Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords : Yves Sente & André Juillard

Titre : Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords

Scénariste : Yves Sente
Dessinateur : André Juillard

Édition : Blake et Mortimer (01/11/2012)

Résumé :
Cette nouvelle aventure de Blake et Mortimer conduit nos deux héros à Oxford.

L’Ashmolean Museum et sa célèbre collection archéologique est le théâtre de vols inexpliqués auxquels sont liés une série de meurtres tout aussi mystérieux.

Tels les héros d’Agatha Christie, Blake et Mortimer mènent l’enquête.

Yves Sente et André Juillard nous offrent une aventure dans la plus pure tradition des romans policiers britanniques.

Critique :
Se glisser dans les pantoufles d’un autre n’est jamais aisé car on a beau copier son trait, reprendre ses personnages, les connaître sur le bout des doigts, on n’est jamais dans la tête du père (ou mère) littéraire.

Pourtant, même si j’ai déjà vu mieux dans les dessinateurs qui ont repris la mise en image de nos deux compères, au moins, le scénario n’est pas bâclé et l’enquête est tout ce qu’il y a de plus terre à terre, sans élément fantastique, de SF ni d’Olrik (enfin des vacances).

Une enquête que n’aurait pas renié la Reine du Crime tant les atmosphères présentes dans ces pages sentent celles de ses romans.

Blake et Mortimer n’utiliseront jamais de smartphones et leur environnement restera à jamais figé dans les années 50, avec un petit air vieillot qui leur va comme un gant car c’est leur identité propre.

L’enquête est remplie de mystère car le lecteur a du mal à voir le rapport entre le vol de la valise d’un certain Thomas Edward Lawrence (en 1919) et les vols, 35 ans plus tard, à l’Ashmolean Museum, de pièces qui ne sont pas les plus rares, ni les plus chères.

Ajoutons une touche de mystère avec des silhouettes toutes vêtues de blanc, leur donnant des airs des fantômes, des lords qui meurent d’accidents qui n’en sont pas, un secret qu’ils sont les seuls à connaître et un Mortimer qui joue aux naïfs tandis qu’un Blake lui demande de se taire alors qu’il commençait à lui donnait un info importante.

Le scénariste nous sème des indices un peu partout, à nous de les prendre en compte ou pas, de les considérer comme importants ou comme étant de faux indices placés là pour faire accuser un autre…

J’avais capté assez vite qui était responsable des vols et il fallait être un anglais un peu trop confiant pour ne pas se rendre compte que cette personne jouait double jeu. Malgré tout, je n’avais pas tout trouvé et une partie des faits étaient inconnus de moi et sans l’intervention de Blake, je n’aurais jamais trouvé le pourquoi du comment.

Dans la neige froide et glacée, nos deux amis vont tenter de résoudre cette énigme et de trouver le ou les coupable(s) des crimes immondes, des vols bizarres et d’enfin savoir quel est ce foutu serment des 5 lords !

Sans révolutionner le polar, cette aventure se laisse lire avec plaisir, en prenant son temps pour regarder toutes les cases car malgré le fait que je sois moins fan de ce dessinateur (j’aimais mieux ceux de Ted Benoît), les décors foisonnent de détails et les paysages anglais, que ce soient ceux de la ville ou de la campagne, sont toujours un plaisir pour les yeux.

On ne révolutionne rien, mais dans les explications de Blake, à la fin, on se prend tout de même une douche froide avec un événement survenue durant sa jeunesse. La boucle est bouclée.

Un bon album qui est plus à réserver au nostalgiques de l’univers de Blake et Mortimer qui aiment lorsque l’action va à son aise, même si je soupçonne une injection d’EPO dans le dernier quart de l’aventure afin de clore cet album en 64 pages et non en 80…

Je ne l’avais jamais lu mais ce Mois Anglais était l’occasion idéale pour ressortir quelques albums de cette série et par la même occasion, d’en découvrir un jamais lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°269 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Nuit mère : Kurt Vonnegut

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Titre : Nuit mère

Auteur : Kurt Vonnegut
Édition : Gallmeister (2016)

Résumé :
« Je suis américain de naissance, nazi de réputation et apatride par inclination. »

Ainsi s’ouvrent les confessions de Howard W. Campbell Jr. qui attend d’être jugé pour crimes de guerre dans une cellule de Jérusalem. Ce dramaturge à succès exilé en Allemagne fut en effet le propagandiste de radio le plus zélé du régime nazi.

Mais il clame aujourd’hui son innocence et prétend n’avoir été qu’un agent infiltré au service des Alliés.

