La voix secrète : Michaël Mention

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Titre : La voix secrète

Auteur : Michaël Mention
Édition : 10-18 (01/01/2017)

Résumé :
Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe. Dans un Paris rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants, issus des quartiers miséreux. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, et son adjoint vers Lacenaire, le célèbre poète assassin.

Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et rédiger ses Mémoires.

Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide de le solliciter, au grand dam de son adjoint, dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse.

Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation. Cette collaboration les entraîne dans les coulisses d’un Paris mystérieux et malsain.

voix-secrete-la-michael-mention-la-fantascopeCritique :
La force de Michaël Mention c’est qu’il change de genre à chaque roman, qu’il surprend ses lecteurs, arrivant là où on ne l’attend pas.

Michaël Mention peut aussi se targuer de m’avoir entrainé en Angleterre, dans les traces de l’Éventreur du Yorkshire, de m’avoir fait vibrer en me retranscrivant un match de foot, de m’avoir fait hurler de joie en saquant certains médias et de m’avoir fait claquer des dents, en Australie, par 50C° à l’ombre.

Là, il m’a fait soupirer d’aise de ne pas avoir vécu à Paris en 1835 ! Celui-là, on aurait pas trop envie de le visiter…

Pour la peine, en lisant comment les ouvriers étaient traités, combien d’heures ils prestaient et quelles misérables sommes ils gagnaient, je me sens riche, protégée et je bénis les avancées des syndicats ! sans oublier qu’à cette époque là, les gosses travaillaient aussi. Enfin, les miséreux.

Lacenaire le mercenaire ! Je ne connaissais pas ses faits et gestes, mais j’en sais un peu plus sur le lascar en ayant suivi une enquête sur ce qu’on appellerait maintenant un Copycat, sauf que le copieur, c’est des enfants qu’il tue, et pas de manière « propre » (si tant est qu’il peut exister une manière propre de tuer des gosses).

Le style d’écriture de Mention est bien là, c’est le sien, on ne s’y trompe pas. Là aussi il a dû bosser sa copie parce que tout est réaliste dans ce Paris de 1835, en hiver. Manquerait plus que le son et l’odorama et on frôlerait la perfection.

Mais on se passera des puanteurs de la ville, de ses abattoirs, de ses Halles, l’auteur nous plongeant déjà assez comme ça dans le réalisme !

Bien entendu, l’auteur mêle ici la réalité à la fiction, mais avec un tel brio qu’on ne sait plus où est la fiction, tant on se sent immergé dans l’Histoire avec un grand H. À tel point qu’on penserait bien que le récit fictionnel se retrouvera dans Wiki tant il est criant de réalisme.

Un roman historique noir, une plongée directe dans la misère des rues de Paris, une plongée dans ses lieux non fréquentables, du moins en haut-de-forme, une immersion dans ses lieux où trimait des pauvres gens, des esclaves, une fracture immense entre les riches et les pauvres, entre ceux qui ne demandait que le nécessaire à ceux qui possédaient le superflu…

Un roman où l’enquête sur leurs meurtres sordides frôle la politique, jamais loin, n’ayant pas envie que des émeutes éclatent, voulant à tout prix se protéger du scandale, ne voulant pas perdre ses privilèges.

Un roman où tout n’est pas toujours ce que l’on pense et où le lecteur pourrait se perdre en sympathisant avec Lacenaire qui n’est pas le pire, dans cette histoire (ni dans l’Histoire) ou en ne voulant voir que ce qu’on veut lui faire voir.

Une fois de plus Michaël est reçu avec Mention en nous proposant un polar noir historique loin de ses sentiers habituels, mais toujours avec sa plume unique et ses petites piques qui font mouche.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Pinkerton – Tome 4 – Dossier Allan Pinkerton 1884 : Rémi Guérin & Damour

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Titre : Pinkerton – Tome 4 – Dossier Allan Pinkerton 1884

Scénariste : Rémi Guérin
Dessinateur : Damour
Édition : Glénat (2016)

Résumé :
1884. Gravement malade, Allan Pinkerton sent que la fin est proche et entreprend la rédaction de ses mémoires. Il y raconte son enfance dans les rues de Glasgow, la migration de sa famille au Canada puis à Dundee, Illinois, où il fondera la Pinkerton National Detective Agency.

