Sherlock, Lupin & moi – Tome 7 – L’énigme du cobra royal : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 7 – L’énigme du cobra royal

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel (04/09/2019)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & io, tome 7 : L’enigma del Cobra Reale (2016)
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Irène rentre à Londres avec son père, où elle retrouve avec joie Sherlock et Arsène. Mais un évènement vient aussitôt perturber les retrouvailles : Horatio, le majordome de la famille Adler, a disparu !

Plus étrange encore, il a laissé une note avec quelques mots griffonnés. Convaincue que quelque chose se trame et que la note peut être un indice, Irène en appelle à l’aide de ses amis pour enquêter.

Au fil de leurs recherches, ils parviennent aux Docks de Londres, où un mystérieux crime a été commis. Les trois acolytes se trouvent alors confrontés à une véritable énigme, qui les plongera dans l’histoire des colonies britanniques en Inde.

Critique :
Voilà une saga qui après 7 tomes parus me plait toujours autant et où chaque nouveau tome est dévoré peu de temps après son achat (ça ne croupit jamais dans ma PAL).

Le seul défaut de ces romans est qu’ils se lisent trop vite.

On commence à le lire, on s’émerveille de retrouver nos trois compagnons de route, on passe du bon temps avec eux, on les suit dans leurs aventures, leurs enquêtes, on frissonne avec eux et il est déjà temps de se dire « au revoir et à la prochaine ».

Parfois je me dis qu’un peu plus de pages ne nuiraient pas aux romans car on a beau être dans de la littérature jeunesse, où les lecteurs ne sont pas des imbéciles, un peu plus de détails et de développements ne seraient pas du luxe pour expliquer certaines choses aux plus jeunes ou pour donner plus d’épaisseur à certains personnages secondaires et au « Méchant ».

Ici, c’est faiblement esquissé, on ne parle un peu, mais si peu… Alors qu’on aurait pu étoffer le récit en donnant plus d’importance à l’ennemi du jour, à ses motivations, à son mobile, à sa méthode, sans parler d’une petite leçon d’Histoire, l’air de rien, en l’intégrant au récit de manière à ce que ça devienne pas un cours éducatif, mais plutôt des renseignements généraux.

Nous avions pourtant de là matière à faire un roman noir (jeunesse) avec les docks londoniens, les conditions de travail qui y règnent et avec l’Inde sous domination anglaise. L’esclavage,  la spoliation, l’avilissement, ça fait de la matière, pour une histoire, même pour la jeunesse.

Mais bon, l’auteur fait ce qu’il veut, c’est son histoire et Conan Doyle faisait pareil…

Pour le reste, on a une bonne enquête, des mystères, du suspense, un Sherlock qui se trompe mais qui comprendra ensuite son erreur et la corrigera, ce qui fait de lui un excellent détective qui n’a pas peur d’avouer ses erreurs.

Irene, de son côté, tente de se reconstruire après le drame qui l’a frappée dans le tome précédent, son père erre comme une âme en peine et il faudra une injustice à réparer pour la faire repartir en avant, à l’aide de ses deux compères.

Une fois de plus j’ai passé un bon moment à suivre leurs enquêtes, à voir les personnages évoluer vers ce qu’ils seront plus tard, à sentir les tensions au sein de leur groupe (deux garçons et une fille, pas bon !) et à tenter de trouver la solution avant eux.

Sans révolutionner le genre, cette série jeunesse a tout pour me plaire, même si j’aurais aimé un peu plus de mâche, de ©gourmand-croquant’ (pour parodier Cyril Lignac) afin de combler mon appétit pour la société victorienne et tout ces petits travers.

Vivement le suivant car je suis accro (et je sens que je vais être à la ramasse lorsque le dernier tome paraîtra).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°82.

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Les avatars de Sherlock Holmes – Tome 4 – Élémentaire mon cher Conan Doyle : Collectif

Titre : Avatars de Sherlock Holmes – Tome 4 – Élémentaire mon cher Conan Doyle

Auteur : Collectif
Édition : Rivages Noir (25/09/2019)
Édition Originale : The Big Book of Sherlock Holmes Stories
Traducteurs : Frederic Brument & Gerard De Cherge

Résumé :
« Refermant un livre de Conan Doyle, quel lecteur des aventures de Sherlock Holmes n’a jamais essayé les méthodes du détective sur ses parents, ses amis ou, mieux encore, sur des inconnus croisés dans la rue ? Enfin, soyons honnête, l’expérience se conclut souvent par un échec et le moindre succès doit beaucoup à la chance (…). Il n’y a qu’un Sherlock Holmes. Et qui mieux que Watson, sous la plume de Conan Doyle, pour pasticher l’épisode de déduction élémentaire qui reste la marque de fabrique du maître des détectives ? » (extrait de la préface)

Outre cet « auto-pastiche » de sir Arthur lui-même, le lecteur se délectera des tentatives d’holmésiens érudits comme Leslie S. Klinger, Barry Day et Donald Thomas. Des copies dignes des originaux. À la manière du maître.

Ce volume est précédé d’une préface de Thierry Saint Joanis, président de la Société Sherlock Holmes de France et grand érudit en science holmésienne.

Critique :
Écrire des apocryphes holmésiens à la manière du Maître (Conan Doyle) n’est jamais un exercice aisé. Beaucoup s’y sont essayés mais peu ont réussi brillamment à le faire.

Pour une fois, je n’ai rien à redire à ce recueil d’enquêtes de Sherlock Holmes car les trois pasticheurs ont réussi à le faire au plus proche de la manière de Conan Doyle.

Ce dernier s’était même prêté au jeu du pastiche de son personnage dans une nouvelle intitulée « Comment Watson comprit le truc » qui figurait dans un tout petit livre destiné à une maison de poupée, haute d’un mètre, et destinée en cadeau à la reine Mary, l’épouse de George V.

Anybref, ce recueil de 4 nouvelles est savoureux, se déguste avec une bonne tasse de thé par temps pluvieux, avec un sourire béat de satisfaction affiché sur les lèvres.

Certes, il est toujours difficile de penser et d’écrire comme un auteur, mais certains y sont arrivés et la preuve est dans ce 4ème tome des Avatars de Sherlock Holmes.

On a des références canoniques, des déductions du détective, la nouvelle de Conan Doyle est drôle et fait penser à l’épisode de la Granada « Le patient à demeure » et la fameuse scène d’ouverture chez le barbier où Watson se lançait dans le jeu de la déduction avec Holmes, se plantant royalement.

