitement à mon goût, car en amatrice d’histoire j’ai été très sensible à l’effort magistral de l’auteur pour rendre compte d’une époque à travers le décor qu’il donne à son intrigue et un style Belle Époque.

Merci à Dame Belette pour cette découverte sympathique.

 

Blacksad – Tome 6 – Alors, tout tombe (1/2) : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 6 – Alors, tout tombe (1/2)

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (01/10/2021)

Résumé :
Chargé de protéger le président d’un syndicat infiltré par la mafia à New York, John Blacksad va mener une enquête qui s’avèrera particulièrement délicate… et riche en surprises.

Dans cette histoire pour la première fois conçue en deux albums, nous découvrons à la fois le quotidien des travailleurs chargés de la construction du métro dans les entrailles de la ville, mais également la pègre et le milieu du théâtre, contraste absolu entre l’ombre et la lumière, le monde d’en bas et celui d’en haut incarné par l’ambitieux Solomon, maître bâtisseur de New York.

Le grand retour de la série star de la bande dessinée !

Critique :
La mafia des Belettes ? Punaise, les auteurs doivent m’en vouloir pour faire de mon animal totémique un mafioso…

Ma lecture du sixième tome commençait bien.

Une fois de plus, les particularités intrinsèques des différents animaux sont parfaitement utilisées et c’est toujours un régal pour les petites mirettes de se plonger dans une album de Blacksad.

Notre chat renoue avec les histoires sombres et le scénario est étoffé. Une fois n’est pas coutume,  les magouilles politiques sont sur le devant de la scène et l’on comprend vite que tout va bien plus loin qu’on ne pourrait le penser. La toile est gigantesque, comme toujours.

Plusieurs événements qui semblent n’avoir aucun rapport entre eux (la pègre, le théâtre, le métro, les travaux de construction en surface), qui semblent être sur des voies différentes, commencent à se rapprocher, sans que l’on sache encore à quel aiguillage ou à quelle gare ils vont se télescoper.

La mafia des belettes a infiltré le syndicat des taupes, ceux qui construisent le métro de New-York et tentent de décapiter la tête de ce syndicat. Tous les moyens sont bons, vous le savez comme moi et notre Blacksad n’aura pas le temps de se tourner les pouces. Weekly non plus, mais de son côté, en jouant au parfait petit journaliste pour ne pas perdre sa place.

Comme toujours, le scénario aborde plusieurs cas de la société, comme le harcèlement sexuel, les mains baladeuses, les pauvres filles obligées de jouer le jeu pour payer leurs études…

Les mauvaises conditions de travail seront mise sur le tapis aussi, avec ceux qui construisent le métro et les aigrefins de la construction qui sont prêts à tout pour bâtir leur empire qui leur survivra.

On renoue vraiment avec le Blacksad des débuts. Les ambiances, même les plus colorées, ne sont jamais loin de la sombritude (néologisme offert) des conditions sociales des pauvres gens, à la merci des plus riches qui détiennent le pouvoir, l’argent et le pouvoir.

J’avais peur que ce sixième album ne soit pas à la hauteur, mais plus maintenant. Je n’ai qu’une envie, c’est de lire la suite pour voir comment tout ce beau merdier, dans lequel certains se trouvent englué, va se résoudre. Et pour savoir ce que va apporter le retour d’un personnage d’un ancien tome.

Ah, ces cliffhangers de malade qui nous laissent, pauvres lecteurs et lectrices, dans l’attente de la suite.

Mon avantage d’avoir découvert Blacksad cette année, c’est que je n’ai pas dû attendre des années en ma lecture du tome 5 et celle du 6… Maintenant, cela va changer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°64], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°87] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages).

Blacksad – Tome 5 – Amarillo : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 5 – Amarillo

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2013)

Résumé :
Weekly doit quitter La Nouvelle-Orléans ; il y laisse John qui préfère rester pour chercher du travail sur place.

Par chance, celui-ci croise justement un riche Texan qui lui propose de ramener sa voiture chez lui : un boulot simple et bien payé !

Critique :
Blacksad décide de rester à la Nouvelle-Orléans et son pote Weekly le quitte à regret.

Moi aussi j’ai regardé partir Weekly avec regrets car c’est un personnage que j’apprécie beaucoup.

Heureusement, les auteurs vont m’en sortir un nouveau de leur poche : Neal, un avocat éditeur avec une belle tête d’hyène et une gueule sympathique.

