La proie – Benny Griessel 06 : Deon Meyer

Titre : La proie – Benny Griessel 06

Auteur : Deon Meyer
Édition : Gallimard Série noire (13/08/2020)
Édition Originale : The Last Hunt (2018)
Traduction : Georges Lory

Résumé :
Au Cap, Benny Griessel et Vaughn Cupido, de la brigade des Hawks, sont confrontés à un crime déconcertant : le corps d’un ancien membre de leurs services, devenu consultant en protection personnelle, a été balancé par une fenêtre du Rovos, le train le plus luxueux du monde.

Le dossier est pourri, rien ne colle et pourtant, en haut lieu, on fait pression sur eux pour qu’ils lâchent l’enquête.

À Bordeaux, Daniel Darret, ancien combattant de la branche militaire de l’ANC, mène une vie modeste et clandestine, hanté par la crainte que son passé ne le rattrape. Vœu pieux : par une belle journée d’août, un ancien camarade vient lui demander de reprendre du service.

La situation déplorable du pays justifie un attentat. Darret, qui cède à contre cœur, est aussitôt embarqué, via Paris et Amsterdam, dans la mission la plus dangereuse qu’on lui ait jamais confiée.

Traqué par les Russes comme par les services secrets sud-africains, il ne lâchera pas sa proie pour autant…

Critique :
Lire un roman Noir, c’est plonger de plein pieds dans une atmosphère particulière et choisir un roman Noir sud africain apportera une ambiance qu’on ne retrouvera nulle part ailleurs.

Chaque « nationalité » de roman noir a sa propre saveur et ce que je trouve chez Deon Meyer, je ne le croiserai jamais dans un roman Noir américain, anglais, ni même russe.

Pas besoin d’avoir lu les précédents romans mettant en scène Benny Griessel, l’auteur nous le présente en quelques mots, son enquête achèvera le portrait que l’on se fait de l’homme et assurément, c’est un enquêteur avec ses fêlures, ses blessures, ses doutes, ses démons et s’il a laissé tomber l’alcool, les tentations sont parfois encore là.

Un meurtre a eu lieu dans un train de luxe, le Rovos. Niveau luxe, il vaut bien l’Orient-Express mais ici, point d’Hercule Poirot, ni de neige bloquant le train : Benny Grisel et son acolyte Vaughn Cupido, tous deux de la brigade des Hawks, vont avoir bien du mal à résoudre cette enquête car il semblerait que des certaines personne ne veulent pas que ce meurtre en soit un…

Bref, on aurait retrouvé le corps de Johnson Johnson (oui, des parents méritent un procès) lardé de douze coups de couteau différents dans le dos que certains déclareraient tout de même un suicide.

Cette enquête de plus de 500 pages ne se concentre pas uniquement sur la mort bizarre du gars dans le train, mais nous entraînera aussi à Bordeaux, auprès de Daniel Darret. Au départ, on ne comprend pas très bien le rapport mais on se laisse porter par l’histoire, par le personnage, sympathique, agréable, avec ses secrets bien enfouis.

Ce ne sera que sur le final que les deux histoires se suivront sans temps mort, vous faisant faire un grand écart en l’Afrique du Sud post Mandela et la France, dans un rythme endiablé qui vous interdira de respirer.

Le scénario a l’air simple, au départ, mais l’auteur est un homme qui connait son affaire, son pays, ses problèmes et sous le couvert d’une enquête policière, il en profitera pour nous en parler de son pays qui a connu l’apartheid et qui, maintenant connait les magouilles qui, comme ailleurs, minent le pays.

Un excellent roman Noir sud-africain à découvrir, si ce n’est pas encore fait !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°127].

Nains – Tome 18 – Ararun du Temple : Nicolas Jarry et Paolo Deplano

Titre : Nains – Tome 18 – Ararun du Temple

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Paolo Deplano

Édition : Soleil (26/08/2020)

Résumé :
La cité d’Ysparh est rongée par la corruption. Elle ne tient que grâce à la détermination de sa garde à maintenir l’ordre et l’équité.

Le nain Ararun et l’elfe bleue Antalya en sont les redoutés capitaines, l’un pour la finesse de son esprit, l’autre pour le fil de son épée et les deux pour leur obstination légendaire.

Alors, quand l’un des princes est assassiné avant des élections, ils sont les seuls capables de démêler cette affaire.

Critique :
Sherlock Holmes et Watson en version badass ! Et aussi en version Nain et Elfe, mais ceci est un détail…

Oups, pardon, dans ce cas de figure-ci, Watson, l’Elfe, est une femme…

Mais croyez-vous, faut pas essayer de la lui faire à l’envers ou la sous-estimer, car il vous en cuira…

N’essayez pas non plus de sous-estimer Ararun Sherlock Holmes, le nain, son tranchoir vous coupera en deux.

Nos deux enquêteurs qui bossent dans la garde de la cité d’Ysparh sont appelés pour un crime qui semble avoir eu lieu en chambre close : fenêtres fermées, grande hauteur, sortilèges de protection. L’homme était en politique et se présentait aux élections pour devenir le dirigeant de la cité.

