Les larmes noires sur la terre : Sandrine Collette

Titre : Les larmes noires sur la terre

Auteur : Sandrine Collette
Édition : Denoël (02/02/2017)

Résumé :

Six ans après avoir quitté son île natale pour suivre un homme à Paris, Moe tente de survivre avec son nourrisson.

Elle est conduite par les autorités à la Casse, une ville pour miséreux logés dans des voitures brisées.

Au milieu de ce cauchemar, elle fait la connaissance de Jaja, Marie-Thé, Nini, Ada et Poule, cinq femmes qui s’épaulent pour affronter la violence du quartier.

Critique :
Qui a encore éteint la lumière ? C’est pas possible de débuter sa vie dans un coin paradisiaque et de se retrouver ensuite dans une Enfer digne de Dante !

« Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate », voilà ce qu’on aurait pu noter comme formule d’accueil pour ceux qui entrent à La Casse ! C’est vous dire la sombritude (néologisme offert gratos)…

De ce roman, que je voulais absolument lire, je n’avais pas vraiment lu le résumé avec attention, voulant découvrir l’univers du roman sans l’aide du 4ème de couverture. Rester vierge, en fait !

La Casse… Là, je me suis demandé dans quelle galère j’étais tombée… Pas possible, pour en arriver là, il faut avoir vécu une fin du monde, une catastrophe naturelle, un accident nucléaire… On n’imposerait pas délibérément ça à des êtres humains dans un pays tel que la France tout de même !

Ou alors, je ne suis pas en France, mais dans un autre pays, un pays moribond après les multiples guerres qu’il a subies ??

Non, j’étais bien en France, sans catastrophe naturelle, sans guerre, mais heureusement, dans ce que j’appellerais « un futur » et pas en 2017. Ça fout la trouille tout de même !

La force du roman, c’est que l’auteur a su rester réaliste et donner vie à ses personnages principaux, que ce soit Moe, au départ, qui nous raconte sa vie sur une île des DOM-TOM, sa venue en France et sa descente dans ce qu’elle pensait être un Enfer, sans imaginer qu’il pouvait encore y avoir pire ou les autres personnages qui vont graviter autour d’elle.

On s’attache à Moe, on frémit avec elle, on la voit essayer de s’en sortir, de se trouver un travail, mais la pauvre ne parvient pas à nager dans ce monde de requins, dans cette jungle où la loi du plus fort est toujours en vigueur et la meilleure.

Moe, on la voit chuter, on la voit atterrir à la Casse, endroit où l’on ne voudrait pas se retrouver pour tout l’or du monde, on la suit dans son acclimatation, dans sa découverte des autres femmes qui partagent « sa ruelle » et dans sa descente encore plus bas, afin de réunir la somme nécessaire à son départ de elle et de son enfant.

Oui, pour sortir de là, faut payer son billet de sortie et il n’est pas bon marché. Autrement dit, tu ne sortiras jamais de la Casse. Bienvenue en Enfer !

Pourtant, il y a une once de lumière dans cette Casse, grâce aux autres femmes qui partagent la « cour » avec Moe et qui sont là depuis un certain temps, connaissant tout des us et coutumes de cet enfer sur terre.

Là aussi les portraits sont réussis, leurs histoires sombres, mais racontées de telle manière qu’on aurait, nous aussi, l’impression de les écouter, assises au coin du feu, dans cette petite cour qui réunit quelques carcasses de voitures ou vieille roulottes.

C’est noir, c’est sombre, limite horrible lorsque l’on découvre ces gens que la société ne veut plus, entassés dans une décharge de vieilles voitures, crevant de faim, trimant dans les champs pour un salaire de misère, mourant le plus souvent de faim, de maladies ou à cause des règlements de compte dignes de O.K Corral.

Un petit plaisantin, adepte de l’humour grinçant, aurait même pu ajouter « La travail rend libre » sur un fronton et faire passer les travailleurs-travailleuses de La Casse dessous, lorsqu’ils se rendent aux champs tous les matins, vu les heures qu’ils devaient trimer pour gagner des cacahuètes alors que dans les épiceries de cet Enfer, tout coûte un prix de malade.

Ou comment faire en sorte que les gens qui entrent dans cette Casse, dans cette spirale infernale, n’en sortent plus, le tout avec des moyens simples, sans oublier quelques gardiens armés et munis de chiens.

Un roman noir qui décrit une société dans laquelle je n’aimerais pas vivre… Une plongée en apnée dans une Société qui a rejeté l’autre, le forçant à vivre de manière inhumaine, une Société qui a tout d’une qui pourrait arriver… Restons vigilants !

Un roman bouleversant, émouvant, magnifique, réaliste, sombre, noir, sans édulcorants, sans crème, sans lumière, mais tout au bout, on en voit une petite et elle est merveilleuse.

Sandrine Collette a encore réussi à me faire passer par tout un tas d’émotions et à me lessiver avec un roman fort.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (336 pages).

