Dans la tête de Sherlock Holmes – Tome 1 – L’Affaire du Ticket Scandaleux : Cyril Lieron & Benoit Dahan

Titre : Dans la tête de Sherlock Holmes – Tome 1 – L’Affaire du Ticket Scandaleux

Scénaristes : Cyril Lieron & Benoit Dahan
Dessinateur : Benoit Dahan

Édition : Ankama (24/05/2019)

Résumé :
Un simple diagnostic médical du Dr Watson se révèle être bien plus que cela…

La découverte d’une poudre mystérieuse sur des vêtements et d’un ticket de spectacle très particulier amène Sherlock Holmes à penser que le patient n’est pas l’unique victime d’un complot de grande ampleur.

Il semblerait en effet que l’étrange disparition de londoniens trouve son explication dans les représentations d’un magicien Chinois. D’autres tickets retrouvés confirment les soupçons du détective…

Dans les écrits de Conan Doyle, Watson n’a pu dépeindre que la face émergée de Sherlock Holmes… Mais dans ce livre, nous pénétrerons visuellement le mental du détective, le long du fil de son raisonnement, et à travers l’architecture de son monde interdit !

Une enquête inédite dans al pure tradition holmésienne avec une originalité de la construction graphique alliant la forme au fond !

Critique :
Une chanson se demandait ce qu’il avait ce Georges et cette bande dessinée s’est demandée ce qu’il pouvait se passer dans la tête de Holmes lorsqu’il était sur une enquête.

Brillant, rien d’autre à redire !

Ce qu’il se passe dans la tête de Holmes est bien imaginé, bien mis en scène, bien illustré et durant toute l’histoire, nous suivrons un fil rouge qui, tel celui de d’Ariane (pas la fusée) afin bien suivre le fil de sa pensée et de ses déductions.

Les dessins et les tons de couleurs peuvent un peu déstabiliser au départ, mais les tons sépias donnent aux pages une impression de vieil album qu’on aurait retrouvé au fond d’une malle en fer blanc et cela sied parfaitement à cette bédé.

Une enquête, sans éléments fantastiques, purement policière, des déductions, une piste que l’on remonte, un plan de Londres que l’on suit (en plus du fil rouge) et l’impression d’avoir pénétré dans le saint des saints : le cerveau complexe de Holmes, merveilleusement illustré en début par une mansarde remplie de livres consacrés à son métier.

Ce qui se passe dans notre tête à nous, c’est que le cerveau est en ébullition, les yeux le sollicitant sans cesse, la faute à tous les petits détails et à la qualité de l’intrigue dont nous allons remonter le fil (rouge) patiemment afin de savoir ce qui a bien pu se passer dans ce théâtre.

En plus de son enquête sur ces espèces de zombies humains qui sont sorti de ce théâtre (zombies vivants, je précise), on an toile de fond des disparitions de gens dans les bas-fonds et le suspense, le plaisir, l’émerveillement seront présent jusqu’à la dernière case qui nous dira que la solution est pour le prochain épisode.

Chouette, on nous promet un prochain album (pas tout de suite, celui-ci vient de sortir il y a quelques jours) et dommage, j’aurais aimé connaître le fin mot de cette enquête.

Je serai fidèle au poste, prête à rempiler une nouvelle fois pour pénétrer dans la tête de Sherlock Holmes.

À quand un livre sur ce qu’il s’est passé dans son caleçon long lorsqu’il reçu un Souverain de la part de Irene Adler ?

Oui, je sors…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Les damnées de Whitechapel : Peter Watson

Titre : Les damnées de Whitechapel

Auteur : Peter Watson
Édition: Paulo Raman (2011)

Résumé :
Londres, début de l’automne 1888. Depuis l’heureux dénouement de l’affaire du Signe des Quatre, le docteur Watson vit sur un nuage. Mary Morstan lui ayant promis sa main, il a décidé de réendosser sa blouse blanche et de ressortir sa vieille trousse médicale afin que son couple puisse vivre de ses honoraires.

Aussi envisage-t-il de quitter Baker Street pour aller s’installer dans un quartier agréable de la grande ville et y fonder une famille.

Sherlock Holmes est quant à lui en proie avec son plus terrible ennemi : le désœuvrement. Depuis quelques temps déjà, il se morfond nuit et jour, tristement allongé sur son canapé.

Les meurtres simultanés de deux prostituées à Whitechapel ainsi qu’un vol commis à Pondicherry Lodge vont subitement le tirer de sa retraite et remettre en branle les rouages de la formidable machine à penser qu’il est.

A la suite de toute une série de rebondissements inattendus, les deux hommes vont devoir quitter la grande métropole afin de s’employer à ce que la Lumière triomphe des Ténèbres.

Critique :
Lorsque je pris connaissance du livre, je m’attendais à une enquête classique de Holmes face à l’Éventreur, les cinq meurtres, l’attente entre le quatrième et le cinquième… Bref, le coup classique, quoi.

Et bien là, j’en fus pour mes frais parce que ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. Je fus surprise et agréablement surprise, même, par la tournure de l’histoire.

L’auteur, dans le but de ne pas mélanger l’histoire et la fiction, a changé quelque peu les noms des victimes ainsi que celle d’un apparenté royal. Cela lui a permis de prendre plus de liberté avec la véracité des faits de 1888 et de ne pas décevoir les « ripperologues » en attente d’un nom.

Bref, l’enquête ne s’occupera « pas vraiment » des crimes commis dans les ruelles sordides de Whitechapel, mais partira dans un autre sens, Holmes voulant laisser les policiers résoudre eux-mêmes les crimes sordides (vous comprendrez tout en lisant).

Malgré tout, l’ombre de l’assassin ne sera jamais loin, les pistes se recoupant souvent. On a beau partir d’un côté, au final, on retombe sur les traces de l’assassin.

Entre nous, le final m’a fait accélérer la cadence de lecture, voulant à tout prix connaître la fin. L’auteur m’a donné quelques sueurs froides et… Non, je ne dis rien de plus, cela dévoilerait ce que je ne peux dévoiler.

Le style d’écriture est agréable, ressemblant aux écrits victorien, sans langage moderne. Repéré une seule coquille dans l’absence d’un tiret cadratin. Rien de bien terrible.

Le seul point négatif du livre est un paragraphe un peu longuet où l’ajout d’un point final n’aurait pas été du luxe et m’aurait permis de reprendre mon souffle.

Un autre passage qui pourrait rebuter certain est la description du cérémonial d’ouverture d’une tenue de Loge maçonnique.

Moi, cela ne me dérange pas, mais je pense que cela pourrait en faire soupirer d’autres, les fils de la veuve étant assez cérémonieux, comme vous devez le savoir.

C’est ce que j’appellerai l’exercice périlleux du juste milieu, étant donné que si l’auteur abrège, on considéra qu’il ne maîtrisait pas son sujet (maçonnique) et s’il en fait trop… ben, on le taxera d’en faire trop.

Le Holmes du livre n’est pas caricatural, du moins, pas plus que l’original dont Watson nous contait les nombreux travers dans « Le rituel de Musgrave ».

Je l’ai trouvé fidèle à lui-même, tout en sachant que, bien entendu, les auteurs mettent un peu du leur dans le personnage.

Watson n’est pas un gros balourd, c’est un homme amoureux de Mary et qui va bientôt convoler en juste noce.

La relation entre les deux amis est à cent lieues du « gay-friendly » à la mode ces dernières années, Holmes sait être taquin ou caustique envers Watson et même assez sec avec Lestrade.

Un clin d’œil à la nouvelle « Les hommes dansants » avec un message codé et de nombreuses allusions au canon disséminées par-ci par là.

Petite anecdote : Elveden Hall dont on parle dans le livre existe bel et bien et fut réellement, dans le passé, la résidence du Maharaja Duleep Singh (le nom change dans le récit).

Pour la petite histoire, la chambre n° 12 que l’auteur fait occuper à Watson, à l’hôtel La Cloche, a réellement la réputation d’être hantée (aujourd’hui encore) par le fantôme d’un… curé !

