Scarpetta – Kay Scarpetta 16 : Patricia Cornwell [Par Dame Ida visitant le grenier aux nanars]

Titre : Scarpetta – Kay Scarpetta 16

Auteur : Patricia Cornwell
Éditions : Livre de Poche Thriller (2011/2013)
Édition Originale : Scarpetta
Traduction :Andrea H. Japp

Résumé BABELIO :
Oscar Bane a exigé son admission dans le service psychiatrique de l’hôpital de Bellevue. Il redoute pour sa vie et prétend que ses blessures lui ont été infligées au cours d’un meurtre ; meurtre qu’il nie avoir commis.

Il ne se laissera examiner que par Kay Scarpetta, médecin légiste expert, l’unique personne en qui il ait confiance. À la demande du procureur, Jaimie Berger, Kay se rend à New York City et entreprend cette enquête avec son époux Benton et sa nièce, Lucy. Elle n’est sûre que d’une chose : une femme a été torturée et tuée, et d’autres morts violentes sont à craindre.

Kay se lance et très vite une vérité s’impose : le tueur anticipe avec précision où se trouve sa proie, ce qu’elle fait, et pire encore, les avancées des enquêteurs. Kay Scarpetta devra faire face à l’incarnation du mal…

L’avis de dame Ida :
Tiens… Il y avait un vieux Cornwell qui traînait dans ma PAL depuis quelques dizaines d’’années…

Une copine m’en a refilé tout un lot de vieux « poche » qui moisissait dans un coin (le rangement du nouvel an conduit à redécouvrir ses vieilles possessions oubliées)…

Ce roman est le seizième volume de l’intarissable série des enquêtes du Docteur Kay Scarpetta, médecin légiste créé par Patricia Cornwell et au travers de laquelle l’auteur projette beaucoup d’elle-même à travers ses personnages féminins.

Dans les commentaires, lors de mes échanges avec Dame Belette, notre inénarrable hôtesse de ces lieux, j’égratigne régulièrement Patricia Cornwell, à l’instar d’un Desproges à chaque fois qu’il parlait de Marguerite Duras.

La différence entre Duras et Cornwell, c’est que l’originalité de l’écriture de Duras était constitutive du talents que certains lui trouvaient, bien qu’il ne fît pas l’unanimité, justement de par son caractère parfois déroutant.

Pour Cornwell, ce qu’aiment certainement ses fans, c’est qu’elle n’a pas réellement de style, ce qui rend ses griffonnages facilement accessibles pour qui supporte les longueurs qui permettent à l’auteur de vendre ses ouvrages au poids à ses éditeurs et aux personnes souffrant d’Alzheimer, de pouvoir suivre (quoi que…).

Bordel à cul ! Arrivée au quart du roman j’étais sur le point d’abandonner car il ne s’était encore rien passé de décisif, Benton et la Procureur Berger étant encooore en train de blablater de l’affaire en tournant en rond, disant et redisant les mêmes choses, lâchant parfois une info importante noyée dans les répétitions, obligeant le lecteur un la lectrice à tout se fader s’il/elle veut comprendre la suite.

Je ne vous parle même pas de la séance peu crédible de Benton chez sa propre psy dont les remarques incisives flirtent avec l’analyse sauvage, sans parler du fait que Benton au point où il en est de sa carrière serait supposé ne plus avoir besoin de tels services… Mais bon, je dis ça et je dis rien…

Et pendant ce temps, Scarpetta n’avait toujours pas fini l’examen du témoin/suspect qui avait réclamé d’être examiné par elle.

Ben oui, c’est comme ça aux States ! Un témoin/suspect qui ne s’est encore vu reprocher aucune charge, mais a choisi de se faire interner, peut exiger de faire déplacer un médecin légiste d’un autre État (qui paiera le billet d’avion ? Scarpetta ? Le suspect ? Le contribuable?) pour une consultation avec la bénédiction des autorités locales et la complicité du mari de la dite experte…

Mari qui, lui-même, a examiné le témoin/suspect sur le plan psychologique, puisque Benton, profiler du FBI donne aussi dans les expertises psychologiques. Je passe sur le problème déontologique ou légal de l’affaire : deux spécialistes apparentés ne peuvent pas en principe expertiser une même personne…

Certes les lois états-uniennes peuvent être fluctuantes d’un état à l’autre mais les principes généraux de l’éthique sont les mêmes partout… D’ailleurs, le fait d’avoir transigé avec les règles va les mettre un peu dans l’embarras. Ce n’est pas pour rien que les règles déontologiques existent. Et on comprend mal qu’une institution judiciaire, qui peut voir la moindre décision cassée pour un vice de forme, puisse s’arranger des règles ainsi.

Déjà dès le départ ce n’est pas crédible deux secondes ! La starification d’un légiste et le fait qu’un témoin/suspect impose ses exigences à un procureur qui y cède ! N’importe quoi ! D’autant qu’il n’y a que dans le roman et dans quelques séries états-uniennes à la mode que les légistes interviennent de manière aussi active dans le travail d’enquête en allant sur le terrain ou en interrogeant les témoins ou suspects !

Dans la vraie vie les légistes restent dans leur morgue à découper du cadavre et à disséquer des organes ! Et vu le nombre de corps qui arrivent sur leurs tables où la montagne de paperasses que doivent traiter les chefs de services de médecine légale, il est plus qu’improbable qu’un légiste, chef de service, ait le loisir de s’aventurer sur le terrain.

Pas certaine qu’on lui en laisse le droit sauf pour les premières constatations après la découverte d’un corps, et encore, il faudrait que la covid ait décimé son équipe car un chef de service ne se déplace pas sur le terrain en temps normal !

Et par ailleurs, excusez moi… Mais il s’avère que je connais bien les expertises psychologiques et les tests soi-disant utilisés par Benton (les ayant utilisés moi-même en bilans à l’époque où j’en faisais), et franchement, les comptes-rendus qu’en fait Benton ne sont que des approximations pathétiques. Un/e étudiant/e en deuxième année ferait mieux !

Et si les rapports d’autopsies pondus par Scarpetta et sur lesquels sont fondées les enquêtes sont d’une qualité équivalente aux yeux d’un vrai légiste, on s’étonnera de la renommée cosmoplanétaire de Scarpetta que les administrations et universités états-uniennes s’arrachent ! Sans compter les erreurs judiciaires potentielles que des approximations peuvent entraîner !

Ah oui… On nage en pleine mégalomanie rampante. L’auteur a fait de son héroïne LA star intergalactique de la découpe médico-légale, et elle et son mari, au terme d’un mercato fédéral délirant, se sont vus proposer un pont d’or alliant enseignement universitaire et mise à disposition de leurs hautes compétences au profit d’une administration conquise d’avance. Rien que ça ! On les veut partout ces cadors ! On se les arrache! Elle passe même régulièrement sur CNN !!!

Mais qui y croit ??? Ben pas moi. Et c’est ça mon problème. Quand je lis un polar « à prétentions » (ben oui, on est dans une revendication de crédibilité en rapport avec les pratiques expertales, un champ scientifique pointu et les systèmes judiciaires et policiers américains), j’attends au moins ne pas devoir avaler des couleuvres, et que l’auteur respecte ses lecteurs en maîtrisant son sujet. Les super-experts qui blablatent et assènent des conneries sur un ton sentencieux ça ne passe pas. Surtout quand en plus ils ont choppé le melon.

