Les Tambours du dieu noir suivi de L’Étrange Affaire du djinn du Caire : Phenderson Djèli Clark

Titre : Les Tambours du dieu noir suivi de L’Étrange Affaire du djinn du Caire

Auteur : Phenderson Djèli Clark
Édition : L’Atalante – La Dentelle du cygne (15/04/2021)
Édition Originale : The Black God’s Drums (2018)
Traduction : Mathilde Montier

Résumé :
Louisiane. Années 1880. Tandis qu’une guerre de Sécession interminable démantèle les États-Unis d’Amérique, un complot menace

La Nouvelle-Orléans, territoire indépendant libéré de l’esclavage, au cœur duquel les Tambours du dieu noir, une arme dévastatrice jalousement gardée, attisent les convoitises.

Il faudra tout le courage et la ténacité de Jacqueline « LaVrille » – jeune pickpocket qui rêve de découvrir le monde –, ainsi que la magie ancestrale des dieux africains qui coule dans ses veines, pour se faire entendre et éviter le désastre.

Le Caire. 1912. Depuis une cinquantaine d’années, les djinns vivent parmi les hommes et, grâce à leur génie mécanique, l’Égypte nouvelle s’est imposée parmi les puissants. Ce qui ne va pas sans complications…

Pour preuve l’étrange affaire du djinn du Caire, que se voit confier Fatma el-Sha’arawi – agente du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles – quand un djinn majeur est retrouvé mort. Suicide ? Trop évident. C’est une machination diabolique que Fatma va mettre au jour.

Critique :
137 pages, pas une de plus et en 137 pages, l’auteur arrive à produire deux novellas d’excellente facture, à m’emporter dans une Nouvelle-Orléans steampunk et puis à me transporter au Caire, tout aussi steampunk, les djinns en plus.

Sans avoir besoin d’en faire trop ou d’en rajouter, l’auteur arrive sans mal à donner le contenance qu’il faut à ses personnages, à ses univers et produire deux scénarios bien mystérieux et addictifs.

Le premier récit uchronique, se déroulant à La Nouvelle-Orléans, nous met face à une Guerre de Sécession qui n’a pas cessé mais où l’esclavage a déjà été aboli dans cette ville indépendante.

L’héroïne, une jeune fille d’à peine 13 ans (Jacqueline, surnommée « LaVrille »), avait assez d’épaisseur pour prendre la plus grande partie de l’histoire sur ses épaules, n’en déléguant que peu à La Capitaine avec laquelle elle va vivre une histoire qui ne sera pas banale.

C’est un univers riche, peuplé de dieux, de magie vaudou, de confédérés dans la brume et de parlé créole. Celui-ci, écrit de manière phonétique, est parfois à lire à voix basse pour être mieux compris. Lorsque la capitaine parle de « dèd », il faut y lire « dead ». Rassurez-vous, pas besoin du dictionnaire Djadja (Aya Nakamura) pour comprendre.

Et dans cette Uchronie, c’est Napoléon qui a perdu face à Toussaint Louverture. Les Caraïbes sont des îles libres. Mais elles ont payé un lourd tribu suite à l’utilisation des Tambours du Dieu Noir.

En peu de pages, je me suis attachée à cette gamine débrouillarde qui vit avec la présence d’une déesse dans sa tête et qui bénéficie de ses visions. C’est une uchronie remplie de suspense, de mystère et d’une enquête dans la ville des Morts… J’ai adoré et le final n’est pas expédié, au moins.

La seconde, tout aussi uchronique, m’a envoyé sous la chaleur sèche du Caire, en compagnie de l’enquêtrice Fatma el-Sha’arawi, une agente du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles (sur une carte de visite, ça en jette).

Dans une ville musulmane, une femme qui s’habille comme les colons anglais (pantalon, chapeau melon et canne en métal) fait naître toute sorte de commentaires de la part d’une société patriarcale à fond. « Du temps de mon grand-père… » comme lui rappelle souvent son collègue. Mais on n’y est plus, du temps de ton papy, vieux coincé.

Face à la mort inexplicable et spectaculaire d’un djinn dans un quartier huppé de la capitale égyptienne, notre enquêtrice va devoir faire travailler son cerveau et bien s’entourer, si elle veut comprendre les morts tout aussi inexplicables qui vont suivre et le recrudescence des goules dans certains quartiers pauvres.

Ce que j’ai apprécié, dans ces univers uchroniques, c’est que ce sont les femmes qui sont les héroïnes, elles qui sont mises à l’honneur. Sans être des Tomb Raider sous anabolisants ou autres stéroïdes, elles utilisent leur cerveau, leurs connaissances, leur potentiel, n’hésitant pas à travailler en équipe.