« L’Affaire de la caisse en bois » aurait pu être tirée du canon holmésien tant elle semble familière, comme si nous l’avions lue un jour dans un recueil des aventures officielles du grand détective londonien.

« L’Affaire du curieux canari » fera connaître à Holmes un échec, comme il en eut quelques uns dans sa carrière, notamment lorsqu’il avait sous-estimé le danger qui menaçait la personne visée.

Quant à « L’Énigme de la main invisible », elle entraînera nos deux compères à Paris, pendant l’affaire Dreyfus (pour le commencement) et nous croiserons Mme Marguerite Steinheil, la maîtresse de celui qui « se voulait César, mais ne fut que Pompée » (Félix Faure), celle qui fut surnommée ensuite « La pompe funèbre ».

Oui, ELLE ! Cette histoire coquine qui donna lieu à ce joli jeu de mot, inventé après, sans aucun doute, que l’on mis dans la bouche (oups) du prêtre appelé à l’Élysée en catastrophe pour administrer les derniers sacrements : « Le président a-t-il encore sa connaissance ? — Non, monsieur l’abbé, elle est sortie par l’escalier de service ».

Dans leur nudité, les deux corps enchevêtrés évoquaient de façon saisissante un détail de quelque tableau figurant un massacre. Félix Faure était un homme bien bâti, séduisant dans le genre robuste. À l’approche des soixante ans, il avait une tête large, des yeux bleu pâle et une longue moustache. Il gisait sur le ventre, nu comme un ver, son corps massif, inerte, affalé d’une manière qui ne pouvait signifier à mes yeux qu’une seule chose. Sous lui, emprisonnée par son poids, sans le moindre vêtement sur le dos, se trouvait Marguerite Steinheil. Son visage et ses épaules étaient mouchetés de gouttes de sang provenant du nez ou de la bouche du mourant.

Anybref, cette enquête, différente des autres, se déroulera sur 10 années, même si, entre temps, Holmes laissa tomber cette histoire pour y revenir le moment opportun.

Assurément, pour ce petit recueil de nouvelles apocryphes, on est dans le haut de gamme. Dommage que ce soit si court, mais quand c’est bon, on peut se contenter d’avoir un goût de trop peu vu qu’on a tutoyé les anges.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°80.

Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 4 – Lucky Luke contre Pinkerton : Achdé, Pennac & Benacquista

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 4 – Lucky Luke contre Pinkerton

Scénaristes : Daniel Pennac & Tonino Benacquista
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (2010)

Résumé :
Rentré d’une mission secrète au Mexique, Lucky Luke découvre qu’un nouveau héros a conquis l’Ouest.

Allan Pinkerton, adepte de méthodes d’investigation révolutionnaires et de la tolérance zéro, veut pousser le justicier solitaire vers la retraite afin de gagner les faveurs du président Lincoln.

Critique :
Il n’est pas facile de reprendre le personnage d’un autre auteur et de se l’approprier, ou, du moins, de ne pas le dénaturer.

Niveau dessins, Achdé tient la route, son Lucky Luke ressemble à celui de Morris, le brin d’herbe en plus (sacrilège la disparition de sa cigarette roulée et pourtant, je suis non fumeuse).

Point de vue humour, on a quelques bons jeux de mots, on retrouve l’ambiance comique des vrais Lucky Luke, avec des petites références à notre époque, comme cet Horatio Caine dans un labo de la Pinkerton.

Mais nous sommes loin de la qualité humoristique de Goscinny, même si ce dernier avait la bride super serrée par le cavalier Morris qui ne lui laissait pas galoper allègrement dans les jeux de mots qui faisaient rire aux éclats ou étaient d’une finesse incomparable.

Retenez bien qu’il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ! Tous les étés, les Ibères deviennent plus rudes… 

Anybref, malgré cet humour qui ne fait pas rire aux éclats mais sourire, on retrouve tout de même ce qui faisait le sel des aventures de Lucky Luke ancienne version (celle de l’époque de Dupuis) avec une population qui relègue Lucky Luke dans les has been, ne jurant plus que par Allan Pinkerton.

Ce n’est pas la première fois que notre cow-boy solitaire est désavoué par la populace avant que celle-ci ne change son fusil d’épaule et le rappelle au secours. On a eu souvent le cas dans toute l’histoire de notre lonesome cow-boy et dans la vie réelle aussi. Les gens sont des girouettes.

Historiquement, on suit le chemin du véritable Allan Pinkerton qui n’était pas un enfant de cœur et prêt à tout pour arriver au sommet et faire de son agence qui ne dormait jamais, L’AGENCE de référence avec des nouvelles méthodes, bien plus avancées que celle de notre Lucky Luke, dont la science criminelle, l’espionnage et surtout, les ragots.

Pour ses fiches sur tout le monde, Pinkerton m’a fait penser à la folie de Hoover qui voulait lui aussi ficher tout le monde, même si celui-ci n’arrivera que bien plus tard dans l’Histoire des États-Unis.

Le climat est à la délation pour tout et n’importe quoi, Pinkerton envoie en taule à tour de bras pour des peccadilles et les prisons sont surchargées.

Les emprisonnements ont beau être amusant à découvrir, le tacle est tout de même sévère (et sous la ceinture) car il rappelle les heures sombres de nos pays et je ne reléguerai pas ce genre de comportement au passé car il est toujours présent et nourrissez-le d’un peu de climat de peur ou de jalousie et bardaf, on recommencera les arrestations arbitraires.

Tout ici est emballé dans de l’humour, présenté avec finesse, mais si on se donne la peine de faire une analogie ou de réfléchir un peu, ça fait peur parce que ça pue aussi le Big Brother et de nos jours, plus besoin de se planquer sous le lit, il suffit que tous ceux qui veulent des infos sur nous aillent sur nos profils Fesse Bouc, Touitter, Snap-Chatte, Rince tes grammes, Pine Tes Restes et j’en passe.

Franchement, je ne tirai pas à boulets rouges sur cet album car il vole plus haut que certains à l’époque où Morris avait claqué la porte chez Dupuis pour aller chez Dargaud et où ses scénaristes n’étaient guère inspiré, même le grand Goscinny (Dalton City, Jesse James, Fingers, Le Bandit manchot, La Fiancée de Lucky Luke, Chasseur de primes, Sarah Bernhardt, Le Pony Express, Chasse aux fantômes, Le Klondike, O.K. Corral).

De plus, contrairement aux albums Les Tontons Dalton et La Terre Promise, les auteurs ne reprennent pas des gags tirés des Tontons Flingueurs ou de Rabbi Jaccob, ce que j’avais trouvé un peu trop facile, même si je n’ai rien contre les clins d’oeils, tant qu’ils ne deviennent pas des transposition de films !

