Jack l’Éventreur – L’invention du serial killer : Faits divers à la Une ARTE (2017)

1888 : une série de crimes terrorise Londres. Alors que l’enquête piétine, les policiers de Scotland Yard reçoivent une lettre du présumé tueur.

La presse populaire s’empare alors de l’affaire et façonne une figure mythique et maléfique qui marque le XXe siècle.

Dans le quartier malfamé de White Chapel surgit « Jack l’Éventreur », le premier tueur en série de l’Histoire.

Jack the ripper est rapidement devenu un mythe repris dans la littérature – une centaine d’œuvres de fictions s’en sont emparées.

Et en langue anglaise, on compte plus d’une centaine d’ouvrages de non-fiction qui entend remonter l’histoire de cet assassin – ce qui fait de lui l’un des tueurs les plus étudiés.

Bien évidemment la littérature d’horreur profita amplement de ce personnage…

Ce que j’en ai pensé :
Vision du Londres ancien, vu d’en haut, c’est surprenant. Non, pas filmé avec un drone, mais sans doute d’un ballon…

Dans ce reportage, d’entrée de jeu, ils ajoutent Martha Tabram aux victimes de l’Éventreur…

La question reste ouverte de savoir si, oui ou non, elle faisait partie des crimes de l’Éventreur.

Dans le reportage, ils ne le soulignent pas, ce qui est une erreur, selon moi. Il faut informer le téléspectateur, pas toujours au fait de l’histoire, que cette victime ne fait pas l’unanimité au sein des Ripperologues.

Assez bien d’images d’archives dans ce reportage : on voit des fiacres et lourdes voitures tirées par des chevaux passant sur Tower Bridge (post 1888 puisque, si sa construction commença en 1886, Tower Bridge ne  fut ouvert au public que le 30 juin 1894).

D’ailleurs, durant tout le reportage, peut d’images tirées de films avec Jack seront présentées !

On nous montrera des illustrations de l’époque, parues dans les journaux ou le Police News, ou des images de Londres, tournées début du siècle ou dans les années 70, vu les couleurs.

Ce qui n’est pas plus mal, les films ne donnant pas toujours une vision correcte des meurtres et de ce fait, l’imagerie populaire a fait comme avec Holmes, l’affublant toujours de cet horrible deerstalker tout comme elle ajoute un chapeau haut-de-forme à Jack.

Pas trop de détails dans les mutilations, faudrait pas non plus dégoutter le téléspectateur lambda… de plus, le reportage ne faisant que 25 minutes, faut se concentrer sur le principal.

Les deux réalisateurs reviennent aussi sur la misère qui régnait dans ce pays riche, sur le fait qu’on pris conscience que les pauvres n’étaient pas toujours responsables de leur misère et que si prostituées il y avait, la plupart des clients des bordel étaient des bourgeois !

À l’immoralité des pauvres répond la perversité des bourgeois.

Robert Louis Stevenson a bien souligné le fait qu’une personnage respectable pouvait devenir une personne abjecte réalisant les pires choses lorsqu’il écrivit Docteur Jekyll et Mister Hyde.

On apprendra aussi que si le cinéma a toujours ajouté du fog à ses représentations des meurtres de 1888,ces jours-là, il n’y en avait pas ! Ce fait météorologique là, j’en avais connaissance, mais c’est bien qu’ils le soulignent pour les non-initiés.

Le fog représentait les pathologies résultant de l’industrialisation de la ville et le fait que Jack en était le rejeton, de cette société industrielle.

Un petit reportage un peu trop court (c’est toujours trop court), qui a eu l’intelligence de ne pas illustrer ses dires avec des scènes tirées des multiples films afin de ne pas embrouiller son monde.

Pour celui ou celle qui voudrait juste en savoir un peu plus ou se remettre les idées en place, c’est génial.

Et pour celui ou celle qui en sait déjà beaucoup (mais on ne sait jamais assez), le reportage est intéressant aussi parce qu’il donne une autre vision des ruelles de Londres, même si les images d’archives sont sans doute, pour la plupart, post 1888 dès qu’on a une caméra qui tourne.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

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Les passe-temps de Sherlock Holmes : René Réouven

Titre : Les passe-temps de Sherlock Holmes

Auteur : René Réouven
Édition : Denoël – Sueurs Froides (12/09/1989)

Résumé :
Les passe-temps de Sherlock Holmes, sont illustrés ici par trois nouvelles parodies de René Reouven, toujours rédigées selon les mêmes principes : une allusion à une citation piochée dans l’œuvre de Conan Doyle, évoquant une histoire que le Dr Watson n’a jamais osé ou voulu publier, des personnages célèbres et des faits divers réels, présents ou passés, qui s’inscrivent en toile de fond.

Dans les trois récits, les « passe-temps » correspondent à la résolution d’énigmes survenues dans un passé bien antérieur à l’époque des héros de Baker Street, mais qui trouvent un écho dans les enquêtes menées au présent.

  • « La tragédie des Addleton »
  • « La mort subite du cardinal Tosca »
  • « La persécution spéciale »

Critique :
Il fait chaud et pour me rafraîchir, je m’enfile des « pastiches » (comme dirait Alambix et son accent) à tour de bras.

Certains sont parfois trop dosés, mais là, j’hésite entre le trop dilué ou le trop concentré.