L’univers de l’auteur est riche, malgré le peu de pages et on n’a aucun mal à y adhérer. Gaffe ensuite à ne pas se tromper et à penser que Napoléon a bien quitté les Caraïbes à grand renfort de coups de pieds dans le cul !

Deux novellas uchronique que j’ai pris plaisir à découvrir, tant le scénario, l’univers, les personnages, étaient bien étoffés, sans pour autant que l’auteur ait besoin d’en faire trop. En plus, il met bien les femmes en valeur, ce qui ne gâche rien !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°57].

Le mystère du tramway hanté : Phenderson Djèli Clark

Titre : Le mystère du tramway hanté

Auteur : Phenderson Djèli Clark
Édition : L’Atalante – La Dentelle du cygne (10/06/2021)
Édition Originale : The Haunting of Tram Car 015 (2019)
Traduction : Mathilde Montier

Résumé :
Égypte, 1912. Après L’Étrange Affaire du djinn du Caire, nous revoici en compagnie des agents du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, aux prises cette fois avec un spectre mystérieux qui a élu domicile dans un tramway du service public.

Tandis que dans les rues du Caire les suffragettes revendiquent haut et fort le droit de vote, l’agent Hamed Nasr et son nouveau partenaire l’agent Onsi Youssef devront délaisser les méthodes conventionnelles et faire appel à des consultantes inattendues (ainsi qu’à une automate hors du commun) pour comprendre la nature du dangereux squatteur de la voiture 015 et pour le conjurer.

Critique :
Qu’est-ce que ça donne, un tramway hanté dans une Égypte de 1912, libérée du joug britannique ?

Un tram jamais en grève ? Toujours en grève ? Gratuit ? Deux fois plus cher ? Non, non, rien de tout ça, c’est encore plus terrible…

C’est dangereux pour les voyageurs, alors on a envoyé Fox Mulder et Dana Scully…

Oups, erreur d’aiguillage : le Ministère égyptien de l’alchimie, des enchantements et des entités surnaturelles y envoie l’agent Hamed Nasr et son aidant, le jeune Onsi Youssef.

Voilà une novella comme je les aime : courte, mais bonne ! En 128 pages, tout est dit et tout est expliqué en peu de mots : l’univers magique d’une Égypte peuplée de djinns, grâce à l’action de al-Jahiz qui a ouvert une brèche vers l’outre-royaume des djinns.

Le décor est planté petit à petit, l’auteur nous donnant quelques détails tout en faisant bouger ses deux agents. Sans trop en faire, il arrive à en dire assez pour que l’on se sente à l’aise avec ce nouveau monde qui se trouve décrit sous nos yeux. Une Égypte qui bouge, grâce aux djinns et où les femmes réclament le droit de vote.

Malgré le fait que ce roman SF ne fasse que 128 pages, je ne pourrais pas me plaindre que le combat final avec l’entité qui hante le tramway soit expédiée en quelques lignes, comme ce fut parfois la cas dans des pavés de 600 pages.

Là, l’auteur est arrivé au bon équilibre : ni trop long, ni trop court. Parfaitement à la bonne longueur. Ce ne devient pas jamais lourd, ni trop précipité. Nos deux agents ont le temps de mener leur enquête et de tenter plusieurs exorcismes pour se débarrasser de la saloperie du tram 015, tout en nous expliquant différents folklores venant d’autres pays.

L’univers a beau être tinté de magie, de fantastique, de djinns, d’automates et autres créatures, il n’en reste pas moins ancré dans la réalité. Sans oublier une petite dose d’humour et une réflexion sur le contexte historique.

Ce fut une belle découverte.

Pour ce Mois Américain bizarre, je voulais lire des romans de SF ou se passant ailleurs qu’aux États-Unis, voilà deux cases de cochées avec cette novella.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°33].

Hercule Poirot (BD) – Tome 3 – Mort sur le Nil : Isabelle Bottier, Damien Callixte et Agatha Christie

Titre : Hercule Poirot (BD) – Tome 3 – Mort sur le Nil

Scénaristes : Isabelle Bottier et Agatha Christie
Dessinateur : Damien Callixte

Édition : Paquet (18/09/2019)

Résumé :
Sur le bateau à vapeur Karnak qui emmène de riches touristes voguer sur le Nil, Hercule Poirot doit élucider un mystérieux meurtre.

Linnet Ridgeway, très récemment mariée à Simon Doyle, est retrouvée tuée d’une balle dans la tête. Chacun des passagers ayant au moins une raison d’avoir assassiné la riche américaine, l’enquête n’en est que plus difficile pour le célèbre détective.