Le livre m’a fait passer un très bon week-end avec Holmes et je remercie l’auteur pour cela. Son histoire était originale, à cent lieues des autres déjà lues, fidèle à la réalité tout en gardant ses distances avec elle. le plus dur fut de fermer le livre quand je l’ai eu terminé et de quitter mon détective préféré.

Je vous le disais, je l’ai dévoré, le livre.

Son unique point merdique est qu’il est difficilement trouvable, hormis sur un grand site de vente de livres en ligne (mais pas que des livres), il me semble…

Les aventures alsaciennes de Sherlock Holmes : Christine Müller

Titre : Les aventures alsaciennes de Sherlock Holmes

Auteur : Christine Müller
Édition : Le Verger (01/09/2011)

Résumé :
A la fin de l’hiver de l’année 1898, l’Alsace a accueilli 2 touristes très particuliers, en la personne de Sherlock Holmes et de son fidèle ami et biographe, le docteur Watson.

Mais, dans ce périple tout voué à la détente et à la visite de cette belle région aux charmes pittoresques autant que gastronomiques, la seule présence du plus grand détective du monde a suffi à faire surgir les affaires les plus étranges…

Ce petit volume raconte, en 8 nouvelles qui se suivent, l’intégralité de ce voyage d’agrément… au pays du crime !

Critique :
L’avantage du livre est d’être composé de huit nouvelles – ce qui est plus en adéquation avec l’original – et de nous présenter le détective sous un autre jour.

Un Holmes plus brettien que canonique car en lisant, je voyais Jeremy Brett (accompagné de David Burke).

Le Sherlock Holmes de Christine Muller est un portrait de l’acteur, même dans sa gestuelle. Surtout là !

Très « beauté fatale » devant qui, hommes, femmes et enfants s’étalent d’admiration. C’est très plaisant à lire pour nous, les femmes. Même si Watson insiste un peu trop lourdement sur la beauté de Holmes.

Le quatrième de couverture parlait de « fidélité au Canon » holmésien, ce à quoi je répondrai « non » pour la simple raison que Holmes amoureux, c’est anti-canonique, même si j’adore le voir amoureux. C’est juste que c’est une sacrée entorse au Canon.

Ma seule critique est que lorsqu’il essuie un refus poli de la dame, il redevient très vite la froideur incarnée, comme si de rien n’était. Un peu trop rapide, à mon sens.

Attention, cela n’enlève rien au plaisir que j’ai eu de lire cette nouvelle (ni les autres non plus) et à suivre nos deux hommes dans toutes leurs aventures, plus policières qu’amoureuses…

Les enquêtes, tiens, parlons-en. Elles se suivent mais ne se ressemblent pas, agréables à lire, surtout celle du « concombre masqué ».

Par contre, certaines auraient pu être un peu plus développées dans leur final car elles me laissèrent sur ma faim.

Watson est très gourmand, trouve les femmes jolies, s’extasie sur son amitié avec Holmes et l’écoute religieusement parler de son enfance. Parfois il est un peu benêt et ne voit pas Holmes venir, malgré ses gros sabots.

Peut-être parce que la chanson dit « En passant par la Lorraine, avec mes sabots » et que la Lorraine, ce n’est pas l’Alsace. Je ne suis pas Columbo, mais certaines choses, je les ai vues venir de très loin, riant de l’aveuglement du brave docteur.

De plus, malgré des histoires diversifiées, j’ai tout de même trouvé certains coupables, et ce, dès le départ (trois de trouvé et un quatrième un peu plus loin dans la nouvelle)… Chouette, je fus plus rapide que le Maître !

Les quelques détails historiques sur l’Alsace n’empiètent pas sur les aventures et la narration. Cela ne m’a pas donné l’impression de lire un guide touristique et pour moi, ils étaient utiles, preuve que l’auteur a potassé son sujet et à voulu nous faire partager quelques détails de l’Histoire.

Ne pas en parler aurait retiré de la saveur au livre vu la région dans laquelle nous nous trouvions.

Un des reproches que je ferai toujours à SACD c’est de ne pas avoir donné assez de détails « historiques et sociaux » dans ses écrits sur Holmes.

Le Canon fut bien étudié et les huit nouvelles en sont saupoudrées.

Mes critiques iront plutôt aux trop nombreuses allusions à cette fameuse boîte de maroquin vert (de cuir, dans mon Canon) et sa seringue chargée de cocaïne.

En huit nouvelles, l’auteur en parle plus que sur l’intégralité du Canon. Même quand Holmes ne l’utilise pas, Watson en parle, signalant son abstinence.

À un moment, je m’étais dit que si l’auteur n’en parlait pas dans une nouvelle, je sabrerais le champagne et bien, ce ne fut pas le cas.

Je veux bien que dans « Le signe des quatre », Watson signale qu’il est témoin du spectacle de Holmes se piquant, que cela dure depuis plusieurs mois et ce, trois fois par jour, mais bon, pas besoin d’en parler à toutes les pages, je trouve. À la fin, cela devient lourd.

Autre point qui m’a irrité un peu et qui passera avec un peu de pommade, c’est la manie qu’à Holmes de nommer Watson « mon tout bon » ou « ami Watson ».

C’est assez énervant car répétitif. Pas énervant au point d’envoyer valser le livre dans la pièce, tout de même. Je suis passée au-dessus.

Ma foi, l’auteur aurait pu se contenter d’un « cher ami » ou « mon cher ». Quant à Holmes qui se choque en apprenant qu’une simple d’esprit est née, tout comme lui, un six janvier… Passons, voulez-vous ?

Le tout ne m’a pas empêché de savourer le livre et les nombreuses images bien drôles que l’auteur utilise dans ses comparaisons (Holmes qui mange moins qu’un moineau qui fait Carême), l’allusion au détective nommé Persil, non, Poireau, heu, Hercule Poirot, et tout le reste font de ce pastiche un livre très agréable à lire.

Last but not least, si je n’avais pas « lu » Holmes tomber amoureux et Watson lorgner sur de nombreux jupons, j’aurais eu des doutes en lisant certains de leurs faits et gestes (cette manière qu’à Holmes d’entrer dans la chambre de Watson ; de lire que Watson, coincé dans un renfoncement d’un mur, « sentait la densité rassurante du corps de Holmes » ; entendre Holmes dire à voix basse « votre amitié me suffit » après avoir frotté l’épaule de Watson affectueusement).

J’ai failli penser qu’ils avaient une relation ambiguë, ces deux là. On frôlait le texte « double langage » ou alors, c’est moi qui ait l’esprit trop mal tourné…

Anybref, plus une lecture à réserver aux holmésiens de tout poils (ou plumes), ou à d’autres, qui, ayant lu les écrits canoniques, voudraient se faire plaisir avec des écrits apocryphes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Mr. Holmes : Bill Condon [FILMS]

Mr. Holmes est un film policier britannico-américain réalisé par Bill Condon, sorti en 2015.

Résumé : En 1947, Sherlock Holmes, depuis longtemps à la retraite, vit paisiblement dans le Sussex, avec sa gouvernante et son fils, un détective amateur.

Mais la quiétude recherchée n’est que de façade… Une affaire vieille de 50 ans le hante encore et toujours.

Malheureusement seuls quelques fragments sont encore vivaces : une altercation avec un époux en colère, un lien profond mais mystérieux avec son épouse fragile.

Si son légendaire pouvoir de déduction n’est plus intact, et si Watson n’est plus là, Holmes va se lancer dans son ultime enquête, la plus compliquée de sa longue carrière…

Sherlock Holmes âgé mais avant sa retraite

1. Fiche technique :

  • Titre original : Mr. Holmes
  • Réalisation : Bill Condon
  • Scénario : Jeffrey Hatcher (en), d’après le roman Les Abeilles de monsieur Holmes (A Slight Trick of the Mind) de Mitch Cullin, d’après certains personnages créés par Arthur Conan Doyle
  • Direction artistique : Martin Childs
  • Décors : Jonathan Houlding et James Wakefield
  • Costumes : Keith Madden
  • Sociétés de production : Archer Gray, BBC Films, Icon Films et See-Saw Films
  • Sociétés de distribution :  FilmNation Entertainment
  • Pays d’origine :  Royaume-Uni États-Unis

Sherlock Holmes vieillit pour la période concernant sa retraite. Remarquez les marques brunes sur le visage.

