Différentes Saisons : Stephen King

Titre : Différentes Saisons

Auteur : Stephen King
Édition : Livre de Poche (2021) – 735 pages
Édition Originale : Different Seasons (1982)
Traduction : Pierre Alien

Résumé :
Recueil de nouvelles :
« Un innocent condamné à perpétuité cherche à s’évader ; un jeune garçon démasque un ancien nazi dans une petite ville de Californie ; des gamins partent à la recherche d’un cadavre ; un médecin raconte l’histoire d’une jeune femme célibataire et enceinte dans les années 30…

Rien de commun, en apparence, entre ces quatre thèmes. Mais derrière ces héros d’âges et de milieux très différents, c’est la société américaine que dissèque Stephen King, avec le souci du détail et du mot juste, le sens de l’observation, du suspense et de l’humour noir qui le caractérisent.

L’Amérique ne sort pas indemne de cette vivisection. Nous non plus… »

*Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank (Rita Hayworth and Shawshank Redemption)
*Un élève doué (Apt pupil)
*Le Corps (The Body)
*La Méthode respiratoire (The Breathing Method)

Critique :
He oui, je n’ai pas encore tout lu du King ! Il me reste encore des pépites à découvrir et c’est ce que je fais, selon mes envies.

Le format des nouvelles est bien adapté au King, lui qui peut te faire trembler, t’emporter, te faire tout oublier, avec peu de pages ou avec un gros pavé bien épais.

La première nouvelle, adaptée en film (Shawshank Redemption), ne fout pas les chocottes à proprement parler. Il m’a fallu des années avant de visionner enfin le film et j’avais adoré (me demandez pas pourquoi j’ai mis autant de temps avant de le voir).

Connaissant la fin et le truc, je n’ai pas frémi autant que je l’aurais fait, si j’avais été vierge de toutes révélations, mais malgré tout, cette première nouvelle, c’était le pied ! L’Amérique n’en sort absolument pas grandie, son système carcéral non plus.

La deuxième, pas contre, m’a mise mal à l’aise dans ce face à face entre un gamin de 14 ans et un ancien nazi. Croyez-moi, l’innocence n’est pas là où on pourrait le penser et le tortionnaire n’est pas toujours le nazi vieillissant ! Lorsque l’on contemple l’abyme, l’abyme regarde en nous.

Alors que je m’attendais à ce que le King suive une certaine direction, celui-ci m’a prise par surprise en allant là où je ne m’y attendais pas et mon mal-être a augmenté (pour mon plus grand bonheur de lectrice) au fil de son récit.

Une des grandes forces de Stephen King, c’est d’aller là où ne l’attend pas, de surprendre son lecteur, de le retourner comme une crêpe avant de l’engloutir dans une grande bouchée. J’ai été captivée par cette grande nouvelle, mais j’étais aussi contente de la terminer tant elle m’a donné des sueurs froides. J’en redemande !

La troisième m’a fait un bien fou car elle mettait en scène une bande de quatre gamins partant à l’aventure pour tenter de voir le cadavre.

Le récit est rempli de poésie, de rires, d’aventures un peu folle, d’amitié qui lie ces quatre gamins différents. Le King est très fort lorsqu’il prend pour personnages principaux des enfants. C’est toujours d’une justesse absolue et on se prend souvent en amitié pour ces enfants.

Hélas, tout n’est pas toujours rose dans la vie et il n’oublie jamais de mettre en scène une certaine ruralité, une certaine pauvreté de l’Amérique, aux travers de ses différents personnages.

Comme toujours, cette Amérique blanche n’en sort pas grandie. C’est la triste réalité qui y est décrite, sous le couvert d’une aventure comme on aurait aimé en vivre une, lorsque nous avions leur âge.

La quatrième et dernière nouvelle m’a moins emballée. Elle concerne un club où chacun, à tour de rôle, raconte une histoire terrifiante. J’ai eu du mal à entrer dans le récit et mon attention s’est échappée, partant ailleurs, ce qui fait que j’ai lu le récit sans en profiter vraiment, ramant même à certains moments.

Pourtant, il y avait aussi des vérités criantes dans ce récit, dont le fait qu’à une certaine époque, être mère célibataire était super mal vu.

Malgré tout, elle possédait un putain d’élément fantastique qui m’a fait flipper à fond et donné des frissons d’angoisse lorsque j’imaginais la scène de l’accouchement. Elle serait parfaite pour raconter devant un feu de camp et foutre la trouille à toute une troupe de gamin.

Mon verdict est que j’ai bien aimé ce recueil, même si la dernière m’a moins emballée que les trois autres, sauf pour son élément fantastique horrible.

Cela change aussi de lire du Stephen King dans un élément qui n’était pas habituel à l’époque om fut publié ce recueil car il sortait un peu de récits horrifiques qui était sa marque de fabrique.