Mort sur le Nil est l’un des plus célèbres best seller d’Agatha Christie, la « Reine du crime ».

Critique :
Mort sur le Nil fait partie de mes romans préférés dans les Agatha Christie.

Les crimes sont ingénieux dans leur réalisation, je n’avais rien vu venir tant c’était bien trouvé et intelligent, de plus, l’histoire se déroulait en Égypte et j’aurais bien aimé faire une croisière sur le Nil (j’aimerais toujours bien).

Ce roman, je l’ai vu en série, en film et maintenant, j’ai ajouté la bédé. La totale, quoi !

Allait-on être capable d’insérer l’essentiel en 64 pages ? Et bien oui !

Cet album donne moins l’impression que Poirot a la solution qui lui vient du ciel, subitement, même si ça prendra moins de temps que dans les formats plus longs que sont le roman original et les adaptations télés.

J’ai aimé les couleurs chaudes des cases, ces jaunes flamboyants, cette sensation d’être au soleil, mais j’ai fait une crise de nerfs sur la tête de Poirot qui me semble fort loin de l’original (et même de David Suchet ou de Peter Ustinov). Là, j’ai été déçue. C’est une histoire de goût, certes, mais cela ne m’a pas plu.

La tête de Poirot ne m’a pas empêché de savourer cette bédé dont je connaissais toujours les tenants et aboutissants, les mobiles, le modus operandi et tutti quanti. Zéro surprises, en effet, mais ce n’est pas un problème car la bédé était très agréable à suivre et les différents personnages n’avaient pas des visages qui se ressemblaient, donc, pas moyen de les confondre.

Une adaptation en bédé très fidèle au roman original qui donne une envie folle d’aller de suite se faire une croisière sur le Nil, mais en moins mortelle !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°202], Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°28] et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 64 pages.

 

Le Scorpion – Tome 13 – Tamose l’égyptien : Stephen Desberg et Luigi Critone

Titre : Le Scorpion – Tome 13 – Tamose l’égyptien

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Luigi Critone

Édition : Dargaud (20/11/2020)

Résumé :
À Kraków, Ivrahim Golam, surnommé le cosaque juif, cherche à préserver l’identité d’un homme dont le nom doit disparaître à jamais.

À Istanbul, Armando Catalano, alias le Scorpion, a retrouvé la trace de Méjaï, la gitane. Il veut savoir ce qu’est devenu leur enfant.

Mais la gitane est experte dans le maniement des poisons et elle n’hésite pas à s’en servir contre le Scorpion, qui perd connaissance.

Critique :
Il n’est jamais facile pour un scénariste ou un dessinateur de se couler dans les pantoufles du précédent.

Ça passe ou ça casse et en voyant la couverture, j’ai eu très peur que ça dérape en voyant mon Scorpion avec cette gueule pas très réussie, perdant un partie du sex-appeal que le dessinateur Marini lui donnait.

Bon, si le Scorpion est foiré sur la couverture au niveau de sa petite gueule d’amour, dans l’album, il est réussi, sauf en ce qui concerne les mouvements qui m’ont semblé plus figés que ceux de Marini.

Après 12 albums à rechercher son père (dont certains ont tiré en longueur, comme d’autres savent le faire et je ne citerai pas de nom), notre Scorpion cherche maintenant son enfant que Mejaï aurait eu de lui, selon le Hussard, son vieil ami, qui manque cruellement dans cette bédé pour apporter sa touche de gaieté et de bonne humeur.

Tout en cherchant son fils, notre aventurier devenu solitaire va en profiter pour la jouer archéologue à la recherche du trésor perdu, ou plutôt, à la recherche d’un nom qu’un vilain albinos veut à tout prix effacer ! Je sens que l’on va encore se retrouver face à un méchant d’envergure, comme nous en avons eu quelques uns dans la saga.

La reprise est bonne, les dessins sont des plus agréables pour les yeux, les couleurs pareilles, les décors orientaux ont le mérite de vous dépayser du fond de votre canapé, les tons jaunes donnerons de jolies couleurs à nos visages blafards.

Le scénario semble bien parti sur de nouveaux mystères ésotérico-religieux puisque, après le Nouveau Testament, on part sur l’Ancien avec l’Exode des Juifs d’Égypte mais faudra que le duo confirme cette bonne impression sur les albums suivants, en espérant que l’on ne s’enlise pas dans des aventures épaisseur papier cigarette juste pour ajouter des albums à une série qui marche fort.

Et ça me fait peur car j’ai vu des tas de super séries partir en queue-de-cerise (restons polie pour une fois) car elles n’ont pas su s’arrêter à temps et ont voulu faire marcher la pompe à fric.

