Scotland Yard – Tome 1 – Au cœur des ténèbres : Dobbs & Stéphane Perger

Titre : Scotland Yard – Tome 1 – Au cœur des ténèbres

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Stéphane Perger

Édition : Soleil (04/07/2012)

Résumé :
Londres, 1890. L’inspecteur Tobias Gregson est une des valeurs montantes du Yard.

Mais sa carrière serait accélérée s’il n’était pas considéré comme un humaniste trop sensible et avant-gardiste, et surtout s’il n’avait pas pour fonction principale d’être le défouloir quotidien de son supérieur Lestrade.

Alors lorsqu’un transfert de prisonniers ne se passe pas comme prévu, Gregson se retrouve au placard.

Un blâme qui va vite se transformer en opportunité afin de démontrer sa vraie valeur aux yeux du patron des patrons, le commissionner Fix.

À la tête d’une équipe atypique réunissant un gamin des rues, ancien informateur de Sherlock Holmes, un médecin psychiatre aux méthodes atypiques ainsi que son étrange assistante, Gregson va faire alliance avec le diable : coopérer avec la pègre londonienne pour traquer deux fous extrêmement dangereux qui ont profité du fiasco de l’opération de transfert pour se volatiliser.

Deux aliénés mentaux qui vont apprendre aux citoyens de Londres la signification du mot terreur. À leurs côtés, plongez à votre tour au cœur des ténèbres…

Critique :
Londres, décembre 1889… Décidément, je suis abonnée au Londres de l’époque de Jack l’Éventreur, moi. Et, une fois de plus, me voici plongée dans des crimes sordides.

Oui, j’aime ça…

Ici, point d’élément fantastique, point de van Helsing, chasseurs de vampires ou de toute autre créature de la nuit aux dents longues et pointues.

Non, pas de ça, même si le criminel est digne d’un Dracula point de vue des sentiments… C’est vous dire son empathie envers ses victimes. Un sadique de la pire espèce.

Par contre, point de vue références littéraires de l’époque, ça foisonne ! En ce qui concerne la plupart, je les ai tous croisé dans le canon holmésien.

Que du beau linge : l’inspecteur Lestrade (en version moins sympa que dans les aventures de Sherlock Holmes originales), l’inspecteur Gregson (défouloir de Lestrade, ici, sinon, il apparaît dans quelques récits de Sherlock Holmes), Bradstreet, le colonel Moran, âme damnée du professeur Moriarty (cité mais pas croisé), Wiggins, ancien des « Baker Street Irregulars », employé par Sherlock Holmes (cité lui aussi, mais non présent).

Pour le reste de la littérature, citons le docteur Seward qui est présent dans Dracula de Bram Stoker, présent aussi dans la bédé, aux côtés du commissioner Fix, discutant d’un certain Phileas Fogg.

Dernière référence, l’assistante du docteur Seward, Faustine Clerval, était présente dans « Mister Hyde contre Frankenstein ».

Que des têtes connues !

Mais que font-ils, tous ces gens connus, dans cette bédé ?

Et bien, vu que deux criminels jugés extrêmement intelligents et tout aussi extrêmement dangereux ont joués les filles de l’air, une partie de ces personnages vont atteler à les retrouver en menant une enquête et quelques investigations avec l’aide de la pègre londonienne.

Mariage contre-nature ? Oui, mais la pègre préfère coopérer avec la maison poulaga, dans son intérêt. Enfin, la coopération ne se fera qu’avec Gregson.

Vous pourriez penser que l’intrigue n’est donc pas d’une folle originalité puisque consacrée à une évasion et à des meurtres. Croyez-moi, il n’en est rien.

La narration devient rapidement captivante, surtout vu la manière dont le livre commence : deux filles poursuivies dans Hyde Park, munies d’un collier fort étrange… et d’un type qui vous ficherait les chocottes si vous le croisiez !

Le scénariste se base aussi sur des luttes internes au Yard, sur Lestrade qui déteste Gregson et qui a Wiggins en horreur, sur la traque des deux prédateurs avec l’aide d’un médecin psychiatre, sur cette alliance contre-nature avec la pègre, sur cette foule de personnages qui restent tout à fait crédibles et séduisants.

