Misery : Stephen King

Titre : Misery

Auteur : Stephen King
Édition : J’ai Lu (1995) / Livre de Poche (2002-2013)
Édition Originale : Misery (1987)
Traducteur : William Olivier Desmond

Résumé :
Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l’a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, puisque Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans.

Elle lui a rapporté beaucoup d’argent, mais l’a aussi étouffé : sa mort l’a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.

Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d’Annie Wilkes, l’infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lui pardonne pas d’avoir fait mourir Misery Chastain.

Alors, cloué dans sa chaise roulante, Paul Sheldon fait revivre Misery. Il n’a pas le choix…

Critique :
Paul Sheldon est un écrivain qui, après avoir décidé de tuer son héroïne « Misery » est victime d’un accident de voiture, dans un coin perdu… comme par hasard !

La femme qui le sauve et qui, soit dit en passant, est très compétente dans le rôle de l’infirmière (mais pas « infirmière cochonne » désolée) est frappa-dingue.

Totalement addict et in love du personnage de Sheldon, elle lui en veut (le mot est faible) d’avoir fait passer de vie littéraire à trépas son héroïne.

Alors, le mettant devant le fait accompli (et devant une machine à écrire), elle le force à ressusciter son personnage.

Et de manière plausible, s’il vous plaît ! Sheldon apprendra à ses dépends qu’on ne plaisante pas avec madame l’infirmière frappa-dingue.

Huis clos infernal, dantesque, exceptionnel entre ces deux là : la victime et sa tortionnaire, entrecoupés des passages où Sheldon fait revivre son personnage, contrastant farouchement avec le style sombre, violent, oppressant de Stephen King puisque « Misery » fait partie de la littérature à l’eau de rose.

On peut difficilement reposer le livre, par contre, on serre les dents lorsque madame Infirmière Barbare s’amuse à faire mal à l’écrivain. On ne risque pas de l’entendre hurler, ils sont dans un trou perdu.

En tout cas, les sévices de font pas dans la dentelle.

Une plongée dans l’univers de King d’où vous ressortirez secoué, ébranlé, comme je le fus il y a très, très longtemps.

 

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La vérité sur l’affaire Harry Quebert : Joël Dicker [LC avec Bianca]

Titre : La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Saga Marcus Goldman 1

Auteur : Joël Dicker
Édition : de Fallois (19/09/2012)

Résumé :
À New York, au printemps 2008, lorsque l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente: il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.

Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces.

Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Critique :
Ben non, je n’avais pas encore lu ce roman qui a été plébiscité partout et obtenue de nombreux prix ! Moi, une fois que l’on parle trop d’un roman, j’ai tendance à le fuir et à revenir vers lui une fois l’agitation retombée.

C’est donc avec quelques années de retard et grâce à une LC avec Bianca, que je me suis enfin penchée sur ce roman.

Par contre, ce qu’il ne faut jamais faire, avant d’entamer un roman, c’est aller lire les chroniques de ses petits camarades Babéliottes !

Soit ils encensent le livre et on s’attend à tomber sur du tout bon et on peut finir déçu(e)…

Ou alors, on lit les trois premières chroniques et bardaf, ce sont celles qui descendent le roman et là, après avoir bien rigolé en les lisant, on n’a vraiment plus envie de commencer la lecture ! Si vous voulez, j’ai les noms des membres qui m’ont bien fait rire avec leurs chroniques virulentes, drôles et étayées.

Alors, docteur, le verdict ? Vais-je me retrouver dans le camp de ceux qui ont aimé ou de ceux qui l’ont descendu en flèche ?

Dans le camp de ceux qui ont apprécié car je m’attendais à mourir d’ennui (faut meubler les 857 pages) ou à soupirer d’emmerdement et rien de tout ça, malgré quelques petits bémols que je vais souligner plus bas.

Je me suis attachée aux personnages principaux, même à des autres, moins mis en avant, j’ai suivi avec passion l’enquête de Marcus Goldman, m’exclamant à chaque retournement de situation et, tout comme lui et l’inspecteur Gahalowood, j’ai suspecté tout le monde.

À noter que ma première brillante idée était la bonne, mais je l’avais mise sur le côté car je ne trouvais pas le mobile ni le « comment », quand à mes suspicions suivantes, on va les oublier car foireuses !