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Chat sauvage en chute libre : Mudrooroo

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Titre : Chat sauvage en chute libre

Auteur : Mudrooroo
Édition : Asphalte (12/01/2017)

Résumé :
Australie, dans les années 1960. Le narrateur, jeune métis aborigène, sort d’un court séjour en prison suite à un cambriolage. Livré à lui-même, il erre entre les bars jazz, où il risque de retrouver ses mauvaises fréquentations, et les plages où flâne la jeunesse dorée locale.

Il se heurte de nouveau aux multiples barrières entre lui et les blancs, lui et les Aborigènes, lui et une société dans laquelle il ne trouve pas ses repères.

Dans une librairie, il tombe sur un exemplaire d’En attendant Godot de Samuel Beckett, qui lui fera l’effet d’un électrochoc…

aboCritique : 
« Les hommes naissent égaux. Le lendemain, ils ne le sont plus » (Jules Renard). Pour certains, même avant leur naissance c’est déjà foutu pour les droits…

L’auteur de ce roman paru en 1965 n’avait pas les bonnes cartes en main pour faire une Grande Suite.

Son père était Blanc, et sa mère Aborigène, ce qui fait de lui un métis : pour les Blancs, il est Aborigène, pour les Aborigènes, il est Blanc. Le cul entre deux chaises.

Jugé par tout le monde dès sa naissance, même avant, étiqueté dès l’enfance, condamné par les deux populations, la Blanche et les Aborigènes, il aurait eu du mérite de s’en sortir, vu le sale ticket perdant qu’on lui a casé dans les mains dès qu’il est sorti du ventre de sa pauvre mère.

On m’avait placé un ticket dans la main le jour de ma naissance avec une destination précise, mais que, eh bien, le temps avait passé, l’encre s’était effacée, et aucun contrôleur ne s’était encore présenté pour éclaircir l’affaire.

Il a bien entendu sombré assez vite, pour une broutille, bien entendu, et le fait d’être placé chez des gentils Blancs (ironie) d’une espèce de maison de redressement n’a pas arrangé les choses. Séparé de sa mère, cela ne fera que de le précipiter plus dans la merde totale. Une vraie merde, pas de la glace au chocolat (cfr scandale du Cacagate).

C’est le récit d’un renoncement à tout, sauf aux mauvais coups, le récit d’un naufrage humain, la chronique d’une renonciation annoncée. La chronique d’un jeune gars dont le seul tort était de n’être ni Blanc, ni Aborigène et qui n’a jamais réussi à trouver sa place, ses marques.

Les paragraphes alternent entre des récits du passé et ceux du présent, donnant à certains moments des airs de foutoir, mais comme un chat, on retombe vite sur nos pattes.

Un récit qui n’est pas joyeux, bien entendu, rien qu’aux titres des trois parties on a déjà compris le final. Notre auteur est désabusé, n’attend rien de la vie, rien des autres, ne sait pas trouver sa place et reste assez cynique lorsqu’il porte un regard sur la société Australienne.

C’est court, c’est pas long, mais c’est puissant, l’amertume de l’auteur transpire de chaque phrase et on sent bien que jamais il ne fera un effort pour s’en sortir dans la vie puisque la vie l’a mis sur le côté dès le départ.

Un récit qui, hélas, est toujours contemporain.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Mois du polar 2017 chez Sharon.

Mois du polar - sharon-pour-logo-polar21

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On the Brinks : Sam Millar

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Titre : On the Brinks

Auteur : Sam Millar
Édition : Seuil (07/03/2013)

Résumé :
De fait, le spectaculaire récit autobiographique de Sam Millar a tout d’un thriller. À ceci près que si on lisait pareilles choses dans un roman, on les trouverait bien peu crédibles.

Catholique, Millar combat avec l’IRA et se retrouve à Long Kesh, la prison d’Irlande du Nord où les Anglais brutalisent leurs prisonniers. Indomptable, il survit sans trahir les siens: voilà pour la partie la plus noire, écrite avec fureur et un humour constant.

Réfugié aux états-Unis après sa libération, il conçoit ce qui deviendra le 5e casse le plus important de l’histoire américaine.

La manière dont il dévalise le dépôt de la Brinks à Rochester, avec un copain irlandais, des flingues en plastique et une fourgonnette pourrie, est à ne pas croire.

Même Dortmunder, dans un roman de Westlake, s’y prendrait mieux. Il n’empêche, le butin dépasse les 7 millions de dollars!

Un procès et une condamnation plus tard, il retrouve la liberté, mais entretemps, la plus grande partie de l’argent a disparu. Millar semble avoir été roulé par ses complices… Saura-t-on jamais la vérité?

En tout cas, le FBI cherche toujours!

p21-1Critique :
Quand certains disent que les prisons ne doivent pas être des Club Med, je ne leur donnerai pas tort, mais faut pas non plus sombrer dans l’opposé et se comporter comme des gardiens de Goulag ou de camps de concentration, le gazage en moins.

Si on ne m’avait pas dit que ce roman était une autobiographie, un pan de la vie de Sam Millar, l’auteur, j’aurais pensé à une farce, vu la manière dont il cambriolera plus tard l’entrepôt de la Brinks, ou à de la dérision, quand il nous parle de son incarcération à la prison de Long Kesh, en Irlande du Nord, à Belfast, tenue par des gardiens anglais.