Une belle reprise au niveau des dessins, sauf au niveau des actions qui semblent figées, un scénario bien mystérieux et le retour de nos personnages adorés que sont le Scorpion et la belle empoisonneuse Mejaï.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°146].

Sherlock,‭ ‬Lupin‭ & ‬moi‭ ‬-‭ ‬Tome‭ ‬8‭ ‬-‭ ‬Le secret de l’œil d‭’‬Horus :‭ ‬Irene Adler

Titre : Sherlock,‭ ‬Lupin‭ & ‬moi‭ ‬-‭ ‬Tome‭ ‬8‭ ‬-‭ ‬Le secret de l’oeil d‭’‬Horus

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (02/01/2020)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & io, tome 8 : La sfinge di Hyde Park (2016)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
Noël 1871. Sherlock, Lupin et Irène se retrouvent à Londres. Le moral de Sherlock est au plus bas, comme toujours au moment des fêtes, et ses deux amis ne savent plus quoi inventer pour le distraire.

C’est finalement un événement dramatique qui va arracher le jeune détective à sa bouderie : le directeur du British Museum vient d’être assassiné dans des circonstances énigmatiques…

Les esprits s’emballent, la presse parle d’une malédiction dont les racines remonteraient à l’Égypte ancienne… L’esprit irrémédiablement logique de Sherlock résistera-t-il à cette enquête hors du commun ?

De nouvelles aventures attendent notre trio, sous l’œil implacable du Sphinx…

Critique :
Je ne sais pas où j’avais la tête, mais j’avais royalement loupé la sortie du tome 8 des aventures de notre trio et c’est donc avec beaucoup de retard que je l’ai découvert.

C’est toujours un plaisir trop vite lu, trop vite terminé…

Sherlock n’a pas grand-chose pour occuper son esprit alors il s’ennuie et à son jeune âge, il n’a pas encore décidé d’utiliser une solution à 7% de cocaïne pour échapper au spleen.

L’approche de Noël est toujours propice aux miracles et voilà qu’un meurtre a eu lieu au British Museum. C’est son directeur que l’on a assassiné et placé dans un sarcophage.

Ce meurtre, c’est un cadeau déposé sous le sapin de Noël de Sherlock et, avec ses deux amis, Lupin et Irene, il va mener l’enquête qui les conduira à un autre meurtre. Papa Nowel a décidé de gâter Sherlock cette année.

Une fois de plus, sans nos amis, des crimes resteraient irrésolus et sans eux, nous passerions un moins bon moment.

Oui, c’est de la littérature jeunesse, certaines révélations arrivent toujours à point, dans d’autres romans, on hurlerait à la facilité et ici, ça passe comme une motte de persil s’enfonçant dans du beurre mou. Les holmésiens comprendront.

On a de l’action, des aventures, une amitié dont on aurait rêvé étant jeune, des journées bien occupées et même des nuits (rien de cochon, bande d’obsédés !) bien remplies, une malédiction et l’Égypte des pharaons, version fouilles archéologiques.

Cette série est toujours bien faite, bien écrite, qui ne prend pas les plus jeunes pour des lapereaux de l’année et qui ne leur parle pas comme à des demeurés, mais offre quelques heures de divertissement littéraire et un brin de suspense.

Certes, on ne révolutionnera pas la littérature policière mais l’important n’est pas là car la détente et le dépaysement sont aussi primordiaux dans une lecture. Cette série aux personnages sympathiques apporte tout cela avec un bon équilibre.

En 8 tomes, pas de déception, parfois des tomes plus fort que d’autres, mais dans l’ensemble, le niveau ne joue pas aux montagnes russes. J’espère juste une chose, c’est qu’on ait droit à toute la série traduite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°238 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Les chevaliers d’Héliopolis – Tome 2 – Albedo, l’oeuvre au blanc : Alejandro Jodorowsky et Jérémy

Titre : Les chevaliers d’Héliopolis – Tome 2 – Albedo, l’oeuvre au blanc

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : Jérémy

Édition : Glénat (2018)

Résumé :
Dix-sept a réussi brillamment son épreuve initiale, il est maintenant Asiamar.

Cependant, aux yeux de ses maîtres, il lui reste manifestement beaucoup de chemin à parcourir pour évoluer vers un véritable chevalier d’Héliopolis.

Passant outre son manque de maturité et d’expérience, la confrérie lui confie une mission de première importance : contrer la montée en puissance d’un dangereux individu auparavant pressenti pour devenir membre.

En effet, son âme s’est laissée corrompre par le pouvoir. Son nom ? Un certain Bonaparte…

Critique :
Qui c’est qui lave plus blanc que blanc ? Non, ce n’est pas Dixan© mais bien Louis XVII, alias Asiamar.