La « méthode Pinkerton » se met alors en place : recrutement de durs à cuire, réseau d’indicateurs, récolte d’indices et de témoignages, utilisation quasi systématique de la violence. Méthode qui fera ses preuves lors d’affaires devenues légendaires : les Dalton, Jesse James, les Molly Maguires, le Wild Bunch…

À travers son récit, Pinkerton nous fait surtout découvrir l’origine de cet esprit de vengeance et d’injustice qui l’a habité toute sa vie.Ce dernier album de Pinkerton, qui retrace les grands moments de la vie du célèbre détective, nous permet de découvrir l’homme qui se cache derrière la légende…

20160613105433_t4Critique :
Glasgow 1828, dans un quartier ouvrier… Le jeune Allan n’a que 9 ans lorsque son père, policier, est tué et c’est à lui maintenant de subvenir aux besoins et il va travailler dans une tonnellerie.

C’est bien plus tard, alors que menant les ouvriers à la grève afin d’obtenir le droit de vote, il sera contraint de s’exiler aux États-Unis car la police le recherche. Il n’a que 22-23 ans…

Cet album nous montre un Allan Pinkerton aux dernières heures de sa vie, il est alité, vieux, et il a couché sur papier toute sa vie, de ses débuts à Glasgow en tant qu’ouvrier, en passant par Dundee (Illinois) où il travaille pour  lui et Chicago où il commencera à recruter ses futurs détectives de manière assez… limite !

Allan Pinkerton n’est pas un tendre, ce qu’il veut, il l’obtient et peu importe les moyens puisque la fin les justifie !

J’aurais aimé plus de développements lorsque les auteurs évoquent des anciennes affaires ou plus de clarté sur certaines actions plus qu’illégales comme lorsqu’il recruta ses hommes dans le clan des Irlandais.

Lorsque l’on dit que Pinkerton n’hésitait pas à semer des cadavres pour servir la justice, c’est la vérité et je frémis toujours en lisant ce que cet homme, qui se disait du côté de la Justice, fit pour la servir. Souvent hors des limites de cette même justice…

D’ailleurs, notre ami, lorsqu’il était jeune, menait ses collègues ouvriers à la grève pour obtenir le droit de vote, mais sur le territoire américain, il n’hésita pas à faire arrêter, juger et pendre les Molly Maguires ou à envoyer ses hommes pour casser des grèves.

C’est le portrait d’un homme qui ne regrette rien que les auteurs nous présentent de manière un peu brouillonne, je dois dire, car avec tout ces retours dans le passé, on s’y perd si jamais on n’est pas attentif à 100%.

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - The magnificent seven

Pinkerton – Tome 2 – Dossier Abraham Lincoln -1861 : Rémi Guérin & Damour

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Titre : Pinkerton – Tome 2 – Dossier Abraham Lincoln -1861

Scénariste : Rémi Guérin
Dessinateur : Damour

Édition : Glénat (2014)

Résumé :
Allan Pinkerton et son agence éponyme sont craints de tous les criminels des États-Unis. Et pour cause : lui et ses hommes n’hésitent pas à se rendre aussi redoutables que les lascars qu’ils traquent, quitte à faire verser le sang et à semer les cadavres derrière eux pour faire appliquer la justice.

C’est justement au cours de l’un de ses interrogatoires musclés que Pinkerton est rencardé sur un coup impensable : l’attentat du président Lincoln !

Tous les hommes de l’agence sont alors envoyés arpenter le pays à la recherche de la moindre information… Un seul mot d’ordre pour empêcher ce crime odieux : aucune limite.

Pinkerton-T.I-3Critique : 
« We never sleep » telle est la devise de l’agence de détective Pinkerton et il est un fait qu’ils ne dorment jamais tout à fait, les Pinkerton.

