London nocturne : Cathi Unsworth

Titre : London nocturne

Auteur : Cathi Unsworth
Édition : Rivages Noir (01/05/2019)
Édition Originale : Without the Moon (2015)
Traducteur : Isabelle Maillet

Résumé :
Londres, en février 1942. La ville est sous le régime du couvre-feu. Au milieu des ruines et des bombardements, une vie nocturne continue dans les pubs, clubs et autres music-halls.

Des lieux où se presse une population avide d’échapper à la guerre mais où rôdent toutes sortes d’individus louches, escrocs, journalistes à l’affût du scandale, cartomanciennes, joueurs professionnels et trafiquants du marché noir.

L’inspecteur Greenaway, ancien de la brigade des jeux, connaît cette faune par coeur. Mais il y a autre chose: dans la nuit, un tueur sème la panique en tuant et mutilant ses victimes…

Critique :
Londres, le black-out, les bombes du père Hitler qui pleuvent sur la capitale British et un Éventreur qui coure les rues.

Yes, j’adore !

En littérature, je précise, en vrai, je n’aime ni les bombes sur la gueule, ni les éventreurs.

Mais il faut dire que L’Éventreur du couvre feu, c’est un nom qui en jette !

La première partie est prenante, on suit un étrangleur de blondes (il ne devait pas les aimer) qui exercent le plus vieux métier du monde, le tout durant le couvre-feu et planqué derrières les rideaux occultant.

On enquête avec un inspecteur Greenaway qui doit avoir la carrure d’un Lino Ventura, on a de multiples intervenants, on se glisse dans l’intimité des belles de nuit ou des diseuses de bonnes aventures.

Le Londres de la pègre est bien retranscrit, on a des décors grandeurs natures, des descriptions des ruelles un peu glauques bien retranscrites et l’atmosphère a une vraie gueule d’atmosphère. Le pied.

Les personnages multiples nous offrent un panel d’émotions et de pensées en tout genre, c’est diversifié, même si nous resterons dans l’Angleterre d’en bas, celle qui se lève tôt ou va se coucher tard.

Là, je vous connais et vous me connaissez, vous vous dites que c’est trop de fleurs pour être honnête et que le pot va suivre.

Le pot arrive à toute volée !

Le problème des personnages, c’est qu’ils auraient tous mérité un traitement plus en profondeur car ils avaient du potentiel, étaient haut en couleur, en verbe, en richesse (pas celle du fric) et que chacun aurait mérité d’être un peu plus explicité, afin de donner un peu de mâche au récit. Du croquant.

L’enquête ne restera pas inscrite dans les annales de la police, elle n’est pas exceptionnelle, elle est aussi banale que celles de nos flics réels où le hasard fait bien les choses, même si la ténacité aide aussi.

Malheureusement, c’est plus que réaliste, cette manière d’enquêter, tandis que celle des Poirot, Holmes, Columbo et Marleau sont bien plus rares. Ceci était pour le petit pot lancé à la première partie…

Dans la seconde moitié, l’auteur a changé de ton et là, c’est un gros pot qui arrive à toute volée : Greenaway a attrapé l’étrangleur (trop vite ?), sans que l’on ait eu le temps de faire vraiment monter la mayonnaise, on l’inculpe et puis directement, boum, on met la main sur l’éventreur sans que le lecteur ait vraiment eu le temps de se retourner.

Pour ceux et celles qui aiment les ambiances de prétoire et de tribunaux, la seconde partie va leur en donner pour leurs sous car on va assister aux procès de ces deux tueurs.

Ce sont des moments de lecture qui m’ont plus, parce que j’aime ça, mais bon, niveau action, hormis le pétage de plomb de Grenaway, on est à un train de sénateur !

Manquait tout de même de liant, dans cette histoire et d’épaisseur dans les personnages. L’auteur donne l’impression de jongler avec le coq et l’âne (je change les expressions, oui !) sans trop savoir comment finir son tour.

