Le western : Jean-Jacques Dupuis

Titre : Le western

Auteur : Jean-Jacques Dupuis
Édition : J’ai Lu Cinéma (03/01/1990)

Résumé :
Où sont les cow-boys d’antan ?

Les bons et les méchants, le shérif et les brigands…

Purs et durs comme des G.I., puis désabusés comme des vétérans du Vietnam, les héros du western ont évolué au rythme de l’Amérique.

Aujourd’hui, la conquête de l’espace a remplacé celle des grands espaces. Le western est mort mais jamais nous ne l’oublierons : il est entré dans la légende.

Critique :
Si je vous dit que ce petit livre est réservé aux amateurs du genre ou à ceux qui voudraient découvrir le western, j’enfonce une porte ouverte.

Élémentaire, mon cher Watson comme ne l’a jamais dit le Sherlock Holmes de Conan Doyle.

Oui, c’est élémentaire.

Passant en revue le western dans ses débuts – le muet – et avançant dans le temps pour s’arrêter à Young Guns et Sunset en 1988, ce petit livre instructif n’est hélas pas à jour puisque datant de 1990, il s’arrête 30 ans avant notre époque.

Pas de chance, nous n’aurons pas le plaisir de lire la renaissance du western, que ce soit en film ou en séries.

À l’aide d’une mini ligne du temps, l’auteur nous donne les années du western, qu’il soit muet, à son apogée ou à son déclin.

Parlant des films qui commencent à passer à la moulinette les mythes et les codes habituels (Rio Bravo, L’homme qui tua Liberty Valance, La flèche brisée,…) où le cow-boy ne sera plus rasé de près et vêtu de blanc face à un méchant vêtu de noir, où les Indiens ne seront plus présentés comme des sauvages emplumés hurlants et sanguinaires, l’auteur nous démontre qu’avant d’arriver au déclin du film western, ce dernier avait déjà opéré une mutation.

Les western deviennent plus violents, on a du sadomasochisme (La vengeance aux deux visages), les shérif donnent la mort par plaisir (True Grit, 1969), le sang coule, l’ouest devient un champ de bataille où les faibles n’ont plus leur place.

Les pionniers, que l’on présentaient jadis comme des êtres respectables sont réactualisés pour approcher du réalisme qui étaient que certains étaient prêts à tout pour s’emparer d’un terrain et le défendre.

Entre les années 40 qui correspondaient à l’explosion du Western (1.094 films entre 40 et 49), les années 60 du crépuscule, celles de 70 avec les tourments (7 films tournés en 77) et celles de 80 avec l’agonie (8 westerns en 10 ans), le genre western va évoluer vers plus de réalisme et on va arrêter de tirer 60 coups avec un 6 coups tellement rutilant qu’on le dirait tout droit sorti de l’usine !

Le western devient plus politique, les scénaristes/réalisateurs n’hésitant plus à faire passer des messages dedans, comme l’inutilité et la barbarie de la guerre du Vietnam, le western délocalise aussi en Espagne et devient le western spaghetti (et non paella), décrié par les puristes mais apprécié par les spectateurs.

Hélas, lorsque démystifie tout et qu’on n’offre plus du rêve mais du réalisme (qui n’est jamais glamour mais sale, violent, barbare), on a perdu cette identité qui faisait les beaux jours du western des débuts avec des héros sans peurs et sans reproches, lisses et gentils.

L’Amérique abandonnant ses western, c’est l’Europe qui les récupère et les sert avec du chianti.

Ce qui est drôle – ou pas – c’est que lors de l’agonie du western au cinéma dans les années 80, c’est la télé qui le récupère, qui mélange les genres entre eux et qui revient aux western policés du début ! Lp, on fait un bond en arrière par rapport aux décennies précédentes qui avaient vu le genre devenir plus réaliste.

Ce petit livre n’est guère épais mais il est bougrement bien fait, donnant des détails sans pour autant nous filer une indigestion de détails inutiles, explore avec intelligence les westerns, nous en donnant la quintessence en peu de lignes afin que l’on sache de quoi ils parlent, quels sont leurs thèmes majeurs.

Une petite mine d’or, une petite pépite qui mériterait d’être rééditée avec des ajouts afin que l’on puisse voir où en est exactement le western de nos jours.

Je sais qu’on l’a souvent enterré mais qu’il est toujours là, latent, les autres genres, comme la SF, qui lui emprunte tous mythes.

Non, le western n’est pas mort ! D’ailleurs, est-ce que tu as vu son hommage chez chez Jean-Pierre Foucault ? Non ! Ça veut dire qu’il est toujours vivant !

Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Le Western : Christophe Champclaux & Linda Tahir Meriau (préface de Jean-François Giré)


Titre : Le Western

Auteurs : Christophe Champclaux & Linda Tahir Meriau (préface de Jean-François Giré)
Édition : Le Courrier du Livre (30/10/2015)

Résumé :
De la fin des années 1930 jusqu’à la fin des années 1960, le western a constitué l’un des genres cinématographiques les plus populaires à travers le monde. D’abord méprisé par la critique et les grands cinéastes, le western a acquis au fil du temps la maturité d’un genre cinématographique majeur.

Cet ouvrage retrace en texte et en images toute l’histoire du genre du début du XXe siècle jusqu’aux films et aux séries TV les plus récents, en s’attardant naturellement sur l’âge d’or des années 1950 et 1960.

Toute l’ histoire du western, de 1950 à nos jours.
Les westerns de Clint Eastwood, en accordant une importance égale à l’oeuvre de l’acteur qu’à celle du réalisateur.

Une interview inédite de Budd Boetticher, maître de l’âge d’or du Western.

Les Territoires du Western, un photo reportage exclusif sur les traces de John Ford et Sergio Leone.

De nombreuses illustrations et photographies exceptionnelles dont certaines très rares, issues de la photothèque personnelle des auteurs.

