Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche : M. C. Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole & Experte en Fictions Agathesques et Macbethines]

Titre : Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche

Auteur : M.C. Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (24/04/2019)
Édition Originale : Death of a Gossip (1985)
Traducteur : Karine Guerre

Introduction BABELIO :
Policier du petit village de Lochdubh situé au beau milieu des Highlands en Écosse, Hamish Macbeth manque totalement d’ambition professionnelle mais il peut cependant compter sur son intuition naturelle pour mener à bien ses enquêtes.

Ses qualités lui seront bien utiles quand le corps sans vie de Lady Jane Winters, langue de vipère notoire et participante au stage de pêche à la mouche du village, est retrouvé dans la rivière.

Secondé par la délicieuse Priscilla Halburton-Smythe, Hamish s’immerge en eaux troubles pour démasquer l’assassin.

Vous aimez Agatha Raisin ? Vous allez adorer Hamish Macbeth ! Comme sa grande soeur Agatha, cet Hercule Poirot à la sauce écossaise entraîne le lecteur dans des aventures totalement déjantées sorties tout droit de l’imagination de M.C Beaton.

Avec, en prime, le charme des lochs, des highlanders mystérieux et des châteaux hantés. Attention, fantômes !

 

Résumé :
Que les amateurs et amatrices de chasse aux fantômes refrènent leur enthousiasme ! Je ne vois pas, mais alors franchement pas du tout du tout, où la bande à Babélio est allée chercher des fantômes dans cette affaire.

En tout cas pour présenter ce livre-là.

Il n‘y a aucun esprit, aucun revenant, ni aucun poltergeist ici. Même pas une table qui tourne ou un oui-ja. On est en Ecosse, ça oui… On s’introduit brièvement dans un château, certes…  Il y a un cadavre, là encore c’est exact… Et donc… Il y a bien quelqu’un avec du sang sur ses mains criminelles… Évidemment…

Mais dans cette enquête rien de surnaturel.

John et Heather Cartwright, retraités écossais ont décidé d’occuper leurs vieux jours en organisant des stages de pêche au saumon dans les cours d’eau serpentant les merveilleux paysages des Highlands.

Pour celui-ci, ils accueillent comme stagiaires, Mr & Mrs Roth, un couple d’américains ayant réussi dans les affaires, Jeremy Blyth aristo-avocat londonien à la tronche de jeune premier, Alice Wilson secrétaire londonienne, le jeune Charlie Baxter, âgé de 12 ans en vacances chez sa tante, le Major Frame, militaire en retraite et pécheur expérimenté, Daphné Gore fille d’un lord pété de thunes, et Lady Jane Winters, veuve d’un parlementaire pair du royaume.

La petite bande est accueillie dans un hôtel douillet et tandis que John et Heather se démènent pour enseigner à nos touristes l’art de la pèche à la mouche, les uns et les autres font connaissance apprenant à s’apprécier pour certains… et à se détester pour les autres.

Et en matière de détestation il faut bien reconnaître que Milady de Winters (nan ? vous croyez qu’ils ont fait exprès ?) heu pardon, je veux dire Lady Jane Winters, parvient à faire l’unanimité contre elle.

Il faut dire qu’elle a l’air de faire beaucoup d’efforts pour ça, voire de s’entraîner très dur tous les jours ! N’ayons pas peur des mots !  Lady Jane est une immonde peste ! Toujours généreuse de remarques acides propices à mettre les autres participants au stage mal à l’aise…

Distillant pernicieusement de fines allusions laissant supposer à chacun qu’elle n’ignore rien de leurs petits secrets gênants, elle qui ne les connaissait en principe pas quarante-huit heures avant.

Lorsque le groupe ira pécher joyeusement, soulagé de ne pas l’avoir sur le dos un après-midi, il n’étonnera personne qu’on la retrouve alors raide morte et bien refroidie sous la surface des eaux poissonneuses d’Ecosse.

Hamish Macbeth, policier local qui tient presque plus du garde champêtre qu’autre chose vu que l’activité criminelle la plus grave du secteur se résume à quelques actes de braconnage, et qui passait de temps en temps à l’hôtel ou voir les Cartwright, va donc se lancer sur la piste du criminel qui n’a fait que rendre service à l’humanité, même si le meurtre est interdit et doit être réprimé.