Je ne dois pas vous faire une leçon d’Histoire, vous savez qu’après la Révolution et les dégommages de têtes, vous avez eu un Empereur qui s’est érigé en Roi, même en Dieu.

Ben c’est lui que notre Louis XVII va devoir calmer car il est à la recherche le secret de la vie éternelle.

Je le savais tyran, assassin, assoiffé de pouvoir, j’avais zéro sympathie pour Napo mais on ne peut pas dire que cet album le mette en valeur, que du contraire, il ne le présente pas sous son meilleur jour.

Antipathique, fanatique, sans scrupules aucun, limite exalté et courant derrière l’ésotérisme, comme dans un Indiana Jones, le rayon cosmique en plus. Bon, maintenant, je sais pourquoi il mettait sa main sur son ventre.

Ce deuxième tome va donc se pencher sur celui qui avait un Bonaparte et c’est seulement au début et sur la fin que notre Louis XVII va apparaître dans le but d’éliminer le tyran assis sur son trône, mais lui veut le faire changer sans verser du sang.

D’accord mais les chevaliers d’Héliopolis, dans tout ça, qu’est-ce qu’ils deviennent ? Non pas que l’album était mauvais, il avait du rythme, de l’action, mais j’ai eu comme l’impression que l’histoire principale des Chevaliers n’avançait pas et qu’on était en train de développer un autre arc.

N’ayant pas le troisième album sous la main, je ne sais pas dans quel sens celui-là va aller mais celui-ci, malgré le fait qu’il m’ait tenu en haleine, me laisse perplexe, notamment sur le final.

Le récit est compréhensible, il n’est pas alambiqué, mais je ne sais pas où les auteurs veulent nous emmener et je vais devoir leur faire confiance pour la suite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°189. 

Astérix – Tome 06 – Astérix et Cléopâtre : René Goscinny et Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 06 – Astérix et Cléopâtre

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1966)

Résumé :
Jules César nargue Cléopâtre : les Romains construisent des temples et des forums magnifiques alors que les Égyptiens ne construisent plus rien depuis les pyramides.

Vexée, Cléopâtre charge son architecte Numérobis de bâtir un palais pour César en trois mois.

Pour Numérobis, sa seule chance de venir au bout de cette tâche malgré l’obstruction des Romains est de demander l’aide de son vieil ami Panoramix.

Le druide part donc pour l’Égypte lui prêter main-forte, accompagné d’Astérix et Obélix.

Critique :
Quand on relit ses classiques, autant se faire plaisir et aller piocher dans l’excellence, dans la crème de la crème, dans le caviar du haut de la boite.

Les superlatifs sont manquants pour cet album qui emmène nos gaulois au pays des pyramides.

Par contre, depuis un certains film, je dois faire le vide dans mon esprit pour ne pas voir les acteurs ou entendre les répliques du film lorsque je relis la version bédé.

Ma version est avec l’ancienne couverture, celle qui possède les inscriptions concernant tout le matériel qu’il a fallu pour dessiner cette grande aventure.

D’ailleurs, en passant sur le Net, on remarquera une ressemblance entre la couverture de l’album et celle de l’affiche du film avec Elizabeth Taylor et Richard Burton, ce film qui dure 4 heures et qui coûta la peau des fesses, des couilles, ainsi que les yeux de la tête, plus quelques reins (un des films les plus chers de tous les temps, qui mit son studio au bord de la faillite).

À l’époque, du haut de mes 10 ans, je ne le savais pas, malgré tout, cet album me faisait rire et des années après (je ne vous dirai pas combien, na !), il me fait toujours rire car il est tout simplement excellent.

Les jeux de mots sont légions (romaines), les références à notre société aussi (Canal de Suez, les entreprises de construction qui ont du retard), les situations sont cocasses, drôles, hilarantes et on se dit que du haut de ces pyramides, il n’y a pas que vingt siècles qui nous contemplent, mais aussi tout l’humour et le savoir-faire de Goscinny.

Astérix : — Et si un jour vous avez envie de construire autre chose en Egypte, un canal entre la Mer Rouge et la Méditerranée, par exemple… Eh bien, faites appel à quelqu’un de chez nous, par Toutatis !…

Si Numerobis avait été bruxellois, on l’aurait traité de schieven architek (« architecte de guingois », l’insulte décernée par les habitants des Marolles à l’architecte Joseph Poelaert qui nous fit un colossal Palais de Justice, le plus grand du monde, et qui délogea tous ces petites gens de leur quartier) car ses constructions sont vraiment… comment dire ? De travers !

Heureusement que notre architecte de travers et en retard peut compter sur la présence de trois gaulois célèbres. Quatre, si on compte Idéfix. Oui, il compte autant que le druide Panoramix !

