Mycroft Inquisitor – Tome 2 – La Bête d’écume : Christophe Arleston, Dominique Latil & Jack Manini

Titre : Mycroft Inquisitor – Tome 2 – La Bête d’écume

Scénaristes : Christophe Arleston & Dominique Latil
Dessinateur : Jack Manini

Édition : Soleil Productions (1997)

Résumé :
Mycroft d’Aquilée est inquisiteur privé. Bien qu’il n’en ait pas l’allure, ce Sherlock Holmes des étoiles est un redoutable adversaire pour les criminels. On ne se méfie pas assez des petits vieux !

Évidemment, ses tarifs sont assez élevés. Mais ne raconte-t-on pas que certains de nos plus éminents gouvernants ont parfois recours à ses services ? Surtout lorsqu’il s’agit des Mondes des Confins…

Depuis bientôt mille ans, l’homme est maître des étoiles et de la galaxie. Des millions de vaisseaux de ligne relient chaque jour entre eux les innombrables mondes connus : planètes de la Fédération, colonies indépendantes, mondes laissés aux indigènes intelligents.

Mais si la technologie évolue régulièrement et de façon spectaculaire, ce n’est pas le cas de l’homme.

Depuis la plus haute antiquité, il se livre toujours aux mêmes activités : le commerce, l’étude, la recherche des plaisirs, et parfois le crime…

Écume est un véritable paradis : un océan magnifique, une luxuriante forêt primitive… C’est là que se bâtit un complexe touristique destiné à devenir le havre des plus fortunés de la Galaxie.

Pourtant, tout se passe mal : un ingénieur disparaît, des traces d’une bête étrange apparaissent… Mycroft se retrouve mêlé à une des affaires les plus intrigantes de sa longue carrière d’inquisiteur privé…

Critique :
Nouvelle enquête et donc, nouvelle planète pour notre duo de choc : l’inquisiteur Mycroft d’Aquilée et sa bombasse d’assistante, Morgane.

Dans les Confins, sur une nouvelle planète, on construit un complexe hôtelier de luxe et un ingénieur à disparu alors qu’il prenait un bain dans un lagon qui invite au barbotage.

Mycroft est partant, de toute façon, tant qu’on le paie grassement, lui, il y va.

Si les paysages sont de rêves, le reste l’est un peu moins : disparitions inquiétantes, tentatives d’élimination ou juste pour faire peur à nos deux enquêteurs et on parle en plus d’une créature monstrueuse qui hanterait les lieux.

Aucun humains ne l’a vue, mais les autochtones, les Indoles, l’ont vue, eux. Les Indoles sont des créatures bleues qui aiment les couleurs vives et qui sont utilisées comme main d’œuvre bon marché par les constructeurs du futur complexe. Hé oui, on a beau aller à l’autre bout de l’univers, l’Homme reste toujours le même.

Dans ce deuxième tome, la qualité de l’enquête et son originalité sont toujours bien présentes, nos deux amis vont avoir fort à faire pour dépatouiller toute cette affaire qui pue le souffre.

Notre belle Morgane va même se trouver un beau mec pour jouer à la bête à deux dos avec et là, je n’ai qu’une chose à dire « quelle souplesse ».

Mycroft est toujours aussi cynique, toujours aussi fouille-merde et son jeu préféré est toujours d’étudier les relations entre les invités lors d’un dîner mondain. Effectivement, ça gâche souvent les petits-fours de son associée qui elle, aimerait manger en paix.

Une fois de plus, l’enquête et sa résolution finale sont bien troussées, on ne la voit pas venir, même si on devine quelques pistes. Le tout est de relier tous ces petits détails insignifiants entre eux.

Mycroft est champion là-dedans, c’est pour cela qu’il coûte aussi cher.

Une relecture toujours aussi agréable puisque, une fois de plus, j’avais tout oublié.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

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Mycroft Inquisitor – Tome 1 – Une fragrance de cadavre : Christophe Arleston, Dominique Latil & Jack Manini

Titre : Mycroft Inquisitor – Tome 1 – Une fragrance de cadavre

Scénaristes : Christophe Arleston & Dominique Latil
Dessinateur : Jack Manini

Édition : Soleil Productions (1995)

Résumé :
Depuis bientôt mille ans, l’homme est maître des étoiles et de la Galaxie. Des millions de vaisseaux de ligne relient chaque jour entre eux les innombrables mondes connus : planètes de la Fédération, colonies indépendantes, mondes laissés aux indigènes intelligents.

Mais si la technologie évolue régulièrement et de façon spectaculaire, ce n’es pas le cas de l’homme. Depuis la plus haute antiquité, il se livre toujours aux mêmes activités : le commerce, l’étude, la recherche des plaisirs, et parfois le crime…

Mycroft d’Aquilée est inquisiteur privé. Bien qu’il n’en ait pas l’allure, ce Sherlock Holmes des étoiles est un redoutable adversaire pour les criminels. On ne se méfie pas assez des petits vieux !

Évidemment, ses tarifs sont assez élevés. Mais ne raconte-t-on pas que certains de nos plus éminents gouvernants ont parfois recours à ses services ? Surtout lorsqu’il s’agit des Mondes des Confins…

Accompagné de Morgane, sa délicieuse collaboratrice, Mycroft se rend à Caprale pour résoudre une énigme sur la contrefaçon d’inestimables flacons de vins de fleurs.

Mais sur l’île du Maître Floraliste, ce sont des cadavres qui l’attendent…

Critique :
Mycroft, en inquisiteur et dans qui enquête dans l’espace ! Oui, ça risque d’en effrayer certain(e)s pourtant, c’est tout de même assez bien foutu dans l’ensemble.

Mon seul bémol sera pour le manque d’humour auquel Arleston nous a habitué dans ses autres séries, mais si on n’a pas son quota de jeux de mots, on aura tout de même quelques belles réparties car Mycroft ne manque pas de cynisme et d’ironie.

— Mycroft !   Ce que vous venez de faire est proprement immoral !
— Je sais, mon petit. Mais j’ai des frais, vous comprenez !

On a beau se trouver face à une enquête à 100% SF, pour moi, ça reste une enquête et même s’il n’est noté nulle part que nous avons affaire au grand frère de Sherlock, Mycroft d’Aquilée a tout de ceux qui l’ont sans aucun doute inspiré.

— Je dois vous avouer que lorsque j’ai répondu à l’annonce je ne vous imaginais pas comme ça !!
— Ma chère Morgane, peu importe le physique, un bon inquisiteur se fie avant tout à son cerveau et à sa logique.

