Le Gibier : Nicolas Lebel

Titre : Le Gibier

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Le Masque (10/03/2021)

Résumé :
La journée du commissaire Paul Starski commence assez mal : son épouse demande le divorce, son chien adoré est mourant et une prise d’otages l’attend dans un appartement parisien.

L’âme morose, il se rend sur place avec sa coéquipière, la glaciale et pragmatique Yvonne Chen, et découvre les corps d’un flic à la dérive et d’un homme d’affaires sud-africain.

Critique :
Quoi de plus naturel, après avoir lu « La chasse » que d’enchaîner sur « Le gibier » ? C’est dans l’ordre naturel des choses.

La chasse à courre m’a toujours fascinée… Non, pas dans le fait de traquer du gibier et de l’épuiser. Namého !

Juste dans le fait de galoper dans des bois, souvent privés, avec des chiens autour, au son des cors de chasse (mieux que les cors aux pieds).

Alors oui, le choix des titres de chapitres qui suivent le déroulement d’une chasse à courre, c’était bien vu de la part de l’auteur qui, dans ce roman, nous fait douter de qui est le gibier et qui est le chasseur.

J’avais été déçue que ce nouveau roman ne soit pas avec le capitaine Mehrlicht, j’étais même prête à arrêter de respirer tant qu’il n’entrait pas dans la danse, mais j’ai vite rangé mes envies de Kermit la grenouille, car cette enquête n’était absolument pas pour Mehrlicht !

Pas dans ses cordes, Mehrlicht n’avait pas le caractère adéquat, tandis que le commissaire Strarski, oui. Non, non, pas de Hutch avec lui, mais la lieutenante Yvonne Chen (on devrait coller des procès aux parents qui ont nommé cette asiatique Yvonne).

L’un est guidé par ses sentiments, l’autre est froide comme un iceberg et pragmatique au possible. Et oui, le duo marche très bien et joue avec l’humour dans leurs dialogues. C’est toujours ce que j’apprécie chez l’auteur : son humour. D’ailleurs, j’ai bien ri avec la scène à la fourrière.

Cette histoire comment comme un polar dans la plus pure tradition du style : un double suicide (ou meurtre ?) en chambre close. Puis, tout doucement, le train bifurque pour prendre une autre voie, entraînant son lecteur à sa suite avant de totalement révolutionner le tout en faisant exploser ses certitudes.

Ayant été à bonne école avec des auteurs qui révolutionnaient le polar en fuckant toutes les règles (Agatha Christie et Franck Thilliez, pour ne pas les citer), j’ai senti où se trouvait la couille dans le pâté et c’était bien vu de ma part.

Bon, ça m’a tué une partie du roman, de comprendre avant tout le monde, puisque j’ai échappé au coup de masse sur la tronche et que j’aurais aimé me le ramasser dans ma gueule de lectrice…

Dans les séries télés, j’accuse toujours tout le monde sans trouver le coupable et là, dans ce polar révolutionnaire de Lebel, j’ai été plus lucide qu’une voyante du même nom. C’est ballot, ça (long soupir).

Malgré ma perspicacité, c’était bien vu de la part de l’auteur de ne pas suivre les sentiers battus du polar et d’offrir à ses lecteurs une enquête bourrée de chausse-trappes, de fausses pistes, de coups de putes et de nous faire courir un peu partout dans la forêt afin de nous perdre avant l’hallali final et la fameuse curée.

C’était une bonne curée ♫ (mes excuses à Annie Cordy) ! Le récit était addictif et intelligent. Quant aux personnages, ils étaient parfaitement à leur place, réalistes et attachants.

Après cette lecture, j’avais une envie folle de manger du gibier (qui n’est pas ma tasse de thé). Ça tombait bien, il me restait, au congélo, des tournedos de chevreuil, en provenance d’une super boucherie où l’on peut acheter de la viande les yeux fermés et on les a mangés avec une petite sauce échalote/vin rouge de derrière les fagots, le tout arrosé de quelques verres d’un vin de Graves de 6 ans d’âge. Une tuerie, ce repas !

Nicolas Lebel, le seul auteur qui te donne envie d’aller chasser le gibier, à mains nues dans une forêt profonde, en hurlant « ADRIAAANNNNE », tel un Rambo déchaîné, le couteau entre les dents, mon colonel. Ou tout simplement d’écouter des cors de chasse, le soir, au fond des bois.

PS : avant de commencer ce roman, faites comme moi, ne lisez pas le 4ème de couverture sur les sites, il est bien trop bavard !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°09].

Les folles enquêtes de Magritte et Georgette – 01 – Nom d’une pipe ! : Nadine Monfils [LC avec Bianca]

Titre : Les folles enquêtes de Magritte et Georgette – 01 – Nom d’une pipe !

Auteur : Nadine Monfils
Édition : Robert Laffont La bête noire (06/05/2021)

Résumé :
C’était au temps où Bruxelles bruxellait…
À l’arrêt du tram, le célèbre peintre René Magritte, chapeau boule, costume sombre et pipe au bec, a une vision étrange : une jeune femme en robe fleurie, debout à côté de son corps ! Il en parle à Georgette, son épouse, et immortalise la scène dans un tableau.

Quelques jours plus tard, cette femme est retrouvée assassinée, avec une lettre d’amour parfumée dans son sac et un bouquet de lilas sous sa robe.