Basé sur un fait réel nommé « Complot de Baltimore » et qui visait le futur président Lincoln, le scénariste nous montre une piste autre que celle retenue par l’Histoire, celle qui est de toute façon écrite par les vainqueur.

Mais avant de parler de Lincoln, fraichement élu mais ne siégeant pas encore, revenons au début de l’album.

1861, quelque part dans l’Illinois, un train se fait attaquer par des bandits d’une autre trempe que les frères Dalton de notre bon vieux Lucky Luke.

Rien qu’avec cette attaque déjouée, nous avons déjà un aperçu des méthodes peu conventionnelles d’Allan Pinkerton, le chef de cette agence de détectives.

Certes, Sherlock Holmes aurait pu jouer aussi finement que lui, mais il aurait livré les bandits à Scotland Yard et pas au fossoyeur du coin.

Anybref… Quelques heures plus tard, à Gibson City, toujours dans l’Illinois (on y est, on y reste), Allan Pinkerton va encore nous démontrer sa roublardise crasse.

Certes, Nolan était un criminel et le meurtrier de Sammy Winters, ami d’Allan Pinkerton, il méritait la mort, mais on comprend que Pinkerton est prêt à utiliser tout les stratagèmes pour arriver à ses fins, quitte à se mettre au niveau des bandits qu’il pourchasse.

Impitoyable, qu’il sera, Pinkerton…

Le dessin est réaliste, le scénario impeccable, les couleurs assez sombres, tout comme le personnage principal qui créa cette agence de détective un peu spéciale.

Les dialogues, eux, sont percutents comme un chien de révolver tant le tout est machiavélique.

Si on ne connait pas le complot de Baltimore et cette tentative d’attentat avortée sur le président Lincoln, on sera surpris, mais si on a eu vent de quelques infos, rumeurs, on le sera moins.

Malgré tout, mes souvenirs étaient confus, flous, dataient de la période où les dinosaures existaient encore, alors oui, j’ai eu ma surprise avant de me dire « Mais oui, j’ai déjà entendu des choses là-dessus ».

Mais quel vicieux, cet Allan ! Et le pire, c’est qui ne fut pas le premier à magouiller de la sorte, ni le dernier…

Un album que j’ai pris plaisir à découvrir, avec une belle analyse sur Allan Pinkerton,  personnage historique et controversé de l’histoire des États-Unis.

J’ai commencé par le tome 2 mais je vais me faire le reste de la série assez rapidement si je sais.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur,  le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

Green Manor – 16 Charmantes historiettes criminelles : Vehlmann & Bodart

Green Manor - 16 charmantes historiettes criminelles

Titre : Green Manor –  Intégrale des tomes 1 à 3 : 16 Charmantes historiettes criminelles

Scénariste : Fabien Vehlmann
Dessinateur : Denis Bodart

Édition : Dupuis (2010)

Résumé :
Lord paralysé qui cherche à se venger de l’amant de sa femme ; petit bonhomme insignifiant persuadé l’être l’Ange de la Mort ; médecin passionné rêvant d’examiner le cerveau du grand poète et peintre William Blake : les gentlemen croisés au très select Green Manor Club sont pour le moins inquiétants.

Car derrière la splendide façade victorienne se cachent en fait les passions les plus violentes et les pulsions les plus meurtrières.

Retrouvez, dans ce superbe album, l’intégralité des seize historiettes policières, qui sont autant de petits bijoux de mécanisme de précision perverse, signées Fabien Vehlmann et Denis Bodart.

PlancheA_117545Critique : 
Élever le meurtre au rang de l’élégance, en faire une œuvre-d’art… Tout un programme !

Il s’en passe des choses pas très catholique derrière les grosses portes en bois de ce club anglais sélect qu’est le Green Manor. On y disserte sur l’art du meurtre.

— Choisissons soigneusement quels devront être le mobile, la victime, l’arme, ainsi que l’heure et le lieu du crime, pour que notre chef-d’œuvre soit une parfaite réussite.