Dommage que sa collaboration avec notre chat détective s’arrêtera à ce tome…

Ce récit commence comme des vacances pour notre Blacksad, un peu à la manière du Corniaud, le voici chargé de reconduire la Cadillac d’un riche Texan à Tulsa. Voilà un boulot pépère et bien payé. Notre chat roule, la pédale douce.

Oui mais, tel un Hercule Poirot sur lequel pleuvent les meurtres lorsqu’il prend des vacances, les emmerdes, volant en escadrille (et non en espadrilles), lui tombent dessus sans qu’il sache vraiment comment faire pour gérer tout ça.

Plusieurs choses resteront sans réponses dans ce cinquième tome : comment le riche texan réagira t-il en découvrant sa superbe bagnole cabossée de partout et puant le macchabée ? Pourquoi Chad, le beau lion et écrivain talentueux sur le retour et son pote Le Bison, poète qui se prend pas pour de la merde, ont-ils volé une moto et ensuite la bagnole de Blacksad ? La villa vue au départ leur appartenait-elle ou l’avaient-ils squattée ? Que deviendra le rouleau aux chiottes ? Mystères…

Si ce tome n’est pas mou du genou, si les dessins sont toujours magnifiquement exécutés, si les expressions faciales sont toujours superbes et d’une finesse que j’apprécie, si les couleurs sont chatoyantes, j’ai tout de même eu l’impression que notre détective félin se laisse emmener plutôt que de mener la danse.

Les personnages, même secondaires, ont une importance capitale et ceux de Neal l’avocat gouailleur et de Chad, l’auteur a succès qui doute, sont des portraits magnifiques et plein de profondeur.

Notre incursion dans le monde impitoyable du cirque ne nous donnera pas envie d’aller acheter un billet, mais cela permettra à Blacksad de nous montrer qu’il a encore de la ressource et de faire connaissance avec sa frangine.

Road movie les poils au vent, ce cinquième tome n’a pas la force des trois premiers, même s’il reste d’excellente facture et supérieur à bien d’autres bédés. Malgré tout, ces avalanches de situations alambiquées semblent n’être là que pour meubler un peu.

Pourtant, j’ai passé un bon moment avec mon Blacksad, un peu comme si nous étions en vacances et qu’il nous arrivait des bricoles amusantes, avant qu’elles ne deviennent franchement dangereuse pour notre santé.

À noter que le final est très beau… Fallait avoir des couilles, Chad, et tu les as eues.

Maintenant, sans attendre des années, je vais passer au nouveau tome qui vient de sortir. Parfois, découvrir des séries sur le tard, ça a du bon.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°62], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°86] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Dans la tête de Sherlock Holmes – Tome 2 – L’Affaire du ticket scandaleux : Cyril Lieron et Benoit Dahan

Titre : Dans la tête de Sherlock Holmes – Tome 2 – L’Affaire du ticket scandaleux

Scénariste : Cyril Lieron et Benoit Dahan
Dessinateur : Benoit Dahan

Édition : Ankama Éditions (24/09/2021)

Résumé :
Alors que Sherlock Holmes et le Dr Watson sont sur la piste du magicien chinois Wu-Jing, le ministre des Colonies Britanniques est à son tour visé.

Cette fois, ce sont les plus hautes sphères de l’État qui sont frappées. Quel genre de complot le sulfureux mage peut-il bien tramer ?

Le célèbre détective est décidément confronté à un personnage aussi secret qu’inquiétant et il n’est pas au bout de ses surprises…

Critique :
Alors là, une fois de plus, je m’incline bien bas et tant pis pour mes raideurs ! Voilà une bédé intelligente et foutrement bien faite !

Non seulement le scénario de l’enquête tient la route parfaitement, non seulement il n’y a pas d’élément fantastique et en plus, tout se tient, tout est clair et le fil rouge est toujours là pour vous guider, même quand il se casse.

Si j’avais dû penser à un album pareil, je pense que j’aurais fini mes jours à l’hôpital psychiatrique. En tant que lectrice, je termine au panthéon de la bédé, au summum du plaisir livresque.

Donner aux lecteurs (et lectrices) le plaisir de se retrouver DANS la tête de Sherlock Holmes au moment de ses déductions, de ses pensées lorsqu’il fume 5 pipes pour résoudre cet épineuse énigme dont je ne m’étais pas doutée de la solution finale avant de la découvrir par transparence (suggérée par les auteurs).

Ce qu’il se passe dans la tête de Holmes est bien imaginé, bien mis en scène, bien illustré (ah, la biblio avec les livres importants) et durant toute l’histoire, nous suivrons donc ce fameux fil rouge illustrant le fil de l’enquête.

Les auteurs ont même pensé à ajouter un plan de Londres pour nous montrer la route suivie par Holmes et Watson, en fiacre. La cerise sur le gâteau déjà somptueux…

L’Angleterre ne sortira pas grandie du final… Nos nations n’ont pas à se gausser, elles n’en sortiraient pas grandies non plus !

Une excellente bédé mettant en scène un Sherlock Holmes tel que je l’apprécie le plus : suivant une enquête, faisant des déductions, entraînant un pauvre Watson dans son sillage, qui, comme nous, ne comprendra pas avant de se trouver face à leur ennemi, qui, heureusement, n’est pas Moriarty !

Une bédé intelligente, innovante, surprenante (même si je ne suis plus surprise puisque j’ai lu le premier tome direct après sa sortie), qui ne sombre jamais dans l’excès et qui réussi à ne pas se prendre les pieds dans le tapis.

L’exercice n’était pas simple, vu la particularité de ce récit qui nous plonge dans la tête de Holmes et qui nous montre, au travers de petits médaillons, les différents indices récoltés. Qu’ils soient importants ou pas…

Génial, tout simplement !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°58], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°73], et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages).

Superman – Terre-Un – Tome 2 : Joe Michael Straczynski et Ardian Syaf 

Titre : Superman – Terre-Un – Tome 2

Scénariste : Joe Michael Straczynski
Dessinateur : Ardian Syaf

Édition : Urban Comics DC Deluxe (2016)

Résumé :
Après ses premiers combats, le novice Superman se croit isolé du reste de l’humanité. Mais la confrontation avec un autre Kryptonien survivant va remettre en cause toutes ses certitudes. (Contient Superman: Earth-One, book 3)

Critique :
Le tome 1 m’avait emballé et malheureusement, j’ai mis 6 mois à lire le suivant… Honte à moi !

Pour rappel à ceux qui ne suivaient pas dans le fond de la classe, le concept « Earth-One » (Terre-un) est une relecture moderne de l’univers du super-héros.

On peut donc indépendamment les lire de la saga Superman, les récits sont complets en deux tomes et on revisite les origines, la genèse du super-héros à qui l’album est dédié.

Revisite ne veut pas dire hérésie, c’est revisité de manière intelligente et la genèse connue de tous n’a pas changée, sauf en ce qui concerne le personnage de Lex Luthor.

La version avec Batman était du tonnerre de Dieu et je peux y ajouter celle avec Superman. Tant au niveau du scénario que des dessins.

Le graphisme est magnifique, les visages sont bien réalisés, les couleurs sont lumineuses ou sombres, selon les cases, mais sans jamais devenir illisibles. Superman est hyper sexy et n’a pas son côté boyscout des premiers films. Il est plus humain, si je puis dire. Il doute, se pose des questions. Il a des faiblesses et se retrouve isolé.

L’ennemi qu’il affrontera sera à la hauteur. Pas un ennemi de pacotille en papier mâché. Les scènes de combat sont bien réalisées, elles sont dynamiques, sans pour autant n’être que de la baston pure et dure.

Loin des onomatopées du dessin animé Dragon Ball Z, nos deux combattants se parleront, sans que leurs discussions soient neuneu ou peu réalistes.

Cela tient aussi aux différents personnages qui ne sombrent jamais dans le manichéisme. Le Méchant n’est pas un tendre, loin de là, il voulait dominer aussi son Monde, mais il ne fait pas Méchant d’opérette comme c’est souvent le cas dans la littérature. Lex Luthor lui-même doute…

Un scénario intelligent, de l’action, du rythme, de la profondeur, des graphismes superbes, des personnages non manichéens…

Anybref, un excellent diptyque pour découvrir Superman sans s’engager dans une collection volumineuse ou tout simplement juste pour le plaisir de découvrir la relecture de la genèse de l’enfant de Krypton avec un scénario qui n’a rien de bancal !

Moi, j’ai pris mon pied avec Kal-El.

Hercule Potiron – Tome 2 – Hollywood : Pierre Veys et Giancarlo Caracuzzo

Titre : Hercule Potiron – Tome 2 – Hollywood

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Giancarlo Caracuzzo

Édition : Delcourt (2009)

Résumé :
Nous retrouvons le célèbre détective Hercule Potiron à Hollywood. La Metro Goldfish Mayer lui a proposé un pont d’or pour qu’il interprète son propre rôle à l’écran.

