Sur la piste de Jack l’Éventreur (2015)

Au cours de l’automne 1888, cinq femmes sont assassinées dans le quartier misérable de White Chapel, à Londres. Malgré les efforts des autorités, le tueur échappe à toutes les recherches. Puis la série de meurtres s’interrompt brusquement et l’éventreur se volatilise à jamais.

Au fil des années, d’innombrables théories ont fleuri quant à son identité. Retour sur les diverses hypothèses, des plus sérieuses aux plus farfelues. Aujourd’hui encore, des passionnés rêvent de percer le mystère.

En 1988, des profileurs du FBI ont dressé le profil du tueur. En 2006, Scotland Yard a également tenté de livrer une sorte de portrait-robot de Jack l’éventreur.

En 2014, l’homme d’affaires Russell Edwards a fait appel à l’ADN pour dévoiler dans un livre à sensation très controversé le nom de celui qui, selon lui, est l’auteur des crimes de Whitechapel.

Ce que j’en ai pensé :
Le début est très instructif. Sans revenir sur ce que l’on sait déjà des crimes, on entre assez vite dans le vif du sujet avec les dernières études, théories qui ont été faites sur le criminel le plus recherché du monde.

En quelques minutes, à l’aide d’intervenants et d’images de films ou des illustrations de l’époque, on se replonge dans la ripperologie ou l’étude des actes de Jack The Ripper.

Ce reportage, je l’ai trouvé sur le Net et je ne savais absolument pas dans quoi je mettais les pieds, si ce n’est sur les traces de Jack.

Et puis patatras ! On commence à causer de la théorie que Russel Edwards développe en long et en large dans son livre « Naming Jack The Ripper » (Jack l’éventreur démasqué) où on apprenait qu’il avait acheté, lors d’une vente aux enchères dans un village du Suffolk, un châle décoré d’un motif d’asters, en très mauvais état, déchiré et taché.

Le tissu était maculé de sang et aurait été trouvé aux côtés du corps de Catherine Eddowes, quatrième victime de Jack l’Éventreur. Un policier l’avait alors emporté pour l’offrir à sa femme qui, sans surprise, n’avait pas voulu du cadeau.

Anybref… Si vous avez la flemme de relire ma chronique de l’époque (lien dans le titre en bleu), je vous la résume en un mot : fumisterie ! Carabistouilles (pour les belges qui me lisent).

Un châle que tout le monde a touché, foutant de l’ADN partout ! Un châle ramassé par un flic que rien ne prouve qu’il était dans le secteur à ce moment là, un châle qui ne se retrouve pas dans la liste des effets personnels de Eddowes.

Heureusement qu’ensuite on nous parle du pourquoi Jack et les autres serial-killer fascinent autant, des nouvelles théories en vogue, qu’on nous dresse un petit topo de l’East End, du pourquoi il était assez facile de tuer à cet endroit et à cette époque, des médias qui firent de ces meurtres leurs choux gras, les lettres sois-disant envoyées par le meurtrier (on n’est sûr de rien)…

Instructif ce fut ! (mes excuses) J’ai beau savoir, j’apprécie toujours autant que l’on me parle de l’East End de 1888 et de ses meurtres. Il serait peut-être temps que j’aille me faire examiner chez un psy…

La seule chose que je regrette et qui est commune à bien des reportages ou écrits sur les meurtres de Whitechapel, c’est que chaque expert, chaque ripperolgue, est persuadé que Machin Brol EST le tueur, ou, du moins, le plus probable !

Ce qui nous donne, en vrac : 

  • Aaron Kosminski
  • David Cohen
  • Montague Druit
  • Le mari journaliste de Mary Jane Kelly

Mais vu que l’on a aucune preuve, on ne saura jamais QUI était Jack The Ripper avec certitude. De plus, l’identifier mettrai fin à son règne…

Un reportage intéressant, instructif, qui n’échappe pas à moult théories, chacun des intervenants y allant de la sienne et toutes ayant au moins 50% de chance d’être la bonne.

Un reportage que je conseille à ceux ou celles qui voudraient découvrir les crimes de 1888, en savoir un peu plus, qui voudraient remettre à jour les faits dans leurs mémoires, entendre de nouvelles théories, ajouter des suspects à leur liste ou à tous ceux qui aiment le sujet et qui s’y intéresse.

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L’aventure du détective triomphant, une étude du mythe holmesien : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : L’aventure du détective triomphant, une étude du mythe holmesien

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : Editions de l’Oeil du Sphinx (11/05/2004)

Résumé :
D’aucuns disent que sa silhouette hante encore certains quartiers de Londres, lorsque le brouillard enveloppe la ville…

Si cette affirmation relève de l’affabulation, l’ombre du plus célèbre détective du monde demeure bel et bien enracinée dans l’imaginaire collectif, au point d’en constituer la référence où puisent leurs origines – inconsciemment, parfois – tous les personnages que la foisonnante littérature policière a engendrés depuis qu’Arthur Conan Doyle le façonna.

SHERLOCK HOLMES… son nom résonne comme une panacée au crime, quand bien même ses attributs – la loupe, la pipe et l’incomparable deerstalker – suffisent à le désigner. Souvent pastiché, jamais égalé, il est l’archétype de l’investigateur dont les méthodes, révolutionnaires pour l’époque, font aujourd’hui le quotidien des départements de police scientifique.

Pourquoi un tel personnage, né de l’imagination d’un médecin en mal de clients, a-t-il eu un impact aussi retentissant, jusqu’à créer l’illusion d’une existence réelle ? Pourquoi, alors qu’il était initialement destiné à une existence éphémère, comme beaucoup de ses pairs, s’est-il drapé de cette aura mythique ?

L’étude de l’œuvre de Conan Doyle – que les admirateurs du détective appellent le Canon – et celle des circonstances tant historiques que socioéconomiques qui ont accompagnées la publication de ses aventures nous donneront peut-être la clé de cette énigme littéraire…

Critique :
Ce gros roman de 377 pages est à réserver aux holmésiens, à mon sens, ou à une personne qui souhaiterait vraiment en savoir plus sur Sherlock Holmes, dans sa version canonique.

Fort complet, il ratisse large et nous parle aussi bien de l’auteur (Arthur Conan Doyle), que ses créatures (Sherlock Holmes, le Dr John Watson), que de la ville de Londres, présence imposante dans les 60 enquêtes de Holmes.

L’étude de madame Bellocq-Poulonis ne repose pas, comme pour celle de Baring-Gould sur des faits non avérés ou tirés des apocryphes, mais uniquement sur les aventures canoniques, c’est-à-dire celles écrites par Arthur Conan Doyle et lui seul !

Lorsqu’elle explique certains traits de caractères du détective, elle insère des extraits tiré du canon afin de confirmer ses dires. Idem lorsqu’elle parle de Londres ou d’autres petits détails.

Le fait d’illustrer ce qu’elle écrit est une bonne chose, mais pour une lectrice qui connaît déjà beaucoup sur Holmes, ça ralentit le rythme puisque je n’ai plus vraiment besoin d’avoir des éclairages.

Attention, je ne rouspète pas ! Les extraits sont importants, tout comme les renvois en bas de page lorsqu’elle a eu une information ailleurs.

