Les enquêtes de Middleton et Grice – Tome 2 – La malédiction de la maison Foskett : M. R. C. Kasasian [LC avec Bianca]

Titre : Les enquêtes de Middleton et Grice – Tome 2 – La malédiction de la maison Foskett

Auteur : M. R. C. Kasasian
Édition : City (22/03/2017)
Édition Originale : The Curse of the House of Foskett (2015)
Traducteurs : Martine Desoille et Francine Tolron

Résumé :
Sa dernière enquête a mené un homme innocent à la potence,,. Autant dire que le détective Sydney Grice n’est plus vraiment en odeur de sainteté à Londres. Boudé par ses clients, le « plus grand détective de tout l’empire britannique » dépérit.

March Middelton, son excentrique acolyte du « sexe faible », commence à sérieusement s’inquiéter. Jusqu’à ce qu’un individu, membre de l’effrayant « Club du dernier survivant », fasse appel aux services de Sydney… et ait l’impudence de passer de vie à trépas dans son salon ! Les deux détectives sont bien obligés d’enquêter sur cette mort soudaine et particulièrement suspecte.

Quel est donc ce club de gentlemen où le jeu est de réussir à rester en vie tout en éliminant les autres ? Les indices entraînent Grice et March dans les recoins les plus sombres du Londres victorien, jusqu’à la maison maudite de la baronne Foskett…

Critique :
Si Sydney Grice est un détective privé, pardon, détective personnel et a des airs de Sherlock Holmes, il est surtout imbuvable à un niveau jamais égalé.

Toute personne normalement constituée (et surtout les femmes) auront mille fois envie de lui foutre le pied au cul ou mieux, entre les jambes, tiens, ça lui apprendra.

Non, il n’a pas la main baladeuse, jamais de la vie, lui défaille d’indignation à la vue d’un mollet féminin découvert.

Mais il a un égo surdimensionné et ses répliques acides envers sa pupille, March Middelton sont drôles, cyniques mais donnent tout de même envie de le baffer un bon coup.

Un petit voyage dans le temps, dans l’époque victorienne, où l’air empestait les fumées d’usines et où les miasmes se baladaient impunément puisqu’en ce temps-là, le principe des microbes et autres virus n’étaient pas encore tout à fait accepté.

L’enquête est tortueuse à souhait, je n’ai pas vu venir le vent, je n’ai pas réussi à faire des déductions intelligentes et Sydney Grice dira que c’est à cause de mon cerveau de femme qui est plus petit que celui des homme. Et ma main, tu la veux dans ta gueule, mon cher Sydney ?

Imbuvable, je vous disais ! Mais que voulez-vous, il est attachiant au possible et s’il n’avait pas ce caractère hautain et à chier, on s’amuserait moins.

Sa mauvaise foi aussi donne envie de le baffer et March a bien du mérite à supporter un tuteur tel que lui, sa bonne aussi, même si cette dernière ne brille pas par son esprit, ni sa cuisine, ni son efficacité…

Les clins d’œil à Holmes sont nombreux, avec un groupe de rouquin, une escarboucle et une malédiction où un homme fut dévoré par des chiens… Baskerville, sors de ce corps.

Le final est assez copieux dans sa résolution, il vaut mieux se concentrer et bien resituer tout ce petit monde d’assassinés de différentes manières, pas toujours très propres, je l’avoue, mais il y en a un qui n’a pas volé sa mort violente et horrible. La SPA a envoyé des remerciements à l’assassin.

Une lecture qui nous entraîne dans les bas-fonds de Londres, qui nous fait respirer un air impur au possible, côtoyer des conducteurs de fiacre maltraitant leurs chevaux, arpenter les rues dans tous les sens, voir des cadavres en pagaille se faire dégommer sous nos yeux…

On verra aussi March boire de l’alcool et fumer, sous le regard désapprobateur de son tuteur, le tout avec des dialogues bourré de gouaille, de répliques vachardes et méchantes, le tout sous l’œil unique de Sydney qui est encore plus cynique que le Docteur House.

Une lecture plaisir, une lecture qui fait sourire et qui dépayse, sans se prendre la tête, autrement dit, LC réussie avec ma copinaute Bianca.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°XXX.

 

Sherlock Holmes et le complot de Mayerling : Nicole Boeglin [LC avec Bianca]

Titre : Sherlock Holmes et le complot de Mayerling

Auteur : Nicole Boeglin
Édition : City (08/01/2020)

Résumé :
En cet hiver 1889, une jeune femme se présente au 221B Baker Street. La dame de compagnie de l’impératrice Sissi vient, dans la plus grande discrétion, requérir l’aide de Sherlock Holmes.

En effet, le fils de l’impératrice a été retrouvé mort dans le pavillon de chasse de la propriété de Mayerling.

L’enquête officielle a conclu au suicide. Un peu vite. Holmes et Watson découvrent rapidement des indices pour le moins suspects.

Qui est cette jeune femme retrouvée morte aux côtés du prince et que l’on a enterrée en secret ? Et pourquoi un tableau a-t-il été volé au moment du meurtre ? La mort du prince n’est que la partie émergée d’une vaste affaire.

Sherlock va devoir faire appel à toutes ses capacités de déduction pour en démêler les fils.

rodolpheCritique :
Le fameux drame de Mayerling, je le connaissais, mais à force de faire entrer des choses dans ma petite mansarde qui me sert de cervelle, cette affaire, ce mystère en était sorti.