Le Londres sous le couvre-feu est détaillé, les crimes aussi, l’auteur a potassé le sujet, ça se sent à la lecture et si on avait des doutes, les Notes de l’auteur nous en donneront un grand aperçu.

Les événements décrits dans ce roman s’inspirent de deux vraies affaires qui se sont déroulées sur cette même période de quinze jours en février 1942 – les crimes de Gordon Frederick Cummins, surnommé l’ »Éventreur du couvre-feu », et le meurtre non élucidé de Margaret McArthur sur le pont de Waterloo – et ont été jugées cette année-là au mois d’avril, à quelques jours d’intervalle.

Anybref, je suis le cul entre deux chaises avec ce roman. Il lui manquait quelques petits détails ou une autre mise en scène pour le rendre super attractif et addictif. Là, je l’ai lu sans avoir la tension qui jouait du yo-yo et mon rythme cardiaque est resté sur la bonne fréquence, celle qui ne donnera pas lieu à une tachycardie.

Pas évident de trouver la bonne cotation pour ce roman policier noir. D’un côté, j’ai aimé les descriptions du Londres de 1942, le rendu était parfait, les personnages étaient nombreux, intéressants, mais auraient pu bénéficier d’un traitement plus profond et niveau suspense, j’en déjà ressenti plus avec d’autres romans.

Malgré tout, il y a du bon dans ce roman, mais il aurait fallu les travailler un peu plus, ou différemment afin de scotcher le lecteur – qui en a lu d’autres – au fond de son divan.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

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[FILMS] Batman – Gotham by gaslight : Le film qui t’éclaire au gaz (2018) [Par Dame Ida]

Batman: Gotham by Gaslight est un film d’horreur et d’action uchronique de super-héros steampunk d’animation américain produit par Warner Bros.

Animation et distribué par Warner Bros. Home Entertainment. C’est le trentième film de la série de films d’animation de DC Universe. Il est réalisé et produit par Sam Liu et écrit par James Krieg, basé sur le roman graphique du même nom et sur sa suite intitulée Master of the Future.

Le film a été diffusé pour une première mondiale au Newseum à Washington, D.C. pendant le DC in D.C., événement le 12 janvier 2018 et ensuite rendu disponible en téléchargement numérique le 23 janvier 2018 avant de sortir en DVD et Blu-ray le 6 février.

Synopsis : 

Le légendaire Jack l’éventreur est l’ennemi public N°1 et sévit dans les rues de Gotham. Mais dans cet univers alternatif, le tueur en série va se heurter à une autre légende nocturne : Batman.

Pris dans une conspiration dont il est la victime, le Chevalier Noir nous entraîne à l’époque victorienne où l’obscurité de la nuit n’est troublée que pas la lueur fébrile et tremblante des réverbères de Gotham City.

Ce que Dame Ida en a pensé :
Or donc, il est de notoriété publique que les dessins animés ne sont pas ma cup of tea.

En effet, s’il n’y a pas l’ombre d’un serial killer psychopathe bien pervers à souhait dans les parages, s’il n’y a pas un tordu incapable de s’exciter sans torturer une dame (‘scusez moi M’dame Schiappa !), s’il n’y a pas d’assassin machiavélique trucidant son prochain ou sa prochaine de manière froide, méthodique, mais aussi sans oublier de bien faire gicler du sang partout histoire de bien terrifier la vieille mégère de moins de cinquante ans (que je suis encore… pour plus si longtemps que ça…), et bien ça ne m’intéresse pas !

Je sais, je sais… Je ne suis pas très ouverte d’esprit… Toussa toussa… J’impose des limites affligeantes à l’étendue de mes intérêts culturels… Je devrais avoir honte…

Mais là je viens de finir Madame Bovary et j’en viens presque à regretter qu’elle n’ait pas rencontré Hannibal Lecter ! Elle aurait été plus utile à son mari et à sa fille en rôti ou en quenelles qu’à les ruiner avec ses amants avant de faire une indigestion d’arsenic sa mère !

