Batman – Année 100 : Paul Pope et Jose Villarrubia

Titre : Batman – Année 100

Scénariste : Paul Pope
Dessinateur : Jose Villarrubia 🇪🇸
Traduction : Thomas Davier

Édition : Urban Comics – DC Classiques (2016)

Résumé :
Gotham City, 2039. Batman, une icône oubliée du passé, est recherché pour meurtre. Lancés à la poursuite d’une légende, le commissaire Gordon, petit fils de l’original, prend rapidement conscience des ramifications de l’affaire lorsque ses hommes se trouvent secondés sur le terrain par une unité d’élite, débarquée de Washington.

Critique :
Je ne vais pas y aller par quatre chemins : les dessins sont moches !

Batman est trapu, avec une bouche proéminente (toutes les bouches étaient horribles à voir), pas sexy pour deux sous et les coloris étaient fort sombres, tendant les détails plus difficiles à discerner.

Ce n’est pas un Batman en pleine forme que nous retrouvons, mais un Batman essoufflé après la course, blessé, grimaçant sous l’effort.

Nous sommes en 2039, dans un Gotham qui a bien changé… Ça pue le fascisme et le totalitarisme, ainsi que la mort des libertés individuelles.

Pour ceux qui le poursuive, Batman était une légende urbaine, il n’a jamais existé, ils ne savent donc pas après qui ils courent. Juste une sorte de terroriste, sans doute. Le genre de chose qu’il faut éliminer du système bien huilé de la dictature totalitaire, comme on expulserait un déchet.

L’homme Chauve-Souris est accusé de meurtre, mais ce que les flics ne savent pas, c’est qu’il en fut le témoin et que le policier a été assassiné par un autre policier.

Votre mission, si vous l’acceptez, bien entendu : trouver l’identité d’une mystérieuse entité et un désamorcer un complot. Le scénario était des plus correct et des plus intéressants. La criminalité existe toujours à Gotham et le justicier masqué aussi.

L’action est omniprésente, dès le départ, mais les dessins ont freinés ma lecture, ainsi que les tons sombres… Franchement, je n’ai absolument pas aimé cette vision alternative de l’univers Batman.

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°24).

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La monture : Carol Emshwiller

Titre : La monture

Auteur : Carol Emshwiller
Édition : Argyll (01/10/2021)
Édition Originale : The Mount (2002)
Traduction : Patrick Dechesne

Résumé :
Charley est un humain, mais Charley est surtout un animal apprivoisé. Sur une Terre devenue leur monde d’accueil, les Hoots, des extraterrestres herbivores, ont transformé les humains en montures.

Charley, jeune garçon sélectionné pour ses mensurations et ses capacités reproductives, est destiné à devenir l’une d’entre elles; mieux encore, il est entraîné quotidiennement car promis à un futur dirigeant hoot, celui qu’il appelle Petit-Maître.

Cependant, sa rencontre avec Heron, son père libre et réfugié dans les montagnes, va chambouler son être, ses certitudes, sa destinée.

Critique :
Un beau jour (ou peut-être une nuit), les Hoots ont débarqué sur Terre. Ces petits êtres (qui ne sont pas bleus) venus d’ailleurs.

Ils possèdent de grands mains, savent faire des bons prodigieux, mais leurs jambes sont fines et incapables de les porter.

Tandis que nous, les Hommes, nous avons de belles jambes musclées…

Nous ne saurons jamais comment cela a commencé, mais les Hoots ont décidé que nous ferions d’excellentes montures et ont commencé à nous dresser, nous faire reproduire entre même race, de faire de nous des coureurs rapides ou des trotteurs sur longues distances. Bref, nous sommes leurs montures !

Cette dystopie m’a fait douter du bien fondé que nous avons de posséder des chevaux, de les utiliser, de choisir le meilleur étalon pour une jument, de les enfermer dans des box, de les tapoter et de leur refiler des friandises. Les Hoots sont très gentils avec leurs montures, ils les aiment, oui, mais… Au prix de l’enfermement ! Au prix de l’asservissement.

Oui, cette dystopie fait se poser pas mal de question, notamment dans notre rapport avec nos animaux de compagnie, même si, dans ce roman, l’on ne parle pas d’animaux mais d’être humains transformé en monture et qui, s’ils bénéficient de tout le confort, n’en restent pas moins prisonniers, sans pouvoir choisir leur conjoint(e).

C’est encore pire lorsque l’on transforme des humains en bêtes, les divisant en race de Seattle (les trotteurs capable de porter des charges) et les Tennessee (les coureurs rapides). Les mâles sont les Sam et les femelles, les Sue.

Comme dans les dictatures, il y a ceux (et celles) qui se complaisent dans cet asservissement, appréciant la sécurité de leur « emploi », le confort absolu et le fait que l’on décide à leur place. C’est reposant, c’est sécurisant, bien plus que de vivre comme les Sauvages.

Le narrateur sera Charley, jeune garçon de 11 ans, de la race des Seattle, appelé à être la monture du jeune Excellente Excellence, Vouée-à-Devenir-Notre-Maître-à-Tous, dit Petit-Maître pour les intimes. Sa sécurité volera en éclat lorsqu’il se retrouvera libre, avec les Sauvages, son Petit-Maître toujours sur les épaules.