Niveau déductions, il ne nous les sort pas comme Sherlock – dommage – mais il reste tout de même un enquêteur de pointe et très intelligent. D’ailleurs, il le sait.

Mycroft a beau avoir de l’âge, porter un kilt, une casquette ridicule et fumer un narguilé directement relié à une espèce de bourse pendant devant les siennes, il n’en reste pas moins un homme attaché aux détails et aimant pousser les gens dans leurs retranchements afin d’arriver à la vérité.

Se rendant à Caprale (là où on fabrique des vins exquis à partir de fleur) pour une simple enquête à propos de faussaires, voilà notre Mycroft et son assistante, la pulpeuse Morgane, face à un crime atroce : un décapité qu’on a jeté ensuite dans la cuve de nectar.

Mais que fait l’agence fédérale pour la sécurité alimentaire ?? Le vin va avoir un goût.

Minutieusement, notre Mycroft va enquêter, ne pas tout dévoiler à sa sexy assistante, regarder tout de monde de travers, leurs sortir leurs quatre vérités afin de démasquer le coupable et de tenter de savoir qui en veut ainsi à sa vie et à celle de Morgane.

Comme dans un bon Hercule Poirot, notre Inquisiteur Enquêteur rassemblera tout le monde à la fin pour tout nous expliquer et confondre l’assassin.

Et c’est là que l’on rajoute la chantilly sur une pâtisserie qui était déjà exquise car les auteurs ont tout de même fait en sorte de nous offrir une résolution à laquelle on ne s’attend absolument pas.

Ils auraient pu faire dans du basique, mais non, ils se sont creusés les neurones pour nous étonner et ils ont bien fait.

Je m’étais bien amusée à découvrir cette bédé il y a 1 an et la relecture n’a rien entamé de ce plaisir car, en plus, j’avais tout oublié de l’identité du coupable.

Comme quoi, avec des bons scénaristes aux commandes, on peut envoyer une sorte de Mycroft Holmes dans l’espace sans que cela nuise au personnage car il est là-dedans comme un poisson dans l’eau.

— Morgane, voulez-vous coucher avec moi ?
— Pardon ??
— Oh, je me suis peut-être mal exprimé… Je voulais dire qu’on a déjà attenté à notre vie, et que la prudence élémentaire voudrait que nous ne nous séparions pas. Vous prendrez mon lit, je dormirai dans le fauteuil.
— Ahhh ! Oui, bien sûr.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Moriarty Tome 3 : Ryosuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty Tome 3

Scénariste : Ryosuke Takeuchi
Dessinateur :  Hikaru Miyoshi

Édition : Kana (07/12/2018)

Résumé :
Soupçonné du meurtre du comte Drebber, Sherlock Holmes a été arrêté et incarcéré par Scotland Yard.

Afin de démasquer celui qui a manigancé ce piège, Sherlock Holmes prend l’enquête en main…

Avec l’entrée en scène du célèbre détective, décidé à faire la lumière sur les zones d’ombre de l’Empire britannique, l’ambitieux « projet » de William entre dans une nouvelle phase.

Critique :
C’est toujours un peu déroutant de retrouver les enquêtes du canon holmésien misent à une autre sauce, additionnée d’un soupçon de l’adaptation de la BBC.

Perturbant, déroutant, mais ce qui me perturbe encore plus que ce bon vieux Charles Baskerville devenu un pervers de la pire espèce, ce sont les tutoiements entre Holmes et Watson, ainsi qu’avec les inspecteurs de Scotland Yard.

Dans la version remise à notre époque de la BBC, no problem, c’est logique, mais bordel de dieu, pas dans l’Angleterre coincée du bulbe (pour reste polie).

Pire encore… Oui, j’ai trouvé encore pire qu’un attelage de deux chevaux dont les colliers de traction n’ont pas de sangle à la taille, dont les traits ne possèdent ni avaloir, ni reculement, ni de sangles pour soutenir les traits sur l’arrière (Jésus !) et où les deux meneurs guident chacun un cheval… Là, c’est du jamais vu, mais je suis ouverte à tout… Hum…

Là où j’ai défailli, c’est lorsque Holmes, cherchant des indices et mettant la main sur un, répond à Watson qu’il était en train de faire un pet pour ne pas que les inspecteurs de Scotland Yard comprennent qu’il s’est abaissé pour ramasser quelque chose !!!!!

Vous me direz que tout le monde pète, les rois, les papes, les présidents, les princesses… Mais punaise, dans l’Angleterre guindée de Victoria, on pète sans le dire et on ne prend pas cette excuse pour justifier ce qu’on fait.

Anybref, malgré ces bémols, la série avance bien, on comprend un peu mieux les désidératas de Moriarty et on comprend qu’il est en train de faire Sherlock Holmes. Que ce dernier est son alter ego, mais de l’autre côté de la barrière.

Là où le bât blessera tout de même un peu, c’est que les nobles sont souvent présentés tous comme des déviants, des pervers, des salopards finis, des médaillés d’or de la méchanceté gratuite. Un peu de distinction ne ferait pas de mal, ce serait plus réaliste aussi.

Je ne vais pas bouder mon plaisir car ce tome fait la part belle à Holmes dans sa première partie, A Study In Scarlett et nous plonge ensuite dans l’extra glauque avec ce Baskerville qui dans cette version, est infiniment bien pire que son ancêtre perverti, celui qui avait été tué par un chien maudit.

Une séria manga pour ceux ou celles que la revisite du canon holmésien n’effraie pas et ne rebute pas car elle va plus loin que les autres, frôlant un peu la revisite de la BBC qui nous avait offert un Moriarty à la hauteur de Holmes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Agatha Raisin enquête – Tome 14 – Gare au Fantôme – Qui vivra verra ! : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 14 – Gare au Fantôme –  – Qui vivra verra ! [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole Officielle au Service de Dame Belette et Spécialiste Patentée (mais très tentée) de l’œuvre Agathesque]

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (31/10/2018)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 14 : And the Haunted House (2003)
Traducteur : Clarisse Laurent

Résumé :
Croyez-vous aux fantômes ? Mrs Witherspoon, une vieille mégère détestée de ses voisins et de ses propres enfants, se plaint de visites spectrales. Chuchotements, bruits de pas, brouillard suspect… sa maison serait hantée ! Les blagues vont bon train au village : mensonges ou hallucinations ?

Lorsque la vieille dame meurt dans des circonstances suspectes, plus personne ne rit : s’agit-il d’une farce qui a mal tourné ou d’un règlement de compte ? Mrs. Whiterspoon avait-elle de féroces ennemis ? Quels dangereux secrets abrite sa demeure ?