Un bon album de Lucky Luke, pas le meilleur, pas dans l’excellence, pas dans le haut du panier, mais il est correct et j’ai apprécié le côté « ancien » que l’on retrouve dans cet album qui, une fois de plus, met les Dalton en vedette.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°45, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

H.H.Holmes – Tome 1 – Englewood : Henri Fabuel & Fabrice Le Hénanff

Titre : H.H.Holmes – Tome 1 – Englewood

Scénariste : Henri Fabuel
Dessinateur : Fabrice Le Hénanff

Édition : Glénat (31/05/2006)

Résumé :
L’histoire vraie du premier serial killer américain ! Londres, 1888 : L’homme suspecté d’avoir commis une série de crimes atroces contre des prostituées a quitté la Grande-Bretagne pour les états-Unis.

On perd sa trace à Chicago, et il faudra du temps aux policiers pour mettre la main sur cet individu qui a le démon en lui, et qui n’a jamais pu réprimer ses pulsions meurtrières.

Cet album relate la carrière criminelle de H.H. Holmes, considéré comme le premier serial killer répertorié dans l’histoire de l’Amérique moderne.

Herman Webster Mudgett, plus connu sous le nom d’H.H. Holmes, pendu en mai 1896, était un vulgaire escroc devenu meurtrier, suspecté d’avoir commis entre cinquante et deux cents meurtres, mais dont un seul a été reconnu.

C’est l’histoire de ce personnage méconnu que conte cette série superbement illustrée par Fabrice Le Hénanff.

Critique :
Sabrez le champagne, voici venu ma chronique la plus courte de l’histoire de toutes mes chroniques !

Les dessins sont touffus, sombres, mal faits, les personnages se ressemblent tous, le scénario est confus, on ne sait pas trop où l’on va se diriger et les tons sépias ne rendent pas justice à l’album.

Bref, pas vraiment un plaisir pour les yeux ni pour la compréhension, toute cette anarchie.

Pourtant, le pitch de départ était bon : qu’est devenu Jack The Ripper après le meurtre de Mary Jane Kelly ? Il serait parti en Amérique…

Oui, d’après le scénario, mais on se retrouve avec celui qui serait le véritable Jack (et pourvu d’un cocher nommé Netley, comme dans « From Hell » d’Allan Moore) et le tristement célèbre H.H. Holmes à tel point qu’on ne sait plus qui est quoi, ni comment ils se connaissent.

C’est touffu, on ne s’y retrouve pas, on s’y perd, pire, on n’est même pas tenté de lire la suite pour savoir comment cela va tourner.

Je l’ai lu parce que j’avais la bédé sous la main, mais à mon avis, elle va servir de cale à la prochaine escabelle qui sera rendue bancale par un sol inégal.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°44 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Détectives – Tome 2 – Richard Monroe, Who killed the fantastic mister Leeds ? : Herik Hanna & Nicolas Sure

Titre : Détectives – Tome 2 – Richard Monroe, Who killed the fantastic mister Leeds ?

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Nicolas Sure

Édition : Delcourt (2014)

Résumé :
L.A. 1935. Tout le gratin hollywoodien est réuni pour la première de « Who Killed The Fantastic Mister Leeds ? » associant les étoiles montantes Ava Lamont et James Crowley.

Mais quand James s’écroule sous l’effet d’une balle à blanc plus mortelle que prévu, Ava est immédiatement arrêtée.

Rien ne pourra la soustraire à la justice… si ce n’est un célèbre détective privé prêt à vivre la pire nuit de sa vie.

Critique :
« Ceci n’est pas une pipe ». Voilà comment on pourrait résumer en quelques mots cet album car, tout comme la célèbre toile de Magritte qui représente une pipe, ce n’est pas une pipe.

Juste l’image d’une pipe… Autrement dit, méfions-nous de ce qui pourrait être trop flagrant.

Aimez-vous vous faire mystifier, gruger, vous faire avoir jusqu’au trognon dans une lecture ? Moi, oui. Mais faut que cela soit fin, très fin.

La mère Agatha savait le faire mieux que personne, comme elle le fit dans « Le meurtre de Roger Ackroyd », jouant avec les phrases à double sens que l’on ne comprenait qu’une fois le roman terminé (ou à sa relecture).

Attention, faut pas qu’on ne me sorte pas un lapin d’un chapeau. Trop facile. Ce ne fut pas le cas dans cette enquête où je me suis faite avoir dans les grandes longueurs, revenant même en arrière pour tâcher de comprendre où l’auteur m’avait prise par surprise.

Pas de lapin sorti d’un chapeau, tout était sous mes yeux mais je n’ai pas vu. Enfin, si, j’ai vu mais je n’ai pas observé, me chuchote Sherlock Holmes dans mon oreille.

Heureusement que le scénario était à la hauteur, parce qu’il n’est pas évident d’apprécier une bédé lorsque les dessins ne vous reviennent pas, que vous les trouvez trop rigides, les épaules des personnages trop carrées, le trait trop simpliste (les oreilles ne sont même pas détaillées).

Certes, si je devais dessiner, ça ne ressemblerait à rien, je vous l’avoue, mais ce n’est pas mon job.

Le découpage de l’histoire est bien pensé, en commençant pas la scène de la défenestration (du 47ème étage du building) et en suivant ensuite par l’interrogatoire de Richard Monroe, cette ellipse permet de faire monter le suspense et les questionnements de suite.

Nous racontant l’histoire en commençant par le début, Monroe qui s’empêtre souvent dans son récit, nous permet de la vivre après coup, après les meurtres, et durant toute son histoire, je me suis posée des questions à savoir « Qui a vraiment fait ça et pourquoi ? La belle actrice a-t-elle bien tué son partenaire ? ».

Ajoutant dans les dessins de l’histoire la tête bandée de Monroe et la tête de l’agent du FBI, les auteurs ont pu insérer des petites questions et des réponses, des petits piques d’humour et de la suspicion, sans devoir revenir au moment présent par une autre case.

Moins charismatique que Miss Crumble du premier tome, Richard Monroe a une gueule taillée à la serpe, un caractère de cochon, têtu comme une mule, mais au moins il est compétent et il observe au lieu de voir. Sorte de détective à la hard-boiled, il a tout d’un Dick Tracy ou d’un Mickey Spilane.

Commencé en huis clos dans une salle d’interrogation de la police, l’histoire repassera en huis-clos dans l’hôtel où avait lieu la pièce de théâtre et les meurtres avant de se finir en course-poursuite qui fera le bonheur des vitriers tant on cassera des vitrines.