Corwnell, l’auteure des aventures de Scarpetta est une ancienne chroniqueuse judiciaire… Elle s’est peut-être beaucoup renseignée ou documentée sur tout le charabia professionnel des légistes, des autopsies et autres expertises psychologiques… Mais visiblement elle est loin de maîtriser son sujet et ses coupables approximations ne résistent pas à un œil un minimum informé.

Je reconnais que je suis exigeante sur ces questions et à la limite très mauvais public. J’aime être rassurée sur le fait qu’un romancier en sache réellement plus que moi et se soit vraiment renseigné de manière pointue sur les thèmes dont il parle. Or j’avoue que ça me pose souvent problème quand je lis. Quand un auteur fait des bourdes sur des sujets que je connais assez bien… ben le mécanisme de « suspension d’incrédulité », nécessaire à ce que je puisse adhérer à ce que je lis, ne fonctionne plus et je passe le reste du livre à grincer des dents, voire à chercher la prochaine bourde quand j’en ai déjà repéré plusieurs. Je n’aime pas qu’un auteur puisse parier sur ce que j’ignore pour me vendre un bouquin.

Je n’aime pas trop parler de ma vie professionnelle sur le net mais je résumerai pudiquement en disant que je connais trèèèès bien le cadre médico-psychologique et en particulier dans certaines de ses connexions avec le secteur judiciaire ainsi que les questions d’expertises.

Forcément, j’avoue être facilement exigeante pour ne pas dire intransigeante quand je vois certains polars surfer médiocrement sur la vague médico-psy-légal, parce que ce registre peut en effet fasciner pas mal d’amateurs.

Pourquoi ne pas contribuer à informer les lecteurs correctement sur la vérité ? On peut écrire des histoires très correctes en restant dans les clous de la réalité ! On n’est pas obligé de transformer ça en roman de « science fiction » !

C’est que je trouve important pour ne pas dire capital d’informer correctement les gens sur ces sujets et de ne pas entretenir les lecteurs dans une visions faussée des choses que les auteurs finissent en plus par s’emprunter les uns aux autres.

Certaines séries de polars sont très carrées et respectueuses des champs professionnels mis en avant… Les bouquins de Tallis, d’Allen Carr, ou dans un univers plus contemporain les enquêtes de Frieda Klein sont parfaitement contextualisés et cela ne nuit pas au suspens et à l’intérêt que l’on peut avoir à lire.

Bref, là je vous raconte trop ma vie (mes enfants adoooorent ça… car après ils peuvent se moquer de leur Mamie qui radote !), mais c’est parce que je me sens obligée de vous expliquer pourquoi je si crispée avec les auteurs qui bâclent un peu leur travail de documentation quoi qu’ils en disent. Et comme ça m’arrive très souvent, voire de plus en plus souvent quand je propose une fiche, je pense que je vous devais quelques explications.

Pour paraphraser une vieille pub Orangina© : « Pourquoi est-elle si méchante ? » « Parce que ! »

Anybref, il y avait bien longtemps que je n’avait pas lu un « Scarpetta », mais des décennies plus tard, au bout de quelques pages je retrouve cette sensation d’écœurement semblable à ce que nous éprouvons au terme d’un repas de Noël ou de réveillon de Saint Sylvestre, après avoir repris trois fois du foie gras et du blanc moelleux, avant la dinde farcie aux marrons et une bûche trop pleine de crème au beurre et de sucre.

Trop c’est trop ! Et quand le repas est trop riche et trop long (n’oublions pas la rétribution à la page ou au poids que les longueurs font suspecter), il est fréquent qu’on ne puisse pas arriver au bout, à moins de faire comme les romains de l’antiquité et d’aller se faire vomir entre deux pages.

Ne reculant pas devant les efforts pour sa copinaute Dame Belette, Dame Ida a persévéré consciencieusement face à ce menu trop gras et trop chichiteux pour arriver au bout de sa critique ! (Dame Belette, mettant en page l’article, l’en remercie).

Malgré mon accablement découragé face à la page 110, je me suis accrochée. Ben oui, l’enquête allait bien finir par trouver un rythme correct à un moment donné… Mais il a fallu attendre d’arriver au milieux du roman pour que ça commence à ressembler à quelque chose.

Mais ne nous réjouissons pas trop vite : chaque personnage impliqué refaisant l’enquête dans son coin à un rythme de sénateur, et ayant besoin d’en parler aux autres et de répéter ce qu’il a déjà découvert devant nos yeux ébahis, là encore ça mâche et ça remâche les mêmes éléments en permanence et de temps à autre une nouvelle étape de raisonnement émerge… Doucement… Lentement…

Et je passe sur les rivalités et coups de pute que les « gentils » se font parfois entre eux pour tirer la couverture à eux-mêmes. Ça ralentit le rythme, certes, mais au moins c’est un détail un peu réaliste quand même ça ! Pfff…

Quant aux tergiversations relatives aux ambivalences incessantes des personnages principaux les uns pour les autres, leurs failles psychologiques, là aussi vous n’y couperez pas.

Cela étant, comme Benton et Scarpetta sont maintenant mariés après avoir été amants alors que Benton était encore marié avec une autre, on échappe aux insupportables passages introspectifs interminables où Scarpetta était déchirée entre son désir et son éducation de petite bourgeoise, et où elle reprochait aux autres ses propres travers avec une sévérité telle que j’avais envie de lui mettre des claques.

Mais que les amatrices de drames Harlequinesques se réjouissent : Les grands névrosés que sont Benton et Scarpetta ne peuvent vivre l’harmonie conjugale pour autant… Ce serait trop simple. Et en plus sa nièce déjantée Lucy va encore pécho !

Encore réveillées les copinautes ? Vous ne dormez pas encore ? Courage ! J’ai presque fini ! Ben oui je ne vais pas vous raconter la fin de cette intrigue plutôt retorse et sympathique.

En effet, c’est pour ça qu’elle arrive encore à plaire Patricia Cornwell, malgré toutes les faiblesses irritantes que je trouve à cette série : c’est qu’elle a une imagination assez redoutable pour élucubrer des personnages de méchant bien zinzins aux mobiles bien tordus et aux modes opératoires tout aussi déments et suffisamment fins pour faire durer l’enquête et mobiliser autant de serviteurs de la Vérité et de la Justice pendant plusieurs centaines de pages.

Hélas c’est tout ce qui rend ma critique déséquilibrée : j’ai pu passer beaucoup de temps à vous dire ce qui m’est devenu insupportable avec le temps avec cette série de romans (oui je vous entends de loin « Mais pourquoi qu’elle lit ça si elle aime pas !!! »), mais je ne peux pas vous dire précisément ce que j’ai bien aimé quand même, car le faire en étayant mon propos supposerait que je vous en dise trop sur une intrigue que je ne veux surtout pas déflorer.

Car oui, Scarpetta c’est mon plaisir littéraire coupable ! Je déteste plein de choses dans cette série (son manque terrible de réalisme, l’ego surdimensionné de l’auteur qui filtre à travers son personnage principal hyper idéalisé et quasi tout puissant… les longueurs introspectives interminables qui nuisent au rythme) mais on ne pourra pas lui enlever ça : Cornwell a un réel sens et un réel talent de l’intrigue.