Dire que les Anglais et les Irlandais ne s’aiment point serait un euphémisme, l’Histoire est là pour nous le rappeler, sinon, il vous reste U2 et son « Sunday Bloody Sunday » (dimanche sanglant que fut celui du 30 janvier 1972, à Derry, en Irlande du Nord, où 13 civils furent tués et 13 furent blessés par les soldats britanniques alors qu’ils faisaient une manifestation pacifique).

Alors vous pensez bien que si vous appartenez à l’IRA, que vous vous retrouvez incarcéré dans une prison tenue par des matons anglais et qu’en plus, vous refusez de porter les habits de prisonniers, de leur cirer les pompes et de dire « Sir, yes, Sir », vous allez vous en mordre les doigts ! Vous êtes un Blanket Men et on va tenter de vous casser par tout les moyens possibles et imaginables.

Ma foi, si les Anglais disent que les Américains ne sont pas corrects avec leurs prisonniers à Guantanamo, ceux-ci peuvent leur renvoyer dans la gueule ce qu’ils ont fait à ces Blanket Men, à la prison de Long Kesh… Tortures physiques, psychologiques, le tout avec un degré de perversité qui feraient pâlir de jalousie certains SS, fâchés de ne jamais y avoir songé.

Cette première partie du récit est dure, même si l’auteur prend le parti de nous la raconter sur un ton assez humoristique, décalé, sans jamais sombrer dans le pathos ou le larmoyant, un peu à la manière d’Ivan Denissovitch. Dénoncer la chose, mais sans s’apitoyer sur son sort.

Pourtant, je vous jure que ma gorge s’est serrée et mon estomac aussi en lisant le récit de tout ce qu’ils durent subir.

La seconde partie du récit, qui se déroule au États-Unis, est plus agréable à lire, mais plus fantasque et pour la scène du casse de  l’entrepôt de la Brinks, dans une fiction, on aurait hurlé au chiqué, hormis avec un Dortmunder aux commandes du cambriolage.

Bordel de cul, braquer l’entrepôt de la Brinks avec une camionnette pourrie, des flingues en plastiques, réussir le 5ème plus gros casse de l’Histoire, le tout sans verser une goutte de sang, fallait avoir des grosses couilles ou pas de cervelle du tout.

Un fer à cheval dans le cul ? Non, toute une écurie !

Et puis, il restera toujours ce mystère sur l’argent du casse qui a disparu sans que l’on sache qui se l’est mis dans les poches et qui a niqué Sam Millar et son complice.

Un roman sombre sur des pages encore plus sombre de l’Angleterre, sur les conditions des prisonniers, sur les tortures qu’ils subirent pour les faire plier, un langage cru, familier, une histoire qui passe toute seule, des moments angoissants, durs, et puis plus agréables dans sa partie américaine.

Je compte bien découvrir maintenant  les autres romans de cet auteur qui est interdit de séjour chez les yankees !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Arrêtez-moi là ! : Iain Levison

Titre : Arrêtez-moi là !

Auteur : Iain Levison
Édition : Liana Lévi (2012)

Résumé :
Charger un passager à l’aéroport, quoi de plus juteux pour un chauffeur de taxi ? Une bonne course vous assure une soirée tranquille. Ce soir-là, pourtant, c’est le début des emmerdes… Tout d’abord la cliente n’a pas assez d’argent sur elle et, pour être réglé, il vous faut entrer dans sa maison pourvue d’amples fenêtres (ne touchez jamais aux fenêtres des gens !).

Plus tard, deux jeunes femmes passablement éméchées font du stop. Seulement, une fois dépannées, l’une d’elles déverse sur la banquette son trop-plein d’alcool. La corvée de nettoyage s’avère nécessaire (ne nettoyez jamais votre taxi à la vapeur après avoir touché les fenêtres d’une inconnue !).

Après tous ces faux pas, comment s’étonner que deux policiers se pointent en vous demandant des comptes ? Un dernier conseil: ne sous-estimez jamais la capacité de la police à se fourvoyer !

arrêtezCritique :
Quand c’est pas ton jour de chance, ben c’est vraiment pas ton jour de chance ! À croire que l’ange gardien de Jeff était en grève sauvage où qu’un mauvais génie avait décidé de lui donner subitement une VDM puissance 1000.

Déjà, notre Jeff, brave chauffeur de taxi a de la chance à l’aéroport : pas de file interminable devant lui et il charge une bonne femme va lui faire réaliser une bonne course.

Il a de la chance, vous allez me dire. Que nenni ! C’est là tout le problème : quand les emmerdes te tombent sur le dos, elles préviennent pas, que du contraire ! Ces salopes te font croire que c’est ton jour de chance et que tu as touché le 5+ au Lotto Belge. Pas le gros lot, mais de quoi souffler un coup.

De plus, les emmerdes, elles sont sournoises et te tombent sur le râble sans vraiment te donner l’impression que tu es dans leur collimateur et que tu vas en baver.