Agatha Raisin n’a plus l’âge de jouer aux fantômes mais bel et bien celui de traquer des meurtriers. Avec l’aide de son voisin, le charmant Paul Chatterton, elle compte bien démasquer ces « revenants » qui ont déjà fait beaucoup trop de mal.

Résumé par Dame Ida : Or donc, Mr Armitage, le voisin d’Agatha, auteur de romans policiers qui avait repris le cottage de James Lacey, est parti à son tour et c’est un nouveau venu à Carsely qui le remplace.

Celui-ci s’appelle Paul Chatterton, est informaticien freelance, et accessoirement marié à une jeune et volcanique ibère qui a le bon goût de ne pas aimer le climat Grand Breton, et préfère faire des allers retours entre l’Espagne et les Costwolds dont elle voudrait que Paul déménage pour aller s’établir avec elle au soleil (donc plus en Grande Bretagne mais en Espagne, tout le monde aura compris, mais je précise au cas où !).

Anybref, mon petit doigt me dit que le cottage sis près celui de Dame Agatha est maudit et condamné à voir ses habitants défiler… A moins que ce soit Agatha qui porte la poisse ? Allez savoir…

Oui… Ok… c’est pas ça l’histoire… Mais laissez-moi planter le décor tout de même ! Mettre l’ambiance et tout et tout…

Bref… Agatha revient de Londres (ça commence souvent comme ça n’est-ce pas ?), et snobe ostensiblement, ce nouveau voisin que tout le monde croit célibataire à Carsely (Mrs Chatterton est restée en Espagne) et que toutes les vieilles biques du coin essaient de séduire.

Ben oui, une fois de plus Agatha a juré ses grand dieux que c’en était fini des hommes (Ah ? C’est pas la première fois ? Vraiment ?) tourne en boucle sur ce salaud de James (que c’est original !) etc… Et c’est donc son voisin qui va faire le premier pas, puis le second, parce qu’Agatha ne lui rend pas la tâche facile…

Et v’là que l’informaticien vieillissant mais encore bien conservé commence à troubler Agatha. Comme c’est surprenant ! Agatha flirte avec tous ses voisins et les épouse à l’occasion, vous savez bien… c’est une sorte de constante aussi fiable que celles qui régissent la course des astres, et concernant Agatha… surtout le cours des désastres !

Et comme si ça ne suffisait pas, apprenant ses qualités d’enquêtrice, il la convainc qu’aller avec lui à la chasse aux fantômes chez une certaine Mrs Whiterspoon, une très très vieille chouette mal lunée qui peut nous laisser imaginer ce que pourrait devenir le mauvais caractère d’Agatha dans une quarantaine d’année si ses défauts s’accentuaient comme ils le font souvent au fil du temps.

Et oui… figurez-vous qu’une brume fantomatique  entre chez elle la nuit… Agatha est tellement sur les nerfs et la vieille chouette est tellement avenante, que tombant sur Mrs Witherspoon en chemise de nuit dans un coin sombre pendant une veille nocturne de traque au fantôme, elle s’enfuit en courant horrifiée, provoquant l’ire de la mocheté…

La voilà évincée de la traque au fantôme en représailles mais, Paul Chatterton en bon esprit rationnel d’informaticien qu’il est, suspecte assez vite un effet spécial très courant à base de neige carbonique utilisé dans tous les studios de films d’horreurs…

Et avec Agatha, les voilà partis en conjectures sur ce qui pourrait pousser quelqu’un à effrayer la vieille bique, et surtout pourquoi… quand on la retrouve refroidie le cou brisé au bas de ses escaliers.

Et voilà Agatha repartie dans une enquête en binôme avec un nhôme… qui laissera place en cours de route à Sir Charles retour dans le paysage avec quelques kilos et une épouse en moins, vu que n’enquête pas qui veut aux côtés de l’attachiante Agatha (la faute c’est exprès) !

Deux cadavres plus tard (ce qui portera le compte à trois, contribuant à dépeupler une fois de plus Carsely et ses alentours pour que les londoniens fortunés puissent migrer dans les Costwolds, comme Harry et Meghan qui ont élu résidence dans une fermette du cru, près d’un coin de drague libertin en pleine nature, en attendant la fin des travaux de leur nouveau homesweethome ), sur fond de légendes historiques, de passages secrets, de vieux journaux intimes (on se croirait presque dans un Club des Cinq !), de spéculation immobilière, de rivalités amoureuses ou familiales, de secrets de polichinelle et de cogitations métaphysiques d’Agatha sur ses tenues et évidemment sur ce salaud de James, nos personnages préférés nous mèneront au bout d’une enquête pleine de rebondissement de pistes et de fausses pistes qui s’entrecroisent.

Mon avis :
Bon… Vous avez pu voir déjà dans mon résumé que je trouve parfois certains thèmes, ou certains ressors scénaristiques un peu trop récurrents à mon goût.

Certes, au bout du 14e tome on peut comprendre que l’auteure peine à faire dans du 100% original à chaque fois, mais tout de même… quand on sait qu’il y a encore autant d’autres tomes à lire dans la série on peut commencer à se poser des questions sur ce qui nous attend.

Quand j’étais jeune à peu près à l’époque où les dinosaures disparaissaient (moi je connais la vraie raison de leur disparition, mais je n’ai pas le droit d’en parler : on m’a forcée à signer des accords de confidentialité car ils y a des intérêts faramineux derrière !), ou juste un peu plus tard… je regardais Goldorak à la télé pour ne pas passer pour une cruche devant mes copains et copine de l’école…

Et j’avais remarqué que chaque dessin animé était pratiquement écrit selon le même plan à chaque fois.

Du début à la fin… où Goldorak envoyait le Golgoth ad patres par un ultime coup de « Cornofulgure » dont on peut se demander pourquoi Actarus n’a pas pensé à l’utiliser dès le début. Et bien là, c’est un peu pareil.

[La tenancière de ce blog apprécierait qu’on ne tape sur son Goldorak chéri, merci !]

Je ne veux pas trop spoiler alors je n’entrerai pas dans le détail, mais même le dénouement de cette aventure-là ressemble trop à la façon dont d’autres volumes précédents ont pu se terminer.