Bien entendu, la mort d’une lady, aussi salope soit-elle, est affaire trop grave pour la laisser à un flic local et les grands experts de Londres vont être dépêchés sur les lieux…

Mais c’est sans compter sur la sagacité d’Hamish Macbeth qui de par son caractère simple et loin de la suffisance des flics londonniens, sait se rendre bien plus accessible aux témoins et avancer sans éveiller la méfiance de l’assassin.

Ce que j’en ai pensé :
Oui, Hamish Macbeth est une créature de MC Beaton, au même titre qu’Agatha Raisin mais ils ont assez peu en commun.

Autant Agatha se donne à lire comme un livre ouvert, rien ne nous étant épargné de ses états d’âmes et préoccupations, ni de ses raisonnements policiers (souvent foireux), autant Hamish est un taiseux qui reste sur son quant à soi, faisant davantage parler les autres qu’il ne se livre lui-même.

Roux flamboyant, amateur de la nature, menant une vie simple pour ne pas dire spartiate pour soutenir financièrement ses parents et frères et sœurs, préférant porter ses habits civils sans prétention plutôt que son uniforme lustré aux genoux et aux coudes, il est carrément la parfaite antithèse d’Agatha.

Cela ne l’empêche pas de rêver d’amour quand une jeune et belle lady passe par là et lui témoigne un peu de sympathie, mais l’espoir ne l’empêche pas de garder le sens des réalités. Bref…

Rien à voir avec Agatha. Ou alors si… MC Beaton a décidé de créer ce personnage en en faisant l’exact négatif. Plus on découvre Hamish plus cela saute aux yeux.

Et de toute façon, comme MC Beaton ne peut s’empêcher manifestement de nous délayer un peu de romance à l’eau de rose pour alléger l’ambiance, elle peut le faire avec les autres personnages secondaires de son roman sans embarquer Hamish dans les travers agathesques consistant à se monter le bourrichon et à rêver mariage.

C’est bien connu, les hommes ne rêvent pas au mariage de toute façon! C’est un truc de fille… Et MC Beaton en a trouver une à qui faire traverser les affres du fantasme nuptial.

L’auteur nous gratifie ici d’une galerie de portraits plutôt bien tournés, ce qui manquait aux derniers volets d’Agatha Raisin…

Des portraits bien campés, disais-je, même s’ils manquent un peu d’originalité tant ils sont quasiment archétypaux. Quoi qu’il en soit ils sont suffisamment variés et bien amenés pour que l’on puisse l’oublier.

Anybref, Amish Macbeth n’est assez sympathique, et cette intrigue à huis clos typiquement made in Britain même si elle a lieux en Ecosse, n’est pas sans rappeler la plume d’une autre Agatha (Christie faut-il le préciser ?).

D’ailleurs le final est une allusion claire au dénouement de la grande majorité des meilleures enquêtes d’Hercule Poirot, même si Macbeth n’a pas grand-chose à voir avec lui !

On pourra juste regretter que les indices déterminants qui permettront à Macbeth de retrouver le coupable ne soient pas directement accessibles au lecteur qui de ce fait n’aura pas les clés pour trouver le coupable lui-même, ce qui peut être un peu frustrants pour celles et ceux qui lisent les polars en position d’enquêteur. Là… il faudra se laisser porter.

Or donc pour résumer j’ai passé un agréable moment de détente avec un roman qui sans être un chef d’œuvre du genre, nous fait découvrir un nouveau personnage sympathique et une intrigue plutôt bien construite malgré quelques artifices de construction nous empêchant d’enquêter avec le héros.

Robert Carlyle dans le rôle de Hamish Macbeth

Séance infernale : Jonathan Skariton

Titre : Séance infernale

Auteur : Jonathan Skariton
Édition : Sonatine (2018)
Édition Originale : Séance infernale (2017)
Traducteurs : Claude et Jean Demanuelli

Résumé :
Spécialiste en histoire du cinéma, réputé savoir dénicher les reliques les plus rares, Alex Whitman est engagé par un collectionneur excentrique pour retrouver les traces d’un film légendaire, Séance infernale.