Les style de narration de notre Charley va changer au fur et à mesure qu’il va grandir (il va prendre 2 ans) et qu’il va commencer à réfléchir un peu plus loin que le bout de ses naseaux, pardon, de son nez. Il aime le système, il en fait partie, il est sécurisant, il est valorisant pour un jeune comme lui qui rêve de porter un mors et de conduire son Petit Maître partout.

Sans entrer dans les détails, je dirais que le récit est plus subtil qu’on ne pourrait le penser au départ, que l’autrice a pris la peine de nuancer son histoire, de jouer avec les sentiments de ses lecteurs et de faire de Charley un narrateur naïf, partial, mais pas que…

Tiraillé entre deux solutions, notre jeune garçon va devoir faire preuve de courage, d’abnégation et de réflexion afin de trouver une solution. Il en sera de même avec son Petit Maître qui n’est pas vraiment celui que l’on pourrait penser.

Voilà donc une dystopie intelligente, qui parle d’esclavage, d’asservissement, de rapport de domination entre des cavaliers Hoots et des montures humaines.

La métaphore est subtile, bien trouvée, elle met mal à l’aise à certains moments, surtout au départ, parce qu’on ne peut s’empêcher de faire un rapprochement avec les chevaux, qui, eux aussi, ne choisissent pas toujours leur vie.

Lorsque le dernier arbre : Michael Christie

Titre : Lorsque le dernier arbre

Auteur : Michael Christie
Édition : Albin Michel (18/08/2021)
Édition Originale : Greenwood
Traduction : Sarah Gurcel

Résumé :
D’un futur proche aux années 1930, Michael Christie bâtit, à la manière d’un architecte, la généalogie d’une famille au destin assombri par les secrets et intimement lié à celui des forêts.

2038. Les vagues épidémiques du Grand Dépérissement ont décimé tous les arbres et transformé la planète en désert de poussière. L’un des derniers refuges est une île boisée au large de la Colombie-Britannique, qui accueille des touristes fortunés venus admirer l’ultime forêt primaire.

Jacinda y travaille comme de guide, sans véritable espoir d’un avenir meilleur. Jusqu’au jour où un ami lui apprend qu’elle serait la descendante de Harris Greenwood, un magnat du bois à la réputation sulfureuse.

Commence alors un récit foisonnant et protéiforme dont les ramifications insoupçonnées font écho aux événements, aux drames et aux bouleversements qui ont façonné notre monde. Que nous restera-t-il lorsque le dernier arbre aura été abattu ?

Fresque familiale, roman social et écologique, ce livre aussi impressionnant qu’original fait de son auteur l’un des écrivains canadiens les plus talentueux de sa génération.

Critique :
En 2038, toute la Terre à connu le Grand Dépérissement : tous les arbres furent décimés et la planète est devenu un désert où il ne fait pas bon vivre.

Toute la Terre ?? Non, un petit village d’arbres résistent encore et toujours à l’envahisseur « désert » et cet oasis se trouve sur une île boisée au large de la Colombie-Britannique.

Cette dystopie est fort prenante, le début m’a aspiré littéralement dans cet univers où il ne fait absolument pas bon vivre, sauf si vous êtes pété de thunes.

Commençant en 2038, le récit va remonter l’échelle du temps pour nous présenter les ancêtres de Jacinda (dite Jake) Greenwood. Oui, ce sera une fresque familiale assez foisonnante et riche en aventures.

Malgré l’enthousiasme du départ, malgré l’écriture parfaitement calibrée de l’auteur, malgré le récit correctement construit qui remonte le fil du temps en nous éclairant sur le destin de la famille Greenwood, malgré les parallèles entre la famille et les arbres, malgré les personnages travaillés, il m’a manqué un petit quelque chose d’important dans ce récit : les émotions !

Que dalle, rien ressenti durant ma lecture, si ce n’est quelques unes, à certains moments, notamment la colère en voyant ses riches personnages qui viennent se ressourcer dans ce qu’il reste de forêt primaire avant de s’en retourner dans le monde dévasté pour le dévaster un peu plus…

Alors qu’en lisant et entendant les éloges fait à ce roman, je m’attendais à m’embraser tel un vieil arbre sec, et bien, ce ne fut pas le cas. Pourtant, ça avait bien commencé, j’étais happée par le récit et pas la remontée du temps.

À un moment donné, j’ai plutôt survolé certains passages devenus trop longs à mon goût, notamment lors de la cavale d’Everett.

M’attendant à lire un livre porté sur l’écologie ou du moins, sur les arbres, il m’a semblé que ces derniers n’étaient qu’une toile de fond, juste là pour parler des turpitudes de la famille Greenwood, dont les fondateurs ont commencé bien mal dans la vie avant que l’un des deux ne se hisse sur les hautes marches du capitalisme débridé et n’amasse du fric comme un arbre amasse la mousse et les champignons.

C’est donc mitigée que je ressors de cette lecture, sans doute parce que je m’attendais à autre chose et vraiment pas à ce que la saga familiale prenne autant dans place dans le récit, que j’aurais aimé être plus centré sur les arbres.