 

Deadpool Assassin : Cullen Bunn et Mark Bagley

Titre : Deadpool Assassin

Scénariste : Cullen Bunn
Dessinateur : Mark Bagley

Édition : Panini Comics – 100% Marvel (07/04/2021)

Résumé :
Les aventures de Wade Wilson le conduisent à la Nouvelle-Orléans, où il se fait de nouveaux amis mais surtout de nouveaux, et puissants, ennemis ! La Guilde des Assassins en a après Deadpool, et ses pouvoirs de guérison vont être mis à rude épreuve !

Les albums consacrés à Deadpool rencontrent toujours un franc succès, a fortiori lorsqu’ils proposent des histoires complètes.

Et si on ajoute que cette nouvelle aventure est imaginée par Cullen Bunn, auteur de la Massacrologie, et Mark Bagley, le dessinateur d’Ultimate Spider-Man, on obtient un hit en puissance !

Critique :
Ce comics est excellent pour se vider l’esprit, pour passer une petite soirée tranquille, sans se prendre la tête.

Il est sans doute à réserver aux fans du mercenaire disert qui souhaiteraient lire un Deadpool plus canonique.

Rien à redire sur les dessins, ils sont bien exécutés, dynamiques, très agréables pour les yeux, bref, un régal.

Le dessinateur Mark Bagley a bien fait le job, nous offrant des dessins lisibles, avec moult détails, notamment dans les expressions faciales sous le masque de Deadpool.

Comme d’habitude, les blablas de Deadpool sont dans des phylactères de couleurs jaunes, ce qui permet de mieux les repérer et comme notre mercenaire est une vraie pipelette, le jaune est plus présent que les autres.

Dans ces deux épisodes, Wade Wilson, affrontera les assassin de la guilde du même nom, ce qui donnera de l’action, de la baston et des gros méchants pas beaux, des super vilains qui veulent tous faire la peau de notre ami.

Pourquoi ? Parce que notre mercenaire voudrait prendre sa retraite sur une île paradisiaque et pour se faire, il lui faut du fric. Avec son ami La Fouine, qui lui trouve des contrats, le voici en train de protéger un type que la guilde veut dézinguer.

On reste dans le classique : baston, humour, parlotte, action, sang, morts, membres découpés… Ça gicle un peu dans tous les sens, sans vous tacher les mains, mais je suppose qu’il faudra tenir l’album en dehors des yeux des enfants très jeunes.

Deadpool, on le sait, a des règles, une certaine éthique : il tue, d’accord, mais des salopards !

Sans révolutionner le genre, cet album est plaisant à lire, fait du bien au moral et offre un Deadpool comme je les aime : blagueur et bagarreur. Oui, il y a de la violence, c’est gore à certains moments, mais l’humour de Deadpool compense.

Nous sommes sur de l’histoire assez classique, mais le scénariste s’est réservé le droit de surprendre ses lecteurs (sauf si vous voyez venir les entourloupes) et j’ai apprécié cette surprise que moi, je n’avais pas vu venir.

Apparemment, ce sera une saga en 6 volumes, mais ce premier tome se suffit à lui-même et ne se termine pas sur un cliffhanger. L’avenir me dira si j’emprunte les albums suivants ou pas (j’ai tellement à lire encore).

Deadpool Assassin n’est pas un album indispensable, en effet, pourtant, il est très agréable à lire, mettant en scène un Deadpool plus canonique et est parfaitement accessible aux néophytes qui n’auraient que peu de connaissance sur le mercenaire en rouge et noir (♫ j’exilerai ma peur, J’irai plus haut que ces montagnes de douleur ♪).

Un comics que je suis contente d’avoir découvert.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°109] et Le Challenge Le tour du monde en 80 livres chez Bidb (Pays : États-Unis).

American Vampire – Tome 10 – Adieux : Scott Snyder et Rafael Albuquerque

Titre : American Vampire – Tome 10 – Adieux

Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Rafael Albuquerque

Édition : Urban Comics – Vertigo Classiques (19/11/2021)

Résumé :
À présent destitué de son immortalité, Skinner Sweet a choisi de suivre Pearl et les Vassaux de Vénus dans leur quête. Aidée du Conseil des Aînés, l’équipe sait maintenant quel sacrifice est requis pour empêcher la Bête et le Marchand Gris de conquérir le monde. Mais Pearl et ses alliés sont bien loin d’imaginer ce qui les attend, car face à de tels adversaires, traîtrises et rebondissements sont légion.

Critique :
Enfin le dernier tome, enfin l’affrontement final contre le Marchand Gris et la Bête, qui, à ce moment, n’a pas encore pris sa forme humaine, mais ça ne saurait tarder…

L’album commence en Alaska, avant de basculer dans le temps avec des minis-récits comportant des histoires de vampires ou autres créatures.

Ils étaient intéressants, mais j’aurais préféré passer directement au plat principal au lieu de me farcir les zakouskis de l’American Vampire Anthologie aux dessins pas toujours du même niveau que ceux exécutés par Albuquerque.

Anybref, le final, au moins, n’était pas bâclé du tout ! L’affrontement a eu lieu, je ne vous dirai pas qui a gagné, juste qu’il était magnifique et rempli de suspense.

Déjà qu’après les petits récits d’anthologie, les auteurs nous avaient concocté une surprise de taille qui m’a fait ouvrir grand ma bouche : je ne l’avais pas vue venir, celle-là ! Il faut toujours rabattre les cartes à un moment donné.

Dans l’ultime combat final, ce n’est pas vraiment un combat entre le Bien et le Mal, puisque nos vampires et autres créatures ne sont pas du côté des gentils, malgré tout, il est préférable de devoir vivre avec eux qu’avec la Bête et le Marchand Gris.

Un dernier tome qui ne manque pas d’action dans son final, de rebondissements, de retournements de situations, d’union qui fera la force, de folie, de sang et des aveux de ce cher Skinner Sweet.

Un excellent album qui termine une très belle série que j’ai pris plaisir à découvrir, à lire et que je relirai toujours avec la même passion.

Une série qui a revisité intelligemment les mythes vampiriques, sans les édulcorer, mais en changeant quelques petites choses, sans pour autant dénaturer la créature fantastique qui suce le sang (non, pas les tiques, les vampires on vous a dit).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°104].

American Vampire – Tome 09 – Le grand mensonge : Scott Snyder et Rafael Albuquerque

Titre : American Vampire – Tome 09 – Le grand mensonge

Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Rafael Albuquerque

Édition : Urban Comics – Vertigo Classiques (27/08/2021)

Résumé :
1976, l’Amérique est ruinée. Au bord de la rupture, les citoyens n’ont plus confiance en leur gouvernement.

Et tandis que les États-Unis s’apprêtent à célébrer leur bicentenaire dans un climat pesant, le Marchand Gris met en place les derniers éléments qui lui permettront, ainsi qu’à son espèce, d’étendre leur domination sur la Terre.

Le souverain vampire trouvera néanmoins sur sa route Pearl Jones et Skinner Sweet, en lutte contre sa toute nouvelle condition.