Cet album est un album pivot. Ceux qui l’ont précédé étaient très bons, je n’en disconviens pas, mais avec celui-ci, on a franchi (non pas un rubicond) un palier, un seuil, une frontière tant cet album est exceptionnel en tout.

Le problème qui se pose, maintenant, c’est que lorsque je relis l’album, je revois les pitreries de Jamel et celles de Gérard Darmon et je suis toujours étonnée de ne pas y trouver les répliques du film… Et lorsque je vis le film pour la première fois, j’étais étonnée de ne pas y voir toutes les répliques du livre.

Anybref, chez Cléopâtre est un album magnifique, puissant, énorme, magnifique (je l’ai déjà dit ??), exceptionnel (un dico des synonymes, merci) en tout. D’autres l’égalent niveau jeux de mots, mais niveau dépaysement et aventures, avec un voyage en Égypte, on mettait la barre très haute.

Lorsque vous regarderez le sphinx, pensez à Obélix et lorsque vous penserez à Cléopâtre, souvenez-vous de son nez. La déesse Amora (déesse gauloise bien connue) lui montait souvent au nez, nez qu’elle avait remarquable et que l’on dit que s’il eut été plus court, la face du monde en aurait été changée.

Indémodable cet album !

Centurion : Hmm… Ça n’a pas marché… Eh bien, nous attaquerons de tous les côtés à la fois… Déployez-vous !
Légionnaire 1 : Mais on vient de se replier !
Légionnaire 2 : Déployés, on va se faire égorger !
Légionnaire 3 : Égorge, déployé !
Légionnaire 4 : Encore un jeu de mots comme ça, par Jupiter, et je déserte !!!

Numérobis : Tous ces soucis me font tourner le sang ! Les crocodiles vont me trouver immangeable !
Astérix : Tant mieux ! Vous tenez tant que ça à faire un bon repas ?
Numérobis : Mais ce sont des crocodiles sacrés ! On ne peut pas leur donner n’importe quoi à manger !
Obélix : Ils sont fous ces Égyptiens !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°145.

L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo : Richard Marazano & Marcelo Frusin

Titre : L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29/09/2017)

Résumé :
Peu après la conquête de l’Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive. À bord, le cadavre d’un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, ainsi que des bijoux en métaux rares et pierres précieuses.

L’ouvrage magnifique de ces derniers évoque l’existence d’une civilisation riche et puissante.

Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome.

Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.

Critique :
Ayant découvert la série sur le tard, j’ai pu lire les trois premiers albums sorti sans devoir attendre des années entre deux. Ici, il a fallu attendre 3 ans entre le tome 2 et le 3 et j’ai envie de dire : tout ça pour ça ?

Marcus se réveille après avoir reçu une flèche empoisonnée dans le tome 2 et là, il apprend que ça fait deux ans qu’il est dans le coma…

Heu, après 2 ans allongé sur un lit sans bouger, on ne devrait pas avoir les muscles atrophiés ou du moins, fort faibles ?

Faut croire que non car Marcus a l’air de se lever après une bonne nuit de sommeil…

Bon, notre Marcus a les muscles qui fonctionnent toujours et le cerveau aussi puisque monsieur se verrait bien calife au côté de la belle reine Noire ébène.

♫ J’me voyais déjà en haut de l’affiche, en dix fois plus gros mon nom d’étalait ♪ Si, si, je peux chanter car notre bonhomme se voit déjà en Alexandre le Grand, avec un Empire aussi grand que celui qui chevauchait Bucéphale. Tiens, tant qu’on y est, on jouerait bien à se faire plus gros que l’empire Romain.

Autant lui que ces hommes ont la folie des grandeurs (sans avoir l’humour de Don Salustre) et se voient tous écraser les autres et dominer les sauvages puisque de toute façon, l’Homme Blanc doit dominer tous les autres.

Sauf que, le peuple qu’ils ont découvert plus bas que l’Éthiopie actuelle n’a pas eu besoin d’eux pour être prospère (youpla boum).

Pour moi, rien de neuf sous le soleil, hormis un homme qui voulait être roi, des soldats qui rêvaient de grands domaines et de tout le monde se prosternant à leurs pieds.

S’ils avaient été plus malins et moins imbus de leur petite personne, ils auraient fait alliance avec le peuple de sauvages (comme ils disent, décidément, je rends hommage à Aznavour, moi), mais non, ils ne vont pas s’abaisser à ça !

Les auteurs continuent de déverser leur fiel sur le colonialisme et les empires, et pour cela, ils ont raison, mais j’aurais aimé que cet album donne moins l’impression qu’on tourne en rond.