Celui-ci est l’œuvre d’un ingénieur français, Augustin Sekuler, considéré comme le véritable créateur du cinéma, quelques années avant Edison et les frères Lumières. Le défi lancé à Alex est de taille.

Sekuler a en effet disparu mystérieusement en 1890, lors d’un voyage en train entre la Bourgogne et Paris, le jour où il allait présenter son invention à la capitale.

En quête de fragments de ce film mythique, Whitman va essayer d’en savoir plus sur cette étrange affaire et sur les mystères qui entourent la vie et l’œuvre de Sekuler.

Qu’est-il arrivé à l’inventeur ? Et quelle est la teneur réelle de Séance infernale ? Il est encore loin de se douter des dangers auxquels il s’expose et de l’abominable vérité qui se cache derrière cette disparition.

À la façon de La Conspiration des ténèbres de Theodore Roszak, Séance infernale s’inspire de personnages et de faits réels ((la disparition du pionnier du cinéma Louis Aimé Augustin Le Prince), et nous propose une quête passionnante qui devient vite aussi obsessionnelle pour le lecteur que pour son héros.

Critique :
Messieurs et mesdames de chez Sonatine, vous pouvez bien envoyer des pralines à Amnezik et Stelphique, car sans leurs chroniques (admirez mes rimes), jamais je n’aurais acheté un roman qui faisait un parallèle avec La Conspiration des ténèbres de Theodore Roszak !!

Ce roman dont le 4ème me jurait , la main sur cœur : « Emmenez ce livre le matin sur la plage et sachez que vous n’irez pas déjeuner, certainement pas dîner non plus. La Conspiration des ténèbres est hypnotique. On a du mal à s’en relever. »

Le roman ne s’est jamais relevé de son vol plané, en effet… Même pas dépassé la page 100 de ce truc.

Donc, avec un tel postulat de départ, fallait des chroniques en béton armé et une confiance absolue dans mes deux lascars pour acheter le livre !

J’ai eu raison de leur faire confiance car je viens de passer un excellent moment de lecture dans le monde du cinéma.

Voilà un thriller que nos amis cinéphiles peuvent lire, et même ceux qui en savent moins sur le 7ème art, ils iront se coucher moins bête et auront droit à une belle poussée d’adrénaline avec quelques courses afin de résoudre des énigmes, un peu comme dans la carte au trésor, les hélicos en mois et les tueurs aux trousses en plus.

Sans être une mordue de cinéma classiques, hormis quelques titres cités que je ne connaissais pas, pour le reste, c’était dans mes cordes. Donc, le côté ciné ne doit pas vous rebuter, en plus, l’auteur ayant étudié la chose, il nous éclaire vraiment sur le sujet, ce qui ne fait jamais de mal à nos petites cellules grises.

Comme je le disais, ce qui commence par une simple recherche d’un film disparu et dont on n’est même pas sûr qu’il ait existé, va, de pellicule en bobine, se révéler bien plus difficile et plus dangereux qu’il n’y paraissait de prime abord.

Tel un Indiana Jones devenant le professeur Langdon, en moins sexy et moins érudit, notre Alex Whitman va se retrouver aux prises avec une énigme laissée par Sekuler (à ne pas prononcer à la bruxelloise « Sukkeler » – avoir des difficultés) et quelques cadavres dans les placards.

Ajoutons à cela un tueur en série et des disparitions de petites filles, dont celle de Whitman, il y a 10 ans, et vous comprendrez que dans ce thriller, on ne se contentera pas de fouiner dans des archives à la recherche d’un film et qu’on risque plus gros que des éternuements en cascade.

Mon seul bémol sera pour le fait que dans les livres, les protagonistes arrivent toujours à résoudre les énigmes, quelles qu’elles soient, alors que de mon côté, je rame toujours sur la plupart des contrepèteries du Canard Enchaîné ! Mais bon, sans cela, le roman n’avancerait plus et s’arrêterait au milieu.

Avec une écriture qui pulse, une mise en page qui détonne à certains moments (et qui étonne) et des personnages plaisants, ce thriller se lit en même pas deux jours tant on a envie de savoir ce qui se trame derrière ce foutu film dont personne n’a jamais entendu parler, et surtout, qui sont les gars derrière eux et ce qu’ils veulent.