2. Distribution :

  • Ian McKellen : Sherlock Holmes
  • Milo Parker : Roger Munro
  • Laura Linney : Mme Munro
  • Hattie Morahan : Ann Kelmot
  • Patrick Kennedy : Thomas Kelmot
  • Hiroyuki Sanada : Tamiki Umezaki
  • Roger Allam : Dr. Barrie
  • Colin Starkey : Dr. John Watson
  • Philip Davis : inspecteur Gilbert
  • Nicholas Rowe : Matinee ‘Sherlock’ (caméo)
  • Frances de la Tour : Madame Schirmer
  • Sarah Crowden : Mme Hudson
  • Frances Barber : Matinee ‘Madame Schirmer’
  • John Sessions : Mycroft Holmes

Ce que j’en ai pensé : 
Ce film, je l’attendais avec impatience et pour faire taire ce suspense, j’en avais profité pour lire le roman dont ce film est tiré.

J’avais pensé que le Holmes de Mitch Cullin (l’auteur du roman) serait d’une froideur absolue, mais non, il avait un coeur et le voir s’attacher au petit Roger, le fils de sa gouvernante, avait été un vrai plaisir de fin gourmet.

Une lecture fort émouvante sur de nombreux points, surtout que voir mon Sherlock Holmes diminué ne fut pas agréable pour moi.

Et le film, alors ?? Déjà, je salue les maquilleuses parce que l’on voit bien la différence entre le Holmes âgé mais qui vit toujours à Baker Street et le Holmes qui a pris sa retraite dans le Sussex (ma région préférée, vous l’aviez deviné !) : Ian McKellen , heu, Sherlock Holmes plus vouté, taches de vieillesse, perte de mémoire, rythme de déplacement lent, oublis en tout genre…

Je l’avais déjà dit ? Alors c’est moi qui perd la boule.

Pour le film, le producteur a écourté la partie Japonaise de l’histoire, ainsi que l’enquête dont Holmes doit se remémorer les tenants et aboutissants. Dans le roman, il était parfois difficile de se replonger dans une autre affaire, mais dans le film, ça passe tout seul.

Bon, je passerai sur le fait que si c’est une affaire vieille de 50 ans, cela nous donnerait un Holmes de 43 ans, hors dans le film, l’acteur fait plus que 43 ans et on sent bien le poids d’un septante ans (soixante-dix en traduction simultanée).

Si dans le roman Holmes mettait un peu plus de temps pour ressentir de l’amitié pour le petit Roger, dans le film, ça vient plus vite et voir le gamin le regarder avec ses yeux émerveillés donne plus de plaisir à la chose.

Le gamin, je l’adore ! Il a une bonne tête, il joue bien et on sent bien qu’il a fait de Holmes une sorte de mentor, un père de substitution, lui qui a perdu le sien à la Grande Guerre.

Malgré tout, j’avais ressenti plus de détresse et plus de peine lorsque, sur la fin du roman, Holmes se remémorait tous ceux qu’il avait perdu, là, on sentait bien son cœur qui s’ouvrait et qui souffrait, surtout aussi après la mort d’un des personnages du roman…

Là, dans le roman, mon propre cœur avait eu mal, dans le film, on le ressent moins, mais bon, ils ont changé un point de détail important aussi, et, ma foi, je ne leur en veux pas de trop, ça m’avait trop foutu les boules cette mort, dans le roman.

Beaucoup de petites anecdotes holmésiennes parsèment ce film, et elles ne sont pas hermétiques à la compréhension du spectateur lambda. Loin de là ! Notre Holmes nous expliquera qu’il n’a jamais porté le deerstalker, ni la pipe calebasse et que Watson a embelli le personnage avec des tas d’objets.

Une chose m’a fait sourire, c’est le film dans le film… Sherlock Holmes va au cinéma pour découvrir un film sur lui-même… à côté de ce qu’il est vraiment, à vrai dire, et sur une de ses enquêtes qui ne s’est pas déroulée ainsi.

Le plus drôle, c’est que c’est Nicholas Rowe qui incarne le détective à l’écran, acteur qui, jeune, avait joué le rôle d’un Sherlock tout jeune. Ma foi, il n’a pas changé, c’est toujours bien lui !

Un film très plaisant, avec beaucoup de tendresse, de maladresse dans ce détective qui a vieilli et qui ne sait toujours pas ce que sont les émotions, lui qui les a bannies de sa vie, et on peut le comprendre, émotion et raison ne font pas bon ménage et prendre des décisions ou parler sous le coup de l’émotion nous fait souvent dire des conneries ou faire des stupidités !

Un film qui fait passer quelques heures de pur bonheur.                        big_4

De plus, ce film étant britanico-américain, il fait deux challenges opposés en même temps !!

Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park,  « Challenge US » chez Noctembule et « A year in England » chez Titine.


3. Anecdotes et tournage :

C’est l’adaptation cinématographique du roman Les Abeilles de monsieur Holmes de Mitch Cullin publié en 2005. Le film devait initialement conserver le titre original du roman, A Slight Trick of the Mind, mais les producteurs lui ont préféré le titre plus accessible de Mr. Holmes2.

Nicholas Rowe incarne ici brièvement Sherlock Holmes dans un « ilm dans le film ». Il avait déjà tenu le rôle du célèbre détective dans Le Secret de la pyramide de Barry Levinson sorti en 1985. Par ailleurs, Philip Davis, qui interprète ici l’inspecteur Gilbert, était auparavant apparu dans un épisode de la série télévisée Sherlock en 2010.

Le tournage a eu lieu à Londres et dans le Sussex.

8. Sherlock Holmes : Les Hêtres-Rouges – The Copper Beeches

Sherlock Holmes : Les Hêtres-Rouges – The Copper Beeches

SAISON 1 – ÉPISODE 8 (Série II)                                                 big_4

  •     Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •     Réalisateur : Paul Annett
  •     Scénariste : William Craig
  •     Décorateur : Michael Grimes
  •     Musique : Patrick Gowers
  •     8ème épisode tourné
  •     Série 2 : 1/6
  •     1ère diffusion : Angleterre : 25 août 1985 – ITV Network (8ème épisode diffusé); Etats Unis : 27 février 1986 – WGBH; France : 12 février 1989 – FR3 (8ème épisode diffusé)
  •     Durée : 51 min 20 sec

  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Natasha Richardson …  Violet Hunter
Joss Ackland …  Jephro Rucastle
Lottie Ward …  Mrs. Rucastle
Patience Collier …  Miss Stoper
Angela Browne …  Mrs. Toller
Peter Jonfield …  Toller
Michael Loney …  Fowler
Rachel Ambler …  Alice

Le pitch ?

Sherlock Holmes broie du noir en fumant sa pipe. Il se lamente sur la déchéance de son art qui a atteint le « point zéro » avec une demande de conseil pour un emploi…

Cependant il daigne écouter Miss Violet Hunter, et son récit commence à l’intriguer.

La jeune femme lui confie son étonnement et son inquiétude, à propos du poste de gouvernante qu’Edward Rucastle lui propose aux Hêtres-Rouges, sa maison proche de Winchester.

Son employeur lui offre des gages très élevés en échange d’exigences bien particulières. Elle devra porter certaines robes choisies par lui, s’asseoir à une place précise et surtout couper sa magnifique chevelure, condition sine qua non pour obtenir la place.

Se refusant tout d’abord à sacrifier ses longs cheveux roux, la jeune femme finit par s’y résoudre et est engagée. Holmes décide de rester vigilant.

— MYSTÈÈÈÈRE ! comme le disait un magicien célèbre.