Vous apprendrez la genèse de Holmes, sa naissance due au fait qu’un médecin qui n’avait pas de clientèle, la demande de Stoddard pour une deuxième aventure de Sherlock Holmes, le succès de Holmes aux États-Unis, le tollé que fit sa disparition, avec manifestations et grèves…

Anybref, incollable vous serez ! Pour autant que vous arriviez à retenir tout. Moi, ce sont les dates qui partent le plus vite de ma mémoire passoire.

À partir de la page 146, on entre dans les abréviations officielles des aventures de Sherlock Holmes, celles utilisées par les initiés et qui pourraient paraître barbares pour d’autres.

Et puis, ensuite, toutes les aventures canoniques sont résumées, par ordre de publication, avec quelques petites infos en plus. L’extase pour moi, tout simplement.

Une vraie bible pour l’holmésien, une vraie mine d’or, le tout étant correct, non farfelu et tout à fait canonique.

À garder sous la main pour écrire un pastiche holmésien ou juste pour le plaisir.

Sommaire :

Partie 1 : Genèse d’un Mythe
– Sir Arthur Conan Doyle, Approche Biographique
– Chronologie des parutions Holmesiennes
– Conditions de création du personnage
– La Mort de Sherlock Holmes
– La Geste Holmesienne ou l’image du surhomme

Partie 2 : De l’Écriture au Mythe
– Contextes
– Le Choix d’une écriture réaliste
– Chronologie Intra-Diegetique des affaires Canoniques
– Une Prédisposition au Mythe

Partie 3 : Le Mythe Triomphant
– Contrefaçons, Pastiches & Caricatures
– L’Holmesologie ou la reconnaissance du Mythe
– Sherlock Holmes ou les prémices de la Police Scientifique
– En guise de conclusion

Annexes
– Abréviations Canoniques du Professeur Jay Finley Christ
– Fiches descriptives des 64 enquêtes de Sherlock Holmes
– Bibliographie supposée de Sherlock Holmes
– Dr Watson gets married
– Petite bibliothèque Holmesienne
– Postface

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes : L’héritage (2013)

— Tout est parti de Sherlock Holmes. Sans lui, la criminalistique n’existerait pas.

Dieu que j’aime entendre ce genre de phrase ! « Sherlock Holmes : L’héritage » est un documentaire qui vous expliquera l’héritage scientifique laissé par Sherlock Holmes au fil du temps. Il est le père – ou le grand-père – de la criminalistique et de la science criminelle.

Ce reportage, je l’ai chopé dans un endroit pas très net, mais je m’en fou car il date d’il y a quelques années et je ne pense pas qu’il allait repasser à la télé dans les prochains temps.

Différents chapitres qui composent ce reportage : 

  • La science des poisons
  • Les empreintes digitales
  • Les traces de pas
  • Conan Doyle, détective

Dès le départ, j’ai été agréablement surprise de voir qu’ils consacraient le début de leur reportage à Sherlock de la BBC, la version moderne de Sherlock Holmes. L’avantage est que dans sa version moderne, il utilise très souvent les labos et on le voit !

Dans les version plus anciennes, cette manière d’enquêter était souvent montrée en vitesse, ou dans son final, quand Holmes a trouvé. L’avantage aussi de la série BBC, c’est qu’ils nous montrent ce que Sherlock analyse, voit, déduit.

Après, on quittera la série phare de la BBC pour passer à des images tirées d’autres films sur Holmes dont un acteur que je ne connais pas. Affublé du deerstalker et macfarlane ! Argh.

Le reportage n’est donc pas une pub déguisée pour la série avec le bô Benedict (même si la musique de la série illustrera tout le reportage) mais une pour cet acteur que l’on verra pour toutes les illustrations holmésiennes (il s’agit de l’acteur  Edward Cartwright).

Dommage, ils auraient pu panacher, il y a assez de films et série avec le détective de Conan Doyle.

Pour celui ou celle qui voudrait en apprendre un peu plus sur Sherlock Holmes, ce petit reportage est bien fichu car il mêle habilement les interviews de personnes, avec des images d’anciens films, des extraits de la série de la BBC.

Ces mélanges réalité/fiction sont toujours bien vu, un peu comme dans « Secret d’histoire ». Ils permettent, en tout cas, aux spectateurs de mieux comprendre certaines choses expliquées dans le reportage.

Les puristes pourront trouver qu’an final, ça fait un peu bordel, que les explications ne sont pas toujours structurées et qu’on pourrait avoir l’impression que celui qui a fait le plan du reportage avait bu ce jour là.

Cela n’empêche pas de passer un bon moment de visionnage, tout en apprenant des petites choses sur le détective de Baker Street car oui, il y a toujours matière à apprendre !

Très facile à regarder, ce reportage peut se voir en famille, ou avec Chouchou, pas du tout au fait de l’holmésologie ou du personnage. Bon, vu toutes les questions qu’il me posait, j’ai mis un temps fou à regarder ce reportage, mais c’est parce qu’il voulait en savoir plus ! On parie combien qu’il a déjà tout oublié ?? mdr

On ne parle pas que de Holmes non plus, dans ce reportage découpé en plusieurs chapitres, mais aussi de crimes réels ! Bon, ça fait un peu kitch ces vieilles images et je n’aurais pas été surprise d’entendre la voix de mon chez Pierre Bellemare.

Par contre, je ne sais pas comment les enquêteurs ont pu ne fut-ce que penser que le talium présent dans le corps du mort pouvait avoir été mis dans le thermos de thé du gars par des collègues facétieux qui lui auraient fait une plaisanterie pour rire et qu’elle aurait mal tournée…

Du vinaigre pour rire, oui, mais du talium ?? Putain, les mecs, cherchez la femme ou plutôt, l’épouse ! Bande de moule, va !

Il ne faut jamais élaborer des théories définitives avant d’avoir rassemblé et analysé tous les indices.

On apprendra aussi qu’en 1893, Hans Gross, un juge autrichien, lassé de voir les flics amener des suspects dont ils avaient extorqué des aveux bidons à coup de poing, écrivit un manuel à leur usage. On le dit déjà fort complet pour l’époque ! Dommage qu’il n’est pas traduit… Là, j’ai appris quelque chose.

On fera aussi la part belle à Edmond Locard et de son tout premier laboratoire de police scientifique inspiré par Sherlock Holmes, lui aussi. Cet homme est partout.

Lockard qui disait qu’un crime laissait toujours des traces et qu’on ne pouvait aller sur une scène de crime sans déposer quelque chose et emporter quelque chose.

Une des rares erreurs de Holmes sera dans le fait qu’avec la foulée d’un homme, on peut calculer sa taille. Impossible. On ne peut pas vraiment lui en vouloir…

Très instructif et agréable à regarder avec une tasse de thé ou de café, au choix.

Après avoir vu ce reportage, vous ne mettrez plus jamais en doute que Sherlock Holmes est bien l’inventeur de la criminalistique ! Oui, Sherlock Holmes est un modèle pour les enquêteurs actuels et passés. 

Le monde change, mais les théories de Sherlock Holmes et ses méthodes ne changeront jamais.

L’héritage de Sherlock Holmes, c’est le plaisir de découvrir la vérité.

