L’ordre des choses : Frank Wheeler Jr.

Titre : L’ordre des choses

Auteur : Frank Wheeler Jr.
Édition : Série Noire Gallimard (14/11/2016)

Résumé :
Earl Haack Junior a été élevé pour devenir un Machiavel armé d’un flingue et portant une étoile… Son père, shérif dans une petite ville du Nebraska située sur l’autoroute de la drogue arrivant du Mexique – la fameuse Interstate 80 -, lui a très tôt enseigné sa façon particulièrement radicale et expéditive de maintenir l’ordre des choses.

Lorsqu’après un passage par les Stups de Denver (où il perd définitivement ses illusions) il revient prendre la succession de son père, il sait déjà qu’on ne vainc pas le chaos. Tout au plus, on peut tenter de faire jeu égal – un jeu sans règles ni limites.

Puisque la drogue et son commerce sont une donnée indépassable (surtout dans une société capitaliste marquée par la loi de l’offre et de la demande), la priorité principale de Haack sera donc de mettre sur pied un réseau de distribution composé de personnes qui lui sont redevables…

Son père avait raison : l’ordre passe avant tout, et il exige son tribut de sang.

Critique :
♫ Black is black ♪ comme le chantait si bien Los Bravos… et ces paroles sont parfaites pour illustrer l’atmosphère de ce roman noir qui ne se décline pas en 50 nuances de « grey » (gris) mais en 50 nuances de black (noir).

Ces 50 nuances de black allant du noir serré au noir sombre, en passant par le noir profond comme le trou d’une tombe creusée en pleine nuit dans un coin perdu du Nebraska, afin d’y enterrer une personne qui dérange l’ordre.

Conseil d’ami, ce roman noir n’est pas fait pour les personnes sensibles ou possédant un sens de la justice aigu, car ici, les gens nuisibles qui menacent l’ordre sont appelés des animaux et doivent être ou enfermé en cage ou muselé… Pour toujours ! Si vous voyez ce que je veux dire…

— On est au milieu du trou du cul de la cambrousse, frangin. Qu’est-ce qu’on fout ici ?

Certes, bien qu’étant pour une justice équitable, je ferme volontiers les yeux (dans un roman) quand on élimine les trafiquants de drogues et toute la racaille qui tourne autour comme des mouches autour d’une merde bien fraiche…

MAIS… (ben oui, il y a tout de même un « mais) le problème est que le shérif Earl Haack Jr qui élimine cette racaille de trafiquants et tout ce petit monde, est une raclure lui aussi. D’accord, il les élimine pour faire régner l’ordre dans sa ville, comme son père shérif avant lui, mais c’est aussi surtout pour mettre la main sur une partie de leur trafic.

— Devenir un caïd dans ce business, c’est comme se dessiner une cible dans le dos.

Sa philosophie est que puisqu’on ne peut lutter contre les narcos-trafiquants, autant aller dans le même sens qu’eux et se remplir les poches par la même occasion, tout en maintenant l’ordre dans la ville. D’une pierre deux coups.

Si on est intelligent et observateur, en bossant à la Brigade des stupéfiants, au niveau fédéral ou local, on apprend une chose très vite… Rien ne pourra jamais arrêter le trafic. Ceux qui acceptent cette évidence font un choix. Ils peuvent se résigner à pointer et à compter les heures avant la retraite, ou bien ils peuvent en profiter.

L’écriture est âpre, sans concession, les personnages sont plus dans les nuances de gris sombre ou de noir que d’une autre couleur, ne cherchez pas de rédemption, il n’y en aura pas, ou très peu. Même pas un personnage à sauver du lot !

Ce que les gens ne disent pas, en général, c’est qu’il est très difficile de commettre un homicide, quelles que soient les circonstances. Même en cas de légitime défense, il y a une résistance naturelle à l’acte de tuer.

Et pourquoi on a besoin de fusils de chasse ? Il n’en avait pas la moindre idée. La balistique. Il est impossible de faire des études balistiques avec des cartouches de fusil de chasse. Ça ne laisse quasiment aucun indice.

Autant j’avais ressenti de l’empathie pour le shérif Corey dans « Pottsville, 1280 habitants » de Jim Thompson, autant je n’ai ressenti aucun atomes crochus avec le shérif Earl Haack Jr, ni avec sa femme, ni avec sa troupe d’éliminateurs de premier ordre.

L’ordre dans la ville et non le chaos… Le shérif Earl applique l’adage de son père, et on peut dire qu’il l’applique avec zèle, créant pour finir du chaos en voulant mettre le l’ordre.

Un roman noir âpre, des personnages qu’on n’aimerait pas croiser ou boire un verre avec eux, une écriture au cordeau, une analyse d’une société qui tranche dans le lard, des morts à la pelle, des balles qui sifflent, tout le monde qui surveille tout le monde, une guerre larvée pour prendre le pouvoir et le contrôle du marché, bref, une OPA qui n’est pas publique et qui aura tout du RIP inscrit sur votre tombe anonyme.

Un roman noir sombre, qui possède un rythme propre à lui, assez agité sur le final, et très giclant de sang avant, un roman noir rural, sauvage, des personnages énigmatiques, dangereux comme des crotales enragés.

Un roman noir intense et violent.

— Tu sais ce qui se passera quand il tombera, n’est-ce pas ?
— La nature a horreur du vide.
— Hein ?
— Un truc que j’ai appris à l’université. Je veux dire, une fois que le chef n’est plus là, les autres vont se battre pour prendre sa place. Une putain de foutue guerre entre les parties concernées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018),  Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

 

[SÉRIES] Happy Valley – La série qui te glisse de la drogue dans ton cornet de glace…

Happy Valley est une série télévisée britannique créée et écrite par Sally Wainwright et diffusée depuis le 29 avril 2014 sur BBC One.