Et je vous ai déjà dit en résumant que ça commençait un peu comme d’habitude : Agatha rentre de Londres… Un nouvel homme… On se tourne autour… Un mystère à résoudre… une avalanche de cadavres… Des changements de tenue… Les lasagnes surgelée passées au micro-onde (à croire qu’Agatha ne manque que ça !)…

Et pis les flics locaux qui arrêtent pas de dire à Agatha d’arrêter de se mêler de leurs enquêtes… Hey Marion Chesney alias MC Beaton ! Faudrait vous réveiller ! L’odeur apaisante du laurier semble vous avoir assommée plus qu’un Abrutil 300mg !

Certes… Quand on aime retrouver les mêmes personnages auxquels on s’est attachés depuis 14 tomes, on peut avoir tendance à aimer ne pas être trop bousculés dans ses habitudes…

Retrouver Agatha c’est un peu comme enfiler ses charentaises avant de s’asseoir devant la cheminée pour lire ses aventures avec le chat sur les genoux, une tasse de lapsang souchong à portée de main…

On aime pas trop être dérangé dans ces cas là…

C’est vrai… Que deviendrait ma vie de lectrice sans Agatha, Mrs Bloxby, Bill Wong, et les zôtres ? Sans le charme bucolique des Costwolds ? Sans la tasse de thé qu’on propose à toutes les pages ?

Mais tout de même… Faudrait se renouveler un peu, non ?

On aime Agatha telle qu’elle est forcément… Mais la voir tourner en rond dans les mêmes histoires commence un peu à me lasser au point que j’ai lu cette enquête bien plus lentement que d’habitude en plusieurs tranches espacées…

Ce qui est un signe…

Et ce qui ne m’a pas aidée non plus car, il y a pas mal de personnages et que j’avais tendance à m’y perdre après chaque interruption de lecture.

Cela ne m’empêchera pas de lire le tome 15 quand je l’aurais évidemment… Mais… j’attends mieux.

Un avion sans elle : Michel Bussi [LC avec Stelphique]

Titre : Un avion sans elle

Auteur : Michel Bussi
Édition : Pocket (07/03/2013)

Résumé :
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ?

Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule.

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…

Critique (celle de Stelphique juste sous la mienne):
Si vous êtes à la recherche d’un bon page-turner, d’un roman qui vous colle aux doigts car vous ne pouvez plus le lâcher avant de savoir le mot de la fin, ce livre est fait pour vous.

Certes, on me dira que ce n’est pas un possible Goncourt, que c’est juste un thriller bien foutu, addictif, le genre qui est excellent pour emmener à la plage.

Effectivement, on ne va pas révolutionner la littérature et ci ce roman est parfait pour lire sur une plage, je préciserai, néanmoins, qu’il vaut mieux le lire de préférence là où il n’y a pas de marées, c’est plus prudent.

Je ne voudrais pas avoir sur la conscience la noyade de Babéliottes qui auraient suivi mon conseil et, plongés dans cette lecture, en auraient oublié que la mer, elle monte !

Ce qui joue sur l’addiciton, c’est la manière dont est construit le récit car dès les premiers moments, on se sent happé par le mystère avec les dernières lignes écrites par le détective, Crédule Grand-Duc, avant qu’il ne se tire une balle dans la tête.

Oui, moi aussi je trouve qu’il devrait y avoir des lois afin d’interdire à des auteurs de nommer leur personnage avec des noms qui ne font pas sérieux, qui ressemblent à un totem scout et qui, selon moi, enlève le caractère sérieux au récit en donnant au lecteur l’impression que le détective principal est un bouffon.

Tant que j’en suis à vous parler des personnages, mon autre coup de clavier ira au fait que certains étaient plus que caricaturaux (Malvina, Marc et Lylie, surtout) et trop figés dans leur comportement, comme si les événements, les faits, ne les changeaient pas un peu au fil de l’histoire.

De plus, on se retrouve avec un combat des méchants riches contre les gentils pauvres. D’accord, les riches ne sont pas des adorables Bisounours, ils n’ont pas fait leur fortune en bouffant des arc-en-ciel et en chiant des papillons, mais bon, un chouïa de modération et moins de clichés auraient apporté un peu plus de nuances aux personnages et à leurs situations sociales.

Anybref, je ne vais pas non plus bouder mon plaisir de ce triple looping sans les ceintures attachées et sans parachutes non plus car l’auteur a construit son récit de manière à nous tenir en haleine durant 570 pages, sans que l’on s’emmerde une seule seconde, jouant avec le suspense en coupant habillement le fil de l’histoire pour revenir sur un autre point, un autre protagoniste.

Niveau mystère, on est servi comme en première classe, il n’y a pas de gras, pas trop de sucre, tout est dosé, même si Bussi rajoutera de la crème chantilly sur le final, juste pour nous voir y foutre nos doigts dedans et les relécher avec gourmandise. Il nous le devait bien, après nous avoir balancé dans des tas de trous d’air et de cabine dépressurisée.

Alors oui, ce ne sera pas la révolution dans la littérature, la plume de l’auteur étant « normale » (comme un ancien président, mais en mieux), sans fioritures, sans poésie. Une écriture simple qui ira droit au but, c’est déjà pas mal, je trouve.

Niveau construction, c’est bien agencé, le suspense est maintenu et les révélations fracassantes se feront au fur et à mesure, après quelques coups de mystères qui deviendront des coups de tonnerre lorsque nous en saurons plus.

Malgré le fait de la construction et du mystère bien caché, j’ai tout de même compris ce que l’auteur avait derrière la tête et ce que Crédule Grand-Duc avait vu, par le plus grand des hasards, après 18 ans d’enquête. Moi, je ne l’avais pas vu, n’ayant pas le journal sous les yeux, mais j’ai compris à un moment donné que…

Un livre que j’ai dévoré, tel Lance Armstrong lancé comme un fou dans le Mont Ventoux et qui n’a même pas remarqué que ça montait un peu. Ma pauvre binômette de LC, ma fée Stelphique, a fini sa lecture, dégoutée par mon rythme de malade (comme d’habitude) et pas aussi conquise par le roman qu’elle l’aurait souhaité. Nous avons les mêmes reproches…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Synopsis : 

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…


Ce que j’ai ressenti :

  • Un vol plutôt réussi…

On peut dire que Michel Bussi m’a encore bien eu avec ce thriller! Cette histoire d’avions et les ailes de son intrigue m’ont transportée dans une affaire de famille fracassante. Ailes et Elle.

ELLE, c’est une Libellule qu’on voudrait s’arracher. Elle, cet être fragile aux ailes abîmées, volette frénétiquement, d’un secret à un autre plus lourd encore… Elle qui cherche à se construire entre ses deux partis, qui se disputent la lumière au fond de ses yeux bleus. Elle, qui porte deux possibles, deux chemins diamétralement opposés, deux choix du cœur.