Sherlock Holmes : L’héritage sur Daily Motion

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Mycroft’s Testimony : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : Mycroft’s Testimony

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : L’œil du Sphinx (2009)

Résumé :
« Sherlock Holmes ne serait pas tout à fait l’homme décrit par son biographe et ami le Dr Watson. Il serait de ceux qui cachent leurs déviances sous le masque du génie excentrique.

C’est du moins ce que confesse son frère Mycroft dans son récit-testament, en révélant l’ampleur de la crise identitaire dont souffrit le détective durant les trois années où Watson déserta Baker Street pour épouser Mary Morstan.

C’est aussi ce que subodore le Dr Aaron Kosminsky, psychiatre et criminologue, dans l’étude psychopathologie qu’il fait du personnage et publie en 2004.

Ces trois ans, compris entre décembre 1887 et mai 1891, furent d’insoupçonnables années d’errance et d’égarements psychiques qui conduisirent Sherlock Holmes à travers les affres de la désespérance, avant que ne le délivre de sa disparition dans les chutes de Reichenbach.

De cette période troublée, personne n’en a rien su. Pas même Watson. Comment aurait-il pu ? »

Critique :
Sherlock Holmes raconté par son grand frère Mycroft, ça aurait pu donner quelque chose de super génial, non ?

Pourtant ce petit roman m’a laissé non seulement sur ma fin, mais avec un horrible mauvais goût dans la bouche.

Mais avant de ruer dans les brancards, je vais peut-être commencer par le commencement…

Une fois de plus, on nous cause de la fameuse malle de fer blanc et nous retrouvons une vieille connaissance, c’est-à-dire la fameuse héritière de la famille Watson qui nous avait raconté « L’aventure des vierges de Glace ».

Niveau vie du détective, nous n’apprendrons rien de plus que nous ne savions déjà sur l’analyse de sa personnalité, si ce n’est quelques petits ajouts afin de justifier la « naissance » du professeur Moriarty, du moins, de nous montrer comment son personnage et son nom s’est formé dans l’esprit de Holmes.

Là, autant où le récit de Mycroft commençait bien, on se retrouve dans le fossé directement ou à hausser les yeux au ciel. Là, je ne suis pas preneuse de cette théorie un peu capilotractée.

Dans cette première partie, exit le grand frère bienveillant que nous avions croisé dans la série Granada, ici, Mycroft a plus les traits d’un manipulateur version BBC.

En tout cas, c’est ce qu’il laisse transparaître dans ce récit qu’il livre à son successeur au Diogene’s Club, sur son lit de mort.

Quant à la seconde partie consacrée au récit du docteur Aaron Kosminski qui, en 2004, réalisa l’espèce d »étude psychopathologie de mon détective borderline préféré, je l’ai trouvée…. Comment dire ? Heu… Ça m’a mis mal à l’aise cette manière de faire coller les faits à la théorie.

Déjà le nom qui fait référence à un « suspect » dans les meurtres de 1888… Alors, notre Freud d’opérette, dans la seconde partie, tente de nous éclairer sur le récit de Mycroft.

Une seconde partie froide, sur un ton clinique, indigeste, le tout devant former une sorte de portrait psychologique de Sherlock Holmes.

Alors oui, l’idée de départ était bonne : qui, mieux que Mycroft, aurait pu nous éclairer sur la vie de Sherlock avant sa rencontre avec Watson ?

Oui, il y avait de la recherche aussi pour tenter d’expliquer de manière rationnelle et réaliste le fait que Moriarty débarque ainsi sans coup férir dans les récits canoniques, ainsi que toutes les autres incohérences.

Mais je pense que la manière de le faire n’était pas la bonne et le récit devient lourd, pâteux, boueux, difficile à lire sans avoir l’esprit qui fiche le camp pour voir ailleurs s’il n’y a rien de meilleur.

Les seuls moments où mon cerveau est revenu parmi nous, c’est quand l’auteur Baring-Gould est appelé en renfort caisse (et son ouvrage « Moi Sherlock Holmes » est du grand n’importe quoi) et que les extraits canoniques insérés dans cet ouvrage sont issus des éditions Robert Laffont, réputée pour ses nombreuses erreurs de traduction…

Et là où mes esprit s’est rebellé encore plus, ce n’est pas à la stagnation, mais en comprenant que Sophie Bellocq-Poulonis nous explique calmement que l’auteur des crimes de Whitechapel était Holmes…

Mes griffes ont rayé les murs…. Ce ne sera jamais que la 36.000ème fois qu’on associe le détective de Baker Street à l’Éventreur de Whitechapel et ça commence à bien faire. Trop is te veel et on a fait des révolutions pour moins que ça.

Anybref, pour un profane en holmésologie, le breuvage sera indigeste et la tartine trop épaisse. Et pour un néophyte dans la question psy, ce sera encore plus infect qu’imaginer boire un thé au beurre rance !

De plus, c’est court, bien trop court ! Enfin, vous me direz que quand c’est mauvais, vaut mieux abréger et faire dans le court…

Une étude holmésienne (ou un pastiche, car il a des deux) que l’on referme avec un soupir de soulagement, en se demandant bien ce qu’on vient de lire et à qui ce genre d’ouvrage peut faire le bonheur ??

Sans doute un meuble un peu bancal…

Parce que je ne vois pas à qui d’autre cela pourrait servir : les holmésiens risquent de ne pas apprécier (ou si peu) et les amateurs d’écrits canoniques qui en lisent pour le plaisir risquent de tomber endormi ou de se fouler le poignet en l’expédiant au cent diables.

Allez, classement vertical !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Moi, Sherlock Holmes : William S. Baring-Gould

Titre : Moi, Sherlock Holmes

Auteur : William S. Baring-Gould
Édition : Encrage Éditions / Buchet-Chastel

Résumé :
Des milliers de lecteurs connaissent Sherlock Holmes par les ouvrages du Docteru Watson, mais ce n’est qu’aujourd’hui, Holmes étant mort, que sa biographie peut être révélée.

Ce volume livre pour la première fois, tous les faits, tous les actes qui peuvent être authentifiés, de la vie d’un des hommes les plus extraordinaires de ce siècle.

Il révèle beaucoup plus que ce que l’on savait jusqu’ici.

Après 20 ans de recherches, l’auteur a écrit un livre définitif, où l’on trouve aussi bien l’histoire de sa lutte dont l’infâme professeur Moriarty, ses dangereux contacts avec Jack L’Étrangleur, son amour pour Irene Adler, le mystère de son fils, l’histoire de sa retraite et les circonstances de sa mort.

Critique :
Voici le genre d’étude consacrée à la vie et  à la carrière de Sherlock Holmes réservée exclusivement aux malades, aux fans, aux dingues, aux mordus du détective de Baker Street.

En effet, cette biographie de Sherlock Holmes est à réserver pour les fins connaisseurs du canon holmésien et exclusivement pour eux !

N’allez pas croire que je sois devenue une égoïste pur jus, mais, premièrement, nous sommes face à une édition qui est devenue très rare dû au fait qu’une partie du stock de l’éditeur Buchet-Chastel ait brûlé, et vous savez que ce qui est rare est cher…

La même version éditée chez Encrage ne se trouve pas partout, faut fouiner dans les bouquineries dévouées au genre policier…

Ça, ce n’était que la raison la moins grave pour laquelle je déconseille aux gens de l’acheter ! La seconde raison est, à mon sens, la plus importante et la plus grave…

Là où c’est le pire, c’est que sur cette étude, il faudrait ajouter un bandeau-titre sur la couverture, avec, noté dessus en gras et en rouge « ATTENTION – Ceci n’est en aucun cas une biographie de référence sur Sherlock Holmes » comme pourrait vous le laisser croire le 4ème de couverture ».

Baring-Gould connait son canon holmésien, il a, sans aucun doute, d’excellentes références sur Sherlock Holmes, il l’a étudié en long et en large (et en travers)…

Mais dans cette « biographie » de mes couilles (et je ne m’excuserai pas sur le fait que je ne possède pas de couilles) l’auteur mélange tout, sans distinction : les faits attestés (canoniques), les hypothèses plus ou moins plausibles, sans parler des trucs les plus farfelus pêchés ailleurs que dans les écrits de Conan Doyle (généralement dans la multitude de pastiche consacrés à Holmes).

Et quand il y a des blancs, des trous, des non-dits, c’est pas grave, l’auteur bouche les trous, invente des faits, des noms, des écoles fréquentées par Holmes, jouant avec le canon et les hypothèses non avérées qu’il balance comme véridiques et canoniques.

Alors, s’il faut déjà bien tout à l’holmésien du dimanche pour démêler le vrai du faux, un néophyte qui lirait cet ouvrage, se retrouverait avec des connaissances faussées dès le départ.

La faute aussi au 4ème de couverture qui ne nous prévient pas de ce mélange entre la réalité canonique et la fiction, et vous, pauvre lecteur, sans vous douter de la moindre vilénie, vous serez tout content d’apprendre les noms des parents de Sherlock, le nom de son autre frère, l’endroit où il fit ses études…

Bref, TOUT ce qui chez les holmésiens est sujet à suppositions, supputations, déductions (jamais certaines) ou discussions sans fin, se retrouvent, ici, écrit comme si c’était parole d’évangile…

Le lecteur non-averti qui, durant sa lecture, n’aurait pas les récits canoniques sous la main pour vérifier les dires, penserait avoir devant lui la carrière officielle de Sherlock Holmes à partir des écrits de Conan Doyle alors qu’on y mêle, à foison, des éléments non-canoniques, sans vous prévenir que telle ou telle chose provient en fait d’hypothèses hypothétiques, de déductions, mais dont on ne saura jamais le fin fond.

Le danger étant, qu’à la fin, sur le long terme, on considère ce qui est dans cette fausse biographie comme véritable et non pas comme des inventions de l’esprit d’un auteur qui a voulu faire passer toutes les études holmésiennes comme faisant partie de la réalité canonique.

Ce problème est devenu réalité puisque certaines de ces inventions de l’esprit ont fini par être considérées comme appartenant réellement au canon et on les retrouve, noires sur blanc, dans de nombreux pastiches ou études holmésiennes, avec, en prime, leur source notée dans la biographie (Moi, Sherlock Holmes de Baring-Gould). Bravo ! (ironie)

Anybref, vu le prix de l’ouvrage qui est rare, vu que l’on est face à une fausse biographie, vu que le néophyte ne saura pas trier le bon grain de l’ivraie, et vu qu’on remplit des pages et des pages avec des véritables extraits canoniques, je n’ai qu’un mot à vous dire…

PASSEZ VOTRE CHEMIN !!!

Sauf si, comme moi, vous être collectionneuse dans l’âme et à l’affut du moindre ouvrage consacré à votre détective préféré ou si, comme moi aussi, vous voulez juste informer les pauvres lecteurs/lectrices innocents qui seraient prêt à tomber dans les filets racoleurs de cet ouvrage.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Sherlock Holmes – Détective consultant : John Bastardi Daumont

Titre : Sherlock Holmes – Détective consultant                        big_2

Auteur : John Bastardi Daumont
Édition : Editions de la Martinière (2014)

Résumé :
Son nom est synonyme de détective privé, mais aussi d’acuité intellectuelle, de vélocité d’esprit. Pour certains, il a réellement existé, tandis que d’autres ont tout simplement oublié son géniteur, Conan Doyle.

John Bastardi Daumont a enquêté durant deux ans pour retracer la biographie du plus populaire des héros de fiction policière : il a parcouru l’Angleterre afin de recréer le parcours de Sherlock Holmes.

Les sociétés holmésiennes les plus célèbres comme la Sherlock Holmes Society of London ou des fonds documentaires uniques, comme celui de la bibliothèque de Marylebone, l’ont aidé dans ses recherches.

Plus qu’une simple biograhie, cet ouvrage analyse la méthode holmésienne à l’aune des méthodes scientifiques contemporaines.

Ainsi, le lecteur y apprend autant sur Sherlock Holmes que sur la police scientifique moderne.

Enfin, l’auteur analyse les raisons du succès de ce personnage victorien à travers ses réussites, ses rencontres, ses extravagances démontrant ainsi que Sherlock Holmes est plus vivant que jamais.

Critique : 
La première chose qui m’est venu à l’esprit lorsque je l’ai acheté à sa sortie, c’est que je tenais dans mes mains un bien bel ouvrage.

Pages épaisses, pas en papier glacé (j’aime pas le papier glacé), belles illustrations…

Ensuite, il y a eu la polémique et le tacle, assassin mais justifié, du président de la SSHF (Société Sherlock Holmes de France) car le livre était bourré de fautes dans des dates ou dans l’orthographe de certains prénoms (Oracio au lieu de Horatio, celui des Experts Miami, pour ne citer qu’elle).

Sans vouloir revenir sur l’affaire ou mettre du pétrole sur le feu, il y a bel et bien des omissions ou des raccourcis qui sont malhabiles. L’auteur sait sans doute de quoi il parle, mais le lecteur n’étant pas dans sa tête, comment arriver à saisir le sens de ce qu’il sous-entend par-là ?

Sincèrement, je ne sais pas comment je dois interpréter un « Andrew Scott a donné de Sherlock Holmes, une interprétation remarquable… ». Moi, dans ma tête, je me dis qu’il y a erreur, c’est Benedict Cumberbatch qui interprète Holmes, pas Andrew Scott qui lui a le rôle de Moriarty.

Serait-ce un private joke sur le fait que certains holmésiens pensent que Holmes et Moriarty ne sont qu’une seule et même personne ???

Si c’est le cas, seul un holmésien peut comprendre ou y penser, mais je vous avoue que c’est bête de noter pareille chose sans l’expliquer.

Une personne non initiée pourrait prendre pour argent comptant le fait que ce soit Andrew Scott qui joue le rôle de Sherlock.

Oui, le livre est truffé de fautes, plus ou moins grosses et je vous le dis de suite, sans la SSHF pour les énumérer toutes, certaines seraient passées à la trappe dans mon esprit parce que je ne suis pas érudite dans la chose.

Un lecteur qui voudrait en savoir plus se retrouverait avec des renseignements totalement faux pour certains.

Holmes a pris sa retraite en 1903 et pas en 1930 comme renseigné dans le livre.

« Conan Doyle a écrit quatre nouvelles et cinquante-six histoires courtes ». Non, c’est 4 romans et 56 nouvelles, les mots sont importants ! Mary devient Marie, Irene se retrouve avec un accent (Irène).

« Holmes suscite depuis cent cinquante ans, de façon ininterrompue, une littérature apocryphe et de commentaires. ». Datant de 1887 (première publication), cela fait… 127 ans puisque l’ouvrage présent est paru en 2014.

Bref, même si cet ouvrage est bien fait au niveau du design, il présente de nombreuses coquilles et des erreurs monumentales que pour être conseillé.

Lorsqu’on les connait (voir ICI), il suffit de les imprimer et de lire l’ouvrage avec la liste sous les yeux, mais tout de même, vu son prix, ça fait mal !

Dommage, j’en attendais beaucoup… WTF !!

BILAN - Minion mauve - WTF OK

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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8. Sherlock Holmes en bref…

Sherlock Holmes est un personnage de fiction créé par Sir Arthur Conan Doyle dans le roman policier « Une étude en rouge » en 1887.

Détective privé et consultant doté d’une mémoire remarquable pour tout ce qui peut l’aider à résoudre des crimes en général, il a très peu de savoirs dans les domaines de la connaissance qu’il estime inutiles à son travail.

Lors de ses enquêtes, relatées dans les 4 romans et les 56 nouvelles qui forment ce qu’on appelle le canon, il est fréquemment accompagné du docteur Watson.

Personnage très « typé », Sherlock Holmes est devenu l’archétype du « private detective » pour des générations d’auteurs populaires de roman policier, éclipsant ses ancêtres historiques que furent le Chevalier Auguste Dupin d’Edgar Allan Poe et Monsieur Lecoq d’Émile Gaboriau, personnages auxquels Arthur Conan Doyle fait pourtant référence dans son œuvre.

Né en janvier 1854 selon les suppositions les plus courantes (aucune date n’est en effet citée) en un lieu non déterminé, descendant de petits propriétaires terriens et petit-neveu du peintre Horace Vernet, Sherlock Holmes est un célibataire endurci, plutôt misogyne, qui a pour logeuse Mrs Hudson.

Son seul parent connu est son frère aîné Mycroft, l’un des piliers du Diogenes Club, qui occupe des fonctions importantes auprès du gouvernement britannique.

Le docteur Watson, son ami et biographe, est la seule personne qui partage son intimité. Sherlock Holmes réside au 221B Baker Street, à Londres, où il exerce la profession de détective privé consultant (consulting detective).

Grand, mince, élégant mais négligent, de façon bohème, Holmes est un fumeur invétéré (cigarette, cigare et pipe), un sportif accompli (bartitsu, boxe et escrime), un mélomane averti qui pratique le violon et un médiocre mangeur.

Il ne supporte pas l’oisiveté, qui l’épuise et ne vit que pour son travail.

Pendant les moments où il ne peut travailler, il est parfois amené à se droguer (cocaïne), mais en profite aussi pour compléter la culture encyclopédique nécessaire à sa profession.

Égotiste, cet esprit supérieurement intelligent supporte difficilement la lenteur d’esprit chez autrui ; artiste et doué pour les déguisements, il est toujours en représentation, aimant surprendre ses clients et son excellent ami Watson.

Il n’apprécie guère la police officielle et n’hésite pas à bafouer la loi lorsqu’elle lui paraît peu compatible avec la justice.

Le rang de son client lui importe moins que l’intérêt de l’affaire. Bien que prétendant mépriser la notoriété, il ne s’oppose en rien à la publication de certaines de ses enquêtes par Watson qui contribue à lui donner une renommée considérable.

S’il méprise l’argent et n’hésite pas à enquêter pour des gens modestes, il reçoit néanmoins des récompenses importantes de grands qui lui permettent de prendre sa retraite confortablement.

Sherlock Holmes résout les mystères par un processus en trois étapes : l’observation des indices, l’induction et la synthèse logique.

7. Sherlock Holmes – Pour conclure (dans le foin ?)

Pour conclure (dans le foin ?) :

Quoiqu’il en soit, Holmes est un personnage fascinant à plus d’un titre. On l’étudie toujours, on épluche le canon, on l’analyse, on le commente, on l’interprète, bref, on ne vit que pour lui !

Sherlock Holmes est et restera mon personnage préféré dans la littérature, le premier détective, le premier à parler de la science comme étant importante dans la résolution des crimes, le premier à parler de préserver les scènes de crime… celui dont TOUS les autres découlent,  éclipsant ses ancêtres historiques que furent le « Chevalier Auguste Dupin » d’Edgar Allan Poe et « Monsieur Lecoq », d’Émile Gaboriau, personnages auxquels Arthur Conan Doyle fait pourtant référence dans son œuvre.

Non, on ne les retiens pas comme étant les premiers policiers… Holmes reste number one !

Sherlock Holmes est un personnage très « typé », sans doute du fait de son auteur qui ne l’aimait pas.

Malgré toute cette haine du créateur envers sa créature, il est devenu l’archétype du « private detective » pour des générations d’auteurs populaires de roman policier.

Bien qu’il aurait aimé gagner sa vie avec des romans historiques, Conan Doyle verra son personnage de Holmes adopté par le public dès la publication de sa deuxième aventure « Le signe des quatre » dans « The Strand Magazine ».

L’existence de Sherlock Holmes doit beaucoup au professeur en chirurgie de Conan Doyle, le docteur Joseph Bell.

Ses déductions étonnantes sur les patients et leurs maladies l’impressionnèrent beaucoup.

À l’origine, Conan Doyle avait prévu d’appeler son détective Sherrinford Holmes.

En août 1889, au cours d’un dîner organisé par J. M. Stoddart, agent américain du « Lippincott’s Monthly Magazine », Arthur Conan Doyle et Oscar Wilde sont engagés pour écrire deux histoires.

Wilde livre « Le Portrait de Dorian Gray » et Doyle « Le Signe des quatre », deuxième aventure du détective, qui paraîtra en 1890.

Conan Doyle peut se vanter d’être un écrivain qui arrivait à vivre de ses écrits car c’est grâce à son détective qu’il pouvait voyager en fiacre !

Malgré tout, lassé par son personnage et voulant écire des récits « historiques », il le tue dans les chutes de Reichenbach, surprenant son lectorat qui avait vu un Holmes en pleine forme dans « Le traité naval » (NAVA).

C’est avec effroi que les lecteurs liront « Le dernier problème » en décembre 1893 (Joyeux Noël, hein !!) où Holmes y affronte un grand méchant tout droit sorti du chapeau de Doyle.

Pourquoi tant de haine ?? Il faut dire que notre auteur considérait vraiment les aventures de Sherlock Holmes comme de la « littérature purement alimentaire » qui, pensait-il, risquait de porter ombrage au reste de son œuvre.

Les lecteurs protestent et on porte des brassards noirs en signe de deuil jusqu’au gouvernement.

Conan Doyle, malgré les relances, refuse de le ressusciter son héros.

Mais, l’argent est un bon moteur, parfois. Alors, dans le but d’en avoir un peu, il écrit « Le chien des Baskerville », le faisant se dérouler avant la mort de Holmes.

Au départ, il ne voulait utiliser que le personnage de Watson et pas Holmes… voilà pourquoi le détective est si peu présent dans ce roman.

En septembre 1903, après le succès du « Le chien des Baskerville », un éditeur américain lui propose 45 000 livres pour treize nouvelles aventures de Sherlock Holmes.

Aaaah, si les ricains n’avaient pas été là avec leurs billets verts !

