Les maîtres inquisiteurs – Tome 05 – Aronn : Sylvain Cordurié et Jean-Charles Poupard

Titre : Les maîtres inquisiteurs – Tome 05 – Aronn

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Jean-Charles Poupard

Édition : Soleil (20/04/2016)

Résumé :
Depuis sa fondation, la cité d’Anderion est sous la protection des prêtres du Dragon Rouge.

À la pleine lune, ils récitent les versets sacrés issus de leur antique grimoire et empêchent le réveil des dragons. Quand ces derniers sont retrouvés morts et leur grimoire détruit, Noriav de l’Ordre des Mages, sollicite l’aide d’Aronn, jeune Maître Inquisiteur.

Grâce à son pouvoir, Aronn peut extraire Eliezer le Fou de sa prison du Gottland et le ramener à Anderion. Eliezer, qui a autrefois écrit le grimoire, est le seul capable de sauver la ville de la rage des dragons. Mais les assassins rôdent toujours.

Critique :
On a beau aimer une série, lorsqu’on a trop de choses à lire, on a tendance à oublier ce qu’on a commencé et pas achevé, comme ce fut le cas avec les Maîtres Inquisiteurs.

Dans la cité marchande d’Anderion, qui se trouve à l’est de l’Ardaigne (situez-là sur la carte vous-même) ont eu lieu des crimes horribles et sordides : tous les prêtres de l’ordre du Dragon Rouge ont été assassinés, décapités et un grimoire brûlé.

Les mécréants diront qu’on s’en fiche des prêtres… Oui mais non, pas ici ! Ce sont eux qui doivent réciter les versets sacrés qui gardent les terribles dragons rouges endormis et quand les bêbêtes font dodo, la cité évite de se transformer en Pompéi de la fantasy.

Pour enquêter et réussir à sauver la vie, Noriav de l’Ordre des Mages, sollicite l’aide d’Aronn, jeune Maître Inquisiteur qui possède un pouvoir vachement intéressant qui leur permettra de sauver la vie avec l’aide d’un condamné qui connait les versets par coeur.

Eliezer, le condamné régicide a un faux air de Sean Connery dans le film « Rock ». Ayant été condamné, il a le droit de fermer sa gueule, de ne rien dire et de faire ce pour quoi on l’a amené à Anderion : réciter les versets qui garderont les dragons au dodo.

Oui, mais… Si tout allait bien dans le meilleur des mondes, Sylvain Cordurié ne serait pas un scénariste de talent exerçant dans une série talentueuse mais tout simplement scénariste des aventures des Mon Petit Poney, là où tout est happy end et point barre.

Si le scénario est intelligent, les dessins sont très agréables à regarder, à admirer et les couleurs tout pareil. Lorsque les dessins sont merdiques, ça donne moins envie de tourner les pages, ce qui n’est pas le cas ici.

Cet album est une fois de plus une réussite, tant par ses personnages énigmatiques, aux pouvoirs importants, que par la trame de l’histoire qui, bien que conventionnelle, est contée d’une manière qui nous happe directement et il est extrêmement difficile de lâcher l’album avant le fin mot de tout.

Une enquête, de l’aventure, de l’action, des pistes que l’on remonte, des techniques d’interrogatoire propres aux Maîtres Inquisiteurs et à leur acolyte – un Elfe, dans ce duo – et bien entendu, des sombres complots, des manipulations, une conspiration que l’on sent grandir dans les coulisses et un brin d’humour dans les répliques, sans pour autant que les dialogues tournent à la farce.

D’ailleurs, les dialogues sont travaillés et affirment quelques vérités.

Comme dans notre Monde, la Justice, c’est comme la Sainte-Vierge, si on ne la voit pas apparaître de temps en temps, le doute s’installe (Audiard) et croyez-moi, ce n’est pas dans ces pages que vous trouverez la Justice car comme chez nous, les innocents sont fustigés et condamnés tandis que les coupables dansent en ricanant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°226] et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages.

Elfes – Tome 30 – Le scintillement des ténèbres : Christophe Arleston et Dimat

Titre : Elfes – Tome 30 – Le scintillement des ténèbres

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Dimat

Édition : Soleil (27/01/2021)

Résumé :
Les origines des elfes sur les terres d’Arran enfin dévoilées ! Des elfes premiers au mystère du grand schisme, l’histoire elfique est mise en lumière par le plus torturé des elfes noirs.

