Hercule Poirot (BD) – Tome 1 – Le crime de l’Orient-Express : Chaiko, Benjamin Von Eckartsberg et Agatha Christie

Titre : Hercule Poirot (BD) – Tome 1 – Le crime de l’Orient-Express

Scénaristes : Benjamin Von Eckartsberg et Agatha Christie
Dessinateur : Chaiko

Édition : Paquet (29/11/2017)

Résumé :
Le Crime de l’Orient-Express est, avec Dix petits nègres, l’un des romans d’Agatha Christie ayant connu le plus grand succès. Il a été traduit en plus de trente langues. Hiver 1937.

Juste après minuit, une congère force l’Orient-Express à s’arrêter en pleine voie. Le luxueux train est étonnamment plein pour cette période de l’année, mais, au petit matin, on dénombre un passager de moins…

Un magnat américain est mort d’une dizaine de coups de couteau, la porte de son compartiment verrouillée de l’intérieur. Hercule Poirot mène l’enquête dans le train coupé du monde…

Critique :
Adapter des romans en bédés, ce n’est pas toujours évident car il faut sabrer dans le récit, quitte à faire l’impasse sur des choses importantes ou sur la manière dont le détective comprend le schéma du crime à résoudre.

Il m’est souvent arrivé d’être frustrée car cela va trop vite dans une bédé, surtout si on connait le roman original parce qu’on l’a gardé en mémoire (et relu plusieurs fois).

Une chose m’a fâché dans le début du roman lorsque l’on montre un évènement tragique qui pourrait mettre les lecteurs sur la piste du potentiel coupable, alors que le plaisir, dans un Agatha Christie, est de se faire surprendre.

Le deuxième chose qui m’a un peu déplu, ce sont les dessins des visages des protagonistes, surtout celui de Hercule Poirot qui, pour moi, n’est pas conforme à l’original. Mais ceci est une histoire de goût.

Le scénariste a réussi à intégrer à sa bédé tous les éléments importants du roman original, même si, avec 64 pages, il faut aller à l’essentiel et ne pas ergoter sur des détails ou sur notre cher Hercule Poirot qui fait marcher ses petites cellules grises durant des pages et des pages.

Au final, l’album se révèle être bon, même si je ne suis pas fan des dessins à cause des visages assez grossiers. On pouvait mieux faire, je trouve. Les couleurs sont dans le sombre et elles vont bien à ce huis clos dans la poudreuse.

Une bédé pour se remettre en mémoire un des romans les plus célèbres de la Reine du Crime, ou pour le découvrir si on n’a pas envie de se plonger dans un roman (mais ce serait un tort de ne pas lire le roman original).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°198], Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°24] et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 64 pages.

Les petits meurtres d’Agatha Christie – Saison 1 – Épisode 10 : Un meurtre en sommeil (2013)

  • Genre : Policier
  • Durée : 100 minutes
  • Réalisateur : Eric Woreth
  • Avec Antoine Duléry (Larosière), Marius Colucci (Lampion), Jennifer Decker (Sacha), Sophie Le Tellier (Mylène Legrand), Patrick Descamps (Chesnay), Laurent Fernandez (Lucien Lebloc), Rémy Gence (docteur Bourdon)

Résumé de l’épisode :
Sacha Poliakof, 20 ans, s’évade de l’hôpital psychiatrique de Douai, dans le Nord. Elle trouve refuge dans une grande maison isolée, où des bribes de souvenirs l’assaillent.

Sacha a la vision d’une jeune femme vêtue d’une robe rouge qui est morte au pied de l’escalier. La maison a-t-elle été le théâtre d’un drame atroce ou Sacha est-elle reprise par ses crises de démence ?

Quel est le lien entre l’assassinat d’une femme non loin de là et la présence dans la région de cette demoiselle très perturbée ?

C’est la nouvelle passion de l’inspecteur Lampion pour la psychanalyse qui permettra au commissaire Larosière, pourtant très sceptique au sujet des méandres de l’inconscient, de dénouer les fils de cette étrange affaire…

Ce que j’en ai pensé :
S’il y a bien une série que j’apprécie regarder souvent, c’est bien celle des « petits meurtres » et si ma préférence va à la saison 2 avec le commissaire Swan Laurence, je ne dédaigne jamais regarder un plus ancien avec Larosière et Lampion.

Les années 30, les belles voitures, les esprits étriqués, les costumes, les chapeaux,… dépaysement garantit.

Le commissaire Larosière est un phallocrate, un séducteur, un homme qui démissionnerait si une femme entrait à la préfecture de police, tyrannique avec son adjoint Lampion et possède un égo démesuré…

Oui, vu ainsi il a tout pour déplaire, pourtant, j’adore le personnage du commissaire, qui correspond malheureusement à la mentalité de l’époque (je ne la cautionne pas mais le fait est là) car ses concepteurs ont su malgré tout rendre sympathique.

Ce que j’aime aussi, c’est que l’acteur, Antoine Duléry, avec son collier de barbe, est sexy à mort et que je ne dirais pas non s’il voulait me passer les menottes… Bon, passons à autre chose que mes fantasmes triviaux !

L’inspecteur Lampion, son souffre-douleur préféré, est un personnage timide, homosexuel, qui a envie d’aller plus loin, de bien faire, mais qui se fait souvent rabrouer par son commissaire qui ne prend pas souvent attention à lui.

Le duo marche super bien, l’un tempérant l’autre et sont souvent très drôle dans leurs réparties.