L’auteur a réussi à ne jamais faire baisser la tension, ou du moins, juste un peu la calmer, l’agencement du roman était fait d’une manière qui mélangeait les retours dans le passé et ceux du présent, sans pour autant lui donner des airs de foutoir et la résolution de l’intrigue était bien tarabiscotée, mais tout à fait réaliste et logique.

Mes bémols, maintenant… La mère de Marcus, véritable mère juive dans toute sa caricature était un peu lourde alors que le père de Marcus est sans couilles, quant à Tamara, la patronne du Clark’s, mère de la pauvre Jenny et épouse du pauvre Bobo avait tout d’un généralissime de dictature. C’est un peu lourd sur la distance.

— Markie chéri, écoute, je dois te demander : es-tu amoureux de ce Harry ? Fais-tu de l’homosexualité avec lui ?
— Non ! Pas du tout ! […] Tu me demandes si je suis homosexuel ? non ! Et même si c’était le cas, il n’y aurait rien de mal à ça. Mais j’aime les femmes, Maman.
— Les femmes ? Comment ça, les femmes ? Contente-toi d’en aimer une, veux-tu ! Les femmes ! Tu n’es pas capable d’être fidèle, c’est ça que tu essaies de me dire ? Es-tu un obsédé sexuel, Markie ? Veux-tu aller chez un docteur psychiatre pour te faire faire des soins mentaux ?

Maintenant, passons à l’histoire d’amûr entre Harry Quebert (avait la tête du docteur Mamour alors que je n’avais pas encore visionné la série), 34 ans, et Nola, 15 ans… Là, ça coince un peu car leurs dialogues manquaient de passion : je les ai trouvé plats, nunuches, niais.

Lorsqu’on aime, à 15 ans, certes, on est folle, on ne réfléchit pas, on est passionnée, on a le sang qui bout (parfois le contraire), bref, c’est sulfureux ! On veut du sexe et si nos paroles sont débiles, elles sont en tout cas plus passionnées que celles de Nola et Harry. Là, c’était aussi plat que la poitrine de Birkin (et encore, la poitrine à Birkin a plus de relief que leurs dialogues).

De ce que je me souviens, on n’en était pas à dire des « chéri » ni à se comporter avec lui comme une maman avec son fiston ou une épouse fidèle et aimante qui soigne son n’époux aux petits oignons…

Un peu moins de pudibonderie, que diable ! L’Amérique aime le sexe (la pipe présidentielle !) et les auteurs Suisses ne doivent pas mettre le sexe dans un coffre-fort à la banque !

Par contre, l’auteur a bien cerné le fait que la moindre anicroche nous rend tellement déprimée qu’on a envie d’aller s’asseoir sur la berge du ravin (cadeau), prêtes à faire le grand saut car rien ne va dans notre histoire d’amour. Nous sommes ainsi, nous, les filles, lorsque nous sommes follement amoureuse à 15 ans (avec le recul, j’ai honte de mes vieux amours de jeunesse).

Autre truc énervant au possible, c’est la répétition de certains phrases, comme « C’est compliqué » ! Bordel de nom de dieu, à croire que tous les personnages de ce roman n’avaient que ça à la bouche lorsqu’on essayait de les aider à sortir de leur merde !

— C’est compliqué, Marcus.
— Mais je suis là pour comprendre..
— C’est trop compliqué…

Si j’avais eu 5€ à chaque « C’est compliqué » ou à chaque « Nola, Nola chérie », « N-O-L-A » et « Harry, Harry chéri », j’aurais eu de quoi m’offrir un looong week-end en amoureux à la côte d’Opale, tiens. Ça, ça m’a gonflé à mort, mais bon…

De plus, certains phrases étaient indignes d’un auteur, ou alors, les correcteurs étaient en grève à ce moment là.

Et dernier bémol, et non des moindre : l’auteur n’aurait jamais dû nous donner des extraits du fameux livre « Les origines du mal » car s’il est dit dans le roman que c’est un chef-d’œuvre digne de figurer au panthéon des grands romans et Harry Quebert avec les plus grands des auteurs américains, la prose qu’on nous donne en extrait ressemble plus à du Harlequin retravaillé qu’à autre chose. Dommage.

Ma chérie, vous me manquerez. Vous me manquerez tant. Mes yeux pleurent. Tout brûle en moi. Nous ne nous reverrons plus jamais ; vous me manquerez tant. 