Au lieu de jouer avec les monstres sous le lit, il joue avec la psychologie des personnages, nous donne des duels entre un gamin et un ancien nazi (qui foutent sacrément mal à l’aise) ou des morceaux d’amitié pure et dure, avant qu’elle ne se casse, comme cela arrive souvent lorsque les gosses grandissent et que les amis d’hier prennent leurs distances.

Malgré mon petit bémol pour la quatrième histoire (qui n’est qu’une histoire de goût ou d’esprit qui n’accroche pas), ce recueil de quatre nouvelles du King est à découvrir (si ce n’est déjà fait, tout le monde ne peut pas être en retard comme moi) car on est tout de même face à des jolies pépites qui parlent de l’Amérique, de ses travers, de sa société…

Le tout raconté aux travers de récit palpitant, beaux, poétiques ou psychologiquement très fort.

Lu dans sa version Livre de Poche de 735 pages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°37] et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

Joe : Larry Brown

Titre : Joe

Auteur : Larry Brown
Édition : Folio (2001) / Gallmeister Totem (2014/2018)
Édition Originale : Joe (1991)
Traduction : Lili Sztajn

Résumé :
Gary Jones a peut-être bien quinze ans. Sa famille vagabonde, arpente les rues et les bois du Mississippi tandis qu’il rêve d’échapper à cette vie, à l’emprise de son bon à rien d’ivrogne de père.

Joe Ransom a la quarantaine bien sonnée. Il ne dénombre plus les bouteilles éclusées et les rixes déclenchées.

Lorsqu’il croise le chemin de Gary, sauver le jeune garçon devient pour Joe l’occasion d’expier ses péchés et de compter enfin pour quelqu’un.

Ensemble, ils vont avancer et tracer à deux un cours sinueux, qui pourrait bien mener au désastre… ou à la rédemption.

Critique :
♪ Hey Joe, where you goin’ with that gun in your hand ? ♫ (*)

Oui, Joe a un flingue sous le siège de sa voiture et oui, faut pas emmerder Joe…

Joe, il faut aussi le taxi, chargeant ses journaliers, des pauvres hommes Noirs, qu’il emmène faire bosser dans la forêt où ils doivent empoisonner des arbres afin d’en planter des autres, de ceux qui rapporteront du fric.

Le titre du roman est court, peu recherché, mais l’important est ce qui se trouve dedans : un pur roman noir de chez noir, aussi sombre que dans le trou du cul d’une taupe, occupée à creuser une galerie, au fond d’une mine, à minuit, par une nuit sans lune.

Tous les niveaux de sombritude sont cochés et on ne ressort pas de cette lecture en sautillant gaiement. Oubliez le pays des Bisounours, ici, c’est l’alcool qui sert à supporter des vies de misères, des boulots de merde, où l’on trime beaucoup pour gagner peu.

L’auteur prendra le temps avant de nous amener à la rencontre entre Joe Ransom, quadra qu’il ne faut pas faire chier et Gary Jones, gamin de 15 ans, analphabète qui ne sait rien de la vie, trop occupé qu’il fut à suivre ses parents dans plusieurs états.

Les descriptions des différents personnages qui hantent ces pages sont flamboyantes, profondes, détaillées. Des vies de misère, de crève-la-faim, de débrouillardises, de petits trafics en tout genre sont décrites au scalpel et les décors sont grandeurs nature, pollués aussi, puisque tout le monde jette ses canettes ou bouteilles par le fenêtre de son pick-up.

Dans cette petite ville du Mississippi que l’on pourrait appeler Bouseville ou Ploucville, le temps semble s’être arrêté. C’est une chape de plomb qui pèsera sur les épaules du lecteur qui a osé s’aventurer ici. Sans compter les tripes qui vont se serrer en voyant tout ce que Wade fait subir à ses enfants, notamment à son gamin, Gary.

Le père Jones, le fameux Wade, est LE personnage que l’on a envie de noyer dans la rivière du coin avant de creuser un grand trou pour l’y enterrer. Si les autres personnages traînent des casseroles à leurs culs de bouseux, lui, il a la collection complète.

Cet homme est égoïste, fainéant, alcoolique, voleur, menteur, exploiteur et j’en passe. Décapsuler une bière dans son périmètre est aussi dangereux que d’ouvrir une boîte de thon dans une pièce remplie de chats affamés.

Certains romans noirs sont poisseux de sang, « Joe » est un roman noir poisseux de misère. Les portraits sont esquissés avec justesse, ils sont fouillés, réalistes, certains sont même fait avec tendresse (John Coleman). Mais c’est noir de chez noir, sans espoir. Criant de vérité, de désespoir, de sueur, de sang, de saloperie…

Bref, la ruralité que l’on n’a pas envie d’arpenter en vrai mais qui nous plait vachement bien en version littéraire. Ce roman noir, c’est l’Amérique archi profonde, pauvre, alcoolique, minable où les gens triment du matin au soir pour gagner quelques sous.