Non, je ne ferai pas la lumière sur l’affaire, ni ne vous mettrai au courant, z’avez qu’a le lire, tien ! Et puis, où serait le plaisir si je spoliais tout ?

En tout cas, comme quoi les chroniques des blogueurs sont importantes, parce que je le redis haut et fort, sans mes loulous cités plus haut, jamais je n’aurais acheté un livre qui se vantait d’être comme un autre que j’ai fait voler en travers du salon.

Un thriller dont on regrette le clap de fin mais qui, comme un bon film d’action, nous apaise car on sait que nos personnages peuvent dormir en paix : le mystèèère est levé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

 

Meurtre au dix-huitième trou : John-Erich Nielsen [Inspecteur Sweeney – Tome 01]

Titre : Meurtre au dix-huitième trou – Inspecteur Sweeney – Tome 01

Auteur : John-Erich Nielsen
Édition : du Palémon (2016) / Head over Hills (2005)

Résumé :
Amanda Nelson est morte… L’Américaine était la maîtresse de Will Tyron Jr, le n°1 mondial de golf. Elle était aussi la fille du général Boyle, le conseiller militaire du dernier Président des États-Unis.

Beaucoup de passions autour de cette jeune femme.

Trop sans doute : on lui a fracassé le crâne, avant de l’enterrer sous un bunker du parcours de St. Andrews en Écosse…

Critique :
♫ Morte dans le sable ♫ Le corps dans l’eau ♪ Son crime était trop beau ♪ Une balle qui l’achève, il clamsera, devant ses fans et moi  ♫ ♪ Comment arriver à résoudre ça ? Dans ces pays loin là-bas ? ♪ (1)

Vous savez ce que c’est lorsqu’on arpente les travées d’un salon du livre : on tombe immanquablement sur des petites maisons d’éditions avec des auteurs peu connus car ils n’ont pas les honneur des têtes de gondole.

Cette année, j’avais décidé de me pencher un peu plus sur des auteurs de polars inconnus, sans pour autant négliger le côté dépaysement de la lecture.

Alors, j’ai porté mon dévolu sur l’inspecteur Sweeney (Todd ? mdr) de la Police criminelle Édimbourg car son auteur m’en a parlé avec ferveur, m’apprenant même des petites choses sur le monde du golf et sur lequel je ne savais rien.

J’ai donc acheté cette première enquête de l’inspecteur Sweeney, dont la bouille dessinée sur la couverture m’a bien plu, sans oublier son air un peu mutin et dégingandé.

Malgré ma PAL de plus de 1.500 titres, étrangement, la curiosité aidant (« changement d’herbage réjouis les veaux », comme disait mon grand-père) le jeune inspecteur écossais (qui ne porte pas de kilt, c’est bien dommage) n’a pas trainé plus de quelques heures et en fin de journée, je lui avais réglé son compte, à cet inspecteur à la barbe rousse et au style improbable.

Quand je me souviens des débuts de cette affaire, je frémis encore… Je me dis qu’à ce moment-là, j’étais loin d’imaginer que mon enquête allait me conduire des côtes écossaises jusqu’en Géorgie, dans la moiteur du Sud américain, pour s’achever sur une lande irlandaise battue par les vents. Et là, si j’avais pu me douter de ce qui m’attendait… Bon sang ! Mes nerfs allaient être mis à rude épreuve… »

Verdict et autopsie ? Niveau voyage, je n’ai pas été déçue puisque je suis passée de l’Écosse à la chaleur torride de la Géorgie américaine et puis, j’ai foulé le sol Irlandais. Point de vue décalage horaire, c’était du lourd !

Niveau inspecteur de police, j’ai aimé son humour, sa jeunesse, sa maladroitesse (néologisme offert), son côté « rentre dedans sans mettre des gants », bref, son côté pieds dans le plat sans diplomatie aucune et le fait que, comme moi, il n’y connaisse que dalle au monde fermé de la petite balle blanche.

Gérad Collard comparait les enquêtes de Sweeney au genre Agatha Christie troisième millénaire : jamais chez la mère Agatha je n’ai réussi à trouver le coupable, alors qu’ici, oui (mais pas le « comment »), de plus, niveau 3ème millénaire, on repassera puisque nous sommes encore à l’ère de la disquette !