J’ajouterai aussi les quelques phrases qui ont tout de la philosophie de comptoir ou de celle qu’on a pas besoin de nous écrire car nous nous en doutions déjà…

« L’amour c’est très compliqué.  C’est à la fois la plus extraordinaire et la pire chose qui puisse arriver. Vous le découvrirez un jour. L’amour ça peut faire très mal »

Le seul à savoir si Dieu existe ou n’existe pas, c’est Dieu lui-même.

Alors là, vous êtes en train de vous dire « bon sang, mais tout ces bémols, ça fout pas un peu le tout en l’air ?? » En tout cas, ça me met le cul entre deux chaises pour la cotation !

Le point positif de ce livre, est l’enquête policière menée par l’écrivain Markus Goldman et qui nous entraîne dans tous les petits secrets pas nets des habitants de la ville de Aurora, ceux qui ont l’air de laver plus blanc que blanc et qui, dans le fond, sont sombres à l’intérieur.

Additionnons à cela les multiples fausses-pistes, les secrets découverts sur le tard, les annonces fracassantes de certains et vous comprendrez qu’en tant que lecteur, vous aurez l’impression d’être sur un ring de boxe et de vous prendre des coups de plus en plus violents sur tout le corps.

Sans oublier le final qui vous laissera sur le cul – ou K.O – parce que si ma première hypothèse était la bonne, jamais je n’aurais soupçonné autant de ramifications, autant de mystifications, et à ce niveau, l’auteur a bien fait le job. Là, il mériterait un 4,5/5.

Mais les dialogues mièvres, les redondances du « c’est compliqué », la philo à deux balles et cerise sur le gâteau, l’histoire d’amour fadasse entre N-O-L-A chérie et Harry chéri qui ne fait pas rêver, va lui faire perdre de nombreux points et finir avec un 2,5/5.

En additionnant les deux cotes, on obtient un 7/10 ou un 3,5/5, ce qui fait chuter la moyenne de l’année et positionne l’élève Dicker sur la sellette.

Malgré tout, je ne regrette pas cette LC avec Bianca car je m’attendais à me faire chier royalement et j’ai trouvé cette lecture addictive et une solution recherchée et pas simple du tout à voir venir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Sherlock Holmes contre Conan Doyle (France 5 – Février 2018)

Écrivain de génie, Conan Doyle a lutté pendant quarante ans contre le pouvoir grandissant de Sherlock Holmes, son personnage créé en 1886 à des fins alimentaires. C’est ce curieux duel que raconte ce film, premier volet de la collection documentaire « Nous sommes une légende ».

C’est l’histoire d’une lutte à mort entre un créateur et son personnage, celle d’un écrivain de génie dont la créature lui a échappé. Pendant quarante ans, Conan Doyle a tenté de résister à Sherlock Holmes. Mais comment faire taire un héros devenu mythe ?

Ce film, écrit par Michel Le Bris, raconte ce duel insolite, grâce à de nombreux intervenants, extraits de films et un témoignage rare de Conan Doyle lui-même.

Ce que j’en ai pensé :
260 films recensés, un millier d’épisodes à la télé et tout autant de pastiches.

Sans oublier les jeux vidéos, les bédés, les mangas…

Adapté plus que Dracula, plus que Frankenstein, plus que Napoléon ou Jésus Christ.

Je suis… je suis… Sherlock Holmes ! Et on entend la voix de Jeremy Brett…

Que voilà un chouette petit reportage bien fait qui fera plaisir aussi bien aux holmésiens qu’aux néophytes.

Le reportage est bien fait, instructif, il évite les pièges (sauf pour la phrase culte « élémentaire » qui est une hérésie).

En 52 minutes, on nous raconte l’histoire de Holmes naissant sous la plume de Conan Doyle et lui échappant très vite, tel un sale gamin dont le père n’arrive pas à contrôler.

Vous saurez tout sur ce qui a poussé Conan Doyle a écrire « The sign of four » alors que « A study in scarlet », la première enquête de Holmes, n’avait pas super bien marché.

Vous saurez surtout la tombe de qui il faut aller fleurir ou remercier cet homme dans vos prières ! (J.M. Stoddart, agent américain du « Lippincott’s Monthly Magazine »).