En France et en Suisse1, elle est diffusée depuis le 31 août 2015 sur Canal+, et au Québec, à partir du 5 avril 2017 sur Max.

Synopsis :
Dans la région des vallées du Yorkshire, Catherine Cawood, 47 ans, divorcée, deux enfants, occupe la fonction de sergent de police ; elle tente toujours de se remettre du suicide de sa fille survenu huit ans plus tôt.

Alors qu’elle semble finalement reprendre le dessus, elle apprend que Tommy Lee Royce, l’homme qu’elle juge responsable de ce suicide, sort de prison ayant purgé une peine pour d’autres faits.

Elle devient rapidement obsédée par l’idée de se confronter à lui, ignorant qu’il est impliqué dans une organisation criminelle visant à enlever une jeune femme afin d’en obtenir une rançon.

Ce que j’en ai pensé :
Happy Valley est une série anglaise qui prend le temps de s’installer, qui va à son rythme.

Nous sommes face à une série réaliste et intimiste car on rentre dans la vie courante de son personnage principal, Catherine Cawood, 47 ans, flic, et de sa soeur, Clare, ancienne toxico (et ancienne femme de chambre attitrée de Cora Crawley dans Downton Abbey)

Une cigarette entre les lèvres, une tasse de thé serrée dans des mains, nos deux femmes se racontent leur journée.

Leur passé est sombre, rempli de douleur et de perte d’êtres chers et si nos deux femmes vivent ensemble, ce n’est pas pour le plaisir, mais parce qu’elles n’ont pas le choix.

Notre fliquette est divorcée et a eu beaucoup de mal à se remettre du suicide de sa fille, survenu 8 ans plus tôt, la laissant effondrée avec, sur les bras, le petit bébé mis au monde par sa fille qui avait été violée par un salopard qui n’a pas été condamné pour cela, faute de preuves.

Pas vraiment « So happy », en effet, et ça va le devenir encore moins lorsqu’elle va apprendre la remise en liberté du violeur de sa fille (et qui avait été condamné pour trafic de drogue) : Tommy Lee Royce, ou le beau pasteur de « Grantchester » qui ici a un rôle de pute de fils de première.

Si les épisodes durent en moyenne plus de 50 minutes, la saison ne compte que 6 épisodes qui sont assez addictifs, je dois dire, puisque je m’en suis visionné 3 d’un coup à chaque fois.

Parce qu’en plus du travail des flics de cette petite ville du Yorshire, en plus du marasme économique qui paralyse la ville, du trafic de drogue qui s’agrandit, nous avons aussi une double enquête, si je puis dire.

D’un côté, nous avons notre Catherine qui fait son boulot de flic du mieux qu’elle peut, totalement obsédée qu’elle est devenue par Tommy Lee Royce et le cherche partout en ville…

De l’autre côté, nous avons un comptable qui aimerait envoyer sa fille à l’université, qui manque d’argent, qui a monté un plan de tordu pour en avoir et qui maintenant, se retrouve dans la merde totale…

Le tout avec une organisation criminelle impliquée dans l’enlèvement d’une jeune femme afin d’en obtenir une rançon de son père. Si le chef de cette bande a la tête sur les épaules, ses deux aidant l’ont un peu moins…

Comme je vous le disais, cette série policière est intimiste et n’a rien à voir avec les grosses productions américaines aux couleurs chatoyantes, aux flics bien habillés avec du matos policier de première catégorie.

Non, ici, on est dans la misère humaine, pas la toute grande, mais avec des gens qui se dépatouillent comme ils peuvent, qui risquent à tout moment de se voir licencier et qui malgré tout doivent payer leurs factures.

Catherine est un personnage mûr, réaliste, à dimension humaine, avec ses forces et ses faiblesses, consciente de ses limites et qui a fort à faire avec les toxicos un peu barges qui trainent dans sa ville, sans compter les dealer inventifs pour refiler de la drogue aux yeux de tous.

Tommy Lee Royce, joué par le beau James Norton est aux antipodes de son personnage amical qu’il avait dans Grantchester et on a du mal à le voir sous les traits d’un psychopathe sociopathe qui garde son mutisme et ne parle que s’il le faut bien.

Au moins, avec lui, on sait à quoi s’en tenir ! C’est une ordure finie…

Par contre, lorsqu’on découvre un comptable bien sous tout rapports qui magouille un truc de ouf pour obtenir de l’argent de son patron, lorsqu’on le voit se taire alors que la chose est déjà allée trop loin, lorsqu’on voit un honnête loueur être un trafiquant de première, on se pose des questions…

L’habit ne fait pas la moine, on le savait et cette série nous montre que sous certains apparences bien sous tout rapports, on a souvent des petites ordures qui s’ignorent.

Pour ceux qui  ont regardé la série « Whitechapel », ils reconnaitront le consultant et expert sur Jack The Ripper en la personne du comptable un peu effacé.

Une série intimiste, belle, sombre, avec de la lumière, tout de même, une plongée réaliste dans la vie des vrais flics, ceux qui triment et qui suent, le tout dans un climat merdique, humide et sombre du Yorkshire, loin du soleil de Miami…

Série visionnée en VOSTFR, of course (en plus, paraît que la VF est horriblement doublée).

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Río negro : Mariano Quiròs

Titre : Río negro

Auteur : Mariano Quiròs
Édition : La Dernière Goutte (17/04/2014)

Résumé :
Le río Negro, dont les flots autrefois sauvages inspiraient toutes sortes de légendes, n’est plus à présent que l’ombre de lui-même : ses eaux polluées se contentent de charrier péniblement déchets et cadavres.