Vous voyez bien que les serial killers pourraient proposer des fins plus heureuses à certains grands classiques de la littérature !

Frédéric n’arrive pas à choisir entre Madame Arnoux, Rosanette et je ne sais quelle cougar prétendument dans l’Éducation Sentimentale ? Pas de problème! Landru aurait réglé le problème de son indécision volontiers ! Vous voyez ? C’est pas si mal après tout les histoires de sérial killers !

Dame Belette a beau essayer de me convaincre de l’intérêt des romans critiques de la société américaine, de ses dérives, de ses alternatives, de son histoire… Elle a beau essayer de tout faire pour rendre aussi séduisants que possibles les beaux cowboys virils à gros pistolets, longs fusils et chevauchant sauvagement leurs montures comme personne… Elle a beau chercher à me faire apprécier les beautés de la bédé ou l’esthétisme extrême oriental des mangas… rien n’y fait !

Gavée à l’earl grey, aux scones et au spongecakes… votre Dame Ida Nationale reste désespérément une anglophile doublée d’une perversophiles… Le genre de tarée qui se ferait presque visiteuse de prison hantant spécifiquement les parloirs des condamnés du couloir de la mort ou qui leur écrit pour leur demander de les épouser en bonne et due forme avait de se laisser découper en petit morceau et dévorer.

Mais comme la peine de mort a été abolie en France et qu’il n’est pas possible d’aller visiter les détenus des « unités pour malades difficiles » (gentil euphémisme pour désigner les unités psychiatriques carcérales pour tueurs et violeurs où l’on embauche que des gardiens ayant un diplôme d’infirmier ET une ceinture noire d’art martiaux), je dois me contenter de lire leurs aventures dans des romans et je remercie une fois de plus Dame Belette pour nous en tenir à jour le catalogue !

Anybref, je disais que les dessins animés ne sont pas ma tasse de thé, et que je suis soulagée que mes enfants soient assez grands aujourd’hui pour ne plus réclamer d’aller voir le dernier Disney…

C’est l’un des rares charmes de l’adolescence chez nos jeunes… Insuffisant pour faire oublier leur humeur de chien, leur insolence, leur contestation permanente… Mais c’est toujours bon à prendre ! Le fait de ne plus aller voir les Disneys (Arielle, je lui raserai bien sa tignasse ! Et Némo je me le ferai bien cuire à la vapeur ! Et quand la mère de Bambi est morte… Et bien j’ai regardé des recettes de rôti de biche sur Marmiton ! Na ! Et je suis outrée de voir la Méchante Reine, Maléfique, le Capitaine Crochet, et les zôtres perdre à la fin !), et de les remplacer par des films d’horreur…

Ma Pioupioutte veut d’ailleurs m’emmener voir La Nonne… Elle adore l’affiche… Quand elle m’a dit ça j’ai enfin compris que je n’avais pas tout raté dans leur éducation ! Snif ! Vous la voyez la larme de joie que je suis en train d’essuyer là ?

Ah mais je digresse encore ! Anybref-Or-donc ! Je n’aime pas les dessins animés… Et pourtant !

Un samedi soir de désespoir devant une Nième rediff de Columbo sur TMC (qui visiblement ne doit détenir de droits que sur une seule saison vu qu’ils passent toujours les mêmes épisodes en boucle), je suis allée me promener sur la toile et suis tombée sur dessin animé « Batman » intitulé « Gotham by Gaslight » ce qui signifie littéralement « Batman au temps des réverbères à gaz »… Sachant que le temps de l’essors des réverbères à gaz… est censé être l’ère victorienne.

Curieuse, je suis allée jeter un œil dessus… Et Bingo !