Même si, dans l’histoire, on comprend bien le mal que l’Homme leur fait en coupant à tort et à travers, en coupant à fond, comme s’ils allaient repousser de suite, grâce à une graine magique du druide Panoramix. Si Idefix avait lu ce roman, je pense qu’il aurait hurlé à la mort à chaque arbre tombé, à chaque forêt éradiquée…

Attention, je ne dis pas que ce roman est mauvais, loin de là, juste que nous nous sommes rencontré à un moment donné et qu’ensuite, nous nous sommes perdus de vue, avant de nous revoir et de passer un bon moment ensemble… Et ainsi de suite.

Je ressors donc de cette lecture mitigée, les longueurs l’ayant emporté sur les meilleurs morceaux (dommage). Sans oublier que le manque d’émotions ressenties a contribué à l’échouage de cette lecture, tel un arbre coupé et jeté dans un fleuve pour qu’il arrive à bon port, mais qui se perd en route.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde – Écologie.

Vigilance : Robert Jackson Bennett

Titre : Vigilance

Auteur : Robert Jackson Bennett
Édition : Le Bélial’- Une Heure Lumière (27/08/2020)
Édition Originale : Vigilance (2019)
Traduction : Gilles Goullet

Résumé :
Trois tireurs armés jusqu’aux dents lâchés dans un « environnement » public aléatoire délimité. Un but : abattre le plus de personnes possible. Une promesse : un énorme paquet de fric pour celui qui quitte les lieux indemne.

Si l’une des « cibles » met hors d’état de nuire l’un des tireurs et survit, une part du pactole lui échoit.

Des règles simplissimes, et des dizaines de drones qui filment le tout pour le plus grand bonheur de millions de spectateurs hystérisés, d’annonceurs aux anges et de John McDean, producteur et chef d’orchestre de Vigilance, le show TV qui a résolu le problème des tueries de masses aux États-Unis…

Critique :
Cette novella, c’est 165 pages qui te pètent à la gueule violement car tu sais que cette dystopie n’est pas si science-fiction que cela, que ce qui est relaté dans ces pages pourraient très bien avoir lieu dans cette Amérique qui voue un amour sans borne aux armes à feu.

Souvenez-vous qu’un président peroxydé de la mèche avait affirmé que si les victimes du Bataclan avaient été armées, elles auraient pu se défendre et tuer les terroristes…

Oui mais non, mister président de mes deux ! Posséder une arme, c’est une chose, savoir s’en servir, c’en est une autre. Pour viser juste, il faut prendre des cours, afin de ne faire plus qu’un avec son flingue ou sa carabine.

De plus, abattre froidement une personne, même une qui va porter atteinte à votre vie, ça en fera hésiter quelques uns (unes). Hésitations fugaces que le terroriste mettra à profit, puisque lui n’a aucun état d’âme.

Alors, demander aux gens de s’armer non stop parce que de temps en temps, on va faire des Vigilance, c’est une putain de foutue de mauvaise idée ! Diffuser le tout à la télé, recruter des volontaires pour aller faire des tueries de masse dans des endroits bondés, c’est encore une saloperie de mauvaise idée. Passer des pubs ciblées pour se faire plein de pognon, c’est encore une plus mauvaise idée, mais ça marche, le public en redemande.

Cette Amérique d’un futur proche ne semble pas si éloignée que ça, on se dit, avec effroi, que si une chaîne de télé-réalité le proposait, il y aurait des gens intéressés, sans doute plus qu’on ne le pense.

Bref, c’est la télé-réalité qui a dépassé la ligne rouge, comme dans « Marche ou crève » de Stephen King. C’est de la manipulation de masse.

Cette Amérique rétrograde, aux portes de l’enfer, aux portes de la folie, ultra conservatrice, avec la haine des étrangers, repliée sur elle-même, virile à l’extrême, patriotique jusqu’au boutisme, où les gouvernements ne font plus la loi, gangrénée par le consumérisme, la violence, le fake news, ce n’est pas une Amérique si dystopique que ça…

L’auteur analyse froidement son pays, sa société et nous propose un récit qui a des relents de réalisme, qui semble être ce qui arrivera un jour, quand des Hommes, voulant toujours être plus riches, plus adulés, mettront au point des jeux du cirque grandeur nature qui seront regardé par le pays en entier.

Une novella que j’ai lue en apnée car l’Homme n’aurait aucune honte à monter pareille horreur, pareille folie et la majorité suivrait en hurlant sa joie. Ce programme deviendrait une drogue pour eux.

Un récit glaçant, horrifiant, tellement réaliste que j’en suis restée quelques minutes silencieuse à la fin de ma lecture, cherchant un Petzi ou un Oui-Oui à lire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°32].

La ferme des animaux : George Orwell

Titre : La ferme des animaux

Auteur : George Orwell
Édition : Livre de Poche Jeunesse (2021)
Édition Originale : Animal farm (1945)
Traduction : Stéphane Labbe

Résumé :
Un beau jour, dans une ferme anglaise, les animaux décident de prendre le contrôle et chassent leur propriétaire.

Les cochons dirigent la ferme comme une mini société et bientôt des lois sont établies proscrivant de près ou de loin tout ce qui pourrait ressembler ou faire agir les animaux comme des humains.

De fil en aiguille, ce microcosme évolue jusqu’à ce qu’on puisse lire parmi les commandements : « Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d’autres. »

Le parallèle avec l’URSS est inévitable quand on lit cette fable animalière. À travers cette société, c’est une véritable critique du totalitarisme d’état que développe Orwell.

Critique :
Cette fable animale, qui pourrait sembler simpliste, ne l’est pas du tout.