Gaw’yn est en quête de la dague de saphir dont il espère qu’elle l’aidera à se débarrasser de sa part d’ombre. Accompagné de deux jeunes elfes noires, il recherche à travers les glaces du grand nord la mythique cité de Skögsta.

Mais au détour d’un étrange campement saisonnier, son chemin croise celui d’un prédateur millénaire détenteur d’un secret qui touche à la nature même des elfes…

Critique :
Gaw’yn est depuis le début un de mes Elfes préférés et le suivre dans de nouvelles aventures est toujours un moment fort attendu, et redouté.

Il reste toujours la crainte que le tome ne soit pas à la hauteur, qu’il me déçoive, qu’Arleston tourne en rond dans son histoire.

Pas de panique avec le tome 30, on fait un bond en avant sur l’Histoire, la Genèse du peuple Elfe, le tout sur un rythme assez élevé où les temps morts sont rares et quand il y en a, ils sont toujours instructifs.

Nos Elfes Noirs sont des assassins professionnels, pourtant, ils sont tombés sur un dur-à-tuer et durant tout l’album, on n’est jamais sûr de qui est le berneur ou le berné et si notre Elfe à la couleur halée est un habile stratège ou un Elfe qui va obéir sans sourciller à nos assassins.

Les couleurs sont une fois de plus magnifiques, les dessins aussi, même si je trouve que Gaw’yn a changé depuis qu’il n’est plus dessiné par Ma Yi dont j’appréciais le coup de crayon.

Ce nouveau tome ouvre une autre porte, celle des origines des Elfes et je gage que le nouveau souffle va provenir de là, ainsi que des nouvelles terres d’Arran puisque la guerre des goules est terminée. Il y a matière à aller s’encanailler dans de nouveaux scénarios riches de péripéties et de secrets divulgués.

En attendant, Gaw’yn et ses deux collègues meurtrières ont une mission à accomplir, pour leur survie, une quête à faire, un contrat à honorer et ils leur faut éviter de sombrer du côté obscur de la Force, eux qui en viennent déjà et qui savent tout des différents formes que le Mal peut revêtir.

Vont-ils y arriver ? Je ne vous dirai rien (maintenant, si vous me payez, je vous raconterai tout, même ce que je ne sais pas)…

Sachez juste que ce tome est de très bonne facture, même si conventionnel dans le fond (mais quel scénario ne l’est pas ?), la surprise venant de la manière dont le conventionnel est narré, mis en scène et quels personnages intéressants évoluent dans le monde créé par le scénariste.

Et ici, tout est réuni pour que le conventionnel sorte de l’ordinaire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°188] , le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°14]. et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B).

Elfes – Tome 29 – Lea’saa l’elfe rouge : Jean-Luc Istin et Giovanni Lorusso

Titre : Elfes – Tome 29 – Lea’saa l’elfe rouge

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Giovanni Lorusso

Édition : Soleil (09/12/2020)

Résumé :
Par-delà les Terres d’Arran, s’étend un vaste continent, peuplé d’animaux sauvages et de peuples inconnus, des terres aussi dangereuses que fascinantes, ce sont les Terres d’Ogon.

Des elfes Rouges il ne reste plus que Lea’saa, Feda’saa et leurs deux jumeaux.

Mais le mage Belthoran leur raconte une légende kulu des Terres d’Ogon. Celle-ci évoque leurs dieux les Zul Kassaï.

Or, Zul Kassaï signifie : Immortel à la peau rouge. Lea’saa part pour les terres d’Ogon dans l’espoir que cette légende permettra aux elfes rouges de connaître une nouvelle dynastie.

Critique :
En voyant la couverture de l’album sut le Net, il m’avait semblé reconnaître la belle petite gueule d’amour de Turuk, le semi-orc qui avait ouvert la nouvelle saga « Orcs et gobelins » et bingo, c’est bien mon cul vert sexy en diable !

Ben quoi, les goûts et les couleurs, hein, ça ne se discute pas !

À propos de couleurs, les Elfes Lea’saa et Feda’saa sont Rouges à l’origine, mais sont devenus Noirs ensuite et on subit l’entraînement de tueurs à la citadelle de Slurce…

Bref, ne leur cherchez pas des poux et évitez de vous trouver sur leur chemin quand ils manient l’épée ou le poignard. Pas de bol pour leur race, ils en sont les derniers représentants, avec leurs jumeaux… Pas super super pour se multiplier.