Un couple d’intellectuels reconnus est pourtant parvenu, durant une vingtaine d’années, à vivre paisiblement aux abords de cette rivière encombrée de secrets.

Mais un jour, à vouloir « faire l’éducation » de leur fils, un adolescent aussi apathique qu’introverti, le père de cette petite famille sans histoire découvre que la mort peut surgir de sources étonnamment proches…

Les deux hommes se trouvent alors pris dans un engrenage sanglant digne d’un film noir des frères Coen. Macabre et burlesque.

Critique :
J’avais entendu dire que c’était un petit bijou d’humour noir, on me parlait de burlesque, de macabre, et donc, j’avais de grandes attentes en commençant ma lecture, attentes qui, vous vous en doutez, n’ont pas été comblées.

Nous sommes face à une petite famille somme toute normale : un écrivain, sa femme chérie et leur neuneu de fils car plus léthargique que lui, c’est le Paresseux (l’animal) ! De plus, à 18 ans, le fiston ne semble pas intéressé par les filles ou le sexe, pleurniche et fait des caprices comme un petit enfant à sa maman. Ça fait chier grave son père !

Un jour, cela fait quelques années, j’ai lu un article dans la revue Gente qui parlait des jeunes et des prémices de la vie sexuelle. L’article affirmait que les jeunes d’aujourd’hui font leurs premières expériences entre quatorze et quinze ans. Ça ne m’a pas surpris ; ça m’a même permis de vérifier qu’il n’y avait pas eu le moindre progrès. Moi, à treize ans, j’avais réussi à mettre Blanquita Margoza dans mon lit, et à seize, je partouzais avec deux filles du lycée Itatí. Elles étaient impressionnantes, les filles d’Itatí. Particulièrement dessalées. L’article de la revue Gente m’a donc persuadé que, effectivement, mon fils aurait ses premières relations sexuelles entre quatorze et quinze ans. Mais maintenant, en voyant Miguel qui suçote son Coca-Cola à la paille, je comprends que j’ai fait l’erreur de placer ma confiance et ma tranquillité dans des statistiques de pacotille.

Ils mènent une vie paisible et tranquille, ce ne sont pas des cas sociaux, mais des gens instruits et intelligents. Papa fume des joints régulièrement, n’hésite pas à boire un coup et le fiston est plutôt porté sur la télé et le PC, le tout dans une position assise ou couchée.

Une fois maman partie pour quelques jours, ça va tourner mal car en voulant bien faire, le mère va se foutre dans une merde pas possible et même commettre l’indicible, l’ignominie suprême !

Alors oui il y a de l’humour noir, du cynisme, du burlesques, des retournements de situation et une cohorte de morts, mais est-ce dû à l’écriture de l’auteur ou à ses personnages, mais je n’ai pas gloussé de plaisir devant nos deux personnages, père et fils, qui se retrouvant avec un cadavre sur les bras, s’enfonçaient de plus en tentant de s’en défaire.

Certes, c’est immoral, et j’adore ce genre de situation où tout fout le camp, où un personnage prend tout ça de haut, mais dans ce roman-ci, la magie n’a pas eu lieu.

Un roman noir qui nous présente une situation classique, mais autant j’avais gloussé de plaisir avec « Pottsville, 1280 habitants » qui lui, est un vrai bijou de noirceur, de cynisme, d’humour noir et de burlesque, ici, je suis restée de marbre quasi tout le temps, souriant juste quelques fois, mais pas assez à mon goût.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017) – Auteur Argentin.

J’ai été Johnny Thunders : Carlos Zanon

Titre : J’ai été Johnny Thunders

Auteur : Carlos Zanon
Édition : Asphalte (03/03/2016)

Résumé :
Barcelone, de nos jours. Ancien guitariste de rock, Francis revient dans le quartier où il a grandi, où il a noué ses premières amitiés et surtout où il a découvert le rock. Sauf qu’il a désormais la cinquantaine bien tassée et, sans le sou, il doit retourner vivre chez son père.

Francis a brûlé la chandelle par les deux bouts, avec pour seul principe de profiter de la vie, jusqu’à perdre plusieurs de ses proches dans la spirale de la toxicomanie.

Mais Francis a un plan en tête. Retrouver une vie normale, trouver un job qui va lui permettre de payer ses pensions alimentaires en retard, renouer avec ses enfants, rester à l’écart de la drogue – qu’il a arrêtée depuis peu -, mettre un peu de fric de côté…

Et aussi revoir sa petite soeur adoptive, afin qu’elle l’aide à se remettre en selle. Mais celle-ci fréquente un certain don Damiàn, le parrain du quartier, qui a la main sur tous les trafics…

Le retour à la réalité se révélera compliqué pour Francis, aux prises avec les démons de son passé, mais aussi avec la nostalgie d’une vie faite de musique, de passion, de sueur et d’excès.

Critique :
« Si à 50 ans t’as pas encore percé dans le rock, alors, t’as raté ta vie ! » Cette citation s’appliquerait à merveille à Francis, plus connu sous le nom de Mr Frankie, à l’époque où il était guitariste.

Enfin, niveau heure de gloire, à part avoir fait un concert avec Johnny Thunders à l’époque où il avait tout d’une loque imbibée d’alcool et de drogue et tenait à peine sur ses quilles.

Johnny Thunders ?? C’est bien beau tout ça, mais c’est qui, lui ? Wiki m’apprend qu’il a fait partie du groupe  The New York Dolls, qu’il quitta en 1975 en compagnie du batteur Jerry Nolan, pour fonder le groupe The Heartbreakers. Heu…

Heureusement que You Tube m’a rafraîchit la mémoire avec « Born to lose » que je connaissais, effectivement.