Un récit qui se dévore.

Et le graphisme de Stéphane Perger ?

Une sacrée surprise ! M’attendant à des dessins « habituels », dirais-je, quelle ne fut pas ma stupéfaction en découvrant des dessins aux lavis et en aquarelle…

Spécial, mais au bout de deux pages, j’étais dedans. Ce genre de dessins donnent des ambiances différentes de celles auxquelles je suis habituée.

Cela donne de la lumière sur certaines scènes tandis que d’autres sont plus sombres. Certaines scènes sont même dénuées de décor, ne gardant que le personnage et un fond « uni ». Cela renforce les expressions des personnages, le lecteur n’étant pas distrait par les décors.

Le seul bémol à l’époque ? Ben, c’est que le second tome n’était pas paru ! Oui, j’avais grand envie de lire la suite, même si l’auteur n’avait pas terminé l’album par un cliffhanger comme j’aurais pensé qu’il le ferait.

Pas un sadique, l’homme. Merci à lui.

La critique de ce premier album, je l’avais posté sur mon site, maintenant, je la rapatrie sur le blog, je fais du regroupement de fiches et vous trouverez la chronique du tome 2 à cet endroit : Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang.

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Blueberry – Tome 16 – Le Hors-la-loi : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 16 – Le Hors-la-loi

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974)

Résumé :
Le Hors-la-loi est le seizième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1974, c’est le premier album du cycle du premier complot contre Grant (deux tomes).

Emprisonné depuis plusieurs mois au bagne de Francisville, Blueberry « avoue » où se trouve caché le trésor des Confédérés qu’il aurait prétendument volé. Convoyé dans un train, il profite d’une attaque armée pour s’évader.

Par la suite, il trouve refuge dans un bordel tenu par Guffie Palmer et se voit dans la quasi-obligation d’accompagner un jeune homme, « Angel Face », vers le Mexique.

Lors de la pré-publication dans Pilote, l’épisode s’intitulait « L’Outlaw ».

Critique :
Ce n’est pas courant, mais ♫ les portes du pénitencier ♪ sur Blueberry se sont refermées et c’est là qu’il devra finir sa vie, sauf, si, tel les membres de la 7ème Compagnie, il s’évade au clair de lune.

Saut il s’évade, soit il va y crever parce que le directeur est un petit sadique de la pire espèce qui va le faire trimer sans eau, sans repos afin qu’il crache le morceau au sujet du trésor des confédérés après lequel il courait dans les 3 épisodes précédents.

Je ne divulguerai rien, mais sachez juste que l’Union n’a pas touché une seule pièce d’or de ce fabuleux trésor et bien entendu, tout le monde pense que Blueberry l’a enterré quelque part.

Blueberry, jamais à court d’idées folles, va nous la jouer à la Louis Chedid et chanter ♫ Je me suis fait la belle, je me suis fait la belle ♪

Machiavélique ! C’est le mot pour résumer cet album où j’étais bien incapable de dire qui baisait qui, car non seulement on va de surprise en surprise, mais en plus, celui qui croyait baiser peut se retrouver en train de se faire prendre à sec et sans élan et cela donnera un final bourré de « nom de dieu, j’l’ai pas vue venir celle-là », sauf si vous l’avez déjà lu et que vous vous souvenez de tout. Moi j’avais la mémoire vide.

Une fois de plus, les auteurs ne mettent pas leur héros dans de l’ouate et il va encore s’en prendre plein la gueule pour pas un balle, courir comme un fou, tenter de se dépêtrer de ce sac de noeuds et, comme d’habitude, faut pas penser que on termine en happy end mais que un cliffhanger qui laisse présager moult emmerdes pour le tome suivant.

Blueberry, une valeur sûre de la bédé, toujours un plaisir à relire.

Allez, vite la suite, parce que je ne m’en souviens plus du tout !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Gil Jourdan – Tome 1 – Libellule s’évade : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 1 – Libellule s’évade

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1959)

Résumé :
Gil Jourdan, tout jeune licencié en droit et travaillant pour son propre compte se donne six mois pour mettre la main sur une bande de trafiquants de popaïne.