Depuis longtemps, les Elfes Rouges ont été éradiqué des Terres d’Arran et pour retrouver des autres de sa race, Lea’saa va mener l’enquête avec Turuk, le guerrier semi-orc dans les Terres d’Ogon, à l’est de leurs terres.

Voilà que les auteurs nous la joue voyage en terres inconnues. Des terres qui ne fonctionnent pas comme celles d’Aran, où la magie n’a pas court, où les dragons ne peuvent voler et qui, à première vue, ressemble aux terres d’Afrique avec sa savane et ses animaux sauvages.

De l’action, des combats, du suspense, la découverte d’un nouveau monde avec, pour guide, non pas un Livingstone, mais une jeune fille qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui n’hésite pas à titiller notre semi-Orc sur son odeur corporelle forte (faut oser, moi, j’oserais pas).

Le tout est dessiné avec maestria par Giovanni Lorusso et mis en couleurs par Nanjan, qu’on ne présente plus et qui, une fois de plus, nous offre des couleurs lumineuses qui donnent un coup de boost à notre peau pâle de l’hiver.

La savane est remplie de pièges, de chausse-trappes, de peuplades autochtones pas des plus accueillantes et va falloir faire gaffe à ses miches si on veut arriver au bout de sa quête.

Cet album se termine sur un cliffhanger et faudra attendre janvier 2021 pour poursuivre cette excellente aventure qui explore un peu plus ce monde imaginaire pour mon plus grand plaisir car les auteurs de cette saga ne stagnent pas mais innovent leurs scénarios et on avance.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°153].

Elfes – Tome 28 – Au royaume des aveugles : Olivier Peru et Stéphane Bileau

Titre : Elfes – Tome 28 – Au royaume des aveugles

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Stéphane Bileau

Édition : Soleil (21/10/2020)

Résumé :
Se pourrait-il que l’ultime défi de la jeune elfe blanche Alyana soit d’affronter son propre peuple ? Après avoir vaincu les géants et provoqué un raz-de-marée qui a tué des milliers de personne, Alyana n’est plus que l’ombre d’elle-même. Son cœur ne bat plus.

Quant à ses immenses pouvoirs, ils disparaissent. Elle désire seulement vivre en paix auprès des siens.

Mais rares sont les elfes blancs prêts à l’accepter, quelques uns veulent même profiter de sa faiblesse pour en finir avec elle.

Critique :
La Poisse est un orkelin que j’apprécie énormément et Alyana est une Elfe dont je devrais relire la saga car elle est complexe et à l’époque de l’album 18, je n’avais pas bien compris où les auteurs voulaient arriver avant de découvrir le tome 23 et d’apprécier l’histoire.

Maintenant que la saga Alyana est close, je la comprend mieux et l’apprécie tout autant.

Après les désastres survenus dans l’album 23 où Alyana, dans le but de sauver les Elfes Blancs, a fait presque pire, elle se retrouve sans pouvoir, affaiblie et en proie aux siens qui voudraient s’en débarrasser, surtout un grand sage.

Une fois de plus, cet album est rempli de faux-semblants, de manigances, de manipulations des foules, et de certains qui voudraient devenir calife à la place du calife, n’hésitant pas à violer les règlements mis en place dans la société des Elfes Blancs.

Quand on veut armer son peuple pour se défendre d’attaques qui n’ont pas lieu (mais qui pourraient, en poussant loin les hypothèses), on a déjà un pied dans la folie, dans le fascisme, dans la dictature, dans le contrôle absolu de tout. Un État ultra sécuritaire n’est pas une solution…

Cet album nous montrera qu’à force de manipuler pour armer ses soldats et tuer ceux qui se mettent en travers de la route, on va droit dans le mur en accomplissant toujours plus de fautes graves, en reniant tout ce qui compte dans la société des Elfes Blancs et à la fin, on devient comme ceux dont on voulait se prémunir : des assassins sans vergogne.

Une histoire classique de prise de pouvoir sur fond de folie sécuritaire, mais une fois de plus, elle est bien racontée, bien mise en scène, servie par des personnages qui ne sont pas manichéens, qui douteront, qui se fourvoieront et qui risqueront eux aussi de sombrer du côté obscur de la Force.