Ce n’est ni le premier, ni la première fois que Réouven se penche sur les Untold Stories, ces histoires citées dans les aventures canoniques de Holmes mais jamais racontées.

Nous en avons trois ici qui vont nous être contées et si j’ai passé un bon moment de lecture, il y a tout de même quelques petits morceaux qui passent moins bien et je vais vous dire lesquelles.

Déjà, la première histoire est cousue de fil blanc et le coupable est visible comme un deerstalker posé sur la tête. Si l’enquête sur le double mystère de l’identité de Shakespeare et de Marlowe (Christopher, pas Philip, ni la capitaine de gendarmerie).

Bon, l’identité de la mère laisse un peu pantois, limite irréel, mais bon, la chair est faible et les enfants faciles à faire…

Pour le reste de la solution de l’énigme, je la laisserai à l’appréciation de chacun, elle est étayée d’une certaine manière (nous sommes dans de la fiction), mais reste toujours supputée car nous n’avons aucune preuve véridique, s’est passée dans les années 1500 (1564 et plus) et pourrait faire grincer les dents des plus pointilleux.

Niveau erreurs flagrantes, je relèverai celle de Guy Fawkes qui ici, est renommé Guy Hawkes (?) et le pléonasme horrible de « deux jumeaux ».

Pour ce qui est de la narration, l’auteur utilise le passé simple, quelques subjonctifs présent et imparfaits, ce qui va bien dans le texte, mais il utilise aussi des termes anglais sans les traduire en bas de page…

La deuxième enquête nous parlera du fameux cardinal Tosca et là où je grince des dents, c’est en voyant Holmes utiliser le titre de « votre éminence » devant le cardinal Guiseppe Sarto et se comporter comme un petit catholique alors qu’en tant que protestant, il ne reconnaît pas l’autorité du pape.

Maintenant, on ne nous a jamais dit à quelle religion Holmes appartenait, mais la logique voudrait que ce soit celle du protestantisme, non ? Il était croyant, on le sait, c’est du moins ce que l’on déduit de son monologue de la rose dans « Le traité naval ».

Cette deuxième enquête a de bonnes choses, notamment sur les peuples, les races, les différentes religions, les références aux divers pogroms qui ont ensanglanté les siècles précédents, niveau Histoire, on se couche moins bête, mais il y a parfois un peu trop de blablas et, tout comme la première, Holmes est obligé de supputer ce qui s’est passé puisque cette histoire est ancrée dans le passé lointain.

Pour la troisième, je dirais « mouais »… On a connu mieux mais elle est correcte et la manière de vouloir tuer est pour le moins originale, pas ressassée du tout.

Un apocryphe qui met en scène Holmes dans le format qui lui convient le mieux : les nouvelles, qui ne révolutionnera sûrement pas le policier, bien que l’auteur nous présente ici un Holmes plus érudit que les écrits canoniques ne le laissent supposer.

Correct mais pas transcendantal.

Mais au moins, Watson enquête avec Holmes, l’éclaire sans être une lumière (dixit Holmes), bref, ce n’est pas le benêt présenté comme parfois (dans une ancienne série et des films) et madame Hudson y met du sien.

PS : Alambix est un personnage que l’on retrouve dans « Astérix et le bouclier Arverne ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Mon Ami Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moens

Titre : Mon Ami Sherlock Holmes

Auteur : Martine Ruzé-Moens
Édition : du Net (14/01/2016)

Résumé :
LE CARNET : Cette vieille aventure qui s’était déroulée fin 1888, n’aurait jamais dû sortir de Baker Street, s’il n’y avait pas eu, six années plus tard, ce noyé repêché dans la Tamise, toutes mes notes et mes documents dormiraient encore paisiblement au fond de ma vieille cantine.

Mais Sherlock Holmes n’avait eu aucune difficulté à identifier Alfred Miller, une ancienne connaissance de Whitechapel…

Deux journalistes téméraires, une étrange disparition, un poème diabolique, une cliente très particulière, un carnet égaré, un amoureux éconduit, l’ombre des victimes de Jack l’Éventreur, l’incompétence des polices locales et l’ambiance populaire des pubs londoniens, tels sont les principaux ingrédients de cette aventure qui nous entraîne dans le sordide quartier de Whitechapel, à la fin du 19è siècle.

Sherlock Holmes, aux prises avec ses démons, va y mener une enquête difficile, au surprenant dénouement.

En bonus, SANTA CLAUS, une enquête sous forme de conte de Noël holmésien.

Critique :
Régulièrement, je passe fouiner sur le site de la SSHF afin de voir les nouvelles sorties holmésiennes…

Hélas, ces derniers temps, le site n’était plus tout à fait à jour à ce niveau-là et quelle ne fut pas ma surprise en découvrant qu’un nouveau titre était apparu (on passe du 19/01/2017 au 11/04/2018, c’est vous dire le trou).

L’auteure n’est pas une inconnue pour moi puisqu’elle m’avait séduite avec son  précédent titre, « Les vacances de Sherlock Holmes » dont je vous parlerai un autre jour (faudra que je le relise).

Ici, nous allons nous aventurer dans les crimes sordides de 1888, mais sans trop y entrer, Holmes se trouvant à ce moment là sur d’autres enquêtes et Watson dans ses préparatifs de mariage, mais les protagonistes vont tous se trouver à un moment donné au Ten Bell Pub et croiser Mary Jane Kelly.