Vous saurez aussi pourquoi Conan Doyle a tué son personnage qui lui rapportait tant d’argent, lui permettant même de se déplacer en fiacre ! Ce qui, à l’époque, pour un auteur littéraire, était chose impossible.

Là, je peux dire que j’ai appris des choses sur Conan Doyle ! Ben oui, je ne sais pas tout , ou alors, ma mémoire oublie certaines choses pour que mon cerveau ne se retrouve pas submergé par des tas de choses qui ne me serviraient à rien, si ce n’est de briller en société ou je pourrais pourrir le repas des gens en pérorant sans cesse sur Holmes (ce que je ne fais pas !).

Durant ces 52 minutes, je me suis régalée, car dans ce reportage, contrairement à celui sur « Sherlock Holmes : L’héritage », ils utilisaient des images de plusieurs séries (dont la BBC et la Granada), ainsi que d’autres films.

Je ne reviendrai pas sur le fait que dans les illustrations de Holmes, on le voit toujours avec le deerstalker et la macfarlane, ça fait partie du mythe et un truc porté deux fois est devenu son costume.

Allez, je ne vais pas pinailler sur ces petits détails (bien que les petits détails soient les plus importants) car le reportage est bien fichu, instructif et peut lui aussi se regarder en famille, que l’on soit holmésien ou pas, qu’on sache tout ou que l’on ne sache rien.

Après tout, moi je sais qu’on ne sait jamais…

Sur cet auteur que j’apprécie, je n’ai jamais trop cherché à tout savoir, on pourrait parfois être déçu et j’essaie toujours de séparer l’Homme de son oeuvre littéraire, ce qui permet de lire des auteurs mis à l’index, sulfureux (Le Marquis), raciste ou antisémite (Céline) ou de grands criminels de guerre, genre le moustachu.

Le portrait qui a été fait de lui était flatteur et on se rend compte que Doyle était une bonne personne, que comme son détective, il a mené des enquêtes et que sa passion pour le spiritisme et les fées (mes amitiés à ma fée à moi, la « fée pas chier » Stelphique) ont un peu entaché sa fin de carrière.

Un reportage très agréable à regarder, de quoi en apprendre plus sur l’auteur et sur sa créature, même si l’auteur est mis ici en avant, ce qui le change, lui qui est devenu moins important que sa créature.

Certes, les grands holmésiens auront l’impression que c’est du réchauffé, puisqu’ils savent bien des choses, mais en le regardant, ils risquent juste de passer un bon moment car le reportage est bien présenté, bien mis en scène, pas brouillon non plus et bien structuré puisque l’on suivra la biographie de Conan Doyle dans l’ordre.

Les intervenants divers ne plombent pas l’atmosphère, ne sont pas chiants à écouter et les multiples illustrations à l’aide de la filmographie de Holmes sont toujours bien choisies et assez larges que pour que tout le monde soit content.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Secrets d’Histoire du 02 novembre 2017 – Agatha Christie

[Par dame Ida, toujours non rémunérée, bien que bossant régulièrement pour cette esclavagiste qu’elle la Belette Cannibal Lecteur]

Stéphane BERN nous a bien gâtés avec ce numéro spécial de Secrets d’Histoire consacré à Agatha Christie, née Miller, le 15 septembre 1890 à Torquay, d’un père américain et d’une mère anglaise.

L’émission commence par le mystère de la disparition de la romancière en 1926.

Trompée par son époux, le Colonel Archibald Christie, qui lui demande de lui accorder un divorce discret pour épouser sa jeune maîtresse.

Agatha mettra en scène sa disparition, semant quelques indices tel un petit Poucet, dans l’espoir sans doute, que son époux se lance à sa recherche…

C’est dans l’hôtel d’une station thermale de Yorkshire qu’il la retrouvera, inscrite sous le nom de la maîtresse de son époux…

Agatha prétendra jusqu’à la fin de sa vie avoir souffert d’amnésie au point d’accepter de consulter des spécialistes recommandés par son époux.

Si certains en doutent, quelques psys n’excluent pas nécessairement cette possibilité, imaginant l’éventuelle amnésie défensive de type hystérique, consécutive à la demande traumatique du divorce que lui avait adressée don époux.

Enfant surdouée, scolarisée à domicile par sa mère, elle apprendra seule à lire à l’âge de trois ans.