Un bon album, dans la continuité des autres (que j’avais lu pour le Mois Anglais de Juin 2019) mais mes préférés restent Miss Crumble, Frédérick Abstraight, Nathan Else et Ernest Patisson).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°28 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Agatha Raisin enquête – Numéro Spécial – Le Noël d’Agatha – Gare au pudding [Par Dame Ida, Spécialiste Mondiale Très Reconnue de la fiction Agathienne Contributrice Bénévole]

Les Enquêtes d’Agatha Raisin – Numéro Spécial : LE NOEL D’AGATHA – GARE AU PUDDING

Par Dame Ida, Spécialiste Mondiale Très Reconnue de la fiction Agathienne

Contributrice Bénévole

INTRO : Agatha Raisin, notre détective privée bien connue, n’a pas de projet de voyage au bout du monde pour échapper aux fêtes de Noël qui ont la fâcheuse habitude de renvoyer les célibataires à leur solitude, même lorsqu’ils sont invités quelque part !

Voilà qu’elle se pique de l’idée saugrenue de devenir Dame Patronnesse et d’inviter toutes les personnes âges seules de Carsely pour un Noël qui va évidemment s’avérer tragique, puisque chaque aventure d’Agatha Raisin est inaugurée par le refroidissement définitif d’un habitant de son village qui détient le record mondial de mort violente/habitant …

RÉSUMÉ : Agatha est d’humeur pensive en l’approche des fêtes de fin d’année et en discute avec sa bonne amie, Mrs Bloxby, la femme du pasteur qui lui, malgré son devoir de charité chrétienne ne cache jamais rien de son acrimonie à l’adresse de notre héroïne préférée.

Voilà que devant l’incontournable tasse de thé qui se doit d’occuper les mains quand on papote outre-Manche, Agatha est prise d’une illumination et imagine pour une fois de ne pas s’exiler très loin du monde occidental et de ses traditions en attendant que Noël soit passé, mais d’affronter ces fêtes en faisant le bien !

La voilà décidée à organiser un réveillon chez elle, et d’y inviter toutes les personnes âgées isolées de Carsely dont Mrs Bloxby l’aide à dresser la liste. Il y en a six au total… Plus ou moins valides, plus ou moins sympathiques… Mais ça n’est pas grave, Agatha s’y connaît en personne pas sympathiques et sait ne pas s’en laisser conter et les remettre à leur place si besoin.

Mrs Bloxby prendra la précaution cependant de lui rappeler qu’elle est peut être une bonne organisatrice d’événements de com’ mais que côté organisation de repas, elle est parfois à côté de la plaque, notamment lorsqu’il s’agit de cuisiner autrement qu’en réchauffant une barquette au micro-onde !

Evidemment, Agatha reste Agatha… Et s’accroche à l’idée qu’elle n’est pas moins capable qu’une autre, mais… reconnaissant qu’elle pourrait se laisser déborder en devant gérer ses inviter et la cuisine en même temps, elle admettra l’idée de faire appel à un traiteur…

Sauf pour l’inévitable Christmas Pudding flambé qu’elle se fait un point d’honneur à confectionner elle-même avec l’aide de son ancien collaborateur Roy Silver célibataire lui-même et qui s’est invité chez Agatha pour les fêtes.

Munie du livre de cuisine le plus facile à suivre qui soit du Royaume Uni et de tous les ingrédients requis, les acheter n’étant pas un problème pour Agatha, la voilà partie dans un massacre pâtissier en règle, puisque notre détective n’a pas appris que la pâtisserie, c’est de la chimie et que ça suppose de suivre les étapes à la lettre, et de respecter les proportions au gramme près, sans parler des temps et mode de cuisson, ou les temps de refroidissement…

Et pourquoi réduire en poudre ou en morceau un ingrédient dont on imagine qu’il pourrait « fondre » tout seul comme par magie ? Bref, vous l’aurez deviné ce pudding promet d’être immonde, et le coup d’insecticide passé dessus pour chasser les mouches qui l’ont attaqué n’a certainement rien arrangé…

Roy essaie de rattraper le coup et de cacher la misère en le recouvrant d’un glaçage caramel qu’il maîtrise, et au terme d’un réveillon bien arrosé au cours duquel les esprits de nos chers aînés se sont un peu échauffés, voilà que le moment où les employés du traiteur s’en vont et que l’instant d’apporter le dessert arrive…

Or, tandis qu’Agatha adopte une position improbable pour essayer de flamber son « œuvre » selon l’usage, l’un des petits vieux, pervers notoire qui lui avait offert un string en remerciement de son invitation, lui passe la main sous la jupe pour lui tripoter les fesses.

Allez savoir pourquoi, mais Agatha n’a pas trop apprécié, et le pudding dégoulinant a fini sur la tête de l’obsédé, qui s’écroula raide mort sur le coup…

Evidemment, l’une des invitées crie au meurtre alors que les autres témoins de la scène voulaient protéger Agatha… Mais il fallait bien faire venir la police, l’ambulance etc… Bill Wong prend les choses en main…

Mon avis : Les amateurs de séries anglaises connaissent la tradition qui courre outre-Manche et selon laquelle chaque producteur fait un épisode « spécial » pour Noël.

En général ces épisodes sont l’occasion de retrouver les personnages qui ont accompagné les spectateurs tout au long de l’année, autour d’un épisode ayant sa propre trame scénaristique détachée de la trame habituelle de la série.

Le plus souvent il est question de Noël également. Il s’agit d’une parenthèse, d’un trêve des confiseurs…

Souvenez-vous ! Ils nous ont fait le coup entre les saisons 3 et 4 de Sherlock avec l’Effroyable Fiancée… Et Même Downton Abbey nous avait gratifiés d’un épisode à l’humour tout sauf victorien (qui n’est d’ailleurs pas inclus au coffret)…

Anybref, et bien, cette aventure d’Agatha Raisin est à considérer comme étant dans cette veine. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un roman mais d’une courte nouvelle qui n’atteint pas la quarantaine de pages. Autant dire que c’est vite lu… Et que c’est loin de ressembler à un Agatha Raisin habituel.

Mais rassurez-vous, c’est gratuit ! C’est en effet un petit cadeau offerts aux amis d’Agatha, lors de l’achat d’un autre volume… Et pour tromper le couillon en épaississant d’avantage le volume du livre, on rajoute autant de page en vous mettant le début du premier tome des enquêtes d’Agatha…

Bref, le petit cadeau à faire circuler aux amis pour leur donner envie d’en savoir plus sur la détective la plus gaffeuse du Commonwealth !