Non Seulement les policiers de Gotham City étaient coiffés des casques des bobbies londoniens, mais en plus les dames étaient habillées en robes à tournures et corset…

Et Bruce Wayne circulait en fiacre ! Et cerise sur le gâteau : un terrible éventreur de femmes sévissait dans les ruelles sordides d’un Gotham ressemblant à s’y méprendre à Whitechapel…

Et voilà notre chauve-souris masquée partie à la recherche de l’éventreur… sauvant d’une mort quasi certaine une belle artiste de music-hall au passage, histoire de la séduire et de lui faire des polissonneries…

Ce qu’elle n’a pas eu l’air de décourager, la gourgandine ! Il faut dire que Bruce Wayne, il est beau, il est costaud, il est riche… Et surtout il a un Alfred qui fait la cuisine, la vaisselle et le ménage ! Bref, le rêve de toute femme !

J’aimerai temps que mon Toquéfada ait un Alfred, lui aussi! Bref…

Évidemment, la police, toujours pétrie de préjugés ne peut pas comprendre qu’un homme qui se promène en collants noirs et avec un masque et une grande cape, et qui donne un peu de sous aux enfants n’est pas forcément quelqu’un de bizarre… Alors forcément, on voudrait bien tout lui coller sur le dos ! Ce serait tellement pratique !

Évidemment, je ne vous en dirai pas plus, histoire de ne pas spoiler… Certes… je le confesse, je ne vous donne pas grand-chose d’autre que quelques appréciations (passionnantes au demeurant) sur ma vie pour injecter un peu de substance à ce billet…

Parce qu’il faut bien le dire… Le scénario de ce dessin animé d’environ une heure est assez mince ! Ben oui… Batman… C’est de l’action surtout… Des bagarres, des poursuites, des gadgets… Du scénario… il y en a un peu moins.

Alors pourquoi j’en parle ? Ben… C’est parce qu’il fait se rencontrer Batman avec une visions de Jack l’Eventreur, et qu’ici on est fan… De Jack (plus que de Batman) !

Dame Belette nous fait bien découvrir parfois des pastiches holmésiens qui méritent l’autodafé de temps en temps ? Alors ? Pourquoi je ne pourrais pas vous parler d’un navet sur Jack ? Hein ? Non mais franchement… Un peu d’équité que diable !

Bon… Et puis… En plus de mettre Jack en scène et de nous offrir une explication au fait qu’il se soit arrêté d’autopsier des dames de leur vivant au bout de la cinquième, le dessin animé comporte quelques allusions bien senties à… (roulements de tambours…) Sherlock Holmes ! Evidemment ! Tout l’intérêt du dessin animé, c’est de jouer à répertorier les allusions holmésiennes ! Les plus claires… Comme les plus allusives…

Allez ! Au boulot !

PS : Dis Dame Belette? Et si on en faisait un jeu concours ? La gagnante aurait droit à ma recette de Cheese Cake (plus digeste de ma tarte Catin aux Taupes Confites au Miel, non? Et les ingrédients sont plus faciles à trouver!)… 

PS de la Belette : Ce film d’animation, Lord Arsenik m’en avait parlé lorsqu’il l’avait découvert puisqu’il connait mes vices et que je connais les siens. Je l’avais pompé (le film, pas Lord Arsenik, bougre de petits salopards d’esprits mal tournés !!) en vue de le visionner pour le Mois Anglais et j’ai pas su… En plus, je sens que c’est plus de l’Amérique que de l’Angleterre dont il est question.

Bon, maintenant que Dame Ida m’a douchée, je vais tout de même tenter un visionnage car au final, je n’ai rien contre Batman (Christian Bâle !!!) qui, d’après ce que j’ai appris, tire son inspiration de… roulements de tambours… Sherlock Holmes !!!

File-moi ton idée de concours via MP que je vois ce que tu vas proposer à nos pauvres lecteurs/trices… Trouver l’identité de Jack ? mdr

Jack The Ripper – 3. Mais que fait la police ?