Alors, cette expédition vers la Vérité ne se fera sans quelques heurts et sacrifices… Un page-turner efficace!

Oh, libellule
Toi, t’as les ailes fragiles,
Mais, moi, j’ai la carlingue froissée…

  • Des turbulences nommées Désir…

Le désir peut prendre plusieurs formes, et ne se contrôle pas, la plupart du temps… Michel Bussi explore toutes les lignes du désir, quitte à frôler des lignes ambiguës, qui pourrait mettre mal à l’aise. Des frontières dans les mœurs, entre les pays, au sein de la famille, au cœur de l’amour: un vol plané au dessus des sentiments humains qui n’était pas de tout repos…

Et peut être à trop vouloir que le lecteur choisisse un « camp », j’ai trouvé que certains éléments manquaient de subtilités et tiraient beaucoup en longueurs… Et il a eu aussi des scènes qui m’ont un peu dérangée, même si elles servent l’intrigue, j’ai été un peu déçue par ses turbulences : les riches trop riches avec le mauvais rôle, les pauvres trop pauvres avec le meilleur rôle, l’héroïne trop parfaite que tout le monde envie, les méchants trop méchants et prêts à tout…

Finalement, on me l’avait fortement conseillé mais, ça ne sera pas le coup de cœur attendu de mon coté, sans doute parce que j’avais trop d’attentes…

« Ils auraient dû se méfier, il faut toujours se méfier des sourires. »

  • Heureusement, j’ai pris l’avion avec elle… 

Je parle bien sûr, de ma binômette, qui, comme de par hasard, l’a lu sans escale, et à vitesse grand V !

Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture puisqu’il était partagé, mais ça ne sera pas, un de ceux qui m’auront marqué. J’ai été surprise par le twist final, comme d’habitude, ça c’est l’élément qui caractérise les thrillers de cet auteur, et à chaque fois, je salue cette originalité.

Il y avait quand même, une curiosité permanente pour cette petite libellule et des petits instants de poésie qui ont rendu ce voyage agréable…

« Le cerf-volant comme un fil tendu entre tous les enfants de la planète : juste un peu de vent, rien besoin d’autre. 
L’art d’apprivoiser le ciel, juste pour rire. »

Ma note Plaisir de Lecture    7/10

Retrouvailles à Strasbourg : Roger Seiter

Titre : Retrouvailles à Strasbourg

Auteur : Roger Seiter
Édition : Le Verger – Les enquêtes rhénanes (2016)

Résumé :
Bruxelles, 1891. Pour échapper au professeur Moriarty qui a juré leur perte, Sherlock Holmes et le docteur Watson sautent dans le premier train en partance – celui de Strasbourg. Ils y retrouveront une vieille connaissance…

Roger Seiter utilise ici le point de départ du Dernier problème de Sir Arthur Conan Doyle pour expliquer à sa manière le « Grand hiatus », cette période sombre de la vie de Holmes entre sa mort officielle dans les chutes du Reichenbach et sa réapparition miraculeuse.

Après avoir rencontré un beau succès avec cette histoire originale sous forme de bande dessinée, le scénariste Roger Seiter nous propose une expérience rarement tentée? : novéliser un album de BD. Il en résulte un récit très vivant, débordant d’action.

En véritable roman, Retrouvailles à Strasbourg donne la part belle aux personnages, explore leur passé, et prend le temps de l’émotion.

Critique :
Lorsque je veux me vider l’esprit après une lecture trop éprouvante, trop dure, j’essaie toujours de choisir un roman qui va me détendre, n’emmener dans une histoire intéressante et surtout plus calme émotionnellement.

Cet apocryphe holmésien traînait depuis trop longtemps sur ma PAL et c’était le bon moment pour l’en sortir.

L’histoire, je la connaissais, ayant lu la bédé « Retrouvailles à Strasbourg » mais sa novélisation est bien plus complète au niveau des émotions ressenties par Holmes…

Sans tomber dans ma mièvrerie ou la bluette d’adolescent, l’auteur ajoute quelques troubles à la machine à penser qu’est Holmes, lorsqu’il recroise la route de LA femme, celle qui lui damna le pion et dont il fut le témoin de mariage à son insu.

Et là, alors qu’il a fui Londres avec le brave Watson et que Holmes a déjà été victime de tentatives de Mort Subite à Bruxelles, une fois, les voilà qu’ils filent dans la ville de Strasbourg où là aussi Holmes est victime de la pègre locale et Watson enlevé.

Alors qu’il ne sait pas encore très bien à quel saint il va se vouer pour retrouver Watson, le voici face à l’opulente poitrine de la belle cantatrice : Irene Adler, LA femme, THE woman. On change de sein…

Reprenons depuis le début pour comprendre pourquoi on en est arrivé là (les distraits du fond qui ne suivent pas) : Holmes a passablement énervé le triste sire Moriarty en lui collant ses sbires à l’ombre et aux frais du contribuable (ou de sa Majesté ??) et ce dernier est comme un buffle rendu agressif par une guêpe qui lui aurait piqué les bijoux de famille.

Alors, notre Moriarty a délégué à d’autres salopards, un peu partout (sa petite entreprise ne connaît pas la crise) pour faire la peau à Holmes et l’accrocher au-dessus de sa cheminée, mais puisqu’on ne peut plus compter sur le petit personnel, qu’il soit bruxellois ou strasbourgeois, le professeur va devoir aller faire le job lui même.

Sa maman lui ayant dit qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, notre sale type va poursuivre Holmes pour aller le balancer dans les chutes du Reichenbach à Meiringen, Suisse.

Tout le monde sait que Holmes, tel Jésus, reviendra d’entre les morts, mais moins rapidement puisqu’il lui faudra 3 ans (et pas 3 jours)…

La fuite de Holmes comme nous ne l’avions jamais vraiment eu en détail, Conan Doyle se contentant de nous donner les villes traversées et oui, il est passé par la mienne !

Roger Seiter nous offre un « Dernier Problème » tel que j’eusse aimé l’avoir, avec des émotions, de l’action, des mystères, une enquête, des déguisements, de la ruse et quelques rougeurs devant la croupe incendiaire d’une Irene impudique qui se désape derrière un paravent mais avec un miroir derrière elle…

C’est frais, c’est enjoué, c’est enlevé, on passe du bon temps, on ne s’embête pas, on retrouve des personnages que l’on aime et dans un autre contexte, sans pour autant virer à la guimauve de bas étage ou à la romance version Harlequin.