Alors que j’étais au début de l’épisode, des petits détails m’ont fait penser au livre d’Agatha Christie que j’avais lu en juin « La dernière énigme » avec miss Marple. Mais oui, une femme qui loue une maison et qui a l’impression d’y avoir déjà vécu, bon sang, mais c’est bien sûr !

Lors de mes premiers visionnages, cela n’avait pas fait tilt puisque je n’avais jamais lu le roman, sans oublier que les concepteurs de la série changent des détails, ne gardant que le plus important dans le scénario original.

Sacha Poliakof s’et évadée de l’hosto psychiatrique et c’est elle qui loue cette maison, avec ces sensations de déjà-vu qui font qu’elle se pense vraiment folle…

De leur côté, nos deux policiers, Larosière et Lampion (Marius Colucci) ont reçu un cours de psychanalyse criminelle par une dame qui a remis le commissaire, distrait, en place et ce dernier l’a mal pris… Elle se prend pour qui, cette femme qu’il pense frigide et j’en passe.

Il y de l’humour dans cet épisode et un peu de sexe, avec notre séducteur barbu qui va se faire monter dessus par la psychanalyste (une femme qui croque les hommes, une séductrice) et elle lui offrira même une analyse gratuite, qui ne fera pas les affaires de notre Don Juan ensuite.

Lampion est plus tempéré, plus à l’écoute des autres, notamment de Sacha, qu’il ne pense pas être coupable, alors que son commissaire la pense bonne pour la case prison.

Larosière est un bon policier, mais est souvent victime de ses préjugés, là où Lampion est plus ouvert, mais plus naïf aussi. Voilà pourquoi le duo fonctionne bien, il y a toujours l’un pour remettre l’autre sur le droit chemin.

Alors qu’en temps normal, j’oublie le nom des coupables, ici, je n’avais pas oublié celui du livre et j’ai pu désigner la personne coupable tout de suite lorsque je l’ai aperçue.

Croyez-moi, sans ma lecture du roman dernièrement et un peu de mémoire, j’aurais de nouveau tout oublié et ma surprise aurait été grande à la fin. Rassurez-vous, cela n’a même pas gâché mon plaisir car dans cet épisode, Sacha et Lampion sont les deux personnages qui sont les plus mis en avant et sans Lampion, Larosière aurait commis une erreur judiciaire.

Mais chuuutt, son égo ne s’en remettrait pas !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°179] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°05].

Les énigmes d’Aurel le Consul – 01 – Le suspendu de Conakry : Jean-Christophe Rufin

Titre : Les énigmes d’Aurel le Consul – 01 – Le suspendu de Conakry

Auteur : Jean-Christophe Rufin
Édition : Flammarion (2018) / Folio (2019)

Résumé :
Un riche français est retrouvé assassiné, pendu par un pied au mât de son voilier dans la marina de Conakry. Tout accuse la jeune Africaine qui vit avec lui sur le bateau. Mais Aurel se met sur la piste du meurtrier et découvre une toute autre affaire.

Avec l’aide de la soeur du défunt, débarquée de France pour reconnaître le corps, il commence à assembler les pièces du puzzle.

Et, sur les pas d’Aurel on découvre en la personne du défunt un homme complexe qui, à l’image du Lord Jim de Conrad, a vu le destin lui donner l’occasion de racheter ses faiblesses passées…

Jean-Christophe Rufin, sur un mode volontiers humoristique et avec un sens consommé du récit, nous entraîne à la suite de son étonnant enquêteur, à la découverte des coulisses du travail diplomatique et d’une Afrique inattendue, sur fond de trafic de cocaïne.

Avec Aurel Timescu, il crée une figure qui pourrait nous devenir bientôt aussi familière, dans des contextes bien différents, de celles d’Hercule Poirot ou de Jules Maigret.

Critique :
Un peu de fraîcheur, ça fait du bien, même si elle n’est que littéraire et ça ne change rien à la canicule qui sévit.

Mais la fraîcheur était aussi de mise après des lectures plus éprouvantes, plus sombres.

Toute la saveur de ce roman policier tient dans son personnage principal : Aurel Timescu.

Aurel est un Roumain qui a connu les années de Ceaușescu, qui est arrivé en France, a connu des galères avant de pouvoir entrer au Quai d’Orsay et le voilà devenu Consul de France.

Mais quel consul… Il a une dégaine qui vaut le déplacement avec son style années 30 et son pardessus alors qu’il est en Guinée et qu’il y fait chaud. Son boulot, c’est de ne rien faire, de rester dans son placard où il n’a accès ni à un PC, ni à Internet, ni même à un téléphone. Il traîne une réputation épouvantable et personne ne veut de lui.

Le problème, comme toujours, c’était l’accent. Avec sa voix qui déraillait, ses « r » roulés et ses intonations de paysan du Danube, Aurel savait qu’il était difficile de se présenter à un inconnu au téléphone sous le titre « consul de France ». Cela sentait le canular et on lui avait plusieurs fois raccroché au nez.

Pourtant, Aurel a des passions… Le vin blanc (le Tokay), le piano et les enquêtes criminelles ! Alors, quand on retrouve un Français mort et pendu au mat de son voilier, dans la marina de Conakry, Aurel profite de l’absence de l’ambassadeur pour se livrer à une enquête.