N’espérez pas une résolution de l’affaire de Jack The Ripper, mais l’auteur joue brillamment sur le meurtre en chambre de Mary Jane et sur le fait que l’Éventreur a changé son modus operandi puisqu’il a pris son temps et à massacré à l’intérieur et non à l’extérieur.

La théorie de Holmes est plausible dans l’enquête qu’il a mené et des informations qu’il a obtenue.

Le portrait du détective est assez fidèle à l’original, mis à la sauce de l’auteure (madame Hudson sur le For’holmiste de la SSHF) et Watson est vraiment le compagnon fidèle mais qui a son mot à dire et intervient parfois vertement s’il n’est pas d’accord avec une théorie du maître.

À noter que ce tome comporte des références à leurs aventures publiées dans le fameux  « Les vacances de Sherlock Holmes » car si nous faisons une incursion dans l’année 1888, c’est en 1994 que nos amis se trouvent, après le Grand Hiatus, donc.

Un roman holmésien qui se boit comme du petit lait et qui se lit les doigts de pied en éventail tant le plaisir est présent lors de la lecture.

Certes, l’enquête ne révolutionnera pas le genre, ne vous attendez pas à un truc de malade à la sauce Thilliez, le but n’est pas non plus de nous sortir une solution à la Agatha Christie, mais de faire revivre le grand détective de Baker Street aux travers d’aventures sans prétention mais travaillées.

Un roman que je ne regrette pas d’avoir commandé sur un grand site de vente en ligne avec livraison gratos.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Défi à Sherlock Holmes : Béatrice Nicodème

Titre : Défi à Sherlock Holmes

Auteur : Béatrice Nicodème
Édition : Fleuve Noir (12/09/1999) / Hachette Jeunesse (2012)

Résumé :
Londres à la fin du XIXe siècle…
Une série de crimes particulièrement atroces tient la police en échec. Et voilà que le mystérieux assassin va jusqu’à lancer un défi à Sherlock Holmes en personne !

Une femme de la haute société, la bonne d’un prêtre, une couturière un égyptologue de renom, mais qui seront les prochaines victimes ?

Critique :
Cela faisait plus de 20 ans que j’avais lu ce petit apocryphe holmésien et la seule chose qui était restée dans ma mémoire, était le fait que je l’avais apprécié.

Hormis la dernière ligne du final qui m’avait fait chaud au coeur, je ne me souvenais plus du tout de l’intrigue.

Le Mois Anglais est là pour me faire sortir de mes étagères des pastiches holmésiens lus au siècle dernier. Ce n’est pas comme si j’avais une PAL énorme et urgente non plus *rire jaune*

Mon verdict ? Le roman a bien passé les âges et mon appréciation est toujours enthousiaste car cela reste un pastiche de bonne facture comparé à ce que j’ai déjà lu (et j’en ai lu des tas).

Canoniquement parlant, le Sherlock Holmes et le Docteur John Watson de l’auteure sont conformes, hormis quelques ajustements dont je ne divulguerai rien, mais qui, traités ainsi, restent plausibles pour moi.

Certains hurleront à l’hérésie, mais c’est un sacrilège qui ne l’est pas à mes yeux.

— Les femmes sont vraiment les créatures les plus retorses qui existent. Exception faite de Mary Morstan, bien entendu !
— Vos sarcasmes, mon cher Holmes…
— Pardonnez-moi, Watson : Irene Adler m’a guéri à jamais du désir de me lier avec une femme, et c’est ce qui me rend parfois amer. Mais c’est vous qui êtes dans le vrai, bien sûr. Quant à moi, mon métier m’interdit de laisser mon coeur gouverner mon cerveau.

L’écriture n’est pas moderne et s’inscrit bien dans l’époque où les faits se déroulent, c’est-à-dire en janvier 1889. Sans pour autant adopter un style victorien ampoulé et rigide, Béatrice Nicodème nous propose un style d’écriture à la Conan Doyle, dilué dans son encrier personnel.

D’ailleurs, durant tout le récit, l’auteure fait souvent référence à des aventures canoniques de nos deux amis de Baker Street, sans que cela importune la lecture avec une tonne de renvois en bas de page.

Ça se lit sans peine, assez vite, hélas, sans pour autant être une écriture bas de gamme. Le genre de roman à emporter sur la plage, n’en déplaise à certaines ! mdr

L’enquête n’est pas simple, mais elle est rondement menée, avec un Holmes qui se livre à moult déductions pour mon plus grand plaisir, qui doute, qui se trompe avant de retomber sur ses pieds.

— Que voulez-vous dire ? Vous doutez, maintenant ?
— Je doute toujours de ce qui n’est pas prouvé. J’ai besoin de voir pour croire. Et jusqu’à présent, ce que j’ai vu…

Une enquête bourrée aussi de déguisements, d’Irregulars, d’un Watson qui a quitté le 221B pour un autre logement où il vivra avec Mary Morstan après l’avoir épousée, d’un Méchant insaisissable et mystérieux, d’une femme belle, intrigante et intelligente…

— Cette enquête débute de bien étrange façon. C’est pourquoi elle devrait être facile à mener : plus une chose est bizarre, moins elle recèle de mystère. Ce sont les crimes banals qui sont difficiles à élucider.
Ce en quoi, pour une fois, le grand détective se trompait.