(*) Hey Joe – Jimi Hendrix

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°35].

Calvin et Hobbes – Tome 5 – Fini de rire ! : Bill Watterson

Titre : Calvin et Hobbes – Tome 5 – Fini de rire !

Scénariste : Bill Watterson
Dessinateur : Bill Watterson

Édition : Hors collection (1993/2010)

Résumé :
Calvin est un petit garçon comme les autres qui adorent se raconter des histoires. Il imagine des aventures extraordinaires avec tigre en peluche, Hobbes, doué de parole.

Une création originale de Bill Watterson, qui a su séduire un large public par son inventivité, son humour et son intelligence.

Critique :
Ah, ces chers amis que sont Calvin & Hobbes ! Ce petit garçon effronté qui n’aime pas l’école et son tigre philosophe…

Leurs réparties sont toujours pleines d’humour, de réflexions sur la vie, la société, l’école…

C’est décalé, tendre, humoristique et plein de bon sens.

Entre la mère qui n’en peut plus, le père qui manie les sarcasmes autant que le tigre Hobbes et Calvin, ce sale gamin paresseux, qui n’aime pas se laver, se lever, aller à l’école, en vacances, qui est un peu cupide, emmerdeur, râleur, de mauvaise humeur, tyrannique…

Non, on ne voudrait pas Calvin comme gamin, pourtant, il est aussi blagueur, rêveur, naïf et bourré d’imagination puisque sa peluche est son meilleur ami et qu’il a des conversations hautement intelligentes avec.

Je me suis bien amusée avec les gags sous la neige ou ceux avec Rosaline, la baby-sitter. La pauvre fille, obligée de garder ce garnement de Calvin, jamais à court d’idées vaches pour aller dormir plus tard, obtenir des pizzas et un magnéto (les plus jeunes iront demander à Gogole ce qu’est un magnéto).

Dans son impatience de manger ses céréales afin d’avoir 4 preuves d’achat pour obtenir une casquette à hélice, Calvin est de nouveau drôle, rusé et impatient. Et le final est tellement vrai !

En fait, Calvin et moi avons un point commun : nous détestons l’école ! Moi aussi je m’emmerdais ferme le dimanche, alors que j’aurais aimé faire des tas de choses durant les quelques heures de liberté chérie qu’il me restait avant d’aller manger, me laver et au dodo. Comme lui, je tournais en rond et bingo, le lundi matin, j’avais plein d’idées d’occupations, mais c’était trop tard…

Calvin et moi, nous sommes des incompris… Moi non plus j’aimais pas les devoirs à faire.

Encore un grand moment de philosophie de passé avec ce garnement de Calvin et ce diabolique tigre de Hobbes.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°78] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 61 pages).

Là où vont les belles choses : Michelle Sacks

Titre : Là où vont les belles choses

Auteur : Michelle Sacks
Édition : Belfond (06/05/2021)
Édition Originale : All the lost things
Traduction : Romain Guillou

Résumé :
Dolly est contente. Elle et son papa sont partis en voiture pour vivre une aventure. Ils changent d’hôtel tous les soirs, voyagent la journée, mangent des burgers et boivent du Coca. Maman ne serait pas ravie, mais ça lui apprendra à partir en week-end sans eux.

Bien sûr, il y a ces soirs où sa mère lui manque, où son père s’énerve, mais dans ces moments-là Dolly a toujours sa jumelle Clemesta à qui raconter ses soucis.

Ce que Dolly ne dit pas, c’est que cette aventure ressemble plutôt à une fuite. Que sa mère n’est pas partie en week-end. Que son père se conduit de plus en plus bizarrement. Et que Clemesta, si elle lui apporte le réconfort qui lui manque tant, ne peut pas lui répondre.

Les kilomètres défilent, un État succède à l’autre, les belles promesses virent au cauchemar, le destin de Dolly est sur le point de basculer…

Critique :
Dolly, jeune fille de 7 ans, a l’esprit bien affuté, les pensées qui vagabondent et elle était toute contente de partir à l’aventure avec son père et sa jumelle, Clemesta, un cheval en plastique, son doudou, sa conscience, sa Jiminy Cricket.

J’aurais dû prendre un pied fabuleux dans ce roman qui met face-à-face la poésie d’un enfant face à la duplicité d’un adulte, j’aurais dû avoir les yeux qui brillaient en suivant le récit de Dolly, ses conversations imaginaires avec son cheval en plastique qui semblait doué d’une vie propre, comme le tigre Hobbes du petit Calvin.

Ben non ! Comprenne qui pourra, moi je ne cherche plus à comprendre pourquoi je cale avec des romans que j’ai fluoré en jaune flashy parce que je voulais absolument les découvrir, avant de passer totalement à côté lors de ma lecture.