C’est à cause (ou grâce) à #La Grande Librairie que j’ai entendu parler de l’auteur et de son personnage atypique, version Columbo mais avec des casseroles au cul, sans posséder la confiance de ses supérieurs et sans les petites phrases du lieutenant.

Il est moqué, regardé de haut, pas pris au sérieux… Pourtant, si les autres personnages se foutent de lui, ne l’invitant jamais à rien, on remarque qu’Aurel mérite d’être connu, qu’il a des choses à nous apprendre et jamais son père littéraire ne se moque de lui, ne le rabaisse, ne le tourne en ridicule.

Que du contraire, l’auteur lui donne de l’épaisseur, de la profondeur et si Aurel est fantasque, maladroit et prête à rire avec son accoutrement, c’est une belle personne à l’intérieur. Un homme qui, plus jeune, a connu la dictature et le communisme.

Il avait été élevé dans un pays désorganisé où il fallait faire la queue à tout propos. Ce qui était difficile pour lui c’était de conserver dignité et volonté dans de telles ambiances. Son premier réflexe dans la foule était de retrouver la soumission et la passivité que le monde communiste exigeait de ses sujets.

La vie l’avait doté, par la force des choses, d’une résistance inépuisable face à des vexations bien plus humiliantes. La Roumanie de Ceaușescu, où il avait grandi, était à cet égard une école d’une exceptionnelle rigueur, qui armait à jamais contre la bêtise et le mépris.

On ne va pas se leurrer, nous ne sommes pas dans de la grande littérature policière, on a déjà connu mieux en matière d’intrigue, mais le récit est cohérent, amusant, rempli de fraîcheur et l’auteur ne se prive pas pour égratigner la diplomatie française, puisqu’il sait de quoi il parle.

C’est aussi une partie de la Guinée que nous visitons, sa société, que nous apprenons à connaître et même si le colonialisme est terminé, il y a toujours de la condescendance dans le ton employé par les français envers les guinéens.

Dupertuis aimait sincèrement l’Afrique et il entretenait de véritables amitiés avec ses collègues guinéens. On l’aurait beaucoup étonné en lui faisant remarquer qu’il parlait d’eux avec une condescendance qui n’était pas tout à fait sans évoquer la mentalité coloniale.

La plume de Ruffin est des plus agréable à suivre, elle est fluide, amusante, détaillée mais sans exagérer et mes yeux avançaient tout seuls sur le papier, dévorant le récit avec avidité tant il était rafraîchissant.

Un roman policier amusant de par son enquêteur atypique, ce consul que tout le monde prend pour un imbécile alors qu’il est loin d’en être un (faut juste apprendre à le connaître), un roman policier sérieux quand il parle de diplomatie ou de la société guinéenne, le tout étant parfaitement intégré dans le récit, sans que le ton soit moralisateur ou sentencieux.

Une vraie belle découverte, inattendue et qui m’a fait un bien fou avec pas grand-chose. Juste un enquêteur atypique, un hurluberlu qui ne paie pas de mine mais qui possède assez bien de qualités, bien camouflées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°24].

Le tableau du maître flamand : Arturo Perez-Reverte

Titre : Le tableau du maître flamand

Auteur : Arturo Perez-Reverte
Édition : Le Livre de Poche Thriller (1994/2007/2010))
Édition Originale : La tabla de Flandes (1990)
Traduction : Jean-Pierre Quijano

Résumé :
Sur la toile, peinte il y a cinq siècles, un seigneur et un chevalier jouent aux échecs, observés depuis le fond par une femme en noir.

Détail curieux: le peintre a exécuté ce tableau deux ans après la mort mystérieuse d’un des joueurs et tracé l’inscription « Qui a pris le cavalier ? », également traduisible par: « Qui a tué le cavalier ? »

Tout cela n’éveillerait que des passions de collectionneurs si des morts violentes ne semblaient continuer la partie en suspens sur la toile.

Et c’est ainsi que l’histoire, la peinture, la logique mathématique viennent multiplier les dimensions d’une intrigue elle-même aussi vertigineuse que le jeu d’échecs…

Critique :
Quis necavit equitem ? Et pour ceux et celles qui n’ont pas écouté pendant les cours de latin (moi en premier), la traduction veut dire « Qui a pris le cavalier ? », ou plus simplement, « Qui a tué le cavalier ? ».

Omar n’a pas « tuer » et il semblerait que Dupont de Ligonnès soit innocent aussi.

Mais alors, QUI a zigouillé le cavalier ?

Cette inscription latine et énigmatique a été inscrite sur la toile « La Partie d’échecs », peinte en 1471 par Pieter van Huys, flamand de son état et sans les rayons X, jamais elle n’aurait été mise à jour puisque recouverte par la peinture.

Il est trop tard pour passer les menottes au coupable, sauf à arrêter un squelette. Il semble que la prescription jouerait pour celui qui assassina le cavalier de la toile… Malgré tout, il y a là un petit mystère qui ne déplaît pas à Julia, restauratrice de cette toile.

Tout le monde pourrait penser que l’amant (le cavalier/chevalier) de l’épouse (la dame en noir en arrière-plan) aurait été assassiné par le mari cocu et jaloux (un grand classique), son adversaire dans cette partie d’échec.

Plausible mais banal, bien que la théorie du rasoir d’Ockham nous la souffle. Mais ce serait trop simple, beaucoup trop simple !

La solution était moins simple mais nom de Zeus, pour arriver à comprendre le raisonnement, qui est long et obscur j’ai dû avaler des aspirines afin de calmer mes maux de tête !

On est loin des déductions à Holmes ou Poirot, loin des indices faciles à repérer car la résolution est dans les échecs, jeu hermétique pour mon pauvre et simple esprit. C’est trop mathématique, trop abscons pour moi.

En plus, j’ai trouvé les différents personnages assez plats, sans relief, hormis pour le vieux César qui nous gratifiait de touches d’humour de temps en temps. Lui, il a relevé le niveau des autres qui eux, pouvaient retourner au vestiaire.

L’écriture est simple, à la portée de tous, les complications venant dans la partie consacrée aux échecs.

Par contre, malgré le fait que je me suis perdue, j’ai apprécié quand l’auteur nous parlait de l’art et de ses trafics nombreux, des manières de restaurer des peintures et de la fabrication des couleurs à une époque lointaine.

Vous vous en doutez, j’ai sauté des passages entiers et des pages et des pages tant le roman ne me passionnait guère. Je suis allée jusqu’au bout tout de même car « Le polar pour les Nuls » en parlait en bien, tant au niveau de sa construction que de sa résolution.

Ouf, je suis arrivé dans les chapitres des révélations ! Et patatras, lorsque Munoz, le « détective », prodige aux échecs, dévoilera le nom du coupable « tadaaaa », j’en suis restée baba tant ça me semblait lourd, déjà vu, déjà fait, coup classique… Le coup que je déteste qu’on me fasse. Le coup de pute.

Sinon, c’était vachement alambiqué, c’était recherché d’incorporer la solution de l’énigme dans des parties d’échecs, mais tout ça m’a perdu. En plus, avec des personnages sans trop de saveur et de goût, ça m’a achevé.

Je vais l’oublier et le ranger sur mes étagères.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°226 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 14].

 

Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie : François Cheng

Titre : Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie

Auteur : François Cheng
Édition : Albin Michel (2013) / Livre de Poche (2015)

Résumé :
Comme ses « Cinq Méditations sur la beauté », ce texte de François Cheng est né d’échanges avec ses amis, auxquels le lecteur est invité à devenir partie prenante. Il entendra ainsi le poète, au soir de sa vie, s’exprimer sur un sujet que beaucoup préfèrent éviter.

Le voici se livrant comme il ne l’avait peut-être jamais fait, et transmettant une parole à la fois humble et hardie.

Il n’a pas la prétention de délivrer un « message » sur l’après-vie, ni d’élaborer un discours dogmatique, mais il témoigne d’une vision de la « vie ouverte ».

Une vision en mouvement ascendant qui renverse notre perception de l’existence humaine et nous invite à envisager la vie à la lumière de notre propre mort.

Celle-ci transformant chaque vie en destin singulier, la fait participer à une grande Aventure en devenir.

Critique :
Une fois de plus, c’est grâce à l’émission La Grande Librairie que j’ai découvert cet auteur et sa manière de parler, sans précipitation, avec réflexion et de manière très profonde, m’a donné envie de le découvrir par la lecture.

Rappelez-moi, un jour, de coller un procès à l’animateur, François Busnel, pour toutes les super découvertes littéraires que j’ai faites en regardant son émission (ça me ruine le portefeuille tout en enrichissant mon âme. Les banquiers se foutent de mon âme).

Sa manière de nous expliquer que pour éprouver du bonheur, il fallait avoir souffert, que sans les malheurs, souffrances, bref, toutes ces merdes, nous ne pourrions pas jouir et reconnaître le bonheur quand il se présente à votre porte.

Ben oui, je ne suis jamais si contente d’être en bonne santé qu’après avoir été malade… Et lorsque je suis malade, je regrette les jours de pleine santé que je n’ai pas accueilli avec joie.

Anybref, parlons de ce petit livre qui se lit avec lenteur aussi car là, on n’est pas dans un roman léger mais dans du lourd. Mon cerveau en fume encore.

Rassurez-vous, lire un essai qui parle de méditations sur le mort ne plombe en aucun cas l’ambiance ou votre moral. J’en suis sortie plus sereine, plus zen, plus apaisée aussi.

En fait, ce qu’il dit rejoint ce qu’une connaissance m’avait dite un jour et qui m’avait fait l’effet d’un uppercut car je ne l’avais jamais vue sous cet angle, l’idée de la mort : sans la mort, il n’y a pas de vie ! Si la vie est précieuse, c’est parce qu’elle n’est pas éternelle et qu’il y a la mort. Mais surtout, s’il n’y avait pas la mort, il n’y aurait pas la vie.

Ceci n’est qu’un résumé succin de ce que je viens de lire et que mon cerveau tente encore de mettre en ordre. De toute façon, je n’ai pas le talent, ni la prose, ni l’érudition de François Cheng pour vous parler de cette lecture qui m’a plongée ailleurs que sur Terre. Et ça, en plein confinement, c’est du tonnerre de Dieu !

Dieu, oui, il en parle mais à la manière d’un qui se questionne… Car si le hasard fait souvent bien les choses, ma question est la même que la sienne : comment le hasard a-t-il pu ordonnancer parfaitement la Terre, l’Univers, la Vie ?

Parce que bordel de dieu, c’est quand même bien fichu, bien pensé, pour un coup de hasard. Mais ne dit-on pas que le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito ? Je n’ai toujours pas la réponse à ma question, lui non plus, mais au moins, on a le mérite de les poser (lui plus que moi).

Sans vouloir être plus catholique que le pape, ce que je ne suis pas, il parle du sujet Dieu avec justesse et de celui de jésus d’une manière qui, déjà, dans l’émission, m’avait fait monter la boule dans la gorge car une fois de plus, il en parlait bien, sans virer grenouille de bénitier, sans choquer non plus les croyants, ni remettre en question les athées et les agnostiques. Ah si on m’avait parlé ainsi lorsque j’étais jeune !

Ce petit roman de méditations, c’est de la poésie, au sens propre comme au figuré, c’est de la justesse, ce sont des mots réfléchis, des réunions avec ses amis afin de partager avec eux ses méditations, c’est aussi de la philosophie, la beauté des mots, le fait que tout ce qu’il dit s’imbrique l’un dans l’autre.

Et en plus, c’est accessible à moi ! What’else ?

PS : lorsque je mourrai, en espérant que ce ne soit pas durant le confinement, je voudrais qu’à mon homélie à l’église, on passe « Paint in black » et « Sympathy for the devil » des Rolling Stones ! L’acoustique d’une église doit bien donner…

Sherlock – Tome 4 – Un scandale à Buckingham (partie 1/2) : Jay, Mark Gatiss et Steven Moffat

Titre : Sherlock – Tome 4 – Un scandale à Buckingham (partie 1/2)

Scénaristes : Mark Gatiss et Steven Moffat
Dessinateur : Jay

Édition : Kurokawa (14/11/2019)
Édition Originale : Sherlock : Belgravia no Shûbun jp, Vol.1 (2019)
Traducteur : Fabien Nabhan

Résumé :
Grâce au blog de John Watson relatant les multiples enquêtes élucidées par Sherlock, notre détective devient de plus en plus célèbre.

À tel point qu’un membre de la famille royale lui confie une nouvelle affaire consistant à récupérer des photos compromettantes prises par Irène, une femme dangereuse, aussi intelligente que culottée.

Début de la deuxième saison en manga de la célèbre série TV Sherlock !

Critique :
On peut dire que celui-là, je l’attendais au tournant !

Et j’ai attendu 2 ans pour voir enfin sortir le tome consacré à l’épisode que j’apprécie le plus dans la série Sherlock BBC.

Alors oui, j’avais les crocs et le poignard déjà en main pour trucider si jamais le résultat n’était pas à la hauteur de mes attentes.

Vu la richesse scénaristique de l’épisode 1 de la saison 2, le manga est divisé en deux parties et donc, je devrais encore attendre pour l’avoir en entier.

Pour l’histoire, rien de neuf sous le soleil puisque ce sont les épisodes télés mis en manga, tels quels.

Pourquoi ? Sans doute pour attirer les gens qui ne regardent pas les séries mais qui sont amateurs de mangas (qui pourraient ensuite basculer sur la série) ou alors, pour soutirer des sous aux fans du détective du 221b…

Dont je fais partie.

Autre avantage c’est qu’il permet de « revoir » l’épisode mais à son rythme, en prenant le temps car si vous avez déjà regardé un épisode de la série Sherlock de la BBC, vous n’êtes pas sans savoir qu’elle est rapide. Trop rapide, parfois.

Niveau rythme, on a beau être en version manga, ça avance tout de même, tout en restant fidèle au récit de la série, les seules différences notables étant que le mangaka a mangarisé (ça ne se dit pas, je sais) les personnages, ajoutant donc des onomatopées pour illustrer des pas ou tout autre chose.

J’avais déjà souligné dans les tomes précédents, que si Sherlock était réussi au niveau du physique et du rendu de ses expressions faciales, il n’allait pas de même pour les personnages…

Raté notre John (avec un nez qu’il a fort gros), le personnage de Lestrade (on pouvait parfois le confondre avec John), celui de Mycroft et pire, celui de Jim Moriarty qui avait perdu toute sa morgue et ce qui faisait de son personnage télé un Méchant bien plus angoissant que tous les Moriarty réunis.

Oui, ça fait beaucoup de petits loupages dans les expressions…

Autant où le mangaka a su donner au regard de Sherlock toute la morgue et le mépris de l’acteur, autant où il s’est un peu loupé sur les autres et ces personnages forts ont perdu de leur puissance faciale.

Là, on ajoute Irene Adler qui, hormis quelques cases où l’auteur a su donner toute l’intensité à son regard, est loupée.

Chez elle, tout est dans le sourire, dans le regard, dans l’éclat des yeux, dans la manière dont elle a de regarder Sherlock ou les autres…

Il lui manque quelque chose…

Heureusement que j’ai vu la série avant et que je sais comment elle est, sinon, ce personnage n’aurait eu aucun impact sur moi.

LA scène culte, pour ne pas dire « cul » est loupé aussi puisque l’apparition de Irene déguisée en Ève (sans la feuille de vigne) n’a pas la puissance visuelle de celle de la télé puisque le visage de l’actrice n’est pas bien exécuté.

Ce qui est bien dommage car elle est un personnage majeur dans la saga, qu’elle soit télévisuelle ou littéraire. Alors bon, si je passe outre les expressions de Molly Hooper qui ne sont pas non plus mises en valeur, je coince vraiment sur celles de LA Femme.

Un manga qui respecte les scénarios de la série télé, qui colle au plus juste avec les dessins, sauf pour le rendu des expressions de certains personnages, ce qui est dommage car ça a une importance capitale, pour moi.

Surtout pour cette aventure.

Mais je continuerai tout de même parce qu’une collection, c’est une collection ! Et que Sherlock le vaut bien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°121 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

Pour un instant d’éternité : Gilles Legardinier

Titre : Pour un instant d’éternité

Auteur : Gilles Legardinier
Édition : Flammarion (02/10/2019)

Résumé :
Vincent sait mieux que personne ce qu’est un secret. Spécialiste des passages dérobés, c’est à lui que les riches et les puissants font discrètement appel pour dissimuler leurs trésors ou s’aménager des issues indétectables.

Alors que Paris célèbre l’Exposition universelle et sa phénoménale tour Eiffel, Vincent et son équipe deviennent soudain la cible de tentatives d’assassinat.

La mort rôde désormais autour d’eux. Un de leurs clients cherche-t-il à effacer ce qu’ils savent de lui ? Sont-ils traqués par des pouvoirs occultes ? Quelle est cette ombre qui peut les frapper n’importe où, n’importe quand ?

Dans une époque bouleversée, confronté à des mystères surgis d’un autre temps, Vincent va tout faire pour déjouer la menace et sauver les siens. Ce qu’il s’apprête à découvrir va faire voler en éclats tout ce qu’il croyait savoir du monde…

Critique :
Paris à l’époque de son Exposition Universelle ! Quelle folie cela devait être ! 96 hectares…

J’aurais aimé y faire un tour, même si certains pavillons étaient du plus mauvais goût.

N’ayant pas de machine à remonter le temps, j’ai pris un ticket de voyage instantané en ouvrant ce roman et même si nous n’avons pas tout exploré, le voyage était plus que génial.

Attention, l’Expo Universelle n’est pas la destination première de ce livre, mais puisqu’elle en est en partie le cadre, cela aurait bête de ne pas y aller faire un tour.

Une chose m’a toujours fasciné, étant gosse (et adulte aussi), ce sont les passages secrets ! Là, j’en ai eu pour mes sous à tel point que j’avais mes yeux qui brillaient.

Si le roman avait été plus court (tel le nez de Cléopâtre) d’une cinquantaine de pages, il aurait gardé tout son peps. Il y avait des passages qui étaient plus introspectifs, plus détaillés et cela lui a fait perdre un peu de rythme, mais pas au détriment de son histoire.

Il fallait sans doute prendre un peu de repos, de recul et laisser au personnages le temps de souffler, ainsi qu’au lecteur car à un moment donné, ça bouge beaucoup et dans tous les sens.

Ne cherchez rien de plus que le souffle de la grande Aventure, ne cherchez rien de plus qu’un roman de littérature populaire (et ce n’est pas au sens péjoratif), ne cherchez rien de plus qu’un bon moment de lecture, aux côtés de personnages sympathiques dont on aimerait faire partie de l’équipe.

Moins d’humour que dans ses autres romans, normal, le cadre de l’histoire s’y prête moins, mais avec des petites pépites sur la nature humaine, des petites phrases toujours justes et qui sont un plaisir à lire et à faire rouler sous la langue tant elles sont vraies.

Autre talent de l’auteur : nous immerger de suite dans le décor grandeur nature qu’était Montmartre lors de la construction de sa Basilique, mais aussi du quartier avant qu’il ne prenne de l’ampleur grâce/ à cause de ce chantier.

Idem pour Paris… Les décors sont plantés très vite et où que nos yeux se posent, ils ne voient que le Paris de 1889. Manquait plus que le bruit et les odeurs et nous y étions, dans ce Paris de 1889 qui changeait de visage, notamment avec une grande tour en fer.

Un grand roman d’aventures, de mystères mystiques, de passages secrets, de souterrains piégés ou non, d’amitié, de solidarité et d’un trésor qui n’est pas toujours constitué d’argent car la plus grande richesse n’est pas le fric mais…

Non, je ne vous dirai rien de plus si ce n’est : lisez-le, nom de Dieu, car même si ce n’est pas de la matière à Goncourt, on s’en fiche ! C’est de la matière à une grande aventure sous les pavés de Paris, à des faits qui semblent fous ou extravagants mais qui sont réels, à de l’humanité et de l’amitié et ça, ça n’a pas de prix !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°113.

 

Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 6 – Enquêtes internationales : Ced & Boutanox

Titre : Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 6 – Enquêtes internationales

Auteurs : Ced & Boutanox
Édition : Makaka (26/04/2019)

Résumé :
La réputation du célèbre détective Sherlock Holmes a dépassé les frontières. Ses talents sont requis pour résoudre trois enquêtes internationales.

En compagnie de son frère, homme brillant et membre du gouvernement britannique, il voyagera des Indes au Sud de la France.

Sherlock et Mycroft parviendront-ils à faire la lumière sur ces étranges affaires ?

Entrez dans la peau de Sherlock ou Mycroft Holmes, relevez minutieusement les indices, interrogez scrupuleusement les suspects, utilisez votre sens de la déduction pour trouver les coupables…

De vos choix, dépend la résolution de ces enquêtes, car le héros, c’est vous !

Critique :
Une fois de plus je me suis prise au jeu d’enquêter au côtés de Sherlock Holmes et de… Mycroft Holmes puisque ce tome 6 nous donnes cette possibilité.

Moi qui d’habitude joue en premier lieu avec Watson car son personnage a droit à plus d’avantages (Holmes étant le plus intelligent, il est pénalisé) lors des enquêtes, j’ai décidé cette fois-ci de prendre Sherlock.

On quitte Londres et on voyage dans les colonies à la recherche d’indices pour trouver les coupables.

Une fois de plus, le livre est bien fait, on le tourne dans tous les sens pour quérir des indices, compter les portraits de la reine Victoria et rassembler des objets dans notre valise, objets qui pourront être montrés à nos différents suspects.

Ce que j’aime dans ces enquêtes, c’est qu’il y a peu de suspects, bien souvent 4 par enquête mais purée, c’est toujours autant la prise de tête lorsqu’il faut écrire sur sa feuille d’enquête QUI on suspecte d’être l’auteur de l’assassinat/vol…

On penserait éliminer le groom du navire, mais qui sait s’il n’a pas tué ? La voisine de cabine du défenestré ? Elle aurait pu aussi le balancer, idem pour l’autre de la cabine d’en face… Et puis, et si le mort s’était suicidé ? Ou si plusieurs s’étaient associés pour le tuer ???

Première enquête choisie par votre serviteur et déjà une grosse prise de tête, des hésitations, alors je repasse tous mes indices en revue, je fais fumer mon cerveau, je le triture et je me dis que sur ce coup-là, mes capacités de déduction n’équivalent pas celles du Maître et que c’était plus simple de comprendre la solution de « La police des fleurs, des arbres et des forêts »…

Pour les trois enquêtes, je me suis creusée les méninges, rassemblant mes indices tel un Petit Poucet, scrutant chaque image pour voir si je n’avais pas loupé un numéro (et j’en ai loupé) qui m’amènerait vers un indice important et je ne peux que vous conseiller d’être plus qu’attentif car certains sont écrits en tout petit. Sadisme !

À force de m’arracher les cheveux, j’ai tout de même trouvé les 3 bons coupables (pas toujours les bons mobiles ou modus operandi) mais j’ai risqué de finir chauve à la fin de ces 3 enquêtes, sans compter que le tome 7 est annoncé avec un Watson accusé d’un meurtre…

Mon dieu, encore de belles heures de jeu en perspective !! Parce que oui, ce genre de livre ne se termine pas en 20 minutes, ni même en une heure. Je l’ai étalé sur 3 jours, me concentrant sur une enquête par jour. Quand je vous dis que l’on en a pour ses sous car ça dure longtemps.

Sans oublier que je peux recommencer les enquêtes de mes anciens livres quand je le souhaite et incarner un autre personnage.

Un problèmes à trois pipes, ces enquêtes où je suis le héros !

PS : je suppose que c’est fait exprès, mais le défenestré Balthazar Barks avait des airs de Balthazar Picsou (inventé par le dessinateur Carl Barks !!), notamment quand on voit une photo de lui jeune, tenant une pépite d’or et la soulevant vers le ciel, comme lorsque que Oncle Picsou était chercheur au Klondike. Plus je les regarde et plus je me dis que ceci n’est pas un hasard !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°109.

Joseph Laflamme – Tome 2 – Jeremiah : Hervé Gagnon [LC avec Bianca]

Titre : Joseph Laflamme – Tome 2 – Jeremiah

Auteur : Hervé Gagnon
Édition : 10/18 Grands détectives (06/06/2019)

Résumé :
Avril 1865. La guerre de Sécession tire à sa fin, et les membres d’une société secrète confédérée, les Knights of the Golden Circle, sont réunis au St. Lawrence Hall Hotel, à Montréal.

Leur but : planifier une éventuelle reprise des hostilités et encaisser des traites bancaires américaines d’une valeur de 2,5 millions de livres sterling.

Parmi eux, John Wilkes Booth, futur assassin du président Abraham Lincoln, a en sa possession un objet encore plus précieux.

Février 1892. Des Noirs montréalais sont sauvagement torturés et assassinés à la manière caractéristique du Ku Klux Klan. Le journaliste du Canadien Joseph Laflamme se lance sur l’affaire en compagnie de l’inspecteur Marcel Arcand, du Département de police de Montréal.

Ils croiseront la route d’un personnage légendaire que l’on croit mort depuis 1882 et qui ne reculera devant rien pour retrouver ce que Booth a caché à Montréal.

Critique :
Autant où le final du tome précédent (La légende de Jack) ne m’avait pas plu car tout à fait impossible (et improbable), autant où celui-ci m’a enchanté.

Par où commencer ?

L’atmosphère de Montréal sous la neige avait de quoi donner des frissons car l’auteur a fait ce qu’il fallait pour bien nous faire comprendre que ça caillait dehors et que nous serions mieux à le lire sous un plaid chaud…

Les personnages ont évolué, socialement (un peu) et je les ai trouvé plus étoffés, plus intéressants que dans le premier tome où c’était Joseph qui était le plus mis en avant et il m’avait parfois exaspéré.

Ici, nous avons un quatuor pour enquêter et ce sont de véritables aventures dignes d’Indiana Jones – les nazis et les pièges en moins – qu’ils vont vivre, courant partout pour résoudre une enquête aux relents ésotériques et franc-maçonniques.

Pas de temps morts, juste le temps d’avaler une tasse de thé chaude, un verre (ou plus) de gin et hop, c’est repartit pour un tour ! On chasse l’énigme, on se fait suivre, les suiveurs sont suivis aussi et les mystères planent sur ce qui a été caché et qui ne doit pas être retrouvés, sauf par des gens bien comme il faut.

Les meurtres sont sanglants, dégueulasses, horribles, racistes, bourrés de détails qu’on ne lit pas habituellement lorsque nous sommes face à un pendu. Réalisme, quand tu nous tiens… Que les âmes sensibles évitent ces passages si elles mangent….

Anybref, c’est envolé, très chasse à l’énigme insoluble mais avec quatre cerveaux qui réfléchissent, ça va tout de suite mieux.

Le côté Historique me semble correct, mais je ne sais pas grand-chose sur l’assassinat de Lincoln, hormis ce que Wiki en dit et pour le reste, si c’est de la fiction, elle a tout de la réalité et vu qu’elle dépasse souvent la fiction, cela ne m’étonnerait qu’à moitié que ce genre de chose n’ait pas été prévue.

Ce tome 2 me réconcilie avec les enquêtes de Joseph Laflamme car j’ai passé un agréable moment de lecture et je n’ai pas vu le temps passer et c’est un peu bête que je me suis aperçue que j’arrivais à la fin… Oh, déjà ??

Le final, lui, m’a laissé un sourire de plaisir sur la face. Un sourire cynique qui fait du bien car tel est pris qui croyait prendre. Mhouhahahaha.

Un LC de plus avec Bianca et elle est réussie des deux côtés. Nous avons apprécié les personnages et je ne dis pas non à une nouvelle enquête à leur côté, si elle est de cette même qualité. Merci à Bianca de m’avoir soumis ce roman car je n’y serais jamais venue après ma lecture du premier tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°88 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu – Terreur – Le crime était parfait  : Thriller).

Les Sept morts d’Evelyn Hardcastle : Stuart Turton

Titre : Les Sept morts d’Evelyn Hardcastle

Auteur : Stuart Turton
Édition : Sonatine (16/05/2019)
Édition Originale : The Seven Deaths of Evelyn Hardcastle (2018)
Traducteur : Fabrice Pointeau

Résumé :
Mixez Agatha Christie, Downtown Abbey et Un jour sans fin… voilà le roman le plus divertissant de l’année.

Lauréat du prestigieux Costa Award, le premier roman de Stuart Turton est à la fois un formidable jeu de l’esprit et un régal de lecture.

Ce soir à 23 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée. Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ?

Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre.

Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée.

Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.

Critique :
La boucle temporelle m’avait bien fait rire dans un épisode de la série Stargate SG-1 (Saison 6 – Épisode 4) où Teal’c et O’Neill s’étaient amusés à profiter de la chose.

Ici, on n’est pas là pour rigoler mais pour résoudre un meurtre qui a tout l’air d’un suicide tandis que la journée se répète encore et encore.

Mais attention, l’auteur a pimenté les choses puisque à chaque nouveau jour, on entre dans la peau d’un autre personnage, s’appropriant ses forces, son intelligence, sa ruse ou ses faiblesses.

N’ayant pas vraiment lu le résumé (ou l’ayant déjà oublié), je suis tombée un peu comme un cheveu dans la soupe en commençant ma lecture avant que cela ne fasse tilt après avoir été rafraîchir ma mémoire…

En effet, il y a du Agatha Christie là-dessous ! Du Un jour sans fin aussi, mais là, c’est assez logique. Par contre, il manquait pour nous offrir du Downtown Abbey les piques de Violet Crawley.

Cette journée, on a beau la rejouer maintes fois, elle n’est pas la même, des choses changent, et puis, l’auteur nous a gardé quelques surprises en cours de route, pimentant le jeu de manière à ce que nous comprenions, au fur et à mesure et en même temps que le personnage dans la peau duquel nous sommes, les petits détails tels que les messages ou les événements qui se déroulent sous nos yeux.

Pourtant, j’ai eu du mal avec ce roman… J’ai même failli l’abandonner… Le personnage incarné ne me disait rien, j’avais l’impression que l’on tournait en rond, je m’ennuyais…

Je l’ai même laissé tomber avec plaisir pour me plonger dans « Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban » qui m’a fait regoûter à l’ivresse livresque.

Le vin étant tiré, je me devais de le boire, surtout que ma curiosité avait été titillée et que je voulais connaître le fin mot de cette histoire fantastique abracadabrantesque et donc, j’ai replongé avec la ferme intention de le terminer.

Un vrai miracle, Salomon, le récit a commencé à m’intéresser beaucoup plus une fois passé la page 230 (plus ou moins), mon esprit est entré en ébullition pour tenter de trouver la solution (je vous défie de la trouver) et à partir de là, je ne l’ai plus lâché.

Époustouflant ? Oui, c’est le mot. Un truc de ouf, diraient les djeunes. Ça déchire la mort de sa race, de sa mère et le final est tout simplement un vrai feu d’artifice de révélations, de coups de pied au cul, de tacles, de suspense et j’en suis encore sur le cul.

La construction du récit est habillement faite pour ne rien laisser transparaître avant mais pour que tout devienne clair et limpide lorsque les journées se répètent et que l’on découvre avec ravissement les petites subtilités de cette journée qui se mord la queue.

Sans cette construction habille, sans l’écriture entrainante une fois arrivé à la moitié du récit, sans les personnages bien construits et utilisés, et sans le final en apothéose dont le bouquet final continuait encore et encore, j’aurais collé une mauvaise note à ce roman vu que les débuts avaient été laborieux pour moi.

Pour une fois, j’ai eu raison de poursuivre, de m’accrocher, de passer outre le départ un peu froid entre le récit et moi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.