Comme c’est court, on retrouve assez peu de personnages secondaires habituels… Mrs Bloxby au début… Bill Wong assez brièvement…

Et Roy qui va partager le réveillon avec elle. Exit Sir Charles et James Lacey ! Les six invités d’Agatha sont de parfaits inconnus…

Comme l’ensemble ne fait que quelques pages, difficile de ne pas spoiler pour vous donner mon avis. Donc… ne lisez pas la suite si vous ne voulez pas en savoir trop…

Quoi que dans ces quelques pages, le style et la description des situations abracadabrantes brillent plus que l’intrigue qui elle est d’une platitude parfaite. En fait il n’y en a pas vraiment.

Personne n’aura évidemment la gougeâterie de faire le lien entre le fait qu’Agatha se sente vieillir et son soudain intérêt pour les personnes âgées… Ni entre l’âge de l’auteur et le plaisir qu’elle a pris pour brosser rapidement les portraits de six petits vieux…

On aura deux morts et un mariage en 40 pages… Mais pas l’ombre d’un assassin. L’innocence d’Agatha triomphant assez rapidement après une autopsie la mettant hors de cause : son pudding n’avait pas tué son invité obsédé…

Cela étant, elle aurait probablement eu huit morts par empoisonnement s’il avait été mangé… Mais bon… Un mariage et deux enterrements… ça me rappelle un film anglais tiens…

Mon impression de l’aventure 17 n’avait pas été très engageante et j’avais dit attendre l’auteur au tournant.

Evidemment, cette brève nouvelle gratuite n’est pas à considérer comme étant la 18e aventure… et je n’exigerai pas le même traitement d’une intrigue en 40 ou 150 pages…

Donc… Je réserve encore ma décision sur la nécessité de confier d’autorité et en urgence la franchise Agatha à quelqu’un de plus doué que l’auteure actuelle.

PS du Cannibal Lecteur : dans 4 mois, c’est Noël !!! (maintenant que j’ai foutu le bordel, je me casse).

 

Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 2 – Les assassins du Nouveau-Monde : Andrew Lane

Titre : Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 2 – Les assassins du Nouveau-Monde

Auteur : Andrew Lane
Édition : Flammarion (07/09/2011)
Édition Originale : Young Sherlock Holmes, book 2: The red Leech (2010)
Traducteur : Marie Hermet

Résumé :
« L’Angleterre s’éloignait inexorablement, et avec elle tout ce qui lui était familier. L’avenir ne lui réservait qu’incertitudes et surprises. Il devrait affronter un nouveau monde, de nouvelles coutumes, des gens inconnus.

Le danger ne serait jamais loin ». Sherlock s’attire des ennuis… Le voilà embarqué sur un navire pour les Etats-Unis, cherchant à délivrer son ami Matty des mains d’assassins sans scrupules. »

Critique postée sur Babelio le 23 mars 2012 :
Le deuxième opus ne m’a pas trahi. Comme le premier, je l’ai dévoré, découvrant ce que l’auteur nous invente pour la jeunesse de Sherlock Holmes.

Nous retrouvons notre jeune Sherlock, avec son professeur qui continue de lui enseigner ce qui pourrait lui servir plus tard.

C’est en espionnant une discussion entre son frère Mycroft et son professeur Amyus Crowe qu’il apprend qu’un ancien sudiste, que tout le monde croit mort, a trouvé refuge en Angleterre.

Cela l’intrigue et il est bien décidé à fourrer son nez là où il n’aurait pas dû ! Notre futur détective se retrouvera en fâcheuse posture, ne devant son salut qu’à son ami Matthew.

Ce dernier, se faisant enlever ensuite, obligera nos amis à s’embarquer pour l’Amérique dans le but de le récupérer. de plus, Crowe et Mycroft soupçonnent qu’il se trame quelque chose de plus terrible.

Ne croyez pas que la traversée sera de tout repos pour notre jeune détective en herbe et qu’il se contentera de prendre des leçons de violon auprès d’un artiste itinérant ! Oh que non !

Une fois sur l’autre continent, Sherlock fera la démonstration de tout ce qui sera LUI plus tard. Se déguisant pour échapper à une filature, retournant ensuite la situation à son profit.

C’est le cas du fileur filé… Retrouvant la trace de son ami et terminant toute l’affaire uniquement aidé de Virginia (qui, décidemment, lui fait de drôle de sensations…) puis de Matthew.

Le reste, je ne vous le raconterai pas, mais ça bouge de tous les côtés pour nos trois amis. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture et j’attends la suite avec impatience.

Le titre en version originale était « The Red leech » autrement dit « La sangsue rouge ». Vous comprendrez pourquoi en le lisant…

Cormoran Strike – Tome 4 – Blanc Mortel : Robert Galbraith [Par Dame Ida, pigiste occasionnelle mais non rémunérée en homard ou en tailleurs]

Titre : Cormoran Strike – Tome 4 – Blanc Mortel

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (10/04/2019)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 4: Lethal White (2018)
Traducteur : Florianne Vidal

Présentation Babelio :
Lorsque Billy, un jeune homme perturbé, vient demander l’aide du détective privé Cormoran Strike pour enquêter sur un crime dont il pense avoir été témoin durant son enfance, Strike est perplexe.

Billy, de toute évidence, est psychologiquement instable et ne parvient pas à se souvenir de nombreux éléments concrets. Il semble néanmoins sincère et son histoire crédible. Mais avant que Strike n’ait le temps de l’interroger, Billy, paniqué, parvient à s’enfuir.

Afin de percer le mystère de l’histoire racontée par Billy, Strike et Robin Ellacott autrefois son assistante et désormais sa partenaire à l’agence s’engagent sur un chemin sinueux à travers les bas-fonds de Londres jusqu’à un sanctuaire secret au cœur du Parlement, puis dans un magnifique mais sinistre manoir de la campagne anglaise.

Alors que l’enquête s’avère labyrinthique, la vie de Strike est également loin d’être rectiligne : sa nouvelle notoriété en tant que détective l’empêche désormais d’opérer en sous-main, comme à son habitude.

De plus, sa relation avec son ancienne assistante devient plus périlleuse que jamais Robin lui est certes indispensable professionnellement, mais leur relation personnelle se complique de jour en jour…

Blanc mortel nous propose à la fois un mystère captivant et un nouvel épisode haletant de l’histoire de Cormoran Strike et Robin Ellacott. Le livre le plus romanesque de Robert Galbraith.