« Mais que fait la police ? » me direz-vous. Ben la volaille, elle s’en fou un peu, voyez-vous. Comme je vous l’expliquais, si le meurtre avait eu lieu dans les beaux quartiers chics, les roussins se seraient remué le cul directement, mais là, nous sommes dans les bas-fond de l’East-End.

Ok, les meurtres de prostituées n’étaient pas rares à Whitechapel, pour ne pas dire « monnaie courante », mais les mutilations brutales qui furent accomplies sortaient foutrement de l’ordinaire.

Scotland Yard confia la responsabilité à l’inspecteur Frederick George Abberline (45 ans). 25 ans de métier dans la police et une grande connaissance du quartier de Whitechapel.

Gros problème… Il n’y avait aucun témoin du crime, aucune arme du crime et aucun indice. Que dalle !

Personne n’avait rien vu, rien entendu ! Aucun véhicule ou « étranger » n’avait été vu fuyant la scène du crime. On soupçonna un moment trois équarrisseurs de chevaux qui travaillaient non loin, mais il fut rapidement prouvé qu’ils n’y étaient pour rien.

La théorie d’un dément fut la plus plausible dès le départ, vu la grande violence du meutre.

Il fut demandé au préfet de Police, Sir Charles Warren, d’offrir une récompense pour la découverte de l’identité du criminel. Mais le ministre de l’Intérieur, Henry Matthews, supérieur de Warren, loin de se douter – à ce moment-là – de l’ampleur du futur problème, refusa net. Il faisait confiance à la Police pour appréhender le tueur…

Tandis que la police cherchait – en vain – l’assassin de Nichols, une rumeur commença à courir au sujet d’un homme dénommé « Tablier de Cuir », qui avait volé plusieurs prostituées sous la menace d’un couteau.

Le journal « The Star » affirma que cet homme était un fourreur juif d’environ 40 ans, portant un chapeau noir et une petite moustache.

Pour les Anglais, tout ce qui étaient « nouveaux venus » (immigrés), étrangers ou Juifs étaient évidemment les premiers visés par les rumeurs, car « aucun Anglais n’est capable d’un acte aussi barbare« …

Le vrai journal de Jack L’Éventreur (d’après les notes du Dr. Watson) : Bob Garcia

Titre : Le vrai journal de Jack L’Éventreur (d’après les notes du Dr. Watson)

Auteur : Bob Garcia                                                               big_2
Édition : Laurent Debarre

Résumé :
Sherlock Holmes n’est plus. Le Dr Watson se retrouve donc seul en ne parvenant à se remettre de la disparition de son ami. C’est à ce moment que son éditeur Georges Knewnes lui propose un contrat d’édition pour la publication du journal de Jack l’Éventreur qu’il disait avoir en sa possession à la fin des aventures de « Penny Blood », son précédent roman. Il finit par accepter et conclut l’accord.

Bob Garcia nous fait ici le récit d’un homme que pourtant rien ne prédestinait à devenir un meurtrier.

Une enfance ni heureuse ni malheureuse. Des parents aimants.

Mais Jack est un petit garçon à l’imaginaire débordant, habité par ses démons, et surtout par Teddy.

Critique : 
Les manuscrits « oubliés » du docteur Watson ont la fâcheuse habitude de se retrouver 100 ans après, dans une vieille malle en fer blanc, déposée dans une banque ou on fond d’un vieux grenier… Ici, pas du tout !

Non, pas de malle en fer blanc ! Le manuscrit dit « de Jack l’Éventreur » se trouvait au fond de la poche du docteur Watson. Son éditeur n’en cru pas ses yeux.

Le début du récit porte la date du 31 août 1888 (date du premier meurtre attribué au tueur de Whitechapel)…

Ce livre me faisait de l’œil depuis très longtemps, mais il était assez compliqué à trouver. C’est donc toute contente que je reçu le paquet envoyé par un magasin de vente en ligne…

La surprise fut de taille puisque le carton n’était guère épais. Normal, le livre ne fait que 150 pages. Moi qui le croyait plus gros, je suis restée un peu étonnée. 150 pages écrites avec de grands caractères. 1h de lecture et on en parlait plus.