Pour cela, il organise l’évasion d’André Papignolles dit « Libellule » dont il souhaite s’adjoindre les talents de serrurier. Mais la tâche ne s’annonce pas pas facile avec l’inspecteur Crouton qui ne les lâchera pas d’une semelle…

Critique :
Les enquêtes de Gil Jourdan sont, pour moi, un régal à lire ! Un plaisir de fin gourmet pour qui aime les ambiances à la Maigret, le tout avec des dialogues n’ayant rien à envier à Audiard, sans oublier une sacrée dose d’humour.

Gil Jourdan est un détective assez froid, méticuleux, précis, n’hésitant pas à se rendre complice de l’évasion du cambrioleur aux doigts de fée surnommé Libellule et, pour cela, à défier l’inspecteur Croûton, le flic le plus bête de France, mais aussi tenace qu’une tique sur le dos d’un chien.

— A la moindre velléité de fuite, je tire !
— Si c’est moi que vous visez, je ne risque rien !

Ayant toujours apprécié ce détective découvert dans des vieux Spirou, je m’étais offerte, il y a de ça un certain temps, les intégrales de ses aventures. Il n’y a jamais de mal à se faire du bien, je trouve, et donc, pour me continuer à éprouver du plaisir, je me  les relis toutes les 6 régulièrement.

Dans cette première intégrale intitulée « Premières aventures », juste avant l’album de « Libellule s’évade », nous avons « La poursuite » qui, en quelques pages, nous met déjà en présence de l’inspecteur à la grosse moustache rousse, ainsi qu’au talentueux Libellule, ouvreur de coffre-fort de son état.

— Dites, inspecteur ? Il y a un taxi qui nous suit depuis un petit moment… Si vos pieds ont un cœur, ils auront pitié des miens.

L’ambiance est donné d’entrée de jeu, niveau scénario, Tillieux n’est pas un manche et niveau dialogues percutants, il sait y faire, un peu à la manière d’un Goscinny, il dégaine les répliques et truffe ses dialogues de bons mots, sans oublier de parsemer le tout du rire horrible de Libellule.

(L’inspecteur Crouton remercie chaleureusement le détective du « Splendid Hotel » qui vient de le renseigner sur le cambrioleur nommé Libellule) :
— Merci, mon vieux ! Payez-vous un verre à ma santé, vous l’avez mérité ! Et vous ne le boirez pas seul… Antoine, deux calvas sur le compte de monsieur, et le téléphone.
(Le détective, estomaqué que l’inspecteur lui offre un verre sur son compte et s’en offre un lui-même) :
— Prends un aussi, Antoine, comme ça nous serons deux à subir la générosité de monsieur !!!

Des bons mots, donc, une enquête, une évasion, un jeune licencié en droit qui se donne 6 mois pour se faire un nom et qui commence déjà sa carrière par une folie en faisant évader Libellule, au nez à la grosse moustache de l’inspecteur Croûton.

— Et cette moustache ! On devrait faire des lois qui interdisent des moustaches pareilles ! 

Lire un Gil Jourdan, c’est plonger dans des ambiances rétros, qui fleurent bon les vieux polars de papa, le tout avec des dialogues savoureux, drôles, hilarants, et des situations cocasses, le tout sans violence, puisqu’à cette époque, l’éditeur Charles Dupuis veillait et la censure aussi.

Ce qui donne une secrétaire avec les cheveux courts, pas féminine pour un sous, sans poitrine et sans sex-appeal. De plus, jamais l’auteur ne pourra pas parler de trafiquant de « cocaïne », et devra donc inventer un autre mot et voilà pourquoi nos deux amis, le détective et le cambrioleur, se mettront sur les traces de trafiquants de popaïne dans l’album suivant.

Moi, Gil Jourdan, j’adore ! En plus, son auteur est Belge, une fois.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).

