Nuits Appalaches : Chris Offutt

Titre : Nuits Appalaches

Auteur : Chris Offutt
Édition : Gallmeister Americana (07/03/2019)
Édition Originale : Country Dark (2018)
Traducteur : Anatole Pons

Résumé :
À la fin de la guerre de Corée, Tucker, jeune vétéran de dix-huit ans, est de retour dans son Kentucky natal. En stop et à pied, il rentre chez lui à travers les collines, et la nuit noire des Appalaches apaise la violence de ses souvenirs.

Sur son chemin, il croise Rhonda, quinze ans à peine, et la sauve des griffes de son oncle. Immédiatement amoureux, tous deux décident de se marier pour ne plus jamais se quitter.

Tucker trouve un boulot auprès d’un trafiquant d’alcool de la région, et au cours des dix années qui suivent, malgré leur extrême précarité, les Tucker s’efforcent de construire un foyer heureux : leurs cinq enfants deviennent leur raison de vivre.

Mais quand une enquête des services sociaux menace la famille, les réflexes de combattant de Tucker se réveillent.

Acculé, il découvrira le prix à payer pour défendre les siens.

Critique :
Et bien, ça m’arrive tellement rarement de ne pas avoir ma phrase d’intro pour une chronique que ça mérite d’être souligné !

Là, je suis toujours un peu groggy, suite à ma lecture passionnante et émouvante de ce que j’appellerais « Les aventures de la famille Tucker ».

Aventures « merdiques », il va sans dire, puisque cette famille habite les collines du Kentucky et que, sans vouloir entrer dans les stéréotypes, je suis pourtant forcée de le faire, car habiter cette région vous colle une étiquette sur le front et que malheureusement, une partie de cette étiquette est véridique.

Peuplée de familles vivant dans la précarité, de pères violents, alcoolos, de jeunes désœuvrés, les collines du Kentucky recèlent toujours une faune assez haute en couleur, même si je ne les ai visitées que par la littérature, mais Chris Offutt en parle tellement bien, qu’on les aime directement, ces white trash.

La famille Tucker est composée d’un vétéran de la guerre de Corée – Tucker – qui a rencontré sa future épouse – Rhonda, 15 ans – en la délivrant de son oncle qui voulait se la faire le jour des funérailles du père de cette même Rondha… Ça vous situe ?

Pour faire bouillir la marmite, notre Tucker devient coursier pour un bootlegger du coin, puisque nous sommes en 1953 et que fabriquer de l’alcool est toujours une activité lucrative. Tucker ne sait rien faire d’autre que la guerre, alors, coursier, ça lui va très bien.

Dix ans plus tard et 5 enfants aussi, Tucker est le meilleur coursier et même si sa famille vit dans la précarité, il est prêt à tout pour elle.

La force de ce roman tient dans ses personnages qui n’ont rien pour eux, au départ, qui ressemblent à tous les gens précarisés de la colline, si ce n’est que chez les Tucker, on aime ses enfants, on les protège, on les couvre de tendresse et que l’on se demande pourquoi on n’arrive pas à faire des enfants sans handicap (une seule fille est née « normale).

Énormément d’émotions dans ce père qui parle à son fils, Big Billy, atteint d’hydrocéphalie, énormément de tendresse dans cette soeur, Jo, qui s’occupe de ses sœurs atteintes, elles, d’autres handicap, tellement de questions et de peine dans cette mère, Rhonda, qui se voit mettre au monde des enfants anormaux et qui fait tout ce qu’elle peut pour tenir sa maison en ordre.

Il y avait aussi tellement de compréhension dans cette dame des services sociaux qui sait comment adresser la parole aux Tucker, alors que son collègue ne veut qu’une chose : les retirer tous à leur mère.

Ce qui entrainera des conséquences lourdes pour la famille et pour ce crétin des services sociaux qui a vu des animaux de foire, des parasites, en lieu et place d’êtres humains doués de sensibilités et d’amour.

Un sacré putain de roman noir comme la nuit, mais une nuit pourvue d’étoiles qui brillent au firmament et qui vont me hanter longtemps tant le récit était magnifique, la plume portant son récit d’une manière acérée.

Un roman noir comme je les aime et comme je voudrais en lire plus souvent. Mon seul bémol sera pour le fait qu’il était trop court et que j’aurais aimé passer plus de temps avec les membres de la famille Tucker.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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Choc – Tome 02 – Les fantômes de Knightgrave [2ème partie] : Stéphane Colman & Eric Maltaite

Titre : Choc – Tome 2 – Les fantômes de Knightgrave [2ème partie]

Scénariste : Stéphane Colman
Dessinateur : Eric Maltaite

Édition : Dupuis (08/04/2016)

Résumé :
La genèse d’un des méchants les plus mythiques de la bande dessinée franco-belge. Comment devient-on M. Choc ? Qui se cache derrière ce masque ?

Après le succès du premier tome « Les Fantômes de Knightgrave », Éric Maltaite et Stéphan Colman livrent ici la suite de la genèse d’un des méchants les plus mythiques de la bande dessinée franco-belge, avec une modernité et une noirceur qui confèrent à ce triptyque une saveur toute particulière.

Critique :
J’ai poursuivi ma relecture de la jeunesse et des origines de Monsieur Choc, à l’époque où il se nommait encore Eden Cole…

Enfin, on suppose que c’est lui qui est devenu le méchant casqué. Heaume sweet heaume.

Toujours composé de flash-back, la suite nous entraîne dans l’adolescence d’Eden et le grand ménage de monsieur Choc qui élimine la concurrence et se venge de tout ceux qui l’ont un jour maltraité.

À ce propos, il y a un des tueurs avec des grosses lunettes de soleil que j’ai l’impression d’avoir déjà vu dans une autre bédé…

Soit un Tif et Tondu, soit un Natacha, soit un Gil Jourdan. Cet homme était la caricature d’un dessinateur ou scénariste de l’écurie Dupuis (de l’hebdo Spirou) mais j’ai cette impression de l’avoir déjà vu.

Ruminant dans ma tête et fouillant le Net, j’ai enfin trouvé qui était ce personnage. Bon sang, mais c’est bien sûr : Maurice Tillieux himself ! Mais pas moyen de retrouver dans quel album sa tête apparaissait en tant que méchant.

Les auteurs poursuivent la genèse de monsieur Choc et on voit petit à petit apparaitre l’homme qu’il va devenir, on voit ses faiblesses, ses questions, les fantômes qui le hantent et là, pas de doute, Eden Cole deviendra Choc.

S’il se venge et dégomme la concurrence, il n’hésite pas non plus à remercier avec de l’argent ou la avec la vie sauve ceux qui l’ont aidé un jour dans sa vie.