Si le premier tome de la saga était un peu faiblard (mais faudra que je le relise), les deux suivants avaient plus de punch et ce fut un réel plaisir de courir pour sauver ma peau aux côtés de La Poisse, mon petit orkelin vert et Alyana.

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois… Au Royaume des Elfes Blancs, les Orkelins ne comptent pas pour des prunes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°135].

Nains – Tome 19 – Tadgar des errants : Nicolas Jarry et Jean-Paul Bordier

Titre : Nains – Tome 19 – Tadgar des errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (21/10/2020)

Résumé :
Le mal n’a qu’à bien se tenir… parce qu’il a trouvé plus malhonnête que lui !

Tadgar le futé, Lygdr la ténébreuse, Damn la séductrice, Wal le fou-furieux et Akab le vieux prêtre défroqué ont un point en commun : aucune loi n’est sacrée à leurs yeux.

Seule leur importe la liberté, tant qu’elle est assaisonnée d’un bon paquet de talions.

Alors, quand cette équipe de hors-la-loi se fait doubler par un nécromancien et se retrouve avec une armée d’orcs, un mage elfe blanc et une cité-état naine aux trousses, ils décident de faire ce que tout nain sensé ferait à leur place : retrouver le mage noir et lui faire cracher ses dents.

Critique :
Tadgard le roublard, Tadgard le magouillard (le mot vient d’être inventé), Tadgard le salopard, Tadgard le pillard, Tadgard le rusé renard qui sait tenir le crachoir pour vous la foutre dans le lard.

Je pourrais dire aussi qu’il ne semble pas être un manche avec son dard, mais ce serait dévoiler les bijoux de la couronne et lui faire de la pub.

La saga des « Errants » m’avait habitué à de la profondeur et des émotions et voici que je me retrouve avec une bande de Nains voleurs, magouilleurs, chipoteurs, filouteurs (un mot de plus) et une belle bande de bras cassé !

Limite une bande de Charlots, juste que nos trois Nains et nos deux Naines ne sont pas des manches en baston et qu’ils possèdent dans leur bande un espèce de guerrier qui ne désire qu’une chose : vous péter la gueule, vous l’écraser et plus vous êtes, plus il est content.

Pour les émotions, j’en suis quitte pour des sourires et des soupirs devant tant de bêtises car Tadgard est roublard, mais il veut toujours avoir le dernier mot et bien souvent, il fout sa bande un peu plus dans la merde.

Et comment on se sort d’une belle merde ?? En foutant la merde autour de soi et en s’enfonçant un peu plus dans les emmerdes…

Serge Lama chantait ♫ d’aventures en aventures, de trains en trains ♪ et nos 5 bras cassés pourraient chanter ♫ de déconfitures en déconfitures, de pépins en pépins ♪ car toujours ils pataugent dedans.

Anybref, un album qui sort de l’ordinaire, qui est plus fun de par son humour et ses situations cocasses de notre troupe de bras cassés qui n’en rate pas une, tous et toutes autant qu’ils et elles sont. La mauvaise foi, le vol, le chapardage, l’envie, l’alcool, la baston, font partie intégrante de leur vie.

Un album qui ne possède pas des émotions fortes comme les précédents consacrés aux Errants, mais une belle tranche de rigolade et de poisse pour nos héros.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°133].

Nains – Tome 18 – Ararun du Temple : Nicolas Jarry et Paolo Deplano

Titre : Nains – Tome 18 – Ararun du Temple

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Paolo Deplano

Édition : Soleil (26/08/2020)

Résumé :
La cité d’Ysparh est rongée par la corruption. Elle ne tient que grâce à la détermination de sa garde à maintenir l’ordre et l’équité.

Le nain Ararun et l’elfe bleue Antalya en sont les redoutés capitaines, l’un pour la finesse de son esprit, l’autre pour le fil de son épée et les deux pour leur obstination légendaire.

Alors, quand l’un des princes est assassiné avant des élections, ils sont les seuls capables de démêler cette affaire.

Critique :
Sherlock Holmes et Watson en version badass ! Et aussi en version Nain et Elfe, mais ceci est un détail…

Oups, pardon, dans ce cas de figure-ci, Watson, l’Elfe, est une femme…

Mais croyez-vous, faut pas essayer de la lui faire à l’envers ou la sous-estimer, car il vous en cuira…

N’essayez pas non plus de sous-estimer Ararun Sherlock Holmes, le nain, son tranchoir vous coupera en deux.