C’est dans une bonne famille bourgeoise qu’elle grandit, découvrant la littérature policière avec Arsène Lupin et Sherlock Holmes, et le Mystère de la Chambre Jaune de Gaston Leroux.

Grande amoureuse de la France qu’elle découvrit à l’âge de six ans, marquée par des cauchemars mettant en scène un assassin, initiée au spiritisme très jeune puisque c’était très à la mode au début du Xxème siècle, elle perd hélas son père très aimé à l’âge de 11 ans…

Ce qui en plus des conséquences financières difficiles pour sa famille, la précipitera dans l’écriture dans un carnet offert par le défunt, publiant ainsi son premier poème dans le journal local.

Incitée par sa mère à écrire de la littérature sentimentale par sa mère, dans la lignée d’une Jane Austin, elle s’exécute, se rêvant davantage artiste lyrique.

Agatha retourne à Paris, découvre Sarah Bernardt, fréquente l’opéra Garnier où elle prend des cours de chant et de piano, finissant par comprendre non seulement qu’elle n’a pas les capacités vocales nécessaires, et se trouve trop timide pour s’exprimer en public.

Comme toute jeune femme de sa condition, elle sera poussée au mariage par sa mère qui pour lui faire rencontrer un époux, la promène en Égypte, où elle se révèle être une fêtarde, et s’amuse à faire tourner ses soupirants en bourrique avant de retourner dans son Devon natal, tout en continuant à mener sa vie mondaine, acceptant de danser plus des deux fois réglementaires avec un certain Archibald Christie qui s’apprête à entre dans l’armée de l’air.

La réputation de séducteur du jeune homme ne tranquillise pas la mère d’Agatha…

Mère qui refusera la demande en mariage adressée et acceptera de simples fiançailles en attendant que le jeune hommes ait des revenus suffisants. La première guerre mondiale précipitera le mouvement.

Le couple se mariera et tandis que monsieur retourne au front, Agatha devient infirmière et se trouve confrontée à l’horreur des blessures de guerre…

Elle découvre alors le pouvoir des plantes et poisons, ce qui commence à faire germer dans son esprit quelques idées de romans. En fait, la moitié des victimes de ses romans y succomberont.

L’arrivée des réfugiés Belges à Torquay où elle officie lui fera rencontrer un curieux monsieur au crâne d’œuf, et à la moustache cirée, toujours bien mis.

Ainsi naîtra Hercule Poirot dont la première aventure, « The mysterious affair at Styles » ou « La mystérieuse affaire de Styles » sera publiée en 1920 qui ne lui rapportera que 25 livres de droits !

En 1922 son époux se trouvant embarqué dans un tour du monde par son employeur, elle laisse sa petite fille pour suivre son époux en expédition… vomitive, la jeune femme souffrant beaucoup du mal de mer.

Australie, Afrique du Sud, Hawaï, États-Unis… Et elle découvre même les joies du surf avant de rentrer en Angleterre où elle signe son premier contrat pour cinq romans pour faire bouillir la marmite puisque son époux gagne mal sa vie… tout en reprochant à sa femme de trop travailler.

Le divorce est consommé en 1928, et Agatha reprend la route des voyages : direction Bagdad via Istanbul par l’Orient Express !

En 1930 elle rencontre, Max, un jeune archéologue… de treize ans de moins qu’elle et qui lui fera le coup de la panne en plein désert pour mieux la séduire. Elle l’épouse discrètement le 11 septembre 1930 à Édimbourg.

Elle gardera son nom d’auteur en public, mais sera en privé Madame Mallowan, et accompagnera son époux encore pendant vingt ans sur les fouilles entre deux romans.

Agatha ne sera hélas pas la mère du siècle selon nos critères, mais sera en cela très conforme aux femmes de son milieux.

Mère et fille se rapprocheront l’une de l’autre pendant la seconde guerre mondiale, les voyages archéologiques devenant plus compliqués.

La suite du documentaire nous apprend ce qu’il faut savoir sur la chronologie de son succès littéraire, qui fera d’elle l’auteur le plus rentable de la collection « Le Masque » qui édite ses romans en France.

Agatha créera la société Agatha Christie Limited qui gérera ses droits, et dont elle installera le siège en Irlande qui ne taxe pas les droits d’auteurs des écrivains.

Menant une vie relativement simple comparativement à sa fortune, elle sacrifiera toutefois à sa passion pour les maisons et la décoration. Elle en possédera jusqu’à onze en même temps.