Un DVD proposant un classique du genre, La Vallée de la vengeance (1951), réalisé par Richard Thorpe, interprété par Burt Lancaster, Robert Walker et Joanne Dru, accompagné de deux documentaires : Petite histoire du Western et John Wayne, la piste d’un géant.

Critique :
Sans être indigeste, ce beau livre se déguste avec un carnet de note à ses côtés pour noter les westerns que les auteurs vous recommandent.

Le western est-il mort ? Moribond ? Pourquoi durant tout un temps on n’en a plus vu au cinéma ?

Vous le saurez en le lisant, tiens !

De belles images tirées des westerns célèbres (ou moins) agrémentent ces pages et le texte n’est pas trop conséquent pour que vous en ayez marre.

Je dirais que les auteurs ont su trouver le juste milieu entre le poids des mots et la beauté des photos.

La petite histoire du Western se divise en deux catégories : ceux qui ont un revolver chargé et ceux qui creusent…

Oh pardon, j’ai encore Blondin dans la tête… Le livre se divise en deux parties, à ma gauche, l’histoire du western, racontée très agréablement par Christophe Champclaux et à droite, les westerns du beau Clint Eastwood (raconté par Linda Tahir Meriau).

Pour ma part, j’ai lu en suivant, passant de l’histoire du western à celle de Clint, sans que cela me pose problème.

D’ailleurs, je me suis couchée moins bête après cette lecture car j’ai appris que le livre de Céline « Voyage au bout de la nuit » faisait partie des sources discrètes du film « Le bon, la brute et le truand » puisque dedans, Louis-Ferdinand Céline traduisait son dégoût des tortures et des massacres légalisés par la guerre, comme nous le voyons dans la célèbre scène de la bataille entre les Sudistes et les Nordistes et qui fera dire à Blondon : Je crois que je n’ai jamais vu autant d’hommes crever  en même temps ».

Ce que le peuple américain ne sait pas, c’est que la campagne du Nouveau-Mexique qui eut lieu entre février et avril 1860 et menée par la général Sibley (Confédéré) et le colonel Canby (Union) avait pour objectif le contrôle des mines d’or du Texas.

L’Union était financée par les banquiers de Londres et la Confédération par la Bourse de… Paris ! Et les banquiers, ça aime qu’on les rembourse. Tout le monde se fout que ce soit le sang des hommes contre l’or des investisseurs.

Anybref, ce livre nous parle de Western et il le fait bien, sans nous en causer ad nauseam, sans nous inonder de faits inutiles ou de choses négligeables.

Écrit pour nous le faire vivre, pourvu de quelques petites anecdotes de cinéma, ce livre est une mine d’or pour celui ou celle qui aime le genre et qui voudrait aller à la rencontre de films moins connus ou qui semblent être dépassés de nos jours.

Il y a du texte, des belles images, des belles affiches et on en apprend un peu plus sur ce genre qui semble être mort alors qu’il ne l’est pas, la preuve avec des séries western de bonne qualité et qui ont marché.

Bon, va falloir que je vérifie si tous les films notés sont dans ma DVDthèque et si non, faudra que j’aille faire un tour chez un grand vendeur de films en tout genre.

Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Qui a tué Roger Ackroyd ? : Pierre Bayard

Titre : Qui a tué Roger Ackroyd ?

Auteur : Pierre Bayard
Édition :

Résumé :
Même s’ils n’ont pas lu le chef-d’oeuvre d’Agatha Christie, Le Meurtre de Roger Ackroyd, de nombreux lecteurs, surtout parmi les amateurs de romans policiers, connaissent le procédé qui l’a rendu célèbre et croient pouvoir affirmer : l’assassin est [no spolier]. Mais est-ce si sûr ?

Comment se fier à un texte où les contradictions abondent et qui s’organise autour [no spolier], celui du [no spolier] ?

Et qui peut dire qu’Hercule Poirot, dans son euphorie interprétative, ne s’est pas lourdement trompé, laissant le coupable impuni ?

Roman policier sur un roman policier, cet essai, tout en reprenant minutieusement l’enquête et en démasquant le véritable assassin, s’inspire de l’œuvre d’Agatha Christie pour réfléchir sur ce qui constitue la limite et le risque de toute lecture : le délire d’interprétation.

Critique :
Mais oui, QUI a tué Roger Ackroyd nom d’un petit bonhomme (en mousse ? Heu non)

Chez nous, en Belgique, ce « QUI ? » fait de suite référence à un de nos homme politique, le Vieux Crocodile, autrement dit VDB qui après son enlèvement avait dit « QUI m’a enlevé ». On en avait même fait une chanson.

Mais trêve d’histoire Belgo-Belge et revenons à nos Anglais, pas encore brexité à cette époque et au meurtre de ce bon vieux Roger Ackroyd où la mère Agatha nous avait bien entubé tout au long du roman, la vilaine (pour notre plus grand plaisir), brouillant les pistes et nous mystifiant jusqu’aux dernières lignes.

Oui mais d’après l’auteur, le coupable désigné par Hercule Poirot n’est pas le bon ! Mais si ce n’est pas lui, alors, qui est-ce ? (célèbre jeu de société). Si ce n’est toi, c’est donc… Bon sang, mais c’est bien sûr !

Bon, j’aurais pu m’abstenir de lire son essai car j’ai vu venir le coup de loin, le seul autre coupable qui sortait de l’ordinaire était… [No spolier]. Et bingo ! J’ai gagné.

Amis lecteurs et amies lectrices, gaffe ! Ne lis pas cet essai si tu n’as pas déjà découvert une grosse partie de l’œuvre d’Agatha Christie, ou du moins, les plus célèbres de ses romans parce que monsieur Bayard, chevauchant le cheval du même nom, dévoile des noms de coupables à tour de bras !  Savoir leurs noms gâcherait le plaisir de lecture future.