Bizarrement, le courant n’est jamais passé entre moi et Dolly…

L’auteure a pris un risque en confiant la narration à Dolly, ça passait ou ça cassait. Dans d’autres romans, c’est passé merveilleusement bien et là, j’ai calé presque directement. Oui, l’horreur, après quelques lignes, je sentais que ça n’allait pas le faire, que les réflexions de Dolly allaient me flinguer la lecture.

Et ça ne l’a jamais fait, malgré que je me sois accrochée à toutes les pages de ce road-trip dont on comprend très vite qu’il n’est qu’une fuite en avant et que Dolly ne veut pas voir la réalité en face, alors que Clemesta, le cheval plastique, lui souffle la triste réalité.

Par contre, c’était intelligent de donner la parole à un doudou, à un cheval en plastique car c’est une belle métaphore sur le passage de l’enfance à celui de la raison, l’âge où les gosses remisent le doudou dans un placard, l’oubliant totalement, n’ayant plus besoin de lui.

Le côté fantasmé du père est lui aussi bien mis en scène, Dolly vouant un culte à son papa, occultant volontairement ses zones d’ombres, sa violence, le transformant à ce moment là en un ours en colère. Dolly est dans le déni.

C’est subtil, ces métaphores enfantines sont facilement compréhensibles pour le lecteur qui additionnera tous les indices et saura que l’on se dirige vers un drame absolu.

Tout cela aurait dû m’émouvoir, m’apporter des émotions en vrac et ce fut un bide total de mon côté, ce qui m’énerve car ce roman me tentait plus que tout et que toutes les critiques sur Babelio sont bonnes. Une fois de plus, je vais à contre-courant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°20].

L’Arabe du futur – Tome 1 – 1978-1984 : Riad Sattouf

Titre : L’Arabe du futur – Tome 1 – 1978-1984

Scénariste : Riad Sattouf
Dessinateur : Riad Sattouf

Édition : Allary (2014)

Résumé :
Un roman graphique où Riad Sattouf raconte sa jeunesse dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez al-Assad.

Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur.

Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle.

Son père, lui, n’a qu’une idée en tête: que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.

Critique :
Cela faisait longtemps que j’entendais parler de cette bédé graphique et j’ai eu envie de découvrir la jeunesse de l’auteur en Lybie avant de se retrouver en Syrie.

Pas facile d’éduquer un enfant lorsque les parents sont issus de cultures différentes. La mère est Française et le père est Syrien.

Libéral, Abdel-Razak Sattouf ne pratique pas la religion mais est pétri de contradiction car il est interdit de manquer de respect à Dieu.

Dans la Lybie de Kadhafi, personne ne meurt de faim, tout le monde a un travail et un toit sur sa tête… Oui, mais à quelles conditions ! Horribles…

Les maisons ne peuvent posséder de serrure et elle appartient au premier qui entre dedans (même si vous y étiez avant), pour la nourriture, ce sont des colis et c’est pas la gloire, quand au travail, on dirait que personne ne bosse sur les chantiers et en plus, demain, on peut vous permuter avec un autre travailleur. Vous étiez prof et demain vous pouvez être paysan. Le paysan fera votre job de prof.

Je ne suis pas fan des dessins, mais ils donnent un petit air amusants aux situations qui ne le sont pas toujours. Les tons monochromes changent selon le pays où se déroule l’histoire et ne m’ont pas dérangés durant la lecture.

Ce qui m’a gêné un peu, ce sont les comportements des différents personnages. La mère de Riad est quasi muette, ne se rebelle jamais, ne donne jamais son avis, elle est aussi transparente qu’une ombre alors qu’il y a des situations où elle aurait dû se rebeller.

Son père est pétri de contradictions, adorateurs des dictateurs, de la guerre (mais il a fait en sorte de ne pas faire son service militaire), beau parleur, rêveur et pense que tous les français sont racistes alors que lui même traite les Africains de Négros.

Quant aux enfants qui croiseront la route du petit Riad en France, ils ont l’air d’être tout droit sorti d’un asile psychiatrique…

Ok, à 4 ans, nous ne devions pas être des enfants intelligents, mais ici, même leurs comportements sont totalement barrés. À la limite de la glauquitude et du malaise. Non, je ne me souviens pas de mes 4 ans, encore moins de mes 6 ans, si je devais les illustrer, je serais bien en peine de le faire, n’ayant plus de souvenirs. Riad Sattouf a, par contre, une excellente mémoire, lui !

Les clichés sont eux aussi de mises. Les années 70/80 étaient un magnifique terreau pour que les commentaires sexistes poussent comme des chiendents et le grand-père du petit Riad a du recevoir de l’engrais à fond !