Accident ? Suicide ? Assassinat ?

C’est comme pour Elvis Presley, Marilyn Monroe, Lady Di, JFK,… tout le monde a un avis mais personne ne connait la vérité, même si on va parfois la chercher trop loin.

Les seuls qui savent, ce sont ceux qui ont organisé et maquillé les crimes, si crimes il y a eu. De toute façon, on gagne plus à laisser planer le doute et le parfum de scandale.

Pour les cancres du fond qui n’ont rien su de ce drame, je résume brièvement pour que vous fassiez vos dikkenek devant Stéphane Bern : l’archiduc héritier d’Autriche Rodolphe (marié à la princesse Stéphanie de Belgique) est le fils de l’empereur François-Joseph Ier d’Autriche et de l’impératrice Romy Schneider… Pardon, de l’impératrice Élisabeth, dite « Sissi ».

Rodolphe est retrouvé mort en compagnie de sa maîtresse, Marie Vetsera, une jeune fille mineure (17 ans), dans son pavillon de chasse de Mayerling. Le suicide semble évident, mais… En ce qui concerne les potins, Rodolphe avait la chaude-pisse et il a rendu Steph’ stérile (mais ils avaient eu le temps d’avoir une fille).

Sherlock Holmes et John Watson sont mandatés par Sissi pour enquêter sur la mort de son fils, le fameux Rodolphe, ce qui fait que nous allons aller nous balader dans la cour impériale et dans les petits salons feutrés. Tenue correcte exigée !

Bon, un mauvais point pour le fait que l’auteure qualifie Léopold II de roi de Belgique ! Hérésie anarchique ! En Belgique, depuis Léopold Ier, les rois chez nous sont ceux DES Belges et jamais DE Belgique !

Autrement dit, nos souverains sont les rois du peuple mais pas du territoire. Même Wikiki le sait. Pour sa punition, obligée de manger une couque de Dinant SANS pouvoir la tremper dans une jatte de café. Mhouhahaha (sadisme pur).

J’ai crispé un peu mes ongles sur la table lorsque Watson désigne Holmes par son prénom, dans le récit, là, c’est le l’hérésie canonique, mais je ne l’obligerai pas l’auteure à me faire une dissertation sur la politique dite « du gaufrier » en Belgique en punition.

Anybref, j’ai pris mon pied en lisant ce roman ! Holmes et Watson sont canoniques, bien dans leurs rôles et l’enquête n’est pas évidente pour Holmes puisque tout à quasi disparu, été nettoyé, repeint… Comme Watson, je n’ai rien vu venir et pourtant, c’était élémentaire, les petits indices avaient été semés, mais si j’ai lu, je n’ai pas observé.

Le roman se divise en deux parties : nous avons le récit de Watson qui est entrecoupé d’un récit plus contemporain (1990) et épistolaire (les lettres entre Lilly et Tania) et qui se déroule donc à l’époque où les gsm n’existaient pas et où la poste faisait son boulot car les lettres arrivaient super vite (une lettre écrite le 8 juin 1991 et postée à Bangor, Angleterre a dû être envoyée par pigeon express puisque le 11 juin, à Vienne, Lilly pouvait répondre à Tania). Ce n’était pas la Poste Belge, assurément !

Entre nous, les récits épistolaires, je déteste ça, mais là, ça se mariait bien au récit et c’était la meilleure manière de faire, je trouve. Ça a ajouté du mystère car au départ, on ne savait pas qui était Lilly et Tania, celle qui enquêtait sur le drame de Mayerling.

Pour le journaliste Eliott, j’ai vite compris qui il était, mais l’auteure nous le révélera sans doute dans le prochain épisode car il y aura une suite et ça, c’est une super bonne nouvelle car j’ai bien envie de retrouver tout ce petit monde dans une suite.

Un roman policier historique qui a les pieds ancrés dans deux époques, un drame historique que l’auteure résout d’une manière réaliste, qui tient la route, une utilisation des personnages de Holmes/Watson bien mise en scène et une enquête qui se lit d’une traite, tant c’est passionnant.

Une LC que nous attendions avec impatience, Bianca et moi, pourtant, le plaisir ne fut pas tout à fait au rendez-vous pour ma copinaute. Si elle a adoré la partie avec Holmes & Watson, elle a trouvé la partie contemporaine plus chiante et n’a pas adhéré au format épistolaire.

Pourquoi le roi des Belges ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°172 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°17].

Wiggins et la nuit de l’éclipse : Béatrice Nicodème

Titre : Wiggins et la nuit de l’éclipse

Auteur : Béatrice Nicodème
Édition : Gulf Stream Courants noirs (2012) / Livre de Poche Jeunesse (2014)

Résumé :
Angleterre, 1894. Trois années ont passé depuis que Sherlock Holmes a disparu dans les chutes de Reichenbach après une lutte sans merci contre l’infâme Moriarty.

Inconsolable, Wiggins est plus que jamais déterminé à se montrer digne du grand détective.

Lorsqu’il est appelé au collège de Midhurst pour veiller sur le jeune Lowell Summerfield dont le père, un juge connu et redouté, a reçu des lettres de menaces, il voit là l’occasion de gagner enfin ses galons de détective-consultant.