Frankie est un looser de première classe ! « Born to lose » pourrait s’appliquer parfaitement à lui. Il a 50 balais, est de retour chez son père, petit pensionné qui ne s’en sort déjà pas et traine un passé peu glorieux.

Frankie est un ancien junkie, un alcoolo, un type qu’a pas fait grand-chose de sa vie, même avec sa guitare, qui est divorcé avec deux fils qu’il n’a même pas vu grandir et une pension alimentaire qu’il est incapable de payer.

La Barcelone décrite dans ses pages n’a rien pour faire rêver ! Ses quartiers populaires sont hantés par des types louches, des dealers, des voleurs, des gangs, ou par des gens qui sont obligé de faire les poubelles des supermarchés pour bouffer.

Avec un roman noir qui a reçu le prix Dashiell Hammet entre les mains, où tous les ingrédients d’un petit noir corsé étaient réunis (bandits, voleurs, quartiers malfamés, bars louches, boites de nuit encore plus louches, magouilles et compagnies, nenettes super bien roulées, came, individus peu fréquentables, sexe, cocus, amants, drogues, pédophilie, musique et riff d’enfer, pauvreté, misère,…) assurément, la lecture ne pouvait qu’être bonne.

Elle le fut, assurément, au début, et puis, vers le milieu, j’ai décroché sévère, passant des lignes, des paragraphes, des pages., les personnages pourtant bien typés me laissant indifférente à leurs aventures merdiques, à leurs combines et même l’égoïsme crasse de Francis m’a laissée de marbre à ce moment là.

Sur la fin, là j’ai repris du poil de la bête et tout est repartit comme sur un bon rock endiablé.

Malgré tout, vu ce long passage qui m’a endormi pire qu’un reportage sur la vie sexuelle des escargots de Bourgogne, ma lecture qui s’annonçait palpitante et corsée me laisse un goût amer en bouche.

Je m’attendais à mieux comme roman noir social, ou alors, lui et moi on n’était pas fait pour se rencontrer et jouer ce morceau ensemble…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017) – Auteur Espagnol.

Pssica : Edyr Augusto

Titre : Pssica

Auteur : Edyr Augusto
Édition :

Résumé :
Rejetée par ses parents après la diffusion d’une vidéo intime, Janalice, quatorze ans, est envoyée chez sa tante, dans le centre-ville de Belém.

L’adolescente va se familiariser avec la faune interlope de ses rues : vendeurs à la sauvette, toxicomanes et maquereaux.

Mais sa beauté attire rapidement la convoitise et Janalice finit par se faire kidnapper en pleine rue.

Amadeu, un flic à la retraite, s’empare de l’affaire par amitié pour le père de la jeune fille. Sur les traces de Janalice, il entame un périple halluciné en Amazonie, à la frontière du Brésil et de la Guyane française.

C’est là que s’entrecroisent toutes sortes de trafics – orpaillage, piraterie fluviale, prostitution infantile et traite des blanches –, le tout avec la complicité de l’administration locale. Mais arrivera-t-il à temps pour sauver Janalice de l’horreur ?

Critique :
Pssica, qui veut dire « Malédiction » est un roman noir âpre, violent, trash, dérangeant, sans édulcorants, sans une once d’espoir, vu  la société dépeinte dans ces lignes.

Une société miséreuse, en déshérence, laissée pour compte, livrée à elle-même et aux mains des bandits en tout genre qui gangrènent toute la région, tout le pays (Brésil).

Corruption, racket, enlèvements, prostitutions de mineures, drogues, viols, vols avec violences extrêmes, actes de barbarie gratuite… Tel est le quotidien vécu par certains ou le job des autres.

Je vous avoue que face à la violence de certaines scènes, j’ai été dérangée, mal à l’aise… Le genre de roman totalement déconseillé aux personnes sensibles puisque même moi j’ai eu la sensation d’étouffement durant certaines passages assez trash.

C’est abject, à la limite de l’insoutenable. Deux récits horribles sur la noirceur humaine comme on aimerait qu’il n’es existe pas.

Un récit concerne la pédophilie couplé à la traite des femmes (oui, il y en a qui trinquent sévère, dans ces pages) et un autre sur une histoire de vengeance et de grande piraterie (et pas de ceux qui Tipiak des films !).

Manoel Tourinhos ne vit que pour se venger de l’homme qui a mutilé le corps d’Ana Maura.

Le style de l’auteur est résolument sans fioritures puisqu’il ne s’embarrasse pas de nous ajouter des tirets cadratins devant les dialogues, ni de guillemets. Rien ! Que dalle ! Tout s’enchaîne à la volée, dialogues, actions, narration… Ce qui donne une impression de joyeux bordel et le tout m’a fait perdre le fil plusieurs fois.

Il appelle le serveur. Une autre, s’il te plaît. Dis, il n’y a que des gamines, ici ? Elles sont vraiment trop jeunes, putain. Y’a pas des vraies femmes, dans le coin ? Des femmes de Belém, par exemple ? Celles-ci valent rien. Mortes de faim. Elles baiseraient pour une glace à l’eau. T’as de quoi payer ?

Allez, faut y aller. Déjà ? Faut pas traîner, je dois cravacher. J’ai une dette à éponger. Me dis pas que vous devez tout rembourser, ici ? C’est ce sale pédé qui nous taxe pour un oui pour un non. T’as vu le cadenas sur la porte ? Quand c’est fini, il nous enferme dans nos chambres.

Récit brut de décoffrage, la narration aussi, le tout balancé dans ta gueule avec la délicatesse d’une truelle qu’on te balancerait sur la tronche.