 

Lucky Luke – Tome 22 – Les Dalton dans le blizzard : Morris & Goscinny

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Titre : Lucky Luke – Tome 22 – Les Dalton dans le blizzard

Scénariste : Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (19)

Résumé :
Les Dalton se sont évadés de prison. Ils décident d`aller au Canada, car ils ne sont pas recherchés dans ce pays. Lucky Luke part à leur recherche.

luckyluke_t22Critique : 
Les Dalton se sont – une fois de plus – évadés ! Toujours aussi bêtes, ils ont creusés quatre trous dans la muraille de la prison au lieu d’un…

Oui, ils sont plus bêtes que méchants… Mais les gardiens aussi, car personne n’avait pensé au fait qu’un seul trou suffisait pour s’échapper.

Que feraient-ils sans Lucky Luke, ces gardiens de prisons ? Je vous le demande un peu ! En tout cas, cette évasion ne troublera pas leur petite fête d’anniversaire.

Un garde : — Eh ! Les gars… les Dalton se sont évadés !
Le Directeur du pénitencier : — Bah ! Il n’y a qu’à prévenir Lucky Luke. Il a l’habitude… il les ramène toujours. Ne laissons pas ces voyous nous gâcher notre petite fête !
Tous : — Happy birthday to you !
Rantanplan : — Ça y est, les voilà qui recommencent à se disputer !

Allez, c’est parti pour une nouvelle cavale qui, cette fois-ci, va nous emmener en partie du côté de la Belle Province et du Canada puisque les voisins du Nord ne connaissent pas encore les frères Dalton.

Le côté burlesque est toujours présent, notamment avec Joe Dalton qui menace le forgeron avec un révolver composé de son pouce et de son index, avec le chien le plus stupide de la bédé et de l’Ouest, Rantanplan, qui ne veut pas suivre la piste des Dalton car ils sentent mauvais, avec Averell qui est toujours aussi stupide et Imbécile et lui et Joe auront quelques bagarres !

— Flaire, Rantanplan, flaire !
— Pouah ! que ce haillon sent mauvais !
— Maintenant Rantanplan, nous allons te mettre au début de la piste…
— Quoi encore ?
— Mais non Rantanplan, tu tournes le dos à la piste !…
— Surtout pas par là ! Ça sent comme le haillon !

Averell : — Une fois pour toutes, qui je suis ?…
Joe : — Tu es un imbécile !
Averell : — Bon ! C’est tout ce que je voulais savoir !

Certes, l’album fait la part belle aux clichés, comme cet officier de la police montée, Winston Pendergast, qui fait régner l’ordre juste avec des paroles et demande aux gens d’aller s’enfermer eux-mêmes dans la prison durant quelques jours quand ils ont fauté.

Pourtant, j’adore cet album et ses paysages enneigés, la ruse de Joe qui ne fera pas long feu, ses accrochages avec Averell, et les bêtises de Rantanplan.

Et puis, la neige, ça change de l’aridité du Texas ou des autres états.

Non, rien à redire, c’est encore un album où j’ai beaucoup ri, malgré mes 36.000 relectures.

dbuche

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur,  le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - The magnificent seven CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

L’Alchimiste : Paulo Coelho [LC avec Stelphique]

Titre : L’Alchimiste                                                                         big_3

Auteur : Paulo Coelho
Édition : Anne Carrière (1994) pour la première édition / J’ai Lu / Livre de Poche

Résumé :
L’alchimiste Santiago, un jeune berger andalou, part à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Lorsqu’il rencontre l’Alchimiste dans le désert, celui-ci lui apprend à écouter son cœur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve.

Merveilleux conte philosophique destiné à l’enfant qui sommeille en chaque être, ce livre a déjà marqué une génération de lecteurs.

Critique :
Voilà un roman que je n’avais jamais voulu lire… Tout le monde me bassinait avec ce livre en 1995 et puisque tout le monde ne jurait que par lui, j’avais pris la décision ferme et définitive de ne jamais le lire. Na !

Pourquoi ce revirement ? À cause de ma binômette de Lecture Commune, Stelphique, qui l’adore et qui a insisté (pas trop) pour qu’enfin je le découvre et puisse ensuite le critique ou le porter aux nues.