Non, toi, tout content d’avoir gagné du fric, tu ne dis rien parce que la madame a pas assez sur elle pour te payer et qu’elle doit rentrer chez elle.

Pas de problème, tu en profites pour demander si tu peux aller faire la vidange dans ses toilettes et elle et, comble de la malchance, vu que ta maman t’a jamais dit « Touchez pas à ça, petit con », toi, comme un con, tu touches le châssis de la fenêtre et tu y colles l’empreinte de tes doigts pour qu’un Horatio Caine les retrouve plus tard.

Ce roman est un coup de pied dans les coui**** de la police incompétente (pas toujours mais souvent), une critique de la société qui juge vite, même vos amis, vos collègues, des médias qui font de vous un héros ou un coupable et un coup de poignard au système judiciaire américain tout entier qui envoie de temps des innocents dans les prisons ou les couloirs de la mort.

La télévision m’avait donné cette impression, et avec elle des notions irréalistes sur le fonctionnement de la police et de la justice. On devrait afficher une mise en garde sur les postes de télévision, comme on en a sur les paquets de cigarettes: Attention ! Cet appareil nuit à votre vision du réel.

Ces informations [télévisées] fournissent une analyse aussi solide qu’une carte postale de vacances.

S’il y a une chose que j’ai retenue de toute cette histoire, c’est que la télé ne donne pas une image fidèle de quoi que ce soit qui touche à l’application de la loi.

Vous pourriez transformer mère Térésa en gangster de South Dallas si vous l’habilliez en survêtement de l’administration pénitentiaire du Texas avec ceinture de cuir et chaines. Impossible de paraître innocent dans cet attirail. Si vous souriez, vous avez l’air diabolique. Si vous froncez les sourcils, vous avez l’air d’un pervers. Si vos épaules sont affaissées vous ressemblez à un pédophile dégénéré, si vous tenez la tête droite, à un chef de gang.

Se basant sur deux faits mineurs : les empreintes sur la fenêtre et son taxi lavé à la vapeur suite au retour de marchandises qu’une des filles ivres fit dans son taxi, les flics, peu habitués à des homicides, l’arrêtent et le déclarent coupable. Nos policiers ont fait en sorte que les faits collent avec leur théorie capillotractée.

Jeff est coupable épicétou. Et pour mieux enfoncer le clou, on va même inventer des témoins. On est loin du fait qu’on est présumé innocent jusqu’à ce que notre culpabilité soit prouvée.

Ils peuvent toujours s’époumoner à dire qu’un individu est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas vraiment comme ça que fonctionne l’esprit humain, je me trompe ?

Tu n’es pas innocent jusqu’à ce qu’il soit prouvé que tu es coupable, ça marche dans l’autre sens. Il faut prouver que tu es innocent. S’il y a un doute sur ton innocence, qu’est ce que les jurés ont à gagner en te laissant libre ? Ce n’est pas un problème pour eux si tu passes le reste de ta vie en prison pour quelque chose que tu n’as pas fait. Quand ils retournent à leur poste dans un bureau quelconque, il leur suffit d’être à peu près sûrs d’avoir éloigné un mauvais sujet.

Que voilà un roman qui frappe là où ça fait le plus mal, le tout avec une plume cynique et aiguisée qui se transforme en coup de projecteur sur la pourriture du système judiciaire tout entier, que ce soit les avocats, les juges, les magistrats…

Quand il s’agit de toucher de l’argent, nous avons tous de grands avocats. La crème de la crème de la profession se dévoue pour nous aider à encaisser les indemnités que l’on verse aux victimes d’erreurs judiciaires. Mais si nous avions rencontré ces grands avocats un peu plus tôt, il n’y aurait pas eu d’erreur judiciaire.

On aimerait hurler à l’injustice avec notre Jeff mais on ne peut qu’y assister, impuissant devant tant d’imbécilité, d’amateurisme ou de volonté de dire qu’on a trouvé le coupable et que si c’est pas lui, tant pis, la populace à son coupable, elle dormira en paix.

Ils n’ont jamais vraiment cherché à arrêter le véritable coupable… ils voulaient quelqu’un susceptible de l’être et qui n’avait ni les ressources ni la famille pour faire des histoires. Quelqu’un pour empêcher les médias, les parents de la victime et les résidents de Westboro de leur reprocher de ne pas avoir fait leur travail. Ç’aurait été super d’arrêter le vrai coupable, mais ça n’était pas une nécessité. Quand une fillette de douze ans est enlevée à sa riche famille, vous ne pouvez pas ne pas exhiber quelqu’un.

Et puis, une fois le processus enclenché, difficile de dire ensuite qu’on a arrêté un innocent, alors, on s’enfonce de plus en plus dans l’absurdité.

Une fois terminé, on a envie de chérir cette liberté que nous avons, de savourer notre café et de nous délecter de notre bête tartine parce que si nous étions victime d’une telle erreur commise sciemment, nous perdrions le goût du pain, les prisons n’étant pas réputée pour leurs menus.

Comment apprécier de pouvoir vivre sa vie quand on n’a jamais connu que la liberté ?

Une lecture prenante, lourde, donnant l’impression que la lumière ne va jamais se rallumer. Et dire qu’il ne reste même plus l’espoir quand noir c’est noir.