Certes, nous sommes sur des parcours de golf, comme dans le célèbre « Crime du golf » de la mère Christie, mais Sweeney n’est pas Hercule Poirot, et c’est tant mieux, puisque Poirot est unique ! Et Belge, aussi (cocorico).

Anybref, ce polar est un whodunit classique, avec un inspecteur original, qui possède des blessures, mais pas au point d’être fracassé comme certains, une tante bien sympathique, sorte de Watson dans ce qu’elle est un conducteur de lumière, sans oublier le chien bizarre de Sweeney et son style vestimentaire bien à lui.

Sweeney ne va rien révolutionner (ou alors, dans les suivants que je n’ai pas lu), mais il m’a apporté de la fraicheur dans mes lectures qui, ces derniers temps, étaient assez sombres, sans pour autant mettre mon cerveau au repos !

Une belle découverte et une envie, un de ces jours, de repartir enquêter aux côtés de Sweeney sur la lande écossaise.

(1) Mes excuses à Roch Voisine pour le détournement de sa chanson « Hélène ». Et si la chanson vous trotte dans la tête toute la sainte journée (♫), alors tant mieux ! Même pas honteuse. La chanson fait référence à toutes les morts qui parsème ce petit roman.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , le Mois du polar (Février 2018) chez SharonLe Challenge et « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°39 – Trois-quart manquant – Un livre sur le monde du sport, ce sera le golf).

Le livre des âmes : James Oswald

Livre des âmes, le - James Oswald

Titre : Le livre des âmes

Auteur : James Oswald
Édition : Bragelonne (2016)

Résumé :
Pendant 10 ans à chaque période de Noël, on retrouvait à Édimbourg un nouveau cadavre de jeune femme : nu, la gorge tranchée et complètement nettoyé.

La dernière victime, Kirsty Summer était la fiancée du détective Tony McLean. Mais dans cette affaire, le tueur de Noël commit une erreur qui permit à McLean de mettre un point final à la morbide carrière de ce tueur en série. Aujourd’hui, 12 ans plus tard, le Tueur de Noël est retrouvé mort, assassiné par un de ses compagnons de cellule.

Et au retour des fêtes de fin d’année, un nouveau cadavre est découvert : nu, parfaitement lavé, la gorge tranchée.A-t-on affaire à un copycat ? McLean s’était-il trompé de coupable 12 ans plus tôt ? Ou y-a-t’il une autre explication plus troublante encore ? McLean doit le découvrir avant que le tueur ne frappe à nouveau.

admin_1-asset-51c0858dd5f67Critique : 
S’il y a bien une chose que je n’aime pas trop c’est lorsque l’on compare un auteur à un autre car généralement, on est à côté de la plaque sans compter que ceux qui n’aime pas l’auteur à qui on compare le p’tit nouveau, il passera son tour, loupant sans doute un excellent roman… Ou pas.

Attention, je ne suis pas en train de dire que je n’ai pas aimé ce polar qui flirte avec le fantastique, juste qu’à mon sens, il n’a rien à voir avec du Ian Rankin. Mais ceci n’est que mon petit avis…

À côté d’une lampe repose un grand livre relié de cuir. Il frissonne en le voyant. Parce qu’il l’a déjà vu ? Il ne sait pas et ne tient pas non plus à réfléchir. C’est trop douloureux. Mais l’ouvrage l’attire comme un aimant, et une voix lui souffle à l’oreille de l’ouvrir et de lire.

Ma foi, ce roman policier vaut surtout pour sa clique de personnages dont le principal est Anthony McLean, inspecteur de la police de la région du Lothian et des Marches Écossaises .

Là, clairement, on se trouve face à un inspecteur torturé (et oui, encore !), teigneux, têtu, borné et qui a tendance à tenir tête à son chef, Dugland. Non, Dugland n’est pas son vrai nom, juste un surnom qui lui va comme à gant à tel point que je n’ai pas retenu son véritable nom de famille.

Leurs prises de bec sont monumentales et jouissives.

Les acolytes de notre McLean sont eux aussi des personnages travaillés, valant touts leur pesant de cacahuètes et l’équipe au complet nous donnera quelques belles répliques.