Nos deux enquêteurs qui bossent dans la garde de la cité d’Ysparh sont appelés pour un crime qui semble avoir eu lieu en chambre close : fenêtres fermées, grande hauteur, sortilèges de protection. L’homme était en politique et se présentait aux élections pour devenir le dirigeant de la cité.

Qui a fait le coup et comment ? Le colonel Moutarde semble innocent et il va falloir interroger tous les malfrats de la ville pour savoir où se cache l’assassin avec lequel notre Ararun Holmes a croisé le fer.

Plus qu’une enquête, c’est aussi une plongée dans la politique et ses magouilles, dans ce que l’Elfe a de plus sombre : son côté obscur. Dans tous les sens du terme.

— Je suis un courtard de terrain, Seigneur Mestre. Si je me lève chaque matin, c’est pas pour administrer les chamailleries entre puissants, c’est pour rendre la justice.

Nos deux incorruptibles forment un duo comique, sans pour autant nous donner des éclats de rire, mais leurs réparties sont amusantes et on les sent complices depuis leur rencontre inopinée quelques années plus tôt.

Les dessins sont un régal pour les yeux, les décors sont remplis de finesse et le scénario n’est pas resté aux abonnés absents car le scénariste a fait ce qu’il fallait pour nous proposer une enquête aux rebondissements multiples, avec de l’action, de la baston, une touche d’humour mais aussi de mélancolie.

Nos deux personnages principaux sont travaillés, nous n’en sauront pas plus pour le moment mais ce qu’il nous est donné est suffisant pour nous faire une idée et s’en faire des amis durablement.

D’ailleurs, je ne suis pas contre une nouvelle aventure de nos deux compères car il y a de la profondeur dans cette bédé et ceux ou celles qui disent que les bédés sont pour les enfants ou sont sans intérêt, passé un certain âge (celui de 12 ans), et bien, ils se fourrent le doigt dans le nez jusqu’au cul !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°126].

 

Elfes – Tome 27 – Les Maîtres Ogham : Nicolas Jarry et Gianluca Maconi

Titre : Elfes – Tome 27 – Les Maîtres Ogham

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Gianluca Maconi & Benoît Bertrand

Édition : Soleil (19/08/2020)

Résumé :
Dans la vieille forêt de Torunn les clans elfes qui la peuplent ont une réputation de sauvagerie. Tant envers les étrangers qu’envers les clans rivaux.

Kaënn l’a appris à ses dépens. Alors qu’il était un jeune enfant, le maître ogham du clan des Hautes Frondaisons a tué son père avant de l’adopter et faire de lui un guerrier.

Kaënn sera déchiré entre la voie de l’honneur qui lui impose le respect de son maître et une voie plus funeste, celle de la vengeance.

Critique :
Les Elfes Sylvains ne sont pas des pacifistes, loin s’en faut !

Différents clans vivent dans le vieille forêt de Torunn et chacun des chefs peuvent défier un autre chef dans un combat à mort où le gagnant rafle tout : le domaine et le clan du vaincu.

Dans toute cette violence, il y a un point positif, c’est que le jeune Kaënn a été adopté par celle qui a décapité son père…

Tout est relatif, je sais…

Anybref, Kaënn est un ado tourmenté, en guerre contre le monde entier, avide de prouver ce qu’il vaut, avide de reconnaissance, de figure paternelle, maternelle…

Un ado, quoi ! Les boutons d’acné en moins et un sabre en bois pourvu d’oghams en plus.

Ogham ? Si les Nains gravent leurs épées, leurs haches, de runes magiques, les Elfes Sylvains gravent leur sabre de bois de signes magiques, appelés oghams. Ce qui rend leur sabre plus solide que le métal, sans avoir dû faire des trous dans la terre pour chercher des métaux. Tiens, on dirait des Hommes, ces Nains qui creusent partout.