Le premier récit porte donc la date du 31/08/1888… mais si vous vous attendiez à du sanglant, faudra aller voir ailleurs car nous sommes face à un adulte qui nous parle de son enfance, de ses souvenirs, de ses cauchemars…

Si les premières années furent agréables, la mort du père plongera toute la famille : le narrateur, sa mère et sa grande sœur dans les affres de la misère. Seuls les livres permettront au gamin de tenir le coup car c’était un moyen pour lui de s’évader au travers des images, étant encore trop jeune pour savoir lire.

Le récit est sombre, la misère dans les rues de l’East End est terrible. Un bébé peut se retrouver jeté mort sur la chaussée boueuse, sans que cela émeuve quelqu’un.

Une chose m’a souvent dérangée durant la lecture : les dates de rédaction du récit… Le narrateur nous parle de ses souvenirs d’enfance, mais les yeux e peuvent s’empêcher de lire les dates et de s’étonner qu’il y ait de la neige en septembre… Bon sang, j’avais encore oublié que les dates ne correspondaient pas au « véritable déroulement », mais juste à la rédaction des souvenirs.

C’est assez étrange de lire un tel récit aux travers les yeux d’un enfant… Il a beau les avoir écrit à l’âge adulte, ce sont les mots d’un enfant et ses interrogations qui transparaissent dans le récit.

L’enfant n’avait pas compris de quelle manière sa mère avait eu de l’argent, ni pourquoi elle se sentait « sale », ni pourquoi son ventre grossissait alors qu’elle mangeait peu.

Le lecteur, lui, il avait compris qu’elle avait fait ce que tant d’autres avaient fait avant elle pour s’en sortir : la prostitution occasionnelle, qui était courante des ces quartiers.

Si le début m’avait emballé, j’ai été déçue par la suite et je termine cette lecture avec un sentiment mitigé et des tas de questions :

– Les récits sont-ils la réalité ou des cauchemars ?

– Où se trouve la réalité et ou se trouve ce qu’il a imaginé ?

– Fut-il réellement l’Éventreur ? Le récit, hormis sur un court passage, ne laisse rien penser de tel. Et même ce passage n’est pas très clair. La seule chose qui pourrait faire pencher la balance vers le vrai journal du tueur est qu’il commence le 31/08/1888 et se termine le 8/11/1888, veille du dernier meurtre.

– Pourquoi ne nomme-t-il jamais sa sœur, se contentant de l’appeler « Grande Sœur » ?

En résumé, j’avais hâte de lire ce livre, mais j’en sors déçue… Très, très déçue.

La fin pourrait être plausible mais c’est une vieille théorie à laquelle je n’ai jamais adhéré.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Le festin du serpent : Ghislain Gilberti

Festin du serpent - Gilberti

Titre : Le festin du serpent                   big_4-5

Auteur : Ghislain Gilberti
Édition : Anne Carrière (2013)

Résumé :
Cécile Sanchez, commissaire de police spécialisée en criminologie, traque les criminels les plus dangereux et les plus déviants qui sévissent dans l’Hexagone.

À la tête d’une section d’élite de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), elle est confrontée à un tueur particulièrement brutal, qui éviscère ses victimes avant d’emporter leurs organes.

Ange-Marie Barthélemy, figure légendaire de l’antiterrorisme, traque avec son équipe un groupuscule islamiste radical, ultra-violent, qui parcourt les grandes villes d’Europe : les membres d’An-Naziate – les  » Anges qui arrachent les âmes » – ne laissent dans leur sillage que mort, ruines et chaos.

Depuis quelques mois, ils sont de retour sur le territoire français : un massacre en plein Paris met le feu aux poudres, et une chasse impitoyable est lancée.