Un enfant la prendrait au premier degré, pour ce qu’elle est : des animaux se sont révoltés, ont chassé le fermier, pris possession de la ferme et veulent bosser pour leur propre compte.

L’enfer étant pavé de bonnes intentions, si au départ, tout est bien, après quelques temps, ça part en couille puisque les cochons s’arrogent le pouvoir, mais les autres animaux ne s’en rendent pas compte (ou ne veulent pas s’en rendre compte).

L’adulte, lui, lira entre les lignes et y verra (le cas de le dire, puisque l’on parle de cochons) une fable animalière dénonçant le communisme à la Staline ou tout autre régime totalitaire.

Au départ, les intentions sont bonnes puis une certaine élite se dégage, s’arroge des droits (sans les devoirs qui vont avec), des passe-droits, des rations supplémentaires, donne des ordres, considère les autres comme des esclaves, réécrit l’histoire et puisque l’on a réchauffé l’eau doucement, puisque l’on avait un police violente, personne n’a rien senti, personne n’a osé l’ouvrir et ceux qui l’ont ouvert sont morts.

C’est aussi une fable qui parle de toutes les révolutions qui furent confisquées ensuite par certaines personnes qui n’ont eu de cesse, ensuite, de se comporter comme les tyrans qu’ils dénonçaient autrefois et qu’ils avaient renversés, arrivant même à se comporter d’une plus vile manière qu’eux.

J’y ai aussi lu une dénonciation du capitalisme avec la force ouvrière qui est exploitée par une élite intellectuelle et qui malgré qu’elle bosse plus, reçoit de moins en moins de ration alimentaire, tandis que ceux qui ne produisent rien bouffent à s’en faire péter la panse (oui, c’est dit sans les pincettes). Travailler plus pour gagner moins !

Puisque les animaux bossent pour eux (qu’ils croient), ils sont prêt à tous les sacrifices, oubliant que ce ne seront pas eux qui tireront les bénéfices de leur force de travail et qu’au final, ils sont esclaves de quelqu’un, sauf que ce n’est plus du fermier (qui les faisait bosser moins, même si c’était pour son bénef à lui) mais des cochons.

La descente aux enfers commencera doucement pour nos animaux, sans qu’ils ne s’en rendent vraiment compte au départ puisque tout leur est expliqué simplement : c’est pour leur bien ! Et on avale, pardon, et ils avalent. Et puis, ceux qui n’avalent pas n’auront plus jamais l’occasion de remettre en question les ordres du cochon Napoléon, le chef.

Orwell va droit au but et s’inspire aussi des animaux pour leur donner leur caractère propre et habituel : les moutons bêlent ce qu’on leur dit de bêler, les chiens sont agressifs, les chevaux forts, l’âne intelligent… Chacun est parfaitement à sa place dans son rôle et il ne faut pas franchir des fossés pour assimiler les animaux à des humains, vu leur comportement.

Orwell frappe sous la ceinture, ça fait mal, ce petit livre. Il en ressort qu’en fait, tout le monde peut devenir un libérateur, il suffit juste d’être un bon orateur et la foule de moutons suivra !

Mais une fois le premier tyran éliminé, il faut avoir le pieds sur terre pour ne pas virer dictateur soi-même. Pas besoin de franchir des fossés non plus, la frontière est mince et si facilement franchie… Trop facilement…

Ensuite, le reste vient tout seul, un pas après l’autre, une règle après l’autre, une restriction après l’autre.

Une fable intelligente qui démontre que le totalitarisme n’est jamais loin, qu’il se trouve sous nos yeux, partout et pas que dans les états dictatoriaux, les républiques bananières…

Le totalitarisme ne se trouve pas que dans le passé et que ce salopard peut revenir au galop sans que l’on ne s’en rende compte ou alors, trop tard.

La liberté n’est pas un du, ce n’est pas non plus un droit, c’est un devoir. Mais il n’est pas toujours facile de voir le totalitarisme se mettre en place et encore moins de se rebeller contre des autorités toutes puissantes qui peuvent vous broyer comme on écrase une noisette avec l’outil adéquat.

Et puis, il est souvent plus facile de faire semblant de rien, de se raconter des histoires, de laisser couler, de baisser les bras. Parce que s’opposer de manière intelligente, c’est épuisant, dangereux et bien souvent, on est seul.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°60], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°18] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

1984 (BD) : George Orwell et Fido Nesti

Titre : 1984 (BD)

Scénariste : George Orwell
Dessinateur : Fido Nesti

Édition : Grasset (04/11/2020)

Résumé :
1984, le chef-d’œuvre de George Orwell, fait partie des plus grands textes du XXème siècle. Les lecteurs de tous âges connaissent Big Brother et Winston Smith, car plus qu’un roman politique et dystopique, 1984 a nourri notre imaginaire sans jamais perdre de son actualité.

L’atmosphère envoûtante et le dessin aux teintes fantastiques de l’illustrateur brésilien Fido Nesti, alliés à la modernité de la traduction de Josée Kamoun, nous offrent aujourd’hui une somptueuse édition de 1984, la première version graphique du texte mythique d’Orwell.

Il s’agit d’un des événements éditoriaux les plus attendus de l’année à travers le monde.