Une maison de campagne, la nuit… Un homme fait le mur. Pas pour en sortir, mais pour y entrer. Pas de bol pour lui, Médor le cador était lâché et le mec cavale en sens inverse pour repasser le mur plus vite qu’un perchiste aux J.O !

Ça vous met déjà dans l’ambiance ! Et que personne ne rouspète sur le fait que le toutou galope moins vite que le monsieur. Ce qui est impossible ! L’homme est un animal qui a de l’endurance à la course mais niveau rapidité, on est des escargots face à un chien.

Baker Street, un brouillard à couper au couteau tellement il est épais. Watson a un air mutin, le genre de sourire qui donnerait l’impression qu’il a fait des galipettes toutes la nuit tandis que Holmes, lui, tire une tête d’un qui aurait dû entendre les grincements de matelas toute la nuit.

Au temps pour moi, le sexe n’a rien à voir là-dedans !

Holmes se lamente sur le fait que Watson embellisse ses affaires, qu’il met en valeur le superflu.

Que le crime est commun mais la logique rare, que le criminel a perdu toutes ambitions, toute originalité.

Bref, il râle aussi parce qu’il n’a pas d’affaires, qu’on lui demande de retrouver des crayons disparus (ils se sont taillés, sans doute) ou si on doit accepter un poste de gouvernante ou pas.

Pourtant, s’il savait que cette innocente question allait déboucher sur une affaire sérieuse, il n’aurait pas pris cet air condescendant devant la jeune fille qui est venue lui raconter son étrange entretien d’embauche.

Violet Hunter va lui soumettre une affaire, qui, vu de près, n’a pas l’air si terrible… Quoique !

L’entretien qu’elle a passé chez une placeuse était pour le moins suspect. Elle entre dans le bureau et l’homme présent au côté de la placeuse dit d’emblée qu’elle est superbe, lui fait des sourires et à des exigences qui ferait penser que le mec est un mac en mal de prostituées pour son bordel.

Monsieur Rucastle à tout du chien en chaleur ! Il lui tourne autour, tout sourire et ne se prend pas pour de la merde, non plus. Monsieur est imbu de son gnome de 6 ans…

– Bah ! interrompit-il. Tout cela n’a rien à voir avec la question. Ce qu’il importe avant tout de savoir, c’est si vous possédez ou non les allures et le maintien d’une femme du monde. Voilà la seule chose qui compte à mes yeux. Si vous ne possédez pas cela, vous êtes inapte à faire l’éducation d’un enfant appelé peut-être à jouer plus tard un rôle considérable dans l’histoire de son pays.

Il lui offre même 100£, le double du salaire, pour un poste de gouvernante, mais faut que la jeune fille sacrifie son ample et belle chevelure et porte les robes qu’on lui dira de porter et pose son cul là où on lui dire de le mettre…

Tenez, en voici la preuve ! [Extrait de la nouvelle écrite]

– A la bonne heure. Ainsi, tenez, un exemple. Nous sommes un peu maniaques, voyez-vous, un peu maniaques, oui… mais nous avons bon cœur tout de même. Eh bien ! si l’on vous demandait de porter une robe à notre convenance et qui vous serait fournie par nous, vous n’auriez pas d’objection à satisfaire notre petite fantaisie, hein ?
« – Non, répondis-je, profondément surprise malgré tout.
« – Et si l’on vous demandait de vous asseoir ici, ou là, vous n’en seriez pas contrariée, non plus, n’est-ce pas ?
« – Oh ! non !
« – Ou encore de vous faire couper les cheveux avant de venir chez nous ?

Oui, ça jette un froid sur la jeune fille qui a de très beaux cheveux !

Monsieur Rucastle et son épouse

J’adore la tête de la placeuse, ses mimiques, ses petites phrases pour ne pas froisser le client, qui, comme tout le monde le sait, à toujours raison.

La vieille mal baisée est même très en colère sur Violet qui vient de refuser un poste à 100£/an car cela lui a fait perdre le banknote que le souriant Rucastle lui avait donné.

Holmes, qui ronchonnait au départ, sent un truc louche et dangereux là-dessous.
– Un danger ? Quel danger prévoyez-vous donc ?
Holmes hocha gravement la tête.
– Ce ne serait plus un danger si nous étions à même de le préciser, répliqua-t-il. Mais, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, passez-moi une dépêche, et j’accours aussitôt.

Malgré tout cela, Holmes congédie la demoiselle de manière assez cavalière en lui désignant la porte lorsqu’elle a fini son histoire et qu’il lui a conseillé de prendre la place (la demoiselle avait refusé, mais maintenant, elle veut accepter tout de même, Mr Rucastle l’ayant relancée).

On dégage !

— Je ne permettrais jamais à ma sœur d’accepter un tel poste, dira tout de même Holmes à Watson dans la série, une fois la jeune fille partie.

(– Mon Dieu, mademoiselle, je vous avoue franchement que ce n’est pas la situation que je choisirais pour ma sœur, si j’en avais une.) [dans le texte canonique et en présence de la demoiselle].

Quand la demoiselle envoie un télégramme, Holmes vole à son secours !

Nous aurons droit à quelques autres répliques holmésiennes durant le trajet e train :

– Des faits ! Il me faut des faits à l’appui ! On ne peut fabriquer de briques quand on n’a pas de terre à sa disposition.

 [Et sa réflexion sur les maisons isolées dans la campagne qui ne lui inspire rien de bon]

– Savez-vous bien, Watson, me dit-il, que c’est un des travers des esprits comme le mien de ne jamais envisager les choses que du point de vue qui me préoccupe ? Quand vous regardez ces habitations éparpillées, vous êtes frappé par leur côté pittoresque. Quand je les regarde, moi, la seule chose que j’éprouve est le sentiment de leur isolement et de la facilité avec laquelle les crimes peuvent s’y commettre en toute impunité.

– Grand Dieu ! m’exclamai-je. En quoi ces vieilles demeures peuvent-elles vous faire penser à des crimes ?

– Elles m’inspirent toujours une sorte d’horreur indéfinissable. Voyez-vous, Watson, j’ai la conviction (conviction basée sur mon expérience personnelle) que les plus sinistres et les plus abjectes ruelles de Londres ne possèdent pas à leur actif une aussi effroyable collection de crimes que toutes ces belles et riantes campagnes.

– Mais c’est abominable ce que vous me dites là !

– Et la raison est bien évidente. La pression qu’exerce l’opinion publique réalise ce que les lois ne peuvent accomplir. Il n’est pas de cul-de-sac si infâme et si reculé où les cris d’un enfant martyr ou les coups frappés par un ivrogne n’éveillent la pitié et l’indignation des voisins, et là toutes les ressources dont dispose la justice sont tellement à portée de la main qu’il suffit d’une seule plainte pour provoquer son intervention et amener immédiatement le coupable sur le banc des accusés. Mais considérez au contraire ces maisons isolées au milieu de leurs champs et habitées en majeure partie par de pauvres gens qui n’ont autant dire jamais entendu parler du code, et songez un peu aux cruautés infernales, aux atrocités cachées qui peuvent s’y donner libre cours, d’un bout de l’année à l’autre, à l’insu de tout le monde. Si la jeune fille qui nous appelle à son secours était allée habiter Winchester, je n’aurais jamais eu aucune crainte à son égard. C’est parce qu’elle se trouve à cinq milles dans la campagne que je ne me sens pas tranquille. Et cependant, il est évident qu’elle n’est pas personnellement menacée.

Mon verdict ?

Du mystère, de l’action, quelques belles réparties canoniques, j’adore cet épisode, en série ou en nouvelle.

On ne sait pas pourquoi Mr Rucastle a absolument voulu avoir mademoiselle Hunter alors que d’autres gouvernantes avaient plus de références ou de compétences qu’elle.

Mais dès qu’elle est entrée dans le bureau, c’est elle qu’il voulait et à n’importe quel prix ! Tout en restant intransigeant sur ses demandes : porter de temps en temps des vêtements qu’on lui dira de mettre, s’asseoir là où on lui dira de se mettre et couper ses cheveux !