Qui a fait le coup et comment ? Le colonel Moutarde semble innocent et il va falloir interroger tous les malfrats de la ville pour savoir où se cache l’assassin avec lequel notre Ararun Holmes a croisé le fer.

Plus qu’une enquête, c’est aussi une plongée dans la politique et ses magouilles, dans ce que l’Elfe a de plus sombre : son côté obscur. Dans tous les sens du terme.

— Je suis un courtard de terrain, Seigneur Mestre. Si je me lève chaque matin, c’est pas pour administrer les chamailleries entre puissants, c’est pour rendre la justice.

Nos deux incorruptibles forment un duo comique, sans pour autant nous donner des éclats de rire, mais leurs réparties sont amusantes et on les sent complices depuis leur rencontre inopinée quelques années plus tôt.

Les dessins sont un régal pour les yeux, les décors sont remplis de finesse et le scénario n’est pas resté aux abonnés absents car le scénariste a fait ce qu’il fallait pour nous proposer une enquête aux rebondissements multiples, avec de l’action, de la baston, une touche d’humour mais aussi de mélancolie.

Nos deux personnages principaux sont travaillés, nous n’en sauront pas plus pour le moment mais ce qu’il nous est donné est suffisant pour nous faire une idée et s’en faire des amis durablement.

D’ailleurs, je ne suis pas contre une nouvelle aventure de nos deux compères car il y a de la profondeur dans cette bédé et ceux ou celles qui disent que les bédés sont pour les enfants ou sont sans intérêt, passé un certain âge (celui de 12 ans), et bien, ils se fourrent le doigt dans le nez jusqu’au cul !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°126].

 

Special Branch – Tome 4 – Londres rouge : Roger Seiter et Hamo

Titre : Special Branch – Tome 4 – Londres rouge

Scénariste : Roger Seiter
Dessinateur : Hamo

Édition : Glénat (08/01/2014)

Résumé :
Printemps 1892, Buffalo Bill et toute la troupe du Wild West Show débarquent à Londres pour plusieurs représentations. Charlotte et Robin Molton font partie des quelques privilégiés à avoir reçu une invitation pour le spectacle.

Mais leur plaisir sera de courte durée : un officier anglais, le capitaine James Paterson, est retrouvé mort transpercé d’une flèche Lakota et c’est évidemment l’un des Sioux de la troupe de Buffalo Bill qui est d’abord suspecté.

Mais les membres de la Special Branch ont suffisamment d’expérience pour savoir que, lorsqu’il s’agit d’un meurtre, il ne faut jamais se fier aux apparences…

Critique :
Hé ho, faudrait se remuer un peu le cul, à la Special Branch parce que là, ce sont les autres qui font le job à votre place.

James Paterson, un américain richissime, est retrouvé tué dans les écuries du Wild West Show, cloué au sol par une flèche et scalpé.

Les indices sont gros comme une maison et on retrouve même le scalp de Paterson dans le carquois d’un Lakota nommé Black Elk.

C’est bien l’une de ses flèches qui épinglait le cadavre au sol. Bref, une grosse flèche rouge désigne ce Lakota qui, en plus, a disparu. Pour moi, ça pue le coup fourré.

Heureusement que Buffalo Bill est un peu plus éveillé que les autres et leur fait comprendre que Black Elk est un Indien qui a un cerveau et que jamais de sa vie il ne laisserait autant de traces derrière lui.

La Special Branch le suit mais sans l’intervention de Lord Launceston, leur ami qui a intégré la Special Branch aussi et surtout, sans l’aide d’un gang adverse, jamais ils n’auraient trouvé les exécuteurs.

Quand au commanditaire, je l’ai trouvé de suite sans même chercher midi à quatorze heures. Trop facile.

Autant la première enquête avait pris son temps, était montée en intensité, autant celle-ci est trop dans la précipitation et le coup de pouce du destin. Là, c’est même plus que du gros coup de pouce…

Moi, à leur place, j’aurais été jouer à l’Euro Million tant la chance était de leur côté. Ou alors, tout le monde était cocu, vu la chance dont ils ont bénéficié…

Au rayon des autres bémols, je reparlerai des chevaux dessinés d’une manière pas très élégante, le pire étant pour les chevaux des Indiens dans le Wild West Show qui ont des têtes tellement épaisses et un gabarit tellement large qu’on dirait des chevaux de trait.

Dommage que ce tome soit trop dans la précipitation, que le coupable soit si facilement identifiable et que, sans aide extérieure du gang des Bambous Verts, nos enquêteurs de la Special Branch n’auraient jamais retrouvés les exécuteurs (et Black Elk non plus n’aurais pas retrouvé ces hommes).

Malgré tout, j’ai apprécié ma lecture et la découverte de cette série.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°05].