Critique :
J’avais découvert le roman en 2013 et malgré le fait que j’avais pris un uppercut dans ma gueule avec la description d’une société totalitaire poussant l’absurde jusqu’à réécrire l’Histoire ou les faits, certains passages de cette dystopie m’avaient ennuyés.

Ma cotation avait été très bonne parce que le K.O (chaos ?) était parfait et j’avais eu du mal à me relever.

L’adaptation en roman graphique était donc l’occasion de voir si j’allais encore éprouver des grands moments de solitude durant les soliloques de Winston Smith…

Une fois de plus, je suis au tapis, la gueule qui fait mal et durant ma lecture de ce roman graphique, je n’ai pas vécu l’ennui qu’une partie du roman m’avait procurée. Les sueurs froides étaient toujours au rendez-vous, par contre.

Si je n’ai pas été conquise par les dessins, les couleurs illustraient bien l’atmosphère de l’Angleterre sous ce régime totalitaire, dictatorial, stalinien…

D’ailleurs, j’ai même eu un regain de sueurs froides en revoyant les épisodes où les employés doivent réécrire l’Histoire, les faits, les journaux et gommer ce qui doit être gommer car depuis quelques temps, certains illuminés du bocal aimeraient que l’on efface certaines mots des romans, effaçant par là même l’Histoire et ses horreurs.

« Un peuple qui ne connait pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines » (Marcus Garvey). Pire ! « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » (Winston Churchill, Karl Marx et plein d’autres).

Comme le disait si bien Abraham Lincoln : Le problème avec les citations sur Internet, c’est qu’il est difficile de déterminer si elles sont authentiques ou non.

Orwell s’inspire, bien entendu, des sociétés totalitaires comme furent celles du communisme sous Staline (on réécrivait la réalité, on truquait les chiffres, on montrait l’opulence mais ce n’était que du carton pâte) et du nazisme. Bref, toutes les sociétés totalitaires peuvent se retrouver dans ses pages.

Anybref, cette adaptation graphique du célèbre roman d’Orwell est excellente car les dessins sont en harmonie parfaite avec le ton de la narration de Winston Smith qui nous explique le monde dans lequel il vit, dans cette société qui contrôle tout, même l’écran qui est dans votre domicile, celui que l’on ne peut pas éteindre.

Ceux ou celles qui ne voudraient pas lire le roman peuvent se rabattre dans soucis sur cette adaptation car elle est fidèle au roman.

La présence de dessins, dans des tons gris et rouges, qui illustrent eux-mêmes ces ambiances de désespoir, de morosité, de suspicion, de mal-être, plongent encore mieux le lecteur dans ce monde horrible, lui donnant l’impression qu’il se trouve dedans, à arpenter ces rues grises d’un Londres que personne ne voudrais connaître.

Si dans la deuxième partie, on a un peu de répit, d’amour, la troisième, elle, est implacable et les tripes qui étaient déjà nouées vont se tordre encore plus devant tant d’inhumanité, de folie car ce qu’il se passe dans ces pages, ça va encore plus loin dans la négation de la mémoire que le stalinisme ou que le nazisme.

Avec Big Brother, c’est comme si vous n’aviez jamais existé, vous ne deviendrez jamais un martyr, un témoin gênant. Vous serez un rien du tout, réduit à néant, aussi bien dans le passé que dans l’avenir.

1984, c’est plus qu’une claque dans la gueule, c’est une balle dans la tête. À lire et à relire, sans oublier que Big Brother est là, à nous regarder, derrière nos écrans. Heureusement, nous n’en sommes pas encore arrivé à ce qui se déroule dans cette dystopie glaçante mais ce totalitarisme a existé (pas aussi poussé) et il n’est jamais mort car on ne peut pas tuer des idées.

— Si tu veux une image du futur, figure-toi une botte qui écrase un visage humain. Indéfiniment.

Le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021 [32ème et dernière fiche], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°12] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les somnambules : Chuck Wendig

Titre : Les somnambules

Auteur : Chuck Wendig
Édition : Sonatine (04/03/2021)
Édition Originale : Wanderers
Traduction : Paul Simon Bouffartigue

Résumé :
Un nouveau monde, le nôtre ?

Dans un petit village de Pennsylvanie, Shana surprend sa soeur, Nessie, quittant d’un pas résolu leur maison. Lorsqu’elle tente de l’intercepter, la petite fille ne réagit pas à sa présence. Mutique, absente, le regard vide, elle avance… Croyant à une crise de somnambulisme, Shana commence à la suivre.

Rapidement, elles sont rejointes par un deuxième errant, frappé des mêmes symptômes que Nessie. Puis un autre. Bientôt, ils sont des centaines à converger vers la même destination inconnue, tandis que leurs proches, impuissants, leur emboîtent le pas. Très vite, cette mystérieuse épidémie enflamme le pays.

Chuck Wendig tend à notre monde un miroir dans lequel se reflètent ses hantises les plus contemporaines : l’irruption de l’inconnu, la peur de l’autre, la défiance envers le gouvernement, la force rampante des discours religieux et extrémistes… Rappelant autant Le Fléau que The Leftovers,

Les Somnambules est un portrait humain mais sans concession d’une société au bord de l’extinction.

Critique :
Lève-toi et marche…

Lecteur/trice, prévois de bonnes chaussures parce que ce sera une longue marche et elle comportera des chausse-trapes, des dangers, des suprémacistes Blancs qui tenteront d’arrêter ta marche.