Je verrai bien si on avance dans le tome 4 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

L’Expédition – Tome 2 – La révolte de Niangara : Marcelo Frusin & Richard Marazano

Titre : L’Expédition – Tome 2 – La révolte de Niangara

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29 aout 2014)

Résumé :
L’expédition de Marcus Livius, officiellement composée de déserteurs et officieusement placée sous les ordres du centurion Caïus Bracca, touche enfin au but après une éprouvante marche au cœur de l’Afrique.

Une marche lors de laquelle les hommes ont affronté nombre de dangers incroyables, ont été les témoins de douleurs atroces et ont perdu quelques compagnons.

Les légionnaires vont enfin découvrir cette civilisation riche et puissante, peut-être plus encore que ce qu’ils pouvaient imaginer !

Critique :
Il m’a fallu un certain temps avant de mettre la main sur la suite du tome 1 « Le lion de Nubie » mais une fois que ce fut fait, trainer pour la lire, je ne fis pas !

Allez hop, on rempile dans la Légion ! Engagez-vous, qu’ils disaient…

Je me demande si nos valeureux légionnaires ne préféreraient pas se faire taper dessus par des gaulois belliqueux qui résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Nos hommes, des mercenaires, considérés comme déserteurs par Rome, accomplissent leur mission en secret, le tout pour la grandeur de Rome et si ça foire, ben, on n’en parlera pas.

Et ça a dû foirer puisque comme dans le premier album, on retrouve notre Marcus Livius en fâcheuse posture, sommé de tout raconter dans les détails la cause de sa désertion et sur cette fameuse expédition dont Caïus Bracca l’avait chargé, car ce dernier a avalé son extrait de naissance et n’est plus là pour témoigner.

Retour au récit de l’expédition… Nos légionnaires, face à ceux qu’ils considèrent comme des sauvages ou des sous-hommes, se comportent comme les grands con…quérants qu’ils sont, toujours prêt à apporter la civilisation à grands coups de glaive, s’attendant toujours à ce que les peuples asservis se prosternent devant eux qui représentent la Gloire de Rome.

Imbus d’eux-mêmes, ces hommes ont fait crisser mes dents, mais la réalité étant ainsi, je ne vais pas me voiler la face ou jouer ma vierge effarouchée : il en a été ainsi de tout temps et je ne serais pas surprise qu’il en fut toujours ainsi.

Mais puisque nos valeureux guerriers n’en font qu’à leur tête et rêvent de découvrir des richesses, ils n’ont pas écouté leur guide autochtone, Dubaku, et les voilà esclaves d’hommes Noirs, eux qui sont Blancs avec des fortes tendances suprémacistes puisque rien n’est plus grand que Rome.

Dans des tons moins sombre que le premier tome, cet album poursuit son exploration de ce qui se trouvait bien plus bas que l’Égypte et n’avait pas encore été découvert par l’envahisseur colonisateur, celui qui aime apporter les bienfaits de sa civilisation à des gens qui ne s’en sortaient pas si mal que ça avant sa venue.

Malgré tout, l’histoire a un peu du mal à décoller et elle est sauvée par les dessins superbes, même si certains romains se ressemblent un peu trop et qu’il nous faille un tatouage pour les différencier… Toujours un excellent travail sur les psychologies des légionnaires, dont certains sont en train de changer fameusement et révèlent leurs vrais visages. Et c’est sombre !

Ajoutons à cela quelques petits complots et toujours ce stupide Homme Blanc qui n’en fait qu’à sa tête car il ne veut pas devoir quoi que ce soit à son guide Noir ou aux esclaves présents sur le site de la mine. Ce sont des Romains, fallait pas s’attendre à un autre comportement.

La touche de mystère, présente lors du récit des guerres intestines qui ravagent le pays de Dubaku, notamment avec la disparition de la reine, trouve son dénouement à la fin de cet album mais relance le suspense pour la suite que je ne vais pas manquer de lire et de chroniquer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

L’Expédition – Tome 1 – Le Lion de Nubie : Marcelo Frusin & Richard Marazano

Titre : L’Expédition – Tome 1 – Le Lion de Nubie

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (13/05/2011)

Résumé :
Peu après la conquête de l’Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive.

À bord, le cadavre d’un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, et de bijoux en métaux rares et des pierres précieuses, dont l’ouvrage magnifique évoque l’existence d une civilisation riche et puissante.

Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome.

Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.

Critique :
Certains hommes ont des lubies, d’autres ont des Nubie… Oui, je sais, elle était facile mais je n’ai pas pu m’en empêcher.