Avec  un petit côté samouraï pour les dojos et les combats aux sabres, avec codes d’honneur et tout et tout, cet album reste dans le classique avec un ado (Kaënn) en bute avec ce monde où seul les plus forts gagnent, se cherchant un modèle, en désaccord avec les règles ancestrales et qui possède un maître d’armes assez spécial…

Si j’avais pensé qu’entre Kaënn et son maître D’Arn’Rör allait se jouer un remake Luke/Maître Yoda, je me suis fourrée le doigt dans l’oeil. D’Arn’Rör est politiquement incorrect et boit pour oublier son passé (on ne sait pas ce qu’il s’est passé), tandis que Kaënn se triture les méninges pour se souvenir de son passé qu’il a oublié ou occulté.

Une histoire classique, donc, mais racontée autrement, avec des surprises, des personnages qui ne vont pas là où on le penserait, qui ne font pas ce que l’on croit qu’il vont faire et puis, nul n’est à l’abri d’une magouille ou d’un mensonge dans ces albums et les auteurs aiment souvent nous surprendre, ce qui est toujours agréable, même si on s’était fourvoyé.

Des personnages intéressants, surtout dans le cas de Kaënn qui, n’ayant jamais cessé de critiquer les règles  de sa société, est bien obligé de les appliquer quand même, puisqu’il a promis de se venger. Tout le monde possède ses propres contrariétés en lui. Et puis, qui veut se venger doit creuser deux tombes…

Rien n’est simple dans la vie et rien n’est tout à fait blanc, ni tout à fait noir… Et il n’y pas de pire sourd que celui qui ne veut pas voir et de pire aveugle que celui qui ne veut pas entendre… Ou le contraire ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°124].

Elfes – Tome 25 – Vengeance noire : Christophe Arleston, Dana Dimat & Stefania Aquaro

Titre : Elfes – Tome 25 – Vengeance noire

Scénariste : Christophe Arleston (Marc Hadrien)
Dessinateur : Dana Dimat & Stefania Aquaro (coloriste)

Édition : Soleil (19/06/2019)

Résumé :
À Slurce, de jeunes recrues suivent les apprentissages des mestres pour devenir des mercenaires efficaces et impitoyables. Des épreuves qui feront d’eux les êtres les plus redoutés des Terres d’Arran.

Tandis qu’un groupe de novices affronte les labyrinthes piégés de la forteresse, un vol de dragons largue des rochers et attaque le sanctuaire des elfes noirs.

Tous les mestres s’interrogent : d’où vient cette armée, qui la dirige et dans quel but ?

Critique :
Enfin, le retour de mon Gaw’yn préféré en mode assassin vénère et plus en mode fleur bleue dont j’avais craint qu’il ne finisse, dans le tome 20.

Tome 20 qui nous avait laissé dans un grand suspense avec le départ de mon Elfe Noir pour une vengeance, ce qui le faisait revenir à son statut d’assassin.

C’est ainsi que j’aime ce personnage : impitoyable !

À la citadelle de Slurce, on forme la fine fleur des assassins et pour y arriver, s’il faut tueur l’autre, on le fait sans état d’âme.

Un jour, la moitié d’une classe a été mise à mort par l’autre moitié, ceux qui voulaient survivre… Comme ça, vous savez qu’à Slurce, on ne se fait pas de copains, pas de copines.

Gaw’yn a mené une véritable quête pour trouver le moyen de survivre à la malédiction qui touche les Elfes Noirs et est prêt à tout pour mettre fin à son ordre, à ses mestres et aux abominations qui sont cachées dans les grottes.

Si pour moi les dessins des tomes 5 et 10, exécutés par Ma Yi, étaient les plus beaux, je ne peux pas cracher sur ceux-ci car ils ont un excellent rendu et mettent bien en valeur les décors et les techniques de combats des jeunes recrues de Slurce.

Une fois de plus, nous plongerons dans l’âme noire et sans pitié des apprentis assassins où ce ne sont pas toujours les plus forts qui gagnent, mais les plus rusés, les plus fourbes, les plus salauds, les plus dénués d’émotions et de sentiments.

Whu’yn, Moer’yn et Kart’yn, les disciples de Varh’yn, l’ancien mestre de Gaw’yn qui est déchu pour n’avoir pas su le tuer en feront le constat lorsqu’on les lâchera dans un labyrinthe des plus retors où un seul peut sortir victorieux.

De l’action, des combats, du sang, une vengeance à la hauteur de ses ambitions, mais pas que… Gaw’yn a changé au fil des tomes, il a évolué, réfléchi et il sait ce qu’il veut.