Une fois de plus, on a tendance à apprécier le personnage, il est humain et sa jeunesse n’a pas été placée sous le signe du bonheur.

Les dessins sont très bien réalisés et on s’immerge à fond dans le Londres des petites ruelles grisâtres et de ses voleurs de larfeuille, on passera aussi à Rio et ses couleurs vives et on fera même un bout de chemin pendant la parade de la Saint-Patrick à New-York.

L’album est gros, consistant, j’ai fait quelques retours en arrière pour retrouver des images et me dire « Ah oui, tiens, je n’avais pas remarqué » parce que le plat est tellement copieux qu’on loupe des détails pourtant important.

Le seul bémol que certains pourraient reprocher, c’est qu’au départ c’était prévu en diptyque et que maintenant nous poursuivons sur un troisième album, les auteurs ayant sans doute déborder de l’histoire originelle pour nous donner plus.

Moi, je ne m’en plaindrai pas du tout car j’avais adoré cette série lorsque je l’avais lue dans l’hebdo Spirou et la relire est un véritable plaisir. C’est bourré de mystères, de suspense, de flics qui tournent en rond, de bandits magnifiques et de cadavres dans tous les placards.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Choc – Tome 01 – Les fantômes de Knightgrave [1ère partie] : Stéphane Colman & Eric Maltaite

Titre : Choc – Tome 1 – Les fantômes de Knightgrave [1ère partie]

Scénariste : Stéphane Colman
Dessinateur : Eric Maltaite

Édition : Dupuis (25/04/2014)

Résumé :
Par une matinée glacée de février 1955, le manoir de Knightgrave devient la propriété du marquis Di Magglio, un mystérieux et richissime acquéreur que nul n’a jamais vu.

Et pour cause : sous le patronyme du marquis Di Magglio se cache en réalité le non moins mystérieux M. Choc, empereur du crime, aussi redouté qu’insaisissable.

À quel plan retors songe-t-il, en achetant cette propriété ? Quelle machination est-il en train de mettre en place ?

À moins qu’il ne soit en train d’accomplir un vœu connu de lui seul – et dont nous allons découvrir, par un habile jeu de flash-back, les tenants et les aboutissants. Car c’est bien dans le passé de M. Choc que ce récit va nous plonger…

Critique :
Cet album, je l’avais découvert dans l’hebdomadaire Spirou et je m’étais exclamé « QUOI ?? Monsieur Choc a été jeune ? Il a été conçu, comme tout le monde, de la rencontre entre le dard d’une abeille butinant une fleur ? »

Non, pas possible, ce type n’est pas humain. Il ne peut pas être humain !

Depuis le temps que je vois son heaume se balader dans les aventures de Tif et Tondu, je me disais qu’ils devaient être une légion de Mr Choc ou que c’était un robot.

Mais non, aux travers d’habiles jeux de flash-back qui ont le don de nous titiller la curiosité et de faire naître le mystère, ainsi que son vieux pote nommé suspense (je l’avais lu fractionné sur plusieurs semaines, dans le Spirou), cet album lève le voile sur le Méchant le plus énigmatique de la bédé.

Eric Maltaite n’est pas un novice, ce n’est ni plus ni moins que le fiston du grand Will qui avait repris la série « Tif et Tondu » en 1948 et c’est en 1954 que Will rencontra Maurice Rosy et qu’ensemble, ils imagineront « Monsieur Choc », ce cerveau diabolique capable d’imposer sa volonté au monde grâce à sa phénoménale intelligence.

Dès les premières planches, boum, du mystère et des questions. On découvrira Choc assis dans une voiture alors qu’il vient d’acheter un grand manoir anglais pour on ne sait quelle raison, de toute façon, ce n’est pas lui qui va nous le dire mais Texas, un de ses hommes de main, l’expliquant à un autre.

Comme je le disais plus haut, les jeux de flash-back sont très bien fait, des petites ellipses habillement placées, entre deux cases ou dans la case même, faite des souvenirs de l’homme casqué.

Impensable mais vrai, il a été conçu normalement (enfin, presque, no spolier) et voir son enfance, faite de coups du sort, se dérouler sous mes yeux me l’a fait devenir sympathique alors que j’ai toujours détesté ce personnage.

Là, messieurs les auteurs, vous avez fait fort ! En plus de lui inventer une vie, une enfance et de remonter le cours de sa vie aux travers de ses souvenirs émouvants, vous avez su rester réalistes tout en apportant de l’émotion dans vos dessins et vos textes.

Pas d’élément fantastique, comme on pouvait en avoir dans Tif et Tondu, pas de récit un peu léger, comme on en avait certain, notamment grâce à l’humour de Tondu, non, pas de ça ici, un récit froid comme un scalpel, dur, émouvant, tendre, le tout servi par une découpe du récit qui rend le tout cohérent et passionnant.

À l’époque, j’en avais été sur le cul et cette relecture me fait le plus grand bien, surtout qu’on vient enfin d’avoir le tome 3 ! L’attente fut longue, messieurs et jamais je n’aurais cru être en train de trépigner pour avoir la suite de la jeunesse de Monsieur Choc.

Comme quoi, avec des habiles conteurs, tout devient possible, même de trouver le futur Monsieur Choc sympathique.

Un album dense (88 pages, on en a pour ses sous), des dessins qui vont bien au récit, un fil conducteur agencé de manière à ne pas tout nous dévoiler d’un seul coup et des flash-back utilisés avec intelligence.

Une vraie réussite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

 

Agatha Raisin enquête – Tome 16 – Jamais deux sans trois : M.C. Beaton [Par Dame Ida Pigiste Bénévole Titulaire (dés)Agrégée en Drame Agathien]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome16 – Jamais deux sans trois : Méfiez-vous des femmes parfaites…

Auteur : M. C. Beaton
Édition : Albin Michel (27/02/2019)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 16: And the Perfect Paragon (2005)
Traductrice : Béatrice Taupeau

Résumé :
Lasse de courir après des chats et des chiens égarés, Agatha accepte la sollicitation d’un certain Robert Smedley : cet homme fortuné est persuadé que son épouse le trompe. Rien de plus tentant pour notre extravagante Agatha que de coincer la jeune, jolie et très dévote Mrs Smedley, un peu trop parfaite pour être honnête. Mais c’était compter sans une autre affaire de disparition qui lui tombe sur le coin du nez. Jamais deux sans trois ?

Résumé de Dame Ida :
Le titre annonce la couleur : trois cadavres bien refroidis nous attendent dans cette nouvelle aventure d’Agatha Raisin qui depuis le tome précédent est enfin à la tête de sa propre agence de détectives privés.