C’est donc avec circonspection que j’ai commencé ma lecture, vu les critiques peu élogieuses que j’avais lues sur ce best-seller.

Je conseillerais à ceux qui veulent le commencer de le faire avec l’esprit d’un enfant, avec le côté fantastique enclenché et de le voir en tant que conte philosophique. Sans ça, j’aurais trouvé le style à chier, neuneu, cliché, trop mielleux, naïf, simpliste, bourré de philosophie à deux balles (ou de comptoir) et râlé que tout tombe tip-top.

C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante.

Je t’aime parce que tout l’Univers a conspiré à me faire arriver jusqu’à toi.
 
Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible : c’est la peur d’échouer.

Personne ne peut fuir son cœur, c’est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu’il dit.

Mais voilà, j’ai ouvert mon âme enfantine plus fort que madame Cash juste avant une triple… *vous savez quoi* et j’ai suivi avec le sourire les pérégrinations de Santiago qui voulait accomplir son rêve, sa Légende Personnelle.

Quand on veut une chose, tout l’Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve.

Certes, niveau écriture, c’est du « easy reader », de l’écriture fast-food, low-cost, ça cassera pas 5 pattes à un dromadaire, mais je vous avoue qu’une fois ouvert ce roman, je ne l’ai pas reposé avant de l’avoir terminé.

Pourquoi ?? Un Djinn m’aurait-il enchanté ?

Non, mais de temps en temps, j’aime lire des histoires assez simple, bourrée de clichés, de philosophie bas-de-gamme que tout le monde connait, me donnant souvent l’impression de lire un article rempli de citations ou d’être dans « Les citations des Minions », mais que voulez-vous, ma raison a ses raisons que ma propre raison ignore : j’ai aimé ce bouquin !

J’aurais dû hurler devant ses clichés plan-plan, devant ces deus ex machina utilisé pour sortir Santiago de l’impasse, j’aurais dû balancer le livre devant certains faits impossibles, mais puisque c’était un conte, je l’ai pris comme tel et j’ai passé deux bonnes heures de lecture sans me prendre la tête.

La peur de la souffrance est bien pire que la souffrance elle-même…

Quand nous avons de grands trésors sous les yeux, nous ne nous en apercevons jamais. Et sais-tu pourquoi ? Parce que les hommes ne croient pas aux trésors.

Tout ce que nous craignons, c’est de perdre ce que nous possédons, qu’il s’agisse de notre vie ou de nos cultures. Mais cette crainte cesse lorsque nous comprenons que notre histoire et l’histoire du monde ont été écrites par la même Main.

Comme quoi, les miracles peuvent arriver : j’ai lu ce roman, je l’ai apprécié, même s’il ne fera jamais partie de mon Top 20 littéraire.

Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Grand prix des lectrices Elle – Roman – 1995).

BILAN - LC réussie - OK
Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Je relis souvent pour le pur plaisir ce livre régulièrement, mais cette fois ci, je partage cette lecture avec ma binôme complètement délurée: Cannibal Lecteur et ça me touche qu’elle m’ait suivi sur cette lecture. Merci encore à elle…;)

Synopsis :
Un jeune berger andalou, Santiago, part à la recherche d’un trésor enfoui au pied des pyramides. Il découvrira pendant son périple la clef d’une quête spirituelle. ‘L’ Alchimiste’ est le récit d’une quête, celle de Santiago, un jeune berger andalou parti à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. 

Dans le désert, initié par l’alchimiste, il apprendra à écouter son cœur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve. Destiné à l’enfant que chaque être cache en soi, ‘L’ Alchimiste’ est un merveilleux conte philosophique, que l’on compare souvent au ‘Petit Prince’, de Saint Exupéry, et à ‘Jonathan Livingston le Goéland’, de Richard Bach.
Ce que j’ai ressenti….Un doux apaisement…..

 » C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante. « 

Pourquoi Est-ce Mon Livre Préféré ?
Tout d’abord parce que c’est un conte. Un conte merveilleux, d’une douceur apaisante. Je suis fan de Andersen, Perrault, Grimm, je relis sans cesse leurs histoires, car j’admire leur façon d’écrire sous couvert de féérie, les drames de l’Histoire.