Je ne sais si l’auteur a voulu illustrer la mentalité de l’époque, la présenter comme il la voyait avec ses yeux d’enfant où si son grand-père maternel était ainsi…

Pareil pour sa grand-mère paternelle et le frère aîné de son père qui réunissent, à eux seuls, bien des clichés, sans pour autant les rendre drôles. Les adultes paraissent toujours bizarres aux yeux des enfants, mais là, ils m’ont paru bizarre à l’adulte que je suis. Et lorsqu’ils arriveront en Syrie, ce sera encore pire !

En tout cas, l’auteur a bien illustré le changement de comportement de son père, une fois de retour dans son pays natal après 17 ans d’exil. La pression de la famille, la peur de ne pas faire comme les autres le pousseront à adopter les comportements, les réflexions, les habitudes vestimentaires des syriens, à répéter leurs idées préconçues, à voir Satan partout, surtout dans les femmes…

En lisant cette bédé, j’ai appris plein de choses sur la vie en Tunisie et en Syrie… À se demander ce que le père du petit Riad trouvait de chouette à vivre là-bas, hormis le gros salaire qu’il touchait en Tunisie, pour le reste, sa vie aurait été meilleure en France, mais jamais il ne fera l’effort de s’y installer, préférant ne voir que ce qui l’arrange. Une mauvaise foi pareille, c’est affligeant ! À tel point que ça devenait lourd au fur et à mesure de ma lecture.

Pour les clichés, je reste dubitative… Étaient-ils réels (et alors, ce n’étaient pas des clichés), était-ce juste les souvenirs brumeux de l’enfant qu’était Riad Sattouf ou sont-ils juste ce que la majorité des occidentaux pensaient des musulmans dans les années 80 ? Je ne le saurai sans doute jamais…

Je n’ai rien contre les stéréotypes quand ils sont utilisés à bon escient pour faire rire (comme dans Astérix), pour piquer ceux qui les utilisent encore et toujours… Ici, c’était un vrai festival et j’étais contente d’arriver à la fin de cette lecture car cela devenait lourd.

Pas tout à fait conquise par cette bédé, malgré tout, je continuerai à lire la suite dès que l’occasion se présentera afin de savoir comment tout cela va finir…

Le père de Riad va-t-il enfin arrêter sa mauvaise foi horripilante et sa conversion religieuse (lui qui ne croyait en rien et mangeait du porc en France) ? Sa mère va-t-elle enfin entrer en révolution ?

Le Ciel à bout portant : Jorge Franco

Titre : Le Ciel à bout portant

Auteur : Jorge Franco
Édition : Métailié (16/01/2020)
Édition Originale : El cielo a tiros (2018)
Traduction : René Solis

Résumé :
Si une des grandes questions de la littérature est comment “tuer” le père, que faire quand son propre père a été le bras droit de l’un des plus grands assassins du pays ?

Larry arrive à Medellín douze ans après la disparition de son père, un mafieux proche de Pablo Escobar.

À son arrivée, ce n’est pas sa mère, l’ex-Miss Medellín, qui l’attend, mais Pedro, son ami d’enfance, qui vient le chercher pour le plonger dans l’Alborada, une fête populaire de pétards, de feux d’artifice et d’alcool où tous perdent la tête.

Larry retrouve son passé familial et une ville encore marquée par l’époque la plus sombre de l’histoire du pays. Il ne pense qu’à fuir son enfance étrange liée au monde de la drogue. Mais il cherche aussi une jeune fille en pleurs rencontrée dans l’avion et dont il est tombé amoureux.

Entrecroisant des plans différents, Jorge Franco, étonnant de maîtrise narrative, fait le portrait de la génération des enfants du narcotrafic, qui sont de fait les victimes de leurs pères, et nous interroge sur l’importance de la mémoire pour que l’histoire ne se répète pas.

Une construction impeccable et des personnages ambigus et captivants : un roman qui ne vous laisse aucune trêve et qu’on dévore, fasciné.

Critique :
Larry aurait pu avoir pour père un cassos, il a eu un narcos… Un proche de Pablo Escobar et il ne s’occupait pas de beurrer les tartines.

Dans les deux cas, il est très difficile de sortir de sa condition, elle vous colle à la peau, vous êtes « le fils de… » et si quand Escobar était le chef, tout allait bien pour vous, une fois qu’il s’est fait descendre, la vita di merda a commencé.

La construction narrative de ce roman noir n’est pas linéaire, mais elle est constituée de trois récits à des époques différentes : celui de Larry qui revient en avion à Medellín ; ce qu’il se déroule maintenant depuis son retour et enfin, ses souvenirs de jeunesse, lorsque son père était un proche d’Escobar et ce qu’il s’est passé quand le chef fut abattu le le 2 décembre 1993.