Il lui reste désormais peu de temps pour se disculper et sauver sa peau.

mother-nightCritique :
Voilà un roman qui sort des sentiers battus, aux antipodes de ce que je lis habituellement, et dont, au final, je suis sortie assez secouée.

Howard C. Campbell dit lui-même qu’il est un américain de naissance, un nazi de réputation et un apatride par inclination.

Cet homme que l’on devrait détester nous livre ce récit autobiographique, fictif, de sa vie durant la Seconde Guerre Mondiale en tant que grand propagandiste sur les ondes radios et du côté des nazis.

Récit autobiographie qu’il aurait envoyé à l’auteur, Kurt Vonnegut, depuis sa cellule à Jérusalem dans laquelle il attend son procès.

Ce qui frappe dans ce récit, c’est qu’au début, on devrait haïr Howard pour ce qu’il a fait, mais au fur et à mesure des pages, on ne sait plus trop quoi penser de lui et la balance penche irrémédiablement vers le mec sympa plutôt que vers le vrai salaud.

L’équilibre étant toujours sujet à caution puisque Howard pourrait nous raconter des carabistouilles… ou pas !

Parce que si cet homme fut un propagandiste, ce ne fut pas vraiment de son fait, mais en tant qu’espion pour les États-Unis !

Dans ses discours farcis à la haine des autres et à la sauce antisémite, ses soupirs, ses toussotements auraient été des codes pour les Américains à l’écoute de ses diatribes haineuses.

Vrai ou pas vrai ?? Sans doute vrai, mais peu de personnes peuvent le confirmer et tout le roman sera rempli de faux-semblants, de ces gens qui pensent être une chose et qui sont l’exact opposé, de ces gens qui se disent purs et qui ne valent pas mieux que les nazis nostalgiques ou les nazis de l’époque du moustachu à la mèche de cheveux noire.

Nous sommes ce que nous feignons d’être, aussi devons-nous prendre garde à ce que nous feignons d’être.

Soyez sur vos gardes durant la lecture…

La plume de l’auteur est facile à lire, le roman se termine en quelques heures, il n’est guère épais (guerre et paix), mais il y a dedans quelques réflexions profondes dont les plus étonnantes sont celles entre Howard Campbell et Eichmann, ce dernier lui demandant s’il devait avoir recours à un agent littéraire ou encore les tournois de pingpong organisés au ministère de la Propagande.

Ici, les salauds ne sont pas toujours ce qu’ils semblent être et les gentils non plus, tout le monde cache des choses, tout le monde cache ce qu’il est vraiment, et les gens tendent à devenir les personnages dont ils ont endossé les habits pour les besoins de leurs missions.

Nuit mère est un roman étrange, une confession d’un homme seul, d’un homme qui soulève de l’admiration chez les amateurs de la race Blanche et le dégoût chez les autres, exacerbant chez ces derniers des envies de lui casser la gueule puisqu’il fait un parfait bouc émissaire en tant qu’Américain ayant frayé avec l’Ennemi (oubliant de ce côté là que les banques américaines soutinrent l’effort de guerre des deux cotés, aussi bien des yankee que des casques à pointes et des bottines à clous).

Un roman rempli de faux-semblants qui me laisse un peu groggy et perplexe sur la nature Humaine (mais je l’étais déjà).

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

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Casino Royale : Martin Campbell [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 9/52]

— Le monde entier saura que vous serez mort en me grattant les couilles [James Bond]

Casino Royale est un film américano-britanno-germano-tchèque d’espionnage réalisé par Martin Campbell.

Il est sorti le 22 novembre 2006 en France et en Belgique. C’est le 21e opus de la série des films de James Bond produite par EON Productions.

Chronologiquement, c’est la première aventure de l’espion anglais. James Bond est ici incarné par Daniel Craig, succédant ainsi à Pierce Brosnan.

C’est l’adaptation cinématographique du roman Casino Royale de Ian Fleming, publié au Royaume-Uni en avril 1953.

Le roman avait déjà été adapté dans un téléfilm du même nom avec Barry Nelson en 1954 et dans une comédie de 1967 avec David Niven.

1. Synopsis :
James Bond vient d’obtenir le statut d’agent 00 au sein du MI6.

Pour sa première mission, James Bond affronte le tout-puissant banquier privé du terrorisme international, Le Chiffre.

Pour achever de le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit, Bond doit le battre lors d’une partie de poker à haut risque au Casino Royale.