Conan Doyle accepte et « ressuscite » son héros dans « La Maison vide ».

Il livrera finalement 33 nouvelles aventures jusqu’à « The Adventure of Shoscombe Old Place », publiée en mars 1927.

Demain, dernière fiche sur Sherlock Holmes : un résumé en bref de son portrait.

6. Sherlock Holmes – Qui a dit « Sale caractère » ? [Part 2]

Conan Doyle, Basil Rathbone, Vassili Borissovitch Livanov, Jeremy Brett, Robert Downey Jr et Benedict Cumberbatch

Je vous parlais dans un autre passage, du côté obscur de Holmes qui avait déjà libéré un voleur et un assassin. Pourquoi ? Oh, ce n’était pas sans raison !

Holmes nous avait avoué que, une ou deux fois dans sa carrière, il avait senti qu’il commettait plus de mal en découvrant le criminel que ce dernier n’en avait fait par son crime.

C’est un homme qui peut pardonner les vengeances personnelles des autres comme ici, dans « Le pied du diable » (DEVI) :

– Je n’ai jamais aimé, Watson, mais si j’aimais et que la femme que j’aimais mourrait de la sorte, je pourrais fort bien me comporter comme notre chasseur de lions. Qui sait ?

Sherlock nous avouera aussi que, bien que ne pesant pas lourd sur sa conscience, il se sentait indirectement responsable de la mort du docteur Roylott dans « Le ruban moucheté » (SPEC).

— Il n’y a pas de doute que je ne sois ainsi indirectement responsable de la mort du docteur Grimesby Roylott; mais je crois pouvoir affirmer, selon toute vraisemblance, qu’elle ne pèsera pas bien lourd sur ma conscience.

Petit rappel pour voir ceux qui ne suivaient pas hier : Holmes n’a jamais hésité à utiliser des méthodes illégales si la cause était juste à ses yeux (« Charles Auguste Milverton ») et il sait très bien qu’il aurait pu être un criminel très efficace s’il avait utilisé ses talents contre la loi, ce sur quoi Scotland Yard est bien d’accord (« L’interprète grec »).

Courageux, il n’hésite pas à prendre des risques pour s’introduire en cachette dans le château de Roylott dans « Le ruban moucheté ».

Holmes n’est pas un couard qui enverrait les autres au feu pendant que lui resterait à se la couler douce. Non, il va au feu et a justement des scrupules à faire courir aux autres un danger !

– Savez-vous bien, Watson, dit Holmes, tandis que nous étions assis tous deux dans l’obscurité qui commençait, que j’éprouve quelques scrupules à vous emmener ce soir. Il y a nettement un élément de danger.

Attention, s’il prête peu d’attention à sa sécurité quand son esprit est absorbé par une enquête, il sait très bien qu’il est « stupide » et non « courageux », de refuser de croire au danger quand il vous menace de près.

Peu intéressé par l’argent, il répond à Hélène (« Le ruban moucheté ») qui le prévient qu’elle ne pourra le payer que plus tard : « Ma profession est ma propre récompense » et ne lui demande que le remboursement de ses frais.

Pareil pour le rang du client qui lui importe peu. Il a déjà reclapé certains qui se prenaient pour sorti de la cuisse droite de Jupiter (« Un aristocrate célibataire »).

— J’ai entendu dire que vous aviez déjà eu l’occasion de vous occuper de questions délicates de cette nature, monsieur, bien qu’elles ne concernassent guère, je suppose, la même classe de la société.
— En effet, je régresse.
— Je vous demande pardon ?
Mon dernier client de la sorte était un roi.

Et paf dans sa gueule !

En fait, ce qui intéresse Holmes, c’est l’affaire, pas tellement le client.

Comme les producteurs avaient fait avec le docteur House qui se moquait bien de ses patients, pourvu qu’ils soient un cas intéressant !

Pour cette raison, il peut faire la fine bouche et refuser ce qui sort de l’ordinaire. Vis à vis des gens qui viennent le consulter, il est la dernière cour d’appel. La dernière personne vers qui se tournent les gens qui veulent de la discrétion ou qui n’osent pas aller voir la flicaille, car, professionnellement parlant, Holmes est le seul en Europe à posséder ces dons et cette expérience qu’il met au service des autres.

De plus, Holmes savait garder un secret et Watson n’a jamais publié les aventures dont il n’avait pas eu l’autorisation de Holmes. Soit qu’assez de temps ait passé ou que les clients soient décédés.

Par contre, il est très contrarié par tout ce qui vient distraire son attention et c’est pour cela il ne souhaite pas que deux affaires se chevauchent. Comme tout un homme : une chose à la fois !

« Une intense concentration mentale a le pouvoir étrange d’anéantir le passé« , dit-il.

Mais bien qu’occupé avec l’affaire des persécutions dont le célèbre millionnaire du tabac, John Vincent Harden, était la victime, Holmes ne laissa pas Violet Smith sans secours dans « Le cycliste solitaire » (SOLI).

« Et pourtant, sans un manque de cœur qui était étranger à sa nature, il était impossible de refuser d’écouter l’histoire de cette grande et belle jeune femme, gracieuse et altière, qui se présenta tard dans la soirée à Baker Street et qui implora son assistance et ses conseils ».

À ceux qui le dirait « méchant », je répondrai que Holmes était dépourvu de cruauté, mais endurci à force de vivre dans le sensationnel.

Bien que son salon se soit rempli de clients, Holmes n’a jamais gardé de contact avec eux, sauf si ce fut caché au lecteur. Normal aussi, Holmes n’est pas ce qu’on peut appeler un « individu très sociable ».

À part Watson, il déclare ne pas avoir d’autres amis, hormis Victor Trévor qui fut son ami durant ses deux années d’université. Mais là encore, il ne semble pas avoir gardé de contact.

À part les clients pour des raisons professionnelles, il n’a jamais encouragé les visites.

Il n’est pas homme à nouer de nouvelles amitiés et préfère vivre dans la solitude et l’isolement. Même lorsque Watson n’habitera plus à Baker Strett, on ne peut pas dire qu’ils se voient souvent où que Holmes va lui rendre visite tous les dimanches.

Bref, un homme solitaire, loin de chez lui… ♪ « I’m poor lonesome consulting detective… » ♫

Si notre consulting detective fait parfois preuve d’insouciance et d’une veine mi-cynique, mi-humoristique, la dureté ou la méchanceté n’est pas dans sa nature.

Watson soulignera sa gentillesse et cette sorte de gaieté sinistre qui caractérisait ses meilleurs moments.

Holmes est remarquable par sa courtoisie et il est passé maître dans l’art de mettre les plus humbles à leur aise et possède presque un pouvoir hypnotique qui lui permet d’apaiser quand il le veut les clients les plus nerveux  ou les femmes apeurées.

Et, quoique certains pensent, il rit, sourit et plaisante fréquemment. Holmes n’est pas le dernier a faire une plaisanterie ou un tour à un client.

Plutôt ville ou campagne ? Holmes n’est plus le même sans la ville de Londres. La nature ne l’attire pas et la campagne bucolique ne fait pas partie de ses dons innombrables. Aucun attrait pour la campagne ni pour la mer, hormis à sa retraite où il se retirera dans le Sussex (Le Sussex, c’est coquin comme région !).