Analysant le roman, l’auteur ne se prive pas de mettre en avant les incohérences, notamment de temps, prouvant par A+B que cette personne n’aurait jamais eu le temps de mettre tout cela au point !

Sans compter que niveau courage de tuer, il avait tout d’un mou du genou, qu’il aurait pu s’éviter un meurtre, les preuves le dénonçant du chantage commis étant faibles (et venant d’une suicidée criminelle), sans compter qu’il aurait pu même nier être le coupable, Poirot n’ayant que peu de preuves, donc, il pouvait dormir sur ses deux oreilles.

Quid alors ? Poirot aurait-il abusé de la tisane à base de citrouilles au point de se planter autant et de négliger l’interrogatoire d’un personnage présent mais que personne au grand jamais n’inquiète par des questions (du jamais vu dans les romans de la mère Christie) ? Ben oui…

Si la partie qui dévoile le véritable coupable est intéressante de par son étude sérieuse et qui s’appuie sur le récit même, si la première partie qui analyse certaines histoires d’Agatha Christie est tout aussi intéressante, j’ai eu tendance à piquer du nez une fois qu’il est entré dans la partie intitulée « DÉLIRE » parce que la psychanalyse, c’est pas ma tasse de café.

Qu’on soit ou non d’accord avec la théorie de l’auteur, force est de reconnaître qu’il a tout pris en compte, notamment le temps nécessaire à la réalisation du crime, le double texte de la narration, les omissions, les ellipses, les phrases ambiguës, le caractère propre à chaque personnage, les mobiles, les alibis et que son analyse tient la route.

Néanmoins, les lecteurs n’aiment pas trop qu’on leur mette le nez dedans en lui démontrant qu’ils ont cru Hercule Poirot et sa brillante théorie alors que lui-même s’est foutu le coin de la moustache dans l’oeil !

Mais ce n’est pas pour cela que le livre perd des plumes, c’est juste que la partie psychanalyse m’a un peu endormi, mais je suis sûre qu’elle comblera les amatrices (amateurs) du genre et fan d’Œdipe-roi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Sur la piste de Jack l’Éventreur (2015)

Au cours de l’automne 1888, cinq femmes sont assassinées dans le quartier misérable de White Chapel, à Londres. Malgré les efforts des autorités, le tueur échappe à toutes les recherches. Puis la série de meurtres s’interrompt brusquement et l’éventreur se volatilise à jamais.

Au fil des années, d’innombrables théories ont fleuri quant à son identité. Retour sur les diverses hypothèses, des plus sérieuses aux plus farfelues. Aujourd’hui encore, des passionnés rêvent de percer le mystère.

En 1988, des profileurs du FBI ont dressé le profil du tueur. En 2006, Scotland Yard a également tenté de livrer une sorte de portrait-robot de Jack l’éventreur.

En 2014, l’homme d’affaires Russell Edwards a fait appel à l’ADN pour dévoiler dans un livre à sensation très controversé le nom de celui qui, selon lui, est l’auteur des crimes de Whitechapel.

Ce que j’en ai pensé :
Le début est très instructif. Sans revenir sur ce que l’on sait déjà des crimes, on entre assez vite dans le vif du sujet avec les dernières études, théories qui ont été faites sur le criminel le plus recherché du monde.

En quelques minutes, à l’aide d’intervenants et d’images de films ou des illustrations de l’époque, on se replonge dans la ripperologie ou l’étude des actes de Jack The Ripper.

Ce reportage, je l’ai trouvé sur le Net et je ne savais absolument pas dans quoi je mettais les pieds, si ce n’est sur les traces de Jack.

Et puis patatras ! On commence à causer de la théorie que Russel Edwards développe en long et en large dans son livre « Naming Jack The Ripper » (Jack l’éventreur démasqué) où on apprenait qu’il avait acheté, lors d’une vente aux enchères dans un village du Suffolk, un châle décoré d’un motif d’asters, en très mauvais état, déchiré et taché.

Le tissu était maculé de sang et aurait été trouvé aux côtés du corps de Catherine Eddowes, quatrième victime de Jack l’Éventreur. Un policier l’avait alors emporté pour l’offrir à sa femme qui, sans surprise, n’avait pas voulu du cadeau.

Anybref… Si vous avez la flemme de relire ma chronique de l’époque (lien dans le titre en bleu), je vous la résume en un mot : fumisterie ! Carabistouilles (pour les belges qui me lisent).

Un châle que tout le monde a touché, foutant de l’ADN partout ! Un châle ramassé par un flic que rien ne prouve qu’il était dans le secteur à ce moment là, un châle qui ne se retrouve pas dans la liste des effets personnels de Eddowes.

Heureusement qu’ensuite on nous parle du pourquoi Jack et les autres serial-killer fascinent autant, des nouvelles théories en vogue, qu’on nous dresse un petit topo de l’East End, du pourquoi il était assez facile de tuer à cet endroit et à cette époque, des médias qui firent de ces meurtres leurs choux gras, les lettres sois-disant envoyées par le meurtrier (on n’est sûr de rien)…

Instructif ce fut ! (mes excuses) J’ai beau savoir, j’apprécie toujours autant que l’on me parle de l’East End de 1888 et de ses meurtres. Il serait peut-être temps que j’aille me faire examiner chez un psy…

La seule chose que je regrette et qui est commune à bien des reportages ou écrits sur les meurtres de Whitechapel, c’est que chaque expert, chaque ripperolgue, est persuadé que Machin Brol EST le tueur, ou, du moins, le plus probable !

Ce qui nous donne, en vrac : 

  • Aaron Kosminski
  • David Cohen
  • Montague Druit
  • Le mari journaliste de Mary Jane Kelly

Mais vu que l’on a aucune preuve, on ne saura jamais QUI était Jack The Ripper avec certitude. De plus, l’identifier mettrai fin à son règne…

Un reportage intéressant, instructif, qui n’échappe pas à moult théories, chacun des intervenants y allant de la sienne et toutes ayant au moins 50% de chance d’être la bonne.

Un reportage que je conseille à ceux ou celles qui voudraient découvrir les crimes de 1888, en savoir un peu plus, qui voudraient remettre à jour les faits dans leurs mémoires, entendre de nouvelles théories, ajouter des suspects à leur liste ou à tous ceux qui aiment le sujet et qui s’y intéresse.

L’aventure du détective triomphant, une étude du mythe holmesien : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : L’aventure du détective triomphant, une étude du mythe holmesien

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : Editions de l’Oeil du Sphinx (11/05/2004)

Résumé :
D’aucuns disent que sa silhouette hante encore certains quartiers de Londres, lorsque le brouillard enveloppe la ville…

Si cette affirmation relève de l’affabulation, l’ombre du plus célèbre détective du monde demeure bel et bien enracinée dans l’imaginaire collectif, au point d’en constituer la référence où puisent leurs origines – inconsciemment, parfois – tous les personnages que la foisonnante littérature policière a engendrés depuis qu’Arthur Conan Doyle le façonna.

SHERLOCK HOLMES… son nom résonne comme une panacée au crime, quand bien même ses attributs – la loupe, la pipe et l’incomparable deerstalker – suffisent à le désigner. Souvent pastiché, jamais égalé, il est l’archétype de l’investigateur dont les méthodes, révolutionnaires pour l’époque, font aujourd’hui le quotidien des départements de police scientifique.

Pourquoi un tel personnage, né de l’imagination d’un médecin en mal de clients, a-t-il eu un impact aussi retentissant, jusqu’à créer l’illusion d’une existence réelle ? Pourquoi, alors qu’il était initialement destiné à une existence éphémère, comme beaucoup de ses pairs, s’est-il drapé de cette aura mythique ?

L’étude de l’œuvre de Conan Doyle – que les admirateurs du détective appellent le Canon – et celle des circonstances tant historiques que socioéconomiques qui ont accompagnées la publication de ses aventures nous donneront peut-être la clé de cette énigme littéraire…

Critique :
Ce gros roman de 377 pages est à réserver aux holmésiens, à mon sens, ou à une personne qui souhaiterait vraiment en savoir plus sur Sherlock Holmes, dans sa version canonique.

Fort complet, il ratisse large et nous parle aussi bien de l’auteur (Arthur Conan Doyle), que ses créatures (Sherlock Holmes, le Dr John Watson), que de la ville de Londres, présence imposante dans les 60 enquêtes de Holmes.

L’étude de madame Bellocq-Poulonis ne repose pas, comme pour celle de Baring-Gould sur des faits non avérés ou tirés des apocryphes, mais uniquement sur les aventures canoniques, c’est-à-dire celles écrites par Arthur Conan Doyle et lui seul !

Lorsqu’elle explique certains traits de caractères du détective, elle insère des extraits tiré du canon afin de confirmer ses dires. Idem lorsqu’elle parle de Londres ou d’autres petits détails.

Le fait d’illustrer ce qu’elle écrit est une bonne chose, mais pour une lectrice qui connaît déjà beaucoup sur Holmes, ça ralentit le rythme puisque je n’ai plus vraiment besoin d’avoir des éclairages.

Attention, je ne rouspète pas ! Les extraits sont importants, tout comme les renvois en bas de page lorsqu’elle a eu une information ailleurs.

Vous apprendrez la genèse de Holmes, sa naissance due au fait qu’un médecin qui n’avait pas de clientèle, la demande de Stoddard pour une deuxième aventure de Sherlock Holmes, le succès de Holmes aux États-Unis, le tollé que fit sa disparition, avec manifestations et grèves…

Anybref, incollable vous serez ! Pour autant que vous arriviez à retenir tout. Moi, ce sont les dates qui partent le plus vite de ma mémoire passoire.

À partir de la page 146, on entre dans les abréviations officielles des aventures de Sherlock Holmes, celles utilisées par les initiés et qui pourraient paraître barbares pour d’autres.

Et puis, ensuite, toutes les aventures canoniques sont résumées, par ordre de publication, avec quelques petites infos en plus. L’extase pour moi, tout simplement.

Une vraie bible pour l’holmésien, une vraie mine d’or, le tout étant correct, non farfelu et tout à fait canonique.

À garder sous la main pour écrire un pastiche holmésien ou juste pour le plaisir.

Sommaire :

Partie 1 : Genèse d’un Mythe
– Sir Arthur Conan Doyle, Approche Biographique
– Chronologie des parutions Holmesiennes
– Conditions de création du personnage
– La Mort de Sherlock Holmes
– La Geste Holmesienne ou l’image du surhomme

Partie 2 : De l’Écriture au Mythe
– Contextes
– Le Choix d’une écriture réaliste
– Chronologie Intra-Diegetique des affaires Canoniques
– Une Prédisposition au Mythe

Partie 3 : Le Mythe Triomphant
– Contrefaçons, Pastiches & Caricatures
– L’Holmesologie ou la reconnaissance du Mythe
– Sherlock Holmes ou les prémices de la Police Scientifique
– En guise de conclusion

Annexes
– Abréviations Canoniques du Professeur Jay Finley Christ
– Fiches descriptives des 64 enquêtes de Sherlock Holmes
– Bibliographie supposée de Sherlock Holmes
– Dr Watson gets married
– Petite bibliothèque Holmesienne
– Postface

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes : L’héritage (2013)

— Tout est parti de Sherlock Holmes. Sans lui, la criminalistique n’existerait pas.

Dieu que j’aime entendre ce genre de phrase ! « Sherlock Holmes : L’héritage » est un documentaire qui vous expliquera l’héritage scientifique laissé par Sherlock Holmes au fil du temps. Il est le père – ou le grand-père – de la criminalistique et de la science criminelle.

Ce reportage, je l’ai chopé dans un endroit pas très net, mais je m’en fou car il date d’il y a quelques années et je ne pense pas qu’il allait repasser à la télé dans les prochains temps.

Différents chapitres qui composent ce reportage : 

  • La science des poisons
  • Les empreintes digitales
  • Les traces de pas
  • Conan Doyle, détective

Dès le départ, j’ai été agréablement surprise de voir qu’ils consacraient le début de leur reportage à Sherlock de la BBC, la version moderne de Sherlock Holmes. L’avantage est que dans sa version moderne, il utilise très souvent les labos et on le voit !

Dans les version plus anciennes, cette manière d’enquêter était souvent montrée en vitesse, ou dans son final, quand Holmes a trouvé. L’avantage aussi de la série BBC, c’est qu’ils nous montrent ce que Sherlock analyse, voit, déduit.

Après, on quittera la série phare de la BBC pour passer à des images tirées d’autres films sur Holmes dont un acteur que je ne connais pas. Affublé du deerstalker et macfarlane ! Argh.

Le reportage n’est donc pas une pub déguisée pour la série avec le bô Benedict (même si la musique de la série illustrera tout le reportage) mais une pour cet acteur que l’on verra pour toutes les illustrations holmésiennes (il s’agit de l’acteur  Edward Cartwright).

Dommage, ils auraient pu panacher, il y a assez de films et série avec le détective de Conan Doyle.

Pour celui ou celle qui voudrait en apprendre un peu plus sur Sherlock Holmes, ce petit reportage est bien fichu car il mêle habilement les interviews de personnes, avec des images d’anciens films, des extraits de la série de la BBC.

Ces mélanges réalité/fiction sont toujours bien vu, un peu comme dans « Secret d’histoire ». Ils permettent, en tout cas, aux spectateurs de mieux comprendre certaines choses expliquées dans le reportage.

Les puristes pourront trouver qu’an final, ça fait un peu bordel, que les explications ne sont pas toujours structurées et qu’on pourrait avoir l’impression que celui qui a fait le plan du reportage avait bu ce jour là.

Cela n’empêche pas de passer un bon moment de visionnage, tout en apprenant des petites choses sur le détective de Baker Street car oui, il y a toujours matière à apprendre !

Très facile à regarder, ce reportage peut se voir en famille, ou avec Chouchou, pas du tout au fait de l’holmésologie ou du personnage. Bon, vu toutes les questions qu’il me posait, j’ai mis un temps fou à regarder ce reportage, mais c’est parce qu’il voulait en savoir plus ! On parie combien qu’il a déjà tout oublié ?? mdr

On ne parle pas que de Holmes non plus, dans ce reportage découpé en plusieurs chapitres, mais aussi de crimes réels ! Bon, ça fait un peu kitch ces vieilles images et je n’aurais pas été surprise d’entendre la voix de mon chez Pierre Bellemare.

Par contre, je ne sais pas comment les enquêteurs ont pu ne fut-ce que penser que le talium présent dans le corps du mort pouvait avoir été mis dans le thermos de thé du gars par des collègues facétieux qui lui auraient fait une plaisanterie pour rire et qu’elle aurait mal tournée…

Du vinaigre pour rire, oui, mais du talium ?? Putain, les mecs, cherchez la femme ou plutôt, l’épouse ! Bande de moule, va !

Il ne faut jamais élaborer des théories définitives avant d’avoir rassemblé et analysé tous les indices.

On apprendra aussi qu’en 1893, Hans Gross, un juge autrichien, lassé de voir les flics amener des suspects dont ils avaient extorqué des aveux bidons à coup de poing, écrivit un manuel à leur usage. On le dit déjà fort complet pour l’époque ! Dommage qu’il n’est pas traduit… Là, j’ai appris quelque chose.

On fera aussi la part belle à Edmond Locard et de son tout premier laboratoire de police scientifique inspiré par Sherlock Holmes, lui aussi. Cet homme est partout.

Lockard qui disait qu’un crime laissait toujours des traces et qu’on ne pouvait aller sur une scène de crime sans déposer quelque chose et emporter quelque chose.

Une des rares erreurs de Holmes sera dans le fait qu’avec la foulée d’un homme, on peut calculer sa taille. Impossible. On ne peut pas vraiment lui en vouloir…

Très instructif et agréable à regarder avec une tasse de thé ou de café, au choix.

Après avoir vu ce reportage, vous ne mettrez plus jamais en doute que Sherlock Holmes est bien l’inventeur de la criminalistique ! Oui, Sherlock Holmes est un modèle pour les enquêteurs actuels et passés. 

Le monde change, mais les théories de Sherlock Holmes et ses méthodes ne changeront jamais.

L’héritage de Sherlock Holmes, c’est le plaisir de découvrir la vérité.

Sherlock Holmes : L’héritage sur Daily Motion

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Mycroft’s Testimony : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : Mycroft’s Testimony

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : L’œil du Sphinx (2009)

Résumé :
« Sherlock Holmes ne serait pas tout à fait l’homme décrit par son biographe et ami le Dr Watson. Il serait de ceux qui cachent leurs déviances sous le masque du génie excentrique.

C’est du moins ce que confesse son frère Mycroft dans son récit-testament, en révélant l’ampleur de la crise identitaire dont souffrit le détective durant les trois années où Watson déserta Baker Street pour épouser Mary Morstan.

C’est aussi ce que subodore le Dr Aaron Kosminsky, psychiatre et criminologue, dans l’étude psychopathologie qu’il fait du personnage et publie en 2004.

Ces trois ans, compris entre décembre 1887 et mai 1891, furent d’insoupçonnables années d’errance et d’égarements psychiques qui conduisirent Sherlock Holmes à travers les affres de la désespérance, avant que ne le délivre de sa disparition dans les chutes de Reichenbach.