Ce que j’apprécie aussi, c’est que, tout comme la Violet Smith du « Cycliste solitaire », elle a beau être une jeune femme, ce n’est pas une potiche pour autant !

Elle aussi se pose des questions lorsqu’elle a reçu l’ordre de s’asseoir durant une heure sur le petit divan dans le bow-windows, tandis que Rucastle la fait rire aux larmes pour que le temps lui semble moins long.

Dans sa robe bleue électrique qu’elle doit porter, elle réfléchit et la fois suivante, elle cache un petit miroir dans le creux de sa main afin de voir ce qui se déroule dans son dos.

Elle n’a pas froid aux yeux non plus quand elle passe une porte habituellement fermée à clé afin d’aller voir ce qu’il y a dans la tourelle du manoir.

C’est grâce à la témérité de sa cliente que Holmes récoltera des faits afin de fabriquer ses briques lorsqu’il la retrouvera à l’auberge du Cygne Noir. Pas pour une partie de jambes en l’air, voyons ! Parce que la demoiselle s’est sentie en danger.

La demoiselle n’hésite pas non plus à faire ce que Holmes lui demande de faire, puisque les Rucastle sont de sortie au soir.

Oui, elle a du cran, ce n’est pas une pleurnicheuse et c’est bien dommage que Holmes l’oublie aussi vite.

[Extrait du canon] « Quant à Mlle Violet Hunter, mon ami Sherlock Holmes,contrairement à ce que j’avais prévu, se désintéressa d’elle complètement dès que l’énigme dans laquelle elle avait joué un rôle si prééminent fut solutionnée ».

Il devrait lui être reconnaissant, de par sa demande de conseils, elle lui a apporté une belle affaire sur un plateau !

Bien sûr, il y a des petits couacs dans la série : notamment le chien méchant des Rucastle !  Ce chien que l’on affame pour le rendre plus teigneux et qui ne répond qu’aux ordres de Toller, l’homme à tout faire.

Lorsqu’il attaque une personne, on voit de suite que le chien de fait que jouer… Le sang sur les vêtements de la victime ressemble plus à de l’encre rouge qu’à de la vraie hémoglobine.

Mais on oublie vite ces petits défauts car l’esprit est concentré sur l’épisode et le suspense est au rendez-vous, ainsi que les questions sur le pourquoi du comment Violet doit faire tout ça chez ses employeurs.

La complicité entre Holmes et Watson est bien présente et on sent que les deux acteurs ne doivent pas faire semblant, ils s’entendent bien et s’apprécient mutuellement.

Il faut entendre Watson dire d’un ton docte, à la jeune Violet, lorsqu’ils sont à l’auberge et qu’elle disait qu’elle aimerait comprendre :

— On ne peut théoriser sans informations. (Ce qui fera sourire Holmes qui allait répondre la même chose à la jeune fille).

Le dialogue final entre Holmes et Watson est amusant aussi. Notre bon docteur lui lit, à voix haute, le texte qu’il a écrit sur cette enquête, terminant sur du grandiloquent…

Or, souvenez-vous, au début, Holmes lui reprochait de s’attarder sur le sentimental et non sur la logique…

Pour mémoire : [Les crimes sont fréquents, la logique est rare. Donc, c’est sur la logique qu’il faut insister, et non sur les crimes. Vous n’avez fait qu’une série de contes avec ce qui aurait dû être une suite de conférences].

— Verdict ? (demande Watson)
— Un compte-rendu admirable, Watson.
— Point trop de vie et de légèreté selon vous ?
— Je m’en remet bien humblement à votre jugement littéraire…

La mimique de fin de Holmes veut tout dire… Watson pavane, mais Holmes se moque.

La vidéo de leur échange final…

Petites vidéos marrantes :

Challenge « Victorien » chez Camille, Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda et Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

7. Sherlock Holmes : Le Cycliste Solitaire – The Solitary Cyclist

Sherlock Holmes :  Le Cycliste Solitaire  – The Solitary Cyclist

SAISON 1 – ÉPISODE 4

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Adaptation : John Hawkesworth
  • Réalisateur : Paul Annett
  • Scénariste : Alan Plater
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 1er épisode tourné
  • Série 1 : 4/7
  • 1ère diffusion : Angleterre : 15 Mai 1984 – ITV Network (4ème épisode diffusé); Etats Unis : 4 avril 1985 – WGBH; France : 25 décembre 1988 – FR3 (1er épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 10 sec

  •   Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. Watson
Barbara Wilshere …  Violet Smith
John Castle …  Carruthers
Michael Siberry …  Woodley
Ellis Dale …  Williamson
Sara Aitchison …  Sarah Carruthers
Simon Bleakley …  Peter
Penny Gowling …  Mrs. Dixon
Stafford Gordon …  Landlord
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson

Le pitch ? Miss Violet Smith fait irruption au 221b Baker Street pour demander de l’aide à Sherlock Holmes, sur le point de réaliser une expérience chimique délicate.

Sa vie a été bouleversée depuis que deux amis de son oncle Ralph, Carruthers et Woodley, lui ont appris qu’elle était son unique héritière, mais que malheureusement il était mort dans la misère en Afrique du Sud.

En guise de compensation, Robert Carruthers lui propose de l’héberger et devenir professeur de piano de sa fille, à Chiltren Grange, pour un généreux salaire.

Chaque week-end, rentrant à bicyclette chez elle, Miss violet a remarqué, sur une portion de route déserte, un cycliste à barbe noire qui la suit à distance depuis quelques temps et qui déjoue ses tentatives de le voir de plus près. 

Une fois de plus, l’intro est mystérieuse à souhait et plante le décor : une forêt de sapins, un chemin forestier en bon état, une jolie cycliste qui roule.

Bucolique ? Pas vraiment car la caméra nous montre un homme sur un vélo, caché dans une trouée de sapins.

Un autre adepte de la pédale ? On aurait de sérieux doutes en le voyant vérifier que son révolver est bien chargé avant de se lancer derrière la jolie jeune fille.

Doux Jésus, il la suit ! Pas discrètement, en plus. Genre 10 mètres derrière la jeune fille.

Et je ne vous parle même pas de son allure générale : chapeau melon, lunettes noires, grosse barbe fournie.

Ensuite, le plan nous montre la cycliste roulant dans les rues de Londres.

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Comme d’habitude, après cette intro qui plonge le spectateur dans l’expectative, nous retrouvons nos deux compères à Baker Street où nous retrouvons Holmes devant sa paillasse du parfait petit chimiste, jouant avec sa cornue.

Faut pas le déranger et ça va le faire râler que madame Hudson, sa logeuse, vienne lui signaler qu’une jeune fille désire le voir.

Madame Hudson l’a prévenu, elle est obstinée, la demoiselle et elle se permet même de faire irruption dans l’appart de nos deux gaillards.

Puisque l’expérience chimique est interrompue, Holmes se lève en bougonnant  et va vers la demoiselle qui se présente : Violet Smith.

De nouveau nous avons droit à une séance de déduction de la part de Holmes qui sait se montrer courtois envers le beau sexe.

Il ne se prive pas d’examiner les mains et les doigts de la demoiselle… Non, pas pour les renifler comme si c’était des Fingers, juste pour vérifier une hypothèse.

Il pensait la demoiselle dactylographe, mais il a compris qu’elle était pianiste.

La scène est amusante car ensuite, Watson examinera, lui aussi, les mains de la jolie demoiselle.

À croire qu’ils vont la demander tous les deux en mariage !

Dans cette scène de l’examen des mains de Violet Smith par Sherlock Holmes, Jeremy a voulu montrer que le détective cachait sa sensibilité, derrière le masque du professionnel qui en déduit qu’elle est pianiste.

On ressent son trouble dans ce contact délicat, presque caressant et sensuel de la main de la jeune fille et de l’effleurement de son visage.

Dommage, toute cette scène ne se finira pas par une scène de galipettes !