Est-ce que la ville a changé depuis qu’Escobar est mort ? Oui et non… Mais si l’on gratte un peu, si l’on se donne la peine de regarder de plus près, on se rend compte que tout compte, pas grand-chose n’a changé, même si, vu d’ici, les apparences donnent à penser que oui.

Le récit de Larry est intéressant au plus haut point car il met en avant les hypocrisies des uns, les amis d’avant qui vous lâchent ensuite, ceux qui avaient peur et qui se déchaîne, maintenant que la Bête est morte.

Notre narrateur n’est pas tendre, appelle un chat « un chat » et si la violence n’est pas très présente dans ce récit, on la sent tapie non loin, prête à surgir, en tapinois. Elle est plus suggérée que mise en scène.

Les blessures de Larry sont profondes et en Colombie, il lui est difficile d’échapper à son statut de « Fils de Libardo », alors qu’à Londres, il se fond dans la masse, anonyme.

Comme Larry qui tombe de sommeil et qui aimerait dormir de tout son soûl mais qui en sera empêché par moult personne, le lecteur n’aura pas le temps de s’embêter, sans pour autant que le récit aille à cent à l’heure. C’est juste qu’il est intéressant à lire, de par la multitude des portraits des personnages et dont aucun n’est sans consistance. Mention spéciale à la mère le Larry, ex-Miss Medellín, à qui ont a envie de coller des baffes bien souvent.

Sans en faire trop, l’auteur nous immerge totalement en Colombie, à Medellín, grâce à ses personnages travaillés qui seront nos guides dans le présent et le passé et qui, au travers de leur récit, de leurs souvenirs, tenterons de nous expliquer ce qu’est la ville de Medellín, la Colombie et ses habitants.

Tragique mais poétique car l’écriture, sans être excessive, était d’une justesse que j’ai apprécié.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°245] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Mafalda – Tome 03 – Mafalda revient : Quino

Titre : Mafalda – Tome 03 – Mafalda revient

Scénariste : Quino
Dessinateur : Quino

Édition : Glénat (1980 – 20210)

Résumé :
On ne présente plus Mafalda, petite fille vive qui découvre la vie, ses joies, ses absurdités et ses horreurs. À travers l’éveil d’un enfant Quino nous livre sa réflexion sur le monde et sur l’étrange animal qui le peuple : l’être humain.

Critique :
Mafalda est une fois de plus en très grande forme ! Mieux que le Monde qui, souffrant de partout, est alité. Mafalda n’a pas tort, il souffre, le Monde et elle le veille.

Qui mieux que cette petite gamine pourrait mettre le doigt sur tout ce qui ne va pas dans le monde, à l’étranger comme dans son pays, l’Argentine ?

Toujours dans un style épuré, Quino continue de faire évoluer Mafalda dans ses réflexions sur un peu tout les sujets et pas que les politiques.

Grinçante, caustique, amusante, philosophe, cette gamine en jupe courte et ses amis m’ont encore fait passer un bon moment avec leur grippe, leurs caramels mous, l’incompétence de Manolito à l’école, ses coupures pubs, Felipe et son amour pour les westerns,…

Mafalda, c’est à lire quand tout va mal ou quand tout va bien car c’est un plaisir sans fin que de la lire, la relire, la découvrir ou y revenir.

Le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021. et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 48 pages.

Le démon de la colline aux loups : Dimitri Rouchon-Borie

Titre : Le démon de la colline aux loups

Auteur : Dimitri Rouchon-Borie
Édition : Le Tripode (07/01/2021)

Résumé :
Un homme se retrouve en prison. Brutalisé dans sa mémoire et dans sa chair, il décide avant de mourir de nous livrer le récit de son destin.

Écrit dans un élan vertigineux, porté par une langue aussi fulgurante que bienveillante, Le Démon de la Colline aux Loups raconte un être, son enfance perdue, sa vie emplie de violence, de douleur et de rage, d’amour et de passion, de moments de lumière… Il dit sa solitude, immense, la condition humaine.

Le Démon de la Colline aux Loups est un premier roman. C’est surtout un flot ininterrompu d’images et de sensations, un texte étourdissant, une révélation littéraire.

Critique :
Lorsque j’ai ouvert ce roman, je ne m’attendais pas à prendre une telle claque dans ma gueule.

Pire, j’ai même froncé les sourcils devant le style d’écriture qui semblait avoir été fait par une personne peu instruite, ne possédant pas beaucoup de langage (ou de parlement, comme le dit notre narrateur), avec peu de ponctuation dans les phrases et dont les dialogues étaient inclus dans les blocs de texte.

Je disais à la nuit tu ne me feras pas peur j’ai plus noir que toi dans mon enfance.

Imbécile que j’étais et je m’en suis très vite rendu compte ensuite que le style d’écriture était parfaitement adapté au texte de la confession que nous livre un jeune homme en prison et dont nous ne savons encore rien pour le moment de ses crimes.