Critique :
« Ceci n’est pas une pipe », comme le disait si bien le président Bill Clinton à la commission d’enquête. Normal, c’était une fellation…

Pour Magritte, son célèbre tableau n’est en effet pas une pipe, mais la représentation d’une pipe puisqu’on ne sait pas la fumer…

Magritte comme je ne l’avais jamais vu ! N’étant pas fan de ses peintures (mais ne lui dites rien, hein !),  je ne me suis jamais attachée à en savoir plus sur l’homme. Le suivre dans une enquête était une expérience formidable car le ton du roman est décalé, déjanté, bourré d’humour et de bons mots qui sentent bon Bruxelles (on prononce Brusselles et surtout pas en accentuant le X).

Évidemment, moi, j’étais en terrain conquis, là où Bianca découvrait ma ville, son patois, ses bons mots, ses petites ruelles des Marolles… J’étais comme un poisson dans l’eau et pour lui éviter de buter sur des mots dont nous sommes les seuls à utiliser, je lui ai envoyé la traduction.

Rassurez-vous, ils sont facilement trouvable en demandant à Google, n’empêche pas la lecture ou la compréhension, que du contraire. En plus, cela donne au récit un goût d’authenticité unique en son genre. Vous serez à Bruxelles ! Mon seul bémol est que l’on ne sent plus l’odeur du chocolat s’échappant des usines Côte d’Or, mais ceci n’est pas la faute de Nadine Monfils.

Après la lecture hautement addictive et « cardiaquement » dangereuse de « 1991 », lire les folles enquêtes de Magritte et de son épouse ont été une bouffée d’air frais, un moment de bonheur intense, comme lorsque l’on déguste une praline en chocolat que l’on ne connaissait pas et qui tapisse votre palais de multiples saveurs toutes plus exquises les unes que les autres.

L’inconvénient, c’est qu’après avoir lu un Thilliez, j’ai suspecté tout le monde dans le roman de Nadine Monfils, en ce compris le chien de Magritte, un loulou de Poméranie…

La bête n’était pas coupable (sauf de gourmandise et de pisser sur le divan) et une fois remise sur les rails, je n’ai pas tardé à comprendre qui était coupable… Tout en me fourvoyant dans la chronologie des faits, mais ça, le dites à personne, hein.

Pour ma défense, j’avais tout de suite pensé à Qui-Vous-Savez alors qu’il a fallu l’hôtel Métropole à Magritte pour que son franc tombe… Hôtel Métropole qui n’existe plus, qui nous a quitté, faillite à cause du piétonnier et de la covid. C’était un lieu magnifique.

Dévoré en une seule journée, ce roman policier m’a mis le cœur en mode joyeux. J’ai bu des bières et causé avec Jacques Brel, tout en suivant les personnages hauts en couleurs, mis en scène par Nadine Monfils (mention spéciale à la femme de ménage).

On ne révolutionnera pas le polar avec l’intrigue, mais le récit apporte de la lumière et de la chaleur, du plaisir et des bons mots et, ma foi, c’est déjà beaucoup. Et puis, merde, c’était Bruxelles qui Bruxellait, les trams qui faisaient « ding », sans oublier le fameux tram 33 et les frites de chez Eugène, nom d’une pipe !

Je remercie ma copinaute Bianca de m’avoir proposé cette LC qui est plus que réussie. Sans elle, je pense que je n’aurais pas ajouté ce roman à ma gigantesque PAL, ce qui aurait été une erreur énorme car il se lit vite et il est tout simplement génial.

PS : encore une auteure qui est au courant, avant moi, de mes lectures en cours durant ma lecture de son roman…

Dans son récit, Nadine Monfils parce de Baudelaire (décidemment – cfr 1991 !) et du malaise qu’il fit sur les marches de la cathédrale Saint-Loup, à Namur, cathédrale que je connais bien pour être passée devant des milliers de fois. D’ailleurs, sur la place Saint-Aubin, il y a une magnifique taverne… Le café y était délicieux et l’on y mangeait bien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°02].

1991 : Franck Thilliez

Titre : 1991

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Fleuve Noir (06/05/2021)

Résumé :
La première enquête de Franck Sharko !

En décembre 1991, quand Franck Sharko, tout juste sorti de l’école des inspecteurs, débarque au 36 quai des Orfèvres, on le conduit aux archives où il est chargé de reprendre l’affaire des Disparues du Sud parisien.

L’état des lieux est simple : entre 1986 et 1989, trois femmes ont été enlevées, puis retrouvées dans des champs, violées et frappées de multiples coups de couteau.

Depuis, malgré des centaines de convocations, de nuits blanches, de procès-verbaux, le prédateur court toujours.

Sharko consacre tout son temps à ce dossier, jusqu’à ce soir où un homme paniqué frappe à la porte du 36. Il vient d’entrer en possession d’une photo figurant une femme couchée dans un lit, les mains attachées aux montants, la tête enfoncée dans un sac.

Une photo derrière laquelle a été notée une adresse, et qui va entraîner le jeune inspecteur dans une enquête qui dépassera tout ce qu’il a pu imaginer…

Critique :
Putain, comment Franck Thilliez a-t-il su ? C’est flippant… Ça fout la trouille, même. Je vous explique pourquoi…

J’ai enfin commencé à lire « Les fleurs du mal » et voilà ti pas que ce recueil de Baudelaire est au centre du dernier roman de Thilliez ! Flippant…

Cet homme est le diable ! Il a vu l’avenir et a su que lorsque j’ouvrirais son dernier thriller, j’en serais à la moitié du Baudelaire… Sueurs froides car cet auteur voit mon avenir ! On commençait bien.

Thilliez est un sadique, d’entré de jeu, il vous ferre et ne vous lâchera plus, vous baladant (avec votre consentement éclairé) dans son histoire, tel un marionnettiste jouant avec ses pantins (que nous sommes).

Après avoir été me promener en 1794, j’avais envie de remonter le cours du temps, mais pas de trop, d’aller à une époque où les smartphones et l’Internet n’existaient pas, où les PC commençaient à apparaître, mais restaient minoritaires.

Il a fallu peu de choses à l’auteur pour me plonger dans le bain de l’année  1991 (non, je ne retournerai pas à l’école !) et profiter de cette belle époque où je vivais, insouciante, mon walkman sur les oreilles (pour ça, le smartphone est mieux, plus de capacité, plus d’autonomie et pas besoin de piles).

Malheureusement, un jeune de moins de 20 ans qui lirait ce roman ne comprendra pas pourquoi le policier doit insérer un film dans un appareil pour prendre des photos… Ni pourquoi on ne pose aucune question à Google… mdr

Ses personnages sont maitrisés, qu’ils soient primordiaux ou secondaires, l’auteur a pris le temps de leur brosser une personnalité, typique de ces années-là.

Ses flics puent les années 90 : ils fument, sont sexistes, se moquent de l’informatique, salopent les scènes de crimes et pleurnichent sur le bon vieux temps où l’on pouvait casser la gueule aux suspects. Sans trop en dire ou en faire, il les a doté d’une vie propre, réaliste.

Comme toujours, son scénario est fou, à s’arracher les cheveux et pourtant, à la fin, tout rentre parfaitement bien dans l’ordre, tout s’explique et tout est maîtrisé. Toujours plus loin, toujours plus haut…

Ici, pas moins de deux enquêtes qui sont sur la table : une ancienne non résolue et une nouvelle. Exercice périlleux que d’en proposer deux à la fois, casse-gueule et pourtant, jamais l’auteur ne se prend les pieds dans le tapis. Du grand art.

Si j’avais réussi à comprendre comment l’auteur du courrier avait deviné à quel prénom penserait le quidam à qui il avait envoyé une lettre, ce n’est pas dû à mon intelligence, juste à une ancienne lecture où il s’agissait de trouver le chiffre auquel la personne penserait.

L’auteur a toujours eu une longueur d’avance sur mes déductions, même si j’en ai eu une sur les enquêteurs. Là, mon petit Sharko, t’avais pas les neurones en forme, pour ce coup-là que j’ai eu d’avance sur toi. Pour le reste, je m’incline respectueusement.

Dans les romans de Thilliez (surtout après ses deux derniers), vous avez tendance à suspecter tout le monde. Une petite vieille traverse la rue ? Suspecte !! Un gosse ? Suspect !! Un mort ? Très louche… à surveiller.

Et si d’aventure (en aventure) vous obtenez le nom des personnages, vous les passerez aux filtres de tous les codes possibles (et imaginables), développés dans ses derniers romans : à l’envers, à l’endroit, en diagonale, vous tenterez le coup en ajoutant la vitesse du vent, en retirant l’âge du capitaine ou en le multipliant par le coefficient de traversée d’une rue pour trouver un job.

Monsieur Thilliez, vous me faites devenir folle depuis que je vous lis ! Vos romans me rendent zinzin dès que je tente de comprendre le pourquoi du comment. Un jour, c’est le service psychiatrique d’un hôpital qui vous écrira une réclamation pas piquée des vers.

En plus, monsieur Thilliez, vous êtes dangereux pour la santé : palpitations cardiaques durant une bonne partie du roman tant le suspense était fort, mains moites à certains moments, peurs primales, tripes qui se nouent, cerveau qui surchauffe, esprit qui n’y était plus pour personne durant ma lecture, risque de louper mon arrêt de métro (à ne pas lire à la plage, risque de noyade avec la marée montante !).

Bref, monsieur Thilliez, vos super romans sont une calamité, un cataclysme pour ma santé ! C’est décidé, j’arrête de vous lire, sur ordre de mon médecin, avant que je ne tombe raide morte durant la lecture d’un de vos futurs (ou anciens) romans. Avec ma chance légendaire, je clamserais avant d’avoir le fin mot de vos énigmes.

Non mais vous faites quoi encore à lire ma bête chronique ?? Allez plutôt lire le dernier Thilliez, nom d’une pipe (Magritte, sors de mon corps) ! Et si vous l’avez lu, rien de ce que je dis ne vous est étranger, vous êtes initié, vous savez de quoi l’auteur est capable.

Vivement ma prochaine lecture ! (Ben quoi ? Fuck les recommandations des médecins). Avec ou sans Sharko, bien que c’était une super idée de nous le présenter jeune, à son entrée au mythique 36, jeune bleu qui devait encore faire ses preuves, s’intégrer, avant de devenir celui que nous connaissons depuis longtemps.

PS : l’auteur n’a pas deviné l’objet auquel j’avais pensé, en commençant le roman. À sa décharge, je n’aurais jamais pu penser à tel scénario machiavélique…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°01].

Les aventures du fils de Sherlock Holmes racontées par le Dr. Watson : Dr Watson

Titre : Les aventures du fils de Sherlock Holmes racontées par le Dr. Watson

Auteur : Dr Watson
Édition : PRNG (2019) / De Varly (01/03/2020)
Édition Originale : The Adventures of the Son of Sherlock Holmes (1910)
Traduction :

Résumé :
Quel est le lecteur qui ne se souvienne d’avoir suivi avec un intérêt parfois passionné le récit des aventures du célèbre Sherlock Holmes ? Mais voici plus de dix ans que le génial policier a cessé d’étonner les deux mondes par ses exploits prodigieux.

Hâtons-nous de les rassurer : Sherlock Holmes n’est pas mort. Il a eu la bonne fortune d’entrer en possession d’un héritage qui en fit, presque du jour au lendemain, un des plus riches propriétaires du Royaume-Uni.

Depuis lors, son existence se passa dans son manoir, au milieu de ses vastes domaines dans le Comté de Devon, où il goûte un repos bien gagné, après tant d’années d’une existence aventureuse, où sa vie fut si souvent à la merci du moindre incident.

Il y mène l’existence du gentilhomme, partagé entre la gestion de son bien et l’éducation de ses enfants.

Son fils aîné, qui porte le nom de Sherlock, comme son père, vient d’atteindre sa vingt-sixième année . il est sorti depuis trois ans du Collège of Physicians und Surgeons avec le grade de docteur en médecine.

Très répandu dans la société élégante de New-York, où le grand renom de son père et sa fortune, et les manières affables du jeune homme lui ont valu le meilleur accueil, il va y trouver matière à d’intéressantes études et les aventures ne vont pas lui manquer.

Ce sont quelques-unes de ces aventures, racontées par le docteur Watson — qui se fait l’historiographe du fils après avoir été celui du père — que le lecteur va lire.

Il pourra se convaincre que, si Sherlock Holmes a disparu de la scène, son génie, comme son nom, va revivre dans son fils, en qui s’annoncent déjà toutes les qualités qui font les grands détectives…

Critique :
Ce roman de 200 pages comporte trois nouvelles. C’est le format qui convient le mieux aux enquêtes de Sherlock Holmes qui sont plus rapides que celle d’Hercule Poirot.

Ici, le Sherlock qui enquête est le fils du célèbre détective du 221b Baker Street.

S’il possède l’intelligence de son père, il lui manque malheureusement son charisme et sa prestance. Là, j’ai souvent eu l’impression d’être face à un gamin riche et gâté qui aurait peut-être eu besoin d’une bonne fessée de temps en temps.

Quant à ce pauvre Watson, il n’a pas le plus beau rôle car il fait figure de l’homme qui doute de tout, même de l’innocence du fils de son meilleur ami.

Sans compter que dans la première affaire, il n’a pas été très futé, notre brave docteur Watson ! J’avais compris le truc bien avant lui, il était tellement flagrant qu’il m’avait sauté à la gueule et mordu le nez.

Avant d’aller plus loin, je tiens tout de même à m’insurger contre l’édition lue qui était bourrée de coquilles en tout genre : faute de frappe, oubli de lettre, erreur d’espacements au niveau de la ponctuation (oubli d’un espace après la virgule, oubli de l’espace après le point, oubli de l’espace avant le point d’exclamation – et souvent dans les dialogues, un espace entre le mot et la virgule,…) ou présence de point final au milieu d’une phrase et j’ai même eu un S majuscule fait avec le sigle $ (dollar) et ce n’était pas un jeu de mot. Sur un clavier AZERTY, ils ne sont pas l’un près de l’autre, pourtant.

À une moyenne de 2 à 3 coquilles par pages, multiplié par 200 pages, ça en fait beaucoup. Alors oui, nous faisons tous des fautes d’inattention dans nos chroniques, j’en retrouve toujours dans les miennes, même après relecture, j’en loupe des tonnes aussi, mais le prix de cet ouvrage étant de 17€, je l’ai trouvée saumâtre !

Passons au point plus agréable maintenant que l’abcès est percé : les trois nouvelles sont bien conçues point de vue enquête et résolution. On ne cassera pas la baraque, mais elles étaient bien fichues.

Rien d’exceptionnel, des enquêtes de bonne facture, correctes, sans jamais posséder des résolutions qui déchirent puisque j’ai vu venir bien des trucs et astuces, contrairement à Watson. Hors ce dernier ne doit jamais être plus bête que le lecteur, mais à son niveau !

Se déroulant en Amérique, à New-York pour être plus précise, ces nouvelles manquaient des épices anglais traditionnels, ceux dans lesquels ont baigné Holmes et Watson, formant un duo complémentaire et équilibré.

Le fiston, bien que très intelligent et fougueux, n’atteint jamais le charisme de son père (dont on ne saura rien, même pas le nom de son épouse), semble être une pâle copie. Son immigration aux États-Unis n’apporte rien, à mon sens, aux récits des enquêtes qui auraient eu plus d’ancrage, de poids, de sel, si elles avaient été en Angleterre.

Pas tout à fait une réussite, pas tout à fait un échec, c’est le cul entre deux chaises que j’ai terminé ce recueil de nouvelles qui dataient de l’an 1910…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°313].

Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 1 – La double disparition : Serena Blasco & Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 1 – La double disparition

Scénaristes : Serena Blasco & Nancy Springer
Dessinateur : Serena Blasco

Édition : Jungle ! (2017/2020)

Résumé :
Quand Enola Holmes, sœur cadette du célèbre détective Sherlock Holmes, découvre que sa mère a disparu le jour de son anniversaire, en ne lui laissant pour mot qu’un recueil sur les fleurs, et un carnet de messages codés, elle se met rapidement à sa recherche.