La très belle Vesper, attachée au Trésor, l’accompagne afin de veiller à ce que l’agent 007 prenne soin de l’argent du gouvernement britannique qui lui sert de mise, mais rien ne va se passer comme prévu.

2. Fiche technique :

  • Titre : Casino Royale (Le « e » de Royale n’est pas une faute d’orthographe : le titre original du roman de Ian Fleming est l’abréviation de Casino de Royale-les-Eaux. Cette signification est perdue dans le film, puisque le casino est situé au Monténégro.)
  • Titre de travail : James Bond 21 et Ian Fleming’s Casino Royale
  • Réalisation : Martin Campbell
  • Scénario : Neal Purvis, Robert Wade et Paul Haggis, d’après Casino Royale de Ian Fleming
  • Pays d’origine :  Royaume-Uni,  États-Unis Allemagne République Tchèque
  • Langues originales de tournage : anglais et français
  • Genre : espionnage, action, thriller
  • Budget : 72 millions USD (production), 150 millions $ (avec la publicité)
  • Durée : 138 minutes (2h18)

3. Distribution :

  • Daniel Craig : James Bond 007
  • Eva Green : Vesper Lynd
  • Mads Mikkelsen : Le Chiffre
  • Jesper Christensen : M. White
  • Judi Dench : M
  • Jeffrey Wright : Felix Leiter
  • Giancarlo Giannini : René Mathis
  • Caterina Murino : Solange
  • Simon Abkarian : Alex Dimitrios

Ce que j’en ai pensé :
Ah ben voilà la preuve que l’on peut réaliser un excellent James Bond !

Ok, j’avoue que je m’y prend avec 10 ans de retard, mais à ma décharge, j’avouerai, mesdames et messieurs des jurés, que j’avais fait la grimace en découvrant Daniel Craig pour jouer mon James Bond.

Le côté blondin ne m’avait pas plu et j’ai boudé durant de longues années (pas bien, je sais).

Alors maintenant que je me suis réconciliée avec l’acteur, que j’ai adoré Skyfall et me suis faite chier avec 007 Spectre, il est temps que je me fasse les deux autres en commençant par le commencement : Casino Royale !

Les d’jeuns qui découvriraient la scène d’ouverture pourraient penser que leur PC il est tout cassé puisque l’on débute en noir et blanc… La première scène est l’acquisition par l’agent James Bond de son double 0, autrement dit, le permis de tuer.

Le sang a coulé car il eu ses règles… Heu, son premier macchabée !

Le premier ? Oui, c’est la genèse de James.

Attendez là, y’a pas comme une problème avec l’actrice Judi Dench (M) ?? Gros problème de continuité, puisque celle-ci avait été présentée dans GoldenEye comme la successeur du M joué par Bernard Lee et Robert Brown…

Les recherches m’ont indiquées que cet apparent problème de continuité avait été réglé en affirmant que ce film démarrait une nouvelle série d’aventures cinématographiques de James Bond et qu’il n’y avait aucune continuité à rechercher puisqu’il n’y en avait plus.

Ok, les mecs. C’est la genèse mais ça commence une nouvelle partie. Vous suivez toujours les autres ??

Scène d’intro : pas de nanas dans le générique, absence de la traditionnelle scène du canon (elle viendra plus tard, ouf), et un début qui est une course-poursuite endiablée entre James et un homme plus agile qu’un singe (et ceci n’est pas une insulte) qui va me donner le vertige à grimper sur des poutrelles et des grues.

D’ailleurs, heureusement que j’avais vu deux autres Bond avec Craig parce que sinon, j’aurais eu un arrêt cardiaque en pensant qu’il allait chuter et mourir.

Punaise, mes yeux ne savaient plus suivre. Punaise, mes genoux me faisaient mal rien que de les voir sauter dans tous les sens. Non, non, jamais je ne ferai pareilles acrobaties et sauts dans les airs.

Par contre, il y a une chose qui me fera toujours hausser les sourcils d’étonnement : comment est-ce possible de rater James Bond qui court alors qu’ils sont plein de gars à lui tirer dessus à la mitraillette ??

Des balles touchent le gars qu’il emmène avec lui comme « otage » et notre James, lui, rien, pas une balle ne le frôle, comme si c’était des Gilbert Montagné en train de lui tirer dessus en lieu et place de militaires.

Nous sommes dans le monde du cinéma, tout est donc possible ! Passons à des considérations plus sérieuses, si vous voulez bien…

Ce que j’ai apprécié ici, c’est le côté plus profond de James Bond : ce sont ses débuts, il fait des erreurs, il doit apprendre.