C’est pas son enfance qu’il commencera son récit, après nous avoir parlé un peu de la prison.

Imaginez des parents qui ne méritent pas le nom de parents… Imaginez l’inimaginable et vous aurez un bon départ pour ce roman dur, âpre, où j’ai souvent fermé les yeux, le coeur au bord des lèvres devant tant d’inhumanité. Les mots me manquent… Il n’y a pas de mots. Il n’y a plus de mots.

Jai été tentée de blinder mon esprit et mon coeur. Je l’ai fait en partie mais les mots m’ont atteint de plein fouet, telles les balles d’un fusil. Sans pour autant que l’auteur ait fait du glauque juste pour le plaisir d’en faire.

Comment des enfants peuvent-ils arriver à s’épanouir après avoir vécu ainsi ? Il faut de la force, du courage et pas de démon ancré dans son corps. Et notre jeune garçon (je ne vous donnerai pas son prénom dans ma chronique) va avoir bien du mal à se reconstruire, lui qui n’a jamais vécu comme un enfant normal, lui qui ne savait pas à quoi servait des crayons de couleurs.

Oui, les mots de l’auteur m’ont pété dans la gueule, son personnage principal m’a émue aux larmes, ce petit garçon qui a dû grandir comme il le pouvait, avec des traumatismes et le sentiment qu’il n’arriverait jamais à s’insérer dans notre société.

Avec ses mots à lui, avec beaucoup de naïveté, notre jeune narrateur va nous conter sa vie de misère, nous parler du père et de la mère, de ses frères, soeurs, de l’école et de son démon intérieur.

Durant tout le récit, on a envie de prier qu’il trouve le chemin pour s’en sortir, pour guérir. Et lui, il continue de mettre des mots sur ses maux, avec naïveté mais aussi avec de la profondeur car c’est tout un pan de la justice que l’auteur met en scène, avec les circonstances atténuantes, la culpabilité, la juste punition et celle qui ne rendra jamais justice, quelque que soit la peine car certaines choses sont irréparables.

Il aborde aussi d’autres thématiques comme l’enfer qui est toujours pavé de bonnes intentions, l’hérédité, le conditionnement, le mal que l’on fait bien et le bien que l’on fait mal.

Un récit percutant, dur, violent, brut de décoffrage avec cette économie de ponctuation (rassurez-vous, en lisant, vous la ferez vous même sans soucis), ces mots qui semblent légers mais qui pèsent comme un cheval mort.

Anybref, ce roman, c’est une tempête émotionnelle, c’est sombre, mais aussi lumineux car notre narrateur, malgré ses crimes, ses erreurs, ses errances, est resté un personnage pour lequel on ne peut avoir que de l’empathie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°241].

L’ami : Tiffany Tavernier

Titre : L’ami

Auteur : Tiffany Tavernier
Édition : Sabine Wespieser (07/01/2021)

Résumé :
Un samedi matin comme un autre, Thierry entend des bruits de moteur inhabituels tandis qu’il s’apprête à partir à la rivière. La scène qu’il découvre en sortant de chez lui est proprement impensable : des individus casqués, arme au poing, des voitures de police, une ambulance.

Tout va très vite, et c’est en état de choc qu’il apprend l’arrestation de ses voisins, les seuls à la ronde. Quand il saisit la monstruosité des faits qui leur sont reprochés, il réalise, abasourdi, à quel point il s’est trompé sur Guy, dont il avait fini par se sentir si proche.

Entre déni, culpabilité, colère et chagrin, commence alors une effarante plongée dans les ténèbres pour cet être taciturne, dont la vie se déroulait jusqu’ici de sa maison à l’usine. Son environnement brutalement dévasté, il prend la mesure de sa solitude.

C’est le début d’une longue et bouleversante quête, véritable objet de ce roman hypnotique. Au terme de ce parcours quasi initiatique, Thierry sera amené à répondre à la question qui le taraude : comment n’a-t-il pas vu que son unique ami était l’incarnation du mal ?

Critique :
Cela ne vous a-t-il jamais frappé que lors de l’arrestation d’un tueur (qu’il soit en série ou pas), d’un kidnappeur, bref, d’un salopard, que ses voisins tombent toujours de haut ?

Les journalistes les interroge, demandent s’ils n’ont jamais suspecté quelque chose et généralement, personne n’a rien vu, rien entendu, rien suspecté et s’il l’a fait, ce ne fut que durant un bref moment. On ne va pas ameuter tout le quartier pour un truc qui pourrait ne provenir que de notre imagination fertile.

Ce roman, dont l’auteure était venue en parler à La Grande Librairie (émission dangereuse pour les Wish et qui fait monter les PAL) et j’avais envie d’aller plonger dans un fait divers (nous en sommes friands) et d’en voir les conséquences sur les voisins.