Souvenez-vous, après l’avoir décidé en toute fin du tome 14, puis réalisé au tome 15, Agatha avait connu un certain succès, notamment en résolvant encore une affreuse histoire de meurtre, sa première en tant que professionnelle.

On aurait pu espérer que ce triomphe lui aurait apporté une nombreuse clientèle et des cas complexes, étranges et mystérieux… Hé ben non !

En plus comme notre Agatha  est ambitieuse elle se met à refuser les cas de divorces… Tandis que ses collaborateurs de la première heure la quittent pour voguer vers des agences plus prestigieuses, se marier, ou que sais-je encore !

C’est le gros marasme. La grande morosité… Et puis… Il y a cette douleur à la hanche qui la fait se sentir vieille tout à coup. Nan… C’est pas possible… Elle est trop jeune pour l’arthrite ! C’est un truc de vieux… C’est certain… C’est pas pour elle…

Histoire de relancer les affaires, d’explorer d’autres horizons que la recherche de chiens perdus et surtout parce qu’elle flaire le client trèèès riche qui va lui permettre de renflouer ses caisses, Agatha accepte tant bien que mal de filer la jolie et supposément vertueuse Mrs Smedley que son odieux mari soupçonne d’aller conter fleurette ailleurs.

Et puis… Il y a cette adolescente, bonne élève et bien sous tous rapports qui a disparu de façon d’autant plus inquiétante qu’elle n’a franchement pas le profil d’une fugueuse, d’une Marie Couchetoilà, ou d’une droguée délinquante.

Agatha rembauche quelques collaborateurs, dont un ado piercé de partout s’offrant une année sabbatique avant de partir à la fac et un retraité ruiné que Mrs Bloxbly lui met entre les pattes par charité, et repart à l’assaut des mystères de Carsely, tombant hélas littéralement sur le cadavre de la jeune disparue, et apprenant que Mr Smedley est tombé raide mort empoisonné après lui avoir dit de cesser son enquête sur sa femme.

Évidemment, Agatha reste Agatha, et enquêter seule n’est pas trop sa tasse de thé.

Certes, il y a bien ses nouveaux employés, mais Sir Charles s’ennuierait gravement si Agatha ne lui donnait pas quelques occasions de frissonner en tout bien tout honneur à ses côtés.

Et puis, ces petites enquêtes ne sont-elles pas pour elle une occasion d’entretenir ses liens d’amitié avec Bill Wong de la police locale, et de subir l’épouvantable cuisine de ses parents ?

Mon Avis :
Agatha devient une vraie pro. Elle apprend à gérer ses troupes aussi bien qu’elle gérait son ancienne agence de com’ !

J’avais apprécié lors du volume précédent que mon héroïne préférée (avec Minerva MacGonnagal et Sœur Marie-Thérèse des Batignolles… Quoi ? Oui et alors ? Ça vous dérange ???) oublie un peu son obsession de se trouver un mec pour se rassurer sur son pouvoir de séduction et sur le fait qu’elle ne se flétrissait pas trop vite.

Agatha mûrirait-elle ? En effet, car même la perspective d’avoir un peu d’arthrite l’épouvante un peu en ce sens que ça signerait l’arrivée de la vieillerie à ses yeux, Agatha s’est juste laissée un peu dragouiller par un ami de Charles, juste pour l’hygiène, un ami de Charles que l’on retrouve à la fin du livre après l’avoir totalement oublié tant on était pris avec elle par son enquête.

Attention ! Je ne dis pas qu’elle se laisse aller ! Pas question de ne pas réfléchir à la tenue que l’on porte ! Pas question de faire une faute de goût ou de se mémériser  ou de renoncer à être une magnifyque fashion victime (Christina, sors de mon corps !).

Mais malgré tout, Agatha nous montre qu’elle est capable de vivre par elle-même sans s’appuyer au bras d’un homme ! Youpeeee !

Bon OK Sir Charles vient lui donner un coup de main… Mais en restant à une place d’ami. Pas d’équivoque. C’est tout.

Sauf que… Il n’y a pas que Sir Charles au monde… Nan… Je ne vous parlerai pas du rebondissement final inattendu de la dernière phrase. Chuis pas une spoïleuse môa !

Faudra vous lire le bouquin en entier ! Et toc ! Ou alors… j’accepte les chèques à trois zéros.

Ah oui… Truc étrange… je viens de fermer le livre… Et si vous l’avez lu, n’hésitez pas à en parler dans les commentaires… Mais… N’aurait-elle pas arrêté de fumer ? Ou au moins considérablement réduit sa consommation de cigarettes ?

Plus je me creuse le crâne moins j’arrive à me souvenir d’un passage où elle peste parce qu’on ne peut pas fumer ici ou là… Ou parce qu’elle ne trouve pas de clopes…

Suis-je passée à côté des passages en question  qui jusque-là revenaient au moins trois fois par chapitre ? Sont-ils devenus rares ?

A-t-elle renoncé à son vice discrètement dans le volume 15 ¾ pas encore publié ? Ou Al Zheimer a-t-il frappé? Je compte sur vous pour m’éclairer !

Bref une enquête bien menée… Du Agatha comme je l’aime !

Harry Potter – Tome 2 – Harry Potter et la chambre des secrets ‭:‬ J.K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Harry Potter et la chambre des secrets [Harry Potter – Tome 2]

Auteur : J.K. Rowling
Édition : Folio Junior (2001) / Gallimard Jeunesse (07/02/2019)
Édition Originale : Harry Potter, book 2 : Harry Potter and the Chamber of Secrets (1998)
Traducteur : Jean-François Ménard

Résumé :
Une rentrée fracassante en voiture volante, une étrange malédiction qui s’abat sur les élèves, cette deuxième année à l’école des sorciers ne s’annonce pas de tout repos !

Entre les cours de potion magique, les matches de Quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry trouvera-t-il le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets ? Un livre magique pour sorciers confirmés.

Critique :
Retour aux sources puisque j’avais commencé à lire la saga Harry Potter avec le tome 2 puisque j’allais aller voir le tome 1 au cinéma avec ma petite sœur.

Pour info, je ne VOULAIS PAS lire ces romans, les pensant pour les enfants ou dénués de choses intéressantes, mais, ayant terminé mon livre et n’ayant rien d’autre à lire pour mon retour en train, ma frangine me l’avait déposé sur la table avec cet ordre : LIS-LE !

Sale gosse, va ! Même plus le respect de son aînée !

Bon, pour la petite histoire, une fois que j’avais mis le pied à Poudlard et participé aux aventures de la chambre secrète, je sautillais partout en criant « Je veux le tome 3, je veux le tome 3 » et comme tous les autres addict de la saga, je me ruais sur le tome suivant (mais jamais à minuit !).

Cette relecture fut  une excellente idée car ma mémoire avait oublié certaines choses, comme l’arrivée de Dobby, l’elfe de maison (un esclave) qui prévient Harry d’un grand danger et qui, en voulant à tout prix le protéger, met sa vie en danger.

Et puis, le nouveau professeur de défense contre les forces du mal est le très charismatique écrivain Gilderoy Lockhart, adulé par son lectorat féminin, 5 fois gagnant du plus beau sourire, mais hyper ridicule et terriblement incompétent. Un régal. Presque aussi drôle que les jumeaux Weasley.

Mettons de suite les choses au point pour ceux ou celles qui ne le sauraient pas encore : non, Harry Potter ce n’est pas QUE pour les enfants et oui, c’est bien plus subtil qu’on pourrait le penser de prime abord car J.K Rowling a développé un univers merveilleux tout en faisant des parallèles avec le nôtre, dépourvu de magie, notamment avec l’horrible concept des sorciers de sang pur et ceux de sang impur que certains voudraient qu’il abreuve nos sillons.

Un terrible air de déjà-vu, ces sorciers qui se pensent supérieurs à d’autres en raison de leurs origines et surtout, de leur race. Ne manque plus que les bruit de bottes, les pogroms et les autodafés.

Pour ces derniers, paraît qu’on y est déjà puisque des prêtres polonais ont mis au bûcher les romans de Harry Potter car il y a de la magie et des amulettes. Certains ont dû boire autre chose que du vin de messe.

Anybref, Harry Potter, c’est un univers enchanté et enchanteur, sans pour autant être niais car même si certains concept seront hermétiques aux plus jeunes, ils sont tout de même assez grand que pour comprendre qu’on ne s’attaque pas à des sorciers sous prétextes qu’ils viennent de familles Moldues et non de lignées de sorciers.

Harry Potter, ce sont des personnages sympathiques pour certains et antipathiques pour d’autres, bien que mes envies de meurtres pour les personnages de Severus Rogue et Drago Malefoy puisque je sais tout pour le premier et que le second n’est jamais qu’un pauvre gamin de merde qui, ne trouvant pas sa place face à un père aussi exigeant que le sien, n’a de cesse que de prendre des amis médiocres qu’il domine et à emmerder les autres pour se sentir exister.

Harry Potter c’est aussi un univers avec de l’humour, des énigmes, des enquêtes, des mystères, du suspense, des potions magiques, des aventures bourrées de rythme, la vie de tous les jours à l’école de sorcellerie dont on aimerait encore en avoir plus mais aussi des tomes qui vont devenir de plus en plus sombre au fur et à mesure que nos héros vont grandir, avec en point d’orgue, ZE combat dantesque dans le tome 7.

Comme le disait si bien l’autre nain « J’vais vous dire, moi,… que je suis contente d’avoir eu l’idée de relire tous les Harry Potter et encore plus contente de les relire avec Bianca pour nos LC. En plus, elle adore comme moi, vous le constaterez en lisant sa chronique dont le lien est dans son nom.

Vivement le 3, c’est mon préféré, mon chouchou !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Agatha Raisin enquête – Tome 15 – Bal fatal : M.C. Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Titulaire Bénévole, Spécialiste des Fictions Agathiennes]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 15 – Bal fatal – Entrez dans la danse…

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (27/02/2019)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 15 : And the Deadly Dance (2004)
Traducteur : Esther Ménévis

Par Dame Ida, Pigiste Titulaire Bénévole, Spécialiste des Fictions Agathiennes

Intro Babelio :
Au cours de cette nouvelle enquête, la détective Agatha Raisin est chargée de découvrir qui menace de mort la fille de la riche divorcée Catherine Laggat-Brown. Avec l’aide de son fidèle ami sir Charles Fraith, elle tente de résoudre la première grosse affaire de sa nouvelle agence de détectives.

Résumé :
Or donc, ce nouvel opus des aventures d’Agatha commence à Paris où elle est venue passer quelques vacances.

L’auteure enfilera outrageusement de vieux clichés comme des perles, puisque selon elle, des accordéonistes se baladeraient aux terrasses du Quartier Latin, pour jouer « La vie en rose » en boucle (ben nan désolé… y en a pas ! À Montmartre oui… mais pas au Quartier Latin… Jamais vu!)…

Je passe sur les pickpockets du métro (bon ok… il y en a… en tout cas, plus que d’accordéonistes aux terrasses du quartier latin) qui vont la dépouiller…

Et évidemment les policiers français sont trop occupés à réprimer les manifestations (bon n’oubliez pas que ce livre a été écrit en 2004, soit bien longtemps avant les gilets jaunes !), pour se préoccuper des pickpockets…

Et évidemment, quand elle va aller reprendre l’avion pour rentrer chez elle, c’est juste à ce moment-là que la police fera exploser un bagage abandonné, Agatha qui n’a jamais entendu parler d’attentats terroristes, ne comprenant pas pourquoi on traiterait ainsi systématiquement les valises égarées…

J’avoue que les dix premières pages m’ont un peu crispée. Je n’aime pas trop les auteurs qui réduisent un pays à des clichés… et en particulier le mien…

Est-ce qu’Agatha boit du thé et se gave de scones à longueur de journée ? Et ben non ! Elle a avalé plus de lasagnes surgelées que de scones en 15 romans ! Alors ?

Pourquoi suis-je censée de ne manger que du fromage qui pue tartiné sur de la baguette et me saouler au bordeaux ?

Et, que dirait Dame Belette si je réduisais la Belgique aux frites, à la bière, aux querelles incessantes entre wallons et flamands et aux blagues absurdes ? (Dame Belette dirait que tu aurais raison mais que ta vision des querelles absurdes est gentille et que même nous on ne comprends plus rien à nos institutions  ! Et nos moules, elles puent, nos moules ??) OK… elle nous rappellerait qu’il y a aussi du chocolat ! Qatari le chocolat… en plus… (Que Dieu nous garde, Galler est devenu Qatari !)

Anybref, tout ceci pour justifier la décision d’Agatha de devenir détective privée…

Enfin, surtout aux yeux des béotiens qui n’ont pas lu le volume précédent de ses aventures puisque c’était sur cette décision que nous en étions déjà restés. Cette escapade parisienne n’était qu’un prétexte pour replanter le décor pour celles et ceux qui ne suivent pas, épicétou…

A peine rentrée de Paris elle va donc rendre visite à Mrs Boxbly qui lui apprend que le cottage de James Lacey (son ex) a été enfin revendu à une fonctionnaire en retraite.