Résumé :
On avait laissé Robin et Cormoran le jour du mariage de celle-ci avec son fiancé Mattew, juste après la résolution très médiatisée de l’affaire précédente. Et bien c’est précisément là qu’on les retrouve au début de ce nouveau volume des enquêtes de Cormoran Strike.

Un Cormoran Strike à la trogne bien amochée d’ailleurs, ce qui détonnera quelque peu lors du pince fesse très mondain voulu par les deux familles…

Et il n’est pas seul à avoir trinqué. Cette affaire a mis Robin en danger et réveillé chez elle les traumatismes du passé qui ne manqueront pas de lui compliquer la tâche pour la nouvelle enquête qu’on vient leur confier.

Robin part dans une lune de miel calamiteuse avec son nouveau mari nombriliste et narcissique qui aura la maladresse d’effacer les textos envoyés par Cormoran pour la réembaucher…

Ah oui… disons que leur collaboration avait un peu souffert juste avant la résolution de leur dernière affaire…

Petite trahison de Mattew que Robin ne lui pardonnera pas facilement et qui mettra un second ver dans le fruit… Et au fil des pages… d’autres vers aussi gros que des pythons viendront se joindre au festin… Mais je ne vais pas tout vous raconter non plus…

D’ailleurs la vie privée de Strike n’est pas plus glorieuse… Il s’est bien trouvé une jeune femme plutôt sympa mais… il a un peu de mal à s’en rendre compte, trop abîmé par les montagnes russes que lui a fait vivre l’aristocratique Charlotte pendant seize ans…

Et v’là que l’ombre de cette pétasse névrosée va venir taper à nouveau l’incruste dans cette affaire qui va encore conduire notre Cormoran devenu LE détective privé à la mode de Londres, dans le grand monde britanniques.

Oui… Billy le schizo a fait irruption au bureau pour leur blablater une histoire décousue de meurtre d’enfants avant de se sauver, mais ça n’est pas pour cela qu’un ministre de sa Gracieuse Majesté vient carrément appeler Strike à l’aide pour régler l’odieuse affaire de chantage (les affaires de chantage sont toujours odieuses) dans laquelle il se trouve empêtré.

Oh… Et figurez-vous qu’il semblerait y avoir des connexions avec l’affaire de Billy ! Quel curieux hasard !

Et voilà Robin propulsée en immersion dans les corridors du Parlement sous couverture… A coller des micros (pratique parfaitement illégale au demeurant!), afin d’oublier sa lune de miel calamiteuse et son couple qui bat de l’aile !

Critique :
Y a un truc qui commence à me lasser dans les romans et les films policiers aujourd’hui… C’est le coup des deux affaires qui a priori n’ont rien à voir l’une avec l’autre et qui d’une façon miraculeuse se trouvent connectées…

Le pire c’est quand elles ont une solution commune… ça tombe bien au moment où j’écris je ne sais pas encore la fin, donc je ne peux pas vous en dire trop…

Oui j’écris souvent mes billets lorsque j’en suis au 8/10e du livre… Une habitude pour éviter de trop spoiler malgré moi…

Bref… JK Rolling… Là… vous me décevez ! C’est un gros poncif du genre… Je sais que vous aimez jouer avec ça, mais là ce coup des deux affaires en une ça me lasse… mais ça me lasse…

Et puis… Je m’étais déjà un peu énervée après Robin la fois précédente : qu’est-ce qu’elle s’emmerde avec ce mec (Mattew) qui vit en orbite géostationnaire autour de son nombril et qui voudrait contrôler sa vie et la voir rentrer dans les petites cases que son esprit étriqué lui assigne !

Flûte quoi ! Voilà trois livres qu’elle s’en plaint de ce mec… et malgré tout elle l’épouse ! Comme l’autre qui nous chantait « J’y crois encooooooore… »…

Pffff ! Elle, si futée et courageuse en matière d’enquête, concernant sa vie privée elle joue sa courge décérébrée en se laissant porter passivement  par les événements avec ce plouc…

Bon… OK… la quatrième enquête va amorcer un virage décisif (quoi que vu le temps qu’il lui faut… je ne sais pas si il sera aussi décisif et si elle se montrera plus dégourdie après!)… Il lui aura fallu le temps tout de même !

Ce décalage entre sa vivacité intellectuelle et le temps qu’elle prend pour se bouger face à ce crétin est un scandale ! Epicétou…

Et puis… Depuis le premier livre on voit Cormoran et Robin se tourner autour… Se rapprocher… prendre leurs distances… Une valse-hésitation sur laquelle on chanterait volontiers « Si tu avances quand je recule… comment veux-tu comment veux-tu que je t’enCENSURE ? »…

C’est comme Agatha et James (enfin je ne leur souhaite pas que ça soit tout à fait pareil!)… On sait qu’ils vont finir dans le même lit un jour !

Le temps qu’ils prennent pour ça est superflu au XXIe siècle !!! Merde quoi ! Personne ne leur a dit ? On aurait l’impression de lire le script des « feux de l’amour » s’il n’y avait pas d’enquête !

Au ciné la première scène de sexe entre les personnages principaux est en moyenne à la 42e minutes il paraît… Et ben là… ça se fait attendre.

Anybref vous l’avez compris, les atermoiements de tous ces gens en matière de vie privée me fatiguent un peu au bout du quatrième tome car ça devient un peu répétitif malgré les mariages des uns, les ruptures des autres, ou les nouvelles aventures qui se dessinent.

Dans le fond des émotions, et ressentis c’est toujours pareil et personne n’agit en fonction de ce qu’il ressent !

Pfff… Soit les anglais sont franchement compliqués en matières de cœur (je dirais carrément très névrosés puisqu’il faut toujours se trouver des empêchements pour vivre ce qu’on voudrait spontanément vivre)…

Soit JK Rolling devrait laisser tomber ce registre là… Après Harry Potter et le policier je lui déconseille franchement de s’essayer aux romans à l’eau de rose !

Voilà ! J’ai vomi mon fiel !

Maintenant je peux parler de ce qui m’a vraiment plu ! Parce que cette enquête une fois de plus nous fait découvrir de nouveaux univers du monde londonien. Les parlementaires… La politique… Les petites magouilles…

Et puis d’obscures histoires de familles recomposées dignes du feuilleton de la succession de Johnny !

Avec toujours ces coups de griffes acérés dont JK Rolling est coutumière à l’égard de la société de caste made in England où les gens ne doivent surtout pas se mélanger, et où ils doivent juste se toiser en affichant leur mépris respectif les uns envers les autres…

Et là nous allons aussi découvrir une meute assez intéressante d’activistes de l’ultra gauche britanniques (oui, oui… ça existe!).

Et puis Robin et Strike… même s’ils sont étrangement con-cons en matière de vie amoureuse… et bien ils savent aussi me rester sympathiques et attachants et je les retrouve toujours comme des amis de longue date à chaque fois que je parcours les pages nous narrant leurs aventures.

D’ailleurs… les autres personnages sont aussi bien campés, hauts en couleurs… et même quand on ne les aime pas, il faut bien reconnaître que l’auteure sait faire ce qu’il faut pour les rendre bien vivants et authentiques.

L’intrigue ? Quoi l’intrigue ? Ah oui… c’est un polar à la base… Ne l’oublions pas ! Et bien elle est excellente ! Habituellement, je commence à avoir un peu d’expérience et vois souvent le vilain venir de loin avec ses gros sabots…

Et bien là… J’ai renoncé à le chercher tant il y a de pistes possibles et de sous intrigues qui se croisent et s’entremêlent.

Un sacré casse-tête. On voit Cormoran chauffer des neurones tandis que Robin s’éparpille dans sa quête aux indices endossant plusieurs personnages différents… C’est franchement prenant.

En résumé : un avis en demi-teinte.

On retrouve nos personnages avec le même plaisir, s’affairer sur une enquête complexe et passionnante, même si hélas le caractère un peu répétitif de leurs vies privées respectives finit par être un peu lassant… mais… l’amorce de quelques changements s’annonce et laisse espérer un tome 5 un peu plus original. Je l’attends de pied ferme !

Sherlock Holmes – Tome 2/2 – Les origines : Scott Beatty & Daniel Indro

Titre : Sherlock Holmes – Tome 2/2 – Les origines

Scénariste : Scott Beatty
Dessinateur :Daniel Indro

Édition :Soleil (21/03/2012)

Résumé :
Le légendaire détective d’Arthur Conan Doyle revient dans une nouvelle aventure explorant ses origines jamais révélées ! Joignez-vous au docteur John Watson lors de sa rencontre avec le jeune Sherlock Holmes. Une rencontre qui définira à jamais le destin des deux hommes.

En proie à des meurtres sanglants, Londres a peur. Le Dr. Watson réalise que le seul homme capable de faire cesser les assassinats n’est autre que le jeune Sherlock Holmes, un apprenti détective aussi mystérieux que les crimes sur lesquels il enquête.

Critique :
Second et dernier album des origines de Sherlock Holmes. le premier m’avait déjà bien plu, avec ses crimes sordides évoquant la mort de chacun des Césars (il y en eu douze).

Cet album clôt le cycle de la rencontre entre Holmes et Watson, les auteurs les ayant fait se rencontrer avant « Une étude en Rouge », impliquant aussi, bien avant l’heure, des personnages canonique dans cette histoire. Cela ne gênera pas les non connaisseurs et les connaisseurs auront un petit plus, puisque qu’ils ont lu le canon.

L’aventure, tout en continuant sur les meurtres sordides, englobera aussi celle du « Gloria Scott (bien connue des holmésiens), sans oublier le personnage de Victor Trévor, seul ami de Holmes au collège.

L’album, est un comics et non une bande dessinée habituelle. Les couleurs sont sombres, il y a beaucoup de traits sur les visages, les rendant moins esthétique, de ce fait.

Par contre, je salue une mise en scène des auteurs, nous faisant passer du présent à des événements se déroulant dans le passé d’une manière très subtile.

Je m’explique : nous voyons la tête du pendu, couché au sol après sa dé-pendaison, ensuite, la case suivante, juste en dessous, nous retrouvons la même tête, mais dans un décor différent, l’homme étant endormi.

Dans une autre case un peu plus loin, on frappe à la porte de la chambre dans laquelle Holmes et Watson se trouvent, en la case suivante, à l’autre page, nous sommes ailleurs, avec un policier qui frappe à la porte de son supérieur.

Belle manière de mettre du suspense ou de passer à un récit dans le passé.

Juste un petit bémol, dès la première case, on voit Holmes se coiffer d’un deerstalker, la fameuse casquette à double visière, juste bonne pour les balades à la campagne.

Dans cet album, nous découvrirons la tête du Grand Méchant, totalement givré, une invention diabolique qui servit assez bien dans les temps passé et que l’on nommait « le feu du diable ».

Le méchant expliquera pourquoi il a fait tout ça (les méchants parlent toujours trop), ses origines lointaines et nous donnera l’explication de son nom de famille.

Pourquoi pas ? On a déjà entendu pire.

Je m’en voudrais d’oublier de vous signaler que notre jeune Sherlock Holmes m’a rempli de joie avec une scène qui sera LA scène de l’album (pour moi).

Je ne vous dit rien de plus.

Au final, nous avons Holmes et Watson qui emménagent au 221b et qui se retrouvent, ensuite, avec un Lestrade, sur une scène de crime, où le policier leur parie un mois de son salaire qu’une femme nommée Rachel est impliquée dans le meurtre.

Erreur, Lestrade !! le grand « RACHE » inscrit en lettres de sang sur le mur signifie « Vengeance » en allemand…

J’ai passé un bon moment avec les deux albums et je vais relire le premier pour me remettre tout en mémoire et ne pas oublier de me fendre d’une petite critique positive.

Agatha Raisin enquête – Tome 17 – Cache-Cache à l’Hôtel : M.C Beaton [Par Dame Ida, Pigiste bénévole Experte en Agathologie]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 17 – Cache-Cache à l’Hôtel – Le soleil, la mer et la taule…

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (05/06/2019)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 17: Love, Lies and Liquor (2006)
Traducteur : Esther Ménévis

Présentation Babelio

Entre son agence de détective qui tourne au ralenti et les réunions des dames de Carsely, Agatha s’ennuie. Aussi, est-elle enchantée lorsque son ex-mari James Lacey l’invite pour des vacances mais – horreur ! – sa conception d’un séjour idyllique est le petit hôtel décrépit de Burryhill-on-Sea* où enfant, il passait ses étés.

Et tout va de mal en pis : quand un autre client de l’hôtel est assassiné, Agatha est la principale suspecte et est obligée de résoudre l’affaire depuis sa cellule de prison !

*NDLR : Dans mon exemplaire du roman, Burryhill (que je ne sais comment traduire: la vallée enterrée?  la vallée où on enterre?…) est remplacé par Snoth (Morve)… Bref… le lieu de vacances de James et d’Agatha s’appelle en français Trou sur Mer ou Morve sur Mer… z’avez le choix ! A moins que Babelio se soit grave gouré ?