Et ce conte là de Paulo Coelho me touche particulièrement, car il nous montre un berger à la recherche de son trésor, un homme qui observe le monde qui nous entoure, en suivant sa destinée.

Je crois que si ce livre m’a autant plu, c’est que je l’ai lu avant que mon innocence se soit envolée, et je le relis sans cesse pour ne pas oublier cette vision de la vie simple et ouverte sur notre monde, juste pour essayer de ne jamais perdre cet esprit d’enfant ébloui, par la beauté de notre planète.

J’ai appris que le monde possède une âme, et celui qui pourra comprendre cette âme comprendra le langage des choses.

Il n’a qu’une façon d’apprendre, répondit l’Alchimiste. C’est par l’action. Tout ce que tu avais besoin de savoir, c’est le voyage qui te l’a enseigné.

Le monde arabe nous est raconté avec magie et spiritualité. Le désert n’aura jamais autant été si beau et aussi enivrant, les pyramides, un rêve à portée de main, l’Islam aussi généreux. Santiago a un œil neuf, observateur attentif aux signes, à la vie tout simplement…. Il va devenir au cours de sa route un homme transformé, un être courageux et confiant, un esprit éclairé.

Suivre sa destinée lui a permis de mieux se connaitre, mieux comprendre le monde qui nous entoure, mieux appréhender l’avenir. Oui, un conte merveilleux qui aurait pu commencer par la formule autrement célèbre « Il était une fois »  » Once upon a time »: la formule magique qui englobe ô combien d’idées merveilleuses.

Peut-être Dieu a-t-il créé le désert pour que l’homme puisse se réjouir à la vue des palmiers »

Ensuite c’est un conte philosophique. Il y a à l’intérieur une certaine forme de spiritualité, un courant de pensée apaisant. Une histoire riche en rebondissements et en enseignement porteur de lumière.

Si on se laisse guider par ce flot, on en ressort profondément touché en plein cœur, grandi d’une vision d’amour et de partage, élevé d’ Espoir.

C’est certes une philosophie simple, (d’autres diront naïve), mais il n’y a pas de mal à se faire du bien? La simplicité ne serait -elle pas la clé du bonheur ?

Moi , j’aime y voir dans ces pages un simple berger, instruit et attentif aux signes, qui s’ouvre spirituellement pour toucher la Magie de ce monde, de le voir se transformer en vent, de le voir s’ouvrir aux secrets de l’Alchimie, de le voir succomber à l’Amour dans un regard.

Je suis une incroyable romantique, une inconditionnellement rêveuse, et une fée émerveillée encore de Merveilleux, pour moi ce texte est puissant car rempli de simplicité et d’altruisme, il se lit en deux vitesses et comporte ce qu’il faut de féérie pour nous faire rêver plus fort.

« Avant de réaliser un rêve, l’Âme du Monde veut toujours évaluer tout ce qui a été appris durant le parcours. Si elle agit ainsi, ce n’est pas par méchanceté à notre égard, c’est pour que nous puissions, en même temps que notre rêve, conquérir également les leçons que nous apprenons en allant vers lui. Et c’est le moment où la plupart des gens renoncent. C’est ce que nous appelons, dans le langage du désert : mourir de soif quand les palmiers de l’oasis sont déjà en vue à l’horizon. »

En bref, lorsque je relis ce livre, il m’apporte l’apaisement, il me permet de me recentrer, de revenir à l’essentiel et surtout de garder mon âme d’enfant.

A chaque lecture, j’ai l’impression de découvrir une nouvelle chose qui trouve sa voie dans mon quotidien. En ces jours si sombres qui frappent la France, cette lecture m’a permis  de trouver la force de croire encore à un avenir meilleur.