Ce ne sont pas l’ennui, l’injustice et l’absence de raison d’être qui tuent. C’est l’espoir. L’espoir est un poison. L’espoir vous brûlera de l’intérieur. L’espoir est un verre de soude caustique.

Parce que même si un jour on reconnaît que vous étiez bien innocent, tout compte fait, le mal est fait, on ne le répare jamais et vous, après avoir vécu en prison, en sortant, vous ne serez jamais plus le même.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US » chez Noctembule.

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Il reste la poussière : Sandrine Collette

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Titre : Il reste la poussière

Auteur : Sandrine Collette
Édition : Denoël (2016)

Résumé :
Argentine, plateaux de la Patagonie. Une steppe infinie, balayée par des vents glacés. C’est là que Rafael, dix ans, grandit dans une famille haineuse.

Sa mère s’est endurcie autour d’un secret qu’elle a su garder mais qui l’a dévorée de l’intérieur : une nuit, elle a tué leur ivrogne de père et a coulé son cadavre dans les marais.

Depuis, elle fait croire que son mari les a abandonnés, et mène son maigre élevage de moutons et de bœufs d’une main inflexible, écrasant ses quatre garçons de sa dureté et de son indifférence.

Mais depuis, aussi, les aînés détestent leur plus jeune frère, né après la disparition du père, et en ont fait la cible de leurs jeux brutaux. Alors Rafael, seul au monde, ne vit que pour son cheval et son chien.

Voilà longtemps qu’il a compris combien il était inutile de quémander ailleurs un geste d’affection. Dans ce monde qui meurt, car les petits élevages sont peu à peu remplacés par d’immenses domaines, la révolte est impossible.

elpatron-etalonCritique : 
Direction la Patagonie ! Et à cheval, s’il vous plaît ! Et le premier qui se plaint, qui gémit, qui couine, recevra une torgnole de la mère…

Nous sommes dans la Pampa, en Argentine, là où les gauchos sont les rois, juchés sur leurs petits chevaux secs et nerveux, qui, telle la steppe, ont été façonné eux aussi par les vents froids et le soleil brûlant. Ces petits chevaux aux pieds sûrs qui se rient des sentiers de caillasse et des chemins piégeux.

Ici, Florent Pagny ne vous chantera pas « Bienvenue chez moi ».

Pour celui qui aime la nature hostile, les grands espaces, les chevauchées dures et âpres, le tout inclus dans un roman social, un roman noir, où la misère est aussi celle des cœurs, alors qu’il ouvre ce fabuleux roman de l’auteur.

Une mère et ses quatre fils vivent durement dans l’estancia familiale (une vaste exploitation agricole d’Amérique du Sud). La mère a élevée, quasi seule, ses 4 fils. Et à la dure !

Parfois elle se dit qu’elle aurait dû les noyer à la naissance, comme on le réserve aux chatons dont on ne veut pas ; mais voilà, il faut le faire tout de suite. Après, c’est trop tard. Ce n’est pas qu’on s’attache : il n’est plus temps, c’est tout. Après, ils vous regardent. Ils ont les yeux ouverts. Et vraiment la mère y a pensé, mais elle a manqué le coche.

La terre et le climat sont rudes, et la mère tout autant. Pas un câlin, pas un mot gentil, pas un merci pour ses fils, elle les houspille sans cesse et règne sur la maison et la propriété telle une dictatrice. Une main de fer dans un gant un crin doublé de mauvaise foi !

Car voilà, quand elle fait les comptes, deux sur quatre, la moitié pour rien. S’il n’y a pas là de quoi s’étrangler de rage. Des années à les nourrir et les élever à la sueur de son front ces gamins, les reins arqués pour tenir le coup. C’est que ça en demande, des efforts ; c’est que ça en mange, des soupées. Juste au moment où ils devenaient forts tous les quatre, et qu’ils prenaient leur part de besogne, la soulageant d’un peu de son fardeau.

Des têtes de cochon, voilà ce qu’elle a récolté, et pourtant elle en a joué, de la trique, mais il en fallait davantage semble-t-il, et elle a eu l’âme trop sensible.

Le personnage principal est Rafael… Le plus jeune des fils, celui qui en a bavé le plus, celui qui n’a reçu de l’amour que de son cheval ou de son chien, celui qui est né après la disparition du père,  celui qui fut le souffre-douleur de ses trois frères.

Mais le roman ne tournera pas que autour du jeune Rafael, il nous donnera aussi les points de vue des autres frères, de la mère, ce qui nous permettra d’en savoir un peu plus sur les quelques personnages qui gravitent dans ces terres hostiles dont les jumeaux Joaquin et Mauro et le troisième fils, Steban, dit « Le débile ».

L’écriture est sèche comme la steppe qui entoure l’estancia. Les relations entre les personnages sont souvent remplie de haine, de violence retenue, larvée, même si les jumeaux sont ceux qui s’entendent le mieux.

Ici, l’amour ne passe pas, ne capte pas. Ici, c’est le bout du monde, le début du siècle (le 20ème). Ici, pas de civilisation mais des tas de petites exploitations qui périclitent et disparaissent au profit des toutes grosses. Tiens, un air de déjà-vu !

Mais bien sûr cela n’a profité qu’à ceux qui peuvent acheter d’immenses exploitations, s’organiser en firmes, monter des fermes industrielles et des réseaux de transport, oui les petits propriétaires vont disparaître.

Ici, il y a encore des petites gens qui veulent résister à l’envahisseur, qui ne veulent pas se faire bouffer, qui tentent de survivre en bossant dur plus de 15h par jour, le cul vissé sur la selle usée de leurs fiers Criollos, tentant coûte que coûte de garder leurs vaches pour ne pas finir berger en gardant leurs moutons.

Il y a une profondeur dans ces pages, des personnages taillés à la serpe, façonnés par les vents glacials de la steppe, aux cœurs plus arides qu’un désert.

C’est l’histoire d’une vie, de la recherche d’une paix intérieure qui ne viendra qu’au prix de lourd sacrifices. Une vie qui vous abîme vos jeunes années à force d’avoir bossé dur.

Je penserai à Rafael en mettant mon pied dans l’étrier… Une pensée émue et sereine.

Un roman noir « nature writing » qui m’a remué les tripes…

Étoile 5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et le Challenge « Polar Historique » de Sharon.

BILAN - Coup de coeur

 

Trilogie des Voies de l’ombre – Stigmate – Tome 2 : Camut & Hug

Titre : Stigmate – Tome 2 de la trilogie « Les voies de l’ombre » big_2

Auteur : Jérôme Camut et Nathalie Hug
Édition : Télémaque / Livre de Poche (2008)

Résumé :
Quand les victimes d’un monstre fascinant et obscène se lancent sur les traces du prédateur qui a dévasté leur vie, elles ignorent qu’elles n’auront pour seules issues que la fuite, la mort ou les voies de l’ombre.

Critique :
Si j’avais tout de même passé un moment de lecture passable avec Prédation, le tome 1 de cette trilogie et eu mon quota de mystères, de suspense et d’adrénaline, ici, il n’en fut rien !

Kurtz, le tueur en série, ne me fait toujours pas frissonner, limite si je ne baille pas devant ses exactions.

Pire, j’ai même ressenti une horrible sensation de tourner en rond durant toute ma lecture. Comme si ce tome n’était là que pour faire vendre un peu plus. Ça tire en longueur et j’ai même sauté des lignes tellement je m’embêtais.

Rufus, le flic, est à tuer tellement il est devenu exécrable. Certes, il a des circonstances atténuantes mais tout de même.

Pourtant, Rufus était un bon flic, un très bon flic même. Et il le reste encore un peu puisqu’il ne croit pas à la mort de Kurtz. Mais est-ce son flair de flic qui parle ou sa haine pour Kurtz qui lui fait dire ça ?

Andréas, le père de Clara, que j’appréciais dans le tome 1, est tombé bien bas dans mon estime aussi et ses disputes incessantes avec Rufus m’ont exaspérées.

Rufus est méconnaissable en homme bouffi de haine (même si je peux comprendre) et qui finit par se comporter comme son ancien bourreau.

Mais à force de faire le malin, on finit par tomber dans le ravin. Émotions et raison ne font pas bon ménage, Sherlock Holmes le lui aurait dit.

Sérieusement, si je ne lisais pas cette trilogie en Lecture Commune avec Stelphique, j’aurais depuis longtemps laissé tomber l’affaire. Mais nos échanges via mails sont motivants et je me marre comme une baleine, alors, je continuerai, mais je serai intransigeante !

BILAN - Minion - Pouvait mieux faire - OKPourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
On poursuit sur notre lancée, car cette LC nous ravie à toutes les deux, plus que le texte lui même à vrai dire….

Synopsis :
Quand un monstre fascinant et obscène prend la parole et surgit à nouveau face à ses anciennes victimes, elles n’ont pour seules issues que la fuite, la mort… ou les « voies de l’ombre », le système implacable d’un criminel qui leur dévoile en chuchotant les secrets de sa folie.

« J’ai de l’amour pour mes chiens d’attaque. Certains il a fallu les tabasser, d’autres pas.

Il n’y a pas de règles. C’est ça l’extraordinaire chimie de la nature humaine. C’est passionnant.

Approche-toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. Il est temps que je me présente et que j’offre ma réflexion à la multitude. »

Les personnages :
Andréas, je continue donc d’être sous le charme de ce personnage, bien qu’il perd de sa superbe, mais c’est la suite logique je n’en attendais pas moins…

Kurtz, on en apprend plus sur ce tueur….Et ça frise le n’importe quoi à certains moments, et puis sur d’autres moments, on sent une puissance destructrice dérangeante…

Rufus, comme pour le tome 1 je le déteste, ça ne change guère……….

Ce que j’ai ressenti:
Je lui trouve trois parties bien distinctes a ce nouvel opus et donc trois sensations bien distinctes …

Désorientée, c’est bien le cas de le dire, pour la première partie, il y avait une multitude de personnages qui est venue se greffer aux autres, et ça ne s’arrêtait pas de passer d’une façon trop aléatoire à mon gout pour que je me retrouve (déjà que j’ai du mal à retenir les noms des personnages en temps normal, alors là c’était une grosse galère!!!).