Prévois aussi un canapé confortable car la marche ne sera pas que longue en kilomètre parcourus mais aussi en pages avalées (plus de 1.100).

Que la taille et la longueur en te rebute pas, ami de la littérature car tu ne le sentiras pas passe, ou si peu. Tu seras si bien au coeur de ce mystère, de cette pandémie bizarre que tu ne verras pas les pages se tourner.

L’auteur aurait pu suivre une seule direction, se contenter de nous faire marcher, mais non, il a été intelligent, créatif et ce, bien avant l’apparition du Covid19.

Les réactions des gens face à ce phénomène, qu’ils ne comprennent, pas ressemble terriblement à nos comportements depuis 1 an de Covid. Entre les complotistes, les illuminés de Dieu, les écolos, les protecteurs, ceux qui ne savent pas, il y en aura pour tout le monde.

La différence c’est qu’il nous a pondu une pandémie qui fait passer la nôtre pour une peccadille, un tout petit caillou dans les rouages de la machine, alors que lui, il te jette un pavé (au propre comme au figuré) et il te skette (« casser », en patois wallon) la machine, divisant l’Amérique en plusieurs parties : les marcheurs, leurs bergers, les pros-somnambules et les antis avant de refragmenter ces morceaux en suprémacistes survivalistes et en infectés.

Sorte de Fléau (Stephen King) en version moderne, la comparaison s’arrêtera là, sauf à comparer les portraits des personnages, tous très bien réalisés (même si ma préférence ira à ceux du Fléau), travaillés, possédant de la profondeur. Les portraits des suprémacistes sont moins travaillés mais je pense qu’il serait difficile de leur trouver des circonstances atténuantes.

Le scénario n’est pas conventionnel, il ira dans des directions inattendues et tant mieux car l’auteur a évité aussi que son récit ne s’enlise, ne stagne ou ne devienne redondant. Cela a augmenté mon plaisir de lecture et mon addiction.

La surprise était au rendez-vous tout au long de ma lecture et j’en ai eu pour mes sous, du début à la fin, sans que cela vire au grandguignolesque puisque son récit avait des points d’ancrage dans notre époque, même s’il a poussé le bouchon plus loin et que je croise les doigts que jamais pareil scénario apocalyptique ne se produise en vrai (vœu pieux, ça nous pend au nez).

L’autre point fort de ce roman, c’est son final qui est plus que réussi, contrairement à celui du Fléau (Stephen King) qui n’était pas à la hauteur des 1.500 pages lues. Chuck Wendig a réussi à donner au sien une dimension dantesque, un véritable combat pour la vie et à le faire de manière intelligente. Ça m’a troué le cul (pour parler vulgairement mais que tout le monde comprenne bien).

Si nous n’avions pas le choc des photos, ce lourd pavé possédait le poids des mots et c’est avec de l’acide que l’auteur a dû diluer son encre car entre les phrases, on discernait un peu de cynisme, de sarcasmes et quelques coups bas pour les sociétés humaines qui mènent le monde à sa perte (et le reste avec).

Un roman post-apo qui, malgré ses 1.100 pages, ne devient jamais ennuyeux ou ne semble trop long. Une lecture intense, au goût de prémonitions qui risquent un jour de passer en faits réels.

Hormis quelques libertés avec les sciences, la plupart des horreurs qui se déroulent dans ces pages sont hélas bien réelles et l’on a vu comment la peur durant une pandémie pouvait transformer les humains en pire que des bêtes.

Surtout que notre pandémie l’est aussi sur les réseaux sociaux avec toutes les conneries qui peuvent s’y raconter et contre ça, pas de médicaments pour guérir.

Un sacré roman post-apo, une lecture intéressante, hautement addictive, qui prend aux tripes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°240].

MotherCloud : Rob Hart

Titre : MotherCloud

Auteur : Rob Hart
Édition : Belfond (05/03/2020)
Édition Originale : The Warehouse (2019)
Traduction :

Résumé :
Ex-petit patron désormais ruiné, Paxton n’aurait jamais pensé devoir intégrer une unité MotherCloud, cette superstructure de l’e-commerce qui a dévoré la moitié de l’économie mondiale. Pourtant, dans une société n’ayant plus rien à offrir, comment peut refuser un job qui propose non seulement un salaire, mais aussi un toit et à manger ?

La jeune Zinnia non plus n’aurait jamais pensé rejoindre MotherCloud, mais sa mission est tout autre : une révolution est en marche dont elle est le bras armé. Devenir salariée n’est qu’un premier pas pour infiltrer le système, en percer les secrets. Le détruire.

Dans cet univers où tout est calculé, paramétré, surveillé, où l’humain disparaît au profit de la rentabilité, où l’individu n’est qu’un algorithme, Zinnia et Paxton réalisent bientôt qu’il est impossible de dévier. À moins d’être prêt à se sacrifier ?

Car derrière sa façade d’entreprise idéale, MotherCloud est une machine à broyer, impitoyable à l’égard de ceux qui oseraient se rebeller.

Critique :
Imagine… Imagine un monde où les gens n’oseraient plus sortir de chez eux et commanderaient tout sur la plateforme Cloud.

Imagine un monde où une partie de l’humanité crève de faim, de soif, de chaud sous un soleil implacable et où la seule solution pour s’en sortir soit d’entrer bosser chez Cloud.