Maintenant, aura-t-il l’aide nécessaire pour arriver à ce qu’il veut faire ? Ça, je ne vous le dirai pas et comme vous, je le saurai au prochain épisode.

Le scénariste Arleston (qui ne publie plus sous son pseudo) a su donner une autre direction à la saga des Elfes Noirs et j’espère que la quête de notre Gaw’yn ne va pas tourner en eau de boudin mais se terminer avec une vraie fin avant que tout ne sombre, maintenant que les zombies ne sont plus là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°148.

 

Elfes – Tome 24 – Le Bagne de Komoorth : Eric Corbeyran et Bojan Vukic

Titre : Elfes – Tome 24 – Le Bagne de Komoorth

Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil (17/04/2019)

Résumé :
Nawel a traduit l’antique grimoire relatant l’histoire de Haarn’al, le premier semi-elfe. Il est temps d’en savoir plus et de se plonger dans l’histoire de celui par qui le rapprochement et la dissension sont arrivés.

Chaque jour, sur un archipel perdu appelé Le Roc, l’ancêtre sacré des semi-elfes reçoit la visite de dizaines de curieux impatients de voir de leurs propres yeux le premier bâtard d’une espèce bâtarde dont l’innombrable descendance peinait à trouver sa place au sein d’un monde qui ne voulait pas d’elle.

Les mains d’Haarn’al possédaient en outre un pouvoir. Elles étaient capables de chasser tous les maux…

Critique :
Si dans la saga des Nains, j’ai un faible pour la caste des Errants, dans celle des Elfes j’ai toujours eu de l’affection pour les semis-elfes qui, tout comme les métisses, appartiennent à deux cultures mais sont rejetés par les deux.

Le cul entre deux chaises, n’étant ni tout à fait des Hommes ni tout à fait des Elfes, ce peuple est réduit à une vie d’errance et de merde.

Même dans la grande saga Elfes on n’arrivait pas vraiment à les caser, chaque album pouvant être lu indépendamment des autres et on ne les a pas fait briller dans la résolution du cas de l’invasion des zombies.

Des laissés-pour-comptes à tous les étages, je vous le dis !

Mais quand on est au fond du trou, la seule solution qui reste, c’est de remonter (ou alors de se laisser mourir) et on peut dire que nos semi-elfes vont faire une remontada digne d’un Napoléon revenant de son exil, avec la rage aux dents. Faudra juste éviter la morne plaine de Waterloo…

Dommage que cet album ne possédait pas plus de planches car il aurait mérité un traitement plus approfondi que ce qu’il a eu.

Le dilemme est là : en soi, l’histoire aurait été plus courte si le scénariste n’avait pas développé les histoires de deux des personnages principaux : Tein-Nooh et Oranth’al, la soeur ancienne gladiatrice dans une arène et le frangin ancien guerrier-moine défroqué.

Leurs enfances fut misérable, Dickens n’était pas loin, Hugo non plus. Heureusement que leur père littéraire les a dotés d’un caractère en acier trempé et d’une science du combat (qu’on leur a appris).

Problème, lorsqu’on raconte ses histoires personnelles, l’Histoire centrale, elle, s’en trouve réduite. Ou alors, faut faire un ajout d’une dizaine de planches et faire grossir l’album.

Développer les récits de nos deux Mad Max était une excellente chose, mais j’aurais aimé en savoir plus sur celle du bagne de Komoorth, où l’on vous emprisonne pour un rien et surtout parce que vous êtes un semi-elfe… Vous voyez le parallèle avec notre Histoire à nous ?

Autre parallèle avec les moines guerriers qui combattent l’injustice mais qui eux-mêmes sont injustes… On connaît ça aussi.

Vraiment dommage que l’album n’ait pas été plus long car il y avait matière à faire plus, à pousser un peu plus loin la réflexion car les semis-elfes méritent mieux que des histoires sans réel fil conducteur.

Dans la saga des Nains, la caste des Errants est jusqu’à présent très poussée, très profonde, bourrée d’émotions en tout genre et les semis-elfes auraient mérité le même traitement car ils sont pareils que les Errants.

Malgré tout, les auteurs ont réussi à transformer la donne et à donner un Nouvel Espoir à nos semis-elfes, ceux qui ont été toute leur vie le cul entre deux chaises…

À voir dans le prochain tome quelle direction nos auteurs vont donner à nos Elfes à moitié.