Ces deux affaires délicates, apparemment sans rapport, vont pourtant se croiser et plonger les enquêteurs dans la plus grande confusion. Il va falloir percer ces ténèbres pour découvrir la sinistre vérité.

Cécile et Ange-Marie vont apprendre à leurs dépens que le mal ne connaît pas de limites et qu’il n’a pas toujours le visage qu’on attend.

12_-_The_Mystical_King_Cobra_and_Coffee_ForestsCritique : 
Tel un serpent tentateur, Yvan (du Blog EmOtionS) m’avait agité sous le nez ce thriller, le faisant onduler devant mon regard hypnotisé et, comme Eve, j’ai succombé aux charmes du roman, vanté par lui dans sa chronique.

Gilberti, l’auteur, s’est transformé, quant à lui, en python, m’enserrant l’esprit dans les anneaux puissants de son thriller, les resserrant de plus en plus autour de moi, jusqu’à me faire lâcher prise et quitter le monde réel.

Plongée dans le métro à la page 480, je fus tirée de ma lecture par mon homme qui me donnait un coup de coude. Quoi ? C’était pour me signaler que le métro arrivait à notre station de destinations. Sans lui, et bien j’aurais fini au terminus !

Ce qui m’a plu, dans ce roman, c’est qu’il soit constitué de deux récits qui, comme des crochets venimeux du Cobra, se sont plantés dans ma gorge, distillant un venin addictif.

D’un côté, Cécile Sanchez, commissaire de police spécialisée en criminologie qui traque les criminels les plus dangereux et les plus déviants qui sévissent dans l’Hexagone. La voici confrontée à un tueur particulièrement brutal qui éviscère ses victimes avant d’emporter leurs organes.

De l’autre côté, en alternance « un chapitre sur deux », nous avons Ange-Marie Barthélemy, commissaire à l’antiterrorisme qui, lui, traque un groupuscule islamiste radical, ultra-violent, qui parcourt les grandes villes d’Europe : An-Naziate, dont les membres ne laissent dans leur sillage que mort, ruines et chaos.

Cette alternance de chapitres est diabolique et délicieusement frustrante : je râlais de quitter la commissaire Sanchez et son enquête mais je me réjouissais d’en apprendre un peu plus sur celle de Barthélemy, râlant lorsque je devais le quitter, et ainsi de suite.

Frustrant, mais j’adore les romans écrits de cette sorte parce que je trépigne d’impatience et que le suspense est maintenu durant toute la lecture.

Point de vue personnages, Cécile Sanchez (surnommée Torquemada) n’a rien à voir avec la commissaire Julie Lescaut. Non, Sanchez, c’est du costaud et ayant étudié la synergologie, elle tiendrait plus d’un Patrick Jane de par son talent de « Mentalist »; le côté « borderline », fantasque et irrespectueux des règles en moins, ce qui est dommage parce que je l’ai trouvée un peu trop « too much » et que j’ai eu du mal à m’attacher à elle au départ.

« Synergologie, analyse gestuelle et posturale, langage non-verbal, micro expressions du visage, tics nerveux, contradiction du langage corporel et du langage verbal, actes manqués, mimiques significatives… Elle est capable de décrypter la structure psychiques des individus les plus retors et les menteurs les plus aguerris, simplement en observant leur corps ».

« Personne ne peut réprimer ces signaux du corps, avait-elle un jour expliqué à Romane. Quatre-vingt-quinze pour cent d’entre eux sont envoyés par la par la partie primitive du cerveau, par l’inconscient, par l’instinct animal de l’humain civilisé.
Ce langage est universel, puisque primitif. Honte, dégoût, mensonge, agressivité, colère, surprise… tout s’affiche sur les visages. Tous ces éléments sont décryptables et, contrairement à l’humain, eux ne mentent jamais ».

Par contre, le commissaire Barthélemy, Ange-Marie de son prénom (l’auteur a-t-il pensé à la douleur de porter un tel prénom dans la vie courante et surtout à l’école ?), lui, j’ai aimé son côté froid et bourru, plus en adéquation avec le personnage. Surnom : l’Archange.