Tout au long de la série, l’acteur cherchera à montrer ce qu’il nommait des « fêlures holmésiennes », les traduisant par des expressions ou des gestes qui trahissent la sensibilité refoulée du détective, son émotion à la musique ou au désarroi de ses des clients.

Non, Holmes n’est pas qu’une machine à penser et nous le voyons ici.

Cela ne l’empêchera pas de faire une petite grimace lorsque la demoiselle lui apprendra qu’elle se mariera à la fin de l’été.

Ici aussi le récit est rempli de mystère : une jeune fille qui vit seule avec sa maman, pas de famille, hormis un oncle en Afrique du Sud.

Un avocat la contacte et lui présente deux hommes : Monsieur Woodley – une sale gueule – et monsieur Carruthers – distingué.

Ces deux messieurs lui signalent la mort du tonton, qui ne lui laisse rien, mais puisque les deux hommes l’ont bien connu et que monsieur Carruthers a besoin d’une préceptrice pour apprendre le piano à sa fille, il est prêt à engager la demoiselle pour 100£ par an.

Ce qui équivaut au double de salaire prévu pour la fonction. Holmes renifle déjà du louche. Nous aussi.

Surtout que la tronche du sieur Woodley n’inspire pas confiance et on se demande pourquoi, par pure amitié, le Carruthers engagerait pour le double du salaire pratiqué, cette jeune demoiselle, nièce de son ami mort sans le sou.

Violet Smith n’est pas une faible femme, une demoiselle qui s’inquiète pour un rien, mais elle trouve tout de même bizarre de ce faire suivre par un cycliste solitaire en pleine forêt alors qu’elle se rendait à la gare pour prendre le train pour Londres.

Si la jeune fille vit chez Carruthers la semaine pour donner des cours de piano à sa fille, elle rentre le week-end chez sa mère.

Et ce cycliste la prend en filature aussi bien entre son trajet de Chiltren Grange à la gare de Farnham, qu’en sens inverse, de la gare de Farnham à Chiltren Grange.

Si la demoiselle ralentit, lui aussi, elle accélère, il fait de même, elle s’arrête, lui aussi.

Elle a même essayé de le surprendre, accélérant et puis s’arrêtant net après la boucle de la route, mais le mystérieux barbu avait disparu.

Lorsque je disais que la demoiselle n’était pas une faible femme, cela se vérifie aussi à la manière dont elle a tenu tête à l’infâme Woodley qui lui a fait des avances déplacées et quasi impérieuses.

Comme si elle avait envie de l’épouser ! C’est un rustre qui pense que lorsqu’une femme dit « non » ou ne veut pas quelque chose, c’est qu’en fait, elle le désire ardemment.

C’est vous dire sa manière de penser de la gent féminine ! Carruthers est un gentleman, lui.

J’aime cet épisode pour la femme forte qu’il nous présente : Violet Smith.

Il met aussi en avant Watson à qui Holmes confie la tâche, samedi, d’aller surveiller le passage à vélo de Violet et essayer d’en apprendre un peu plus sur son mystérieux suiveur.

Le docteur Watson est comme nous, il a un esprit brillant, mais il n’est rien comparé au Maître.

Il se planque dans les bois, observe la jeune Violet se faire suivre et essaye d’apercevoir la tronche du barbu, mais il est trop loin. Par contre, il a trouvé le nom du propriétaire de ce petit bois.

Notre ami est persuadé qu’il a bien fait et, tout content de ses investigations lorsqu’il est de retour à Londres, raconte à Holmes ce qu’il a découvert.

S’attendant – ou espérant – des félicitations, il est tout dépité lorsque le détective lui réplique qu’il en aurait appris bien plus en allant au pub, là où tous les ragots ont lieu.

— J’ai bien fait ??
— NON !

En plus d’avoir du mystère et des trucs louches qui se passent sur les chemins forestiers, il y a toujours une pointe d’humour dans les échanges entre Holmes et Watson.

Le regard que Holmes lance à Watson quand celui-ci, tout guilleret, attends le susucre qu’il n’aura jamais car il mal négocié sa mission.

Le regard aussi de Holmes, soupirant, hésitant à lui dire qu’il a tout foiré et puis décidant, tout de même, de le lui dire.

Un autre moment drôle est quand Holmes décide d’aller à Farnham lui-même pour enquêter. Watson, assis dans le fauteuil, murmure, avec quelque ironie :

— Essayez le pub, c’est une mine d’information.

Holmes, qui a l’ouïe fine, entend le murmure sarcastique et répond :

— Merci Watson ! C’est une info capitale !

Cet épisode a beau être le premier tourné de toute la série, on sent déjà la complicité entre Jeremy Brett (Holmes) et David Burke (Dr John Watson).

Le pub est haut en couleur… Un homme, visiblement éméché, et portant la croix, a bien du mal à monter sur son cheval !

Notre détective interroge, l’argent délie toutes les langues, c’est bien connu mais il se retrouve face-à-face à l’infâme Woodley, peu apprécié par les gens du cru.

Les déductions, c’est bien, l’action, c’est encore mieux ! Holmes sait se battre et il le prouve… sauf que nous sommes dans une série tout public et que les scènes de combats sont pitoyables au possible !

Nous assistons donc à un combat de boxe (à mains nues) entre le gentleman qu’est Holmes et l’infâme Woodley.

Hors, en boxe, il y a des règles qui doivent être respectées et vu que l’adversaire est un rufian, les règles, il s’essuie le derrière avec !

Holmes fait mouliner ses poings dans tous les sens, ce qui donne un caractère burlesque à la scène, pareil pour son jeu de jambes qui ressemble plus à celui d’un ballet de danse classique que d’un combat de boxe.

J’ai lu que c’était Jeremy Brett himself qui avait assuré la chorégraphie des pas de danse, prouvant son sens de l’humour et de la dérision.

La scène est cocasse et drôle : un petit coup envoie Holmes reculer à l’autre bout de la pièce ! Un autre envoie l’infâme Woodley rouler sur une table, KO… Oui, c’est très rapide !

Le tout sous les « ohh » et « ahh » de l’auditoire qui applaudira Holmes pour le KO car personne dans le petit village n’aime le rouquin Woodley. C’est un rustre et un mal poli.

Anecdote : Les applaudissements à la fin du spectacle sont une idée du réalisateur.

Au final Sherlock Holmes en revient amoché, mais non pas peu fier de sa prestation.

Par contre, pour son petit bobo au-dessus du sourcil, il se fait soigner comme un petit garçon par maman Watson !

Il ira même jusqu’à regarder le résultat dans le miroir. Ouf, sa sexy-face est toujours aussi belle.

Mon avis : Bien que dans le canon, nos deux héros aient commencé très jeunes (27 ans pour Holmes dans « Une étude en rouge » et 30 pour Watson, à quelques années près) et que les acteurs face à nous soient tout de même bien plus âgés (Brett a 51 ans et mourra 11 ans plus tard – David Burke en a 50), ils ont réussi à insuffler du dynamisme dans la série, ils débordent d’énergie donnent aux épisodes toute leur énergie.

C’est tonique et divertissant. On est loin des vieux croulants souvent interprétés à l’écran.

Si le début de l’histoire est conventionnel avec une intrigue mystérieuse et une enquête à mener, cela n’empêchera pas la suite d’être drôle.

Ici, tout le mystère réside dans le fait que l’on ne sait pas pourquoi on suit Violet, ni qui !

solitaryLa musique, adaptée aux événements qui se déroulent sous nos yeux, donne une dimension tragique à l’histoire.

En effet, il y une accumulation de périls autour de la jeune fille : Woodley et sa violence, on pourrait presque penser qu’il va la culbuter sur la table, l’attitude de Carruthers, qui la défend mais qui semble avoir peur de Woodley.

Ce Carruthers, homme riche, qui n’a même pas un attelage avec des chevaux !

Sans parler du mystérieux cycliste à la barbe noire et d’autres choses que je ne divulguerai pas.

Voir ces épisodes, c’est plonger dans un autre siècle, découvrir les toilettes des dames, les beaux costumes de ces messieurs qui vont chez le barbier pour se faire raser.