Des gentlemans ? Que nenni ! Une belle brochette de meurtriers, d’escrocs et de bandits que la reine Victoria ait jamais connus. Le tout derrière un certain vernis, tout de même !

C’est dans le magazine hebdomadaire Spirou que j’avais découvert l’univers délicieusement morbide de Green Manor.

Par morbide, je sous-entends un univers composé de gentleman, de gens de la haute, des membres d’un Club dans lequel on n’entre pas comme dans un moulin…

Et ces gens très dignes, ces gentlemans du club, parlent de crimes parfaits, de crimes sans victime, de crimes insolubles, ou de ceux dont le coupable fut attrapé… tout cela en fumant un cigare hors-de-prix ou en dégustant un alcool vieilli en fut de chêne.

Ce recueil, en plus d’être So British, est teinté d’humour noir ou l’arroseur peut finir lui aussi arrosé… de plombs !

Si les dessins ne sont pas fait dans un style « réaliste », ils n’en dégagent pas moins une atmosphère d’un Londres victorien et de messieurs tout ce qu’il y a de plus dignes, de plus gentleman.

De plus, l’album est magnifique et à tout d’un vieux grimoire ancien. Dans la biblio, c’est du plus bel effet.

Les histoires sont courtes, mystérieuses, bien trouvées, sadiques, perverses et qui ont la précision d’une véritable horloge suisse.

C’est noir, amusant, machiavélique. C’est anglais ? Non, réalisé par un duo franco-belge, uns fois !

J’en ai frissonné de plaisir !

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « A year in England » chez Titine, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (136 pages – 616 pages déjà lues pour le Challenge).

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Le parfum de la chatte en noir et autres pastiches érotiques de romans policiers : Liebig

 Titre : Le parfum de la chatte en noir et autres pastiches érotiques de romans policiers

Auteur : Etienne Liebig
Édition:  La Musardine (2010)

Résumé :
« Les grands policiers et les grands criminels de la littérature classique ont évidemment une sexualité, mais celle-ci, pour des raisons de censure et de bienséance, n’a jamais pu s’exprimer, faisant de nos héros des êtres impuissants ou frigides.

Il fallait que cette injustice soit réparée.

C’est pourquoi, dans un souci de vérité historique qui les honore, les éditions La Musardine m’ont confié cette haute mission de rendre à tous ces personnages qui peuplent notre inconscient collectif une vie sexuelle aussi riche et diverse que leur vie aventureuse.

J’ai essayé modestement de pasticher au plus près des styles originaux, les histoires de ces héros et héroïnes de notre mythologie moderne qui ont tous fait l’objet déjà, de très nombreuses adaptations plus ou moins fidèles ».
Etienne Liebig.

Dans Arsène lupin, gentleman gamahucheur le célèbre héros s’intéresse au derrière de la femme d’un ministre et imprime ses initiales à la naissance de son anus. Le vol de papier et d’un tableau serait-il un subterfuge pour s’occuper de la dite dame ou le contraire? Une reconstitution est nécessaire pour résoudre cette énigme. L’auteur tente de se rapprocher du style de Maurice Leblanc, remarque qui vaut pour tout le recueil, tout en y injectant un ton de vaudeville bourgeois.

Dans Le Parfum de la chatte en noir Rouletabille enquête sur le suicide supposé d’un artiste qui a été en fait étouffé par une nonne criminelle ancienne connaissance de notre héros! Il mènera l’enquête courageusement quitte à en perdre la vie dans un duel acrobatique. Au programme enquête lubrique, profanation, nécrophilie et amitié rapprochée avec des nonnes, tout pour se faire des amis!

Dans L’Héritier aux deux trous on retrouve un Sherlock Holmes lubrique et bien sûr drogué qui enquête sur l’enlèvement du fils héritier d’un riche banquier. Mais pourquoi le dit riche banquier a-t-il choisit comme épouse pour sa progéniture une prostituée qui n’a pas froid aux yeux? Cela cacherait-il un secret de famille bien encombrant? Au programme secret de famille et lesbianisme particulièrement inavouable dans cette Angleterre victorienne.

Dans Les Véritables mémoires du vit de Vidocq on suit l’enquête de la mort d’une riche héritière. Notre policier appliquera des méthodes bien particulières, modernes et pas franchement catholiques pour réunir des preuves. Il devra explorer les bas-fonds pour retrouver les assassins ce dont il ne se plaindra pas! A noter un lexique bien utile sur l’argot de l’époque à la fin de la nouvelle.

Dans Fantômas contre l’inspecteur Juve et le jeune journaliste Fandor on apprendra que pour provoquer la chute de Fantômas il suffit de le faire chanter de façon bien particulière avec l’aide de sa fille.

Dans La Mystérieuse histoire du gode d’ivoire Hercule Poirot devra donner de sa personne afin de comprendre non seulement qui est le voleur du dit objet mais aussi comprendre l’histoire de famille qui se cache derrière les mystérieuses initiales gravées à sa base.

Enfin dans Morsure sénile Miss Marple doit déjouer un maître chanteur, ayant jeté son dévolu sur un prêtre bien coincé et confident de tout le village, qu’elle pourrait bien connaître. Au programme flegme anglais bien coincé comme il faut et conspiration pour gagner un pari lubrique !

Critique :
Bon, les enfants, allez lire votre dernier « Picsou Magazine » et passez votre chemin, vos yeux curieux n’ont rien à faire ici.

Parents, je ne suis pas responsable si vos enfants lisent cette critique.

Majeurs ou « grands de 16 ans », vous êtes les bienvenus pour cette critique un peu plus osée de par l’ouvrage en question.

Que vous dire après ma lecture ? Si j’ai la larme, ce n’est qu’à mon oeil, et non, ce n’est pas dû à l’émotion de ma lecture.

Que vous dire d’autre ?

Juste que si la viande de cochon est fortement déconseillé crue, il en va de même  pour les récits dits « cochons »… Trop cru, c’est indigeste !

Certes, vous me direz que je savais à quoi m’attendre en achetant ce bouquin dans un rayon sombre d’une bouquinerie. Oui, je me doutais du caractère « coquin » de la chose et des récits.

J’ai dit « coquin », pas « cochon » ! Toute la délicatesse de l’affaire se trouve dans cette différence subtile entre les deux termes.

Pour ceux et celles qui ne me connaissent pas, je vous signalerai que je n’ai rien d’une puritaine, ni d’une vierge effarouchée (je suis sagittaire, en plus) et que mon esprit est aussi mal tourné qu’il est possible de l’être.

Ayant lu des livres de Frédéric Dard, le père littéraire du commissaire « San-Antonio », je peux vous dire que les récits de parties de jambes en l’air – qui sont plus que légion dans les livre de Dard – ne me font pas rougir, ni pousser de hauts cris de pudibonde (Pudi Bond, la soeur de James) et que la brouette de Toronto n’a plus de secret pour moi. Le langage cru ne me fait pas rougir non plus.

Bref, on pourrait croire que ce genre de récits était fait pour moi.

Oui, mais à une seule condition : que le niveau soit un peu plus relevé et que le langage ne soit pas aussi plat. Il n’y a aucun volume ! C’est cru, ça manque de sel et de quelques piments, c’est plat et sans poésie.

Les descriptions crues, qui sont passées comme dans du beurre dans les romans de Dard, ont bloqué chez Liebig. Et oui…

Étant aussi une grande habituée des fan-fictions avec des lemmons (récits destiné aux plus de 16 ans au moins, autrement dit, qui comportent une ou plusieurs scènes de sexe plus que suggérée), j’apprécie que l’aventure horizontale (ou verticale, on a le choix de la position) me soit contée dans des termes poétiques.

Que cela soit suggéré tout en finesse, ou, si l’auteur va au fond des choses, que cela soit décrit avec des termes corrects.