Plus d’écoles, plus de petits magasins, plus de librairies, des gouvernements à la ramasse.

Imagine une super société géante où les travailleurs vivent, travaillent, dorment, mangent sur le site même… Sans jamais en sortir, sauf si virés.

Où ils portent une montre qui les aide dans leur recherche des produits à envoyer aux clients… Produits envoyés par drones, le plus rapidement possible. On dirait un peu l’autre grosse boîte qui ne paie pas ses impôts, Ha ma zone…

Oui, cette dystopie est ultra réaliste, glace les sangs car cette forme d’esclavagisme est déjà là, n’a jamais totalement disparu, c’est juste modernisé. Les chaînes ne sont plus en métal, mais électroniques et encore plus difficile à enlever car elles ont été mises à l’insu de notre plein gré.

Les patrons, les gouvernements, les sociétés, inventent des gadgets pour nous faciliter la vie, le travail, la tâche, les courses, pour nous distraire, pour notre sécurité, mais c’est toujours à sens unique car le produit, c’est nous ! Le cobaye, c’est nous ! Celui que l’on suit à la trace, c’est nous ! Celui qu’on enchaîne, c’est vous, moi, toi, nous.

Opposant différents récits : d’une part, celui du concepteur, qui pense qu’il a créé le modèle de société idéale, que tout le monde est content et de l’autre, des travailleurs de cette même société qui bossent non stop, à des cadences infernales, suivant leur montre qui leur indique tout et qui les trace partout. Bref, le jour et la nuit !

Gibson, le gentil créateur de MotherCloud avait pourtant une idée de génie, mais à la fin, c’est un peu comme moi quand je me mets au bricolage : dans ma tête, c’est magnifique, génial, la vision de rêve et quand j’ai terminé, ce que j’ai sous les yeux ne ressemble en rien à ce que je voyais dans ma tête. Comme les hamburgers des fast-food, super apetissant et gonflé sur les affiches mais une fois dans l’assiette, oups…

Malheureusement, il y a des longueurs, j’ai eu du mal à m’attacher à Paxton et Zinnia, les deux travailleurs. Bref, j’ai peiné à lire ce roman, à tel point que j’ai pensé arrêter tout à la moitié… J’ai arrêté en fait et pris un autre roman, pour avancer. Puis j’y suis revenue et là, tout s’est débloqué !

L’auteur nous démontre bien aussi que nous nous résignons facilement, trop facilement, alors que nous sans doute toujours juré que « non jamais », que ça ne passerait pas par vous… Et hop, vous voilà parfait petit toutou, remerciant la main qui le soigne et qui lui offre un toit, parce que tout compte fait, c’est mieux que dehors…

Une fois installé dans notre petit confort, dans notre routine, même chiante, même abrutissante, on baisse les bras, on ne se révolte pas, pire, on trouve que tout compte fait, c’est pas si mal que ça… Les résolutions vont aux orties pendant que le reste du monde vous fait bosser comme un esclave pour avoir ses commandes toujours plus vite.

Par contre, j’aurais apprécié d’en apprendre un peu plus sur le monde d’après, sur tous ces gens qui commandent à MotherCloud… Entendre des voix différentes auraient été intéressantes, aurait donné une autre dimension au roman et l’aurait rendu moins orienté.

Malgré le fait que je ne me sois pas attachée plus que ça aux personnages principaux, que j’ai trouvé des longueurs dans le texte et qu’un autre point de vue n’aurait pas été du luxe, cette dystopie est glaçante car elle n’est pas éloignée de notre Monde (hormis le contexte climatique).

MotherCloud pourrait être Ha Ma Zone ou l’autre avec ses 40 voleurs qui niquent les règles du travail, se comportent comme des esclavagistes, ne paient pas d’impôts (ou si peu) et contrôlent une partie du Monde comme des dictateurs, dictant aux gouvernements leur règles à eux qui leur permettent, avec notre accord, de devenir de plus en plus riche.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°161].

L’Anomalie : Hervé Le Tellier

Titre : L’Anomalie

Auteur : Hervé Le Tellier
Édition : Gallimard Blanche (30/08/2020)

Résumé :
«Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension.»

En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte.

Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.

Roman virtuose où la logique rencontre le magique, L’anomalie explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe.

Critique :
Voilà un roman audacieux et qui change de l’ordinaire !

Une sorte de melting-pot entre un roman noir, de la SF, de l’anticipation et roman normal, pourvu de multiples personnages, puisqu’ils seront 11 à nous faire vivre cette expérience de folie de l’intérieur.

C’est déjà en sois une anomalie qu’un roman de la catégorie Blanche commence comme un roman Noir des années hard-boiled avec un assassin insaisissable, avant de basculer dans la littérature dite conventionnelle, puis de flirter ouvertement avec la SF/Anticipation, le tout en changeant sa manière d’écrire selon les personnages, qui, je vous le rappelle, sont nombreux et pourraient faire se crasher le roman.

Pari osé, pari risqué mais pari relevé (Mongénéral, vous m’excuserez pour l’emprunt).

Oui, les différents personnages sont tous et toutes étoffés, sans que l’auteur ait dû écrire des chapitres entiers pour nous les présenter. Chacun à sa manière est différent des autres et tous sont bien typés, pas moyen de confondre l’un avec l’autre.