Mon seul soucis fut qu’entre les McLean, les MacBride, les McIntyre, les McKenzie, les MacDouglas,… et bien, j’ai failli y perdre mon latin et mon écossais !

Pour le reste, on a du rythme, des scènes de vie, notre inspecteur a plusieurs affaires sur le feu, un supérieur qui le fait chier, des collègues surmenés, une vie privé très pauvre du fait de son boulot, des horaires de dingue et une enquête sur un tueur qui a tout du copy-cat ou alors, le fameux Tueur de Noël arrêté par McLean n’était pas le bon.

— Anderson n’a rien à voir là-dedans, madame. Il est mort. Hier, j’ai vu son cercueil descendre dans la tombe.

De temps en temps, l’auteur insère des chapitres « retour dans le passé » avec des morceaux du procès du Tueur de Noël et de la vie amoureuse de notre McLean qui ne vaudrait pas grand-chose sur catalogue.

Si l’enquête piétine au départ et durant tout une partie du livre, on ne se tournera pas les pouces pour autant et je n’ai pas eu l’envie de bailler d’ennui. Vu toutes les péripéties qui leur arrive, surtout à McLean, pas vraiment de le temps de peindre la girafe.

Le final, lui, il est survolté. À partir du moment où il comprend « Bon sang, mais c’est bien sûr » tout, ça va bouger, courir, s’engueuler, s’en prendre plein la tronche au sens propre et vous fera pousser un soupir de soulagement une fois que tout ce remue-ménage sera terminé.

Un bon roman divertissant, la seconde enquête de McLean que l’on peut lire indépendamment de la première, une équipe de choc qui bosse comme des malades, une ville d’Édimbourg hormis présente, un roman sombre, tout en gardant sa touche d’humanité et une bonne dose de fantastique.

— Et moi, je suis en congé, paraît-il. Quelqu’un d’autre ne pourrait pas s’en occuper ?
— Dugland assiste à un dîner de têtes, dit Bob en faisant mine de tirer sur les jambes de son pantalon. Quant à Langley, hors de question qu’il prenne une affaire en charge avant de la savoir liée à la drogue.
— Et Randall ?
— Victime de la grippe…
— Et merde !

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Challenge British Mysteries chez My Lou Book et « A year in England » (Juillet 2016 – Mai 2017) chez Titine.

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British Mysteries 2016-2017

Retenir les bêtes : Magnus Mills

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Titre : Retenir les bêtes

Auteur : Magnus Mills
Édition : 10-18 (2002)

Résumé :
Entrez dans le monde de Tam et Richie, austères travailleurs écossais. Deux types bougons et paresseux, mais bien décidés à filer au pub tous les soirs contre vents et marées.

Voici que nos deux compères, avec leur nouveau contremaître, commencent à révéler au grand jour des profondeurs cachées.

Expédiés sur un chantier en Angleterre par leur patron Donald, ils vont solder définitivement le compte de leurs clients tout en restant invariablement cramponnés à leurs petites habitudes, jusqu’au jour où le Destin viendra les frapper à leur tour. Les brillants débuts d’un écrivain au talent inquiétant !

Critique :
♫ L’patron m’a dit d’monter sur la colline, de l’attendre avec toutes mes bobines de fil ♫ J’ai monté les piquets et j’ai creusé tant que j’ai pu ♪ Les fils de fer on les a tendu, tendu ♪ Aie aie aie ♫

Ne vous fiez pas à la clôture en barbelé mal fichue de l’image, nos héros sont des spécialistes de la clôture à forte tension, ce qui veut dire des piquets alignés et des fils d’acier tendus à l’extrême.

Non, ceci n’est pas un Poisson d’Avril qui viendrait en juin, je viens bien de lire un roman où des types travaillant pour une société écossaise montent des clôture, creusent des trous et tendent des fils d’acier.

Un boulot assez répétitif, en somme, le leur. On creuse un trou avec sa pelle (un beau trou), on plante le piquet, on tend un fil entre deux piquets et on aligne les autres dessus. Ensuite, on met les fils et on les tend le plus possible.

J’oubliais qu’entre deux piquets, on fait une pause clope et que nos deux zozos écossais sans kilt (Tam et Richie), vaut mieux les surveiller comme le lait sur le feu sinon le travail avancera moins bien, leur contremaître (anglais, lui) l’a bien remarqué.