— Ah, mademoiselle Saint-Cyr, jamais je n’aurais cru possible de rencontrer une femme qui possède une intelligence masculine ! Vous avez vu juste, tellement juste !

Mon seul bémol viendra pour le mobile des crimes… De deux choses l’une : où le mobile est trop exagéré, trop mou, ou alors, la dent est dure ! Quoiqu’il en soit, c’est trop mou ou trop dur… N’y voyez aucune pensée grivoise.

J’ajouterai aussi que le nom du mystérieux adversaire de Holmes était un poil un peu risible : Le Cancrelat ! Si je devenais devenir une criminelle d’envergure, si j’avais des envies de défier LE plus grand détective, je me choisirais un pseudo un peu plus grandiose. Pas vous ?

Malgré ces petites choses (pour certains, elle sont grandes), mon plaisir de relecture n’a pas été entamé et c’est avec un grand sourire que j’ai reposé cet apocryphe dans mon étagère, bien contente de l’avoir relu afin de garder une trace de mes impressions pour la postérité (celle de qui ? Je ne sais pas. La mienne, sans doute).

Ce n’était que mon avis mais j’ai été contente de vous le donner.

— La déduction seule mène à la vérité.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

L’héritier de Moriarty : Annelie Wendeberg [LC avec Bianca]

Titre : L’héritier de Moriarty

Auteur : Annelie Wendeberg
Édition : Presses de la cité – Sang d’encre (26/04/2018)
Édition Originale : The Journey (2014)
Traducteur : Florence Hertz

Résumé :
Anna Kronberg revient… enceinte et traquée.

Enceinte de son pire ennemi, Anna Kronberg a repris espoir quand elle est parvenue, épaulée par Sherlock Holmes, à empoisonner Moriarty.

Mais le redoutable professeur a tout mis en œuvre pour pouvoir continuer, même après sa mort, à torturer la mère de son enfant à naître : il a demandé au colonel Moran, son homme de main et grand chasseur de gibier, de mettre la main sur Anna et Holmes, puis d’attendre la naissance de l’enfant, d’enlever le nouveau-né et de tuer les deux acolytes.

Commence alors une course-poursuite entre plusieurs continents, sur fond de menaces d’attaques bactériologiques, de réseaux d’espionnage et de prémisses de grand conflit mondial.

Holmes et Kronberg sont prêts à tout pour contrer les funestes projets de Moriarty, même à mettre en scène une fausse-couche…

Critique :
C’est avec un polichinelle dans le tiroir que nous retrouvons Anna Kronberg, pataugeant dans la lande humide en compagnie de Sherlock Holmes.

Dans son ventre, l’enfant de Moriarty grandi et, suivant la haute silhouette de Holmes, elle fuit le colonel Sebastian Moran.

Ce troisième épisode, je l’attendais et le craignais à la fois car il fallait rebondir sur un tome 2 très huis clos où Holmes était peu présent et où Anna avait affronté Moriarty.

Enceinte et en fuite, cela pouvait vite tourner en eau de boudin ou en guerre larvée avec un Holmes excédé par une femme en cloque qui, soyez certain, n’a pas envie de mettre sur l’mur, au-dessus du berceau, une photo d’Arthur Rimbaud !

Et puis, avec un Holmes aux p’tits soins, qui s’défonce en huit pour qu’elle manque de rien la p’tite… Et bien, ça la fout en rogne, Anna, qu’on lui fasse preuve de sollicitude ou qu’on la croie en porcelaine.

L’auteur a bien tiré son épingle hors du jeu, sans tomber dans les pièges d’une pareille histoire, évitant tous les écueils guimauviens et nos amis avaient beau être à pied et trempé, on s’est vite retrouvé à la moitié du récit qu’on n’y avait rien vu.

Le couple Holmes-Kronberg marche du tonnerre sans jamais sombrer dans la mièvrerie. Il est composé de respect, de sentiments amoureux (pour Anna), d’amitié, de cerveaux connectés et d’un Holmes qui a envie de faire un pas en avant tout en faisant trois pas en arrière.

Accorder leurs violons semble être une tâche pour le moins difficile, surtout que Holmes ne montre jamais ses sentiments et que s’il se dévoile un peu, c’est pour mieux se refermer, tel une huitre à qui on voudrait voler sa perle.

Un passage que j’ai bien aimé, ce sont les réflexions d’Anna sur les prostituées et sur le carcan dans lequel la société victorienne se réfugie, regardant ailleurs. Le fait d’avoir visionnéé des reportages sur Jack The Ripper m’a ouvert une fenêtre en plus dans le récit.

Anna n’a pas sa langue en poche et elle ne se prive pas de fustiger cette société qui refuse des droits aux femmes, qui les empêche d’accéder à certaines professions, sur le fait que cette société bien-pensante évite de parler de sexe et qu’elle fasse comme si les femmes tombaient enceinte de par l’opération du Saint-Esprit ! Savoureux !

Niveau rythme et suspense, on n’est pas volé. L’ombre de Moran et de son sbire plane sur le récit et si l’homme était un animal, on sentirait son haleine fétide sur nos talons. D’ailleurs, tout comme Holmes et Anna, on n’est jamais trop sûr d’avoir réussi à le berner.