Résumé :
Désolée les filles mais là on commence par un spoiler (annoncé par la présentation tout de même) ! Je ne peux pas faire autrement…

À la toute fin du volume précédent de  ses enquêtes, James Lacey, l’homme autour duquel elle avait tourné autour pendant pratiquement dix romans avant de l’épouser et d’en divorcer aussi rapidement…

L’homme qui s’était retiré dans un monastère et qu’elle s’était péniblement efforcée d’oublier dans d’autres bras, puis en se lançant dans la création de son agence de détectives… sonne à sa porte.

En ce début de volume 17, vous ne savez pas ce qu’il a bien pu lui dire… Mais vous apprenez en quelques phrases qu’il a réintégré son ancien cottage comme si de rien n’était, et qu’Agatha et lui se fréquentent vaguement.

Assez pour partir ensemble à un barbecue calamiteux à la fin duquel James essaie de se faire pardonner en proposant des vacances surprises à Agatha qui dit banco.

Ben oui, on ne sait jamais… Sur la base d’un malentendu comme dirait Jean-Claude Duss, elle pourrait peut-être à nouveau conclure !

James veut l’emmener dans le Palace d’une station balnéaire merveilleuse de son enfance… enfance qui date suffisamment pour que cette station soit devenue immonde et le Palace une ruine décatie ressemblant à l’hôtel de Shining et à la cuisine infecte et au service désastreux.

En même temps que peut-on s’attendre à trouver dans un bled qui littéralement se nomme « Morve sur Mer » ?

Et c’est sans parler de la clientèle vulgaire à souhait avec qui notre grande gueule d’Agatha se prend le bec dès le premier soir avant que James ne commence à organiser un plan B salutaire pour une exfiltration vers le sud de la France.

Mais à peine repartis en direction du premier port pour nos beaux rivages, James et Agatha sont rattrapés par la police qui accuse Agatha de meurtre et l’assigne à résidence dans ce prétendu hôtel où de nouveaux cadavres sont au programme…

Mon avis (qui est celui de dame Ida !) :
L’auteure me prendrait-elle pour une conne, moi et les lecteurs qui la font vivre en abusant de notre attachement pour Agatha ?

Elle fait surgir James comme un diable de sa boîte en deux lignes à la toute fin du précédent bouquin, nous donnant envie de nous précipiter sur le suivant pour avoir droit à LA grande explication qui s’impose, et qui nous aurait permis de comprendre comment Agatha pleine de ressentiments à son égard et James allaient solder leurs comptes…

Permis de savoir ce qu’était devenu James pendant tout ce temps… De savoir pourquoi il revient là et comment il s’est remis de la crise mystique qui l’avait éloigné d’Agatha…

Le truc incontournable pour donner un peu de crédibilité et de logique temporelle à la suite…

Et ben non ! Vous ne saurez rien ! Rien de rien ! C’est comme dans Dallas… Bobby meurt… et à la saison d’après sa femme le retrouve vivant dans la douche comme si de rien n’était et tout ce qui s’est passé entre temps n’était qu’un rêve entrecoupé de spots publicitaires !

On vous dit juste avant la cinquième page qu’Agatha a l’impression d’être revenue à la case départ ! Tu m’étonnes ! Et son premier mari décédé ? Ils vont nous le ressusciter aussi ??? Et elle reprend son agence de communication quand tant qu’on y est ?

D’autant que James se barre à la page 40 pour être remplacé par… Sir Charles dont les antennes vibrent à chaque fois qu’Agatha renoue avec James ou qu’elle se trouve dans la mouise pour la lâcher 50 pages plus loin !

Mais c’est même pas grave puisqu’un bellâtre vénéneux apparaît 5 pages après…

Et ouais ! Le vaudeville recommence ! Pourquoi ai-je une telle impression de déjà-vu ? Pourquoi ai-je soudainement l’impression de me retrouver devant la rediffusion d’une série médiocre des chaînes de la TNT que personne ne regarde jamais ?

Merde quoi ! Agatha avait enfin cessé de tourner en rond depuis quelques temps avec son agence de détectives et son personnage semblait enfin évoluer et… patatras ! On annule tout et on recommence ! Quelle honte !

Bref, vous l’aurez compris, je suis verte de rage et il s’en est fallu de peu pour que je n’apprenne au livre à s’envoler par la fenêtre !

Forcément c’est toute la bibliothèque de ma liseuse qui aurait suivi…

Je suis allée au bout par conscience professionnelle et toussa toussa… Mais j’avoue que dès les premières pages j’étais tellement remontée que s’il y a eu quelque chose de franchement top dans le livre et bien je n’ai pu que passer à côté !

En plus… Le coup d’Agatha suspectée de meurtre pendant ses vacances et qui se voit obligée d’enquêter pour laver son honneur… On nous l’avait JAMAIS fait celle-là ! Hou là là ! Que d’originalité ! Vais-je m’en remettre ? Pas certain…

L’énigme est pas mal certes… Mais même si l’écologie est une préoccupation vitale aujourd’hui, ça n’est pas une raison pour recycler sans cesse les mêmes ficelles moisies.

D’autant que les portraits des personnages secondaires sont brossés à l’arrache et ressemblent à s’y méprendre à ceux qu’Agatha a déjà croisés lors de ses enquêtes précédentes. Et oui ! Même les portraits sont recyclés !

Là c’est juste plus possible le coup du vase-clos pendant des vacances qui tournent mal et tous ces flics idiots qui veulent toujours coffrer la pauvre Agatha !

À sa place je deviendrais parano ! Avant je me disais juste que le taux de mortalité était effroyable dans son village, mais maintenant c’est établi ! C’est juste Agatha qui a la poisse, un peu comme Princesse Sarah ou Caliméro ! C’est too much !

Même le style laisse à désirer ! Ok… Je ne m’attends pas à lire du Proust quand j’ouvre un Agatha Raisin, mais le style est ici tellement pauvre et aseptisé que dès les premières pages ça fait plus résumé de bouquin écrit à la hâte qu’autre chose.

Genre l’auteur est à la bourre pour rendre sa copie à son éditeur et se dépêche de taper le manuscrit pendant son voyage en train jusqu’à la maison d’édition.

Oui… Agatha et son mauvais caractère… et ben ça reste Agatha… et elle et moi on est potes pour la vie… Mais il faut d’urgence qu’elle se trouve une autre scénariste, parce que là, je sature !  Agatha mérite mieux que ça.

Il faudra que le volume 18 soit à la hauteur car ça risque d’être ma dernière fiche sur la série si ça continue ainsi.

… et encore… je suis gentille ! Il y en a au moins un en souvenir du bon vieux temps.