D’ailleurs, voilà ce que Holmes pensait de la campagne dans « Les hêtres pourpres » (COPP) :

– Est-ce assez frais et délicieux ! m’écriai-je avec tout l’enthousiasme d’un homme échappé aux brouillards de Baker Street.

Mais Holmes secoua gravement la tête.

– Savez-vous bien, Watson, me dit-il, que c’est un des travers des esprits comme le mien de ne jamais envisager les choses que du point de vue qui me préoccupe ? Quand vous regardez ces habitations éparpillées, vous êtes frappé par leur côté pittoresque. Quand je les regarde, moi, la seule chose que j’éprouve est le sentiment de leur isolement et de la facilité avec laquelle les crimes peuvent s’y commettre en toute impunité.

– Grand Dieu ! m’exclamai-je. En quoi ces vieilles demeures peuvent-elles vous faire penser à des crimes ?

– Elles m’inspirent toujours une sorte d’horreur indéfinissable. Voyez-vous, Watson, j’ai la conviction (conviction basée sur mon expérience personnelle) que les plus sinistres et les plus abjectes ruelles de Londres ne possèdent pas à leur actif une aussi effroyable collection de crimes que toutes ces belles et riantes campagnes.

– Mais c’est abominable ce que vous me dites là !

– Et la raison est bien évidente. La pression qu’exerce l’opinion publique réalise ce que les lois ne peuvent accomplir. Il n’est pas de cul-de-sac si infâme et si reculé où les cris d’un enfant martyr ou les coups frappés par un ivrogne n’éveillent la pitié et l’indignation des voisins, et là toutes les ressources dont dispose la justice sont tellement à portée de la main qu’il suffit d’une seule plainte pour provoquer son intervention et amener immédiatement le coupable sur le banc des accusés. Mais considérez au contraire ces maisons isolées au milieu de leurs champs et habitées en majeure partie par de pauvres gens qui n’ont autant dire jamais entendu parler du code, et songez un peu aux cruautés infernales, aux atrocités cachées qui peuvent s’y donner libre cours, d’un bout de l’année à l’autre, à l’insu de tout le monde. Si la jeune fille qui nous appelle à son secours était allée habiter Winchester, je n’aurais jamais eu aucune crainte à son égard. C’est parce qu’elle se trouve à cinq milles dans la campagne que je ne me sens pas tranquille. Et cependant, il est évident qu’elle n’est pas personnellement menacée.

Pour sa retraite, il se retira dans le Sussex, il s’adonnera entièrement à cette vie apaisante de la nature à laquelle il dit avoir si fréquemment aspiré pendant les nombreuses années passées dans les ténèbres londoniennes. Il regardera butiner ses abeilles… Une histoire de dard, en l’occurrence !

Malgré tout, sa retraite ne sera pas de tout repos pour son esprit puisqu’elle sera sujette à une enquête qu’il racontera lui-même, constatant par là que l’exercice n’est pas aussi facile qu’il le pensait ! (« La crinière de lion »). Lui qui avait souvent houspillé sur le fait que Watson parlait plus du côté « romancé » de l’histoire au lieu de parler des faits.

Son esprit lucide, froid, admirablement équilibré répugne à toute émotion en général et à celle de l’amour en particulier.

Il apparaît sans sentiment, saturnien et peu démonstratif. Ses émotions se sont émoussées à force de vivre dans le sensationnel.

« L’émotivité contrarie le raisonnement clair et le jugement sain » affirme-t-il dans « Le signe des quatre ».

« J’utilise ma tête, pas mon cœur » dans « Un illustre client ».

À suivre avec la conclusion, dans le foin…

5. Sherlock Holmes – Qui a dit « Sale caractère » ? [Part 1]

Un sale caractère ?? Non, non, juste « du caractère » !

Pour le lecteur qui le découvre, Holmes apparaît comme sans émotion et replié sur lui-même, scientifique jusqu’à l’insensibilité, comme un véritable automate, une machine à raisonner, radicalement inhumain, avec un masque d’Indien Peau-Rouge qui, tant de fois, le fait passer pour une machine insensible et non pour un être humain.

Ma foi, cela ne m’a jamais dérangé. Il est détective, a inventé la profession, il l’exerce, il est donc normal qu’il place au-dessus de tout la précision et la concentration de la pensée.

On ne peut pas dire non plus que Holmes était un homme calme (sauf quand il n’avait rien à faire et qu’il s’ennuyait).

Dans le canon, il est souvent fait référence à l’agitation de Holmes et à son impatience surtout lorsqu’il est sur une affaire !

« Sherlock Holmes, quand il avait un problème à résoudre, pouvait demeurer des jours entiers, et même une semaine sans se reposer : il tournait et retournait les faits dans sa tête, les examinait sous tous les angles jusqu’à ce qu’il eût bien approfondi le mystère, à moins qu’il ne trouvât insuffisants ses renseignements » nous dit-on dans « L’Homme à la lèvre tordue » (TWIS).

Au bout du compte il pouvait avoir jusqu’à « sept explications distinctes ; chacune se rapportant aux faits tels que nous les connaissions » (« Les Hêtres-Rouges »).

Une seule de ces explications s’avérera être la solution de l’énigme. D’où sa célèbre maxime qu’il cite aussi comme une règle : « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela paraisse, doit être la vérité. » (« Le signe des quatre »).

Comme vous pouvez le constater, dans ses écrits, Watson fait constamment référence à sa sa nervosité et à l’excitation de Holmes, à son naturel curieux et avide, à sa manie de se ronger les ongles quand il est préoccupé, à l’importance qu’il porte à son orgueil, à sa réputation, au respect de lui-même et à un certain égoïsme.

A contrario, lorsqu’il fallait rester calme, Holmes savait le rester durant des longues heures de guet ou de veille.

Il fut d’ailleurs imperturbablement calme et plein d’humour dans une situation  délicate : c’est avec calme et courtoisie qu’il a accueilli le redoutable docteur Roylott (« Le ruban moucheté ») en lui offrant un siège et en lui parlant du temps qu’il faisait.

– Je suis le docteur Grimesby, de Stoke Moran.
– Vraiment, docteur, dit Holmes d’un ton débonnaire. Je vous en prie, prenez un siège.
– Je n’en ferai rien. Ma belle-fille est venue ici. Je l’ai suivie. Que vous a-t-elle raconté ?
– Il fait un peu froid pour la saison, dit Holmes.
– Que vous a-t-elle raconté ? s’écria le vieux, furieux.
– Toute fois, j’ai entendu dire que les crocus promettent, continua mon compagnon, imperturbable.
– Ah ! vous éludez la question, s’écria notre visiteur, qui fit un pas en avant, en agitant son bâton. Je vous connais, canaille, j’ai déjà entendu parler de vous ; vous êtes Holmes, le touche-à-tout.
Mon ami sourit.
– Holmes l’officieux !
Le sourire d’Holmes s’accentua.

Si on parle de la haute taille de Holmes dans le canon (1,80m), on ne décrit pas sa « force » de manière directe. Par contre, cette dernière sera soulignée lorsqu’il redressera, sans effort, le tisonnier tordu par ce même terrible docteur Roylott.