Révolté par l’indigence des scénarios qu’on lui réserve, il décide d’écrire lui-même les meilleures intrigues criminelles que son puissant cerveau puisse imaginer, ce qui aura pour conséquence de plonger les Etats-Unis d’Amérique dans le chaos…

Critique :
Autant où le premier album m’avait enchanté, autant le second ne m’a pas fait le même effet…

Si dans le premier, la parodie était drôle, fine, grinçante et très bien fichue, autant où j’ai eu l’impression que dans cet album, le scénario tournait un peu en rond sans trop savoir où aller.

« Silence, ça tourne ! » C’est que l’on crie à Poirot qui est à la MGM pour  interpréter son propre rôle à l’écran, bien entendu, imbu de lui-même comme il est, cela ne se passe pas comme tout le monde le voudrait.

Durant toute une partie de l’album, je me demandais même si nous allions avoir une enquête car j’assistais juste à des scènes de tournages du film consacré à Poirot dont notre détective avait réécrit les scénarios.

Il faut arriver quasi à la fin de l’album pour voir le double fond et à ce point de vue là, il était vachement bien trouvé et il m’a fait rire.

Mais avant d’arriver à ce petit caviar, il faut se farcir une très longue mise en place totalement dénuée de suspens, puisque Poirot tourne son propre rôle, tout en se moquant de Nasting et l’inspecteur Spratt.

Si le final est excellent, le développement est assez long et pas toujours des plus palpitant à lire, ni des plus drôle, contrairement au premier tome.

Je ressors mitigée de cette lecture, qui manquait un peu de pep’s. Par contre, les cases illustrant les studios de tournage de la MGM étaient super.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°47] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Blacksad – Tome 4 – L’Enfer, le silence : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 4 – L’Enfer, le silence

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (17/09/2010)

Résumé :
Années 1950, La Nouvelle-Orléans, où la fête de Mardi gras bat son plein.

Grâce à Weekly, un producteur de jazz dénommé Faust fait la connaissance de Blacksad. Faust demande à ce dernier de s’occuper d’une affaire : un de ses musiciens, le pianiste Sebastian, a disparu. Il n’a pas donné signe de vie depuis des mois, mettant en péril le label musical privé d’une star.

Faust craint que Sebastian ait, une fois de trop, sombré dans la drogue. Sa requête est d’autant plus pressante que Faust se sait atteint d’un cancer.

Blacksad accepte la mission et découvre peu à peu que Faust ne lui a pas tout dit. Il s’aperçoit qu’il est lui-même manipulé, mais décide tout de même de retrouver Sebastian pour comprendre les raisons de sa disparition. Il ne sait pas encore qu’il va connaître son enquête la plus éprouvante, à plus d’un égard.

Critique :
Quel plaisir de retrouver John Blacksad, un de mes détectives préférés (après Holmes, bien entendu), dans une nouvelle enquête.

Moi qui le découvre seulement maintenant, je me régale à chaque fois que j’ouvre un album.

La Nouvelle-Orléans… Son carnaval, ses guérisseuses, ses légendes, le jazz…

Cette fois-ci, Blacksad, aidé de la fouine Weekly, enquête dans le milieu de la musique.

Sebastian « Little Hand » Fletcher, un pianiste de talent, qui a disparu et son producteur, Faust Lachapelle, a engagé notre chat noir afin d’enquêter sur cette disparition mystérieuse.

Les dessins et les couleurs sont toujours un régal pour les yeux, à la limite de l’orgasme visuel.

Le scénario semble conventionnel au départ mais comme d’habitude, il s’éloignera du classique pour entrer dans du plus sombre et faire sortir des secrets que chacun cache. Et personne n’a envie que ses secrets remontent à la surface !

Dans ce 4ème tome, les auteurs abordent la misère qui règne dans certains quartiers, obligeant les gens à vivre d’expédient, de mendicité,… Certains sombrent dans la drogue et les puissants n’hésitent jamais à exploiter la misère des uns pour assurer leur fortune.

Heureusement que Weekly vient apporter sa petite note d’humour dans ces pages bien sombres.

Mon léger bémol sera pour le final qui arrive un peu trop vite à mon goût… Le récit est rempli de mystères, de non-dits, de rebondissements, d’action, de violence, de sombritude (néologisme offert) et puis bardaf, le final tombe brusquement et tout nous est expliqué un peu trop rapidement.

Mais ceci n’est que pinaillage comparé à l’excellence des dessins, des couleurs, des personnages, des dialogues et du scénario qui est tout de même en béton. Quelques pages de plus auraient permis de prendre un peu plus son temps dans la résolution finale.

Merde, il ne me reste plus qu’un seul album à découvrir….

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°28], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°79] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).