Les décors sont superbes et j’aime revoir Baker Strett, qui, bien que différent de mon interprétation personnelle, est tout de même bien réalisée.

Holmes est un homme de déduction mais aussi un homme d’action et il n’hésite pas à ordonner à Watson d’arrêter le cheval sans conducteur et qui galope seul, tirant la charrette dans laquelle Violet était dedans.

tumblr_lq2gn1rMho1qa7pfco1_500Nous retrouverons aussi de l’humour à la fin de l’épisode, dans l’expérience ratée de chimie qui manquera d’asphyxier nos deux héros.

Vu la fumée qui sort de Baker Street par la fenêtre qu’ils ont ouvert de toute urgence, des gens ont même appelés les pompiers !

Anecdotes : Les tournages ont eu lieu à Cheshire Willington Hall, un hôtel près de Tarporley pour Chiltern Grange, la maison de Carruthers.

Les poursuites en bicyclette et en calèche près de Charlington Hamm se passent dans la magnifique forêt de Delamere.

L’extérieur du Pub est en réalité la partie élisabéthaine bâtie en 1581, du manoir d’Adlington Hall près de Macclesfield.

L’acteur qui interprète Carruthers, John Castle, est l’acteur qui jouait n°12 dans la série « Le Prisonnier », puis plus récemment il apparait dans les séries anglaises policières « L’inspecteur Morse » et « Wycliffe ».

Michael Cox disait qu’il serait toujours reconnaissant envers le metteur en scène Paul Annett. Il accomplit le dur travail de montrer à Jeremy et David Burke, comment ils devaient jouer leurs rôles, à quoi ils devaient ressembler, quelles sortes de vêtements ils devaient porter, quels rapports ils devaient entretenir…

Il évita beaucoup d’erreurs à Jeremy qui avait tendance à en faire trop, en accentuant les traits de son personnage, s’il n’était pas remis sur les rails et dirigé fermement.

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Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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6. Sherlock Holmes : Le Traité Naval – The Naval Treaty

Sherlock Holmes : Le Traité Naval – The Naval Treaty

SAISON 1 – ÉPISODE 3

  •   Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •   Réalisateur : Alan Grint
  •   Scénariste : Jeremy Paul
  •   Décorateur : Margaret Coombes
  •   Musique : Patrick Gowers
  •   4ème épisode tourné
  •   Série 1 : 3/7
  •   1ère diffusion : Angleterre : 8 Mai 1984 – ITV Network (3ème épisode diffusé); Etats Unis : 28 mars1985 – WGBH; France : 8 janvier 1989 – FR3 (3ème épisode diffusé)
  •   Durée : 51 min 30 sec.

  •     Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Nicholas Geake …  Charles Gorot
David Gwillim …  Percy Phelps
John Malcolm …  Tangey
Eve Matheson …  Miss Tangey
Pamela Pitchford …  Mrs. Tangey
David Rodigan …  Inspector Forbes
Ronald Russell …  Lord Holdhurst
Alison Skilbeck …  Annie Harrison
Gareth Thomas …  Joseph Harrison
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson

Le pitch ? Alors qu’il se livre à une expérience chimique pour résoudre une affaire de meurtre, Holmes reçoit la visite de Watson.

Un évènement tragique vient de briser la vie de son ancien camarade Percy Phelps, fonctionnaire au ministère des Affaires Étrangères.

Alors qu’il ne s’était absenté qu’un bref moment de son bureau, on lui a subtilisé un document diplomatique ultra secret, un traité naval conclu entre l’Angleterre et l’Italie, dont il faisait la copie.

Son honneur bafoué et sa carrière gravement compromise, Phelps en est tombé malade. Il est alité depuis 9 semaines à la campagne sous la garde de sa fiancée Annie et du frère de celle-ci qui lui a d’ailleurs cédé sa chambre.

Sherlock Holmes accepte de se rentre au chevet du malade. Il doit récupérer le traité avant qu’il ne quitte le pays, ce qui mettrait en péril l’équilibre des forces européennes.

Cela faisait un an que je n’avais plus entendu l’intro musicale de la série Granada, mon dernier visionnage remontant à juin 2014, pour le mois anglais précédent.

Tonnerre de Brest, pas moyen de trouver la vidéo en V.O sur le Net ! Tant pis, on sortira le DVD pour l’occasion (avec les emmerdes que cela comprend lorsque l’on fait souvent des arrêts… ça ne redémarre jamais juste !!).

Intro : Le tonnerre gronde, la pluie tombe à verse et on entend un homme crier dans la nuit « Au secours, ne m’abandonnez pas ! ». Une charrette tirée par un cheval s’avance au pas, sous cette pluie diluvienne.

Hurlant qu’il est déshonoré, un homme est descendu d’une charrette et conduit dans une maison. On doit le soutenir sinon il s’écroule.

Un poivrot qui aurait trop bu et qui verrait des éléphants roses dans son éthylique coma ?

Oui, cet épisode sera mystérieux !

Ensuite, sans en savoir plus, nous nous retrouvons au 221b, avec Sherlock Holmes qui joue avec son petit matériel (pas de mauvaises pensées) de parfait petit chimiste. Dans un ballon à fond rond, on dirait qu’il nous fait bouillir de la bière.

C’est la voix de Watson qui lui fait tout arrêter. Il faut dire que votre colocataire qui hurle à plein poumons « HOLMES ! Où êtes-vous ? » a de quoi laisser perplexe. Ouvre la porte de l’appart et tu verras où il est !

Ah, ces hommes qui demandent avant même de se donner la peine de chercher !

Je plains de tout cœur leur logeuse, madame Hudson, parce qu’il règne un bordel monstre dans l’appart ! Watson va le découvrir avec effroi, sans parler de sa tête en découvrant des douilles de révolver ainsi qu’un V.R tracé à l’aide de balles dans le mur !

Cette petite interruption sera bénéfique pour Holmes puisque Watson lui apporte une affaire : il a reçu une lettre d’un ancien camarade d’école, Percy Phelps.

Une fois encore Holmes fait montre de ses talents pour déduire des informations sur l’auteur de la lettre et nous prouve que dans leur duo, c’est lui le dominant car, demandant à Watson de venir avec lui et voyant que celui-ci renâcle en parlant de ses patients qu’il lui reste à visiter : « Si vous trouvez vos affaires plus importantes que les miennes… ».

Il y a du mystère dans cet épisode et une touche d’espionnage puisque notre Percy Phelps (que nous trouvons alité et au bons soins de son infirmière non conventionnée de future femme), qui travaillait au Ministère des Affaires Étrangères, s’est vu dérobé un document ultra secret !

Il ne s’est absenté que quelques minutes, le temps d’aller se commander un café chez le concierge du bâtiment, et alors qu’il était en bas, la clochette correspondant à son bureau retentit !

Le document perdu était tellement important qu’il en est tombé malade de se l’être fait volé et ça fait deux mois qu’il est alité !

Si au moins son infirmière de fiancée était cochonne, on comprendrait, mais là, le gars est juste couché, en proie aux fièvres les plus folles. Sa future s’occupe de lui comme une mère au chevet de son fils malade et le futur beau-frère fait tourner le reste.

Monsieur le Beauf peut se permettre de ne pas travailler, alors, il reste avec sa sœur (sans doute pour qu’elle ne faute pas en avance).

Le Traité naval est célèbre pour le monologue de la rose de Holmes. « What a lovely thing a rose is ! « 

Le détective s’approche de la fenêtre et plongé dans une rêverie, s’extasie sur la beauté d’une rose écarlate qu’il tient entre ses doigts :

« Quelle jolie rose ! … Le raisonnement déductif n’est jamais aussi nécessaire qu’en matière de religion. Il peut avoir, bien conduit, toute la rigueur des sciences exactes. Les fleurs sont la meilleure preuve que nous ayons de la bonté divine. Tout le reste, la force qui est en nous aussi bien que la nourriture que nous mangeons, est indispensable à notre existence même. Mais cette rose, c’est du luxe ! Son parfum et sa couleur, nous pourrions nous passer d’eux. Ils ne sont que pour embellir notre vie. Tout le superflu nous est donné par gentillesse et, je le répète, les fleurs nous sont une bonne raison d’espérer.« 

Jeremy Brett (Sherlock Holmes) aimait ce discours et tenait absolument à jouer cette scène qui montrait un Holmes poète, ému et sensible à la beauté de la nature, à défaut d’être sensible à la nature des femmes.