Ok, je sais pertinemment bien que pour certain(e)s puristes, Holmes troublé par une femme, c’est déjà une crime de lèche-majesté, mais moi, ça ne me dérange absolument pas !

Mon seul bémol sera pour l’utilisation un peu trop radine de Watson, le pauvre étant fameusement en retrait par rapport aux autres personnages, d’ailleurs, il n’est même pas le narrateur de l’aventure, mais là, ça ne m’a pas dérangé que l’on passe à des narrateurs multiples.

Pour le reste, l’enquête est logique mais ne révolutionnera pas le genre policier. Malgré tout, elle est correcte et de bonne facture.

Et puis, l’auteur se permet de changer un détail à la fin, lorsque Holmes sort du ravin et ça rajoute du piquant au final car là, toutes les supputations sont ouvertes, et avec moi, ça vire vite au cochon !

Dommage que ce roman soit le seul et qu’il n’y ait pas une suite (il y en a une à la version bédé : Sherlock Holmes – Tome 3 – Sherlock Holmes et l’Énigme du Jodhpur de Manunta & Seiter).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Sherlock Holmes et le secret des hommes barbus : Thierry Niogret

Titre : Sherlock Holmes et le secret des hommes barbus – Une enquête de l’inspecteur Lestrade

Auteur : Thierry Niogret
Édition : Le Patient Résidant (2010)

Résumé :
1888. Alors que Jack l’Éventreur fait régner la terreur à Whitechapel, Londres vit un autre événement tout aussi horrible : un mystérieux assassin tue et rase ses victimes. Barbes et cheveux n’y résistent pas. Pour quel motif ?

Pendant que Scotland Yard s’évertue à arrêter le Ripper, le Scalper accapare tout entier l’inspecteur Lestrade. Celui-ci, empêtré dans cet imbroglio, s’en remet à Sherlock Holmes.

Et si toute cette affaire débouchait sur un pileux mensonge ?

Critique :
Bon, disons-le de suite, cet apocryphe n’est pas fait pour les gens sérieux, ni pour ceux qui sont à la recherche de pastiches holmésiens plus canoniques que le canon lui-même où le récit se tient au garde-à-vous, avec le petit doigt sur la couture du pantalon !

Ici, nous sommes dans la parodie qui ne se prend pas au sérieux, qui joue avec les mots et qui place les personnages de Conan Doyle dans des situations cocasses et peu catholique.

Entre madame Hudson, la logeuse, aveugle (oui !) qui se gamelle tout le temps dans les escaliers, le docteur Watson qui ne sait plus trop où se trouve sa blessure (il n’a pas tort, nous n’ont plus), Mycroft qui est amputé des deux jambes et les Irréguliers qui parlent comme les djeun’s de maintenant, il faut donc avoir l’esprit ouvert et le second degré de branché pour que ça passe.

Il y a de nombreux jeux de mots dans les noms et des petites allusions à des personnages connus, notamment chez les flics (Mitchell, Rivers et Halliday ou Paul, Ringo, George et John…).

— En effet, Holmes. Vous savez que je n’aime guère vous faire des remarques, mais là, vraiment et en toute humilité, je me vois contraint de faire une objection.
— Je vous en prie.
— C’est relatif à l’expression que vous avez laissé échapper lorsque les jumeaux Riarti ont donné leur identité.
— Et bien ?
— Vous avez déclaré alors, je vous cite de mémoire : « Bon Dieu, mais c’est bien sûr ». Cela ne vous sied pas du tout, Holmes. Non, pas du tout. Vous devriez laisser cette expression à un autre.

Je sortais d’une horrible migraine qui avait durée plus de 48h et ma nuit se trouvait amputée alors qu’il n’était que 4h30 du matin… Je vous jure que ce pastiche parodique m’a fait le plus grand bien.

— Watson !
— Oui ?
— Watson !
— Et bien quoi ?
— Ta gueule !
Les deux hommes poursuivirent leur chemin quelques instants en silence.
— Vous avez raison, Holmes, comme toujours, avoua Watson.
Sherlock Holmes sourit.
— C’est élémentaire, mon cher Watson.

Certes, le comportement des personnages est un peu loufoque, burlesque parfois, mais toujours avec humour et comique de répétition, mais sans que cela ne devienne lourd ou redondant.

La preuve, je n’ai même pas hurlé quand Holmes sort en ville, affublé de son horrible casquette à double visière et de son macfarlane aux couleurs criardes.

L’enquête est bourrée de mystères (pourquoi raser ses victimes ?) et l’ombre du grand Jack The Ripper plane au-dessus de tout cela, sans que pour autant il ne vienne mettre son grain de sel dans notre pileuse affaire.

Anybref, c’est frais, c’est drôle, avec un vrai scénario possédant des véritables morceaux d’enquêtes dedans, le tout donnant un plat digeste et bien fichu. J’avais même trouvé le coupable avant le maître himself !

Puisque j’ai un compte à la FNOUC, je pense bien me commander les autres pastiches de cet auteur pour me les mettre sous le sapin !

Pourtant, notre dévouée logeuse avait astiqué la peau d’ours qui orne la cheminée, poil par poil, avec un chiffon en peau de chamois des Ardennes Belges.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

 

Séance infernale : Jonathan Skariton

Titre : Séance infernale

Auteur : Jonathan Skariton
Édition : Sonatine (2018)
Édition Originale : Séance infernale (2017)
Traducteurs : Claude et Jean Demanuelli

Résumé :
Spécialiste en histoire du cinéma, réputé savoir dénicher les reliques les plus rares, Alex Whitman est engagé par un collectionneur excentrique pour retrouver les traces d’un film légendaire, Séance infernale.

Celui-ci est l’œuvre d’un ingénieur français, Augustin Sekuler, considéré comme le véritable créateur du cinéma, quelques années avant Edison et les frères Lumières. Le défi lancé à Alex est de taille.

Sekuler a en effet disparu mystérieusement en 1890, lors d’un voyage en train entre la Bourgogne et Paris, le jour où il allait présenter son invention à la capitale.

En quête de fragments de ce film mythique, Whitman va essayer d’en savoir plus sur cette étrange affaire et sur les mystères qui entourent la vie et l’œuvre de Sekuler.

Qu’est-il arrivé à l’inventeur ? Et quelle est la teneur réelle de Séance infernale ? Il est encore loin de se douter des dangers auxquels il s’expose et de l’abominable vérité qui se cache derrière cette disparition.

À la façon de La Conspiration des ténèbres de Theodore Roszak, Séance infernale s’inspire de personnages et de faits réels ((la disparition du pionnier du cinéma Louis Aimé Augustin Le Prince), et nous propose une quête passionnante qui devient vite aussi obsessionnelle pour le lecteur que pour son héros.