À Midhurst, il découvre un monde surprenant qui vit replié sur lui-même. Derrière la façade austère, les règles strictes et le code de l’honneur, la violence rôde.

La nuit, de mystérieuses réunions se tiennent dans la chapelle, et il arrive que des pas résonnent dans le grenier.

Les grands, chargés de faire respecter la discipline par les plus jeunes, ont parfois une conception bien curieuse de l’autorité, et même les professeurs semblent avoir leurs petits secrets.

Critique :
Wiggins enquête à Poudlard !

Engagé pour empêcher qu’il n’arrive quelque chose de fâcheux à un étudiant de la maison des Têtes de Lard, notre Wiggins aura fort à faire parmi tous ces étudiants formant la future élite de l’Angleterre.

Hein ? Comment ça c’est pas à Poudlard mais au collège de Midhurst qu’il enquête ??

M’enfin, on a des maisons aux couleurs différentes, des préfets et des professeurs qui sont directeurs de leurs maisons ?

Mince alors, J.K Rowling n’a rien inventé mais tout copié sur les collèges horribles de l’Angleterre victorienne ! mdr

J’ai toujours eu un faible pour la saga des enquêtes de Wiggins dont j’avais commencé à lire le premier en 1996 et ce dernier qui manquait à ma collection, je l’ai enfin déniché chez un dealer de livres de seconde main.

Une chose que j’apprécie surtout c’est que l’auteur, contrairement à Conan Doyle, nous explicite vraiment bien les conditions de vie de l’East End et qu’elle ne se contente pas de développer une enquête sans parler des mœurs de l’époque, avec plus de détails que le Maître ne l’a fait.

Wiggins est un excellent témoin puisqu’il a vécu dans les rues de Whitechapel et il l’est encore plus au milieu de ce collège, parmi des gosses de riches dont il compare les faits et gestes avec ceux des gamins de rues.

Un gamin reste un gamin et nous sommes loin des chères têtes blondes car dans les collèges anglais, il règne du harcèlement, du racisme, des brimades, des mises à l’écart et l’omerta y est encore plus forte que dans la mafia. Ici, gare aussi à celui qui dénonce un autre élève.

Et c’est violent, si on se donne la peine de s’arrêter 5 minutes et d’y réfléchir. Même si l’auteur reste sobre, on sent que la-dessous, ce n’est guère brillant et que entre les cailleras et les gamins en cols blancs, les différences de comportement ne sont pas si grandes que cela. Rien de reluisant, croyez-moi.

Du côté des parents, rien de brillant non plus. Les enfants n’ont aucun droit, les pères sont distants, imbus d’eux-mêmes, n’écoutent pas leurs gamins et leur avenir à eux est déjà tout tracé… Oxford, Cambridge ou autre…

♫ Auteuil, Neuilly, Passy, c’est pas du gâteau ♪

Deux enquêtes pour le prix d’une, des petits mystères qui viennent se greffer aux menaces reçues par le père d’un élève, un Wiggins qui pleure toujours la disparition de Holmes dans les chutes, des professeurs qui sont louches, mais aux noms évocateurs pour tout holmésiens (Baring-Gould et Bell), des élèves louches aussi, des pans peu reluisant de l’Angleterre, du suspense, des émotions amoureuses et des morts.

Un cocktail que l’on sirote bien au chaud sous un plaid, une tasse de thé fumante à ses côtés et l’impression que ce dernier tome est plus mature que ces prédécesseurs, l’âge de Wiggins y étant sans doute pour quelque chose.

Mon regret ? Que ce tome soit le dernier de la saga car c’était une série bien faite, autant pour les jeunes que pour les moins jeunes, car si l’auteure n’utilise pas des phrases alambiquées, elle n’écrit pas non plus de manière plate mais avec un subtil équilibre entre les deux : rien de complexe mais rien de prémâché non plus.

Une très bonne saga dont le dernier tome clôt le tout à la manière d’une cerise sur un gâteau, la dernière friandise avant la diète. Ma friandise à moi sera pour le fait que j’avais repéré une chose que Wiggins n’avait pas vue, mais il y avait délit d’initié de mon côté puisque je sais tout de la mort de Sherlock Holmes au chutes de Reichenbach et lui ne savait encore rien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°127 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

 

Holmes (1854/+1891?) – Tome 5 – Le frère aîné : Luc Brunschwig & Cécil

Titre : Holmes (1854/+1891?) – Tome 5 – Le frère aîné

Scénariste : Luc Brunschwig
Dessinateur : Cécil

Édition : Futuropolis (09/10/2019)

Résumé :
4 mai 1891. Sherlock Holmes disparaît aux chutes de Reichenbach, entraînant avec lui dans la mort son plus grand ennemi, le professeur Moriarty.

Effondré, le docteur Watson ignore alors qu’il va se lancer dans une incroyable enquête, qui va tout lui révéler de son ami le détective et de sa famille.

Critique :
Décidément, cette saga reste toujours dans les hauteurs niveau scénario et dessin !

Niveau délai d’attente entre deux albums aussi puisque le tome 4 datait d’octobre 2015, pour une série entamée en 2006.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

OUI car comme je vous le disais, les dessins sont exécutés de main de maître, les couleurs changent selon que nous sommes dans le présent ou le passé (gris/sépia) et le scénario est des plus relevé.