Une facette insoupçonnée de son caractère à dévoiler – devant un Watson médusé et presque inquiet, et le couple stupéfait et désappointé.

On peut les comprendre : le traité volé intéresserait bigrement la France ou la Russie et Holmes, au lieu de se ruer pour résoudre l’affaire, il prend une rose et se fait poète.

Anecdote : Jeremy Brett est aussi à l’origine du geste délicat qu’à Holmes envers sa logeuse, madame Hudson : il lui offre une rose. Par ces petites attentions, il a rendu leur relation plus complice tout au long de la série.

Dans cet épisode, non seulement Holmes dévoile tout son talent de détective, nous fait des cachoteries, des plaisanteries, répond du tac-au-tac à l’inspecteur Forbes, le remettant à sa place en lui signifiant que dans 53 affaires (résolues par lui), son nom n’était apparu que 4 fois, la police ayant donc eu le bénéfice des 49 autres.

Mais en plus… Il est sexy baby dans son beau costume quand il va trouver l’oncle de Phelps – un Lord – qui lui avait confié le traité afin qu’il en fasse une copie !

Durant tout l’épisode Holmes est d’une élégance rare : beaux costumes pour rendre visite au Lord, chapeau haut-de-forme, canne, mais vêtements plus clairs lorsqu’il était en visite chez Phelps et que la journée était ensoleillée.

L’humour est présent aussi durant cette entrevue puisque Holmes énonça une fine et ironique observation : il a fait remarquer à Watson que le Ministre des Affaires Étrangères avait fait ressemeler ses chaussures.

Cela signifiait que le Ministre était incapable d’assumer l’achat d’une nouvelle paire de chaussures… C’est vous dire l’état de ses finances !

Humour aussi lorsque Watson dévoile que la grand-mère de Sherlock Holmes était française. Sherlock n’a pas l’air content que l’on dévoile ainsi sa parfaite maitrise de la langue de Molière.

Évidemment, quand Holmes prend en charge vos affaires, on se sent tout de suite mieux et Phelps reprend du poil de la bête.

Le mystère s’épaissit pourtant lorsque nous voyons une ombre se glisser dans sa chambre…

Sa future femme qui aurait des envies nocturnes ? Non, non, juste une ombre inquiétante.

Holmes a beau ne pas faire confiance aux femmes, il confie tout de même une mission importante à la fiancé de Percy Phelps. J’aime le regard complice qu’ils se font tous les deux.

Si elle n’avait pas obéi en tout point, l’enquête de Holmes aurait été ruinée. La carrière de son futur époux aussi. Déjà que s’être fait voler un traité important dans son bureau est susceptible de vous envoyer à la case « renvoi ».

Notre détective est un cachotier et il ne divulguera son plan à personne, descendant de la charrette qui les ramène Watson, Phelps et lui, à la gare afin de prendre le train pour Londres.

On le verra rêveur sous les arbres, au soleil et on le découvrira même caché dans le foin, avec un cheval pour témoin.

Le spectateur ne saura pas encore tout de suite ce qu’il s’est passé et c’est un Holmes blessé à la main et le visage de six pieds de long qui s’en revient à Baker Street.

Phelps et Watson sont à table, devant un petit déjeuner plantureux mais Phelps n’a pas d’appétit.

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Holmes aimait la mise en scène et il n’a pas pu résister à faire une farce à Percy Phelps qui va en danser de joie !

Notre détective leur expliquera ensuite ce qu’il s’est passé la nuit du vol du traité, ainsi que l’endroit où il était caché. Mais ça, je ne vous le dirait pas !

Holmes, lui, était caché dans du foin, et en se relevant, il n’aura plus un seul brin sur lui. Là, j’aimerais bien savoir comment il a fait…

Il y a beaucoup de théatralisme dans la découverte de la personne coupable. Déjà, Holmes se déplace avec aisance, comme dansant devant les box.

On verra, au ralentit, deux ombres se battre après que Holmes soit arrivé par derrière, surprenant le coupable en posant sa main sur l’épaule de cette ombre mystérieuse.

Même lorsqu’il avait ouvert la fenêtre à guillotine, il y avait une intensité dramatique.

Mon avis final : j’aime cet épisode, qu’il soit écrit ou visuel car il y a du mystère derrière.

Qui à volé le Traité Naval ? Comment savait-il qu’il le trouverait sur le bureau de Phelps ? Où a-t-on caché ce putain de traité ? A qui profite le crime ?

L’honneur est aussi mis en avant : Percy Phelps est déshonoré car on lui avait confié le traité pour qu’il le recopie, et lui, il se l’est fait dérober parce qu’il n’a pas pensé à fermer son bureau le temps de descendre demander un café.

Un petit côté espionnage aussi, car le vol du traité pourrait avoir des conséquences graves si la France au la Russie l’achetait. Pensez-vous, un traité signé entre l’Angleterre et l’Italie (sur la navigation).

Holmes n’est pas impressionné par le Lord, on le sent détendu, se moquant bien de la place que l’autre a dans la hiérarchie.

Nous, téléspectateurs, si nous n’avons jamais lu l’histoire, nous nous ferons balader, comme Watson, ne comprenant pas comment le traité à disparu et qui l’a barboté.

Il faut toujours attendre les explications de Holmes à la fin pour se dire « Bon sang, mais c’est bien sûr ! ».

Si Conan Doyle ne développait pas plus que ça les différentes classes sociales, ici, on aura tout de même droit, dans cet épisode, à quelques réflexions sous-jacentes sur les inégalités qui règnent en ces temps là :

  • Percy Phelps est issu de la haute société, il a des liens avec des gens riches et aristocrates qui l’ont promu dans sa carrière au gouvernement. Il est sur le point de se marier et d’entrer dans une famille d’une couche inférieure de la société – des fondeurs de fer du nord de l’Angleterre – et Watson, issu de de classe moyenne, a été à l’école avec lui.
  • L’inspecteur Forbes avait fait une descente chez les Tongies, la femme de l’huissier. On a découvert une famille souillon, très pauvre, où la mère travaille dur pour tenter de nourrir ses enfants.

Anecdotes diverses :

David Gwillim (Percy Phelps) raconta : « J’ai passé tout le temps où je ne tournais pas à arpenter la région. Un weekend j’ai marché pendant 80 kilomètres  – inutile de vous demander pourquoi Percy était si pâle ! »

Alison Stilbeck (Annie Harrisson) se rappela avec émotion les scènes en robe victorienne, où elle étouffait littéralement pendant l’été 1983 particulièrement chaud. Si bien qu’elle pensait jouer pour la comédie radiophonique anglaise populaire « The Navy Lark ».

Le tournage extérieur s’est déroulé dans la belle campagne du Cheshire, la maison de Percy Phelps étant l’une des maisons du village de Pott-Shrigley, et dans les environs de Manchester.

On retrouve un dialogue basé avec fidélité sur le texte de la nouvelle, et une prise d’image directement inspirée des dessins de Sidney Paget.

Toujours perfectionniste, Jeremy prit les mêmes attitudes que son alter ego de crayon, dans le monologue de la rose. D’autres scènes sont copie conforme (rencontre avec Percy Phelps, repas final).

Jeremy et Michael Cox souhaitaient insérer le dialogue sur les Boarding Schools, ces internats réservés à l’élite et qui prônaient confort spartiate, brimades et discipline stricte.

Cela n’a pas été possible. Jeremy aura plus tard, l’opportunité d’en parler sur scène, dans la pièce de théâtre de Jeremy Paul : « The Secret of Sherlock Holmes ».

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

challe11