Critique :
Messieurs et mesdames de chez Sonatine, vous pouvez bien envoyer des pralines à Amnezik et Stelphique, car sans leurs chroniques (admirez mes rimes), jamais je n’aurais acheté un roman qui faisait un parallèle avec La Conspiration des ténèbres de Theodore Roszak !!

Ce roman dont le 4ème me jurait , la main sur cœur : « Emmenez ce livre le matin sur la plage et sachez que vous n’irez pas déjeuner, certainement pas dîner non plus. La Conspiration des ténèbres est hypnotique. On a du mal à s’en relever. »

Le roman ne s’est jamais relevé de son vol plané, en effet… Même pas dépassé la page 100 de ce truc.

Donc, avec un tel postulat de départ, fallait des chroniques en béton armé et une confiance absolue dans mes deux lascars pour acheter le livre !

J’ai eu raison de leur faire confiance car je viens de passer un excellent moment de lecture dans le monde du cinéma.

Voilà un thriller que nos amis cinéphiles peuvent lire, et même ceux qui en savent moins sur le 7ème art, ils iront se coucher moins bête et auront droit à une belle poussée d’adrénaline avec quelques courses afin de résoudre des énigmes, un peu comme dans la carte au trésor, les hélicos en mois et les tueurs aux trousses en plus.

Sans être une mordue de cinéma classiques, hormis quelques titres cités que je ne connaissais pas, pour le reste, c’était dans mes cordes. Donc, le côté ciné ne doit pas vous rebuter, en plus, l’auteur ayant étudié la chose, il nous éclaire vraiment sur le sujet, ce qui ne fait jamais de mal à nos petites cellules grises.

Comme je le disais, ce qui commence par une simple recherche d’un film disparu et dont on n’est même pas sûr qu’il ait existé, va, de pellicule en bobine, se révéler bien plus difficile et plus dangereux qu’il n’y paraissait de prime abord.

Tel un Indiana Jones devenant le professeur Langdon, en moins sexy et moins érudit, notre Alex Whitman va se retrouver aux prises avec une énigme laissée par Sekuler (à ne pas prononcer à la bruxelloise « Sukkeler » – avoir des difficultés) et quelques cadavres dans les placards.

Ajoutons à cela un tueur en série et des disparitions de petites filles, dont celle de Whitman, il y a 10 ans, et vous comprendrez que dans ce thriller, on ne se contentera pas de fouiner dans des archives à la recherche d’un film et qu’on risque plus gros que des éternuements en cascade.

Mon seul bémol sera pour le fait que dans les livres, les protagonistes arrivent toujours à résoudre les énigmes, quelles qu’elles soient, alors que de mon côté, je rame toujours sur la plupart des contrepèteries du Canard Enchaîné ! Mais bon, sans cela, le roman n’avancerait plus et s’arrêterait au milieu.

Avec une écriture qui pulse, une mise en page qui détonne à certains moments (et qui étonne) et des personnages plaisants, ce thriller se lit en même pas deux jours tant on a envie de savoir ce qui se trame derrière ce foutu film dont personne n’a jamais entendu parler, et surtout, qui sont les gars derrière eux et ce qu’ils veulent.

Non, je ne ferai pas la lumière sur l’affaire, ni ne vous mettrai au courant, z’avez qu’a le lire, tien ! Et puis, où serait le plaisir si je spoliais tout ?

En tout cas, comme quoi les chroniques des blogueurs sont importantes, parce que je le redis haut et fort, sans mes loulous cités plus haut, jamais je n’aurais acheté un livre qui se vantait d’être comme un autre que j’ai fait voler en travers du salon.

Un thriller dont on regrette le clap de fin mais qui, comme un bon film d’action, nous apaise car on sait que nos personnages peuvent dormir en paix : le mystèèère est levé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

 

Moriarty – Tome 2 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 2

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana (21/09/2018)

Résumé :
Deux frères orphelins sont accueillis dans la famille Moriarty, grâce aux ambitions cachées du fils aîné Moriarty, Albert.

Ce dernier abhorre l’aristocratie à laquelle il appartient et le système social qui régit la société britannique.

Albert a vu en l’aîné l’intelligence et le charisme dont il avait besoin pour accomplir son rêve de nettoyer la société de ces « êtres inutiles et sales ».

Albert propose de leur offrir sa richesse et son influence à condition que les garçons mettent leur intelligence au service de son rêve.

13 ans plus tard, à côté de leurs activités officielles, les frères Moriarty sont devenus des « conseillers privés ».

Avec William à leur tête, ils aident les gens du peuple, victimes d’injustices, à se venger des riches qui les ont fait souffrir.

Leur sanction est impitoyable, car la punition qu’ils infligent n’est autre que…la mort !

Critique :
J’ai beau lire des mangas différenciés, je trouve toujours que les personnages sont trop ressemblants ! Soit avec de ceux que je fréquente dans d’autres série, soit entre eux… La faute à leurs mentons en pointe.

Louis, avec sa grande mèche, me fait penser à Grell Sutcliff, le flamboyant Shinigami de Black Butler et un colonel du bataillon d’Albert Moriarty m’a fait croire que c’était le colonel Moran bien coiffé, alors que non…

Au sujet de Moran, je m’étais insurgée qu’on le nomme « Molan » dans le tome 1, mais dans le tome 2, c’est  bien « Moran », ce qui me fait penser à une erreur de typographie…

Notre génie du crime, Moriarty, continue de vouloir aplanir les classes sociales et si pour y arriver il doit tuer ou laisser tuer, pas de soucis, la fin justifie les moyens quand on a un si noble but…

Là, il veut éradiquer l’opium mais vous pensez bien qu’on n’a pas trop envie de l’écouter, sachant que historiquement parlant, le commerce de l’opium a équilibré la balance économique de l’Angleterre et que de grosses sociétés ou de grands noms sont impliqués dans ce trafic.

Puisque la fin justifie les moyens, Moriarty va y aller à fond et se jouer des autres pour arriver à démanteler un gros trafiquant. Pas mal, je trouve, bien joué.

Là où je ne joue plus, c’est quand il laisse tuer un pauvre innocent pour arriver à coincer un noble pourri jusqu’au trognon. Il est cynique, le Moriarty…

Holmes à gauche, de dos, avec sa queue de cheval

Ce qui m’intéressait surtout, c’était sa rencontre avec Holmes… Elle aura lieu sur un paquebot de croisière et notre détective se voit affublé d’une queue de cheval des plus improbables. Non, je ne parle pas de son sexe, mais de ses cheveux.