Là, on est arrivé à un tournant majeur dans l’Histoire de Sherlock Holmes, on sent que l’on va entamer bientôt le final et la théorie proposée par les auteurs est plausible, crédible, bien amenée et les personnages font des choix tels qu’ils auraient pu les faire dans la réalité littéraire.

Pas de truc folklorique, pas de choses folles ou capillotractées. Non, ici, tout est maîtrisé, pensé, pesé et les auteurs s’appuient toujours sur des faits plausibles sans jamais sombrer dans le futile.

Le scénariste sait comment jouer avec le présent et le passé, il alterne les phases avec brio afin de tenir le lecteur en haleine et ne pas faire retomber le suspense. Le choix des personnages est bien pensé et leurs comportements sont en adéquations avec ce que l’on sait d’eux, sauf pour les parents de Holmes, mais là, ils ont le champ libre tout en restant dans la cohérence de gens issus de la petite bourgeoisie.

Les dessins sont eux-aussi maîtrisés, les couleurs donnant en alternance des tons chauds (sépia) ou froid. On ne s’en lasse pas de les regarder, même après la lecture de l’album.

Anybref, tout est millimétré dans cet album et dans cette saga, c’est riche au niveau scénaristique comme au niveau des dessins et des coloriages.

Une saga qui met en scène ce qui se passe après la mort de Holmes dans les chutes, le 4 mai 1891 (et pas le 4 mars comme vu dans des résumés), qui explore son enfance, les secrets de famille, le tout sans jamais sombrer dans le grand n’importe quoi.

Un must qui n’a qu’un défaut… Non deux… L’attente entre deux albums et la hauteur de ces albums qui vous obligent à les ranger dans des étagères à part puisqu’ils sont plus hauts que ceux des éditions Soleil.

Mais tout ça est plus que pardonnable au vu de la qualité de cette série.

Holmes (1854/+1891?) – Tome 1
Holmes (1854/+1891?) – Tome 2
Holmes (1854/+1891?) – Tome 3 (à rapatrier sur le blog)
Holmes (1854/+1891?) – Tome 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°117 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

 

Les Quatre de Baker Street – Tome 8 – Les Maîtres de Limehouse : Jean-Blaise Djian, David Etien & Olivier Legrand

Titre : Les Quatre de Baker Street – Tome 8 – Les Maîtres de Limehouse

Scénaristes : Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand
Dessinateur : David Etien

Édition : Vents d’Ouest (16/10/2019)

Résumé :
Enquête au cœur du quartier chinois ! 1895. La tension monte sur les docks londoniens…

D’un côté, la loi du silence d’Oncle Wang et de ses sbires, qui règnent d’une main de fer sur le quartier chinois.

De l’autre, la violence aveugle des Mad Dogs, truands cockneys bien décidés à venger leur chef mystérieusement assassiné.

Chargés par Sherlock Holmes de surveiller cette situation explosive, Billy, Charlie et Black Tom, accompagnés du fidèle matou Watson, vont se retrouver pris entre le marteau et l’enclume…

Qui se lèvera pour tenir tête aux Maîtres de Limehouse ? Qui se cache derrière le signe du Scorpion Ecarlate ? Et qui sera la prochaine victime ?

Située au coeur de Limehouse, le Chinatown de Londres, cette nouvelle enquête des Quatre de Baker Street nous plonge dans un univers inédit où le crime se fait plus exotique mais non moins redoutable.

Une nouvelle aventure pleine d’action, de mystère et d’émotion !

Critique :
Que de chemin parcouru pour notre 3 jeunes enquêteurs et le chat Watson… On les a connu très jeunes, on les avait laissé à la fin du tome 7 qui sonnait la fin d’une époque et nous les retrouvons plus âgés, presque ados.

C’est Charlie qui a le plus évolué. Notre garçon manqué ne va plus savoir se faire passer pour un garçon car sa silhouette se féminise et les formes commencent à apparaître.

Une fois de plus, nos jeunes amis vont se frotter à plus fort qu’eux, à des types dangereux.

À ma gauche, le gang des Mad Dogs, des cockneys violents et à ma droite, ceux de la Triade d’Oncle Wang qui, comme les mafias, se fait payer pour assurer la protection des commerçants chinois et de tous les habitants du quartier où ils opèrent.

On a beau être dans de la littérature jeunesse, nous ne sommes pas dans l’île aux enfants où c’est tous les jours le printemps. Pas de pays joyeux, ni d’enfants heureux, mais les quartiers miséreux où chaque gosse se débrouille comme ils peut.

La réalité n’est pas toujours belle à voir, même si les dessins de David Etien sont un plaisir pour les yeux et si ses décors sont soignés, tous comme les différents personnages.

Le scénario est toujours excellent, travaillé, bourré de suspense, de péripéties, d’action et quand bien même notre Billy n’a rien vu venir du coupable, j’ai trouvé que la solution était amenée de manière subtile et pleine d’émotions.

Nos enquêteurs grandissent, mais j’espère que nous aurons encore quelques albums avant la fin de la série car jusqu’à présent, ils ont toujours été d’une grande qualité scénaristique, ne se contentant pas de présenter et de mettre en scène des enquêtes, mais s’attachant aussi à la profondeur des personnages et au réalisme du Londres de l’époque victorienne où les droits des enfants et des femmes étaient de la SF.