Ici, cela concerne une seule famille : Thierry et sa femme Elisabeth vivent dans une maison de campagne éloignée de tout, leur fils est parti vivre ailleurs, Thierry est un solitaire, un taiseux et Guy, l’homme que l’on vient d’arrêter en tant que serial killer était son seul ami.

Ce roman commence comme un polar afin de mieux nous immerger dans l’histoire, mais ensuite, il se dirige plus vers de la psychologie, de l’introspection, vers la vie de Thierry qui commence à partir en couilles, lui qui n’a rien vu, rien suspecté et qui se pose bien des questions sur l’amitié qu’il avait avec Guy.

Le château de cartes de la vie pépère de Thierry s’écroule lentement, comme un jeu de domino, une fois que le premier pion fait tomber le suivant et ainsi de suite.

Tout va passer dans son esprit : des souvenirs de son enfance, des souvenirs de boulot avec son collègue décédé,… Sa tentative de se blinder ne fera qu’apporter d’autres lots d’emmerdes, autant au boulot que dans sa vie de couple et le fera passer d’une position habituellement immobile à une sorte de fuite en avant.

En ne s’attachant qu’à un seul couple et surtout à Thierry, l’auteure peut nous faire vivre les heures et les jours d’angoisses de manière plus intime.

J’ai apprécié le fait qu’elle ne se contente pas, durant l’introspection de Thierry, de nous parler uniquement de ce fait divers mais qu’elle étende les pensées de son personnage principal à d’autres sujets d’actualités qui viennent parfaitement s’emboîter dans l’ensemble.

Un roman qui commence comme un polar afin de poser les bases mais qui s’en écarte ensuite pour entrer dans de l’intime, dans les dégâts collatéraux qu’un assassin crée dans ses crimes (familles des victimes) et dans son voisinage, avec ces gens qui ont un jour bu une bière avec lui, mangé un barbec, emprunté sa tondeuse ou était devenu son ami. Et tout le lot de questions qui resteront à jamais sans réponses…

Un roman qui, présenté ainsi, pourrait faire croire qu’il va vous plomber l’ambiance, mais en fait, non, pas du tout.

Oui, c’est angoissant de voir la vie de ce couple qui explose suite à l’arrestation de leurs voisins, de voir l’avidité des journalistes et des collègues de boulot, amis, mais dans ce roman, on a aussi un beau rayon de soleil et on se dit que la résilience n’est pas un vain mot et que les épreuves peuvent changer les gens dans le bon sens.

Regarde dans la jungle : Emiri Hayashi

Titre : Regarde dans la jungle

Scénariste : Emiri Hayashi
Dessinateur : Emiri Hayashi

Édition : Nathan Petit Nathan (01/10/2020)

Résumé :
Dans la jungle, petit Jaguar se réveille.Vite, il part retrouver les singes qui se balancent, les toucans et les perroquets qui chantent, mais pas trop fort, car les paresseux dorment encore. Il se camoufle au milieu des grenouilles, des papillons et des caméléons. Jouer dans la jungle est un peu fatiguant, heureusement c’est l’heure de la sieste avec maman.

Livre d’éveil pour les bébés, dès 6 mois.

Critique :
Je l’ai dit, je l’ai fait ! Après la lecture glaçante de « La frontière » de Don Winslow, il me fallait un truc doux, léger, amusant… Et j’ai donc feuilleté ce livre d’éveil que j’avais offert à ma nièce fin 2020 et qui la suit partout dans son sac de jeux.

Parce que bon, dans la vie, il ne suffit pas de faire écouter à sa nièce les chanteurs/groupes qui comptent (Iron Maiden, Gun’s, Metallica, AC/DC, Eminem), mais faut aussi lui éveiller le petit cerveau.

Ce petit livre, elle l’adore et va toujours le rechercher pour le donner à l’adulte qui traîne dans les parages. Elle a eu 1 an et ce qui l’intéresse surtout dans ces pages, ce sont les couleurs lumineuses qui s’y trouvent et qui attirent ses petits yeux rieurs.

Même si elle n’écoute pas encore l’histoire qu’on lui raconte, elle passe son temps à ouvrir ce livre et à faire comme sa tante : dévorer ! Sauf que moi je ne mets pas mes livres en bouche pour mordre dedans…

(Note pour plus tard : installer des barrières Nadar devant toutes mes biblios !!!).

Ma sœur me l’a confirmé, mon cadeau plaît à la pioupioute et elle lui en fait voir de toutes les couleurs. Quant à moi, j’adore le prendre, le regarder, m’extasier devant la luminosité des couleurs et laisser mon cerveau s’apaiser de toutes les horreurs que j’ai lues dans les romans.

Un gros coup de coeur, même s’il ne fait que 12 pages.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°35]