Perturbée, car je ne saisissais plus bien le tueur originel…. Les auteurs lui prête finalement des intentions, un fond de manipulation politique, des qualités surhumaines, enfin bref, loin de tout ce que nous avions vu dans le tome 1…. Donc vraiment sur ce point une immense déception….

La sauce n’a pas pris avec moi, je me suis ennuyée sans comprendre le pourquoi d’un tel choix….

Il ne faut pas nous prendre pour des imbéciles quand même, je n’y ai pas cru un instant à cette association, aux réseaux d’espionnages et tueurs agissant en toute impunité ça me dérange vraiment que ce Kurtz soit à la fois un tueur audacieux et dans la même trempe, un simple pion d’une cohésion douteuse…

Décevant, cette idée d’agripper à l’intrigue, une synapse incompréhensible, sans réelle valeur….

Manipulée, car avec le livre Les voies de l’ombre, j’y ai vu un certain génie pervers . Ses pensées sont ahurissantes, empreint de folie, mais aussi d’accents de vérité qui s’immiscent dans nos esprits pour mieux nous frapper insidieusement. Les quelques extraits ici sont les plus parlant que j’ai trouvé:

« Approche toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime » p.395

« Le « tout, tout de suite » vous a privé de l’extase. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… A vivre sans attente, on se prive de l’excellence. » p434

« Éteignez vos télévisions, cessez de consommer comme une vache qui chie des litres de merde au quotidien, ne laissez plus aux publicitaires la possibilité d’envahir vos cerveaux immatures de messages pornographiques. Vous valez peut être mieux que ça. » p624

La confrontation du trio apporte un souffle de satisfaction de mon coté. Tout ce coté traque, jeu de dupes et confrontations explosives m’a ravie sur le troisième tiers de ma lecture.

C’est exactement ce que j’espérais de cette trilogie , ce que j’avais imaginé, en me plongeant dans cette trilogie…J’espère donc que les auteurs poursuivront sur cette voie….

En bref, je finis sur une bonne note de plaisir, après avoir eu un grand moment d’énervement et de déception…

Le « truc » que j’en retiendrais c’est que cette lecture me fait passer par différentes sensations plus ou moins satisfaisantes, mais ce qui est certain c’est que je ne garderais aucun stigmate dans mon esprit, sitôt finie, sitôt oubliée je pense…

Trilogie des Voies de l’ombre – Prédation – Tome 1 : Camut & Hug

Titre : Prédation – Tome 1 de la trilogie « Les voies de l’ombre »

Auteur : Jérôme Camut et Nathalie Hug                                            big_2-5
Édition : Télémaque / Livre de Poche (2007)

Résumé :
Un cadavre dénudé est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé. Un jeune père, dressé comme un chien, est tourmenté sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre.

Aucune piste, aucun lien, aucun mobile… Qui sont ces hommes ? Pourquoi ont-ils été choisis ? Pour quelle mise à mort aberrante ?

Prédation entrouvre la porte d’un univers imprévisible et angoissant, étrangement en prise avec les faits divers les plus choquants de notre époque.

Prédation – Définition : Action nuisible à autrui ou à l’environnement, comportement de prédateur.

  • Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, les riches font subir au reste de la société une violence inouïe. Une violence banalisée grâce à un renversement du langage : les riches seraient des victimes, menacées par l’avidité du peuple. Elle dénonce un processus de déshumanisation, une logique de prédation, une caste qui casse le reste de la société.

Critique (Stelphique a la sienne en bas de la page) :
Les voies de Dieu sont-elles impénétrables ? Je n’en sais rien. Mais les Voies de l’Ombre, oui. J’ai pénétré dans l’antre de la Bête et j’en suis ressortie entière. Juste un peu mal au poignet car le volume est lourd.

Ceci est un thriller où l’on ne s’ennuie pas, j’en convient… Un final qui appelle à lire la suite, c’est certain et ça tombe bien parce que je possède la trilogie.

Pas de temps d’attente, juste quelques temps morts le temps que tout se mette en place et que l’on rentre dans l’histoire.

Du suspense, de l’adrénaline, du mystère, de l’angoisse et une alternance dans les chapitres qui donnent du tonus au récit et augmente la tension artérielle du lecteur.

Un récit qui, bien qu’écrit au présent (et je haïs ça !) passe tout seul car écrit à la troisième personne. Pour tout vous avouer, j’ai mis quelques pages à m’en rendre compte. Cela prouve bien que c’était bien rédigé (ou alors que je manquais de café, allez savoir).

Là, je le sens bien, vous êtes en train de vous dire que cette énumération de qualités ne présage rien de bon et que la forêt cache un arbre de taille. Un truc pas net…

Tout juste Auguste ! Le Méchant, le psychopathe de service, le tueur en série, celui qui devait me faire flipper… Et bien, il ne m’a pas fait tressaillir une seule fois. Là, les auteurs sont passés à côté de leur sujet !

J’avais ri avec le tueur en série de « Un employé modèle« , frémi avec celui de « Un tueur sur la route » ou de « L’assassin qui est en moi« , étais restée la bouche ouverte devant la fausse imbécilité de celui de « 1275 âmes« , ressenti de l’empathie pour celui de « La collection » (Adrian, pas l’autre) et Jon Petersen dans « Que ta volonté soit faite » m’avait donné des sueurs froides.

Mais ici, rien ! Pour moi, le Grand Méchant est loupé ! Il ne me fait pas peur, je ne suis pas fascinée par lui, aucune empathie, aucun frisson devant l’homme.

Nom de Dieu, un Méchant réussi, c’est la chose la plus importante dans un roman !

Oh, je ne dis pas qu’ils n’avaient pas réuni les bons ingrédients (enfance déplorable, il est intelligent, rusé, machiavélique, sadique, et tout et tout) mais la sauce n’a jamais pris chez moi.

Frissons avec lui : zéro pointé ! Empathie pour les personnages : que dalle ! (hormis pour Clara, Louis et Andréas). De deux choses l’une, ou je suis devenue sans cœur devant la souffrance des personnages ou la soupe manquait de sel.

Tout ça ne m’empêchera pas de poursuivre gaiement la trilogie, le cliffhanger étant trop cruel pour que j’en reste là.

Et puis, qui sait, les auteurs ont peut-être réussi le mélange des ingrédients pour la suite et m’offrir un Méchant comme je les aime.

BILAN - Minion - Pouvait mieux faire - OKChronique de Stelphique :

Pourquoi je l’ai choisi :
Bien trop longtemps qu’il trainait dans ma PAL et j’ai profité de l’occasion pour proposer cette Lecture Commune à Belette2911….

Synopsis :
Un cadavre nu est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé. Un jeune père dressé comme un chien est torturé sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre.

Aucune piste, aucun lien, aucun mobile… Qui sont ces hommes ? Pourquoi ont-ils été choisis ? Pour quelle mise à mort aberrante ? Une nouvelle race de psychopathes est à l’œuvre. Un prédateur imprévisible et monstrueux. Sa traque macabre a déjà commencé.

Les personnages :
Andréas que de courage dans cet homme, jamais il ne lâche, gardant l’espoir et la niaque pour se libérer d’un tel geôlier…

Clara, j’ai aimé cette petite flamme, ce bout de chou qui ne s’en laisse pas compter….Son père a eu raison de lui apprendre à penser par soi même…..

Rufus, s’il avait une certaine estime en début de lecture, il l’a perdu très vite…..C’est un « bon » flic, enfin on va dire suffisant investi, il a ses failles, mais pour moi son acte est rédhibitoire…….

Ce que j’ai ressenti :
Le premier élément que j’en retiendrai, c’est que c’est un page-turner incroyable, peut-être aidé par la motivation de la LC, mais je ne lui ai trouvé aucun temps mort. C’est rudement bien mené.

Un thriller efficace avec assez de tension pour être liée à l’enquête, quelque fois sulfureuse, et reliée à deux personnages touchants, deux vrais battants qu’on ne peut qu’admirer face à cette situation d’esclavage particulier.

Si vous passez la porte en lisant ce livre, vous entrerez fatalement dans de drôles de nuances arc en-ciel, mais dites vous bien que vous serez plus proches des ténèbres, que du merveilleux trésor caché…..

J’ai beaucoup aimé avoir en aparté le passé, la lente mais implacable situation qui mène à un psychopathe. C’est très intéressant de voir comment un être humain peut en arrivé là : on a les bases de ce désaxé, on en comprend mieux ses motivations…

Et pourtant, je suis assez déçue de ce Kurtz, puisque je déteste quand on manque de personnalité pour se greffer à un personnage de film, il n’est pas le Prédateur que j’espérais…

Avec un passé si chaotique, j’ai du mal à comprendre cette domination effacée qu’on a dans cette enquête, je le voyais vraiment dans un autre registre, plus opérant, que déléguant les atrocités….

J’ai bien conscience que c’est un premier tome, mais il me manque un pan d’explication qui se fait cruellement sentir à la fin de ce tome…..

J’ai suffisamment ressenti d’émotions, et c’est tout ce que j’espérais: entre détester le personnage principal, la compassion pour la petite Clara, l’ admiration devant ce papa incroyable, et horrifiée de la genèse de ce psychotique…

Ma curiosité est en alerte, donc je poursuis bien évidemment dans cette saga, en espérant que ses deux auteurs qu’on dit si géniaux sauront me combler sur la suite, car là c’est en demi teinte…

Remerciements :
Je remercie sincèrement Belette2911 de s’être prêtée au jeu de la Lecture Commune de mes rêves…

Un moment interactif passionnant…Ce fut au delà de mes attentes, je me suis éclatée (de rire en coulisses!!!) et j’espère qu’on pourra mettre en place ce rendez-vous assez souvent, car cela m’a permis de ressentir une autre façon de lire et partager, que j’ai tout simplement adoré !!!!!!