« Quand on veut une chose, tout l’Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve. »

« C’est dans le présent que réside le secret ; si tu fais attention au présent tu peux le rendre meilleur. Et si tu améliores le présent, ce qui viendra ensuite sera également meilleur. Oublie le futur et vis chaque jour de ta vie selon les enseignements de la Loi, et en te fiant à la sollicitude de Dieu à l’égard de ses enfants. Chaque jour porte en lui l’Éternité. »

 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10

L’Alchimiste : Paulo Coehlo [LC : Impressions de lecture 2/2]

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 100) : Prise en main avec circonspection…
Entrée dans le livre très vite car j’avais allumé mon cœur d’enfant, ouvert mon esprit aussi grand que si j’allais entamer la lecture d’un conte. La magie a opéré. Oui, Magie, c’est le mot.

Impressions de Stelphique (page 1 à 100) : Nostalgie….
C’est avec nostalgie que je relis ce livre, près de 10 ans après, mais pour la treizième fois. Quel apaisement dans ses lignes… Un homme a la recherche de son chemin personnel dans un monde compliqué. Aller au bout de ses rêves, se donner la peine de les accomplir, et garder foi en l’avenir… Que de jolies philosophies abordées…. Allez je vais me confronter au désert….

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 101 à fin) : La quête !! (un mot que j’aime bien, phonétiquement parlant… je sors !)
Ah, le désert, les chevauchées fantastiques, les cheveux au vent, le chèche dans le cou, les Touaregs… Plus quelques enseignements que je connaissais déjà. Dévoré le roman en une fois, d’un coup, avec mon âme d’enfant, et digestion ensuite…

Impressions de Stelphique (pages 100/à fin) : Apaisement.
En plus de lire une belle histoire, c’est un flot d’apaisement qui nous envahit à la lecture de ses lignes. Une certaine magie nous envahit, une féérie du désert qui opère, une forme de spiritualité qui nous éveille sur le monde. Un merveilleux moment de lecture.

L’Alchimiste : Paulo Coelho [LC avec Stelphique – Intro]

— Voilà, j’ai sorti tout mon matériel de parfait petit chimiste, comme Gaston Lagaffe ! Je suis on ne peut plus prête pour cette nouvelle expérience !

— [Stelphique] Mais pourquoi Belette ?

— Ben, tu m’as proposé une LC sur Al le Chimiste donc, on va faire sortir de la fumée de nos tubes à essais avant de faire tout péter pour que nos voisins Ducrant et Lapoigne appellent les pompiers.

— Mais… mais… La LC n’a rien à voir avec l’univers marrant de Gaston Lagaffe !! Je n’ai pas parlé d’un chimiste qui se prénommerait Al, mais du roman de Paul Coelho, L’Alchimiste ! Une grande œuvre que j’adore, qui fait partie de mon Top 20 et que je voudrais partager avec toi.

— [Dépitée] Oh, rien à voir avec des expériences de chimie de Lagaffe, alors ?? On ne va pas reproduire sa fameuse recette de la morue aux fraises avec de la mayonnaise chantilly aux câpres et flambée au pastis ?? On va pas tout faire péter comme lui ??

— Au secours, la Belette a pété un câble !

 

 

Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang : Dobbs & Perger

Titre : Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Perger
Édition : Soleil (2013)

Résumé :
À Londres, les jeunes femmes respirent de nouveau. Elles peuvent enfin sortir sans craindre de rencontrer celui que l’on nommait Carfax : ce tueur fou n’est en effet plus une menace, car il vient d’être mis hors d’état de nuire par les actions conjuguées de Scotland Yard et de la pègre.

Malgré ce succès l’inspecteur Gregson et son équipe savent qu’ils doivent mettre la main sur l’autre monstre qui s’est échappé de la prison de New Gate, et qui se cache toujours dans l’ombre.

Sa traque finale débute alors que l’alliance entre policiers et malfrats montre ses limites.

Renfield, un nouveau cas clinique extrême pour le docteur Seward. Un terrifiant buveur de sang ayant régressé de façon quasi-animale après une enfance traumatisée. Un aliéné qui faisait trembler jusqu’à la plus grosse crapule de la prison. Un chasseur solitaire en quête de la seule chose qui puisse lui rappeler sa part d’humanité : les poupées d’une enfance brisée.