Au début, Tam et Richie marchaient à la baguette, accomplissant leur besogne comme Donald l’aurait aimé, mais je savais que cette frime ne ferait pas long feu. Ils préféraient appliquer dans le travail une approche plus libérale, attaquant leurs tâches comme elles se présentaient plutôt que dans un ordre déterminé.

Hélas, on ne peut pas dire qu’il sache y faire avec eux, pas comme leur Big Boss, Donald, qui lui, d’un seul regard, fait activer nos deux Laurel et Hardy de la clôture à forte tension.

Tam et Richie, on peut dire qu’en plus d’être des loosers assoiffés et des champions de la crasse, ce sont aussi les roi de la pause clope ou pause tout court.

— Bon, dis-je. Vous voulez bien finir de trier ces machins ?
— Pas spécialement, fit Richie.
Je tentai une approche différente.
— OK. On range et après on va chez M. McCrindle.
— C’est quand la pause ?
— Vous venez de la faire.
— Quand ?
— Quand vous avez déjeuné.
— Ah bon.
— On peut s’en fumer une petite, d’abord ? dit Tam.
— Si vous voulez.

Ah, parfois on rompt la monotonie du « planté du piquet » en tuant le client, sans le faire exprès, bien entendu. Et puis, ben ensuite, on l’enterre, ni vu ni connu et terminer la clôture.

Quoi qu’il en soit, ses paroles s’estompèrent quand il tomba dans les pommes. Je m’avançai pour le rattraper et découvris combien il est difficile de maintenir sur ses jambes quelqu’un qui n’en a plus envie. Je l’appuyai à la clôture. M. McCrindle avait l’air tout surpris. Ses yeux étaient écarquillés, mais, apparemment, il était mort.

— Qu’est-ce qu’on fait de M. McCrindle ?
— Eh bien, dis-je, on n’a qu’à l’enterrer.
Ce fut ma première grande décision en tant que contremaître.

Parfois, on est même tenté d’aller manger à un autre râtelier que celui de son patron et, tout en montant la clôture pour le chef, on va en faire une autre pour un autre type, avec tous les problèmes que ça peut entrainer…

Il faut prendre ce titre avec toute son ironie. Les bêtes en question qu’il faut retenir sont nos deux jeunes loosers écossais, Tam et Richie pour lesquels l’essentiel dans la vie est de ne pas rater la fermeture du pub. Et ça ferme tôt les pub en Angleterre.

C’était un samedi soir typique d’un bourg anglais. Les foules se déplaçaient de pub en pub comme un troupeau de gnous à la saison des pluies.

Les problèmes vont commencer dès les premières pages, quand leur Big Boss les envoie tous les trois faire une clôture en Angleterre et Tam déteste les anglais… Leur contremaitre nommé depuis peu va avoir fort à faire pour motiver ses troupes.

Ce court roman est assez répétitif dans ses actions : le planter du piquet, les pauses, le briquet qu’on cherche dans le pantalon, les réveils difficiles, les pintes au pub, mais ce qui est jubilatoire, ce sont les dialogues et l’humour noir de gris qui parsème les pages.

— Comment va-t-il ? dis-je.
— La question n’a pas de sens. Il est mort.
Il me prit le manche et l’inséra dans la tête du marteau. Il avait du jeu.
— Ça m’étonnerait, dit-il, qu’on paie cette facture-là.

Une sorte de métro-boulot-dodo à la sauce des planteurs de piquets : réveil-thé-boulot-pause-boulot-pause-boulot-pause-boulot-pub-bières-dodo.

Ils se tuent à la tâche tous les jours, même le dimanche, même le jour du réveillon de Noël et n’aspirent qu’à une chose : terminer la journée de travail, s’asseoir au pub et boire de la bière, même si pour ça il faut faire quelques kilomètres !

Et le vendredi, c’est le gros lot parce que nos deux amis se lavent les cheveux (qu’ils ont longs) ! Se raser ? Non, pourquoi ? Laver nos assiettes sales et maintenir la caravane propre ? Heu, faut pas trop en demander non plus !