– Voilà qui m’a tout l’air d’un très aimable personnage, dit Holmes en riant. Je ne suis pas tout à fait aussi massif que lui,mais s’il était resté, je lui aurais montré que mes griffes ne sont guère plus faibles que les siennes.

Tout en parlant, il ramassa le tisonnier d’acier et, d’un effort brusque, le redressa.

La modestie ne fait pas partie de ses vertus. Pour Holmes, les choses sont ce qu’elles sont : se sous-estimer ou se surestimer est une altération de la réalité. Il n’a pas peur de se vanter d’être le meilleur puisque c’est vrai ! Alors, pourquoi ranger la modestie parmi ses vertus ?

« Ce que l’on fait en ce monde importe peu. La question, c’est ce que vous pouvez faire croire que vous avez fait« . « Une étude en rouge » (STUD ).

Je ne dirai pas qu’il est narcissique, ou qu’il a tendance à s’analyser et à ne parler que lui, mais il est parfois égotiste.

Holmes est un autodidacte, ce qu’il sait, il l’a appris seul en observant.

Et le détective est aussi sensible à la flatterie, quand il s’agit de son art, que n’importe quelle femme quand il s’agit de sa beauté.

La vie ne doit pas toujours être facile pour un homme avec de telles compétences intellectuelles.

J’imagine qu’il devait voir les autres comme des poissons rouges… Sans compter qu’il reprochait souvent à Watson de « voir » mais de ne pas « observer »…

La preuve en était que Watson ne connaissait pas le nombre de marches menant à leur meublé ! (17)

Holmes pouvait être franchement méprisant avec les plus humbles de la cervelle, vous savez, celles qui sont moins vives que la sienne…

Non, pas facile d’évoluer au milieu des autres : pour eux, vous êtes un extraterrestre, un sorcier, le diable (à une autre époque, on l’aurait brûlé).

Et pour Holmes, il avait du mal à supporter ces escargots baveux de l’esprit. Cette manière de se comporter avec les autres ennuiera Watson très souvent.

La publicité ? Holmes n’est pas du genre à vouloir que son nom s’étale dans les journaux. Il s’en moque bien, de la postérité, lui, tout ce qui l’intéressait, c’était de résoudre une affaire.

Quasi à chaque fois, il laissera le crédit de ses affaires à la police, mais s’irritera parfois d’un manque de reconnaissance.

Malgré tout, à Scotland Yard, on le respectait et pas un n’aurait refusé de lui serrer la main ! Comme dans cet extrait des « Six Napoléons » (SIXN).

– Eh bien ! dit Lestrade, je vous ai vu entreprendre bien des affaires, Monsieur Holmes, mais je n’en ai jamais vu de mieux conduite. Nous ne sommes pas jaloux de vous à Scotland Yard… Non, Monsieur, nous sommes au contraire très fiers de vous, et si vous y veniez demain, il n’y aurait pas un de nous, depuis le doyen des inspecteurs jusqu’au plus jeune de nos agents, qui ne serait heureux de vous serrer la main.

– Merci, dit Holmes, merci ! – et tandis qu’il détournait la tête, il me parut plus ému que je ne l’avais jamais vu. Un instant après, il était redevenu le penseur froid et pratique que je connaissais.

Malgré le fait qu’il soit sensible à la flatterie et malgré le fait qu’on le respecte au Yard, Holmes s’est toujours la possibilité d’agir seul. Plus facile ainsi car, souvent, l’aide qu’il aurait trouvée à l’extérieur aurait été insignifiante.

Il s’intéresse à une affaire pour aider les fins de la Justice et le travail de la police. S’il se tient à l’écart de la police officielle, c’est d’abord parce qu’elle le tient à l’écart, bien qu’il n’ait jamais eu le moindre désir de marquer des points à ses dépens. Mais vous savez, pour un policier, se faire résoudre l’affaire par un « privé », ça la fou quand même mal niveau égo.

Holmes a de l’humour et c’est un petit taquin ! Son plaisir était de taquiner les détectives officiels en leur donnant des indices tout en négligeant d’expliquer leur signification. Ça l’amusait.

En réalité, il ne souhaite pas leur masquer l’évidence. Ses yeux étincellent de malice quand il fait miroiter la preuve dans la tragédie de Birlstone, par exemple. Cfr « La vallée de la peur«  (VALL).

S’il est dur avec les autres, il ne s’épargne pas lui-même. Il est le premier à se faire des reproches quand il est trop lent à résoudre le problème. Comme nous le voyons ici dans « L’homme a la lèvre tordue » (TWIS) :

— Je vais mettre à l’épreuve une de mes théories, dit-il en enfilant ses chaussures. Je crois, Watson, que vous êtes en ce moment en présence d’un des plus parfaits imbéciles de l’Europe. Je mérite un coup de pied qui m’enverrait à tous les diables; mais je crois que je tiens maintenant la clé de l’affaire.

Des autres, il aime les attentions, l’admiration et les applaudissements, comme le montrait l’extrait des « Six Napoléons » posté plus haut (SIXN).

C’est aussi sa nature froide qui fait qu’il ne se préoccupe pas de la gloriole. Par contre, il sera touché par les louanges d’un ami.

Il aime impressionner ses clients par l’étalage de ses facultés et surprendre ceux qui l’entourent. Comme un artiste, il est en représentation. Il y a en lui une certaine veine artistique qui l’attire sur la scène.

Holmes est aussi un homme qui est incapable de se refuser une note dramatique lors d’une résolution d’affaire. Il cachera ainsi les plans sous la cloche qui aurait dû contenir le petit déjeuner dans « Le traité naval » (NAVA) :

– Mme Hudson s’est montrée à la hauteur des circonstances, déclara Holmes, soulevant le couvercle d’un plat qui contenait un poulet au curry. Sa cuisine est un peu limitée, mais, pour une Écossaise, elle a une assez heureuse conception du petit déjeuner. Qu’est-ce que vous avez là-bas, Watson ?
– Des œufs au jambon.
– Bravo ! Que préférez-vous, Monsieur Phelps ? Oeufs ou poulet ?
– Je vous remercie. Je n’ai pas faim.
– Voyons ! voyons ! Servez-vous ! Le plat est devant vous.
– Non, vraiment, j’aimerais mieux ne rien prendre.
Holmes eut un sourire malicieux.
– Alors, voudriez-vous avoir la bonté de me servir ?

Phelps souleva le couvercle du plat qui était devant lui et, au même moment, poussa une exclamation de stupeur. Son visage était devenu aussi blanc que son assiette et ses yeux semblaient ne pouvoir se détacher d’un rouleau de papier bleuté qui se trouvait dans le plat qu’il venait de découvrir.

Il se décida enfin à le prendre. Il le déroula rapidement, jeta dessus un coup d’œil, puis nous le vîmes se lever d’un bond et se mettre à danser comme un fou au tour de la pièce,en poussant des cris de joie en en pressant sur son cœur le précieux document. Il se laissa ensuite tomber dans un fauteuil. Il était épuisé et nous dûmes lui faire avaler une gorgée de cognac pour l’empêcher de s’évanouir.

Holmes lui administra de petites tapes amicales sur l’épaule et s’excusa.
Je suis le premier à reconnaître, Monsieur Phelps, que j’aurais dû vous épargner cette émotion violente. Mais Watson, ici présent, vous expliquera que je n’ai jamais pu résister à ma passion de la mise en scène !