Critique :
Il m’aura fallu attendre 3 ans avant de lire les deux derniers tomes de la saga American Vampire. Ceux qui l’avaient lu avant moi ont dû poireauter 5 ans. Cela valait-il la peine ? Oui !

Au moins, je ne pourrais pas dire que les auteurs ont bâclé leur final, l’ont expédié trop vite ou, au contraire, l’ont fait durer trop longtemps : à mon sens, on était dans le juste équilibre.

Les dessins de Rafael Albuquerque étaient toujours aussi agréables pour les yeux et les couleurs les mettaient bien en valeur.

Le scénario a poursuivi sa route sur les rails déjà bien tracés : qualité et revisite intelligente du mythe des vampires.

Chez Snyder et Albuquerque, les vampires ne sentent pas l’essence de sapin, ne sont pas des fleurs bleues, mais de vrais vampires suceurs de sang. La particularité des vampires américains est de pouvoir résister au soleil, ce qui les rend plus résistant que la souche carpatique.

Cette série, dès son premier tome, m’avait mordue jusqu’aux sangs, planté un pieu dans le coeur et j’avais avalé les 8 tomes parus à la vitesse d’un vampire assoiffé qui tombe sur une oasis peuplée de bétail à deux pattes.

Cet avant-dernier tome n’est pas avare d’action, d’aventures, de suspense, de mystère et de créatures fantastiques de tout poils. Nos American Vampire doivent contrer le Marchand Gris et La Bête, s’ils ne veulent pas mourir ou être asservis comme les Humains sur la Terre.

L’union faisant la force, on va voir des personnages opposés qui vont devoir s’unir pour le meilleur et pour le pire, ou pour que le pire n’arrive pas.

Le récit reste ancré sur l’Histoire des États-Unis et ses faits les plus marquants, ce qui lui donne un côté réaliste.

Heureusement que je possède le dernier tome et qu’il ne me faudra pas attendre pour découvrir la fin de cette saga vampirique.

PS : la chronique du tome 10 est programmée pour 14h !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°103].

Inestimable : Zygmunt Miłoszewski

Titre : Inestimable

Auteur : Zygmunt Miłoszewski
Édition : Fleuve (14/10/2021)
Édition Originale : Kwestia ceny
Traduction : Kamil Barbarski

Résumé :
À Varsovie, le couple Zofia et Karol doit faire face à un quotidien compliqué. Zofia a été licenciée du musée national pour raisons politiques et Karol est atteint d’une maladie neurodégénérative qui efface ses souvenirs rattachés aux émotions fortes.

Lorsque Zofia est contactée par une ancienne connaissance, Bogdan Smuga, pour retrouver la collection perdue des artefacts Aïnou, apportés en Europe il y a cent ans depuis l’île de Sakhaline par un ethnologue de renom, elle ne peut refuser.

Alors que Karol est placé dans une clinique spécialisée dans les Pyrénées françaises pour traiter sa maladie, Zofia, accompagnée de Bogdan, se lance dans sa nouvelle mission qui l’amène notamment à Saint-Pétersbourg et Paris, et plus particulièrement au musée national d’Histoire naturelle.

Mais nombreux sont ceux qui, comme eux, veulent mettre la main sur l’un des artefacts d’une valeur inestimable, une sculpture représentant un ours…

En plein milieu d’une lutte acharnée entre un groupe pharmaceutique et un ensemble de scientifiques indépendants, commence alors une course contre la montre, qui risque fort de pousser Zofia et Bodgan au bout de leurs limites…

Critique :
Après avoir lu et apprécié 4 romans de Zygmunt Miłoszewski, je m’apprêtais à en ajouter un cinquième au rayon des coups de coeur et malheureusement, il n’y entrera pas.

Non pas qu’il soit mauvais, mal écrit, chiant à lire ou tout autre chose qui font que l’on n’apprécie pas une lecture.

Le problème est que je n’ai pas réussi à accrocher aux personnages, alors que j’en connaissais déjà deux : Zofia Lorentz et Karol Boznanski, découvert dans « Inavouable« .

Cela faisait 4 ans que nous avions eu notre aventure ensemble, ils ne pouvaient pas avoir changé à ce point, tout de même ? Ben si, apparemment. Karol perd la mémoire et Zofia est froide, trop froide à mon goût. Je n’ai pas ressenti le plaisir de crapahuter aux côtés de Zofia comme dans le premier roman.

Le début du roman est assez lent, pourtant, il ne manquait pas de sujets intéressants, comme ces zinzins de la cancel culture qui voient midi à toutes les portes et en profitent pour faire interdire tout et n’importe quoi, sur les peuples qui vivent différemment de nous, ainsi que d’autres sujets que je vous laisserai découvrir par vous-mêmes.

Les affres de la maladie de Karol sont aussi bien présents, l’auteur insistant bien que le fait que ces pertes de mémoires impactent plus les autres que la personne qui en souffre.

Ce thriller, moins punchy que le premier, va nous faire voyager un peu partout, nous faisant passer de la Pologne à l’île de Sakhaline, puis à Paris (où l’on ne bouffe que des croissants et où l’on boit des cafés crème), dans les Pyrénées et naviguer sur des mers avant de rallier l’Afrique. Le tout sans être obligé de faire des tests ou de remplir des PLF. Dépaysement garantit.

Comme quoi, malgré mes bémols, tout n’est pas négatif. L’auteur égratigne un peu tout le monde, la Pologne y comprise. Tout le monde en prend pour son grade, les petits travers étant mis en évidence, le tout sans que cela ne vire à l’humour gras ou bête.

Le point le plus positif du livre, c’est que l’auteur nous réserve des petits surprises et que ce roman n’est pas juste qu’un thriller lambda bourré d’adrénaline et de courses-poursuites. Non, il va plus loin…

De nombreuses thématiques se trouvent en filigrane et l’auteur mélange habillement la réalité, la fiction, la science, la philosophie, la folie de certains, les mensonges, une chasse au trésor, l’Histoire, l’art, le capitalisme, le libéralisme, les désastres écologiques… Le tout servi par des personnages secondaires dont on ne sait pas vraiment de quel côté ils penchent.

C’est ce qui fait la force de ce roman : pas de manichéisme, des personnages secondaires travaillés, avec de la présence et certains étaient même truculents (le navigateur solitaire).

Par contre, notre Zofia pourrait presque remplacer notre bon vieux James Bond tant elle va devoir accomplir des péripéties un peu folles, à la limite du surréalisme, notamment dans la flotte. De plus, le passage était long et j’ai sauté des pages, tellement cela devenait ennuyeux, sa baignade en mer.

Anybref, j’ai eu du bon et du moins bon dans ce thriller que j’ai tout de même trouvé moins punchy que le précédent (Inavouable). J’ai mis près de 6 jours à le lire, et non à cause d’un travail harassant, je suis en congé. Zofia ne me revenait pas, je n’ai pas retrouvé le même plaisir d’enquêter et de courir à ses côtés, certains passages du roman, assez long, m’ont aussi un peu endormi.

Ces petits bémols mis à part, le reste est de très bonne facture, l’auteur ne sombrant jamais dans le manichéisme, la facilité ou le thriller pur et dur puisqu’il fait intervenir bien des sujets de société et qu’il arrive à tisser un fil rouge entre eux.

Pas un coup de coeur espéré, mais une chouette lecture tout de même.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°106] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°102].

L’enclave : Nicolas Druart

Titre : L’enclave

Auteur : Nicolas Druart
Édition : HarperCollins Noir (07/04/2021)

Résumé :
Sur l’Enclave, tout a été dit : qu’elle serait une zone blanche perdue dans la vallée du Lot, qu’on y vivrait en parfaite autonomie, qu’une créature y régnerait sans partage… Tout a été dit, mais on préfère se taire.

C’est ce à quoi le jeune adjudant-chef Stanislas Sullivan est confronté. À l’inverse de ses collègues de la gendarmerie de Buzac, il n’est pas un enfant du pays.

Aussi, quand une de ses affaires, tombée au cœur de l’été, se révèle être un cas de disparitions de pèlerins reliées à l’Enclave, il va devoir ignorer les mises en garde et faire quelques entorses à la procédure.

Ignorer les mises en garde, c’est aussi l’option prise par Vanessa, aide médico-psychologique, et Simon, infirmier, venus passer un week-end dans l’Aveyron. Pour ce tandem qui accompagne quatre adolescents aux pathologies variées, c’est une première.

Une première aussi, cette sensation de liberté quand ils naviguent sur le Lot. Oubliant pour un temps, et à tort, les chimères menaçantes des locaux…

Que cache l’Enclave ? Un monstre digne de légendes ancestrales ou une vérité macabre ? Que trouvera Vanessa en allant chercher de l’aide, une fois l’accident survenu ? Et sur quel obscur passé Stan mettra-t-il la main ?

Critique :
L’Aveyron, ça sent bon le soleil, les vacances, la farniente, les descentes en kayak, le GR de Compostelle, bref, la dolce vita !

Ben non, loupé ! Oubliez la dolce vita et foutez le camp fissa avant que le Nazgoulag ne vous attrape et que vous ne disparaissiez corps et âme.

Si ce thriller est addictif, il ne manque pourtant pas de défauts qui seront équilibrés par des qualités, notamment dans le final coup de pied au cul (même si on me l’avait déjà fait, ce coup-là).

L’écriture de l’auteur est fort visuelle, de ce côté-là, faut pas avoir peur, si votre imagination suit bien les indications de la plume, vous flipperez un bon coup et vous vous poserez bien des questions sur ce qui se passe dans l’Enclave et comment est-ce possible qu’une telle chose soit permise en France.

Une zone de non-droit dans la campagne aveyronnaise ! Pas dans le 9-3, pas en Amérique du Sud chez les narcotrafiquants, en Afghanistan ou ailleurs. Non, non, dans un petit village bucolique où les touristes se baladent.

Et les habitants des villages voisins, ils en disent quoi ? Rien, ils regardent ailleurs, comme les Humains ont toujours fait à travers l’Histoire et comme nous faisons toujours. Tant que ça ne nous touche pas, hein, on continue de regarder ses godasses.

Des disparitions ont eu lieu à proximité et personne ne dit rien, omerta totale, comme si la mafia tenait tout le monde et arrosait les flics, juges, magistrats (Al Capone, on sait que tu es là). On n’emmerde pas les gens de l’Enclave, point à la ligne. D’ailleurs, comme pour Voldemort, on ne parle pas de l’Enclave !

Comme la carte satellite de l’Enclave est floutée, cela m’a fait penser à un terrain militaire ou à la zone 51 (Fox Mulder est demandé). Le gendarme Sullivan, qui voudrait aller enquêter dans ce petit monde fermé, se fait mettre des bâtons dans les roues par tout le monde, surtout par le maire. C’est louche et ça pue !

Deux récits s’entrecroisent : ceux des moniteurs avec leur groupe jeunes trisomiques qui va rencontrer des emmerdes grosses comme des immeubles et le gendarme Sullivan qui, nouvel arrivant au bled, voudrait savoir ce que l’on traficote dans cette putain d’enclave qui sent plus que le souffre.

Les personnages ne m’ont pas fait vibrer et si l’utilisation de jeunes gens trisomiques (ou à autres problèmes) était originale, ensuite, on les perdra de vue… On en retrouvera quelques uns plus tard, ils auront leur place dans le récit, mais j’aurais aimé les suivre plus longtemps car ils étaient touchants, eux.

Peu de nuances par contre pour les méchants ! Purée, je n’ai jamais vu une telle concentration de psychopathes au km² dans un thriller, moi ! Violeurs, assassins, pédophile, amateur de tortures, bref, toutes les horreurs concentrées dans les mains de quelques uns, dont un dictateur tyrannique de la pire espèce, avec une carrure de gorille, l’esprit d’un petit pois. L’hypocrisie lui sortait par les trous de nez et les excuses à la con aussi.

Et nom de Zeus, pas besoin de savoir que l’autre dictateur a une bite comme sa carrure juste avant la scène de viol ! Par pitié ! Pas besoin non plus de donner des détails de torture d’une prisonnière qui subit des viols à répétition. De grâce ! Jai déconnecté mon cerveau car les détails étaient trop explicites à mon goût. Trop de gore tue, surtout lorsqu’il est gratuit et ne sert à rien, si ce n’est à dégoutter les lecteurs.

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce thriller, ce sont les mystères qui planent sur l’enclave, ces horreurs qui semblent y être rattachées, ces légendes qui tournent autour de ce lieu mystérieux où personne n’entre, mais qui livre tous les villages alentours avec des bons produits du terroir.

Et puis, le final est génial, il m’a scotché au divan, m’a mise sur le cul, bien qu’on m’ai déjà fait ce coup de Jarnac dans un autre roman. J’aurais pu le voir si mes yeux n’avaient pas été fermés, concentrés sur autre chose.  Les indices étaient aussi tournés de manière à ce que ça ne saute pas aux yeux du lecteur et je suis contente de m’être laissée avoir.

Bon, pour profiter pleinement du final, j’ai dû faire l’impasse sur des points de détails un peu gros, notamment le silence des familles des disparus, les réactions de nos jeunes handicapés et le côté too much d’un truc que je ne peux pas dire ici sous peine de spolier. Ce sera à vous de voir si vous lisez ce thriller…

Ce thriller a aussi un petit côté Série B parfaitement assumé, ce qui a donné lieu à des petits traits humoristiques avec les pensées d’une prisonnière évadée, dans des moments de chasse à l’Homme. Non, je n’ai pas ri.

Ce thriller est addictif, remplis de mystères qui s’expliqueront tous à la fin, sans faire appel au fantastique. Dommage que l’auteur ait forcé tous les traits, donnant un caractère peu réaliste à son roman.

La surenchère est un trait de l’Homme, il adore faire peur et se faire peur, je le reconnais volontiers. Pourtant, j’aurais aimé que l’auteur en mette un chouia moins dans son récit, qu’il tienne un peu la bride à l’imagination de ses personnages et qu’il garde la pédale douce sur les scènes de tortures dont les détails n’apportent rien au récit.

Avec ce thriller, j’ai eu des hauts et des bas et sans le twist final déjà vu, il aurait terminé avec une mauvaise note. Avec ce truc (que je ne dévoilerai pas sauf si on me paie très cher), cela donne un autre éclairage sur le récit et redresse la barre, évitant de ce fait de se prendre la montagne dans la gueule.