Non, je n’ai rien contre le vulgaire, mais entre nous, n’importe quel écrivaillon du dimanche est capable de torcher un lemmon quelconque avec un langage tout aussi quelconque tel que : « il enfonça sa b*** dans son c** »  ou « elle me su** la qu*** toute la nuit » (je vous mâche le travail, les Astérix – le Gaulois, celui qui vit en Gaule – remplacent le nombre exact de lettres manquantes).

N’importe quel couillon peut le faire et pour pas un balle.

Donc, en achetant ce livre, avec l’oeil égrillard, je m’attendais à passer un bon petit moment coquin tout en restant dans la métaphore suggestive ou, du moins, dans des descriptions très osées, mais tout en restant dans le langage correct.

Bien mal m’en pris, comme vous vous en doutez.

J’avais plus l’impression de me retrouver dans un livre destiné à des gros obsédés du langage cru que dans un pastiche « osé » ou « coquin ».

Là où le père Dard me faisait rire, Liebig m’a fait boire le bouillon (pub déguisée).

Quelle est l’utilité de commencer un récit avec un Holmes qui se l’astique consciencieusement ? De nous parler d’un Watson qui se fait dessus, comme un môme dans son Pampers ?

Même avec le second degré, ça coince. Même en lubrifiant encore plus mon humour, ça ne passe toujours pas.

D’accord, ces messieurs « les hommes » ont tendance à se grattouiller, dès le réveil, et pas derrière les oreilles, mais plutôt au niveau des valseuses…

Mais là, c’est moi qui me suis grattée la tête de perplexité en lisant le récit que nous contait le docteur Watson, nous expliquant que Holmes se les grattait, comme toujours quand il était dans un moment d’intense réflexion… *long soupir*

Et je ne vous parle même pas du langage qui n’était pas châtié… Vulgaire, tout simplement.

Une impression que l’auteur avait juste envie d’utiliser les mots irrévérencieux, juste pour le plaisir de les écrire, comme un sale gamin.

Diantre ! Des récits salaces et osés, j’en ai lu une tripotée, mais les auteurs (et de fan-fic en plus !) utilisaient un vocabulaire correct, rendant leurs récits bien plus émoustillants.

Là, ça vous refroidirait plus qu’autre chose.

Je vous épargnerai les détails scabreux des autres récits, ça n’en vaut pas la peine. On a déjà usé assez de papier ainsi en imprimant ce livre et j’ai abandonné la lecture, laissant tomber les deux dernières histoires.

Je veux bien qu’il faut sans doute prendre les récits au second degré (que je possède pourtant), dans une version plus parodique qu’autre chose… mais tout de même, je suis déçue de ma lecture qui me fit soupirer d’ennui plus qu’autre chose.

L’auteur aurait pu nous régaler de la Chose tout en poétisant l’acte, en métaphorisant le tout, en changeant de ton entre les histoires.

« En variant le ton », comme disait Cyrano !

Oui, l’auteur aurait dû utiliser des images, comme Colette Renard dans ses chansons…

Que voilà une riche idée !

Agricole : il aurait pu nous parler de « labourer » (en un mot, svp), « d’ensemencer », de « planter le soc de la charrue », de « semer à tous vents », de « butiner le pistil », de « planter la courgette », « taquiner le goujon »,…

Littéraire : de « tremper sa plume dans l’encrier », »effeuiller »,

Gourmand : « dévorer le rouleau de printemps », « astiquer l’asperge », de « bouffer la cressonnette »,…

Bref, il aurait dû nous servir son pastiche un peu moins cru ou du moins, de manière plus amusante.

Dard, relève-toi, et réécrit le moi !

*Toute allusion à des mots « coquins » ou « sexuellement imagés », dans cette critique, serait purement fortuite !!

Les nouvelles « L’Héritier aux deux trous »; « La Mystérieuse histoire du gode d’ivoire »; « Morsure sénile » ont été relues avec une grimace pour illustrer ma 69ème critique du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

« L’Héritier aux deux trous » participe aussi au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titine, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

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