Critique :
♫ Je suis une poupée de cire, ♪ une poupée de sang…♫

♪Mon âme est gravée dans mes poupées, ♫Le sang, j’vais l’faire couler ♪

(Moi aussi je peux massacrer France Gall et ça ne me rapporte pas un balle !).

Avant de me replonger dans ce second tome, j’ai repassé en revue le premier et je me suis rendue compte que Mary Pearcey, la sage-femme que l’on pendait, avait été réellement suspectée d’être Jack l’Éventreur (merci « Science & Vie Hors Série » n°263 pour la confirmation). La relecture, ça a du bon.

Dans le tome 1, nous avions eu la mise hors circuit du malade mental Carfax, mais il reste toujours son acolyte dans la nature : Renfield ! Un sacré sadique malade mental, lui. Oui, il se nomme Renfield, comme le malade mental dans « Dracula » et je viens de recroiser Bram Stoker !

Alors ce tome 2 ?

1854… D’entrée de jeu, on commence par apercevoir un pan de l’enfance du petit Renfield, chez ses deux tantes perverses qui le logeaient dans un placard, le frappaient, l’affamaient,… Son seul divertissement était de jouer avec ses poupées, abîmées elles aussi par ses tantines sadiques. Et puis un jour, il a mis fin au supplice… Couic les tantines !

Renfield, c’est un terrifiant buveur de sang qui a régressé de façon quasi-animale après cette enfance brisée. Cet homme faisait trembler les plus grosse crapule de la prison. C’est vous dire que le méchant est à la hauteur.

Le but de ce chasseur solitaire ? Une quête… La seule chose qui puisse lui rappeler sa part d’humanité : les poupées d’une enfance brisée.

La mission de l’inspecteur Gregson, du docteur Seward et de Faustine Clerval est de l’arrêter à n’importe quel prix… Non, pas de spoiler sur la fin !

Les dessins sont toujours en aquarelles délavées, les cases sont toujours disposées de manière non linéaire, avec quelque fois, comme pour le tome 1, une grande illustration dans le fond et des cases dispersées au milieu de la page, pour mon plus grand plaisir.

Mais il y a un bémol : l’histoire aurait peut-être dû être contée en trois tomes (et non 2) à cause de tout les éléments qu’elle contient, de tous les personnages que l’on croise, qu’ils soient réels ou littéraires, et, ma foi, cette profusion de détails auraient bien mérité un plus long développement.

Autre petit soucis : nous sommes en 1889… et les personnages parlent de Sherlock Holmes au passé, comme s’il avait déjà disparu. Heu, 1889 ? Avec deux ans d’avance sur le canon ?? Bizarre.

Par contre, les personnages sont toujours bien campés, Gregson a mis les poings sur les « i » avec Lestrade (oui, les « poings » et pas les « points ») et ça lui a fait du bien de s’affranchir de sa mauvaise influence.

Wiggins a l’air de se soustraire à la pègre londonienne (bon, en 1889, il aurait dû être un Irréguliers de Holmes et pas de Moran – ce dont il ne fut jamais dans le canon) et Faustine Clerval, notre « ange » a plus d’un tour dans son sac, ou dans la valise.

Les allusions au calvaire qu’a subit Renfield sont coloriées en gris et sont peu nombreuse, à nous de nous imaginer ce que ces deux bigotes tyrannique auraient pu lui faire d’autre comme mal.

Le rythme est soutenu, le final nous donne le point de départ d’un futur célèbre roman mais, comme je l’ai dit, un tome de plus n’aurait pas fait de tort, il y avait matière à exploiter bien plus sur les personnages secondaires nommés mais dont on ne sait rien de plus; sur l’enfance de Renfield et sa vie à la prison de Newgate; sur sa rencontre avec Carfax; sur leurs matériel sadique; sur leur modus operandi;…

Bref, il y a tout un potentiel non exploité qui frustre le lecteur curieux. Si vous mettez votre curiosité de côté, no problem ! Les deux bandes dessinées se lisent avec plaisir.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « I Love London » de Maggie et Titine et le Challenge « Victorien » chez Arieste.