Vivement le tome 9 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°114, et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

Moriarty – Tome 6 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 6

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana Dark (08/11/2019)

Résumé :
Quel meilleur moment pour un rendez-vous secret qu’un somptueux bal masqué ?…

Pour mener les négociations, Albert donne rendez-vous à Irène Adler au bal masqué du palais de Buckingham.

Mais que cherche-t-elle, en réalité ? Que gagnerait-elle à rendre public le contenu de la lettre secrète ?

L’étrange triangle formé par un prince du crime, un détective de génie et une beauté sublimement vénéneuse pourrait déclencher un scandale qui causerait la chute irrémédiable de l’Empire britannique !

Critique :
Maintenant que j’ai commencé la saga, je me vois mal l’arrêter, même si elle part dans une direction qui ne me plait que moyennement.

Elle proposait du bon, cette nouvelle saga, avec un Moriaty qui voulait changer la vie, la révolutionner, aider l’Angleterre d’en bas à s’affranchir de la main-mise de la noblesse sur tout.

Il est toujours râlant de voir un incapable nous ravir une place qui nous revient juste parce qu’il est issu de la noblesse (ou pistonné, de nos jours).

Alors même si j’avais grincé des dents devant un jeune Moriarty qui ressemblait physiquement à Ciel Phantomhive, si je m’étais étranglé devant le sort que les trois fils réservaient à leurs parents nobles, j’avais malgré tout continué ma route avec eux afin de ne rien manquer de l’entrée en scène de Sherlock Holmes.

Je pensais avoir touché le fond avec les méthodes un peu hard de nos Moriarty’s Boys pour s’affranchir de la noblesse et punir les nobles de leurs exactions ou autres saloperies, mais avec le personnage de Holmes, j’ai bu la calice jusqu’à la lie.

C’est un rustre mal élevé, un sale gamin qui mérite une fessée ! Il s’exprime comme un barakî avec moult « bah », parfois même plusieurs « merde », un « arrête tes conneries, quoi », j’ai aussi un « fait chier, merde »…

Holmes tutoie Watson (ils s’appellent par leurs prénoms et nous sommes à l’ère victorienne !!), est plus qu’imbu de lui même, se balade en calbute et parle de « profiling ».

Nous ne sommes pas au XXIème siècle et ce qui passe dans la série de la BBC ne passe pas dans un contexte victorien.

Pire, Irene Adler rabroue Watson à un moment donné et le traite comme s’il était un gamin de 15 ans…

Que l’on s’affranchisse du canon holmésien, je veux bien, à condition de lui faire de beaux scénarios, de belles adaptations, de nous surprendre dans le bon sens du terme, mais là… On piétine certains personnages.

Autant où les scénarios peuvent avoir du bon, autant ils peuvent être exaspérant avec toutes les références à l’univers de James Bond et les dialogues sont limites lourds à tout vouloir expliquer comme si nous étions les lapereaux de l’année (Nathalie, si tu me lis, je cite ton expression).

Dommage parce que tout n’est pas à jeter dans les scénarios de cette saga, mais la manière de les cuisiner a fait brûler une partie des ingrédients au fond de la marmite et a gâché le goût de la mixture.

Et puis nom de Zeus, le final à fini par me faire avaler la soupe de travers. Là, on pousse le bouchon un peu trop loin dans tous les sens.

Je me demande ce qu’ils vont nous servir dans le tome suivant où Jack The Ripper va faire son apparition. Ne me demandez pas pourquoi, mais je m’attends au pire et je serai au rendez-vous car j’ai envie de savoir comment tout cela va finir un jour.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°103 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

Black Butler – Tome 28 : Yana Toboso

Titre : Black Butler – Tome 28

Auteur : Yana Toboso
Édition : Kana Dark (18/10/2019)
Édition Originale : Kuroshitsuji, book 28 (2019)
Traducteur : Pascale Simon

Résumé :
Un autre comte, qui connaît le passé des Phantomhive, apparaît devant Ciel, la tête haute. Il défie Ciel dans un jeu ingénieusement préparé… Sa faute est révélée au grand jour et il perd tout… La petite alouette noire se débat…

Voici, pour vous, l’histoire de celui qui a enfreint les lois plus que quiconque…

Critique :
Depuis que je suis les aventures du comte Ciel Phantomhive et de son diable de majordome, on peut dire que j’ai eu ma dose d’aventures trépidantes et de suspense.

Mais là, on a encore franchi un palier…

D’ailleurs, à partir du tome 26 et du coup de batte de baseball dans le plexus, j’en ai pris pour mon grade niveau révélations de folie et montée dans le suspense.

Là, on a chu avec le comte Phantomhive et on se demande comment son diable de majordome va arriver à nous sortir tous de ce guêpier dans lequel un autre nous a balancé.

Comme c’est drôle, lorsque l’on chute de son piédestal, tous les gens qui étaient de notre côté font un pas de côté et nous laisse nous casser la gueule, chacun retournant sa veste, toujours du bon côté, comme le chantait si bien Jacques Dutronc.

Normal, personne n’a envie de suivre celui qui tombe dans sa longue chute. Tout le monde essaie de jouer le bon chameau et de s’attitrer les bonnes grâces de celui qui a fait un croche-pied. C’est humain, nous ferions la même chose.

Mais gare quand celui qui est tombé plus bas que terre remontera à la surface… Là, ça va chier grave et niqu** sa race ! Notre comte n’a pas dit son dernier mot, même si pour le moment, il est K.O debout et apathique.

Qui lui restera fidèle ? Qui le conspuera ? Qui le trahira ? Comment retrouvera-t-il sa position d’avant ? La retrouvera-t-il un jour, seulement ? Et comment se comporteront à ce moment là ceux qui lui ont tourné le dos à la vitesse de l’éclair ?

Nous le saurons au prochain épisode et je sens que l’attente va être longue, mais longue, avant le tome 29.

Intensité, ce sera mon résumé de ce tome 28. Comme je vous le disais, depuis le tome 26, j’en ai pris plein ma gueule et je me demande comment le mangaka va pouvoir nous tenir en haleine lorsqu’il aura clôturé cet arc qui est majeur.

Je pourrais avoir la suite, s’il vous plait ?? Et vite !!!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°101, le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chroniques Littéraires (Menu Terreur – 666 –  possessions, démons).

Sherlock, Lupin & moi – Tome 7 – L’énigme du cobra royal : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 7 – L’énigme du cobra royal

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel (04/09/2019)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & io, tome 7 : L’enigma del Cobra Reale (2016)
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Irène rentre à Londres avec son père, où elle retrouve avec joie Sherlock et Arsène. Mais un évènement vient aussitôt perturber les retrouvailles : Horatio, le majordome de la famille Adler, a disparu !

Plus étrange encore, il a laissé une note avec quelques mots griffonnés. Convaincue que quelque chose se trame et que la note peut être un indice, Irène en appelle à l’aide de ses amis pour enquêter.

Au fil de leurs recherches, ils parviennent aux Docks de Londres, où un mystérieux crime a été commis. Les trois acolytes se trouvent alors confrontés à une véritable énigme, qui les plongera dans l’histoire des colonies britanniques en Inde.

Critique :
Voilà une saga qui après 7 tomes parus me plait toujours autant et où chaque nouveau tome est dévoré peu de temps après son achat (ça ne croupit jamais dans ma PAL).

Le seul défaut de ces romans est qu’ils se lisent trop vite.

On commence à le lire, on s’émerveille de retrouver nos trois compagnons de route, on passe du bon temps avec eux, on les suit dans leurs aventures, leurs enquêtes, on frissonne avec eux et il est déjà temps de se dire « au revoir et à la prochaine ».

Parfois je me dis qu’un peu plus de pages ne nuiraient pas aux romans car on a beau être dans de la littérature jeunesse, où les lecteurs ne sont pas des imbéciles, un peu plus de détails et de développements ne seraient pas du luxe pour expliquer certaines choses aux plus jeunes ou pour donner plus d’épaisseur à certains personnages secondaires et au « Méchant ».

Ici, c’est faiblement esquissé, on ne parle un peu, mais si peu… Alors qu’on aurait pu étoffer le récit en donnant plus d’importance à l’ennemi du jour, à ses motivations, à son mobile, à sa méthode, sans parler d’une petite leçon d’Histoire, l’air de rien, en l’intégrant au récit de manière à ce que ça devienne pas un cours éducatif, mais plutôt des renseignements généraux.

Nous avions pourtant de là matière à faire un roman noir (jeunesse) avec les docks londoniens, les conditions de travail qui y règnent et avec l’Inde sous domination anglaise. L’esclavage,  la spoliation, l’avilissement, ça fait de la matière, pour une histoire, même pour la jeunesse.

Mais bon, l’auteur fait ce qu’il veut, c’est son histoire et Conan Doyle faisait pareil…

Pour le reste, on a une bonne enquête, des mystères, du suspense, un Sherlock qui se trompe mais qui comprendra ensuite son erreur et la corrigera, ce qui fait de lui un excellent détective qui n’a pas peur d’avouer ses erreurs.

Irene, de son côté, tente de se reconstruire après le drame qui l’a frappée dans le tome précédent, son père erre comme une âme en peine et il faudra une injustice à réparer pour la faire repartir en avant, à l’aide de ses deux compères.

Une fois de plus j’ai passé un bon moment à suivre leurs enquêtes, à voir les personnages évoluer vers ce qu’ils seront plus tard, à sentir les tensions au sein de leur groupe (deux garçons et une fille, pas bon !) et à tenter de trouver la solution avant eux.

Sans révolutionner le genre, cette série jeunesse a tout pour me plaire, même si j’aurais aimé un peu plus de mâche, de ©gourmand-croquant’ (pour parodier Cyril Lignac) afin de combler mon appétit pour la société victorienne et tout ces petits travers.

Vivement le suivant car je suis accro (et je sens que je vais être à la ramasse lorsque le dernier tome paraîtra).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°82.

La dame en blanc : W. Wilkie Collins [LC avec Bianca]

Titre : La dame en blanc

Auteur : W. Wilkie Collins
Édition : Libretto (2011)
Édition Originale : The Woman in White (1860)
Traducteur : Lucienne Lenob

Résumé :
Une nuit, Walter Hartright, jeune professeur de dessin, porte secours à une mystérieuse « dame en blanc » que semble poursuivre une obscure menace.

La jeune femme, parmi des propos incohérents, laisse entendre qu’elle est familière d’un lieu où il doit prochainement se rendre le manoir de Limmeridge, perdu dans les brumes du Nord pour enseigner la peinture aux deux pupilles de Mr Fairlie, Marian Halcombe et Laura Fairlie.

Une fois sur place, à sa grande stupeur, Walter se rend compte que Laura ressemble étrangement à cette mystérieuse créature fantomatique, tout droit échappée d’un asile…

Fervent défenseur de la cause féminine, il sent alors se nouer autour de lui un implacable complot : des mariages arrangés, voire meurtriers ; des hospitalisations de force par d’honorables familles soucieuses d’écarter des témoins gênants ; une société secrète qui fait poignarder les traîtres à sa cause…

Critique :
Non, pas de bol, la dame blanche dont on parle ici n’a pas de coulis chocolat, ni de chantilly… C’est une vraie dame en blanc et pas un dessert glacé.

Pourtant, cette dame en blanc, elle te glace les sangs, tout de même, lorsqu’elle surgit derrière toi, la nuit, alors que tu marches sur un chemin te menant vers la ville de Londres.

À croire que c’est un fantôme… Mais non, elle est faite de chair et d’os, mais vu ainsi, on dirait qu’elle n’a pas toutes ses frites dans le même cornet ou toutes ses pralines dans le même ballotin.

Il fallait qu’elle soit au bout du rouleau pour demander de l’aide à Walter Hartright, personnage sans relief, un peu falot, mais pas un salaud et c’est ce qui fait son charme car il est droit, honnête, franc et a un coeur pur.

C’est ce qui le perdra, lui qui tombera éperdument amoureux de la belle Laura, la demi-soeur de Mariam, alors qu’il est leur prof de dessin, hébergé chez leur hypocondriaque d’oncle souffrant des nerfs, Frederick Fairlie. Une balle pour cet homme qui ne supporte aucun bruit et qui est aussi lâche que le plus grand des lâches.

Anybref… On est loin de Londres, dans le Cumberland, mais les droits des femmes sont les mêmes qu’ailleurs : quels droits ?

Ben nous n’en avions pas et l’auteur ne se prive pas pour dénoncer cette absence de droits sur notre argent, notre corps, nos décisions et il tire aussi sur cette Angleterre puritaine, pudibonde, raciste et où la parole donnée à un mort vaut que l’on sacrifie sa vie en épousant un rustre qui n’en veut qu’à votre fortune.

Une épouse se doit d’obéir à son mari, point à la ligne. Une femme non mariée se doit d’obéir aux hommes de sa famille, point barre. Ce que l’on reproche à certains pays ou certaines mentalités rétrogrades étaient d’applications dans nos pays il n’y a même pas 200 ans.

Ce roman choral donne l’impression que l’on assiste à un récit fait pour un jury d’assises et que le jury, c’est nous.

Après le récit de Walter, nous aurons celui de Mariam et ainsi de suite, chacun des protagonistes nous donnera sa version des faits, son témoignage, ses pensées, ses actes, nous permettant de dresser un tableau plus juste de ce qui se déroule sous nos yeux.

Alors oui, la galerie des personnages est riche, certains auront un rôle plus important que d’autres, certains seront mis sur le côté jusqu’à ce qu’il refassent irruption dans le récit et une chose est sûre, ce roman a beau faire 666 pages, je ne me suis pas emmerdée une seule seconde.

L’auteur m’a happée avec sa plume qui sait décrire des ambiances, limite gothique, parfois, poétique, lyriques, même, quand les personnages s’attachent à leur morale, leurs devoirs que nous enverrions sur les roses à notre époque.

Dans cette Angleterre d’avant l’exposition universelle (1850), dans les campagnes, on est attaché au qu’en-dira-t-on, à la bienséance, à la morale, qui doit être sans tache, aux origines des gens, les riches étant toujours les chefs à cette époque.

On vibre pour nos trois personnages principaux, on se pose des questions sur le fameux secret que détient notre dame en blanc un peu folle, on se demande si le comte Fosco joue un double-jeu ou pas, on se laisse séduire par lui… Le suspense est présent tout au long du récit et j’ai lu durant de nombreuses heures d’affilée pour le terminer au plus vite, tant j’avais envie de savoir la fin.

Si cette histoire se déroulait après les années 2000, nos deux tourteaux seraient partis en se foutant pas mal des conventions, auraient baisé comme des castors et rien de toute cette horrible mésaventure ne serait arrivée.

Nous aurions perdu un grand roman, hélas, car l’auteur le maîtrise du début à la fin et on pardonne les deus ex machina, le côté guimauvien de leur amour, le fait que Walter ait pris la plus belle des deux sœurs au lieu de regarder la beauté intérieure de Mariam, la moins belle.

Un grand roman qui mérite sa 28ème place au classement de la Crime Writers’ Association en 1990.

Pas de regrets pour cette LC même si Bianca lui a trouvé des longueurs et moi pas. D’ailleurs, je l’ai bouffé sur deux jours sans voir passer le temps.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°69, le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook et Le pavé de l’été chez Sur Mes Brizées (Juillet 2019-Septembre 2019) – 666 pages.

Scotland Yard – Tome 1 – Au cœur des ténèbres : Dobbs & Stéphane Perger

Titre : Scotland Yard – Tome 1 – Au cœur des ténèbres

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Stéphane Perger

Édition : Soleil (04/07/2012)

Résumé :
Londres, 1890. L’inspecteur Tobias Gregson est une des valeurs montantes du Yard.

Mais sa carrière serait accélérée s’il n’était pas considéré comme un humaniste trop sensible et avant-gardiste, et surtout s’il n’avait pas pour fonction principale d’être le défouloir quotidien de son supérieur Lestrade.

Alors lorsqu’un transfert de prisonniers ne se passe pas comme prévu, Gregson se retrouve au placard.

Un blâme qui va vite se transformer en opportunité afin de démontrer sa vraie valeur aux yeux du patron des patrons, le commissionner Fix.

À la tête d’une équipe atypique réunissant un gamin des rues, ancien informateur de Sherlock Holmes, un médecin psychiatre aux méthodes atypiques ainsi que son étrange assistante, Gregson va faire alliance avec le diable : coopérer avec la pègre londonienne pour traquer deux fous extrêmement dangereux qui ont profité du fiasco de l’opération de transfert pour se volatiliser.

Deux aliénés mentaux qui vont apprendre aux citoyens de Londres la signification du mot terreur. À leurs côtés, plongez à votre tour au cœur des ténèbres…

Critique :
Londres, décembre 1889… Décidément, je suis abonnée au Londres de l’époque de Jack l’Éventreur, moi. Et, une fois de plus, me voici plongée dans des crimes sordides.

Oui, j’aime ça…

Ici, point d’élément fantastique, point de van Helsing, chasseurs de vampires ou de toute autre créature de la nuit aux dents longues et pointues.

Non, pas de ça, même si le criminel est digne d’un Dracula point de vue des sentiments… C’est vous dire son empathie envers ses victimes. Un sadique de la pire espèce.

Par contre, point de vue références littéraires de l’époque, ça foisonne ! En ce qui concerne la plupart, je les ai tous croisé dans le canon holmésien.

Que du beau linge : l’inspecteur Lestrade (en version moins sympa que dans les aventures de Sherlock Holmes originales), l’inspecteur Gregson (défouloir de Lestrade, ici, sinon, il apparaît dans quelques récits de Sherlock Holmes), Bradstreet, le colonel Moran, âme damnée du professeur Moriarty (cité mais pas croisé), Wiggins, ancien des « Baker Street Irregulars », employé par Sherlock Holmes (cité lui aussi, mais non présent).

Pour le reste de la littérature, citons le docteur Seward qui est présent dans Dracula de Bram Stoker, présent aussi dans la bédé, aux côtés du commissioner Fix, discutant d’un certain Phileas Fogg.

Dernière référence, l’assistante du docteur Seward, Faustine Clerval, était présente dans « Mister Hyde contre Frankenstein ».

Que des têtes connues !

Mais que font-ils, tous ces gens connus, dans cette bédé ?

Et bien, vu que deux criminels jugés extrêmement intelligents et tout aussi extrêmement dangereux ont joués les filles de l’air, une partie de ces personnages vont atteler à les retrouver en menant une enquête et quelques investigations avec l’aide de la pègre londonienne.

Mariage contre-nature ? Oui, mais la pègre préfère coopérer avec la maison poulaga, dans son intérêt. Enfin, la coopération ne se fera qu’avec Gregson.

Vous pourriez penser que l’intrigue n’est donc pas d’une folle originalité puisque consacrée à une évasion et à des meurtres. Croyez-moi, il n’en est rien.

La narration devient rapidement captivante, surtout vu la manière dont le livre commence : deux filles poursuivies dans Hyde Park, munies d’un collier fort étrange… et d’un type qui vous ficherait les chocottes si vous le croisiez !

Le scénariste se base aussi sur des luttes internes au Yard, sur Lestrade qui déteste Gregson et qui a Wiggins en horreur, sur la traque des deux prédateurs avec l’aide d’un médecin psychiatre, sur cette alliance contre-nature avec la pègre, sur cette foule de personnages qui restent tout à fait crédibles et séduisants.

Un récit qui se dévore.

Et le graphisme de Stéphane Perger ?

Une sacrée surprise ! M’attendant à des dessins « habituels », dirais-je, quelle ne fut pas ma stupéfaction en découvrant des dessins aux lavis et en aquarelle…

Spécial, mais au bout de deux pages, j’étais dedans. Ce genre de dessins donnent des ambiances différentes de celles auxquelles je suis habituée.

Cela donne de la lumière sur certaines scènes tandis que d’autres sont plus sombres. Certaines scènes sont même dénuées de décor, ne gardant que le personnage et un fond « uni ». Cela renforce les expressions des personnages, le lecteur n’étant pas distrait par les décors.

Le seul bémol à l’époque ? Ben, c’est que le second tome n’était pas paru ! Oui, j’avais grand envie de lire la suite, même si l’auteur n’avait pas terminé l’album par un cliffhanger comme j’aurais pensé qu’il le ferait.

Pas un sadique, l’homme. Merci à lui.

La critique de ce premier album, je l’avais posté sur mon site, maintenant, je la rapatrie sur le blog, je fais du regroupement de fiches et vous trouverez la chronique du tome 2 à cet endroit : Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang.