Le Bon, la Brute et le Truand – Il buono, il brutto, il cattivo : Sergio Leone [FILMS]

wE2g8D1fzX1KaGxkc1VJrMFWMN8Vous parler de « Il était une fois dans l’Ouest » et ne pas causer du film « Le bon, la brute et le truand » (The Good, the Bad and the Ugly), ça ne se fait pas ! Puisque je suis dans ma passe western, autant dégainer le six coups et faire les chose dans les règles de l’art.

Charles Branson n’avait pas beaucoup de conversation dans « Il était une fois »… Clint Eastwood aussi ! Pour ces deux personnages, tout passe par quelques mots, quelques gestes, quelques regards. Tout est dans leur apparence et il se dégagent d’eux quelque chose de bestial mais aussi de tendre (en plus de l’odeur du bourrin qui leur colle aux frusques).

Bref, on les craint, mais on les aime.

Avec ce film, je remplirais des tas de challenge parce que Le Bon, la Brute et le Truand  est un film germano-hispano-italien (et il se passe aux États-Unis), réalisé par Sergio Leone (of course) et sorti en 1966.

Ce n’est pas n’importe quel western non plus. Il fait partie des plus célèbres westerns de l’histoire du cinéma et, excusez du peu, il est considéré comme la quintessence du style « western spaghetti » (ça t’en bouche un coin, hein !).

Si je ne l’avais pas sorti pour le Mois Américain de septembre, il aurait été parfait pour le Mois Italien d’octobre !

Avec lui, Sergio Leone va conclure (dans le foin ? Non !) sa fameuse Trilogie du dollar (également appelée Trilogie de l’homme sans nom) et, pour éviter de se répéter, notre ami va augmenter les protagonistes.

De deux personnages, habituellement, on passera à trois pour ce film : Clint Eastwood et Lee Van Cleef, qui se partageaient déjà la vedette dans « Et pour quelques dollars de plus » se voient adjoindre le truand Eli Wallach dans ce troisième film.

Je vous avoue que sans Wiki pour me dire que celui-ci est en fait le troisième opus d’une trilogie, je ne l’aurais jamais su et, ma foi, je m’en fichais un peu.

Ça ne gâche rien de  préférer « The good, the bad… » aux deux autres (« Et pour quelques dollars de plus » est mon second préféré dans la Trilogie alors que « Pour une poignée de dollars » qui est le tout premier, je ne l’aime pas du tout).

Tout cela pour vous dire qu’on ne perd rien en le regardant tout seul et puis, comble du comble, ce troisième volet est en fait une sorte de retour en arrière (sans la DeLorean), une sorte de préquelle…

Mais gardez à l’esprit que les acteurs Eastwood et Van Cleef n’ont pas les mêmes rôles dans les deux films, hormis Eastwood qui joue toujours l’Homme sans nom.

 

 

Dans ce film, une nouveauté par rapport aux deux autres : la guerre de Sécession est en toile de fond.

Voilà pourquoi il s’agit, chronologiquement parlant, d’un retour en arrière par rapport aux deux autres films de la trilogie. Vous suivez toujours ou vous avez besoin d’aspirines ??

Clint Eastwood (la constante qui lie les trois films) ne se présente pas dans sa tenue habituelle : au lieu d’un poncho, il porte un long manteau (aussi appelé cache-poussière) ; ce n’est qu’à la fin du film qu’il endosse ce vêtement, adoptant l’apparence extérieure du personnage des deux premiers films et matérialisant, selon l’idée de Leone, l’aspect cyclique de la trilogie.

Résumé : Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s’intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d’un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d’or volés à l’armée sudiste.

Tuco sait que le trésor se trouve dans un cimetière, tandis que Joe connaît le nom inscrit sur la pierre tombale qui sert de cache.

Chacun a besoin de l’autre. Mais un troisième homme entre dans la course : Sentenza, une brute qui n’hésite pas à massacrer femmes et enfants pour parvenir à ses fins.

Ce que j’en pense : C’est le genre de film que j’adore regarder à intervalles réguliers, surtout lorsque je suis fatiguée, pas en forme, que je suis rentrée tard du kiné, que la journée à été mauvaise ou que le travail m’a tuer (la faute est là exprès).

Pourquoi regarder une nouveauté alors que j’ai des valeurs sûres pour me distraire, le tout accompagné d’une bande-son qui me donne des frissons avec des acteurs magnifiques qui ne sont pas manichéens.

Le Bond (Blondin), joué par Clint Eastwood n’est pas dénué de noirceur. Il est l’homme sans nom, un chasseur de primes flegmatique, un homme arrogant mais grandiose. S’exprimant à l’aide de phrases tellement courtes qu’elles en sont laconiques. Il ne peut pas être tout à fait bon puisque c’est un as de la gâchette. Bref, voilà un personnage soigné dans les moindres détails. Et comme moi, il fume le cigare !

La présence du cigare de Blondin est un symbole très important dans le film. Blondin en a un à la bouche dans presque toutes les scènes et le rallume continuellement. Le cigare devient même un élément clé de l’action à quelques occasions (la poursuite en suivant la piste des cigares toujours plus fraîchement fumés, l’allumage de la mèche du canon et de celle des explosifs, etc.).

Eastwood incarne un personnage qui aurait fait un excellent méchant, il avait tout pour ça : des expression sombres et pensives, des yeux à demi-fermés, visage fermé, taciturne, ironique… Mais durant tout le film il est le cul entre deux chaises, oscillant sans cesse entre le chasseur de primes et le bandit.

Bref, une vraie réussite que ce personnage de Blondin et qui hisse ce western à un niveau de tragédie grecque ou shakespearienne. Non, non, les z’amis, nous ne sommes pas dans un bête film, c’est plus profond que cela.

Notre Bond Blondin est en compétition avec Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez (Tuco pour les intimes) « Le truand », un bandit comique, maladroit et volubile, recherché par les autorités. Il est joué par Eli Wallach.

Lui et Blondin n’ont rien en commun… mais malgré tout, il devront faire cause commune car Tuco a appris d’un soldat en train d’agoniser (Bill Carson) le nom du fameux cimetière où est enterré l’or, mais il ne connaît pas le nom de la tombe ; seul Blondin le sait.

Cette situation les force tous les deux à devenir compagnons de voyage. Les voilà donc contraints de travailler ensemble et de se secourir à tour de rôle. Leur relation est celle d’une amitié-haine. C’est Tuco qui lui donnera le fameux surnom « Blondin ».

Le troisième homme, la Brute, c’est Sentenza (Angel Eyes dans la version américaine), joué par Lee Van Cleef. C’est un mercenaire insensible et sans pitié. Il n’hésite pas à éliminer froidement tous ceux qu’il rencontre dans sa course au trésor.

Lui, c’est la crapule finie, loin de son rôle d’homme vengeant la mort de sa sœur dans « Et pour quelques dollars de plus ». Ça fait du bien de voir des acteurs changer de rôle… Lee a la gueule de l’emploi pour le méchant, mais le pauvre ne savait pas monter à cheval, tout comme Eli Wallach… Un comble dans un western !! mdr

Tout tourne autour de ces trois hommes, sans compter la guerre de Sécession qui s’invite dans la danse et qui nous montre tout l’imbécilité d’une guerre dans les morts envoyés au combat pour un foutu pont ou pour un endroit qui a tout de la crotte de mouche sur une carte.

— Je n’ai jamais vu tant de gens mourir… si mal [dixit Blondin en voyant les soldats mourir]

Leone disait : « la véritable histoire des États-Unis a été construite dans une violence que ni la littérature ni le cinéma n’ont su révéler comme ils l’auraient dû. Personnellement je tends toujours à mettre en contraste la version officielle des évènements – sans doute parce que j’ai grandi sous le fascisme. J’ai vu en personne comme on peut manipuler l’histoire. Pour cette raison, je doute toujours de ce qui est annoncé. Pour moi, c’est maintenant un réflexe ».

Oui, la guerre est le quatrième personnage. Elle nous est montrée furtivement dans les images de combat, lors du générique de début, qui vient insidieusement s’immiscer dans les péripéties et interagir avec elles : après la colonne de soldats dont l’arrêt démasque le bruit des éperons, c’est un boulet de canon qui fracasse la pièce où Tuco allait obliger Blondin à se pendre ; Blondin est de nouveau sauvé dans le désert par l’irruption du chariot sudiste ; enfin dans la rue de la ville abandonnée, les explosions donnent l’avantage à Blondin et Tuco dans leur duel contre la bande de Sentenza.

La convergence entre la chasse au trésor et la toile de fond guerrière est complète lorsque Blondin et Tuco sont bloqués par la bataille pour le pont de Branston.

Ici, pas de flashbacks, juste une narration qui vous entraine dans une poursuite infernale à la recherche d’un trésor enterré par des Confédérés et des personnages qui ne sont ni tout blanc, ni tout noir. Sans oublier les retournements de situations !

Il y a aussi tout les petits détails qui me font toujours sourire comme si je les découvrais pour la première fois : celle de l’officier vêtu du gris sudiste qui dévoile soudain un uniforme bleu nordiste en secouant la poussière qui le recouvre.

La méthode de construction du film est aussi un plus : il y a l’apparition d’éléments nouveaux qui étaient hors-champ, introduits subitement dans le plan en cours ou bien dévoilés par l’élargissement du cadrage et qui fait évoluer, voire basculer, le déroulement des événements.

Par exemple, dans la séquence du cimetière, on cadre sur Tuco qui creuse frénétiquement la tombe qu’il a enfin trouvée, le plan s’élargit et l’ombre de Blondin apparaît ainsi qu’une pelle tandis qu’il lance à Tuco : « Avec ça, ce serait plus facile ».

Les rapports de force basculent une seconde fois quelques instants plus tard, lorsqu’une autre pelle surgit dans le plan, lancée par Sentenza avec ces mots : « À deux, vous creuserez plus vite ». Putain, en peu de temps, tout est renversé et votre cœur fait des bons !

Votre cœur aura aussi des soucis pour la scène du duel à trois et du cimetière de Sad Hill. Une arène faite de pierres avec des tombes pour seuls spectateurs. Leone voulait un cimetière avec une sorte d’arène, ça n’existait pas, alors on l’a fait !

Le responsable espagnol des effets pyrotechniques, qui s’était occupé de la construction et de la destruction du pont, a prêté 250 soldats qui ont construit, en deux jours, le type de cimetière voulu, avec 10 000 tombes.

Un duel à trois… faut le faire ! Et on a inventé le néologisme triel (triello en italien) pour parler de cette chose peu courante.

Durant les plus longues minutes pour votre rythme cardiaque, vous verrez sur votre écran des plans fixes des trois hommes.

Ensuite, on passe au panoramiques sur fond de centaines de tombes lorsque chacun prend sa place dans l’arène. Caméras sur les mains près des révolvers, les yeux de Tuco qui bougent dans tous les sens, ceux de Sentanza qui ne bougent pas, Blondin qui mâchouille son cigare.

Puis, les plans seront de plus en plus serrés et rapides, scrutant le moindre signe des acteurs, un rictus, un mouvement des yeux ou du doigt, dans un montage qui fera école auprès de la génération suivante, le tout sur une musique d’Ennio Morricone qui vous fera couler la sueur dans le dos.

Les trois premiers gros plans sur les acteurs demandèrent une journée complète de travail, pour que le spectateur ait l’impression de regarder un ballet.

Niveau musique, celle de la course dans le cimetière est magnifique. Déjà la fuite de Tuco à cheval est contrecarrée par le cigare de Blondin et un canon…

À propos du tournage au cimetière, le scénographe et costumier Carlo Leva raconte : « Pour Le Bon, la Brute et le Truand, Carlo Simi me demanda de trouver un endroit adapté pour tourner la scène finale située dans un cimetière en temps de guerre […]. Nous étions en Espagne ».

« À proximité de Burgos, je découvris un petit plateau au milieu des pâturages pour les animaux d’un village. Je parlai au maire. Il accepta de déplacer les troupeaux et de nous laisser utiliser le terrain pour le tournage, à condition que nous remettions les lieux dans l’état où nous les avions trouvés ».

« Avec l’aide des soldats espagnols et avec une charrue, je préparai le terrain afin de pouvoir y installer 8 000 tombes, faites avec la terre trouvée sur place et mélangée à de la paille et de la sciure. Et les monticules, nous les avons élevés un par un en utilisant un cercueil vide, de la même façon que les enfants font des châteaux de sable sur la plage avec un seau vide ». Lorsqu’il vit le résultat, Sergio Leone fut enthousiasmé par notre « travail macabre ».

Bref, pour tout cela ce film reste pour moi un chef-d’œuvre dans son genre !! Loin des western gentillets pour la famille, un film que l’on regarde à différentes époques de sa vie et qui nous raconte toujours plus au fur et à mesure que l’on comprend mieux les choses.

Enfant, on le voit comme un divertissement amusant, adulte, on voit la violence de la construction des États-Unis, l’absurdité des guerres, la folie de l’or qui ne mène à rien de bon. Enfant, on voit Blondin comme un gentil, adulte, on saisit mieux les nuances. Bref, c’est à chaque fois une découverte pour moi,  comme l’est « Once upon a time in the west ».

Extasy of gold version grand orchestre… magnifique ! Et sous les fiches techniques et d’acteurs, il y a quelques anecdotes du film.

Fiche technique :

  • Titre original : Il buono, il brutto, il cattivo
  • Titre international : The Good, the Bad and the Ugly
  • Titre français : Le Bon, la Brute et le Truand
  • Réalisation : Sergio Leone
  • Scénario : Luciano Vincenzoni, Sergio Leone, Agenore Incrocci et Furio Scarpelli
  • Décors : Carlo Simi
  • Costumes : Antonelli et Carlo Simi
  • Photographie : Tonino Delli Colli
  • Montage : Eugenio Alabiso et Nino Baragli
  • Musique : Ennio Morricone
  • Budget : 1 200 000 dollars US
  • Pays d’origine :  Italie Espagne et  Allemagne de l’Ouest
  • Langue originale : italien
  • Format : Couleurs – 35 mm – 2,35:1 (Techniscope) – son Mono
  • Genre : western spaghetti
  • Durée : 161 minutes / 178 minutes (version longue, 2002)
  • Dates de sortie :
    •  Italie : 23 décembre 1966
    •  France : 8 mars 1968

Distribution :

  • Clint Eastwood (VF : Jacques Deschamps) : Blondin, « le Bon » (il Biondo dans la version italienne, Blondie dans la version américaine)
  • Lee Van Cleef (VF : Georges Atlas) : Sentenza, « la Brute » (Angel Eyes dans la version américaine)
  • Eli Wallach (VF : Claude Bertrand4) : Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez, « le Truand »
  • Aldo Giuffrè (VF : André Valmy) : le capitaine alcoolique
  • Luigi Pistilli (VF : René Bériard) : le père Pablo Ramirez
  • Rada Rassimov (VF : Anne Carrère) : Maria
  • Mario Brega : le caporal Wallace
  • Antonio Molino Rojo (VF : Roger Rudel) : le capitaine Harper
  • Antonio Casale : Bill Carson dit Jackson
  • Antonio Casas : Stevens

Anecdotes ou choses à savoir pour briller en société :

Leone est aussi inspiré par une vieille histoire à propos de la guerre : « Je voulais montrer l’imbécillité humaine picaresque de même que la réalité de la guerre. J’avais lu quelque part que 120 000 personnes moururent dans les camps sudistes comme à Andersonville, mais je ne voyais nulle part de référence aux morts dans les camps de prisonniers nordistes. On entend toujours parler des atrocités commises par les perdants, jamais de celles de gagnants ».

Il montre un camp nordiste où la musique couvre les cris des torturés… on pense aux camps de concentration nazis, avec leurs orchestres juifs. Cela ne plut pas aux Américains, pour qui la guerre civile est un sujet quasi tabou.

Mais « la véritable histoire des États-Unis a été construite dans une violence que ni la littérature ni le cinéma n’ont su révéler comme ils l’auraient dû. Personnellement je tends toujours à mettre en contraste la version officielle des évènements – sans doute parce que j’ai grandi sous le fascisme. J’ai vu en personne comme on peut manipuler l’histoire. Pour cette raison, je doute toujours de ce qui est annoncé. Pour moi, c’est maintenant un réflexe. »

Le camp de prisonniers où sont conduits Blondin et Tuco est basé sur les bas-reliefs en acier d’Andersonville, réalisés en août 1864, alors que 35 000 prisonniers s’y trouvaient.

De plus, les scènes extérieures s’inspirèrent des archives photographiques de Mathew Brady. Van Cleef raconte à ce sujet : « Le camp de prisonniers construit par Sergio était très simple : seulement quelques cabanes et des palissades. Et il était surpeuplé, mais il donnait l’impression que durant la guerre civile, les choses devaient être exactement comme cela. C’était comme les images que j’avais vu d’Andersonville… Vraiment comme une photographie de Brady. »

À propos de la documentation recherchée pour le film, Leone raconte : « Les auteurs américains dépendent trop des autres scénaristes et n’approfondissent pas suffisamment leur propre histoire.

« En préparant le film, je découvris que durant la guerre civile, il n’y eut qu’une seule bataille au Texas, visant la propriété des mines d’or de l’État. Le but de la bataille était d’empêcher le nord (ou le sud) de contrôler ces mines. Donc, pendant que j’étais à Washington, je tentais de trouver quelques informations sur cet évènement.

Le bibliothécaire de la bibliothèque du Congrès (la plus grande du monde), me répondit : « Je crois que vous vous trompez. Le Texas, dites-vous ? Il doit s’agir d’une erreur. En Amérique personne n’a jamais livré de bataille pour des mines d’or et de toute façon la guerre civile n’a jamais eu lieu au Texas. Revenez dans deux ou trois jours, je ferai quelques recherches d’ici là. Mais je suis certain que c’est une erreur ».

Eh bien, j’y suis retourné après deux ou trois jours et ce type me regardait comme s’il avait vu un fantôme.

Il me dit : « J’ai ici huit livres et ils font tous référence à cet évènement. Comment diable avez-vous fait pour le savoir ? Vous ne lisez que l’italien, comment avez-vous pu le découvrir ? Maintenant, je comprends pourquoi vous les Italiens faites des films si extraordinaires. Je travaille ici depuis vingt ans et pas un seul réalisateur américain ne s’est jamais préoccupé de venir s’informer sur l’histoire de l’Ouest ».

Leone a inséré dans le scénario son point de vue personnel : la façon dont Blondin et Tuco perçoivent la guerre est la sienne. La phrase écœurée de Blondin qui commente la bataille du pont : « Je n’ai jamais vu tant de gens mourir… si mal » synthétise ce que Leone voulait transmettre.

De plus, par la bouche du capitaine nordiste, il dénonce l’absurdité de l’enjeu de la bataille décidée en haut lieu (« une crotte de mouche sur une carte ») et prononce une diatribe cynique sur l’alcool, refuge du soldat, qui sera censurée dans la version italienne.

Enfin, Leone modifie sa mise en scène pour la bataille, et abandonne son illustration habituelle de la violence pour une prise de vue quasi documentaire, sans héroïsme, en une série de travellings cadrés de loin.

Le scénario fait l’objet d’une novélisation sous le titre éponyme par Joe Millard (Série noire N°1254).

Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année »chez Lukea Livre et « Le Mois Américain » chez Titine.

CHALLENGE - Mois Américain Septembre 2014 CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

Il était une fois dans l’Ouest – Once Upon A Time In The West [FILMS]

Pour moi, ce film reste un film culte avec « Le bon, la brute et le truand » ou « Et pour quelques dollars de plus ». Ce sont des films que je ne me lasse pas de regarder, dont certaines scènes sont gravées dans ma mémoire jusqu’à ce qu’Alzheimer nous sépare…

La musique joue aussi un rôle important dans ces films et le talent d’Enio Morricone n’y est pas étranger. La bande originale resta très longtemps en tête des hit-parades. Dans ma tête, l’Homme à l’harmonica joue souvent et me donne toujours des frissons.

La musique était jouée sur le plateau pendant le tournage durant le tournage afin de mieux imprégner les acteurs. Cette partition légendaire a obtenu un succès discographique de la même ampleur que le film qu’elle accompagnait, demeurant classée dans les hit-parades français pendant plus de trois ans.

Pour le Challenge du Mois Américain 2015, je vais vous parler de « Il était une fois dans l’Ouest » (C’era una volta il West en italien dans le texte) qui est un film de Sergio Leone sorti en 1968.

Comme je vous le disais (et je le pensais), ce film est considéré comme le chef-d’œuvre du western spaghetti avec « Le Bon, la Brute et le Truand ». Il a permis aussi un renouveau du western. Ce qui n’est pas rien, avouez !

En 2009, le film est entré dans le National Film Registry pour conservation à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis.

Il était une fois dans l’Ouest est un film dont l’action se passe lors de la conquête de l’Ouest américain. Il évoque l’âpre rivalité des intérêts pour l’appropriation des terres que traverse la construction du chemin de fer et met en scène différents personnages représentatifs des westerns classiques pour mieux les détourner.

Ainsi, le film se trouve être le pont au départ improbable entre western américain et western spaghetti.

Sergio Leone en fait une œuvre imposante et personnelle, ce qui serait la raison de son échec commercial aux États-Unis (où le film fut amputé de plusieurs scènes à sa sortie), contrairement à l‘Europe qui lui a fait un triomphe.

Certains spécialistes du cinéma ont également avancé que ce rejet du public américain était dû au refus de voir Henry Fonda dans un rôle de tueur d’enfant. Henry joue une crapule embauchée par le patron du chemin de fer pour hâter sa construction, à n’importe quel prix, même celui de morts innocents.

J’avoue que voir les beaux yeux bleus de Fonda, dans lesquels je me noierais bien, avoir un rôle aussi immonde, peut traumatiser l’Américain. Moi, je m’en suis remise, ce n’est qu’un rôle.

C’est la belle Claudia Cardinale qui hérita du rôle d’une jeune veuve au grand cœur, seul personnage féminin du film (et que tous les hommes aimeraient se faire) Jason Robards celui de l’aventurier sans scrupule qui trouvera la rédemption.

Charles Bronson interprète un vengeur silencieux… Bronson n’est pas un loquace dans ce film, ses regards parlant mieux que tout le reste.

Ce film, le premier volet de la trilogie Il était une fois…, permet à Leone de revisiter le mythe de l’Ouest américain et, au nom d’un plus grand souci de réalisme, de lui rendre une vérité altérée par les conventions du cinéma américain.

Leone s’est toujours étonné, entre autres reproches qu’il adressait aux westerns classiques, qu’on ne montre pas, par exemple, la réalité de l’impact d’une balle qui faisait un trou énorme dans le corps de la victime.

Ou encore qu’on atténue la violence extrême de cette époque qui voyait pourtant un tueur exhiber les oreilles coupées de ses ennemis pour imposer le respect (voir William Quantrill).

C’est cependant dans un cercle final, l’arène de la vie, que Leone réunit et enferme ses personnages essentiels et exprime le moment de vérité du film qui se conclut, de façon la plus classique, par le duel inhérent à tout western.

Mais bon, je vous dirai ce que j’en ai pensé un peu plus bas, après la fiche technique et la distribution.

Sans oublier des petites anecdotes du tournage et les quelques petits anachronisme du film.

Résumé : Alors qu’il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors des terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer). Mais les soupçons se portent sur un aventurier, Cheyenne…

Fiche technique :

  • Titre : Il était une fois dans l’Ouest
  • Titre original : C’era una volta il West
  • Titre anglais : Once Upon a Time in the West
  • Réalisation : Sergio Leone
  • Scénario : Dario Argento, Bernardo Bertolucci, Sergio Donati, Sergio Leone
  • Photographie : Tonino Delli Colli
  • Musique : Ennio Morricone, bande originale du film
  • Production : Fulvio Morsella
  • Distribution : Paramount C.I.C.
  • Pays d’origine :  Italie et  États-Unis
  • Langue originale : tourné en anglais, post-synchronisé en italien.
  • Format : Couleurs Technicolor – 2,35:1 (Techniscope) – 35 mm
  • Budget : $5 000 000 (estimation)
  • Genre : drame, western
  • Durée : 180 minutes
  • Film interdit aux moins de 13 ans à sa sortie en France, en accord parental de nos jours.
  • Dates de sortie :
    •  Italie : 21 décembre 1968
    •  États-Unis : 28 mai 1969
    •  Royaume-Uni : 6 juin 1969
    •  France : 27 août 1969

Distribution :

  • Charles Bronson (VF : Claude Bertrand) : L’homme à l’Harmonica
  • Claudia Cardinale (VF : Michelle Bardollet) : Jill McBain
  • Henry Fonda (VF : Raymond Loyer) : Frank
  • Jason Robards (VF : René Arrieu) : Manuel Gutierrez dit « le Cheyenne »
  • Gabriele Ferzetti (VF : Jean-Henri Chambois) : Morton (patron du chemin de fer)
  • Frank Wolff (VF : Henri Poirier) : Peter McBain
  • Lionel Stander (VF : Gérard Darrieu) : Le barman
  • Keenan Wynn (VF : Louis Arbessier) : Le shérif de Flagstone
  • Paolo Stoppa (VF : Jean Clarieux) : Sam, le cocher
  • Jack Elam (VF : Pierre Collet) : Snaky (membre du gang de Frank)
  • Woody Strode : Stony (membre du gang de Frank)
  • Al Mulloch : Knuckles (membre du gang de Frank)
  • John Frederick : Jim (membre du gang de Frank)
  • Aldo Berti (VF : André Valmy) : Un joueur de poker (membre du gang de Frank)
  • Benito Stefanelli : Un joueur de poker (membre du gang de Frank)
  • Michael Harvey : Le lieutenant de Frank jouant au poker
  • Aldo Sambrell (VF : Gérard Hernandez) : Le lieutenant de Cheyenne
  • Enzo Santaniello : Timmy McBain (l’enfant assassiné par Frank)
  • Gaetano Santaniello (VF : Patrick Dewaere) : Patrick McBain
  • Simonetta Santaniello : Maureen McBain

Ce que j’en pense : Mais que du bien ! Ce film est révolutionnaire pour des tas de petits trucs qui sont toujours ancrés dans ma mémoire.

Ne parlons que de l’intro du film… Une gare perdue au fin fond d’une ville qui a tout du trou du cul de l’Amérique. Un quai branlant et dessus, trois tueurs qui attendent le train…

Tous trois sont vêtus de longs manteaux poussiéreux (« long dusty coats«  en amerloque dans le texte).

Qu’attendent-ils ? Le train ? Oui… le train qui amène un mystérieux joueur d’harmonica.

Nos trois tueurs sont envoyés par Frank (Henry Fonda) et ils attendent à la gare sous la chaleur.

Là où la scène devient culte c’est qu’elle fait 11 minutes et que le seul dialogue est le chef de gare dans la 1ère minute. Le reste ne sera que des gros plans sur des regards, des craquements de doigts entendus, la mouche tournant autour de Snaky (Jack Elam, dont le strabisme sert magnifiquement la scène), les gouttes d’eau tombant sur le chapeau ou encore la roue grinçante de l’éolienne.

Voilà une des plus longues scènes de silence du cinéma. Cette séquence constituera aussi le plus long générique de l’histoire du cinéma. Magnifique !

Anecdote : Leone aurait aimé la faire jouer, cette scène, pas les trois protagonistes de « Le bon, la brute et le truand » (à savoir : Lee Van Cleef, Eli Wallach et Clint Eastwood). Je vous en dis plus en bas, dans les anecdotes sur les acteurs.

Un film magnifique, en effet. Pourtant, nous sommes aussi face à un film ultra violent… La pauvre Jill McBain (Caludia Cardinale) qui, descendant du train à Flagstone, ne trouve personne pour venir l’accueillir… et pour cause, l’homme qu’elle avait épousée à La Nouvelle-Orléans est mort, abattu comme un chien avec ses trois enfants par Franck et ses tueurs.

Dans le but faire accuser du meurtre un dénommé Cheyenne (Jason Robards), Franck et sa bande s’était vêtu de cache-poussière. Pour bien signer le forfait et en rajouter un peu, il en laisse un morceau sur les lieux de son quadruple meurtre.

Au début, on ne comprend pas pourquoi McBain est venu construire une ferme dans ce trou perdu. Mais au fur et à mesure de l’enquête, on comprendra pourquoi il s’est établit là et pourquoi il avait tout le matériel pour construire une gare !

McBain a construit sa maison près de la seule source d’eau du coin et vu que le chemin de fer va passer non loin, il devra faire halte pour reprendre de l’eau, d’où un potentiel bénéfice.

Intelligent, le McBain, mais il est tombé sur des margoulins sans âmes et sans conscience qui voulaient ce qu’il avait. À n’importe quel prix, même celui du sang parce que l’odeur des dollars attire les salauds comme une merde attire les mouches.

La construction de la ligne de chemin de fer symbolise en fait le passage entre les deux époques car le train va relier non seulement deux espaces, l’Est et l’Ouest, mais aussi deux époques, celui des pionniers du Far West qui s’efface peu à peu devant celui de la civilisation moderne.

Le propos de Leone se veut prophétique. L’Amérique fondée sur la conquête et la survie se transforme ainsi en une Amérique fondée sur la loi et l’égalité des droits.

Le Grand Méchant du film est Morton, l’employeur de Franck le tueur. Morton est atteint d’une tuberculose des os, infirmité qui le rend fragile face à des hommes déterminés tels que Franck. Morton se déplace dans son train spécial, que pour lui. Un méchant qui ne se salit jamais les mains puisque le sang qui coule l’est de par son homme à tout faire, Franck. Lui, il ne fait que donner les ordres. Pour moi, il est aussi salaud que Franck.

Ce que j’aime aussi dans le film, en plus de l’ambiance, des silences, des dialogues taillés au cordeau, ce sont les flash-back que Harmonica (Branson) revoit…

Nous, spectateurs, devrons attendre la fin du film pour comprendre l’origine de son harmonica et le but de sa vengeance envers Franck. la scène finale du duel et l’entièreté du flash-back vous font dresser les poils sur les bras. Franck était vraiment un homme sans foi ni loi.

L’amitié distante entre Harmonica et Cheyenne est aussi un point fort du film. Notre Charles Branson l’avait croisé, lui et sa bande, dans une auberge sur le chemin de Sweetwater.

Il l’avait même pris pour un membre de la bande de Frank à cause des cache-poussière qu’il portait, lui et ses sbires. Cheyenne avait démenti que les tueurs aient été envoyés par lui.

C’est Harmonica qui avait expliqué à Cheyenne que Jill perdrait ses droits sur Sweetwater si la gare n’est pas construite quand le train arriverait. Cheyenne mit alors ses hommes au travail pour construire les bâtiments à partir des matériaux disponibles achetés par Mc Bain.

Les dernières images sont belles aussi. Harmonica, vengé, s’éloigne de la nouvelle gare construite, emportant avec lui Cheyenne, mortellement blessé, pendant que Claudia Cardinale sert de l’eau aux ouvriers du chemin de fer.

Jill, elle, était prête à tout pour survivre. Ce sera la seule à réussir le passage entre l’ancien et le nouveau monde. Cette séquence finale, qui la montre donnant de l’eau aux ouvriers, signifie la fidélité à ses origines, car elle choisit les ouvriers exploités et humiliés comme elle. Tout en prouvant son adaptabilité puisque nous sommes face à des ouvriers construisant l’avenir. Oui, le personnage féminin de Jill est d’une importance capitale dans ce film. J’aime le côté battant de Jill.

Lors de mon premier visionnage, il y a fort fort longtemps, j’avais espéré une historie d’amour entre Jill et Harmonica, mais ces deux là ne sont pas de la même trempe du tout. Elle veut vivre dans son temps et passer à la modernité, lui ne rêve que de solitude et il devra partir loin, très loin, pour la retrouver, l’Ouest étant en train de se conquérir à vitesse grand V.

Ce qui donne aussi tout le poids au film, c’est la manière dont il est filmé : nous avons souvent de fréquentes plongées ou contre-plongées, des caméras placées sous des angles insolites qui allongent les silhouettes ou remplit l’écran d’yeux présentés en très gros plans.

Les combats sont filmés en deux temps comme autant de ballets : d’abord, une lente montée de l’attente qui accroît la tension avant que l’exaspération des nerfs n’explose dans les coups de feu.

L’un des intérêts du scénario, écrit, entre autres, par Bernardo Bertolucci et Dario Argento, est d’en montrer les répercussions sur les personnages eux-mêmes qui n’ont d’autre choix que de disparaître ou de s’adapter.

Trois d’entre eux ne s’intègrent pas et sont appelés à s’effacer.

C’est d’abord Frank, hors-la-loi, chef de bande et rebelle à toute légalité, qui représente une époque révolue car, désormais, la loi se généralise.

Le bandit généreux, Cheyenne, dont le romantisme n’a plus sa place dans une société devenue mercantile, disparaît également.

C’est enfin Harmonica dont le mode de vie fondé sur le sens de la justice et le goût pour la solitude ne peut s’accommoder d’un monde de plus en plus organisé et fondé sur la collectivité.

On songe, à son propos, au beau mouvement de caméra qui, par un travelling circulaire, donne à voir, en un plan de plus en plus général, le chantier du chemin de fer, puis les dizaines d’ouvriers au travail et le personnage d’Harmonica qui s’y fond comme s’il disparaissait en tant qu’individu, comme s’il s’agissait de la fin de l’individu.

Putain, quel grand film ! Sans en faire trop il dit tout. Le jeu des acteurs est superbe, les scènes, les décors, tout est transcendé. Mais je perds toute objectivité lorsque je parle de ce monument du cinéma western.

Acteurs :

  • Sergio Leone, qui avait essayé d’engager Charles Bronson dans les films Pour une poignée de dollars et Le Bon, la Brute et le Truand, obtint enfin son accord pour interpréter Harmonica, un Mexicain obnubilé par le désir de venger son frère assassiné par Frank.
  • Pour le rôle de Frank, Leone tenait absolument à Henry Fonda, en contre-emploi des rôles de braves types honnêtes, nobles et positifs qui firent sa renommée : il joue ici un tueur ignoble n’hésitant pas à massacrer des innocents et des enfants et crachant à tout bout de champ. Eli Wallach, qui interprétait Tuco dans Le Bon, la Brute et le Truand, persuada Fonda d’accepter le rôle. Ce dernier se fit projeter tous les films de Leone, qu’il ne connaissait pas, avant de se décider. Au tout début du tournage, Leone, voyant Fonda avec des lentilles de couleur marron et une moustache, voulut immédiatement le remplacer. Mais après avoir été maquillé et habillé, celui-ci convainquit le réalisateur sans avoir dit un seul mot. Sa performance est remarquable, car né en 1905, il avait 63 ans lors du tournage du film, dans lequel il semble beaucoup plus jeune, surtout dans le flash-back final qui révèle le motif de la vengeance d’Harmonica.
  • C’est à Robert Hossein qu’on proposa d’abord le rôle de Morton avant de le confier à Gabriele Ferzetti.
  • Le premier jour, Jason Robards jouant Cheyenne, arriva complètement ivre. Sergio Leone menaça de l’exclure du tournage s’il recommençait. Par la suite, il ne causa pas de problèmes, sauf le jour de l’annonce de l’assassinat de Robert « Bobby » Kennedy (le frère cadet de JFK). Il obligea alors Leone à arrêter le tournage pour le reste de la journée.
  • Pour la scène d’ouverture avec les trois tueurs (Stony, Snaky et Knuckles), Sergio Leone désirait, en forme de clin d’œil, les faire jouer par les trois protagonistes du Bon, la brute et le truand : Lee Van Cleef, Eli Wallach et Clint Eastwood. Mais ce dernier, dont la notoriété commençait à grandir, refusa car son personnage mourrait dès le début du film. L’un de ces gredins est joué par Jack Elam, second couteau dont le strabisme sert admirablement la scène. L’acteur noir est Woody Strode, devenu célèbre dans le monde du western pour avoir joué le Sergent noir de John Ford. Le dernier larron, Al Mulock, a interprété un chasseur de primes manchot dans Le Bon, la Brute et le Truand.

Tournage :

  • Le tournage s’est déroulé d’avril à juillet 1968.
  • Le film a été tourné à Monument Valley en Arizona, dans la région de Moab dans l’Utah ainsi qu’à La Calahorra et à Tabernas (à Western Leone) en Andalousie.
  • Les scènes d’intérieur de l’établissement de Lionel Stander, situé dans Monument Valley, ont été filmées à Rome aux studios de Cinecitta. Lorsque les hommes de Cheyenne y pénètrent, on aperçoit un nuage de poussière rouge. Celle-ci a été apportée de Monument Valley afin de donner plus de réalisme à la scène.
  • La demeure des McBain est le reste du décor d’un village médiéval construit pour le film Falstaff d’Orson Welles en 1965 dans la région d’Alméria. Leone l’a racheté puis restauré.
  • Dans ce film, Claudia Cardinale et Paolo Stoppa font la plus « longue » randonnée de buggy de l’histoire du cinéma. Elle commence en Espagne, passe par Monument Valley dans l’Utah et se termine à la ferme des McBain en Espagne.

Anachronismes ou petites erreurs :

  • Lors de la préparation de la fête du mariage, la fille de McBain chante quelques lignes de Danny Boy, une chanson écrite en 1910.
  • Le conducteur qui emmène Claudia cardinale à la ferme cite Charles E. Stenton, « La Fayette nous voilà » (1917).
  • À l’arrivée de Jill, le cadran de l’horloge de la gare est montré à deux reprises : visiblement dans un plan il est neuf, dans un autre il est abîmé.
  • Lorsqu’Harmonica rencontre Jill dans le ranch McBain, il a une estafilade à la pommette gauche. Le lendemain lorsqu’il va à la rencontre de Franck, sa pommette est intacte.
  • Dans la scène de la pendaison, Franck met un harmonica écrasé sur la tranche dans la bouche d’Harmonica. Dans les plans suivants le même harmonica est intact, pour apparaître de nouveau écrasé (par les dents qui le serrent) au moment où Harmonica tombe à terre.

Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Le Mois Américain » chez Titine.