PS du Cannibal Lecteur : Je vous illustre le fait de posséder 11 maison par un extrait d’une scène coupée de « La grande vadrouille » où Stanislas Lefort (De Funès) demande à Augustin (Bourvil) ce qu’il gagne en tant que peintre. Ensuite, il lui parle de ses nombreuses maisons qu’il ne peut pas occuper toutes en même temps. Une conversation très philosophique je trouve.

En 1947, Agatha Christie se verra confiée le cadeau d’anniversaire de la Reine Mary qui souhaitait une pièce écrite par elle, pour la radio.

Cette pièce, « The Mousetrap » (la souricière) jouira d’un grand succès au point de tenir l’affiche pendant dix années consécutives.

La pièce est actuellement toujours jouée à Londres au point d’en être devenu un monument.

Attention : si vous voulez vous y rendre, n’oubliez pas de donner un pourboire au chauffeur du taxi qui pourrait vous révéler le nom du coupable pour se venger.

Anoblie par Elizabeth II, c’est à l’âge de 85 qu’elle nous quitte le 12 janvier 1976.

C’est sur cette magnifique citation de Molière que l’émission se conclue : « La plus grande ambition des femmes est d’inspirer l’amour ».

Ce serait vous mentir que de vous dire que je ne me suis pas régalée devant cette émission.

J’en ai même oublié de me faire une tasse de lapsang souchong, c’est tout dire !!!

Un fabuleux voyage à travers le monde et le temps, sur les traces de la romancière que l’émission saura nous rendre attachante.

Pour celles qui l’ont raté, le Replay sera disponible une semaine après la première diffusion, et je gage qu’on ne tardera pas à retrouver la vidéo sur Youpub et autres sites de streaming.

PS du Cannibal Lecteur : c’est déjà sur YouTup !

Ce qui n’est pas écrit : Rafael Reig

 

Ce qui nest pas ecrit - Reig

Titre : Ce qui n’est pas écrit

Auteur : Rafael Reig
Édition : Métailié (2014)

Résumé :
Carlos emmène son fils Jorge en montagne pour un week-end entre hommes, c’est sa mère qui l’élève et il le voit très peu. Il le trouve étrange, trop rond, trop bébé pour ses quatorze ans, bref il est déçu par cet ado renfermé et maladroit dont il veut faire un homme, un vrai.

Mais dès le début de la balade c’est Carlos qui découvre ses limites physiques et son incapacité à communiquer avec son enfant. Le séjour s’annonce difficile, surtout qu’au chalet les attend la nouvelle petite amie de Carlos, qu’il ne l’a pas dit à son fils et qu’elle n’est pas un modèle de discrétion.

Carmen restée en ville tombe sur un manuscrit laissé chez elle par Carlos, un polar scabreux et terriblement efficace ; peu à peu elle y voit de drôles de ressemblances avec la réalité, des prémonitions macabres, des menaces à peine voilées contre elle ou contre son fils.

L’angoisse monte, les sous-entendus se multiplient. Elle tente d’appeler Jorge, mais Carlos a confisqué son téléphone. Désespéré et humilié le garçon s’enfuit dans la forêt et disparaît…

ce-qui-n-est-pas-ecrit-616277-250-400Critique :
C’est laborieusement que je viens de terminer ce roman dont on me promettait pourtant beaucoup et qui au final me fera penser à la montagne qui accouche d’une souris !

Voyez plutôt l’accroche qui a réussi à m’avoir : « On ne lâche plus ce roman parfaitement noir où tout le monde, lecteur inclus, s’échine à lire entre les lignes ce qui n’est pas écrit, et s’imagine le pire ». Tu parles, Charles !

Non seulement j’ai failli le lâcher plusieurs fois, mais je cherche encore dans les pages le côté roman noir (hormis le contexte social du roman dans le roman, je n’en vois pas d’autre) ainsi que le « Thriller psychologique », la nature inquiétante, la trame de film d’horreur habilement construite et le fait que ce texte confirme la virtuosité stylistique et l’inventivité narrative de son auteur.

Va ma falloir un Patrick Sabatier pour un Perdu de recherche parce que j’ai beau retourner l’affaire, j’ai pas eu peur, même pas ressentit le souffle de la nature inquiétante, ni d’angoisses, juste des soupirs à fendre l’âme que j’ai poussé durant ma lecture.

Balançons directement sur le fait que je n’ai ressenti aucune empathie pour les protagonistes, que ce soit Carmen, la mère (qui est une femme pratique dans tout ce qu’elle fait et c’est horripilant !).

Carlos, son ex-mari, alcoolo, petit prolétaire qui pense en dichotomie sur les femmes (la pute et la princesse), qui veut faire de son fils un homme, un vrai, qui le traite de « nouille » sans arrêt (son mot préféré) et qui le jalouse parce que son gamin de 14 ans en a une plus grande que lui !

Il pouvait à peine croire ça. Son fils, son propre fils, en avait une plus grande que lui. Elle était d’une taille si considérable que Carlos se sentit humilié, victime d’une trahison.

Comme d’habitude : soit la pute, soit la princesse. Pour ne pas voir les femmes, Carlos les dégradait ou les idéalisait. Soit il était la victime de l’inaccessible et hautaine princesse, soit il devenait le maquereau de la misérable pute.

Quand à leur gamin, Jorge, il est pleurnichard, chouineur, un vrai pisseur, et on ne sait pas trop de quel côté il oscille, ni vraiment ce qu’il veut, en fait. Ils auraient mieux fait de ne pas se reproduire ces deux là !

Oh, j’oubliais, il y a aussi Yolanda, l’ex-petite amie de Carlos qui est redevenue sa nouvelle copine après le divorce.

Comme si ça ne suffisait pas, nous avons aussi un roman choral mal foutu ! J’aime le roman choral, mais là, on est dans le bas du classement des pires romans que j’ai pu lire.

Le must du pire, c’est sans conteste le roman écrit par Carlos et qu’il a déposé sur la chaise de son ex-femme avant d’emmener le rejeton en week-end camping dans la forêt. Là, on touche le fond, la lie, la raclure de bidet niveau écriture.

Vous me direz que c’est Carlos qui a écrit cette daube, il n’a rien d’un Cervantes, on le sait, mais ça devient pénible de lire ce torchon rempli de vulgarité, de sexe sale, de pensées débiles de son alter-ego littéraire, Antonio Riquelme. Alter ego qui, tout comme lui, traite tout le monde de nouille, ce qui fait cloche dans la bouche d’un petit truand.

Chez les quatre autres, le membre masculin de la copulation et dernier tronçon de l’appareil urinaire était d’une taille supérieure à celui de Toni Riquelme. De quoi faire chier.

Alors la fin, là, j’ai eu l’impression qu’il me manquait des pages parce que cela se termine abruptement, sans que l’on en sache plus sur ce qu’il va advenir des personnages principaux et du pourquoi du comment tout cela en est arrivé là.

C’était lourd, laborieux, ennuyant. Les personnages sont plus plat qu’une feuille de cigarette et rempli de frustrations qu’à la fin, cela en devient limite risible tant c’est poussé, leur côté frustré de tout.

Quand aux passages de sexe assez cru, on se demande bien ce qu’ils apportent au roman, hormis le couler un peu plus et l’entrainer encore plus vers le fond, vers les abysses, là où on n’arrive plus à sortir.

Pauvre, pauvre Carlos, se dit-elle, pauvre incapable d’aimer, parce que tu es incapable de t’aimer toi-même. Il était là, maintenant par écrit, dans son roman, en train de donner une gifle à la princesse et d’affirmer en même temps que ce qui l’unissait à la pute, c’était un amour pur, qu’ils s’aimaient à travers une humiliation réciproque.

C’est poisseux et indigeste, ce roman qui n’a rien à voir avec la publicité qu’on lui faisait. Sauf si l’encart concernait un autre livre…

Je recommande ce roman dans le cas où vous auriez une armoire bancale, ou bien à offrir à votre meilleure amie avec laquelle vous auriez une vengeance à solder.

étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et le Challenge « Le mois Espagnol » chez Sharon.

Mois espagnol

Demande à la poussière : John Fante

Demande à la poussière - John Fante

Titre : Demande à la poussière

Auteur : John Fante
Édition : 10-18 (2002)
Date de publication originale : 1939 – Ask The Dust

Résumé :
Pendant la grande dépression, Arturo Bandini est un écrivain tourmenté et fauché vivant dans un hôtel résidentiel de Bunker Hill (Los Angeles). Il crée inconsciemment une image de Los Angeles comme une dystopie moderne à l’époque de la grande dépression.

Démuni, il erre dans les cafés et fait la connaissance de Camilla Lopez, une serveuse au tempérament fougueux. Bien qu’attiré par cette belle Mexicaine, Bandini, d’origine Italienne, rêve plutôt d’une alliance avec une Américaine, qui faciliterait son ascension sociale.

Or, chaque fois qu’il tente de s’éloigner de Camilla, celle-ci lui revient, sans qu’il puisse lui résister. Bandini lutte alors avec sa propre pauvreté, sa culpabilité catholique et son amour pour Camilla dont la santé se détériore.

Petit Plus : « Un jour j’ai sorti un livre, je l’ai ouvert et c’était ça. Je restais planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l’or à la décharge publique. J’ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant.

Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d’une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait sa forme à la page, une sensation de quelque chose sculptée dans le texte. Voilà enfin un homme qui n’avait pas peur de l’émotion.

L’humour et la douleur mélangés avec une superbe simplicité. Le début du livre était un gigantesque miracle pour moi.

J’avais une carte de la Bibliothèque. Je sortis le livre et l’emportai dans ma chambre. Je me couchai sur mon lit et le lus. Et je compris bien avant de le terminer qu’il y avait là un homme qui avait changé l’écriture.

Le livre était Ask the Dust et l’auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m’influencer dans mon travail. »
Charles Bukowski, 1979

Ask the dustCritique :
Comment foirer sa lecture, en une leçon, par Belette Cannibal Lecteur.

Alors, vous prenez tout d’abord un Classique de la Littérature Américaine, un roman grandiose super vachement bien côté par vos petits camarades de Babelio et partout ailleurs.

Poussez le vice jusqu’à prendre celui qu’un de vos potes dans la IRL (In Real Life) vous a conseillé en vous disant que c’était un chef-d’œuvre à ne pas manquer, que votre vie n’avait pas encore commencée parce que vous ne l’aviez pas encore lu.

Installez-vous confortablement dans votre fauteuil, préparez-vous une bonne tasse de café et commencez la lecture…

Faites un « waw, tout ça » en lisant l’intro réalisée par Charles Bukowski qui est dithyrambique sur cet ouvrage :

« Et je compris bien avant de le terminer qu’il y avait là un homme qui avait changé l’écriture. Le livre était Ask the Dust et l’auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m’influencer dans mon travail ».

Là, vous vous dites que oui, en effet, c’était une honte que de ne pas l’avoir encore lu et vous souriez rien qu’à l’idée de découvrir ce roman dont on dit tant de bien ! Vous êtes chaud boulette, plus qu’une baraque à frites et vous vous apprêtez à passer un tout GRAND moment de lecture.

Et là, bardaf, c’est l’embardée, vous passez à côté ! Vous trouvez le style pas facile à lire, un peu étrange, décousu, et vous devez vous forcer à lire, espérant tomber enfin sur « de l’or à la décharge publique » comme disait le grand Charles.

Bon, comme je suis maso, j’ai tout lu, jusqu’au bout (c’était pas un pavé, heureusement) mais je l’ai refermé avec une impression horrible : on m’avait vanté un chef-d’œuvre – ce qu’il est sûrement, parce qu’autant de lecteurs ne peuvent pas se tromper et on ne cause pas de 50 nuances ou de Twoilett – et moi, triple imbécile de banane dégénérée, je venais de passer à côté.

Loin à côté, même…

J’enrage parce que quand j’apprend que « Demande à la poussière » a été perçu au fil des années comme un roman de première importance sur le Sud de la Californie et moi, je suis la béotienne qui n’a même pas été capable d’apprécier ce roman.

Pourtant, il avait tout pour plaire, le récit de Fante, car dans son roman se retrouvent les thèmes récurrents de ses écrits : la pauvreté, la religion (catho), la vie familiale, l’identité italo-américaine, les sports, la vie d’écrivain, la place qu’il voulait se faire et la faim, car on a un homme qui est réduit à manger des kilos d’orange !

Pas de cotation parce que ce roman ne mérite pas que je le saccage ou que je cote vache, je n’ai pas réussi à l’apprécier, c’est tout et la responsable, c’est moi.

Le « Challenge US » chez Noctembule et Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre.