L’étoile du désert – Tomes 1 et 2 : Desberg & Marini

Titre : L’étoile du désert – L’intégrale – Tomes 1 et 2

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Enrico Marini

Édition : Dargaud (1996-2001) / Dargaud (2012)

Résumé :
Mathew Montgomery est un homme vieillissant. Il occupe un poste de haut fonctionnaire au ministère de la Défense. C’est un homme respectable qui vit de règles et de lois.

Il ne doute pas : c’est avec des hommes droits comme lui que les États-Unis se sont construits.

Il a une femme, une fille, une maîtresse…

Alors qu’il a l’impression d’être passé à côté de sa vie, sa femme et sa fille sont sauvagement assassinées. Mathew abandonne alors tout ce qui faisait son monde, pour se lancer sur les traces de leurs assassins..

letoile-du-desert-t-1-planche-21Critique :
1870, Washington. Sean Connery est un homme plus que respectable, adepte des règles et du fait que tout a une place, un ordre… Un gentleman qui occupe un poste important au ministère de la Défense.

J’ai dit « Sean Connery » ? Sorry, je voulais bien entendu dire : Matthew Montgomery !

Erreur due au fait que le personnage principal de ces albums a un air de ressemblance avec l’acteur Sean Connery… On dirait aussi un air de famille avec le Scorpion, vieillissant (normal, ce sont les mêmes auteurs).

Notre homme, habitué des salons, au confort, notre homme qui se dit que l’Amérique s’est bâtie grâce à des hommes tels que lui, respectueux des règles et de l’ordre, notre homme qui ne cause plus à sa fille, qui en a marre de sa femme, qui baise sa maîtresse en dehors des heures de travail, va voir son destin basculer, comme dans toute les bonnes histoires.

Il a la rage, il veut comprendre pourquoi on a tué sa femme et sa fille et pourquoi on leur a gravé une étoile à 8 branches sur les seins. Des désirs de vengeance sont tapis en lui, comme dans toutes les bonnes histoires.

Notre Sean Connery qui n’a rien d’un agent secret dans ce cas-ci va devoir se transformer en Sherlock Holmes avant l’heure et mener une enquête des plus poussées pour trouver les assassins de sa femme et de sa fille.

La vie est ironique : lui qui en avait marre de sa bonne femme et qui ne voulait plus voir sa fille, et bien, il a été servi !

Lui qui aimait et vivait dans le confort absolu, et bien, il va devoir voyager comme dans une diligence puante où tout le monde est serré comme des sardines dans sa boîte. Lui qui ne savait pas se battre, et bien, il va devoir apprendre !

Les dessins de Marini sont toujours aussi superbes, on reconnaît ceux de la série « Scorpion », les chevaux sont magnifiques, les couleurs aussi, dans des tons ocres ou gris, des images qu’on ne se lasse pas de regarder.

Si l’histoire est basique : la vie qui bascule et la vengeance, le reste l’est moins puisque notre Matthew Montgomery va connaître l’Ouest, le Vrai et se trouver non loin de la Frontière, là où l’ordre et la discipline ne règnent pas en maître.

Notre héros n’en est pas un, il ne connait rien de la vraie vie, celle qui est une chienne, celle qui fait de vous des tueurs, des bandits, des prostituées, des marginaux,…

Il n’a jamais mis les pieds dans des saloons enfumés et rempli de la lie de la société, il aimait les salons feutrés, il sera servi niveau saloons à éviter car sous la coupe du Méchant local qui n’a rien d’un pied-tendre. Un méchant réussi, avec juste les bonnes doses de sadisme qu’il fallait et des flash-back mystérieux sur sa jeunesse.

L’Amérique était en pleine évolution, il lui restait encore des coins dans loi et remplie de hors-la-loi, le changement était en marche et pour notre ami, le changement, il était pour maintenant !

Et il a brillamment réussi son changement car notre Matthew Montgomery a évolué, a changé sa manière de voir les choses, a été confronté à des choses peu reluisantes sur l’Homme et lui-même n’était guère reluisant.

Un excellent diptyque que je compte bien poursuivre avec le 3ème tome pour savoir ce qui va arriver à notre Matthew Montgomery-Sean Connery.

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Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

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200 drôles d’expressions érotiques : Agnès Pierron & Coco

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Titre : 200 drôles d’expressions érotiques

Auteur : Agnès Pierron
Dessinateur : Coco

Édition : Le Robert (2016)

Résumé :
200 drôles d’expressions érotiques, que l’on utilise tous les jours sans le savoir : L’affaire est dans le sac, donner sa langue au chat, reprendre du poil de la bête…

La langue française est une richesse, mais c’est aussi une boîte à malice qui recèle d’innombrables trésors. Agnès Pierron a recensé pour vous les plus savoureuses afin de lever le voile, pas toujours pudique, sur leur histoire et leur évolution surprenantes.

Délice à effeuiller, pourquoi pas à deux, pour apprendre à le faire avec des mots, ce livre fait apparaître en creux la formidable inventivité du langage pour désigner “la chose” sans la nommer.

De quoi ravir tous les amoureux de la langue, en tout bien tout honneur bien sûr !

Quant aux amants en panne d’inspiration, ils pourront enrichir leur vocabulaire : l’art du bon mot n’est-il pas le meilleur prélude aux arts de l’alcôve ?

402341-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxxCritique :
Je vais en avoir des choses croustillantes à raconter pour les dîners emmerdants des fêtes de fin d’année, moi !

Après leur avoir causé de la pédérastie dans l’Antiquité, je vais pouvoir leur signaler que leurs petites expressions, qui ont l’air toutes sages, sont en fait toutes à connotations sexuelles !

D’ailleurs, je pense que depuis que  j’ai choisi « La pédérastie » pour un Masse-Critique, notre ami Pierre de Babelio doit m’avoir cataloguée avec l’étiquette « Grosse cochonne et obsédée sexuelle » dans la base de donnée du site puisqu’il m’a proposé ce livre.

Alors, mon cher Pierre de Babelio, mettons les choses au point : je ne suis pas grosse ! Le reste est parfaitement juste.

Je me suis marrée à découvrir des expressions du langage courant, expressions que j’utilise souvent (et le reste du monde aussi), expressions qui semblent « normales » mais qui en fait ont un rapport avec la Chose…

Désolée, mais même avec mon esprit mal tourné tel que le mien, lorsque j’entendais « Les carottes sont cuites », je ne pensais pas du tout à la « débandade », même si mon esprit tordu a déjà associé la carotte à un objet phallique. Il me vient d’ailleurs une blague sur le sujet…

Anybref ! Que voilà un livre réjouissant et instructif, sans pour autant devenir lourd ou insipide, sauf si vous êtes fous au point de tout lire d’un coup ! Ce que je déconseille fortement, vous risqueriez de vous lasser.

Moi, je me réservais quelques petites expressions avant d’aller me coucher, ou le matin, avec le café, la bonne humeur était garantie et gare à celui qui me disais « L’affaire est dans le sac » ou « Il reprend du poil de la bête » car j’avais un sourire niais et égrillard sur la face et personne n’a rien compris au boulot !

Bon, ça ne marche pas avec toutes puisqu’il y en avait certaines que je ne connaissais ni d’Ève, ni d’Adam.

Deux pages par expression, pas de texte brut de décoffrage et tout serré, n’ayez pas peur, c’est aéré, aérien, ça fait du bien et les illustrations de Coco ne sont pas piquées des vers.

Ce n’est certes pas la grosse poilade, mais ça a le mérite de nous éclairer sur l’origines de certaines expressions sans pour autant nous souler avec des tas et des tas d’explications.

Une lecture qui m’a donné du grain à moudre, sans que je donne trop ma langue au chat ou que le livre me courre sur le haricot. Au prochain dîner, je vais rompre la glace chez certains, chez ceux qui se vantent de n’avoir jamais peigné la girafe.

Tout ça va me donner du fil à retordre…

Merci pour cette lecture, messieurs des Éditions Robert… (ils ne sèment pas à tout vent, mais presque).

Quand le cul est d’équerre avec l’âme, il y a de la poussière de bonheur qui nous tombe sur la tête.

Étoile 3

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Le garçon : Marcus Malte

LeVieuxJardinAW+

Titre : Le garçon

Auteur : Marcus Malte
Édition : Zulma (2016)

Résumé :
Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin, d’instinct.

Alors commence l’épreuve du monde : la rencontre avec les hommes – les habitants d’un hameau perdu, Brabek, l’ogre des Carpates, lutteur de foire philosophe, Emma, mélomane et si vive, à la fois sœur, amante et mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. »

Puis la guerre, l’abominable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation.

Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience, émaillé d’expériences tantôt tragiques, tantôt cocasses, et ponctué comme par interférences des petits et grands soubresauts de l’Histoire, le Garçon est l’immense roman de la condition humaine.

32bdbd04d5b1e5b437524900b4c52a01Critique :
Si vous connaissez la musique du film « 2001, l’odyssée de l’espace », passez-le vous dans votre tête car je publie enfin ma chronique tant attendue sur ce roman !

Enfin, elle était juste attendue par Yvan (GruzBlog Émotions) !

J’avoue qu’il m’a imploré, supplié – même menacé des pires représailles – si je ne lisais pas ce roman (je ne vous dirai pas les tortures qu’il m’avait promises, elles sont trop horribles ! Même à Guantánamo ils n’oseraient pas vous torturer avec du Barbara Cartland).

Jubile, Yvan, le voici ma chronique !

Alors, Marcus, ton roman… Un sacré roman que tu nous as écrit là, Marcus ! Oui, je me permets de t’appeler par ton prénom et de te tutoyer, j’espère que tu ne m’en voudras pas parce que c’est un peu de ta faute aussi : tu viens de présenter une sacré histoire, toi.

Déjà, Marcus, fallait oser mettre en scène un personnage principal qui est muet (mais pas sourd).

Je dirais même qu’il fallait une sacrée paire de cojones pour nous le faire évoluer sur 544 pages, sans que jamais il n’ait une ligne de dialogue, sans que jamais l’on ne sache son prénom exact, ni des circonstances qui avaient amené sa mère là où elle était.

Même l’invisible et l’immatériel ont un nom, mais lui n’en a pas. Du moins n’est-il inscrit nulle part, sur aucun registre ni aucun acte officiel que ce soit. Pas davantage au fond de la mémoire d’un curé d’une quelconque paroisse. Son véritable nom. Son patronyme initial. Il n’est pas dit qu’il en ait jamais possédé un.

Brillante l’idée ! Mais elle aurait pu devenir casse-gueule. Maintenant, le prochain qui nous proposera un garçon muet, on pensera directement au tien.

J’avoue tout de même que j’ai eu un peu de mal à m’attacher au garçon, au départ. Je suivais sa route, son chemin, mais sans savoir vraiment si j’allais me plaire à faire cette longue route avec lui.

Tu sais où j’ai commencé à l’aimer, le garçon ? Non ? Et bien, quand Brabek est entré en scène… Parce que nom de dieu, Brabek, lui, je l’ai adoré ! Et en l’aimant, j’ai commencé à ressentir de la profonde affection pour ce garçon sans nom.

— In God We Trust sur chaque pièce et sur chaque billet. Estampille officielle. Parole d’évangile. La seule et unique religion de l’Amérique.

À ce propos, si je gardais un chien de ma chienne pour Olivier Norek et son utilisation horrible d’un four micro-ondes, j’en gardera aussi un pour toi, mais pour mon ogre adoré…

Anybref, une fois que le garçon fit partie de ma vie, j’ai cheminé avec lui sans plus lui lâcher la main, découvrant le monde, les hommes, avec lui, à ses côtés, partageant ses peines et ses espoirs, rencontrant avec lui les autres spécimens Humains, toute cette galerie de personnages bien typés que tu nous fais croiser dans ton œuvre.

Il y en avait des plus attachants que d’autres, et pas besoin d’en faire des tonnes pour que l’on apprécie plus un tel qu’un autre. Ils avaient leurs qualités, leurs défauts, leur vie, leur histoires et je les ai trouvées bigrement réalistes.

Sinon, Marcus, j’ai pris du plaisir aussi avec tes petites introductions « Cette année là » et si je pouvais ne fus-ce qu’en retenir 5%, je pourrais briller à « Questions pour du pognon ». Si j’en été étonnée au départ, elles m’ont vite plu et ma foi, j’en aurais bien demandé un second tour.

Autre chose que j’ai aimé, Marcus, c’est ta manière d’écrire. On ne peut pas dire qu’elle est simple ou simpliste, loin de là ! Elle est élaborée, costaude, plaisante, déroutante, imaginative, et il y avait même des tas de mots dont je ne connaissais pas la définition.

C’est cette plume qui m’a fait plaisir lorsque tu utilisas de la métaphore dans l’acte sexuel et de brillants jeux de mots comme je les adore ! À ce petit jeu là, d’ailleurs, je ne suis pas la dernière…

C’est là-dessus, par crainte des grincements du sommier, que se joue l’hymne à l’hymen. Soupirs et point d’orgue.

Et Marcus, cette scène de sexe émaillée de mots italien… Oh mon coquin ! Tu sais y faire sans devoir trop en faire. D’ailleurs, ne le répète pas à mon homme – il se demande encore ce qui m’a pris de poser brutalement le roman que je lisais pour le… Non, celle là, il ne l’avait pas vu venir. Qu’il ne sache jamais que tu étais le responsable avec tes écrits.

Passons maintenant au contraire de l’amour : la guerre, Marcus, cette saloperie de Grande Guerre…

Les combats sont épiques, les combattants héroïques. Ils sont vaillants, ils sont pugnaces, ils sont intrépides, ils sont courageux, ils sont valeureux, ils sont tués. On leur érigera des mausolées. On y gravera leurs noms. On commémorera. Puis on oubliera.

Cette manière que tu as eue d’en parler dans ton roman, avec, dans un paragraphe, ces phrases tirées de la Marseillaise, j’ai adoré.

Oui, Marcus, tu nous as parlé de la Guerre d’une autre manière, tu l’as abordée par un autre côté, par un autre front (si je puis me permettre ce mauvais jeu de mots), et j’ai ressenti des moments de grandes tristesses, surtout lorsque tu nous parlais de la future mort des homme du régiment…

C’est violent, cette manière que tu as eue de faire. Poétique aussi, vu la manière dont tu l’as écrite. Ça m’a dressé les poils sur les bras, ça m’a collé une boule au fond de la gorge, alors que je ne les connaissais pas et qu’ils n’étaient que personnage de fiction…

Et Krestorsky, le Polonais. Mineur de fond. La sape il connaît. Bon chrétien. Il prie, il embrasse son crucifix avant de charger. Notre-Dame-de-Lorette aura raison de lui. Un coup de grisou comme jamais il n’en aurait imaginé. C’est en vapeur qu’il montera au ciel. Sublimé. Va, Polak, va. Dieu recollera les morceaux.

Mais la fiction suit la réalité (jamais elle ne la dépasse) et rien que d’y repenser, à cette grande boucherie, j’ai le cœur au bords des lèvres.

Oui, Marcus, tout était d’une triste justesse, sans oublier que ton roman est bourré de vérités, de choses justes, de réflexions non dénuées de bon sens, et Emma, cette jeune fille que j’ai apprécié de suite, avait de la suite dans ses idées dans ses lettres. Plus que les militaires, plus que les dirigeants… (Ok, ce n’est pas difficile d’en avoir plus qu’eux).

Plus que Gustave, son père qui… Dieu que j’ai eu de la peine pour lui, que j’ai souffert avec lui de cette erreur qu’il commit et que bien d’autres que lui commirent aussi en ces temps là.

Marcus, Marcus, tu ne m’as pas épargnée ! Tu m’as fait vivre des pages lumineuses de vie, de découverte du monde, d’amour et se sexe, et ensuite, tu m’as plongé dans les affres de la guerre avec tout son cortège de misères. C’est violent, ça, Marcus.

On  ne peut pas dire que tu laisses ton lecteur gambader gentiment dans tes pages, non, tu le malmènes, tu le mets en situation de confort pour mieux le martyriser ensuite. Tu le fais si bien, en plus…

Par contre, Marcus, désolée, mais lorsque tu citais tout ces noms de soldats morts à la bataille de Souain, je n’ai pas su aller jusqu’au bout. Trop dur. Et ce n’était qu’un bataillon de la Légion… Horrible. Alors j’ai passé des pages car j’étais trop lessivée que pour en supporter plus. Que ces morts me pardonnent.

Par contre, Marcus, j’ai eu besoin de deux tubes d’aspirine après avoir lu ton immense paragraphe (sans point final pour reprendre mon souffle) avec les liens familiaux qui unissaient toutes les familles régnantes d’Europe (étendue à la Russie) en 1914.

C’est donc une affaire de famille. On lave son linge sale : dix-neuf millions de morts.Et l’on se demande encore de quoi est venu se mêler Poincaré !

J’ai essayé de dresser l’arbre généalogique, mais je me suis rendue compte que tout le monde était parent avec tout le monde et que les branches s’entremêlaient.  Même « Point De Vue » ne s’y retrouverait pas, dans tout ces rois qui nous gouvernaient en 14, tous parents ensemble, des tas d’alliances ayant été crées artificiellement par des mariages (et notre futur roi Léopold I a bien instigué de ce côté-là aussi !).

Les rois. Les empereurs. Comment cela peut-il encore exister de nos jours ? Les « Sire », les « Majesté », les « Monseigneur ». Comment peut-on encore l’accepter ? Comment peut-on nous faire avaler cette énorme couleuvre ? La couronne et tout ce qui va avec. Des rois ! Et au nom de quoi, tu peux me dire ? Au nom du sang.

J’aimerais te dire encore bien d’autres choses, Marcus, sur ton roman époustouflant, mais les mots me manquent.

Je te dirai juste que j’aurais aimé avoir encore plus de pages, plus de détails sur les autres voyages du garçon devenu homme et que je me suis trouvée fort dépourvue lorsque la fin de l’histoire fut venue.

Ah, Marcus, je te remercie d’avoir écrit pareil roman, pareille fresque, de m’avoir plongé dans la France de 1900, dans sa manière de vivre campagnarde, avec tout ces gens qui, vu d’ici, ne sont pas si différents de nous puisqu’ils accusaient déjà l’étranger d’être le responsable de tous leurs maux.

Je te dis merci de nous avoir mis en scène un garçon sans nom, sans passé, sans paroles et de l’avoir fait mouvoir avec tes mots, tes belles phrases, ton talent de conteur. De m’avoir mis sous les yeux cette belle symphonie, cette ode, cette fresque, ce concert majestueux qui vibre encore dans mes veines, dans mon cœur, dans mes tripes.

Merci aussi, au passage, à Yvan (GruzBlog Émotions) de m’avoir mis le canon du fusil sur la tempe pour que je lise ton dernier roman.

Bon, j’exagère un peu, je sais, mais j’aime l’entendre me supplier (via ma boite mail) de lire tel ou tel livre car jamais je ne suis déçue.

Et de grâce faites que le mystère perdure. L’indéchiffrable et l’indicible. Que nul ne sache jamais d’où provient l’émotion qui nous étreint devant la beauté d’un chant, d’un récit, d’un vers.

Oh que j’aimerais ne jamais avoir lu ce roman afin de pouvoir le recommencer, vierge de tout savoir…

♫ C’est un beau roman, c’est une belle histoire ♪

Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Femina – 2016).

Étoile 5

BILAN - Minion Les bras m'en tombe - un putain de livre OK

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Aux origines de la pédérastie (petites et grandes histoires homosexuelles de l’antiquité) : Nicolas Carteret

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Titre : Aux origines de la pédérastie (petites et grandes histories homosexuelles de l’antiquité)

Auteur : Nicolas Carteret
Édition : La Musardine (2016)

Résumé :
« Être pédé comme un Grec » : cette insulte populaire témoigne de ce que l’homosexualité des Grecs anciens est désormais proverbiale. Mais que sait-on vraiment de l’amour entre hommes tel que le pratiquaient les Hellènes, deux mille ans avant nous ?

À quoi correspond la notion de pédérastie, si chère à Platon et à ses contemporains, et en quoi diffère-t-elle de l’homosexualité telle que nous la concevons aujourd’hui ?

Donnant la parole aux sources antiques, textuelles et visuelles, Nicolas Cartelet retrace l’histoire d’une pratique aussi bien amoureuse que pédagogique, philosophique et militaire, trop longtemps ignorée ou simplifiée par nos moralistes modernes. Une première partie, introductive et didactique, décrit et explique la pratique de la pédérastie grecque.

Une seconde partie, dans la veine d’une histoire populaire à la Pierre Bellemare ou à la Franck Ferrand, s’attache aux amours homosexuels de personnages mythiques et historiques célèbres.

aux-originesCritique :
Chouette,au prochain repas de famille, j’aurais un autre sujet de conversation croustillant ! Et attention, si je le rendrai croustillant, ce n’est sera pas moins avec des accents d’érudition…

Mais comment est née la pédérastie ? Ou du moins, comment certains hommes ont commencé à pratiquer le frotti-frotta entre eux ? (plus, si affinités).

Voilà un ouvrage très sérieux qui nous raconte la vie des Hellènes et des garçons…

Enfin, d’après l’auteur, les éromènes (ceux qu’on aime) n’étaient pas de trop jeunes garçons, quand aux érastes (ceux qui aiment), ce n’étaient pas non plus des vieux satyres, mais des adultes d’un peu plus de 20 ans.

Bref, la première partie qui m’explique le pourquoi du comment est vachement intéressante, sans être trop technique ou historique : on apprend la place de la femme dans la société grecque de l’époque (cloitrée, chez les familles aisées), l’auteur nous explique que si la pédérastie était normalement pratiquée dans les milieux assez haut de la société, elle était mal vue par le peuple d’en bas.

Le tout étant agrémenté de quelques extraits de céramiques avec des hommes nus.

Non, rien de porno car pour l’époque, la représentation de gros machins était mal vue et s’apparentaient aux satyres.

Franchement, j’ai ouvert grand mes yeux parce que ce n’était pas tout à fait comme je le pensais et on est loin de la débauche de Sodome et Gomorrhe et loin de la pédophilie aussi.

La seconde partie, plus importante 120 pages contre 50), nous raconte, sous forme de petites histoires, l’homosexualité vue avec les dieux de l’Olympe ou avec des personnages ayant véritablement existé, comme Alexandre Le Grand.

Ces dernières, je les ai lues comme on lit des histoires quand on est enfant : une tous les soirs.

Si celles avec Zeus, Apollon, Héraclès m’intéressaient un peu moins (on est dans la mythologie !), si celle d’Achille appartient à la littérature, celles d’Alexandre et de Socrate étaient plus dans le réel.

On sent bien (oups) le travail de l’auteur et rien qu’à voir la bibliographie, on comprend qu’il y a du travail sérieux derrière tout ça.

Mon seul bémol sera pour le fait que j’eusse aimé que la première partie soit plus importante que la seconde, j’aurais aimé continuer de dévorer de l’Histoire grecque et en savoir encore plus.

Anybref, voilà un livre que je n’aurais sans doute pas coché dans les nouveautés de la rentrée, et que, sans l’opération de Babelio, jamais je n’aurais lu, ce qui aurait été dommage pour ma culture et pour les futurs repas de famille.

Vivement la fin de l’année que je leur parle de cette époque où les éromènes ne se faisaient pas sodomiser !

Un petit livre très intéressant que je ne regrette pas d’avoir ouvert car dans le mot « culture », il y a aussi le mot « cul »…

Étoile 3

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La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux : Marquis de Sade

Titre : La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux

Auteur : Marquis de Sade                                                big_2
Édition : Maxi Poche

Résumé :
Cachez cet auteur que je ne saurais voir. J’ai nommé le marquis de Sade. Grand absent des anthologies scolaires, Sade fut longtemps le paria de la littérature française.

Et pourtant, c’est bien de littérature qu’il s’agit et d’éducation qui plus est.

« La Philosophie dans le boudoir », chef-d’œuvre du divin marquis, est le plus ambitieux des manifestes du libertinage jamais écrit. Avec Sade, l’acte accompagne toujours la théorie et il est plaisant de voir son Dolmancé, mâle incroyablement membré dans la pleine possession de ses moyens, éduquer la jeune Eugénie, 15 ans à peine, aux acrobaties du corps et à la gymnastique de l’esprit.

Confiée aux mains de Mme de Saint-Ange et de Dolmancé, Eugénie, élève douée, progresse très vite dans le domaine du plaisir.

« Nous placerons dans cette jolie petite tête tous les principes du libertinage le plus effréné, nous l’embraserons de nos feux, nous l’alimenterons de notre philosophie », annonce Mme de Saint-Ange.

Au terme de 300 pages voluptueuses, la jeune fille ignorante sera devenue experte et aguerrie en philosophie du plaisir.

« La Philosophie dans le boudoir » n’est pas un classique de l’érotisme, c’est le livre fondateur, la Bible du plaisir qui pourrait faire passer le Kama Sutra pour une simple fiche technique.

Critique : 
Que dire de ce livre si ce n’est que les protagonistes feraient mieux de parler moins et de s’envoyer en l’air plus !

Ben oui, durant les moments de « pause » entre deux sodomies ou autre pénétrations en « al », les protagonistes pérorent sur Dieu, la politique, la morale et autres sujets qui m’ont fait bailler d’ennui tant ces messieurs étaient sûr de détenir la Vérité Absolue.  La diatribe sur la non-existence de Dieu est à mourir d’ennui !

Désolée, mais durant les phases réfractaires de chouchou, je n’aurais pas du tout envie de l’entendre me parler de politique ou de religion ! Surtout que Sade y va quand même fort dans sa philosophie qui tient plus de celle « du comptoir » que d’ailleurs.

Oh pardon… Pour ceux qui aurait une cul-ture zéro,  » La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux », c’est l’histoire de la journée d’éducation sexuelle et de débauche de la jeune Eugénie, 15 ans au compteur, que madame de Saint-Ange et son frère incestueux vont initier a toutes les facettes du sexe par tous les orifices.

C’est « la journée de la luxure », le tout aidé d’un sodomite qui cause beaucoup trop : Dolmancé.  Plus un syphilitique, mais en fin de roman.

En deux mots : ça éduque la gamine, ça baise tous ensemble ou séparé, ça cause et ensuite, ça refornique par tous les trous qui existent.

Les scènes de sexe ? C’est de la resucée : un « sandwich » entre trois hommes, de l’inceste frère-soeur, de la sodomie en veux-tu-en-voilà, du « décalotage » et suçage en tout genre. Rien de neuf sous le soleil, si ce n’est la perversion de certaines histoires où Dolmancé parle d’un homme qui a des rapports sexuels avec sa fille, lui fait un enfant, le dépucelle aussi, etc… Sade voulait choquer, il l’a fait.

Par contre, peu de descriptions dans les scènes de sexe. Certes, pour l’époque, ça a dû choquer la ménagère de moins de 50 ans, mais maintenant, bof. J’ai lu des fan-fics cochonnes bien plus détaillées dans leur scène hot que celles du roman du Marquis !

Ce que je reproche d’autre au livre ? Les dialogues qui sont souvent à se taper la tête au mur tant ils peuvent être bêtes, parfois.

Pire, lors de la fameuse scène de couture (ceux qui ont lu comprendront, les autres, imaginez), la mère – qui est censée avoir très mal vu l’endroit où on la coud – ne hurle pas très fort sa douleur, c’est limite si on n’a pas l’impression d’une mauvaise actrice qui veut en faire trop : « Tu me déchires, scélérate ! Que je rougis de t’avoir donné l’être ! ».

Heu, on est en train de lui suturer un certain endroit… Ça ne m’a même pas collé de frissons de dégoût tant cela ne faisait « pas vrai », ses récriminations de douleur.

Sans parler que les dialogues sont présentés comme dans une pièce de théâtre, et là, ça ne passait pas, malgré la vaseline.

De plus, une gamine de 15 ans qui se fait débaucher l’arrière-train sans arrières-pensées, comme si on lui expliquait la cuisine, demandant qu’on la débauche fissa… Là, je tique un peu en raison du fait qu’elle devient une grosse cochonne en deux secondes chrono.

N’ayant jamais vu un vit de sa vie (vit = pénis), elle se fait prendre par derrière comme d’autre vont prendre un verre, criant même qu’on la lui fourre profond. Hop, ça glisse comme chez une vielle péripatéticienne. Pas très réaliste.

Les personnages sont parfois à tuer, surtout Dolmancé, qui, à force de crier « je décharge, je décharge », m’a pompé l’air !

Je termine « No shocking » par le livre, ayant juste ressenti de l’ennui profond, mais très profond !

Marquis, tu aurais pu détailler plus tes scènes au lieu de nous faire toujours le même scénario sexuel !

Lu dans le cadre du challenge « Badinage et libertinage » organisé par Minou et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel.

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