À vous de voir ce que vous en penserez, sinon, sur Babelio, il y a des tas de critiques plus élogieuses que la mienne qui est, comme on dit chez moi « half en half » (moitié moitié).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°103].

Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 01 – L’Affaire des disparus des Kensington Gardens : Michel Bourdoncle

Titre : Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 01 – L’Affaire des disparus des Kensington Gardens

Auteur : Michel Bourdoncle
Édition : Librinova (09/07/2021)

Résumé :
Londres – 1895

Un an après sa miraculeuse réapparition du royaume des morts, Sherlock Holmes, escorté du docteur Watson, est appelé pour résoudre une étrange affaire de disparition dans le milieu de l’athlétisme britannique.

L’enquête, pleine de rebondissements, va les mener des terrains d’entraînement des Kensington Gardens au plus profond des sordides quartiers des docks de la Tamise où règne la loi de sinistres tueurs.

Ils croiseront au cours de cette affaire quelques-uns des plus grands athlètes britanniques, des célébrités du monde littéraire et certaines des plus jolies femmes de Londres.

Quant à la charmante, mais très énigmatique madame Hudson, toujours intime de Sherlock Holmes, celle-ci pourrait se révéler n’être pas seulement la vieille logeuse écossaise du 221B de Baker Street.

Critique :
Lorsque j’avais découvert ce roman au titre si évocateur des Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes, mes yeux avaient pétillés directement et mon petit cœur en avait frétillé de joie : Sherlock et Irene… Chabadabada ♫

Première grosse déception : le titre est foutrement mensonger ! On aurait dû le nommer « Les enquêtes de Sherlock Holmes et la toute petite intervention de Irene Adler », façon Ma Dalton…

Non, Irene Adler n’enquêtera pas vraiment aux côtés de Holmes, le docteur Watson aura un plus grand rôle dans le récit que la célèbre contralto qui, bien qu’étant présente dans le salon du 221b, n’interviendra que peu dans les enquêtes de Holmes.

Contralto qui tout d’un coup passera au registre du soprano… C’est Véronic Voices à elle toute seule…

Puisque j’ai commencé à vider mon sac, je vais continuer : le récit est truffé de répétitions, comme si les lecteurs étaient des imbéciles ou de pauvres personnes souffrant d’Alzheimer ! Purée, nous ne sommes pas des crétins au point d’oublier ce que l’auteur nous a dit deux chapitres auparavant !

Sauf si, les autres lecteurs, s’ennuyant comme des rats morts dans cette histoire, mettent deux mois à lire deux chapitres, ce qui expliquerait qu’on leur répète à tout bout de champ comment Irene et Holmes se sont revus, ce qu’il leur est arrivé durant le grand Hiatus, pour qui elle bossait et quels pays faisaient partie de la Triple-Alliance !

Si vous ne saviez pas qu’Irene Adler est une belle femme, apprêtez-vous à l’apprendre et à en bouffer à toutes les sauces. Pardon, à tous les synonymes. Tous les hommes ont fait le loup de Tex Avery face à sa flamboyance beauté et blablabla. Et comme l’auteur a peur que vous n’ayez pas bien capté combien elle est belle… Matraquage !

Idem avec son C.V et à ce qui lui est arrivée, à elle et à Holmes, durant les 3 années de la cavale de Holmes. Au cas où nous n’aurions pas compris la première fois, sans doute.

Pareil avec les menus servis au 221b par les cuisinières d’une grande cheffe : madame Hudson a veillé à ce qu’ils soient diététiques pour ne pas que ses locataires deviennent des poussas. Pas besoin de me le redire à chaque repas pris, j’avais compris dès le départ.

L’utilisation du « N’est-il pas ? » à la fin de nombreuses phrases m’ont aussi passablement énervé et tombaient même comme un cheveu dans la soupe, rendant la question bancale alors qu’un « n’est-ce pas , » eut mieux convenu. Je vous passerai l’horripilant « Hôôôôôlmes » lorsque Watson n’est pas content… Lui toujours crier ainsi.

Ces redondances plombent énormément tout le récit, le rendant lourd, lent, vaseux (je matraque aussi, des fois où vous n’auriez pas compris).

Ajoutons à cela que le docteur Watson est un crétin de la pire espèce ou alors, il souffre de myopie aiguë (limite de cataracte). Qu’il ne reconnaisse pas Holmes déguisé en pasteur, ramoneur ou autre, je comprends, il ne s’attend pas à le voir sous ce déguisement.

Là où ça ne passe plus, c’est lorsqu’une personne se déguise en une autre, bien connue du docteur et que ce dernier ne se rende pas compte de la supercherie, alors qu’il est impossible de se grimer au point de pouvoir donne le change à une personne qui vous a connue.

Certes, il est resté quelques années sans voir cette personne, mais ceci n’explique pas sa cécité face à ce subterfuge qui est impossible à réaliser  autrement qu’avec la technique du cinéma comme la Motion Capture. Même les plus grands imitateurs du monde n’arriveraient pas à donner le change autrement que de loin et sans qu’on y regarde de trop près.

De plus, soit Watson la trouve rajeunie de dix ans, s’émerveille que cette personne ait changé de caractère par rapport à avant et la phrase suivante, il pense qu’elle est sénile parce qu’elle a prononcé une phrase qu’il n’a pas comprise (mais que le lecteur, lui, a compris, puisqu’il a connaissance de la supercherie). Faudrait savoir.

Bref, le Watson de ce pastiche est horripilant en tant que personnage et en tant que narrateur, profitant de chaque occasion pour nous parler des dames qu’il a ou qu’il voudrait culbuter (pas en ces termes, mais c’est équivoque), de sa sagacité merveilleuse, de son sens de la déduction, de sa clairvoyance, alors qu’il n’a rien vu et que c’était sous son nez… Au lieu d’être drôle, c’est pitoyable.

Si le Holmes est plus au moins conforme à l’original (hormis pour certains points de détails qui ne m’ont pas trop gênée), ma préférence ira au Watson de Conan Doyle qui, sans être d’une fulgurance rare, était touchant dans son envie de bien faire ou de résoudre les enquêtes. Il était bien plus proche des lecteurs que ne l’est celui de ce pastiche.

Autre soucis, il ne s’y passe pas grand-chose dans ce roman qui fait tout de même presque 400 pages. La première disparition arrivant vers la moitié du récit et la seconde vers les trois quart…

J’avais atteint péniblement la moitié du roman (200 pages) que j’avais l’impression d’en avoir lu 400 tant je faisais du sur place ! Qu’il me faille 4 jours pour lire 400 pages et que je préfère regarder un ancien épisode d’Hercule Poirot dont je me souviens encore, c’est que le récit ne m’emballe pas.

Au rayon des bonnes choses (soyons positives), c’est que le contexte historique est très bien rendu. Moi qui reprocherai toujours à Doyle de ne pas avoir mis assez de morceaux d’époque victorienne dans ses récits, ici, j’ai été servie.

Il en est de même pour les atmosphères bien particulières des bas-fonds londoniens, de la misère, des écarts de salaire, les conditions de travail, le cross-country et des gangs de la capitale Anglaise.

Oui, c’est appréciable le fait que le côté historique soit présent, mais c’est peu, comparé à tout ce que j’ai dû ingurgiter comme redondances dans ce récit, comme si je lisais un feuilleton publié toutes les semaines et qu’il faille remettre en mémoire des lecteurs tout ce qui a été dit précédemment… Et faire de ce fait plus de pages.

L’auteur m’a donné l’impression d’applique à la lettre une des règles utilisée avec les chevaux (elle marche aussi avec les hommes) : répéter beaucoup ! Oubliant auparavant le « demander peu » et tout à la fin de « récompenser beaucoup »… Ici, je n’ai pas été récompensée du tout.

De plus, l’intrigue est faiblarde, molle du genou et ne cassera pas trois pattes à un coureur de cross-country ! Je matraque toujours, comme pour les pubs ou les élections.

Ma déception est grande et à la hauteur de mes attentes lorsque j’avais découvert ce pastiche holmésien qui me promettait, rien que par son titre, des moments d’émerveillements.

Mes yeux ont plus pleuré que pétillé et mon cœur n’a jamais battu plus vite durant ma lecture, même durant les moments d’intimité entre Holmes et Irene. Un comble !

La faute au texte insipide, à ce que l’auteur a choisi de nous raconter, laissant certaines explications dans le flou littéraire notamment comment Irene, en sauvant Holmes durant sa cavale, a fichu en l’air sa couverture et à été, de ce fait, découverte ?? Elle ne pouvait pas liquider les tueurs et s’en aller ? Comment les autres ont-ils fait pour additionner deux et deux et comprendre que Irene était le 007 que tout le monde cherchait ?? Mystère et boule de gomme.

Anybref, si les atmosphères londoniennes de ce roman sont bien rendues, tout le reste est insipide, les répétitions trop nombreuses, Watson passe pour un « crétinus débilus » de la pire espèce (ça ne lui rend pas justice), Irene est plus qu’en arrière-plan et n’enquête pas vraiment, même si elle participe aux réunions. Le titre est mensonger et survendeur !

Dame Ida avait lu le deuxième tome, j’ai lu le premier, mais croyez-moi, je laisserai tomber le suivant, même si je l’ai déjà acheté, pensant me faire une overdose de plaisir holmésien : ça a fait plus que pchiiiiiitttttttt……

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°98],Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°78].

Les enquêtes de Miss Merkel – 01 – Meurtre d’un baron allemand : David Safier

Titre : Les enquêtes de Miss Merkel – 01 – Meurtre d’un baron allemand

Auteur : David Safier
Édition : City (27/10/2021)
Édition Originale : Miss Merkel, Mord in der Uckermarck (2021)
Traduction : Jocelyne Barsse

Résumé :
Angela Merkel vient de prendre sa retraite. Avec son mari et son chien baptisé Poutine, elle a déménagé dans une région rurale d’Allemagne où l’on ne trouve que de grandes forêts et des lacs. Elle passe ses journées à faire des balades dans la nature et à faire de la pâtisserie…

Tout cela est d’un ennui absolument mortel ! Jusqu’au jour où son voisin, le baron Von Baugenwitz est retrouvé mort empoisonné et étouffé, vêtu d’une armure de chevalier, enfermé dans un donjon de son château. Enfin un problème à résoudre pour Angela !

Avec l’aide de son mari, de Poutine et surtout de Mike, son jeune et séduisant jeune garde du corps, elle se lance tête baissée dans l’enquête. Et ce ne sont pas les suspects qui manquent, car le baron assassiné collectionnait les femmes comme des trophées, au risque d’attiser les jalousies dans le voisinage.

Miss Merkel, reconvertie en détective amateur et digne héritière de Miss Marple, ne laissera rien passer. A moins que le tueur se charge d’elle avant qu’elle ait réussi à découvrir la vérité…

Critique :
Angela Merkel a pris sa pension, s’est retirée de la politique et maintenant, lorsque Poutine fait des siennes, cela veut juste dire qu’il a chié là où il ne fallait pas et qu’il faut nettoyer derrière lui… Rien n’a changé ? Si, si !

Le Poutine en question n’est pas le fameux Vladimir, mais le chien d’Angela, qui, comme son homonyme, laisse beaucoup de merde sur les tapis. Mais est moins dangereux que l’autre…

Après deux lectures émotionnelles fortes (Mon cheval de bataille / Sauver Mina), j’avais besoin de légèreté, de douceur, d’humour et surtout, de ne pas me prendre la tête.

Ce roman me semblait parfait pour remplir ses objectifs et il l’a fait, sauf pour un point : je me suis cassée la tête pour tenter de trouver l’identité du coupable et je n’ai pas réussi !

Tant mieux, cela veut donc dire que l’auteur a réussi à faire un cosy mystery léger, humoristique, sans pour autant sacrifier l’énigme sur l’autel de la facilité.

Je reproche souvent à certains cosy mystery de ne pas soigner les personnages et de nous pondre des stéréotypes facile ou de sombrer dans le manichéisme. L’auteur n’est pas tombé dans ce piège facile des Méchants et des Gentils.

Les habitants du village ont leur caractère et si la marchande de fruits est en rogne sur Angela, cela ne deviendra jamais une guerre sous la ceinture comme dans d’autres cosy où cela tourne souvent à l’exagération.

Pas besoin d’être fan de politique pour apprécier ce cosy, même pas besoin d’être d’accord avec la politique de l’ancienne chancelière d’Allemagne pour l’adorer dans un rôle d’enquêtrice en herbe.

Angela Merkel est ce qu’elle est, elle a marqué son époque en accédant au pouvoir alors qu’elle venait de la RDA… Certaines de ses décisions furent bonnes, d’autres très dures, certaines utopiques, mais laissons-ça de côté. Ici, on sent bien que l’auteur a de la tendresse pour son personnage, pour son époux que nous ne connaissons pas et le récit est parsemé d’humour qui fait du bien.

Vous n’échapperez pas à quelques anecdotes sur la vie politique d’Angela, à ses réminiscences sur les bisous baveux d’un italien que je ne nommerai pas, d’escargots servis chez un président normal ou de ses souvenirs sur sa vie en ex-RDA. Cela ajoute des petits plus à ce récit qui, sans eux, aurait pu concerner n’importe qu’elle femme enquêtant dans un petit village allemand.

Anybref, sans en donner l’impression, ce petit cosy mystery ne manque pas de profondeur sous ses airs de ne pas y toucher et sa résolution ne sera pas si facile que ça, n’en déplaise à Miss Merkel qui adore se prendre pour Sherlock Holmes, Hercule Poirot ou miss Marple, même si ce n’est pas aussi facile qu’elle le pensait.

Un cosy mystery distrayant, avec de l’humour, de la géopolitique (pas de trop), du mystère, une pléthore de suspects, des tas de théories et un duo d’enquêteurs qui sort de l’ordinaire : Angela Merkel et son mari Achim qui m’a fait penser à un membre de ma famille qui, comme lui, ouvre la bouche lorsqu’il faut se taire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°97].

Les Détectives du Yorkshire – 06 – Rendez-vous avec la ruse : Julia Chapman [LC avec Bianca]

Titre : Les Détectives du Yorkshire – 06 – Rendez-vous avec la ruse

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont – La bête noire (22/10/2020)
Édition Originale : Date with Deceit (2021)
Traduction : Dominique Haas & Stéphanie Leigniel

Résumé :
La mort aime tromper son monde.
Enquêter sur un adultère ? Ce n’est pas vraiment le rêve de Samson et Delilah, les détectives de l’Agence de Recherche des Vallons.

Seulement voilà, la demande vient de Nancy Taylor, une femme charmante à laquelle on ne peut rien refuser. L’infidèle, quant à lui, est le maire, mais aussi un respectable homme d’affaires et l’ex-beau-père de Delilah. Diable ! Le duo de détectives va devoir marcher sur des œufs…

Or Samson et Delilah découvrent qu’une affaire peut en cacher une autre.

Et que ruses, fourberies ou tromperies sont bien plus présentes à Bruncliffe qu’ils ne le croyaient.

Critique :
Ne comptez pas, avec ce sixième opus, rester le cul bien au chaud à vous bâfrer des délicieux mets de la Pâtisseries des Monts !

Sauf si vous appartenez au gang des p’tits vieux de Fellside Court… Et encore, vu les enjeux et le suspense, les dents de vos dentiers risquent de s’entrechoquer !

Avec Samson et Delilah, on commence toujours par des petites enquêtes qui semblent simples et non dangereuses. Puis on se rend ensuite compte qu’on vient de mettre les pieds dans un panier de crabes des plus dangereux.

Sur la couverture, les chasseurs ont l’air d’innocents chasseurs du coin, des types sympas qui ont envie de tirer sur des pigeons d’argile, mais croyez-moi, on n’a absolument pas envie de les croiser dans une ruelle sombre, ni même éclairée…

S’il faudra attendre un certain moment avant d’avoir un mort au dessert, n’allez pas croire que ce qui se déroulera avant sera une promenade de santé ou que le suspense ne sera pas au rendez-vous ! Tous les ingrédients sont réunis (et bien cuisinés) pour vous tenir en haleine durant tout le roman.

Le mort m’a réjoui, je sais, ce n’est pas bien, mais voilà, on apprécie plus certains personnages que d’autres et là, j’ai explosé de joie à la nouvelle de son meurtre. Par contre, impossible de trouver qui l’avait commis ! Les mobiles ne manquaient pas, mais le timing était plus que serré pour les possibles coupables.

Sans spolier quoi que ce soit, les mystères commencés dans le premier tome continue d’avancer vers la bonne direction : chaque tome apporte quelques réponses, chaque tome voit la nasse se rapprocher doucement de l’autre Méchant du récit et la question que l’on se pose, c’est : quand va-t-il tomber ?

Le final est rythmé, bourré de suspense et comme toujours, ce n’est pas parce que leurs enquêtes du roman sont terminées qu’on peut se la couler douce. Non, il arrive toujours une merde de dernière minute et là, l’autrice nous laisse sur un suspense diabolique.

Heureusement, le tome 7 est prévu pour le 25 novembre. Faudra juste pas le laisser traîner trop longtemps…

Cela fait plaisir d’avoir découvert cette série et d’en être au tome 6 sans avoir connu de déception avec les personnages, l’univers, les enquêtes… Ce sont des cosy mystery, certes, mais de très bonne qualité littéraire.

Une LC réussi avec Bianca !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°95], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°77] et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

Sherlock Holmes et le démon de Noël : James Lovegrove

Titre : Sherlock Holmes et le démon de Noël

Auteur : Sherlock Holmes et le démon de Noël
Édition : James Lovegrove
Édition Originale : Sherlock Holmes and the Christmas Demon (2019)
Traduction : Arnaud Demaegd

Résumé :
1890. Peu avant Noël, Sherlock Holmes et John Watson reçoivent à Baker Street la visite d’une nouvelle cliente. Eve Allerthorpe, fille aînée d’une dynastie prestigieuse, mais quelque peu excentrique du Yorkshire, se trouve dans une profonde détresse : elle se croit possédée par un démoniaque esprit de Noël.

Eve doit hériter d’une fortune à condition d’être saine d’esprit, mais il semble que quelque chose – ou quelqu’un – menace son équilibre mental.

Holmes et Watson partent enquêter au château de Fellscar, demeure familiale des Allerthorpe, mais s’aperçoivent vite que l’affaire est plus complexe qu’il y paraît.

Un autre esprit hante la famille ; et lorsque l’on découvre le cadavre d’un membre de la maisonnée, le duo comprend que nul n’est au-dessus de tout soupçon…

Critique :
Sûr et certain, le Père Noël est une ordure ! La preuve s’il en est : Sherlock Holmes est à sa poursuite ! Pas parce que le Père Nowel n’a rien mis dans ses petits souliers, mais parce que c’est un voleur !

Ce polar historique mettant en scène Holmes & Watson commençait déjà bien, avec une petite résolution d’enquête, à quelques jours de Noël.

Cette course poursuite pour attraper le voleur va apporter à Holmes une autre affaire qui semble sentir le fantastique, puisque une jeune se dit poursuivie par la malédiction du Thurrick Noir.

Si vous vous demandez ce que c’est que cette créature, je vous rassure de suite, rien à voir avec les bestioles de Lovecraft ! C’est juste le pendant du Zwart Piet chez les Hollandais ou du Père Fouettard chez les Belges et Français du Nord. C’est celui qui vient punir les enfants pas sages du tout.

Ce que j’ai apprécié, dans ce roman, c’est que pour une fois, on se retrouve avec un Holmes et un Watson sans créatures fantastiques. Oui, ça sent le fantastique, mais y croire ne le fait pas apparaître et Holmes est un esprit terre à terre.

L’enquête, sans être trop courte, évite l’écueil du trop long. C’est juste ce qu’il faut en nombre de pages pour garder du suspense, l’intérêt du lecteur et le récit évite de s’éterniser juste pour ajouter des pages. Le format des nouvelles convenant toujours mieux aux enquêtes de Holmes, si on fait trop long, généralement, on s’enlise et ça n’avance plus.

Les personnages, sans être canoniques à 100%, sont tout de même fort proches des originaux et l’auteur a bien mis en avant l’amitié qui unit Holmes et Watson. Les déductions du maître sont présentes, son caractère assez cynique aussi. Bref, c’est un véritable plaisir que de suivre le duo durant cette enquête, à quelques jours de Noël.

Le scénario est bien ficelé, l’enquête est bien menée et j’avoue n’avoir pas tout vu venir, comme quoi, le Maître dépassera toujours sa pauvre élève.

La plume est tout ce qu’il y a de plus correcte, agréable à suivre, avec des véritables passés simples et même quelques subjonctifs imparfaits ! Non, pas de bol, ce n’était pas les conjugaisons des verbes « savoir » et « recevoir »… Seuls les initiés comprendront et rigolerons un bon coup.

Anybref, c’est un excellent pastiche holmésien, qui relève le niveau de toutes les bouses que l’on a produit et que l’on produit encore. Sans être le policier de l’année, il tire bien son épingle du jeu, ou son fagot de bouleau (les enfants pas sages comprendront) pour rester dans le folklore du Thurrick.

À lire sans nécessairement écouter tomber la neige, impassible manège… Mais à lire bien au chaud sous un plaid, car dans le Yorkshire, ça caille !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°75] et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.