Comment accepter inacceptable ? Comment réagirions-nous si pareille anomalie nous arrivait ? Comment notre famille, nos amis, nos conjoints(tes) réagiraient devant ce qui ressemble à… À de l’impossible !

Mais l’impossible a eu lieu et maintenant, il faut aller jusqu’au bout de cette anomalie qui risque de déstabiliser bien des familles, touchées ou non en son sein, car elle soulève bien des questions, autant scientifiques que religieuses, financières, juridiques et… éthiques.

Et tac, l’auteur s’en donne à coeur-joie, passant en revue tous les problèmes soulevés, avec humour, même, lorsque les différents représentants des cultes entreront dans la danse, voyez comme ils pensent et riez… Jaune !

Un roman décoiffant, époustouflant, qui change de la popote habituelle, car là, c’est le genre de menu qu’on ne nous sert pas régulièrement en littérature. Il est copieux sans être indigeste, varié, goûteux et à le mérite de faire décoller les lecteurs dans des cieux peu explorés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°147].

 

Capitaine Albator Dimension Voyage – Tome 6 : Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Titre : Capitaine Albator Dimension Voyage – Tome 6

Scénariste : Leiji Matsumoto
Dessinateur : Kouiti Shimaboshi

Édition : Kana Shônen (08/06/2018)

Résumé :
A bord de l’Arcadia, le chef mécanicien Maji se retrouve face à Zoll, guerrier tokarguien envoyé par les Sylvidres et qui s’est introduit dans le vaisseau !

Alors qu’un violent combat éclate, l’Arcadia se retrouve soudainement prisonnier de l’attraction de la planète Derazer située dans les Sargasses de l’univers.

Mais, fort heureusement, Queen Emeraldas n’est pas loin !

Critique :
♫ Goldorak go, rétrolasers en action
♪ Goldorak go, va accomplir ta mission
♪ Dans l’infini des galaxies
♫ Poursuit ta lutte infernale, du bien contre le mal ♪

Zut, j’ai mis le mauvais disque…

♫ Capitaine Flam tu n’es pas
♪ De notre voie lactée
♫Mais tu as traversé (Capitaine Flam)
♪ Cent mille millions d’années
♫ Pour sauver de ton bras Les gens de Mégara ♪

Mille excuses, ce n’est pas encore le bon générique…

♪ Albator, Albator, capitaine au cœur d’or
Albator, Albator, bien plus fort que la mort
Tu es toujours au rendez-vous n’importe quand, n’importe où
Tu es toujours au rendez-vous, toujours avec nous ♫

Parfait, ceci était enfin le bon. Maintenant que je vous ai collé ces génériques de notre enfance dans la tête pour toute la journée, je peux commencer ma chronique.

Albator, c’est une partie de mon enfance, comme Goldorak, Capitaine Flam et bien d’autres. Lire cette série manga (Capitaine Albator – Dimension Voyage), c’est revenir aux sources puisque ça ressemble à une version d’Albator 78 (de ce que je me souviens du dessin animé).

Une fois de plus, j’ai l’impression qu’on est face à un tome de transition, les histoires commencées dans les tomes précédents se poursuivent, notamment l’enquête de Daiba sur les Sylvidres (aidé par Zéro et Maya), les élections doivent avoir lieu sur Terre, les Sylvidres continuent de foutre le bordel partout et on a la suite de la tentative de sabotage de la part d’un Tokarguien nommé Zoll.

Zoll est un saboteur, il met tout l’équipage dans la merde et on le soigne quand même et l’auteur pousse le pathos jusqu’à en faire un saboteur sympathique qui n’a pas eu le choix, victime qu’il est, ainsi que sa famille et son peuple, du joug des Sylvidres.

Malgré tout, on a de l’action et du suspense avec l’Arcadia qui n’arrive pas à éviter une planète à la force gravitationnelle énorme qui l’attire comme un aimant le fait avec un morceau de fer.

Notre capitaine sexy s’en sort toujours, vous le savez, Queen Emeraldas est comme Zorro, elle arrive au galop, mais j’ai dû faire fumer mon cerveau pour la rattacher à des souvenirs de la série animée.

L’univers de Leiji Matsumoto est grand et le manga manque parfois de précision, comme si ses lecteurs devaient avoir révisés leur « Albator Sans Peine » avant d’entamer la série manga…

Même si ce que je lis suffit à ma compréhension générale, j’aurais aimé avoir plus de détails dans le manga afin de pouvoir appréhender cet univers dans ses moindres détails et savoir d’où les personnages viennent et comment ils en sont arrivés là, sans devoir me refaire tout l’univers de Leiji Matsumoto et de son capitaine Harlock (vrai nom d’Albator, qui fait moins sexy et très capitaine Haddock).

Hors cela fait des années que je n’ai plus vu les épisodes de l’animé Albator, et déjà, à l’époque, je trouvais qu’il n’y avait pas toujours de logique entre l’Albator 78 et le 84 et pour finir, j’en étais arrivée au fait que les deux séries devaient se regarder tranquillement, sans se donner mal au crâne en tentant de faire des liens.

Malgré les quelques bémols, ce tome 6 est loin d’être mauvais, il a de l’action, du suspense et on a droit à des révélations sur notre sexy baby Albator… Non les filles, ce n’est pas la taille de son engin… Juste qu’on se demande s’il est bien humain, le capitaine…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°28].