De cette période troublée, personne n’en a rien su. Pas même Watson. Comment aurait-il pu ? »

Critique :
Sherlock Holmes raconté par son grand frère Mycroft, ça aurait pu donner quelque chose de super génial, non ?

Pourtant ce petit roman m’a laissé non seulement sur ma fin, mais avec un horrible mauvais goût dans la bouche.

Mais avant de ruer dans les brancards, je vais peut-être commencer par le commencement…

Une fois de plus, on nous cause de la fameuse malle de fer blanc et nous retrouvons une vieille connaissance, c’est-à-dire la fameuse héritière de la famille Watson qui nous avait raconté « L’aventure des vierges de Glace ».

Niveau vie du détective, nous n’apprendrons rien de plus que nous ne savions déjà sur l’analyse de sa personnalité, si ce n’est quelques petits ajouts afin de justifier la « naissance » du professeur Moriarty, du moins, de nous montrer comment son personnage et son nom s’est formé dans l’esprit de Holmes.

Là, autant où le récit de Mycroft commençait bien, on se retrouve dans le fossé directement ou à hausser les yeux au ciel. Là, je ne suis pas preneuse de cette théorie un peu capilotractée.

Dans cette première partie, exit le grand frère bienveillant que nous avions croisé dans la série Granada, ici, Mycroft a plus les traits d’un manipulateur version BBC.

En tout cas, c’est ce qu’il laisse transparaître dans ce récit qu’il livre à son successeur au Diogene’s Club, sur son lit de mort.

Quant à la seconde partie consacrée au récit du docteur Aaron Kosminski qui, en 2004, réalisa l’espèce d »étude psychopathologie de mon détective borderline préféré, je l’ai trouvée…. Comment dire ? Heu… Ça m’a mis mal à l’aise cette manière de faire coller les faits à la théorie.

Déjà le nom qui fait référence à un « suspect » dans les meurtres de 1888… Alors, notre Freud d’opérette, dans la seconde partie, tente de nous éclairer sur le récit de Mycroft.

Une seconde partie froide, sur un ton clinique, indigeste, le tout devant former une sorte de portrait psychologique de Sherlock Holmes.

Alors oui, l’idée de départ était bonne : qui, mieux que Mycroft, aurait pu nous éclairer sur la vie de Sherlock avant sa rencontre avec Watson ?

Oui, il y avait de la recherche aussi pour tenter d’expliquer de manière rationnelle et réaliste le fait que Moriarty débarque ainsi sans coup férir dans les récits canoniques, ainsi que toutes les autres incohérences.

Mais je pense que la manière de le faire n’était pas la bonne et le récit devient lourd, pâteux, boueux, difficile à lire sans avoir l’esprit qui fiche le camp pour voir ailleurs s’il n’y a rien de meilleur.

Les seuls moments où mon cerveau est revenu parmi nous, c’est quand l’auteur Baring-Gould est appelé en renfort caisse (et son ouvrage « Moi Sherlock Holmes » est du grand n’importe quoi) et que les extraits canoniques insérés dans cet ouvrage sont issus des éditions Robert Laffont, réputée pour ses nombreuses erreurs de traduction…

Et là où mes esprit s’est rebellé encore plus, ce n’est pas à la stagnation, mais en comprenant que Sophie Bellocq-Poulonis nous explique calmement que l’auteur des crimes de Whitechapel était Holmes…

Mes griffes ont rayé les murs…. Ce ne sera jamais que la 36.000ème fois qu’on associe le détective de Baker Street à l’Éventreur de Whitechapel et ça commence à bien faire. Trop is te veel et on a fait des révolutions pour moins que ça.

Anybref, pour un profane en holmésologie, le breuvage sera indigeste et la tartine trop épaisse. Et pour un néophyte dans la question psy, ce sera encore plus infect qu’imaginer boire un thé au beurre rance !

De plus, c’est court, bien trop court ! Enfin, vous me direz que quand c’est mauvais, vaut mieux abréger et faire dans le court…

Une étude holmésienne (ou un pastiche, car il a des deux) que l’on referme avec un soupir de soulagement, en se demandant bien ce qu’on vient de lire et à qui ce genre d’ouvrage peut faire le bonheur ??

Sans doute un meuble un peu bancal…

Parce que je ne vois pas à qui d’autre cela pourrait servir : les holmésiens risquent de ne pas apprécier (ou si peu) et les amateurs d’écrits canoniques qui en lisent pour le plaisir risquent de tomber endormi ou de se fouler le poignet en l’expédiant au cent diables.

Allez, classement vertical !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Moi, Sherlock Holmes : William S. Baring-Gould

Titre : Moi, Sherlock Holmes

Auteur : William S. Baring-Gould
Édition : Encrage Éditions / Buchet-Chastel

Résumé :
Des milliers de lecteurs connaissent Sherlock Holmes par les ouvrages du Docteru Watson, mais ce n’est qu’aujourd’hui, Holmes étant mort, que sa biographie peut être révélée.

Ce volume livre pour la première fois, tous les faits, tous les actes qui peuvent être authentifiés, de la vie d’un des hommes les plus extraordinaires de ce siècle.

Il révèle beaucoup plus que ce que l’on savait jusqu’ici.

Après 20 ans de recherches, l’auteur a écrit un livre définitif, où l’on trouve aussi bien l’histoire de sa lutte dont l’infâme professeur Moriarty, ses dangereux contacts avec Jack L’Étrangleur, son amour pour Irene Adler, le mystère de son fils, l’histoire de sa retraite et les circonstances de sa mort.

Critique :
Voici le genre d’étude consacrée à la vie et  à la carrière de Sherlock Holmes réservée exclusivement aux malades, aux fans, aux dingues, aux mordus du détective de Baker Street.