Entre nous, il a plus l’air d’un sale gamin mal élevé que d’un homme qui va à contresens de la société et je ne vous parlerai même pas de madame Hudson, vachement rajeunie, ni de Watson, avec sa canne inutile, comme dans la série de la BBC.

Quant aux tutoiements et appellations par leurs prénoms, c’est limite hérésie… Holmes n’appelait pas Watson, John et Watson ne donnait pas du Sherlock à Holmes.

Anybref, même si je ne suis pas toujours chaude chaude pour les réécritures de l’histoire, celle-ci a le mérite d’explorer des zones d’ombres et de tenter de faire de Moriarty un Napoléon du crime « pour le bien commun » et non pour le sien, bien que, si on analyse à fond son envie d’éliminer les aristos, on pourrait en déduire que c’est aussi pour se venger d’eux…

Malgré tout, j’aime bien la vision que Moriarty nous fait de Holmes et du rôle qu’il va jouer dans le plan socialisto criminel du professeur. Il est logique et en adéquation avec le scénario présenté.

Là où je me demande comment ça va évoluer, c’est dans le fait qu’apparemment, d’après ce que j’ai lu dans la toute première case du tome 1, Sherlock Holmes serait celui qui n’a rien compris, le démon de l’histoire.

Mais nom de Zeus, comment l’auteur va-t-il amener ça ?? Et réussir à me le faire avaler ? Ça, c’est une autre histoire (que je continuerai de lire).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (204 pages).

Moriarty – Tome 1 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 1

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana (22/06/2018)

Résumé :
19e siècle en Angleterre, la famille Moriarty a recueilli deux orphelins William et Louis mais en leur conférant un statut de domestique.

Albert, le fils aîné de la famille est pétri d’ambition et il déteste le système social qui régit la société britannique, dans lequel les classes supérieures se pavanent et oppressent le peuple sans pour autant être dignes du respect qu’elles exigent de lui.

En 1887, l’auteur Arthur Conan Doyle donnait naissance à son personnage de fiction Sherlock Holmes, devenu une légende et référence aussi bien dans la littérature qu’au cinéma ou à la télévision.

Face à lui, dans l’ombre et souvent mal compris se trouve Moriarty. Personnage occupant la place de Professeur à l’intelligence souvent supérieure à celle de Holmes, ce dernier avouant facilement qu’il est impressionné par Moriarty.

Avec le temps, James Moriarty est devenu l’un des sociopathes les plus redoutables et rusés. Mais comment est-il devenu ainsi, et pourquoi ?

C’est que cette adaptation en manga d’après et inspirée par l’oeuvre de Conan Dolye vous propose de découvrir.

Critique :
Moriarty, le Napoléon du crime, qui connu son Warterloo aux chutes de Rechenbach, avec un Holmes en Wellington vainqueur…

Tout le monde connaît l’histoire et les personnages (sauf si vous n’avez jamais lu les aventures de Sherlock Holmes, dans ce cas, allez vite réparer cet oubli).

Mais que sait-on de l’enfance de ce génie du crime ? Que dalle !

Conan Doyle s’est empressé de le créer pour tuer sa créature qui phagocytait son temps en l’empêchant d’écrire des histoires sérieuses et il ne s’est pas donné la peine de nous donner plus de détails sur l’homme du crime, s’emmêlant même les pinceaux dans « La vallée de la peur ».

Ben maintenant, c’est fait !

Je ne sais pas si c’est le cas chez vous, mais j’ai beau adorer les mangas, j’ai toujours cette impression que les personnages se ressemblent ! Ici, le jeune William me faisait penser à Ciel Phantomhive et j’ai eu du mal à discerner les deux enfants du comte Moriarty et à comprendre le rôle des deux autres jeunes garçons…

Pour ma défense, le résumé sur le manga était moins volubile que ceux sur le Net et il m’a fallu recommencer au début afin de me concentrer plus et de démêler les fils de cet écheveau des têtes qui se ressemblent (mentons pointus, turlututu).

Dans ce manga, on trouverait presque le futur professeur Moriarty sympa car ce bougre agit pour la bonne cause, même s’il est un « criminal consultant », mais il se met au service de la veuve et de l’orphelin, ou du moins, des classes sociales laborieuses, des damnés de la terre en éliminant leur problème…

L’homme est talentueux, bougrement séduisant et furieusement intelligent, de plus, il a tout pour faire un bon socialiste puisqu’il trouve que les inégalités entre les pauvres et les riches sont honteuses et ne devraient pas exister.

Et il va lutter pour les supprimer (il  ne sera pas pote avec le gars qui a dit qu’il suffisait de traverser la route pour trouver un job), ce qui fait qu’en lieu et place d’un type qui veut conquérir le monde, on a un mec qui, bien que criminel, tente de gommer les inégalités, en parfait petit justicier qu’il est.

L’histoire est linéaire, même si la case de départ est bourré de mystère puisqu’on y voit Moriarty et Holmes luttant aux chutes de Rechenbach et Moriarty hurler à Holmes : « Non, je ne fais pas erreur. Le démon, c’est toi !! C’est toi, Sherlock !! » (oui, je suis horrifiée aussi par l’utilisation des prénoms !!).

Nous découvrons le petit William James Moriarty, dans l’Angleterre de 1866, à Londres, habillé comme un milord.

Et puis, on découvrira l’envers du décor et la perfidie du fils aîné des Moriarty… Qui lui aussi veut gommer les inégalités (là, je tique un peu, mais bon, les miracles ne donnent pas que des nouveaux pneus – private joke).

Un bon début pour ce manga où la frontière entre le Mal et le Bien est aussi mince qu’un string d’une danseuse du Moulin Rouge ou aussi épais que le programme d’un candidat aux élections, c’est vous dire la minceur…

Un Moriarty différent du vieux professeur moche de la série Granada, différent aussi du perfide James de la série BBC ou des films de Guy Ritchie. Un Moriarty différent, aux antipodes de ce que l’on attend de lui, de ce que l’on sait de lui.

Là, je vais aller m’acheter le tome suivant et fissa parce que je suis curieuse de voir où tout ça va nous mener, surtout lors de l’apparition de Holmes et puis afin de savoir comment nos jeunes idéalistes, qui n’ont pas peur de tuer, vont évoluer et continuer la lutte des classes.

♫ C’est la lutte finale … ♪

PS : mais pourquoi appellent-ils le colonel Sebastian Moran, Molan ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (212 pages).