♫ Les portes du pénitencier, bientôt vont se fermer ♪ (ou s’ouvrir).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°144.

Nains – Tome 16 – Tala de la Forge : Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 16 – Tala de la Forge

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil (23/10/2019)

Résumé :
Tala est une soeur de la loge de Vaha. Depuis la nuit des temps, sa loge protège les terres d’Arran en conservant en sa citadelle les runes oubliées des nains, qui autrefois menèrent le monde au bord de sa destruction.

La guerrière rentre d’un périple de plusieurs lunes qui l’a menée jusqu’à la cité d’Ardërum-Draz, à la recherche de la rune divine d’Immortalité.

Des cinq soeurs qui sont parties, seule Eti et elle ont survécu. Car ce qu’elles avaient oublié, c’est que tout trésor a son gardien.

Critique :
J’adore lorsque Nicolas Jarry met en scène des bavettes, dans la saga Nains parce que bien souvent, nous sommes face à des Naines qui en ont dans le cerveau et en dans la culotte, qu’elle soit en dentelle ou non.

Petit aparté : existe-t-il une étude complète sur le types de sous-vêtements que portent les Nains et les Naines dans les Terres d’Arran ??

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt, à notre guerrière Tala qui porte la cartographe de leur Loge, Eti, inanimée, dans un froid de gueux et un blizzard à ne pas mettre un Yéti dehors.

Le scénariste aurait pu commencer par le commencement et nous dérouler leur périple par le commencement, mais cela n’aurait pas eu le même impact, pas eu la même saveur.

En utilisant la vieille technique des flash-back, toujours à bon escient, et toujours par petits morceaux, il nous permet ainsi de ne pas en découvrir trop dès le départ, aiguisant par là notre appétit et nous attirant avec ses petits morceaux de pain dans la trame démente de son histoire.

Démente mais cohérente, comme toujours. Une fois de plus, les Classiques sont de sorties comme l’amitié, l’envie, le pouvoir à n’importe quel prix (si un carriériste lit l’album, il avalera de travers), la vie éternelle, les complots, les magouilles, la magie noire (tiens, elle est étrangère à notre Monde, celle-là) et le sacrifice de sa vie pour autrui.

La Loge de Vaha est une loge composée uniquement de Naines, ce qui donne l’occasion à l’auteur a sortir tous les poncifs qu’un Mâle, qui se croit supérieur, peut sortir à une Naine lorsque celle-ci vit au milieu d’autres Naines… Comme dans notre société humaine.

La société des Nains est très virile, très machiste, très phallocrate et pense que la place de la femme est derrière ses fourneaux à s’occuper des chiards et que dans cette Loge de Vaha, toutes les filles se broutent le nénuphar comme si chez les guerriers Nains, on  se suçait le pieutard l’un l’autre.

Anybref, ce qui fait la force de cet album, en plus des superbes dessins de notre habitué de la saga « de la Forge », ce sont les personnages : profonds, détaillés, forts, qui marquent, bourrés de mystères et qui peuvent surprendre au moment où l’on ne s’y attend pas.

Mais aussi les guest star qui viennent montrer leur renifloir, comme Ulrog, le frère de Jorun et fils tout deux de Redwin, ZE guerrier OF THE Nains.

Ce sont aussi les classiques tels que ceux qui veulent vivre éternellement, qui veulent donner la force à leur ordre et qui, pour ça, n’hésiteront pas à tuer, mutiler, torturer, et plus, si affinités, pour arriver à leur but personnel.

C’est aussi l’Elfe Blanc qui use de magie noire et qui nous suit à la trace comme l’odeur d’une merde de chien lorsqu’on a marché dedans, les sales monstres aux grandes dents en plus…

Est-ce que Tala arrivera à comprendre ce qui lui arrive et ce qui s’est passé à un moment donné de leur quête pour cette Rune d’immortalité ? Va falloir être le détective de sa propre mémoire pour y arriver…. Mais Tala est fortiche.

Tala, c’est aussi l’amûr, l’amitié, la rage, le don de soi, les mystères, le suspense, le souffle de la grande aventure et quelques secrets dévoilés qui font lever la tête des habitués de la saga, tel un paparazzi qui flairerait le bon scoop.

Une fois de plus, un putain d’excellent album, à placer dans mes préférés, dans ceux qui m’ont fait vibrer un max et apportés une sacré dose d’émotions fortes.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°142.