Oui ! Une femme ! Là pour le coup Agatha qui a l’habitude de coucher avec tous les occupants du dit cottage depuis son arrivée à Carsely en sera pour ses frais à moins de changer d’orientation sexuelle.

Elle se contentera d’embaucher sa nouvelle voisine comme secrétaire pour son agence de détective (cela étant les patrons et les secrétaires… quoi ? un cliché ?)…

Les relations avec cette secrétaire un peu trop efficace à son goût ne seront pas simples… Très ambivalentes… C’est le moins qu’on puisse dire… C’est qu’on n’a pas le droit de briller plus qu’Agatha quand on travaille avec elle ou pour elle. Ses fans commencent à la connaître !

Évidemment lancer une agence de détective dans une petite ville de province britannique, c’est un peu difficile, mais après une brillantissime affaire de chat-perdu retrouvé (par la dite secrétaire), une autre affaire de fils perdu-retrouvé (à nouveau par sa secrétaire…) quoi que le père de celui-ci se soit davantage inquiété pour sa voiture, et une histoire d’adultère assez banale, Agatha se voit confier une « vraie » affaire de menaces de mort !

Menaces portant sur la fille d’une imbuvable nouvelle riche et radine du coin. Sauf que croyant leur sauver la vie, Agatha les entraîne toutes les deux avec elle au fond de la piscine en pleine fête de fiançailles devant un aréopage de gens triés sur le volet…

Ben oui… elle avait vu le canon d’un fusil à la fenêtre, sortir opportunément au moment où le feu d’artifice prévu avait été déclenché prématurément. Vous imaginez à quel point la cliente d’Agatha était contente de ses services en sortant de la piscine, trempée devant tous ses invités…

Sauf que… tout cela bien que fort cocasse n’est pas si simple…

Et voilà ! Le décor est planté. C’est parti pour une nouvelle aventure haute en couleur !

Mon avis :
J’avoue avoir beaucoup apprécié ce roman mené à un rythme assez soutenu, avec diverses pistes et moult rebondissements.

Et, fait appréciable, l’auteur semble ne plus trop s’appesantir sur les routines d’Agatha qui commençaient à être lassantes depuis quelques volumes…

Et notamment sur ses cogitations éternelles concernant les hommes !

Car voilà notre Agatha plus préoccupée par le lancement de son agence et ses affaires que par l’urgence de séduire le premier mâle bien mis de sa personne en vue, plus histoire de se rassurer sur ses charmes que par un réel projet de construire une nouvelle histoire.

Cela étant rassurez-vous, Agatha n’a pas totalement changé non plus… Elle n’est pas devenue insensible aux bôzhômes et les imbroglios amoureux resteront de la partie d’une manière… comment dire… assez surprenante et inédite.

Ben oui… Il n’y a pas qu’Agatha qui est pourvue d’un cœur d’artichaut figurez-vous !

Bref, si l’on excepte les insupportables clichés du début, ce roman offre une merveilleuse bonne surprise, rompant avec les recettes habituellement utilisées par l’auteure qui pensait que ses lecteurs voulaient continuer à voir Agatha tourner en rond sans aucune évolution notable de son personnage.

Voilà qui donne envie de lire le prochain volume au plus vite !

[FILMS] Holmies / Holmes & Watson (2018) – Réalisé par Etan Cohen (honte à lui !) – Dans la collection des nanars de Dame Ida

Titre : HOLMIES / Holmes & Watson

Film américain sorti en 2018

Réalisé par Etan Cohen (honte à lui !)

Joué par John Reilly, Ralph Fiennes, Will Ferreli (honte à eux aussi)

Résumé :
Rentré blessé de la guerre en Afghanistan, déprimé par la fin de sa carrière militaire, Watson est si désespéré qu’il est sur le point de se jeter du toit du 221b (on se demande comment il est arrivé là) et Holmes qui bichonne sa courge géante dans son jardin juste en dessous essaie de le convaincre de se suicider autrement pour ne pas tomber sur sa courge de compétition… mais Watson entend mal et imagine qu’Holmes voulait juste lui sauver la vie.

Mais comme c’est un crétin maladroit, il tombe quand même se réceptionne sur la courge qu’il réduit en purée.

Voilà Watson éperdu de reconnaissance, accroché dorénavant pour toujours aux basques d’Holmes, son sauveur. Il l’accompagne au procès de Moriarty qu’Holmes innocente prétendant qu’il s’agit juste d’un sosie…

Le génie du mal étant parti en Amérique… Sauf que ça n’est pas si simple…

Vous l’aurez compris, le décor est planté, ce Holmes est stupide, camé et ridicule et Watson, dealer diplômé est encore plus pathétique.

Note du Cannibal Lecteur : je me demandais l’origine du titre (Holmies) et c’est en cherchant les définitions pour les mots d’argot du roman « En lieu sûr » que j’ai compris. « Homies » veut dire « potes » et donc, « Holmies » est un jeux de mots sur le fait que Holmes & Watson étaient des potes, my friends !

Mon avis :
Rien ne nous sera épargné ! Le corset de Holmes et son accoutrement ridicule… Les définitions imagées du terme « onanisme » en plein tribunal…

Une Mrs Hudson nymphomane habillée en périprostipute et qui se fait tringler dans tous les petits coins d’un 221b transformé en hall de gare à partouze…

Une reine Victoria qui clamse ou presque au 221b en plein selfie (oui ! ils ont osé cet anachronisme censé être drôle !) et qu’on cache dans une malle parce que Holmes et Watson sont des calamités…

Un Diogène club où l’on communique par télépathie et où ceux qui n’y parviennent pas sont enfermés comme des enfants dans une garderie…

Histoires d’amours improbables entre Watson et une femme médecin sadique pendant une autopsie qui vire en remake de la scène de la poterie de Ghost… et entre Holmes et une benêt décérébrée qui bouffe des oignons crus avec lui…

Déductions absurdes…

Gags grotesques que le scénariste enfile comme des perles au point qu’on en perd très (très trèèèèèès) vite la trame de l’intrigue…

Une intrigue qui ne tient d’ailleurs pas à grand-chose. Ne me demandez même pas le dénouement du film, j’ai déclaré forfait avant la fin ! (La Belette Cannibal, quant à elle, n’a même pas tenu jusqu’au procès, c’est-à-dire que j’ai abdiqué au bout de 10 longues pénibles minutes !!!)

Bref pour résumer en quelques mots : Pipi-caca, cul, zizi… Hahahahaha !

Le genre de film qu’on ne trouve franchement plus drôle du tout après 14 ans, voire avant.

Et comme il est de plus en plus rare qu’à 14 ans on ait suffisamment lu le canon pour y voir les quelques allusions éventuellement intéressantes, ou qu’on ait une connaissance encyclopédique de toutes les adaptations holmésiennes cinématographiques ou télévisées auxquelles ce film fait des références franchement pas toujours très fines…

Et ben on se contentera (ou pas) des gags idiots dont la répétition est épuisante.

J’ai déjà apprécié d’autres parodies (Élémentaire, mon cher Lockholmes), mais celle-là est une catastrophe par ce qu’ils en font trop !

Ce film tient définitivement du croisement entre une bouse et un navet…

Non c’est une bouse lâchée par une vache nourrie exclusivement au navet.

C’est mauvais, pathétique, ridicule, nul et catastrophique.

On comprend aisément pourquoi il n’est pas sorti dans les salles françaises à Noël dernier malgré la Holmesmania née ces dernières années avec la série de la BBC.

On se demande ce qui a bien pu convaincre des acteurs à la carrière par ailleurs honorable, d’accepter de se commettre dans un tel désastre. Ont-ils des dettes urgentes à régler ? Doivent-ils se refaire après des investissements douteux de leur conseiller financier ? Les a-ton fait chanter ?

Ne perdez pas votre temps, passez votre chemin. Si vous ne m’écoutez pas… c’est à vos risques et périls et on vous aura prévenu ! Tant pis pour vous si vous y laissez quelques points de QI !

Note : C’est même pas un Sherlock barré qu’il lui faut, mais un boulet rouge ! Ou un émoticône « caca ».

Belphegor : Dans la collection « Les Vieilleries de Dame Ida » [1/2]

Titre : Belphégor

Auteur : Arthur Bernède
Édition : Le Livre de Poche (2001/2006)
Date de publication originale : 1927

Quand on est une vieille mégère de presque cinquante ans, forcément on est censée aimer les vieilleries ! Mes ados se chargent d’ailleurs assez régulièrement de me le rappeler…

Alors pour être parfaitement raccord avec ce que je suis censée être, moi, Dame Ida, décide dorénavant de me consacrer aux antiquités littéraires, aux vieux trucs qui prennent la poussière et qui moisissent sur le dessus oublié de la bibliothèque, ou dans le bas du fond !

Pour poursuivre ma collection inaugurée avec une fiche de lecture non académique de Madame Bovary, je vous ai tiré de derrière les fagots, un vieux machin qui a étrangement traversé les époques depuis que son auteur a jeté les premières lignes de son histoire.

Et franchement… Ben on se demande bien pourquoi ! Ben ouais… le bouquin était loin d’être terrible en fait!

En effet, Arthur Bernède n’imaginait pas que ce petit romain feuilleton publié dans le Petit Parisien en 1927, serait ensuite adapté pour la radio, puis en film de cinéma muet la même année puis en série télévisée en 1965, puis à nouveau en film en 2001…

Et je vous passe la série de dessin animé, la BD, le manga et même les chansons ou groupes de métal qui ont choisi le nom de cette divinité démoniaque moabite pour titre ou nom de groupe !

En 1967, un autre film, « la Malédiction de Belphégor »,  surfant sur le succès de la série, transporte le fantôme du Louvre à l’Opéra de Toulon… mais il n’est pas resté dans les mémoires…

Pas davantage que la 27e fable du livre 12 des fables de La Fontaine pourtant antérieure à toute la bande… On nous l’a pas fait apprendre à l’école celle-là !

Ma rencontre personnelle avec Belphégor est une jolie histoire familiale puisqu’en 1965, lors de la sortie de la série télé consacrée à ce fantôme hantant les allées du Louvre, mes chers parents se préparaient à se marier et la sœur de ma Môman lui confectionnait sa magnifique robe de blanche de princesse pour le défilé haute couture dans l’allée centrale de l’église.

Entre deux séances de coutures ou d’essayage, la dite robe était pendue dans le salon sous une housse sombre, la cachant à la vue du fiancé quand il passait par là… donnant une forme fantomatique à la robe qui finit par être surnommée Belphégor, puisque c’était la série à succès du moment, et que Belphégor, tout fantôme qu’il soit, est censé être tout en noir.

Quoi ? Je vous raconte ma vie ? Ouais… Mais comme dit en substance Patachou dans le Belphégor de 2001, « les gens qui me connaissent, ils la connaissent déjà ma vie, et ça les emmerde »…

Alors je m’en prends à vous ! Après tout ? Qui sait ? Vous pourriez la trouver passionnante, non ? Et puis… les vieilles qui aiment les vieilles histoires du temps où l’imprimerie était à peine rodée et où la vie était encore en noir et blanc, c’est censé radoter, non ?

Anybref ! Revenons-en à Belphégor !

Sous ce seul nom j’ai exploré le roman feuilleton original, revu la série de 1965, puis le film de 2001.

Excusez-moi de ne pas vous parler des dessins animés, mangas ou BD… mais c’est trop moderne pour moi ! Et puis, avec ces trois « œuvres » j’ai déjà de quoi nous occuper un petit peu.

Pour des raisons de format de publication et ne pas vous épuiser trop vite, Belette et moi avons fait le choix de couper l’article original en deux parties, et aujourd’hui nous ne parlerons que du roman de Bernède.

Belphégor, roman feuilleton d’Arthur Bernède (1927) – adapté la même année en film muet et en pièce radiophonique

Ce Belphégor, le vrai, l’original, raconte l’histoire de Jacques Bellegarde un journaliste très connu du Petit Parisien, emberlificoté dans une relation compliquée avec Simone, une jeune bourgeoise déconcertante et horripilante qui gaspille son héritage en jouant à l’artiste sans grand succès, et régnant sur sa petite cour mondaine.

Ah oui, on est dans le grand monde ici… Tout le monde habite un hôtel particulier ! Même le célébrissime détective privé Chantecoq, père de la délicieuse Colette qui va finir par taper dans l’œil du Jacot…

Or donc, dans la salle des dieux barbares du Louvre, les gardiens aperçoivent nuitamment le fantôme sombre qui hante les allées et s’en prend à la statue du dieu Moabite Belphégor qu’il renverse de son socle…

On le fait fuir une première fois, mais il revient et zigouille le gardien Sabarat.

Évidemment le reporter Jacques Bellegarde qui est au fait du summum du faîte du sommet de sa gloire de grand reporter au sein du microcosme parisien décide d’éclaircir cette affaire, bien décidé à ne pas perdre son temps de croire aux fantômes, malgré les lettres signées Belphégor le dissuadant d’enquêter.

Mais voilà que des indices étranges relevant d’un coup monté vicieusement ourdi feraient croire au commissaire Ménardier chargé de résoudre l’enquête que Bellegarde serait lui-même Belphégor !

Heureusement que le jeune homme peut compter sur le soutien indéfectible du détective excentrique Chantecoq, adepte des déguisements et de la loupe à l’instar d’un certain Sherlock Holmes, et qui voit en Bellegarde un innocent accusé à tort doublé d’un fiancé potable pour sa Colette…

Ce que j’en ai pensé…
Ben… C’est une vieillerie… Donc il faut lire ce roman avec un regard ouvert et « contextuel ».

On notera l’autopromotion du journal « Le Petit Parisien » qui publie dans ses pages une enquête fictive menée par un de ses journalistes qui n’existe pas…

On se fatiguera un peu du style assez bateau du roman, plein de clichés même pour l’époque, même s’il use et abuse de l’imparfait du subjonctif pour se donner un côté littéraire.

Trouvant que celui-ci s’éternisait en longueurs et redites, ainsi qu’en passages censés être romantiques et frisant le cucul la praline, j’ai en effet vite deviné qu’il s’agissait d’un roman feuilleton publié dans un journal « populaire » et n’ai pas été étonnée de le vérifier sur Wikipedia.

Ce qui frappe d’emblée c’est qu’on est trèèèèèèès loin des adaptations qui suivront en 1965 et 2001 et qui surenchériront sur le registre du fantastique !

En outre, si certains noms reviennent entre la version de 1927 et celle de 1965 (mais absolument pas dans la version de 2001), ils sont déformés, modifiés, l’importance de certain personnages principaux ou secondaires est moindre, certains sont totalement transformés ou carrément supprimés.

La psychologie des personnages est assez sommaire, et le personnage de Chantecoq est quelque peu décevant. Il se voudrait être l’incarnation d’une sorte de Sherlock Holmes à la française, une sorte de héros quasi omniscient, implacable, sans faille… mais il manque cruellement de profondeur.

C’est en fait le personnage le plus décevant de la bande alors que justement on en aurait attendu beaucoup plus. Même le personnage de Bellegarde a des côtés assez fats… Je trouve…

On devait probablement encore être à cette époque amateur de héros à l’armure parfaite, sans tâches, restant sur leur quant à soi… ce qui les rend en réalité peu humains et peu réalistes.

Si l’on dépasse son côté un peu vieillot, et le style particulier du roman feuilleton de l’époque, on peut passer un bon moment avec ce roman dont l’intrigue est plutôt prenante et reserve un sacré rebondissement final.

Demain (ou après, mystèèèère), la suite avec :

  • « Belphégor ou le Fantôme du Louvre », feuilleton en noir et blanc (1965). Cette mini-série française était composée de quatre épisodes de 70 minutes, en noir et blanc, créée, écrite et dirigée par Claude Barma, adaptée par Jacques Armand d’après le roman d’Arthur Bernède. Elle a été diffusée pour la première fois du 6 au 27 mars 1965 sur la première chaîne de l’ORTF.
  • « Belphégor, le fantôme du Louvre » (2001) le film de Jean-Paul Salomé avec Sophie Marceau et Michel Serrault.

 

Les Dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic : James Lovegrove [Par Dame Ida]

Titre : Les Dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (20/02/2019)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks, book 2 : Sherlock Holmes and the Miskatonic Monstrosities (2017)
Traducteur : Arnaud Demaegd

Intro :
Le roman commence sur les chapeaux de roues s’ouvrant sur une confrontation d’Holmes et de Watson avec une créature sortie du cerveau dérangé de Lovecraft.

On apprend ainsi que nos compères n’ont cessé de lutter contre les armées des Grands Anciens depuis le précédent volume qui avait conduit les locataires du 221b Baker Street à se frotter à eux.

Watson nous explique comment bon nombre d’aventures du canon ne sont que librement inspirées d’aventures autrement plus fantastiques lors desquelles ils avaient lutté contre des créatures maléfiques auxquelles personne n’aurait cru !

Mais il faut bien vendre du papier alors il a transformé la vérité pour la rendre plus acceptable à ses lecteurs ! On pourra saluer l’effort de l’auteur à ce propos. Retrouver des affaires du canon et leur donner une fin alternative adroite souligne son talent imaginatif.

Bref, voilà qu’à peine remis de cette séquence inaugurale Holmes et Watson sont invités à se préoccuper de l’état étrange d’un pensionnaire inconnu de l’asile s’aliénés de Londres qui couvre les murs de sa chambre/cellule d’incantations étranges. Or, cet homme sans identité disparaît dans des circonstances spectaculaires.

Et qui d’autres qu’Holmes et Watson aidés par Mycroft toujours omniscient même sur ces questions, pourraient éclaircir ce mystérieux mystère ? Comme dirait l’autre… la partie reprend !

Ce que j’en ai pensé :
Ben je suis bien embarrassée ! Je deviens difficile avec le grand âge… ça doit être ça…

Le fait est que si j’avais kiffé grave la race de Mémère avec le premier volume, le second m’a paru plus déconcertant.

En effet lors du premier roman j’avais apprécié comment l’auteur avait respecté l’usage lovecraftien de ne distiller les éléments de fantastique qu’au compte gouttes et très progressivement faisant lentement monter le suspens nous séparant de la confrontations aux horreurs cthulesques.

Le monde holmesien et lovecraftien s’entre-mêlaient adroitement et avec délicatesse… comme lorsqu’on incorpore des blancs en neige dans la pâte d’un gâteau dans le Meilleur Pâtissier.

Or là on est plongé d’emblée dans l’horreur ! Pas d’entre deux… pas de doute dans un flirte délicat entre rationalité et fantastique… on est bel et bien dans un monde parallèle peuplé de créatures venues d’on ne sait trop où (enfin si on sait mais on préférerait ne pas le savoir!) et Holmes n’est plus un banal détective consultant très doué mais un maître es arcanes occultes.

Même si on retrouve assez bien le caractère de notre détective et de notre docteur préférés on ne peut pas dire qu’ils soient animés par les motivations canoniques habituelles.

Même si l’auteur explique rapidement la mutation de nos héros pendant la quinzaine d’années séparant les deux volumes le contraste est trop rude pour une amoureuse du canon. Et même si elle aime bien Lovecraft !

On commence avec un Holmes plus très canonique… puis… Une partie du livre est davantage construite comme certaines nouvelles d’exploration de Lovecraft mais avec le suspens en moins.

C’est un peu comme si l’auteur avait hésité entre écrire un pastiche holmesien et écrire un pastiche lovecraftien sans parvenir à trancher, et essayait de faire un peu des deux pour satisfaire tout le monde mais au risque de décevoir davantage tant l’affaire est abâtardie et perd de son caractère.

Malgré tout l’intrigue générale n’est pas mauvaise du tout et le rebondissement final vaut d’avoir lu le livre jusqu’au bout et donne réellement envie de lire la suite même si Holmes n’est plus vraiment canonique.

Il suffit juste d’accepter de se laisser glisser corps et âme dans le magma poisseux dégoulinant de monstres à tentacules sortis des abysses cyclopéennes de la folie lovecraftienne.

 

Le Spectre de la rue du Puits [Melchior l’Apothicaire 02] : Indrek Hargla

Titre : Le Spectre de la rue du Puits [Melchior l’Apothicaire 02]

Auteur : Indrek Hargla
Édition : Babel Noir (2015)
Édition Originale : Rataskaevu viirastus (2010)
Traducteur : Jean-Pascal Ollivry

Résumé :
Tallinn, 1419. Le gardien d’une tour est retrouvé mort alors qu’il avait, la veille, déclaré avoir vu un spectre.

Quelque temps plus tôt, une prostituée était découverte noyée dans un puits après avoir rapporté le même témoignage.

Rue du Puits, une maison qu’on dit hantée concentre des haines ancestrales, à deux pas de la boutique de Melchior l’apothicaire.

Ce dernier arpente les ruelles de la Vieille Ville jusqu’au cimetière des dominicains, à la recherche de la vérité.

Critique :
— Je s’appelle Grote…

Désolé, mais c’était trop tentant, surtout lorsqu’on a un mort qui se prénomme Tobias Grote et qu’à chaque fois qu’on lit son nom dans le roman, on a envie de pouffer de rire, repensant au personnage des gardiens de la galaxie.

Je vais direct éliminer ce que j’ai sur le cœur au sujet de ce polar historique : un mort que l’on retrouve avec, sur le visage, une expression de terreur indicible.

Il me semblait que lors de la mort, tous les muscles se relâchaient et que donc, hormis la rigor mortis qui commencera quelques heures plus tard, le visage du décédé ne pouvait donner qu’une impression d’apaisement et pas de terreur.

— Je n’ai jamais vu pareille expression sur un mort. D’habitude, ils ont un visage apaisé, et un peu figé, tu vois ce que je veux dire. Mais Grote… c’était comme s’il avait vu un spectre.

— Il avait le visage raidi par la peur, et ce n’était pas l’effet de la douleur, j’en suis certain. Quand quelqu’un fait une chute pareille, la douleur est si intense qu’elle est impossible à supporter. Mais là, cette tête, cette bouche ouverte, ces yeux écarquillés de peur… quelle horreur ! Dieu miséricordieux !

Nous sommes en 1419, à Tallin, en Estonie et si les voyages forment la jeunesse, vu mes lectures dépaysantes, je n’aurai jamais besoin de crème anti-rides.

L’auteur prend le temps de planter le décor, même si c’est le deuxième tome, ce qui fait qu’un lecteur qui, comme moi, prendrait la série à rebrousse-poil, n’aura pas l’impression de tomber comme un cheveu dans la soupe et pourra découvrir le petit monde où Dieu et le diable sont très présents dans les esprits des gens et où la médecine en est encore à ses humeurs.

Melchior est un apothicaire qui est compétent et s’il n’a pas le niveau d’un Sherlock Holmes, il a tout de même su dénouer la pelote de nœud qu’étaient ses morts un peu étranges et comprendre aussi ce que les morts avaient voulu dire par le fait qu’ils avaient vu un spectre.

Étant en 1419, les gens étaient fort susceptibles de croire à de telles calembredaines que celles d’histoires de spectre ou de personnes mortes revenant hanter le lieu où elles avaient perdu la vie et notre apothicaire Melchior va voir son enquête s’emberlificoter dans des racontars dont on ne saura plus trop où est la vérité et où est le mensonge.

Parce qu’entre les morts de maintenant, ceux d’il y a quelque temps et ceux d’il y a septante ans (70), il y a moyen d’y perdre son latin… Ou sa vertu, sachant qu’un moine était monté comme Rocco Siffredi… Son spectre reviendrait-il nous hanter car cet homme n’a pas trouvé la paix ? Est-ce que Satan l’habite encore ?

— C’est ainsi que le récit de ses fautes anciennes s’était répandu parmi les frères ; sans doute ces histoires avaient-elles aussi pris leur essor lorsque les frères avaient vu, quand ils étaient au sauna, que le membre viril du jeune Adelbertus était long et épais, du genre dont les femmes raffolent, de sorte que tous les frères qui le voyaient détournaient le regard et disaient en pensée une prière de remerciement, eux qui, plus modestement équipés, risquaient moins d’être en permanence induits en tentation.

— On dit que ce qu’elle vit alors la réjouit fort, et que toutes les histoires qui circulaient à propos d’Abelardus étaient véridiques. C’était comme un arbre gigantesque qui s’était mis à pousser sous son habit de moine, et en voyant cela la femme l’avait saisi entre ses mains

Si le diable n’est pas responsable des morts, il se cachera dans les petits détails qui m’ont échappés et l’explication finale aura des relents d’ignominie pure et d’horreur, mais l’élément fantastique n’y sera pas.

Je ne conseillerai pas les enquêtes de Melchior à des amateurs de thriller car le rythme est assez lent au départ, l’auteur nous expliquant, aux travers des récits ou des pensées de ses personnages, une partie de l’histoire de la ville et du pays, ce qui donnera à la lecture un air de leçon d’histoire sans que cela ne devienne saoulant.

Une enquête plaisante, un dépaysement certain, une société médiévale que l’on découvre avec avidité (ce qui me permettra de me coucher moins bête au soir) avec la religion omniprésente, la politique aussi, la torture, les exécutions et des personnages aux caractères bien détaillés, restants réalistes dans leurs paroles, bien que je ne me sois pas trouvée dans cette ville à cette époque.

Un polar médiéval qui prend son temps et dont le final aura plus tendance à choquer le lecteur par son côté glauque au lieu de lui donner une bonne claque de par son inventivité, à la manière d’un roman de la mère Agatha Christie. Il reste assez classique dans son mobile, même si on a une pointe d’inventivité qui aurait pu être exploitée un peu plus.

Une découverte que je ne regrette pas, mais je ne pense pas avoir le temps de revenir à Melchior l’apothicaire, ou alors, d’ici quelques années.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).