L’ennemi est à la hauteur, c’est un chasseur de grands fauves et si Holmes est traqué aussi, c’est Anna qui fait souvent figure de chèvre pour appâter le chasseur transformé en tigre.

Le récit se veut réaliste au niveau des douleurs ressentie par une femme enceinte ainsi que dans la scène d’accouchement. Le fait qu’Anna soit médecin donne aussi plus de corps à ce genre de détails puisqu’elle connait bien l’anatomie humaine.

Dommage que le récit n’ait pas été un peu plus long ce qui l’aurait étoffé. C’est bien joli de nous reparler de la menace bactériologique des tomes 1 et 2, mais l’auteure ne pousse pas assez loin cette menace et cela donne un sentiment inachevé, comme si on avait mis des épices sur le plat principal mais oublié de saler un des accompagnement.

Le final est comme il devait être, dans la logique. J’aurais aimé un autre, mais ce que mon coeur désirait mon esprit ne pouvait le valider car il aurait été à l’encontre de ce que les trois tomes nous avaient montré.

Une belle trilogie politico-historique avec, en toile de fond, les prémices de ce qui deviendra La Grande Guerre avec son cortèges d’horreurs dont on aura un bref aperçu dans l’annexe.

Une trilogie holmésienne où Holmes n’est pas le personnage principal mais qui se retrouve tout de même aux avants-postes avec une compagne d’enquête qui n’a pas démérité sa place.

Une LC surprise avec Bianca car non programmée au départ. Ma binôme savait que j’attendrais le mois de juin pour le lire et elle a attendu avec moi aussi, afin que nous le découvrions ensemble. Merci à elle.

3,78 Sherlock

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Black Butler – Tome 25 : Yana Toboso

Titre : Black Butler – Tome 25

Scénariste : Yana Toboso
Dessinateur : Yana Toboso

Édition : Kana (16/03/2018)

Résumé :
Afin de contrer le music-hall et ses activités clandestines, Ciel décide de monter son propre établissement et de proposer son propre spectacle : les Phantom Five.

Critique :
Enfin, nous allions savoir ce qui se passe derrière les hautes portes du Sphere Musical !

Bon, j’en savais déjà un peu plus grâce au tome précédent, mais je ne vais pas vous en dire trop non plus.

Cette aventure a tout des airs d’une bagarre entre deux boys-band, sorte de guerre entre les To Be Frites et les World’Patate, comme au bon vieux temps de notre jeunesse où certaines filles devenaient hystériques face à ces bôgosses.

Le plan de Ciel est bien trouvé, très bien trouvé et à la limite du machiavélisme car, pour arriver à coincer les hommes de mains de Bravat, il n’hésitera pas à envoyer des gens à la mort et à utiliser les gens de son entourage comme des pions.

Non, Ciel n’a rien d’un gentil petit garçon et ce tome nous montre une fois de plus sa noirceur, même si elle était utile pour faire cesser les activités de Bravat. La fin justifie-t-elle les moyens ? Vous avez 3h pour me pondre vos pages.

Anybref, maintenant, je sais tout, mais je me demande si ce genre de chose aurait été possible dans l’Angleterre victorienne… Sans doute que non, mais puisque nous avons un diable de majordome à nos côtés, on se dit que tout est possible.

Un tome bourré de révélations, d’humour, de suspense et qui se termine avec un cliffhanger de malade (sadisme !!) juste pour nous pourrir la vie jusqu’au prochain tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Arrowood : Mick Finlay

Titre : Arrowood

Auteur : Mick Finlay
Édition : Harper Collins (14/02/2018)
Édition Originale : Arrowood (2017)
Traducteur : Marta De Tena

Résumé :
1895 : Londres a peur. Un tueur terrorise la ville. Les pauvres ont faim ; les criminels prennent le contrôle des rues ; la police, débordée, arrive à un point de rupture.

Tandis que les bourgeois se tournent vers Sherlock Holmes pour qu’il résolve leurs problèmes, dans les quartiers surpeuplés du sud de Londres, les gens s’en remettent à un homme qui méprise Holmes, sa clientèle fortunée et ses méthodes de travail voyeuristes.

Cet homme, c’est Arrowood – psychologue autodidacte, ivrogne occasionnel, et détective privé.

Quand un homme disparaît mystérieusement et que la meilleure piste d’Arrowood est poignardée sous yeux, Arrowood et son comparse Barnett doivent faire face à leur plus rude défi : capturer Mr Cream, le malfrat le plus redouté de la ville.

Une enquête savoureuse, à la façon de Anthony Horowitz et Andrew Taylor.

Critique :
— COMMENT ??? Que lis-je ? Que vois-je ? Tu as osé critiquer Sherlock Holmes ? Non mais, j’hallucine, là ! Arrowood, viens un peu t’expliquer ici, TOUT DE SUITE !!

— Mais madame Belette, ce n’est pas de ma faute, je suis jaloux du succès de ce détective de Baker Street ! Il a tout pour lui…

— Bon, au moins tu avoues que tu es jaloux de son talent !

— Son talent, son talent ! Hé, il a fait des erreurs, ton grand détective !

— La preuve qu’il est humain et non une machine, la preuve qu’il est réaliste, aussi. Et toi, Arrowood, as-tu la conscience tranquille ou n’aurais-tu pas aussi foiré une affaire dans ta carrière ? Non, ne répond pas, tes yeux fuyants parlent pour toi.

Oui, Arrowood est un détective de Londres, oui, il déteste Holmes, oui, il est un peu jaloux de son succès, oui, il est de mauvaise foi, oui, il a une haute opinion de lui-même, pourtant, il est moins bon que Holmes, moins rapide aussi, mais c’est normal, Sherlock Holmes reste le meilleur détective au monde !

— Vous avez une haute opinion de votre personne, Arrowood, dit l’agent, irrité. Vous ne me ferez pas croire que vous pourriez résoudre les affaires qu’il a démêlées. Holmes a plus d’esprit que quatre hommes réunis.

On ne peut pas dire non plus qu’Arrowood croule sous les affaires à résoudre : cela fait un certain temps qu’il n’a pas eu d’enquête, il gratte les fonds de tiroir pour trouver une piécette et les petites gens ne se bousculent pas à sa porte comme on pourrait le croire en lisant la phrase notée sur la couverture.

— Vous n’arrivez pas à la cheville de Holmes, Arrowood, cracha Coyle, jetant encore de l’huile sur le feu. Regardez-vous ! Vous n’êtes qu’un vieux limier fatigué, qui gagne sa croûte en traquant des endettés avec votre homme de main. On dit aussi que vous êtes doué pour prendre sur le fait les femmes des cocus. Vous aimez ça, on dirait.
Je sentis que le patron était de nouveau à deux doigts d’éclater.

Pourtant, malgré tout ça, j’ai apprécié l’enquête de William Arrowood et de son ami et assistant Norman Barnett, même si tous les deux manquaient un peu de charisme, d’épaisseur, et il faudrait un second tome pour les étoffer un peu afin que l’on s’attache à eux (ce qui fut direct pour Holmes et Watson).

L’enquête est agréable à suivre, truffée de pistes dont on ne comprend pas au départ les relations entre elles, avant que la lumière ne se fasse à la fin.

Nos deux personnages vont arpenter les ruelles sordides de Londres, croiser quelques spécimens rares de ces abysses.

Si la ville de Londres et ses habitants semblent moins présents que je ne l’aurais espéré, nous aurons tout de même quelques indications sur les conditions de vie qui régnaient dans ces quartiers (famine, misère, prostitution,…), par opposition aux belles maisons dont nous pousserons la porte plus tard dans l’enquête.

Attention, ce n’est pas parce que l’on pète dans la soie, que l’on mange plus qu’à sa faim, tout en buvant le thé avec le petit doigt en l’air que l’on vaut mieux que les miséreux qui peinent pour nouer les deux bouts. Il y a bien souvent des squelettes peu reluisants dans les placards de ces gens de la Haute…

Un polar historique agréable à lire, une incursion dans une autre société que celle de Holmes, un côté politique non négligeable sans pour autant rebuter les allergiques de la chose, du mystère, des fausses pistes, des mensonges, des allusions aux enquêtes de Holmes, le tout donnant un mélange harmonieux.

Le thé que je viens de déguster n’étant pas servi dans une tasse de porcelaine, mais si Arrowood me proposait une autre tasse de son thé particulier, je ne dirais pas non et je la boirais afin de savoir si le nouveau breuvage a évolué depuis le précédent.

De plus, je serais heureuse de pouvoir discuter avec Arrowood de tout ce qu’il reproche à Holmes et au récit de ses enquêtes car je sais que sur certains points, il n’a pas tort…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

 

L’homme aux deux ombres : Steven Price

Titre : L’homme aux deux ombres

Auteur : Steven Price
Édition : Denoël (9 Novembre 2017)
Édition Originale : By Gaslight
Traducteur : Pierre Ménard

Résumé :
Londres, 1885. Une tête de femme est repêchée dans les eaux sombres de la Tamise.

En charge de l’enquête, le grand détective William Pinkerton se lance sur la piste du célèbre Edward Shade, mais ce dernier lui file sans cesse entre les doigts.

Pinkerton s’engouffre alors dans les bas-fonds londoniens : réverbères dans la brume, fumeries d’opium, égouts tortueux, séances de spiritisme.

Il y découvre un monde d’espions, de maîtres chanteurs, d’adeptes de sectes, de voleurs à la petite semaine et de tueurs sans pitié.

Grandiose, profondément évocateur, L’Homme aux deux ombres dresse le portrait saisissant de personnages au bord de l’abîme.

Plongé dans un univers de secrets et de faux-semblants, le lecteur découvre l’histoire du lien improbable entre William Pinkerton, détective de légende, et Edward Shade, l’homme le plus mystérieux de la capitale victorienne.

Critique :
Si vous avez envie de savoir à quoi pouvait bien ressembler Londres en 1885 et si le souffle de la grande aventure vous tente, faut pas hésiter et plonger la tête la première dans cette grosse brique !

Non seulement ce roman vous promènera dans une partie des bas-fonds londoniens, mais, en plus, il vous emmènera en Afrique du Sud pour un vol de diamant et aux États-Unis durant la guerre de Sécession.

Le tout grâce à deux personnages principaux dont je vais vous parler un peu.

Le premier, ce sera William Pinkerton… Oui, c’est bien le fils de l’autre, Allan, le fondateur de l’agence de détectives américaines.

William est à Londres et « Le fils de » suivait Charlotte Reckitt, une femme sensée le mener sur la piste de l’insaisissable Edward Shade, quand celle-ci est retrouvée découpée en morceaux et jetée dans la Tamise.

D’un autre côté, nous avons fait aussi connaissance avec Adam Foole et sa fine équipe composée d’un ancien taulard et une gamine aux doigts de fées. Adam est l’ancien amant de Charlotte Reckitt et qui voudrait bien savoir ce qui est arrivée à son ex copine pour finir en puzzle grandeur nature.

770 pages qui sentent bon la grande aventure car on passera des bas-fonds à quelques salons feutrés, on se baladera dans les égouts, sur la Tamise, on jouera les monte-en l’air, aussi, sans oublier que nous voyagerons aussi dans le temps et l’espace, passant de Londres à l’Afrique du Sud et à l’Amérique en guerre.

Au travers des yeux et les souvenirs des deux personnages principaux que sont William Pinkerton et Adam Foole, on suivra cette enquête au plus près, tout en faisant de courtes incursions dans leur passé, ce qui pourrait apporter de la lumière sur leur présent et sur leur moi profond.

Les personnages sont remplis de doutes, tout un affichant un air d’hommes sûrs d’eux, ils ne sont pas manichéens, possèdent des qualités, des défauts et sont assez complexes dans leur portrait brossé. Rien n’est jamais tout à fait noir ni tout à fait blanc, chez eux.

Si les personnages ont leur importance, le décor qui les entoure en a encore plus et l’auteur a su créer une atmosphère qui colle aux doigts, une atmosphère réaliste et il faudra compter avec le personnage de la ville de Londres.

Parfois, il y avait quelques longueurs, une centaine de pages auraient rendu le rythme plus trépident, mais il aurait fallu pour cela sabrer dans tout le décor, et, ma foi, cela aurait été dommage.

Par contre, j’ai eu du mal au départ avec les dialogues car ils ne comportent ni tiret cadratin, ni guillemets. Heureusement qu’il y avait un saut de ligne, sinon, le roman aurait été indigeste.

Mon seul véritable bémol sera pour un petit manque de flamboyance dans le souffle dans la grande aventure épique : il a manqué un peu d’épices dans les personnages de l’équipe d’Adam Foole pour que je m’attache vraiment à eux.


Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , le challenge US (2017-2018) chez Noctembule, le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Sherlock, Lupin et moi – Tome 4 – La Cathédrale de la peur : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin et moi – Tome 4 – La Cathédrale de la peur

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel Jeunesse (03/01/2018)
Édition Originale : Sherlock, Lupin et Io : La cattedrale della paura
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Irene et sa famille viennent de s’installer à Evreux. Alors qu’elle visite la ville, Irene est approchée par une inconnue qui lui annonce que sa mère court un grave danger. Qui est-elle ? Et d’où vient-elle ?

Intriguée par ce nouveau mystère, Irene fait appel à ses amis, Sherlock et Lupin. Leur enquête les conduira dans les rues de Paris, au cœur d’une crypte secrète dont on murmure qu’elle renferme un trésor inestimable…

Critique :
C’est un véritable plaisir pour moi que de lire les aventures de nos jeunes enquêteurs en herbe car en plus d’apporter un vent de fraicheur après une lecture ardue, on sent déjà bien les différents caractères qui s’affinent.

Comme des bons fromages, ou du vin, nos jeunes amis mûrissent, prennent de l’étoffe et les futurs adultes qu’ils seront commencent à se dessiner.

Sans révolutionner le genre policier, sans être novateur, les aventures de nos jeunes amis sont toujours plaisantes à lire et font du bien à l’esprit, sans pour autant offrir du temps de cerveau à une célèbre boisson gazeuse.

Cette fois-ci, on quitte Londres et on retourne en France, dans la campagne, pour une enquête qui va les mener jusqu’à la ville lumière, qui sombre dans la famine, suite à la guerre franco-allemande de 1870.

Irene, de par son journal « intime », nous raconte sa vie – mais pas trop – et ses aventures de folie avec Lupin et Sherlock, et dans ce tome, nous en apprendrons un peu plus sur elle et sur ce qu’elle nous parle depuis le premier tome, c’est à dire sur ses parents.

Si le début est assez calme, ensuite, pas le temps de s’asseoir ou de boire un café car on va bouger, enquêter, faire des filatures, se faufiler dans des lieux mal famés, et faire des tas de déductions.

Une chose m’a surprise et sursauté : l’utilisation d’un mot wallon que j’utilise souvent « bardouchi » que je fais suivre par « de kermesse ». Et oui, l’enquête aura quelques origines namuroises… Pour un français, ça ne comptera pas, mais pour une Belge qui vient du Sud (de la Belgique), ça compte.

Anybref, sans révolutionner le genre, cette série est bien fichue, agréable à lire, elle vous aère la tête en vous offrant du plaisir durant 250 pages, et, sans se prendre la tête, vous offre du suspense, du mystère, et un beau moment d’amitié.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

 

[FILMS] The Limehouse Golem – Golem, le tueur de Londres : Juan Carlos Medina (2017)

Golem, le tueur de Londres (The Limehouse Golem, litt. « Le Golem de Limehouse ») est un film d’horreur britannique réalisé par Juan Carlos Medina, sorti en 2016.

Il s’agit de l’adaptation du roman Le Golem de Londres (Dan Leno and the Limehouse Golem) de Peter Ackroyd (1994).

Synopsis : 
Dans le Londres des années 1880. Une série de meurtres sanglants et cruels secouent le quartier glauque de Limehouse.

L’opinion publique met en évidence que ces crimes ne peuvent avoir été commis que par le monstre Golem, un monstre des légendes hébraïques d’Europe centrale.

La police britannique, Scotland Yard envoie John Kildare, l’un de ses meilleurs détectives, pour tenter de démasquer le coupable au sein d’un music-hall.

Fiche technique :

  • Titre original : The Limehouse Golem
  • Titre français : Golem, le tueur de Londres
  • Réalisation : Juan Carlos Medina
  • Scénario : Jane Goldman, d’après le roman « Le Golem de Londres » (« Dan Leno and the Limehouse Golem ») de Peter Ackroyd
  • Genres : horreur / policier
  • Durée : 105 minutes
  • Dates de sortie :
    • Canada : 1er juillet 2017
    • France : 31 mars 2017; 23 janvier 2018 (DVD)
    • Royaume-Uni : 1er septembre 2017
    • Québec : 13 octobre 2017

Distribution :

  • Bill Nighy : l’inspecteur John Kildare
  • Olivia Cooke : Elizabeth Cree
  • Amelia Crouch : Elizabeth jeune
  • Douglas Booth : Dan Leno
  • Adam Brown : M. Gerrard
  • Daniel Mays : George Flood
  • Sam Reid : John Cree

Ce que j’en ai pensé :
Afin de célébrer dignement la Saint-Valentin, il nous fallait un film un peu gore, avec du sang et des meurtres.

C’était ça ou le chef-d’œuvre du film romantique « The Addams Family » que j’avais revu il y a peu.

Allez hop, on s’encanaillera avec le Golem qui, en anglais, est de Limehouse et en français, de Londres.

Cherchez pas, docteur !

Les ambiances victoriennes sont reproduites correctement, aussi bien niveau vêtements que pour les ruelles sombres et mal éclairées des dock et des quartiers mal famés.

On passera bien entendu plus de temps dans des intérieurs que des extérieurs, c’est-à-dire dans des maisons « bourgeoises », au poste de police, dans les cachots, des des taudis où au music hall, le cabaret de Dan Leno.

En ce qui concerne les acteurs, je les ai trouvé bien dans leurs rôles, à leur place, chacun ayant des petites choses à cacher, des petits secrets, certaines étant même des gros secrets pas très jolis jolis !

La construction du film est agencée de la sorte que le téléspectateur découvrira les meurtres d’une manière originale : pendant que l’inspecteur John Kildare (l’épatant Bill Nighty) de Scotland Yard demande un échantillon de l’écriture des principaux suspects, il l’imagine en train de tuer les prostituées, le rabbin ou le couple de tailleurs.

Ce qui, bien entendu, vous embrouillera bien l’esprit pour tâcher de savoir QUI est le Golem de Londres qui tue violemment tous ces gens qui n’ont rien en commun.

L’enquête piétine et comme bouc émissaire, on a donc parachuté le détective John Kildare de Scotland Yard, ainsi, s’il se plante, le détective maison ne sera pas inquiété et on pourra casser du sucre sur le dos de John Kildare, l’enquêteur qui a ses propres démons et quelques rumeurs qui lui collent au cul, dont celle de préférer la frite à la moule, si vous voyez ce que je veux dire.

Niveau meurtres, c’est bien gore, mais pas trop, les détails les plus horribles ne seront montrés que peu de temps, les esprits les plus impressionnables peuvent donc le regarder et fermer les yeux durant quelques secondes, si c’est nécessaire.

Niveau scénario, il est alambiqué et à la fin, j’ai dû faire marcher mes petites cellules grises pour tâcher de comprendre si j’avais bien tout compris !

Parce que l’enquête du Golem tourne souvent autour du pot, qu’on en a une autre qui s’ajoute  (l’empoissonnement – ou pas – de John Cree par son épouse,  la magnifique Elisabeth « Lizzie » Cree, ancienne gloire du cabaret de Leno) et que le détective John Kildare aurait sans doute eu besoin de quelques leçons de mon cher… Lock Holmes (jeu de mot facile) afin de se concentrer un peu plus sur les indices et non sur le futile !

Certains pourraient même dire que la découvert de ce qui ressemble au journal du tueur était plus que providentielle et digne d’une chance de pendu. Mais bon, je ne vais pas pinailler !

Le jeu de piste est excellent, j’ai douté tout le temps, accusé tout le monde, me suis plantée dans tous les cas de figure, me suis bien faite avoir, et je ne serai pas la seule, mais j’ai quand même dû expliquer quelques trucs à Chouchou qui ne comprenait pas l’effroi affiché sur le visage de John Kildare…

Je pense que j’ai tout compris, tout capté, mais il me restera toujours un doute, surtout avec la scène finale, assez violente, mais que j’avais vu venir parce que j’avais dit, à voix haute (dans mon salon, je peux causer) « J’espère qu’ils n’ont pas oublié la sécurité » et puis bardaf, ce fut l’embardée…

Sans être révolutionnaire, le film se regarde avec plaisir, sous le plaid, un bon kawa à la main, serrés l’un contre l’autre.

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.