Un roman qui te donne une grande bouffée d’air frais, exposé ainsi que tu es aux vents écossais et ensuite anglais, sans oublier qu’après sa lecture, tu seras un pro de la pose de clôture à forte tension !

Et un pro de la disparition des corps aussi.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Baiser d’adieu : Allan Guthrie

Titre : Baiser d’adieu                                        big_3

Auteur : Allan Guthrie
Édition : Le Masque (2010)

Résumé :
À Édimbourg, lorsqu’on a besoin d’emprunter de l’argent, on va trouver Cooper. Et si on ne rembourse pas à temps, on reçoit la visite de Joe Hope et de sa batte de base-ball.

Mais maintenant, c’est au tour de Joe d’avoir des problèmes : sa fille adolescente a été retrouvée morte. Un suicide, à première vue, mais il a ses doutes sur la question. Puis sa femme alcoolique est assassinée.

Et il est arrêté pour meurtre. Seulement, pour une fois, Joe est innocent, et apparemment la victime d’un coup monté.

Aidé par un avocat commis d’office mais généreux, et de quelques camarades qui comptent parmi les vrais durs de durs du pays – dont une prostituée au grand cœur – Joe va essayer de découvrir qui l’a mis dans ce mauvais pas, et de se faire justice. À sa manière.

Critique :
Tout le monde le sait, à force de dormir avec les chiens, on se réveille avec des puces ! Joe Hope aurait dû s’en douter.

Lui, dans son travail, il ne connaît pas la crise. Chargé de tabasser à coups de batte de baseball les mauvais payeurs ou les récalcitrants pour le compte de Cooper, son usurier d’employeur dans la riante ville d’Édimbourg, on ne peut pas dire qu’il se soit beaucoup occupé de sa petite famille.

Alors, lorsqu’il apprend que sa fille – qui ne vivait plus chez eux – s’est suicidée, il ne comprend pas pourquoi et frôle même la mauvaise foi. C’est vrai quoi, si sa fille avait des soucis, elle n’avait qu’à venir lui en parler.

— Et lui parler de quoi ? Je ne savais pas, moi, qu’elle voulait parler. Elle m’a jamais rien dit.
— T’as jamais posé la question, lui rétorqua Ruth.
— Mais je savais pas, moi. Putain de merde ! Je savais pas que quelque chose n’allait pas. Pourquoi j’aurais posé la question ?
— Mais putain, si seulement t’avais fait un peu attention, elle serait peut-être pas morte.

Niveau personnage principal, Joe Hope mérite des baffes en raison de sa réaction assez « froide » lorsqu’il apprend le suicide de sa fille, pensant plus à aller casser la gueule du cousin de sa femme qui devait veiller sur sa fille plutôt que de se remettre en question.

Le meurtre de sa femme ne lui causera pas le moindre chagrin, mais le voilà sous une inculpation de meurtre !

Le côté enquête n’est pas très important, tout lecteur un peu éveillé comprenant vite qui a tué l’épouse et qui est visé dans le carnet de la fille. Tout le sel étant dans la manière dont Joe va arriver à prouver qu’il n’est pas coupable mais victime d’un coup monte, aidé seulement par trois bras cassés : le cousin de sa femme (qui a de l’embonpoint), une prostituée et son jeune avocat commis d’office.

Bien que le quatrième de couverture parle de « quelques camarades qui comptent parmi les vrais durs de durs du pays », faut se lever de bonne heure pour les croiser parce qu’ils ne s’y trouvent pas. Sauf si l’on considère un écrivain et un jeune avocat comme des durs de durs… mais il y a peu d’espoir.

Du cynisme, de l’humour, des dialogues qui font souvent mouche, de la rage qui palpite sous les pages et dans les phrases, et un final qui fait monter l’adrénaline.

Émotion aussi lorsqu’il se rend compte, en lisant le journal intime de sa fille, que ce qui n’avait été qu’une banale journée pour lui (la chute des météores), elle avait compté énormément pour sa petite fille. Elle aimait son père et guettait le moindre signe aimant de sa part.

Un bon roman noir à lire en sirotant du thé car il est anglais, mais sans le kilt, bien que nous soyons en Écosse.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (finaliste du Gumshoe Awards et du Shamus), « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore, Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, Challenge « Nordique » chez Mes chroniques Littéraires et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur.