L’assassinat d’Hicabi Bey – Alper Kamu 01 : Alper Canigüz

Titre : L’assassinat d’Hicabi Bey – Alper Kamu 01

Auteur : Alper Canigüz
Édition : Mirobole (23/05/2014) / Livre de poche (03/06/2015)
Édition Originale : Oğullar ve Rencide Ruhlar (2004)
Traducteur : Célin Vuraler

Résumé :
Alper Kamu est un curieux petit garçon qui s’est promis de résoudre un meurtre commis dans son quartier à Istanbul.

Il a trouvé Ertan le Timbré à côté du cadavre encore chaud d’Hicabi Bey, policier à la retraite, la télévision allumée à plein volume, mais le cinglé du voisinage était plutôt là pour regarder l’équipe du Besiktas perdre en Ligue des champions.

Déjà tête à claques d’existentialiste, Alper le désormais détective va sécher la maternelle et balader son revolver en plastique Dallas Gold dans une mégapole bigarrée, pleine d’amantes fatales, d’épiciers lyriques et de directeurs sournois…

Critique :
Y’a plus d’jeunesse, ma bonne dame ! Regardez par exemple le jeune Alper Kamu… Non, je ne suis pas enrhubée et je ne suis pas en train d’ibiter un allemand qui barle, il se nomme bien Alper Kamu, le gamin !

Cinq ans, le gamin, et il te cause comme une sorte de Sheldon Cooper de 9 ans…

Son cynisme et son sens de la répartie sont toujours de sortie et il n’a pas peur de répondre aux adultes ou aux gosses plus âgés que lui.

Ma plus grande crainte, en entament ce policier où l’enquêteur a 5 ans, était de ne pas adhérer au personnage et, contrairement à ce que je pensais, je l’ai adoré, ce sale gamin plus intelligent que la moyenne.

Effectivement, ça ne fait pas très réaliste et on aurait plus l’impression de se trouver comme dans la série de « Détective Conan », avec un jeune homme coincé dans le corps d’un gamin suite à une malédiction.

Alors oui, Alper Kamu a beau être intelligent, ce n’est tout de même qu’un gosse de 5 ans qui ne va plus à la maternelle car sa place n’est pas là. Si ses amis lisent Petzi, lui, il se tape Dostoïevski, excusez- du peu. Ou Nietzche, pour se marrer.

Le summum de l’humiliation. Rendez-vous compte, on réclamait de moi, Alper Kamu, fervent admirateur de Chostakovitch, que je m’époumone sur l’air de « Il était une bergère » ! Fort heureusement, mon comportement asocial et mes récurrentes éruptions colériques ont amené la maîtresse à penser que je devais être attardé, si bien qu’elle a fini par me laisser tranquille.

On mettra le réalisme de côté pour profiter pleinement de la causticité du gamin, de son esprit éclairé, de sa vision réaliste du monde et de l’enquête qu’il va réaliser suite à l’assassinat de son voisin, le vieux grincheux Hicabi, ancien flic et entouré de bien des mystères.

Je me suis toujours étonné qu’on puisse considérer les enfants comme des êtres beaux, innocents et naïfs. Quand je regarde ces gamins, je ne vois que les aspects les plus vils et violents de l’humanité. D’ailleurs, je ne me sens pas vraiment différent. Seulement, j’ai de la chance de savoir exprimer ma laideur intérieure de manière plus raffinée

L’enquête n’est aussi qu’un prétexte pour nous parler de la société Turque, de son administration corrompue (et tout le reste aussi), de la pauvreté de certains quartiers, de la délinquance, de la police… Disons ce qui est, l’auteur ne se prive pas de tirer à boulets rouges sur tout ça et il le fait bien.

Beau pays ! Un meurtre vient d’être commis mais il faut attendre la fin d’un match de foot pour que la police et le procureur lève le petit doigt. Mais effectivement, pourquoi paniquer puisque les criminels étaient sûrement occupés à la même chose !

J’ai passé un moment jubilatoire avec ce jeune héros qui n’a pas sa langue en poche et qui était présent avec sa gamelle lors de la distribution de cervelle ! Il est fin, rusé, malin, cynique et pour que son père ne soit pas muté ailleurs, il va mettre tout en oeuvre afin de négocier avec le directeur, un triple connard.

N’allez pas croire que l’enquête soit bâclée parce que c’est un enfant qui mène l’enquête ! Moi, je n’avais rien vu venir du tout !

En se promenant tranquillement dans ses rues et en posant des questions, notre jeune garçon va en apprendre plus que tous les flics réunis, et, tel un Sherlock Holmes en culottes courtes, tel un Hercule Poirot en short (shocking), Alper va assembler tous les bouts de ficelles pour en sortir un écheveau dont toutes les mailles vont venir se resserrer sur le coupable.

Voilà un roman policier drôle, intelligent, subtil, inattendu, caustique, le tout servi par un personnage hors norme, limite extra-terrestre, surtout lorsqu’on se rappelle qu’il n’a que 5 ans.

— Voir que nos institutions publiques sont dirigées par des fascistes aussi subtils que vous me redonne confiance en ce pays, monsieur.

Il était né laveur de voitures. Mais la vie l’avait condamné à devenir épicier, tout comme elle avait condamné de formidables maraîchers à être députés. Le système tue les talents.

Avec un final inattendu, à cent lieues de ce que l’on aurait pu croire, voilà un roman policier qui sort des sentiers battus grâce à un très jeune enquêteur, à d’autres personnages assez hauts en couleurs et une plume acide qui n’hésite pas à piquer le pays là où ça fait le plus mal.

Un petit détail qui m’a plu, ce sont les titres des chapitres, tous ayant une référence littéraire connue. Et puis, vous avouerez que les éditions Mirobole savent soigner leurs couvertures, c’est autre chose que l’édition de poche.

Mes deux seuls bémols – ben oui, il y en a – seront pour un chapitre fort onirique, suite à la consommation de champignons louches par Alper et le délire qui en a résulté.

Ce chapitre long et lourd (« Ainsi hallucinait Zarathoustra ») a été indigeste à lire, alors que je venais de dévorer tout ce qui précédait, sans oublier le petit bémol sur le fait que ce n’est pas très réaliste d’avoir un enquêteur de 5 ans qui s’exprime de la sorte.

Quatre ans de plus, et ça passait mieux, mais alors, Alper Kamu aurait été en obligation scolaire. En tout cas, ça change de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent, et ça, ça compte énormément aussi. Comme quoi, tout est toujours possible en littérature policière.

Un roman policier qui défrise et où suivre les monologues d’Alper Kamu, ainsi que ses pensées, ses traits d’esprits, est bien plus intéressant que de savoir qui a tué Hicabi Bey, le vieux grincheux qui écoutait sa télé à fond la caisse.

Faudra que je teste la suite, si j’ai du temps devant moi, vu que ma PAL est comme Alper Kamu : hors-norme elle aussi !

Je m’appelle Alper Kamu et j’ai fêté mes cinq ans. À l’approche de mon anniversaire, j’ai passé le plus clair de mon temps posté à la fenêtre, à observer les gens au-dehors. Ils traversaient la vie tantôt accélérant, tantôt ralentissant, et émettaient toutes sortes de bruits, le regard sans cesse en mouvement. J’étais malade à l’idée qu’un jour je deviendrais l’un d’eux. Malheureusement, il n’y avait aucune autre issue possible ; le temps s’écoulait, inexorable, et je vieillissais vite.

Ce samedi était un jour de pluie ordinaire. Après un petit déjeuner tardif, mon père s’est plongé dans ses mots croisés et ma mère dans sa lessive. Comme tous les travailleurs de la classe moyenne, ils passaient leur semaine à attendre le week-end, et le week-end à s’ennuyer de leur travail. Ils ne verraient même pas arriver leur dernière heure-ou la victoire ultime du système.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

[TÉLÉFILM] Sherlock Holmes in New York – Sherlock Holmes à New York (1976)

Sherlock Holmes in New York (Sherlock Holmes à New York) est un téléfilm américain réalisé par Boris Sagal, diffusé en 1976 avec Roger Moore (acteur britannique) et Patrick Macnee (acteur britannique) dans les rôles de Holmes & Watson.

Date de sortie initiale : 18 octobre 1976
Réalisateur : Boris Sagal
Société de production : 20th Century Fox Television
Scénario : Alvin Sapinsley
Bande originale : Richard Rodney Bennett

Distribution :
Roger Moore (VF : Jean Roche) : Sherlock Holmes
Patrick Macnee (VF : Roland Ménard) : Docteur Watson
Charlotte Rampling (VF : Brigitte Morisan) : Irene Adler
John Huston (VF : Jean Martinelli) : Professeur Moriarty

Synopsis :
19 – 22 mars 1901 – Londres : Sherlock Holmes arrive chez le Professeur Moriarty, un homme redoutable à la tête du crime organisé londonien. Le détective annonce à son ennemi qu’il a infiltré son organisation criminelle et que tous ses proches collaborateurs ont été arrêtés. Moriarty menace Holmes, mais se retient de le tuer.

L’homme machiavélique annonce qu’il va perpétrer en représailles le « crime du siècle », qui se déroulera sous les yeux du détective sans que celui-ci ne parvienne à l’arrêter, ce qui l’humiliera et le discréditera aux yeux du public.

De retour au 221B Baker Street trois jours plus tard, Watson informe Holmes qu’Irène Adler, devenue chanteuse de music hall à New York, va prochainement donner un récital. Holmes reçoit anonymement par la poste des tickets pour le spectacle, et s’inquiète qu’un lien existe entre les mauvaises intentions de Moriarty et Irène Adler : il décide donc de partir à New York avec Watson.

31 mars – 2 avril 1901 – New York : arrivés de l’autre côté de l’Atlantique, Holmes et Watson se rendent au théâtre où Irène Adler doit se produire le soir même.

Holmes apprend à son grand soulagement que la jeune femme ne semble avoir reçu aucune menace, mais il parvient à comprendre que c’est bien Moriarty qui a envoyé les tickets de spectacle à Baker Street.

Holmes et Watson se rendent le soir-même à la représentation mais le directeur du théâtre informe les spectateurs qu’Irène Adler ne pourra pas se produire.

Le détective, qui apprend l’adresse de la jeune femme, part immédiatement chez elle.

Anecdotes :

  • La voix française de Roger Moore est celle aussi de Nicol Williamson qui joua le rôle de Sherlock Holmes dans « Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express ».
  • La voix française du professeur Moriarty joué par John Huston est celle de Perry Mason (Raymond Burr).

Ce que j’en ai pensé :
Chat échaudé craint l’eau froide… C’est donc avec circonspection (et non avec circoncision) que j’ai entamé le visionnage de ce téléfilm dont j’avais peu d’espoir qu’il terminasse au panthéon des films holmésiens.

Rappelez-moi de me coller des baffes pour être partie avec des préjugés et un jugement prédéfini, ce qui ne se fait pas…

Pas d’excitation non plus, mes loulous, on ne se trouve pas devant le summum des téléfilms holmésiens, mais face à quelques chose qui tient la route et qui se révèle moins pire que ce que j’avais pensé au départ.

Hormis quelques détails qui m’ont fait froncer les sourcils dans la scène de départ, pour la suite, c’était plaisant à voir et divertissant.

Commençons directement par ce qui m’a emmerdé tout au long du film :

  • La tronche de constipé du professeur Moriarty, avec ses bajoues de crapauds et sa voix digne du capitaine Mehrlicht ! Alors d’après Wiki, le doubleur est le même que pour Perry Mason, mais ce jour là, il devait avoir fumé des Gitane et des Johnson sans filtres car c’était rocailleux et horrible à souhait, comme s’il avait des glaires de coincé dans le fond de la gorge…

  • Moriarty est le Napoléon du crime, on est bien d’accord ?? Holmes est le roi du déguisement, on est toujours d’accord ? Mais de là à duper Moriarty en se déguisant en colonel Moran sans que celui-ci ne s’en rende compte, il y a un pas à ne pas franchir…
  • Moriarty cause trop ! Comme tous les méchants, il doit donner son plan, l’étaler et parler de la réalisation imminente de son crime du siècle, passé et à venir ! Rien de moins… On se demande même s’il ne va pas aller nous assassiner J.F.K ! Ah merde, non, nous sommes en 1901, 62 ans trop tôt !
  • Dans son bureau, Moriarty possède plus de pièges qu’Oncle Picsou ! Et presque les mêmes, en plus !
  • Le Watson campé par le Patrick Macnee de « Chapeaux melon et bottes de cuir » est limite débile, il ne capte rien, et n’a que peu de traits de lucidité. Durant tout son séjour à New-York, il regarde les américains comme des imbéciles sans savoir qu’il en est un lui-même, d’imbécile ! Et en prime, son boitillement le fait marcher comme un canard.

  • Nooon, Holmes ne va quand même pas se rendre à New-York en deerstalker et macfarlane ?? Ben si ! Et en plus, on lui fait fumer une pipe calebasse ! Même si l’histoire se déroule en 1901, cette pipe n’a pas encore été ramenée en Grande-Bretagne.

  • Heureusement, il ira au théâtre en smoking…

  • Je n’ai rien contre Roger Moore en Holmes, mais bon, parfois, il fait un peu trop du  James Bond, trop de Simon Templar, trop de Brett Sinclair… Trop de Moore, quoi ! mdr
  • Par contre, dans le noir, avec ses cheveux coiffés de la sorte, on dirait Benedict Cumbertbatch à certains moments…

Pour le reste, pas de remarques mesquines à faire, il y a de l’action, du mystère, deux enquêtes et Holmes est pris à la gorge, ne pouvant en résoudre une sous peine d’avoir la mort d’un enfant sur la conscience.

Et quel enfant en plus ! Non, je ne dirai pas qui est sa maman… Ni qui pourrait être son papa…

Charlotte Rampling fait une excellente Irene Adler, de la distinction, de la classe, elle et Holmes s’appelle par leurs prénoms, ce qui fait très choupi, mais à un certain moment, sa doubleuse doit avoir testé plusieurs versions du prénom de Sherlock car elle nous donne du Tcherlock, ce que je déteste et ce qui n’est pas juste.

Le jeu entre elle et Holmes est subtil, on se doute qu’il y a eu des choses entre eux, on se doute qu’il y en a toujours, ils parleront d’un voyage au Monténégro, leur deux, on imagine des choses coquines, mais on ne verra rien, dommage, mais tant mieux, dans le fond, parce qu’il y a plus dans leur non-dit que dans un long baiser qu’ils auraient pu se rouler.

Watson, hélas, est un débile mental profond, il ne voit pas ce que le téléspectateur comprend très vite, ou du mois, ce que nous soupçonnons aisément. Lui, c’est nada, on lui mettrait devant le nez qu’il ne comprendrait pas encore.

Dommage, parce que dans le film, il aura quelques moments de conducteur de lumière ou de boost pour Holmes qui se laisse abattre quand il comprend le piège de Moriarty.

Niveau bagarres, ce n’est pas le top, mais nous nous trouvons dans un vieux film, ce qui est normal, donc, que les scènes aient l’air d’être foireuses… Comme celles des courses-poursuites en fiacre…

New-York, comme la ville de Londres, n’échappera pas au nappes de brouillard, ça donne toujours une certaine ambiance, je trouve, même si elles flottent dans les airs comme des fantômes…

Au final, même si ce n’est pas le téléfilm du siècle, ça se laisse regarder avec plaisir, pour se divertir, c’est ce qu’il faut, on a deux enquêtes où Holmes devra se montrer plus malin que Moriarty, qui lui, a mis au point un plan machiavélique, qui, en cas de réussite, aurait vraiment été le crime du siècle et aurait placé le professeur sur un piédestal par rapport à Holmes.

Mais Sherlock Holmes est le plus fort ! Na.

À voir sans se prendre la tête, avec du pop-corn et un bon mojito !

On oscille donc entre :

Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine  et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

 

Broadchurch – Saison 1 : La série qui… ♫ C’est le meurtre à la plage ♪ Ahoum tcha tcha tcha ♪

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Dans le village côtier de Broadchurch, dans le Dorset, la mort d’un garçon de 11 ans, Danny Latimer, fait voler en éclats l’équilibre de la communauté du village.

L’inspecteur Alec Hardy, nouvellement nommé, et le lieutenant Ellie Miller vont devoir fouiller les secrets de chaque habitant pour trouver le coupable.

Broadchurch

Distribution :

  • David Tennant : le capitaine Alec Hardy
  • Olivia Colman : le lieutenant Ellie Miller
  • Jodie Whittaker : Beth Latimer
  • Andrew Buchan : Mark Latimer
  • Adam Wilson : Tom Miller
  • Charlotte Beaumont : Chloé Latimer
  • Jonathan Bailey : Oliver « Olly » Stevens
  • Arthur Darvill : le révérend Paul Coates
  • Matthew Gravelle : Joe Miller
  • Carolyn Pickles : Maggie Radcliff
  • Pauline Quirke : Susan Wright
  • David Bradley : Jake Marshall

AusDVDCe que j’en ai pensé :
Quand on dévore les 8 épisodes d’une série en deux jours, c’est qu’on est mûr pour l’addiction totale !

On commence en force : Ellie Miller, lieutenant, revient de vacances et s’attend à être promue capitaine.

Malheureusement pour elle, le poste a été donné à Alec Hardy, un policier qui a été muté à Broadchurch pour d’obscures raisons dont nous en saurons plus tout au long des premiers épisodes.

Dans le premier épisode, le père de Danny, Mark Latimer, traverse la ville et salue les passants à tour de bras. Ici tout le monde connait tout le monde…

Chaque personne saluée aura par la suite son importance au cours de la série.

Pendant qu’Ellie Miller enrage, le corps de Danny Latimer, un adolescent de 11 ans, est retrouvé mort sur la plage de Broadchurch, cette petite ville unie et paisible qui survit grâce au tourisme balnéaire.

Ses parents le croyaient à l’école et sa mère, inquiète d’apprendre ensuite qu’il n’y était pas, nous donnera une scène poignante sur la plage quand elle comprendra que le corps retrouvé appartient à son fils.

L’enquête sur la mort de Danny Latimer est confiée à Alec Hardy et Ellie Miller. Une enquête difficile en raison du fait que tout le monde connait tout le monde, que tout le monde suspecte tout le monde et que les deux flics s’aiment comme chien et chat !

Cela donnera lieu à quelques réparties bien senties entre Miller et Hardy ! Autant Miller est enjouée, sympathique, polie, respectueuse, autant Hardy est brillant, taciturne, n’a que peu d’empathie pour les autres, pas de politesse et traine derrière lui des casseroles.

Si Hardy ne connait personne dans la ville et est capable de mettre n’importe qui en prison, Miller a parfois du mal à enquêter car elle ne sait pas se détacher de ses émotions et des liens qu’elle possède avec les habitants de la ville.

Dans cette série, le côté « village » est prégnant : tout le monde se connait et ça ne facilite pas les choses, sans compter qu’à la fin, les parents de Danny commencent à se faire des reproches, qu’il y a des choses que le père ne dit pas, et que d’autres aussi savent aussi des choses mais se taisent…

Nous sommes dans une station balnéaire et les hôteliers se plaignent de la fermeture de la plage aux touristes pendant que la scientifique passe au peigne fin le moindre poil de cul de fourmi perdu sur le sable. Le corps n’est pas encore froid que déjà certains s’impatientent et voudraient voir la plage sans les mecs en combi intégrale blanche.

Sans compter que la presse vient mettre son grain de sel et foutre le bordel dans une enquête déjà rendue difficile par les suspects qui se taisent, ou par les habitants dont on nous fait comprendre qu’ils ont des choses à cacher ou des comportements bizarres.

Pas de bol, les enquêteurs n’assisteront pas à tout ce dont le spectateur sera le témoin privilégié…

Nous verrons des SMS effacés, des fichiers de PC détruit, le PC massacré à coups de pierre, des discussions houleuses entre habitants de Broadchurch, des comportements bizarres, de la drogue ou de l’argent retrouvé en possession de personnes qui ne sont pas censées les avoir…

Certains faits seront découverts par les policiers, mais nous, nous pourrons regarder par le petit bout de la lorgnette afin de s’emmêler encore plus dans des théories farfelues ou pas de théories du tout.

Du mystère, dans cette première saison de 8 épisodes, mais aussi du suspense et des habitants qui s’enflamment très vite dès que l’on déterre un sombre secret chez l’un ou l’autre.

Comme toujours, les Hommes se montent les uns contre les autres, en réveillant de vieilles rancœurs et secrets.

Tiens, au fait, j’ai reconnu Jake Marshall, le vendeur de journaux, c’est le salopard de Rusard dans Harry Potter ! Puis le bougre s’est caché ensuite dans le corps de Walder Frey dans la série Game of Thrones… Dommage que Ver Gris ne lui a pas fait la peau, tiens, vu qu’il joue aussi dans la série.

Justement, parlons-en de ce curieux personnage qu’est Jake Marshall ! Il sera au centre d’un des épisodes les plus marquants quand des anciennes accusations de pédophilie à son encontre apparaitront dans la presse. Danny distribuait les journaux pour lui, le matin.

Ça va chauffer…

J’ai aimé l’interprétation des acteurs, leur jeu, tout chez eux était correct, bien joué, sans en rajouter.

De plus, ils ne sont pas manichéens, ils évoluent et si pour certains on avait de l’aversion, cela pourrait changer ensuite lorsque nous apprendrons leurs secrets, leurs fêlures, leurs blessures.

Non, tout n’est pas blanc ou noir, mais tout en nuance de gris, réaliste.

Ne vous attendez pas à des courses-poursuites ou à une résolution en deux jours ! Que nenni ! Leur enquête durera un certain temps (2 mois), de plus, chaque épisode prend le temps d’installer l’atmosphère de mystère et de soupçon propre à l’histoire.

On découvre au fur et à mesure toute la panoplie de personnages, interrogés par le capitaine Alec Hardy ou par la lieutenant Ellie Miller.

Mais le scénariste n’est pas un branquignole, il sait tenir son public en haleine et chaque épisode terminera par un cliffhanger ou un élément nouveau de l’intrigue qui vous donneront juste envie de faire « play » sur l’épisode suivant.

Si Broadchurch est une série policière, elle est aussi une série psychologique car elle s’intéresse de près à l’impact du meurtre d’un enfant sur sa famille : parents, soeur, grand-mère, voisins, amis…

L’intrigue suit ainsi les difficultés et doutes de la famille Latimer suite à l’assassinat de Danny.

Le couple formé par les parents bat de l’aile et les suspicions de la police à l’encontre du père, Mark, n’arrangeront rien.

Si la mort d’un enfant est toujours sujette à de l’émotion, elle n’arrivera pas au début mais à la fin de la série où je peux vous garantir que ma gorge s’est serrée, ma mâchoire s’est crispée et mon cœur s’est serré.

Quand Alec Hardy comprend QUI est le coupable (je venais de trouver quelques minutes avant), la scène est filmée au ralenti, le rythme cardiaque de Hardy se mêlant à la sonnerie du GPS.

Le smartphone de Danny venait d’être rallumé pour la première fois depuis la mort de l’adolescent… Et il suit le signal à la trace, faisant accélérer notre rythme cardiaque.

Oh putain, mais quelle fin ! Agatha Christie devait être dans le coin… Dieu que j’ai souffert sur le final tant il faisait mal au bide. Sadique de scénariste !

La douleur est forte surtout lorsqu’on repense à une phrase qu’avait dite Ellie Miller à une autre personne et qu’elle se reprend comme un retour de manche dans la gueule.

Il y a de l’ironie, des piques, des bons mots dans les dialogues et de l’humour so british dans cette série que j’ai dévoré.

Étoile 5

Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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