En effet, cette biographie de Sherlock Holmes est à réserver pour les fins connaisseurs du canon holmésien et exclusivement pour eux !

N’allez pas croire que je sois devenue une égoïste pur jus, mais, premièrement, nous sommes face à une édition qui est devenue très rare dû au fait qu’une partie du stock de l’éditeur Buchet-Chastel ait brûlé, et vous savez que ce qui est rare est cher…

La même version éditée chez Encrage ne se trouve pas partout, faut fouiner dans les bouquineries dévouées au genre policier…

Ça, ce n’était que la raison la moins grave pour laquelle je déconseille aux gens de l’acheter ! La seconde raison est, à mon sens, la plus importante et la plus grave…

Là où c’est le pire, c’est que sur cette étude, il faudrait ajouter un bandeau-titre sur la couverture, avec, noté dessus en gras et en rouge « ATTENTION – Ceci n’est en aucun cas une biographie de référence sur Sherlock Holmes » comme pourrait vous le laisser croire le 4ème de couverture ».

Baring-Gould connait son canon holmésien, il a, sans aucun doute, d’excellentes références sur Sherlock Holmes, il l’a étudié en long et en large (et en travers)…

Mais dans cette « biographie » de mes couilles (et je ne m’excuserai pas sur le fait que je ne possède pas de couilles) l’auteur mélange tout, sans distinction : les faits attestés (canoniques), les hypothèses plus ou moins plausibles, sans parler des trucs les plus farfelus pêchés ailleurs que dans les écrits de Conan Doyle (généralement dans la multitude de pastiche consacrés à Holmes).

Et quand il y a des blancs, des trous, des non-dits, c’est pas grave, l’auteur bouche les trous, invente des faits, des noms, des écoles fréquentées par Holmes, jouant avec le canon et les hypothèses non avérées qu’il balance comme véridiques et canoniques.

Alors, s’il faut déjà bien tout à l’holmésien du dimanche pour démêler le vrai du faux, un néophyte qui lirait cet ouvrage, se retrouverait avec des connaissances faussées dès le départ.

La faute aussi au 4ème de couverture qui ne nous prévient pas de ce mélange entre la réalité canonique et la fiction, et vous, pauvre lecteur, sans vous douter de la moindre vilénie, vous serez tout content d’apprendre les noms des parents de Sherlock, le nom de son autre frère, l’endroit où il fit ses études…

Bref, TOUT ce qui chez les holmésiens est sujet à suppositions, supputations, déductions (jamais certaines) ou discussions sans fin, se retrouvent, ici, écrit comme si c’était parole d’évangile…

Le lecteur non-averti qui, durant sa lecture, n’aurait pas les récits canoniques sous la main pour vérifier les dires, penserait avoir devant lui la carrière officielle de Sherlock Holmes à partir des écrits de Conan Doyle alors qu’on y mêle, à foison, des éléments non-canoniques, sans vous prévenir que telle ou telle chose provient en fait d’hypothèses hypothétiques, de déductions, mais dont on ne saura jamais le fin fond.

Le danger étant, qu’à la fin, sur le long terme, on considère ce qui est dans cette fausse biographie comme véritable et non pas comme des inventions de l’esprit d’un auteur qui a voulu faire passer toutes les études holmésiennes comme faisant partie de la réalité canonique.

Ce problème est devenu réalité puisque certaines de ces inventions de l’esprit ont fini par être considérées comme appartenant réellement au canon et on les retrouve, noires sur blanc, dans de nombreux pastiches ou études holmésiennes, avec, en prime, leur source notée dans la biographie (Moi, Sherlock Holmes de Baring-Gould). Bravo ! (ironie)

Anybref, vu le prix de l’ouvrage qui est rare, vu que l’on est face à une fausse biographie, vu que le néophyte ne saura pas trier le bon grain de l’ivraie, et vu qu’on remplit des pages et des pages avec des véritables extraits canoniques, je n’ai qu’un mot à vous dire…

PASSEZ VOTRE CHEMIN !!!

Sauf si, comme moi, vous être collectionneuse dans l’âme et à l’affut du moindre ouvrage consacré à votre détective préféré ou si, comme moi aussi, vous voulez juste informer les pauvres lecteurs/lectrices innocents qui seraient prêt à tomber dans les filets racoleurs de cet ouvrage.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Sherlock Holmes – Détective consultant : John Bastardi Daumont

Titre : Sherlock Holmes – Détective consultant                        big_2

Auteur : John Bastardi Daumont
Édition : Editions de la Martinière (2014)

Résumé :
Son nom est synonyme de détective privé, mais aussi d’acuité intellectuelle, de vélocité d’esprit. Pour certains, il a réellement existé, tandis que d’autres ont tout simplement oublié son géniteur, Conan Doyle.

John Bastardi Daumont a enquêté durant deux ans pour retracer la biographie du plus populaire des héros de fiction policière : il a parcouru l’Angleterre afin de recréer le parcours de Sherlock Holmes.

Les sociétés holmésiennes les plus célèbres comme la Sherlock Holmes Society of London ou des fonds documentaires uniques, comme celui de la bibliothèque de Marylebone, l’ont aidé dans ses recherches.

Plus qu’une simple biograhie, cet ouvrage analyse la méthode holmésienne à l’aune des méthodes scientifiques contemporaines.

Ainsi, le lecteur y apprend autant sur Sherlock Holmes que sur la police scientifique moderne.

Enfin, l’auteur analyse les raisons du succès de ce personnage victorien à travers ses réussites, ses rencontres, ses extravagances démontrant ainsi que Sherlock Holmes est plus vivant que jamais.

Critique : 
La première chose qui m’est venu à l’esprit lorsque je l’ai acheté à sa sortie, c’est que je tenais dans mes mains un bien bel ouvrage.