On se doute qu’à un moment donné, leurs enquêtes respectives vont se télescoper, mais « quand » ? Et surtout quel sera le dénominateur commun entre les éviscérations et le terrorisme ?

Lorsqu’elles ont fusionnées, j’ai compris qui était l’Éventreur, mais j’étais loin d’avoir compris le « pourquoi » de ces meurtres… Pire, lorsque Cécile Sanchez comprend et l’explique à ses hommes, elle tiendra le pôvre lecteur dans l’ignorance, ajoutant par-là encore plus du suspense.

Suspense qui devient plus fort dans les cent dernières pages, faisant monter l’adrénaline, l’angoisse et la fébrilité du lecteur, agrippé à son livre comme un vampire assoiffé.

A-t-on idée de torturer son lectorat de la sorte ? De lui faire sortir ses tripes de cette manière, de faire un suspense qui serait insoutenable pour le cœur d’un cardiaque ?

Ce que j’ai aussi apprécié aussi chez cet auteur, en plus de son écriture correcte et agréable, du suspense qu’il sait distiller correctement, de son réalisme dans l’action, de sa manière de construire son récit et d’expliquer les choses, de cette impression qu’il m’a donné de maîtriser tous les sujets abordés dans le roman ?

Et bien, c’est le fait qu’il n’ait pas sombré dans certain travers : considérer que tous les musulmans sont tous des extrémistes et des Islamistes enragés.

Il ne peut s’empêcher de penser que cette perversion de l’islam est aussi triste que dangereuse.C’est à cause d’individus comme Al-Kadir, Sharit, Meshud, et d’autres encore, que de trop nombreux Français ont une vision erronée de cette religion d’amour et de paix, et qu’ils confondent musulmans et islamistes.
Dans le Coran, Allah demande à ses croyants d’apporter sécurité et paix sur terre. Tout le contraire de ce que prônent les fanatiques d’An-Naziate, au même titre qu’Al-Qaida ou les Nigérians de Boko Haram.
Manipulations, traductions et interprétations corrompues des textes, usage dogmatique et politique de la croyance, endoctrinement intensif, propagande acharnée…
Alors que partout dans le monde, des hommes et des femmes vivent paisiblement leur foi, une poignée d’illuminés jettent la disgrâce sur leurs semblables en voulant utiliser les minarets comme miradors.

Un passage dans le livre illustre bien le fait qu’il ne faille pas mettre tous les musulmans dans le même sac, que le Coran est une religion d’amour et que bien que le Livre possède quelques passages violents, il fait dire par Barthélemy que la Bible n’en est elle-même pas exempte.

– Pourquoi ? grogne Ange-Marie. Tu trouves que la Bible est plus tolérante ?
– Évidemment !
– Vraiment ? « Si un homme commet l’adultère avec une femme mariée, cite le commissaire, s’il commet l’adultère avec la femme de son prochain, l’homme et la femme adultères seront punis de mort ». C’est pas dans le Coran ça, c’est dans la Bible. Lévitique, chapitre 20, verset 10.
Le bec cloué, le second du groupe se dirige vers la table en bougonnant.

Bref, Gilberti est un cobra et il m’a fasciné par son histoire : j’apprécierais fortement revoir les deux commissaires pour une autre enquête… et qu’il ne leur arrive rien de fâcheux, sinon, je hurle !

Transformée en Anaconda vorace, je viens d’avaler tout cru ce pavé de 552 pages et de le digérer, assimilant toutes les données. Le menu était copieux mais pas indigeste.

Un vrai festin, je vous jure ! Je m’en suis léchée les babines et les canines… Pardon, les crochets !

EDIT : Par contre, après cette lecture prenante, je pense que je vais lire la collection des « Tchoupi »… Oui-Oui serait trop dur pour moi…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)