L’Homme a toujours voulu avoir plus de richesses et l’Empire Romain a beau être étendu, riche des terres conquises et être arrivé à mettre les Égyptiens sous leur joug, l’attrait de l’or est toujours là, dévorant les entrailles.

Donc, lorsqu’une barque contenant un homme tatoué et mort, entouré de richesses, ça donne des idées à certains de pouvoir s’offrir mieux qu’une Rolex pour leur cinquante ans.

Fin stratège, comprenant que l’homme vient d’une région encore non découverte de l’Afrique Noire, le centurion Caïus Bracca délègue Marcus Livius à la tête d’un petit commando de 10 mercenaires. N’en manquait pas beaucoup pour nous donner les 12 salopards…

J’ai vu des forteresses qui masquaient leurs forces derrière une apparente désorganisation. Les hommes comme les forteresses les plus subtiles ont tous un point faible…

Comme cette expédition en terres inconnues ne peut se faire aux yeux de tous (l’Homme n’est pas partageur de ses richesses), ces hommes désertent pour cacher leur véritable mission.

Pour info, le début du récit comment avec l’apparition d’un homme affamé et il est indiqué que nous sommes 739 ans après la fondation de Rome (des fois où vous voudriez situer l’histoire sur la ligne du temps). Nous sommes probablement encore sous l’ère d’Auguste.

Prenez un stylo et notez que, selon Wiki et d’après la légende latine, Romulus fonda la ville de Rome à l’emplacement du mont Palatin sur le Tibre le 21 avril (c’est précis), en 753 av. J.-C. Un rapide calcul nous donne donc la date de 14 apr. JC, année où est mort Auguste (le 19 août 14, pour info et pour briller en société).

Les tons de cet album sont fort sombres, à l’image de la couverture, et même si certains cases ont des tons plus jaunes, cette couleur reste pâle, non éclatante comme j’aime le jaune.

Normal, ces tons sombres lorsque l’on découvre que le scénario l’est tout autant. Non pas qu’il est épais comme un café Turc et qu’on ne voit pas le fond, juste que le ton n’a rien à voir avec la joyeuseté d’un Petzi partant à l’aventure avec tous ses amis.

L’expédition n’a rien d’un voyage d’agrément et au fil des cases, des mercenaires nous quitterons, tandis que nous en apprendrons un peu plus sur Marcus Livius, le meneur de cette troupe et homme de la garde personnelle de Caïus Bracca.

Aux travers de quelques ragots et potins, nous apprendrons d’où lui vient ce surnom de Lion de Nubie et ce qui a fait se gausser toute l’armée. Pourtant, notre homme est brave et ne manque pas d’avoir une fameuse paire de « vous-savez-quoi » entre les jambes.

Ma foi, je ne me suis attachée qu’à la jolie petite gueule de Marcus Livius, les autres étant moins présent, trop peu esquissé à mon goût ou pire : les dessins se ressemblant dans leurs visages, on n’arrive pas toujours à savoir si on a affaire au Grec philosophe, au vétéran des guerres romaines ou à Falco, la grande gueule.

Il faut donc être concentré pour savoir qui est qui, surtout dans leur chevauchée à dos de dromadaire, dans leurs combats contre toute la famille de Ed, Shenzi et Banzaï (faites marcher votre mémoire) ou dans leur marche forcée dans les étendues de sables, avec tout le barda de légionnaire sur le dos, casque à plumes compris !

Chapeau les gars, moi, lorsque je marche, je porte des vêtements adaptés, mais à leur époque, le Décathlon était encore une compétition masculine d’athlétisme regroupant 10 épreuves…

La Libye est un pays immense et inhospitalier, les hommes civilisés n’y ont pas leur place. Le sel de ces régions commençait à corroder nos cuirasses. Nos rêves de conquête avaient subi l’épreuve du feu et de la sueur… Ce serait bientôt l’épreuve du sang !

Un album que j’ai pris plaisir à découvrir, au hasard (la couverture m’avait attirée) car acheté dans une brocante, à bas prix et bien souvent je me laisse guider afin de découvrir d’autres bédés et, qui sait, commencer de nouvelles collections.

Du jour où nous avons atteint cette région de collines, notre expédition était condamnée… Nous allions rencontrer un empire plus étonnant que l’empire des Perses, plus grand que celui de Rome… Mais nous n’y étions pas préparés…

Un album, qui, l’air de rien, met en avant tout en tirant sur le colonialisme et toutes ses dérives.

Ainsi l’impérialisme […] tue d’abord spirituellement et culturellement l’être, avant de chercher à l’éliminer physiquement. La négation de l’histoire et des réalisations intellectuelles des peuples africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a déjà  précédé et préparé le génocide ici et là dans le monde (Cheik Anta Diop)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).