Elle va devoir recourir à son sens de la débrouille, ainsi qu’à d’ingénieuses techniques de déguisement afin de fuir le manoir familial alors que ses deux frères se sont mis en tête de l’envoyer en pension afin de faire d’elle une vraie « Lady ». Mais rien ne la prépare à ce qui l’attend.

Son chemin la conduit rapidement dans les quartiers sombres et malfamés de Londres, et elle se retrouve impliquée dans le kidnapping d’un jeune marquis. Enola arrivera-t-elle à s’en sortir seule, et continuer de suivre la piste de sa mère tout en échappant à ses deux frères ?

L’ adaptation des romans de Nancy Springer.

Critique :
Les enquêtes d’Enola Holmes, je les avais découverte il y a quelques années déjà et j’avais lu toute la collection.

Sa mise en bédé n’allait rien m’apporter si ce n’est de découvrir les personnages en images, mettre à jour ma mémoire (j’ai oublié les petits détails de l’histoire) et, qui sait, m’apporter du plaisir de lecture, comme les romans l’avaient fait à l’époque.

Enola, c’est avant tout de la littérature jeunesse, mais pas de celle qui prend ses lecteurs pour des crétins, qui lui évite les mots de plus de deux syllabes de peur qu’ils se fassent une entorse du cerveau oui qui lui masque la vérité de ce qu’il se passait à cette époque. Le jeune vicomte en fera l’amère découverte, lui qui a toujours vécu dans la soie.

D’ailleurs, dans la série de romans, l’auteure avait bien mis en scène tous les codes de l’époque victorienne, notamment dans les vêtements portés par les dames ou ce qui se faisait et ce qui ne se faisait pas. La naissance, assez tard, d’un enfant, ne se faisait pas, dans la haute société. Sans doute que les femmes n’avaient plus droit à leur partie de gambettes en l’air une fois un certain âge passé…

Les dessins, sou forme d’aquarelles, ont des coloris très doux, un peu délavés. Mon seul ronchonnement sera pour le nez en trompette d’Enola… D’ailleurs, tout le monde semble avoir un nez en trompette !

Le pire sera pour Sherlock, de profil, ça lui fait presque un groin de cochon, ce maudit nez ! Sa représentation ne m’a pas satisfaite, il ressemble plus à un dandy en goguette qu’à Sherlock Holmes. Je l’ai même vu avec une pipe calebasse dans la main, ce qui est un anachronisme total.

Quant à Mycroft, c’est comme Sherlock, il ne ressemble pas vraiment au personnage de Conan Doyle. Les dessins, de style un peu girly, ne sont sans doute pas la meilleure manière de mettre ces deux hommes en valeur.

Enola est très féministe, indépendante, ne veut pas ressembler à une plante verte comme il est de nature pour les dames de la haute et ses deux frères ont des pensées et des actes très phallocratiques, très mâles, très typés société patriarcale. La tête d’Enola n’est pas assez grande pour stoker des informations, elle va exploser… Et j’en passe !

Les adeptes de la cancel culture vont en grincer des dents, pourtant, ce n’est que la vérité de cette époque, celle de 1888.

Hormis ces petits points d’achoppement avec les représentations des Holmes Bothers, j’ai apprécié relire les enquêtes d’Enola en version dessinée, j’avais oublié bien des choses et maintenant, ma mémoire est rechargée pour quelques temps.

Bien qu’il ait fallu saquer dans le récit original, le fait de se trouver face à une bédé de 80 pages permet de ne pas trop caviarder et de garder l’essentiel tout en lui ajoutant des petits plus, notamment le carnet en fin d’album, avec des mots codés et quelques explications sur les petits changement qu’Enola a fait à son corset.

J’ai retrouvé la fraîcheur qu’il y avait dans les romans dont j’avais déjà apprécié que l’auteure ne fasse pas l’impasse sur les saloperies de l’époque victorienne, que ce soit sur le maintien des femmes qui ne pouvaient pas éternuer (ni respirer) avec leurs corsets de merde ou sur la misère qui règne dans les bas-fonds, sans pour autant entrer dans tous les détails, mais en disant juste ce qu’il fallait pour éveiller les consciences.

Ma préférence ira toujours aux romans, mais avec ces adaptations en bédés, les plus jeunes qui auraient envie de découvrir la série peuvent le faire de manière plus amusante en regardant les images avant de bifurquer sur les romans.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°310], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°63], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 80 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les Aventures de Philip et Francis – Tome 1 – Menaces sur l’empire : Pierre Veys et Nicolas Barral

Titre : Les Aventures de Philip et Francis – Tome 1 – Menaces sur l’empire

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Nicolas Barral

Édition : Dargaud (01/04/2005)

Résumé :
Depuis quelques semaines, d’étranges phénomènes secouent le cœur de l’empire britannique. Londres vit des heures tragiques : les femmes se rebellent et entreprennent des actions spectaculaires et délirantes pour se libérer du joug de la domination masculine…

On s’aperçoit ainsi que la stabilité de la société anglaise dépend entièrement de la discipline stricte qu’elles respectaient jusqu’alors. Ce changement de comportement annonce-t-il une catastrophe sans précédent ? D’où vient cette terrible menace ?

Qui a intérêt à saper les fondements de cette brillante civilisation ? La mission de nos sémillants héros, Philip et Francis, sera d’apporter toutes les réponses à ces terrifiantes questions.

Critique :
Parodier, c’est facile, ce qui est plus compliqué, c’est de ne pas sombrer dans l’humour gras et lourd.

Il faut connaître sur le bout des doigts le mythe que l’on va parodier, connaître ses codes et jouer avec, sans que cela ne tourne à la caricature grossière.

Les lecteurs doivent rire, sourire, pouffer de rire et s’esclaffer devant les personnages archi connus et présentés sous un autre angle.

Le pari est réussi avec Blake et Mortimer, comme il l’était avec Baker Street et Hercule Potiron.

Blake et Mortimer, personnages d’Edgar P. Jacobs, sont ultra coincés, ne jurent jamais comme un capitaine Haddock, ne s’énervent pas comme un Joe Dalton. De tout temps et en toutes circonstances, le flegme britannique est affiché.

Alors, les découvrir totalement relâchés, décoincés, drôles, pas toujours des plus intelligents, ça fait un bien fou ! Ici, pas de bâton de chaise coincé dans les fessiers flegmatiques. Attention, ils restent raides, nos deux britanniques, mais d’une autre manière que leur alter ego officiels.

Philip Mortimer est obsédé sexuel, possède des magazines avec des femmes nues au milieu (et dans toutes les autres pages), c’est aussi un obsédé de la bouffe qui ne pense qu’a remplir son estomac et un savant raté.

Francis Blake est macho sur les bords, s’envoie en l’air avec une femme, vit chez sa môman et joue au petit train (le coquin !). Quant à Olrik, le découvrir en méchant raté m’a fait hurler de rire.

Dans ce premier album, les mâles anglais du M.I.5 (ou est-ce le 6 ?) se posent des questions : un vent de révolte gronde chez les femmes. Le thé n’est plus servi à l’heure, le service n’est plus impeccable, des femmes ont retirés leur soutien-gorge, d’autres l’ont brûlé…

Les ménagères de plus et moins de 50 ans et les épouses ne feraient plus ce pourquoi elles sont là ?? Je veux dire par là s’occuper de leurs maris, patrons, employeurs… Shocking !

Philip et Francis vont enquêter et ça ne manquera pas de piquant, d’humour, de drôlerie, de cocasseries, de clins d’œil à des choses connues (Kill Bill, Le Corniaud,…) ou tout simplement à la société anglaise.

On est dans la moquerie, dans le détournements des codes de la série originale, dans l’utilisation des clichés (à bon escient) tout en restant dans la finesse de l’humour anglais et pas dans le gras bon marché des films d’humour bas de gamme.

Sous le couvert de l’humour, il y a tout de même la dénonciation d’une société patriarcale qui considère que les femmes doivent rester à leur place, c’est-à-dire à la cuisine, dans le ménage, les tâches subalternes et aux ordres de ces messieurs (c’est ce que les personnages masculins dans cet album pensent, ceci n’est pas ma pensée, ni celles de tous les hommes – précision pour les gens qui prennent tout au premier degré).

C’est une parodie réussie, une fois de plus, un détournement des codes de Blake et Mortimer réalisé avec brio, humour et finesse. Une réussite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°308], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°61], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Agatha Christie – Tome 16 – Cartes sur table : Franck Leclercq et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie – Tome 16 – Cartes sur table

Scénaristes : Franck Leclercq et Agatha Christie
Dessinateur : Franck Leclercq

Édition : Emmanuel Proust Éditions (2009)

Résumé :
Quatre spécialistes du crime et quatre criminels endurcis sont conviés à dîner par l’étrange Monsieur Shaitana.

Une soirée peu commune, qui se conclut par une passionnante partie de bridge…

Et l’assassinat du maître de maison !

Entre alors en scène le plus légendaire des détectives : Hercule Poirot… Cette fois-ci, « ses petites cellules grises » auront fort à faire pour résoudre cette énigme criminelle des plus complexes.

Critique :
À l’époque lointaine où j’avais lu le roman, il m’avait semblé difficile à comprendre car je ne connaissais rien (et je ne connais toujours rien) au bridge. Pour la petite précision, je devais avoir dans les 14 ans lorsque je l’avais lu.

Ayant tout oublié, la série « Les petits meurtres » avait été une bonne chose pour faire la mise à jour mémorielle et faire en sorte de ne plus oublier le nom du coupable et le moment où il avait choisi de passer à l’acte.

Les dessins ne m’ont pas enchantés mais comparés à d’autres de cette même collection (ou d’autres éditions), on pourrait presque dire qu’ils sont super, même si certains traits sont épais alors que la première planche avait des airs de ligne claire.

L’allure générale de Poirot n’est pas une de celle que j’apprécie, mais comme toujours, comparée à d’autres albums, la tête de notre détective est plus que correcte.

Je reprocherai à sa démarche ou à certaines de ses poses, un côté un peu trop statique, une raideur dans les dessins qui semble plus tenir d’un Lego© que de son allure guindée naturelle, comme le montre l’illustration ci-dessous.

Et puis, shocking, une seule allusion à ses petites cellules grises, aucune trace de ses petites manies habituelles et encore pire, il fait toute l’enquête avec le même costard brun informe, ce qui est choquant car ça ne met pas en valeur sa recherche de l’élégance.

Nous sommes face à un Poirot de pacotille, une imitation alors que l’album est une transcription fidèle du roman et non un apocryphe. On le voit même non rasé, les cheveux pas encore coiffé lorsqu’il prend son petit-déjeuner.

Heureusement qu’il lui reste son talent de détective et qu’il arrivera à résoudre cette sombre affaire de meurtriers parfaits que Shaitana avait rassemblé dans sa demeure afin de jouer avec eux comme un chat avec des souris. Sauf qu’une souris avait tué le chat.

En ce qui concerne les dessins de Ariadne Oliver (sa première enquête avec Poirot), ils sont changeants selon les case et elle avait une allure un peu trop glamour et nous sommes loin de la toison de cheveux gris qu’on lui attribue dans les romans originaux. Au moins, son caractère féministe est resté mais elle n’a pas croqué la pomme…

Par contre, les anglais sont fidèles à eux-mêmes en ayant une très haute opinion d’eux et de leur cher pays !

Si les dessins ne sont pas au point, ils sont tout de même un poil meilleurs que d’autres et les couleurs assez claires n’ont jamais assombris des visages ou des décors. Hélas, ça manquait un peu de pep’s.

Cette mise en album d’un roman fait toujours perdre des tas de détails, il faut caviarder et couper un peu partout afin de tout caser dans 48 pages. Je vais me répéter, mais avec plus de pages, le récit aurait pu être plus complet et moins tranché.

La bédé est une bonne idée pour ceux ou celles qui voudraient découvrir Poirot et qui auraient la flemme de lire les romans originaux et pourtant, rien ne vaudra jamais l’original à la copie. Par contre, pour se remettre en mémoire le roman, la bédé est intéressante. Il y a à boire et à manger dans le concept.

Une fois plus, la Reine du Crime avait trouvé un plan retors, machiavélique qui laissait son lecteur bouche bée devant la résolution. Fallait y penser !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°30], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°60], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

 

Agatha Christie – Tome 15 – Le Crime d’Halloween : Chandre et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie – Tome 15 – Le Crime d’Halloween

Scénariste : Chandre et Agatha Christie
Dessinateur : Chandre

Édition : Emmanuel Proust (18/10/2007)

Résumé :
Le 31 octobre, c’est la fête du Potiron. Pour fêter l’événement, Mrs Drake invite les adolescents du village à une soirée. Joyce, une fillette à la langue bien pendue, se vante d’avoir assisté à un meurtre. Personne ne la prend au sérieux.

Erreur fatale, car peu après, son cadavre est découvert dans la bibliothèque ! Qui a voulu éliminer un si jeune témoin ? Pour cacher quel crime encore plus épouvantable ?

Critique :
Dans mes envies de relecture de l’oeuvre d’Agatha Christie, « La fête du potiron » était dans le peloton de tête car c’est le seul roman de la reine du crime où la victime du meurtre est une enfant.

N’ayant gardé aucun autre souvenir de ma lecture, c’était, une fois de plus, la série télé « Les petits meurtres » qui m’avait rafraichi la mémoire.

Néanmoins, j’avais envie de croiser la route d’Hercule Poirot et de son amie écrivaine, Ariadne Oliver dont le slogan pourrait-être « Mangez des pomme » tant elle aime ce fruit.

Pas de bol pour moi, cette adaptation bédé a été faite par Chandre dont je n’avais pas aimé les dessins dans « Témoin indésirable » à tel point que cette intrigue d’Agatha Christie, dont j’avais adoré l’adaptation télé, ne me donnait plus envie de la lire tant les ambiances n’étaient pas bien retranscrites.

Allais-je subir les mêmes tourments avec cette adaptation ? Ben oui, en partie et ce, toujours à cause des dessins qui semblent mal esquissés à certains moment, trop figés et des couleurs que je n’ai pas vraiment appréciées. Le pompon a été gagné avec Hercule Poirot… Une horreur !

En ce qui concerne les bons points, ce sont les tons plus chauds que dans « Témoin indésirable » et par le fait que l’intrigue ne portant pas sur des ambiances psychologiques de suspicion, ma lecture n’a pas été rébarbative comme pour l’autre adaptation.

Si je n’ai pas aimé la représentation d’Hercule Poirot, j’ai apprécié cheminer avec lui en quête d’indices pour nourrir mes petites cellules grises et récolter les indices afin de trouver le nom du coupable.

Les jeunes sont souvent accusés de tous les maux, dans ce récit : ils ne pensent qu’au LSD, au sexe, il faudrait les encadrer, tous des hippies, des zazous portant la barbe…

Bref, les litanies habituelles que les adultes lancent sur les jeunes, oubliant qu’à leur âge, ils étaient eux-mêmes le sujet d’inquiétudes, subissant les remontrances des adultes, devenus des vieillards maintenant. La vie est un éternel recommencement.

Moi qui avait râlé de voir que le dessinateur Chandre était aux dessins de cette adaptation, la lecture a été moins pénible que pour « Témoin Indésirable ».

Les dessins sont moches, c’est un fait, mais l’adaptation est bien réalisée car le lecteur n’a pas un goût de trop peu lors de la résolution puisqu’il a bien suivi les pérégrinations de Hercule Poirot et donc, les révélations ne tombent pas comme un cheveu dans la soupe, comme pour « L’affaire Protheroe ».

De plus, Poirot est bien le héros de cette affaire, c’est lui qui mène l’enquête et non le vicaire du patelin ou tout autre personnage.

Anybref, si on fait abstractions des dessins que je n’ai pas appréciés du tout, cette adaptation est réussie dans son scénario. Ce dernier ne donne pas l’impression que des coupes intempestives ont été faites au mauvais endroit et Poirot prendra le temps de nous expliquer la résolution de cette affaire sordide où deux enfants perdront la vie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°304], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°57], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Miss Marple – Saison 6 – Épisode 3 – La nuit qui ne finit pas (2013)

Résumé de l’épisode :

Mike Rogers tombe follement amoureux d’une héritière, Ellie Goodman, devant une propriété qu’il aimerait acheter. Pourtant, les lieux ont mauvaise réputation depuis que trois personnes y ont trouvé une mort tragique.

Quelque temps plus tard, les tourtereaux se marient. La jeune femme acquiert la fameuse demeure, où elle s’installe avec son bien-aimé. Mais très vite, ils sont victimes d’événements malheureux.

Miss Marple décide de leur venir en aide afin de démêler le vrai du faux.

  • D’après La Nuit qui ne finit pas (1967)
  • Le personnage de Miss Marple n’est pas présent dans le roman.
  • C’est le dernier épisode de Miss Marple. La sérié est arrêtée en même temps que celle d’Hercule Poirot en 2013.

Ce que j’en ai pensé :
C’était en juin 2020 que j’avais lu le roman éponyme de Agatha Christie et j’étais curieuse de le voir mis en scène avec Miss Marple puisque dans le roman, elle n’y apparaît pas.

Vous le savez, je ne suis pas une afficionado de miss Marple, lui préférant Hercule Poirot…

Malgré une année de passée, le roman était encore frais dans ma mémoire et j’ai donc été étonné de voir l’épisode commencer par une scène avec des jeunes qui patinaient sur un lac gelé avant que la glace ne se rompe entraînant l’un d’eux dans la mort glacée.

Assurément, la version télé est différente du roman, des ajouts y étant été porté, afin de la rendre plus intéressante, plus intrigante et d’y faire intervenir miss Marple.

Si au départ j’ai été un peu déroutée du fait de mes souvenirs de lecture, je me suis prise assez vite au jeu, voyant venir l’affaire, mais ne pouvant m’empêcher de trouver Mike Rogers sexy en diable avec sa petite gueule d’amour.

L’épisode est glaçant, surtout lorsque l’on sait comment ça va se terminer. Les ajouts donnent une version encore plus dramatique et tragique au roman et il faudra la sagacité de miss Marple pour démêler le vrai du faux.

Au final, malgré les changements par rapport au roman, cette adaptation télé est réussie et j’ai adoré alors que je ne suis pas fan de la série avec miss Marple. En tout cas, ça m’a donné envie de regarder les autres épisodes de la série, même si ce n’est pas la même actrice.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°300], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°53] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Le Carnet d’enquêtes de Sherlock Holmes : Tim Dedopulos

Titre : Le Carnet d’enquêtes de Sherlock Holmes

Auteur : Tim Dedopulos
Édition : Hachette Loisirs (2018)
Édition Originale : Solve-it-Yourself Mysteries : Sherlock Holmes Case Book
Traduction : Laurent Laget

Résumé :
Le crime est fréquent. La logique est rare. En conséquence, il faut s’attaquer à la logique plutôt qu’au crime lui-même. »

Dans ce Carnet d’enquêtes de Sherlock Holmes, le Dr Watson vous propose 10 énigmes inextricables à résoudre en usant de votre sens de la déduction comme Sherlock Holmes pourrait le faire.

Chaque histoire présente 3 questions auxquelles vous devrez répondre avec exactitude pour découvrir l’auteur du crime. Menez l’enquête !

Critique :
La première chose qui vient à l’esprit lorsque l’on prend possessions de cet ouvrage, c’est « Que la couverture est moelleuse » et ensuite, lorsqu’on le feuillette, on aurait tendance à dire « Putain, que c’est beau les illustrations ».

Franchement, l’ouvrage est de belle facture et je n’ai pu m’empêcher de le feuilleter de nombreuses fois avant de le lire.

Durant ma lecture, j’ai continué de scruter les illustrations proposées qui lui donnent un look victorien de plus réussi.

Les récits d’enquêtes sont assez courts et divisés en trois parties, avec, après chaque épisode, une question posée à laquelle il vous faudra répondre. Pas de panique si vous ne trouvez pas, le carnet des solutions est à la fin et il est bien détaillé.

Il faut être attentif à tous les petits détails donnés dans le récit car bien souvent, la solution à la question se trouve dedans. Les indices ne sont pas cachés, mais l’auteur a pris soin tout de même de ne pas nous les surligner en jaune fluo. À nous d’être perspicace.

Par contre, un gros bémol : des fautes d’orthographe ! Je ne les ai sans doute pas toutes trouvées, j’en laisse moi-même des tas dans mes chroniques, mais elles ne sont pas éditées et puis vendues en librairie.

Dans la première enquête (pour ne citer qu’elle), on a même quelques phrases dans un paragraphe qui se répètent. Pas mortel mais c’est tout de même quelque chose qui ne devrait pas se retrouver là-dedans.

Anybref, je me suis torturée les méninges à tenter de résoudre les énigmes de Sherlock Holmes, j’en ai solutionnée certaines, grâce aux indices récoltés et à mon petit cerveau, parfois par chance… Pour d’autres, j’ai séché sur place et c’est toute penaude que je suis allée voir les solutions à la fin de l’ouvrage. Bon sang, mais c’est bien sûr !

Un excellent ouvrage à posséder dans sa biblio holmésienne (il claque avec sa couverture orange), bien mis en valeur par les illustrations, la couleur du papier, les bords plus sombres et dont les enquêtes ne sont pas si simples que ça, sauf quand on a lu la résolution…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°298], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°51] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.