Pages épaisses, pas en papier glacé (j’aime pas le papier glacé), belles illustrations…

Ensuite, il y a eu la polémique et le tacle, assassin mais justifié, du président de la SSHF (Société Sherlock Holmes de France) car le livre était bourré de fautes dans des dates ou dans l’orthographe de certains prénoms (Oracio au lieu de Horatio, celui des Experts Miami, pour ne citer qu’elle).

Sans vouloir revenir sur l’affaire ou mettre du pétrole sur le feu, il y a bel et bien des omissions ou des raccourcis qui sont malhabiles. L’auteur sait sans doute de quoi il parle, mais le lecteur n’étant pas dans sa tête, comment arriver à saisir le sens de ce qu’il sous-entend par-là ?

Sincèrement, je ne sais pas comment je dois interpréter un « Andrew Scott a donné de Sherlock Holmes, une interprétation remarquable… ». Moi, dans ma tête, je me dis qu’il y a erreur, c’est Benedict Cumberbatch qui interprète Holmes, pas Andrew Scott qui lui a le rôle de Moriarty.

Serait-ce un private joke sur le fait que certains holmésiens pensent que Holmes et Moriarty ne sont qu’une seule et même personne ???

Si c’est le cas, seul un holmésien peut comprendre ou y penser, mais je vous avoue que c’est bête de noter pareille chose sans l’expliquer.

Une personne non initiée pourrait prendre pour argent comptant le fait que ce soit Andrew Scott qui joue le rôle de Sherlock.

Oui, le livre est truffé de fautes, plus ou moins grosses et je vous le dis de suite, sans la SSHF pour les énumérer toutes, certaines seraient passées à la trappe dans mon esprit parce que je ne suis pas érudite dans la chose.

Un lecteur qui voudrait en savoir plus se retrouverait avec des renseignements totalement faux pour certains.

Holmes a pris sa retraite en 1903 et pas en 1930 comme renseigné dans le livre.

« Conan Doyle a écrit quatre nouvelles et cinquante-six histoires courtes ». Non, c’est 4 romans et 56 nouvelles, les mots sont importants ! Mary devient Marie, Irene se retrouve avec un accent (Irène).

« Holmes suscite depuis cent cinquante ans, de façon ininterrompue, une littérature apocryphe et de commentaires. ». Datant de 1887 (première publication), cela fait… 127 ans puisque l’ouvrage présent est paru en 2014.

Bref, même si cet ouvrage est bien fait au niveau du design, il présente de nombreuses coquilles et des erreurs monumentales que pour être conseillé.

Lorsqu’on les connait (voir ICI), il suffit de les imprimer et de lire l’ouvrage avec la liste sous les yeux, mais tout de même, vu son prix, ça fait mal !

Dommage, j’en attendais beaucoup… WTF !!

BILAN - Minion mauve - WTF OK

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

challe11

8. Sherlock Holmes en bref…

Sherlock Holmes est un personnage de fiction créé par Sir Arthur Conan Doyle dans le roman policier « Une étude en rouge » en 1887.

Détective privé et consultant doté d’une mémoire remarquable pour tout ce qui peut l’aider à résoudre des crimes en général, il a très peu de savoirs dans les domaines de la connaissance qu’il estime inutiles à son travail.

Lors de ses enquêtes, relatées dans les 4 romans et les 56 nouvelles qui forment ce qu’on appelle le canon, il est fréquemment accompagné du docteur Watson.

Personnage très « typé », Sherlock Holmes est devenu l’archétype du « private detective » pour des générations d’auteurs populaires de roman policier, éclipsant ses ancêtres historiques que furent le Chevalier Auguste Dupin d’Edgar Allan Poe et Monsieur Lecoq d’Émile Gaboriau, personnages auxquels Arthur Conan Doyle fait pourtant référence dans son œuvre.

Né en janvier 1854 selon les suppositions les plus courantes (aucune date n’est en effet citée) en un lieu non déterminé, descendant de petits propriétaires terriens et petit-neveu du peintre Horace Vernet, Sherlock Holmes est un célibataire endurci, plutôt misogyne, qui a pour logeuse Mrs Hudson.

Son seul parent connu est son frère aîné Mycroft, l’un des piliers du Diogenes Club, qui occupe des fonctions importantes auprès du gouvernement britannique.

Le docteur Watson, son ami et biographe, est la seule personne qui partage son intimité. Sherlock Holmes réside au 221B Baker Street, à Londres, où il exerce la profession de détective privé consultant (consulting detective).

Grand, mince, élégant mais négligent, de façon bohème, Holmes est un fumeur invétéré (cigarette, cigare et pipe), un sportif accompli (bartitsu, boxe et escrime), un mélomane averti qui pratique le violon et un médiocre mangeur.

Il ne supporte pas l’oisiveté, qui l’épuise et ne vit que pour son travail.

Pendant les moments où il ne peut travailler, il est parfois amené à se droguer (cocaïne), mais en profite aussi pour compléter la culture encyclopédique nécessaire à sa profession.

Égotiste, cet esprit supérieurement intelligent supporte difficilement la lenteur d’esprit chez autrui ; artiste et doué pour les déguisements, il est toujours en représentation, aimant surprendre ses clients et son excellent ami Watson.

Il n’apprécie guère la police officielle et n’hésite pas à bafouer la loi lorsqu’elle lui paraît peu compatible avec la justice.

Le rang de son client lui importe moins que l’intérêt de l’affaire. Bien que prétendant mépriser la notoriété, il ne s’oppose en rien à la publication de certaines de ses enquêtes par Watson qui contribue à lui donner une renommée considérable.

S’il méprise l’argent et n’hésite pas à enquêter pour des gens modestes, il reçoit néanmoins des récompenses importantes de grands qui lui permettent de prendre sa retraite confortablement.

Sherlock Holmes résout les mystères par un processus en trois étapes : l’observation des indices, l’induction et la synthèse logique.