Les personnages sont eux aussi sculptés au couteau, à la serpe, sans trop de détails, brut de décoffrage eux aussi, comme tout le reste, avec des salopards de fils de pute dont on aimerait planter une balle dans la nuque.

Le genre de mec mauvais comme une teigne, qui tue, qui vole, qui viole, qui pirate son concurrent, mais qui pique sa crise quand ce dernier lui rend la monnaie de sa pièce. Et puis qui tombe amoureux tel un gamin.

Sapo abandonne la traque. Fait demi-tour pour faire main basse sur la cargaison. Le fils de pute. On s’est fait balancer, c’est sûr !

Un roman noir que l’on lit sans respirer, avec la nausée au bord des lèvres. Un roman que je ne coterai pas car si l’atmosphère plombée était réussie, le style foutraque m’a plus que déstabilisé et à fortement entravé ma lecture.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017).

Soleil rouge : Matthew McBride

Titre : Soleil rouge

Auteur : Matthew McBride
Édition : Gallmeister (03/01/2017)

Résumé :
Dans le comté de Gasconade, la méthamphétamine dicte sa loi. Les paumés, les ouvriers, les banquiers y sont accros. On la fabrique dans les garages, les remises ou les chambres d’enfants.

Même les flics se laissent parfois tenter. Et lorsque le shérif adjoint Dale Banks découvre 52 000 $ cachés dans le mobile-home d’un trafiquant de drogue, il ne résiste pas et s’empare de l’argent.

Banks a beau avoir agi pour de bonnes raisons, il devra tout faire pour se sortir de ce mauvais pas, car le dealer et ses associés, parmi lesquels un révérend illuminé et violent, ne sont pas du genre à partager.

Critique :
Viens faire un tour dans le Comté de Gasconade, dans le Missouri. Viens découvrir l’Amérique authentique, celle que tu verras jamais dans ton guide de vacances !

Ici, c’est l’Amérique des rednecks, des white trash, des loubards qui n’ont rien de flamboyant tant ils sont miséreux, des loosers finis, des prédicateurs fous et des ripoux de chez ripoux.

Ici, lorsqu’on parle de cuisine ou de cuisiniers, ça n’a rien à voir avec ceux de Top Chef ou avec la cuisine authentique de ta maman, mais plutôt avec celle de Walter White, alias Heisenberg… Tu vois de quelle « cuisine » je cause, maintenant ?

Non mais, arrête de rêver, mon pote, jamais tu ne verras chez ton dealer de vacances « Visitez Gasconade, capitale de la méthamphétamine ». Pourtant, dans cette paisible (hum) contrée, on te fabrique de la meth comme d’autre te font des babelutes.

Tout les endroits sont bons pour en fabriquer et pour la vendre, pas de soucis à se faire, on la refourgue à des dealers, à des camés paumés, ou a des banquiers plein de fric.

Dans ce roman noir, la galerie de personnages est à souligner car ils sont tous plus tarés les uns que les autres, mention spéciale au prédicateur-révérend Butch Pogue qui lui décroche la timbale…

Pourtant, il n’y a pas de la sombritude dans ces pages, on a aussi des moments émouvants entre un père et ses enfants, dont une est trisomique… Ou d’autres poignants entre un vieil homme seul et son chien, son vieux compagnon qui le suit partout.

Niveau temps mort, ils sont peu nombreux, juste le temps de souffler entre deux trucs de malade, entre les enquêtes des flics locaux ou les manigances des fabricants de meth. Et n’allez pas croire que les flics sont tous les Bons et les paumés tous des Mauvais, on peut vite glisser d’un bord à l’autre, dans ces pages.

Un paumé peut aimer ses gosses aussi, essayer de s’en occuper du mieux qui peu et un flic intègre peu aussi perdre la boule à la vue de 52.000$… Normal, leur paie n’est pas terrible et ils risquent leur peau en visitant une caravane déglinguée pour une simple dispute de ménage.

Les décors sont plantés de manière réaliste, et quand on plonge dans les caravanes miséreuses et déglinguées, on n’a pas besoin de forcer son imagination car on les « voit » en lisant les lignes (ou en  les sniffant, chacun son truc).

Le pitch n’est pas neuf : un type qui pique le fric des dealers locaux et ceux-ci qui tentent de remettre la main dessus… Le début ne fait pas exception à la règle et ne vaut que pour la galerie de personnages qui est haute en couleur et bien détaillée, réaliste.

L’auteur, tout en déroulant son intrigue, nous plonge la gueule la première dans les eaux boueuses et tumultueuses de la contrée de Gasconade avec des petites anecdotes/souvenirs racontées par l’un ou l’autre personnage, qu’elles soient agréables ou pas.

La seule chose qui m’a gêné dans ce roman noir et qui lui fait louper le 4 étoiles, c’est le final un peu trop « exagéré » à mon goût. Ah sûr qu’il est excité, le final, énergique, ça pulse, ça tire de partout et si on était dans un Lucky Luke, le croque-mort se frotterait les mains devant une telle hécatombe.

Dommage… Malgré tout, cela reste un roman noir vif, énervé, qui ne mâche pas ses mots, qui envoie du lourd dans la gueule de son pauvre lecteur, mais qui ne ravira sans doute pas les fans de la série Breaking Bad comme j’ai pu le lire dans une chronique d’un libraire, sur le site de Gallmeister, car ça n’a rien à voir (hormis la cuisine de la meth).

Pour les amateurs de romans noirs survoltés !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Les larmes noires sur la terre : Sandrine Collette

Titre : Les larmes noires sur la terre

Auteur : Sandrine Collette
Édition : Denoël (02/02/2017)

Résumé :

Six ans après avoir quitté son île natale pour suivre un homme à Paris, Moe tente de survivre avec son nourrisson.

Elle est conduite par les autorités à la Casse, une ville pour miséreux logés dans des voitures brisées.

Au milieu de ce cauchemar, elle fait la connaissance de Jaja, Marie-Thé, Nini, Ada et Poule, cinq femmes qui s’épaulent pour affronter la violence du quartier.

Critique :
Qui a encore éteint la lumière ? C’est pas possible de débuter sa vie dans un coin paradisiaque et de se retrouver ensuite dans une Enfer digne de Dante !

« Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate », voilà ce qu’on aurait pu noter comme formule d’accueil pour ceux qui entrent à La Casse ! C’est vous dire la sombritude (néologisme offert gratos)…

De ce roman, que je voulais absolument lire, je n’avais pas vraiment lu le résumé avec attention, voulant découvrir l’univers du roman sans l’aide du 4ème de couverture. Rester vierge, en fait !

La Casse… Là, je me suis demandé dans quelle galère j’étais tombée… Pas possible, pour en arriver là, il faut avoir vécu une fin du monde, une catastrophe naturelle, un accident nucléaire… On n’imposerait pas délibérément ça à des êtres humains dans un pays tel que la France tout de même !

Ou alors, je ne suis pas en France, mais dans un autre pays, un pays moribond après les multiples guerres qu’il a subies ??

Non, j’étais bien en France, sans catastrophe naturelle, sans guerre, mais heureusement, dans ce que j’appellerais « un futur » et pas en 2017. Ça fout la trouille tout de même !

La force du roman, c’est que l’auteur a su rester réaliste et donner vie à ses personnages principaux, que ce soit Moe, au départ, qui nous raconte sa vie sur une île des DOM-TOM, sa venue en France et sa descente dans ce qu’elle pensait être un Enfer, sans imaginer qu’il pouvait encore y avoir pire ou les autres personnages qui vont graviter autour d’elle.

On s’attache à Moe, on frémit avec elle, on la voit essayer de s’en sortir, de se trouver un travail, mais la pauvre ne parvient pas à nager dans ce monde de requins, dans cette jungle où la loi du plus fort est toujours en vigueur et la meilleure.

Moe, on la voit chuter, on la voit atterrir à la Casse, endroit où l’on ne voudrait pas se retrouver pour tout l’or du monde, on la suit dans son acclimatation, dans sa découverte des autres femmes qui partagent « sa ruelle » et dans sa descente encore plus bas, afin de réunir la somme nécessaire à son départ de elle et de son enfant.

Oui, pour sortir de là, faut payer son billet de sortie et il n’est pas bon marché. Autrement dit, tu ne sortiras jamais de la Casse. Bienvenue en Enfer !

Pourtant, il y a une once de lumière dans cette Casse, grâce aux autres femmes qui partagent la « cour » avec Moe et qui sont là depuis un certain temps, connaissant tout des us et coutumes de cet enfer sur terre.

Là aussi les portraits sont réussis, leurs histoires sombres, mais racontées de telle manière qu’on aurait, nous aussi, l’impression de les écouter, assises au coin du feu, dans cette petite cour qui réunit quelques carcasses de voitures ou vieille roulottes.

C’est noir, c’est sombre, limite horrible lorsque l’on découvre ces gens que la société ne veut plus, entassés dans une décharge de vieilles voitures, crevant de faim, trimant dans les champs pour un salaire de misère, mourant le plus souvent de faim, de maladies ou à cause des règlements de compte dignes de O.K Corral.

Un petit plaisantin, adepte de l’humour grinçant, aurait même pu ajouter « La travail rend libre » sur un fronton et faire passer les travailleurs-travailleuses de La Casse dessous, lorsqu’ils se rendent aux champs tous les matins, vu les heures qu’ils devaient trimer pour gagner des cacahuètes alors que dans les épiceries de cet Enfer, tout coûte un prix de malade.

Ou comment faire en sorte que les gens qui entrent dans cette Casse, dans cette spirale infernale, n’en sortent plus, le tout avec des moyens simples, sans oublier quelques gardiens armés et munis de chiens.

Un roman noir qui décrit une société dans laquelle je n’aimerais pas vivre… Une plongée en apnée dans une Société qui a rejeté l’autre, le forçant à vivre de manière inhumaine, une Société qui a tout d’une qui pourrait arriver… Restons vigilants !

Un roman bouleversant, émouvant, magnifique, réaliste, sombre, noir, sans édulcorants, sans crème, sans lumière, mais tout au bout, on en voit une petite et elle est merveilleuse.

Sandrine Collette a encore réussi à me faire passer par tout un tas d’émotions et à me lessiver avec un roman fort.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (336 pages).

Sherlock – Tome 1 – Une étude en rose : Mark Gatiss, Steven Moffat & Jay [MANGA]

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Titre : Sherlock – Tome 1 – Une étude en rose

Scénaristes : Mark Gatiss & Steven Moffat
Dessinateur : Jay

Édition : Kurokawa (09/02/2017)

Résumé :
Rapatrié d’Afghanistan à cause d’une blessure et de troubles psychologiques, le Dr. Watson retrouve un vieil ami de l’époque de la faculté de médecine qui lui présente son futur colocataire.

D’un seul coup d’oeil, cette personne devine qu’il s’agit d’un médecin militaire de retour du Moyen-Orient, qu’un de ses proches est victime d’alcoolisme ou encore qu’il est suivi par un thérapeute.

Le nom de ce colocataire ? Sherlock Holmes.

sh-9782368524381_pgCritique :
Sherlock Holmes en manga ? Si je veux ? Demande-t-on à un chien s’il veut un os ? Jamais…

Et ici, j’ai eu un bien bel os à ronger durant quelques temps. Pensez-vous, les épisodes du Sherlock de la BBC adapté en manga !

Le genre de chose qui me fait sauter au plafond de bonheur.

L’objet est déjà graphiquement très esthétique : plus grand que le format des mangas habituels, de l’argenté sur la couverture et le sexy Benedict Cumberbatch qui darde ses beaux yeux sur moi.

Et l’intérieur, il est aussi chouette que l’extérieur ?

Oui ! J’ai aimé le trait du mangaka qui a su restituer l’acteur correctement et l’épisode aussi car rien ne diffère de ce que nous avons vu sur le petit écran.

Pourquoi l’acheter et le lire alors ? Tout simplement pour se refaire l’épisode avec un rythme plus lent, en saisir tous les détails à son aise, sans que les images avancent plus vite que nos yeux et notre cerveau.

Mon seul bémol sera pour les dessins des personnages secondaires qui ne sont pas aussi ressemblants que les deux protagonistes principaux. Il manque quelque chose à Mycroft, Lestrade est assez semblable graphiquement à Watson et le visage du chauffeur de taxi n’est pas aussi ressemblant à l’acteur Phil Davis.

Autre petite chose, si les dialogues sont les mêmes que ceux de la série, quelques fois, ils diffèrent et je trouve cela embêtant car, en parfaite petite addict que je suis, certains étaient mémorisés et devenus cultes.

Hormis ces petits bémols, replonger dans la série au travers d’un manga fut un véritable délice.

Le format plus grand permet de mieux mettre en place les personnages et les décors, nous offrant une plus belle vue, même si, du coup, cela rend le prix du manga plus cher.

À moins que je ne meure ou que la série s’arrête avant la publication de tous les épisodes de la série, je compte bien les acheter et les lire tous !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (208 pages).

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[SÉRIE] Sherlock – Saison 4 – Épisode 2 – The Lying Detective

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The Lying Detective est le deuxième épisode de la quatrième saison de la série télévisée Sherlock diffusé pour la première fois sur BBC One et BBC One HD le 8 janvier 2017.

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Synopsis :
Plusieurs semaines ont passé depuis [événement du premier épisode – No spolier]… Sherlock vit cloîtré dans son appartement et a replongé dans la drogue.

Malgré son état, le détective accepte la visite d’une femme qui se présente comme la fille de Culverton Smith, millionnaire philanthrope, dont elle aurait découvert le plus sombre secret. Sherlock pense alors avoir à faire à son ennemi le plus dangereux jusque-là.

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Ce que j’en ai pensé (chronique sans paraben, sans huile de palme et sans spolier !) : Toujours sous le coup du précédent épisode, je suis entrée dans celui-ci avec la tête ailleurs, pas à ce que je faisais et de ce fait, j’ai loupé le jeu de mot de l’épisode et n’ai pas fait le rapprochement avec l’aventure canonique !

Sachant que les producteurs ont de plus en plus de mal à réunir les différents acteurs, certains murmurent que cette saison 4 serait probablement la dernière, et c’est sans doute pour cela que nous avions déjà un cliffhanger à la fin du premier épisode.

Nous retrouvons donc Sherlock seul dans son appartement après sa brouille avec John et sa réconciliation avec les drogues en tout genre.

Arrive une cliente qui lui parle d’un homme : Culverton Smith, son père, qui un jour, après leur avoir fait prendre du sérum « oubli », leur a expliqué qu’il allait tuer quelqu’un, qu’il voulait tuer quelqu’un.

Des petits clins d’oeil drôles, notamment avec Sherlock qui déambule dans Londres avec sa cliente, donnant l’air d’être éméché, suivi via les caméras de surveillance par son frère et qui, dans ses pérégrinations, arrive à lui tracer le mot « Fuck off ».

C’est un épisode étrange, où l’on ressent un mal être à voir Sherlock se foutre en l’air de la sorte, à poursuivre assidument le fameux Culverton Smith qu’il accuse d’être un tueur en série.

Niveau personnage malfaisant, le Culverton est un salaud de belle envergue, il suffit de l’entendre parler à son personnel « Cela fait longtemps que vous travaillez ici ? 10 ans ? *petit sourire en coin* Si vous voulez continuer…. » (dans ces eaux là).

Oui, celui qui a le rôle du méchant présumé (on ne le sait pas avec certitude, Sherlock étant dans ses délires) a la gueule de l’emploi.

Voyez par vous-même… Si ça c’est pas une belle gueule de méchant ou de type pas net, qu’est-ce qu’il vous faut de plus ??

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Sherlock est égal à lui-même niveau déductions, il sait toujours vous niquer les mots de passe des smartphone et se faire passer pour ce qu’il n’est pas.

Durant tout l’épisode, on ne sait pas trop qui manipule qui ni pourquoi (si j’avais fait le rapprochement avec l’aventure canonique, j’aurais compris, mais souvenez-vous, j’avais la tête encore perdue dans le premier épisode coup de poing).

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Le mystère plane toujours quand à un éventuel retour de Moriarty et ma crainte était qu’il soit fondé.

Ça bouge et ça castagne assez bien dans cet épisode, Sherlock se prendra quelques mandales et en donnera lui même, n’hésitant pas à se mettre en danger pour résoudre cette affaire qui le hante, qui le fait sombrer petit à petit dans les délires, sans que l’on sache s’il est dans le vrai ou pas.

Le final de cet épisode est à la hauteur de la nouvelle canonique, différent, mais dans la même veine, ce qui est normal pour un toxico (mdr).

Un épisode différents de tous ceux que nous avons vu, avec de la profondeur dans l’amitié que se porte nos deux hommes (pas du gay-friendly, merci !), avec de la tristesse, avec un John qui ne sait plus à quel saint se vouer et qui s’effondrera sur celui de Sherlock (il pleure sur son sein).

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Là, les fans de yaoi ont dû en mouiller leurs culottes, moi, j’ai inondé la mienne en entendant le son émit par le smartphone de Sherlock lorsqu’il reçu un SMS (texto) d’une personne que j’apprécie énormément.

Et j’ai adoré les sous-entendus !!!!

Le méchant était une fois de plus réussi, et là, je ne pourrai jamais rien leur reprocher car ils ont toujours su trouver les acteurs qu’il fallait et ces derniers ont toujours joué leur rôle à la perfection, que ce soit en version dingue et allumé, ou en type zen qui n’hésite pas à pisser dans la cheminée du 221b, ou du gentil nounours qui, quand il parle, vous glace les sangs.

Un épisode qui se termine une fois de plus sur un cliffhanger horrible qui donne envie de voir le dernier épisode de la saison 4 de suite.

Mais malgré tout ça, je trouve que la saison 4 est un poil de cul en-dessous de la saison 3 et une touffe de poil de cul de mammouth en-dessous de l’excellente première saison et de la deuxième, qui restent, à mon humble avis, les deux meilleures.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le Mois du polar 2017 chez Sharon.

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Ne mourez jamais seul : Donald Goines

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Titre : Ne mourez jamais seul

Auteur : Donald Goines
Édition : Gallimard (25/11/1998)
Édition originale : Never Die Alone (1974)

Résumé :
King David, surnommé King Cobra, est revenu en ville. Combien sont-ils à vouloir lui faire la peau ? Moon, dont seuls de lourds rideaux noirs auraient pu camoufler ce que disait son regard ?

Mike, qui sans avoir plus de vingt ans, sait déjà que « toutes les emmerdes du monde » ne l’empêcheront pas de buter ce fumier ? King David a du fric.

Un autre homme dans la ville en manque terriblement. Il se nomme Pawlowski. Aussi foncièrement bon que King David peut être dangereux, rien ne le prédisposait à croiser le chemin du Cobra…

never-die-aloneCritique :
Y’a des jours comme ça où certains auraient mieux fait de jamais revenir à New-York…

Ou mieux : il y en a un qui n’aurait jamais dû arnaquer un dealer, duper des femmes et surtout pas voler le chèque de l’assistance d’une femme qu’il sautait. Et encore mois l’envoyer par terre, elle et son fils qui tentait de s’interposer.

La vengeance est un plat qui se mange froid, mais comme dit le proverbe « Celui qui se venge doit creuser deux tombes, une pour sa victime et une pour lui ».

Ce Donald-ci mériterait d’être plus connu… Ce que j’apprécie chez lui, c’est sa plume acérée et le fait qu’il sait de quoi il parle, lui qui fit de la prison après avoir braqué une banque, qui fut dealer et maquereau.

Dans « Justice Blanche, misère Noire », il dénonçait, noir sur blanc, les inégalités qui régnaient entre condamnés Blancs et les condamnés Noirs (en ce qui concerne les cautions à payer).

Ici, nous entrons dans l’intimité d’un truand, un dealer, pas le plus gros, mais celui qui a le plus d’orgueil, qui croit qu’il est le plus intelligent et qui pense que tout le monde veut lui lécher les pieds.

L’action se déroule en 1973 mais pourrait très bien être contemporaine, les gens qui filment tout au smartphone en moins… King David, dit King Cobra est revenu à New-York et a décidé de rembourser – avec intérêts – les 500$ qu’il avait chouravé à Moon, le dealer local.

Si King David a horreur que l’on se foute de sa gueule et qu’on le prenne pour un minable, il aurait dû savoir que Moon était comme lui et penser que le fils de celle dont il avait volé le chèque de l’assistance voudrait se venger, maintenant qu’il bosse pour Moon.

Tout aurait pu très bien se passer, King David remboursait sa dette, et tout allait bien dans le meilleur des mondes, mais tout à foiré, dans les grandes lignes, comme un jeu de domino qui, une fois la première pièce tombée, entraine toutes les autres au sol.

Ils auraient dû tous savoir que la première chose qui foire dans un plan de bataille, c’est le plan de bataille lui-même. Ils auraient dû savoir que tout ne se passe pas toujours comme prévu et que l’arme peut se retourner contre toi…

Autant King David est un être abject – la lecture de son journal intime nous le prouvera – autant Moon est bouffi d’orgueil et pense qu’il est le roi du monde, autant Paul Pawlowski, polonais juif issu de l’Allemagne nazie est bon et droit dans ses bottes.

C’est lui qui a  ramassé King David dans le caniveau et c’est lui qui va nous lire le carnet de ce dernier dans lequel il décrit ses faits et gestes qui feront pâlir le lecteur le plus blasé.

Un récit court, un récit brut, pur, de la came non coupée, des êtres abjects, un type correct, un type qui a les couilles de suivre sa conscience, un homme qui va comprendre qu’il a aidé un salaud et qu’il aurait dû le laisser croupir dans son caniveau.

Donald Goines ne fait pas dans la dentelle, pourtant, pas de violence sans raison, pas d’horreur juste pour en faire, non, juste un récit brutal que tu dévores sans plus penser à rien d’autres.

Le récit d’une vengeance qui ne tourne pas comme elle devrait et qui aura des conséquences imprévues sur tout le monde, surtout chez les truands de Moon.

Avec Donald (Goines), c’est du cash, baby, et c’est pas de la fiction… Ici, on est face à des flingueurs, et c’est pas des gentils tontons.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (184 pages) et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

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