C’est un James Bond plus psychologique et le côté sensible de notre célèbre agent apparait (ce qui fait finalement ressortir son côté humain).

Tout au long du film, on assiste vraiment à l’éclosion du personnage de James Bond (tchip tchip, le petit poussin sort de l’œuf).

Il a un côté plus sombre aussi que son prédécesseur, Pierce Brosnan. Et une musculature plus impressionnante aussi. Rhââââ….

Un personnage qui m’a fichu les jetons, c’est le Grand Méchant, le Chiffre… Le croiser au coin d’un bois me donnerait une seule envie : courir !!

Pas besoin de lui faire sortir de grandes phrases, avec un seul regard il vous cloue plus facilement que les romains ont cloué Jésus sur la croix.

Niveau cascades, celles de l’aéroport sont spectaculaires et heureusement que je savais que James allait survivre, sinon, j’aurais eu mon cœur en état d’arrêt cardiaque une fois de plus.

Après un coup pareil, je peux comprendre que le Chiffre ait envie de massacrer le beau James.

Bien qu’il n’y a pas QUE de l’action, les moments plus calmes ne sont pas pour autant des moments propices aux bâillements.

Quelques belles réparties dans le train avec la jolie Vesper Lynd (une comptable) une partie de poker qui m’a fait suer tant les mises étaient énormes, des revers, des vodka-martini dont on n’en a rien à battre qu’elles soient à la cuillère ou au shaker.

Niveau courses-poursuites en bagnoles, les fans seront déçu puisque nous n’en avons pas et lorsque James foncera dans son Aston Martin DBS V12 ce ne sera que pour une courte durée.

Les cascadeurs ont tout de même détruit  trois Aston Martin (300 000$ pièce) et établis un record mondial avec 7 tonneaux.

Anybref (© Meloë) notre James Bond, pour sa partie de poker à 10 million de $ va donc bénéficier de l’aide de la charmante comptable Vesper Lynd (Eva Green) avec laquelle il nouera une histoire d’amour intense (♫ chabadabada ♪), ce que l’on n’avait plus vu depuis « Au service secret de sa Majesté ».

Ouf, au moins on a eu droit à un personnage féminin bien plus fouillé et le plus complexe que ceux vus auparavant, dans les autres films. Ça nous change des nanas qui n’avaient comme atouts que leurs formes opulentes (mais un rôle plus fin que du papier d’Arménie).

Bon, les dialogues, quand ils roucoulent sont sirupeux et, me retournant vers mon Chouchou, je lui dis :
— Mais pourquoi tu ne me fais jamais pareille déclaration ??
— Parce que je ne suis pas James Bond…
— Certes, mais tu possède pourtant un double zéro et un sept dans ton pantalon.

Le goujat me traita d’obsédée… mdr

Je ne spoilerai pas la fin du film, mais quand je vous disais qu’on était proche du film « Au service secret de sa majesté », je ne vous racontais pas de carabistouilles.

James doit souffrir pour devenir celui qu’il est à présent.

Une chose m’a étonnée : le fait que le principal adversaire de Bond boive son bouillon de 11h bien avant le générique final… Hé, ça, c’est original au moins et ça laisse d’autres possibilités.

Dans tous les films, quelque soit le James Bond, notre espion passe souvent un mauvais quart d’heure en frôlant l’haleine fétide de la mort, c’est connu.

Ici, on entre dans un tout autre domaine puisque, assis sur une chaise trouée, notre pauvre homme est torturé, et passe un vrai moment de souffrance.

Tous les hommes voyant cette scène auront les cuisses qui, instinctivement, se resserreront. À se demander comment après, il arrive encore à… Parce qu’après un tel traitement, « elles » devaient avoir la même couleur que celles des Schtroumpfs !

— Mon nom est Bond, James Bond » sera la dernière image du film après que notre ami ait encore été sonné, anéanti, énervé, et qu’il aura dézingué des tas de mecs pas gentils du tout.

Un film de la franchise qui sort de l’ordinaire, un James plus humain, en train de se construire, d’apprendre le métier, un homme blessé, plus sensible, plus profond.

Pas de gadgets habituels, pas de course-poursuite digne de ce nom, mais l’important n’était pas là. Il était dans un James Bond et dans sa genèse.

J’ai passé un putain de bon moment devant mon PC dont le film n’arrêtait pas de faire de la pub (Sony VAIO – Columbia appartient à Sony).

Étoile 4

« A year in England » chez Titine et le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

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