Special Branch – Tome 3 – L’éveil du Léviathan : Roger Seiter et Hamo

Titre : Special Branch – Tome 3 – L’éveil du Léviathan

Scénariste : Roger Seiter
Dessinateur : Hamo

Édition : Glénat Grafica (2012)

Résumé :
Le filet se resserre autour de l’amiral Cavanagh : l’enquête menée par Charlotte et Robin Molton les ramène sans cesse à cet homme dont on a retrouvé la photo sur la momie du West Eastern.

Mais lorsque Cavanagh est assassiné à son tour, le doute s’installe : quelqu’un de plus important qu’un amiral tirerait-il les ficelles ? Il faut que cette personne ait gros à perdre pour commanditer des assassinats et dissimuler les preuves d’un forfait commis il y a plus de vingt ans…

Critique :
Enfin j’allais savoir ! Tout savoir… Surtout vérifier si j’avais bien déduis que… Bingo, j’avais bien vu.

Attention, pas de précipitation, pour la résolution, le scénariste a pris le temps avant de nous mener à la résolution et au moins, elle n’est pas simpliste, même si les mobiles sont vieux comme le Monde (en même temps, il n’en existe pas de nouveaux, c’est toujours les mêmes).

La toile d’araignée dans laquelle nos enquêteurs s’étaient empêtrés commençait à casser de partout et les pauvres voyaient les fils remontés mener à des impasses, jusqu’à ce que…

Les dessins dans le style aquarelle est toujours agréable pour les yeux, hormis les dessins des chevaux, que je trouve mal esquissé, mais c’est une question de goût.

Les ramifications de cette vieille enquête étaient nombreuses et il n’était pas facile de résoudre ce cold case puisque bien des pistes menaient à des cul-de-sac ou pire, à une interdiction d’enquêter car la personne suspectée était assise plus haut que son cul…

Heureusement que Robin et Charlotte Molton, nos enquêteurs scientifiques, peuvent compter – sans le savoir – sur un ami à eux qui lui pouvait jouer les Sherlock Holmes puisque non assujetti à la Special Branch et donc libre d’enquêter où il le voulait, lui.

Au final, cette bédé est une belle découverte, avec une histoire et des personnages réalistes, crédibles.

L’enquête a mis trois tomes à être résolue, mais il était important de pouvoir développer tout, d’approfondir un peu les personnages, de planter les décors et surtout, de ne pas donner l’impression qu’on résolvait l’affaire en deux coups de cuillère à pot.

Je n’aime pas les résolution précipitée où l’on balance le tout dans les derniers cases, en vitesse, avant de mettre le mot « Fin » en bas de page. Ici, on piétine d’abord, on remonte des pistes froides ou de celles qui nous claquent dans les mains, et puis, au fur et à mesure, l’intrigue prend de l’intensité et de la densité.

Mon seul bémol sera pour les personnages que j’aurais aimé connaître un peu, que l’auteur leur donne plus d’épaisseur et que le dessinateur donne aussi plus de rythme aux découpages des scènes. On a souvent l’impression que tout est figé, même si, ensuite, cela va mieux et on découvre plus de tonicité dans les cases.

Il me reste le tome 4 à lire, avec une nouvelle enquête qui, je l’espère, sera aussi passionnante que celle-ci (mais elle ne sera qu’en un seul tome).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°292).

 

 

Special Branch – Tome 2 – La course du Léviathan : Roger Seiter et Hamo

Titre : Special Branch – Tome 2 – La course du Léviathan

Scénariste : Roger Seiter
Dessinateur : Hamo

Édition : Glénat (2012)

Résumé :
Robin et Charlotte, enquêteurs de la Special Branch, poursuivent leurs investigations sur un mystérieux meurtre perpétré 22 ans plus tôt à bord du paquebot Great Eastern.

Grâce au témoignage d’un passager de marque (Jules Verne en personne !), à la photo d’un amiral trouvée dans la poche du cadavre et à leurs méthodes scientifiques révolutionnaires pour l’époque, ils vont récolter suffisamment d’indices leur permettant de découvrir l’identité de la victime et le mobile du meurtre.

Mais tandis que ces experts de la police scientifique remuent le passé pour trouver l’assassin, un complot se trame en haut lieu afin que la vérité n’éclate pas au grand jour…

Critique :
22 ans après, ça fait embête toujours certaines personnes que l’on enquête au sujet du cadavre momifié retrouvé enroulé dans un tapis, dans la double coque du Léviathan des mers, le Great Eastern.

On allait le démembrer, le décortiquer et lui, il a recraché un corps de ses entrailles.

Qui est cette personne vu que tout le monde a débarqué à New-York après ce fameux voyage en mars 1867.

L’enquête de la Special Branch se poursuit et nous le savons, ça dérange des gens hauts placés, cette fouille pour retrouver l’identité du cadavre. Les manœuvres sont politiques et tout est mis en oeuvre pour faire taire certains, quitte à les égorger.

Cette fois-ci, nous aurons un récit alternant entre le présent (1889) et le passé (1867), qui va tenter de nous éclairer un peu sur cette croisière où le capitaine Cavanagh se trouvait.

Pour illustrer le passé, les tons sont dans les sépias. Les dessins sont sobres et les décors aussi, c’est ce que je trouve le plus dommage dans cette bédé qui nous plonge dans l’Angleterre victorienne mais sans insister sur les codes « décors ».

L’enquête avance à grands pas, à Liverpool, où l’inspecteur Pilaster joue les Sherlock Holmes (il porte une sorte de macfarlane à carreaux, mais a une carrure de débardeur) et à Londres, où sont repartis Robin et Charlotte Molton.

Un tome 2 qui possède plus de rythme que le premier, où l’on posait les jalons, une enquête qui avance sans pour autant se conclure à la fin de cet album. Fin qui nous laisse sur notre faim.

Ouf, j’ai la suite ! En arrivant longtemps après la sortie de la série, au moins, je ne dois pas attendre un an entre chaque tome, ce qui fait que je peux les lire l’un à la suite de l’autre, sans frustration aucune et en gardant tout en mémoire.

Au moment où je rédige cette chronique, je n’ai qu’une vague idée folle, suite à ce que j’ai vu dans les flash-back. Une idée qui pourrait expliquer bien des choses.

Maintenant, en lisant le tome 3, je vais savoir si j’ai tout d’une détective ou si je peux aller planter des fraises au Boukistan !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°289 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Special Branch – Tome 1 – L’agonie du léviathan : Roger Seiter et Hamo

Titre : Special Branch – Tome 1 – L’agonie du léviathan

Scénariste : Roger Seiter
Dessinateur : Hamo

Édition : Glénat (2011)

Résumé :
Dans un village près de Liverpool, un paquebot échoué est en démantèlement. On y découvre un cadavre qui date d’il y a 20 ans et sur lequel se trouve la photo d’un haut gradé de la Navy.

Parallèlement, un rôdeur assassine un à un les veilleurs qui l’ont surpris sur le bateau. Tout cela dépasse la police locale…

Mais c’est une enquête pour la Special Branch !Cette ramification secrète des services de police anglais utilise des techniques scientifiques très innovantes pour l’époque.

Charlotte et Robin, frère et sœur et éminents membres de la Special Branch sont dépêchés sur les lieux pour élucider le mystère…

Critique :
♫ J’étais un bateau gigantesque ♪ Capable de croiser mille ans ♫ J’étais un géant, j’étais presque ♫ Presqu’aussi fort que l’océan ♪

♫ Ne m’appelez plus jamais « Great Eastern » ♪ L’Angleterre m’a laissé tomber ♪ Ne m’appelez plus jamais « Great Eastern » ♪ C’est ma dernière volonté ♪

Rien de plus désolant que de voir un Léviathan des mers échoué pour être démantelé. Moi, ça me fend le coeur.

Tiens, en parlant de fendre… En ôtant une cloison, on vient de tomber sur une double coque et plus bas, on a un tapis et roulé dedans, un corps momifié ! Ramses II aurait-il été faire les soldes chez Tonton Tapis ?

L’inspecteur Pilaster est sur le coup et une photo lui fait prendre ses précautions : faire appel à la Special Branch, la police secrète et scientifique de la Reine Victoria, mais sans ce cher Thomas Pitt puisque ce sera Robin Molton, accompagné de sa sœur Charlotte, médecin et anthropologue. En 1889, moi je dis bravo mademoiselle.

Nos deux enquêteurs sont sympathiques et on aurait même envie d’aller boire un café avec Charlotte pour en savoir un peu plus sur son parcours scolaire et les embûches qui n’ont pas dû manquer lorsqu’elle a entamé des études de médecine et d’anthropologie.

Les auteurs ne se dispersent pas ailleurs, ils sont concentré sur l’enquête et les mystères qui tournent autour de ce mort momifié, déposé là il y a plus de 20 ans, sans savoir que dans l’ombre, des gens complotent pour leur ravir le cadavre.

Inconvénient, c’est que l’on n’a pas beaucoup de détails sur la psychologie des personnages, mais vu qu’il y a 4 tomes, je suppose (j’espère) que l’on en apprendra un peu plus sur nos deux enquêteurs.

J’allais vous quitter en oubliant de dire un mot sur les dessins : sobres. Ils manquent un peu de dynamisme et la pauvreté des décors m’a parfois fait oublier que j’étais dans une époque victorienne.

Le pire est la manière dont sont dessiné les chevaux… Pas terrible, quasi tous blancs et en plus, aucun réalisme dans leur manière de se déplacer. Ça a choqué mon oeil. On me dira que c’est « accessoire » dans le scénario et l’ensemble des décors, mais je le souligne quand même.

Ma curiosité est piquée, j’ai envie de savoir le pourquoi du comment ce cadavre a atterri là et pourquoi tout ces complots autour. Mystère, mystère ! Je vais lire les albums suivants pour le savoir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°277 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords : Yves Sente & André Juillard

Titre : Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords

Scénariste : Yves Sente
Dessinateur : André Juillard

Édition : Blake et Mortimer (01/11/2012)

Résumé :
Cette nouvelle aventure de Blake et Mortimer conduit nos deux héros à Oxford.

L’Ashmolean Museum et sa célèbre collection archéologique est le théâtre de vols inexpliqués auxquels sont liés une série de meurtres tout aussi mystérieux.

Tels les héros d’Agatha Christie, Blake et Mortimer mènent l’enquête.

Yves Sente et André Juillard nous offrent une aventure dans la plus pure tradition des romans policiers britanniques.

Critique :
Se glisser dans les pantoufles d’un autre n’est jamais aisé car on a beau copier son trait, reprendre ses personnages, les connaître sur le bout des doigts, on n’est jamais dans la tête du père (ou mère) littéraire.

Pourtant, même si j’ai déjà vu mieux dans les dessinateurs qui ont repris la mise en image de nos deux compères, au moins, le scénario n’est pas bâclé et l’enquête est tout ce qu’il y a de plus terre à terre, sans élément fantastique, de SF ni d’Olrik (enfin des vacances).

Une enquête que n’aurait pas renié la Reine du Crime tant les atmosphères présentes dans ces pages sentent celles de ses romans.

Blake et Mortimer n’utiliseront jamais de smartphones et leur environnement restera à jamais figé dans les années 50, avec un petit air vieillot qui leur va comme un gant car c’est leur identité propre.

L’enquête est remplie de mystère car le lecteur a du mal à voir le rapport entre le vol de la valise d’un certain Thomas Edward Lawrence (en 1919) et les vols, 35 ans plus tard, à l’Ashmolean Museum, de pièces qui ne sont pas les plus rares, ni les plus chères.

Ajoutons une touche de mystère avec des silhouettes toutes vêtues de blanc, leur donnant des airs des fantômes, des lords qui meurent d’accidents qui n’en sont pas, un secret qu’ils sont les seuls à connaître et un Mortimer qui joue aux naïfs tandis qu’un Blake lui demande de se taire alors qu’il commençait à lui donnait un info importante.

Le scénariste nous sème des indices un peu partout, à nous de les prendre en compte ou pas, de les considérer comme importants ou comme étant de faux indices placés là pour faire accuser un autre…

J’avais capté assez vite qui était responsable des vols et il fallait être un anglais un peu trop confiant pour ne pas se rendre compte que cette personne jouait double jeu. Malgré tout, je n’avais pas tout trouvé et une partie des faits étaient inconnus de moi et sans l’intervention de Blake, je n’aurais jamais trouvé le pourquoi du comment.

Dans la neige froide et glacée, nos deux amis vont tenter de résoudre cette énigme et de trouver le ou les coupable(s) des crimes immondes, des vols bizarres et d’enfin savoir quel est ce foutu serment des 5 lords !

Sans révolutionner le polar, cette aventure se laisse lire avec plaisir, en prenant son temps pour regarder toutes les cases car malgré le fait que je sois moins fan de ce dessinateur (j’aimais mieux ceux de Ted Benoît), les décors foisonnent de détails et les paysages anglais, que ce soient ceux de la ville ou de la campagne, sont toujours un plaisir pour les yeux.

On ne révolutionne rien, mais dans les explications de Blake, à la fin, on se prend tout de même une douche froide avec un événement survenue durant sa jeunesse. La boucle est bouclée.

Un bon album qui est plus à réserver au nostalgiques de l’univers de Blake et Mortimer qui aiment lorsque l’action va à son aise, même si je soupçonne une injection d’EPO dans le dernier quart de l’aventure afin de clore cet album en 64 pages et non en 80…

Je ne l’avais jamais lu mais ce Mois Anglais était l’occasion idéale pour ressortir quelques albums de cette série et par la même occasion, d’en découvrir un jamais lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°269 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Tout pour la patrie : Martín Caparrós

Titre : Tout pour la patrie

Auteur : Martín Caparrós
Édition : Buchet/Chastel Littérature étrangère (06/02/2020)
Édition Originale : Todo por la patria (2018)
Traduction : Aline Valesco

Résumé :
Buenos Aires, 1933. L’Argentine est ravagée par la crise, et seul le football semble capable d’enthousiasmer une population à genoux.

Soudain, le pays tout entier retient son souffle : Bernabé Ferreyra, la star du ballon de l’époque, a disparu. Andrés Rivarola, dit Petit, un travailleur à la petite semaine – accessoirement ami du dealer de Ferreyra –, se lance à sa poursuite.

Mais un assassinat dans un quartier du nord de la ville menace de faire basculer l’affaire en scandale national…

Critique :
L’Argentine des années 30… Il y a une fascination pour le régime d’Hitler dans ce gouvernement qui est très à droite, ainsi qu’une passion pour le foot qui semble déjà puer la corruption à plein nez.

Rivarola, le personnage principal, est un être désabusé, un peu cynique, chômeur, copain avec un petit dealer qui voudrait bien qu’il l’aide à retrouver le joueur de foot Bernabé Ferreyra qui a disparu alors qu’il lui doit de l’argent.

Son enquête ne se passera pas comme prévu et un meurtre plus tard, Rivarola va se transformer en enquêteur. Pas par amour de l’énigme, juste parce qu’il voit là une manière de s’en sortir financièrement.

Nous sommes dans un pays corrompu jusqu’à la moelle, alors, un de plus ou un de moins…

J’ai aimé le portrait au vitriol d’une société et d’un pays vérolé par la corruption qui touche même le foot où les dirigeants des clubs se font des couilles en or avec l’argent que les pauvres gens dépensent pour venir voir des matchs et penser à autre chose qu’à leur misère.

Mais… Ben oui, il est là… Si au départ j’ai souri devant ces portraits d’hommes flemmards, désabusés (Rivarola et le Moineau) à un moment donné, le roman et moi sommes partis dans des directions différentes et jamais plus jamais nous ne nous sommes rejoints.

Est-ce que cela a tenu dans la manière d’écrire les dialogues ? Aux personnages dans lesquels je ne me suis jamais trouvée ? Manquait-il quelque chose au récit pour lui donner le goût de reviens-y ?

Sans doute un peu de tout cela car à un moment donné, j’ai décroché et c’est de manière lointaine que j’ai suivi le fil de l’enquête, n’arrivant même pas à m’indigner du final qui illustrait pourtant bien l’imbécillité et le fanatisme fait homme.

Au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°221 (B??) et Le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 06].

 

Les Mystères de Sean Stranahan – Tome 2 – Les morts de Bear Creek : Keith McCafferty

Titre : Les Mystères de Sean Stranahan – Tome 2 – Les morts de Bear Creek

Auteur : Keith McCafferty
Édition : Gallmeister Americana (06/09/2019)
Édition Originale : The Gray Ghost Murders (2013)
Traducteur : Janique Jouin-de Laurens

Résumé :
Sean Stranahan, peintre amateur, guide de pêche et détective privé à ses heures perdues, se sent de plus en plus chez lui dans le Montana dont il connaît désormais les rivières comme sa poche.

Mais les âpres paysages des Montagnes Rocheuses livrent parfois de macabres trouvailles – comme les cadavres de ces deux hommes exhumés par un grizzly affamé.

Le shérif Martha Ettinger fait appel aux talents d’enquêteur de Sean, décidément très convoités : le même jour, il est embauché par un club de pêcheurs excentriques pour retrouver une précieuse mouche de pêche volée.

Les deux affaires vont se télescoper sur une piste escarpée menant vers quelques-unes des personnes les plus puissantes de la vallée de la Madison.

Critique :
Après la chanson « Merci patron », on pourra chanter « Merci le chien » et « Merci madame Ourse » car sans le chien pour se coucher sur la tombe et sans l’ourse pour dégager un des corps, jamais la police ne les aurait trouvé.

D’ailleurs, c’est bien simple, personne ne les cherchait, ces cadavres !

Maintenant qu’on a mis la main dessus – pour ne pas dire la patte couverte de griffes – va falloir enquêter et c’est là que les Romains s’empoignèrent car zéro piste, zéro identité et zéro idée sur le pourquoi du comment ils se sont retrouvés enterrés là, au sommet de la montagne.

Sean, de son côté, mène l’enquête pour retrouver les deux mouches volée au club de pêcheurs du coin. Non, non, elles ont de la valeur, ces deux mouches volées ! Sentimentale et vu leur prix d’achat et celui qu’on pourrait en retirer en les revendant, ce n’est pas rien.

Ce que j’aime, dans les enquêtes de Sean Stranahan, c’est qu’il y va tranquille et que l’auteur en profite pour animer d’autres personnages que lui tout en se centrant sur Sean et sa vie compliquée et le fait qu’il s’attire toujours des emmerdes, qui, vous le savez sans doute, volent toujours en escadrille !

On a beau ne rien y connaître en pêche à la mouche, on apprécie toujours accompagner Sean sur une rivière pour le regarder y tremper sa mouche (n’y voyez rien de sexuel, hein) pendant qu’il fait le vide dans son cerveau.

Sans jamais appesantir le récit, ces parties de pêche sont toujours agréables à lire et l’entièreté du roman se déguste avec un petit sourire aux coin des lèvres tant il est parsemé de fraîcheur, de mystères et de personnages hors-norme et attachants.

Dans le Montana, les gens ne se comportent pas comme ailleurs et l’auteur a su rendre cette atmosphère de camaraderie dans son récit, donnant l’impression à son lecteur de retrouver une bande de vieux copains.

— Vous savez ce qui est génial avec le Montana ? (…) C’est que des gens venus de tous les horizons s’y retrouvent. (…) Nous sommes au même niveau. Si tout le pays était comme ça, nous nous comprendrions et pourrions travailler à des solutions communes.

Il a beau ne pas en avoir l’air ainsi, mais Sean Stranahan est un bon enquêteur : tenace, calme, sans se presser, donnant l’air de ne pas en avoir l’air et en plus, il a une sacrée paire de cojones parce que ce qu’il a fait, peu en aurait eu le courage !

Dans ce deuxième tome, l’auteur continue d’étoffer ses personnages, dont Sean et poursuit ses belles descriptions du Montana et de ses rivières gorgées de truites en tout genre qui vous donnerait envie d’aller y lancer de la soie et de faire trempette à votre mouche, même si vous n’aimez pas la pêche.

Et puis, cette histoire de cadavres n’est pas du genre que l’on croise dans tous les romans policiers, ce qui ajoute du piment à l’histoire.

Une enquête qui va au rythme pépère, sans pour autant que l’on se mette à bailler d’ennui (que du contraire), des personnages attachants, presque des copains, des personnages étoffés, avec leurs petites faiblesses, leurs petites blessures (mais pas de folie), leurs petites histoires réalistes comme il pourrait nous en arriver, le tout sur le thon, heu, un ton réjouissant qui donne envie de frétiller comme une truite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°91.

Joseph Laflamme – Tome 1 – Jack / La légende de Jack : Hervé Gagnon

Titre : Joseph Laflamme – Tome 1 – Jack / La légende de Jack

Auteur : Hervé Gagnon
Édition : Libre Expression (2014) / 10/18 (07/02/2019)

Résumé :
Montréal, août 1891. Par un matin de canicule, on découvre le corps horriblement mutilé d’une prostituée dans une rue du Red Light.

Ce meurtre est le premier d’une série comme jamais Montréal n’en a connu et qui ressemble à s’y méprendre aux assassinats commis par Jack l’Éventreur à Londres en 1888. Pourtant, étrangement, ni la police ni la presse ne s’y intéressent.

Seul Joseph Laflamme, journaliste du quotidien Le Canadien en mal de travail, fouille l’affaire malgré l’opposition des autorités et des mystérieux francs-maçons.

Un fou imite-t-il le célèbre tueur ou Jack l’Éventreur lui-même a-t-il traversé l’Atlantique pour mieux sévir à Montréal ?

Critique :
Deux personnages me font relever la tête, tel un chien qui vient de flairer la piste d’un gigot : Sherlock Holmes et Jack The Ripper.

L’un appartenant à la fiction et l’autre à la réalité. L’un redressant des torts, se trouvant du bon côté de la loi et l’autre un criminel. Cherchez pas à comprendre.

Donc, un roman intitulé « Jack » ne pouvait que me faire dresser la tête, même dans une fiction et ma PAL étant ce qu’elle est, ce roman y a pris la poussière.

Si on commence assez doucement dans l’histoire, c’est pour une bonne cause, il faut placer les décors, les protagonistes, les faire bouger devant nos yeux, faire en sorte que l’on s’y attache, que l’on se pose des questions, que l’on suppute, que l’on tremble un peu, que notre nez se plisse devant la barbarie des assassinats…

Joseph Laflamme m’a bien plu, sa frangine aussi. Ils sont humains, réalistes, tirent le diable par la queue et Joseph va vider la sienne chez une prostituée et en est amoureux. L’imbécile heureux qui pense qu’il va la sortir de ce milieu alors qu’il a du mal à joindre les deux bouts (si je puis me permettre) financièrement.

Joseph était le seul de ses clients avec lequel elle n’avait pas besoin de feindre le plaisir. La liqueur abondante qui lui coulait entre les cuisses avant qu’il la pénètre, les petits cris qui lui échappaient pendant l’acte et les morsures qu’elle lui plantait dans les épaules alors qu’il allait et venait avec une ferveur maladroite et attendrissante, la façon qu’elle avait de le retenir en elle après qu’il eut joui, tout cela était sincère. […] Quand il la prenait, mais aussi après, il ne la regardait jamais comme un vulgaire morceau de viande fraîche dans lequel il voulait vider au plus vite un sexe fébrile. Il la considérait comme une personne. Il la respectait autant qu’on pouvait respecter une putain. Avec lui, pendant une heure, elle avait le sentiment d’être une femme pure et propre.

À un moment donné, le roman est devenu addictif, on nageait en plein mystère, on avait des meurtres sordides, des flics qui ne faisaient pas leur boulot, un Joseph enquêtant lui-même, des personnages énigmatiques, l’ombre de ces pauvres francs-maçons sur qui planait encore les soupçons…

Bref, j’étais à fond dedans, bien plongée dans ce roman qui me décrivait si bien le Montréal de 18991, qui me donnait quelques atmosphères intéressantes, qui utilisaient des personnages qui me plaisait et qui ne donnait pas trop de révélations mais laissait planer un doute comme j’aime.

Certaines tirades des personnages piquaient juste où il le fallait, égratignant les financiers, les politiciens, le clergé.

— Évidemment, dans les institutions catholiques, ces ouvrages sont interdits, au point qu’ils ne sont même pas conservés à l’index. Il faut protéger l’âme des fidèles, tu comprends ? Et surtout, les curés veulent préserver le contrôle qu’ils exercent sur leurs ouailles. Imagine l’anarchie s’ils se mettaient à penser librement dans une loge !

Il n’avait quitté le pouvoir qu’entre 1873 et 1878, alors que les financiers du chemin de fer transcontinental avaient poussé un peu trop loin le financement du parti Tory en échange de contrats de construction et que la chose avait été éventée. Une maladroite erreur de parcours, rien de plus.

— Il m’a laissé entendre que Mgr Fabre n’aime pas du tout que notre journal publie des histoires de meurtres, maçonniques de surcroît. Il paraît que ça trouble les bons catholiques qui, c’est bien connu, ne doivent pas trop penser, puisque le clergé le fait pour eux.

Arrivé au final, à la révélation ultime du pourquoi des crimes, patatras, la cassage de gueule total car l’auteur n’a rien trouvé de mieux que nous ressortir une des théories à la con de Stephen Knight, celle que l’on retrouve dans le film « Meurtres par décret », à quelques détails près.

Non, pitié, pas cette théorie là que les ripperologues sont les premiers à dire qu’elle est à oublier puisque juridiquement impossible.

Ce genre d’accident (on va éviter de spolier, seuls les initiés comprendront) n’aurait jamais pu monter dessus ! La monarchie anglaise est rigide, guindée, olé-olé aussi, mais il y a des règles juridiques qui protègent et on n’y déroge pas. De plus, si la reine n’a pas consenti à la chose, alors quéquette, zéro droits !

De plus, étant donné que l’auteur inclus Martha Tabram, assassinée le 7 août 1888, cela nous donne un délai de trois longs mois pour éliminer ce qui doit être éliminé… Ça fait long, non ? Ça donne surtout le temps aux personnes misent dans le secret de foutre le camp, de se planquer et surtout, de se méfier.

J’avais déjà tiqué pour l’assassinat de Mary Jane Kelly qui, d’après le récit, semble se dérouler dans une chambre au premier étage, sur un couloir possédant plusieurs chambrées… Heu, nous sommes dans une fiction, certes, mais pourquoi changer la topologie des lieux ?

MJK avait une personne qui vivait au-dessus de chez elle (qui l’entendit chanter, même), mais sa porte donnait sur la rue, elle vivait au rez-de-chaussée (on entrait au N°13, Miller’s Court par un passage entre le 26 et le 27, Dorset Street) et la porte était fermée lorsque Thomas Bowyer fut envoyé chercher les loyers qu’elle devait à son proprio, John MacCarthy.

Le carreau était cassé et Thomas glissa un œil pour voir… Ce qu’il vit le fit sans doute blêmir puisqu’il alla chercher le proprio qui vint constater lui-même les dires du garçon.

Il posa l’oreille contre la porte et écouta longuement en retenant son souffle. Rien. Soit les autres chambreuses étaient en train de se livrer à leur négoce avec un client, soit elles se saoulaient dans un des tripots qui pullulaient dans le quartier, soit encore elles cuvaient leur vin ou reposaient leur corps malmené. Il tourna doucement la poignée et entrouvrit, les sens aux aguets. Toujours rien. Il coiffa son gibus, se glissa dehors et referma la porte sans bruit en prenant soin de ne pas la verrouiller. Le cadavre de miss Kelly devait être retrouvé ; on devait pouvoir entrer librement. D’un pas mesuré, il traversa le couloir sombre en silence, descendit jusqu’au rez-de-chaussée et sortit sans avoir croisé âme qui vive. Dehors, il faisait frisquet et un épais brouillard s’était formé, comme chaque nuit ou presque à cette époque de l’année.

N°13 Miller’s Court en 1888

Purée, c’est râlant ! Voilà un roman qui m’avait bien embarqué, qui me plaisait, malgré les libertés prises avec la disposition des lieux de chez MJK et bardaf, la catastrophe finale qui m’a fait gémir de douleur, de frustration car peu réaliste puisque juridiquement non avenue.

Nous sommes dans un roman, dans de la fiction, je l’admets, mais autant où je passerai les test ADN réalisés en 30 secondes par les Experts de tous poils (non réaliste), autant je coince sur l’irréalisme de cette théorie.

Et maintenant, les Romains vont s’empoigner car je suis face à une impasse pour la cotation du roman : il est bon, j’ai passé un bon moment mais l’explication finale a tout foutu en l’air. Mais elle sera une théorie tout à fait acceptable pour ceux ou celles qui n’ont pas ou peu de connaissance sur Jack The Ripper.

Comme je ne suis pas rancunière, fin du mois, je me ferai le tome 2 des enquêtes de Joseph Laflamme avec Jeremiah !

D’expérience, il connaissait les endroits et les recoins les plus sensibles de son corps et savait les titiller avec un doigté à nul autre pareil. L’adorable petit efféminé était ce qu’aucune femme ne serait jamais : la délicatesse avec un sexe d’homme. Jack avait fait appel à ses services par le passé même s’il coûtait cher, car chaque seconde de la torture qu’il savait si bien infliger valait son pesant d’or.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°76 et Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu Terreur – Le crime était parfait – thriller).